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...
Pleurs
- Me laisse pas, s'il te plaît.
Laisse-moi une chance.
Je veux vivre avec toi.
Je veux avoir des enfants. On sera heureux, je te promets.
Je t'aime, donc je suis jalouse.
S'il te plaît.
Je vais faire des efforts, je vais changer.
Je veux vivre avec toi. - Tu changeras jamais, Camille.
- Mais si, je vais changer. S'il te plaît...
...
- Coupez.
Sirène
- C'était comment ? - Génial. Bravo.
- Ah... -Ça y est, c'est la bonne.
T'as été parfaite.
- On n'en refait pas d'autre ?
- C'était la meilleure.
- C'était son dernier plan.
- C'était un plaisir.
Tu peux m'enlever cette pince qui m'embĂŞte ?
Merci beaucoup. - Bravo.
- Merci. C'était super, merci.
Je t'embrasse.
C'était un plaisir. Merci. Salut.
C'était un plaisir.
C'était formidable. - Merci.
Tu me reconduis ? - Oui.
- Je suis lĂ dans 2 minutes.
- Tu peux récupérer tes affaires. - Je le fais jamais.
- J'espère qu'on se reverra. - Sur le prochain.
- Je vous dépose où, alors ?
- Je vais aller chercher mes enfants à l'école.
Je me sens bizarre, Ă chaque fin de film.
- J'ai oublié mes clés, j'arrive. - OK.
Téléphone
...
AllĂ´ ?
*-AllĂ´ ? Sybille ? C'est Ingrid ! Vous m'entendez ?
- Je vous entends. Bonjour. *-Ah, ça va mieux.
*Je sais pas si tu te souviens de moi.
*On avait déjeuné ensemble à Cannes avec Brigitte.
*On est des fans. On aime tout, chez toi :
*ton œil, ta plume, tes cheveux.
- C'est gentil.
- On a une idée incroyable.
Il paraît que tu écris un scénario sur la mort de ton père.
On veut te produire. On te donne ce que tu veux.
- J'en suis même pas à la moitié.
*-Viens me voir demain.
On ira bouffer Ă la Maison du caviar, OK ?
- D'accord, merci. OK.
*-Ciao. - Au revoir.
- Où est l'école ?
- On n'y va plus.
Vas-y, roule. Je vais te dire oĂą on va.
Alors...
- Roro, tu peux me gratter ça mieux ?
T'as encore le cul Ă l'air ! Demain,
tu remets pas ça. C'est un restaurant.
Je te jure, hein.
Et tu vas écrire sur quoi ?
- C'est un projet, mais je voulais t'en parler.
C'est 3 filles et leur mère.
L'une est infirmière. Elle doit s'occuper d'un malade
et c'est son père.
Ça faisait longtemps que je voulais parler de son absence.
C'est important. Je veux le raconter et le filmer. Tu comprends ?
- Je comprends qu'en racontant ta vie, tu vas raconter la nĂ´tre.
- Oui, forcément un peu.
- J'étais infirmière !
-Ça va être bien, je te jure.
C'est une déclaration d'amour à la famille.
- On verra comment maman la prendra, ta déclaration.
Je rigole, tiens.
Allez, on ferme. - Mais...
- Y a plus rien. - Mais j'avais commandé.
- Demain, ce sera meilleur. On est lĂ tous les jours.
- Bon. Je t'appelle. - C'est ça.
- Bonsoir, Elisabeth. C'est Sybille.
Je voudrais votre avis.
Je vais sûrement travailler avec JRRP,
et comme vous les connaissez, ce serait gentil de me rappeler.
C'est juste pour connaître votre sentiment.
C'était Sybille. Merci.
Good evening, Mona. - Hello, Madame.
-They're already in bed ? - Yes, Madame.
We've been waiting for you at the school.
But they were cold, so we came back.
-I'll pick them up tomorrow.
-There's no school tomorrow.
-OK, so I will not come.
I go crazy, I think.
OK, Madame. Bye.
Good evening, Mona.
Voix aiguë - Bon. C'est pas grave.
Après le petit déjeuner...
Voix plus grave Maman...
- Comment ça va, ma poupette ?
- Maman !
- Fais-moi un bisou.
- Tu veux lui lire la suite ?
- Oui.
- Bonne nuit,
ma puce.
- Il faut faire un bisou Ă maman.
- Ah oui, un bisou Ă maman. - Ouais...
- Alors... Vous en étiez où ?
- Là . - C'est presque la fin, ça.
On mange quoi ?
- Spaghettis tomate, basilic, copeaux de parmesan
et huile d'olive.
- Ah, génial. Tu devineras jamais ce qui m'est arrivé.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- Des productrices m'ont appelée pour le scénario sur mon père
et pour réaliser le film.
- Non ? - Ben, si.
- Formidable.
- Elles me trouvent géniale.
- Moi aussi, je te trouve géniale. - Merci.
- C'est qui, ces productrices ?
- Elles ont fait pas mal de trucs.
Il y en a une qui s'appelle Ingrid, et l'autre, c'est Brigitte...
Ceaucescou.
- Ceausescu ?
-Ça s'écrit pas pareil.
- La boîte, c'est Dictature Production ?
-Ça me tient à cœur et tu te fous de ma gueule.
- Ne me demande pas, pour les Japonais.
-Ça a été ?
Téléphone
Pardon.
- Mange, ça va refroidir.
- Alors, les Chinois ? Euh, les Japonais ?
- Le 13, on y est.
Superstitieuse ?
- Je vous dois combien ?
- 17,10. C'est le quartier du cinéma ?
Vous préparez un film ? - Peut-être.
- J'étais content de vous avoir
comme cliente. Je vous kiffe.
- Merci.
Au revoir. - Au revoir.
Le numéro 13, certains disent que ça porte bonheur. Nous, on dit :
"Inch Allah."
- Bonne journée.
Sonnette
*-Oui ? - C'est Sybille.
*-Ah oui !
Envol de pigeons
Claquement de porte
Sonnette
Bonjour, madame Sybille.
- Bonjour. J'ai rendez-vous... - Avec Mme Ingrid, je sais.
Asseyez-vous.
Madame ? *-Je suis en ligne.
- Pardon. *-Faites-la patienter.
- Je fais patienter.
Match Ă la radio
...
- Mais que vous ĂŞtes idiote, Lili.
Pourquoi vous m'avez pas dit que Sybille était là ?
Y a une cuisine,
pour ça.
Allumez une bougie.
Comment je peux savoir que t'es lĂ ?
Je te fais la bise. - Euh... Oui.
- Capacité de travail extraordinaire,
mais alors le plafond... un peu bas.
HĂ©,
tu sais ce que c'est, JRRP ?
- Non. - Jamais Rien Raté Production.
On n'a jamais échoué. On a monté tous nos films.
Ça va être génial. On va faire une promo de malade.
HĂ©,
arrière-grand-tante de Brigitte. - Ah oui ?
- Et puis alors lĂ , voilĂ ,
des bureaux, des bureaux, on a tout refait.
Et puis nous, on est lĂ .
On est lĂ .
Brigitte sait
que Sybille est lĂ ? - Non, je...
-"Non..." Ben, allez-y.
- J'y vais ?
- Oui.
C'est pas possible, d'être si peu aidé.
Alphonse, allez la chercher.
- Oui, madame.
- On vous a jamais appris
à dire bonjour ? Notre nouvelle réalisatrice.
Alors vous prenez son numéro,
c'est un numéro prioritaire. Sybille appelle, on répond.
Vous direz ça à Lili.
Elle va rien comprendre.
Vous restez ici ou vous me donnez votre démission ?
- Je... - VoilĂ .
Heureusement qu'il y a des gens
comme toi, sinon, on aurait arrêté la production.
Assieds-toi.
HĂ©, tiens.
- J'aime pas les macarons.
- C'est les meilleurs.
- Ah oui. Dans ce cas-lĂ , alors oui.
- Attends, une seconde.
Ouais !
Ils se sont encore bananés !
Brigitte, ils se sont bananés, Les Trois Rivières.
18 entrées aux Halles.
- Non ?
Je te l'avais dit, c'est de la merde. Salut.
- Bonjour.
- Viens.
- Tu vas pas pinailler. On tourne en juin ?
- Hein ?
- T'as vu comme elle est mignonne ?
- T'as pensé au casting ?
Il nous faut des noms, des jeunes. C'est les jeunes, la cible.
Tu vas nous décrocher les meilleures, tu les connais.
- Je suis qu'au début. - On s'en fout, c'est ton histoire.
Ça ira vite. On doit signer avec les actrices.
- On sort en octobre,
dans 9 mois, le temps d'un bébé. Ce sera le 3e, je serai marraine.
- Faut y aller, bébé. On a rendez-vous.
- J'en ai marre, des avocats.
On passe notre vie
chez les avocats.
- Alphonse !
Il est oĂą,
ce putain de dossier Le Guillou ?
- On nous fait des procès
Ă tour de bras.
Ma pauvre, on ira manger du caviar une autre fois.
Alphonse ?
Une fiche d'identité.
- On lit quand ?
- Je sais pas, je dois écrire.
- 2 semaines.
- 2 semaines, c'est parfait. On compte sur toi.
Allez, hop !
Au boulot !
Prends les macarons,
tu me rendras service.
- Albert, voiture !
- Tout de suite, madame.
Bonjour.
- Tu devrais changer d'agent. Je te présenterai
ma copine. Alphonse,
vous oubliez pas son numéro de Sécu.
- Je vais prendre vos coordonnées. - Oui, bien sûr.
Je fais quoi ? J'y vais ? - Mais oui, vas-y.
Elle frappe.
- Oui ?
- Je peux
vous faire signer
le parapheur ?
- Je suis obligé de te parler comme ça.
C'est super que tu réalises, mais avec des gens normaux.
Y a d'autres producteurs. Les deux, lĂ ...
Elles sont un peu... - Un peu quoi ?
- Tu verras.
Elles sont en procès avec la Terre entière.
Écoute. C'est le genre de femmes...
affreuses.
Elles sont riches, très riches, mais affreuses.
- Merci.
Allez. Tu me lis ça rapido, s'il te plaît.
- Je viens de finir de tourner.
- Donc t'as le temps.
Dans celui de Sandrine Carrière,
le personnage est magnifique... J'aime beaucoup.
Allez, bonne soirée, pépette.
Tu me tiens au courant.
Si tu veux vraiment que je les appelle, je les appelle.
- Salut, Mathias. C'est Sybille. Ça va ?
Je t'appelle car tu as travaillé avec les deux productrices, les JRRP.
Je voulais savoir ce que t'en penses.
Ah oui, d'accord. OK. J'ai compris, ouais.
Ouais, ouais, j'ai compris.
Ouais, salut. Je te rappelle.
- Raoul, tu arrĂŞtes de toquer, maintenant.
- Papa fait des patates sautées. - Mais j'ai du travail.
- Je t'attends pour manger. - Non. Va manger. J'ai pas faim.
On frappe Ă la porte.
...
- J'ai un cadeau pour toi.
- Tu me le donneras plus tard.
- Ouaf, ouaf !
-Ça fait pas ouaf, ouaf, un chat. Ça fait miaou.
- Bonjour.
Vous avez bien dormi ? - Ouais.
- Regarde. C'est mon cadeau.
Alors quand le bonhomme, il tient la fleur,
je peux frapper,
mais s'il tient le balai, il faut pas déranger maman.
- Il est beau. - Je peux l'avoir ?
- Mais tu sais, j'ai fini, chaton.
- T'as fini ?
- Oui, j'ai fini.
-ELLE A FINI
ELLE A FINI
- Tata Charlotte
et Zouzou joueront dedans ?
- Je prendrai des actrices.
- Allez, on y va.
- Je vais la manger pour toi.
- Allez, dépêchez-vous.
- Il y a trop de cernes. Où elle est, Françoise ?
Oh ! Elle m'a mis trop de cernes.
Je sors de la Gestapo, mais y en a trop, lĂ , non ?
Stéphane, viens.
Tu veux un café ?
- Ouais. - Manon,
tu peux nous chercher 2 cafés ?
-Ça marche. - Non.
Au bistrot. Tu veux de l'argent ? - Ouais, je veux bien.
- T'as de la monnaie ?
- Non.
- J'en ai, moi.
- Je me débrouille.
- Elle me sort par les trous de nez, Angélique.
Ça va ? - Oui.
- Tu peux nous laisser ? C'est pas contre toi.
On a besoin de se parler. - On va y aller.
- J'aime beaucoup l'histoire.
- Ah bon ? -Ça me...
Ça me rappelle la mienne, en fait.
Je ne sais pas qui est mon père.
- Julie, on est prĂŞts.
- On attend 2 minutes.
Le sujet est très fort.
- J'ai besoin de savoir pour qui j'écris, maintenant.
- T'as qui d'autre ?
- Marion et Annabelle.
- Mais le... Le rĂ´le principal, c'est qui ?
- C'est vous trois.
Enfin, c'est toi.
- C'est oui.
- Ah ! C'est super.
- C'est bon pour toi, François ? Allez, moteur demandé.
-"Soir de Paris", 25 sur 2. Première.
- Non ! Non !
Pleurs
Elle renifle fort.
- Tu m'épates ! On a les trois actrices ?
- Julie, c'est sûr. Les 2 autres quasiment.
- Mais ça va être le meilleur film de l'année !
On frappe Ă la porte. Oui ?
Apportez-le ici. Vous voyez bien que je suis ici.
Tu fais rien lire à personne jusqu'à la dernière version.
- J'ai écrit vite.
C'est fou.
- Quand on sait ce qu'on raconte, pas besoin de 107 ans.
- Brigitte l'a lu ? - Je lui fais lire
que quand c'est vraiment fini,
sinon elle peut jeter le bébé avec l'eau du bain.
On nous propose tellement de choses. Si tu savais...
Bon. Poubelle.
J'ai quand mĂŞme quelques...
petites remarques sur le scénario. - Ah bon ?
- Alors... Euh...
Alphonse, vous donnerez un code de travail Ă Sybille.
On a verrouillé le scénario.
On l'envoie ou l'imprime que depuis les ordinateurs sélectionnés.
T'auras un code,
c'est juste pour écrire. -"Un code" ?
-Ça se vole, un sujet. C'est jamais arrivé, mais prudence.
Alors,
il faut changer le début.
Les filles Ă l'hĂ´pital, c'est pas bien.
- Ah bon ?
Elles sont infirmières.
- Et alors ?
- C'est comme ça qu'elles retrouvent leur père : il est malade.
- Oui, mais c'est pas bien.
Brigitte a eu un grave accident Ă 20 ans.
Ils lui ont rien changé, ni draps, ni pyjama.
Elle va pas produire un film
qui se passe à l'hôpital. - C'est un décor.
- Justement, ça se change, un décor.
Ça peut se passer n'importe où.
Ce qui compte, c'est les personnages.
Pourquoi le père, il travaillerait pas dans un haras ?
- Ah ! - Les gens adorent les chevaux.
L'hĂ´pital, c'est pas sexy. Non...
Il travaille dans un haras, il est malade,
ses trois filles s'occupent de lui.
-"L'Homme qui murmurait Ă l'oreille des chevaux",
"L'Etalon noir", "Crin blanc",
"Danse avec lui", "Cheval de guerre", "Flicka".
C'est tiré du roman...
- Je connais. Ça ira.
- J'ai pris rendez-vous pour les essais de Julie Camus.
- Merci, Alphonse.
Vous pouvez y aller, hein. - Merci.
Hennissement
- D'accord. On peut partir au trot.
Légèrement ajusté.
Marchez au trot
en conservant les espacements.
Petites pressions.
Y a beaucoup de réactif.
Reste sur ton cercle. Repasse au trot.
Restez sur le cercle. - C'est pas la Cité des sciences.
- T'inquiète, on ira. Elle va pas s'envoler.
Regarde les chevaux, comme c'est beau. C'est vivant.
Pas mal.
- Il est trop drĂ´le.
- J'adore. Ça sent...
Ça sent quoi ?
- Le crottin.
- T'as vu le décor. Il y a quelque chose.
C'est mieux qu'un hĂ´pital.
- Tes infirmières feront du cheval ? - Ben, pourquoi pas ?
C'est mieux, je crois. MĂŞme pour ma famille, c'est mieux.
C'est compliqué, avec Chacha.
Elle a foutu le bordel, prévenu ma mère.
Et tout le monde aime les chevaux.
- Moi aussi.
- Alors, Raoul ? Tu veux faire un tour ?
- Oui. - Moi aussi, je veux faire un tour.
- Tenez, il est prĂŞt. - Super.
- Trop belle.
- Vous ajustez vos rĂŞnes.
- T'as de l'allure. Génial !
Tu te sens bien ?
- Oui. Tout va bien.
- On tente un galop ?
Bien au fond de la selle.
Non ! Ne tirez pas sur la bouche ! Julie crie.
- Julie ! Hennissement
Elle gémit.
Pardon. Je suis désolée.
Doucement. Doucement. Doucement.
Ça va ? - Non !
- Oh, pardon.
...
- Et le vieux ?
- On l'a pris en route.
- Comment ça ?
Ça s'arrête partout ? C'est un omnibus ?
- J'ai commandé cette ambulance. C'est la mienne.
J'ai jamais vu ça !
- Vire le vieux, Brigitte !
- Faites descendre ce monsieur. - C'est Julie Camus.
Elle est hyper connue.
Vire le vieux.
- Mais je pousse comme une malade.
Cris
- Je vous collerai un procès au cul.
- Laissez-nous remonter ce fauteuil.
- Papa ?
- Sybille, il était en train de me dire la vérité
dans l'ambulance.
-Ça suffit ! - Lâchez-moi !
VoilĂ ce que j'en fais, du vieux ! - Papa !
- Papa !
Papa !
Papa !
Téléphone
...
AllĂ´ ?
*-Alors, t'as fini ? -Ă€ l'instant.
*-Tu l'envoies ? - Tout de suite.
Tu peux me refiler le code ? *-17 56.
- OK. Je te l'envoie tout de suite. *-Super.
- C'est le matin. - Il est quelle heure ?
- Midi.
- Des croissants ! Merci.
C'est gentil.
- Je veux te parler des vacances ? Ça arrive vite.
Ils ont deux semaines et j'ai plus un jour.
Téléphone - Pardon. Excuse-moi.
- Tu peux me donner 5 minutes ?
- Pardon. C'est Ingrid.
Allô ? *-Je viens de finir. C'est génial.
*Brigitte le lit. Elle va t'appeler.
- Merci, Ingrid.
*-Ça te fait plaisir, au moins ? - Oui. Merci.
*-Ă€ demain.
Bips
...
- Oui, je vais la rappeler.
- Tu peux les sortir ? J'ai une course.
- On est dimanche.
- C'est les soldes.
- Ah ! Ben oui, bien sûr.
Les sortir, tu parles, bien sûr que je vais le faire.
Attends. Laisse passer.
- Merci. - Merci.
- Un pain au chocolat, s'il vous plaît.
- Un chausson aux pommes.
- D'accord.
Téléphone
- AllĂ´ ? *-C'est Brigitte.
-Ça va ? - 5 E.
*-Très bien jusqu'à la page 23, après, j'aime pas.
- Qu'est-ce que t'aimes pas après ?
*-On doit se voir. T'es chez toi ? - Non. Je...
*-Rentre chez toi. Je t'envoie le chauffeur.
- OK. À tout de suite. Salut. Venez, on s'en va.
- Pourquoi ? - Je dois aller travailler.
- Maman, je peux le manger ? - Oui, prends-le.
Prends-le.
On doit rentrer. - Qui va nous garder ?
- Papa va rentrer. On ira au jardin une autre fois.
Tu poses tout le temps des questions...
*Chanson roumaine
*...
Il y a quelqu'un ?
- Ben, entre, entre.
Ça va, ma grande ?
- C'est chez toi ? - C'est chez nous.
- Dis donc. - J'en ai hérité quand la famille
est repartie en Roumanie.
- Mais en fait, t'es d'origine roumaine.
- On a refait le côté production. Là , il faut refaire le reste.
J'ai du mal à me décider. Je me sens bien, ici.
T'as vu le piano ? Il date du XVIIIe.
- Il marche encore ? - Bien sûr.
Il est désaccordé.
Enfin, à peu près.
Assieds-toi.
Et il faut refaire la toiture. Ça dégouline dans les combles.
J'en ai ras le bol, des Bâtiments de France.
J'avais commandé des ardoises au Portugal,
il faut des françaises.
Des ardoises de Morzine qui coûtent la peau du cul.
Tu veux un chocolat ? - Non. Merci.
- Pourquoi ça se passe dans un haras, maintenant ?
Ça me gonfle, les chevaux.
J'en ai rien Ă foutre.
- Pourtant, Ingrid...
- Pourquoi tu trouves pas un truc... Enfin, je sais pas.
Le père pourrait être un type dangereux.
Pourquoi il tiendrait pas un bar, le père ?
T'en fais un type baroudeur,
et les filles, c'est des filles qui ont des couilles,
C'est moderne.
C'est ça, le cinéma. On se fout de la vérité.
Qui connaît ton père, à part toi ?
Et mĂŞme toi, tu le connais pas.
Excuse-moi.
T'as vu "Pretty Woman" ? Tu me fais "Pretty Woman",
mais Ă trois.
Trois belles gonzesse et ça marche. J'ai quelque chose à vendre.
Ce sont des entraîneuses, des danseuses...
- Elles sont infirmières. Pute et infirmière, c'est pas...
- C'est la même chose. Les putes, c'est des infirmières.
Ça peut se passer n'importe où. - Oui, je sais.
- C'est les personnages, qui comptent. - Je sais.
- T'as la mère ?
- Non, pas encore. - Je te la fais.
J'ai été actrice à 20 ans.
J'étais bonne.
Enfin, te sens pas obligée.
Surtout, tu lui en parles pas. - Non.
-Ça va, ma chérie ?
T'as vu le piano ? XIXe siècle.
Il marche encore.
- C'est pas du Lapsang.
- Il y a rien d'autre.
- C'est dégueulasse. Goûte.
Tu vas t'empoisonner. VoilĂ .
Je lui ai dit, pour les chevaux.
Elle est d'accord. Ça va se passer dans un bar.
Tu nous feras ça aux petits oignons.
- Adrien ?
Tu veux pas qu'on sorte un peu ?
- T'as vu l'heure ?
- On garde nos gamins comme des cons.
- Il faut trouver une baby-sitter.
- Appelle, je me change.
Super. J'en ai pour deux secondes.
Musique rythmée
...
- Bonsoir. - Bonsoir.
...
- Bonsoir.
Je m'appelle Susanna. Tu m'offres un verre ?
- Tu vois pas que c'est mon mec ?
- Ah, pardon.
- Viens, on se casse.
...
- Je suis content d'entendre que je suis ton mec.
C'est vrai, récemment, j'avais des doutes.
- Je bosse, c'est tout. Tu devrais me soutenir.
- Je participe à ton écriture. Tu devrais être contente, non ?
-Ça m'a dégoutée, de te voir comme ça.
- Qui c'est qui a eu l'idée ? J'avais pas envie de venir, moi.
Alors tes conneries, tu les assumes. D'accord ?
Il me gonfle, ton scénario foireux. - Comment ça, "foireux" ?
- T'es une girouette.
- Mais t'es taré ou quoi ? Tu peux répéter ?
- T'avais une histoire, t'en écris une autre.
- Tu comprends rien. C'est important, pour moi.
Ça fait longtemps que j'en rêve, de faire ce film.
C'est exactement la mĂŞme histoire.
Les personnages, les situations, c'est la mĂŞme chose.
Qu'est-ce qui te dérange ? Que ce soit sexy ?
- C'est toi qui n'es pas sexy. -Ça veut dire quoi, "pas sexy" ?
- Rien. Laisse tomber. - Qu'est-ce que je laisse tomber ?
Hein, Adrien ? Je laisse tomber quoi ?
Adrien !
N'importe quoi.
- Bonsoir, madame. - Bonsoir, monsieur.
Bris de verre
Adrien ?
Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
- Susanna savait pas oĂą dormir.
Mais on a rien fait. Je fais jamais rien.
Elle est venue ici boire un verre. J'ai dit oui.
- Casse-toi ! Va-t'en !
...
- ArrĂŞtez !
ArrĂŞtez !
- T'en veux une ?
- Ne la frappe pas, elle est enceinte. Elle veut le garder.
Tu buvais pas, quand t'étais enceinte.
- Tais-toi !
Adrien !
- Sybille ?
Qu'est-ce qu'on fait ? On cache le corps ?
On appelle Brigitte ?
- Adrien !
- Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai encore fait un cauchemar.
Tu crois que je vais y arriver ?
- Mais oui, tu vas y arriver.
Tu y es arrivée avec les chevaux, tu vas y arriver avec les putes.
- Albert, valise.
- Bonjour.
- Bonjour. - Ah oui, vous partez.
-Ça va, ma belle ?
- Oui.
- Alors ? T'en es oĂą ?
- Page 80.
- J'aurais bien voulu l'emmener avec moi.
- Dans 3 jours, je l'envoie.
- Tu liras tout ça ?
- C'est pas toi qui le portes. Je m'emmerde, en vacances.
Alphonse, venez !
- Tu veux qui,
pour maquillage, coiffure ?
C'est important. Il te faut les meilleurs.
- Ton monteur, j'en veux pas.
C'est un casse-burnes.
Il veut qu'on lui paie les déjeuners. Y a pas marqué "pigeon".
Prends le mien.
Il a fait tous les Godard. Il est bon.
- Il a quel âge ?
- Il est très en forme.
Non, mais...
Pas n'importe comment.
- Et les costumes ?
Les marques vont tout nous filer gratos.
T'aimes qui ? Balenciaga ? Chanel ? Dior ?
- J'aime bien. - Gaultier ?
Pense aux copines.
On leur file rien, aux productrices. Le moindre T-shirt, je l'ai payé.
- Oui. On l'a payé.
- Voilà . On l'a payé. Au prochain shopping, tu m'emmènes.
- Tu l'emmènes quand ?
- Les créateurs, ils nous prêtent.
On les rend.
- Ben, ils me prĂŞtent.
- VoilĂ . Tu vois qu'on est pas chiantes.
Bois pas trop.
Tu pisseras pendant tout le voyage.
- Alphonse ! Vous dites bien à Albert, ça, fragile, pas dans le coffre.
Et Lili, faut qu'elle appelle la femme de ménage.
- On y va, bébé.
- OĂą sont mes lunettes ?
- Alphonse, ne faites pas n'importe quoi
avec les valises !
Tu viens ? - Oui, ben, j'arrive.
Pour la musique,
j'ai quelqu'un pour toi : le fils de la voisine.
Il compose des musiques délicieuses.
Au nouvel an, il nous avait joué un morceau, mais mortel.
Il est au courant. Il attend ton appel.
- Bonjour. - Bonjour.
- BONJOUR.
-Ça avance, le casting. - Vous pouvez remettre le chauffage ?
- On verra ça à mon retour.
- Monsieur Pietro ! Pietro Novello.
Vous vous connaissez.
- Bonjour. On s'était ren... - Voilà .
Son prochain film, c'est un polar très noir avec que des Noirs.
En plus, ça se passe la nuit.
Le chef op, il va devenir fou. Il y aura plus que des yeux blancs.
Je suis con.
Tiens. Je vais faire un petit pipi.
- Elle fait quoi ? - Elle est aux toilettes.
- Quand on revient,
il faudra trouver un nouveau directeur de prod.
- J'en connais un super. - HonnĂŞte ?
On en connaît aussi, des voleurs. C'est qui ?
- David Rousselot.
- Tu vois s'il est libre...
OK. Et je le rencontre Ă mon retour.
Tu veux qu'on le rate ? T'as pas oublié mon drap ?
- Non. Elle met toujours un drap sur le fauteuil, dans l'avion.
- Appelle mon monteur. Elle a le numéro de Gégé ?
- Vous le lui donnerez.
Mon sac.
- Travaille bien. Bye !
La balle est dans le canon.
- Tu penses Ă qui, pour le casting ?
- Julie Camus, Marion et Annabelle, qui n'a pas lu la dernière version.
- Elle est chez Jack ?
Vous avez le mĂŞme agent. Bips
- Excuse-moi.
Elle rit.
Ça va ?
- David.
- Salut.
- La réunion s'est bien passée ?
C'est le directeur de production.
- Cool. Ils sont oĂą ?
- Je reviens.
Au jardin, avec Mona.
- C'est toi qui l'as fait ? - Non, Mona.
C'est ma recette. Elles sont aux Seychelles.
- Pendant les vacances scolaires. Elles ont des enfants ?
- Non.
- C'est con parce que nous, on en a.
Avec le froid qu'il fait dehors, ils doivent se marrer, au jardin.
- Je partais pas tout le temps en vacances, petite.
- C'est bien, ça change pas.
- Il me gonfle, en ce moment. Je crois qu'il est jaloux.
- J'entends, hein.
- C'est qui, ta prod ?
Tant que c'est pas Ceausescou, ça va. - Tu les connais ?
T'as travaillé avec elles ?
- Elles jettent les gens dans les escaliers.
- Moi, je les connais très bien. Ça se passe super bien.
Elles sont à fond derrière moi. Il faut juste avoir le mode d'emploi.
Je te le filerai. - Punaise ! J'avais pas vu l'heure.
J'ai un rendez-vous super important. Il faut que j'y aille.
- Dommage. Je te reconduis.
- Je t'appelle. - D'accord.
Je compte sur toi, hein ? - OK.
- T'as conscience que t'as été odieux ?
- On va accueillir toute ton équipe au salon ?
- Je les recevrai ailleurs. Lui, c'est différent.
C'est le directeur de production.
Il fait le partage.
Il va donner une part à la déco, une à la lumière, ainsi de suite.
Tu vois ?
Tu comprends ? - Tu viens de niquer le gâteau, là .
- Sybille ! Sybille, venez vite.
- Qu'est-ce qui se passe ?
*-Tu m'entends ? - Oui, et je vous vois aussi.
*-Hé ! Top le scénar. *-Top, top.
*-J'ai encore 3 détails mais c'est top.
- C'est vrai ? T'as aimé ? *-C'est super.
*On adore !
*-Maintenant, ça marche, ton histoire.
*Maintenant, on sait de quoi tu voulais parler.
- Ah bon ? C'est pas trop vulgaire ? Ça va ?
*-Je te perds. - Vous m'entendez ?
*-On te perd.
-Ça a l'air beau.
- Alphonse, vous pouvez envoyer le scénario aux actrices ?
- Vous êtes sûre ?
- S'il y a un problème, dites que c'est moi.
*-On te perd. On te perd, lĂ .
*-Il y a toujours des glaçons. *-Ça donne la courante.
*-C'était toute la nuit. *-Faut pas en boire.
*Ça vient d'une eau que tu ne connais pas.
*-Ils sont chiants. Dis-leur, toi.
*-"Waiter", ça va pas du tout !
Sybille rit.
- C'est pas coupé, je vous vois. Je raccroche.
- Ah ! On a failli t'attendre.
- Je suis désolée, désolée, vraiment.
- Sandrine Carrière. - Excusez-moi. Bonjour.
- Bonjour.
- On parlait des dates.
- Ben, justement, on a un problème. - Non, non, on n'a pas de problème.
Ça s'arrange toujours. Je vous laisse parler un petit peu.
-Ça va ?
- Très bien.
- Je suis désolée. J'ai mis longtemps à lire.
Deux semaines, non ?
- Deux mois. L'important, c'est que tu sois lĂ .
- Le scénario m'a beaucoup touchée. J'aime beaucoup l'histoire.
Mais je ne peux pas.
Vous tournez bien en juin ? - Oui.
- Ben, moi aussi. Je vais réaliser mon film.
-Ça se fait, ça ?
Je m'arrangerai avec ta prod pour bouger les dates.
- On tourne en juin.
- Mais c'est qui, ta prod ? - On tourne en juin.
Là , j'ai la version définitive. Je suis en plein casting.
On tourne en juin.
- C'est le truc sur ton père ?
- Ouais. Enfin, ouais. Ouais.
- Bon. Je croyais que ça se faisait pas.
Ben...
Bonne chance.
-Ă€ toi aussi.
-Ça fait 2 mois que j'attends. Elle fait son film. 2 mois !
- Connasse.
T'es pas sortie de l'hĂ´tel ? Il a pas fait beau, finalement ?
- Je m'expose jamais, je fais des taches.
Je suis super contente de te voir. J'ai pensé qu'à notre film.
C'est mignon, ça. C'est joli. C'est à toi ou on te l'a prêté ?
- C'est Ă moi.
- C'est qui ? Fais voir.
Agnès B ! J'adore ! Tu peux m'en avoir une ?
- Oui. Je vais demander. - Tu prends la taille au-dessus.
Ă€ mon avis, pour Julie, c'est non. - Pourquoi ?
- Tu verras. Viens.
Brigitte ?
Brigitte ?
- Je viens d'en apprendre une belle.
T'as donné rendez-vous aux actrices ? - Oui.
- Annule ton rendez-vous avec Julie. Vire-la.
- Un petit pipi.
- Elle a peut-être un beau cul, mais ça va, on l'a déjà vu.
Sybille...
- Oui ?
- Je veux le meilleur.
Tu es trop intelligente
pour travailler avec cette gourdasse.
Prends Valentine. Le public l'aime. Il va la voir au cinéma.
- Elle est enceinte. - Elle est très bien.
- Ton pif. Bien la peine de faire du sport.
- Elle est enceinte de 3 mois.
- Tu réécris. Le personnage est enceinte.
- C'est génial.
- En juin, elle sera enceinte 9 mois. Elle sera en train d'accoucher.
On repousse le film ?
- Vous avez le mĂŞme agent. Tu lui expliques.
Il fait comme il veut, mais je tourne en juin.
Et tu me vires Julie.
- Je lui dis quoi ?
- Tu me la dégages !
- Bonjour. - Bonjour.
- Excusez-moi. J'étais à la production pour régler des soucis.
-"Soucis" ? - Avec le film ?
- Hein ? Non, des bricoles.
Rien d'important.
"Soucis", c'est pas du tout ce que je voulais dire.
Pas de soucis.
Vous avez lu la dernière version ?
- Pas eu le temps.
- T'as raté.
- J'ai raté quoi ?
- On a beaucoup gagné, non ?
- La version
est un peu moins... - J'étais bloquée sur l'hôpital.
Je voulais pas lâcher.
Il faut lâcher une idée pour en trouver une meilleure.
- Trois putes, c'est mieux ?
- Je rêvais de jouer une pute. Comédienne, c'est un peu pareil.
Non, c'est une blague.
- Elles ne sont plus sœurs ?
- Si, bien sûr.
"Les Trois Sœurs" de Tchekhov, "Les Trois Putes" de Sybille.
- Vous pouvez signer notre livre d'or ?
- Vous nous invitez ?
- Non, je vous invite. C'est moi qui paie.
- Non. On signe. Ils peuvent offrir les consommations.
- Je vais demander.
- Oui, allez demander.
Il y a du beau monde.
George Clooney...
- Je comprends pas. T'avais un scénario qui plaisait.
Pourquoi tu fais des versions
qui plaisent Ă personne ?
- J'ai dit oui pour un script. Là , ça n'a rien à voir.
J'ai pas envie de jouer...
- Tu te sens supérieure.
- C'est pas ça. C'est que...
- Je comprends. Tu le sens pas.
Le rĂ´le n'est plus tellement pour toi.
C'est pas toi, en fait.
- Tu veux plus de moi ?
- Le personnage veut plus de toi.
Un scénario, ça évolue. On maîtrise pas.
Si tu le sens pas,
tu le sens pas.
- On aura bientĂ´t les jours de tournage ?
Moi, j'ai de plus en plus de trucs.
Téléphone Qu'est-ce qu'il fout ? J'ai soif.
- AllĂ´ ? *-Te retourne pas.
*J'ai eu ton agent. Valentine est enceinte.
*On garde Julie.
*Finalement, c'est l'idéal, pour jouer la reine des putes.
- Trop tard.
- Ah non, récupère-la. Il faut la garder.
Attends, j'arrive.
- Les consommations
sont offertes.
- Ben voilà . Donne ça.
Alors moi, je vais prendre
un cocktail de fruits avec du pamplemousse.
- Ah ben non. Champagne Bollinger ! Du rosé !
- Je vais demander.
- Non, vous l'apportez. - Je garde le cocktail de fruits.
Je digère pas le champagne.
- Alors ?
- Brigitte,
notre productrice.
Je reviens.
Julie !
Julie ! Non, écoute-moi. Écoute-moi.
T'as raison, t'es pas le personnage.
Non, mais écoute-moi. Attends.
Et c'est pour ça que tu vas le faire.
C'est pour ça que tu seras géniale. Tu vas surprendre.
Tu vas ĂŞtre merveilleuse.
Ça va être super. Je t'assure.
Sans toi, je fais pas le film.
- J'ai cru que tu voulais plus de moi.
- Mais ça va pas ?
Mais non.
Qu'est-ce que tu vas chercher ?
Tu peux pas imaginer que je fasse le film sans toi.
- Je sais pas. Attends.
-Ça va ? - Ouais.
- Je suis trop contente qu'on le fasse ensemble.
Grondement de l'orage
Il pleut.
...
- Qu'est-ce que tu fais, bébé ? T'as vu l'heure ?
- Je crois que j'ai trouvé un titre. Je vérifie s'il existe pas.
C'est bon. Il est pas pris.
Il est pas pris ! Putain ! Il est pas pris !
Il est pas pris ! Il est pas pris !
Regarde pas.
Regarde pas !
- Je vois rien. - Par principe, regarde pas.
Tu regardes. - Ah non. Ben non.
- C'est bon.
- Ah, t'es forte.
T'es très forte.
J'adore !
Mais j'adore ! C'est génial.
- C'est canon, tu veux dire. - Elle va ĂŞtre folle de joie.
- J'aimerais que t'appelles l'autre,
le directeur de casting. J'oublie toujours son nom.
Un pied-noir. On connaît que lui.
Ben... quelque chose.
- ...ichou.
- Benichou. VoilĂ . J'ai entendu dire
qu'elle tournerait sur le prochain "Arcadoche".
Et ça, j'aime pas.
T'imagines si elle se traîne en promo à la télé
avant la sortie de notre film ?
Les gens en auront marre.
- Elle fera pas ça. Elle nous adore.
Elle nous mange dans la main. - Ben vérifie quand même.
Surtout, tu ne dis rien.
Tu parles le moins possible.
S'il pose des questions, tu réponds pas.
Moins t'en dis, mieux c'est. C'est ça qui donne envie.
- Oui, OK. D'accord. Oui. Bon.
OK, je vous rappelle. Oui, oui.
Ouf !
Alors, Sybille,
votre scénario... Où est-ce que je l'ai foutu ?
C'est quel genre de film ?
- Tout est dans le titre.
-"Pretty Girls".
- C'est un titre génial. Non ?
Et il est pas pris.
- Sybille, vous pouvez m'en parler ?
- C'est entre une comédie populaire et un polar sexy.
- C'est pas mon truc,
les polars. "Sexy", c'est vague.
- C'est plus une comédie popu qu'un polar.
C'est moitié "Pretty Woman", moitié "Thelma et Louise".
- Donc c'est ni popu, ni polar.
-Ça va cartonner, vu le casting.
Et quand une actrice passe à la réalisation, on en parle.
- On sait pas si elle vend un film ou une marque de shampoing.
- Sybille ne représente rien.
Tu représentes aucune marque ?
Tout le monde va se l'arracher.
Elle est géniale.
- J'en doute pas.
Vous étiez formidable dans votre dernier film.
- Merci. C'est gentil. Téléphone
- Excusez-moi. Laurence ? Oui ?
Ah, c'était aujourd'hui ? Ah, zut.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Qu'est-ce que je fais là ? J'ai l'air débile.
- Mais pas du tout. Il t'adore.
Je le connais. Il va signer le chèque. Tu vas voir.
- Excusez-moi, j'avais rendez-vous chez ma dentiste.
J'ai complètement oublié. Brigitte,
ça a été un plaisir. Comme d'habitude.
- Ah, les dents, ça n'attend pas.
En plus, c'est très mal remboursé.
On va pas payer le double pour ces ardoises.
Tu leur diras que je m'en bats les steaks.
Il est garé où, l'autre abruti ?
Pourquoi tu fumes ? Éteins-moi ça.
Vous êtes où ? Bien sûr, on vous attend.
On a dépoté, non ? Tu tiens le coup ?
On va manger ? - Je vais marcher un peu.
- Qu'est-ce qui va pas ?
C'est "Pretty Girls" ?
Tu trouveras pas meilleur titre.
Téléphone
...
*-Allô ? - Y a maman qui me harcèle.
Elle dit que tu lui réponds plus.
*-Je vais l'appeler. - Comment ça va ?
*Ça va pas ? Non.
*-Qu'est-ce qui va pas ? - Tout.
*En ce moment, je dors pas bien, je fais des rĂŞves bizarres.
-Ça doit être ton film. *-Ça a beaucoup changé.
*Ça a plus rien à voir. Ça parle de trois entraîneuses.
*Ă€ moins qu'on se mette Ă tapiner...
- C'est génial, si tu racontes tout sans qu'on nous reconnaisse.
- Je fais n'importe quoi, je crois.
J'ai l'impression de faire la pute, avec ce film.
*-Ça veut dire que t'es sur le bon trottoir, chérie.
J'ai trop hâte de lire.
*-Can I have a sandwich ?
*-It is closed. Come tomorrow. Tomorrow, we are...
Téléphone au loin
...
- Sybille ? Sybille ?
Quelqu'un vous attend, lĂ -haut. - Ah bon ?
- Faut prendre l'escalier. - D'accord. Merci.
David, que fais-tu lĂ ?
Le plafond goutte. Y a pas de chauffage ?
- Je lis le scénar. Elle m'a engagé.
- Oh, c'est super.
Dis donc, il fait froid.
Je suis trop contente. -Ça, c'est la bonne nouvelle.
- Vas-y.
- Tout le monde
a refusé ton film.
- Comment ça ?
- La télé, les distributeurs...
Personne veut y aller.
- Alphonse...
- Désolé. Je dois vider les bassines pour la nuit.
- On reste pas lĂ .
On va prendre un café.
- Claire, vous pouvez venir avec le contrat de Sybille ?
Il fallait voir des gens normaux.
Je t'aurais présenté des producteurs.
-Ça fait 20 ans qu'elles tournent. - Oui.
C'est pas parce qu'elles vont Ă Cannes... Tout le monde y va.
Ma voisine est dans la manucure. Elle va se trouver une robe
et va aller monter les marches. Et on la prendra en photo.
Vous allez Ă Cannes ?
- Euh, oui.
- Merci, Claire.
Ta version avec les trois radasses... Je sais pas qui a eu
l'idée.
- Tu l'as lu ?
- Non, mais ça plaît pas à Annabelle que je représente.
- Une histoire forte peut se passer n'importe oĂą.
- On n'est plus certains qu'elle accepte, Annabelle.
Si le film se fait.
-Ça se fera pas ?
- Je sais pas, Pépette, je sais pas.
Elles sont si entêtées. Elles peuvent y aller seules.
En attendant, j'ai un super projet pour toi.
Attention, Pépette.
Les mortes de faim attendent. Elles vont se jeter dessus.
- Je veux faire mon film.
- Oui. Ça, j'ai compris.
On fait quoi, si elles arrivent pas Ă le financer ?
- Et tu penses que je pourrais changer de producteur ?
Il tourne les pages.
- Non.
Ton scénario leur appartient pour 10 ans.
Bips
- Faut que je m'en aille. Pardon.
- J'ai beaucoup réfléchi.
Je veux pas vous entraîner dans une catastrophe.
J'ai jamais fait de film.
Vous allez perdre beaucoup d'argent par ma faute.
Si personne ne veut du scénario, c'est qu'il est peut-être pourri.
J'ai réfléchi.
Le sais que les chaînes ont dit non.
Je veux pas vous entraîner dans une catastrophe.
J'ai beaucoup réfléchi...
- C'est qui ? - C'est Sybille.
Pardon. Je peux revenir.
- Mais non, entre.
- J'ai beaucoup réfléchi. - Nous aussi. Assieds-toi.
- Je sais,
les chaînes ont dit non. - Assieds-toi.
- Je veux pas vous entraîner dans une catastrophe.
- Alphonse, une assiette. - Non.
Merci. - Si, si.
- Je sais pas si je peux
faire un film.
Vous allez perdre de l'argent.
Je sais plus ce que je fais.
J'y arriverai pas, je suis perdue. Cette nouvelle histoire
n'est plus la mienne...
Ça va pas ?
Elle s'étouffe.
Ça va... Ça va.
- Du pain.
- T'es folle ? Tu veux la tuer ?
Du sucre, vite !
Alphonse,
du sucre !
Alphonse !
Tiens. - Non, non...
- C'est affreux, ce que tu viens de dire.
Je suis amoureuse de ton histoire et tu la piétines.
Non. Me parle pas de télé, me parle pas d'argent.
C'est parce que t'as pas la foi.
Ceux qui n'ont pas la foi font jamais rien dans la vie.
Elle va nous lâcher, je le savais. - Non, c'est pas ça.
Je vous laisse pas tomber.
- Je suis déçue.
Je suis si déçue. - Vous avez mal compris. Non.
- Tu me promets... Tu nous promets
que tu nous lâcheras pas !
Dis : "Je promets !"
- Je promets.
-"Je promets que je ne vous lâcherai pas."
- Je promets que je vous lâcherai pas.
- Tu vois ? Ça va.
- C'est juste que je veux pas vous mettre dans une situation...
- Mais on le fait, ton film ! Comment je dois le dire ?
C'est pas vrai ! Laisse-nous faire notre boulot !
Je lui montre ? - Vas-y.
- Tada ! - L'affiche.
- Ah oui. C'est pas du tout ce que j'aurais fait, mais...
- On a bossé. - On a le sens de la com.
- Ah ça... - Alphonse, il adore.
- Et lui,
c'est vraiment le spectateur lambda.
N'en parle pas, car un bon concept, ça se fauche.
- Je sais. - Elle a eu une idée géniale.
- On fera un clip qu'on balancera sur le Net
quand le film sortira, et les actrices chanteront.
Ça va faire un tube.
Je vais me reposer.
- Oui, vas-y. T'es toute blanche, ma chérie.
- T'as pas l'intention de tourner comme actrice ?
J'ai entendu des bruits.
- Non. Pas du tout, non.
Non.
- Profitez-en pour travailler, y a du boulot.
Et pour le flingue,
on coupe, on coupe.
- Ouais.
T'as ton scénar avec toi, là ?
- Oui, oui.
- Alors moi,
je pense que tu peux oublier le début, il sert à rien.
On se fait chier. On se fait chier, au début.
Le début, tout ça, ça, ça, ça... On se fait chier, on se fait chier.
VoilĂ , lĂ , on se fait chier, on se fait chier,
on se fait chier, on se fait chier...
On se fait chier.
Très longtemps, on se fait chier,
et puis la fin... je comprends pas. Je comprends rien.
- Il me faut un coscénariste ?
- Mais t'es folle. Fais-toi confiance, fais-nous confiance.
Je peux t'aider, moi.
On coupera le flingue,
y en a trop dans le film de Novello, et demain, allez, au turbin, 9 h.
HĂ©... Elle est marrante, hein ?
- Je vois bien "OĂą sont les femmes",
de Patrick Juvet.
- Ah, mais c'est génial !
Mais t'es géniale ! Brigitte !
Elle est géniale ! Plus besoin du voisin,
on a la chanson du clip.
- Non, mais c'était une blague.
Putain...
C'est Sybille. Je peux parler Ă Jack ?
On joue du piano.
Qu'il me rappelle, c'est urgent. Merci.
...
- Attends, maman. Attends, maman. Écoute.
-Ça va ? Je connais ce morceau. Super.
- J'y arrive en entier.
- Tu sais, il faut
que je travaille. Mais tu joues de mieux en mieux.
- Je te le fais du début.
Il n'est pas très en rythme.
...
- AllĂ´, Jack ? Mais t'es oĂą ?
Je suis dans la merde.
Il frappe.
- Comme c'est les fleurs, on peut rentrer ?
Ça va ? - Oui, très bien, oui.
- Tu leur as dit que t'arrĂŞtais ?
Ben, c'est...
C'est ce que t'avais dit, non ?
Tu vas pas bien.
T'es comme téléguidée, comme si t'étais dans une secte.
- C'est mes gourous, je leur fais tout.
T'es jaloux. Brigitte est une vraie patronne. Elle va jusqu'au bout.
-Ça s'arrange, côté finances ?
- Elle se fout de l'argent.
C'est une passionnée. Elle s'en bat les steaks.
- C'est joli, ça.
- Pourquoi ? Tu préfères "couilles" ? - OK.
Explique-moi
pourquoi elles t'emmènent voir les financiers ?
Ton boulot, c'est d'écrire un scénario.
- Et t'as lu ça dans quel manuel, s'il te plaît ?
T'es le dirlo de la Paramount ?
Ce qui nous fait avancer, c'est l'amour.
On est amoureuses de notre travail.
Peut-ĂŞtre que c'est difficile, mais on est amoureuses.
- Bonne partouze, alors.
-"Je suis téléguidée."
T'as perdu la télécommande.
- On va trouver. On va l'enlever, ce revolver.
- Merci.
Téléphone
- Non, mais on va trouver. On va trouver.
Faut pas baisser les bras. Un couteau.
- Devant 3 types, un couteau ?
- Un coup de cruche ? Non.
La carte des menus... Plastifiée.
Ça peut griffer fort.
Tu t'es déjà coupée avec une feuille de papier.
- Ils sont trois.
- Un coup de tire-bouchon. Ça peut faire hyper mal.
Dans la main, t'imagines ? HĂ©...
La bouteille de vin.
La bouteille de vin. Paf, paf, paf.
- Ouais. Je reviens.
- Une chaise. La chaise.
Du poivre dans les yeux.
(Alphonse !)
(Il faut pas qu'elle aille lĂ .)
- Non, non, non.
Il faut aller au rez-de-chaussée. C'est pour la direction.
- OK, pas de problème.
- Alphonse a des instructions ! Pourquoi tu les as pas transmises ?
- Arrête de dire ça ! Je l'ai fait.
- Tu mens ! - Jamais !
Tu m'as déjà vue mentir ?
VoilĂ . Tu peux rien dire !
Rien. Parce que jamais je ne mens.
- Tu lui as demandé de descendre. Je t'ai vue.
- Non.
Je vous ai demandé quelque chose ?
La vérité. - Qu'y a-t-il ?
- Qui t'a demandé de descendre ?
- Euh...
- Réservé à la direction et à ... ? Et à ... ?
Et Ă Sybille. C'est pourtant clair !
Sybille pisse oĂą elle veut !
- C'est pas un problème.
- Il faut écouter. - Mais, euh...
-"Oui, mais non..."
- Alphonse...
regardez-moi.
Vous saviez que Sybille avait accès à toutes les toilettes,
oui ou non ?
- Bon.
On va bosser. On a du boulot.
- Elle te rejoint.
Retournez travailler !
- Merci, hein ?
- J'aime pas m'énerver. C'est pas dans ma nature.
On va s'aérer un peu. Viens.
Tu veux fumer ? - Non, merci. Ça va.
- Alphonse !
Cendrier !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je vais te payer des vacances. Une semaine.
Il faut prendre des forces. Tu manges ?
T'es pas bien épaisse.
-Ça va.
Merci.
Qu'est-ce que c'est ?
- Un scénario.
C'est un truc que j'ai écrit sur ma famille.
Tu pourrais le faire.
C'est en Roumanie.
Je fais le rĂ´le principal. Enfin...
si tu penses que je peux.
Parce que l'autre,
elle m'a jamais vue actrice ou scénariste.
Elle m'a coupé les ailes.
Je suis devenue productrice.
J'aime bien ça, mais bon. Tu verras.
- Ouais, il faut voir. Je vais le regarder.
Non, non, pourquoi pas ? Je vais le regarder.
- T'as pas Ă avoir de doute.
T'as une bonne étoile.
Tout marche, pour toi.
Ça n'arrête pas, aujourd'hui.
C'est une ruche.
- Quand tournez-vous
le Pietro Novello ?
- On fera le tien.
Dis-moi, t'en as vu combien ?
Ça commence à bien faire. - Tout est dans le casting.
Et je vais en voir d'autres. Je veux avoir le choix.
Ça se passe bien, ta prépa ?
- Oui, oui, oui.
- HĂ©, attendez-moi.
- Tu sais ce que j'aime, chez toi ?
T'es un vrai soldat. On va la gagner, la guerre.
Je vais le faire pour toi, ce film.
Parce que je t'aime. Je suis dingue, tu me rends dingue.
Tu me rends maboule.
Je vais le faire pour ton petit cul, ta bouche.
- Bande de salopes, vous vous croyez oĂą ?
Les souris dansent ! - Ta gueule !
- Dégueulasse !
- Tu me fais chier !
- Comment tu me parles !
- Je te parle comme je veux.
- Voilà ce que j'en fais, de son scénario !
- Sybille, ça va ?
Je te parlais, t'étais plus là .
-Ça va.
- Je serais bien restée, mais j'ai du boulot.
Fume autant que tu veux. Tu peux faire ce que tu veux, ici.
Téléphone
Il est gentil, ton mec, avec toi ?
- C'est un peu tendu, lĂ .
- Il supporte pas que tu bosses plus que lui.
...
Lili, décrochez ce putain de téléphone !
- Bonjour.
Excusez-moi. Je suis l'agent de Sybille.
- Oui. C'est au fond, Ă droite. - Merci.
- Prévenez Sybille que son agent est arrivé.
- Doucement. À gauche. Voilà .
- Sybille, ton agent est arrivé. - J'y vais.
Jack, ça va ? - Oui. Et toi ?
Alors pas trop... ? - Ben non, c'est juste le clip.
- Mais c'est quand mĂŞme un premier jour.
- En tout cas, c'est gentil d'ĂŞtre venu.
Les filles, vous connaissez Jack ?
- C'est qui, ça ?
- Comment ça va ?
- Vous ĂŞtes trop belles.
- Les costumes grattent un peu.
- Costumes !
- On est prĂŞts, mais Brigitte veut faire une annonce.
- Ah bon ?
- S'il vous plaît, mesdames messieurs, "pretty girls" et "pretty boys" !
On arrĂŞte les travaux. J'ai quelque chose Ă vous dire.
- Silence !
- On arrĂŞte les travaux. - Silence !
- On arrête de faire du bruit. On marche très doucement.
Le film de Sybille,
qu'on porte depuis des mois,
ne sera soutenu par personne.
Les raisons des banquiers sont tellement dénuées de sens
qu'il faut prendre comme une chance
d'avoir à se passer de gens incompétents.
- Bravo !
- Mais notre soif de cinéma reste intacte
et nous ne plierons jamais devant un système devenu obsolète.
- Ouais ! Bravo !
- Ce serait abandonner notre bien le plus précieux :
notre indépendance ! - Ouais !
- Notre dissidence !
- Oui ! - Notre insoumission !
Notre insubordination !
C'est ça, notre liberté !
Allez, Sybille,
viens.
Allez, monte.
- Allez, Sybille ! Sybille !
- Bravo, Sybille !
- Nous décidons aujourd'hui
de commencer l'aventure coûte que coûte !
Seules,
mais libres !
Malgré des conditions qui vont être difficiles,
je sais que je peux compter sur vous !
Vive le cinéma !
- Vous allez produire toutes seules ? - T'occupe.
- Brigitte !
T'étais magnifique. - Il faut ça.
- Oui, mais... -Ça sort de là .
- Oh ! T'es belle. Oh lĂ lĂ ! Bravo.
- Je me suis pété complètement la voix.
- On est chez les fous.
Elles vont toutes passer Ă moins 50 %, mĂŞme Sybille.
Elles y vont toutes seules, elles y vont toutes seules.
Vous l'auriez vu sur son camion, l'autre. On aurait dit Napoléon.
- Playback !
Clap ! - OĂą sont les femmes ?
1 sur 1, première.
*"OĂą sont les femmes" (Patrick Juvet )
*Elles portent un blouson noir
*Elles fument le cigare
*Font parfois un enfant
*Par hasard
*Et dès que vient le soir
*Elles courent dans le néant
*Vers des plaisirs provisoires
*OĂą sont les femmes ?
*Qui vivent au bout des télégrammes
*Dites-moi oĂą sont les femmes Les femmes, les femmes
*Les femmes, les femmes OĂą sont les femmes ?
*À la fois si belles et si pâles
*Aux yeux qui traînent et qui flânent
- C'est mieux que les infirmières. Je reviens.
*-Avec leurs gestes pleins de charme
*Dites-moi oĂą sont les femmes Les femmes, les femmes
*Les femmes, les femmes OĂą sont les femmes ?
- Réaliser un film lui fera pas arrêter sa carrière.
Elle est actrice.
Elle va le tourner combien de temps, "Pretty mon cul", lĂ ?
Si c'est 10 jours, on va les trouver.
On va pas manger des cacahuètes toute l'année.
- C'est super. Tu me la notes.
Il y a des petits changements.
Les casquettes au départ, toutes en même temps.
Quand vous ondulez, colle-toi un petit peu.
Allez vous rafraîchir. On recommence tout de suite derrière.
- Elle va tourner comme actrice. Tu avais raison, elle va nous lâcher.
- Sybille...
- Bois du lait chaud avec du miel.
- T'as des projets, on m'a dit.
- Pour l'année prochaine.
Je fais rien jusqu'Ă la sortie du film.
Je serai là du début à la fin.
- Alors tu me l'écris sur un papier : "Aucun film jusqu'en décembre,
"dans 2 ans."
Si on recule la sortie, je suis plantée.
- On garde pas un film 2 ans sur une étagère.
- Je veux le papier demain, rédigé par ton agent.
Parce que je veux pas me faire enculer.
- Sybille, faut vraiment y aller. - Oui, j'arrive.
Jack, il faut que tu fasses une lettre Ă Brigitte.
- Claire, je vous rappelle. Comment ça ?
- Je peux pas tourner pendant 2 ans. -Ça tombe mal.
- Elles veulent pas que je tourne. Elles veulent une lettre demain.
- Depuis quand on interdit Ă une actrice de tourner ?
Il claque la porte.
Tu joues pas pendant 1 an, ça va comme ça.
2 ans sans tourner. Pourquoi pas 10 ? Elles nourriront tes gosses ?
Elles sont mignonnes. - Fais-leur la lettre.
- Tu peux bien tourner après ton film. Je vais leur parler.
- Non...
S'il te plaît.
Fais-leur une lettre. - Je suis pas d'accord.
- Mais tu peux pas... - C'est n'importe quoi.
- Mais elles vont tout arrêter. - Tu te démerdes.
- Tu peux pas me laisser tomber comme ça !
- Allez, on va reprendre.
On y retourne.
Une dernière. - On coupe la lumière.
- Moteur ! Playback ! Clap !
Quelqu'un entre.
Il lui a fait sa lettre. - Qui ça ? Jack ?
- Ouais. Regarde.
-"Le nom de Sybille n'apparaîtra à aucun générique
"autre que "Pretty Girls" durant 2 ans."
N'importe quoi.
- Tu vas pas t'y mettre.
Il manquait plus que ça. On tourne dans un mois.
- On avait encore oublié ses affaires de gym.
Téléphone
...
*-C'est Jack. - Salut. Ça va ?
- Brigitte m'a hurlé pendant une heure dans les oreilles !
- Elle a pas une extinction de voix ? *-Ah non.
- C'est pas une productrice, c'est une malade mentale.
Ou alors elle veut pas faire le film.
- Elle a dit quoi ?
-"Pas son nom au générique veut pas dire qu'elle tourne pas.
"Je veux écrit qu'elle tourne pas pendant 2 ans."
- C'est ce qu'elle t'a demandé.
*-On va pas signer ça. C'est foireux.
- Je vais à mon rendez-vous et je l'appelle après.
*-OK. Tiens-moi au courant.
-Ça va aller, tu verras. Tu rentres tard ?
- Je sais pas. J'ai rendez-vous avec le monteur de Brigitte.
Et après, je passe au bureau pour chercher mon contrat.
- Je te dépose ?
- Oh, ce serait cool !
Ă€ ce soir. Merci.
- Bonne journée.
- T'es beau. Tu devrais faire acteur. - C'est ça, ouais.
Téléphone
...
- AllĂ´ ?
- Tu sais ce que je fais de ton film ? Je le fous aux chiottes !
T'es qu'une actrice, tu vas tourner ! T'es qu'une tarée !
On arrĂŞte avec toi !
C'est fini ! Rideau ! On arrĂŞte le film !
Brigitte était prête à tout perdre ! On a choisi entre toi et la toiture.
On a commandé les ardoises de Morzine !
Et c'est ta faute !
*Aux chiottes, les "Pretty Girls", espèce de tarée ! C'est fini !
On arrĂŞte le film !
C'est fini ! Dégagez !
Cassez-vous, cassez-vous !
Rideau, terminé, "finito" !
C'est fini, on arrĂŞte !
Allez, tu t'en vas ! Y a plus rien Ă voir.
C'est mort. Allez.
- On dégage, hop !
- Y a plus de film.
- Aidez-moi, Alphonse.
Rentrez chez vous.
Hop. Quand je dis qu'on s'en va, on s'en va ! Merde !
- Allez !
- Ramassez les spirales. Ça peut toujours servir.
Pressons.
On n'a pas que ça à foutre.
- Quelqu'un a prévenu Sybille ? - Aucune idée. Tu t'en charges ?
Téléphone
...
- Sybille ! Sybille !
On a rendez-vous ! C'est avec moi.
Je suis le monteur.
- C'est Ă vous dans 2 minutes.
- Patrick Juvet, on va recevoir quelqu'un qui a tous les talents.
Une grande actrice, mais aussi une plume.
Elle publie un livre : "C'est le métier qui rentre".
Voici Sybille Teyssier.
*Thème musical de "Vivement dimanche"
*...
Bonjour, Sybille.
Bonjour, chère Sybille.
- Bonjour.
- Ce livre nous a beaucoup amusés. Intrigués, aussi.
- Et fait pleurer Ă la fin.
- Ah bon ?
-Ça n'a pas été une partie de plaisir.
Parfois, c'est un cauchemar. Tout est vrai ?
- Je suis partie d'une réalité, mais...
c'est un roman.
J'ai inventé des situations,
des personnages,
pour que ce soit drĂ´le.
- Les héroïnes,
Brigitte et Ingrid, existent ?
- Non.
- Vous êtes sûre ?
Si 2 femmes aussi horribles existaient, ça se saurait.
- J'ai cru les reconnaître. - Sybille !
Foutez-moi la paix !
- J'ai l'impression de les avoir croisées.
- Non.
C'est une blague, ce livre.
- Une blague ?
- C'est vrai que c'est parfois amusant.
- Je peux pas rester.
- Pourquoi elle se lève ?
- Vous voulez qu'on continue comme ça ?
(-Continuez.)
(Ignorez-moi.) - On va enchaîner.
- Tu fous quoi ?
- Je suis aux toilettes.
- C'est pas le moment. Elle se barre !
- Mais qui est cette nana ? Qu'est-ce qu'elle a ?
- Restez Ă votre place.
- J'arrive. *-Elle se barre.
- Patrick Juvet.
1977, le premier tube disco français
écrit avec Jean-Michel Jarre. Vous allez chanter ça ?
Patrick Juvet,
"OĂą sont les femmes" ?
Introduction de "OĂą sont les femmes ?"
- Sybille !
...
Lâchez-moi. Mais enfin, je ne vous permets pas.
- Elles portent un blouson noir
- Désolée, je peux pas rester.
- Ton livre est génial !
- Font parfois un enfant
Par hasard
Et dès que vient le soir
Elles courent dans le néant
Vers des plaisirs provisoires
OĂą sont les femmes ?
- Sybille ! - Sybille !
Ton livre est génial !
- On va en faire un film !
- Tu sais que tu peux nous faire confiance !
- Sybille ! - Tu peux compter sur nous ! Sybille !
Sybille !
- Il est génial, ton livre !
Sybille !
"OĂą sont les femmes" (Patrick Juvet )
...
Sous-titrage : Eclair Media
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