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- Daniel. - Ana.
Alberto !
RETOUR VERS L'AU-DELA MCMLXXXI
Racontez ce qui s'est passé dans cette maison.
Hé bien, quand le temps sera venu.
Le fait est que... puisque vous avez décidé,
je suis content que vous soyez restée.
Bien, c'est parfait.
La maison est vide depuis longtemps, n'est-ce pas ?
Question de pesetas.
Vous connaissez bien la maison,
inutile pour moi de rester, je repars à Grenade.
Je viens de louper le bus !
Allez, Javier, occupe-toi de lui dans un instant.
Merci.
Mais ne vous embêtez pas, s'il vous plait.
Ce n'est pas un probléme, je vous emméne.
Merci, Don Javier.
Au revoir.
Avec plaisir.
Don Javier, votre femme est trés courageuse, n'est-ce pas ?
Courageuse, pourquoi ?
Elle reste seule, si calme après ce qu'on lui a dit sur la maison.
De nos jours, les femmes ne croient pas à ces histoires.
De plus, elle étudie.
Elle prépare une thèse de doctorat en psychologie.
Et elle écrit, comme moi.
Je vais entrer.
Attention, le rideau !
Attention !
Noooon !
N'entrez pas ! Non ! Non ! N'entrez pas ! Non !
Non ! Non !
"Ce qu'on nous a dit sur ces meurtres, m'inspire.
C'était une hallucination".
Javier !
Que s'est-il passé, mon amour ?
Nora, Nora.
Tu es pâle.
Ça ne va pas, chérie ?
Quelque chose ne va pas ?
Hé, dis-moi.
Tout va bien, vraiment.
Vraiment ?
Je vais bien.
Vraiment ?
Vraiment. Tout va bien.
Pire encore, tu m'as fait peur.
Tu le sais ?
J'ai réfléchi à ce que je veux écrire.
J'ai une histoire dans la téte...
qui pourrait étre importante.
J'en suis sûre. Dis-moi.
Je préfére ne rien te dire pour I'instant.
Tu la liras plus tard.
J'ai aussi réfléchi à ma thèse.
Certains sujets ont été trés peu abordés.
Du moins sérieusement.
Qu'est-ce que tu comptes faire ?
Rien.
Ça vaut peut-étre la peine de les étudier plus attentivement.
Bon, on aura le temps de réfléchir à tout ça.
Allez, viens.
Je sais déjà dans quelle piéce je vais écrire.
Qu'en penses-tu ?
Psss... Oui.
Que dis-tu ?
Que veux-tu dire par "psss, oui" ?
C'est tout ce à quoi tu penses ?
- Oui. - Une minute.
Encore des chats.
Regarde mon ami.
Voici l'essentiel.
C'est l'endroit le plus calme de la maison.
Ici, je vais écrire cette histoire qui m'intéresse tant.
Reste tranquille.
Ne sois pas impatiente.
- Viens. - Toi, viens !
Nora !
Mais que fais-tu ici ? Tu m'as fait peur.
Que se passe-t-il ?
Qui croyais-tu que c'était ?
Personne. Qui ça aurait pu étre ?
Tu t'es levée si tôt !
Et si on prenait le petit-déj ?
- Trés bien, oui. - Allons y.
- Bonjour. - Bonjour.
- Don Javier Olmedo ? - Oui.
- Voici. - Merci.
De rien. Ça fait des années que j'ai pas amené de lettres ici.
- Au revoir. - Au revoir.
"Mais pourquoi est-ce que je vois ces morts" ?
"Denton et Buchanan ont raison concernant
leurs théories sur l'imprégnation psychique.
Le passé vit dans le présent.
Et il peut étre perçu par un observateur actuel comme
s'il se trouvait en présence d'événements déjà survenus.
Quiconque habite un lieu, y laisse sa marque,
son image et les images de ses actions.
Personne ne léve la main ou n'effectue aucune autre action
sans que ses actes soient gravés sur les murs, les vitres, les meubles.
Les objets sont donc imprégnés d'événements humains.
Une table, une chaise, un drap...
qui appartenaient à Shakespeare, la pièce où il écrivait,
peuvent en dire plus sur lui que tous ses biographes,
à condition qu'un sujet psychiquement doué,
garde de ces choses, les images qu'elles contiennent du personnage.
Suis-je moi-méme ce sujet psychiquement doué ?
Dois-je garder les images de ce qui s'est passé ici" ?
Quel est le probléme ? Du calme. C'est moi. Je suis là.
Je suis avec toi. ll ne se passe rien.
Calme-toi.
Allons là-bas et dis-moi ce qui ne va pas.
Dis-moi.
Depuis notre arrivée, je suis touchée par ce qui s'est passé,
obsédée par ce crime dont ils parlent.
Nora, tu ne vas pas me dire que la maison te fait peur ?
Non, mon chéri.
C'est vrai que je suis un peu nerveuse mais...
écoute, préparons le diner et je t'en parlerai en mangant.
J'ai besoin de me calmer un peu.
C'est juste une panne de courant. Y a de la lumiére dehors.
C'est fini. Tu vois comme la maison t'a effrayé ?
Viens.
Ce n'était peut-étre pas une bonne idée de venir ici.
Oui, bien sûr que oui.
Travaillons. Toi sur ton livre et moi, sur ma thèse.
C'est l'essentiel et l'endroit idéal.
Ne change pas de sujet et dis-moi ce qui t'arrive.
Bien. Quand on est arrivés en ville pour voir la maison,
ils m'ont dit qu'un homme avait tué quatre personnes.
Et méme si toutes les versions étaient différentes,
il s'agissait d'un crime particuliérement brutal.
Et ?
Hé bien...
puisque nous sommes là, tu vas rire, je le sais.
J'ai vu ou cru voir, à différentes occasions, ce qui s'est passé.
Ces personnes m'ont emmené d'un côté à l'autre de la maison.
- Et qu'as-tu vu ? - Des apparitions.
Des personnes... qui ont été assassinés dans cette maison.
Ou du moins... c'est ce que je pensais avoir vu.
Mais tout pourrait être le fruit de mon imagination...
ou de ma curiosité pour la parapsychologique.
Mais ce n'est pas très important.
De quoi parle ton livre ? De quoi s'agit-il ?
Dois-je emporter tout emmener à la cuisine ?
J'ai dit, parle-moi de ton livre.
Je veux que ce soit une surprise.
"Ces types de visions appartiennent au domaine de la voyance
et font partie des pouvoirs psychiques paranormaux.
Celui qui les posséde peut les utiliser volontairement, grâce à un stimulus
ou catalyseur. C'est-à-dire que tout objet ou animal,
est lié à votre subconscient d'une maniére particulière.
Main dans la main avec cette créature ambigué, y a un moment
vague où la frontiére qui nous sépare de l'au-delà est franchie".
Que voulez-vous ? Que voulez vous ? Je deviens folle !
Nora ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Reviens te coucher.
C'était un cauchemar.
Ça ne peut pas continuer ainsi. Nous devons faire quelque chose.
Oui.
Demain, nous partirons d'ici.
Non. Je ne veux pas.
Soyons raisonnables. Ce qui se passe n'est pas normal.
Et ?
Tes nerfs sont à vif, tu ne peux pas continuer.
Et ton entêtement à vouloir rester ici doit cesser.
Javier, une fois pour toutes, comprend une chose.
Je ne deviens ni malade ni hystérique.
Je n'ai pas dit ça.
Je veux savoir ce qui se passe ou ce qui m'arrive.
S'il te plait, chérie.
Non, je ne pars pas.
Ça pourrait étre une bonne intrigue pour l'un de tes livres.
Ok. Je ne pense pas que ce soit une blague.
Si tu insistes, on va rester. Mais ça me semble... puéril.
Laisse-moi faire. Et ne t'inquiète pas.
Tu veux plus de viande ?
Non, j'ai trop mangé.
Tu es préoccupé ?
Non, non.
C'est la chaleur.
J'ai une idée.
Seigneur !
Ne sois pas stupide, c'est une excellente idée.
Vas-y, raconte.
Et si on faisait un plongeon dans la piscine ?
Quelle frayeur tu m'as fait !
Nous aurions dû amener quelque chose à boire.
Oui.
Je vais en chercher.
Voilà.
Que se passe t-il ?
Javier, ça a recommencé.
Encore une fois ?
Oui, ici.
Ici méme.
Javier, petit-déjeuner.
Javier, petit-déjeuner !
Attends, je ne peux pas.
Bonjour, Madame.
Bonjour.
Un avis de certificat.
Il devra le récupérer à Grenade.
Merci.
Au revoir.
Au revoir.
Désolé, je ne voulais pas crier.
J'étais trés concentré sur ce que j'écrivais.
Et tu sais, quand tu perds le fil...
Qu'est-ce que c'est ?
Le reçu de mon dernier livre.
Je vais aller à Grenade pour le récupérer.
Je vais avec toi.
Oui.
Oui.
Pourquoi pas ?
Prends.
On s'assoit ici ?
Bien.
Vous désirez ?
Deux vermouths, s'il vous plaît.
- Bien. - Tu en veux une ?
Non, je préfére une blonde.
Désolé.
Il s'est éteint.
Oui, y a beaucoup de vent.
Regarde comme c'est beau.
Quoi ?
Tout ça est magnifique.
Oui, oui, c'est beau. J'ai toujours beaucoup aimé.
Hé, excuse-moi un instant.
Je reviens.
Avez-vous vu ma femme ?
Non.
Merci.
Nora !
Nora.
Qu'est-ce que tu as ?
Comment es-tu arrivée là ?
Mon Dieu, que t'arrive t-il ?
Je ne sais pas, j'ai vu...
Qui ça ?
Non, personne.
J'ai dû me perdre dans mes pensées et...
je me suis retrouvée ici.
Au milieu de nulle part ?
Je te cherche depuis des heures.
Tu as parcouru des kilométres.
Et tu me dis que t'es perdue dans tes pensées.
Désolée, Javier.
Je ne sais pas ce qui m'est arrivée.
Allez, rentrons à la maison.
A la maison.
Ne bois pas autant de café.
Oui, ce soir, oui.
Alors, tu ne dormiras pas.
C'est précisément ce que je veux.
Ah oui ? Pourquoi ?
Parce que je n'ai rien commencé du tout.
Rien ? Quoi ?
Nous sommes venus dans cette maison pour écrire...
toi, ton roman et moi, ma thése.
Et tu vas commencer précisément ce soir.
Maintenant.
Et à cette heure ?
Oui, je n'ai pas encore ouvert un livre, ni regardé mes notes.
Je vais commencer aujourd'hui.
Ça ne te dérange pas ?
Non, femme.
Je pense méme que ça te fera du bien.
Quand tu me considéres comme une malade, je n'aime pas ça.
Ce n'est pas ça.
Tu verras...
si tu occupes ton esprit sur autre chose...
je pense que tu rejetteras...
ces hallucinations, ces suggestions...
ou quoi que ça puisse être.
J'en suis convaincu.
Oui, moi aussi.
Parce que justement, dans mon nouveau studio...
je vais essayer d'analyser... cet étrange...
type d'influences.
Ne me dis pas que tu vas changer le sujet de ta thése !
Oui.
Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas.
C'est trés clair. Je vais changer de sujet...
ça me semble plus important et ça m'intéresse particuliérement.
Dois-je t'expliquer pourquoi ?
Non, ne m'explique rien.
Cela me semble étre une erreur.
Mais fais ce que tu veux.
Oui, c'est ce que je vais faire.
Je vais me coucher.
A plus tard.
A demain.
"Lorsqu'il est harcelé par une émotion intense ou une situation extrême...
le sujet récepteur peut projeter ses visions sur un autre individu...
et provoquer chez lui des troubles psychologiques...
et méme somatiques...
des anomalies irréparables...
comme la folie ou la mort".
"C'est curieux.
Les visions me ramènent toujours au bureau".
"J'ai dit, parle-moi de ton livre.
De quoi s'agit-il" ?
"Je veux que ce soit une surprise".
"Une surprise" !
"Ils l'avaient emmenée chez le maitre.
Dans cette méme piéce où j'écris maintenant.
Et tous les quatre l'entouraient.
Ils I'avaient enivrée".
Si tu avais été correcte, ton idiot de mari n'aurait pas couché avec elle.
Ton fils est une pute.
Ce n'est pas de ma faute.
Tais-toi, ça suffit.
Mon Dieu, elle saigne.
Que se passe-t-il ?
Elle est en train de mourir !
Que fais-tu ici ?
Ce que tu écris me semble monstrueux.
Pourquoi fais-tu cela ?
Je t'ai dit de ne pas le lire.
C'est quelque chose d'horrible.
Pourquoi, Javier ? Pourquoi ? Tu n'avais jamais écrit ainsi.
Nora...
attends que je l'ai fini.
Ensuite, tu pourras juger.
Maintenant, tu es nerveuse.
Obsédée !
Tu vois...
je ne voulais pas...
que tu le lises car je savais que tu serais impressionnée.
Peut-étre as-tu raison...
mais ce que tu écris...
S'il te plaît, Nora...
attends que ce soit fini.
J'attendrai que tu viennes manger.
D'accord. A toute à l'heure.
Que voulez vous ?
Pour l'amour de Dieu, que voulez-vous ?
"Cet aprés-midi-là, j'étais chez moi avec ma mére lorsque le jeune homme est arrivé.
Elle est devenue nerveuse.
Elle semblait sentir ce qui l'attendait.
Pour se débarrasser de moi, elle m'a envoyé en courses en ville.
Mais, je"...
Laissez-moi !
Non, s'il vous plaît.
Non... laissez-moi ! Non, non.
Non, non...
Non !
Qu'est-ce que tu fais avec ça ?
Rien, je viens de le lire.
Je t'ai dit de ne pas le lire avant qu'il ne soit terminé.
Pour une raison particuliére ?
Non. C'est ce que je voulais.
Oh, toi et tes désirs !
Nora ! Nora !
Désolé, je veux que tu comprennes.
Que veux-tu que je comprenne ?
Pourquoi faire un tel mystére de ton travail ?
C'est ce que tu veux que je comprenne ?
Non, ce que je veux que tu comprennes, c'est que...
Tu sais parfaitement comment je suis.
Je galère, tu le sais, à faire du mieux que je peux.
Et ça, pour couronner le tout.
C'est pourquoi je ne voulais pas que tu le lises.
Pourquoi ?
Nora, j'écris quelque chose de trés fort et désagréable.
Je pensais que ça pourrait t'affecter.
Nous n'allons pas non plus en faire une montagne.
Tu as raison, ça m'a impressionné.
La méme chose m'arrive avec ta thése.
Je ne l'ai pas encore vue.
Ma thèse est claire.
Mais tes écrits, Javier, je ne les comprends pas.
Nora, sérieusement.
Pourquoi ne partons-nous pas d'ici ?
Pourquoi on est pas déjà partis ?
Non, Javier, maintenant moins que jamais.
- Mais chérie... - Pas maintenant.
Et ne me le demande plus, Javier. S'il te plait.
J'essaie de surmonter tout ça. Tu ne le vois pas ?
Peut-étre que je ne vois pas ça comme toi.
Mais j'espére que c'est vrai.
Tu ne devais pas aller à Grenade ce matin ?
Oui.
Hé bien, qu'attends-tu ?
Pourquoi ne viens-tu pas avec moi ?
Je ne peux pas.
A plus tard.
Bien. Je rapporte quelque chose ?
Une surprise.
Comme tu veux.
A bientôt.
"J'ai vu des personnages morts qu'il décrit vivants".
"Je n'ai pu oublier l'outrage et la mort de ma mére.
Quand je suis revenu en ville, après bien des années,
plus personne ne se souvenait du visage de cet enfant.
Il avait bien étudié la maison du maître,
ll me fut facile d'entrer sans que personne ne me remarque.
En montant les escaliers, je les ai entendu.
Le jeune homme était au lit avec sa femme.
J'ai entendu ses halètements et ça m'a excité.
Je n'avais pas d'autre choix que de tuer les autres.
'Il' ne pouvait pas laisser de témoins".
"J'ai entendu des halètements et ça m'a excité".
Non !
Non !
Non !
Pourquoi ? Javier ? Pourquoi ?
Je devais le faire.
Mais pour te venger ? Juste pour te venger ?
Ma mére.
Tu sais ce qu'ils ont fait à ma mére.
Il fallait que je l'écrive.
Je ne pouvais pas vivre avec ça à l'intérieur de moi.
Je n'en pouvais plus.
Et maintenant ?
Qu'est-ce-qu'on va faire ?
Qu'est-ce-qu'on va faire ?
Mourir. Tout le monde meurt.
Vous les avez vus, depuis la fenêtre ?
Oui, depuis celle-là.
Il ne vous est pas venu pas à l'idée d'entrer.
Vous n'avez rien touché ?
Non, non. J'étais venu apporter une lettre.
Etaient-ils dans cette posture ?
Oui, exactement pareil.
Entrez, Docteur.
Cette maison...
c'est certainement une chose trés étrange.
Oui, oui.
C'est très étrange.
Il est mort.
Il n'y a aucun signe de violence.
Ils formaient un si beau couple.
Peut-étre un arrét cardiaque. Prenez note.
Il n'y a aucun signe de violence.
Arrét cardiaque possible.
Oui. C'est la troisième fois qu'il venait ici
pour apporter une lettre.
Nous devons l'emmener à l'hôpital. Aidez-moi.
Comme ça. Trés bien.
Vous auriez sû monter la civiére, Docteur.
Bien. Maintenant, portez-la avec précaution.
Comme ça. Trés bien. Trés bien.
Voilà.
"Il existe cependant un moment imprécis où, main dans la main
avec cette créature ambigüe, la frontiére de l'au-delà est franchie.
Et elle tombe dans les bras de la plus atroce des morts.
La folie".
Trad: Uncle Jack 2024 !
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