Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂź)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
(Marie): Est-ce qu'on a le droit de se marier
trois mois aprÚs la tragédie?
Est-ce que c'est trop tĂŽt?
Il est-tu trop tard?
Est-ce que je suis capable d'assumer ça?
Chaque pas que je vais faire cette journĂ©e-lĂ
sera un petit miracle.
Est-ce qu'à l'église,
les gens que j'aime vont enfin sourire?
Mais avant tout ça, il y a eu 47 enterrements.
47 enterrements.
Pas de cercueil. MĂȘme pas une urne.
Juste un long marathon de pleurs et de douleur insupportable.
(musique dramatique)
- Tu t'es habillée en noir avant de t'habiller en blanc?
Je vous souhaite un bien beau party de mariage.
(soupir) - Oublie jamais
que pour ceux qui ont perdu des gens dans la tragédie,
la seule chose qu'il leur reste, c'est leur souffrance.
Ils veulent pas la partager
parce qu'ils se sentiraient dépossédés,
comme si leurs émotions et l'état dans lequel ils sont
étaient la preuve ultime de l'existence des gens disparus.
(cliquetis de clés)
(âȘ)
- Je m'en vais au bureau de poste
maller nos faire-part.
A un moment donné,
il faut que ça avance.
(claquement de porte)
- Vous allez vivre des moments difficiles,
mais ça empĂȘche pas qu'il t'adore, cet homme-lĂ .
Il parle de te marier depuis, quoi, 10 ans?
- Ouais.
Ca, c'est l'autre affaire.
Il veut remettre ça, qu'il dit.
En fait, mon mariage, ça a de l'air
que ce n'est plus vraiment une bonne idée.
Trop tĂŽt, trop tard, plus de place.
Il n'y a plus de place pour rien ici.
Il n'y a mĂȘme plus de place pour la vie.
(indicatif musical)
- Elle était censée chanter à la cérémonie.
Ca fait que je me suis dit
que ce serait peut-ĂȘtre une bonne idĂ©e.
Comme ça, elle serait avec nous autres au moins.
Mais juste une chanson, pas...
- Oui.
Peut-ĂȘtre bien. Je... Je sais pas.
- Je ne sais mĂȘme pas ou les enregistrements sont.
Puis...
j'ai juste pas la force en ce moment, Marie.
- Mais non, c'est sûr que je comprends ça,
mais faites-vous-en pas, Janine, moi, je m'occupe de tout.
Moi, j'ai déjà appelé la gérante--
- Je comprends.
On va... on va y penser, OK?
On va en discuter.
- En tout cas, peu importe ce que vous déciderez...
...ça, c'est votre faire-part.
- Je vais te dire franchement,
je sais pas si on va ĂȘtre capables d'aller lĂ .
Avec la voix de Gabrielle dans l'église...
(fermeture de porte)
Il y a des jours plus durs que d'autres.
Aujourd'hui, c'est pas une bonne journée.
(musique dramatique)
Désolé.
- Je comprends.
Il avait l'air tellement souffrant.
C'est comme si quelque chose de pire pouvait arriver.
Mais moi, je voulais juste mettre un peu de lumiĂšre
lĂ -dedans, sinon on va tous virer fous.
Mais regarde...
- Tout le monde vit ça différemment.
J'en ai pas deux pareils qui entrent ici.
- Ca fait qu'on fait quoi?
- Moi, je dis qu'on bouge pas, on attend.
- On attend quoi?
- Je le sais pas!
- Depuis le début de toute cette affaire-là ,
qu'on aide le monde, pourquoi est-ce qu'on arrĂȘterait?
- Moi, j'ai deux enfants.
Ils vont à l'école.
- C'est sûr, mais ça change rien au fait que--
- Détruire la moitié de la ville, c'est aider, ça?
La moitié du monde pense qu'on devrait pas reconstruire
au mĂȘme endroit. L'autre moitiĂ© pensait le contraire.
- C'est pas à nous autres de décider ça.
Nous autres, on a une job Ă faire
et c'est faire des rues, des aqueducs et toute l'affaire.
- Bien, moi, je pense que je suis pas capable.
- Mais je ne sais plus quoi te dire.
Il faut qu'on gagne nos vies.
- Tu le sais ce qu'ils vont nous dire.
< Les Lamarre se font du cash sur le dos de la tragédie.
Les Lamarre s'enrichissent pendant que le monde braille. >
C'est ça qu'ils vont dire. - T'es pas juste.
On vient quand bien mĂȘme d'enterrer JĂ©rĂŽme,
Katy et Magalie.
La job va se faire anyway.
J'aime autant que ça soit nous autres qui la fassent
que quelqu'un d'autre.
- Je me sens tellement comme de la merde.
- Moi avec. - Imaginez-vous moi.
Je viens de perdre tout mon monde
parce que j'ai boudé une soirée de temps
parce que j'étais trop fru d'avoir 40 ans.
Parlez-moi pas que vous vous sentez comme de la merde.
- T'es comme tout clean. T'es-tu entré en religion?
- Non, mais presque.
Nouvelle job.
Je travaille dans une shop Ă Sherbrooke.
- Wow. Une job?
Ca te va bien. - Merci.
Ca...
Ca m'a shaké pas mal, tout cette affaire-là ,
ça fait que...
Toi, ça va-tu?
- Ca dépend des jours. - Oui.
Pas mal tout le monde est de mĂȘme.
Hier matin...
...ça m'a rentré dedans.
J'ai comme réalisé
si Corine m'avait pas sacré là ,
je serais peut-ĂȘtre mort, moi avec.
C'est sûr que je serais allé la rejoindre au Musi ce soir-là .
Ca me fait capoter, man.
C'est grĂące Ă elle.
J'ai une deuxiĂšme chance grĂące Ă Co.
Tu ne la vois plus pantoute, hein?
- Non, je pense que c'est plus elle
qui ne veut plus me voir.
- Ouais, c'est ça, ça...
J'ai.. j'ai essayé, Nick,
j'ai essayé, je te jure.
J'ai tout essayé, mais Co, elle...
Elle est partie sur une baloune avec Simard
et elle a rechuté grave, man.
(sanglots d'Annick)
C'est la police qui l'a retrouvée dans un trou.
Elle était complÚtement défoncée.
Elle est Ă l'hĂŽpital et elle nous envoie tous chier.
- MĂȘme sa mĂšre?
- On ne la reconnaĂźt plus.
Ca me crĂšve le coeur.
Moi, ma deuxiĂšme chance,
c'était avec elle que j'aurais voulu la faire.
T'es chanceuse, man, avec ton David. Profites-en.
- Je vais aller la voir. Peut-ĂȘtre--
- Non, fais pas ça.
Le coeur va te rester sur le plancher, je te jure.
(âȘ)
- AllĂŽ, Coco.
- AllĂŽ.
- Comment ça va?
Qu'est-ce qui est arrivé?
- J'ai rien Ă dire.
J'ai rien Ă dire, j'ai rien Ă dire...
- T'es pas obligée de rien dire avec moi.
(soupir)
- Il faut croire que marcher sur le feu,
c'était pas assez.
Moi, il fallait que je me jette dedans.
- Je peux-tu faire quelque chose?
- Me donner une smoke.
- Je pense pas qu'ils vont me laisser te sortir pour fumer.
T'es pas assez bien, Co.
- Un chip d'abord, hum?
Si c'est toi, ils vont te laisser faire.
(cliquetis de clés)
- J'ai décidé ça la semaine passée.
- Pourquoi? Tu ne l'aimes plus, ta maison?
- Bien non, je l'aime au bout.
C'est toute ma vie, ça, ici. - Mais pourquoi d'abord?
- Parce que j'aime mieux rĂ©gler ça par moi-mĂȘme
pendant que je suis encore capable
et que j'ai assez d'énergie.
- Bien oui, mais tu vas aller vivre ou?
- Samedi, j'ai besoin que tu me conduises.
- Tu vois, c'est une autre chose que je comprends pas.
Pourquoi t'as vendu ta voiture?
- Mais pour me faire chauffer, hein.
C'est un privilĂšge de vieux malade.
- Oh, OK, nono.
T'as-tu un rendez-vous Ă l'hĂŽpital?
- Non.
Je vais aller voir la petite.
- Merci.
Elles sont-tu bonnes au moins?
- De quoi?
- Les chips.
Regarde-moi, Co.
Hein, pourquoi tu ne me regardes plus?
- Tu le sais, hein, que je ne m'appelle plus Co?
Elle est morte, Co,
maintenant que je sais toute la vérité.
(soupir)
- La vérité sur quoi?
De quoi tu parles?
- Tu penses que le train, c'était un accident, toi?
Tu penses que la ville réduite en poussiÚre,
c'était un accident, ça aussi?
- Mais c'est quand mĂȘme ça qui est arrivĂ©.
Il y a un train qui a foncé sur la ville.
- Quand j'ai muté, j'ai compris.
Oui, j'ai compris ce qui se passait.
Tu le sais, hein?
Ce qu'ils ont pris dans la terre
en dessous du centre-ville, hein?
Tu sais ce qu'ils ont pris, hein?
Ils ont tout organisé ça
pour trouver ce qu'ils voulaient.
- Qui ça, < ils >? Trouver quoi?
- Des pépites de minerai.
- Du minerai?
- Oui.
Un minerai tellement rare
qu'il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup de chaleur
pour réussir à faire une explosion
pour aller l'extraire.
(sursaut)
Et aprĂšs...
...on a tous les pouvoirs.
Et toi, oui,
toi, t'en a assez eu, du pouvoir.
(sursaut)
Va-t'en. Je te hais.
(musique dramatique)
- Ma chum n'est plus lĂ .
Elle est morte, elle avec.
(Claire): C'est pas facile pour personne
de recommencer Ă sourire un peu.
- Je sais que c'est pas facile,
mais c'est-tu ça qu'ils auraient voulu, les disparus?
- Les disparus?
- Ouais.
Ca fend le coeur,
ça fait mal sans bon sens, mais ils ne sont plus là .
Mais c'est-tu ça qu'ils veulent?
Qu'on disparaisse, nous autres avec?
- Et d'aprĂšs toi, il faudrait faire quoi
pour pas disparaĂźtre avec eux?
- Je sais pas.
Si seulement je savais.
- Il y a quelque chose en toi qui a l'air de le savoir.
- Hum.
Je vais laisser ça ici, OK?
C'est nos faire-part. - Pourquoi?
- Parce que...
Parce que je ne le sais plus quoi faire avec.
- OK.
- Et je vais revenir les chercher, OK?
- Hum-hum. - Quand je vais ĂȘtre dĂ©mĂȘlĂ©e.
(air de guitare)
âȘ Tout change âȘ
âȘ Et tout me dĂ©range âȘ
âȘ Je ne nous reconnais plus âȘ
âȘ Les murs tremblent âȘ
âȘ Il n'y a plus rien qui nous ressemble âȘ
âȘ MĂȘme le nom de ma rue âȘ
âȘ Dis-moi Ă quel Ăąge âȘ
âȘ Je vais pouvoir voler âȘ
âȘ D'un centiĂšme... âȘ
- Regarde-moi pas de mĂȘme, je les ai pas mallĂ©s.
- J'ai rien dit.
Je commence Ă travailler pour les Lamarre demain.
Ils ont besoin de bras,
et la zone rouge, je la connais par coeur, ça fait que...
- Hein, t'aimes ça, retourner le fer dans la plaie?
ArrĂȘte donc d'aller lĂ .
- Je suis censĂ© ĂȘtre un hĂ©ros.
On va me donner une belle médaille pour ça.
- Marco, tu vas pas bien.
(expiration)
(rire)
- Wow. Je vais pas bien?
Et eux autres, hein?
Daniel, il était là avec sa femme.
Vincent a vu bien, bien, bien des affaires.
On n'a pas le droit de pas prendre en considération
ce qu'ils vivent et se faire un gros party.
Oui, tu peux pas comprendre.
On peut pas comprendre.
On n'était pas là , ça fait que...
- Je le sais, ça. Tout le monde me le dit.
(musique rythmée à la radio) - Ca, c'est sûr! Wou!
(conversations entremĂȘlĂ©es) - Eh bien, les Lamarre!
- HĂ©! - Salut.
- Hé, c'était pas les 40 ans de Julie à soir?
- Ouais, ça a fini plus de bonne heure.
- Vincent est pas lĂ , lui? - Il s'en vient.
- Hé, je serais resté avec vous autres,
mais il faut que j'aille chercher mes moucs
chez la gardienne, ça fait que... Amusez-vous!
HĂ©, Corine, Corine!
Shooters de sambuca pour les boys.
Hé, bonne soirée!
(chanson québécoise)
- Oh, salut, la gang!
(exclamations, rires)
- Sandrine, ronde de shooters. C'est sur mon bras.
- Pas pour moi.
- Ca fait que, comme ça, la carriÚre, ça va bien?
- C'est en train de décoller, je pense bien.
- L'album s'en vient. - Toi, c'est le grand départ?
- Ouais, je décolle demain matin trÚs tÎt.
- Oh, la nuit va ĂȘtre courte. - Il dormira dans l'avion.
(rires)
- Ouais, ça lui apprendra à faire son phoque en Alaska.
- Oui.
- Shooter, shooter. - La gang, la gang!
Au phoque en Alaska! (cris de joie)
- Je pense que je suis en amour.
- Un autre déjà ? Mais là , tu perds pas de temps.
- Mais lĂ , la vie est courte, qu'est-ce que tu veux?
- C'est qui? - C'est Mario!
- Mario? Oh!
- As-tu vu qu'on a un call? - C'est-tu grave?
- Je sais pas encore.
Je pense que c'est une locomotive de MMA
qui a pogné en feu à Nantes. Merci.
HĂ©, ciao, hein.
- HĂ©, la Corine. - Oui?
- Merci. Bonne soirée. - Ciao.
- Ciao. - Je vais y aller, moi avec.
HĂ©, Pat, bon voyage et bonne nuit surtout, hein.
- HĂ©, tu t'en vas ou de mĂȘme?
Tu t'en vas rejoindre ta belle petite pitoune?
- C'est pas de tes affaires, ça.
(chanson d'Harmonica qui continue)
(conversations indistinctes)
Oh, be, be, be, be. - Merci, t'es fin.
Tu prends rien, toi?
- Non, je... je vais aller rejoindre les enfants.
- Mais voyons, je vais m'en occuper.
T'as eu une semaine de fou. - HĂ©, tut, tut, tut, tut.
T'as ta soirée. Et demain matin, tu dormiras, c'est samedi,
et moi je vais les emmener manger chez Pio.
- T'es bien fin, merci.
On se voit tantĂŽt? - Oui, bye.
- Bye. - Bonne soirée.
Ciao, les amoureux. Salut. - Bye.
(rires)
- Oh, my God. Depuis quand que vous ĂȘtes ensemble?
Genre depuis le cégep? - Oui, et?
- Mais là , t'as encore des étoiles dans les yeux
quand tu le regardes.
Pour vrai, c'est super beau, votre affaire.
Hé, moi, j'ai deux enfants avec deux pÚres différents.
Je me suis séparée récemment. Là , j'ai un nouveau chum.
- Pourtant, il est super, ton nouveau chum.
- Bien oui, il est super, mais c'est un gros parcours.
(rires)
- HĂ©, moi, j'ai pas de nouvelles d'Annick.
Pour moi, elle se pointera pas.
- Je viens de lui parler, elle s'en vient.
- Oh, good. DĂšs qu'elle arrive, tu vas pouvoir y aller.
Et moi, j'ai faim. Je prends un break.
- Et moi?
- Moi, je te garderais derriĂšre le bar.
- HĂ©, je suis ici depuis 16 h.
- Bien oui, mais il faut que tu te pratiques
si tu veux devenir bonne. Fais pas cette face-là , ça achÚve.
(musique douce)
- AllĂŽ. - AllĂŽ.
- Sandrine, quand t'as le temps,
une bouteille d'eau, s'il te plaĂźt.
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Ma mĂšre m'a fait promettre de toujours prendre
une bouteille d'eau pour la route.
(rires) - HĂ©, maudit bon show Ă soir.
- Oh, c'était parfait. - Oui?
- Oui, jusqu'Ă tant que l'autre me renverse sa biĂšre dessus.
- Et rendue Ă l'auto, bien, je m'ennuyais un petit peu.
(voix assourdies)
(grincement métallique)
(musique inquiétante)
(grondement)
(grincement)
- Tassez-vous, il va dérailler!
- Avez-vous senti ça?
On aurait dit un tremblement de terre.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Le plafond va nous tomber dessus.
Il faut sortir d'ici! - Attends, papa.
Je sais pas, je comprends pas.
- Il faut sortir d'ici! (cris de panique)
- Papa!
- On sort, on sort!
(hurlements de terreur)
- Voyons! - Gab!
(musique dramatique)
(hurlement)
(musique douce)
- Papa? Ca a arrĂȘtĂ©.
Je sais pas.
J'ai aucune idée de ce qui s'est passé,
mais c'est correct finalement.
Je...
Je sors, OK. Bye.
- Véro?
- Daniel? - Mike?
- Katy!
- Liane! - Oh, Liane.
- Ici, ici! (paroles indistinctes)
- Je sais pas, je me souviens, elle...
(voix assourdies)
(Marie): Tout ce monde-lĂ existe encore.
Ils sont morts, mais ils existent encore.
C'est-tu correct?
J'ai-tu le droit de me conter cette histoire-lĂ ou...
- Bien, ça t'aide?
- Oui. - Bon.
- Je suis égoiste, ça a pas de sens.
- C'est pas grave, ça.
Ici, t'as le droit.
(vrombissement)
(musique douce)
- Une fois que t'as fini ça, tu t'en vas en zone un.
Tu commences à défaire ça.
- HĂ©, Marco. WĂŽ, wĂŽ! Donne-toi un break un peu.
Tu gagneras pas une autre médaille, OK?
- Crisse-moi patience avec ton estie de médaille.
C'est n'importe quoi, man. - OK.
- Le monde me regarde bizarre depuis ce temps-lĂ .
J'ai pas besoin de ça. - Hé...
Qu'est-ce qu'il y a?
(musique pesante)
- Il faut que j'appelle Anabelle.
(sonnette) - Oh, excuse-moi.
- Salut, Anabelle.
OK. Ou ça?
Ouais, puis?
Vincent est... Vincent est lĂ ?
Oui... OK, OK.
Oui, je vais... OK, je m'en viens.
- C'est tout ce qu'il reste de mon commerce.
Je veux pas la nettoyer, je sais pas, je...
J'ose pas, on dirait.
(reniflement) Ouvre.
- C'est-tu...
(sanglots)
- C'est peut-ĂȘtre un signe.
La vie va continuer. Il faut avancer.
(sanglots)
En tout cas, moi, je décide que c'en est un, signe.
- Tu sais, l'autre jour, quand je t'ai demandé
si les disparus souhaiteraient
qu'on disparaisse avec eux autres?
Je pense que non.
Moi, je crois pas en Dieu.
Je sais pas si le paradis existe,
mais mettons qu'ils peuvent venir nous voir,
c'est sûr qu'ils seraient tous à mon mariage.
C'est sûr.
Avec ceux qu'ils aiment.
Ca fait qu'aprÚs ça, tout le monde a raison
et tout le monde a tort.
Il reste juste à savoir si moi, j'assume ça.
Est-ce que j'assume ça?
Je sais pas.
(brouhaha)
- AllĂŽ. - Salut.
Ca va-tu?
- Qu'est-ce que t'as lĂ -dedans?
- Ca, c'est pour mon mariage.
- C'est-tu vrai que tu veux faire un hommage
aux disparus?
- Je ne le sais plus.
Je ne sais mĂȘme plus si je vais me marier, Roger,
ça fait que... - Moi, mon gars,
personne en parle.
Tout le monde parle des 47 victimes,
mais mon gars, lui, jamais.
Jamais.
C'est parce qu'il est pas mort au Musi-Café qu'il compte pas.
Ca fait que...
Je vais te demander de quoi, OK?
Si tu fais un hommage aux disparus,
fais une petite place Ă mon gars.
(musique dramatique)
Pas plus,
mais pas moins qu'aux autres.
Je veux pas qu'on l'oublie.
Jamais.
Je te souhaite d'ĂȘtre heureuse, Marie, sincĂšrement.
- Merci.
- Il faudrait quand mĂȘme qu'il y ait un peu de lumiĂšre
quelque part.
- Oui.
- C'est le... c'est...
C'est le cadeau qu'on aurait dĂ» te donner pour... tes 40 ans.
Si on...
Si on n'était pas rien que des nonos
pas capables de dealer avec notre coeur,
on serait... on serait arrivés à l'heure,
on t'aurait donné ce bracelet-là .
(en chuchotant): Ah...
Mais voyons...
Je l'avais vu juste avant.
Bien oui, mais c'est bien trop cher.
- Tu sais, euh, Julie,
tout le monde s'en veut, c'est comme une chaĂźne infinie.
Mais là , ça ne peut plus continuer comme ça.
A un moment donnĂ©, il faut que ça arrĂȘte
pour continuer.
Ca donne rien.
- Mais je sais que ça donne rien.
(musique dramatique)
Mais toute cette affaire-lĂ ,
ça me tue.
- Ca veut dire quoi, ça?
- Ca veut dire que...
Ca veut dire que je vais partir.
Je vais vous laisser la compagnie.
Vous ĂȘtes capables
de vous débrouiller sans moi, hein?
- Tu vas faire quoi?
- Je sais pas.
En tout cas, ce sera pas ici.
- Voyons, Julie, ça a pas de sens.
- Bien non, ça a pas de sens.
Cette ville-lĂ est rendue un tombeau Ă ciel ouvert.
On envie les survivants.
On hait ceux qui ont pas assez souffert.
On hait ceux qui veulent continuer Ă travailler.
On hait ceux qui veulent se marier.
Mais lĂ , moi,
c'est rendu que c'est moi que je hais.
Faut que je m'en aille.
(musique douce)
(souffle du vent)
- T'envoies du courrier au paradis?
- Oui.
C'est peut-ĂȘtre loin, le paradis,
mais je suis pas mal sûr que ça va se rendre.
- Ah non, c'est bien moins loin qu'on pense.
C'est mĂȘme juste Ă cĂŽtĂ©.
Puis, c'est facile de trouver le chemin pour y aller.
- Ca va-tu?
- Oui.
Je vais bien.
Je vais mieux.
Je m'ennuie de Sandrine et de sa mĂšre aussi,
mais je suis content.
Je vais aller les rejoindre bientĂŽt.
- Qu'est-ce que vous ĂȘtes en train de me dire lĂ , vous?
- Non, fais-toi-z'en pas avec ça.
J'ai pas d'idées noires.
(petit rire)
Je suis pas bien, bien en forme, tu sais.
Mon médecin me dit que chaque battement de mon coeur
est un miracle.
Je pense que, bientĂŽt, quand ça va ĂȘtre le bon moment,
je vais me coucher un soir
en pensant Ă ma fille et Ă sa mĂšre
et je vais juste me laisser glisser
et je vais me réveiller de l'autre bord,
à cÎté d'eux autres.
Tu vois? Pas si loin que ça, hein?
On décide bien de ce qu'on veut croire...
- Oui.
- ...mais je suis pas mal sûr de mon affaire.
Je vais te dire,
j'ai tellement hĂąte de les revoir,
mais c'est pas pour tout de suite.
J'ai un mariage, moi, dans pas long.
Je peux pas le manquer.
Et eux autres non plus.
- Merci.
(mélodie mélancolique au violon)
- C'est quand mĂȘme incroyable
de se perdre pendant toutes ces années-là ,
puis de se retrouver de mĂȘme.
Comme quoi tout est possible.
(âȘ)
- Quand tu reviendras, Co,
je vais ĂȘtre lĂ .
Souviens-toi-z'en, OK?
(âȘ)
Je le sais que tu m'entends.
- Moi, Marco,
je te choisis, Marie.
Je lie ma vie Ă la tienne
dans la joie comme dans la peine,
pour le meilleur et pour le pire
et...
- Et jamais je ne laisserai...
- Et jamais je ne laisserai rien ni personne nous séparer.
Je t'aime pour toujours et jusqu'Ă l'infini.
- Vous pouvez vous embrasser. C'est permis maintenant.
(acclamations)
(air de guitare)
âȘ Une chanson est un long cri d'amour âȘ
(Marie): Tout le monde est lĂ .
Tout le monde est venu.
Gabrielle, Rick,
Pierre-Luc, Patrice, sa mĂšre,
Guy, sa femme,
Daniel, Liane,
Katy, Corine, Annick, Sandrine,
JérÎme, Magalie, Vincent,
Myriam et son beau Bryan.
Il y en manque pas un.
Les disparus existent dans nos vies
tant qu'on les garde pas trop loin de notre coeur.
C'est ma façon de survivre,
mais c'est ce que la tragédie m'a appris.
Wou!
Le souvenir est plus fort que la mort
parce qu'il disparaĂźt jamais si on en prend soin.
âȘ Dors avec moi reste lĂ âȘ
âȘ Je te veux âȘ
âȘ Tout au long de moi âȘ
âȘ Tout autour de moi âȘ
(carillonnement)
âȘ Dors avec moi rien qu'un soir si tu veux âȘ
âȘ Demain n'existe pas âȘ
Sous-titrage: difuze
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.