Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Circulation
...
...Musique rythmée
... ...
-Te voilà prise au piège. Tu ne parviendras pas
à ruiner mes plans. -Ce que vous pouvez être naïf, Furet.
Il est déjà trop tard. La police va arriver.
-Je ne la supporte plus !
Bulldozer, écrase-moi cette punaise !
...
...Gémissement d'effort
-Vous n'êtes pas passé loin.
...
Essayez encore.
... ...
...Gémissements
-Désolé, patron. -Fais donc attention, imbécile !
Attrape-la !
...
...Bulldozer crie.
...
...Gémissements d'effort
...
...Gémissements
... ...
...Elle rit.
... ...
...Gémissements
... ...
-Tu fais quoi par terre,
espèce d'idiot ?
Bats-toi ! Elle rit.
-Relève-toi,
gros plein de soupe.
...
...Gémissement
Prince d'Alpaga !
Je ne vous avais pas vu venir.
-C'est l'élégance. Qu'est-ce qu'on fait d'elle ?
-Je l'étranglerais bien, moi.
-L'idée est séduisante,
mais j'ai d'autres projets pour cette effrontée.
Un bon bain.
-Très bonne idée. Mais par pitié, pas moins de 30 degrés.
Je suis un peu frileuse. -Comment elle peut plaisanter
alors qu'elle n'a plus que quelques minutes à vivre ? Inouï !
Il démarre la machine. Bon débarras.
...
*...Rires
*...
-C'est beau, non ? -Oui, c'est joli.
*...
Petit rire
-T'es blanche. -Je sais, je vais pas bronzer.
-C'est pas grave.
Moi, j'aime bien comme ça.
*...
On voit tes veines. Petit rire
C'est beau.
*...Cris et rires d'enfants
*... ...
-J'aurais pu ramener du vin, Colette.
-Y a ce qu'il faut.-Sûre ?
-Oui, oui.
*... ...
-Delphine ?
Delphine !
Reste pas en maillot de bain.
-Il est mouillé et il fait chaud !
-On mange pas en maillot.
-Laissez-la, elle s'amuse.
-Non, j'aime pas ça. Surtout quand on est invité.
Vous pouvez me passer un couteau ? -Oui.
-Merci. -Attention !
Faites place, mesdames et messieurs.
-Attends, on pose par terre. -Oui, oui.
-Delphine, viens m'aider pour les couverts.
-Ça sent bon. J'ai faim. On mange maintenant !
-Les enfants ! -Où sont les autres ? Thomas, Alain,
vous venez ! -Je suis là.
J'arrive.
-Éteins ta musique.
-C'est bon. -En passant par la cuisine,
tu prends la bouteille de vin,
s'il te plaît. -Oui.
-Et le tire-bouchon aussi. -Je te ramène ça.
-C'est un malin, celui-là. -C'est un séducteur, comme son père.
-Maman ! -Oui ?
-Tiens.-Merci.
-Tu peux pas
la ramener à table ? Trop lourd ?
Laisse, je vais le faire.
-J'aurais pu le faire. -Je veux pas que tu te blesses.
Discussions indistinctes
-Je peux venir à côté de toi ?
-Oui mais tu manges.
-Tu te mets où ? -Je sais pas.
Et toi ? -Les nouveaux venus !
À table.
Vous vous installez à côté de moi, Mme Huissens ?
Ça vous dit pas ?-Comme tu veux.
-Qu'ils s'installent où ça leur plaît.
-Oui, évidemment !
-Désolé, mon adjudant, ce sera moi.
-C'est gentil mais c'est pas pareil.
-Robert, vous avez une belle femme à côté de vous.
-Je préfère la jeunesse.
-Oh, le salaud !-Ne l'écoutez pas.
Il est toujours aussi charmant.
-En tout cas, elle est très jolie.
-Je veux pas trop de légumes.
-Oh, tu arrêtes, toi ! Tu mangeras ce qu'on te donne.
-Je mange des carottes, des patates, de la viande.
J'aime tout.
-Elle a raison.
Fais pas ta danseuse, et mange. -C'est vrai qu'il est maigre.
Il a son petit air maladif.
-Il aime pas rester à table, surtout.
Hein ?-Il est comme moi.
Il aime pas les repas. -Enfin, toi,
tu préfères les apéritifs. -Les repas liquides.
Et je garde la ligne.
-Mais oui, bien sûr. Assieds-toi, viens manger.
-OK, mon général. J'ai l'armée à la maison.
Ils rient. -Dis donc, Alain !
Quoi ?
Laisse la place en bout de table
à M. Guedj !-Non, laisse.
Je serai très bien au milieu des enfants.
-Je suis plus une enfant.
-Oh, excusez-moi, chère madame. Il rit.
-Vous venez d'où,
au juste ?-On vient de Nancy.
-On a passé une année à Metz avant de venir.
-Oui, c'est à côté. C'est joli aussi, Metz.
-Vous trouvez ?
J'ai pas aimé du tout. -C'est parce qu'elle a laissé
toute sa famille là-bas.-Pas du tout.
-Bah si, t'as le mal du pays. -Bah toi aussi.
-Ah non. Non, non. Moi je suis très content d'être là.
Il rit.
-C'est en France que j'ai le mal du pays.
-Et vous venez d'où ?
-L'Algérie. Bienvenue à la table des pieds-noirs.
Cri
-Elle le mord.
-Mathilde, tu vois bien que tu lui fais mal. Arrête.
-Mathilde. -Enfin, Mathilde !
Lâche-le ! Je suis désolée.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Tu le lâches !
Ça suffit !
Mathilde ! Mathilde, tu arrêtes !
-Elle l'a pas raté.
-Pourquoi tu l'as mordu ?
-Faut qu'il mange. Si on mange pas, on meurt.
Elle l'embrasse.
-Ça va ?
-Elle peut pas s'empêcher de mordre.
-Normal, elle fait ses dents.
-Non, ça fait longtemps qu'elle fait plus ses dents.
-Ah bon ? -Non.
Ce qu'il faut pas entendre.
-C'est pas le moment.
-Mais vous m'avez dit... -Plus tard.
-C'est pas loin. T'y vas à pied ? -Oui. Et toi ?
-Je vais à l'Esca, à Tana.
-J'ai une école aussi à Tana. C'est une école où je fais de la danse.
-Tu fais de la danse ? -Euh, oui.
Une dame a créé un petit conservatoire.
On est 22 filles d'âges différents.
-C'est chouette.-Oui.
-Eh bah, montre-lui, chérie.
-J'en ai fait aussi quand j'étais jeune.
-Tu pourrais en refaire.
-Non, j'ai tout perdu en rigueur, en souplesse...
-Qu'est-ce que vous racontez ? Vous êtes encore jeune.
Un corps, ça n'oublie pas.
*Trompette
-Oh !
*...
*Musique orientale Rires
-Chéri, tu peux pas faire ça.
...Il chantonne.
... ...
Non, arrête.
J'aime pas pendant que je mange, tu le sais.
J'aime pas mélanger les choses, arrête.
-Tant pis pour toi
... ...
Il rit.
Laisse-moi souhaiter la bienvenue aux Huissens.
À Bernard
et à sa belle Odile.
Vous venez d'atterrir sur le plus bel endroit au monde.
Bienvenue sur la base 181,
le lieu de tous les plaisirs. Il chantonne.
-C'est pas vrai...Ils rient.
... ...
-Il fait bon vivre dans l'enceinte militaire.
Il vous manquera rien de la France, ni les loisirs,
ni les services, et toutes les petites habitudes
d'un vrai village gaulois, hein ?Ils rient.
Vous verrez,
vous ne serez pas dépaysés ici.
Vous allez être comme dans un cocon familial,
plein d'amour et de bienveillance.
-Et de kérosène.
-Et de kérosène.
-J'adore l'odeur du kérosène, sans blague.
-Mais oui, mon amour. Le kérosène, c'est un parfum...
merveilleux.
Il rit.
Regardez comme elle est heureuse ici, comme elle s'amuse.
Danse, ma chérie.
Il chantonne.Ils rient.
... ...
Allez, levons nos verres
aux Huissens. -Bienvenue.
-Bienvenue au paradis.
Bienvenue.-BIENVENUE.
-Bienvenue à Madagascar.
-Santé !Rire
Brouhaha
...Musique calme
... ...
...
... ...
...
... ...
-Personne suivante.
Bonjour.
...Cris d'enfants
-Go !
...Acclamations et applaudissements
... ...
Applaudissements
... ...
...Tintement de la cloche
... ...
...Moteur d'avion
... ...
-Madagascar et la France
ont signé les accords d'indépendance en 1960.
Depuis, les deux pays sont restés très amis.
Plein de détails les rapprochent,
comme par exemple... leur taille.
Regardez.
Madagascar a une superficie de 586 885 kilomètres carrés.
La France, quant à elle,
fait 543 965 kilomètres carrés.
En fait,
si on tassait un peu la grande île,
ça ressemblerait beaucoup à la France.
Maintenant, pour commencer, vous allez ouvrir votre cahier bleu,
votre cahier d'histoire-géographie.
Et vous allez vous appliquer
à écrire votre nom et prénom en première page
ainsi que le titre du cahier...
(-C'est la première fois qu'on est assis à côté. Je m'appelle Suzanne.)
(-Moi, c'est Thomas.)
-Appliquez-vous car il s'agit de la première page de votre cahier.
(-Toi aussi, tu lis Fantômette ?)
(-Fantômette ? Oui, je l'aime beaucoup.)
(Je pourrais en parler des heures mais je préfère pas.)
(On va dire que je bavarde, mais je m'intéresse aux choses.)
-Eh ben alors, faut écrire.
Musique calme
...
(-Qu'est-ce qu'elle fait ?)
...
(-Elle attend.)
L'arbre grince.
...
(C'est l'arbre aux amoureux.)
...
-Ah !Elle sursaute.
-Arrête, tu m'as fait peur. -De quoi t'as peur ?
Je suis là maintenant.
(-Tu vois.)
-Tu veux aller te promener ?
Allez, viens.
L'arbre grince.
...
(-Alain.) -BONJOUR.
(-C'est mon frère.)
-Tu les connais ?
T'es jamais venue ici ?
...
Musique cocasse
... ...
-Thomas, joue pas sur le sol.
-Les enfants, ça traîne par terre. On n'y peut rien.
-J'aime pas,
avec tous les microbes.
-Il leur faudrait une serpillière au cul,
ça ferait la moitié du travail. Elles rient.
...
-Elles sont belles, les photos.
-Là, vous voyez, c'est Oran. Là, Alger, Melturc.
J'ai eu un enfant dans chaque ville.
Elle rit.
-Et vous, Odile, vous ne voulez pas d'enfant ?
-Si, mais peut-être pas ici.
-Ah bon, pourquoi ?
-Je me sens pas forcément chez moi.
-Justement, on se sent partout chez soi quand on a des enfants.
On est comme dans une caravane, toujours les uns sur les autres
-Ça, c'est sûr. Celle-là, moi, j'en peux plus.
Elle me colle. J'ai toujours l'impression
qu'elle veut me retourner dans la figue.
Elles rient.
-Vous êtes beaux, tous les deux, là. -Faites voir.
-Il était séduisant, Robert, à l'époque.
-Il l'est toujours, je trouve. C'est un bel homme.
-Mon père voulait pas que j'épouse un Espagnol.
Au début, il pensait qu'il était arabe. -Ah ouais ?
-Salut.-Coucou.
-Mais qu'est-ce qu'il fait,
à être toujours au milieu ?
Pisseuse.
-T'es tout le temps dans le passage.
-Mais je suis bien, là. -On dirait un petit chien.
Il cherche la fraîcheur par terre.
Elles rient.
-Moi, j'ai l'impression que...
Bernard, il a changé depuis qu'il est ici.
C'est plus le même.
-Il a l'air très amoureux pourtant. -C'est vrai.
Toujours à vous bécoter, à vous embrasser.
-On se voit plus.
Déjà, il finit très tard son poste au mess des officiers.
Quand il rentre, je suis couchée.
Et le week-end, il dort parce qu'il est lessivé.
-Sortez un peu sans lui.
Mmh ? On pourrait aller ensemble
à la piscine, même à Tana,
au marché.
-Et vous vous ennuyez ici ?
-Non.
Non, je m'ennuie pas mais...
Des gens sont faits pour vivre à l'étranger et d'autres pas.
Moi, y a tout qui me manque ici.
Les rues, les gens,
les bonjours le matin.
Les chemins qu'on fait sans s'en rendre compte.
Les visages qu'on reconnaît.
Musique intrigante
(Enfin tout ça, quoi.)
...
-Le jour, Fantômette est habillée comme n'importe quelle écolière.
En jupe et chemisier s'il fait chaud,
en pantalon et tricot si le temps est au froid.
Rien dans son vêtement ne permet d'imaginer
qu'il s'agit d'une aventurière vivant dangereusement.
...
Mais la nuit,
lorsqu'elle se lance dans une expédition,
elle revêt son costume de soie rouge et jaune
et cache son visage sous un masque noir.
...
Il sifflote.
Malheur alors au voleur
qui a la fâcheuse idée de se trouver sur son passage.
...
Tu as remarqué quelque chose ?
(-Non.)
(Quoi ?)
-Fantômette...
...
Elle vit seule.
...
Elle n'a pas de parents.
...
(-Peut-être qu'elle est orpheline.)
...
-La chance.
...
(-Tu trouves ?)
-Oui.
Moi, j'adorerais être orpheline. Je m'habillerai tous les jours en noir.
Les gens auront de la peine pour moi.
On est toujours gentil avec un orphelin.
C'est normal. (-Oui, c'est normal.)
(Mais ça doit être dur, quand même.)
-Je dis pas être orphelin tout le temps. Mais...
de temps en temps.
Pour voir, quoi.
Voiture à l'approche
...
Gémissements d'effort
...
-Y a quelqu'un ?
-C'est papa. -Ah ouais ?
-Salut, mon grand. -Salut.
-Maman, y a papa !
-Pousse-toi.
-T'es déjà là ? -Ouais. Ça va ?
-Oui et toi ?
-Doucement. -C'est quoi ?
-C'est une surprise.
-Bonjour, Colette. -Vous allez bien ?
-Merci, Antoine.-Au revoir, mon adjudant.
-Alors, c'est quoi ?-Je sais pas.
-Vous allez voir.
C'est un bijou.
Je l'ai achetée à Tuléar.
Je me suis dit qu'elle ferait bien dans le salon.
Je l'ai attachée au milieu des caisses de ravitaillement
dans l'avion, le plus discret possible.
Mais juste avant de décoller, on nous annonce
que le général Mathiot rentre avec nous sur Ivato.
Là, j'ai commencé à avoir la trouille.
Et ça n'a pas loupé.
Le général a demandé à me voir.
J'étais en sueur quand je me suis approché de lui.
-Adjudant Lopez, c'est ça ? -Oui, mon général.
-Le Noratlas ne transporte pas des biens personnels.
-Oui, mon général.
-Vu la taille, c'est une table.
Une table en aragonite.
-Oui, mon général.
Il rit. -Vous voyez, j'avais raison.
Vous inquiétez pas.
Il est écrit que toute personne qui s'installe à Mada
finit par acquérir une table en aragonite.
J'en ai acheté une il y a deux mois.
Ma femme en est folle.
-Oh ! -Oh !
-Regardez
comme elle est belle. -Han !
Oh là là. C'est du marbre ?
-De l'aragonite.
-Ça a dû coûter cher, non ?-T'as vu ?
On dirait une carte géographique.
Avec des champs, des chemins.
En tout cas, elle est magnifique.-Oui ?
Tu es contente ?
Musique douce
-Bien sûr.
-Café !
...
-C'est pas possible, y a de la paille partout.
Rires -Regarde.
...
- Il voulait qu'on se souvienne de lui comme d'un bon baiseur.
...
-Qu'est-ce que tu leur montres ?
-Rien, des photos qu'on m'a données.
-Je peux voir ?
-Oui, regarde.
...
-Mais ça va pas de leur montrer des trucs pareils !
-C'est un cimetière, il y a pas de honte.
-Tu parles.
...
-Oh non ! -Son zguègue est aussi grand
que lui.
Vous savez ce qu'on m'a dit ?
Les Malgaches pensent garder leur métier et leur uniforme dans l'au-delà.
-Merci. -Regarde.
-Je vous en prie.
Je voudrais bien une statue comme ça sur ma tombe.
-Toi ?-Oui.
-Et vous alliez faire quoi au juste à Tuléar ?
-On était en mission. Des paysans se sont un peu rebellés dans le sud.
-Mais vous êtes intervenus ? -Non, nous, on a rien fait.
On se mêle pas de leurs affaires.
On a juste transporté des paras de l'armée malgache. C'est tout.
Moteur
-OK, à trois minutes du largage. Trois minutes.
-En position.
...
Chef largueur pour Noratlas, dix secondes.
...
-Dix secondes !
...
En position. -Le premier en position.
...
Sonnerie-Go ! Un,
deux,
trois, quatre, cinq, six,
sept,
huit, neuf, dix,
onze, douze, treize...
...
Musique intrigante
...
-Paramètres moteurs affichés.
-Ils sont affichés.
-Pompe sur alimentation marche au-dessus de 3 000.
-Marche au-dessus de 3 000. -OK, volet radiateur huile.
-C'est réglé.
Volets d'air à la demande.-C'est normal.
-Feux de position éventuels, marche, un, deux...
...
Passage mode UV.
-Passage en mode UV.
...
...Brouhaha animé
... ...
-Allez, encore !
... ...
...
... ...
...
-Chérie !
*Acércate Más (Nat King Cole)
*... ...
*...Cris
-Ouais ! Rugissement
-Ouais ! Il rit.
*...-Oh !
*...Elle rit.
*...
Rires
*...Cris
*... ...
*...
*... ...
*...Rires et applaudissements
*...Rires
*... ...
*...Petit cri
*...Rires
*... ...
*...Cris
*... ...
*...
*...Elle rit.
*...
*...Cris
*... ...
*...Rires
*... ...
*...
*...Il rit.
*...
*...Respiration forte
*...
*...Applaudissements au loin
-Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
-T'es bizarre.
-J'ai un peu bu. Je sais, t'aimes pas ça.
Ouh là.
C'est vrai que je fais peur.
-Je trouve pas.
-Alors pourquoi je suis bizarre ?
-Tu te ressembles pas.
-C'est pour ça qu'on met les enfants au lit.
Pour pas qu'ils nous voient dans cet état.
-Moi, j'aime bien vous regarder.
-Je sais. T'as toujours l'œil qui traîne.
T'es un peu vicieux.
-Ça veut dire quoi, "vicieux" ?
-Tu nous regardes dans des moments où on se croit seul.
Ou alors dans des moments où on a pas envie d'être regardé.
-Et ça te gêne ?
-Non, ça me fait plaisir.
Tu sais, moi aussi, je te regarde.
Écoulement d'eau
Grande inspiration
Vous pensez qu'on vous voit pas faire, mais on a un œil derrière la tête.
Les enfants rient.
Quand on a des enfants, on n'est plus jamais seul. C'est fini.
...Robert sifflote.
...
-Vous pouvez arrêter l'eau ?
-J'aime bien le bruit de l'eau qui coule.
-Il est assez rempli, ton bain.
Il rit.
-C'était qui, les deux qui sont morts ?
-Des gars qui travaillaient à la cuisine au mess des officiers.
Ils voulaient aller pêcher dans le lac.
Comme des abrutis,
ils se sont mis des grandes bottes qui remontent au genou.
Ils sont tombés, les bottes se sont remplies d'eau
et ils ont coulé à pic, au fond du lac.
Musique mélancolique
Et on les a pas retrouvés. -Quelle mort atroce, quand même.
...
-Tu te maquilles trop.
...
Pour qui tu te maquilles comme ça ? -Arrête un peu.
-T'es bien cramé, toi.
Tu as mal ?-Non, ça va.
-Attends.
Où est-ce que je l'ai mis ?
Le toubib nous a dit de mettre ça.
-C'est quoi ?
-De l'alcool iodé. -Poussez-vous, s'il vous plaît.
-Ça calme les brûlures. -Doucement, Alain.
T'es pas tout seul.-Avec ça, tu vas peler.
Tu auras une peau plus dure
qui va mieux résister au soleil.
-D'accord.
-Il faut pas se raser comme ça.
-T'en sais quoi, toi ?
-Mets-le dans le rasoir, sinon tu vas te couper.
En plus, elle est trop fine, ta moustache.
-Si je la rase pas, elle grossira pas.
-Fais-moi voir. Mais tu as rien, là
Il rit.
Bourdonnement
Colette crie.
-C'est pas possible, regarde ce que t'as fait !
-C'est les frelons qui m'embêtent. -Ça suffit ! Sors de là.
-Viens.
Bourdonnement
-J'en ai eu un ! Ah non.
Il est en-haut. -Ça les excite.
-Là, du côté de la fenêtre ! -Ça va pas se passer comme ça.
-Regardez, il est là.-Poussez-vous. Recule.
-Y en a plein ! -Arrête !
-Tu fais quoi ? -C'est la seule solution.
Robert rit.-Oh non.
Musique intriganteMaman, arrête.
...Rires au ralenti
... ...
...Bourdonnement
... ...
... ...
... ...
-Les autres ne voient rien,
mais elle, elle voit.
...
-Oui, les autres ne voient rien,
mais elle, elle voit tout de suite ce qui cloche.
...
Comme ces deux pêcheurs sur le lac.
...
Ils ne risquent pas d'attraper beaucoup de poissons.
Leurs cannes à pêche sont dépourvues de ligne.
Ils font semblant.
Stridulation des insectes
Tu as vu ?
Dès que Fantômette remarque quelque chose d'anormal,
c'est écrit en italique,
comme si elle plissait des yeux, comme ça.
Pour mieux voir.
-Comme ça ?
-C'est ça.
-Comme si elle se concentrait.
-Tu vois,
on est pas assez concentrés.
On fait pas assez attention.
Si ça se trouve,
il se passe des choses qu'on ne voit même pas.
Des choses qu'on n'imagine même pas.
(-Des choses comme quoi ? Des crimes ?)
(-Peut-être.)
(Qu'est-ce qu'on en sait ?)
Stridulation des insectes Bruissement
... ...
Léger brouhaha
...
Cris de joie et applaudissements
...
*-On applaudit bien fort le père Noël.
*Il est venu tout spécialement de Laponie sur la base 181
*pour faire plaisir à tous les enfants.
*Ne vous approchez pas trop de l'appareil,
*afin que tout le monde puisse bien voir.
-Il va bientôt t'appeler. Ça va être ton tour, t'inquiète pas.
*-Et on commence de suite avec la petite Caroline Guillotin.
*Caroline, où es-tu ?
*Ah, te voilà.
-Hop là.
-Bonjour. Quel âge as-tu ? -Neuf ans.
-Chéri,
qu'est-ce que tu fais ?
-Un petit coup.-Oh non, arrête.
-C'est Noël.-T'exagères.
-Faut s'amuser. -Y a les enfants. Fais un effort.
*-C'est au tour de Stéphane Lacombe de se présenter.
-Hé, Guedj.
Vous pourriez pas
partager un petit peu ?
-Non mais dites donc, père Bertin,
vous partagez le vin à la messe, vous ?
-C'est pas pareil, c'est le sang du Christ.
-Ah oui ?
Vous donnez pas l'hostie,
c'est le corps du Christ, pourtant.
-Je vais pas faire boire vos enfants.
-Non, non, c'est bon. -Quel menteur.
Les bonnes choses, il les garde pour lui.
Hein, mon père ?
-Lopez, ne croyez pas que je vais tendre l'autre joue.
Ne vous fiez pas à mes cheveux blancs. -Tape !
-Vous avez un peu perdu en souplesse.
-Allez, Mathilde, donne-lui !
Rires Gémissements d'effort
... ...
-Non mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
-C'est l'esprit de Noël.
-C'est l'esprit de Noël.
Bonjour. Vous allez bien ?-Bien et vous ?
-Oui.-Bonjour. Ça va ?
-Ma femme, Colette,
et mes enfants. Tu connais l'adjudant-chef ?
-Non.-Enchantée.
Bonjour.-Bonjour, madame.
-Non, c'est Noël, appelez-moi Michèle. -Michèle.
-On peut la remercier.
C'est elle qui a décoré la grotte du Père Noël.
-Ah oui ? Bravo. -C'est très beau.
-Merci. J'ai pas fait ça toute seule, mais ça a pas été une mince affaire.
On a récupéré les vieux parachutes dans la réserve,
et ensuite, on a dû couper toutes les sangles,
rapiécer chaque parachute
et les recoudre sur toute la longueur
pour pouvoir créer la structure.
On a fini très tard. Les filles étaient pas contentes.
D'habitude, on travaille en journée continue jusqu'à 14 h.
Mais là, on a dû reprendre après la pause déjeuner.
Il te manque un truc ? Accélère un peu.
Ça râlait dans les chaumières.
Je leur ai rappelé que c'était pour le bonheur des enfants.
*-On attend Thomas Lopez.
-Thomas, c'est à toi.
Allez, vas-y.*-Thomas Lopez.
-Bon, à tout à l'heure. -À plus tard.
Brouhaha
-C'est toi, Thomas ?
Viens. Hop là.
...Musique douce
... ...
-Bonjour, mon grand.
Alors, tu as été sage ?
-Je sais pas.
-Ah. Et tu as quel âge ?
-Huit ans.
-Huit ans ?
Musique intrigante
...
Et voilà pour toi.
Joyeux Noël.
-Thomas ? Thomas ?
-On fait une photo ?
Brouhaha
...
À l'année prochaine.
-Viens, mon grand.
*-Dominique Martin.
*Dominique, tu peux te rapprocher de l'avion ?
...
-Salut. Ça va ?
-Coucou.-Ah, enchantée.
-Enchantée.-Colette.
-Enchanté.-Suzanne parle de vous,
de Thomas.-Elle est toujours chez nous.
-Ils s'entendent très bien. -Elle est adorable.
-Thomas traîne toujours avec des filles.
-Elle vous embête pas ?
-Non. -Pas du tout.
-Elle peut être très coquine.-Ma coiffure.
-Ils s'enferment dans une caisse
au fond du jardin. Rires
-Elle est très belle.
-Toi, t'es content de ta panoplie de cow-boy ?
-J'aurais préféré autre chose, mais j'aime bien le pistolet.
-À la prochaine.
-Enchantée. -Enchantée.
Au revoir. *-Ne vous inquiétez pas, vous aurez tous
*un cadeau.
Musique intrigante
-Regardez qui est là.
...
Je pensais pas qu'il oserait venir avec elle.
-Alors, c'est elle ?
-Oui, c'est elle.
-On se demande où il a pu la trouver. -On sait bien
où il l'a trouvée.
Au bordel, à Ivato.
-Pourquoi tu dis ça ?-Parce que je le sais.
-Je pense pas que ce soit une pute.
Regardez, Mme Mollier a l'air de la connaître.
-Ça me fait mal
pour Odile qui est repartie toute seule en France.
Elle a même pas voulu nous dire au revoir.
Quel courage, de le quitter du jour au lendemain.
-C'est lui qui l'a quittée.
Elle lui cassait les couilles. Normal qu'il soit allé voir ailleurs.
-Je vois pas ce qu'il lui trouve de plus qu'Odile.
Faux tirs Cri
-Il paraît qu'il est fou d'elle. Il veut l'épouser et rester.
-Il paraît qu'elle lui a jeté un sort.
Robert rit. -Pas un sort.
Vous y croyez ?
-Oui.
Il rit. -Il est jeune, c'est tout.
Elle a dû faire des trucs au lit qu'il connaissait pas.
-Elles font toutes ça, ici. C'est connu.
-Ouais, y a plein de jeunes appelés qui se font avoir comme ça.
Regardez, y a le père Bertin qui mène sa petite enquête.
-Qu'est-ce qu'il va faire ?
-C'est lui qui pratique l'exorcisme. -Et comment il fait ça ?
-Avec des prières sans doute, une cérémonie.
Personne sait vraiment.
-J'espère quand même qu'il va réussir à sauver ce pauvre gamin.
Musique intrigante
-Reconnais la puissance et la vertu de Jésus-Christ,
qui t'a vaincu dans le désert,
a triomphé de toi dans le jardin
et se relevant du tombeau,
a traversé avec toi le ciel, jusqu'au royaume de la lumière.
Retire-toi de cette créature,
Bernard Huissens.
Baisse-toi.
Baisse-toi.
Retire-toi, Satan,
au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Retire-toi
par la foi et la prière de l'Église. Il pleure.
Retire-toi, par le signe de la sainte Croix,
de notre seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne
pour des siècles et des siècles.
Retire-toi, Satan. Retire-toi.
... ...
...Chant religieux
... ...
... ...
Le corps du Christ.
...Rires
-Vas-y.
... ...
... ...
-Le corps du Christ.
-Amen.
... ...
-Le corps du Christ.-Amen.
... ...
...Tintement de la cloche
...Brouhaha
... ...
-Oh, bonjour.
Comment allez-vous ?-Vous allez bien ?
-Ça fait plaisir de vous voir.-Moi aussi.
Alors, comment ça va, mon grand ? -Ça va, les garçons ?
Qu'est-ce que c'était beau.-Avec plaisir.
Quelle cérémonie, quelle cérémonie !
Quelle cérémonie. -C'était beau, très émouvant.
-Allez, on y va.
-Thomas, attends-moi ! Thomas !
-Tu vas où comme ça ? -Thomas !
-Thomas ?-Laisse-moi tranquille !
Respiration forte
Arrête !
Il parle en langue étrangère.
-Thomas !
Thomas ?
Musique intrigante
...
...Les soldats chantent.
... ...
Musique intrigante Brouhaha
... ...
-Vous vous rendez compte qu'on est déjà fin octobre ?
-Le temps passe à une allure.
...Propos indistincts
... ...
...
... ...
...Rires d'enfants
...
...Moteur d'avion
... ...
...
-Allez, attaquez ! Allez !
...
-Allez ! -Allez, encore !
...
-En formation !
...
-Bonjour, mon père.
-Tu dors bien, la nuit ? -Euh, oui.
-Tu te sens toujours fatigué ?
T'as du mal à te lever le matin ?
-Non, ça va. -Mmh.
Monte sur la balance, là, derrière.
Écoulement d'eau
...
Tu fais combien ?-73.
-C'est ton poids habituel ?
-J'ai perdu trois kilos,
à peu près.
-Ressaisis-toi. Force-toi un peu à manger quand même.
Je vais te prescrire un anxiolytique.
À prendre matin et soir.
Ça aide à faire passer les gros chagrins.
Prends bien ton traitement.
Si t'oublies une prise ou deux, c'est pas grave.
Tintement de la cloche
...
Je le revois dans 15 jours. D'ici là, il faut qu'il prenne bien
son traitement. -Je suis sûr qu'il va le faire.
C'est un bon garçon.
T'as un peu perdu la boussole ces derniers temps.
C'est vrai ou pas ?
-Oui.-Oui.
Nous, on est là pour t'aider.
Merci de l'avoir reçu.
-Je vous en prie. On est pas débordés.
-Tu le connais, ce type ?
-Oui, il s'appelle Bernard. C'est un ami de mes parents.
-Moi aussi, je le connais.
Il travaille
au mess des officiers.
-Avec ton père ?-Oui.
Enfin, sous ses ordres.
Il est serveur.
-J'aimerais bien rentrer dans le mess. Ça a l'air
tellement beau.
-Tu peux pas, ton père est sous-officier.
-Il va bientôt être adjudant-chef.
-C'est pas assez haut, de toute façon.
Les soldats chantent.
-C'est beau, à l'intérieur ?
-Oh oui, ça l'est. Tu peux me croire.
...
On y est allées un jour, avec ma sœur.
Il y avait une grande cérémonie en l'honneur du général.
...
On n'avait même pas le droit de parler.
Juste regarder.
Alors c'est ce qu'on a fait.
...
Et c'était magnifique.
-NOUS VOULONS DEMEURER DIGNES DE NOS GRANDS ANCIENS
CEUX D'ALGÉRIE, D'INDOCHINE, DU TCHAD AFRICAIN
HÉRITIERS DE TANT DE GLOIRE
NOS DRAPEAUX SONT LOURDS D'HISTOIRE
AH AH AH
AVEC LE HUITIÈME RP
AH AH AH
AVEC LE HUITIÈME RP
Applaudissements
...
-Moi, j'aidais un peu au bar.
Et c'est là que je l'ai vu.
Il avait l'air très triste.
Et il n'arrêtait pas de boire.
Personne ne le voyait faire, à part moi.
Soudain,
il est tombé.
D'un coup.
Tout le monde s'est affolé.
Mais on l'a laissé derrière le bar pour pas gâcher la fête du général.
(-Bernard !)
(Bernard !)
-Et c'est là que j'ai vu...
(-Réveille-toi.)
-Qu'il avait fait...
pipi sur son pantalon.
Ils rient.
Y avait une grosse flaque.
...
(-Réveille-toi.)
...
-Moi, ce que je trouve de plus beau dans le mess des officiers,
c'est les cailloux à l'entrée.
-Le gravier ?
-Oui, c'est ça, le gravier.
Musique calme
...Crissement du gravier
... ...
Moteur
...
On coupe le moteur.
On ouvre une porte.
Bonjour.
-Bonjour. -Je voudrais deux pierres
pour un anniversaire.
-Pour qui ?
-Pour ma mère.
-Ça, c'est bon pour ta maman.
C'est 110.
-J'ai 70.
-70 ?
Ça va ?
Chantonnement
...
-Attention, elle arrive !
-Empêchez-la de rentrer.
Il verrouille. -Tu fais quoi ?
Ouvre-moi.
Colette frappe.
Qu'est-ce que vous faites ? -Rien, fous le camp !
-Elle va essayer de passer
par l'autre côté !
-Elle est où ?-J'entre ?
-Elle est là. Non !-Non, on t'a dit non.
Colette chantonne.
...
-C'est une surprise.
-Une surprise pour mon anniversaire ?
-Je peux pas te dire.
-Dis-moi. J'ai pas le courage d'attendre.
-Ne l'écoute pas.
Elle nous fait chier, même quand on essaie
de lui faire plaisir. Viens voir.
Ça fera comme un mouvement.
Tu vois ?
Comme deux vagues.
C'est joli, non ?
Grincement Stridulation des insectes
... ...
-Elle est partie.
...
-Tu la vois ?
-Non.
...
-Qu'est-ce qui se passe ?
...
Porte
-Il fait froid.
J'aurais dû mettre un pull.
T'es même pas en pyjama, toi ?
Il est tard, là. Il faut aller se coucher.
Allez, allez, allez.
Alain, Michel, allez.
Y a école demain.
-Tu étais où ?
-T'as eu peur, hein ?
-Ben, on se demandait où tu étais.
-Qu'est-ce que vous feriez si j'étais pas là ?
-Tu faisais quoi ?
-Bah rien.
Ça fait du bien de se promener toute seule dans la nuit.
Grondement du tonnerre Stridulation des insectes
... ...
...Musique intrigante
... ...
...Hululement
...Stridulation des insectes
... ...
...Hululement
...Stridulation des insectes
... ...
...Grincement
... ...
-Cela fait des mois maintenant
que des événements étranges se produisent dans la ville.
Des accidents qui viennent perturber la tranquillité des habitants.
Derrière tous ces événements se cache une société secrète :
les Hiboux.
-Vous avez devant vous, mes chers confrères,
un de ces gros fermiers qui pleurent quand la récolte est mauvaise
et qui gémissent quand elle est trop abondante.
Rires
Mais...
ils entassent chaque année
un nombre respectable de billets de 1 000.
-Ouais ! -Oh !
-Pour témoigner à cet homme notre intérêt,
on a décidé de le faire entrer dans notre confrérie,
moyennant une modeste cotisation.
-Ah oui, oui !
-Il a refusé !
-OH ! -Ouh !
-Alors, vous persistez dans votre refus, monsieur Alfred ?
Gémissements
-Grand Hibou,
que faire de cet individu qui nous résiste ?
-Je ne vois qu'une solution !
Rires machiavéliques
Gémissement
Musique sombre Rires machiavéliques
... ...
-Ce n'est pas du sang.
C'est de la peinture, ou de l'encre de Chine,
comprit soudain Fantômette.
Ils ne cherchent qu'à l'intimider.
Rires
-Alors, mon cher Alfred,
êtes-vous prêt à nous rejoindre ? Gémissements
Alors mourrez !
Rires
...Gémissements
... ...
-Mmh ?
Hululement Rires
-Mmh ?
Arrêtez tout !
Hululement Gémissements
-Qu'avez-vous vu, Grand Hibou ?
-Que se passe-t-il ?
-Mais il part !
-Grand Hibou...
-Comme elle est belle.
-Elle te plaît ?
-Oui, vraiment.
Elle est superbe.
-C'est moi qui l'ai dessinée.
-On peut la voir ?
Ouah ! -Elle est belle.
-Mmh, je l'adore. Merci.
-Il y a une autre surprise, sinon. -Ah bon ?
-Oui.-Je suis gâtée.
-Pas pour toi, pour les enfants.-OUI !
-Qu'est-ce que c'est ? -C'est quoi ?
-Attendez là.
-Ouah.
Il rit.
-Vous approchez pas trop.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Je sais pas.
-Ouah ! -Oh, quelle horreur. Viens là.
-Ouah, ils sont beaux.
-C'est le bijoutier qui me les a offerts.
"Combien vous avez d'enfants ?", "Trois",
"Tenez, trois crocodiles."
-C'est des bébés ? Ils ont quel âge ? -Six mois.
Couinements
-Ça mange quoi ?
-Je sais pas.
...
-T'as vu ces griffes ?
Musique intrigante
...
-J'ai l'impression qu'ils nous regardent.
...
...Propos indistincts
...
Bonne nuit.
-Bonne nuit.
...
(-Bonne nuit.)
...
-Extinction des feux.
...
...Moteur
... ...
...
...Aboiements au loin
...
... ...
Propos indistincts
...
-Bonsoir, madame.
Madame ?
Vous ne devriez pas être là. C'est une enceinte militaire.
Euh, les gars ?
-Reste pas là, rentre.
Elle parle en langue étrangère.
...
-Non, non !
Cris
...
-Elles étaient une vingtaine.
Toutes les prostituées d'Ivato étaient là.
Elles étaient toutes bec et ongles, comme des furies.
Si vous aviez vu la tête des gars au poste de contrôle.
Tremblants, tout sanglotants.
-Elles se sont tellement acharnées qu'il y en a un
qui a failli perdre son œil.
-Il se serait passé quoi si elles étaient rentrées ?
-Tu t'affoles pour un rien.
Elles sont parties dès qu'ils ont lâché les chiens.
-Ils ont lâché les chiens ? -Oui.
-Mais c'est horrible. -Il faut savoir ce que tu veux.
Être en sécurité ? -On lâche pas des chiens sur les femmes.
-Non mais ils étaient en laisse. -Mais quand même.
-C'est la faute des militaires, si elles ont attaqué.
Ils sont tous complètement saouls à chaque fois qu'ils vont au bordel.
-Ce sont les légionnaires.
-Ah oui ? -Oui.
-Bien sûr, toujours la faute des légionnaires.
Qu'est-ce qu'il faut pas entendre.
-Elles sont pas contentes car ils se barrent souvent sans payer.
-Ah bon ? Tu as l'air de bien connaître leurs problèmes.
Rires
Je rigole.
-C'est ce qu'on m'a raconté.
-Que fait le toubib
quand un mec s'est choppé une chaude pisse ?
Il le prend dans sa Jeep
et là, ils recherchent la fille qui a pu transmettre la saloperie.
Dès qu'il la voit, il la montre,
et le toubib la met sous antibiotiques.
Parce qu'elle le refilerait à d'autres militaires.
-T'as pas intérêt à me ramener ça. Mme Guedj rit.
-Tu crois que je vais chez les putes ?
-J'en sais rien.
-J'ai pas besoin d'aller voir les putes, moi.
-Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Thomas, c'est pas une conversation pour toi.
Tu fais la gueule, Roberto ?
-J'aime pas quand tu m'appelles comme ça.
Il se racle la gorge. -C'est joli,
pourtant, Roberto. -C'est comme ça qu'il s'appelait
quand on s'est connus, Roberto.
-Ah oui ?Elle acquiesce.
C'est grâce à moi qu'il est devenu français.
-Quoi ? Ah non, c'est pas vrai.
-Si, en m'épousant.
-C'est grâce à l'armée que je suis devenu français.
-Ah bon ?
Roulis des vagues
...
-J'en ai fait, des pays, hein.
L'Algérie, le Maroc, le Tchad...
Je n'ai jamais vu un pays aussi beau.
-Eh oui.
Dire qu'il va falloir quitter toute cette beauté.
-Ici, sur le camp de vacances, ils remballent tout.
Dans deux semaines, toutes les tentes seront repliées.
-Déjà ?
-Ben oui.
On savait que ça devait arriver un jour ou l'autre.
-J'ai entendu le général Mathiot en parler la dernière fois.
C'était au mess des officiers pour son anniversaire.
Il semblait déjà très inquiet.
Les soldats chantent. Brouhaha
... ...
J'ai pas tout entendu, je travaillais,
mais ce que j'ai pu comprendre m'a paru assez clair.
-On a eu raison d'aider l'armée malgache l'année dernière.
Il fallait réprimer les émeutes de paysans dans le sud.
Mais bon, la population commence à nous en vouloir.
Les étudiants pointent la responsabilité de la France.
Les lycéens ne veulent plus apprendre le français.
On aurait dû garder nos distances
pour préserver notre position stratégique
dans l'océan Indien, mais bon...
on ne va pas réécrire l'histoire, hein ?
Musique calme
...
-T'as vu ?
...
Je la quitte plus.
...
Je la garderai jusqu'à ma mort.
Roulis des vagues Cris et rires
-Je vais t'attraper, moi !
... ...
-Vous venez pas dans l'eau ?
-Non, elle est trop froide.
Roulis des vagues
...
-Les enfants ! Faut sortir maintenant. -Non, pas tout de suite !
...
Grésillement
... ...
Musique intrigante Crépitement du sable
... ...
...Grincement de la roue
... ...
...
...Grincement
... ...
-Alors c'est sûr ?
On va s'en aller ?
-Moi aussi, j'aurais préféré rester ici, mais il faut rentrer en France.
-Mais on va aller où en France ?
-On en sait rien.
Papa n'a pas encore eu sa mutation.
Machine à coudre
-On va peut-être aller dans un autre pays ?
-Non, y a plus d'endroits comme ici où on peut aller.
C'est fini.
-Moi et ma famille, on va rester ici.
-Ah bon ?
-Oui, on part pas.
-Pourquoi on ferait pas comme eux ?
-C'est pas nous qui décidons.
...
-Fais attention.
Couinement
-Allez.
-Oh ! Il rit.
-Oh, ça fait...
-On l'essaye ?
Tu viens ?
-Ta cape tombe pas
comme sur les images, je trouve.
-C'est vrai qu'elle ne vole pas.
-C'est à toi de la faire voler. T'as qu'à courir.
Vas-y, vas-y.
Petit rire
Voilà, tu vois, elle vole.
Attends.
On va essayer avec un masque.
Ça va être encore mieux.
Han ! Ça fait tout de suite son effet, là.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Attends.
C'est des collants à moi.
Ça risque d'être un peu large aux fesses. On va essayer, tiens.
Musique intrigante
...
Stridulation des insectes Hululement
... ...
-AH !
-Mais vous en avez mis du temps, Grand Hibou.
-Que s'est-il passé ? -Il y avait quelqu'un ?
-Qu'est-ce qu'on fait de lui ?
-HAN !
Gémissement
OH !
-Mais Grand Hibou, que faites-vous ?
Grondement du tonnerre
Souffle du vent Gémissements
... ...
-Pourquoi le laissez-vous partir ?
Il était sur le point de nous rejoindre.
-Parlerez-vous ?
-Grand Hibou ?
-OH !
-Il a perdu la tête !
-OH ! -Mais ce n'est qu'une gamine !
-Qu'as-tu fait de notre grand maître ?
-Le grand nigaud ?
Il fait un petit somme. Il s'est cogné la tête à une branche.
-Tu sais ce qu'on fait aux filles
qui ne tiennent pas en place ? -On les gronde ?
-On leur écrase la tête.
Saisissez-la !
-Allez, les gars.
-Mais arrêtez de me chatouiller.
Musique rock Cris
...Elle rit.
...
...Gémissements
Pardon, pardon, pardon.
-Ah ! Je l'ai ! Je l'ai !
-Tiens ! Cri
...
Elle rit. L'homme gémit.
... ...
...Gémissements d'effort
...Cris
... ...
...Elle rit.
...Gémissements
...
... ...
...Rires machiavéliques
... ...
-Tu ne peux plus nous échapper.
...
...Gémissements
... ...
Musique grave
...
-Monsieur Rillette, le charcutier.
Coassement
Monsieur Lampion, le marchand de téléviseurs.
...
Monsieur Boulon, le garagiste.
...
Comment de braves gens, connus et aimés de tous dans la ville,
avaient-ils pu devenir des bandits sans foi ni loi ?
...
C'est sûr ?
Tu pars demain ?
-Oui.
-Alors, c'est la dernière fois ?
Je vais te raconter quelque chose
que tu devras garder pour toi.
Rien que pour toi.
Un secret que tu emporteras en France.
Cet homme que l'on appelle mon père
n'est pas mon père.
Mon vrai père, le seul,
il est resté à Bordeaux.
-Et l'autre, c'est qui ?
-C'est le nouvel ami de ma mère.
C'est lui qui nous a emmenées ici, avec ma sœur.
Il a dit que ça serait plus simple si on l'appelait papa.
Que personne ne se poserait de questions.
Mais moi, je le ferai jamais.
Ma sœur se fait avoir de temps en temps.
Mais moi, non.
-Tu ne l'aimes pas ?
-J'ai pas dit ça.
-Moi, je trouve qu'il est gentil. -Peut-être.
Mais c'est pas mon père.
Musique intrigante Tintement de la cloche
... ...
Tu vois,
on peut trouver des gens bizarres qui cachent des choses.
On en a plein. Partout.
... ...
Il suffit de bien les observer.
Les gens, ils sont jamais suspects.
Mais si on les regarde assez longtemps,
on découvre qu'ils cachent des choses.
Cris
-On m'a déjà rapporté des écarts de conduite
de votre part. Et même s'il s'agit de votre fils,
dans une enceinte comme celle-ci
et surtout à l'étranger,
chaque militaire est responsable du comportement de sa famille.
... ...
C'est l'esprit de corps qui compte.
-Oui, mon général.
... ...
Alain !
Viens me voir.
Qu'est-ce qui t'a pris, petit crétin ?
-Quoi ?
-Tu te fous de moi ?
-J'ignorais qu'ils allaient paniquer. -Tu parles !
Tu savais ce que tu faisais !
-Qu'est-ce qui se passe ? -Ton con de gamin,
tu sais ce qu'il a fait ? Il a décidé de promener les crocodiles.
Il les a mis dans la piscine. -C'était pour s'amuser.
À quoi ça sert si on peut pas jouer avec ?
-Pas avec des crocodiles,
abruti ! -Doucement.
Calme-toi. -Tu te rends compte
de ce qui aurait pu se passer ? -Arrête.
-Il aurait pu blesser un gosse.
Il aurait pu
s'en prendre à tes frères.-Désolé.
-Tu fais chier ! -Ça va pas, non !
-Comment "ça va pas" ? Tu sais que les gens se sont plaints ?
Que j'ai été convoqué par le général ?
-Pardon.
Pardon, papa.
-Rentre à la maison, toi.
-Ça va être de ma faute, bientôt. -C'est absurde
d'offrir des crocodiles à des enfants.
-Tu te prends pour qui ?
Hein ?
Tout ce que tu fais, c'est monter les gosses contre moi.
Bah oui, disparais.
Je veux plus voir ta gueule.
Ça va, toi ?
Robert démarre la voiture.
...
-Au revoir.-Au revoir.
Couinements Rires
-Ah, il part. -T'approche pas trop.
-Non.
-Thomas non plus.
Rires
-Ah, y en a un qui part.
Très lentement.
-Au revoir, les crocodiles.
-L'autre, il est là.
Il est bien, là.
-C'est quoi, ça, là-bas ? -Ça, c'est la tombe
des deux garçons qui se sont noyés.
Les deux cuisiniers.
Tu t'en souviens ?
Comme on n'a jamais retrouvé les corps,
le curé a décidé de faire une petite cérémonie.
Là où on a retrouvé
la barque vide.
Musique mélancolique
...
Et si on faisait une photo ici ?
Ben oui, si on se met là, c'est beau avec les rizières au fond.
-Allez, Thomas, traîne pas par terre.
Viens, ça va prendre une minute.
-J'ai pas envie.
-Boude pas comme une gonzesse.
Ça fait plaisir à tout le monde, allez.
-Ben non, moi,
ça me fait pas plaisir.-On perd du temps !
-Mais si, on a le temps. Laisse-le tranquille.
Il a le droit d'être triste.
-Pourquoi il est triste ?
-Parce qu'on est tous tristes, voilà pourquoi.
Alors fais pas semblant.
-Venez. Alain. Je vais vous placer.
-Tu viens ?-Là.
-Je suis pas triste.
-Ah bon ?
-J'ai pas envie de prendre de photo.
-Pourquoi ?
-Parce que dès qu'on prend une photo,
ça veut dire que c'est fini,
que ça reviendra plus.
-Ça nous fera un souvenir.
-Je veux pas de souvenir.
J'espère tout oublier.
-Qu'est-ce qu'il raconte, comme connerie, encore ?
Michel, mets-toi là, devant lui.
(-J'aurais préféré qu'on ne vienne jamais ici.)
-Là, comme ça. OK. -Allez, viens.
C'est peut-être la dernière photo qu'on fait ensemble.
-Comment ça ?
Pourquoi ce serait la dernière photo ?
Attention.
Grésillement
...
-Faut dormir. On part tôt demain.
-Bonne nuit.
-Bonne nuit. -Bonne nuit.
Stridulation des insectes
...
Allez, extinction des feux.
...
...
...Musique intrigante
... ...
...Moteur
... ...
Stridulation des insectes
...
...Grincement de l'arbre
... ...
Un garçon parle. Une fille pousse un petit cri.
Rires
Propos indistincts
-C'est loin ? -C'est là.
-C'est beau. -T'as vu.
Ils ont gravé leurs noms sur l'écorce. C'est joli, non ?
-Tu crois
que ces couples s'aiment encore ?
-Ils se sont aimés, en tout cas.
Pourquoi tu rentrerais pas avec moi en France ?
-Pff, parce que c'est pas mon pays.
-Moi, si je pouvais, je resterais ici.
-Ah oui ? Et tu ferais quoi ?
-Justement, je sais pas.
Si tu venais, t'aurais pas besoin de travailler.
T'es tellement belle.
Petit rire
On dirait une chanteuse des Surfs.-Ah ah.
Laquelle ? Monique ou Nicole ?
-Je connais pas leur nom.
-Mmh.
On a eu tort
De vouloir nous séparer
On a eu tort
Aujourd'hui, je peux bien l'avouer
Comme un enfant perdu
Je vais seule au long des rues
N'ayant que le regret
D'avoir tout gâché
Oh, je t'en prie
Tu sais que je t'aime
Dans la nuit, je traîne
Mon âme est en peine
Oh oh oh oh oh Bruissement
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Y a quelqu'un, je le sens.
-Ah bon ? -T'as pas entendu ?
-Non.
-Il est tard, de toute façon.
-Non, non. Non, me quitte pas.
Viens. Viens, on va au mess.
-Je veux pas qu'on croise quelqu'un. -On sera seuls.
Puis on s'en fout, y aura à boire. Viens.
Moteur
...
(Il est où, ce putain d'interrupteur ?) (-Chut.)
(Y a de la lumière. Je crois qu'il y a quelqu'un.)
-Andry, c'est toi ?
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je suis avec mon amie,
Miangaly.
-C'est pas le moment. J'étais en train de ranger, là.
-Allez, arrête un peu.
Tu vas boire un verre avec nous.
Respiration forte
...
Stridulation des insectes Crissement du gravier
... ...
Pop
C'est quand même
une grande occasion, alors j'ai pris du mousseux.
Andry,
viens.
Je lève mon verre
à la plus belle île au monde
et aux deux personnes que j'aime le plus au monde.
Tu vois, lui,
c'est comme mon frère.
-Oui, mon ami.
-Bah, c'est vrai, non ?
Et elle...
C'est grâce à elle que nos parachutistes peuvent sauter en sécurité.
Moi, j'ai sauté deux fois.
C'était peut-être toi qui avais plié mon parachute.
J'avais ma vie entre ses mains.
Il inspire puis l'embrasse.
Attends.
*Chanson douce
*...
*...Respiration forte
*... ...
*...
*... ...
Grésillement
Bernard respire fort.
...
-Allez, ça suffit.
Tu es fatigué.
...
-Je suis bien, là, avec vous.
Il soupire.
...
Respiration forte
...
Je veux jamais partir.
...
-Il le faudra bien pourtant...
-Fais attention à ce que tu dis.
-Regarde comme il est mignon.
J'aime bien le regarder dormir.
Tu as remarqué, quand un Blanc s'endort...
On respire mieux.
Il rit.
Chut.
-Tu vas partir avec lui ?
-Tu crois que toutes les filles
veulent se marier avec un Blanc pour s'enfuir ?
-Oui, je crois.
En tout cas, si j'étais une fille,
je le ferais.
Respiration forte
(Tu as vu ? Notre cher président)
(a fait tirer sur la foule.)
(Hein ?)
(-Je sais. Il paraît qu'il y a eu des morts.)
(-Oui, il y a eu des morts.)
(Il a fait arrêter des manifestants)
(et les a envoyés au bagne de Nosy Lava.)
(Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?)
(Moi, je n'ai pas envie de perdre mon travail.)
(-Ne t'inquiète pas.)
(Tu travailleras)
(pour notre armée.)
(-J'espère.)
(-Et moi, je continuerai de plier mes parachutes.)
(-Tu n'aimes pas ton travail ?)
(-J'aime bien mes copines,)
(mais c'est tout le temps la même chose.)
(Je n'en peux plus de ces grands tissus qu'il faut plier,)
(déplier, ranger dans les sacs.)
(J'en fais même des cauchemars.)
(-Des parachutes ?)
(-Oui.)
(La semaine dernière dans la nuit)
(j'ai vu des milliers de parachutes)
(qui sautaient de milliers d'avions.)
(Il y en avait plein le ciel et en retombant...)
(ils recouvraient l'île
(d'un grand drap blanc.)
(-C'est un rêve ou tu viens de l'inventer ?)
(-Pourquoi j'inventerais ?)
(-Ça ressemble beaucoup à la photo.)
(-Quelle photo ?)
...
Respiration forte
-C'est exactement ça...
-Qu'est-ce que tu as ?
-C'est bizarre...
Depuis tout à l'heure,
j'ai l'impression que quelqu'un me surveille.
-C'est peut-être encore un Blanc qui ne dort pas...
Elle rit.
Elle l'embrasse.
-Bonne nuit.
-Bonne nuit.
Bruissement
...
-Tu peux sortir. Je te vois.
Mais tu es qui toi ?
Et qu'est-ce que tu me veux ?
Tu ne sais pas ?
Alors rentre chez toi.
Allez, va-t'en !
Brouhaha animé au loin
...
-BONSOIR.
-Laissez-la passer.
...
-Miangaly !
Tu vas à l'aéroport ? -Non.
Je rentre chez moi.
-Tu n'es pas au courant ?
...
Les manifestants
ont été libérés.
-C'est vrai ? -Les premiers
arrivent ce soir du bagne.
Tu viens ?
...Musique intrigante
... ...
*-On les applaudit.
*Nos combattants sont de retour.
Applaudissements
*Nos combattants sont de retour.
... ...
*Bienvenue, mes amis.
... ...
*-Merci à tous
*d'être là ce soir.
*Nous sommes très fatigués mais heureux
*car le pouvoir est obligé de céder à nos revendications.
Acclamations et applaudissements
...
*Cela fait 12 ans
*que notre pays a gagné son indépendance.
*Mais nous sommes toujours sous le pouvoir de la France.
Huées
*Le français...
*doit cesser d'être la langue de l'enseignement
*dans nos écoles
*et nos universités.
Acclamations et applaudissements
...
*Je suis étudiante en médecine
*mais tout ce que je peux espérer à la fin de mes études
*c'est de devenir subalterne des médecins français.
Huées
*Nous nous sommes habitués
*à cette situation
*qui est pourtant inacceptable.
Acclamations et applaudissements
...
Effet Larsen
*-Je voulais
*vous lire des extraits d'un texte de Gallieni
*qui a pensé et organisé
*la colonisation de notre pays.
Légères huées
*"Notre enseignement aux colonies
Musique calme
*"doit tendre à former des jeunes gens
*"à l'âme française.
...
*"L'indigène qui sait lire et compter
*"se croit supérieur à ses congénères.
...
*"Il faut montrer aux indigènes
*"que le travail manuel est aussi noble
*"que le travail intellectuel.
*"Il ne faudrait pas
*"qu'une instruction étendue et l'acquisition de notre langue
*"enlèvent aux jeunes Malgaches le goût du travail
*"ou leur inculquent des idées et des aspirations
*"qui rendraient
*"plus difficile l'exercice de notre autorité."
*Voilà ce qu'a écrit Gallieni.
Huées
...
...Applaudissements
...
*-Nous avons aussi rencontré des fantômes au bagne.
*Les fantômes de l'insurrection de 1947.
*Ils nous ont parlé.
*Ils nous ont raconté les exactions
*de l'armée française dans les petits villages.
*Les dizaines de milliers de morts.
*Ils nous ont parlé du village de Moramanga :
*là où les militaires français tirèrent sur trois wagons de train
*dans lesquels étaient enfermés 166 insurgés.
*Certains fantômes
*nous ont parlé de cet homme qu'ils avaient vu tomber du ciel.
*Un homme que l'on avait jeté d'un avion
*pour impressionner les résistants.
*Ils nous ont dit de nous battre
*non pas pour eux...
*mais pour nous-mêmes.
*D'en finir avec la colonisation.
*Tu n'es plus un gosse,
tu sais ce que tu veux !
*Tu n'es plus un gosse...
-TU SAIS CE QUE TU VEUX !
TU N'ES PLUS UN GOSSE,
TU SAIS CE QUE TU VEUX !
TU N'ES PLUS UN GOSSE,
TU SAIS CE QUE TU VEUX !
TU N'ES PLUS UN GOSSE,
TU SAIS CE QUE TU VEUX !
TU N'ES PLUS UN GOSSE,
TU SAIS CE QUE TU VEUX !
TU N'ES PLUS UN GOSSE,
TU SAIS CE QUE TU VEUX !
Musique joyeuse
-AU REVOIR, MON ENFANCE
ON NE PEUT PLUS S'ENTENDRE
AU REVOIR, JE NE PEUX PLUS TE RETENIR
AU REVOIR, IL EST TEMPS DE PARTIR
LAISSE-MOI À MON DÉSESPOIR
MON AMOUR, C'EST LA FIN DE NOTRE HISTOIRE
DORMIR, MANGER ET JOUER
C'EST TOUT CE QU'ON A PARTAGÉ
BONJOUR, LA JEUNESSE ET L'ADOLESCENCE
BONJOUR AU SAVOIR, À LA CONNAISSANCE
BONJOUR AUX CONNERIES, À L'INCONSCIENCE
QU'ON NE PEUT NI DÉCRIRE NI COMPTER
BOIRE, FUMER
ET MÊME BAISER
BONJOUR À TOUS LES PÉCHÉS
ON VA GOÛTER À TOUS CES NOUVEAUX JEUX
CHAQUE JOUR AURA UN GOÛT DE MIEL
...
Ambiance de la nature
...
...
Sous-titrage : Hiventy by TransPerfect
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.