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ADIEU JEUNESSE Com�die sentimentale
Sc�nario
Avec
Et
Musique
D�cors et costumes
Montage
Op�rateurs
Directeur de production
Prises de vue
Mise en sc�ne
Merci.
Il y a cinq minutes d'arr�t.
Vous aussi, vous descendez � la prochaine?
Moi, je descends.
Vienne, Prague, Budapest...
et ce trou, une v�ritable mare � grenouilles!
On arrive.
Miloszyce.
Je peux vous accompagner?
Je vais prendre un taxi.
La station est pr�s du march�.
Je sais.
Alors, je vais vous y conduire.
Bonjour, M. Antoni!
Bon jour... c'est � voir s'il sera bon!
Mettez-la plus bas.
Me revoil� dans cette ville.
Je respire son air.
Je sens son rythme,
un rythme unique que l'on ne peut trouver qu'ici.
J'ai l'impression de feuilleter un de mes livres d'enfant
que je connais par coeur...
Mais �a n'enl�ve rien � son charme.
Cela vous donne au contraire un sentiment de s�curit�,
la certitude que tout va bien,
que rien d'impr�vu ne peut vous arriver.
Rien n'a pu me faire oublier cette ville...
ni les pays lointains ni les villes �trang�res.
Merci, c'�tait tr�s gentil de votre part.
C'est l�?
Oui, c'est l�.
Vous allez y rester longtemps?
Quelques jours.
Qui habite cette maison?
Mon grand-p�re.
Je suis venue pour son enterrement.
Ah bon. C'est ce vieux monsieur qui y vivait?
Oui.
C'�tait mon grand-p�re.
Au revoir.
Oh, c'est vous!
Dieu merci, vous �tes venue.
Il fallait t�l�phoner, on serait all� vous cherchez.
Je me suis arrang�e autrement.
Bon-papa est-il encore l�?
Non, on a emmen� son cercueil dans la chapelle.
On ne pouvait plus attendre, rapport � la chaleur.
Et les couronnes?
On les a amen�es aujourd'hui.
Votre pauvre bon-papa a re�u beaucoup de fleurs.
Mais c'est cette couronne qui est la plus jolie.
On va porter le cercueil.
Qui le portera?
Des anciens combattants.
Allez donc dans votre chambre, Madame.
Je vous pr�pare votre petit-d�jeuner.
Je ne prendrai que du caf�.
C'est pr�t, Madame.
Bon-papa est-il mort subitement?
II a eu une attaque il y a dix jours.
Vous auriez d� me pr�venir.
Monsieur me l'a d�fendu. Il disait que tout allait bien.
J'ai bien vu qu'il fallait faire venir un pr�tre,
m�me si Monsieur n'allait pas souvent � l'�glise.
Le cur� est venu.
Notre pauvre Monsieur a fait allumer des cierges.
J'ai tout de suite compris que c'�tait la fin.
Ma lettre est-elle arriv�e � temps?
Oui, votre bon-papa est mort la nuit d'apr�s.
Qui s'est occup� de l'enterrement?
Le jeune comte, celui qui est administrateur...
de la ferme d'Etat.
Vous avez eu assez d'argent?
Votre pauvre bon-papa avait des �conomies.
Avez-vous des bas noirs et un voile?
Je n'ai achet� que des bas.
Je m'en doutais bien que vous n'auriez pas de voile.
J'esp�re qu'il y aura du monde � l'enterrement,
que vous ne serez pas seule derri�re le corbillard.
Maitre Renert vous prie de lui t�l�phoner.
Allez vous reposer.
Personne ne peut plus rien pour ce pauvre Monsieur...
Le bon Dieu est d�j� en train de le juger.
D'o� vient ce scooter?
Du club.
Vous cherchez quelqu'un?
Non.
Nous vous attendons, Ferdinand.
Je voudrais vous dire quelques mots.
Mesdames, messieurs... ch�re Magdalena,
la maison de feu notre pauvre Antoni
fait partie int�grante de notre ville
et de ses traditions.
Je crois exprimer le d�sir de tous ceux qui sont ici pr�sents
et de tous les habitants de la ville
en disant que nous serions vraiment heureux...
si tu pouvais t'installer dans cette maison.
Qu'en penses-tu?
Mes souvenirs d'enfance me lient � cette maison.
Mais, comme vous le savez, je suis une actrice
et je ne peux pas vivre ici.
Je voudrais quand m�me pouvoir y venir de temps � autre.
J'aimerais garder la maison.
Si tu n'y vis pas,
tu ne pourras m�me pas garder une seule pi�ce.
A moins d'y mettre un locataire fictif.
C'est dommage que vous deviez vivre � Varsovie.
Rien ne vous emp�che de jouer ici.
Et de quoi vivrai-je?
Vendez donc la maison.
Je ne voudrais pas que des �trangers vivent ici.
A moins que l'un d'entre vous...
Mon fils pourrait peut-�tre trouver une situation en ville.
Qu'en penses-tu, zbik?
Je ne vois pas ce que je pourrais faire ici.
En outre, je d�teste vivre � la ville.
Il y a un jardin. Tu pourrais...
Je ne pourrai rien.
Tu pourrais �lever des belettes.
C'est interdit � la ville, mais pourquoi pas des abeilles?
Tu entends? Tu pourrais �lever des abeilles.
Je vais te dire au revoir.
Reste assise, tu dois �tre fatigu�e.
Notre train s'en va dans 40 minutes.
Merci d'�tre venue.
Tu sais ce que cette maison a repr�sent� pour moi.
C'�tait l'arche de la famille.
Je vais faire passer un entrefilet dans le journal.
C'est un article qu'il m�rite et non un entrefilet.
Vous restez, Maitre?
Tu es fatigu�e?
Oui, je suis fatigu�e.
Alors, je m'en vais.
Je pensais que tu me t�l�phonerais.
Je suis arriv�e tr�s tard.
Si tu as besoin de moi...
Je sais... merci.
Je te t�l�phonerai.
Et si on d�nait ensemble demain soir?
Tr�s bien, � La Rose.
C'est �a, � La Rose.
Comment trouves-tu Magdalena?
Pas mal.
Ce parti ne m'aurait pas convenu avant la guerre,
mais � pr�sent...
Je ne veux pas me marier.
Et la maison?
C'est perdu d'avance.
Cette maison, c'est un vrai anachronisme.
Si tu ne veux pas prendre part � notre campagne...
Je ne le veux pas.
Merci pour tout.
Merci de vous �tre occup� de l'enterrement.
Je suis content d'avoir pu, pour une fois, �tre utile.
Ce monde n'appartient pas aux traditionalistes.
Laissez-nous prendre cong� de vous.
Si vous avez besoin de mon fils...
Je suis � votre disposition.
Il faut que je vous parle.
J'ai un locataire pour vous. Un dentiste.
Je n'ai pas voulu vous ennuyer avant,
mais un cordonnier est d�j� venu trouver le Bureau des Logements.
Il veut installer son atelier ici?
Mais non, il veut y vivre.
Il est m�me venu visiter la maison.
Je ne l'ai pas laiss� entrer.
Merci, Victoria.
Vous risquez de perdre la maison.
Un dentiste, c'est quand m�me mieux qu'un cordonnier.
Il veut aussi acheter les meubles.
Je voudrais garder une chambre pour moi.
Tomala est venu.
Qui?
Joseph.
L'ancienne ordonnance de Monsieur.
Il est dans la biblioth�que.
Je sers du caf� ou du th�?
Du caf�.
B�ni soit le nom du Seigneur.
�a a �t� un bel enterrement.
Merci d'�tre venu, Joseph.
Comment aurais-je pu ne pas venir?
Monsieur et moi, nous �tions comme deux fr�res.
Je me rappelle qu'une fois nous avons fil� un mauvais coton.
Monsieur, qui �tait alors lieutenant, �tait � cheval...
Le mien avait �t� tu�.
Alors, Monsieur me crie: "Attrape le mien par la queue!"
Je l'ai attrap� et nous avons rejoint les n�tres.
Je sais, bon-papa me l'a racont�.
Nous �tions aussi ensemble en 1944.
Vous �tes seule maintenant?
Oui, seule.
La maison vous appartient, n'est-ce pas?
Oui, je suis la seule h�riti�re.
Parce que... je suis venu vous demander...
Je voudrais bien louer une pi�ce pour ma fille.
Dans le temps, elle a �t� femme de chambre chez vous.
Elle voudrait donner une bonne �ducation � ses enfants.
Et son mari serait plus pr�s de son travail.
Je crains que le Bureau des Logements ne me prenne le rez-de-chauss�e.
Est-ce qu'il est oblig� de savoir que vous gardez une pi�ce?
Ils sont quatre.
Une pi�ce leur suffira?
Bien s�r...
Ils viennent de la campagne.
Je vais y penser.
Excusez-moi de vous avoir importun�e,
mais c'est si difficile de trouver un logement de nos jours.
"J'ai v�cu une jeunesse dor�e
"pour mon propre plaisir et pour l'ennui des sots.
"J'ai pass� l'�t� dans la chaleur des baisers.
"Mais, � vrai dire,
"je suis las de tout.
"L'automne pourpre et roux
"ne me s�duira pas par sa beaut� fan�e.
"Comme la vieille cocotte tout enfarin�e..."
Tu as pr�par� la compote?
Oui, tantine.
Pourquoi s'est-il enfui?
L'eau bout.
Ne te monte donc pas la t�te.
C'est un ancien comte, il ne t'�pousera jamais.
Et qui vous dit que moi j'en voudrais?
Je ne fais pas des �tudes pour aller m'enterrer � la campagne.
La comtesse veut qu'il �pouse Magdalena.
Comment le savez-vous, tantine?
�a fait trente ans que je sers dans cette maison.
Mais elle, elle ne lui plait pas.
Quand le d�jeuner sera-t-il pr�t?
Le d�jeuner?
Qu'est-ce qui vous �tonne, Victoria?
La cuisine sera libre dans une heure.
Vous pourrez le pr�parer vous-m�me.
Qu'est-ce qui vous arrive?
Je ne suis pas votre cuisini�re.
C'est de ce pauvre Monsieur que je m'occupais.
Et puis ne m'appelez pas par mon pr�nom.
Je n'ai pas voulu vous vexer, madame Budkowa.
Et pourquoi vous faites des complots dans mon dos?
Je vous ai trouv� de bons locataires
et vous, vous voulez des paysans.
Ils vont me salir la cuisine et tout m'ab�mer.
Je croyais que cette maison m'appartenait.
C'�tait la maison de Monsieur.
Vous, vous habitez � Varsovie.
La fille de Tomala a jadis servi chez nous.
Vous feriez mieux d'oublier
qu'il y avait ici des maitres et des domestiques.
Combien Tomala vous a-t-il donn�?
Et puis le Bureau des Logements ne l'acceptera pas.
Dans ce cas, il est inutile d'en parler.
Tout � fait inutile.
Tout � fait inutile!
Et d'abord, je suis une aussi bonne locataire que la comtesse!
Oui, tantine, c'est une locataire.
La cuisine sera libre dans une heure.
Vous me reconnaissez?
Bien s�r.
Je peux m'asseoir?
Je ne m'attendais pas � vous revoir.
Que regardez-vous?
C'est votre ami, maitre Renert?
C'est mon cousin.
�a vous �tonne?
II est plut�t vieux, votre cousin.
Vous voulez faire une promenade?
Avec vous?
Oui, avec moi.
Et o� donc?
On pourrait aller voir la course de motos, par exemple.
Nous avons eu la seconde place � l'�tranger.
Je n'en ai m�me pas entendu parler.
Vous �tes motocycliste?
Non, je suis parachutiste.
Alors, allons � l'a�rodrome.
O� vous entrainez-vous?
A l'a�rodrome,
mais seulement pendant les vacances.
- Et o� se trouve-t-il? - Ici...
Comment �a, ici? Dans la ville?
Non, � c�t�. Mais d�fense d'entrer!
Alors, le probl�me est r�solu.
On peut aller autre part.
Vos vacances n'ont pas l'air de vous amuser.
Ce sont mes derni�res vacances.
Elles reviennent chaque ann�e.
La prochaine fois, ce sera un "cong�".
�a sonne moins bien.
Diff�remment.
"Ma jeunesse est finie, je deviens un adulte."
Je vais travailler dans le combinat chimique.
Voil� pourquoi il y a tant de pagaille.
Mais non, c'est de l'animation.
Ce sont des camarades. Ils �tudient l'astronautique.
Vous vous occupez aussi d'astronautique?
Un peu. En attendant, on pr�pare la f�te de demain.
Il y aura des feux d'artifice.
Vous viendrez?
L'entr�e ne sera pas interdite?
Je ne comprends pas pourquoi Magdalena n'est pas encore l�.
L'avez-vous invit�e, maman?
Non,
mais j'�tais s�re qu'elle viendrait d�jeuner avec nous.
Elle est partie vers midi.
Et Antoni qui n'est plus des n�tres.
Il est mort. Mais o� est-elle?
Elle ne rentrera s�rement pas de sit�t.
Il me semble qu'elle doit d�ner avec maitre Renert.
C'est un parent?
Admettons.
Il lui faisait d�j� la cour quand elle �tait haute comme �a.
Vous croyez que Magdalena va l'�pouser?
Je doute qu'elle �pouse quelqu'un ici.
Et � part �a...
Elle est bien trop ind�pendante.
Renert est un avocat plein de talent.
Magdalena pr�f�rerait �pouser un docteur
ou un parachutiste
plut�t qu'un avocat de province.
Bref, c'est une romantique.
Va voir si elle est rentr�e.
Je vais en profiter pour acheter des cigarettes.
Dis � Victoria que nous attendons Magdalena.
Cher monsieur...
Cher monsieur!
Revenez-nous vite!
Mais bien s�r!
Notre bridge a l'air compromis.
Et si on jouait au loto?
Je perds toujours aux jeux de hasard.
A Nice, en 1935, j'ai gagn� 10000 francs.
Sur quoi aviez-vous mis�?
Quatre fois sur le rouge, en doublant ma mise � chaque fois.
J'ai commenc� avec 500 francs.
�a fait 8000 francs en tout.
C'est bien possible.
Allons, jouons.
Donnez-moi quatre cartes.
Le "coup du li�vre" s'impose.
On peut aussi tenter une quinte.
�a marche une fois tous les cent ans.
Il est d�j� six heures.
Il y a deux heures que nous parlons.
Je ne sais m�me pas de quoi.
Vous m'avez parl� de l'auto-stop.
Et vous, de vos premi�res vacances.
Il faut que je m'en aille.
L'addition.
C'est vrai, �a n'a aucun sens.
Oui, vous avez raison.
Vous ne voulez plus me voir?
Je trouve que c'est inutile.
Ne m'accompagnez pas.
Le maitre vous attend.
Je t'ai t�l�phon�, mais �a ne r�pondait pas.
C'est un acteur tr�s connu.
Je t'en prie.
Y a-t-il un a�rodrome pr�s d'ici?
Je n'en ai jamais entendu parler. Civil?
A quoi penses-tu?
Victoria mijote quelque chose.
Elle aussi, elle se dresse contre moi.
Il me semblait qu'ici, le temps s'�tait arr�t�.
J'ai du mal � croire que tu es n�e dans cette ville.
Ce trou doit te paraitre ridicule, apr�s tant d'ann�es.
C'est pour moi le seul endroit o� tout est r�el.
Mais rien ne se passe ici,
rien ne s'est pass�...
jusqu'� ce que tu reviennes.
Sais-tu ce que ta venue repr�sente pour moi?
Tu ne devines m�me pas ce que j'�prouve...
Iorsque je te regarde.
J'ai peur de devoir rester ici toute ma vie
avec ma maison, en face du tribunal.
La m�me table dans le m�me restaurant,
les m�mes rues menant toujours aux m�mes endroits
et, une fois par an, les m�mes vacances dans le m�me coin.
Je regarde avec effroi cette ville de 30000 habitants,
sa fabrique, son cin�ma o� je ne vais jamais,
tous ces gens dont je connais les visages par coeur.
Je veux te dire quelque chose.
Le plus sage...
ce serait de nous marier.
Tu as trop bu.
Dans ta famille, c'est toi que j'ai toujours le plus aim�e.
Je voudrais te parler.
Viens demain � 5h.
Pourquoi pas aujourd'hui?
Je suis fatigu�e.
O� vas-tu si vite?
A la maison.
Chez cet ex-chevau-l�ger peut-�tre?
II flirte avec la ni�ce de ta cuisini�re.
Je vois sur ton visage les sept p�ch�s capitaux.
Toi aussi, tu as chang�.
Adieu.
Qu'est-ce que c'est?
Une p�che Melba.
Vous l'avez command�e.
Posez-la donc!
"Comme la vieille cocotte, tout enfarin�e,
"par laquelle, jeune homme, je me suis fait rouler."
Je l'ai d�j� entendu ce matin. Et apr�s?
"Lorsqu'une feuille d'�rable vint frapper � la fen�tre..."
C'est idiot.
Une feuille ne peut pas frapper � la fen�tre.
"Souviens-toi, c'�tait l'automne..."
- Je ne m'en souviens pas. - Mais tout le monde la connait!
Et �a?
Le vleux portler t'a tendu la clef...
A propos... donnez-moi la clef de la porte d'entr�e.
Je vais acheter des cigarettes.
Je la mettrai sur le rebord de la fen�tre.
Et si on le chantait, votre po�me.
Redites-moi le premier vers.
"Lorsqu'une feuille d'�rable..."
II est tard.
Laissez-moi tranquille!
Que faites-vous l�?
Je joue.
Du Brahms.
Je n'arrive pas � bien jouer ce passage.
Mais ne vous f�chez pas,
je peux jouer autre chose.
Je viens d'entendre cet air...
Je l'ai m�me appel� La Ballade de...
De quoi?
D'un visiteur du soir.
Bien s�r! Comment ai-je pu l'oublier?
La Ballade d'un vlslteur du soir.
Vous habitez ce mus�e?
II vous d�plait?
Comment peut-on vivre dans ce genre de trucs?
Je n'ai jamais vu de logement pareil.
Si, j'en ai vu un dans le film Les Alles de l'amour.
Comment �tes-vous entr�?
"Les ailes de l'amour m'ont fait franchir les murs,
"car l'amour n'a pas de fronti�res. Il triomphe de tout."
Me voil� devant un v�ritable Rom�o.
Ce n'est pas lui, c'est elle qui l'a dit.
Elle l'a dit si joliment...
"O, Rom�o... Rom�o!"
C'�tait un film en couleur.
Et lui, il lui a r�pondu:
"Je te prends au mot.
"Fais de moi ton amant..."
Vous l'avez vu, ce film?
Vous avez une bonne m�moire.
J'en connais toute une ribambelle.
"O, beau soleil dor�...
"O, arbres bien-aim�s, Et toi, petit torrent,
"Qui, souriant gaiement, D�roules tes eaux vitreuses..."
Vitreuses?
�a, c'est d�j� moins joli.
Que de place... Je n'ai jamais eu de chambre � moi.
C'est ici que vous dormez?
A quoi sert ce chandelier?
Ne dites rien, je le sais.
Je voudrais devenir un grand savant.
Pour avoir une chambre � vous?
Entre autres.
Faut-il beaucoup d'argent pour sortir une femme � Varsovie?
Je n'en ai aucune id�e.
Et puis elle l'invite chez elle...
Ils vont bien s�r en carrosse... c'est la femme d'un marquis.
Ils doivent se m�fier du valet, bien qu'il soit sourd comme un pot.
Puis il entre par la fen�tre.
Elle l'attend...
v�tue de dentelles, les cheveux d�nou�s.
Il ne sait pas quoi dire...
Il est g�n�, il fixe le miroir.
"Je vous aime."
Je vous aime, monsieur.
Non, il a dit: "Je vous aime, madame."
Et apr�s?
II l'a embrass�e.
Bonjour.
Il faut que tu t'en ailles.
Victoria va � la messe � six heures.
Tu es croyant?
Je ne sais pas.
- Mais je voudrais l'�tre. - Tout le monde le voudrait.
Mais �a, �a ne prouve rien.
Si je racontais cette aventure � mes camarades,
aucune ne me croirait.
Je suis contente que la derni�re nuit que je passe dans ma maison
ait �t� aussi charmante.
Puis-je revenir ce soir?
Ce soir, je pars.
Tu reviendras?
Non, il va y avoir de nouveaux locataires.
Alors, c'est la fin de cette maison?
Oui.
Des �trangers vont vivre dans cette chambre.
C'�tait un adieu.
C'est donc � cause de �a que tu m'as permis de rester.
Je viendrai � Varsovie.
Viens.
Il faut que tu t'en ailles.
Oui, il le faut.
Impossible de trouver la clef.
Attendez un moment.
Doucement.
Vous repartez aujourd'hui?
Oui.
Et votre cuirasse?
Celle du cabinet. Je m'en occuperais volontiers.
Je suis ravie que vous vouliez bien vous en occuper.
Ce sera la perle de ma collection.
Attends!
Comment t'appelles-tu?
Aleksander.
Les Klemczak sont venus.
Ceux dont je vous ai parl�. Le dentiste et sa femme.
Ils ont amen� leur affectation.
Laissez-moi me pr�senter. Monsieur Klemczak. M�canicien dentiste.
Ma femme.
Puis-je voir votre affectation?
Je suis d�sol�, mais comme vous le savez...
vous ne pourrez pas garder ce logement.
Nous sommes �galement pr�ts � acheter les meubles,
si vous nous faites un prix: ils sont si vieux.
Ils n'ont pas de vernis.
Ce genre de meubles doit �tre mat.
Ce sont de vieux clous.
Ce sont eux qui co�tent le plus cher.
Quand on les ach�te, pas quand on les vend.
En affaires, je m'y connais.
Nous vous en donnons 10000 cash.
Vous ferez un voyage � l'�tranger.
D'ailleurs, o� les mettriez-vous?
Nous, nous avons droit � une pi�ce suppl�mentaire.
16000.
15000.
Jusqu'� pr�sent, le compte y est. Le reste devrait coller.
Vous avez bien vendu vos meubles.
Et ce seront de bons locataires.
Ils ne vont pas m'ab�mer la maison.
Attendez un instant, je vous am�ne les clefs.
Merci d'�tre venu.
Quelles jolies roses. Il faudrait les mettre dans un vase.
Il est rest� chez elle jusqu'� minuit.
Ton comte.
Elle m'a m�me d�barrass� les verres.
Je ne te laisserai pas sortir avec lui.
Tu pr�f�rerais qu'il lui r�cite des po�mes et qu'il reste chez moi.
Et puis �a ne prouve rien qu'ils aient bu ensemble.
On ne peut pas faire confiance � ces vieux boucs...
m�me si ce sont des rat�s.
Tu reviendras?
Non.
Peut-�tre pour l'anniversaire de sa mort.
Pr�viens-moi, je te retiendrai une chambre.
Qu'est-ce que tu attends?
Rien.
Non, c'est une erreur.
�a me va?
On va � la f�te du vol � voile. Olek a re�u un premier prix.
C'est le fr�re de Mariola.
Il s'appelle Olek?
Non, Aleksander, mais nous l'appelons Olek.
Comment est-il?
Blond, bien fait.
Un brave petit, mais un peu foufou.
Comme le temps passe vite!
Je me souviens de votre premier bal,
vous aviez une robe en organdi rose.
Amuse-toi bien.
Nous allons rater le train.
Et les clefs de la maison?
Vous avez celles de bon-papa.
Je les ai donn�es � Klemczak. Les v�tres, c'est pour ma ni�ce.
Allons-y, Magdalena.
As-tu r�fl�chi � ce que je t'ai dit hier?
Tu ne parlais pas s�rieusement.
Si tu restais ici,
notre mariage pourrait devenir
quelque chose d'extraordinaire.
C'est impossible.
J'aimerais avoir un endroit sur la terre
qui, o� que je sois, ne cesse de me manquer.
Le train part dans deux minutes.
Il faut monter.
Fermez les porti�res!
Je viendrai... je viendrai...
� Varsovie.
Tu attends quelqu'un?
Ne pleure pas.
FIN
Sous-titres: Gilberte Cr�py zygmunt Szymanski
Sous-titrage: C.M.C.
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