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Y a quelqu'un ?
T'ES OĂ™ ?
Regarde-moi.
Respire. Calme-toi.
- Tu te souviens de rien ? - Non, putain !
On était complètement défoncés.
On a baisé.
Et à mon réveil…
Emi, qu'est-ce que j'ai fait ?
NOUVEAU MESSAGE
Restez dans les zones prévues jusqu'à ce qu'on vous appelle.
C'est Iván !
Regardez, c'est Iván !
S'il vous plaît.
- Il est en état d'arrestation ? - Comment ça ?
- Arrêtez ! - Où est Iván ?
- Je veux le voir ! - Non.
C'est mon meilleur ami. Je dois ĂŞtre avec lui !
Fermez cette porte.
Laissez-moi passer, putain de merde !
- C'est trop pour Omar. - Ce serait trop pour n'importe qui.
Mais pour lui, c'est pire.
Surtout après son passage à tabac.
Je suis sûre que ce qu'ils font est illégal.
Ils peuvent pas nous garder ici parqués comme des porcs, merde !
En parlant de porc…
Ovidio Martell.
Pourquoi ils nous gardent ici s'ils ont déjà arrêté Iván et Dalmar ?
Ils veulent nous interroger. Ils semblent moins convaincus que toi.
- Ça peut pas être eux. - C'est pas eux.
On les a vus partir ensemble, ils allaient retrouver Joel.
Pas vrai, Nico ?
Ça va, cousin ?
Oui, c'est vrai.
Je vous jure que je ne l'ai jamais vu.
Tu en es sûr ?
Tu en es sûr ?
Si ce n'était pas vous, qui avait un mobile pour le tuer ?
Eric et Chloe.
Pourquoi t'as signé la décharge à l'hôpital ?
Je voulais me reposer chez moi.
Avec mes amis.
- T'épuise pas trop, d'accord ? - Sonia, c'est pas eux.
Iván et Dalmar. Ils sont innocents.
Évidemment. On le sait bien.
Je veux pas remuer la merde,
mais ils sont partis là où les trois ont été retrouvés,
Joel mort et eux couverts de sang.
- Ferme-la ! - ArrĂŞte.
Du calme.
Tu me feras pas douter.
Tu doutes déjà .
Sara, putain !
Tu voudrais pas nous lâcher un peu la grappe ?
Merde !
Quoi ?
Les Alumni.
- Héctor et Emilia. - Bah quoi ?
C'était eux.
Comment ça ?
- Pourquoi tu dis ça ? - Explique-nous.
- Ils m'ont tabassé. - Quoi ?
Ils étaient plusieurs.
Je vais les défoncer. Pourquoi tu nous l'as pas dit plus tôt ?
- Putain. - Héctor était obsédé par Joel.
Je m'en suis mêlé et je lui en ai fait baver.
Il avait toutes les raisons de s'en prendre Ă moi.
Et je suis maghrébin.
- Tu les as pas dénoncés ? - Nadia aurait perdu son stage à New York.
Elle l'a eu grâce à Alumni.
Un simple coup de fil des fachos et adieu New York.
Ça n'arrivera pas, t'en fais pas.
Je vais pisser.
- Les flics ont ramassé ton couteau ! - Te fous pas de moi.
- Comment c'est devenu l'arme du crime ? - J'en sais rien !
T'en sais rien ?
Le couteau s'est rendu tout seul de la maison à l'école ?
Je te confierais ma vie, tu le sais.
Et ça me fait mal que ce soit pas réciproque.
Eric, je te fais confiance.
Je doute pas que tu sois innocent, mais tu me caches un truc.
Tu sais, pour le couteau.
Et tu refuses de m'en parler.
Dis-moi, s'il te plaît.
Joel faisait chanter la mère de Chloe avec une vidéo.
J'y suis allé pour lui faire peur, rien d'autre, merde !
- J'aurais dĂ» m'en douter ! - Chloe n'y est pour rien.
- C'était mon idée. - Pour l'aider !
Une vidéo de quoi ?
La preuve que la mère de Chloe a assassiné Raúl.
Salopard !
- Lâche-le ! - Assez !
Laissez-nous ! ArrĂŞtez !
Il vous reste un jour !
- Je vais te buter ! - Allons-y.
Ça s'est passé où ?
À…
la fête secrète des Alumni.
La quoi ?
C'est une…
fête organisée par les Alumni dans leur club.
Chloe est membre, et Joel…
Joel l'était aussi.
- C'est quoi, ce petit sourire ? - Non, rien.
Je t'aime.
Pourquoi tu ris ?
Je te baise juste pour obtenir ce que je veux.
Ça va ?
Bien sûr que non.
Tu n'as rien fait.
Tu t'en souviendrais, même défoncé.
- Ils viennent déjà nous interroger ? - Reste ici.
Dans l'état où tu es, tu serais capable de les supplier de t'arrêter.
- Alors ? Sympa, Bilbao, non ? - Ta gueule.
- Je sais que c'était vous. - Qui t'avons tabassé ?
- Oui, je le sais aussi. - Je parle de Joel.
Nous ? Non.
Mon frère était amoureux de lui.
Pas amoureux. Il était obsédé.
- Pareil. - Tu le haĂŻssais.
Il méritait même pas ma haine.
Il m'indifférait, comme tous les autres. Mais je tue personne.
Désolée, t'as pas frappé à la bonne porte.
Continue de chercher. Au revoir.
Je m'arrĂŞterai quand vous serez en taule.
On n'ira pas rendre visite Ă Dalmar.
Je plaisante. Ça, c'est le rôle de sa tribu.
Pour nous, le noir peut pourrir en prison.
C'est lui, le meurtrier. Tu refuses d'y croire parce que c'est ton pote.
- T'es vraiment mauvaise. - Tu savais que Joel michetonnait ?
Bien sûr que non. Toi, tu étais ailleurs.
Pardon, harpie ?
J'adore.
Il se prostituait, il vendait son corps pour de l'argent.
Et Dalmar faisait le même boulot. Si on peut appeler ça du boulot.
- Tu inventes. - Demande Ă Chloe, par exemple.
Ou Ă n'importe quel Alumni.
Iván le sait peut-être aussi.
Demande à Iván.
Je mens pas, Aladin.
Joel se prostituait.
Et Dalmar aussi.
Et entre prostitués, ça peut vite dégénérer.
Tu vois le genre.
L'argent, la drogue, le sexe…
Les clients, ça rend jaloux.
Le noir a dû péter un câble et bam !
Accepter que les gens qu'on aime le plus sont imparfaits,
voire carrément pourris, ça fait partie de la vie.
Rassemblons un max d'élèves pour témoigner en faveur d'Iván.
- Et Dalmar ? - Personne le connaît.
Contrairement à Iván.
- Sauvons-en au moins un. - Oui, ton ami et investisseur.
Chérie, j'ai pas la force de me disputer, là .
Plus y en a, mieux c'est. Toi et moi, on a pas mal d'abonnés.
Oui.
Poste une story. Aide-moi.
- Merde. - Quoi ?
J'ai pas mon portable.
Comment ça ? Il est où ?
Je sais pas, mais je l'ai pas. J'ai dĂ» le perdre.
Dis-le, si tu veux pas m'aider.
Si, mais je l'ai pas ! J'ai dĂ» le laisser Ă la fĂŞte.
D'accord. Calme-toi.
Joel et Iván s'aimaient vraiment.
Il aurait pas pu faire ça.
Iván ferait de mal à personne. Encore moins à quelqu'un qu'il aime.
Relâchez Iván. Il est littéralement la meilleure personne au monde.
Il aurait pas pu faire ça. Joel et lui avaient des projets ensemble.
Vous avez arrêté le mauvais type.
Si la police nous interroge, on a passé toute la nuit chez nous.
Emi, si je l'ai pas tué, qui l'a fait ?
Je m'en tape.
Et reviens parmi nous. Joel a été tué à Alumni.
On doit se débarrasser du moindre indice qui pourrait indiquer qu'il a été tué ici,
sinon, on est foutus.
Les amis d'Iván ont lancé un mouvement pour l'innocenter.
Beaucoup témoigneront en sa faveur.
- Et nous, on fait quoi ? - On lance notre propre mouvement.
Contre qui ?
- Le migrant. - Qui ?
Le noir. Omar a failli y croire. Et s'il y croit, tout le monde y croira.
Les gens ont besoin d'un méchant, avec un prénom et un nom.
Quelqu'un dont la culpabilité ne fait aucun doute.
Quelqu'un sur qui focaliser leur haine.
Un migrant sans papiers ? Parfait.
Ça va pas ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Ça va aller.
ArrĂŞte.
Tu voulais pas rentrer ?
- J'ai l'impression que c'est ma faute. - Tu étais dans le coma !
Il s'est passé la même chose avec Samu.
- Quoi ? - J'ai pas assez veillé sur lui.
Je lui avais dit que cette putain d'école détruisait les gens.
Tu te sens plus parce que tu fréquentes des riches,
tu te crois intégré, mais c'est faux.
Tu perds les pédales et ça te détruit.
Las Encinas ne veut pas de nous.
Las Encinas ne veut que des gens dignes de Las Encinas.
Alumni tenait à exprimer son chagrin après le meurtre tragique de Joel.
Un garçon exceptionnel…
Qui sera toujours dans nos cœurs.
Nous nous élevons également contre l'arrestation injuste d'Iván.
Un bon camarade, aimé de tous,
et, nous le savons tous, incapable d'un tel acte.
Surtout contre Joel, qu'il aimait de tout son cœur.
Iván ne devrait pas payer pour un acte commis par un autre.
Iván a déjà tout : de l'argent, des papiers et un avenir.
Pourquoi tuer Joel ? Ça n'a aucun sens.
C'est quelqu'un qui n'a rien qui a fait ça, par nécessité.
L'instinct de survie permet de garder son sang-froid.
Alumni accorde son soutien total à Iván.
Merci.
Ces enfoirés veulent que les gens soupçonnent Dalmar.
Oui, un noir en situation irrégulière.
C'est le bouc émissaire idéal pour détourner l'attention.
Tu as peut-ĂŞtre raison, ils sont coupables.
- Les enfoirés. - Où tu vas ?
Vous laissez circuler un tel discours à l'école ?
Tu vas me faire une leçon sur le racisme ? À moi ?
- Écoutez, Virginia… - Omar.
Tu n'as rien à voir avec l'école et tu n'as pas à témoigner, d'accord ?
Sors de mon bureau.
- S'il te plaît. - J'aimerais vous ouvrir les yeux.
"Pendons ce négro dans la jungle". "Sale singe de merde."
- "Pas de noirs à l'école." Je continue ? - Omar !
Rentre chez toi, s'il te plaît.
La neutralité n'existe pas.
On est du côté de l'agresseur ou de l'agressé.
Sors !
Bonjour. Ma fille est retenue ici. Elle est anéantie. Chloe ?
- Madame, vous ne… - Je dois la voir.
Appelez-moi encore "madame"
et mon avocat vous poursuivra pour détention de mineurs.
Vous voulez jouer ? Jouons. Je l'appelle.
J'obéis aux ordres.
Obéissez à celui-ci. Laissez-moi passer.
Maman, tu comprends pas. La police va finir par découvrir le chantage,
la vidéo, et ils s'en prendront à nous.
Je choisis notre famille. Nous trois. Je vais essayer de sortir Iván.
Et surveille Eric. Tu n'aurais pas dû lui parler de la vidéo.
Il nous a entendues, j'y peux rien !
T'inquiète pas, il dira rien. Il est fiable.
- Mais il est taré ! C'est un malade. - T'es sérieuse ?
Tu le reconnais ?
Ça te parle ?
Chloe et toi avez menacé Joel avec ?
C'est un mensonge. On n'a pas vu Joel.
Joel n'a pas fait chanter ta mère avec une vidéo à charge ?
Ras le cul de cette vidéo !
Vous parlez d'une vidéo que personne n'a, ou n'a vue.
Et personne n'en a prouvé l'existence. Vous l'avez, vous ?
Non, n'est-ce pas ?
Raúl s'est suicidé.
- J'en reviens pas, on va vivre ensemble. - Tu préfères quoi ?
Appartement ou maison ?
Qu'importe, tant que tu y es.
Je suis sérieux, Iván.
J'imagine pas ma vie sans toi.
Joel t'a dit qu'il allait à une fête secrète chez Alumni ?
Je sais qu'il allait travailler.
Vous savez…
ce qu'il faisait.
Mais sans préciser où, ni avec qui.
Pour l'instant on sait juste, d'après Dalmar,
que Joel et lui sont allés "bosser" à cette fête.
Ça colle parfaitement avec ce que Joel a dit à Iván.
Qu'ils travaillaient ce soir-lĂ .
Ça ne prouve pas qu'il y a eu une fête secrète.
C'est la parole de Dalmar contre celles d'Eric et Chloe.
Trouvons quelqu'un d'autre qui était présent à la fête,
et qui y a vu Eric et Chloe.
Ça prouverait qu'ils nous ont menti.
Je te rapporte Ă manger ?
Non, merci.
Carmen ?
Je comprends pas.
Je viens t'aider.
Le juge a ordonné un placement en détention provisoire sous caution.
Une caution conséquente pour chacun de vous.
Conséquente comment ?
Cette somme-lĂ .
- Si on la paie, on est libres ? - Non.
Vous pourrez rester chez vous jusqu'au procès
au lieu d'ĂŞtre en prison.
Très bien.
Vous gérez mon argent.
- Payez ma caution et celle de Dalmar. - Je ne peux pas.
- Le juge a gelé tes comptes. - Pardon ?
Il a vu que tu payais la scolarité de Joel,
en plus d'autres revenus irréguliers.
Par conséquent, tu n'auras pas accès à tes comptes jusqu'à la fin du procès.
Je suis désolé.
Je peux payer ta caution.
Et d'oĂą provient cet argent ?
Évidemment.
De l'accord que t'as jamais respecté.
Encore maintenant.
Encore maintenant.
Et heureusement, non ?
Pour pouvoir t'aider, pas vrai ?
Comment ça va ?
Mal, comme tout le monde.
J'arrĂŞte pas de penser Ă Joel.
Et t'avais raison.
Comment ça ?
La vie est trop courte.
Je la gâcherai pas en pensant à Raúl.
- Ils t'ont interrogé ? - Oui.
On sort un peu ?
Quoi ?
Rien. Tout va bien.
Dis-moi.
Je veux pas t'énerver.
Allez, balance.
Les flics m'ont interrogée sur ton cousin et Chloe.
Ils doivent les soupçonner.
Tu sais quelque chose, n'est-ce pas ?
Nico, si on se fait pas confiance…
Eric est innocent.
Mais l'arme du crime est Ă lui.
La merde, c'est que Chloe et lui ont voulu faire peur à Joel avant que…
Tu sais.
Lui faire peur ? Pourquoi ?
Je veux juste t'aider.
Et aider ton cousin, aussi. Mais avec Chloe, c'est difficile.
Mais ça te concerne indirectement.
Pas indirectement. Ça te concerne carrément.
Joel faisait chanter la mère de Chloe avec…
une vidéo.
Une vidéo de quoi ?
Une vidéo de Raúl ?
Je l'ai pas vue, mais oui. Sûrement en lien avec sa mort.
On doit s'occuper de toi.
Je serais ravie de le faire.
Si tu veux, je te prépare une chambre.
Merci.
Mon grand bébé…
C'est bien. Pleure, lâche tout. Laisse-toi aller.
Laisse-toi aller.
J'ai tellement peur.
De…
Non seulement de finir en prison, mais…
je sais pas si je peux vivre sans Joel.
- J'ai plus personne, je suis seul. - Mais si, tu peux. Tu es fort.
- Très fort, tu m'entends ? - Non.
Après ce qui est arrivé à mon père…
j'ai plus aucune force. Je peux pas continuer à vivre…
Regarde-moi.
Tu n'es pas seul.
Je vais t'aider.
Moi, je suis lĂ .
Ta mère. Tu m'écoutes ?
Tu as ta mère.
Je serai toujours lĂ pour toi.
Quand il le faudra.
Dis-moi que tu comprends.
Oui.
Dis-moi ce que je peux faire,
ou te donner, pour que tu te sentes mieux. N'importe quoi.
Je veux pas que Dalmar aille en prison.
Il est innocent, lui aussi,
et il est la cible de cette haine terrible qu'il ne mérite pas.
Paie sa caution.
Je n'ai plus d'argent. Je n'en ai pas les moyens.
- Je ne peux pas. - Et les deux millions ?
J'ai dû rembourser de grosses dettes accumulées au fil des ans et…
Mais José Luis et moi allons voir comment arranger ça. Je te le promets,
je ferai tout mon possible.
- Regarde-moi dans les yeux. - Tu es magicien ?
- Détends-toi. - Je me détends.
Et maintenant…
dors !
Et maintenant, ça.
Quoi ?
C'est débile.
- Je suis prĂŞt. On y va ? - Oui. Viens.
- Approche, on a quelque chose Ă te dire. - Assieds-toi.
- Assieds-toi. - Alors ?
Attends.
Vas-y, dis-lui.
Alors voilà …
Iván et moi allons vivre ensemble.
C'est quoi, cette tĂŞte ?
- On va trop vite, tu crois ? - Non.
C'est beau, donc insupportable.
Mais vous allez sûrement déménager
dans une grande maison en banlieue avec piscine, et je vous reverrai plus.
Oui, c'est l'idée.
Mais avec une légère nuance.
Et pour info, c'était l'idée d'Iván.
Quoi ?
Que tu emménages chez nous.
Joel a besoin de toi.
Et si Joel est heureux, je le suis aussi.
Du coup, on serait tous heureux, et on vivrait heureux ensemble.
Je t'aime.
Moi aussi.
- Vous êtes sérieux ? - Obligé.
- Bien sûr. - Je me suis fait à ta mauvaise humeur.
- Et à tes bizarreries, tes conneries… - C'est bon, j'ai compris.
Approche.
Viens lĂ .
C'est beau, l'amitié.
Je t'aime, mec.
Moi aussi.
Que faites-vous ici ?
Voici José Luis, mon avocat.
Et ami, aussi.
Un ami qui se trouve ĂŞtre avocat.
- On est lĂ pour t'aider, Dalmar. - Comment ?
Je vais te lire quelques trucs
qu'on voit passer sur les réseaux.
"Enfoiré de noir", "La peine de mort", "Pauvre Iván."
- "Ce mineur non accompagné est coupable." - Quoi ?
Je suis plus mineur.
Concentre-toi sur la haine qu'ils ont envers toi.
Ne t'attarde pas sur des détails.
Alors… "J'espère qu'ils tueront le noir",
"Enfoirés de migrants, ils viennent nous tuer",
"Renvoyez-les en Afrique", "Pendez-les." C'est horrible, et j'en passe.
- Pourquoi me lire ça ? - Parce que…
je ne veux pas que tu te leurres.
Le peuple t'a déjà condamné,
et je doute que le juge va t'innocenter.
- Mais je suis innocent. - Quel genre d'innocent es-tu ?
Celui qui m'a fait chanter ?
Ce genre d'innocent-lĂ ?
Je l'ai pas tué.
Tu vas devoir t'entraîner devant un miroir pour être crédible.
Parfois, il faut un bouc émissaire pour apaiser les foules.
Ça peut aussi arriver dans le système judiciaire.
Ça fait taire l'opinion publique,
et gagner du temps pour trouver le vrai coupable.
C'est une pratique courante.
- La justice est injuste. - Vous croyez que c'est moi ?
Peu importe ce que je pense, Dalmar.
Soyons pragmatiques.
Si tu avoues, le juge réduira ta peine.
L'aveu est une circonstance atténuante.
Ça profite à tout le monde, y compris toi et ta famille.
Bon sang, Carmen. Je suis noir, pas idiot.
Vous voulez me faire gober ça ?
José Luis est là pour recueillir ton aveu par écrit.
C'est tout. Tu signes, et il s'occupe du reste.
Je veillerai Ă ce que ta famille en Somalie ne manque de rien.
- Guinée-Bissau. - Guinée, Somalie, c'est à côté.
Absolument pas !
Tu as écouté ce que je t'ai dit ?
J'assurerai l'avenir de ta famille.
Et le mien, alors ?
Tu passerais quelques années en prison, en Espagne.
On essaiera de limiter la casse.
Et le reste de la sentence se fera dans ton pays, près des tiens.
Tout ça pour vous débarrasser de moi, pas vrai ?
Et protéger votre fils.
C'est drôle, personne…
personne n'imagine qu'il aurait pu le faire. C'est forcément moi.
Parce que je suis noir.
Je refuse. Je le ferai pas.
J'aurais fait pareil.
Si j'avais le choix, ou si j'étais innocent.
Tu es innocent, Dalmar ?
Ils sont coupables. Dalmar n'est qu'un leurre.
On n'a aucune preuve.
Quelqu'un a forcément vu un truc. Toute l'école était là .
Ovi.
Ovi !
Attends.
Tu pourrais m'aider ?
Putain, lĂ !
- Quoi ? - Reviens en arrière.
Stop !
- Tu vois quoi ? - Tu peux zoomer ?
Oui.
Ils portent quoi ?
C'est grand, non ?
Le corps de Joel.
C'est qui ?
Je sais pas, je vois que dalle. Attends.
Ils viennent de lĂ . D'Alumni.
Héctor et Emilia.
Tu vois ? Putain, je le savais !
J'ai tes calmants.
Donne-les-moi.
- Si tu en prends, ça aura l'air suspect. - Je m'en fous, j'en ai besoin. Emi !
- Non. - Mais tu comprends pas ?
Ça m'aide à supporter cette douleur qui me dévore.
- Encore ? Mais tu l'as pas tué ! - Il est mort !
Je le reverrai jamais.
Je te reconnais plus.
Arrête de te comporter comme un pédé au cœur sensible
et comporte-toi comme un homme !
Joel n'est plus lĂ ! Accepte-le !
Et c'est mieux pour toi, parce qu'il t'a changé.
Tu n'étais plus toi !
Quoi, encore ?
- C'était toi. - Moi quoi ?
- Tu m'accuses ? - Tu le détestais !
- Tu dérailles. - Putain de jalousie.
Tiens, prends-en huit d'un coup si tu veux. En effet, t'en as besoin.
Comment j'ai pu ĂŞtre aussi con ?
Après la fête, tu es entrée pendant qu'on dormait.
Quand tu nous as vus ensemble,
ton sang n'a fait qu'un tour.
C'était toi !
La douleur te fait perdre la tête. Je n'ai tué personne.
Ta putain de jalousie
a eu raison de toi !
Tu as tout manigancé derrière mon dos,
pour que Joel couche avec Pier et Guillermina,
et s'éloigne de moi.
Il me l'a dit hier soir, avant que tu le tues.
Tu aurais dĂ» trancher ta propre gorge, pas la sienne.
Héctor, respire.
Prends tes calmants, s'il te plaît.
Me touche pas !
Tu es morte pour moi, Emi !
Qu'est-ce que c'est ?
Sérieux ?
- On sort des poubelles. - C'est le corps de Joel.
Où vous voyez ça ?
Ils viennent d'Alumni.
- Deux Alumni sortent les poubelles. - Héctor et Emilia !
Avec le corps de Joel. Ils l'ont tué.
- Et j'ai failli y passer. - Quoi ?
Explique-toi.
Non, je peux pas.
Je peux pas. Mais vous devez me croire, s'il vous plaît.
Ces histoires de drone,
ces deux-là qui ont failli te tuer, mais tu ne peux rien dire…
Vous improvisez pour sauver Dalmar. ArrĂŞtez. Rentrez chez vous.
Comment ça ? Le sauver de quoi ?
Dalmar veut tout avouer devant le juge.
C'est le meurtrier. Affaire classée.
Sous-titres : Hélène Janin
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