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Zulu
La seule chose que convoite l'ĂŞtre humain,
c'est l'amour.
On érige…
de belles structures, nous, humains.
On va sur la Lune,
on fait de la poésie, des sciences, et tout ce qu'on fait,
c'est pour être aimé.
On est tous en quĂŞte
de ça, d'amour.
Flippant.
PrĂŞte Ă faire l'affiche.
Préparez-vous, les gars.
- Bonne chance. - Merci.
Je te dis merde !
J'ai toujours eu l'impression
d'être seule, que… ce que j'étais ne suffisait pas.
Quand j'allais à l'école,
je chantais une chanson.
J'avais l'attention de la classe, de la professeure.
Tout le monde m'applaudissait,
m'aimait et voulait ĂŞtre mon ami.
Et si j'agrémentais cette chanson de gestes de la main,
j'avais l'air de…
d'une folle, vous voyez ? D'un petit clown.
Mais on m'aimait plus, me voyait plus.
Mon premier Latin Grammy.
Puis je rentrais chez moi,
et tout s'inversait : j'étais invisible.
Je n'avais aucune valeur.
Par conséquent,
j'ai passé ma vie à m'efforcer de prouver que ce que j'étais suffisait,
et j'ai pris l'habitude de faire des choses remarquables
pour être aimée.
Pour qu'on m'aime.
Mon amour était sincère
Je t'aimais de tout mon ĂŞtre
Malgré ton silence
Mon amour se faisait plus intense
Un baiser dans le train
Qui semblait si violent, soudain
Parfois si sauvage
Mon espoir prend le large…
Pour l'anniversaire de Joelito, on a passé le 10 à la piscine.
On a fait un barbecue.
On a fini tard. Le soir, on était encore dans la piscine.
Ça a l'air bon.
On a fait des pizzas, des petits pains, et on s'est posés…
C'était bien.
- Ça me va ? - Oui.
- Très bien. - Regarde.
TU SERAS LA PLUS BELLE FLEUR 2021
Pour raconter cette histoire, je dois tout reprendre du début.
VIÑA DEL MAR, CHILI
On vivait avec ma grand-mère.
Mes parents,
ma sœur et moi.
Mon oncle aussi,
et toute sa famille.
On vivait tous lĂ .
Ma grand-mère était chanteuse et compositrice.
De boléros.
On l'appelait "La reine du boléro" en son temps.
Elle m'a appris à chanter et…
elle mettait de la musique, on chantait, et elle jouait de la guitare.
Elle m'a aussi appris à …
faire le show sur scène, me tenir droite.
Les ficelles du métier.
Par exemple, je voulais devenir compositrice.
Comme elle, je voulais écrire mes propres chansons.
Le fait qu'elle écrive ses chansons
comptait pour moi
car ce n'était pas le cas de toutes les femmes.
Les femmes, surtout à cette époque,
se chargeaient plutôt d'interpréter les chansons.
Mais ma grand-mère écrivait les siennes.
Donc j'ai voulu en faire de mĂŞme.
J'aime apporter des fleurs à ma grand-mère.
Elle adore ça. D'ailleurs, elle venait souvent au cimetière
apporter des fleurs à sa mère, à son mari…
Je l'accompagnais toujours.
"Ne te marie pas. Dis non aux hommes. Les hommes sont mauvais.
"L'amour n'existe pas. Trouve quelqu'un qui a de l'argent."
Ma grand-mère et ses conseils. Elle était drôle.
Elle me disait toujours
que je devais…
quitter ce quartier.
Pour elle, c'était la meilleure chose qui pourrait m'arriver.
Elle devait penser ça
Ă cause de la souffrance et de la violence
au sein de notre famille.
Puis on a déménagé. On est partis vivre
un peu plus bas, à Gómez Carreño.
Ce fut le premier appartement de mes parents
en tant que couple marié.
On vivait dans l'un de ces… logements sociaux.
Je les pensais heureux parce qu'ils avaient
leur propre foyer, qu'ils fondaient leur propre famille.
Un souvenir m'a marquée : ils ont acheté une radiocassette.
Quand elle est arrivée, on l'a ouverte,
et ça sentait le plastique, le neuf.
On a éteint la lumière,
et ils ont mis la radio à fond pour écouter de la musique.
On était assis tous les quatre.
Tout ce qu'on voyait, c'était le témoin rouge de la radio,
et on était juste assis…
à écouter de la musique sur la nouvelle radio.
C'est un beau souvenir.
C'est quoi, ça ?
Des vêtements de bébé.
Tu vas avoir un bébé ?
- Félicitations. - Merci beaucoup.
- Moi aussi. - Je sais, c'est le même bébé.
C'est sous le lit que l'araignée danse
prise au piège…
Venez.
Ça empeste.
Je dois sortir les poubelles.
Coucou.
On part en tournée.
Je suis enceinte de trois mois.
Je me sens…
énorme.
Je ne me suis jamais sentie aussi… géante.
Et j'ai vraiment trop hâte.
Je vais monter dans le bus.
Je suis Ă Los Angeles, et on va Ă Seattle.
Donc… voilà .
Ce concert est mon vingt…
Non, on en est Ă combien ?
C'est le 17e, non ? 18 ?
Enfin, bon.
Il m'en reste dix.
Ne m'importune pas
Je me sens bien.
J'ai l'impression de revivre grâce au chant.
Mais c'est différent quand on est enceinte,
gérer les deux en même temps.
Je désirais tellement cette grossesse.
On a fait une FIV,
et la deuxième tentative a été la bonne.
On était prêts à retenter,
même si c'est difficile, éprouvant émotionnellement.
Je crois que je poursuivrai ma carrière avec mon bébé.
Je ne changerai rien.
Je ne veux pas le laisser dans son berceau.
Quoi qu'on en dise, je resterai avec lui.
Ă€ chaque instant.
… et virevoltent les colibris
Les tournesols scintillent
Et des graines pleuvent Ă l'infini
Je t'ai attendu si longtemps
Je prendrai soin de toi…
Mon intuition me dit que je vais être hyper créative.
Si je me réveille pour travailler,
le lendemain, je me réveillerai comme si de rien n'était.
Je me lèverai tôt
ou ne dormirai pas pour m'occuper de ce bébé que j'ai tant voulu.
Ça va être… magnifique.
Ses cheveux d'orchidée…
Ce mur me terrifiait, enfant. Ma mère m'a traumatisée.
Elle m'a raconté qu'un enfant courait ici,
s'est cogné, et en est mort.
Les méthodes de ma mère pour que je ne coure pas.
Telle a été mon éducation.
Dans cet immeuble, d'oĂą on vient,
c'est lĂ que j'ai eu mon premier baiser.
Avec la langue.
Je m'asseyais là pour écrire des chansons.
Tout l'après-midi.
J'ai tout fait pour devenir compositrice.
Je me rappelle que j'essayais d'écrire des chansons sur tout.
Sur ma situation, mon béguin du moment ou…
Tout et n'importe quoi. J'essayais d'en faire une chanson.
Il n'y avait pas Internet à l'époque,
donc j'écrivais sur un carnet
tous les mots qui rimaient.
Comme ça, quand j'étais à court d'idées
et pensais : "J'ai besoin d'un mot qui rime avec ça",
j'y trouvais la rime.
J'avais sept ans à la séparation de mes parents.
Ce fut un tournant, mon père est parti.
Ma mère avait de gros problèmes d'argent, elle est tombée malade.
Elle faisait sa vie, en somme. Elle essayait de vivre sa propre vie.
Cet arbre est sublime.
On allait tous les jours sur la colline, cueillait ces fleurs blanches et sèches.
On rapportait un tas de fleurs.
Ma mère les peignait, on en faisait des bouquets qu'on vendait.
On s'amusait bien avec ma sœur.
Ça nous amusait d'aller chercher des choses sur la colline,
puis c'est devenu une source de revenus.
Une fois, j'ai trouvé cinq mille pesos
sur le sol, alors j'ai posé mon pied dessus.
Mon cœur battait la chamade.
Je les ai gardés, je les ai pris.
L'histoire avec mon père…
Ils se sont séparés et ont commencé à se disputer notre garde.
J'avais la sensation d'être une monnaie d'échange
parce qu'ils se disputaient pour savoir qui resterait,
mais je n'avais pas l'impression que l'un ou l'autre voulait de nous.
Et ça ne regardait qu'eux.
Quand il a perdu la garde de ses filles,
il a décidé de partir. De disparaître… complètement.
Physiquement comme financièrement.
Ma mère a toujours cherché mon père.
Ma mère nous envoyait en disant :
"Frappe, c'est là que vit ton père."
On frappait, et on nous disait qu'il ne vivait pas lĂ .
Ça a duré des années.
En vérité, c'était fastidieux pour moi
de retourner lĂ -bas, frapper, marcher.
Il faisait chaud, j'avais faim, et je cherchais papa.
Je ne voulais pas le chercher.
Puis un jour, je vivais déjà chez ma grand-mère,
j’avais 17 ou 18 ans… non, 17 ans.
Je l'ai appelé,
et… il m'a raccroché au nez.
J'ai rappelé, il a raccroché à nouveau,
jusqu'Ă ce que je dise : "Papa, je veux rien de toi.
"Je veux pas d'argent.
"Je veux juste te connaître."
Il a encore raccroché.
Les mains en l'air ! PrĂŞts ?
J'avais l'habitude de marcher en compagnie des ombres
Et d'attendre
De t'attendre
Parfois, je jouais avec les vagues
Je leur demandais
"Où est-il passé ?"
Et pendant que mes cils dansaient
Les araignées m'escaladaient
Avec mon petit doigt, je cachais le soleil
Tandis que mon cœur se noyait…
Vous connaissez la suite ? Les mains en l'air !
Comme un printemps volé
Je me sens comme divisée
Aujourd'hui encore, je me sens seule
Je cherche chez des milliers
Chez les gens, en somme
Je cherche chez les hommes
Chez tant d'autres hommes
Ton humanité, ta paternité…
- Tu chantes très bien, c'est super. - Merci !
Je devrais en faire mon métier.
On est Ă Las Vegas.
Tu me rappelles quelqu'un
Avec cette façon de danser
Quelque chose dans ton regard
Me donne l'impression de m'embraser
J'ai pensé à toi tout l'après-midi
Je te vois partout oĂą je suis
Si je pouvais seulement t'embrasser
Je veux juste te toucher…
Attends 20h30, je te le dirai.
Tu sais quoi ? Tu es prĂŞte ?
- Oui. - Juan Carlos, 1ère prise. Son.
- C'est bon, ça tourne. - Parfait. Trois… deux, un.
Mon Laferte.
Une des femmes les plus nominées aux Latin Grammys.
Je suis dans la catégorie Chanson mexicaine régionale.
Ne me demandez pas.
- Bam, catégorisée. - Exactement.
"Quoi ? Je les représente."
Nancy, Ă propos de l'exposition au Chili,
je pense que ce serait mieux de la faire en été,
parce que si vous voulez que j'y aille…
l'été, ça vaut mieux.
Mais j'ai besoin d'une vraie confirmation
avec les dates exactes pour que je bloque ce créneau.
C'est si émouvant.
Je sens…
- Je sens les premiers coups, je suis… - Il bouge ?
… trop contente.
Première fois.
Quelle émotion.
Je fais une pointure au-dessus, maintenant.
- Vraiment ? - Oui, à cause de la rétention d'eau.
Avec mes gros pieds, on dirait… une empanada.
Salut.
Quelle partie de "Ça fait moulin rouge, je veux du mariachi", ils ont pas saisi ?
Je sais pas.
- Je comprends… - Là , ça fait moulin rouge.
- Totalement. - Depuis le premier jour, je dis non.
Je ne veux pas du moulin rouge, je veux un style mariachi.
Explique-moi cette mise en scène.
- On doit la changer. - Absolument.
Ils ont merdé.
- Ça a l'air. - Et maintenant ?
Ils réparent leur bourde.
Ils ont appelé l'équipe créative pour régler ça.
Cinq,
quatre, trois…
Puis ma mère a eu un copain.
Un homme alcoolique.
Violent.
Il a vécu avec nous pendant sept ans.
On avait beaucoup de soucis d'argent, vraiment.
On n'avait pas d'environnement familial.
Il est très important de souligner,
de comprendre que la pauvreté engendre beaucoup de problèmes.
Pour moi, ma mère essayait juste de survivre jour après jour,
de ne pas ĂŞtre trop malade, d'avoir de quoi manger,
de trouver des moyens de gagner de l'argent.
Puis elle s'est retrouvée dans une relation
toxique, violente, dont elle ne pouvait pas s'extirper.
Quand on est une petite fille et qu'on est pauvre,
il n'y a pas de place pour la réflexion.
On vit au jour le jour.
Finissons déjà aujourd'hui, et on verra la suite.
C'était difficile.
Il a aussi abusé de moi. Il s'est passé beaucoup de choses.
Je n'ai rien dit à ma mère.
Elle ne comprenait pas ce qui se passait.
Absolument pas.
Donc, voilĂ .
Je n'ai pas parlé souvent de tout ça.
J'ai ressenti beaucoup de rejet à l'égard de ma mère à cette époque.
Même physiquement, j'avais du mal avec la proximité.
Je ressentais beaucoup… de peine. Beaucoup de rage.
Comme tu es belle LĂ , dans cette cuisine
Un peu plus en douceur Les mains écartées
Quand tu m'as enlacée
Je suis redevenue ta fille
Et à présent, dans tes bras Je fais tomber ma rancœur dans l'oubli
Parfois, tu criais
Parfois, tu frappais
Mais toi, maman
Tu étais si seule
Mais tu as su me donner
Ce qui manquait Ă ta vie
Je t'ai vue pleurer car le pain manquait Pour assurer notre survie
Et maintenant que je suis lĂ aujourd'hui
Je t'ai vue
Pleine de regrets et si fatiguée
De porter ta croix Et malgré ce cœur blessé
Je suis sûre et certaine que tu m'aimais
Je t'ai vue…
"Te vi".
"Te vi".
Cette chanson compte vraiment pour moi.
Quand ma mère l'a entendue, elle a dit
que je devais pas la sortir
car tout le monde saurait qu'elle me frappait plus jeune.
Elle refusait que ça se sache
parce qu'elle avait honte.
… et tu me chantais…
C'est arrivé subitement,
et ça me reprend parfois. Je me sens prise au piège,
et il y a eu certaines fois
où j'ai commencé à faire des crises de panique, à manquer d'air.
Parce que la maternité implique beaucoup de responsabilités.
J'ai pu renouer davantage avec ma mère.
Je suis très proche de ma famille, mais pas au point non plus…
de se parler tous les jours,
de dire : "Maman, je veux te voir." Je ne sais pas.
On a appris Ă vivre avec la distance.
Personne n'est parfait.
Les mamans sont des femmes imparfaites.
Des ĂŞtres humains.
Quoi qu'ait été… quelle qu'ait été…
sa façon de m'élever,
Je suis lĂ , et je suis reconnaissante.
Je suis lĂ .
Mon cher amour
Il n'y a plus rien à présent
Que je puisse faire
Tu ne changeras pas Tu ne me convaincras guère
Qu'à présent
Tout ira pour le mieux
Encore combien de temps
Comptes-tu penser, aussi confiant
Que tu peux t'amuser Ă prendre Sans rien donner en retour ?
Ă€ partir de maintenant
Je ne t'attendrai plus
Mon cher amour
Si tu ne souhaites pas revenir
Pourquoi viens-tu encore Tenter de me reconquérir ?
Ne me demande pas de t'accorder une dernière nuit
Mon cher amour
Ça a l'air si facile pour toi
De partir pour ensuite exiger de moi
De t'aimer
Comme si je ne ressentais rien
Rien…
Le seul endroit où je me sens complète,
comme si j'étais en pleine méditation,
c'est sur scène.
Je me connecte à mes sentiments, mes émotions.
Je me connecte au public, et le public se connecte à ça,
le tout dans la plus grande sincérité.
Il y a cette sincérité brute de la performance en direct.
Mon cher amour
Si tu ne souhaites pas revenir
Pourquoi viens-tu encore Tenter de me reconquérir ?
Ne me demande pas de t'accorder une dernière nuit
Il y a ce sentiment, à la fois beau et irrationnel, ancestral…
comme hérité de nos ancêtres…
L'impression de vivre pleinement.
Parfois, j'ai vraiment le sentiment
d'être complète, sur le moment.
J'adore me donner pleinement sur scène.
Parce que c'est ça, vivre l'instant présent.
… de t'aimer
Comme si je ne ressentais rien
Rien…
J'ai commencé à participer aux fêtes de l'école.
Et après l'école,
j'ai chanté dans un club de sport.
Et dans ce club,
j'ai rencontré un homme, un arnaqueur.
Un jour, il m'a appelée et m'a dit : "Écoute,
"ils cherchent une chanteuse pour travailler avec eux.
"Passe l'audition."
J'avais 13 ans.
Et j'ai été choisie.
Puis il m'a dit :
"Actuellement, le salaire est de 1 500 pesos par jour."
1 500 pesos chiliens.
Autrement dit, trois fois rien.
Un peu de contexte :
à l'époque, on mangeait du pain rassis.
Cette somme représentait une fortune pour moi.
J'adorais cette vie : je sortais tous les jours,
je rencontrais des gens, chantais beaucoup.
Je n'ai jamais arrêté de chanter.
Arrivée au collège,
les cours ne m'intéressaient pas.
C'était un soulagement pour ma mère
parce que c'était sa responsabilité de m'emmener
et de me surveiller.
J'étais désordonnée, rebelle,
j'avais commencé à me droguer.
Et je refusais. Je ne voulais pas aller à l'école.
Je voulais juste chanter, j'avais un job,
donc je n'avais pas la tĂŞte aux cours.
Non, l'école ne m'intéressait pas du tout.
C'est donc là que j'ai entamé… ma…
carrière, qui n'a jamais pris fin.
Ă€ 13 ANS, J'AI EU UN PETIT-AMI DE 34 ANS
D'ABORD, JE NE VOULAIS PAS DE LUI,
MAIS IL A INSISTÉ, ET JE L'AI LAISSÉ M'EMBRASSER
ÇA A DURÉ CINQ ANS ET…
… C'ÉTAIT MA FAUTE
J'ai trouvé ce contrat de chanteuse,
et c'est là que j'ai rencontré un homme plus âgé.
Il avait 21 ans de plus que moi.
Il s'est rapproché, a vu que j'étais solitaire,
puis il m'a dit
qu'il résoudrait tous mes problèmes,
que Dieu l'avait mis sur ma route,
qu'en tant que sauveur, il m'apporterait que de l'amour.
Mais pour ça, je devais arrêter la drogue, abandonner tous mes vices
pour m'abandonner Ă l'amour de Dieu.
Et je l'ai cru.
J'étais une fille solitaire, complètement perdue.
Il était très peu instruit.
Je lui ai appris à écrire et à lire.
Et…
J'ai fini par avoir une relation avec lui pendant cinq ans.
Il était marié, avait des enfants.
C'était un dieu pour moi.
Je le respectais autant que je le craignais.
Je faisais ce qu'il me disait.
C'était un artiste de rue.
Un clown.
Je l'accompagnais.
Il m'est aussi arrivé de chanter dans la rue.
J'ai chanté dans les bars, au cirque,
mais aussi dans des pubs,
dans des festivals, j'ai parcouru tout le Chili.
Il a fini par devenir mon "manager".
Il encaissait la moitié de mes gains.
Dans notre famille, on se disait :
"Elle a arrêté l'école,
"mais elle travaille.
"Elle ramène de l'argent,
"elle ne se drogue pas, ne boit pas."
Donc personne n'a rien dit.
Ils savaient tous
ce qui se passait, même si c'était un secret notoire.
Parce que c'était mon "manager".
Donc personne n'a rien dit.
Je me souviens de cette époque,
Ă travailler dans la rue et y passer des heures,
à chercher la moindre pièce par terre.
"Tiens, une pièce !"
Je me baladais avec un tas de pièces,
je sentais la ferraille
parce qu'on faisait des blagues dans la rue.
On prenait les pièces, les comptait,
ou parfois, je chantais, et il y avait toujours… un tas de pièces.
Je ne faisais rien d'autre que travailler.
Et faire ce qu'il me disait de faire.
Oui, des choses arrivaient.
Je me souviens m'être sentie malheureuse…
C'EST TA FAUTE, SALE PUTE
… à cette période.
L'amour ne peut pas être un péché
Dixit un homme de 40 ans
Tout en frottant l'entrejambe
D'une gamine de 13 ans
Elle porte des robes serrées
Et rêve de concerts et de célébrité
Mais elle a Ă peine de quoi manger
"Dieu t'a choisie
"C'est pour ça qu'on s'est rencontrés
"Je suis venu te sauver
"Et ferai de toi une superstar"
Dit-il tandis qu'il la baise
Dans une ruelle, tard le soir…
J'avais très peur de lui.
Je craignais qu'il se suicide aussi,
parce qu'il disait ĂŞtre venu au monde
pour veiller sur moi, et que si on se séparait,
il n'avait rien Ă faire,
dans ce monde. Mais que j'étais libre.
Que je pouvais partir quand je voulais.
Il m'a beaucoup manipulée.
Il ne pensait pas Ă moi. Il ne m'aimait pas.
Je crois.
… chaque jour
Ses rêves s'évanouissent
Et elle ne croit plus en Dieu…
Je me souviens d'un voyage Ă Antofagasta, dans le nord.
Avec lui.
Un de nos derniers voyages ensemble.
On a travaillé dans la rue.
J'ai rencontré une fille qui l'a aussi fréquenté
quand elle était mineure.
Je lui ai parlé, et…
ça m'a ouvert les yeux, j'ai pu mettre un mot sur ce qui m'arrivait :
maltraitance.
C'est lĂ que j'ai compris. Je ne comprenais pas avant.
Je continuais
Ă gober son histoire de Dieu.
Et quand j'ai compris ce qu'il faisait,
qu'il l'avait fait avec d’autres mineures…
j'ai ouvert les yeux pendant ce voyage.
J'ai souhaité de toutes mes forces
accomplir quelque chose pour me sortir de cette situation,
de cette relation,
de cette violence.
Donc… je me suis rendue au casting pour la télé, des étoiles dans les yeux.
Je me souviens l'avoir prévenu.
Et à la gare routière, j'ai dit : "C'est la dernière fois qu'on se voit."
Je n'avais jamais osé lui dire quoi que ce soit.
J'avais peur de lui.
Et quand je lui ai dit au revoir,
j'ai eu peur qu'il se suicide.
J'ai pensé : "Il va se suicider, mais…
"peu importe." Ça n'a plus eu d'importance.
Il a dit : "D'accord."
Puis il est parti.
Je n'en ai plus entendu parler.
Il a complètement disparu.
C'est très étrange.
De ne plus jamais en avoir entendu parler.
Moi qui avais…
si peur de ce qui pouvait arriver.
Vous voyez ?
Il ne s'est rien passé.
Je suis allée à Santiago.
J'ai été choisie pour l'émission.
Et pour moi, c'était…
la chance de ma vie.
Je devais la saisir.
Elle a 19 ans, est célibataire, et nous vient de Viña del Mar.
Monserrat Bustamante va chanter "La media vuelta" de Luis Miguel.
MONSERRAT BUSTAMANTE CHANTEUSE
Pour moi, c'était sérieux.
C'était vraiment… ma raison de vivre.
Ça m'a sauvée.
Ça a changé ma vie.
Qui va partager le micro avec MarĂa JosĂ©, Claudio ?
On a invité Monserrat Bustamente,
chanteuse en herbe de 19 ans.
En duo avec MarĂa JosĂ© Quintanilla, âgĂ©e de 12 ans,
sur "La media vuelta" de Javier SolĂs.
J'ai dit avoir un copain de mon âge.
Je pouvais ĂŞtre moi-mĂŞme.
J'étais heureuse car je faisais ce que j'aimais,
j'avais de l'espoir.
Je me sentais comblée.
La réussite dans la vie m'importait plus que l'émission.
Gagner de l'argent.
Comme cette chanteuse argentine à qui on a demandé
qui lui avait appris à chanter et qui a répondu :
"La faim."
J'ai appris Ă faire
toutes sortes de manières,
à être charmante…
parce que j'avais faim.
Don Jaime Coloma, quelle note pour Monserrat Bustamante ?
- 5,8. - 5,8 !
Autre chose qui semble difficile, Monserrat.
Il y a un défaut que tu sembles avoir souvent.
Ta performance n'est pas excessive, mais manque de sincérité.
Me donner Ă fond, c'est excessif ?
Vous savez, je donne tout sur scène.
Je chante avec tout mon cœur.
J'en ai marre des mauvaises notes.
Quand je regarde, je suis satisfaite de moi.
Je ne comprends pas.
Ravi que tu sois capable de te juger, Monserrat,
tu iras très loin. Continue ainsi et tu iras loin.
UN CANDIDAT QUITTE L'AVENTURE AUJOURD'HUI
Quand j'ai commencé à avancer et m'améliorer un peu,
j'ai apporté mes chansons. Je voulais m'exprimer
parce qu'on m'avait dit que j'enregistrerais un album
avec Jaime Román, le producteur.
Elles étaient médiocres,
mais il aurait pu les écouter. Il n'a même pas voulu.
C'était… horrible. Dès que je le voyais, il me harcelait.
Pendant les cinq années qu'a duré l'émission.
C'est ce qui m'est arrivé de pire dans Rojo.
Très innocemment, je me suis décidée
et j'ai parlé à la direction.
Pour la première fois, je leur ai dit : "Écoutez, Jaime Román me harcèle.
"Je veux partir."
Ils m'ont répondue : "On va t'aider.
"On ignorait que Jaime faisait ça. C'est affreux, on est choqués."
Je pensais avoir obtenu gain de cause,
et il ne s'est absolument rien passé.
Rien du tout.
J'ai passé presque toute ma vie à fuir quelque chose,
ou Ă chercher quelque chose.
Dès toute petite,
j'ai voulu partir de chez ma mère.
Ce sentiment est revenu. Je voulais quitter le Chili.
Je cherchais quelque chose, je ne sais quoi.
J'ignorais si je fuyais ou si je me cherchais.
J'ai vu tant de gens partir au Mexique.
"Si tout le monde y va, je vais aller voir ce qu'il y a lĂ -bas."
Ça va être de la folie !
On tourne un film !
Trop génial !
- Bonsoir. - Bonsoir.
Non !
On voit mon corps ?
Juste des épaules à la tête.
Et si je fais ça ?
Et lĂ ?
PrĂŞte pour demain ?
Oui, je suis prĂŞte.
- Et toi ? - Moi aussi.
En arrivant au Mexique, ça a été…
la liberté absolue.
Une ville de 25 millions d'habitants oĂą je ne connaissais personne,
et…
oĂą je me sentais libre d'ĂŞtre qui je voulais.
Ici, pas de passé, pas de famille, pas d'amis.
Je n'avais rien. J'étais…
Je pouvais choisir ma vie, repartir de zéro, et…
je me suis permis des choses que je m'étais toujours refusées.
J'ai commencé à vraiment vivre et profiter…
de ma jeunesse.
Je suis arrivée au Mexique à 23 ou 24 ans.
Je ne sais pas, j'ai commencé à vivre… librement.
Oui, je suis prĂŞte.
- Je ferme les rideaux ? - Non, laisse-les ouverts.
J'ouvre plus ?
- Comment ça s'éteint ? - Je m'en occupe.
- C'est mieux. - D'accord.
Enregistrement en cours.
Rafa arrive.
Aujourd'hui, c'est le premier de trois concerts au Metropolitan.
C'est une belle façon de finir l'année pour toi.
C'était une année formidable.
Deux albums totalement différents, un Grammy.
Quel est votre bilan de cette année ?
Et vous avez gagné un Grammy, n'est-ce pas ?
- Oui. - Pour l'album
du meilleur chanteur-compositeur, si je ne m'abuse. Et…
nominée pour le meilleur album de musique régionale,
mais pour les Grammy…
Pas les Latin Grammy, mais les vrais Grammy.
C'est intéressant d'observer l'évolution de votre musique,
comme votre album Seis,
inclus dans la liste des meilleurs albums de 2021,
mais surtout, vous avez fait deux concerts à guichets fermés.
La troisième date est presque complète également.
Mais vous faites partie des artistes les plus écoutés.
Vous comptabilisez 6,3 millions d'écoutes mensuelles sur Spotify.
Votre chanson la plus écoutée,
"Tu falta de querer", comptabilise 241,6 millions d'écoutes.
Ça fait beaucoup. J'ignorais qu'elle était autant écoutée.
J'en suis plus que ravie.
J'imagine que votre grossesse se passe bien,
puisque vous avez pu entamer cette tournée aux États-Unis.
Maintenant, j'ignore quand vous comptez arrêter pour donner naissance à ce bébé.
Vous pouvez nous en dire plus ?
Je n'arrêterai pas, j'accoucherai sur scène.
Mon téléphone sonne.
Je ne vais pas répondre.
Dani, j'ai besoin de la radio.
- Pardon ? - La radio.
- Je vais la demander. - J'en ai besoin maintenant.
J'en ai vraiment besoin, ça doit devenir ta priorité.
D'accord.
Bonjour, Docteur.
Désolée de vous déranger à nouveau, mais j'ai…
de fortes allergies, et je n'ai pas pris de loratadine.
Comme vous m'avez dit que…
vous préfériez que je n'en prenne pas.
Donc je fais des espèces…
de petites crises d'asthme.
La nuit dernière, j'ai eu du mal à respirer.
Je dors Ă peine parce que j'ai du mal Ă respirer.
Mais je ne veux rien prendre qui pourrait nuire au bébé.
Dites-moi ce que je peux faire.
J'ai un concert ce soir.
J'ai un concert ce soir, demain, et après-demain.
J'ai la gorge très irritée, et…
je manque d'air.
Mes voies respiratoires sont fermées, et je fais un bruit de… sifflet.
Mes allergies me rendent folle ! Ça me gratte de partout.
Tu es allergique Ă quoi ?
Je ne travaille pas dans un bureau avec des horaires normaux.
C'est mon métier, je l'ai fait toute ma vie.
Mon corps a l'habitude de faire ça.
Mais je dois bosser, le docteur a donné son feu vert, alors…
je vais travailler.
J'adore. Une fois, j'ai vu une interview de Lady Gaga,
et ils lui ont demandé : "Vous pensiez devenir célèbre ?"
Et elle a dit : "Je l'ai toujours été, c'est juste que personne ne le savait."
- J'ai adoré. - J'ai vu ça sur YouTube.
On va se connecter à la musique, à vos émotions.
C'est difficile quand on fait toujours la mĂŞme chose,
mais il y a sûrement des chansons qui vous parlent beaucoup,
des mélodies qui vous touchent.
Vous ĂŞtes mon groupe, c'est vous qui faites le show.
J'ai besoin de vous plus que jamais parce que…
je suis opérationnelle à 50 %.
Voire moins.
Ă€ fond, ou Ă quoi bon ?
Honnêtement, c'était très bien, comme d'habitude.
- Ta performance était parfaite. - Non, j'ai mal chanté.
- Non. - Je suis dure avec moi-mĂŞme.
J'ai eu trop de mal Ă chanter.
Je n'arrivais pas à respirer. Pendant la deuxième chanson…
j'étais à peine à 30 % de mes capacités.
C'est la première fois.
- J'ai super mal chanté. - C'est faux.
- C'était affreux. - T'as bien chanté, mais…
Je déteste quand vous me mentez.
- Tu étais très fatiguée. - Sérieux.
Non, mais on voyait d'un coup que tu étais…
- Tu étais essoufflée. - … essoufflée.
De toute évidence.
Ça pourrait beaucoup t'aider, ça.
Ce truc.
On devrait avoir quelque chose comme ça.
- Pour élever tes pieds. - Sur les deux dernières chansons.
J'ai commencé à chanter dans un bar à Veracruz.
Ă€ six heures de Mexico, en bus.
Des reprises.
Et j'ai commencé à vivre la nuit.
Pendant un an, j'y ai chanté les jeudis, vendredis et samedis.
Le dimanche, je prenais le bus pour rentrer Ă Mexico,
puisque je vivais lĂ -bas.
J'y restais le lundi, le mardi et le mercredi,
et j'essayais d'avancer avec ma musique.
De rencontrer des gens, créer des liens, de faire quelque chose.
Puis le week-end, j'allais Ă Veracruz.
Deux, trois, quatre…
L'année suivante,
j'ai trouvé un boulot dans un bar à Mexico,
et j'ai fait ça durant des années : chanter dans les bars.
Mon cœur bat la chamade
Tu l'as transpercé
Tu m'as regardée lentement, lentement
Je fais faire des tours Ă ton corps
Je les aime tout autant que toi
Un choc électrique à l'intérieur
Essaie-moi…
À un moment donné, j'ai commencé à avoir beaucoup de fans de mes reprises.
Ils venaient dans chaque bar oĂą je chantais.
Ils me disaient : "L'album, c'est pour quand ?"
La semaine prochaine, on enregistre l'album de Mon Laferte.
Je suis heureuse, et très nerveuse !
Ça va être incroyable.
Mon premier album s'intitule Desechable.
On est en 2011.
Mais ensuite, avec Tornasol,
plus de gens ont commencé à s'intéresser à ma musique,
et il y a eu une période où je jouais à plusieurs endroits
mes propres chansons.
J'ai pu jouer lors de nombreuses rencontres.
On jouait beaucoup dans les parcs, mais aussi dans la rue,
et on s'accompagnait, on s'entraidait.
Mais à cette époque, il y avait une grande scène musicale indépendante.
Je n'ai rien révélé
Je me suis accrochée Mais j'en ai assez
Je me souviens très bien
pendant la période Tornasol…
que j'ai commencé à avoir l'impression…
d'être compétente.
Et j'ai commencé à me trouver.
À m'écouter. À écouter et trouver ma voix.
Dans mon écriture aussi. La confiance est primordiale.
C'était une belle époque…
avec un Mexique un peu underground, hyper alternatif.
- AllĂ´ ? - AllĂ´ ?
- Daniela ? - Non, c'est Mon.
Dis-moi la vérité, sois honnête.
Quelqu'un va venir ? Ils sont partis ?
- Explique. - Ils sont partis.
- Donne-moi son numéro. - Ça marche, je te l'envoie.
J'attends qu'on vienne m'aider parce qu'on a plein de problèmes.
Mes ongles sont mal mis… Un tas de choses clochent.
Tu as mis mes ongles Ă l'envers.
Ils vont bientôt arriver…
Dis-moi franchement s'ils vont venir,
- ou je me débrouillerai. - Non, ils arrivent.
Rien ne va : les boutons, la ceinture, ses ongles.
La ceinture de la robe rouge s'enlève, donc il faut…
Mon amour, mon bébé. Viens ici, mon chéri.
Bon, dis-moi ce qu'on a.
Ceinture noire, ruban rouge, ongles, cravate noire et boutons.
- VoilĂ . - C'est bon ?
Je vais voir s'ils arrivent. Je m'en occupe.
Hein, mon amour ? C'est chouette de dormir jusqu'Ă 21h30.
Il savait. Il a dit : "D'accord. Tu dois chanter, maman."
Mon beau petit garçon.
Mon fils me rend tellement heureuse.
- Ça va ? - Très bien, et toi ?
- Bien. - Quoi de neuf ?
- Tout est tellement stressant. - J'imagine bien.
Je n'ai jamais eu Ă courir autant pour un concert.
Oui, j'ai vu.
- Quelqu'un a vu mon portable ? - Il est lĂ .
- Merci. - On va t'hydrater les lèvres.
Quand on aura le temps…
Tiens, prends ça.
- Règle numéro deux. - Pas un mot.
L'équipe ne parle pas.
Règle n°1 : j'ai toujours raison, et tout le monde m'obéit.
- Chouchou. - Oui ?
- C'est Ă quelle heure ? - Elle l'a pas encore dit.
- On fait le cercle ? - Oui.
Tu as une autre couleur ? Plus vive.
Encore quatre minutes.
- J'arrive. - Départ dans quatre minutes.
Ă€ plus tard, Emilita.
À tout à l'heure, mon chéri, je t'aime.
- Bonne chance, maman ! - Bien, prĂŞte.
PrĂŞts ? C'est parti.
Comme vous êtes beaux ! Très élégants, j'adore.
Bien, cher groupe.
C'est mon premier concert en tant que mère.
Ça va être une belle soirée, très spéciale.
Bienvenue au club. On va bien s'amuser.
Allez ! On va bien s'éclater !
Ă€ fond, ou Ă quoi bon ?
J'ai dit adieu
Mais je vais te faire un aveu Je ne voulais pas partir
Je n'ai rien révélé
Je me suis accrochée Mais j'en ai assez
Je voulais juste t'effacer Juste t'oublier
Mais tu continues de me hanter
Les mains en l'air, allez !
Volumen 1 est un album que j'adore.
Je me rappelle bien.
J'allais enregistrer un nouvel album avec César, qui était mon compagnon.
César était quelqu'un de très important.
Et il occupera toujours une grande place dans ma vie.
- Je verrais bien une cymbale ride. - Si tu veux, on le jouera Ă la ride.
- C'est ce que j'ai dit. - Je propose en solo.
Ă€ la ride, mais sur le bord.
Et rapidement, j'ai découvert…
une erreur, une stupide infidélité,
et j'ai été…
J'ai été dévastée.
J'ai Ă nouveau ressenti ce rejet
dont je m'étais libérée,
et…
je suis tombée en dépression. Pire encore,
j'ai compris que je l'étais depuis des années.
Mon arme est déjà prête
Un seul tir dans la tête…
J'ai arrêté de travailler.
Je n'avais pas d'argent. Enfin, j'étais…
au plus mal.
Je fumais beaucoup…
Ça devait être déprimant de me voir dans cet état.
Sale.
Avec des cendriers remplis de mégots.
Des bouteilles. Ma maison était en bordel.
J'ai pleuré,
piqué des crises, me jetais par terre. J'ai bu, j'ai crié.
C'était un désastre.
Et…
Et je suis devenue une personne horrible, sombre,
sale et insupportable.
Je faisais des insomnies, je pleurais toute la journée.
Alors, pour dormir…
je buvais mon verre de vin,
et sans m'en rendre compte, j'ai commencé à boire plus.
Un verre après l'autre, sans réaliser, je suis devenue alcoolique.
J'ai eu la sensation
pour la première fois, que j'avais cessé de me battre
pour être aimée, incroyable, forte et merveilleuse.
Au lieu de ça, je me suis autorisée
à souffrir pour la première fois, je pense…
Ou Ă pleurer, au moins.
Je ne l'avais jamais fait, je crois.
Puis il y a eu un moment où j'ai commencé
Ă chercher tous les jours sur Internet
comment mettre fin à mes jours…
sans douleur.
J'en suis arrivée à prendre des cachets, les mélanger.
Puis, il y a eu un soir où…
Je me souviens mal, j'étais tellement ivre.
Je me suis tailladée, je voulais me suicider.
Je me souviens mĂŞme pas.
J'étais dans un état pas possible.
Vraiment…
j'allais mal.
Ingrat…
Une amie m'a dit : "Tu vas te sentir au plus mal,
"mais un jour, tu te réveilleras, et…
"la première pensée que tu auras,
"ce sera ni César, ni ce que tu vis.
"Tu penseras Ă autre chose qui ne sera pas catastrophique.
"Raccroche-toi Ă ce jour."
Je me souviens m'être réveillée un jour, avoir regardé le plafond,
et remarqué une énorme tache de condensation.
Je me suis décidée à régler ça. Là , j'ai perçu…
de l'espoir, parce que je me souciais
de me débarrasser de la condensation.
Ça parle de la volonté d'aller mieux.
J'ai commencé à enregistrer un tas de chansons chez moi.
Je jouais la guitare, je jouais la basse,
avec l'aide de mes amis.
Ils enregistraient Ă ma demande.
Je disais : "Peu importe, j'enregistrerai avec les moyens du bord."
On m'a coupé l'électricité.
Je ne payais plus mes factures comme je ne travaillais plus.
Je me souviens que j'étais en colère un jour,
et j'ai pris une rallonge.
J'ai rattaché toutes mes rallonges
et je suis descendue les brancher dans le garage.
Puis j'ai mis… La rallonge allait jusqu'à ma porte.
La porte était coincée. J'ai installé mon ordi, ma lampe…
et j'ai fait mon album.
Et…
ça m'a guérie.
Je me suis décidée à le sortir.
Un clic sur Internet et voilĂ .
Ça y est, c'est sorti.
Diffusion indépendante.
… Mon Laferte avec "Tu falta de querer". Restez avec nous sur Los 40.
On passe Ă la radio, ma belle !
Aujourd'hui, je suis rentrée
Dormir dans notre lit Et rien n'a changé
L'air, tout comme nos chats Rien ne changera
C'est dur de t'oublier
Les choses ont commencé à bien aller…
C'était insensé, tout le monde voulait écouter mes chansons.
J'y comprenais rien.
Puis j'ai compris que les chansons, la musique étaient magiques.
Je n'avais pas vendu cet album.
Je n'avais pas fait de promo,
ni raconté mon histoire, personne ne savait rien.
Ce n'est pas comme si on m'avait prise en pitié.
C'était incroyable, comme dans les films.
Sauf qu'Ă la fin de ce film,
j'ai gagné.
J'ai enregistré mon album chez moi, sans moyens,
et ça a été un carton.
Je reçois toutes ces offres et dois décider laquelle accepter.
C'était incroyable.
Dis-moi pourquoi
Non
Peux-tu m'expliquer
Pourquoi tu as cessé de m'aimer ?
J'aurais pu encore endurer
Ton manque cruel d'amour
Il y a de ça un mois
Je buvais encore tes paroles On était complices
Je pensais qu'il n'y aurait Personne d'autre que toi
J'étais ton amie Ton alliée dans la vie
Je vais rejoindre Morphée
Dans un profond sommeil pour oublier
Je préférerais mourir Pour ne plus y penser
Je me protège Pour soulager cette amertume
Allez
Avoue-moi la vérité
Aie pitié de moi
Et dis-moi pourquoi
Peux-tu m'expliquer pourquoi tu as cessé de m'aimer ?
J'aurais pu encore endurer
Ton manque cruel d'amour
Allez
Avoue-moi la vérité
Aie pitié de moi
Et dis-moi pourquoi
Pourquoi tu as cessé de m'aimer ?
J'aurais pu encore endurer
Ton manque cruel d'amour
Joel !
Extinction, s'il vous plaît.
Une autre !
Une autre !
Tu as regardé ?
- Tu as vu ? - Oui, j'ai vu !
Équipe…
la tournée est finie.
Ça a été…
Ça a été un plaisir
de la faire avec vous. Je vous adore.
On t'aime, Mon. Merci pour tout.
Merci Ă toi !
Merci, mes pouffes.
Mon humeur est Ă mon image.
C'est bon de te voir heureuse.
Bien sûr, j'avais cette envie maladive que tout se passe bien,
que tout soit parfait.
Je voulais me sentir comme après ma grossesse
et me prouver Ă moi-mĂŞme que je pouvais
réitérer, que je pouvais
me redécouvrir, retrouver l'artiste en moi.
Finalement, j'ai compris que j'avais changé depuis l'accouchement.
Je suis davantage connectée…
à mes émotions.
Je suis bien plus
éveillée, consciente, pour ainsi dire,
de chaque pas que je fais.
Non
Il n'y a rien de plus doux
Que le goût
D'un premier baiser
Et de te révéler…
Je trouve ça beau d'être devenue une autre femme.
Et dans dix ans, j'en serai encore une autre.
Et ça ne fait rien.
Je suis une partie d'un tout.
Donc rien n'a d'importance.
J'ai également appris à prendre la vie avec plus…
de légèreté.
Je regarde en arrière et me dis :
"Est-ce que je recommencerais ?
"Referais-je tous ces efforts pour rencontrer… le succès ?"
Aujourd'hui, je pense que je ne le referais pas.
Mais je l'ai fait car j'avais besoin de me sentir acceptée.
Je voulais désespérément qu'on m'aime.
Mais plus maintenant.
J'ai déjà des gens qui m'aiment
telle que je suis.
Mais ce n'était pas le cas avant,
alors j'ai désespérément cherché cette attention, cet amour.
Je voulais ĂŞtre importante dans la vie de quelqu'un.
Dans la vie des autres.
Sous-titres : Lisa d'Alfonso
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