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Original subtitles

Sous-titres traduits par Patrick et partag�s sur "les in�dits du cin�ma bis"

Amalia, l'�boueur est l� ! Vous �tes cens� venir � 6 heures ?

- Je commence � 6 heures. - Et vous faites chaque bar.

Occupez-vous de vos affaires.

Laisse les gens vivre. Tu veux pas te m�ler de tout ?

Va me chercher un demi-litre de vinaigre naturel ...

- Marque label rouge. Tu vois ce que c'est ? - Oui.

- 20, 40 et 50. - Donne-moi encore 100, pour des cigarettes.

Ne t'arr�te pas pour bavarder, le repas est sur le feu !

Je sais ce que je dois faire.

Ils sont de retour ! Toujours pareil ?

Vous creusez la route ?

Fumer pr�s du gaz ?

Vous voulez nous faire exploser ?

Vous fumez mes cigarettes ?

Arr�tez d'emb�ter les gens qui essaient de gagner leur vie !

Vous pouvez vous ruiner les yeux avec ce chalumeau...

On n'a que deux yeux dans la vie.

- Des nouvelles de la Chine ? - Otello, oublie la Chine !

Ils sont pires que des fourmis. 600 millions de Chinois.

S'ils se d�placent, que ferons-nous ?

Je serai toujours comptable.

- Ils te mettront au travail. - Une nouvelle Fiat 1100 ?

�a te d�range ?

Trop tape � l'oeil pour un vieil homme comme vous.

J'arrive. Je m'en occupe !

Recule, il y a de la place. Recule. Stop !

J'ai un accident !

J'ai dit "stop", vous auriez d� vous arr�ter !

Qui est cet idiot ?

- C'est pas ma faute si vous ne savez pas conduire ! - Ou vas-tu ?

- Donne au moins un coup de main ! - Il vous faut une grue !

- Bonjour, Remo ! - Salut, papa.

- C'est une 500 ? - Non, une 250.

Doucement ! Ne fais pas deux choses � la fois, comme ta m�re.

- Sors d'abord le carburateur. - D'accord.

- Enl�ve l'�crou. - Papa, tu me fais tromper !

- C'est fini ? - Non.

- D�p�che-toi ! - Bonjour, Biancone !

Comment va le gar�on ? Il fait un bon travail ?

Le gamin est intelligent. Je n'en dirais pas autant des grands !

- Vraiment ? - Oui.

- Laisse-moi faire un tour. - Je ne peux pas. Le client va venir.

- Tu as peur que je l'ab�me ? - Tu n'as rien � faire ?

- Je vais chercher du vinaigre. - Alors, vas-y !

Qui est le p�re ici ?

Doucement ! Ne la brusque pas !

Les motos sont comme les femmes : il faut les traiter avec soin.

Il faut les faire rire. Bonjour � tous !

- Quel vinaigre ? Le label rouge ? - Peu importe.

Celui qui a fait �a doit penser qu'il est dr�le, mais il ne l'est pas.

Parce qu'est vulgaire celui qui agit vulgairement.

Et pas de celui qui la re�oit.

Qu'est-ce que �a peut te faire, Otello ?

Je voudrais juste savoir...

- pourquoi toujours moi, et pas les autres ? - Tu devrais le savoir !

Peut-�tre qu'� ton avis...

j'ai une intelligence inf�rieure � la moyenne.

Pourtant, je dis que tu me juges trop vite.

Et j'ajouterai, sans vouloir �tre mena�ant,

qu'un jour tu te repentiras. - Prends ton vinaigre et va-t'en.

Vous le savez tous, je vous ai photographi�s.

Sans rancune, mais juste une derni�re chose :

fa�tes attention � ce que vous faites.

- Bonne journ�e. - Salut.

Bonne journ�e � tous ! Bonne journ�e.

Merci ! Ce sera mon tour la prochaine fois !

Remo, tu as fini ? On rentre � la maison ?

Papa, ils t'ont encore emb�t� ?

- Tu les as entendus ? - Assez fort !

C'est � cause de ta veste ?

Mon smoking ? Pas du tout !

- Pourquoi tu ne r�agis pas ?

Tu ne peux pas comprendre, tu es encore un enfant.

Quand tu grandiras, tu comprendras qu'on n'a pas besoin de r�agir tout de suite.

�a fait quatre ans que tu attends !

Tu es en col�re contre moi parce je ne travaille pas depuis quatre ans...

Mais, pour quelqu'un comme moi, c'est plus difficile de travailler, ou de regarder les gens travailler ?

Papa, c'est plus difficile de travailler !

Supposons que tu aies raison...

Laisse-moi te dire que je l'ai la conscience tranquille.

- Tu �coutes ? - Oui, papa.

- Prenons le concept de "Patrie". Tu connais ? - Non.

Je vais te dire. C'est elle qui t'appelle � l'arm�e.

tu la sers, tu risques ta vie pendant 11 ans, comme je l'ai fait...

et quand les guerres sont finies

tu rends ton uniforme et elle t'envoie au ch�mage.

Et toi, sans travail, comment tu manges ? Tu voles !

- Si tu voles, que fait la Patrie ? - Elle t'arr�te.

- Tu veux que ton p�re aille en prison ? - Non

Alors, je dis : "Ch�re Patrie, donne-moi du travail".

Si je dis non, envoie-moi en prison, comme en Russie.

Otello !

Viens m'aider � d�charger !

- Je vais t'aider. - Et ton mari ?

Jamais ici ! Combien de fois je lui ai demand� d'�tre l� pour aider ?

Si je t'aide, ce n'est pas la m�me chose ?

Non, parce que si tu n'�tais pas ma soeur, je l'aurais d�j� poignard�.

- Pourquoi vous vous disputez ? - Papa, n'en rajoute pas !

Madame !

- Du courrier. - Qu'est-ce que c'est ?

- Signez s'il vous pla�t. - Je dois signer ?

Oui, c'est un recommand�.

C'est la mairie. Pour mon mari !

- Ils veulent l'arr�ter ? - Non, ils veulent l'embaucher !

Quelle merveilleuse nouvelle ! Je parie qu'il sera content !

Apporte-moi une chaise, je veux voir sa t�te quand tu lui donneras la lettre !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Otello !

- Il y a de bonnes nouvelles pour toi ! - Laissez-moi voir !

Enfin, ton moment est arriv� !

- Tiens ! - Quoi ?

Je suis si heureuse !

- La mairie ! - Pour ceux qui se sont moqu�s !

Et qui nous ont tant humili�s.

- Tu parles pour moi ? - Oui, pour toi aussi !

Tu es mon fr�re et je t'aime, mais Otello est mon mari.

Et je te le dis :

Pendant des ann�es on a souffert, et j'ai souffert en silence.

Et moi ? Combien de fois ai-je d� avaler ma fiert� !

Maintenant, arr�te de dire qu'Otello est un parasite ...

qui ne veut pas travailler !

Tout �a juste parce qu'il a enfin obtenu un emploi !

- Et qui dit que je vais accepter ? - Que dis-tu ?

- Tu as lu la lettre ? - Non. Que dit-elle ?

Nous vous informons que vous avez �t� embauch�...

par la mairie, comme ouvrier communal pour les march�s de la ville.

- C'est un bon poste, et qui gagne bien aussi.

Peu importe l'argent. Quelqu'un peut dire ce qu'est un "ouvrier ordinaire" ?

Tu te l�ves � 3 heures, et � 4 heures tu commences le d�chargement.

Et que dois-je d�charger ?

Tout. Des sacs de patates, des caisses de fruits, des blocs de glace.

- La glace est froide, imaginez en hiver ! - Tu ne veux pas ?

- Je n'ai rien dit ! - Et tu ne dois pas !

- Tu as la chance de commencer comme ouvrier. - Tu penses ?

Et qui dois-je remercier pour ce charmant petit travail ?

J'ai postul� pour la police municipale...

pas pour un emploi d'ouvrier. - Regarde ce qui est �crit.

Tu as eu cette offre gr�ce au souhait d'un enfant h�ro�que.

- Et qui serait l'h�ro�que enfant ? - Moi. Rappelle-toi, cet �t�...

quand je nageais dans la rivi�re...

et que j'ai sauv� ce gar�on qui se noyait ? - Le fils de l'adjoint ?

A la fin de l'ann�e scolaire, le maire est venu et a fait un discours.

A la fin, il a dit: "C'est toi qui as sauv� le fils de l'adjoint ?". J'ai dit "oui".

- Il a dit : "As-tu un souhait ?". - Et qu'as-tu dit ?

"Donnez un emploi � mon p�re, il veut tant travailler".

C'est un bon travail...

- Pourquoi tu ne dis rien ? - La Patrie se souvient de toi !

Tu viens � table les mains sales ?

- Va te laver les mains ! - Non ! Maintenant, tu as tort !

- Tu t'en prends � un innocent ! - Je suis le p�re !

Je le gifle, si je veux.

C'est facile d'�tre un h�ros, hein ?

Et sauver le fils de l'adjoint...

Et comme r�compense il me donne quoi ?

Envoyer son p�re faire l'ouvrier !

Otello, ne perds pas courage. Je sais que c'est difficile...

mais tu dois accepter, pour mon fr�re.

Quoi ? Il ne veut pas �tre ouvrier ?

Pourquoi devrais-je mentir � ma famille ?

Si �a tient � moi, non !

Pendant douze ans, j'ai port� l'uniforme de sergent...

et maintenant vous me voulez ouvrier ?

Tu attends une autre guerre ?

on a le droit de discuter. Non, papa ?

Entre une guerre et une autre, tu dois faire quelque chose !

J'ai postul� pour �tre policier, pas ouvrier !

Tu peux �tre policier, mais pas ouvrier ?

Pourquoi Paganini �tait violoniste ?

Tout le monde lui disait d'�tre barbier ! Mais il voulait jouer du violon !

Voil� comment il est devenu Paganini !

Mais tu ne joues pas du violon ! Si tu ne vas pas travailler lundi...

tu ne mangeras plus ici ! D'accord ?

Tu es content de voir que ton p�re est ouvrier ?

Appelez les pompiers, la police municipale !

Recrutez les ch�meurs, et envoyez-les sur place !

Mieux encore, allez-y personnellement !

Et n'oubliez pas qu'arrivent les �lections !

- Qu'y a-t-il ? - La crue du Tibre !

D'abord la scarlatine.

Puis le scandale du plan r�gulateur.

Maintenant les inondations du Tibre ! Et au milieu des �lections !

Mais, monsieur, ces choses ne d�pendent pas de nous !

Non, P�re. Vous �tes trop bon.

Si nous ne g�rons pas les inondations du Tibre...

les communistes se r�jouiront.

- Que voulez-vous ? - Un homme d�sire parler au conseiller Mandolesi.

- Qui est-ce ? - Le p�re du petit qui a sauv� votre fils.

Assez ! Cet enfant m'insupporte !

- Dites-lui que je suis � Rome. Je reviens dans un mois ! Deux !

- Pourquoi ne voulez-vous pas le voir ? - Parce que je suis fatigu� !

D'accord, il a sauv� mon fils, l'eau �tait peu profonde...

mais je pense que ne suis pas oblig� !

Je perds mon temps. Je lui apporte l'aide sociale.

A No�l, j'envoie un paquet. Ils en veulent quatre !

J'en envoie quatre, je crois en avoir fini ...

Je dois attendre un mois ? C'est une question de vie ou de mort.

Permettez-moi de lui parler !

C'est une p�riode tr�s charg�e.

Il ne voit personne et travaille au bureau jusqu'� minuit.

- Mais il doit rentrer pour manger et boire ! - Piti�, ne le d�rangez pas chez lui !

- Mlle... - Papa.

On attend � la maison ?

�a devient une vraie pers�cution !

Ils demandent une carte pour le cin�ma, je leur en donne une.

Ils demandent au maire un emploi pour le p�re...

Et le maire lui donne un magnifique poste sur les march�s !

Que peuvent-ils vouloir encore ?

Sont-ils au moins reconnaissants pour ce que vous avez fait pour eux ?

Voil� le probl�me ! Ils sont trop reconnaissants !

A No�l, ils m'ont envoy� de la viande.

Je l'ai refus�, et ils l'ont renvoy� !

Nous en avons mang� et avons fini intoxiqu�s � la clinique !

- Excusez-moi, pour le maire ? - Au premier �tage.

Prend cette viande et fais attention. C'est frais.

- Comme celle pour l'adjoint ? - Rappelle-toi de ce que tu dis au maire.

- Je ne me souviens de rien. - Bien !

Sonne � la porte et dis : "Je suis l'enfant h�ro�que."

"Papa vous remercie pour le travail d'ouvrier, mais il ne peut pas accepter."

"Il a deux �clats d'obus � la cuisse, il ne peut pas se fatiguer."

"Et il postule pour un emploi dans la police municipale..."

"comme motocycliste !" - C'est trop long. Je ne pourrai pas.

Alors, dis simplement :

"Regardez � la fen�tre et appelez mon p�re, il va vous expliquer."

- Tu peux te le rappeler ? - Esp�rons que oui !

Fais un bon travail.

Je compte sur toi ! Papa t'attend ici.

L�ve la t�te ! Montre qui tu es !

Les �paules en arri�re !

Il m'a m�me dit o� vit cette femme !

Je suis surpris que tu croies ces calomnies r�pandues

par mes ennemis politiques !

Si ce sont des mensonges, jure-moi que ce n'est pas vrai !

Tu sais que je ne jure pas, mais nous avons trois enfants...

Nous avons toujours �t� ensemble, dans des moments graves.

- Monsieur le maire ! - Vous savez frappez avant d'entrer ?

- Il ya un enfant. - Quel enfant ?

Papa, il t'a apport� de la viande !

C'est toi, le petit h�ros !

Je ne peux pas accepter la viande, je suis le maire ! Tu comprends ?

- Papa a� dit de la laisser l�. - Je la mets dans le r�frig�rateur ?

Envoyons-la aux victimes d'inondations avec les v�tements usag�s.

Merci pour la viande. Que veux-tu d'autre ?

- Pap� ne veut pas le travail. - Pourquoi ?

Il n'a pas envie de travailler.

- Et qu'a-t-il envie de faire ? - Motard.

Tu entends ? Et ils parlent de ch�mage !

Je leur donnerais le fouet. Ecoute, ch�r enfant...

Filomena, accompagnez l'enfant ! Je suis d�sol� pour toi

dis-lui que je ne suis pas Mandolesi, et qu'il aie honte.

Et s'il se montre ici en disant qu'il ne veut pas travailler...

je le ferai arr�ter. Va !

Non, d'abord horizontal, et puis vertical,

sinon �a laisse des traces. - Et la brosse dans la t�te ?

- Papa ! - Oh, Remo !

- Tu as donn� la viande ? - Oui.

Il a �t� gentil ?

- Il a dit que si on le d�range encore, il te fait arr�ter.

- Pourquoi ? - Parce que tu dois travailler.

Salut, l'ami !

- Qui est-ce ? - Le gamin que j'ai sauv�.

- Heureusement que votre fils savait nager.

Mais tu dois apprendre aussi, sinon

�a signifie des ennuis pour toi et les autres ! - Tu sais, j'ai encore mal � la t�te !

- Il �tait agripp� � mon cou et j'allais me noyer,

alors je l'ai tap� � la t�te. - La prochaine fois, frapp� plus fort.

- Je m'en vais. - Alors vas-y !

- Salut, ami. - Salut ! Il a l'air sournois de son p�re.

Dis-moi exactement ce qu'a dit le maire.

Qu'il te ferait arr�ter.

Tu lui as expliqu� l'�clat d'obus dans la cuisse gauche ?

- Il ne m'a pas laiss� parler !

Je crois que ta m�re a raison : tu as besoin d'aide.

Je veux voir comment il r�agit face � la r�elle autorit� !

Rentrons � la maison !

Monsieur le maire, voici le courrier.

Une lettre avec quelque chose de tr�s lourd.

- Vous vous �tes coup� ?

Mais, c'est quoi ? Un �clat d'obus.

Attention, vous pourriez attraper le t�tanos !

- Regardez comme c'est rouill�. - Je voudrais savoir qui est ce mis�rable !

Regardez !

Monsieur le maire, Je suis le papa de l'enfant h�ro�que.

Ceci est un morceau d'obus qui a �t� retir� de ma chair.

Voil� pourquoi je ne peux accepter un travail dur.

Comment nous d�barrasser de ce pers�cuteur assassin ?

- Permettez ? Excusez-moi, c'est Mgr Olivieri.

Faites-le entrer.

S'il vous pla�t, monseigneur.

- Cher Augusto ! Tu es tr�s occup� ? - J'ai toujours du temps pour vous.

Je ne veux pas abuser. Seulement une minute.

Je veux te pr�senter... Excuse-moi un moment.

Venez, venez.

- Ce brave jeune homme. - Honorable Maire, bonjour !

Je connais d�j�ce barve gar�on.

Nous lui avons donn� un emploi. Que puis-je faire d'autre ?

- Je me suis coup� sur votre �clat !

Ce n'est pas grave.

J'avais deux morceaux coinc�s ici, dans la chair.

Si je peux, je voudrais vous montrer les cicatrices.

- Vous comprendrez pourquoi je ne peux pas faire de travaux durs.

Je veux que vous voyiez tout !

- Non ! Excusez ! Il y a des dames !

Remontez votre pantalon !

Je vous ai dit de ne pas descendre votre pantalon devant le maire !

Je lui ai dit, mais il n'�coute pas !

Madame, vous pourriez lui faire comprendre.

Puis-je travailler comme ouvrier dans cet �tat ?

Laissez-la tranquille, par Judas !

Pardon, il me fait perdre patience !

Si vous ne voulez pas �tre ouvrier, que voulez-vous faire ?

Je conduis tr�s bien la moto. Je veux entrer dans la police municipale.

Que savez-vous faire d'autre que de rouler � moto ?

- Que voulez-vous dire ? - Savez-vous taper � la machine ?

- Tenir une comptabilit� ? - Non.

- Tenir des archives ? Je m'en doutais !

Si la v�rit� doit �tre dite, permettez-moi de dire...

que ce brave jeune homme ne sait rien faire.

- S'il ne sait rien faire ... - Rappelez-vous ce que j'ai dit ?

- Quoi ? - Je suis un tr�s bon motocycliste.

- Alors mettons-le dans la police. - Municipale !

Trouvez-moi le chef !

- Vous avez un casier vierge ? - Bien sur ! Et pas seulement !

Toute ma famille est pareille, nous savons pour qui voter.

J'ai toujours �t� pour le gouvernement, ma femme chez les f�ministes,

et mon beau-fr�re...

est un "Doroteo."

- Combien ? - 400.

Voici.

- Merci. Bonne journ�e. - Bonne journ�e.

- F�licitations � votre mari ! - Merci.

- Amalia, ton mari commence aujourd'hui ? - Oui, il est si �mu !

Qu'est-ce qui se passe ?

Papa� ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu joues ?

Tu as pr�t� le pistolet � ton p�re ?

Comme un soldat !

- Tu m'as dit qu'il y avait la s�curit� ! - Non ! Voil� la s�curit� !

Avec la s�curit�, il ne tire pas !

Dans cette confusion, je ne peux plus penser !

Je dois m'habiller ! Faites-moi un peu d'air !

- A quoi te sert un pistolet ? - Comment �a ?

Si le voleur s'enfuit, je lui ordonne de s'arr�ter...

puis je tire en l'air, et dans les pneus.

Tu lui tires dans la t�te tout de suite,

sinon il tire en premier.

- Et papa ? - Il se pr�pare.

Eh bien ? Quoi ? Effrayant, hein ?

Papa, tu ressembles � un Martien !

Comme tu es bien ! Tu es plus beau que quand tu �tais sergent.

- Comment tu te sens ?

Je me sens diff�rent, plus fort, plus grand.

M�me ma voix sort mieux, plus claire !

Mais surtout, je me sens � l'aise.

Avance. Fais-nous voir !

- Qu'est-ce qui te g�ne ?

Mes bottes sont raides !

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Il s'est �vanoui !

Le casque ! C'est lourd ! Je dois m'y habituer !

Je dois marcher, m'�chauffer !

- Fais-moi une faveur. Tu connais Amilcare ?

Le charbonnier ?

Tu vas lui donner une contravention de 20.000 lires !

Il ne peut pas.

Calme-toi ! A quoi penses-tu ?

J'ai un uniforme qui me donne l'autorit�, mais pas pour une vengeance.

Et puis, vos ennemis attendrons, les miens passent en premier.

- Quelle heure est-il ? - Midi.

Je me suis habill� une heure � l'avance.

- Tu veux manger ? - Non , je pr�f�re rester l�ger.

Tu es nerveux, hein ? Je te pr�pare une camomille.

- Pourquoi pas un verre de vin ?

- Pourquoi tu ne vas pas le prendre au bar ?

- Quel bar ? - On verra s'ils t'emb�tent.

Bonne id�e. Accompagne-moi.

- Purquoi tu me tiens ? - J'ai peur que tu tombe.

Je dois m'habituer � marcher seul !

Qu'est-ce que tu as sur la t�te ?

- Qui �tes-vous ? - D'Ambrogi, le collecteur de taxes !

Ne faites pas ainsi le malin !

Encore l� ?

Finissez ce travail !

On ne peut pas vous faire creuser dans le quartier �ternellement !

- N'oubliez pas le fanal rouge le soir ! - Bien s�r, officier.

Bonjour �tous !

- F�licitations, Otello ! - Merci.

Tu es superbe !

- Vraiment ? - Effrayant.

Ah oui ?

A ta carri�re, Otello !

- Que tes r�ves se r�alisent ! - Merci, � la tienne,

et � tous tes clients, parce que je ne suis pas rancunier.

Au revoir � tous !

Celletti, votre premier jour, et d�j� une minute de retard.

A vos ordres, lieutenant.

Votre secteur

va de la Porta Maggiore � la Porta Romana.

C'est un tron�on plut�t normal.

A deux kilom�tres, il y a un virage dangereux, qu'on appelle celui de la mort.

A l'heure de pointe, cette intersection est assez occup�e.

- Surveillez-la. - Ne vous inqui�tez pas, lieutenant.

Que faites-vous ici ?

Nous voulons te voir donner ton premier P.V..

- S'il vous pla�t ! - Nous attendons ce moment.

- Fais-nous plaisir.

Je suis de service. Ne me g�nez pas.

- Tu es nerveux ? - Tu trembles.

- Partez ! - Donne un P.V., et on s'en va.

Circulez ! Je n'ai pas besoin que des parents cr�ent un embouteillage !

Ne me forcez pas � vous punir !

Tu as enlev� la bille du sifflet de ton p�re ?

Non, c'est pas moi !

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

Rien, j'essaie juste mon sifflet. Avancez !

Un autre !

Vous allez voir comment il fait !

Bonjour ! Vous n'avez pas vu le panneau ?

Et vous n'avez pas vu les heures de 8h00 � 14h00 ?

- Avez-vous un triangle ? - Oui. Le voici.

Puis-je voir votre permis, s'il vous pla�t ?

- Pourquoi n'a-t-il pas de tampon ? - Il est sur la derni�re page.

Excusez pour la premi�re et la seconde erreur.

- Otello, tu t'es tromp� ? - Sors-toi ! Je poursuis une voiture !

- Un instant. - Quoi ?

Essaie maintenant.

Merci !

O� est-il all� ? Je vais l'attraper !

- Comment il va le rattraper ? - Qui sait !

Les pare-chocs � l'arri�re du v�hicule...

doivent �tre marqu�s en rouge et blanc !

- Ouais ? - Qui a dit "Ouais" ?

- On ne le savait pas. - C'est grave ?

Je vous laisse pour cette fois !

Ne me touche pas, ou je prends ton matricule et je te d�nonce !

Je l'avais dit ! Toutes les fois que tu voles,

tu dois �tre en r�gle !

Ralentissez ! Lentement ! C'est le virage de la mort !

La route est glissante ! C'est le virage de la mort !

Ralentissez !

Vous �tes tomb� ?

Je dois aller le raconter aux gars du bar !

On pleurera de rire ! Salut !

Attendez.

Nando ! Nando !

Tu as vu Otello ?

- Si je l'ai vu, cet idiot ? - Qu'est ce qui s'est pass� ?

- Il m'a donn� une amende. - Une amende ?

Mais ce n'est rien.

Il m'a fait d�charger et recharger tous les produits.

Il a inspect� tout le camion, morceau par morceau.

Il a commenc� par les clignotants, les feux de route, les feux de croisement...

le frein � main, les p�dales. Alors, � un moment, j'ai dit :

"Otello, tu te crois dr�le ?" Et vous savez ce qu'il a r�pondu ?

- Ne fais pas le malin, et montre-moi le permis.

Je lui ai donn�, il l'a feuillett�, et il a dit :

"L'adresse n'est pas claire. O� habitez-vous ?"

Ce fils de ...

"Tu manges et tu dors chez moi pendant sept ans"

"et tu me demandes mon adresse ?"

- Vous �tes � contresens. - Quand vous avez siffl�, je me suis arr�t�.

Vous avez essay� de passer.

- Je peux partir ? - Vous partirez quand je le dirai !

C'est interdit de klaxonner !

- Il est au milieu de la route ! - Halte ! Reculez !

Vous, circulez !

Jai dit reculez ! Pourquoi vous avancez ?

Reculez !

Stop ! Avancez ! Circulez !

Avancez !

Stop !

Reculez !

- Am�ricaine ? - Non, Romaine.

Stop !

Halte !

Tout le monde, en avant ! Halte !

Ah, g�nial ! Une bande de malins ?

Tout le monde, en avant !

Vous aussi, en avant !

Halte ! J'ai dit halte !

Avancez ! Halte !

Circulez ! Inutile de klaxonner, il y a un embouteillage !

Que faites-vous ? Vous bloquez le passage !

- Reculez ! - Vous voyez pas que c'est un enterrement ?

Peut-�tre, mais vous bloquez le passage ! Reculez !

Qu'est-ce qui se passe ?

- Qu'est-ce qu'il a fait ? - Il a bloqu� la route !

Vous ne voyez pas que vous bloquez le passage ?

- Amalia ! Pas toi ! - Mais c'est un n�gligent !

Regardez comme vous me parlez ! Je conduis depuis 15 ans !

Amalia, rentre � la maison ! Tu ne vois pas ce qui se passe ?

Halte !

Qu'est-ce qui se passe ?

La via Flaminia est bloqu�e. Prenez la Tib�rine.

- Qui est ce policier ? - Un nouveau.

Circulez !

Je vais vous arr�ter !

Pourquoi tu klaxonnes ? Tu vas le regretter !

On ne se voit qu'une fois par semaine, pendant une heure...

et toi, tu manques ce rendez-vous.

Samedi, � trois heures, je serai tout � toi.

- L'officier commandant, monsieur. Asseyez-vous.

Alors � samedi 15h00, monsieur le pr�fet.

Excusez-moi, commandant, son premier jour, vous affectez ce policier...

au carrefour de la Porta Romana. Avez-vous vu ce qu'il a fait ?

Vous avez raison, monsieur. Je m'en suis occup�.

Je l'ai transf�r� sur une zone tr�s calme, o� il ne fera plus de mal.

Berger, arr�te-toi ! Toi et ton troupeau !

Vous appelez �a un troupeau ? Ce sont des moutons !

- Montre-moi ta lumi�re rouge. - Je n'ai que �a.

- C'est une lumi�re blanche. - Je n'ai pas de rouge.

Tu devrais avoir une lumi�re blanche � l'avant,

et une rouge � l'arri�re. - Vous savez qui je suis ?

- Je suis le berger du prince Monscalco. - Et alors ?

Le prince dit que je n'ai pas besoin d'une lumi�re rouge.

Que c'est une perte de temps.

Sur la route, je commande ! Dis � ton prince...

qu'il faut du rouge � l'arri�re, ou je mets une amende !

Attention au prince ! Ou tu seras un pauvre travailleur, comme moi !

Continue ton chemin, avant que je change d'avis !

- Il y a une voiture arr�t�e au km 70. - Qui s'en soucie !

C'est la voiture de Sylva Koscina.

- Sylva Koscina ! L'actrice ? - Oui.

- Sylva Koscina... - Bonjour !

J'ai entendu parler de votre accident, et je suis venu tout de suite !

C'est tr�s gentil. J'ai de la chance que vous soyez l�.

- Sinon je serais bloqu�e ici. - Pas de probl�me. Je suis policier :

Sors de la ligne, et je t'arr�te, demande de l'aide, et je vole � ton secours.

Surtout si Sylva Koscina en personne m'appelle.

C'est gentil, mais je suis vraiment press�e.

Mario Riva m'attend � la t�l�vision pour les r�p�titions.

Ce soir, je suis l'invit�e d'honneur de Musichiere.

Rien de moins !

Pardon.

- Vous r�p�tez pour Musichiere ? - Oui, oui.

- Je savais qu'il y avait un truc. - Pardon.

A propos ! Qu'est-il arriv� � ce contre-alto ?

Comment je saurais ! Vous vous y connaissez en m�canique ?

- Je crois bien ! - Dieu merci !

- On jette un oeil ? - Oui !

- Ce sera long ? - Pourquoi ? Vous �tes press�e ?

Ce sera r�gl� en un �clair.

Un beau syst�me de carburateur, on le remplit d'essence...

et la voiture d�marre plus facilement.

Dites-moi, Sylva Koscina, l'histoire de la petite cuill�re est vraie ?

Quelle histoire ?

On dit que vous mangez la soupe avec une petite cuill�re,

pour ne pas vous salir la bouche. - La soupe ? Avec une petite cuill�re ?

- Qui r�pand ces b�tises ? - Qu'est-ce que j'en sais ?

Je crois que je l'ai lu dans un magazine.

J'ai m�me lu qu'il est tr�s difficile d'entrer dans Cinecitt�...

sans laissez-passer sp�cial. C'est vrai ?

Qu'avez-vous fait ? L'essence fuit de partout !

Et alors ?

Le carburateur est plein.

Sylva Koscina. Je vais relier les fils.

Essayez de d�marrer, vous verrez ce qui se passe.

- A fond ! - Ce n'est pas dangereux ?

Pas du tout ! Je suis l� !

Je relie les fils. D�marrez le moteur.

Le reste ira tout seul.

- Sylva Koscina, acc�l�rez bien ! - Ce n'est pas dangereux ?

Je vous dit que ce n'est pas dangereux ! A fond !

- Encore ? - Oui.

- Comme �a ? - Plein gaz, � fond !

A fond ! Vous entendez ce moteur ?

Mon Dieu ! Qu'est ce qui s'est pass� ?

Quelle pouss�e ! Ces voitures italiennes !

Pourquoi vous n'achetez pas une Mercedes ?

Vous avez cram� le moteur ! Il est plein de fum�e !

- Je fais quoi ? - Donnez-moi la couverture.

C'est un plaid ! Je l'ai achet� � Londres ! Il m'a co�t� 25.000 lires !

Ce n'est rien avec ce que vous gagnez � Cinecitt� !

Regardez-moi �a ! D�p�chez-vous !

Vous devez avoir beaucoup d'argent !

Voil� !

Le pire est pass�. J'ai �teint le feu.

- Et maintenant, je fais quoi ? - Que faisons-nous, Sylva Koscina ?

Comment je repars ?

Nous avons de bons m�caniciens dans notre belle petite ville.

Nous appelerons le meilleur ! Pour Sylva Koscina !

- Avez-vous un triangle ?

- Oui, j'en ai ! - Ne le prenez pas � la l�g�re.

Sylva Koscina, le triangle est indispensable !

Mettez le triangle, au cas o� quelqu'un d'autre arrive.

Vous le mettez � bonne distance.

Nous pouvons appeler un m�canicien. Restaurant Bellavista !

Et nous pouvons boire. Sinon, ils ne nous laisseront pas t�l�phoner.

- Voulez-vous quelque chose de fort ?

Excusez-moi si je vous pose une question.

Mais je voudrais tellement savoir.

- Dites ? - Suis-je photog�nique ?

- O� est la voiture ? - On t'a beaucoup attendu !

- Qui est-ce ? - Le m�canicien !

Mais, qui avez-vous appel� ? C'est un enfant !

Oui, mais d�j� un brave petit homme. Mon fils.

Permets-moi de te pr�senter Sylva Koscina.

Offre ton petit doigt, car ta main est crasseuse.

Enchant�e.

- La voiture a quoi ? - Le moteur a lach�, je me suis arr�t�e.

- Alors, ce monsieur est arriv�. - J'ai regard� ...

et tout � coup une colonne de fum�e est sortie.

- Il a touch� le carburateur ? - Oui.

- Il a mis la masse ? - Oui.

- Vous avez entendu une explosion ? - Oui.

- Il a d�j� fait pareil avec une moto. - Vraiment ?

Oui !

Donnez-moi les cl�s.

D'accord. Fais attention. Je d�pend de toi.

Je dois �tre � Rome � 20h30 au plus tard.

Petit coquin ! Sylva Koscina doit participer � Musichiere.

Fais du bon travail !

- Cet enfant est sympathique. - Merci.

Je suis content. C'est un bon gar�on. Il est attir� par la m�canique.

Par les moteurs, par le travail manuel, en somme.

Personnellement, je suis plus enclin au travail intellectuel :

la contemplation, l'observation, la d�tente.

L'observation des autres, �tudier la psychologie humaine.

J'avouerai que mes inclinations sont...

plut�t vers l'art, la chanson, la musique.

Le th��tre.

Je peux vous r�citer un beau po�me ?

Je voudrais prendre l'air, si vous permettez.

- Je vous accompagne. - Non, merci ! Vous �tes en service.

Au service de la Koscina.

- O� sont-ils all�s ? - Par l�-bas.

- Pour quoi faire ? - Je ne sais pas. Va voir !

Je t'aime !

Boeuf pieux !

Un sentiment de force et de paix

traverse mon �me.

Solennel comme une statue, qui regarde les champs fertiles ...

Papa, j'ai fini.

C'�tait rapide ! Tu es brave ! Combien je te dois ?

Ne parlons pas d'argent, vous m'offensez !

Comment �a, papa ? J'ai travaill� deux heures !

Disons 1.500 lires en tout.

- Et merci, mon petit !

Effront�, va t'acheter une glace � la cr�me fouett�e !

- Vous permettez, je vous raccompagne. - Merci, mais faisons vite.

Je suis tr�s heureux que vous ayez eu ce petit accident !

Dans le pays, c'est difficile de trouver quelqu'un qui appr�cie...

un morceau classique r�cit� au soleil couchant.

- R�citez-le � votre femme. - Ma femme ?

Ma femme est d�sesp�r�e. Si j'essayais de lui inculquer la culture,

elle r�agirait violemment !

Vous savez comment je parviens � r�sister � la maison ?

Gr�ce � mon vieux p�re grincheux, v�t�ran de la Premi�re Guerre mondiale !

Qu'y a-t-il ?

- Qu'est-ce qui se passe ? - A�e ! A l'aide !

Mon Dieu ! Mon Dieu !

- Allez, mon pote. Allez. - Bon Dieu, quel choc !

- Vous avez heurt� la voiture ? - Non, le triangle.

Qui a invent� cette idiotie de triangle ?

- Si vous offensez le triangle, je vous enferme ! - Vraiment ?

Il sert � signaler une voiture gar�e sur la route !

Mais j'ai vu la voiture ! C'est le triangle que j'ai pas vu !

- Emmenons-le � l'h�tel. - Non, � l'h�pital !

Prenez le num�ro de plaque, je veux �tre rembours� !

La prochaine fois, regardez la route, et n'interf�rez pas avec la police !

Sylva Koscina.

- Il s'est fait tr�s mal ? - Non. Ce n'est rien.

Il avait un trou dans la t�te gros comme �a.

- Et maintenant, on fait quoi ? - A cause de cet idiot,

- .. je dois faire un proc�s-verbal. - Quel temps perdu !

- Puis-je voir votre permis, Sylva Koscina ? - Le permis ? Je ne l'ai pas.

- Pourquoi ? - Je l'ai donn� � ma secr�taire !

- C'est tr�s grave. - Je suis partie � la h�te...

Faites-moi voir le registre de circulation, alors.

Je l'ai donn� � ma secr�taire, pour le renouvellement.

- Votre inscription n'est pas renouvel�e ? - C'est grave ?

Vous savez que je peux verbaliser, et m�me vous envoyer en prison pour �a ?

Vous n'allez pas m'arr�ter, non ? Un homme si sympathique.

Pensez : "Otello Celletti met Sylva Koscina en prison."

Quelle publicit� !

Ne parlons pas de publicit�, s'il vous pla�t.

Laisse-moi partir pour cette fois. Je suis vraiment en retard.

Il y a 18 millions de t�l�spectateurs qui m'attendent !

- Soyez gentil, laissez-moi partir. - Je plaisantais !

- Vraiment ? - Qui suis-je, � c�t� d'une vedette

que 18 millions d'Italiens attendent ? Je me prosterne devant vous.

- Allez-y ! - Merci beaucoup.

Vous �tes vraiment gentil. Comment puis-je vous remercier ?

- Me signer un autographe.

Sylva Koscina, regardez.

- D'accord. - Oui ?

- Je voudrais voir leurs t�tes !

- J'ai de la chance ! - Au revoir, et merci encore.

Halte !

- Salut, oncle. - Salut.

Maman, c'est mon salaire.

Il y a 500 de plus, parce que pap� m'a fait travailler un peu.

Va prendre un bain, c'est samedi.

Ensuite, on mange et on regarde le Musichiere.

Quel travail ton p�re t'a fait faire ?

Il m'a demand� de r�parer la voiture de Sylva Koscina.

- Tu as dit Koscina ? - Oui, l'actrice de cin�ma.

La Koscina ?

- Reviens ici. - Que veux-tu, maman ?

- Ton p�re, o� il �tait ? - Dans l'herbe.

- Avec qui ? - Avec la Koscina !

- Et que faisait-il ? - Il r�citait le "Boeuf pieux".

- "Boeuf pieux" ? C'est quoi ?

�a doit �tre de la boucherie !

Ce soir, dans le Musichiere, nous accueillons

la belle Sylva Koscina !

Bonsoir, Sylva, et bienvenue � Musichiere.

- Bonsoir. Merci, Mario. - Dites-moi votre secret.

- Pourquoi ? - Il y a 3 jours, vous �tiez aussi belle.

Alors ? Quel est votre secret ? Dites-le !

- Voulez-vous vraiment savoir ? - Oui.

- Je bois du lait du matin au soir. - Alors, je vais rester laid !

Vous �tes assez belle pour deux, non ?

Elle n'est pas si grande. Qu'est-ce qu'on lui trouve ?

Rien.

- Tu es s�r qu'elle �tait dans l'herbe avec ton p�re ?

Sylva Koscina !

- Beaucoup mieux en personne ! Salut, Amalia.

- Tu la connais ? - Bien s�r !

- Il dit qu'il la conna�t. - Arr�te !

Veinard !

Quoi ?

Quel est le probl�me ?

Mario, avant de commencer, je peux saluer quelqu'un ?

- D�j� les saluts ? - Je dois le faire.

S'il le faut, faites-le !

Un bonjour sp�cial � Otello Celletti !

- Tu vois ? Elle te dit bonjour. - Elle te conna�t ! Bien jou� !

Laissez-la parler !

- Amalia, elle me dit bonjour. - Vraiment ?

Ça vous d�range ?

- Sylva, on n'a pas r�p�t� �a ! - Je sais.

Vous devez expliquer aux 18 millions de t�l�spectateurs qui est Otello.

Je ne peux pas. C'est notre secret.

- Cet Otello est beau gar�on ? - Oui.

- Romain ? - Oui, et un vrai charmeur.

Un charmeur ?

Otello, qu'attendez-vous ? Voici votre chance !

Les journaux disent que vous allez vous fiancer. Est-ce vrai ?

Otello Celletti, homme chanceux !

- Qu'est ce qu'elle dit ?

- Elle parle de moi ! - Je l'entends !

Vous �tes vraiment terrible !

Vous me forcez � dire mon petit secret.

Il est policier. Il m'a arr�t�e � 70km de Rome...

et m'a laiss� partir ! - Il a fait son devoir.

- Il a fait une exception. - Pourquoi ?

Je vous le dis � l'oreille.

Pas de permis, pas de livret de circulation !

Et il m'a laiss� partir !

- Sans permis de conduire ? - Oui.

- Sans livret de circulation ?

- Et il vous a laiss� repartir ? - Oui.

G�n�ral Celletti, comme je comprends !

Quel homme chanceux.

Je n'aurais pas donn� de contravention � votre place.

- Vous avez fini votre bonjour ? - Oui.

- Vous savez que vous deviez payer. - Je sais.

- Qu'allez-vous chanter ? - Je vais chanter "Ton baiser comme un roc".

Et � qui le d�diez-vous ?

- A Otello, je devine.

Une chanson aussi, hein ?

Merci. Merci

- Va avec maman. - Remo, vas-y.

Ne vas pas ...

agresser un officier !

- On ne peut pas parler ici ? - Non ! A la maison !

Entre moi et la Koscina, il ne s'est rien pass� !

Nous avons bu un th�, rien de concret !

Tu veux rire ! Tu as vu comment ils me regardaient ?

Tu as la grosse t�te !

Ne l'offense pas !

- Offenser la Koscina ?

Tu ne mets pas de contravention, au risque de perdre ton emploi !

Et elle raconte tout � 8 millions de t�l�spectateurs ?

�a te d�range si je deviens populaire ...

et que toute l'Italie conna�t mon nom ?

- Tu lui as dit de faire �a ! - Non, tu ne comprends pas.

- Tu ne comprends jamais. - Jamais ?

Qui t'a toujours d�fendu ?

Quand tu n'avais pas de travail, tout le monde disait : "Faites-le travailler

au lieu de lui acheter un paquet de cigarettes !"

- �a ne compte pas, - Ah non ?

Aujourd'hui, j'ai v�cu une heure avec une personne qui m'a ouvert...

de nouveaux horizons. - Quels horizons ?

Ch�re Amalia, jamais en douze ans ...

tu ne m'as pr�par� du th� et des g�teaux !

Allez au diable, toi et la Koscina !

Veuillez entrer.

Bonjour, monsieur le Maire.

Lieutenant ! Que me vaut ce plaisir ?

- Vous nous avez convoqu�s d'urgence. - D'urgence ?

Excusez-moi, avec tout le travail des �lections...

- Cet officier, Celletti. - On se conna�t d�j� ?

- Oui. J'ai cet emploi gr�ce � vous. - Excusez.

- 700 girafes en peluche sont arriv�es pour les victimes des inondations.

- Qui les a envoy�es ? - Une usine de jouets de Parme.

Bien. Vous avez entendu :

je suis cens� gagner les �lections en donnant des girafes en peluche

aux victimes des inondations.

Asseyez-vous !

Vous vous demandez pourquoi je vous ai demand�s d'urgence.

Apr�s ce qui est arriv� hier soir � la t�l�.

Je regarde rarement la t�l�, presque jamais, mais par hasard, hier soir ...

j'�tais face � l'�cran...

et j'ai entendu parler de notre ville en termes �logieux.

- Vous avez arr�t� l'actrice, la Pampanini ? - Koscina, monsieur.

Ah oui, la Koscina. Asseyez-vous.

Vous l'avez vue en vrai ? S'il vous plait.

- Une femme cultiv�e ? - Tr�s.

Blonde, des yeux bleus magnifiques.

La peau d'une blancheur pure, et ce parfum...

Donc, il n'y a pas de truc dans ce qu'on voit � la t�l�vision.

Non, tout est vrai.

Sa bouche, vous l'avez bien observ�e ?

De tr�s pr�s. J'ai pris tout mon temps.

Parce que j'ai lu dans un magazine que Sylva Koscina mange la soupe...

- Servez-vous. - Merci.

... avec une cuill�re � caf�, pour ne pas s'ab�mer la bouche.

- S�rieusement ? - Pourquoi ?

Je vous assure, ce sont des mensonges de journalistes.

La libert� de la presse c'est bien, mais on serait mieux sans elle.

Excusez-moi un instant.

Oui ?

Oui, Excellence.

Devant la Koscina...

Enti�rement d'accord. Vous avez raison. Un cas grave.

600 millions !

Autant nous essayons d'inculquer le sens du devoir...

il y a toujours un mouton noir !

Oui, Excellence. Mes respects, Excellence.

- Vous disiez que l'actrice... - Une apparition, monsieur !

- Et vous l'avez laiss�e partir !

- Ai-je eu tort ? - Vous ne comprenez pas ?

- Cette femme n'avait aucun papier ! - Monsieur le Maire...

- Devant la Koscina ! - Quelle Koscina ?

Le Minist�re a d�pens� 600 millions pour que les Italiens...

respectent le code de la route ! Et le code de la route vaut pour tous !

Et vous avez d�montr� � 18 millions de t�l�spectateurs...

qu'un simple actrice est au-dessus de la loi !

Mais j'ai cru que devant une star de cin�ma...

je pourrais faire une exception. - Mettez-vous dans la t�te

que tous sont �gaux devant la loi,

du Pr�sident de la R�publique au citoyen le plus humble !

Durant le service, ne faites aucune exception ! Compris ?

Oui, monsieur.

Vous �tes pr�s de perdre votre uniforme !

A la premi�re erreur, c'est fini !

Disposez.

Je serai l� � 15 heures. Bisous.

Vous vouliez me tuer ?

- Vous n'avez pas vu le panneau ? - Quel panneau ?

La limite de vitesse en zone r�sidentielle est de 50 km heure.

A quelle vitesse j'�tais ? Je n'ai pas remarqu�.

Non ? Je vais vous le dire.

- 65 km heure. - 15 km heure, ce n'est pas grave !

Si, c'est tr�s grave !

Jusqu'� 55, il y a une amende. A plus, je peux vous arr�ter.

- Arr�tez de plaisanter. - Loin de moi l'id�e de plaisanter.

Vous alliez � 65 km � l'heure, en continuant d'acc�l�rer.

Il y a un virage dangereux. Le virage de la mort !

Je conduis ici depuis 15 ans � toute vitesse !

- Puis-je voir votre permis de conduire ? - Vous savez qui je suis ?

- Votre permis, s'il vous pla�t. - Vous ne me reconnaissez pas !

Ou faites-vous semblant ?

D�sol�, en service je ne reconnais personne.

La vignette n'est pas � jour ?

C'est ici, dans le livret de circulation !

Je n'ai pas eu le temps de la coller !

Elle devrait �tre ici, sur le pare-brise !

- Ce n'est pas grave. Puis-je voir le triangle, s'il vous pla�t ?

Qu'est-ce ?

Vous me montrez la girafe ?

- �a ira ? - D'accord.

- Je peux y aller ? - Reste le plus grave :

l'exc�s de vitesse. Puis-je voir une pi�ce d'identit� ?

Maintenant, voil� ce que je te dis !

Monsieur le Maire, ne partez pas ! C'est un crime ! Attendez !

Vous avez vu une grosse voiture par l� ?

Elle a tourn� � gauche !

Mon pied ! Mamma mia !

Monsieur le Maire ! Monsieur le Maire !

- Je voudrais voir le Maire.

- Le Maire ? - Oui !

Lisa, qu'y a-t-il ?

- Puis-je entrer ? - Entrez !

- Un monsieur demande le Maire. - Qui ?

- Il est en uniforme. - Un policier ?

- O� est le Maire ? - Il s'est enferm� dans le salon.

- N'ayez pas peur ! Police municipale !

- Excusez-moi. - Sortez.

Je ne savais pas ! Je vais attendre dehors.

Partez ! La police patrouille dans les salles de bains ?

- Lisa, raccompagnez monsieur. - Vous entendez ? Partez !

- Qui est-ce ? - Pourquoi ?

Parce que...

Je crois la reconnaitre.

- A qui est cette maison ? - �a vous regarde ?

Bonjour. Que puis-je faire pour vous ?

Pardon, madame, peut-�tre ai-je fait une erreur...

Je pensais trouver le Maire ici.

Le Maire chez moi ? Qu'est-ce qui vous le fait penser ?

Je l'ai arr�t�, et il a pris cette route...

et je croyais qu'il �tait ici. - Vous l'avez vu entrer ?

Non, mais j'ai vu deux mains fermer la porte de garage.

Vous vous trompez. Ce sont les mains de mes cousins.

Il y a beaucoup de maisons ici. Essayez les autres.

Je serai heureux de suivre votre conseil. Je vais contr�ler ailleurs.

- Que regardez-vous ? - La girafe.

- Elle �tait dans la voiture du Maire. - Vous voyez le Maire partout !

- L'Italie est pleine de girafes.

N'est-ce pas la girafe pour les victimes d'inondations ?

Ecoutez, arr�tez de jouer au d�tective dans ma maison !

Je vous ai dit que le Maire n'est pas entr� ici.

- Et vous devez me croire ! - Et je vous crois, madame.

Mais si c'est un mensonge, vous aurez des probl�mes.

Vous �tes tenace !

Lisa, raccompagnez monsieur � la porte.

La girafe des inondations.

Par ici.

- Si vous avouez, je vous pardonne. - Par ici.

- Il a reconnu la girafe. - Il a des doutes.

Toi aussi, avec ta manie des animaux en peluche !

Quel cr�tin ! Quel front !

Et ce regard fixe, typique de l'esprit lent !

Et ce sourire, il me fait presque peur.

Tu ne penses pas que ta femme l'a envoy� apr�s toi ?

Ma femme ? Il m'a suivi pour me donner une amende, moi, le Maire !

- Mais tu lui as donn� du travail. - Il voulait tant porter l'uniforme !

- Ceux qui en r�vent ne devraient pas le porter ! - A qui le dis-tu !

Tu veux te reposer ?

Comment ? Ce trublion m'a mis dans un �tat !

Je vais te pr�parer une camomille.

Lorsque l'auteur d'exc�s de vitesse � 65 km heure...

a refus� de montrer son permis, et est parti � grande vitesse...

prof�rant des insultes au soussign�...

des injures graves, non transcrivables.

- Etes-vous s�r d'avoir entendu ces injures ? - J'ai entendu, et je l'affirme.

Un mot peut �chapper � quiconque dans un moment de col�re.

- Je dirais... d'oublier. - Et l'exc�s de vitesse ?

Je dirais de ne pas appliquer la loi comme une machine,

mais de l'interpr�ter. Apr�s tout, c'est le Maire de notre ville.

Mais il a dit que tous sont �gaux devant la loi.

Et que je ne dois faire aucune exception.

- Celletti, je peux vous parler comme un fr�re ?

Laissez tomber, vous avez une famille !

On vous a demand� de d�chirer le proc�s-verbal ?

- Non ! - Alors, j'ai raison !

Vous voyez, capitaine, je r�fl�chis aux choses !

Avec modestie, je suis psychologue.

Je suis s�r que, apr�s l'incident de la Koscina, le Maire...

veut me mettre � l'�preuve. Pour voir si je suis impartial !

Et je suis s�r qu'il sera heureux quand il verra le proc�s-verbal.

Je l'ai bien chop� !

Encore debout ? Au lit !

- Bonne nuit, papa. - Bonjour, ch�rie.

De retour !

- Tu es fatigu� ? - Si tu savais ...

Une journ�e infernale, dans les bureaux du minist�re.

- O� as-tu d�jeun� ? - O� ?

Ah, avec le sous-secr�taire.

- Tu sais ce qu'il a dit ? - Non.

"Pourquoi vous n'amenez jamais votre femme ?"

- Pourquoi donc ? - Tu sais ...

Cochon !

Teresa ! Les enfants !

Voil� o� tu d�jeunes, avec cette poule !

Le proc�s-verbal de la contravention !

Ce n'�tait pas sur la route de Rome...

mais l� o� vit cette dr�lesse !

Et qui dit que j'allais l�-bas ?

Lis toi-m�me !

Le Maire a pris la Via Acqua Cupa.

Et a disparu dans une des 5 petites propri�t�s.

Mais ce guignol est un menteur !

Vraiment ? Pourquoi il mentirait ?

Comme tu es na�ve, ma ch�re ! Il a �t� pay� par mes adversaires !

Ils veulent un scandale pour me faire perdre les �lections.

Je te jure, j'�tais � Rome � d�jeuner avec le sous-secr�taire.

- D'accord, je vais appeler. - Non non ! Tu vas m'humilier !

Je veux aller au fond de la question !

On n'ira pas au fond ! Je ne paierai pas !

Je refuse de laisser mes adversaires me provoquer !

Je vais aller droit � la cour, et on verra si le Juge me croit...

ou le simple policier...

qui nous a envoy� cette viande pourrie !

J'imagine nous sommes � Peschiera, en novembre 1912.

Il fait nuit, le brouillard est �pais.

Le d�p�t de munitions a des sentinelles tout autour.

Le Roi, passant par Peschiera, est avec la reine au Bellavista.

Il est 3h, la Reine se r�veille et constate que le Roi n'est pas dans son lit.

Elle allume la lumi�re, et voit le Roi tirer sur son pantalon.

- "O� allez-vous ?", elle demande. "O� je veux !".

"Avez-vous une ma�tresse � Peschiera aussi ?"

"Laissez-moi tranquille !", dit le Roi. "Je vais voir les sentinelles".

"Pourquoi ces pauvres sentinelles ? Ils doivent dormir."

"Exactement !", dit le Roi, "Je veux les mettre � l'�preuve !"

- Quel rapport avec le Maire ? - Laisse-moi finir.

O� en �tions-nous ?

Le Roi tirait sur son pantalon pour tester les sentinelles.

Oui.

Qui �tait de garde cette nuit-l� au d�p�t de munitions ?

Ton p�re.

Mon p�re s'�tait endormi de froid...

quand tout � coup, dans le brouillard, au loin ...

avan�ait un tout petit homme. Qui �tait-ce ?

- Le Roi ! - Oui.

"Halte ! Qui va l� ?", dit mon p�re, pointant son fusil.

"C'est le Roi. Tu ne me reconnais pas ?" "Que voulez-vous ?", demande mon p�re.

"Connaissez-vous le mot de passe ?" "Non", dit le Roi.

"Alors, m�me si vous �tes le Roi, je ne vous laisse pas entrer".

"Si vous bougez, je tire".

"Brave soldat !", dit le Roi, et il retourne dormir.

- Et la reine ? - Qui se soucie de la reine ?

Le lendemain matin, tout le r�giment est align� dans la caserne.

Le Roi arrive avec la Reine.

"Bravo, soldat Celletti !", dit le Roi, et il accroche une m�daille.

Le Maire n'est pas comme le Roi, qui se levait � 3h00...

pour vous mettre � l'�preuve ! Les temps ont chang� !

Tu risques ton uniforme.

J'ai racont� cette histoire pour faire un parall�le.

Les temps ont chang�. Les maires ne sortent pas la nuit comme le Roi.

Mais si le Roi a donn� � mon p�re une m�daille, alors au moins ...

le Maire...

va me donner les galons de sergent.

Porta Romana. Km 17.

Porta Latina.

- O� dois-je aller ? - Nulle part. Posez la moto et rentrez.

Vous, emmenez le casque au magasin.

- Qu'est-ce qui se passe ? Je suis � pied ?

Ils vous ont transf�r� au chenil municipal, puis nous verrons.

Nous verrons ? Qu'est ce que j'ai fait ?

Je vous ai dit que vous auriez des ennuis, non ?

Pourquoi me pers�cuter ? Pour l'amende du Maire ?

Vous attendiez qu'on vous donne une m�daille ?

Je crois que ma femme avait raison, les temps ont chang�.

Si je perds mon emploi pour avoir fait mon devoir...

laissez-moi pousser un cri du coeur : Vive le Roi !

- Quoi ? - Vive le Roi !

Celletti, faites ce que vous voulez !

"Vive le Roi !"

- La marche royale. Vous connaissez ? - Je ne connais rien.

UNION MONARCHIQUE

Ils ont pris son casque, son �tui et le pistolet...

ses bottes, l'uniforme pour lequel il avait combattu !

Il a �t� d�mis ! Et il a �t� rel�gu� au chenil municipal !

Citoyens ! Citoyens !

Depuis 10 ans nous avons le m�me Maire !

Aux derni�res �lections, il a gagn� par 25 mis�rables voix !

Qui sait par quels trucs !

Je me tourne vers ces 25 citoyens ind�cis, et je leur demande :

Allez-vous encore voter pour lui ?

- Qu'est-ce ? - Des sifflets, monsieur le Maire.

Au lieu de se courber devant la loi,

cet homme a r�pondu avec un mot indicible...

que nous r�v�lerons au proc�s, et qui restera comme une marque noire...

dans l'histoire de cette ville.

- Qu'est-ce qu'il dit ? - Ne faites pas attention !

Comment aurais-je imagin� que cet imb�cile irait tout raconter aux monarchistes ?

Pour notre bien, il y a une chose dont j'esp�re qu'il n'a pas parl� :

- Cette coquine ! - Teresa, s'il te pla�t ! Pas maintenant !

- Nous devons prendre des mesures. - Quelles mesures ?

L'abattre !

Bravo ! Il sera non seulement un h�ros, mais aussi un martyr !

- Que dois-je faire ? - Il fallait payer l'amende.

Quand il a demand� le permis, vous ne deviez pas fuir.

Parce qu'il a peut-�tre des d�fauts, mais il porte un uniforme !

Qui s'est enfui ?

J'ai continu� sur la route principale, et j'ai pris une route de campagne.

Alors tu as pris une route de campagne !

Teresa, ma candidature est en jeu, et tu t'occupes d'une route de campagne !

Oui, c'est tr�s grave.

Monsieur, il y a une foule au chenil. Ils acclament Celletti.

- Lieutenant ! Faites quelque chose !

- Envoyez les pompiers disperser la foule ! - D'accord.

Cette fois, nous allons perdre la commune, je le sens !

Vous sentez quoi ? N'exag�rez pas !

Je n'ai pas de rivaux ! Mon grand-p�re a �t� Maire.

Mon p�re a gouvern� pendant 20 ans, quand les routes �taient pav�es...

�troites, mais pav�es.

Teresa peut se porter garante, depuis mon d�part du couvent...

j'ai toujours travaill� dans l'int�r�t de la Ville !

- Et ton propre int�r�t ! - Cette fois, vous allez perdre !

Allons ! J'ai pu avoir une faiblesse...

mais qui peut me remplacer ? Quel adversaire a ma stature morale ....

et la stature physique ?

Otello Celletti est le nom que nous devrions graver en lettres d'or...

sur notre liste �lectorale. Voterez-vous pour Otello Celletti ?

Votez Otello Celletti ! Votez pour l'Union monarchique !

Votez Otello Celletti !

Comme nouveau Maire, votez Otello Celletti !

Si vous voulez une administration efficace, votez Otello Celletti !

Avec Otello Celletti, vous aurez une administration honn�te !

Concitoyens, Je viens d'une famille honn�te.

Mon p�re �tait un humble cordonnier...

mais sur sa poitrine brille...

une m�daille de bronze...

que la main auguste du Roi ...

a �pingl� sur la poitrine de l'intr�pide soldat

tandis que les aigles des Habsbourg arrogants ...

- Que veut dire "Habsbourg" ? - Je l'ai dit, avocat :

"Nous devons utiliser des mots que chacun peut comprendre."

"Le peuple ne saisit pas les pens�es difficiles !"

- Tu comprends ce que tu dis ? - Pourquoi ? Pas tout.

Otello, tu ne peux pas te pr�senter sur une place publique.

Tu n'as pas une bonne diction.

Tu es nerveux, tu es p�le avant m�me de commencer.

Tu ne comprends m�me pas ce que tu lis.

Mais ceux qui l'ont �crit sont de vrais cerveaux.

Ils t'utilisent tant qu'ils ont besoin, et ils te laisseront tomber.

- Tu veux vraiment devenir Maire ? - Oui. Pourquoi ?

Tu ne connais pas l'histoire, ni la g�ographie...

Tu n'as pas d'instruction.

Tu es policier ! Comment tu veux faire de la politique ?

Je suis policier. Mais Khrouchtchev ? Il �tait mineur en Sib�rie.

Et Mao ? Un simple po�te.

Maintenant, il dirige 600 millions de Chinois.

- Encore ces Chinois ? ! - Alors, parlons des Am�ricains.

- Qu'a fait Truman ? - Qu'est-ce que j'en sais ?

Un beau jour, ils l'ont fait pr�sident.

5 ans, il a r�gn� sur le monde, il a envoy� la bombe atomique...

il a gagn� la guerre, et maintenant ?

Bon, alors tu es conseiller municipal, ou m�me Maire. Et tu deviens quoi ?

Je sais ! On ach�te 10.000 m�tres de terrain � une lire le m�tre.

Puis, comme Maire, il ordonne de construire des routes, des �gouts.

Il fait venir l'�lectricit� et le gaz...

et on revend ce qu'on a achet� � 1 pour mille, non ?

- Tu �coutes ton oncle ? - Il n'a pas raison ?

Alors, on commence � voler ?

As-tu commenc� ? Fais juste ce que les autres ont fait avant toi.

A la fin, tu fais du bien pour la Cit�, et il te reste quelque chose.

Si �a pouvait �tre si facile de progresser de position...

Les mat�rialistes habituels... tout pour un morceau de pain !

Pour une fois dans votre vie, aspirez � certains id�aux !

- Otello Celletti vit ici ? - Oui, la porte � droite !

- Otello, deux hommes te demandent. - Qui est-ce ?

- Je crois qu'ils veulent t'arr�ter. - Je l'avais dit : ne te mesure pas au Maire.

- Ils ont tous les avantages.

- Que voulez-vous ? - Qui �tes-vous ?

- M. Celletti, s'il vous pla�t. - C'est moi.

Ne lui faites pas de mal. Les autres lui ont mont� la t�te !

- Calme-toi ! - De la part de monsieur Marinetti.

Marinetti ?

M. Marinetti et sa femme invitent M. Celletti et sa femme...

au cocktail qui se tiendra � 17h00 dans leur villa Poggioscuro.

12 F�vrier 1960.

- Qu'est-ce qu'un cocktail ? - Une petite r�ception.

- Et ils sont invit�s ? - Oui.

Est-ce que ce M. Marinetti est parent du constructeur ?

- Pas un parent. Lui en personne.

Viens avec moi !

Savez-vous qui c'est ? Le plus grand constructeur de la province.

- Il a des milliards ! - Des milliards ?

Qu'est-ce qu'il veut ?

Il a fait ses millions avec le plan de la ville de m�che avec le Maire.

Maintenant, il a peur que le Maire perde les �lections...

alors il veut t'acheter. - Si seulement c'�tait vrai !

�coute, s'il offre un million, n'accepte pas.

Vous pensez que je m'abaisserais � �a ?

Sois ferme. 2, 3, 4 millions, pas d'accord.

S'ils offrent 5, prends

sans aucun re�u. �a se passe comme �a.

- Chut ! Ils t'entendent. - Tu ne veux pas l'argent ?

- Ne soyez pas gourmands ! �a fait un mois que je suis sans emploi.

On est invit�s dans une importante maison de la province.

Avec toutes les personnalit�s. Que veux-tu de plus ?

Sommes-nous si avides ? Pense � comment t'habiller.

- Tu as une robe de cocktail ? - Ma robe noire !

Tu vas � un enterrement ?

Ne laisse pas tout le monde voir ce que nous sommes !

- Et moi, comment ? - Ton costume bleu !

- Pardon, messieurs. - Oui.

- On est � combien de la villa ? - 16 km.

Puisque nous ne disposons pas d'une voiture pour le moment,

comment pouvons-nous y aller ?

Nous viendrons vous chercher � 19h00.

- Alors on vous attendra. - Bonsoir.

- Bonsoir. - Bonsoir, merci.

- Papa� ! - Quoi ?

J'esp�re qu'ils t'emm�neront pas dans une ruelle pour te battre.

Ecoutez-le ! Papa battu ? Un peu de fiert� !

Quand ils tendent la main, ne secoue pas...

parce qu'ils l'embrassent et tu les frapperais !

- Et s'ils me demandent de danser ? - Tu danses.

Mais ne bois pas. Un verre, et tu perds le contr�le.

Sois tranquille, je ne parlerai pas.

Ce jour devait arriver, apr�s tant de difficult�s.

Quelle satisfaction.

- Tu es contente ? - On dirait un r�ve.

Si on m'avait dit qu'un jour je serais invit�e chez vous !

Et que je danserais avec vous, en personne.

Je ne l'aurais pas cru.

Pourquoi dites-vous cela ? Ce n'est rien d'extraordinaire ?

Je dois vous avouer quelque chose :

- Ma grand-m�re �tait bonne chez vous. - Son nom ?

- Ottavia. Vous vous souvenez ? - Notre Ottavia ! Bien s�r !

Comtesse, vous me voyez policier, mais c'est un caprice du destin...

car ma femme et moi sommes de noble famille,

mais nous n'en parlons jamais !

Et puis, si nous cherchons bien, je pense que

nous avons tous une goutte de sang noble.

- Je ne savais pas ! - Non ?

Pardon. Merci.

Otello ! Le Commendatore ne savait pas que ma grand-m�re Ottavia

�tait employ�e ici ? - Un brave femme, travailleuse !

- Elle a us� ses doigts jusqu'� l'os. - Amalia, doucement sur le Champagne ...

quand tu bois, dois-je te le rappeler ?

Mais c'est mon premier champagne !

- Elle perd le contr�le. - Je ne sais pas.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Madame, puis-je vous pr�senter mon mari ?

Amalia Celletti, tr�s heureuse !

Notre policier est l'homme du moment, tout le monde veut lui parler.

- Pardonnez, je vous le vole. - Avec plaisir !

Vous m'excuserez.

Vous voyez comment les pauvres se trompent sur les riches ? Et savez-vous pourquoi ?

- Pourquoi ? - Parce qu'ils ne les connaissent pas.

- Savez-vous ce qu'on dit de vous dans mon quartier ?

- Pardon si je parle ouvertement. - Je vous en prie, faites.

Ils disent que vous �tes un fils de ... voleur, exploiteur et espion !

Et chaque insulte se termine par "cocu".

- Maintenant que je vous ai rencontr�...

et que vous m'avez re�u comme un �gal,

je le r�p�te, nous avons l� un vrai gentleman !

- Qui est-ce ? - Connaissez-vous ces messieurs ?

Le conseiller Mandolesi, Tropia, Rizzi.

- Ce sont des amis du Maire. - Ici, nous sommes tous amis.

- Asseyez-vous et parlons affaires. - Je suis debout depuis des heures !

- Quelles affaires ? - Demain, il y a un proc�s

o� vous et le Maire �tes impliqu�s, pour une stupide amende.

Pouvons-nous en discuter ici, autour d'un verre de champagne ?

De quoi devons-nous discuter ?

Je ne sais rien. Si vous savez quelque chose, parlez.

- Allons... - C'est une caresse ?

Mandolesi, pr�sentez-lui les choses.

- La limite de vitesse est de 50 km/h. - Oui. Et ?

Vous dites dans votre proc�s-verbal que le Maire �tait � 65 km/h.

- Nous croyons que vous avez raison. - Je suis content de l'entendre.

Le Maire dit qu'il allait � 45 km/h et nous le croyons aussi.

Vraiment ? Le Maire a raison, moi aussi : qui a tort ?

Le compteur de vitesse.

N'est-ce pas une bonne id�e ?

Au proc�s, vous dites que le compteur �tait cass�...

et tout finit bien !

Vous retrouvez votre travail, votre casque, vos lunettes et la moto.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit, � tout moment...

vous savez que vous avez des amis.

�a commence �chauffer. Vous avez peur ?

Ce n'est pas la peur, nous voulons liquider le proc�s

avant qu'il prenne une tournure compliqu�e.

Et certains faits pourraient vous nuire.

Quels faits ?

D'abord, en suivant le Maire, je suis entr� dans une villa...

o� une femme nue prenait une douche.

Je continue.

Toutes les terres autour de la villa sont � son nom,

et pendant qu'elle se douche, les terres prennent de la valeur,

car � la charge de la Ville, le Maire apporte la route, l'�lectricit�, le gaz...

et vous construisez des b�timents.

Vous �tes de m�che, et vous empochez des pots de vin.

Mes honorables conseillers municipaux !

Messieurs les industriels !

Monsieur le Maire, Je ferai tomber votre �quipe !

Bonsoir � tous.

Notre cher policier intransigeant !

- Vous refusez ma main ?

Je ne serre pas une main ensanglant�e !

- Quoi ? - Quelles paroles !

Il dit que lors du proc�s, il dira tout ce qu'il sait.

- Vous savez quoi ? - Des monarchistes.

Qui m'appuient � 100% dans cette bataille sanglante.

Nous savons tout sur tout le monde, et je ferai un scandale !

A quel sujet ?

Vous, pour le plan de la ville.

Mandolesi, pour le contrat de nettoyage des rues.

Rizzi qui a aid� la belle-soeur du cousin �

transformer la maison de repos en belle r�sidence.

Je lacherai la bombe, et �a sera termin�. Boum !

- Quelle bombe ? - Quelle bombe ?

Dans la villa o� je l'ai vu la girafe, une nuit, vous tous...

dansiez torse nu avec les ballerines de Rome.

- Giovanni Maria, la mallette. - Giovanni Maria, la mallette !

Qu'y a-t-il dans la mallette ?

Laissez-moi vous dire :

si vous voulez m'acheter, vous n'avez pas assez de millions.

Ne vous inqui�tez pas : nous gardons les millions.

Vous ne m'ach�terez pas.

- Pourquoi ? - Parce que je n'ai pas de cadavres dans le placard !

- Pas de cadavres dans le placard ? - Oui.

Giovanni Maria, donnez-moi ce document.

Que fait votre beau-fr�re ?

Vous le savez bien, monsieur le Maire.

Vous avez mang� quelques beaux morceaux de viande !

- Il est boucher. - Mais un boucher clandestin.

Il ne paie pas d'imp�ts et, ce qui est pire,

il vend de la viande sans contr�le v�t�rinaire,

risquant la vie des gens. Il pourrait finir en prison.

Vous voulez m'effrayer ?

Qu'est-ce que �a peut me faire ? O� suis-je dans tout �a ?

- Parlons de votre soeur. - Ne touchez pas � ma soeur !

Attention � ce que vous dites !

- Quelle est sa profession ? - Elle est masseuse � Milan.

Vous savez quel type de massages elle fait ?

Elle a suivi des cours avec la Croix-Rouge. Pourquoi ?

Elle a �t� amoureuse d'un aviateur...

qui �tait un imposteur, et ils l'ont arr�t�...

alors elle est devenue masseuse.

Elle dit qu'elle va bien. Elle a un lave-linge, un r�frig�rateur.

Faites circuler.

Qu'est-ce que vous insinuez ?

Quoi ?

- Lisez !

Lisez.

Comment l'avez-vous d�couvert ?

Ne vous inqui�tez pas, l'information est s�re.

Union charnelle.

Assunta, qu'as-tu fait ?

Qu'as-tu fait ?

Que dirait notre pauvre m�re ?

Et que dira le Juge au proc�s ?

Ils ne sont pas en proc�s ! Le proc�s concerne l'amende !

Vous avez dit que vous vouliez parler d'autres choses !

J'irai, m�me si vous ruinez ma famille.

- Etes-vous mari� ? - Quoi ?

- Êtes-vous mari� l�galement ? - Oui, j'ai un fils de 10 ans !

Un beau gar�on !

Non mari�, avec un fils. Un concubin.

Vous vivez avec une femme,sans �tre mari�. Une union de fait !

- Vous ne saviez pas ? - Non. Que veut dire union de fait ?

Nous vivons ensemble depuis 12 ans, nous nous aimons. Ce n'est pas assez ?

- Pourquoi n'�tes-vous pas mari�s ? - Pourquoi ?

Parce que ma femme est d�j� mari�e � un autre,

un certain Barlocco de Tortona. - Une hypoth�se.

Ce Barlocco vous poursuit en justice pour adult�re.

- O� finirez-vous ? - En prison.

Vous allez en prison, et votre femme retourne chez son mari.

Quel mari ? Toujours ivre, dans et hors de prison.

Et ma femme, son "�pouse l�gale", paie le prix.

Et puis il est est parti vivre en Afrique.

On dit qu'il a poignard� un pygm�e.

On n'a pas de nouvelles de lui depuis des ann�es !

Nous avons m�me demand� qu'il soit d�clar� pr�sum� mort.

Savez-vous quelque chose ? Il est de retour ?

- S'il est juste pr�sum� mort, le danger existe.

- Vous essayez de me faire peur ? - Non. Nous voulons vous faire r�fl�chir.

- Et vous dire comment faire au proc�s. - Ce n'est pas � vous de me le dire.

- Ecoutez. - Lachez-moi !

Je sais me prot�ger. Je n'ai peur de personne.

Qu'y a-t-il ? Pourquoi on est partis si vite ?

- Nous avons d� partir ! - Ils �taient si gentils !

- Nous sommes partis sans dire merci. - A qui ?

C'est ma faute si je ne me sentais pas bien ? �a doit �tre la glace !

Quelle glace ? Pourquoi ils ont envoy� une voiture

mais nous ont laiss� revenir � pied ?

- Nando ! Ou vas-tu ? - Faire une promenade !

Ils t'ont attrap� avec la viande ill�gale ?

- Non. - Je te sortirai de prison !

Attention � ce que tu dis, ou ils ne me laisseront jamais sortir !

Rien.

- Tu vois ? Le Maire est derri�re tout �a.

Tu t'y mets toi aussi ? C'est une co�ncidence.

Otello !

- Amalia, rentre � la maison. - Otello !

- Quoi ? - Il est revenu.

- Qui ? - Le mari de ta femme.

- O� est-il ? - Dedans. Il veut te parler.

Otello ! Comment va ?

Tu es bien portant. La belle vie, hein ?

- D'o� tu viens ? - De Tortona.

Et j'ai voyag� en wagon-lit.

En baskets, avec une saharienne, et tu voyages en wagon-lit ?

- Qui t'a pay� le billet ? - �a ne fait rien.

Je suis invit� � un beau proc�s, et selon ce que tu feras ...

- Que feras-tu ? - Soit je repars � Tortona, soit je dis qui je suis.

Tu vis publiquement en concubinage.

Ils t'ont pay�, hein ?

Permets que je termine ce jeu avec mon ami ?

- On est � combien ? - 5 � 6.

- Otello, que se passe-t-il ? - Tu savais que ton mari est ici ?

- Mon mari est revenu ? - Il est l� pour le proc�s.

Et on vit en concubinage. Maintenant, il se souvient !

Tu vois ? J'avais raison. Je savais que �a finirait comme �a.

- Une autre co�ncidence ? - Ils nous ont coinc�s ?

- C'�tait eux ! - Qu'est-ce que je peux faire ?

- Gardons notre calme. - Tu devrais voir ton p�re !

- Pourquoi ? - Ils l'ont convoqu� au tribunal !

Papa.

- Ils t'ont convoqu� ? - Regarde. Je tremble encore.

- Moi aussi. Je tremble de partout. - Ne tremble pas !

- N'ayez pas peur. Regardez-moi ! - On dirait que tu trembles !

Ils vont te donner des millions ?

Des millions de quoi ? ! Amalia ! Fais-moi une faveur.

- Appelle ma soeur. - Je lui dis quoi ?

D'�tre prudente avec les massages.

D'arr�ter un jour ou deux.

Tu penses � ta soeur alors qu'on va ruiner ta famille ?

Quelle famille ?

Le parti monarchiste doit nous d�fendre !

Nous avons les meilleurs avocats !

- T�l�phone � ma soeur ! - J'y vais.

De quoi on devrait avoir peur ?

Otello, je dis quoi demain si on m'interroge sur le Roi ?

Papa, dis la v�rit�. Tu es le seul honn�te dans cette famille...

parce que tu as eu la chance de vivre � une �poque o� la justice existait encore.

- J'ai peur. - De quoi as-tu peur, papa ?

- Toi, va m'acheter un cigare ! - Allons en acheter un.

- Et s'ils me font jurer ? - Jure de dire la v�rit�.

Si je dis la v�rit�, les monarchistes ne nous aideront plus.

et ils te donneront une bonne racl�e.

Pourquoi ? Ce n'est pas vrai que le Roi est venu et t'a surpris ?

Si, c'est vrai.

- Mais je ne l'ai pas reconnu. - Non ?

Il �tait 3 heures, il y avait du brouillard et j'avais bu quelques verres.

Quand j'ai vu approcher une ombre. J'ai lev� mon fusil et dit :

"- Qui es-tu ?" " - Je suis le Roi. Laisse-moi entrer."

"Connais-tu le mot de passe ?"

"Non, mais je veux entrer parce que je suis le Roi."

- Et qu'as-tu fait ? - Que pouvais-je faire ? J'ai tir�.

- Tu as tir� deux fois ? - Non. Sept fois.

Heureusement, j'�tais troubl�, sinon...

- ... je l'aurais touch� � la t�te. - Et comment le Roi a r�agi ?

Il a couru comme un d�rat� !

Quand j'�tais enfant, tu ne m'as pas racont� comme �a.

- J'aurais d� dire que j'�tais all� en prison ? - En prison !

Trois ans de prison, pour avoir os� arr�ter le Roi.

Alors, �a a toujours �t� la m�me histoire !

Pire, dans ce temps-l�, personne ne vous offrait des millions pour rester tranquille.

Otello !

- Tu as appel� ma soeur ? - Elle est ici.

- Otello ! - Assuntina !

Fais-moi voir !

- Elle a grandi ! - Oui, elle a grandi !

- Alors quoi ? - Tu as chang�. Toute blonde boucl�e.

Regardez ces cheveux ! Si la pauvre maman te voyait !

Otello, que se passe-t-il ?

Tu me le demandes ?

A Milan, qu'est-ce que tu fais ?

Ne t'inqui�tes pas de ce que je fais, occupe-toi de toi !

De moi ? Que veux-tu dire, Assuntina ?

Otello.

Attention � ce que tu fais.

La loi est la m�me pour tous.

Du dernier au premier des citoyens.

Que ce s�v�re avertissement ne soit pas pris � la l�g�re !

Et pour une parodie de justice, car devant nous, nous avons un homme...

qui, en dehors de cette cour, a voulu se moquer de la loi !

Regardez-le, votre Honneur ! Regardez son sourire sarcastique.

Mais bient�t nous allons effacer ce sourire de son visage...

car un simple policier, un humble serviteur de la justice...

s'est lev� contre lui comme un Titan. Otello Celletti, levez-vous !

Vous �tes la voix de notre conscience, la voix qui les frappera tous !

Nous n'invoquerons pas la foudre.

Nous ne sommes pas ici pour parler de m�t�orologie.

Nous nous en tiendrons aux faits.

La d�fense fera appeler des t�moins...

qui ont des choses tr�s int�ressantes � nous dire.

Le soeur du Titan sera la premi�re.

Et apr�s la soeur, nous entendrons Mme Rossignoli Amalia.

Et M. Barlocco.

Ils peuvent aussi nous dire quelques faits int�ressants.

Et enfin, nous appellerons le p�re du merveilleux policier.

Le soldat valeureux, le h�ros de mille rassemblements.

Leur t�moignage n'est pas pertinent, mais nous ne nous opposons pas,

parce que nous ne craignons pas la v�rit�.

Vous voulez �couter ces honn�tes citoyens ? Faites !

Vous voulez �couter le h�ros ? Ecoutez-le !

Ses actes h�ro�ques vous laisseront sans voix !

Il est pr�f�rable que je ne parle pas !

Laissez-le tranquille ! C'est un pauvre vieillard. Amalia, aide mon p�re !

Avocat, votre Honneur, mon p�re est un pauvre vieil homme

qui perd la t�te. Et si quelqu'un doit parler, c'est moi !

- C'est moi qui ai verbalis� ! - A la bonne heure !

Je ne veux plus d'interf�rences.

Allons-nous traiter des faits du proc�s-verbal ?

Oui, mais avant de discuter des faits, monsieur le Juge,

je voudrais parler un moment de l'homme qui est devant vous.

Qui est cet homme ?

Votre Honneur, cet homme, victime d'un sournois complot politique...

dans le seul but de cr�er un scandale...

est un homme sans bl�me et sans p�ch� !

Mais il ne disait pas que c'�tait un sournois ?

Il a d� changer d'avis.

Vous vous faites l'avocat de la d�fense ?

- Votre Honneur, laissez-le parler. - Mais vous avez d�j� un avocat !

- Oui, mais il est si spontan� ! - Merci, monsieur le Maire.

Je suis spontan�, et aussi psychologue.

Et je vous dis qu'un homme avec un front si large peut pas �tre mauvais !

Assez ! Tra�tre !

- Nous partons et nous vous laissons !

Qui vous conna�t, de toute fa�on ? Je ne les connais m�me pas, votre Honneur.

Assez ! Je ne tol�rerai plus de digressions.

R�pondez seulement � mes questions !

A quelle vitesse allait la voiture quand vous l'avez arr�t� ?

A 45 km � l'heure.

Mais le proc�s-verbal indique 65.

J'ai �crit 65 ? Evidemment une erreur.

- Quelle erreur ? - Je me suis rendu compte apr�s

que mon compteur kilom�trique n'�tait pas conforme,

et non de fabrication nationale. En lisant 65...

le v�hicule passe en r�alit� � 45 km heure !

45. Vous auriez d� v�rifier avant le compteur kilom�trique !

Vous avez raison, votre Honneur. Je m'excuse.

Bien. Voyons le reste du proc�s-verbal.

Le d�fendeur d�clare avoir eu des paroles "grossi�res".

"Grossi�res" ? �a se pourrait bien, car quand il a parl�

la fen�tre �tait relev�e et j'ai vu ses l�vres bouger.

En somme, vous retirez tout ce que vous �crivez dans le proc�s-verbal !

Je vous enjoins de dire la v�rit� ! Ne craignez rien.

Et de qui devrais-je avoir peur ?

Ils sont tous si bons avec moi.

Donc, vous ne pouvez pas �tre s�r que les paroles rapport�es ...

puissent �tre r�p�t�es ? - Non, monsieur le Juge.

Sous les yeux innocents de mon fils...

je d�clare ne pas pouvoir pr�ciser.

Papa, si tu ne te souviens pas, moi si.

Chut ! Tu veux tout g�cher ?

Selon vous, le Maire n'avait pas l'intention de vous offenser ?

Non, non, monsieur le Juge.

M�me s'il avait dit des paroles grossi�res,

dans la pr�cipitation, une parole est vite arriv�e,

et elle n'est pas offensante,

au contraire, en Italie elle d�finit un homme trop honn�te !

Vous �tes le seul t�moin des faits.

Et maintenant, vous dites que les faits sont � l'oppos� de ceux du proc�s-verbal !

- Pourquoi ? - Pourquoi, Votre Honneur ?

Parce que parfois un homme pense...

et il r�fl�chit tr�s fort...

et puis...

Doucement ! Doucement ! Allez lentement !

La route est glissante ! Doucement !

Pourquoi se presser ? C'est le virage de la mort.

Ralentissez ! Vous le regretterez ! Vous allez d�raper !

Stop !

Arr�tez ! Place � la voiture du Maire !

Roulez tranquille, monsieur le Maire !

Pourquoi vous nous arr�tez et pas lui ?

- Tu as une famille ? Moi aussi.

Reculez ! Reculez ! Les gar�ons, reculez !

Monsieur le Maire, je suis l�.

Monsieur le Maire.

- Qui �tes-vous, mon cher ? - Agent Celletti.

Allez au diable !

Faites place pour le Maire !

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