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Original subtitles

Coucou, ma jolie. On va oĂč ?

44e rue, entre la 9e et la 10e.

Tiens, mon pote.

Sentez la magie de la ville qui ne dort jamais.

Des lumiĂšres de Broadway aux sentiers de Central Park.

Des terrains de jeu de New York...

Putain.

Quel enfoiré.

- Ton vol ? - Je monte dans l'avion

On peut se voir Ă  ton retour ?

J'ai atterri

La 44e et la 9e ?

Oui.

Dans Midtown.

Ce bon vieux Midtown.

Vous ĂȘtes ma derniĂšre cliente pour aujourd'hui.

- Ah oui ? - Oui.

J'ai gagné ?

Ça, c'est clair, trĂ©sor.

J'ai gagné quoi ?

Ce que vous voulez.

Ouais.

J'ai eu une dure journée.

Des petits trajets, pas de pourboires.

Putains de paiements par carte.

Quand c'était en liquide, les gens lùchaient 10, 20, 50.

Des billets de Monopoly.

Mais la carte, c'est trop de réflexion.

Avec tous ces petits numéros,

je vois rien venir,

et je me fais enculer.

Et ces applis Ă  la con, lĂ .

Café, burger, savon, chaussettes,

vin, eau, beuh, bouffe chinoise.

On peut avoir ce qu'on veut sans sortir le porte-monnaie.

MĂȘme pas pour un pourboire.

Avant, le sel, c'était du fric.

Le sel, quoi !

Cette merde qu'on met sur nos Ɠufs.

Chaque matin, on fout cette merde

sur nos Ɠufs, sans savoir que des gens sont morts pour ça.

Le thé, le café, pareil.

Toutes ces merdes auxquelles on fait pas gaffe,

à un moment donné,

des gens se sont massacrés pour en avoir.

Faut prendre de la hauteur.

Avec le temps, le fric est passé du sel à l'or au papier.

Maintenant, le fric, c'est plus qu'une notion abstraite,

des petits numéros sur un écran.

Rien Ă  palper, rien Ă  enfouir,

rien Ă  planquer quelque part.

Non, on l'accroche Ă  un foutu papillon

et on l'envoie dans un nuage.

Un de ces quatre, c'est moi qui vous le dis,

ce nuage va crever et déverser sa pluie acide

sur toutes nos tĂȘtes de cons.

Mais avec moi, c'est bon.

Ah ouais ?

- J'ai un sac Ă  l'arriĂšre. - Et ?

Il est plein de sel.

Elle est bonne. Vraiment.

Rien que pour ça, va pour la carte.

VoilĂ  oĂč on en est rendus.

Le taxis jaunes, c'est comme les vidéoclubs.

Pas vrai ?

Dans dix ans, ils auront disparu.

Et les autres gars, ceux des applis,

ceux qui contrĂŽlent tout,

ce sera plus qu'un point sur l'écran,

en un rien de temps, ce sera fini.

On commandera un taxi sur son portable, comme avant.

Mais ce sera pas un vrai type derriĂšre le volant,

moi, je vous le dis.

On commandera un taxi,

et la voiture se conduira toute seule

pour vous emmener lĂ  oĂč vous voulez aller.

Fini, les excùs de vitesse, la puanteur, le mal au cƓur.

Elle se perdra jamais.

Elle vous demandera mĂȘme comment ça va.

- Saletés d'applis. - Carrément.

Je mets la radio ?

Non, ça va.

Pas sur votre tél, c'est cool.

Vous ĂȘtes pas obligĂ©e de me faire la conversation...

Mais c'est déjà cool.

De voir quelqu'un de pas accro.

C'est quoi, votre nom ?

Pourquoi ?

J'aime connaĂźtre le nom des gens, c'est tout.

Ben merde, une vraie personne !

C'est mignon.

Clark.

Clark.

Vous vous attendiez Ă  Vinny, hein ?

- Je m'attendais Ă  rien. - Pas de malaise.

C'est vrai que Clark

a une villa dans les Hamptons,

joue au tennis, va à l'opéra, tout ça.

Je serai jamais ce type, jamais de la vie.

Vous préféreriez quel nom ?

Vinny.

- Vinny. - Vinny. Classique.

Bien sûr.

Alors, vous vivez ici ?

- Oui. - Ouais.

Ça se voit à votre accoutrement.

Mon accoutrement ?

Il en dit long sur vous.

À savoir ?

Vous ĂȘtes dĂ©brouillarde.

Vous en savez quoi ?

C'est pas si dur de cerner les gens.

Vous ĂȘtes montĂ©e, normal,

vous avez éteint l'écran à l'arriÚre,

vous savez déjà

quels spectacles se jouent Ă  Broadway.

Vous avez mĂȘme pas mis la ceinture. À quoi bon ?

Les taxis, vous avez l'habitude. Je me trompe ?

Quoi d'autre ?

Vous m'avez donné

le croisement, et pas une adresse lue.

Vous vous fichez du compteur,

vous savez que c'est un taux fixe de JFK.

- Impressionnant. - Ouais.

Je prétends pas jouer les détectives,

mais je fais gaffe aux détails.

La journĂ©e a Ă©tĂ© longue, vous ĂȘtes crevĂ©e.

Vous voulez rentrer chez vous,

prendre une douche, dormir dans votre lit,

et vous avez fait la queue pour avoir un putain de taxi.

Vous ĂȘtes une New Yorkaise qui fait gaffe.

On vous la fait pas, Ă  vous.

Et vous avez pas peur de croiser mon regard.

Donc, je confirme,

vous ĂȘtes dĂ©brouillarde.

J'aime Ă  le croire.

Tu es arrivée ? Je peux passer ?

Dans le taxi

Donc tu approches salut

Comment on dit jolie ?

Tu es trĂšs bonita

Merci

j'ai besoin de toi

Comment ça se dit ?

Vous arrivez d'oĂč ?

D'Oklahoma.

Y a quoi, lĂ -bas ?

Je sais plus je commence Ă  peine

C'est lĂ  oĂč j'ai grandi.

Tu arrives quand ?

Ça va faire tard Peut-ĂȘtre une autre fois

Mais j'ai besoin de toi

de ta chatte

Tu me la montres ?

Mets ton portable entre tes cuisses

il faut que je jouisse aide-moi Ă  jouir

Et votre accent ?

- Pardon ? - Votre accent.

- Mon accent ? - Oui.

Les gens de l'Oklahoma ont un accent traĂźnant.

Pas tous, faut croire.

Vous venez d'oĂč ? De quel coin ?

D'une petite bourgade.

Laquelle ?

- Ça vous dira rien. - Allez.

Bon, l'Oklahoma est en forme de poĂȘle, pas vrai ?

Alors, si mon bras, c'est la poignée...

Ouais ?

J'ai grandi ici.

- L'aisselle. - De l'Oklahoma.

Avec pour nom ?

- Gage. - Gage, Oklahoma.

VoilĂ .

J'aurais jamais deviné, je vous jure.

- Vous auriez dit quoi ? - Pas une aisselle, en tout cas.

À New York depuis longtemps ?

- Ça fera neuf ans en juin. - SĂ©rieux ?

Sérieux.

Un an de plus, et je serai une vraie.

- Vous ĂȘtes dans quoi ? - Je suis programmeuse.

- Informatique ? - Tout Ă  fait.

- Sérieux ? - Sérieux.

Des uns et des zéros, tout ça ?

Voilà, c'est ça.

Vous attendiez un truc plus féminin.

Genre organisatrice de mariages.

- Ou dans la mode. - La mode.

Peu de femmes font du code, c'est sûr.

Les barriĂšres qu'on a vous mises,

vous les avez enjambées.

J'aime enjamber.

Et c'est comment, les uns et les zéros ?

C'est-Ă -dire ?

Les éléments de base, quoi.

Quand je regarde un ordi, en fait,

c'est des uns et des zéros.

Oui, un truc du genre.

Dites-m'en plus. Je vous assure, ça m'intéresse.

Pour me la raconter ensuite.

En gros,

grĂące au courant, un ordi crĂ©e des Ă©tats de marche et d'arrĂȘt

sous la forme de uns et de zéros.

Un pour la marche, zĂ©ro pour l'arrĂȘt.

Mais souvent, on est plus

dans l'idée de représenter du vrai ou du faux.

Un et zéro pour vrai et faux ?

Bon, pas toujours.

Ils peuvent aussi représenter des nombres et d'autres trucs.

Mais moi, je m'occupe surtout

de tester si un truc est vrai ou faux,

avec un pour vrai et...

Zéro pour faux.

VoilĂ .

Tout, dans un ordi,

les couleurs, les images, la musique,

l'argent, les univers en 3D,

tout est représenté par des uns et des zéros.

- Vrai et faux. - C'est ça.

Pour faire simple,

c'est comme ça qu'opÚre tout ce que vous voyez.

J'avoue, ça se tient.

On fait tous ça.

On assemble nos briques de uns et de zéros

pour construire un fort.

Et ça commence dÚs le plus jeune ùge.

"T'es débile, vrai ou faux ?"

"T'es moche, vrai ou faux ?"

"Ta mĂšre t'aime, vrai ou faux ?"

Une fois adulte, ça continue.

"DérÚglement, vrai ou faux ?"

"Jésus-Christ, vrai ou faux ?"

"Faut porter des pantalons, vrai ou faux ?"

Ça finit jamais.

On doit tout le temps choisir un ou zéro

dans toutes nos décisions, pas vrai ?

C'est la base de notre façon d'opérer.

Ou bien, je dis des conneries.

Zéro.

Vous ĂȘtes pleine de surprises,

- je dois dire. - Allons, allons.

TrĂšs peu de choses me surprennent encore.

- Et vous ? - Quoi, moi ?

- Vous venez d'oĂč ? - Hell's Kitchen.

Enfin, le quartier s'appelait comme ça, pas loin d'oĂč on va.

C'était comment, enfant ?

À l'Ă©poque,

il méritait bien son nom de Hell's Kitchen,

"la cuisine de l'enfer".

Y avait des toxicos sur chaque perron,

des putes Ă  chaque coin de rue.

"Tu veux un cĂąlin, mon joli ?"

C'était fantastique.

Vous vivez toujours Ă  Manhattan ?

J'ai une piaule Ă  moi, Ă  Jackson Heights.

- Un petit truc. - Ça reste une maison.

Putain, c'est clair.

Donc, Clark vit dans le Queens ?

Non.

Vinny vit dans le Queens.

Clark, il a un loft dans Tribeca.

Normal.

Merde, ça craint.

Putain.

Un petit accrochage.

Désolé, trésor, j'ai horreur de ça.

C'est pas votre faute.

Je connais ces routes comme ma poche,

mais je prédis pas la météo.

C'est le seul intĂ©rĂȘt des applis.

Le seul, putain.

- C'est rien. - Non.

C'est pas pro, j'aurais dĂ» faire gaffe,

- j'aurais pu sortir avant. - Pas grave,

c'est un taux fixe.

Alors...

Non, je vais vous faire raquer.

Non. Que dalle.

J'ai gagné. Encore.

Vous m'assassinez, lĂ .

Deux-zéro.

T'es lĂ  ? Je t'ai perdue

Lo siento, dans les embouteillagos

Et ton séjour ?

C'était dur.

Bien. Mais dur.

C'est moi qui suis dur

Tu m'as manqué

J'ai besoin de toi

De ta chatte

de tes nichons tout doux

Si on peut pas se voir

montre-moi

stp, chérie

aide-moi Ă  jouir

T'es la ?

LĂ 

Oui

Tu veux bien ?

Quoi ?

me montrer

je bande comme un cheval

ça palpite

Faut que tu voies

l'effet que tu me fais

oh bébé

ça te plaßt ?

Vous ĂȘtes restĂ©e longtemps lĂ -bas ?

Deux semaines.

Petite visite Ă  la famille ?

J'ai une demi-sƓur.

Je veux jouir pour toi

je veux que tu mates

Elle est comment ? Votre sƓur ?

Elle est...

En vrai, c'est une connasse.

Comment ça ? Elle a fait quoi ?

Vous savez, des petits trucs du style...

Elle se moque de mes chevilles.

- De vos chevilles ? - Elles sont pas fines.

Non, je peux pas le croire.

- Et si. - Vous ĂȘtes menue.

Je suis menue, mais j'ai les chevilles larges.

- C'est possible ? - C'est possible.

- Ça a l'air mignon. - Merci.

Ça l'est.

J'imagine que vous ne vous voyez pas souvent, avec la connasse.

Je l'avais pas vue depuis des années.

Pourquoi ?

On ne se parlait plus.

On n'était pas brouillées ni rien, mais...

on a arrĂȘtĂ© de se parler.

Et lĂ  ?

Elle m'a retrouvée et m'a demandé de venir,

et moi, ben,

j'ai pas su refuser.

On a passé un moment sympa.

C'est une sacrée connasse, mais bon...

On s'est bien marrées et...

On a bien picolé, on s'est marrées.

Elle est mariée ?

- Elle a une copine. - Cool.

Qui s'appelle Eagle.

Ben merde, elle est amérindienne ?

Exactement.

Putain, c'est trop bien, ça.

Oui. Elles ont l'air heureuses.

Elles vivent dans une caravane, elles ont acheté une perruche.

Elles économisent pour voyager l'an prochain.

Elle revient de loin.

Grande sƓur ou petite sƓur ?

Elle avait 11 ans quand je suis née, donc...

C'était un peu comme une maman.

Mais une maman barrée. Genre, vraiment tarée.

Elle m'attachait les chevilles et les poignets,

me mettait dans la baignoire

et m'enfermait.

Quoi ?

Baignoire remplie ?

Vide.

C'est quoi, ce délire ?

C'était pour m'aider à m'entraßner.

À quoi ?

Si jamais je me faisais enlever, je saurais m'échapper.

C'était sa logique.

Ça vous plaisait d'ĂȘtre ligotĂ©e ?

J'aimais bien le défi de me libérer.

Vous y arriviez, hein ?

Assise dans la baignoire froide,

froide et vide,

vous gigotiez pour vous libérer

et réussissiez à chaque fois.

Gare Ă  vous, les ravisseurs.

Je disais bien que vous étiez débrouillarde.

Vous y gagniez quelque chose ?

Pas franchement.

Le temps que je me libÚre, elle était partie bosser.

- OĂč Ă©tait votre mĂšre ? - Partie.

OĂč ça ?

Sortie acheter des clopes, jamais revenue.

C'est drĂŽle.

Vous ĂȘtes drĂŽle.

Vous avez quoi ? 25, 26 ans ?

Non. Je réponds pas à cette question.

- Ben, pourquoi ? - C'est n'importe quoi.

Quoi, vous buguez sur votre Ăąge ?

Le monde entier bugue sur mon Ăąge.

Si je vous dis que j'ai 24 ans ou que j'ai 34 ans,

votre avis sur moi changera du tout au tout.

C'est pas vrai.

Pour les femmes, si.

C'est grave vrai.

Passé 30 ans, notre valeur est divisée par deux.

Bon, OK. Merde, c'est vrai.

- C'est vrai. - C'est vrai.

Vous faites 20 piges et quelques,

mais quand on vous entend, sûre, futée,

on vous en donnerait 50.

Donc ça change quoi, mon nombre de tours du soleil ?

Que dalle.

C'est juste ma façon d'essayer de comprendre.

De comprendre quoi ?

C'est déroutant, vous faites 22 piges,

mais vous ĂȘtes une fusĂ©e spatiale.

Une fusée spatiale ?

C'est vous.

- Oui, c'est moi. - Sentez-le, assumez.

Je le sens.

Vous atteindrez des sommets, c'est sûr.

Je bĂątirai un petit empire

et je laisserai le reste.

Vous comptez partager cet empire avec quelqu'un ?

Copain, copine, ou autre ?

Quoi ? Je dois aller défoncer qui ?

Non, pas la peine.

C'est quoi, son nom ?

Peu importe comment il s'appelle.

Il a déconné à ce point ?

Je vous ai dit mon nom, donnez-moi le sien.

Je préfÚre éviter.

Je vois. J'ai compris.

- Compris quoi ? - J'ai pigé, il est marié.

Vous sortez ça d'oĂč ?

Vous auriez pu me dire son nom, sans risque.

Y a des tas de Bob, de Sam ou de Jeff

Ă  New York, mais non.

Vous avez peur parce qu'il est marié

ou que vous l'ĂȘtes, ou que quelqu'un l'est,

et tout le monde la boucle.

Un chewing-gum ?

Oui, je veux bien.

- Merci. - De rien.

- Il est marié. - Je sais ! Je connais les gens.

On fait pas le taxi 20 ans sans connaĂźtre les gens.

Un petit conseil, d'un type marié deux fois

et qui a pas mal fricotĂ©. PrĂȘte ?

Ne dites jamais le mot "amour". En aucun cas.

Trésor,

vous l'avez dit, hein ?

Oui ! Vous avez sorti le mot avec un grand A.

Mais enfin !

C'est du suicide dans ce monde. Vous saviez pas ?

Il veut pas entendre ça de vous.

Il veut l'entendre de sa mĂšre, sa femme, ses mĂŽmes,

mais pas de vous, bordel.

Dans la roue cognitive qu'est sa vie,

c'est pas votre fonction.

- C'est quoi, alors ? - Le sexe.

Le sexe. Touche-moi, lĂšche-moi, suce-moi,

mais pas aime-moi. Garde-t'en, mĂȘme.

Non. C'est pas...

Je suis pas...

Je suis pas ce genre de fille. D'accord ? Je...

Il fallait que je lui dise.

Il est censé faire quoi ? Vous aimer en retour ?

Monter sur son grand cheval blanc

et vous emmener batifoler en GrĂšce ?

Finir ses jours Ă  tresser vos cheveux avec des fleurs

et des serments ? MĂȘme pas en rĂȘve.

Il restera pas, trésor.

Vous comptez pas assez.

Il le sait, je le sais.

Faut vous mettre Ă  la page. C'est pas grave.

Faut changer vos uns en zéros, ma belle.

Je sais, ça prend du temps.

Ma premiĂšre femme Ă©tait tout ce dont on peut rĂȘver.

1m72, 52 kilos, de gros nibards,

les cheveux dĂ©colorĂ©s et une tĂȘte pas si pleine.

Les hommes adorent les femmes concons.

C'est des sacrées cochonnes.

Des grosses cochonnes, et on adore ça.

Pour vous, les femmes futées...

Sont moins cochonnes ?

On peut pas tout avoir.

C'est pas vrai.

Vous ĂȘtes futĂ©e.

Vous avez étudié, vous lisez, vous suivez la politique,

- tout ça ? - Oui.

Vous ĂȘtes une cochonne ?

Vous entendez quoi par "cochonne" ?

Les concons se passent d'explication,

elles font le truc, point.

Ma premiĂšre femme.

Le rĂȘve de tous les mecs.

Puis elle a pris du poids,

ça l'a beaucoup complexée,

et elle a arrĂȘtĂ© d'avoir envie de...

Grouin grouin.

- Accomplir son devoir conjugal. - Bah voyons.

Alors, en deux secondes,

j'ai dégoté une petite de 19 ans et je lui ai trouvé un appart,

je payais pour tout.

C'est une blague ?

Une mĂŽme trop mignonne.

Polonaise, des jambes... Je la baisais comme un sauvage.

La plus belle année de ma vie.

Je l'aurais bien gardée sous la main, mais...

Le mot en A.

Pas votre fonction.

Vous ĂȘtes lĂ , car leurs femmes ont pris 20 kg,

ou ont une carriĂšre ou un cancer, ou on s'en fout.

Les mecs veulent pas vous entendre dire ça.

Ils veulent pas vous entendre.

Pourquoi se marier ? Et pas rester célibataire

et se taper qui que vous voulez, quand et oĂč vous voulez ?

Qui vous voulez.

Pardon. Sérieusement ?

Les mecs,

on veut épater les autres mecs, c'est con.

On veut un beau costard, une grosse baraque, un bolide.

Être celui qui crùvera avec le plus de joujoux.

Je dis costard, baraque, bagnole,

mais ça inclut aussi l'épouse et les gosses.

Des joujoux.

C'est possible que plein de gars soient tombés amoureux,

aient vraiment eu envie du mariage, des mĂŽmes,

tout le cirque.

Mais au fond, si on est honnĂȘtes,

paraĂźtre un pĂšre de famille est plus important que l'ĂȘtre.

Les mecs bien existent.

Oui, mais ils sont peu nombreux et trĂšs loin...

Vous avez pas idée.

- Les femmes trompent aussi. - Pas pareil.

Pour se sentir sexy.

Pour se sentir sexy, se sentir désirées,

et, au bout du compte,

se sentir aimées. Et voilà. Encore le mot en A.

Mais quel tissu de conneries.

Il y a plein de femmes

qui trompent comme les types, merde.

C'est sûr, certaines veulent juste se faire sauter, d'accord.

Mais ces femmes-lĂ  se tapent pas le premier mec venu.

Elles réservent leurs talents à des hommes riches.

Des hommes puissants, poussant les hommes Ă  vouloir

d'autant plus ĂȘtre riches et puissants.

Le costard, la baraque, la bagnole, on veut ces trucs.

On les veut parce qu'on veut que les femmes de talent

nous baisent Ă  mort comme des mecs, sans attaches.

Par conséquent, vous, mesdames,

qui luttez si fort pour ĂȘtre nos Ă©gales,

vous voilà réduites, en substance,

pour la plupart d'entre vous, Ă  de simples joujoux.

Donc le cycle continue.

Là, tout de suite, je vous déteste.

C'est tout ce qui va pas dans le monde.

Écoutez, au bout du compte, je suis d'accord avec vous.

Homme, femme, on est tous des gens.

- Merci. - Qui souffrent de la solitude.

Peu importe la raison.

On veut une Ă©paule pour reposer notre tĂȘte, mĂȘme une heure,

une heure, pas plus, pour sortir de nous-mĂȘmes.

Mais dans votre cas, votre cas particulier...

- Quoi, dans mon cas ? - Vous ĂȘtes sincĂšre.

Vous sortez le mot en A quand vous le pensez.

Je sais que vous ĂȘtes pas ce genre de fille.

Je le vois bien.

Pour vous, c'est pas les bébés, toutes ces conneries.

C'est le moyen de vous évader

juste le temps

d'oublier les trucs chauds qui se sont passés

dans l'Oklahoma, y a toutes ces années.

Mais un jour, allez savoir pourquoi,

ce type retient votre attention.

Soudain, vous voulez ce que vous avez jamais voulu.

- J'ai raison ? - Non.

Bonne nouvelle,

vous le saurez direct la prochaine fois,

car vous saurez ce qu'il en est.

On vous surprendra pas la culotte autour des chevilles.

Sauf exprĂšs.

Par pitié, évitez le mot "culotte",

tout, mais pas ça.

- Boxers, sous-vĂȘtements ! - Super.

N'empĂȘche, ça se reproduira.

Vous rencontrerez quelqu'un. C'est sûr.

Peu importe oĂč.

Et la conversation

prendra une certaine direction,

les hommes sont forts pour ça, dĂ©busquer votre intĂ©rĂȘt.

Votre type vous a fait le coup.

Il a fouillé pour voir si vous aviez des bonbons.

Vous, vous trouviez qu'il avait l'air charmant, que c'était top

qu'il écoute, qu'il ait un beau sourire,

des yeux doux. Que dalle !

Que dalle, putain ! C'était pas par hasard.

Il l'a déjà fait et il le refera.

On ne peut plus banal.

Et maintenant...

je dois pisser comme un cheval de course.

- Non. Pas ici. - Je dois faire comment ?

- Allez dehors. - Pour me faire arrĂȘter ?

Qui va vous arrĂȘter ? Allez, Hell's Kitchen.

Vous avez déjà pissé dans la rue.

Eh merde.

Vous allez oĂč, comme ça ?

Il m'a donné sa carte.

Quoi ?

Il m'a donné sa carte.

Sans demander mon numéro, rien.

Eh ouais. VoilĂ .

Non, mais justement.

Il m'a donné sa carte et c'est moi qui lui ai écrit,

- pas l'inverse. - Oui, il est fort.

Je parie qu'il distribue des tas de cartes partout oĂč il va.

C'est la loterie.

Parfois, il gagne le bonbon,

parfois, non, mais ce qui est sûr,

c'est qu'il balance ces cartes Ă  tout-va.

Et en le contactant, trésor,

vous donniez votre premier bonbon.

Normal qu'il ait voulu davantage.

Réfléchissez.

Sur sa carte,

y avait son email pro, pas vrai ?

Il a mis longtemps Ă  proposer un moyen de contact plus perso ?

En deux secondes, non ?

Il cherchait pas l'amour, ma belle.

Ni Ă  remplacer sa femme.

Qui veut se prendre la tĂȘte ?

Non.

Il est trĂšs bien comme il est.

Il voulait juste un nouveau joujou

et, visiblement, il l'a trouvé.

Vous avez beau ĂȘtre futĂ©e, avoir donnĂ© de votre temps

et de votre énergie pour vous bùtir une forteresse,

en fait, vous atterrissez de nouveau dans la baignoire.

Les pieds et poings liés,

luttant à mort pour vous libérer.

Un Ă  deux. Je vous rattrape.

- Vous avez fini, c'est bon ? - Quoi ?

Tout ce que vous dites depuis un moment,

- je le sais déjà. - Et alors ?

Alors, je vous emmerde.

Parfois, je sais pas m'arrĂȘter, c'est un problĂšme.

J'aime appuyer oĂč ça fait mal.

Les trucs comme ça,

les gens ont pas envie d'en parler.

Qui veut parler de ces conneries ?

Personne. Écoutez...

Vous ĂȘtes quelqu'un de super.

TrĂšs humaine.

Vous m'avez demandé mon nom et tout,

vous avez bon cƓur. Je le vois bien.

C'est pour ça qu'il faut que je vous le dise,

quittez ce type, ça vaut mieux.

Je me prétends pas plus malin que vous.

Je dis ça parce que...

Avant, j'étais comme lui, je faisais pareil.

Mais lĂ , je regarde votre visage tout triste et tout.

C'est pour ça que j'ai arrĂȘtĂ© avec les bonbons.

Je m'autorise une petite pipe à cÎté de temps en temps...

Certaines d'entre vous, ça vous fait cogiter aprÚs,

et je peux pas gérer ça, je suis trop vieux.

Votre type, jeune ou vieux ?

- Vieux. - Quel Ăąge ?

Vieux.

Genre, quoi ? Genre daron ?

Il pourrait ĂȘtre mon pĂšre, oui.

Je suppose que vous avez pas de pĂšre, si ?

- Si, mais... - Non, pas un vrai papa,

et vous vouliez que ce soit lui. Pas vrai ?

Vous l'appelez papa ?

- Deux-deux. - ÉgalitĂ©.

ÉgalitĂ©.

- Vous l'appelez papa. - J'avoue.

- C'est excitant. - C'est tordu.

Ça n'a rien de tordu.

Je suis pas calé en psycho,

mais pas besoin d'ĂȘtre un gĂ©nie pour voir

qu'il y a une petite fille en vous.

Celle que vous étiez, elle a pas disparu.

Cette fillette avait pas de papa,

mais elle a besoin d'un papa, pas vrai ?

Puis vous rencontrez ce mec, cheveux rares, taches brunes,

et tout le toutim.

Ça ferait gerber les filles de votre ñge, mais pas vous.

Parce que c'est tout ce qui vous a manqué.

Ce que vos amis avaient, mais pas vous, putain.

Et la petite fille en vous veut un cĂąlin de son papa.

Des mots gentils, des histoires pour s'endormir.

Mais la femme adulte à l'extérieur ?

Elle veut un autre genre d'histoires,

si vous voyez l'idée.

On réunit les deux,

et ce type a une chance de décrocher

ce qu'il aurait jamais pu avoir sinon.

Moi.

Vous.

C'est un sacré veinard d'avoir eu votre bonbon,

sans vouloir vous vexer.

- Il a des gosses ? - Oui.

- Combien ? - Trois.

Merde. Quel Ăąge ?

- Petits. - Sa femme est jeune ?

Non, ils ont pris leur temps.

- Vous l'avez rencontrée ? - Non.

- Vue ? - Non.

Mais en photo, si.

Allez. À notre Ă©poque,

quand on veut une photo, on trouve.

Ça vous intĂ©resse ?

HonnĂȘtement,

je passe ma vie dans une caisse,

alors, j'ai le temps de réfléchir, vous voyez ?

Quand on réfléchit trop, on devient curieux.

Rien de plus banal.

Mais on perd pas son temps.

Vous allez parler à qui d'autre de ça ?

Et puis, on se reverra jamais.

Je...

J'ai trouvé une photo d'elle.

Ils ne publient rien.

Il est dessus aussi ?

Ils sont Ă  un...

un événement, une sorte de remise des prix.

Et ils font quoi sur la photo ?

Ils sourient, c'est tout.

Ils sont assis cĂŽte Ă  cĂŽte et ils...

- sourient Ă  l'appareil. - Et ?

Ils ont l'air normaux.

Hyper normaux.

- Il a remporté le prix ? - Oui.

C'est un mec qui pĂšse ?

- Un mec connu ? - Oui.

Et elle, elle a quel Ăąge ?

BientĂŽt 50 ans, je dirais.

Elle est jolie ?

Elle a l'air gentille.

Donc, pas jolie.

Elle est charmante.

Elle a un énorme sourire.

Genre, un sourire hyper heureux.

J'ai regardé trÚs longtemps cette photo

et j'ai eu l'impression trĂšs bizarre que peut-ĂȘtre...

on aurait pu ĂȘtre amies.

Peut-ĂȘtre.

Dans d'autre circonstances, peut-ĂȘtre.

- Vous avez vu les gosses ? - Pitié !

Et en photo ?

Il m'en montre.

Putain, sur son tél ?

Oui. Des vidéos aussi.

Merde, sacrée marque de confiance. Sérieux.

Quoi ?

Vous avez réussi.

Réussi quoi ?

Je sais pas. Quelque chose.

Il s'est attaché à vous.

C'est le maximum que vous pouviez espérer.

Ça m'avance à quoi ?

Ça change rien, mais c'est un compliment.

Mignons, les mĂŽmes ?

Adorables.

Garçons ou filles ?

Des jumeaux et une fille.

Il m'a montré une vidéo de sa fille qui danse.

Elle a trois ans,

elle porte une cape rouge de princesse,

et elle tourne sur elle-mĂȘme.

Elle danse pour son papa.

C'est chou.

Vous dansiez pour le vĂŽtre ?

Votre vrai pÚre, quand vous étiez petite.

Non.

Mais j'avais une cape.

Une longue cape violette,

qui me donnait l'impression que je volais.

C'était pas une impression.

Vous savez voler.

Et les jumeaux ? Ils font quoi ?

Ils ont l'air gentils.

Vous vous dites que vous seriez pote

avec les petits, dans d'autres circonstances.

Il peut jouer Ă  ĂȘtre votre papa,

mais il doit ĂȘtre leur vrai papa,

alors adieu, la GrĂšce.

C'est reparti.

Merde, c'est pas un petit accrochage.

Je rentre Ă  la maison On se voit une prochaine fois ?

Je suis toujours coincée dans les embouteillages

Pardon d'ĂȘtre con

J'ai dessoûlé

J'ai bu plein d'eau

Un smiley Ă  l'ancienne Un classique

fier que tu y sois allée

Tu m'as manqué, voilà

Ton odeur m'a manqué

tes lĂšvres

Ta peau

Tu m'as manqué aussi

Je mouille

En pensant Ă  toi

Je suis toute trempée

Papa

merde

Envoie-moi des photos trésor

papa a besoin de toi

Oh ma chérie

Tu as laissé le chauffeur te mater ?

Vilaine

Merci princesse

Onze ans.

Gros écart.

Entre votre sƓur et vous.

Oui.

Elle n'avait que 17 ans quand on est parties.

Moi, six ans.

Vous avez fugué ?

On a emménagé ensemble.

J'imagine que la justice

d'Oklahoma a pas vu ça d'un trùs bon Ɠil.

Non.

Personne, mais ça s'est fait quand mĂȘme.

Vous viviez ensemble dans l'aisselle ?

Non, on a déménagé à Woodward.

À 20 minutes de là,

chez son mec.

Son mec ?

À l'Ă©poque, elle avait des mecs.

Pourquoi partir vivre avec elle ?

Votre pĂšre a fait un truc ?

Qu'il aurait pas dĂ» ?

Non, c'est pas ça.

Quoi, alors ?

En fait, il...

Il ne m'a jamais touchée.

Pas le moindre cĂąlin ? Pas un seul ?

J'en demandais mĂȘme pas tant.

Une tape sur l'épaule, j'aurais bien aimé,

ou une tape dans la main.

Je revois le jour de notre départ,

ma sƓur dans la voiture,

et mon pĂšre assis sur le porche.

Avant de partir, je me suis retournée vers lui,

il m'a regardée et...

Il s'est levé, il est venu vers moi,

il s'est approché de moi et...

il m'a serré la main.

J'avais jamais serré la main de quelqu'un.

J'avais six ans.

J'étais petite. Mais je savais ce que ça voulait dire.

Il était comment ? Votre pÚre ?

C'était un cow-boy.

J'en ai jamais rencontré.

Je le rajoute Ă  ma liste.

Avant de mourir.

Numéro 22, rencontrer un foutu cow-boy.

Y a quoi d'autre sur la liste ?

J'ai déjà fait la plupart des trucs.

Comme quoi ?

Comme...

J'ai appris la plongée, l'an dernier.

À Nassau. Je m'asseyais sur le rebord du bateau.

Et on nous pousse en arriĂšre.

On tombe dans l'eau,

on vide le vent de nos voiles,

et on descend, toujours plus profond.

Je suis pas allé trÚs loin,

je suis pas rÎdé pour les trucs dingues, genre épaves.

Mais j'ai vu une baleine bleue.

Une énorme baleine nous a frÎlés.

Elle nageait comme si de rien n'était.

Trop poétique, putain.

- Waouh. - Ça, c'est clair.

Mais je suis pas sûr de recommencer.

Pourquoi ?

Faut du cran pour respirer sous l'eau.

Y a pas de plus gros défi, croyez-moi...

Laisser son corps

faire ce qu'il est pas censé faire, sérieux...

J'avais pas peur des requins,

ni de me retrouver seul, mais j'avais surtout peur...

de respirer.

C'est bien flippant d'avoir peur de respirer.

J'ai toujours aimé les requins.

Vous en avez vu ?

Non.

Mais je raconte Ă  tout le monde que si.

Un grand requin blanc, quatre mĂštres de long,

deux ou trois tonnes, tout prĂšs, qui cherchait de quoi bouffer.

Je l'ai fixé, je lui ai fait un doigt,

et il a filé en vitesse sans demander son reste.

C'est ça, votre histoire ?

Oui, j'adore cette histoire.

Et un truc que vous avez pas fait ?

Je veux aller au Japon, un jour.

On m'en a beaucoup parlé.

Notamment le fait qu'ils aient...

des distributeurs

de dessous usagés.

- Hein ? - Des culottes !

Non ! On en a déjà parlé.

J'ai essayé autre chose, mais vous étiez larguée.

- Des culottes sales ! - Quelle horreur.

Des culottes. Dans des distributeurs.

- Je rĂȘve. - Il paraĂźt.

Faut que je voie ça.

Pas sales, c'est pas possible.

MĂȘme, je m'en fous, mon imagination s'affole.

Et vous ?

Votre liste ?

Je sais pas.

Allez, dites-moi.

J'ai toujours voulu savoir danser le swing.

Qu'on me fasse tournoyer.

Ça a l'air marrant. Je serais bonne, je pense.

Je parie que oui.

Et j'ai envie de rejoindre le groupe

des amateurs chelous d'oiseaux de Central Park,

de devenir super calée en oiseaux.

Capable de reconnaĂźtre leurs chants.

La pro des oiseaux.

Quoi d'autre ?

Je me...

Je me disais que je pourrais avoir...

Un jardin d'herbes aromatiques au balcon.

Du basilic, ce genre de choses.

Essayer d'en mettre quand je cuisine,

ce qui n'arrive pas souvent.

Mais j'aime bien l'idée d'avoir ça.

Quoi d'autre ?

Je veux hablar español perfectamente.

Je veux aller Ă  Oaxaca pendant la Noche de RĂĄbanos

et manger tous les trucs.

Des fourmis, des crickets.

Et, oui,

j'ai envie d'aller au bord d'une falaise en GrĂšce

et de plonger dans la mer, bordel.

Quoi d'autre ? J'en ai donné plein.

C'est Ă  moi de miser ?

Et comment.

- Combien de jetons ? - Deux. ÉgalitĂ©, rappelez-vous.

- Deux-deux. - Et vous relancez d'un.

Un truc qui vaut le coup.

Si oui, vous suivrez ?

Je vous laisserai pas gagner en tout cas.

D'accord. Je peux m'accrocher.

Et il faut que ce soit un truc perso.

Pas l'une de vos petites anecdotes.

Merde, je sais pas.

Comment vous avez...

connu votre femme ?

Laquelle ?

La premiĂšre.

Elle a vomi dans mon taxi.

- Classe. - Elle sortait de boĂźte.

Elle était avec ses copines,

une sortie entre filles.

Elles étaient toutes en robe serrée et talons hauts

et elles sentaient la tise et la transpi,

et les fleurs.

J'étais au paradis.

Toutes ces jolies filles sont montées,

assises les unes sur les autres, Ă  parler fort,

Ă  rire, Ă  hurler par la fenĂȘtre.

Je dois vous avouer, je vais pas mentir,

je bandais Ă  mort,

ma bite frappait contre mon slip

- parce que... - Je rĂȘve.

J'espérais que j'allais niquer.

Ou à défaut de niquer, pouvoir m'offrir

une petite branlette en fin de soirée. Vous voyez ?

Et lĂ , d'un coup,

la belle blonde se penche Ă  l'arriĂšre

et vide son estomac.

Qui contenait pas grand-chose, heureusement pour moi.

- Et ensuite ? - Y a pas 36 solutions.

Je les ai déposées, je suis rentré au garage

nettoyer le taxi.

Et il était là, juste devant moi.

Son sac Ă  main.

Le lendemain, elle appelle la compagnie,

et moi, avec mes bonnes maniĂšres,

je propose de lui rapporter moi-mĂȘme.

J'ai pas eu besoin de me branler aprĂšs cette visite,

croyez-moi.

Pourquoi l'avoir épousée ?

C'était une bombe.

BĂȘte comme ses pieds. Mais ça restait...

Elle était trop mimi.

Je lui jouais des petits tours, vous savez ?

Je bondissais de derriÚre le canapé.

Ou bien, je mettais du sucre Ă  la place du sel,

des trucs débiles.

Ça la faisait toujours marrer.

Elle décidait d'en rigoler.

Quand il se passe un truc,

on a le choix,

on peut décider de s'énerver ou d'en rire,

elle, elle riait.

Elle prenait le parti d'en rire.

Elle vous a eu ?

Avec un tour ?

Oui, une fois.

Elle m'a versĂ© de l'eau froide sur la tĂȘte sous la douche.

Avec un seau d'eau glacée, genre chutes du Niagara.

LĂ  aussi, j'ai eu le choix.

Soit m'énerver, soit en rigoler.

Vous avez choisi quoi ?

Je me suis pissé dessus de rire.

Je l'ai poursuivie, nu comme un ver,

elle criait comme une fillette,

comme si on jouait Ă  chat.

J'ai fini par l'attraper dans la cuisine.

Une bonne journée.

Je parie qu'elle est bien plus maligne que vous le dites.

Elle vous manque ?

Parfois. Oui.

Elle était comme un jour d'été.

Pas trop galĂšre, vous voyez,

une biÚre, des chips, et on était bien.

Trois-deux. Vous allez m'égaler ou pas ?

Difficile, c'était du lourd, là.

- Vous m'avez étonnée. - Moi aussi,

- je parle pas de mes trucs. - Vous croyez que moi, si ?

Non, mais lĂ , tapis.

On met tout sur la table.

- D'accord. - D'accord.

Un truc croustillant...

Fastoche.

Parlez de votre papa.

Lequel ?

Comme vous voulez.

Merde.

Allez.

Y a bien encore un truc que vous m'avez pas dit.

Que vous brûlez de dire tout haut.

Prenez votre temps.

Je bouge pas d'ici.

Désolé Les jumeaux se sont réveillés

L'un des deux dort Plus qu'un

Lequel est encore debout ?

Marlon. Il a fait un cauchemar

Le pauvre chou

Je cherche des monstres sous le lit

pour les transpercer avec une épée

Celle qui s'allume ?

Ouep

Tu as mis quelle couleur ?

Vert

La couleur parfaite pour tuer des monstres

C'est ça

désolé je dois y aller

Attends

Ça t'a gĂȘnĂ© que je te dise que je t'aime ?

Non

On aurait dit

Ça m'a surpris mais gĂȘnĂ©

Pas gĂȘnĂ©

Tu comptes pour moi

Je tiens beaucoup Ă  toi

Ça veut dire quoi ? Je sais pas ce que ça veut dire.

Ouais ?

Oui depuis le début

Désolé, Marlon a besoin de moi

Va tuer tous les monstres

Ça marche

bonne nuit

je t'aime aussi

Encore quelques minutes pour tenter de gagner.

Il reste quoi ?

Vous m'avez pas dit quoi ?

Hier soir, ma sƓur et moi, on...

On s'est soûlées.

On a vraiment beaucoup picolé, devant sa caravane.

Elle a des petites...

des espĂšces de petites guirlandes lumineuses comme...

Comme des guirlandes de Noël.

On s'est emmitouflées

sur de vieilles chaises longues

et on a bu, encore et encore.

Et Eagle ?

Elle était là, elle faisait griller des burgers.

Vous avez parlé de la baignoire ?

Oui. C'est moi qui l'ai évoquée, ça l'a fait rire.

Tellement qu'elle en pleurait.

Elle s'est pas excusée, ni rien, c'était ouf.

Vous avez évoqué quoi d'autre ?

On a parlé de tout,

des permanentes que notre mĂšre nous faisait,

assises sur le tabouret de la cuisine,

une vieille serviette rose drapant les épaules,

et cette horrible odeur de permanente

qui reste pendant des jours.

On a évoqué le fameux jour

oĂč elle m'a emmenĂ©e.

Je lui en ai donné ma version et puis...

Elle m'en a donné la sienne.

Elle a dit quoi ?

Que notre pÚre était bien sur le porche, ce jour-là.

Et que...

Qu'on l'avait dépassé en allant vers la voiture.

Qu'elle était montée dans la voiture,

puis que j'étais montée,

et qu'on était parties.

Elle m'a dit : "Il ne t'a pas serré la main."

Mais quand j'y repense, c'est absurde.

Je m'en souviens si précisément.

Je me rappelle mĂȘme le toucher de sa main.

On aurait dit du papier de verre.

Alors, qui a raison ?

Vous ou votre sƓur ?

J'en sais rien.

Mais...

Si c'est un faux souvenir,

la seule fois oĂč mon pĂšre m'a enfin touchĂ©e,

alors je sais plus quoi croire.

Les uns et les zéros.

Oui, les uns et les zéros.

J'ai une histoire du mĂȘme genre.

Sur mon pĂšre.

Le moment oĂč tout devient clair.

Avant de...

se perdre Ă  nouveau.

Mais ce sera pour une autre course.

Nouvelle égalité.

- Trois-trois. - Trois-trois.

Pas mal.

On a dansé la danse de la pluie.

Hier soir, toutes les trois, bourrées.

Eagle nous a montré comment faire.

Il a plu ?

Justement.

Il y a deux semaines, dans l'avion pour l'Oklahoma...

J'étais enceinte.

Votre papa en a pensé quoi ?

Je lui ai pas dit.

Je l'ai...

Je l'ai dit Ă  personne.

Vous avez lùché le bébé ?

C'est lui qui m'a lùchée.

Le premier jour lĂ -bas, je me suis mise Ă  saigner,

et ma sƓur n'Ă©tait pas au courant.

Je lui ai dit que j'avais mes rĂšgles,

des rÚgles bien vénÚres.

Elle m'a laissé dormir,

m'a donné une chaufferette et une glace.

Mais au bout de sept jours,

je continuais de saigner,

je devais cacher les tampons,

faire comme si c'était des rÚgles normales,

que c'était fini.

J'ai dĂ» me lever, sortir, rencontrer ses amis,

alors que je me sentais...

super mal.

Je comptais pas le garder.

J'avais pris ma décision, j'allais pas le garder,

j'allais en parler Ă  personne.

Mais en fait...

Quand c'est arrivé...

Quand ça a...

Quand ça a foiré tout seul, j'étais...

J'étais si...

soulagée.

J'ai jamais été aussi soulagée de toute ma vie.

Et hier soir...

alors qu'on dansait,

dans ma tĂȘte,

j'ai supplié la voûte céleste de faire pleuvoir sur moi.

Pour me purifier.

Faire disparaßtre tout ça.

Toute cette histoire.

J'ai demandé à la voûte céleste d'emporter tout ça.

Et au matin, à mon réveil...

je ne saignais plus.

Ça s'Ă©tait arrĂȘtĂ© aprĂšs deux semaines.

La danse a marché.

Quatre Ă  trois.

Merde. Je me couche.

J'ai gagné ?

Je pourrai pas surpasser ça.

Putain.

Ben merde.

J'ai pas de liquide.

- Désolée. - Personne n'en a.

Pardon. Mais je vais vous laisser un gros pourboire.

Oui, mes conseils sont pas gratos.

Un reçu ?

Non, ça va.

POURBOIRE : 500 $

Bon...

Bon...

Ça va aller ?

Je sais pas.

Vous ĂȘtes un peu paumĂ©e dans votre tĂȘte, lĂ .

C'est la panique,

vous savez pas respirer sous l'eau,

vous ĂȘtes allĂ©e un peu trop profond.

"VoilĂ , pas d'issue de sortie. C'est la fin, rideau."

Continuez de respirer.

Aussi profond que vous alliez,

continuez de respirer.

Ça va aller.

Quelqu'un comme vous...

Vous ĂȘtes pas une Ă©pave.

Vous remonterez Ă  la surface.

Vers la lumiĂšre, la vie, les couleurs.

Je vous assure.

Voire, vers une baleine bleue.

J'espĂšre.

Merci.

Vraiment pas de quoi.

Passez une bonne nuit.

Vous aussi.

Mikey.

Quoi ?

Je me sens plus comme un Mikey,

pas un Vinny, ni un Clark.

Si c'était moi,

je choisirais Mikey.

Bonne nuit, Mikey.

Sous-titres traduits par : Louise Monge

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