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NETFLIX PRÉSENTE
Il faut vider ça. C'est plein.
- Je la sortirai plus tard. - Bon sang !
Laisse la vaisselle, papa. Je m'en occuperai.
Depuis quand ?
Regarde cette maison.
- Tu en as fait… - Une porcherie.
Un stand de parc d'attractions. Et une porcherie.
À quoi servent ces couleurs ?
Toutes ces bandes dessinées, tout ça ?
Chaque fois que je viens ici, je déprime.
"Ta grand-mère la gardait propre. Tu ne bosses pas, tu n'étudies pas."
Tu n'as rien dit de la soirée. Là, c'est fait.
Tu crois me faire chier ?
Tu te fais juste du mal.
Cinq examens en deux ans. Tu appelles ça étudier ?
Vas-y, culpabilise-moi.
Je te fais culpabiliser ?
Bien sûr.
Tu me forces à répéter la même chose.
- Non ? - J'essaie, papa.
Tu n'as pas réparé ça ?
Tu attends que je le fasse ?
Comme l'autre chose hideuse, cette enseigne, là-bas.
Ça ne tourne pas rond ?
Qu'as-tu en tête ? Si je peux t'aider…
Je sais que c'est dur.
Je comprends. J'étais comme toi.
Sans ton grand-père…
Tu crois que je voulais faire du vin ?
Quand le Siena FC m'a sélectionné, j'aurais dû faire quoi ?
C'est dur, mais…
Arrête !
Arrêter quoi ?
Ludovico.
- Ludovico. - Quoi ?
- Tu m'écoutes ? - Oui, papa.
Je te dis ça parce que je tiens à toi.
Je le sais.
J'y vais. Tes médicaments sont là. Tu les as vus ?
Qu'est-ce que tu voulais me montrer ?
Je te montrerai ça la prochaine fois.
Je te donnerai l'argent bientôt, je dois payer les gars.
Ne t'en fais pas.
On fait de l'huile.
C'est la première année, on verra.
Pourquoi tu ne passes pas ?
Reste un peu.
Je t'apprendrai.
Ta mère serait ravie.
Quelle bonne idée. Je vais y réfléchir.
Au revoir.
- Bonsoir. - Monsieur.
HORS SERVICE
La prochaine fois.
Salut, Secco.
Tu es tout beau. Jolie coupe.
Je gardais "Je t'emmerde" pour ma femme, mais tu peux l'avoir.
Allez, sers-moi un verre.
- Il est là-haut ? - Oui.
Dis-lui que je suis là.
Mario est là.
Un autre, Secco.
C'est bon.
Je vais pisser, ma prostate me rend dingue.
Attention à ça, ne le quitte pas des yeux.
Grosse merde ! Sale…
Arrête, enfoiré !
Chut, tais-toi.
Avance, en silence. Doucement.
Avance. Allons chez toi.
T'habites où ?
Emmène-moi chez toi, vite.
Vite.
Avance.
Tu vis seul ?
- Oui. - Tu vis seul ?
Allez, ouvre.
Ouvre.
Tu vas où ? Tais-toi !
- Quelle porte ? - Celle-là.
Ouvre.
Dépêche-toi.
Allez, putain.
OK, c'est bon.
Donne-moi les clés. Silence.
Ton téléphone.
Tu vis seul ?
- Oui. - Oui ?
Bien.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Un problème ?
Assieds-toi.
Parle ! C'est quoi ?
- Panique. - Je fais quoi ?
Mes gouttes. Le sac.
Celui-là ?
Lesquelles ?
C'est coincé.
- Combien ? - Dix.
On va dire 15.
Putain.
Merde.
Assieds-toi. Allez.
Picchio, c'est moi. Écoute.
Je me fous de l'heure !
J'ai besoin que tu m'envoies 20 gamins.
J'ai besoin de gardiens, jour et nuit, devant les apparts. Ils se relaieront.
Tout de suite !
Ludovico Fazi, c'est toi ?
Tu peux m'appeler Jack.
Je vais devoir rester ici un moment.
Ils me cherchent.
Ils ont vu ma tête.
Ils savent que je suis par là, mais je vais fuir.
Si tu déconnes, je te tue.
Mais si tu joues le jeu, je te ferai un cadeau.
Un cadeau ?
T'es sourd ?
Écoute, je ne répète pas.
Reste ici. Tout calme. Ignore le reste du monde.
Et quand je partirai, tu auras 5 000 euros.
En liquide.
Cinq mille ?
J'ai dit quoi ?
Tu l'auras quand je partirai.
Mais il faut le mériter.
Marché conclu.
T'occupe pas de ça.
- Compris ? - Compris.
Putains d'espions.
J'aurais dû être à l'autre bout du monde.
Je dois dormir.
La nuit a été longue. Je suis vanné.
Lève-toi.
Rentre là-dedans.
Allez.
On a dit 5 000, non ?
Tu vas passer la nuit ici. La clé ?
Il savait pour les caméras.
Il s'en fichait.
Il savait qu'il y aurait beaucoup d'argent ce soir.
Ça veut dire que c'était prévu
et qu'il espérait sûrement disparaître juste après.
"Peu importe qui tu es.
"Ce qui compte, c'est ce qu'on pense de toi."
Discutons avec le génie en bas.
Salut, Caino.
Que je comprenne bien.
Tu as mis ton sac sur le tabouret,
tu t'es levé pour aller pisser,
le type t'a poussé, l'a attrapé et a fui.
J'ai failli le choper.
Je te jure, Caino.
Il est tombé de moto et s'est mis à courir.
J'ai essayé de le suivre, mais…
Tu l'as laissé s'enfuir.
Cherche pas à te justifier.
Je veux juste une explication.
Je suis désolé, Caino.
Mais je sais où il est.
Dans un des bâtiments, près du marché. Ses jours sont comptés.
Il se cache chez quelqu'un.
Il a fait tomber ça.
Tiens. C'est à toi.
J'ai 20 gamins là-bas, d'accord ?
Ils vérifient les allées et venues.
Dès qu'il pointera son nez, je l'aurai.
Tu as vu son visage ?
Tu sais ce qui importe le plus pour un homme ?
Sa réputation.
Peu importe qui tu es, ce qui compte, c'est ce qu'on pense de toi.
Ta réputation est ton destin, comme ton caractère.
Tu me voles, tu meurs. Tout le monde le sait.
C'est la réputation que je me suis bâtie, je la détruirai pas pour un mec.
Tu comprends ?
- Oui. - Évidemment.
On bosse ensemble depuis longtemps.
Tu crois au destin, Mario ?
Oui.
Joue.
Découvre ton destin.
Qu'est-ce qui pousse les gens à jouer ?
La cupidité ?
La pauvreté ?
La solitude ?
Ou la nature humaine ?
Plus on perd, plus on veut récupérer son bien.
T'es d'accord, Mario ?
J'ai gagné.
J'ai gagné, Caino ! Tu vois ? Le destin est de mon côté !
Oui.
Mais tu y crois.
Pas moi.
Je l'aurai.
Sale fils de pute.
Spartaco.
Pas de gros mots !
Je le veux vivant.
Vingt-quatre heures.
Ou vous feriez mieux de disparaître.
Emmenez-le.
Et nettoyez ça.
Bordel, il a explosé la tête de Mario sans hésiter.
Qui ? Buzzetti ?
À ton avis ?
Il obéit, c'est tout.
Le vrai tueur, c'est Caino.
Quelqu'un qui a tué son propre frère pour de l'argent…
Même si rien n'a été prouvé.
Il a tué quatre ou cinq types, personne ne le sait.
Je le déteste.
Et c'est tout.
Il se prend pour un dieu.
Il me parle comme à un cafard.
Je comprends, mais Mario…
Quoi, Mario ?
Pas un mot. Je le connaissais depuis mes 20 ans.
Et alors ?
Si quelqu'un vole ma voiture et que tu ne chopes pas le voleur,
je peux te tuer ?
Caino déteste qu'on soit plus malin que lui.
On le sait tous.
Il a un complexe d'infériorité.
Où t'as lu ça ?
Il se prend pour qui ?
Napoléon ?
Un usurier qui tient des boutiques de paris
pleines de vieilles et de drogués,
des bars en dehors de la ville…
- Mais il est friqué. - Et alors ?
Le costume, l'eau de Cologne… Mais c'est un naze.
Un mec qui arrangeait des combats.
Petit mégalo de merde.
Mario avait trois enfants
et une femme, une beauté.
- Il l'a tué comme un chien. - Tu sais quoi ?
Caino baise la femme de Mario depuis un moment.
- Quoi ? Giulia ? - Oui.
Je te le jure.
Je crois qu'il voulait buter Mario.
C'était juste une excuse.
Non. C'est impossible. On touche pas à la femme d'un ami.
C'est la loi.
Et Giulia ne trompe pas.
Fais-moi confiance.
Je l'ai draguée plein de fois.
Elle a jamais cédé.
Avec Caino, si.
Remplis ce trou et tais-toi !
- Picchio. - Oui, écoute-le.
T'as vu personne ? Ouvre l'œil.
Prends une photo et envoie-la à Picchio.
Donne-moi le téléphone.
Bien.
Repose en paix, Mario.
Repose en paix.
C'est pour ça qu'ils paient, les salauds.
Le manager en profite aussi, mais il ne risque rien.
C'est un peu un arnaqueur.
Et si tu tombes,
ils disent que tu aurais dû être prudent.
Comme le cousin de Stelvio. Tu te souviens ?
- Bien sûr. - Qu'il repose en paix.
C'est mon T-shirt.
Je me suis aussi douché et rasé. Envie d'un café ?
- Tu prends mes affaires ? - La ferme.
Mes vêtements puaient. Quand ils seront secs, je te les rendrai.
Alors, un café ?
C'est la porcelaine de ma grand-mère.
C'est des tasses, on les remplit
et on boit dedans.
Si tu en veux, prends-en.
Ta grand-mère ?
Elle était chanteuse, musicienne ?
Non, prof de piano.
Tu as accroché ça ?
Ça ne marche pas.
"Ça ne marche pas."
C'est pas dur à réparer.
Tiens. Lave aussi celle-là.
Tant de livres. Tu es à la fac ?
C'est un interrogatoire ? Tu n'as pas l'air d'un flic.
Réponds-moi.
J'étudie l'économie.
Tu galères, non ?
En cinq minutes, je t'ai cerné,
de ta naissance à aujourd'hui.
Une histoire triste.
Bon, ça suffit !
Je faisais juste la conversation.
Tant de DVD, de BD, de livres non lus. Je dois penser quoi ?
J'étudie les BD.
Je dessine.
- Tu dessines quoi ? - Des BD.
- La seule chose que je sais faire. - Je t'imagine.
Assis seul sous une lampe.
Toujours seul.
Pas d'amis.
Tu as une copine ?
Non, bien sûr.
J'en ai eu deux.
- Un tombeur ! - Voleur et psy ?
D'abord, du calme ou je t'explose.
Ensuite, je me fous de ce que tu fais.
C'est ni ta faute ni la mienne.
D'accord ?
J'ai une maladie grave.
Comment ça ?
Depuis quand ?
Ça fait un an.
Le bonnet, c'est à cause de la chimio ?
La chimio ?
Oui.
La chimio ne soigne pas la dépression.
- Dépression ? - Rends-le-moi !
Enlève-le, t'es pas chauve.
Dépression à la con.
Tu prends cette merde pour te convaincre que t'es malade
et tu te terres comme un rat. Tu sais pourquoi ?
Parce que tu ne t'aimes pas.
Pas besoin de diplôme pour voir ça.
Écoute,
le type d'en face rénove son appart ? J'ai vu de la peinture devant sa porte.
Non, sa femme voulait une nouvelle cuisine.
Il a un bar, il est quasi alcoolique…
T'as une radio ?
- De sa femme ? - De toi.
Tu dis que tu es malade. T'as une radio ?
- Oui, j'ai une radio. - D'accord. Écoute.
Puisqu'il n'y a rien à manger ici,
prends la radio
et ouvre la porte. Elle est pas blindée, ce sera facile.
Vide le frigo et reviens ici.
Je ne suis pas voleur. J'ai jamais fait ça.
L'adrénaline te fera du bien.
Pas question. Et puis, elle sera à la maison.
Tu sonnes avant.
OK, et si elle ouvre la porte ?
Demande du sel.
Du sel pour quoi ?
Vas-y, sonne.
La radio. Place-la sous le verrou
et remonte-la.
Viens.
T'en vois un autre ? Tu ne peux pas me faire ça.
Je ne vois personne d'autre. Arrête.
Ouvre la porte, Jack.
J'espère trouver quelqu'un de normal.
Quelqu'un de normal ?
- Toi et cette merde allez le regretter. - Ne me menace pas ou j'appelle la police.
Lâche-moi, Filippo !
Je vais crier ! Tu me fais mal !
Hé, Rebecca ! Ça va ?
Oui.
Tout va bien.
Quoi ? Petit con.
T'avise pas d'en voir un autre !
Tu le crois ?
J'ai gâché deux ans avec ce connard.
Ignore-le.
C'est lui, le con.
Lève-toi.
Lève-toi.
Allez, frappe ça.
Allez.
C'est quoi, ça ? Allez. Plus fort.
Encore. Allez.
Encore.
Plus fort. Continue.
Frappe ! Plus fort !
Utilise l'autre aussi !
Allez, lâche-toi !
Ouais, vas-y !
Ça suffit.
Tu as une bonne droite. La prochaine fois, emplâtre ce connard.
Relax. Respire.
Ça va mieux ?
On peut aller à côté ensemble ?
Doucement.
Salut.
Salut, mon amour.
Mon amour.
Mon mari est parti. Il rentre ce soir.
On a tout l'après-midi pour nous.
À quoi on joue aujourd'hui ?
Non, on l'a fait la dernière fois.
D'accord.
Je dis toujours oui.
Pourquoi je dois aller à la cuisine ?
Des glaçons ?
Je crois que je sais.
Oui, monsieur.
J'ai les glaçons.
Tu sais ce que tu es ?
Tu es vraiment
un animal grognon.
Oui. Devine lequel.
Un cochon !
Oui !
Non.
Je porte le bordeaux.
Le tout petit.
Oui.
Mais il me gêne un peu, parce qu'il glisse…
à l'intérieur.
Et toi ?
Tu fais quoi ?
Oh. Et comment ?
Tu vois, tu es un cochon.
Oui. Moi aussi, je suis une cochonne.
Une vraie cochonne.
Les glaçons fondent.
Je vais m'allonger sur le lit.
Bien joué. Tu t'en es bien sorti.
C'est bien.
- Voyons ce qu'on a là. - La vache.
Je n'ai jamais rien fait de tel.
Ça fait pas de mal.
C'était comme Alvaro Vitali et Bombolo. Tu te souviens ?
Et Edwige Fenech.
Ça m'a rappelé Sharon Stone quand elle croise les jambes.
Tu as regardé ?
Ça t'a plu ? T'es honnête que par peur.
Rends-moi mon bonnet.
Rends-le-moi.
Mon cœur bat la chamade. Il me faut des gouttes.
Arrête. Quelles gouttes ?
Tiens. Bois ça.
- La tournée du barman. - L'alcool me rend bizarre.
T'es normal, là ?
Bois. Je t'ai vu t'éclater pendant dix minutes.
Allez, bois.
- Picchio. - Spartaco.
Alors ?
Personne lui ressemblant n'est sorti des bâtiments.
- Mais Ferruccio a un truc. - C'est quoi ?
Un de mes amis l'a vu. Il vit dans une décharge.
Il nettoie les caves et transporte des trucs avec son van.
Il bossait avec son frère, mais il est parti.
Emmène-moi voir ce connard.
J'y suis allé. C'est barricadé. Le van n'est pas là non plus.
Dis à ton ami de se renseigner.
S'il a une copine, un fils, une femme, où est son frère…
C'est vrai qu'il a arnaqué Caino ?
Il est foutu.
Attends qu'on l'attrape. Caino le mettra dans une machine à sous.
- Voilà ce que je pense. - Penser, c'est mauvais pour toi.
On fera comme d'habitude. On a tout dans la voiture ?
Je respecte à moitié ce fils de pute.
Il faut du cran pour voler Caino.
En fait, tu sais quoi ?
Avant de le buter, je lui serrerai la main.
Je te rappelle que Caino le veut vivant.
- Alors on prend l'argent. - Comment ça ? Pour nous ?
C'est pas compliqué.
Dis : "Papa, si j'échoue, autant que ce soit à un truc que j'aime."
Qui t'en empêche ?
Personne. Je…
J'ai même pas le courage de lui montrer mes dessins.
Je n'aurais pas dû naître.
Mes parents m'ont eu tard. Ils pensaient ne pas pouvoir avoir d'enfants.
Tu veux pas étudier. Tu veux pas faire ce que tu veux.
T'as une lampe que tu n'utilises pas.
Mais tu veux pas la réparer.
Tu veux pas affronter ton père. Si j'avais le temps, je t'aiderais.
L'artiste déprimé, viens voir.
Tu es incroyable.
C'est qui ?
C'est qui ?
Service des eaux. Il y a une fuite.
Bonjour.
On va jeter un œil.
On vérifie tout le bâtiment.
- Vous faites des heures sup ? - Appel d'urgence.
Je peux ?
Oui, allez-y.
La cuisine, ça va.
Et les toilettes ?
Par là.
Mon fils adore les BD.
Ah oui ?
Il a quel âge ?
Douze ans.
Il a un petit bonnet comme ça.
Rien d'inhabituel
ces jours-ci ?
D'inhabituel avec l'eau ?
Non, tout est normal.
La salle de bain, c'est bon.
Bien.
Au revoir.
Au revoir.
- Pardon du dérangement. - Pas de problème.
Ils n'avaient pas l'air d'experts en fuites.
Ils te cherchent à cause de l'argent ?
Moins tu en sais, mieux ça vaut. Plus de questions.
Je ne resterai pas longtemps.
Bien joué.
Ça t'a pris cinq minutes. 500 g d'amour-propre.
- Je rénove la maison ? - Ensemble.
Allez.
Purée. Tu as fait ça ?
Pose-les.
- Pourquoi ? Ils sont super. - Pose ça !
- Tu es fou ? - Laisse ça !
Mets-les là !
Ramasse-les.
J'ai besoin de dormir. Ne fais pas de bruit.
Complètement jeté.
Giulia.
Caino, j'ai du nouveau.
Caino. J'ai du nouveau.
Quand je travaille, ne me dérange pas.
Excuse-toi.
Excuse-toi !
Je suis désolé.
Ne profite pas de la gratitude que je dois à ton père. Dieu ait son âme.
Allez, parle.
C'est un nul. Il nettoie les caves.
Un gros naze.
Quelqu'un qui a le courage de voler Caino n'est pas nul.
Il peut pas dépenser l'argent. Il sera traqué. Où peut-il aller ?
Il finira par sortir du trou où il se cache.
Il ne profitera jamais de l'argent.
Il est traqué.
Il va devoir sortir.
On croirait entendre Mario.
Donne-moi 24 heures et je l'amènerai ici.
Vingt-quatre heures.
J'espère que tu as un plan.
Le vent est défavorable à un marin qui connaît pas sa route.
Sors d'ici.
Tu avais raison pour Giulia.
Quelle pute.
Sans mon père, il m'aurait déjà viré.
Sale merde.
Mon père a fini en prison pour lui.
Ils l'ont chopé à sa place.
Il peut nous faire beaucoup de mal.
Et cette bite de Buzzetti me fait peur.
Il aime tuer les gens.
J'ai pas peur de lui.
C'est ce Caino que je veux voir à genoux.
En train de ramper. Je lui ferai lécher mes pompes.
On fait quoi ?
On l'aura pas en 24 heures. Tu t'es foutu dedans.
Marzio, bordel ! Tu portes la poisse !
Putain de merde !
C'est une histoire policière.
Un thriller dans le Garbatella.
On dirait un quartier calme.
Tu quittes même pas ta maison dans ta tête !
Sàlgari a au moins imaginé la Malaisie depuis son bureau.
- On dit Salgàri. - Peu importe.
Lui.
Ils sont incroyables.
Tu perds ton temps à la fac.
Tu les as montrés à la fille que tu aimes ?
- Qui ça ? - Fais pas l'idiot.
J'ai vu sa photo dans ta salle de bain.
Ne me dis pas pourquoi elle est là.
Elle s'appelle comment ?
Rebecca.
Et l'amie qui l'a appelée depuis le palier ?
Elle est espagnole, de Séville.
Elles ont fait Erasmus ensemble.
Les Espagnoles sont belles. Simples, sans maquillage.
Naturelles.
Tu as déjà parlé à Rebecca ?
Non.
Enfin…
Si, quelques fois. Elle m'a emprunté des DVD.
Elle écrit une thèse sur le cinéma italien des années 60 et 70.
D'où ces affiches…
Tu veux qu'elle te croie cool.
Cool ? Moi ? Tu as vu avec qui elle était ?
- Je veux dire, comment… - Arrête.
Même une femme intelligente s'éprend au moins une fois d'un connard.
Toutes mes copines étaient intelligentes.
Oui, bien sûr.
C'était une blague.
Pas de problème. Mais tu ne sauras pas à moins d'essayer.
Elle sera peut-être partante. Elle vient de rompre.
- C'est compliqué. - Non, tu es compliqué.
Écoute.
Certaines veulent de l'argent, d'autres le physique ou la personnalité.
Pour l'argent, tu t'en sors mal.
On va bosser sur la personnalité. Le physique…
- Oui. - Tu te sens nul.
- Oui. - Mais tu l'es pas.
Tu as un truc que les filles comme Rebecca adorent.
Crois-moi.
Une âme.
Une âme ?
C'est bizarre de t'entendre parler d'âme.
- Pourquoi, ça t'est réservé ? - Non.
Soit tu l'as, soit tu l'as pas. Nietzsche l'a dit aussi.
- Vérifie. - Bon…
Tu te dis : "Il connaît Nietzsche, lui ?"
Eh bien…
Je pense que ce ne sera pas facile de sortir d'ici.
Compris ?
Dis-moi quand tu sauras.
Dis-le-moi immédiatement.
Rebecca revient avec son amie. Va lui parler.
Non, je vais me ridiculiser.
Dis que tu sors, aide-la avec ses sacs
et invite-la à dîner.
- Dis que tu cuisineras. - Je ne cuisine pas.
Quel genre d'homme es-tu ?
Viens avec moi.
Non, tu dois le faire tout seul.
- Débrouille-toi. - Non.
- Pas question. - T'es relou. Allez.
Non.
- Hola. - Salut.
- Salut. - Ludovico.
Laissez-moi vous aider.
Merci beaucoup.
- Tu sortais ? - Non, je rentrais.
Joli bonnet.
Merci.
C'est Amanda. Je t'ai parlé d'elle.
Vous étiez ensemble à Erasmus. Moi, c'est Ludovico.
Désolée, je dois aller aux toilettes.
Elle est mignonne.
Écoute, puisque je te croise, j'ai un truc à te demander.
Je voulais te le demander, mais je ne voulais pas être pénible.
Pénible ? Toi ? Jamais.
Ma thèse. Le cinéma italien des années 60. Dino Risi…
Tu es un expert, non ?
Oui.
Tu pourrais m'aider ?
- Ne dis pas non ! - Non.
Je veux dire, oui. Pas de problème.
Je suis un grand fan de Dino Risi…
On pourrait regarder quelques films, les analyser ensemble…
Ce serait super.
Une vie difficile, Le veuf, Parfum de femme…
Et si je venais chez toi ?
Oui, viens chez moi.
… Nino Manfredi était incroyable,
dans Une poule, un train… et quelques monstres.
Vous avez mis du temps à monter ces quelques marches.
C'est très lourd.
Je vais me doucher.
Oui. Entre.
- Je les pose sur la table ? - Oui, merci.
- Ludovico ? - Oui ?
Tu t'y connais en plomberie ?
Bien sûr.
C'est ce foutu robinet.
Je l'ai dit au gardien 300 fois.
Tu pourrais… Ami, tu lui montres ?
Viens, Ludo.
J'ai ouvert le robinet
et le truc s'est coincé.
Celui-là.
Le problème, c'est qu'il a éclaté.
Désolé.
Petite merde.
Tu cherches quelqu'un ?
- Dégage. - Réponds-moi.
Bouge, ducon.
Tu frappes les femmes et je suis le connard ?
Approche-toi de Rebecca et tu es mort.
Elle est avec un ami encore dangereux que moi.
Elle ne veut plus te voir.
Reviens et ta petite tête de con…
Boum !
Je la dégomme.
Compris ?
Tu t'es pissé dessus. Quel héros !
Lève-toi et dégage. Tu pues.
- Allez. - J'y vais.
Dégage.
T'inquiète pas. Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Dis-moi, bordel.
Il avait une arme, sinon je lui aurais botté le cul.
Il avait vraiment une arme ? Il ressemble à ça ?
Tu vas où ?
Merci quand même, Jack.
Tu as fait de ton mieux.
Oui. Je crois que ça s'est arrêté.
Demain, j'appellerai un plombier.
Un vrai.
J'ai essayé. Désolé.
Pour vous remercier, j'aimerais vous faire ma célèbre paella.
Oui. Dînons ensemble.
Demain ? Vous êtes partants ?
T'en dis quoi ?
Oui, ça me va.
Italie contre Espagne. On fera des pâtes à l'amatriciana.
Si tu cuisines et fais tout le reste comme la plomberie…
Rien de tel ne m'est jamais arrivé.
Je t'adore, Jack.
Qui t'a envoyé ?
C'est le syndrome de Stockholm. Tu t'éprends de ton ravisseur.
C'est un coup de chance.
Mais j'ai eu l'air d'un con.
J'y arrivais pas, alors je t'ai appelé.
La petite Espagnole te matait.
On n'a plus d'alcool. Ni d'herbe.
Non, je devrais en avoir.
J'en fume pas souvent. Ça me stresse un peu.
Mais comme je suis déjà anxieux, ça aidera peut-être.
Tu fumes depuis quand ?
Un moment. Je fume peu.
Seul, évidemment.
Toujours seul.
Peut-être un jour avec Rebecca.
- C'est réglé. Je m'en suis occupé. - Tu as assuré. Tiens.
- Le reste, quand je partirai. - D'accord.
Au revoir.
Regarde ça.
Je fais le double de ta taille.
J'aimerais être comme toi.
Tu me trouves mieux que toi ?
Regarde-toi.
Reste comme tu es.
Tu veux pas être quelqu'un d'autre.
Je suis un voleur.
Je l'ai toujours été.
J'ai économisé et je peux vivre de ce dernier boulot.
J'ai un petit boulot.
Je nettoie les caves, j'aide les gens à déménager.
Je fournis même des factures.
Je bossais avec mon frère.
Il m'a tout appris sur la vie.
Même si plus on essaie de la comprendre, moins on dirait…
T'as un frère ?
De huit ans mon aîné.
Paolo.
On volait ensemble.
Il jouait du saxophone dans un groupe.
Les gens accusent les parents si quelqu'un grandit mal. Conneries.
Mon père est mort dans un accident.
Ma mère, un an plus tard.
Elle était femme de ménage.
Des gens bien. Honnêtes.
Leurs enfants sont des voleurs.
Pourquoi ? J'en sais rien.
J'avais 18 ans quand il est parti.
Il me disait toujours : "Étudie."
"Lis des livres."
Il en achetait des tas. Je les ai encore.
Et le casque. Je ne m'en sépare jamais.
J'y suis attaché.
Mais il t'a abandonné.
Non.
Il m'a dit de venir, que ce serait un tournant.
J'ai pas eu le cran.
Puis il a rencontré
une Brésilienne. Un beau cul.
J'étais jaloux.
Regarde.
"Mar do Paraiso."
Regarde ça.
- Putain. - Elle date d'il y a trois ans.
Tu le trouveras là-bas ?
Oui, je le trouverai.
C'est un arnaqueur, il est connu.
Sans tout ce bazar, j'y serais déjà.
Les matins sur la plage.
Les après-midis dans un hamac.
Un bon livre.
Et le soir, en boîte avec des femmes.
Les nazis brûlaient les livres.
Ils en avaient peur.
Ils avaient aussi peur des femmes.
Les SS se sodomisaient.
Et alors ?
- C'est vrai. - Et alors ?
J'ai poussé mon père à me laisser vivre ici.
Pour lui montrer que je pouvais.
Je me sentais artiste.
Je voulais arranger l'appart à ma façon.
J'ai fini par m'y enfermer.
Seul.
Comme tu dis, toujours seul.
Mais je me sentirais seul même dans la foule.
Je ressens ça depuis que je suis petit.
Je ne me sens heureux que dans mes dessins.
Dans le monde que je dessine.
J'ai peut-être
peur de découvrir qui je suis, de me découvrir moi-même.
De me voir.
De décevoir mes parents.
Te cache pas derrière tes parents. Tu es trop vieux.
Tu n'as pas à te sentir seul.
L'humanité est seule.
Tout le monde galère.
Ce joint est une tuerie, ça nous a rendu
philosophes.
Tu sais ce que je pense ?
Va savoir.
Tu rends ça facile.
Ta réponse à tout est "va savoir".
Je sais que je ne sais pas.
Va savoir.
La sagesse ancestrale.
Qui a dit ça ?
Socrate ?
Donc…
le type qui a tabassé ce connard a un flingue.
Il est dans le bâtiment A.
On a fini de chercher.
Vous n'avez pas vérifié le bâtiment A ?
Chaque appart, mais on n'a rien trouvé.
Vous avez mal cherché.
On a bien fouillé.
Si c'était le cas, vous l'auriez trouvé, pas Picchio.
Et tu dis : "On a fini de chercher" ?
Au fait, ton accent romain commence à m'énerver.
Je t'ai donné une seconde chance, et tu l'as gâchée.
Perles avant les porcs.
Les gens peuvent faire du tort à Caino sans conséquences.
C'est ce qu'on pensera.
Encore 24 heures et Spartaco le trouvera.
Ma dette envers ton père s'arrête là.
Tu ne bosses plus pour moi.
Sois reconnaissant. Le destin t'a offert un bon ami qui paiera pour toi.
Tu crois au destin, Marzio ?
Regarde-moi. Marzio.
Regarde-moi !
Je vais te tuer.
Ton père m'a sauvé la vie.
En échange, j'ai épargné la tienne.
Allez, dégage.
Et à partir d'aujourd'hui, ne croise plus jamais mon chemin.
On aurait dû le tuer.
Il y a un temps pour tout. Maintenant, va chercher ce type.
Je veux le numéro de l'appart.
Quand tu l'auras, emmène-moi à lui.
Je m'en occuperai. Il le mérite.
Tu as eu peur ?
Bordel !
Je blaguais.
- Bordel ! - Je blaguais !
Connard.
Lève-toi.
Ne tire pas les yeux fermés.
Ta main tremble, tu rates et t'as plus le temps de tirer.
Trintignant.
Arrête, t'es pas fait pour ça.
- J'ai dormi longtemps ? - Oui. Il est 14 h.
Tu as de l'aspirine ?
Oui.
Ils sont encore là.
Tu as rangé.
Je me suis levé tôt. Pas comme toi.
Tiens.
Un autre pas en avant.
Bien joué.
Ton père devrait voir ça.
Chaque fois qu'il me file du fric, je me sens coupable.
Tu as les 5 000 $ que je t'ai promis.
Merci.
Ta BD sera bientôt finie ?
Comment ça ?
Dis-moi ?
Combien de temps pour la dessiner, l'imprimer, la publier ?
Quatre mois, peut-être.
Six mois maximum.
Disons un an. Prends un congé sabbatique, je te finance.
Un congé sabbatique ?
Douze mois. Tu ne fais rien d'autre que dessiner.
L'argent n'est pas un problème. Il y a une fortune dans ce sac.
Si après un an, tu n'as pas atteint un tournant, reprends la fac.
Tu es déjà en retard pour tes examens.
C'est vrai.
Je te l'ai déjà dit.
Si tu dois échouer, échoue à ce que tu aimes.
Merci de me faire confiance.
Tu dois y réfléchir ?
Je vais retirer l'offre.
Qui d'autre te ferait une telle offre ?
Tu sais quoi ?
Je vais essayer.
Je vais me concentrer. Je vais le faire.
J'enverrai la BD aux gens,
je la publierai peut-être.
Je te la dédicacerai.
Dédicace-la à Rebecca.
Tu m'enverras 50 % des bénéfices quand je serai là-bas.
Rebecca ?
Non, c'est Jack.
Paella contre amatriciana ?
D'accord. À plus tard.
Que le meilleur gagne. Au revoir.
Tiens, au cas où Rebecca te rappelle.
N'appelle pas la police.
Ça fait un bail qu'une fille m'a pas appelé.
Il te faut quoi ?
Pâtes, guanciale, pecorino, tomates.
Tiens.
Fais chier. Prends tout ce qu'il te faut.
Allez, vas-y.
Dehors ?
Sois cool quand tu croises ces gamins en mob.
- Cool ? - Non.
Sois pas cool. Sois Ludovico.
On ajoutera ça à la fin.
- Goûte la sauce pour voir. - Tu goûtes.
Attention, c'est chaud.
C'est super bon.
Elles kifferont celui qui a fait cette sauce.
Alors dis que c'est moi, Ami te kiffe déjà.
Dans tes rêves.
Qui c'est ?
Sûrement Rebecca.
Bonsoir.
Bonsoir.
Compagnie du gaz.
Une fuite a été signalée.
Entrez.
Le service des eaux est déjà venu. Il y a un problème dans le quartier ?
Ne vous inquiétez pas.
Le compteur ?
Là-bas, sous l'évier.
Tout va bien ?
Pour l'instant.
Oui, je dessine.
Les toilettes ?
Ici, à droite.
Je vais allumer la lumière.
Chaudière électrique.
Et la chambre ?
Il n'y a rien au gaz dans la chambre.
C'est juste.
Il n'y a rien.
Non.
Oui.
Il n'y a rien.
Non…
Je faisais de l'amatriciana. La recette de ma grand-mère.
Je vous raccompagne.
Parmesan ?
- Pecorino, bien sûr. - Pecorino, hein ?
- Le parmesan serait un crime. - Ce serait un crime, bien sûr.
Pas vrai ?
Je l'ai trouvé.
Bâtiment A.
Appartement 14.
Immédiatement.
Je me fiche que tu manges. Ramène-toi !
Qu'y a-t-il ?
Tu fais quoi ?
Tu sais qui c'était ?
- Le gars du gaz ? - Oui, le gars du gaz.
C'est un tueur fou. Il me cherche.
Notre relation s'arrête là. Je dois partir.
Ne t'inquiète pas.
Viens voir.
Je vais me cacher là-dedans.
J'ai un accord avec un des ouvriers.
Te cache pas dans un camion-benne. C'est dangereux.
Je serai à l'aéroport dans 30 min. Les laisse pas te trouver ici.
Va-t'en.
Tiens.
L'argent pour ton congé sabbatique. Je le laisse là.
Je te contacterai.
Je t'enverrai un billet.
Tu rencontreras mon frère. Apporte la BD.
- Mets ça. - Attends.
- Allez. - Oui.
Ludovico.
Va te faire foutre, OK ?
Tu t'es servi de moi et tu pars comme ça ?
Je vais faire quoi ?
Comme tout le monde.
Je te l'ai dit, on est tous seuls.
Mieux qu'avec quelqu'un comme toi.
C'est ce que fait ta famille.
Je t'emmerde !
T'es pas mon frère.
Ouvre, connard !
Dépêche-toi.
Ouvre.
Tu fais quoi ?
Je partirai après le dîner.
Merci, Jack.
Je ne raterai pas l'Espagnole.
Merci.
- Merci ! - Ça suffit.
Va chercher la sauce.
Il s'appelle Paolo. Il a fui au Brésil il y a dix ans.
C'est le frère de celui que vous cherchez.
L'avantage d'avoir un ami dans la police.
Beau travail, Ferruccio.
C'est bien Ferruccio ?
Un ami dans le besoin est un ami.
Et si cet ami est flic,
c'est encore mieux.
Merci.
Au revoir, M. Caino.
C'est vrai, non ?
Toutes les familles heureuses se ressemblent.
Et chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière.
Je vais prendre ça.
Apporte les pâtes.
Pourvu qu'elles aient du vin.
Tu fais quoi ?
Attends.
Au cas où j'amène Rebecca ici.
Lumières rouges.
Je t'ai tout appris.
La calvitie est-elle visible ?
Tu es parfait.
Plus tu te regarderas, moins tu t'aimeras. Et puis tu as ton bonnet.
Tu sais quoi ?
Le bonnet est mieux ici.
J'ai mis un truc dans ton sac pour le voyage.
- Super. - Une surprise.
Salut.
Pour plus tard.
Une vie difficile.
Très difficile.
Entrez.
Dis-moi que tu as du vin. On vient de voir qu'on est à court.
Je peux aller en acheter si tu veux.
Non. Ne t'inquiète pas. Vraiment. On en a plein.
- OK. - Ma veste ?
Tu peux l'accrocher là.
- Merci. - À gauche.
Je peux t'aider ?
Oui, tu peux ouvrir la bouteille.
Comme ça ?
Je pense.
Salut.
Ça va ?
C’est un beau vert. Tu es jolie.
Tu veux goûter la paella ?
- Tu l'as faite ? - Oui.
Oui.
- Dino… - Comment c'est ?
- Purée ! - Il l'a réalisé.
C'est délicieux.
Très bon.
- Pourquoi ? - J'aime pas ça.
Le pecorino ?
Santé !
Au cinéma italien.
Tu lui as parlé de ta thèse ?
Non.
Un, deux, trois.
Comme ça, mec.
C'est très gentil.
Quoi ?
- Tout. - Tout ?
À notre santé.
- Oui. - À…
Santé.
La paella… Oublie ça.
- Il va en manger. - Allez…
Ça t'a plu ?
C'est gentil.
Donc je suis triste pour toi,
car Séville a les plus belles filles d'Espagne.
Tu devrais venir avec moi.
Je n'ai pas besoin d'aller à Séville.
- Ah non ? - Non.
Pourquoi ?
Parce que la plus belle des filles
est ici.
Je ne comprends pas.
Non.
Non.
Tu comprends.
À ce stade, je devrais envoyer la BD à un éditeur
qui la publierait.
- Fantastique ! - Oui, ce serait cool.
Et si ça arrive,
je te dédicacerai la première page.
Enfin, la page des dédicaces.
La première ou la dernière.
- Maman, papa, Rebecca… - Merci.
De rien.
Je peux te poser une question ?
Bien sûr.
C'est quoi, cette barbe ?
Il trouve ça viril. Une personnalité fragile et peu sûre…
Jack a raison.
Un visage lisse pour un homme, c'est…
Comment dire…
- Très… - Très viril ?
Oui.
Tu m'enlèves les mots de la bouche.
Quel idiot !
Vous avez de l'herbe ?
Je ne sais pas s'il en reste.
Va voir dans la salle de bain.
Allons-y. Je viens avec toi.
Je fais vite.
Je peux te montrer quelque chose ?
Bien sûr.
Je l'ai chez moi, si…
Oui, vas-y.
Et ramène de l'herbe.
Si on les attend, on sera là toute la nuit.
- J'y vais. - Attends.
Reviens vite.
Donc tu veux m'emmener vivre sur une île brésilienne
où se trouve ton frère Paolo,
qui a beaucoup d'argent.
Mais je n'ai toujours pas compris.
Tu fais quoi, dans la vie ?
C'est difficile à expliquer.
Je m'occupe d'appartements,
de lieux publics, de banques.
Mais tu fais quoi ?
Tu es maçon, ingénieur ?
Je ne sais pas.
Architecte ?
Voleur.
C'est pour ça que tu as ça.
Si tu es si mystérieux, c'est que tu es concierge.
D'une certaine façon, oui.
Ludovico est toujours en bas ?
Oui.
Oui, il était assez bourré.
Il a dû se perdre dans les escaliers.
Va le chercher.
J'y vais.
Si je trouve mon chemin.
Le vin était un peu fort.
Le Brésil.
Ludovico ?
Tu te refais une parano ?
Tu te caches ? Je…
- Quoi ? - Tu cherches ton ami ?
Va t'asseoir là.
C'est bien.
Rampe.
Laissez-le. Il n'a rien à voir avec ça.
Tu voulais aller au Brésil pour identifier les restes de ton frère toxico.
Il a été tué et jeté à la mer.
Ne parlez pas de mon…
Deux malheureux orphelins.
Qui finissent horriblement.
Disons plutôt trois.
Il n'a rien fait. Vengez-vous sur moi.
Quelle générosité.
Mais il a vu mon visage.
Dommage pour lui.
Les rêves meurent à l'aube.
Ne bouge pas.
Baisse ton arme.
Lentement.
Lâche-la.
Pose ton cul, sale merde.
Buzzetti avait raison.
J'aurais dû te tuer à la place de Marzio.
C'est pour Mario.
Et ça, c'est pour Marzietto.
Je lui ai promis.
Quand t'as dit à ce psychopathe de l'égorger comme un porc.
Demain, c'est son tour.
Tu ne crois pas au destin ?
Eh bien, je suis ton destin.
Je vais en finir avec toi.
Dommage que tu n'aies que deux genoux.
Je peux les faire reconstruire.
Mais t'auras pas d'autre cervelle.
Cet enfoiré voulait m'exploser la tronche.
Coupe-lui les couilles et fais-lui bouffer.
On le retrouvera comme ça.
Celui qui vole Caino…
Lu…
J'ai mal.
L'ambulance arrive. Elle arrive.
J'ai mal.
L'ambulance arrive.
J'ai mal.
Tout va bien ?
J'appelle l'amb…
À l'aide !
C'est ma faute.
Merde.
Putain.
Je viendrai te chercher.
Je reviendrai.
Pourquoi tu parles toujours de politique ?
C'est un pays de voleurs.
Évasion fiscale pour des milliards d'euros et tu continues ?
Mais ils doivent faire quelque chose.
"Les Italiens en premier." Pour quoi ?
Pour le vol !
Ils me font rigoler.
Oui, je comprends.
Mais lâche-moi, bordel.
C'est qui, ça ? Hé !
Il doit être complètement bourré.
Ou il a fait une overdose. Regarde.
Il est couvert de sang.
Je crois qu'il est mort.
Il y a quoi, là-dedans ?
Ce sac est plein de billets.
Des vrais ?
Merde, c'est des vrais.
C'est quoi, ça ? Balance-le.
Prends l'argent.
Lâche ça !
Lâche le sac.
Vas-y.
À MON GRAND FRÈRE JACK, QUI M'A RENDU MA VIE
Sous-titres : Axelle Castro
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