All language subtitles for Hammarskjold (2023)-(SE).fr

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Bien que ce film s'inspire de faits réels,

certains personnages, incidents et lieux ont été romancés.

Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations unies depuis 1953,

est un dirigeant fort et courageux.

Son objectif : faire de l'ONU

un outil pour la paix et la justice mondiales.

Noirs, Blancs, riches, pauvres,

selon lui, chacun a le droit à la liberté

et à l'autodétermination.

Il a négocié la libération de soldats américains capturés par la Chine,

évité une guerre mondiale en réglant la crise de Suez.

À présent, Hammarskjöld, star de la diplomatie internationale,

s'intéresse à la décolonisation de l'Afrique.

Il exhorte les puissances coloniales

à rendre tous les pouvoirs

aux peuples africains.

"Laissez faire Dag". L'expression du président Eisenhower est reprise

dans le monde entier.

Le changement offre des opportunités.

Rien n'empêchera la libération de l'Afrique.

Il suffit de laisser faire Dag.

Tant de questions m'empêchent de dormir

aux heures les plus calmes de la nuit.

Ai-je bien agi ?

Pourquoi ai-je agi comme je l'ai fait ?

Je parcours le même chemin,

je prononce les mêmes mots,

sans jamais trouver de réponse.

Priez pour que votre solitude

vous pousse

à trouver une raison de vivre

assez puissante pour être une raison de se sacrifier.

Village baluba Région du Katanga - Congo

Bonjour, M. Hammarskjöld.

- Est-ce vraiment un bon jour ? - Tout à fait.

Vous êtes en première page.

- Le petit-déjeuner est prêt. - Merci.

Le secrétaire général de l'ONU déclare la guerre au colonialisme

Merci.

Bonjour, Bill.

Bonjour.

M. Ranallo.

Merci, Rolf.

- C'est quoi ? - La confiture de myrtilles d'Eleanor.

Le dessin est de Junior.

Bien vu.

Vous pensez que c'est un futur Picasso ?

Il a du talent.

C'est gentil, merci.

Siège de l'ONU

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

Bonjour. Bel article du New York Times.

Merci.

Bonjour, M. le secrétaire général.

Bonjour, Bill.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, Hanna.

Des papiers à signer. Bunche vous attend au bureau.

J'aimerais des pâtisseries danoises de la cafétéria.

Je vous croyais au régime.

Non.

Je devrais ?

Vous feriez mieux d'y aller vous-même.

Merci.

- Bonjour, Ralph. - Bonjour, Dag.

Je vous ai apporté quelques réactions à votre discours.

- Bonnes ou mauvaises ? - Bonnes.

Mais il semblerait qu'un coup d'État militaire soit en cours au Congo.

Dans la région du Katanga.

Moïse Tshombé, soutenu par les troupes belges.

C'est la première réaction à la décolonisation.

Conor O'Brien est au Katanga.

Appelez-le tout de suite.

J'aimerais joindre Élisabethville.

J'aimerais joindre Élisabethville.

Vous m'entendez ?

On vous entend.

Je vous entends aussi.

M. O'Brien,

ici le secrétaire Hammarskjöld.

Quelle est la situation sur place ?

Tshombé vient de déclarer l'indépendance du Katanga.

Pour l'instant, c'est assez calme.

Mais plusieurs rapports font état de massacres

de Baluba par des bandes armées.

Une guerre civile ?

Pas encore, mais le risque est important.

De la part des tribus Baluba mais aussi du gouvernement élu.

Tshombé est soutenu

par les Belges.

Ils patrouillent dans les rues d'Élisabethville.

Ils minent l'indépendance pour conserver les ressources.

Le Katanga abrite l'Association minière.

Elle représente à elle seule 75 % du PIB du Congo.

Et fournit de l'uranium pour la bombe atomique américaine.

Tshombé est un homme d'affaires raté qui veut se reconvertir

dans la politique.

Il est à la botte de l'industrie minière.

Et à travers lui, elle gardera le pouvoir,

même après la décolonisation.

Association minière - Société belge Région du Katanga - Congo

M. le président.

Bienvenue.

Merci.

Je vous présente nos amis,

M. Renard et M. Baldini.

Votre Excellence,

je vous félicite d'avoir créé l'État du Katanga

et je vous transmets les vœux du gouvernement belge.

Et voici mon conseiller spécial et chef de la sécurité, M. Hunter.

Considérez-moi comme votre ami.

Je vous en prie.

Nous vous soutenons dans votre lutte

contre ces communistes de l'ONU.

La décolonisation a fracturé le Congo.

Nous avons tous vécu ici,

côte à côte,

en paix, Noirs et Blancs, pendant des décennies.

Pourquoi changer ?

Tout à fait, M. Hellemans.

Merci de votre soutien.

N'hésitez pas à nous demander quoi que ce soit.

Nous redoutons des attaques des Baluba

et du gouvernement de Léopoldville.

Il nous faut des armes.

Peut-être une force aérienne.

Ça, c'est délicat.

Mais on peut vous fournir des armes.

Notre principal problème est le Premier ministre Lumumba.

Nous savons qu'il a demandé aux Soviétiques

de soutenir

son régime illégitime.

À quoi pensez-vous ?

À une solution définitive.

Mais compliquée.

Lumumba est à Léopoldville, protégé par les forces de l'ONU.

Il n'y a pas un communiste dans le pays

que je ne puisse traquer et vous livrer.

Mais ce sera à vous de faire le sale boulot.

Non.

Nous ne laisserons pas les Belges servir d'armée à Tshombé.

Faites un communiqué.

"L'ONU s'engage pour un Congo libre et uni

"et n'accepte pas

"la sécession du Katanga.

"Nous ferons tout

"pour réunifier le pays.

"Les intérêts coloniaux

"au Katanga sont importants.

"S'ils sont à l'origine de la sécession du Katanga,

"l'ONU agira fermement."

C'est une déclaration dure.

Elle touche toutes les puissances qui ont des intérêts financiers

dans les anciennes colonies.

Soyons prudents dans notre réaction.

Le Katanga est le point zéro

de la réussite de la décolonisation.

Notre position doit être claire.

Le Premier ministre congolais demande

une rencontre d'urgence ici à New York.

Bien.

Merci.

L'ONU travaille jour et nuit à une solution pacifique

pour réintégrer le Katanga au Congo.

Toutes nos forces diplomatiques...

La diplomatie ne sert à rien avec Tshombé.

C'est un démon,

un traître protégé par les capitalistes belges

et leurs alliés.

Si vous croyez en la décolonisation,

appuyez votre parole par l'action militaire.

L'ONU veut la paix, M. Lumumba.

Pas la guerre.

Je peux trouver de l'aide ailleurs.

Si vous faites référence à l'URSS, je vous le déconseille vivement.

Ça nous mêlerait à la guerre froide.

- On risquerait une guerre mondiale. - Je suis congolais.

Et j'ai été élu pour représenter les Congolais.

Tshombé n'a pas le droit de revendiquer le Katanga.

En effet.

Il fera toujours partie

du Congo.

Donnez-nous du temps.

Je n'en ai pas, M. Hammarskjöld.

Laissez faire la diplomatie.

Cette situation est extrêmement dangereuse

pour moi et ma famille.

Alors je vous le demande, M. Hammarskjöld.

Je vous en supplie.

S'il vous plaît,

aidez-nous.

Nous le faisons.

Nous ne reculerons pas.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir

pour vous protéger, vous et votre famille.

Je vous le promets.

Hôtel de ville - Élisabethville Région du Katanga - Congo

Tshombé, Tshombé !

Le programme de décolonisation

est jugé responsable de la crise qui a éclaté

dans toute l'Afrique.

Au Congo, des tribus rivales s'affrontent

tandis que les Blancs se réfugient hors du pays.

Le roi Baudouin de Belgique doit se rendre à Léopoldville

pour rencontrer le gouvernement dirigé par Patrice Lumumba.

D'où viennent ces images ?

De nos sources à la CIA.

Apparemment,

Lumumba a été enlevé hier à Léopoldville

et emmené au Katanga.

Sait-on s'il est toujours en vie ?

Non.

On essaie de joindre O'Brien.

Quand vous l'aurez,

dites-lui que la priorité est de savoir où se trouve Lumumba.

Et convoquez le Conseil de sécurité.

Conseil de sécurité - Siège de l'ONU New York

Mesdames et messieurs,

Vos Excellences,

j'envoie aujourd'hui un message fort

à Moïse Tshombé. Je le tiens pour responsable

de la sécurité du Premier ministre Lumumba.

Et soyez assurés

que nous découvrirons

qui l'a enlevé.

Tout cela est votre faute,

M. le secrétaire général.

C'est votre manque de jugement

qui a provoqué cette crise.

Selon des sources fiables,

les troupes belges soutiennent

le gouvernement illégitime de Tshombé au Katanga.

C'est inacceptable.

M. le secrétaire général,

nos soldats ne sont au Katanga que pour maintenir la paix.

Et pas parce que la Belgique a des intérêts majeurs

dans l'industrie minière du Katanga ?

La Belgique n'a rien à voir

avec la disparition de M. Lumumba.

C'est évident.

La CIA

a organisé la chute de Lumumba et l'a remis

au régime criminel du Katanga.

Les allégations de l'ambassadeur soviétique sont monstrueuses.

Dites la vérité !

Vous avez peur

de déranger les intérêts militaires et industriels des Occidentaux !

L'Union soviétique exige que l'ONU

intervienne immédiatement

en recourant à la force nécessaire.

Mesdames et messieurs,

Vos Excellences,

je viens de recevoir

l'information suivante.

Région du Katanga Congo

Patrice Lumumba,

l'ancien Premier ministre

du Congo,

a été assassiné

au Katanga.

Silence.

S'il vous plaît. Mesdames et messieurs, silence.

L'ONU et le secrétaire général ont-ils une responsabilité

dans la mort de M. Lumumba ?

Non.

Les Nations unies n'ont pas tué M. Lumumba.

Des manifestations ont eu lieu dans le monde entier

en réaction à l'assassinat de Patrice Lumumba,

le Premier ministre congolais.

À Léopoldville, l'ambassade de Belgique a été attaquée

et le personnel s'est échappé par les fenêtres.

Les manifestants en voulaient aussi à l'ONU

et à son secrétaire général.

Mesdames et messieurs, s'il vous plaît.

Suite à l'exécution tragique de Patrice Lumumba,

je tiens à souligner

que la politique de l'ONU au Congo reste inchangée.

Merci beaucoup.

Au Caire,

les manifestants ont incendié le bureau de l'ONU

et réclamé la démission de Dag Hammarskjöld.

Au Kremlin, le leader soviétique, Nikita Khrouchtchev,

a également demandé le départ de Hammarskjöld.

L'ONU n'a pas encore réagi à cette demande.

Il faut qu'on sache ce qu'en pense Kennedy.

Il est à New York mercredi pour l'Assemblée.

Je demande une entrevue privée ?

Oui.

Dag, ce n'est pas votre faute.

Si, Bill.

C'est ma faute.

- Bonsoir, M. Hammarskjöld. - Bonsoir.

Nous sommes jeudi, je dors chez ma sœur.

Je vous ai préparé à manger.

Merci.

À demain.

Oui, monsieur. Bonne soirée.

Merci.

Je cherche le déraisonnable

pour que la vie ait un sens.

Je mène des combats impossibles...

pour que ma vie ait un sens.

Je n'ose croire...

Je ne sais comment croire

que je ne suis pas seul.

M. le président.

M. Hammarskjöld. J'étais impatient de vous rencontrer.

Je suis votre travail de près.

- Je dirais même que je suis fan. - Merci.

- Félicitations pour votre élection. - Merci.

Je vous en prie.

C'est trop. Merci.

- C'est comme ça chaque matin ? - Oui.

Incroyable.

- Hanna, ma secrétaire. - Bienvenue.

Bonjour.

Que puis-je pour vous ?

L'URSS va réclamer

ma démission demain lors de l'Assemblée générale.

À cause de la crise du Congo.

Quelle est votre position ?

Les États-Unis vous soutiennent.

Dans votre mission de décolonisation.

Mais soyons clairs, M. Hammarskjöld.

Un communiste comme Lumumba

à la tête d'un riche pays africain fournisseur d'uranium

pour la bombe A des ennemis de la démocratie, c'est inacceptable.

On a vu les conséquences.

Je pense que ça aurait pu être évité,

si la CIA n'avait pas fait passer les intérêts américains

avant les efforts de paix des Nations unies.

Quels sont vos projets au Congo ?

Je veux un retrait total des troupes étrangères du Katanga

pour les remplacer par des Casques bleus.

- Vaste opération. - 10 000 hommes pour commencer.

Tshombé sera obligé de rendre le Katanga au Congo.

- Vous créez une armée. - Une force de paix.

Il faut parfois dissuader les pays riches de s'accrocher aux trésors

de leurs anciennes colonies.

Sauf votre respect, vous avez besoin d'amis.

D'autres que Khrouchtchev réclament votre démission.

Mais rassurez-vous, les États-Unis

n'en font pas partie. Pour l'instant.

J'apprécie votre soutien.

Je n'en doute pas.

Nikita Khrouchtchev est arrivé à New York aujourd'hui

pour s'adresser à l'Assemblée générale des Nations unies.

Beaucoup pensent qu'il va réclamer la démission de Hammarskjöld

à cause de la crise en Afrique.

J'aimerais rencontrer Khrouchtchev avant l'Assemblée

pour régler ça à l'abri de la presse.

J'ai essayé de le contacter.

Mais il va demander publiquement un vote de défiance à l'Assemblée.

Vous allez devoir démissionner.

Il y a une délégation scandinave dans le bâtiment.

L'un d'eux dit vous connaître et veut vous saluer.

- Comment s'appelle-t-il ? - M. Peter Levin.

Il vous attend au restaurant.

- Venez me chercher dans 10 minutes. - Bien.

Peter.

Ravi de te revoir.

Ça fait longtemps.

Presque 30 ans.

Tant que ça ?

Nous avons un ami commun. Bo Beskow.

Bo et Greta sont de vieux amis.

Oui, je sais. Je viens d'emménager en Österlen.

Bo et Greta m'ont suggéré de venir te voir.

Tu as bien fait.

Tu veux une tasse de café ou autre chose ?

Non.

- J'ai peu de temps. - Je sais.

Que fais-tu à New York ?

Mon dernier livre va être publié en Amérique.

Heureux de l'entendre.

Je suis venu rencontrer des éditeurs et des écrivains.

J'ai lu tous tes bouquins.

Et je les trouve...

très bons.

Merci. Ma femme et moi t'avons suivi de loin.

Tu as accompli tant de choses.

Tu es marié ?

Oui.

Malheureusement, elle est décédée l'an dernier.

Je suis désolé.

- Tu as des enfants ? - Josefin.

24 ans, journaliste.

Passionnée par son travail.

Tu fais encore de l'escalade ?

Non.

Je n'ai plus le temps.

Mais... tu en fais encore ?

J'essaie de partir en montagne une fois par an.

Tu te souviens de l'ascension du Kebnekajse ?

Oui.

Excusez-moi, monsieur.

On vous demande en salle de crise.

Je dois retourner travailler.

J'ai été ravi de te revoir.

Attends.

La traduction anglaise sera publiée ici, mais...

C'est la première édition ?

Je note mon adresse et mon téléphone, au cas où tu voudrais

passer voir un vieil ami.

Je te remercie.

- Bonsoir, M. Hammarskjöld. - Bonsoir, Rolf.

Dois-je servir le dîner, monsieur ?

Non, ça ira.

Merci.

J'ai un cadeau

pour toi.

Dag.

Dag, pardon.

Je suis dans le néant.

Je dors dans le silence.

Je pleure dans l'obscurité.

Petit incube.

Quand ?

Quand ?

M. Hammarskjöld.

Monsieur.

M. Hammarskjöld.

M. Ranallo est là.

Bonjour, patron.

Vous avez passé la nuit ici ?

Je n'ai pas dormi.

Mais j'ai dû m'assoupir.

Le vote de défiance commence dans deux heures.

Je vais me doucher.

Pas de petit-déjeuner.

- Bonjour. - Vous êtes en retard.

Oui, je sais.

- Café ? - Non, merci.

On relit votre discours ?

Non.

Laissez-moi seul 5 minutes.

On a été suivis.

Je vais en parler à la sécurité.

Je vais aux toilettes.

Secrétaire général Hammarskjöld,

pardon d'être aussi direct, mais vous êtes

un modèle pour moi.

Merci. Qui êtes-vous ?

Donald Smith.

- Vous travaillez ici ? - Oui.

Je commence comme assistant à la Force d'urgence.

C'est bon à savoir, en cas d'urgence.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.

Merci.

Voici ma carte, si vous voulez prendre un café.

Ce ne sera pas nécessaire.

C'est le type de la voiture.

Aucun Donald Smith ne travaille ici.

- C'était un piège. - Sûrement le KGB.

Ça peut être n'importe qui.

Soyons prudents. Ne laissons pas courir de rumeur.

"Prudents" ?

Une simple rumeur peut détruire quelqu'un.

Je n'ai rien à cacher.

Je regrette que vous ayez à subir ça.

C'est absurde.

C'est à vomir

et totalement absurde.

Prochain orateur, Nikita Khrouchtchev, Union soviétique.

Le secrétaire général n'a fait preuve

d'aucune impartialité.

La responsabilité de l'assassinat

de Patrice Lumumba

pèse sur les épaules de M. Hammarskjöld

et de sa politique au Congo.

S'il n'a pas lui-même le courage de démissionner,

nous en tirerons les conclusions qui s'imposent.

L'Union soviétique a parlé de courage.

C'est facile de démissionner.

Ça l'est moins de rester en poste.

C'est facile de se plier

aux désirs d'une grande puissance.

Ça l'est moins de résister.

Comme tous les membres de l'Assemblée le savent,

je l'ai fait à de nombreuses reprises et dans de nombreux contextes,

et je poursuivrai mon travail

pour les nations défavorisées

qui voient en cette organisation leur meilleure protection

dans ce monde d'affrontements idéologiques

et de violents conflits d'intérêts

entre superpuissances.

Je resterai à mon poste

toute la durée de mon mandat de secrétaire général de l'ONU

et dans l'intérêt de ces autres nations

aussi longtemps qu'elles le souhaiteront.

Très longuement applaudi,

Dag Hammarskjöld a prolongé sa mission au Congo.

Monsieur,

allez-vous boire une vodka avec Khrouchtchev ?

Je pense qu'il boira sa vodka seul.

Afin d'éviter une guerre civile au Congo,

des mesures seront prises pour le retrait immédiat

de tous les militaires et politiques belges du Katanga.

Le représentant Conor O'Brien sera l'autorité de l'ONU sur place.

10 000 soldats supplémentaires seront déployés

pour maintenir la paix et la stabilité.

Le président Tshombé vous inquiète-t-il ?

M. Tshombé n'a aucune légitimité.

Et ses soutiens ?

Nous demandons aux grandes puissances

de mettre de côté leurs intérêts économiques

et de faire pression sur lui pour qu'il se retire.

L'époque de la colonisation est révolue. Merci.

Il va céder tout ce qu'on a construit pendant des générations

à ces barbares.

On ne peut pas rester là

les bras croisés et le laisser faire.

Sans l'armée belge, je n'ai ni protection ni moyen de pression.

Il me faut une armée.

N'ayez crainte, M. Tshombé.

Je vais vous aider.

Merci.

À vous tous.

La meilleure équipe du monde.

Célébrons ce moment.

Et demain, nous travaillerons deux fois plus dur !

Santé.

Aujourd'hui, une des grandes puissances a subi un revers.

Elles ne pourront plus décider seules de ce qu'on doit faire.

Elles devront rendre des comptes à la communauté mondiale, à l'ONU.

Et Khrouchtchev, à son présidium.

Levin.

C'est Dag Hammarskjöld.

En voilà une surprise !

Cette semaine, je rentre en Österlen voir Bo et Greta.

On va fêter mon anniversaire.

Tu pourrais peut-être venir. Je reste 3 jours.

D'accord. Quand ?

Jeudi. Viens pour déjeuner.

Il y aura toi, moi, Greta, Bo et mon garde du corps, Bill.

Avec grand plaisir.

- Oui ? - Oui.

À jeudi.

À jeudi.

Au revoir.

Österlen - Suède

Bienvenue en Österlen, Bill.

- Ravi de vous voir. - Moi aussi.

- Dag. - Bo.

Bienvenue.

Maria.

Quelles jolies fleurs. C'est toi qui les as cueillies ?

Oui, avec maman.

Merci beaucoup.

- Dag. - Greta.

- Te voilà enfin. - Ravi de vous voir.

Assieds-toi.

Ma femme vous passe le bonjour.

- La prochaine fois, amenez-la. - Elle sera ravie.

- On s'entraîne. - Je vois ça.

Je vais chercher vos bagages.

- Non, j'y vais. - Détendez-vous, Bill.

Greta a prévu quelque chose.

- Bo, ne dis rien. - Ah oui ?

- Qu'as-tu prévu ? - Rien.

Rien ?

Non, rien.

C'est quoi ?

Une surprise pour toi. On te montrera avant le dîner.

J'adore les surprises.

Voilà. C'est ça, notre surprise.

Le propriétaire de la maison va la mettre en vente.

Il a promis de te donner la priorité.

Si ça t'intéresse.

C'est à côté de chez nous.

On se verra tous les jours.

Tu seras tranquille ici, Dag.

Je me suis dit que ça te plairait.

Je dois dire que je n'ai jamais pensé

à ce que je ferai après l'ONU.

On peut la visiter.

J'ai le temps de réfléchir un peu ?

Bien sûr. Le propriétaire peut attendre.

Comment vas-tu ?

Je vais bien.

Pourquoi m'as-tu invité ?

Je voudrais redevenir ton ami.

Je regrette d'avoir coupé les ponts.

Et la façon dont je l'ai fait.

C'est oublié.

Je vais à New York le mois prochain.

Pour la sortie de mon livre.

Appelle-moi.

C'était affreux.

On était assis à table

et après le repas, ils nous ont dit qu'on avait mangé un ver.

- Non ! - Si.

Ne leur racontez pas ça !

Je continue en anglais pour Bill.

Chers amis,

ça fait longtemps que je n'ai pas connu de journée

sans catastrophe naturelle,

sans famine

ou sans guerre.

Avec vous,

ici en Suède,

tout est paisible,

tranquille, je dors bien la nuit.

Et je suis avec des amis

qui me sont chers.

Voilà pourquoi j'ai décidé

d'acheter la maison.

Quoi ? Non !

Si.

Il faudra m'aider à la rénover.

On t'aidera avec plaisir, Dag. Sincèrement.

M. le président, j'aimerais vous présenter

la nouvelle armée du Katanga.

On a 1 000 soldats à la frontière de la Rhodésie du Nord.

Ils ont tous combattu au Vietnam et en Algérie

et sont prêts à vous servir.

Messieurs, bienvenue dans l'État libre du Katanga !

Nous allons montrer au monde

qui contrôle ce pays.

Ce n'est pas l'ONU.

Ce n'est pas ce communiste de Dag Hammarskjöld.

C'est nous qui contrôlons le Katanga !

Nous allons chasser l'ONU du Katanga !

Dag Hammarskjöld.

D'accord.

Merci.

Élisabethville Région du Katanga - Congo

Nos troupes ont subi plusieurs attaques ces dernières 24 heures.

- Ils ont une stratégie. - Que proposez-vous ?

Prendre le contrôle des infrastructures clés de la ville :

la poste, le centre télégraphique, la radio, l'hôtel de police.

Puis on arrête et on expulse les mercenaires.

C'est possible ?

On a 10 fois plus d'hommes que Tshombé et ils ne s'y attendent pas,

donc c'est possible.

Et le Conseil de sécurité ?

On sait qu'ils ne bougeront pas.

- Oui, mais il faut les avertir. - Non.

Selon la résolution 161, on a le droit d'intervenir en cas d'attaque.

Oui, mais on doit les avertir.

- O'Brien. - Oui ?

Élaborez un plan. Je me charge des détails.

Entendu. Ce sera l'opération Rum Punch.

Très bien.

L'opération Rum Punch,

selon les directives,

commencera le 28 août à 6 h.

Objectif : expulser tous les mercenaires.

Vous êtes prêt ?

L'opération Rum Punch.

Cryptée. Pour Conor O'Brien.

Bien, monsieur.

Bureau de la NSA Washington

Quelles sont les options ?

On ne peut pas intervenir sans dévoiler les écoutes.

On pourrait transmettre les informations

et supprimer l'effet de surprise.

Tshombé n'est pas notre allié.

Non, monsieur. C'est le colonel Mobutu.

Et si l'opération réussit ?

Tshombé serait affaibli et l'ONU, renforcée.

On pourrait plus facilement négocier une réunification.

- Votre pronostic ? - Ils sont plus nombreux.

Si l'opération reste secrète, ils ont de bonnes chances.

Bien. Laissez-les faire.

- Rien ne sort d'ici. - Oui, monsieur.

Merci.

Allô ?

J'ai besoin d'une ligne.

L'opération commence

dans 5 minutes.

Et vous n'avez pas de liaison ?

Je suis navré. Ça marchait il y a une heure.

Il y a une heure ?

Monsieur, on a O'Brien en ligne.

Oui, O'Brien.

Nos troupes ont pris le contrôle

de la poste centrale et du centre télégraphique.

- Aucun blessé. - Fantastique.

Et Tshombé ?

Il est enfermé au siège du gouvernement. Je m'y rends.

Bien.

Prêts ?

M. le président. Conor O'Brien.

- Enchanté. - Vous m'arrêtez ?

L'ONU

a pris les mesures de sécurité nécessaires,

puisque vous avez quitté les négociations.

L'ONU se conduit comme un occupant.

Et le secrétaire général est son commandant en chef.

Quoi qu'il en soit,

nous garderons le contrôle

jusqu'à ce que tous les mercenaires soient expulsés

et que vous repreniez les négociations.

Si vous acceptez

de vous soumettre aux exigences de l'ONU,

comme je vous le conseille vivement,

nous retirerons nos troupes immédiatement

et j'organiserai une réunion entre vous et le gouvernement

sur le rôle de la province du Katanga dans le Congo réunifié.

Tshombé a accepté nos conditions.

Tous les mercenaires

sont en train d'être expulsés.

Aucun coup de feu n'a été tiré. Il n'y a aucune victime.

Actuellement, l'ONU

contrôle totalement Élisabethville.

L'opération Rum Punch est une réussite.

La Belgique va déposer plainte.

- Vous êtes allé trop loin. - Je suis d'accord.

C'est une attaque inacceptable contre un État souverain.

La situation était fluide et le délai, trop court.

L'occupation d'un État souverain

va à l'encontre de toutes les valeurs que défend l'ONU.

Nous défendons la paix.

L'opération s'est déroulée sans un seul coup de feu.

Le secrétaire général peut-il déclarer

que nous ne recourrons pas à la force au Katanga ?

- Nos troupes se retirent. - Et en cas d'escalade ?

Nous ferons tout

pour garantir la sécurité et l'unité du Congo.

Monsieur,

Peter Levin est en ligne.

Passez-le-moi.

C'est privé.

Bien sûr.

Merci.

- Dag Hammarskjöld. - C'est Peter.

Je suis à New York. Tu n'as peut-être pas le temps.

Si, j'ai le temps.

On peut se retrouver chez moi.

Disons 20 h ce soir.

- Si tu es libre. - Avec plaisir.

Très bien. Je suis ravi. À ce soir.

À ce soir.

Bienvenue, Peter.

Je te présente mon colocataire, M. Greenback.

M. Greenback, Peter Levin. Peter Levin, M. Greenback.

Enchanté, M. Greenback.

C'est un petit gars plein de vie.

Il est gentil et intelligent.

Je vois ça.

Je l'ai eu en Somalie.

On a vécu 18 ans à Copenhague. Ça a été...

une sacrée période.

Et maintenant, c'est le temps

du silence en solitaire.

Et toi, tu vis seul ?

- Non, avec M. Greenback. - Ah oui.

Et Rolf.

"Rolf" ?

Mon majordome.

Il y a aussi Bill qui n'habite pas loin.

Tu écris toujours ?

Quelques poèmes.

- Tu voudrais les lire ? - Oui. Si tu le permets.

Montre.

Non.

Personne ne les a jamais lus. C'est personnel.

Je n'ose croire...

Je ne sais comment croire

que je ne suis pas seul.

Je suis dans le néant.

Je dors dans le silence.

Je pleure dans l'obscurité.

Priez pour que votre solitude

vous pousse à trouver une raison de vivre

assez puissante pour être une raison de se sacrifier.

Je trouve ça...

courageux.

Tu t'abandonnes aux sentiments. C'est touchant.

C'est juste une façon d'affronter la solitude

et les difficultés de mon travail.

Je pense sincèrement que tu devrais les publier.

Je peux t'aider

à trouver un éditeur.

Non. Ça ne peut pas être publié.

Merci de m'avoir lu.

M. Hammarskjöld.

Je vous demande pardon.

Un appel de M. Conor O'Brien à Élisabethville.

Merci.

Monsieur.

Dag, désolé de vous réveiller.

Nous avons un petit problème.

Je vous écoute.

Tshombé revient sur tout ce qu'il avait accepté.

Les mercenaires sont de retour, plus nombreux que jamais.

Il vise ses vieux ennemis, les Baluba.

Il crée délibérément le chaos. Il tue les Baluba par milliers

pour qu'on se consacre entièrement aux réfugiés.

Nous avons

30 000 réfugiés sous notre protection.

Ils vivent dans des camps de fortune.

On manque de nourriture et d'eau.

La situation est impossible, Dag.

Nous devons agir. Il y a grand un risque de génocide.

Dag, les Baluba se font massacrer.

Peut-on l'arrêter ?

Il le faut.

Ça me bouleverse autant que vous, voire plus.

Mais nous devons respecter les règles.

La situation est grave.

On ne peut pas renoncer à la diplomatie.

Tshombé a prouvé

que dans cette crise,

la diplomatie ne sert à rien.

- Ce n'est pas de votre ressort. - Si.

On ne peut pas entrer en guerre seuls.

On a besoin d'alliés pour faire pression sur Tshombé.

Et en attendant, on reste les bras croisés

et on regarde ce peuple se faire tuer ?

Une nouvelle offensive nous mettrait à dos le Conseil de sécurité.

- Des milliers de vies sont en jeu. - Ce n'est pas...

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir

pour les protéger.

C'est mon devoir.

Bien sûr.

Mais vous ne gagnerez pas cette bataille seul.

Association minière - Société belge Région du Katanga - Congo

Je vous présente M. Radcliff.

M. Radcliff, bienvenue au Katanga libre.

Voici M. Baldini.

M. Renard.

Et le président Tshombé.

Nous remercions

le gouvernement nord-rhodésien de son soutien à notre force aérienne.

Je n'accepte pas un tel comportement.

Je suis président.

- C'est inacceptable ! - Je comprends.

Mais on a besoin de lui.

Le Fouga Magister français.

Très efficace contre toutes les forces terrestres.

On peut vous en livrer 4 immédiatement.

Et 3 autres dans quelques semaines.

On va pouvoir résister à toutes les attaques de l'ONU.

Merci, M. Radcliff.

L'ONU...

Je suis né ici, en Afrique.

Ce sont les Blancs qui ont civilisé ce continent.

Sans nous, ils seraient dans les arbres.

Un verre ?

Merci.

Je propose une rencontre entre Tshombé et le gouvernement

à l'ambassade britannique à Léopoldville.

Croire que Tshombé cessera ses provocations est illusoire.

Il faut faire pression sur lui.

Sans sa coopération, il n'y aura pas de paix au Congo.

Croire le contraire est illusoire.

Nous savons tous que les mercenaires de Tshombé

ont été formés par des officiers belges.

M. Hammarskjöld,

nous ne contrôlons pas les actes des citoyens belges au Katanga.

Ni dans le reste du monde.

Si tel est le résultat,

vous devriez y songer.

- Vous auriez un moment ? - Bien sûr, Bill. Qu'y a-t-il ?

Je me suis renseigné sur votre ami Peter.

Il a été arrêté en Suède.

Pour activité homosexuelle.

Je suis désolé, patron. Je voulais vous informer.

Merci.

Vous l'avez dit à Wieschhoff et à Bunche ?

Oui.

J'ai eu tort ?

Non.

Merci.

Merci, Bill. Vous avez bien fait.

Content de te voir.

Tu as fait l'objet d'un contrôle de sécurité.

C'est la routine.

Ça arrive souvent.

Il s'avère que tu as été

arrêté pour délit sexuel en Suède.

C'était il y a longtemps.

Ça n'a aucune importance.

En tant que secrétaire général,

j'ai subi deux campagnes de diffamation.

Certains cherchaient à se débarrasser de moi.

Alors nous ne pouvons pas être amis ?

Peter, je te respecte. Je respecte tes choix,

mais...

Tu fuis encore.

- J'ai choisi une autre voie. - Tu es comme moi.

Je le vois dans ce que tu écris.

Je ne suis pas homosexuel.

Je suis un homme politique, le secrétaire général de l'ONU.

Et Dieu me montre le chemin.

Monsieur, j'ai une mauvaise nouvelle.

Greenback est mort.

Il a trébuché dans l'escalier.

La laisse s'est emmêlée, il s'est étranglé.

Je suis navré.

Je peux faire quelque chose ?

Veillez à ce qu'il ne soit plus là à mon retour.

Vous voulez bien ?

Je ne veux pas voir son cadavre.

Fatigué.

Et seul.

C'est là que l'esprit souffre.

C'est à cet instant précis que tu ne dois pas

faillir.

Pleure, si tu le peux.

Pleure,

mais ne te plains pas.

La route t'a choisi.

Tu dois la remercier.

L'opération Morthor

débutera le 13 septembre

à 6 h.

Elle ira beaucoup plus loin que Rum Punch.

Objectif : prendre le contrôle du Katanga

avec le gouverneur de Léopoldville.

Ensuite, nous proclamerons la loi martiale.

Et cette fois,

nos soldats resteront au Katanga

jusqu'à ce que son statut provincial soit acté.

Je me rendrai personnellement au Congo

pour négocier avec le gouvernement congolais

et avec Tshombé.

Et si Tshombé refuse de négocier ?

Il n'aura pas le choix.

Et le Conseil de sécurité ?

Il sera informé après le lancement de l'opération.

Vous allez trop loin.

J'entends votre objection.

Vous franchirez les bornes sans moi.

Je refuse de participer.

Messieurs.

L'opération Morthor

débutera le 13 septembre

à 6 h.

Hammarskjöld a lancé

une offensive au Katanga qui va au-delà de Rum Punch.

C'est un coup d'État.

Oui, monsieur. Il va trop loin.

C'est injustifiable.

C'est une violation de la Charte des Nations unies.

Que dois-je faire ?

L'ONU va lancer une offensive

demain à Élisabethville, à 6 h.

Quoi ?

Hammarskjöld est en route pour le Congo.

D'où tenez-vous cela ?

De plusieurs sources fiables.

Je connais une organisation qui peut nous aider.

M'autorisez-vous à la contacter ?

Je m'en remets à vous.

Bien.

Il est 6 h

à Élisabethville.

Morthor va commencer.

Tout va bien se passer, patron.

Tout le monde descend.

Aéroport de Léopoldville Congo

L'opération Morthor a échoué.

C'est un désastre.

Il y a des combats dans toute la ville.

Les Casques bleus se font tuer.

Ils se sont procuré des avions de chasse.

Ils nous attendaient.

Et autre chose.

Ils ont une liste d'hommes à abattre.

Vous êtes la cible n°1.

- Et Tshombé ? - Il se cache.

Personne ne sait où il est.

Rencontrons la presse.

M. le secrétaire général,

êtes-vous au courant des combats qui ont éclaté à Élisabethville ?

L'attaque a été lancée à 6 h du matin.

Vous avez autorisé l'opération ?

- Allez-vous voir M. Tshombé ? - Vous serez informés.

- Où et quand ? - Merci.

- Dag. - Sture.

Bienvenue à Léopoldville.

- Mes collaborateurs. - Enchanté.

Enchanté.

Les conditions ne sont pas celles qu'on aurait souhaitées.

J'aimerais rencontrer Tshombé au plus vite.

Nous y travaillons.

Est-ce ennuyeux si je n'assiste pas

aux festivités ce soir ?

Il faut que vous veniez.

Entendu.

Camp de mercenaires de Congo Red Région du Katanga - Congo

Congo Red, je vous présente M. Baldini

et M. Renard, nos clients.

Suivez-moi.

M. Hunter dit que vous apportez des solutions.

Je fais partie d'une organisation qui fournit certains services.

Nous éliminons les problèmes qui se posent.

Nous sommes là pour ça.

Bien.

De quel genre de moyens disposerions-nous ?

- Illimités. - Je veux qu'on le surveille.

- En permanence. - Je m'en occupe.

- On doit croire à un accident. - Ce sera plus cher.

Et les dommages collatéraux ?

À éviter si possible, mais le travail doit être fait.

Très bien.

Maintenant, mangeons.

Le pain.

Villa de Sture Linnér Léopoldville - Congo

Merci.

Beaucoup de gens veulent vous parler.

Je m'en doute.

M. Hammarskjöld, Bill Gallway, l'ambassadeur des États-Unis.

M. l'ambassadeur.

Au nom du gouvernement américain, je réprouve les actions

des Casques bleus au Katanga ces dernières 24 heures.

C'était une opération de défense nécessaire.

Inacceptable.

Pour empêcher le génocide des Baluba.

Vous ne vous facilitez pas la tâche.

Ce n'est pas mon but.

Négociez un accord de paix au lieu de tenter un coup d'État.

J'essaie d'obtenir une rencontre entre Tshombé et le gouvernement congolais.

La France exige la fin de l'opération.

Pensez à vous.

Si vous ne négociez pas un cessez-le-feu immédiatement,

mon gouvernement ne pourra plus soutenir l'ONU au Katanga.

Quand les adversaires sont trop nombreux,

il vaut mieux abandonner la bataille.

Hôtel Le Regina Léopoldville

Vous avez un message pour moi ?

Oui.

Aucun signe de Tshombé. Impossible de le rencontrer demain.

On verra ça demain.

Vous faut-il quelque chose avant que j'aille me coucher ?

Tout va bien ?

Ils rejettent tous ma politique.

Ils ne veulent pas de changement.

Ils veulent le pouvoir.

Les ressources.

Ils veulent se partager l'Afrique,

comme ils le font depuis des années.

Vous pouvez aller vous coucher. Merci.

Bonne nuit, patron.

Bonne nuit.

Les mains en l'air.

Tournez-vous lentement.

Qui êtes-vous ?

George Lansdowne, émissaire du gouvernement britannique.

Que voulez-vous ?

Baissez votre arme.

Dag.

C'est Bill. Vous pouvez sortir.

M. le secrétaire général,

le président Tshombé accepte de vous rencontrer.

C'est une bonne nouvelle.

Entrez.

Mes contacts au gouvernement du Katanga

m'ont permis d'organiser un face-à-face.

Et les conditions ?

Le gouvernement de Sa Majesté n'impose que la date et le lieu,

pour des raisons de sécurité.

Ce sera votre réunion.

Votre politique.

Vous vous réunirez à l'aéroport de Ndola, à 15 km du Katanga,

sous l'égide de la fédération de Rhodésie

et du gouvernement britannique. Vous partez demain.

Bonne chance, M. Hammarskjöld.

Merci, Lord Lansdowne.

- Allez réveiller Wieschhoff. - Attendez.

Rendez-vous ici dans 15 min. Appelez Linnér.

Se rendre en territoire ennemi sans aucune sécurité est un acte naïf,

obstiné et franchement stupide.

Il faut que Tshombé vienne à Léopoldville.

Si vous croyez que nous sommes en position

d'imposer cela, c'est vous qui êtes naïf.

Cette rencontre avec Tshombé est une chance unique.

Je conserve le prestige de la fonction.

On peut affréter un DC-6 de Transair.

- Avec un équipage suédois fiable. - Et l'escorte ?

L'Éthiopie enverra 4 avions de chasse.

Mais ils devront s'arrêter pour se ravitailler.

En Ouganda ou au Kenya.

Il nous faut l'autorisation des Britanniques.

Nous l'aurons.

Parfait. Merci. Asseyez-vous.

- Un café ? - Merci.

Du courrier.

Merci, Bill.

- Vous n'avez rien pour New York ? - Non.

On part pour l'aéroport dans 10 min. Rendez-vous en bas.

Cher Dag,

J'ai longuement réfléchi.

J'aimerais te faire part de mon sentiment.

Je pense que tu fais une grave erreur.

Je comprends que tu défendes ta position,

mais notre amitié ne peut être une menace pour personne.

Je constate

que tu sacrifies tout pour les autres.

Mais tu as aussi droit à une vie, Dag.

Tu as droit au bonheur et à l'amour.

Alors je t'en supplie,

ne me repousse pas encore une fois.

J'ai du courrier finalement. C'est trop tard ?

Je ne sais pas. Je vais voir.

- Le courrier américain est-il parti ? - Non.

C'est bon.

Il n'y aura pas d'escorte.

- Les Britanniques ne répondent pas. - Pourquoi ?

Ils ne veulent pas s'en mêler, donc ils ne disent ni oui

ni non.

Pas d'autorisation, pas d'escorte.

Ne partez pas sans escorte.

Il faut annuler.

C'est trop dangereux.

Je dois prendre cet avion. Libre à vous de me suivre.

- Commandant. - M. Hammarskjöld.

La durée du vol est estimée à 8 heures.

- Donc on y sera avant minuit. - Exact.

Nous volerons en silence radio. Aucun contact ne sera possible

avant l'approche de Ndola.

Je vous fais confiance. Tout se passera bien.

Merci, M. Hammarskjöld.

Je veux que l'un de nous deux reste à Léopoldville,

au cas où il arrive quelque chose.

Quelqu'un doit rester ici.

C'est un ordre ?

Une prière.

Bonne chance.

Merci.

Hunter pour Congo Red. Hunter pour Congo Red.

Hunter pour Congo Red.

Congo Red, j'écoute.

Ils approcheront de Ndola vers minuit.

Pas d'escorte.

Silence radio, mais ils devront communiquer pour atterrir.

- Ils sont seuls ? - Oui.

Terminé.

Minuit. Ils volent sans escorte

et en silence radio.

Comment connaître leur position ?

Ils devront communiquer pour atterrir.

Combien de temps aura-t-on pour intervenir ?

15 à 20 minutes.

Ça suffira.

Aéroport de Ndola Rhodésie du Nord

Bienvenue à Ndola, M. le président.

Merci.

Mme la présidente, bienvenue.

Par ici.

Un commentaire avant la réunion ?

Allez-vous rencontrer Dag Hammarskjöld ?

Le secrétaire général est-il un communiste ?

Tout droit.

Par ici, je vous prie.

Fermez les stores.

Je vous en prie, mettez-vous à l'aise.

La route,

tu la suivras.

Le bonheur,

tu l'oublieras.

Le calice,

tu le videras.

La douleur,

tu la cacheras.

La réponse,

tu la découvriras.

La fin,

tu la supporteras.

L'avion du secrétaire général ne s'est pas encore manifesté,

mais ça ne devrait pas tarder.

Mes excuses pour ce retard.

Encore une humiliation de la part de l'ONU.

Toutes mes excuses, M. le président.

Je vous assure que ce n'est pas l'intention du secrétaire général.

C'est le protocole de sécurité.

En attendant, j'ai fait préparer un repas pour vous

et votre équipe.

Vous êtes mes invités.

On va survoler le lac Tanganyika

d'ici peu. 190 degrés dans 2 minutes.

Reçu.

190 degrés dans 2 minutes.

Il est 23 h 15.

Ils ne doivent pas être loin. Prépare-toi.

On atterrit dans 20 min.

C'est Ndola.

SE-BDY.

On voit vos lumières, Ndola.

Ici l'aéroport de Ndola.

SE-BDY, indiquez

votre position.

Nous sommes au-dessus de Kasama.

La cible est en approche. Plein sud.

Vas-y.

C'est Ndola.

Enfin.

Je vois un avion-cargo à basse altitude.

Tous les feux sont allumés.

Je descends voir.

C'est bien le Transair DC-6.

C'est lui.

Mince.

Bill, vous n'auriez pas un lacet de rechange ?

Non.

- Inutile. - Prenez le mien.

Que ferais-je sans vous ?

Cible abattue.

À 9 miles à l'ouest du point zéro.

C'est fini.

Nous avons

définitivement réglé le problème de Dag Hammarskjöld.

Vous pouvez partir.

Rentrez chez vous.

On reste en contact.

Oui ?

Merci.

C'est confirmé.

Ils sont morts.

C'est aux informations.

Bulletin spécial d'informations.

Le secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjöld,

est mort dans un accident d'avion en Afrique.

Il se rendait de Léopoldville, au Congo,

à une réunion avec le président du Katanga, Moïse Tshombé,

quand son avion s'est écrasé près de Ndola, en Rhodésie du Nord.

La cause de l'accident reste à déterminer.

Cher Peter,

Tu as réveillé en moi

des sentiments que je croyais disparus à jamais.

Je tiens à t'en remercier.

La solitude et le devoir m'ont accompagné si longtemps

que j'ai étouffé toute douleur et tout désir.

Dans quelques mois, mon mandat prendra fin.

Si tu veux me revoir,

ma porte t'est ouverte.

Ton ami, Dag.

Tout ça part en Suède.

Ça, ça va au dépôt.

Les tableaux retournent au MoMA.

Doit être ouvert par ma secrétaire Hanna

après mon décès

J'ai écrit ces notes toute ma vie,

sans penser que quelqu'un d'autre les lirait.

Mais aujourd'hui, avec les événements récents

et tout ce qui a été dit et écrit sur moi,

les circonstances ont changé.

Ces notes

sont mon seul véritable portrait.

Une sorte de livre blanc,

une confrontation avec moi-même

et avec Dieu.

Trois mois après sa mort, Dag Hammarskjöld

a reçu le prix Nobel de la paix à titre posthume.

Les autorités rhodésiennes ont mené deux enquêtes en 1961.

Elles ont conclu que l'avion s'était écrasé

à la suite d'une erreur de pilotage.

En septembre 2017, 56 ans après l'accident,

une enquête de l'ONU a conclu

qu'il existait des preuves irréfutables

que l'accident avait été causé par un autre avion.

Pendant tout ce temps, les États-Unis et le Royaume-Uni

ont refusé d'ouvrir plusieurs de leurs archives

qui pourraient contenir des informations sur l'accident.

En 1963, les troupes katangaises ont été expulsées par l'ONU.

Le Congo a été réunifié et Moïse Tshombé s'est exilé en 1965.

Après la mort de Dag Hammarskjöld, son journal personnel a été découvert.

Les poèmes et réflexions spirituelles qu'il contient

révèlent une vie intérieure intense, jusqu'alors inconnue du public.

Son livre, "Jalons", a été publié en 1963

et continue d'être lu dans le monde entier.

C'est une Stockholm endeuillée que nous avons vue aujourd'hui.

Rarement une nouvelle

aura suscité autant de consternation et d'inquiétude.

À 18 h, une minute de silence sera observée

pour le plus grand de nos compatriotes.

C'est non seulement Stockholm mais toute la Suède

qui s'arrêtera.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.