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La violence a mis le feu aux poudres.
L'Amérique des années 1970.
La crise énergétique est bien réelle.
Une ère d'agitation et de défiance.
Je n'ai jamais laissé tomber.
Une nuit de terreur.
Une époque de peur et de violence.
Une ère satanique a commencé.
Seuls les aveugles ne le voient pas.
Ce chaos est documenté à la télévision.
Nous voyons l'horreur, assis dans notre salon.
Ainsi soit-il.
Mais la télévision réconforte également.
Le 4 avril 1971 marque la diffusion du 1er épisode
des Oiseaux de nuit , sur UBC.
Tous les espoirs de succès reposent sur son présentateur,
un célèbre animateur radio de Chicago.
Bonsoirs, chers Oiseaux de nuit.
Ici votre présentateur Jack Delroy.
Merci de m'accueillir chez vous ce soir,
pour ce premier numéro d'une longue série, j'espère.
Je remercie aussi tous ceux
qui ont contribué à lui donner vie,
et surtout mes chers parents, dans l'Illinois,
assis devant leur poste, un grand sourire aux lèvres,
Ă regarder le Tonight Show de Johnny Carson.
Avec leur trépidant mélange d'actualité,
de musique et de comédie,
les Oiseaux de nuit de Jack Delroy touchent le coeur
des téléspectateurs.
J'en ai assez de rester ici,
dans cette grotte,
à cuisiner ton ragoût de tigre.
Ça vous rappelle rien, les gars ?
Voici une araignée mangeuse d'oiseaux d'Amazonie.
Votre petite copine poilue semble avoir trouvé mieux.
Pas de panique, Jack, je m'en occupe.
Cinq soirs par semaine,
Jack aide la nation anxieuse Ă oublier ses soucis.
En novembre 1972,
Jack signe pour cinq ans avec Walker Bedford, le patron d'UBC.
Bienvenue dans la famille. - Qu'avez-vous dĂ» sacrifier ?
Fort d'une nomination aux Emmy et d'une audience croissante,
Jack vise la première place du créneau de fin de soirée.
À ses côtés, Jack peut compter sur sa femme,
la comédienne bien-aimée Madeleine Piper.
Malgré l'incessante quête de popularité de Jack,
ils forment l'un des couples
les plus heureux et solides du monde du show-business.
Madeleine est sa muse et sa confidente,
mais elle ne constitue pas son seul soutien.
Les liens que Jack entretient avec "The Grove",
un gentlemen's club situé dans le parc de Redwood,
font l'objet de rumeurs depuis ses débuts à la radio.
Fondé au XIXe siècle et comptant parmi ses membres
des politiques, des artistes et des chefs d'entreprise,
"The Grove" se présente comme un camp d'été
pour les riches de ce monde.
Mais on s'interroge sur son goût pour d'étranges cérémonies
et sur sa capacité à bâtir - ou briser - des carrières.
Quatre saisons plus tard,
la part d'audience ne bat toujours pas celle de Carson.
Les nominations s'accumulent, mais toujours pas de trophée.
Jack commence à souffrir d'être l'"éternel second".
Il sait que l'Histoire ne se souvient que du numéro un.
Puis, en septembre 1976,
la vie de Jack bascule
quand Madeleine, qui ne fume pourtant pas,
est atteinte d'un cancer du poumon en phase terminale.
En octobre,
Madeleine fait une apparition spéciale dans l'émission.
Jack et moi nous sommes rencontrés
quand je jouais dans Oh ! Calcutta ! Ă l'Eden .
Si vous aviez vu comme il a rougi,
quand il est arrivé dans les coulisses
et s'est retrouvé face à ces sublimes corps dénudés.
Tu te souviens, chéri ?
- Eh bien, je crois que... - Vous voyez ?
Il en rougit encore.
Comment ne pas tomber amoureuse ?
Quelle femme, messieurs-dames.
L'émission réalise le plus fort taux d'audience de son histoire,
un point en dessous, toutefois, de Johnny Carson.
Je t'aime, Jack.
Moi aussi, Madeleine.
Madeleine décède deux semaines plus tard.
Durant ce deuil, Jack se cache.
Il fuit New York
pour une destination inconnue.
Ă€ peine un mois plus tard,
à la surprise quasi-générale, UBC annonce son retour.
Mesdames et messieurs...
M. Jack Delroy.
Mais le fossé avec Johnny Carson continue de grandir.
Jack et son producteur de toujours, Leo Fiske,
font tout pour susciter la controverse,
dans l'espoir d'améliorer l'audimat.
T'étais une bête, Jack.
Regarde ce que t'es devenu.
Nous allons faire une pause, je reviens dans un instant,
mais pas vous.
Tu crois aller où, comme ça ? Hein ?
Ouvrez, putain.
Le taux d'audience dégringole.
Les sponsors s'inquiètent.
Le contrat de Jack touche Ă sa fin.
Il joue sa dernière carte
quand débute la "Sweeps Week" de Halloween 1977.
Désespéré, Jack espère reconquérir son public.
Faites entrer les gens.
Ce que vous ĂŞtes sur le point de voir
est l'enregistrement récemment découvert de l'émission,
ainsi que des séquences inédites filmées dans les coulisses.
Voici l'émission en direct qui choqua la nation...
Late Night With The Devil .
LES OISEAUX DE NUIT 31/10/1977
Cette émission vous est proposée par les entreprises Cavendish.
Serrons-nous la main.
En direct des studios UBC, Ă New York,
voici Les Oiseaux de Nuit , présenté par Jack Delroy.
Avec nous ce soir pour trembler en ce spécial Halloween :
Christou,
Carmichael Haig,
le Dr. June Ross-Mitchell et le sujet de son livre,
Lilly,
Cleo James et son envoûtant medley de jazz,
ainsi que notre défilé annuel de costumes d'Halloween.
Mais tout de suite, notre prince de la nuit,
Jack Delroy.
Allons bon. Jack ?
Où est-il passé ?
Jack, c'est Ă toi.
Leo, il n'est pas...
Doux Jésus !
Gus McConnell, mesdames et messieurs.
Bonsoirs, chers Oiseaux de nuit,
et merci de m'accueillir Ă nouveau dans votre salon.
Ce soir, nous vous avons préparé toutes sortes de surprises
afin de faire honneur Ă l'esprit d'Halloween...
Dis-moi, Gus,
qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est un thérémine, Jack.
Un instrument de musique.
Ce n'est pas de la musique, ça.
C'est le bruit de l'autoradio quand on cherche une station.
Sa particularité,
c'est qu'on en joue sans avoir besoin de le toucher.
- Sans le toucher ? - C'est ça. Pas touche.
Eh bien, si seulement tu étais resté aussi sage
à la soirée "burlesque" de vendredi.
Nous allons mettre la barre un peu plus haut, ce soir.
Quelqu'un est allé au défilé des Yankees ?
Y a-t-il des fans de Reggie Jackson parmi vous ?
Elle, je m'en doutais.
À ce qu'il paraît, le magazine Cosmo lui aurait proposé
d'ĂŞtre leur "Monsieur octobre".
Le fameux coup de batte de Reggie va faire des émules.
C'était bien ? Un autre ?
LĂ , la balle est hors-jeu.
Je n'ai pas compris ta blague.
Nous allons devoir nous élever au niveau de Gus.
Alors, apparemment, le président Jimmy Carter...
Sans blague, Leo ?
Ah bon ? Vous... ? D'accord.
C'est un bon sujet de rigolade.
Aujourd'hui, le président Carter a annoncé
un remaniement ministériel.
On lui a demandé si son frère, Billy, en ferait partie.
Le président a répondu qu'il avait proposé à Billy
de diriger soit le FBI,
soit la CIA.
- Mazette. - Billy aurait répondu
qu'il refusait de diriger une agence
dont il ne savait pas épeler le nom.
- Celle-lĂ , je l'ai comprise. - C'est vrai ? Gus a compris.
Chers Oiseaux de nuit, la soirée s'annonce trépidante
et je me réjouis de vous la faire découvrir en direct.
J'espère de tout coeur qu'elle vous plaira,
vraiment.
Et maintenant,
place Ă la " Sweeps Week" .
Exactement.
OĂą est Vincent Price quand on a besoin de lui ?
La "Sweeps Week", comme vous le savez,
est "la" semaine capitale en matière d'audimat,
mais je te parais nerveux, Gus ?
Un peu, mon neveu !
Bien sûr, nous devons plaire à nos sponsors et affiliés,
mais Ă mon humble avis,
il n'y a vraiment qu'une personne qui compte
dans ce business de dingues...
Merci, Jack.
Vous, notre téléspectateur.
Vous m'avez suivi
dans l'adversité,
les bons moments et les mauvais.
Surtout les mauvais.
C'est votre soutien
qui m'a ramené dans ce studio il y a un an,
alors que j'aurais pu jeter l'éponge.
C'est d'ailleurs
ce que beaucoup m'ont suggéré de faire.
Cette émission est et vous a toujours été destinée.
On t'aime, Jack !
Leo, on pourrait envoyer un agenda Nielsen Ă cette dame ?
Merci Ă tous.
Bien, chers Oiseaux de nuit, si nous commencions ?
Les sciences occultes ont vu un regain d'intérêt, récemment.
Dès qu'on ouvre un journal,
on trouve des tas d'annonces d'astrologues, de voyantes,
voire d'exorcistes.
Dans cette émission,
nous trouvons important de rester ouverts d'esprit.
Notre premier invité, que je me réjouis d'accueillir,
est une figure phare de ce mouvement.
On le qualifie de "médium", de "spiritualiste",
parfois mĂŞme de "faiseur de miracles".
Ici, nous l'appelons par son seul nom,
sans doute parce qu'il semble n'en avoir qu'un.
Mesdames et messieurs,
accueillons le mystérieux, le mononyme Christou.
Bienvenue.
Vous ĂŞtes donc "Christou" tout court.
Exact. Merci de m'avoir invité dans votre émission.
Merci d'avoir quitté votre tournée pour nous.
Vous êtes très couru.
Je vous en prie.
Si je ne m'abuse,
l'effroyable nuit d'Halloween a une importance particulière
pour les gens de votre profession.
Tout Ă fait.
Halloween est l'occasion d'ouvrir les portes
du monde des morts
et pour les personnes récemment décédées,
de terminer ce qu'elles n'ont pas eu le temps de régler.
On comprend mieux l'importance des masques de Halloween.
Oui, ils servent à se cacher des esprits courroucés.
Dites-moi,
vous entendez les morts en permanence ?
Leur énergie est omniprésente, oui.
La question est : comment diable parvenez-vous Ă dormir ?
Pas vrai ?
Mon esprit est une sorte de radio pirate, si vous voulez.
Il capte des fréquences.
Quand je ne veux plus les entendre, il me suffit
de tout éteindre.
Comme ça ?
Dans ce cas,
je crois qu'il est temps, mesdames et messieurs,
de "réveiller" ces fréquences.
Il règne ici une très forte énergie.
Christou, le plateau est Ă vous.
Mesdames et messieurs, veuillez applaudir Christou.
Je reçois déjà des signaux.
J'entends la lettre "P".
"Peter."
"Pete..."
Non, attendez. Ça y est, je l'ai.
"Peterson."
- J'entends le nom "Peterson". - "Peterman" ?
Comment ?
Monsieur ? Oui, vous.
Oui, levez-vous, monsieur.
- Bonsoir, M. Peterson. - Non.
Le nom de jeune fille de ma femme était "Peterman".
Voilà , c'est ça : Peterman.
Elle est ici avec nous.
C'est vrai ?
- Elle a franchi la limite. - Ça, c'est sûr.
Elle s'est tirée avec le voisin il y a cinq ans.
J'en suis désolé.
Non, je n'ai jamais aussi bien joué au golf.
J'entends pourtant...
J'entends maintenant le prénom "Elizabeth".
Non, elle s'appelait Helen.
- Pas de Beth ou de Betty ? - Exact.
- Betty, alors ? - Non, je voulais dire...
Il n'y a pas de Beth ou de Betty.
- Un prénom en "B" ? - Je m'appelle Barry.
- Non, ce n'est pas ça. - Si, et depuis 42 ans !
C'est fini.
L'esprit est parti. Je suis désolé.
Parfois, le signal est brouillé
par les lumières, les caméras...
Je ne suis qu'un messager.
Je vais me concentrer.
- Rasseyez-vous, Barry. Merci. - Merci.
Vous, vous avez fait du shopping avec Gus
dans le mĂŞme entrepĂ´t de costumes en promo.
Vous avez fait une bonne affaire.
Ne riez pas trop, vous pourriez vous fĂŞĂŞĂŞler une cĂ´te.
Je reçois quelque chose.
J'entends un... Oui...
C'est intrigant.
- Bonsoir, mesdames. - Bonsoir.
Qui est Edward ?
Eddie ?
C'était votre fils ou votre frère, n'est-ce pas ?
Edmond était mon petit frère.
Vous ĂŞtes la maman.
Oui, c'est ça.
C'est de la déduction, Jack. Pas de la voyance.
Je n'en suis pas moins impressionné.
Il est arrivé malheur à Edmond.
C'est difficile d'en parler ?
Oui.
De nombreuses questions subsistent.
Eh bien, il...
Se peut-il qu'Edmond
se soit donné la mort
assez récemment ?
Il y a cinq ans.
Mais c'est comme si c'était hier,
tant ce fut tragique.
Cela reste incompréhensible à ce jour.
Il n'y a que tristesse et incompréhension.
Il n'a même pas laissé un mot.
C'était un garçon tellement joyeux.
Nous étions loin de nous douter
du mal qu'il traversait.
Eddie veut que vous sachiez qu'il est en paix.
Il regrette de vous avoir fait souffrir
et vous transmet tout l'amour qu'il porte dans son coeur.
J'entends maintenant le mot "papa".
Qu'est-ce que papa vient faire...
Attends.
Petit, Edmond avait un nounours baptisé "papa".
C'est vrai.
Je m'en souviens.
J'ai gardé toutes ses affaires.
Pouvez-vous lui dire
que papa va bien ?
Je n'ai pas besoin de le lui dire.
Il le sait déjà .
Merci.
Il y a tant de beauté en vous.
Dieu vous bénisse.
Et vous tous également.
Quel don !
Merci. C'était Christou !
Les dates de sa tournée vont apparaître sur votre écran.
Nous allons faire une courte pause.
Ă€ notre retour, l'un de nos vieux amis...
Christou ?
Je reçois un signal très intense.
Un autre message d'Edmond ?
Non, c'est...
Je reçois le prénom "Minnie".
Quelqu'un connaît une Minnie ? Par pitié, répondez.
Ce prénom vous évoque-t-il quelque chose ?
C'est peut-être un prénom ressemblant,
comme Millie ou Mandy ?
- J'avais une grand-tante Molly. - C'est Minnie.
Par pitié, répondez à son appel.
Tant de tristesse.
Je vois...
une alliance.
Un homme célibataire avec une alliance.
L'esprit a besoin de vous parler.
Qui ĂŞtes-vous ?
Tout va bien,
ce sont nos projecteurs qui ont grillé.
Partie.
Elle est partie.
Elle est partie.
Leo ?
Tout de suite, une petite pause.
Rendez-vous après les publicités.
NOUS REVIENDRONS DANS UN INSTANT
On est hors antenne. Changement de costumes.
Vous avez été fantastique, M. Christou.
Vous êtes vraiment doué.
- Jack ? - Pas maintenant.
Il paraît que toi et Leo avez préparé un truc,
pour la fille ?
On s'en tient à ce qui est prévu.
J'ai tout de mĂŞme vu des sangles et des couteaux.
Franchement, on a un peu les jetons.
- File donc te changer, Gus. - Oui, chef.
C'était fantastique.
- Un bourbon, M. Christou ? - Je veux bien un peu d'eau.
Ici ? On a ça ? Un verre d'eau pour M. Christou.
- Vous restez encore un peu ? - Je...
C'est bien.
J'ai vraiment hâte d'aller voir votre spectacle.
Vous avez du sang sous le nez. Jack, tu as une minute ?
Merci.
Nom de Dieu.
Ce clown a vraiment mis le paquet.
Le coup des projecteurs, c'était ton idée ?
Ça t'a plu ? Alors, on dira que oui.
Et notre ami Barry, pas mal, hein ?
Ça va comme tu veux ?
Oui, mais quand mĂŞme...
Bizarre ou pas, c'était de l'or en barre.
Il ne faut pas que ça te chiffonne.
Bon, l'émission comptera moins de pauses.
On ne déprogramme pas Cleo.
On lui trouvera un créneau.
Au fait, ne te retourne pas.
Le vice-président du marketing de Cavendish et sa femme
sont au premier rang
avec le chef de la programmation.
Pourquoi tu les fixes comme ça ?
Ils vont vouloir te rencontrer.
C'est pas le moment, lĂ .
J'essaie de présenter
un talk-show diffusé sur une chaîne nationale.
Et moi, je t'aide à ce qu'il reste à l'écran.
Très bien.
Ă€ la prochaine pause.
June est bien arrivée ?
Oui, tout va bien.
Super. Et la fille ?
Tu veux bien te détendre, Jack ? Tout va très bien.
- Et ces lumières, Phil ? - On s'en occupe.
Trente secondes !
- Elles datent de 1956. - Super show.
- Ça va, Sammy. - Oui, et toi ?
Ça va. Mes cheveux sont bien ?
Ils sont parfaits.
- Pas de loups dans la grotte ? - Rien Ă signaler.
Quelle carte, Jack ?
- Est-ce nécessaire ? - Vous brillez un peu.
S'il vous plaît, arrêtez.
Très bien. Comme vous voudrez.
N'ayez crainte,
votre humble serviteur est de retour.
Tenez-vous prĂŞts. Fermez la porte.
C'est au tour de Haig.
Ne lui prĂŞtez pas attention, c'est un charlot.
On reprend l'antenne dans cinq...
quatre...
Votre show spécial Halloween est de retour.
Si vous venez d'allumer votre poste,
M. Christou nous a épatés avant la pause
par ses dons de médium.
C'était bluffant. Pas vrai ?
Absolument incroyable.
Notre 2e invité est aussi réputé dans son domaine.
Autrefois connu sous le nom de Carmichael le Conjureur,
il a "raccroché" sa baguette magique
pour devenir une figure majeure de la zététique.
Mesdames et messieurs, applaudissez, si vous osez,
M. Carmichael Haig.
Ravi de vous revoir, Carmichael.
Tout le plaisir est pour moi, Jack.
- Vous m'autorisez Ă fumer ? - Je vous en prie.
Oh lĂ lĂ , impressionnant.
Quel doigté.
- On l'applaudit. - Nom d'un cigare !
Allons bon, voilĂ qu'il recommence.
Je n'y ai vu que du feu.
Nous vous connaissons
pour vos spectacles à Las Vegas et à la télévision.
Votre séance d'hypnose de groupe a été une révélation.
Elle m'a complètement époustouflé.
Beaucoup vous considéraient comme le meilleur,
sans vouloir vous flatter.
C'est exact. Je vous en prie, continuez.
Mais récemment, vous semblez vous être tourné
vers des activités, dirons-nous, plus philanthropiques.
L'IFSIP.
L'IFSIP, c'est cela.
Pour ceux qui ne connaissent pas,
"IFSIP" est un acronyme qui fait référence
à la "Fédération internationale
d'investigation scientifique sur les phénomènes paranormaux".
Voilà un nom bien long. Illustré ici, en photo.
Photogéniques, n'est-ce pas ?
Oui, notre mission est de tester diverses allégations
afin de faire le tri entre les canulars
et les véritables expériences surnaturelles.
LĂ , je pars chasser les fantĂ´mes Ă Amityville.
Mes amis Ed et Lorraine Warren avaient décliné mon invitation.
Un rien leur fait peur.
Dites-nous franchement, Carmichael, quel mal y a-t-il
à vouloir croire à quelque chose de mystérieux,
quelque chose qui nous dépasse ?
J'admets moi aussi que le monde serait bien plus intéressant
si nous étions capables
de tordre une cuillère par magie,
trouver une source à l'aide d'un bâton
ou parler aux morts.
Mais à moins d'en avoir des preuves irréfutables,
je continuerai de dénoncer ce que je considère
comme des escroqueries.
- Vous avez toujours ce chèque ? - Bien sûr.
Nous offrons une généreuse récompense
à quiconque verra ses dires confirmés.
On peut filmer de plus près ? Caméra 1.
100 000 dollars.
- Vous avez eu des réponses ? - Des dizaines.
- Vous avez signé des chèques ? - Pas un seul.
Qui sait, cela se produira peut-ĂŞtre ce soir ?
Je n'ai pas besoin de son argent.
J'imagine.
Il y a assez de gens, gentils mais naĂŻfs,
pour vous donner leur argent durement gagné.
Ça va ?
Un peu d'eau ?
Ça va aller ?
Ça va, merci.
Carmichael, comment expliquez-vous
ce que M. Christou nous a montré tout à l'heure ?
C'était le jeu d'un grand acteur, en effet,
usant de subterfuges datant des temps bibliques.
Il me semble
que Christou a fait chou blanc Ă cinq reprises,
avant d'identifier l'improbable "Peterson".
"Peterman" !
Maintenant, il a trouvé le bon nom.
D'accord.
Je n'ai pourtant rien vu de ce genre
quand M. Christou a fait communiquer ces dames
avec leur défunt.
Nous l'avons tous vu.
Eh bien, même une montre cassée tombe juste
deux fois par jour.
Calomnies !
Si vous ĂŞtes devin,
moi, je suis Burt Reynolds.
Vous ĂŞtes, tout comme moi, un menteur,
un tricheur, un charlatan
et un imposteur.
À la différence que moi, je ne m'en cache pas.
Allons allons...
Vous êtes théâtral. Ça, c'est certain.
Attendez, Christou. J'ai encore une question.
Nous n'avons pas évoqué la dernière manifestation.
Encore une fausse piste. Minnie, Molly, Mandy...
- Qui sais-je encore ? - ArrĂŞtez un peu, Carmichael.
Aussi étrange que cela puisse paraître,
je pense que l'esprit qui s'est manifesté
s'adressait peut-ĂŞtre Ă moi.
Ah oui ?
Qui est Minnie ?
"Minnie" était le petit nom que je donnais dans l'intimité
Ă Madeleine, ma femme.
Votre femme ?
Elle a franchi la frontière, c'est ça ?
"Un célibataire qui porte une alliance" ?
Je pense que c'est moi.
Je vous en prie, Jack...
La moitié des gens ici en portent une,
et le décès de Madeleine n'est pas un secret.
Vous voyez, statistiquement,
il y a toujours un idiot pour se laisser berner.
- Ne soyez pas cet idiot. - Que faites-vous ?
Voyons si cet illuminé réussira à invoquer
l'esprit de votre femme ici, en direct.
Un demi-million de dollars, voilĂ qui devrait le motiver.
Nom de Dieu !
Les publicités, vite !
NOUS REVIENDRONS DANS UN INSTANT
On est hors antenne .
Ça va aller. Vous êtes peut-être surmené.
Non, ce n'est pas normal.
Un médecin, vite !
Amenez-le dans sa loge
et nettoyez-moi tout ça.
L'Autorité de santé conseille vivement
de prendre du Pepto Bismol avant de parler avec les morts.
Il y a des gens venus de loin, aujourd'hui ?
Cette veste est un cadeau de Charles Laughton.
HĂ©, vous.
Allez me chercher mon blazer bordeaux.
Il a dĂ» avoir une sorte d'attaque.
Vous jouez les innocents Ă la perfection, Jack.
Le coup du surnom secret de Madeleine,
chapeau !
Comment ça ?
Il n'y a que trois explications.
Un : il a un don, ce que nous savons impossible.
Deux : il a deviné par hasard.
Possible, mais très improbable.
- Trois... - Je le lui aurais dit ?
Ça se comprendrait.
Il faut bien appâter les téléspectateurs.
Oui, c'est vrai.
Je lis la presse.
Vos amis haut placés du "Grove" auraient pu vous aider un peu.
Vous surestimez leur influence.
Vous devriez m'y emmener, un jour,
que je vérifie ces rumeurs
sur les pactes, les orgies, les cérémonies...
- Surtout les orgies. - Jack, faut qu'on parle.
Organisez-moi une rencontre avec le grand chef.
J'y serais parfaitement Ă ma place.
Merci, Sticks.
Ne me laisse pas avec ce con.
Je suis pas ta mère. L'ambulance arrive.
Pour Cavendish, ce sera plus tard. Pas le choix.
Bedford a appelé ?
Non, mais le standard clignote comme un sapin de Noël.
- Les gens sont choqués ? - Fâchés, désorientés.
Ce qui est plutĂ´t bien.
- M. Fiske ? - Non.
Ça, c'est pour tout à l'heure. Vérifiez le déroulé.
Je ne reçois rien, ici, Steve. Et toi, Lou ?
Retour Ă l'antenne dans cinq... quatre...
Mauvaise chaise.
JOYEUX "HULULOWEEN"
Merci.
Merci à vous qui avez demandé des nouvelles de M. Christou.
Pas d'inquiétude, les amis.
Un médecin est à son chevet en ce moment même.
À quoi bon ? Il va très bien, je vous le garantis.
Eh bien,
votre blanchisseur n'est pas de cet avis.
Ce n'est qu'un vieux numéro de vaudeville.
La technique du "jet", de la régurgitation contrôlée.
Quoi qu'il en soit,
j'espère que vous allez conserver ce chèque.
- OĂą est-il ? - Dans votre poche de poitrine.
Toujours aussi rusé.
Il t'a bien eu, Jack.
Mon sixième sens me dit
que nous reverrons ce chèque avant la fin de l'émission.
J'en doute fort.
Attendez nos prochains invités.
Je brûle d'impatience.
Ă€ juste titre.
Alors, il y a environ...
Il y a un un mois environ,
un manuscrit s'est retrouvé sur mon bureau et...
Je n'ai pas arrêté d'y penser depuis.
Ce livre,
Conversations avec le diable
du Dr June Ross-Mitchell,
sort en librairie cette semaine
et devrait faire réfléchir plus d'un sceptique parmi nous.
Avant d'accueillir le Dr June
ainsi que sa jeune patiente,
j'aimerais vous montrer un clip
du centre d'études psychologiques du Dr June,
afin de nous mettre dans le bain.
Attention, toutefois, si des enfants nous regardent.
Ce que vous allez voir est profondément dérangeant
et peut choquer.
Lancez la vidéo.
Cette maison d'apparence banale, dans une rue ordinaire,
abrite pourtant le siège de la tristement célèbre
"Première Église d'Abraxas".
Je t'invoque et t'implore
de nous accorder ton infernale bénédiction.
Loué soit Abraxas.
Le fondateur et leader de l'Église
est l'énigmatique Szandor D'Abo.
Abraxas nous montre
qu'il n'y a ni Bien
ni Mal
ni rédemption.
Uniquement ce que nous désirons
et comment nous l'obtenons.
À vous entendre, M. D'Abo, ça a l'air très simple.
Ne vous y trompez pas.
Le Maître exige des sacrifices.
Les activités de D'Abo suscitent l'attention du FBI,
qui le soupçonne d'enlèvements et d'usage d'armes à feu.
Plus perturbants encore sont les récits d'enfants
mis au monde pour être sacrifiés.
...car le sang doit couler.
Viens, ouvre les portes de l'Enfer.
D'Abo prétend que quiconque assistera à ces atroces rituels
tombera sous l'emprise du démon Abraxas
et accomplira ici-bas ses exigences.
Ainsi soit-il !
La situation vire à la tragédie en août 1974
quand les agents fédéraux assiègent la maison.
Il y a eu des coups de feu.
Au bout de trois jours,
D'Abo ordonne Ă ses disciples d'asperger la maison
ainsi qu'eux-mĂŞmes
d'essence.
Par chance, dans les décombres encore fumants
se trouve une fillette de dix ans, terrifiée,
connue sous le seul prénom de " Lilly".
De son expérience ne lui restent que des souvenirs épars.
D'Abo l'a-t-il laissée vivre pour quelque vil stratagème ?
Ou a-t-elle simplement eu de la chance ?
Incapable d'expliquer son étrange comportement,
le FBI contacte mon centre d'études psychologiques.
Lilly et moi ressentons une connexion immédiate.
S'ensuivent d'immenses progrès,
mais il reste encore beaucoup Ă faire.
Nous sommes le 10 juillet 1976, Ă 14h30.
Ceci est notre première conversation enregistrée.
Nous semblons avoir établi le contact.
Ă€ qui suis-je en train de parler ?
S'agit-il du démon... ?
Tenez-la bien.
Nous avons besoin d'aide.
Mesdames et messieurs,
veuillez accueillir le Dr June Ross-Mitchell
et Lilly.
Viens, approche.
Bonsoir.
Voici Lilly.
Comment ça va ?
Content de te rencontrer.
- Heureux de vous revoir, June. - Pareillement, Jack.
Lilly,
je suis ravi de te compter parmi nous.
Merci, M. Delroy.
Ravie aussi de vous compter parmi nous.
Si tu préfères, tu peux me parler directement
sans fixer la caméra.
- Je suis désolée. - Ce n'est rien.
Si tu veux bien, commençons par les questions difficiles.
J'aimerais savoir
si tu as déjà regardé mon émission.
Non, je suis au lit, Ă cette heure,
mais je vous connais, M. Delroy.
Je t'en prie, appelle-moi Jack.
June dit qu'elle vous trouve très beau.
Votre femme est morte d'un cancer.
- Lilly, je ne crois pas... - Ça m'a vraiment attristée.
Je sais ce que c'est, de perdre des ĂŞtres chers.
On se sent seul, au début, mais vous vous en sortirez.
VoilĂ de sages paroles, venant d'une si jeune fille.
Lilly a vécu plus de choses en 13 ans
que la plupart des gens en une vie.
Et ne vous inquiétez pas pour votre émission.
Je pense que vous serez bientôt très célèbre.
Merci pour ces propos rassurants.
Je commençais à en douter, Gus.
Moi aussi.
Je vous en prie.
Bien, nous allons faire une interruption,
mais quand nous reviendrons,...
Oui, tels des revenants...
nous ferons plus ample connaissance
avec ces deux femmes extraordinaires.
RESTEZ AVEC NOUS
On est hors antenne.
C'était merveilleux. Tu es adorable, Lilly.
Merci, Jack.
Je regarde quelle caméra, maintenant ?
Aucune. Nous ne sommes plus en direct.
C'est l'heure de se refaire une beauté.
Je ne suis pas assez belle comme ça ?
Ça ira.
- Si, bien sûr. - Bonjour, je m'appelle Lilly.
Jack, il faut qu'on parle.
Merci.
Ce que c'est amusant.
Bienvenue dans la fabrique des rĂŞves.
Ce n'est pas une bonne idée.
Elle devient imprévisible.
C'est justement pour ça qu'on tourne en direct.
- Ton livre se vendra bien. - Ça n'a rien à voir.
Ah non ?
Hier, elle a refait une de ses crises
et elle s'est mise Ă ...
Ă€ dire ton nom.
Elle se réjouissait de participer à l'émission.
Non, elle semblait se remémorer quelque chose.
Bref, c'était étrange, même venant d'elle.
Écoute, tu t'y es préparée.
Tu me l'as bien assuré.
Eh bien, il se peut que j'aie mal évalué la situation.
C'est ton moment.
Tu as travaillé pour ça.
Tu ne peux plus reculer.
J'avoue que tu as su me convaincre,
mais je suis responsable de Lilly,
et c'est trop risqué.
Non, je...
Je devrais retourner la voir.
Elle ne va pas se dégonfler, hein ?
Non, ça va.
Je gère la situation.
Jack ?
Très bien.
Bon, l'hôpital vient de téléphoner.
- Christou est mort. - Quoi ?
Il a fait une sorte d'hémorragie dans l'ambulance.
Bordel.
Je croyais que ça faisait partie de son show.
C'est ce qu'a dit Haig.
Apparemment, c'est son corps tout entier qui a "régurgité".
Les médecins n'ont rien pu faire.
- Nom de Dieu. - Je sais.
Écoute, n'en parle à personne. Surtout pas à Gus.
J'essaierai, mais ici, les nouvelles vont vite.
Qui a vu le poignard sacrificiel ?
On reprend dans 60 secondes.
Hé, Phil. Le déroulé de l'émission a changé ?
On me parle d'une séquence au segment 5,
mais elle ne figure pas...
Encore une fois, Steve, je ne le vois pas sur mon écran.
Phil ?
Contente-toi de suivre les caméras
et je m'occupe du reste, d'accord ?
Tenez-vous prĂŞts.
Vous dites avoir dĂ» remplir un questionnaire ?
C'est exact.
Une dame, à la réception, a aussi posé des questions.
C'est la mĂŞme dame qui est venue aider M. Christou
quand il est...
Oui.
C'était assez choquant.
Merci, mesdames.
Merci.
Tout va bien, Jack ?
Oui, ma puce, tout va bien.
- Dix secondes. - OĂą est Haig ?
Retour Ă l'antenne dans cinq...
quatre...
LES OISEAUX DE NUIT SONT DE RETOUR
Nous voici de retour,
dans ce numéro spécial Halloween des Oiseaux de nuit .
Alors, mesdames,
il y aurait tant de sujets Ă aborder,
mais commençons par vous, June.
Vous vous qualifiez de "parapsychologue".
- Qu'est-ce que... - C'est en effet mon métier.
J'ai même un doctorat en la matière.
De l'Université des Balivernes, n'est-ce pas ?
Du Stanford Research Institute.
C'est pareil.
Faut-il vraiment poursuivre,
si vous m'interrompez en permanence ?
Restez tranquille, Carmichael.
J'allais donc dire :
nous, parapsychologues, croyons Ă l'existence
de phénomènes d'ordre psychique
que la science traditionnelle ne peut expliquer.
Comme la télépathie, la télékinésie, les apparitions.
La possession.
Nous parlons d'"envahissement psychique", mais oui, aussi.
Et vous pensez que Lilly en est atteinte ?
Depuis trois ans,
je pratique une thérapie de régression en âge
et m'intéresse aux rites sataniques ancestraux,
afin de reconstituer les détails de la vie de Lilly
et de comprendre la nature du démon qui l'habite.
S'agit-il du démon Abraxas,
dont le charmant M. D'Abo parle dans votre vidéo ?
Non, je pense qu'il s'agit d'une déité mineure,
inférieure à Abraxas.
Ces démons se jouent de nous.
Et de notre stupidité.
Je conçois que tout cela soit un peu difficile à croire.
Chaque grande idée scientifique a fait l'objet de résistances
et de mépris, de la part des esprits les plus obtus.
Bien.
Voici ici quelques objets de votre collection privée.
Il faut bien avoir un passe-temps, n'est-ce pas ?
Ce poignard a été retrouvé dans les décombres.
Nous pensons qu'il a servi à des cérémonies sacrificielles.
Mon Dieu !
Je ne peux pas le contrĂ´ler.
Éteignez votre téléviseur avant qu'Abraxas ne vole votre âme.
Vous êtes vraiment crédules. C'est bon à savoir.
Nous ne sommes pas ici pour vous divertir.
Ne dites pas de bĂŞtises.
Si l'on en croit la gnose,
Abraxas est "le" showman par excellence.
Il a soif de célébrité.
Son nom a d'ailleurs donné la fameuse formule magique...
Abracadabra.
Bravo.
Ă€ ce propos, Lilly,
il me semble que tu as donné un nom à cet être qui t'habite.
Je l'appelle "Monsieur Frayeur".
Pourquoi donc ?
Parce que j'ai l'impression
qu'il se "fraye" un chemin pour entrer dans ma tĂŞte,
avant d'en ressortir.
Mais avec l'aide de June, tu es capable de le contrĂ´ler.
June dit que tout le monde a ses propres démons.
On ne les contrĂ´le pas toujours.
Gus...
Mauvais timing.
Je m'en occupe, Jack.
Il suffit de...
Gus, il y a un moyen de débrancher ce truc ?
Aucune idée.
Simple retour d'amplification de l'enceinte Ă votre micro.
La mĂŞme chose se produit quand une soprano
chante un Sol sur un Do majeur.
Peut-ĂŞtre, mais tout de mĂŞme...
Il se trompe.
C'était Monsieur Frayeur.
C'est lui qui a fait ça.
Si tu le dis, petite.
Pourquoi ĂŞtes-vous aussi condescendant, M. Haig ?
Lilly, tu veux dire que M. Frayeur est ici,
avec nous, en ce moment mĂŞme ?
Tu crois qu'il accepterait de se montrer,
si nous l'invitions ?
- J'ai été claire... - Oui.
Non, je ne peux pas l'autoriser.
Une invocation doit se faire en milieu contrôlé.
Entre les lumières, les caméras
et le public,
le cadre ne s'y prĂŞte pas du tout.
Il est pourtant assez contrôlé pour mon argent.
Un demi-million de dollars, je rappelle.
Allez, June, s'il te plaît.
Oui, on veut voir.
Montrez-nous ça, June.
S'il vous plaît, June.
Le public a parlé.
Si je bénéficie du soutien total de votre équipe,
de votre public
et de vos invités,
nous pouvons tenter une brève démonstration.
Oui, bien sûr.
VoilĂ une grande nouvelle, vraiment.
Mesdames et messieurs, préparez-vous à voir
pour la première fois en direct
une tentative de communication avec le Diable.
Mais avant, un message publicitaire.
Coupez.
On a deux minutes pour préparer le plateau central
et recoiffer June et Lilly.
Espèce de salaud, tu m'as piégée.
Il n'a pas eu de mal. L'appât du gain et de la gloire.
Fermez-la.
C'est ta chance de faire taire les gens comme lui.
Je t'ai pourtant prévenu.
Tu présentes un talk-show, mais tu n'écoutes rien.
- Lilly est d'accord. Pas vrai ? - Oui, Jack.
Mesdames, suivez-moi, je vous prie,
Je peux te parler ?
- Ça peut attendre ? - Non, ça ne peut pas.
Excusez-moi, Phil ?
J'ai apporté des sangles. Vous iriez me les chercher ?
J'espère que vous savez ce que vous faites.
On le sait très bien, Sammy. N'est-ce pas, June ?
Tu joues à des choses qui te dépassent.
Si nous réussissons à invoquer Satan,
je t'autorise Ă fuir par la sortie de secours.
Si le sol se dérobe sous nos pieds,
je m'en excuse par avance.
Tu débloques ?
Tout Ă l'heure, Madeleine te contactait d'outre-tombe.
- Et maintenant, tu veux... - Ce que je veux,
c'est essayer de sauver cette putain d'émission.
Alors épargne-moi tes sermons.
Je suis au courant, pour Christou.
Ça aussi, c'est un coup de "Monsieur Frayeur".
Qui d'autre le sait ?
L'équipe a peur, et moi aussi.
Certains pensent mettre les voiles.
Personne ne part d'ici.
Quant à tes histoires débiles de courroux divin,
garde-les pour toi, d'accord ?
Tu n'es pas un mauvais bougre, Jack.
Je te conjure d'arrêêêter ça avant que ça ne tourne mal.
Jack, on va commencer la séquence avec les filles.
Il y a un problème ?
Tout le monde en stand-by.
Aucun problème.
On reprend l'antenne dans cinq...
quatre...
LES OISEAUX DE NUIT AVEC JACK DELROY
Rebonsoir Ă tous.
Sans plus attendre,
le Dr June Ross-Mitchell va commencer sa démonstration.
Je vous souhaite, Ă toutes les deux,
que Dieu vous protège.
Merci, Jack.
Sachez que si l'entité est présente ce soir,
elle peut se manifester
de différentes façons,
mais qu'elle ne peut accéder à ce monde qu'à travers Lilly.
Je suis seulement la clé qui lui ouvre la porte.
Quoi que vous puissiez voir ou entendre,
je vous demande de rester calmes.
Il est crucial que Lilly reste concentrée sur moi.
Commençons.
Lilly, par ici.
Ferme les yeux, Lilly.
VoilĂ .
Plonge dans un état de sommeil.
Détends-toi.
Lilly, tu m'entends ?
Puis-je parler Ă celui que tu appelles "M. Frayeur" ?
Si Monsieur Frayeur...
Silence.
Puis-je savoir qui est lĂ ?
Présente-toi.
Parle.
Vous savez qui je suis, docteur.
S'il vous plaît.
Qui sont ces gens ?
Que se passe-t-il ?
- Où suis-je ? - Ne t'inquiète pas.
Que m'avez-vous fait ?
Nous ne te voulons pas de mal.
Nous souhaitons comprendre tes intentions.
Mes intentions ?
Il est lĂ , n'est-ce pas ?
Contente de te revoir, Jack.
- On ne nous a pas présentés. - Ne fais pas l'idiot.
On se connaît bien, toi et moi.
On s'est rencontrés sous les arbres.
- Tu te souviens ? - Lilly, regarde-moi.
June, fais bien attention Ă toi, maintenant.
Il est arrivé des bricoles à son ex-traînée.
Elle est morte, et elle en a bien bavé.
Lilly, reviens vers moi.
Maintenant que les asticots en ont fini avec Minnie,
tu crois pouvoir sauter qui tu veux ?
Comme le Dr June.
Le Dr June te trouve très beau, Jack.
Le Dr June te trouve très très beau.
Ça suffit.
Lilly, reviens vers moi immédiatement.
Jack et June ont baisé et grimpé aux rideaux
Jack et June ont baisé comme des animaux
Assez !
Lilly, ma chérie ?
Pourquoi vous me faites mal, June ?
- Je n'y peux rien. - Oui. Je...
Non, Jack. N'approche pas.
Vade retro, Satana.
Sunt mala quae libas.
Maudit sois-tu par Anum et Antum,
Lahmum et Durum,
par les ténèbres et ceux qui y résident.
Car il est dit que tu laisseras son âme
et que tu ne reviendras pas.
Pourquoi avoir permis cela, Jack ?
Pourquoi ?
Mon Dieu, je suis désolée.
Non, c'est moi qui suis désolée. Pardon.
Je n'aurais jamais dĂ» accepter.
Ça va ? Tu te sens bien ?
Eh bien...
Mesdames et messieurs, aviez-vous déjà vu cela ?
C'est indéfendable, Jack.
Voici les techniques employées par ce supposé "docteur".
On vous donnera la parole.
Tout de suite,
un message publicitaire.
JOYEUX "HULULOWEEN"
On est hors antenne.
Ce n'est pas un talk-show, c'est une foire aux monstres.
Ça va, Carmichael. Calmez-vous.
Sammy va vous éponger le front. Sammy ?
Tout va bien, Lilly ?
J'ai un peu honte, mais ça va.
Phil, un coup de main avec ces sangles ?
Viens, June.
Viens, on va...
Ça va ?
Mon Dieu, c'était vraiment...
Je m'attendais Ă quelque chose de dingue, mais lĂ ...
Il faut absolument que vous reveniez,
dans chacune des prochaines émissions.
"Sous les arbres"...
Que voulait-elle dire ?
Aucune idée. À toi de me le dire.
On ne fait pas de la magie de salon, Jack.
Je sais, June, mais...
Il se passe quelque chose d'incroyable avec Lilly,
avec toi,
et je veux en faire partie.
Vous me faites mal.
Désolé, je n'y arrive pas.
C'est bon, Phil. Je m'en occupe.
Attendez une seconde. Merci, les gars. Allez-y.
- Ça va aller, Lilly. - Merci, Jack.
Non, elle est absolument parfaite.
Tout ça est très excitant. Merci infiniment.
Mes amitiés à Bonnie et aux enfants.
Il ne s'agit plus d'audimat, mais de sorcellerie.
Écoute bien, espèce de chie-dans-ton-froc.
Fais-moi ton sourire débile.
VoilĂ , fais ton sourire, fais ton boulot
et ferme-la.
C'est du vent.
Leo aurait dĂ» tout annuler Ă la mort de Christou.
Quelle mascarade, hein.
Non, vous n'avez pas entendu ? Il est mort.
Il a vomi ses boyaux sur le chemin de l'hĂ´pital.
Plus que deux minutes.
Dernière ligne droite. Il faut tenir bon.
Merci, Jack.
Viens.
On fait quoi, maintenant ?
Maintenant, on va bientĂ´t se dire au revoir.
Sammy, petites retouches sur June et Lilly.
Bon, alors...
Trois membres de l'équipe sont partis.
La Commission des communications a convoqué un meeting en urgence
demain Ă 7 heures du matin,
et j'ai parlé à ...
Bedford ?
Qu'a-t-il dit ?
Qu'il n'a rien vu d'aussi bien depuis le 1er homme sur la Lune.
On a réussi. On est de retour du royaume des morts.
On parle de 35 ou 40 % de part d'audience.
"Le soir ouù Jack Delroy a interviewé le Diable", bordel.
Peut-ĂŞtre pas le futur titre du Times ou du Post ,
mais c'est l'idée.
Bedford a aussi particulièrement apprécié June.
- Il aimerait qu'elle revienne. - J'essaierai.
Plus besoin de lécher le cul de Cavendish.
On se fout de Cavendish.
Après ce show, les groupes du Fortune 500 vont se bousculer
pour soutenir la résurrection de Jack Delroy.
Ce sont eux qui nous lécheront le cul.
Qu'est-ce qu'il y a ?
La voix de cette fille...
Oui, comment a-t-elle fait ça ?
Vers la fin, elle avait la mĂŞme voix que Minnie...
Ne viens pas me faire ton délire, Jack.
J'ai déjà Gus qui se prépare pour un exorcisme.
C'est juste que ça m'a fichu les jetons.
Écoute.
Si Minnie était ici, elle te dirait :
"Fonce, prince de minuit, et fais-leur la peau".
En place. Dix secondes.
On laisse tomber le défilé
pour donner quelques minutes de plus Ă Carmichael.
Puis on conclut et on lance Cleo.
Jack.
Le poignard.
NOUS SOMMES DE RETOUR
Bienvenue Ă nouveau.
Mesdames et messieurs,
avant de poursuivre, je tiens Ă m'excuser
auprès de ceux que l'événement de tout à l'heure
aurait pu choquer ou perturber.
On n'assiste pas tous les jours Ă une possession en direct.
Lilly, peux-tu
nous confirmer que tu te sens bien ?
Oui, Jack, je vais bien.
Te souviens-tu de ce qui vient de se passer ?
C'est difficile Ă expliquer.
Je suis comme endormie et éveillée en même temps.
J'essaie de me concentrer sur la voix de June.
Désolée si M. Frayeur a été grossier.
Bien, assez de subterfuges.
Puis-je intervenir ?
Oui, je vous en prie.
J'ai hâte que vous nous expliquiez tout cela.
Nous vous écoutons.
Je m'inquiète avant tout
pour la santé physique et mentale de cette jeune fille.
Comment osez-vous ?
Excusez-moi ?
Avant qu'elle me soit confiée,
Lilly vivait dans un contexte de cruauté inimaginable.
J'ai étudié et traité son cas, certes,
mais je lui ai aussi donné, quoi que vous en pensiez,
de l'amour et de la compassion.
Lilly et moi formons une famille.
Je peux vous assurer que cette enfant n'est hantée
par aucun démon.
Elle a clairement été hypnotisée
et manipulée par ce bon docteur pour jouer la comédie.
De l'hypnose, certes,
mais comment expliquer sa transformation physique,
sa peau, sa voix, les coups aux murs du studio ?
- Elle a lévité, bon sang. - Les effets étaient parfaits.
Je vous l'accorde.
- Vous savez ce que je pense ? - Dites.
Vous n'ĂŞtes qu'un avare insensible et imbus de lui-mĂŞme
qui cherche seulement Ă garder son demi-million de dollars.
Si vous permettez,
j'aimerais démontrer ma théorie et dissiper tout doute éventuel.
Je vous en prie.
Il me faut un volontaire.
Merci, Gus.
Oui, rejoignez-moi. Puis-je récupérer ces chaises ?
Vas-y, Gus.
Carmichael,
vous avez cinq minutes.
Faites-en bon usage.
N'ayez crainte, je vous prépare le parfait bouquet final.
Ma femme me préfèère avec la tête sur les épaules, M. Haig.
Vous ne prévoyez pas...
De la faire tourner ?
Tout le monde va avoir la tĂŞte qui tourne.
Pourrait-on baisser la lumière, je vous prie ?
Mettons-nous dans l'ambiance. N'est-ce pas, Dr June ?
Comme on le dit dans le monde de la télé,
il n'y a pas de fumée sans machine à fumée.
Je félicite le producteur.
Bien, Gus.
Vous vous sentez Ă l'aise ?
Tout Ă fait.
J'espère que tous les gens présents dans ce studio
ainsi que nos téléspectateurs, sont aussi à l'aise.
Il est important
que tout le monde soit aussi détendu que possible.
J'ai cet objet en ma possession,
et j'aimerais que vous le regardiez tous.
Pourrions-nous en faire un gros plan ?
Je vais maintenant vous demander
de fixer cette montre.
MĂŞme vous, Jack.
On voit bien tous les écrans, d'ici.
J'espère que nos téléspectateurs sont aussi concentrés.
Regardez bien.
Ça tourne
et ça tourne encore.
Est-ce que tout le monde se sent bien
et détendu ?
Bien.
Maintenant, Gus,
parlez-moi de votre vermiphobie.
- Pardon ? Ma quoi ? - Votre peur morbide des vers.
Comment savez-vous ça ?
En quoi vous dérangent-ils tant ?
C'est évident.
Ce sont des êtres dégoûtant et gluants,
sans bras, sans jambes, sans yeux.
C'est vrai, ils sont grotesques.
Ils pullulent dans les lieux sombres et humides,
comme la terre, la boue
et mĂŞme le corps humain.
C'est répugnant.
Vous rendez-vous compte que vous ĂŞtes en transe ?
Non, pas du tout.
En état de transe très profonde.
Bon, d'accord. C'est vous, l'expert.
Quand je claquerai des doigts,
j'exercerai sur vous une emprise totale.
C'est absurde. Je ne crois pas...
Gus, vous m'entendez ?
Oui.
Savez-vous oĂą vous ĂŞtes ?
Ici,
dans le studio, avec vous.
Vous ne vous sentez pas un peu différent ?
Non.
Pourquoi le devrais-je ?
Qu'est-ce que c'est ?
Vous entendez ?
Bon sang.
Ce qu'il fait chaud, ici.
Ça me gratte.
- Ça va, Gus ? - Oui.
Mais j'ai la peau qui démange.
Votre cou... Il saigne.
Je me suis coupé en me rasant.
Mazette.
Qu'est-ce que c'est ?
Nom de Dieu !
Restez calme, Gus.
Je les sens à l'intérieur.
Mon Dieu !
Aidez-moi, Carmichael.
Doux Jésus.
Pourquoi fait-il l'andouille, comme ça ?
Ce n'était pas censé arriver.
Rêveur, réveille-toi.
Ça va, Gus ?
Oui.
On commence quand ?
Ça alors, que s'est-il passé ?
Tu veux dire que tu ne t'es pas aperçu
que tu étais recouvert de vers ?
De vers ?
J'espère pas, dis donc. J'ai horreur des vers.
Bon, Carmichael,
qu'est-ce qui vient de se passer ?
J'ai fait exactement la mĂŞme chose que June,
avec un petit peu plus d'imagination.
J'étais autrefois le meilleur. Peut-être le suis-je encore.
Ce serait le bon moment pour applaudir.
Vous nous auriez donc tous hypnotisés ?
La plupart des gens présents ici,
et sans doute un certain nombre Ă la maison.
Par chance, vous ĂŞtes faciles Ă convaincre.
De quoi parle-t-il, June ?
Il nous a juste joué un vilain tour.
Leo, peut-on demander à revoir cette dernière séquence ?
On s'en occupe.
Si et seulement si Carmichael dit vrai,
attendons-nous à quelque chose de très intéressant.
C'est votre meilleure idée de la soirée, allons-y.
L'enregistrement est prĂŞt.
Commençons là .
Vous ne vous sentez pas un peu différent ?
Non.
Pourquoi le devrais-je ?
Parce qu'il va vous arriver une chose atroce.
C'est imminent.
Vous entendez ?
Ces bruits fantomatiques, ces cris angoissés
d'outre-tombe ?
Je ne me souvenais pas de ça.
Vous avez chaud.
Votre peau vous démange.
Comme si quelque chose grouillait à l'intérieur.
Ce qu'il fait chaud, ici.
Ça me gratte.
Votre cou... Il saigne.
Je me suis coupé en me rasant.
C'est quoi ? - Des vers.
Exactement. Par dizaines. Par centaines, mĂŞme.
Restez calme, Gus.
Non, je les sens à l'intérieur.
Montrez-moi.
Ils doivent sortir. - Ils sortent.
Mon Dieu. D'accord, arrĂŞtons-nous lĂ .
Je n'ai jamais eu aussi honte de toute ma vie.
Y a-t-il quelqu'un
qui n'a pas vu les vers, tout Ă l'heure ?
Une personne. Vous non plus ?
Donc Ă part deux membres du public,
on dirait que vous nous avez tous bernés encore une fois.
La routine.
Je n'ai hypnotisé ni Lilly
ni le public ni les téléspectateurs.
Je vous ai prise la main dans le sac.
Maintenant, les gens peuvent dormir tranquilles,
sachant que le diable ne va pas surgir de leur télé.
Si M. Haig croit que nous simulons,
pourquoi ne pas visionner cette partie-là de l'émission ?
Quand Monsieur Frayeur nous a rejoints ?
Les caméras ne mentent pas. N'est-ce pas, M. Haig ?
Bien sûr que non.
Non. Lilly a été assez éprouvée aujourd'hui.
Je suis désolé, mais mes producteurs m'indiquent
que la charmante Cleo James s'apprĂŞte
Ă nous faire rĂŞver.
Mais je pense qu'elle devrait revenir un autre jour,
parce que nous ne pouvons pas vous laisser dans le flou.
Je regrette, notre participation s'arrĂŞte lĂ .
On s'en va, Lilly.
Nous voulons que les gens connaissent la vérité, non ?
Restons. S'il vous plaît.
Bien. Commençons là .
Parle.
Vous savez qui je suis, docteur.
Silence.
Les caméras ne mentent pas.
Qui sont ces gens ?
Il doit y avoir une explication rationnelle.
Mes collègues de l'IFSIP vont examiner cette cassette.
Contente de te revoir, Jack.
On n'a pas été présentés. - Ne fais pas l'idiot.
Vous avez vu ? On peut arrĂŞter l'image ?
Reculez de quelques secondes.
Stop.
Reprenez là , mais très doucement.
Contente de te revoir, Jack.
Plus doucement.
ArrĂŞtez-vous lĂ .
- C'est un défaut d'image. - Non, c'est autre chose.
Maintenant, image par image.
Moins vite.
Continuez.
Minnie ?
Mon Dieu.
C'est vous.
Vous avez tout manigancé.
Vous croyiez qu'une "apparition" spéciale de Madeleine
allait sauver votre pauvre émission ?
C'est tout à fait logique, en y réfléchissant.
Vous étiez de mèche avec Christou
pour qu'il "contacte" votre femme.
Un peu de grand-guignol avec ces deux-lĂ
et quelques manipulations de vidéos...
C'est du génie, Jack.
Cynique et dépravé, mais du génie.
Mesdames, vous n'avez pas besoin d'en rajouter.
Quelqu'un pourrait venir l'aider ?
Tout de suite !
Arrêtez l'émission, Leo !
Par le pouvoir du Christ, va-t'en.
Par le pouvoir du Christ !
Gus !
Lilly, regarde-moi.
Seigneur des mouches, Dieu du profane,
je promets de te vénérer et de t'obéir
et d'accomplir tes vils désirs.
Nom de Dieu.
Abracadabra.
Sortez tous !
Viens, Jack. Allez, dépêche-toi.
NOUS RENCONTRONS DES DIFFICULTÉS TECHNIQUES
Mais maintenant,
voici le prince de minuit,
Jack Delroy !
Entre donc, Jack.
On t'aime, Jack !
Comment je suis arrivé ici ?
Comme Ă chaque fois, Jack.
En descendant la 5e avenue et en tournant Ă la 47e rue.
Ça va, Jack ?
J'en ai assez de rester ici,
dans cette grotte,
à cuisiner ton ragoût de tigre,
pendant que tu pars chasser avec tes potes troglodytes.
C'est quoi, ce bordel ?
Je crois que tu t'es trompé de réplique.
Leo !
Jack, oĂą tu vas ?
On est encore en direct.
Je vous ai apporté une chose très spéciale, Jack.
La voici.
Je la sors, que vous puissiez bien la voir.
Coucou.
- Doux Jésus. - Tenez.
Du calme, elle ne vous fera aucun mal.
Nous nous sommes rencontrés
quand je jouais dans Oh ! Calcutta ! Ă l'Eden .
Si vous aviez vu comme il a rougi
dans les coulisses,
quand il s'est retrouvé face à ces sublimes corps dénudés.
Tu te souviens, chéri ?
Non ?
Ça aussi, tu as réussi à l'oublier ?
Tu es morte.
NOUS RENCONTRONS DES DIFFICULTÉS TECHNIQUES
Ă€ vous, Penelope.
Faites tourner la roue des merveilles,
mais relâchez-la bien.
La semaine dernière, une dame est restée
Ă tourner pendant des heures.
Faites tourner.
Éteignez votre télévision.
Éteignez tout.
Arrêtez de regarder. Éteignez-la.
Éteignez-la !
ArrĂŞtez !
S'il vous plaît.
Bienvenue dans la famille, Jack.
Félicitations pour votre part d'audience.
Qu'avez-vous dû sacrifier pour ça ?
Le plus grand sacrifice de Jack Delroy
n'a pas encore eu lieu.
C'était une superbe émission, ce soir.
Au moins 40 % de part d'audience.
Peut-ĂŞtre mĂŞme 50.
Viens.
Maintenant, bois.
Te voilĂ .
J'avais peur qu'ils t'empĂŞchent de venir me voir.
Ils t'avaient promis que tout te sourirait.
N'est-ce pas ?
Que tu serais le numéro un.
Eh bien, ça y est, mon chéri.
Mais il y avait un prix Ă payer.
Exit, Minnie. La représentation est finie.
Je n'aurais jamais cru qu'ils...
Ton âme leur appartenait
et leur appartient encore.
Ce n'était pas censé se passer comme ça.
Il faut me croire.
Tu es tout seul, maintenant.
Je t'aime.
Je t'aime, Minnie.
Dans ce cas, je t'en prie,
rends-moi un dernier service.
Je souffre trop. Je t'en prie.
Je t'en prie. Tu sais ce que tu dois faire.
Fais-le.
Vas-y.
Rêveur, réveille-toi.
Rêveur, réveille-toi.
Rêveur, réveille-toi.
FIN DE LA TRANSMISSION
AINSI SOIT-IL
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