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Les coups ont causé une hémorragie interne et un traumatisme crânien.
Mais est-ce qu'on peut le voir ?
Non, désolé. Seule sa famille proche est admise aux soins intensifs.
Je remplis les papiers pour son transfert à Bilbao.
Bilbao ? Pourquoi ?
Vous ne pouvez rien ici ?
- Ils sont meilleurs dans ce domaine. - Et quand va-t-il se réveiller ?
Dans quelques jours, semaines…
ou jamais.
- Docteur. - J'arrive.
Désolé, je n'en sais pas plus pour l'instant.
Merci.
Putain de merde.
Qui lui a fait ça ?
Dalmar, j'ai appris pour ton ami
et je me suis dit que tu devais être dévasté,
je me trompe ?
Viens, assieds-toi. Je ne mords pas.
Je suis quelqu'un d'empathique, figure-toi.
Et je sais que tu as une vie merdique.
Qu'en savez-vous ?
Eh bien, tu vis seul ici, sans famille, sans papiers.
Et tu as perdu ton meilleur ami.
Il est toujours en vie.
Dans le coma, mais vivant, oui. C'est l'essentiel.
Sache que j'ai conscience qu'au fond, tout au fond de toi,
tu es quelqu'un de bien.
Et je veux t'aider.
- Allez-vous-en. - Je suis sérieuse, Dalmar.
Je veux t'aider, si tu acceptes.
En me donnant l'argent ?
Oui.
Si tu retournes chez toi.
Tu dois quitter l'Espagne dans combien de temps ?
Comment vous savez ?
Dalmar, c'est moi !
Tu en parles à Sonia,
que tu trompes et qui, trahie, balance l'info à Las Encinas.
Chloe, ma fille, l'apprend.
Combien, alors ?
Bah…
Je sais plus…
si c'est aujourd'hui ou demain,
ou si c'était hier.
Tu n'as pas l'air concerné.
Je suis sidérée.
Tu as déjà accepté le fait de rester ici illégalement,
sans ressources, et bientôt sans abri.
Pourquoi devrais-tu souffrir autant ici,
toi qui pourrais vivre comme un roi dans ton pays ?
Voilà ce que je te propose.
Retourne auprès de ta famille. De ta mère. Tu dois bien en avoir une.
Pauvre femme, elle doit souffrir de te savoir si loin.
Retourne auprès d'elle, et je t'assure qu'avec ce que je te donnerai,
tu vivras des années sans avoir à t'inquiéter.
Ma vie est ici.
C'est chez moi, ici.
Dalmar, mon grand,
j'ai besoin d'une réponse rapidement.
Ton temps ici est écoulé,
et tu seras expulsé sans autre forme de procès.
Alors réfléchis-y vite.
Et en attendant, supprime cette vidéo.
Regarde-moi.
Fais-le en premier.
TU AS ÉTÉ DIVIN HIER.
POURRAIS-TU L'ÊTRE AUTANT AVEC UN AMI QUI NOUS REND VISITE ?
IL EST TRÈS GÉNÉREUX.
… on fera aussi vite que possible.
- Le centre est… - Quoi ?
- Et Omar ? - Il est stable.
Je disais à Imán et Yusef que son transfert a été approuvé.
Mais c'est une bonne chose, non ?
Mais comment va-t-on faire pour être à ses côtés à Bilbao ?
Notre magasin est ici.
On ne peut pas fermer et partir.
On peut à peine payer le loyer du magasin, de la maison, de l'appartement d'Omar,
les frais d'hôpital, tout !
Tenez.
Pour être avec Omar et ne vous préoccuper de rien d'autre.
Acceptez. Prenez soin de lui.
Désolée, on ne peut pas accepter.
Si, Imán.
On le doit, même.
Pour Omar.
Merci.
On n'oubliera jamais.
J'ai lu que s'il se réveillait, il pourrait avoir des séquelles.
Ne pense pas à ça maintenant.
Iván, c'est pour toi.
J'arrive.
Pourquoi t'es là ?
En fait…
j'ai réfléchi, et…
Merde.
J'adore les miroirs.
À très vite.
Encore une nuit blanche ?
C'est juste que…
j'arrive pas à dormir dans mon ancien lit.
Celui d'Omar, je veux dire.
Pourquoi tous ces allers-retours la nuit ?
- La porte fait du bruit, tu sais. - Je…
Je sors me balader, dans l'espoir de me fatiguer.
Tu devrais plutôt essayer de te poser.
Tiens.
Tout le loyer ?
Dalmar, j'ai plus les moyens que toi.
Je suis revenu pour t'aider, pour que tu sois pas seul.
Huit mille euros aux parents d'Omar, la totalité du loyer…
Tu arnaques Iván ou quoi ?
Cet argent est à moi et rien qu'à moi.
Tu fais quoi, comme boulot ?
TON PRIX ?
Tu vas à la fête de fin d'année ?
C'est pas encore la fin de l'année.
Pourquoi vouloir faire ça maintenant ?
Parce que plus tard, on sera très occupés.
Avec nos examens, avec…
Je sais pas.
Arrête. Pousse-toi.
T'as pas l'air d'être motivé.
T'iras pas ?
Je peux pas.
J'ai déjà des projets.
Dans ce cas,
tu vas me manquer.
On passe déjà nos journées ensemble.
Quoi, tu te plains ?
- C'est juste une réalité. - Une réalité ?
La réalité, c'est que si on avait un peu plus de temps…
- Iván, on est en retard. - … on resterait ici…
Allons-y.
Oui, allons-y.
Monsieur semble pressé, très pressé d'étudier.
Ça te fait quoi, de dormir à nouveau dans ton ancien appart et ton ancien lit ?
Eh bien…
à vrai dire, ça fait bizarre.
Je ferais n'importe quoi pour Dalmar, mais…
je préfère trouver autre chose avant qu'Omar se réveille.
Et…
si on cherchait quelque chose ensemble ?
Quoi ?
Je lance l'idée.
Allons à l'école,
et toi, réfléchis-y.
Ou parles-en avec quelqu'un, peu importe. Tu me diras.
D'accord ?
C'est toi qui vois.
D'accord.
On y va ?
Pier et Guillermina souhaitent organiser
une réunion spéciale entre amis et en secret, ici, demain.
Tu les as impressionnés.
Oui, je sais.
C'est moi qui l'organise.
Pourquoi tu nous as rien dit ?
Parce que c'est secret.
Et que vous êtes invités.
C'est idiot de faire ça le jour de la fête de fin d'année.
Pourquoi ?
Avec tous ces crétins bourrés dehors,
on ne pourra pas garantir d'intimité aux invités.
J'y suis pour rien.
C'est eux qui ont décidé quand, où, comment et qui.
Je m'occupe des RP et de l'organisation de la fête.
On dit plus un tapin, alors ?
- Tes amis savent ce que tu fais ? - Et Iván ?
Son visage a changé !
Non, personne ne sait.
- Si Iván l'apprenait… - Héctor.
Fais pas ça. S'il l'apprend, ce sera par moi.
Ça me va. S'il l'apprenait autrement, il y croirait pas.
Mais par toi…
Voyons comment il va le prendre.
Un souci ?
Tu as l'air tendu.
Si tu savais…
Tu peux me le dire, non ?
Assieds-toi.
Quoi ?
Tu veux pas vivre avec moi ?
Si tu penses que c'est trop tôt…
Moi, je crois pas. J'y ai bien réfléchi.
- J'aimerais qu'on… - Non, j'en ai envie.
Vraiment, mon cœur. J'ai hâte. Je veux plus perdre de temps.
Super. Alors quoi ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Putain…
Ça va être plus difficile que prévu.
Voilà…
Tu le sais, dernièrement,
j'ai gagné beaucoup d'argent.
Oui, ça te vient d'Héctor.
- Tu veux rien de moi, mais lui… - Non, il me donne rien.
Tu deales pas, quand même ?
Quoi ? Pas du tout !
Tu es sur OnlyFans ?
Je le savais.
Enfin, non, mais je m'en doutais.
Sérieux, tu montres ton cul pour de l'argent ?
J'espère que t'es seul, au moins !
Il n'y a pas que toi ?
Tu déconnes ! Tu baises devant tout le monde ?
- Sur Internet ? - J'ai pas dit ça.
Tu trouves ça normal, que le monde entier voie mon mec baiser ?
Pas tout le monde. Juste ceux qui paient.
Donc personne. Je suis pas sur OnlyFans.
Y a pas de vidéos de moi en ligne en train de baiser, je te le jure.
Alors quoi ? Dis-moi.
Ce qui est vrai, c'est que je fais avec des gens
ce que je ferais sur OnlyFans, mais sans rien filmer…
- Tu baises pour du fric, alors ? - Dit comme ça…
Comment dire ça autrement ? Je vais reformuler.
Tu fais l'amour contre de l'argent ?
Y a pas que le sexe, c'est…
Tu racontes des blagues ? Tu fais la roue ?
- S'il te plaît, laisse-moi parler. - Désolé, vas-y. Alors ?
Ce que je fais, c'est plus…
- C'est plus, voilà. - Plus quoi ?
Il y a la conversation, l'intimité, l'expérience…
Tu es quoi, alors ? Une geisha ? C'est ça ?
Tu parles plusieurs langues ?
- Tu discutes géopolitique ? - Iván, s'il te plaît.
C'est de la folie !
Joel, tu es un prostitué.
- Arrête ! - Tu te vends.
- Tu m'écoutes pas ! - Tu suces pour du fric.
Arrête de m'attaquer. Ça me fait du mal.
C'est à toi que ça fait du mal ?
Putain…
Toi et moi, c'est pas possible.
Ça marche pas, c'est clair. C'est pas possible.
Putain.
J'ai du nouveau !
- Mon père dit qu'Omar réagit aux stimuli. - Non ?
- Si ! - Alors il se réveille ?
Il se réveille.
Génial ! Je te l'avais dit.
Tu as entendu ? Tout va bien se passer.
Et si on prenait tous l'avion pour aller le voir ?
- Ça se fait dans la journée. - Oui.
Je peux venir aussi ? J'aimerais le voir.
C'est bon, je vous oblige pas à vous asseoir à côté de moi.
Je vois.
J'ai compris.
J'irai toute seule.
Et elle se victimise !
Elle est gonflée.
Je crois qu'on est allés un peu trop loin.
Pardon ?
Ce qui compte, c'est de voir Omar.
Lui apporter notre soutien, pas nos tensions.
C'est une question de priorités, non ?
- Pas maintenant. - S'il te plaît.
Désolé de t'avoir ignorée. Sonia est blessée, c'est compréhensible.
Et mon cousin t'a dans le pif.
Moi, j'ai pas d'excuse. J'ai suivi les autres, j'ai été lâche.
Je suis désolé.
D'accord.
Merci.
- Tu viens à Bilbao avec nous, alors ? - Sûrement pas.
Vos regards et vos silences disent : "Sale pétasse."
Parce que tu l'as été.
Je sais bien.
- Mais j'ai pas été la seule. - Non.
Je suis pas parfait non plus.
À mes yeux, tu l'es.
Je m'en veux de t'avoir fait du mal.
Ouais.
Et à Sonia ? Ta meilleure amie. Comment t'as osé ?
- Je m'en veux aussi. - Je veux savoir pourquoi tu fais ça.
J'aimerais vraiment comprendre.
Tu peux me répondre ?
Pourquoi tu fais ça ?
- Parce que. - Pourquoi ?
- Pour ma mère. - Quel rapport ?
Je peux pas te le dire, Eric. Je suis désolée.
Tu prends combien de l'heure ?
Tu gagnes combien ?
Honnêtement, je gagne un max d'argent.
Pourquoi ?
Tu serais partant ?
Je pourrais partir avec l'argent de Carmen, mais…
elle me manipule, et vous êtes tout ce que j'ai.
- Alors fais-la chanter à nouveau. - Quoi ? Non.
- Tu serais tranquille à vie. - Non, Joel. Sans moi.
J'ai dit non.
Écoute,
c'est pas facile.
Tu comprends ?
Il faut s'y habituer.
Mais tu sais quoi ? Je pense que tu cartonnerais.
C'est sûr.
Le seul problème, c'est ton petit défaut.
Quel petit défaut ?
Écoute.
- Je suis canon et j'ai une grosse… - Tu es hétéro, crétin.
Et alors ? T'es payé que par des hommes ?
Non, il y a juste moins de femmes. Mais qui paient mieux.
Il faut que tu te diversifies.
LA MEURTRIÈRE DE RAÚL, RETROUVEZ-MOI CHEZ CRUZ9 CE SOIR.
C'est trop bizarre, maman.
Je lui ai proposé de partir avec panache.
Je vais balancer ce crétin. Il va comprendre son erreur.
Très bien.
Et à part le balancer, tu vas faire quoi ?
Je te connais.
Aller au rendez-vous.
D'accord.
Je t'accompagne.
Salut, Omar ! Tu nous manques trop !
Il s'est passé un tas de trucs ce mois-ci.
D'abord, Isadora House a dû fermer, malheureusement.
Mais maintenant, regarde, ça s'appelle Cruz9.
On a revu un peu la déco, mis des miroirs, de nouveaux écrans…
et tout ça grâce à ce chic type.
- Dis bonjour. - Omar, il faut que tu voies ça.
C'est sympa, tu vas adorer.
Attends !
Quelqu'un d'autre veut te dire bonjour. Dis bonjour à Omar.
On a besoin que tu rentres. On est anéantis.
Évidemment que tu vas rentrer. Tu nous manques.
Omar sort de son coma, voit la vidéo
et va supplier le médecin de le sédater.
Qu'est-ce qui vous arrive ?
On m'attend au bar.
Une engueulade ?
Je te raconterai plus tard.
S'il vous plaît, un verre de vin blanc.
Tu vas aller à la fête ?
C’est à moi que tu parles ?
Bien sûr.
Tu as déjà oublié ce que tu m'as dit ?
J'ai profité de toi parce que t'étais défoncée.
- C'est pas exactement ce que j'ai dit. - Si, j'ai bien retenu.
Et tu voulais que je te laisse. Regarde.
- Tu vois Dalmar ? - Non.
Maman, c'est pas normal.
- T'ES OÙ, BORDEL ? - LEVEZ LA TÊTE.
- Attends-moi ici. - Non.
- Je viens avec toi. - Non, tu m'attends ici.
Chloe, pourquoi ta mère est ici ?
Alors c'était toi.
Moi qui croyais que c'était Dalmar.
Pardon ?
Belle hauteur, non ?
Ça va pas ?
Vous auriez pu l'aider, au lieu de lui laisser des miettes.
- Mais c'est ça, les riches. - Tu vas me lâcher, oui ?
Mais vous savez quoi ? Vous allez payer. Un quart de million.
C'est ça. Un quart aujourd'hui, et demain, tu en voudras plus.
Non. Vous avez deux jours, ou je remets la vidéo à la police.
Ne traînez pas.
C'est notre meilleure soirée depuis des mois.
Encore quelques-unes comme ça et les rénovations seront payées.
Super !
Merci.
Me remercie pas.
Remercie les avocats et consultants de mon père et leur plan de viabilité.
D'accord, mais c'est grâce à toi.
- Merci. Je t'aime fort. - Moi aussi.
Excusez-moi.
Isadora, si t'as plus besoin de moi, je vais y aller.
C'est super bizarre.
Hier, vous étiez inséparables et là, vous vous regardez même plus ?
Expliquez-moi.
On se donne du temps. Je me donne du temps, plutôt.
- Pourquoi ? - Parce que.
Je dois réfléchir.
Réfléchir à quoi ?
Vous vous aimez, n'est-ce pas ?
Oui, je l'aime à la folie.
Je l'aime aussi, de tout mon cœur.
- C'est l'amour de ma vie. - T'es sérieux ?
C'est trop mignon ! Alors quoi ?
Je veux plus avoir à souffrir autant avec quelqu'un.
Et niveau bagage émotionnel, il…
- Merde. - Iván.
La vie est risquée.
C'est le grand plongeon.
On rit, on pleure, on tombe et on se relève.
Sinon, à quoi bon ? C'est vraiment ennuyeux.
Évidemment !
Plus d'amour et moins de réflexion, bordel !
Viens ici une seconde.
Je vous ai réservé une suite à l'étage. Amusez-vous bien.
Vous aurez même droit à du champagne frais.
Merci.
Tu penses à ta mère ?
Je l'ai jamais vue si inquiète.
Si effrayée.
Tout ça à cause d'une putain de vidéo que Dalmar a filmée d'une certaine façon.
Et bien sûr, il a filmé ce qu'il voulait.
Normal que les gens pensent ce qu'ils veulent penser.
Merde.
Et si on parlait à Joel ?
Bah voyons !
Le mec menace de te détruire si tu lui files pas 250 000 €,
et il changerait d'avis autour d'un café ? Bien sûr !
Je parlais de le menacer.
Comment ?
Tu déconnes, là ?
Je lui ferai rien. Je veux juste l'effrayer.
Avec Joel, c'est pas gagné.
Dans le squat, quand les skinheads nous emmerdaient,
je sortais ça et bim, bim, bim ! Ils fuyaient tous.
Vraiment ? Tu leur faisais quoi ?
Bim, bim, bim.
- T'es barré. - Tu me crois pas ?
Gangster.
Je vais te planter.
Ça fait vraiment flipper.
Tu ferais ça pour moi ?
Bien sûr.
Pourquoi ?
D'abord, parce que je t'aime.
Ça me suffit.
Ensuite, parce que c'est injuste qu'on vous accuse pour Raúl.
Quoi ?
J'ai assez d'argent pour nous mettre à l'abri à vie.
Toi et moi.
Pourquoi tu fais ça ?
Parce que je veux pas non plus avoir à penser à l'argent.
Je veux pas me dire que tout ce qu'on a,
tout ce qu'on achète, c'est grâce à toi, et que je suis un parasite.
Joel, tu n'es pas…
Iván, tu sais ce que j'en pense.
Tu le sais.
Oui.
Mon cœur,
j'accepte des offres, de l'argent,
l'influence des autres.
Je me vends à d'autres parce qu'ils ne comptent pas.
Je ne m'intéresse qu'à ce qu'ils ont et ce que je peux en tirer.
Mais de toi,
tout ce que je veux, c'est toi.
Je veux qu'on soit sur un pied d'égalité.
Enfin, plus ou moins, parce que…
ça le sera jamais vraiment, mais tu m'as compris.
Tout ce que je veux, c'est un Joel et un Iván.
Dis-moi qu'on va au moins essayer.
Dis-moi que ton travail ne va pas durer.
Si ce que je fais continue à bien marcher,
je te jure que j'arrêterai dès que possible. Juré.
Tu es très naïf, Joel.
Tu crois que ce que tu fais n'est qu'un boulot.
Mais ça laisse des traces.
Ça te détruit.
Je dis pas ça par jalousie.
Je suis sérieux.
Iván, je vais bien.
Vraiment.
Je peux t'embrasser ?
S'il te plaît.
- Qui est-ce ? - Chloe.
Ils se sont remis ensemble ?
Chloe, encore ? Sérieux ?
Inutile de me faire la morale, je m'en tape.
C'est quoi, ça ?
C'est rien, un cadeau d'un ami squatteur.
D'autres questions ?
J'ai pas dormi et j'aimerais me reposer une demi-heure.
Pourquoi t'es ici ?
- Quel accueil. - N'entre pas.
Je suis en service, Isa.
Je m'en fous, tu peux pas entrer comme ça !
Quoi ?
Combien tu touches pour laisser des mineurs se prostituer ici ?
Ça dure depuis un mois. J'ai des preuves.
Une preuve de quoi ? T'es malade, tu le sais ?
J'ai laissé un portable dans plusieurs suites.
Pendant plusieurs nuits.
- J'en savais rien. J'ai jamais entendu… - Ne me mens pas.
Tu sais combien tu risques pour proxénétisme ?
Cinq ans. Et bien sûr, ils fermeront ton club.
Je mens pas. J'en savais rien. J'ai rien à voir là-dedans.
- Tu te rends compte ? - De quoi ?
Je ne fais que t'aider, faire ce que tu me demandes.
Et tu me mens.
Tu m'évites.
Pas même un "merci, Luis".
"Je te suis tellement redevable, Luis."
Laisse-moi. Va-t'en.
Tu veux vraiment que je m'en aille ?
Tu ne veux pas que je te sauve encore ?
Je te demande juste, pour une fois, un "Je t'apprécie, Luis."
Je ne te demande pas de dire que tu m'aimes, je ne suis pas idiot.
Mais un "Tu comptes pour moi, Luis."
Alors ?
Dis-le.
"Tu comptes pour moi, Luis."
Allez.
Tu…
Tu…
Tu comptes pour moi, Luis.
C'est vrai ?
Merci.
Ce n'était pas si difficile.
On se rapproche doucement du but.
À plus tard.
Tes parents arrivent.
On a dit juste cinq minutes, le portable.
N'essaie pas de tout rattraper d'un coup.
D'accord.
Je reviens.
Bonjour.
Tu ne verras cette vidéo qu'une fois et tu ne pourras pas l'enregistrer.
Sache qu'on a plus de contacts dans la police qu'à l'école.
Bonjour, Omar ! Bienvenue dans le monde des vivants.
On n'a pas pu être là, mais le principal, c'est que le message arrive.
Et le message est…
Ta sœur perdra son stage si tu parles.
Un stage ? Où ça ? Dans un kebab ?
Aux Nations Unies.
Obtenu grâce à Alumni. Un appel de notre part et c'est fini.
- Les Nations Unies, et son avenir. - Sauf dans un kebab.
On lui laisse le kebab.
Tout va bien ?
Omar !
Comment vas-tu ?
Je vais bien.
Je dois te parler.
- Ça peut attendre demain ? - Absolument pas.
Un problème ?
C'est pour le boulot. Je dois lui parler.
D'accord.
- À demain ? - À demain.
Allez, Joel.
Je t'aime.
Sérieux ?
Je suis stressée.
Je sais. Moi aussi. Mais on va juste lui faire peur.
T'inquiète pas. Ça va aller.
D'accord, on se voit là-bas.
- D'accord. - Je t'aime.
Maman, écoute…
Le truc avec Raúl, c'était ma faute.
Tout part en vrille depuis.
C'est ma faute si on est dans cette merde et je vais nous sortir de là,
d'accord ?
Isa, écoute-moi !
Je veux pas, laisse-moi ! Il a menacé de fermer le club, tu piges ?
Et d'aller en taule ! Il me force à faire des horreurs
et va finir par me violer, tu comprends ?
Et le jour où il le fera, ce sera ta putain de faute !
- Je suis désolé. - Arrête de mentir, Joel !
T'es qu'un putain d'égoïste !
Et je jure devant Dieu
que tu vas regretter toute ta vie d'avoir fait ça.
Je te le jure.
- Ça va ? - Non.
Évidemment que ça va pas !
Je veux me bourrer la gueule et me droguer jusqu'à en crever.
Viens là.
Joel, je t'en supplie.
Arrête ce que tu fais et libère-moi de Luis.
Je suis sérieuse.
Mais si Luis est inspecteur de police, je ne…
Tu as des contacts.
Va voir Alumni, sors-moi de la merde dans laquelle tu m'as mise.
Regarde-moi.
Sors-moi de là.
J'ai été horrible avec toi.
J'ai pas réussi à gérer la situation et j'ai paniqué.
Quelle situation t'as pas réussi à gérer ?
D'avoir des sentiments pour un autre que Raúl.
Je vois. Sauf que tu me dirais pas ça si t'étais pas ivre.
Et demain matin, tu nieras tout.
Tu diras qu'il faut que je te laisse et tu me rendras dingue.
Pardon, mais je suis pas ivre.
Je sens ton haleine d'ici.
J'ai peut-être bu un peu,
mais je sais très bien ce que je dis.
Je te l'ai pas dit avant parce que j'avais peur que tu m'envoies chier,
comme maintenant.
Mais je suis vraiment désolée, Nico.
Pardon.
Paître !
Quoi ?
J'envoie paître les gens, pas chier.
Quelle différence ?
Tu peux rester paître ici.
Si tu veux.
C'est moi, ton rencard.
Pas elle.
De quoi s'agit-il, Joel ?
Je vais te bousiller si tu laisses pas Isadora.
Je vois.
Retourne vendre tes charmes si tu ne veux pas dormir en taule.
Tu crois que j'ai peur d'un flic ?
Je connais des gens très puissants
qui peuvent foutre ton boulot et ta vie en l'air.
Tu me menaces ?
Tu sais quoi ?
J'attendrai pas que tu m'écoutes.
Les connards comme toi ne méritent que la mort.
Je vais bien te baiser, et je vais le faire tout de suite.
Par ici, messieurs.
Les vêtements dans les sacs. Ne laissez rien ici.
Ça va ?
Un peu tendu.
Écoute,
j'ai un outil infaillible qui peut t'aider à te détendre.
C'est quoi ?
Du G.
G pour quoi ?
Pour GHB.
Ça fait quoi ?
Je te l'ai dit.
Ça va te détendre et t'exciter grave.
Vas-y.
Prends-le.
Ça va te faciliter les choses.
Prends-le.
Prêts ?
Détends-toi, ça va bientôt faire effet.
Ça me manquait de traîner avec toi.
C'est toi qui me parlais plus.
Tu me pardonneras un jour ?
Seulement à moitié.
Tu m'as fait marcher, tu as joué avec moi, tu m'as largué…
C'est vrai.
Et ton obsession pour Chloe me dérange.
C'est pas la personne que je préfère, mais…
l'accuser sur les réseaux, c'est toxique.
Tu ferais quoi à ma place ?
Tu lui en veux pour Raúl et tu la tiens pour responsable, je comprends. Mais…
tu devrais passer à autre chose. Tu te fais du mal.
J'essaie, tu sais.
Mais je te promets que je ferai plus d'efforts, pour toi.
Vous avez vu Chloe ?
Pourquoi elle est là ?
Vous avez vu Chloe ?
Tu m'as promis, merde !
Qu'est-ce qu'elle fout là ?
Je sais pas et je m'en fous. Tu devrais, toi aussi.
Ça va, mon cœur ?
Stressé ?
On peut encore tout annuler.
Allons-y.
Laisse-les tranquilles ou tu le regretteras.
Pourquoi tu ris ? Je plaisante pas !
Pour rien. C'est juste que…
t'es fringué comme dans un vieux film de gangsters.
- Lâche-le, sale… - Putain !
Enfoiré !
Salopard !
- Lâche-le ! - Assez !
- Laissez-nous ! - Quoi ?
Arrêtez !
- Il vous reste un jour ! - Allons-y.
- Je vais te buter ! - Viens.
Ah ouais ? Viens !
T'as fait chanter Carmen ?
- Je l'ai fait pour toi. - Mon avis compte pas ?
Je te l'ai dit, je ferais n'importe quoi pour toi.
Tu es mon meilleur ami.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Qui t'a fait ça ?
Qui lui a fait ça ?
Joel et Dalmar.
- Vraiment ? - Oui.
C'est quoi, ça ?
Rien, une bêtise.
On y va ?
Y a rien à faire ici. Le plaisir est là-bas.
Ça dépend,
non ?
J'attendais mieux de toi.
Je t'ai pas fait entrer pour que tu te prostitues.
Vraiment ? Va dire ça à ta sœur.
Comment ça ?
C'est elle qui a organisé mon rencard avec Pier et Guillermina,
qui aiment les petits jeunes.
Tu le savais, c'est pour ça que t'as refusé que j'y aille.
Pourquoi Emilia ferait ça ?
Pour rester dans leurs petits papiers,
et parce qu'elle me déteste.
Pour que t'arrêtes de penser à moi.
Et tu sais quoi ?
Ça serait mieux, en effet.
J'ai d'autres priorités.
J'ai de quoi me payer 100 mecs comme toi.
Ah oui ? Alors te prive pas.
Dis-moi ton prix. N'importe lequel.
Tu as des contacts haut placés au sein de la police, non ?
Haut placés comment ?
Les plus puissants.
La cheffe de la sécurité d'État est une Alumni.
Et elle est ici, avec tous les autres.
Tu veux que je te la présente ?
Non, pas maintenant.
Mais j'ai besoin que tu lui demandes un service.
Le voilà, mon prix.
C'est comme si c'était fait.
Allez, relève-toi.
La vache, t'es torché !
Mec,
le dernier verre m'a achevé.
Il est temps de rentrer.
Non, je dois voir Joel.
Il m'a envoyé un message très chelou.
Je comprends pas ce qui se passe.
Regarde, il m'a envoyé ça.
"Ras-le-bol de ta jalousie, on arrête tout. Viens maintenant."
Tu vois ?
Ça n'a aucun sens.
C'est pour ça que je comprends pas ce qui se passe.
Je veux lui parler. Je vais lui parler.
D'accord, mais je te laisse pas seul.
- Allons-y. - Merde.
Attention. Par ici.
C'est ici.
Je ferais mieux de m'asseoir.
Merde.
Coucou, mon cœur.
Comment ça va ?
J'ai besoin de te voir…
Sous-titres : Hélène Janin
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