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Original subtitles

Bonjour. Oui.

Buonasera.

J'ai une r�servation au nom d'Omar Jonnson.

Omar Jonnson ? Si.

- Veuillez signer ici, je vous prie. - Ouais.

- Auriez-vous un stylo ? - Oui.

Ici.

- Grazie. - Prego.

Pourriez-vous me dire s'il y a une pharmacie pr�s d'ici,

encore ouverte ?

Pour des m�dicaments ?

- Si. - Ils ne devraient pas.

Mais ils le font. Ils n'ont pas le droit d'acheter

plus qu'une certaine quantit� d'articles par personne.

- Vraiment ? - Waouh !

- C'est vrai. - Et pourquoi ?

Je n'en sais rien.

- C'est vrai ? - Oui.

- Mais... - Je pense qu'ils ont peur

du march� noir ou quelque chose comme �a.

Ou est-ce parce que cela compromettrait la franchise de Prada � Tokyo ?

- Peut-�tre. - Eh bien, de toutes fa�ons...

Tu veux dire s'ils ach�tent chez Prada ou...

- Louis Vuitton... - Pas 10 portefeuilles identiques.

D'accord. Et il y a une limite

quant au nombre de Japonais qui peuvent entrer ?

Non.

Non ?

Ils ont peur que trop de Japonais

fassent sombrer le magasin dans la superstructure

- et que les fondations soient dans la boue. - Possible.

Permets-moi de te parler du film. Ce sera...

Qu'est-ce que tu veux dire, "Dogme" ?

Ici, "Dogme" signifie irregardable.

Un d�chet irregardable.

- Tout � fait. - Pourquoi irregardable ?

Parce que c'est une interpr�tation absurde de La Duchesse de Malfi,

dont je leur ai parl�, mais ils n'ont pas voulu m'�couter.

Ils ont...

- Cette fum�e. Je d�teste les cigarettes. - Une olive ?

- Merci. - Avec plaisir.

Ils sentaient tous bon, vous savez ?

Il est temps de passer � la viande.

Ils sentent bon, meilleur que les Fran�ais.

Les Fran�ais, je pense, prennent deux � trois bains par semaine

et changent leurs sous-v�tements cinquante fois par semaine.

- Qui veut commencer ? - � notre invit�.

On ne doit pas laisser notre invit�...

- �a n'a pas trop de cholest�rol ? - Pas du tout.

- Tu en es s�r ? - Non, c'est notre viande sp�ciale.

C'est fantastique.

- C'est espagnol ou italien ? - Un nom !

Notre �levage est mondial, pour ainsi dire.

S'il te pla�t, n'ennuie pas les gens.

- C'est bon ? - Tr�s bon.

- Le nom de votre professeur principal ? - M. Marum. Dieu le b�nisse. Il me manque.

Il est mort ?

Pas avant de m'avoir appris tout ce que je sais.

- Il m'a laiss� presque tous ses habits. - Vous les avez encore ?

- Je porte encore un de ses manteaux. - Buonissimo !

Et ses chapeaux, et tout et tout.

Avant de mourir, il m'a pos� une question,

� laquelle il n'a malheureusement jamais r�pondu.

La question �tait la suivante :

Quelle est la diff�rence entre un canard ?

Quelle est la diff�rence entre un canard ?

Quelle est la diff�rence entre un canard ?

Il m'a dit : "Avant de partir, je veux vous confier une �nigme."

Vous avez une id�e, M. Jonnson ?

Quelle est la diff�rence entre un canard ?

Le pain ?

En fait, je mange tr�s peu d'aliments avec du cholest�rol...

Y a-t-il beaucoup de cholest�rol dans le fromage ?

Vous faites attention � votre sant� ?

J'ai fait une analyse de sang tr�s r�cemment.

Tout allait bien, sauf

ce taux �lev� de cholest�rol. Qui �tait en fait tr�s inqui�tant.

C'est tr�s bon.

- C'est bon ? - Oui.

- Vous l'aimez ? - Oui.

- Ouais, et ? - L'attitude.

- Je n'en suis pas s�r. - Ainsi qu'une belle voix.

Ouais, vous sentez vraiment tr�s bon.

- Merci. - Vous l'a-t-on d�j� dit ?

Non, je ne crois pas.

Vous sentez un truc comme l'Ouest.

- Vous comprenez ? - Nous avons de la chance de vous avoir.

J'ai une sensation de chaleur.

Trinquons peut-�tre d'abord � M. Jonnson.

- � M. Jonnson. - Merci de m'avoir invit�.

- Je suis heureux de vous voir boire. - Oui.

Je veux savoir pourquoi j'ai maigri.

Cet ensemble m'allait � merveille, maintenant, il a l'air de tenir sur un cintre.

On pourrait en rire, vous savez ?

Arr�te, Greta, pour l'amour du Christ.

"Je ferais br�ler leurs corps dans une houill�re en arr�tant la ventilation,

"afin que leurs fum�es maudites n'arrivent pas au paradis,

"ou je ferais bouillir ces b�tards dans un bouillon

"et le donnerais � leur p�re lubrique et lui ferais vomir sa vie impie

"avec ses propres d�chets liquides."

R�p�te.

LA DUCHESSE DE MALFI - John Webster

- Bonjour, service d'�tage. - Bonjour, chambre 104.

- Oui. - Pourrait-on avoir un sandwich,

- un sandwich � la viande... - � la viande ?

...avec de la moutarde sur du pain ? - Oui.

Et une grande bouteille d'eau non gazeuse. D'accord ?

- De l'eau plate ? - Oui.

- Chambre 104. - Merci.

Tr�s bien, avec plaisir. Au revoir.

Greta, tu commences � me faire d�primer.

Pourquoi ne sors-tu pas t'acheter un manteau en vison ?

Tu devrais sortir t'acheter des robes ou...

Demain matin, je prends l'avion et je rentre � Londres.

- Non. - C'est vraiment la merde.

- Il sera l�. - C'est la merde.

C'est la merde totale. Qu'est-ce qu'on va faire ?

Je ne l'ai pas vu depuis 21 h hier soir.

Secoue-toi, Greta.

Tu m'agaces.

- Tu grossis. - Super.

Tu t'es regard�e dans un miroir ?

Le vieux Boris sera l� dans 15 minutes...

- Tu as du ventre. ...et alors il

mettra fin � la production du film.

Tu iras voir ce docteur � notre retour, tu te feras refaire les yeux.

Tu dois le contr�ler. S�rieusement.

Tu ne peux pas le laisser ne pas venir le soir.

J'abandonne.

Eva. Ouais.

Bonjour, ma ch�re. J'ai d� te couper. Si ?

Un autre appel ?

Si. D'accord.

Tu viens donc � Venise

dans deux semaines.

Deux semaines... Dos ?

Est-ce dos ? Dos semaines.

Dos semaines, si. D'accord.

D'accord, ciao, gracias.

- Je peux te parler une seconde ? - Oui.

Excuse-moi. Fais-moi sentir ton haleine.

Fais-moi sentir.

Quoi ? Tu veux sentir ma bite aussi ?

Encore une fois.

- Tu veux que je te roule une pelle ? - Encul�.

Ne me fais pas �a.

Si tu me refais �a, je jure que je me tire.

Ne me parle pas comme �a devant mes acteurs.

Je sais que je suis en retard.

- Je suis en retard parce que... - Tu as 45 minutes de retard !

Je suis en retard parce que je cherchais des ext�rieurs.

- Tu aurais d� venir. - Toute la nuit ?

- Tu as cherch� toute la nuit... - Oui. Tu es producteur, moi r�alisateur.

Tu me soutiens financi�rement, d'accord ?

Merde !

- Votre laitue. - Merci.

Je sais.

B�b�, j'ai parl� avec cette putain d'Espagne toute cette putain de nuit.

- Va te faire enculer. - Ferme-la.

- Va te faire enculer. - On en parlera plus tard.

Je n'ai pas les moyens de divorcer.

Laisse-moi te dire un truc.

Si tu as l'intention de divorcer,

je te fais interner dans un h�pital psychiatrique, je le jure.

Pouvez-vous prendre �a, je vous prie ? Seigneur !

- Buonasera. - Buonasera.

Bienvenue � l'h�tel Hungaria.

Je suis un r�gime prot�in�, je ne peux manger que des prot�ines.

Veuillez dire � vos cuisines

que si je demande quelque chose sans prot�ine, ils ne me l'am�nent pas.

Pas de pain sur mon plateau, rien.

Bien s�r, signorina Boux. Nous avons des viandes d�licieuses.

Bien.

Puis-je me pr�senter ? Je suis le guide de l'h�tel,

je vais faire une visite art et culture

et une visite flore et faune.

- La visite flore et faune est plus courte. - Nous ne viendrons pas.

Pardon, excusez-moi. Je suis d�sol� d'�tre en retard.

�a n'arrivera plus, le probl�me est...

Le probl�me est que Jonathan

- doit me dire l'heure de la r�union. - Oui.

- Si tu peux faire �a la prochaine fois... - Je m'en charge.

Tu peux faire �a ? Bien, merci.

Je pense qu'on a tous eu ou lu les nouveaux brouillons.

Je pense que c'est g�nial.

On a une Duchesse de Malfi tr�s r�ussie entre nos mains.

Je suis s�r que vous avez tous des questions,

alors demandez-moi ce que vous voulez.

Vous devez vous demander pourquoi je n'ai pas de script ?

Je n'en ai pas parce que je n'en ai pas besoin.

Parce que je n'ai plus rien � dire.

Il n'y a plus de dialogue pour moi dans le script.

Nina n'a plus de dialogue dans le script.

Je me demandais

si le fait qu'on soit �trang�res et qu'on ait un accent

influen�ait votre d�cision ?

Vous n'avez plus de dialogue parce qu'� l'origine

le script durait quatre putain d'heures et demie.

�a aurait co�t� des millions

et �a aurait �t� tr�s, tr�s, tr�s... S'il vous pla�t !

Dans mes deux seules sc�nes, je suis nue � chaque fois,

vous savez tr�s bien que personne ne va �couter ce que je dis.

Mes nichons me feront de l'ombre !

Je ne vous ai jamais vue habill�e dans un film. Vous �tes l� pour �a.

Tu as un bel accent et de beaux nichons

et tu es une jolie actrice. Et si tu veux partir, pars !

"Les idiots p�cheront, croiront en leur honneur

"dans un bateau fait d'une substance si l�g�re et si faible

"qu'est la femme,

"habile � le couler � chaque minute."

lsabella.

Je sais.

Je m'appelle Boris. Je suis...

Je suis celui qui finance ce truc.

Gavin, comment vas-tu ? Content de te voir.

- �a va ? - Content que tu sois ici.

F�licitations � tous d'avoir �t� choisis. Tr�s bon �crivain.

C'est un excellent �crivain. Trent. Content de te voir.

Bien.

Nous avons vraisemblablement des probl�mes avec le contingent italien,

� propos du script et de leur absence de dialogues.

Peut-�tre que si vous le lisiez vous trouveriez des dialogues.

O� est-elle ? Elle est partie. Autant lui dire adieu.

D'autres revendications ?

Je voulais dire que je suis tr�s content. Je pense que c'est vraiment g�nial.

J'ai h�te de commencer.

Mais au risque d'�tre un peu critique,

je ne sais pas, Jon, si on n'a pas perdu un peu de po�sie.

Merci, Gavin.

Lorsque tu �tais au t�l�phone avec Los Angeles pendant 5 h 30,

nous avons d�cid� en groupe

d'enlever les pentam�tres iambiques, les hexam�tres et les archa�smes,

afin de cr�er un fast-food type McMalfi,

qui serait digeste

et accessible m�me pour des vedettes en herbe d'Hollywood.

Si certains d'entre vous ont compris le moindre mot,

je suis le pape.

Cependant, merci.

Une chose tr�s importante demain,

est la raison de mon retard aujourd'hui, en plus de l'erreur de Jonathan,

est que j'ai pass� la nuit � parler au d�partement juridique ici...

Bonjour !

Une minute, qui que vous soyez, une putain de minute, je vous prie !

Je suis Charlee Boux et voici AJ,

mon partenaire et producteur

et nous faisons un documentaire sur ce film Dogme.

Je crois que vous �tes tous des acteurs de ce film Dogme.

On est tr�s contents et on va suivre certaines de vos r�gles du Dogme.

Par exemple, ne pas bien �clairer vos acteurs.

Le bon �clairage sera sur moi,

mais je suivrai toutes les r�gles. Il n'y aura pas de meurtres.

Bonjour, je suis le r�alisateur. Je peux dire un putain de mot ?

Excusez-moi. Qu'avez-vous dit ?

On pourrait peut-�tre les laisser discuter de leur projet.

Il est temps d'amener Malfi sur sc�ne

et de d�marrer, putain !

...tant aim� qu'il en retire beaucoup.

Dickens l'appelait le truc des r�ves opiac�s.

Byron a �crit des �l�gies incroyables � la beaut�, la stature

et la grandeur esth�tique de cet endroit.

Il n'y a pas de noms connus

et je n'arrive m�me pas � me souvenir des noms c�l�bres,

je vais donc �tre perdue.

- Quel est le nom du r�alisateur ? - Trent Stoker.

Quel est le pr�nom et quel est le nom de famille ?

Trent. Le pr�nom.

Imaginez, en tant que citoyen v�nitien, trouver les entrailles d�membr�es

de vos amis et voisins pendues � une potence.

- Ne vous approchez jamais de Trent. - D'accord.

Venise, le premier �tat dot� d'une police secr�te, mais �a a march�,

parce que la qualit� de vie ici �tait aussi splendide

que le patriarcat qui la gouvernait.

Te souviens-tu de ce que je t'ai dit hier ?

Je veux entendre ce flamenco pendant tout ce texte.

Je veux l'entendre bourdonner, flotter, se d�placer comme de la putain de lave.

Il y a beaucoup de monde ici. Travaille avec eux et � travers eux.

Utilise ces putains de pigeons.

Il est compl�tement cingl�.

Coronesi, Le Tintoret, Titien, Tiepolo,

Canaletto, Guardi, Sickert, Monet, Turner.

Le titre provisoire est Malfi.

D'apr�s La Duchesse de Malfi, une pi�ce

�crite par un des contemporains de Shakespeare.

- John Webster. - John Webster ?

Pourrons-nous l'interviewer plus tard ?

- Il est par l� ? - Non, malheureusement.

�tes-vous satisfait du script ?

D�sol�, on commence le tournage.

Mort � Venise.

Ouais, je l'ai vu.

Avec feu mon ami, Dirk Bogarde.

C'�tait un vrai acteur, pas une de ces nullit�s actuelles.

Presque tous ont l'air d'avoir besoin d'une bonne douche.

Prenez vos positions. C'est parti, tout le monde !

Il faut commencer ! Il faut y aller !

Bon. C'est bien.

- Allons-y. - Trent, il faut que je te parle.

Une minute ! On tourne un film.

Bonne chance.

Prenez vos positions.

Petit, mais c'est bon.

Flamenco !

C'est parti. D�sol�, pas le temps. C'est parti.

C'est une r�p�tition, non ? Parce que je dois te parler.

Souviens-toi. Tu es seul ici, Antonio.

Et le cardinal a donn� assez de raisons pour �tre jaloux de tout homme.

Il engendre des calomnies et des complots pires que ceux impos�s � Hercule.

Quant � Ferdinand, son fr�re,

- il pi�ge les hommes avec leurs r�ponses. - Je sais.

Deux fr�res menteurs.

Dont la s�ur est tellement adorable.

Salut, Jon. �a va ?

�coute.

- C'est pas beau ? - Si.

C'est ce que nous filmons. C'est ce que nous obtenons

en filmant � Venise.

Bien s�r, Benito �tait tr�s exigeant quant � l'apparence des gens,

lorsqu'il a fond� le festival du film.

Il a �t� inaugur� par Leni Riefenstahl, qui �tait alors

une r�alisatrice populaire.

- Pour regarder... - La r�alisatrice nazie.

Voyons ce qui se passe.

Ma s�ur, ravis de te rencontrer.

- Mes fr�res. - Nous devons parler.

Tu es veuve et sais donc d�j� ce qu'est un homme.

Ne laisse ni la jeunesse ni l'�Ioquence influencer ton noble sang.

Ce sont les plus d�bauch�es qui se marient deux, voire trois fois.

Si trois fois, pourquoi pas � l'infini ?

Les diamants de la plus grande valeur, dit-on,

passent entre les mains de bien des bijoutiers.

Les prostitu�es �taient jalouses de cette r�gle.

Allez-vous m'�couter, mes fr�res ?

J'ai dit que je ne me marierais pas.

M�fie-toi.

Ta cour est sous des cieux naus�abonds.

Il y a ceux dont les visages trompent le c�ur

et dont le miellat est mortel.

Cela empoisonnera ta r�putation.

- Voici un tr�s bon conseil. - Bien s�r, tu es ma s�ur.

La nuit de noces est une entr�e en prison.

Pense � la fin avant de commencer.

J'ai le poignard de mon p�re. Je ne voudrais pas qu'il rouille

car il aurait voulu qu'il brille toujours pour une cause juste.

Souviens-toi, avant de jouer � la veuve vigoureuse,

de t'�battre et de te montrer

� de fastueuses festivit�s en ville, souviens-toi de te bien conduire.

� la base, les femmes aiment tant ce qui, chez l'homme,

- comme chez l'anguille, n'a pas d'os. - Oui, en effet.

- Elles l'aiment trop. - Honni soit qui mal y pense !

Je parlais de la langue.

Coupez. On la refait.

D�sol�. Il avait un pigeon sur la t�te.

Sers-toi du putain de pigeon. S'il en a un sur la t�te, sers-t'en !

- Ouais, je m'en suis servi ! - C'est parti. Trois, deux, un, action.

Car � la base,

les femmes aiment tant ce qui, chez l'homme... D�sol�.

Arr�te de rire, putain.

Si un pigeon te chie dans la bouche, tu continues. D'accord ?

- Je ne riais pas. - J'ai pas le temps, Gavin.

Trois, deux, un, action.

Car � la base, les femmes aiment tant ce qui, chez l'homme,

- comme chez l'anguille, n'a pas d'os. - Oui.

- Tr�s bien. - Baisse-toi, suce-le.

- Elles l'aiment trop. - Honni soit qui mal y pense !

- Non, je veux dire la langue. - Oui, en effet, la langue.

Des fa�ons tr�s subtiles et vari�es de faire la cour,

que... Pourquoi est-ce qu'une friponne...

Allons prendre notre pique-nique et �vitons cette d�monstration particuli�re

et peu int�ressante de th��tre de rue.

La duchesse de Malfi �tait une tra�n�e !

All� ?

C'est Sophie ?

Je m'appelle Magic. J'aimerais vous voir � l'h�tel Hungaria � 19 h.

Ouais ? Que cherchez-vous ?

D'accord.

Portez une robe rouge. Oui, c'est �a.

Au revoir.

Souhaite-moi bonne chance car je vais p�n�trer une jungle o� aucun chemin,

aucun conseil d'ami ne me guidera.

Nina, pause.

- Je ne me rappelle pas mon texte. - Le texte. Tu l'emmerdes.

On perd notre sc�ne. D�sol�.

Tu peux pas bosser parce que tu sais pas ton texte ?

Non, � cause des gens, des pigeons, tout. C'est impossible.

�coute, on est en plein Venise, non ?

C'est c�l�bre pour les gens et les putains de pigeons.

Non ? Tu veux faire �a dans le putain de Sahara ?

- Je t'ai trouv�e super. - Non.

On peut la refaire ?

Ouais ?

Quoi ?

Je m'en tape.

Souhaite-moi bonne chance,

car je vais p�n�trer une jungle o� aucun chemin,

aucun conseil d'ami ne me guidera.

Je cacherai ce secret au monde avec autant de m�fiance que les vendeurs de poison.

- Tu es un idiot, Jonathan. - �a martelait dans tous les coins.

Pas grave pour un film Dogme.

Ils peuvent creuser au centre de la place...

En 1490, il y avait beaucoup de mart�lement. On y va.

On fait aussi un plan de la grue.

Que s'est-il pass� � San Bernardino ?

C'est parce qu'ils sont m�prisables.

Appelle-les et dis-leur que je dois le savoir maintenant.

Tu me dis si quelqu'un d'autre veut mettre jusqu'� 1,1 million de dollars

dans la putain de duchesse de Malfi.

Je veux entendre ce flamenco.

D'accord, et alors ?

J'ai une petite question, peut-�tre quelque chose � annoncer.

Est-il possible que, d'apr�s toi,

Jonathan, �coute, je te prie,

qu'on fasse toutes mes sc�nes aujourd'hui ?

Est-il possible de programmer �a ?

Impossible.

J'essaie de tourner ce putain de film dans l'ordre.

Alors, c'est ridicule.

Tu te souviens que tu as dit que si jamais j'avais

un r�le bien pay�,

�a serait d'accord, tu comprendrais ?

J'ai eu le boulot avec Ridley Scott.

Johnny a une sorte d'infection urinaire

et ils m'ont appel� ce matin.

Je peux le faire toute la journ�e aujourd'hui ou je peux...

On essaie de se rapprocher,

je vais allumer le micro pour voir si on entend.

Bien. On continue.

D�sol�, Gavin, pas le temps.

Viens, ici. Tu g�nes une sc�ne.

Que s'est-il pass�, Gavin ?

C'est la programmation. J'adore ces gars. On est des amis proches.

Il y a un conflit de programmation avec un autre boulot

dont je leur avais parl�.

Pour m�moire, Gavin McKay

est un putain de salaud de l�cheur inutile.

Bosola, mon fr�re, il semble que le cardinal ne puisse te souffrir.

� cause de mes cr�ances.

Il te soup�onne peut-�tre � cause des traits obliques de ton visage.

Il �tudie la physionomie en plus du meurtre ?

Il n'y a pas plus � lire sur un visage que dans les urines d'un homme malade.

Pourtant, bien des m�decins font fortune gr�ce � �a.

Il y a de l'or.

Alors, qu'est-ce qui va se passer ?

Il n'y a jamais eu d'averses plus divines que �a,

sans un coup de tonnerre ou deux juste apr�s.

Quelle gorge dois-je trancher et pourquoi ?

- Ne demande pas la raison de ma requ�te. - Non ?

- Alors je demeurerai ton d�mon familier. - Qu'est-ce que c'est ?

Allons,

c'est un diable malin invisible. Un espion.

Un compagnon qui s'efforce de tout voir,

voil� ce que je veux que tu deviennes.

Tr�s bien.

Je serai ta cr�ature.

Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

Je ne veux pas que tu le lui dises.

Laisse-les se reposer... �coute.

Je suis fatigu�.

S'ils se reposent, ils seront fatigu�s.

Je veux faire la sc�ne directement.

S'il vous pla�t, ne me refaites jamais �a !

Faites-vous ce film par n�cessit� ou par choix ?

Le faites-vous parce que vous avez laiss� passer votre chance ?

Qui c'est ?

C'est mon visage, pas le v�tre.

Je veux tous les acteurs, absolument tous !

Je veux que vous r�p�tiez maintenant

la sc�ne de baise pour demain !

Est-ce que �a vous pla�t ?

�a vous fait quoi de la diriger

dans un film, une sc�ne, de baise

avec un acteur plus beau que vous ?

Laissez-moi tranquille !

Laissez-moi tranquille !

- Et toi, laisse-moi tranquille ! - D'accord.

Je veux r�p�ter cette putain de sc�ne seul avec mes acteurs !

D�gagez de l�, tous les deux !

D'accord, tr�s bien. Viens l�. Calme-toi.

Je t'en prie, juste...

�coute-moi.

Les choses que je t'ai dites sont parmi les pires

qu'un homme puisse dire � une femme.

As-tu entendu ce que j'ai dit ?

Boris ?

Laisse-moi tranquille. S'il te pla�t ?

B�b�, ne me fais pas �a.

S'il te pla�t, ne me fais pas �a.

Quand je te crie apr�s...

Merde !

Je t'aime.

All� ?

Oui.

Putain, mais de quoi tu parles ?

Je veux te parler...

- Va te raser les jambes. ...pour le moral. Ce serait bien...

J'avais jur� de ne jamais m'en s�parer, sauf pour mon second mari.

- Vous vous en �tes s�par� maintenant. - Pour aider votre vue.

- Vous m'avez rendu aveugle. - �a vous va ?

L'ambition, madame, est la folie des grands hommes.

Je ne serais pas assez stupide pour ne pas suivre vos inclinaisons, mais...

Je suis juste... Je vais essayer autrement.

Bien s�r, tu dois essayer toutes les fa�ons possibles

et j'aime la version Merchant-lvory que tu fais en ce moment.

L'odeur douce et �cre d'un pr� de roses,

du th� Earl Grey et

d'une selle mouill�e sur le dos d'un cheval.

Ce genre de trucs. C'est de la merde.

�coute, tu es � un arr�t de bus � Marseille.

Il pleut des cordes, tu es gel�.

T'es fauch�, t'as mal � la bite.

Je veux la sentir. Je veux sentir la chatte.

Je veux que tu baises contre le mur avec des �clats de verre dans ton cul.

Que tu fasses des clins d'�il aux putes.

Je veux des sir�nes en fond sonore.

Je veux que tu la baises comme un criminel.

Fais-le. Putain,

fais-le. S'il te pla�t.

Que pensez-vous du mariage ?

J'ai entendu que �a pouvait �tre l'enfer ou le paradis.

Il n'y a pas de troisi�me voie.

Qu'est-ce que tout ceci ? Un de vos yeux est inject� de sang.

Tenez, utilisez ma bague.

On dit que c'est un rem�de souverain.

C'�tait mon alliance et j'ai jur� de ne jamais m'en s�parer,

sauf pour mon second mari.

Vous venez de vous en s�parer.

Oui, pour aider votre vue.

- Vous m'avez rendu aveugle. - �a vous va ?

J'aime t'entendre chanter.

Tu vas me rendre le plus grand service de ta vie.

Je sais que tu ne veux pas � cause de ce que j'ai fait avant.

Mais je dois aller � une r�union

et je ne vais pas pouvoir rencontrer ce gars

qui va investir deux putain de millions de dollars dans mon prochain film.

Peux-tu me rendre un service, ma ch�rie ? Peux-tu le rencontrer

et rester avec lui jusqu'� ce que j'arrive ? Je viendrai.

Tu sais, ma douce.

Tu sais quoi ? Cette robe que tu as achet�e ?

Putain qu'elle te va bien.

Celle-l�, mon b�b�.

Tu es tr�s sexy dans cette robe.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je pense que Trent a besoin de temps pour r�fl�chir.

Laissons-le cinq minutes, on s'�clipse et on va boire un caf�.

- Faites une pause. - Putain, qu'est-ce qu'il fait ?

Il se repose quelques minutes.

M. Hawk ?

Ouais. Steve Hawk.

Signor Boris est en retard.

Vingt minutes.

Il a demand� que vous rencontriez sa femme au bar.

Elle porte une robe rouge, une belle robe rouge.

- Steve. - Sophie.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je pense que ce serait bien.

R�fl�chis-y.

Je me demandais si je devais porter les bas r�silles

ou les bas rouges,

pour qu'il y ait une jolie vue lorsqu'il l�ve ma jupe.

J'avais un si�ge c�t� hublot.

Boris m'a dit de prendre un si�ge c�t� hublot.

Je comprends pourquoi. C'�tait incroyable.

En avion, on ne peut pas voir o� on atterrit.

- Vous avez une chambre ? - Oui.

Attends. Ne fais pas �a.

Viens.

Je voulais juste te remercier. Tu sais ?

Je passe un si bon moment.

C'est dur pour moi de me faire des amis.

Je suis d�sol�e.

Je suis tr�s heureuse d'�tre ici

et je te remercie pour cette opportunit�.

M�me si mon r�le n'est pas tr�s important,

je sens que j'ai beaucoup � donner

et tu m'as donn� une opportunit�...

Salut minable.

Tu ne peux pas me mentir.

Je sais que tu ne sais pas ce que tu fais.

Je le sais.

Tu sais, tu as une attitude pr�tentieuse.

Deus belli.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je pense que ce soir on devrait faire l'amour.

Putain, qu'est-ce que c'est ?

- D'o� �a vient ? - Il saigne.

- Seigneur ! - Quoi ?

Allez chercher Jonathan.

- Jonathan. O� est Jonathan ? - Jonathan !

Que s'est-il pass� ?

Deux semaines plus tard

Qui d�cide ici ?

Moi.

O� est Trent ?

Aidez-moi � le d�couvrir.

Le cas de votre ami

est presque unique, je dois dire.

Mademoiselle, pourriez-vous m'aider avec cette petite d�monstration ? Merci.

Commen�ons avec le fait

que nous avons une blessure au point d'entr�e de la balle,

ici exactement.

Mais pas de point de sortie, nulle part.

Pas de point de sortie, pas de balle � l'int�rieur.

Non. On peut juste supposer

que la balle est entr�e ici

et a ricoch� sur la colonne,

puis est ressortie au m�me endroit.

Grazie.

En cons�quence de ce trauma, il est dans un �tat que nous appelons

coma vigil.

Mutisme akin�tique.

Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que �a veut dire, docteur ?

Comme vous diriez en Am�rique :

"Il y a de la lumi�re,

"mais personne n'est � la maison."

Ses yeux bougent.

Les yeux sont le miroir de l'�me.

Ce jeune artiste

qui nous a quitt� si jeune

avait un contrat avec mon petit groupe,

mon merveilleux petit groupe si talentueux.

Vous direz : "Quel est le rapport avec le grand ordre de l'univers ?"

Je vais vous le dire.

Mon cher ami, Orson Welles, s'il �tait mort

juste apr�s Citizen Kane,

serait devenu un g�ant encore plus grand que ce qu'il est aujourd'hui.

Parce que la mort fait de nous des martyrs,

des ic�nes.

Vous l'aimiez beaucoup, n'est-ce pas ?

Oui...

Quelles obligations,

obligations sacr�es qu'il nous a laiss�es, doivent �tre honor�es ?

Son contrat avec mon petit groupe doit �tre honor�.

La question est : qui parmi vous

va r�aliser ce film ?

Que pensez-vous du mariage ?

Moi ? J'ai entendu que �a pouvait �tre l'enfer ou le paradis.

Il n'y a pas de troisi�me voie.

Qu'est-ce que tout ceci ?

Une trace de fouet.

Soignez-la avec ma bague.

On dit que c'est un rem�de souverain.

C'�tait mon alliance

et j'avais jur� de ne m'en s�parer qu'avec mon second mari.

Vous vous en �tes s�par� maintenant.

Oui. Pour gu�rir votre blessure.

�a vous va ?

L'ambition, madame, est la folie des grands hommes.

Je ne suis pas assez stupide pour ne pas suivre vos inclinaisons.

Combien de fois ai-je vu des enfants manger des confiseries

comme effray�s de les finir trop vite ?

Mais celui qui plonge ses mains glac�es dans le feu pour les r�chauffer est un fou.

L�. La terre est bris�e.

D�couvrez maintenant

de quelle riche mine, plus pr�cieuse que l'or,

je vous fais propri�taire.

- Peut-�tre aussi mon manque de m�rite. - Vous tremblez.

Transformez votre c�ur en chair morte qui me craint plus qu'elle ne m'aime.

Ceci est de la chair et du sang,

pas la figure d'alb�tre

agenouill�e sur la tombe de mon mari.

Et vos fr�res ?

N'y pensez pas.

Toute la discorde...

Poussez.

Oh, mon Dieu !

Coupez.

Putain, c'�tait bon.

Un peu �trange.

Bonjour. Ici Charlee Boux

et vous regardez...

Bonjour.

�coutez, Jonathan, je fais �a pour vous rendre service.

- Pas � moi, � Boris. - Pas � Boris, � vous.

Ce putain de film est un navet. Il n'y a pas de stars.

Tout le monde me traite mal.

Je suis dans un h�tel de merde parce qu'il n'y a pas d'argent.

Tu me dois beaucoup.

Bonjour.

- Jonathan Danderfine. - Ouais, Jonathan Danderfine.

On a v�cu une trag�die terrible ici.

Comme vous le savez, il est mon meilleur ami depuis 14 ans

et nous avons v�cu ensemble une histoire longue et merveilleuse...

Pensez-vous, maintenant que le r�alisateur

et votre unique vedette sont partis,

pensez-vous que ce film sortira un jour ?

Vous savez quoi ? AJ, vous devez vraiment la contr�ler.

Je ne veux pas de �a.

Bonjour.

Je ne veux pas parler de Trent. Je r�alise le film.

Ce qui importe c'est qu'il est dans le coma � l'h�pital.

J'avais sept ans quand mon p�re est mort.

Je veux dire quand mon p�re nous a quitt�s.

Toutes les photos de lui ont disparu de la maison,

mais je me souviens bien de lui.

Il y avait trois enfants

et ma m�re a d� travailler dur pour nous �lever.

Je suis l'a�n�e. Et j'�tais la pr�f�r�e de mon p�re.

Il m'aimait plus que les autres.

Manifestement, il n'aimait pas ma m�re.

C'est moi qui l'ai trouv�e lorsqu'elle a eu son attaque.

J'avais 18 ans et elle �tait couch�e sur le sol de la cuisine.

Il �tait minuit.

J'�tais cens�e rentrer avant 23 h

mais j'�tais sortie avec des amis,

on f�tait la fin de nos examens.

J'�tais la meilleure de ma promotion,

s�re d'avoir ma place � l'universit�.

Le g�rant de l'h�tel o� ma m�re travaillait

a accept� que je prenne sa place en tant que femme de chambre.

Mais avec un salaire plus bas en raison de ma jeunesse et de mon inexp�rience.

J'aime l'h�tel.

�a me va bien.

Le travail n'est pas difficile et j'ai tout le temps de penser.

Il y a une femme de chambre,

disons qu'elle s'appelle Marie.

Elle est grosse et laide, mais elle a de gros seins.

Et elle accepte de jouer un r�le, �a excite certains hommes.

Elle rougit et je pense que �a excite aussi les hommes.

Elle ne repr�sente aucun danger pour les hommes qui la prenne

et ils la regardent partir,

avec un sentiment de philanthropie

de lui avoir rendu service.

J'ai perfectionn� l'art d'�tre une femme invisible.

Je peux entrer dans une pi�ce pleine d'hommes

sans susciter le moindre int�r�t.

Je ne d�place aucune mol�cule.

Je ne laisse aucune trace derri�re moi.

D�sol�e.

Tout va bien ?

O� l'amenez-vous ?

Que faites-vous ?

Laissez-moi !

Tout va bien ? J'entends des cris.

Oui, tout va bien.

�a va.

J'ai vu une femme tra�n�e dans le couloir et je pensais...

Tout va bien, M. Hawk.

Voil�.

Meurs, vertu. O� te caches-tu, vertu ?

Quelle chose horrible t'�clipse, vertu ?

Prie, �coute-moi.

Parle.

Toute ma vie,

je t'ai �cout� avec mon �me.

M'�coutes-tu � ton tour ?

Je suis mari�e,

heureuse, mais pas � ton go�t.

H�las, tes cisailles vont maintenant me briser les ailes pr�matur�ment.

Que dois-je dire � ton coureur de jupons ?

T'es-tu bien r�gal� avec ma s�ur ?

Que le soleil ne brille plus pour lui jusqu'� sa mort.

Pourquoi ne pas m'enfermer comme une sainte relique ? Je suis jeune.

- Tu es d�truite. - Et assez belle.

Tu as pris le linceul de plomb

cachant les os de ton ancien mari et l'as mis autour de mon c�ur.

- Mon c�ur saigne � cause de �a. - Ton c�ur ?

Sais-tu ce que signifie la r�putation ?

Tu as serr� la main de la r�putation

et tu l'as fait dispara�tre.

Adieu.

Je ne te reverrai plus.

Qu'est-ce ?

Antonio ?

Mon c�ur est de plomb

au son du danger qui nous guette.

Mon seigneur, mon amour, je te touche.

Prends les enfants. Je te rejoindrai bient�t.

Laisse-moi te regarder un peu plus.

Va !

Son baiser est plus froid que le cr�ne d'un mort.

Coupez. C'�tait la bonne.

Tu l'as senti ? C'�tait...

�a m'a donn� des frissons, Naomi. Oui, laisse-toi aller.

Tu es la duchesse, laisse-toi aller. Elle souffrait.

Putain. Qu'est-ce que tu fais ici ?

Naomi ne m'a pas donn� la r�plique, alors...

Tu ne lui as pas donn� la r�plique ? C'�tait quoi ta r�plique ?

- "Va chercher les enfants." - J'ai dit : "Prends les enfants." D�sol�e.

D�sol�e. J'ai juste...

J'y arriverai la prochaine fois.

Si elle ne te donne pas la r�plique, tu pars.

Improvise. D'accord ? Je veux dire, elle vit la sc�ne, Nina.

- C'est ma faute. - Ne commence pas � pleurer toi aussi.

Pars ! Vis la sc�ne. R�fl�chis. Utilise ta t�te.

Va-t'en. Entra�ne-toi. Entra�ne-toi � courir.

Ne t'inqui�te pas pour elle. Ce n'�tait pas de ta faute. Elle doit...

- Encore. Tu veux le refaire ? - Oui, encore une fois.

D'accord. On la refait, tout le monde !

Du d�but.

Je sais ce que tu as fait, Johnny.

- Qui est cet homme ? - Je vais boire un verre.

Est-ce mon assassin, Jonathan ?

Jonathan, regarde-moi.

Je sais. Je vois.

Ennemi.

Putain, j'entends tout.

Va te faire enculer.

Tu n'as pas les couilles de te battre avec moi.

Je sais.

Je sais ce que tu as fait.

C'�tait merveilleux.

Il faut que je t'embrasse, Johnny. Il le faut.

Viens ici.

Je dois y aller.

Je reviendrai.

L�ve-toi.

Parfois, j'avais besoin de me lever, mais une fois, je suis all� au lit.

Ma m�re �tait en col�re et elle a dit: "Eh bien, �a y est."

Charlee

Que vais-je faire ?

Au fond de mon c�ur, je pense

que je suis en train de tomber amoureux de toi

Charlee Boux.

Oh, Charlee

Boux.

Regarde-moi te regarder

Peut-�tre ce soir pouvons nous le faire

Je ne crois pas.

Tu as un putain de cul de r�ve

et une superbe paire d'ananas

J'aimerais que tu suces ma grosse

- Buonasera. - Buonasera.

O� est votre bar ?

Le bar est par ici, mademoiselle.

- Grazie. - Prego.

Chante, Charlee. Fais-moi une petite improvisation.

Superbe.

Tu ne te contentes pas d'�tre belle.

Plus haut, ma ch�re.

Ouais, b�b�.

...fais ce que tu veux.

Tu plaisantes ? Non, Boris, excuse-moi.

R�p�te. Allez !

Kawika ?

Oh, mon Dieu !

- Que fais-tu en Italie ? - Incroyable !

- Kawika est l�. - Mon Dieu !

Incroyable, putain que tu es belle.

�a fait un an que je t'ai pas vu. Depuis Saratoga Springs !

Voici les acteurs. Tout le monde, voici Kawika.

- Comment vous appelez-vous ? - Kawika.

- Je vous ai interview�e l'an dernier. - Exact. Comment allez-vous ?

John Shirley, voici Kawika.

Salut, John, �a va ? Ravie de te voir.

Colin Nutter, l'administrateur de ce qu'il reste � M. Walker...

Charlee ?

- Hello ! - Hello !

Ravie de te voir.

- Tu es superbe. - Merci.

- Puis-je te servir un verre ? - Un...

- Vodka tonic ? - Deux citrons verts.

Pardon, Kawika. C'est vieux de trois ans �a, non ?

La collection de Versace d'il y a trois ans. Je connais mes couturiers.

- Tu as mis des implants ? - Non, ils sont naturels. Tu veux toucher ?

- Mon Dieu ! - Ce sont des vrais.

Elle est fantastique. Tu es toujours lesbienne ?

Et elle crie. Tu sais quoi ?

- Suis-je lesbienne ? - Mon Dieu, elle est so�le.

Salut, AJ, ravie de te voir !

- Boris, mon Dieu ! - Sympa de te revoir. Comment �a va ?

- L�che-lui le cul, Boris. - C'est sympa.

- Bonjour, au revoir. - Bonjour, au revoir, encul� !

On n'est pas du m�me monde ! Je le sais maintenant.

- Tu y arriveras, ma ch�rie. - Je l'ai dit en premier.

Trouve de nouvelles r�pliques.

Ravie de te rencontrer.

Que fais-tu ici ?

- Ton �mission n'est pas sur le c�ble. - Salut.

Quelle salope !

- � bient�t, salope. - � bient�t.

Ne me touche pas, Boris. Tu fais peur.

- Putain, calme-toi, d'accord ? - Ne me touche pas, bordel.

C'est dommage que tu sois si agressive,

parce que tu as l'air si acerbe et tu n'en as pas besoin.

Va boire un verre avec Jonathan. Il va te donner du bon temps.

- Pousse pas ou je vais te frapper. - Je vais botter ton putain de cul.

Arr�tez ! Ne vous battez pas, putain !

Voil� � quoi ressembleront tes yeux d'�trang�re,

compl�tement bleus !

D'accord, p�tasse ?

- Qu'est-ce que tu regardes ? - Sale raciste ! Tu n'as pas le droit...

Pour l'amour de Dieu, vous allez m'aider ou quoi ?

- Salope ! - Seigneur !

Calme-toi. Quel est ton putain de probl�me ?

- Elle a �t� m�chante avec moi. - Seigneur !

Allons jouer du piano.

Chantons ma chanson.

Je ne sais pas, mais elle va s'en prendre � moi.

Elle est ici, myst�rieusement.

Je ne sais m�me pas quoi penser ou comment m'en sortir.

Cette p�tasse peut me faire un truc horrible,

prendre mon boulot, mon mec ou autre.

La nourriture est horrible, je suis d�prim�e, les chambres sont horribles,

je d�teste �tre ici et c'est humide et froid.

Oh� ?

Y a quelqu'un ?

�a va ?

Oh� ?

Ici Charlee Boux et vous regardez... Salut ?

�coute, je vais te dire franchement ce que je pense de ce que j'ai vu de ce

soi-disant documentaire. C'est de la merde.

Je pense que je vais baiser avec lui.

Je pense qu'il veut coucher avec moi.

Il a sugg�r� un truc,

assez cru,

qu'on pourrait faire ensemble, devant la cam�ra,

Jerry et moi. Et...

il y avait...

un truc, en moi, qui m'a fait penser

que �a t'aurait excit�.

Ma s�ur,

viens.

Viens avec moi.

J'ai quelque chose � te montrer. Viens.

Attends ici.

Je te maudis !

Je maudis les �toiles du paradis !

Tu maudis les �toiles ?

Elles brillent toujours au firmament.

Ma vengeance br�le toujours

et encore et ne se rel�chera que lorsqu'elle sera enti�rement consum�e.

Ma t�che est presque termin�e.

�coutez,

tout est calme.

La chouette effraie et le siffleur aigu

appellent ma dame � haute voix

pour qu'elle mette vite son linceul fun�bre.

H�las !

Qu'allez-vous faire � ma ma�tresse ?

Je suis venu faire sa tombe.

- J'appellerai au secours. - Paix. �a ne m'effraie pas.

Non ! Laissez-moi, je vous en prie.

Laissez-moi.

Ma gente dame.

Non. Je ne mourrai pas.

Je ne dois pas mourir.

- Je porte un enfant. - Elle porte un enfant.

Je suis enceinte.

Ainsi, ta r�putation est sauve.

Je suis enceinte.

Je suis toujours la duchesse de Malfi.

"Je suis toujours la duchesse de Malfi."

Est-ce cela qui vous emp�che de dormir la nuit, duchesse ?

Vous �tes tr�s banal.

Oui, mon commerce est de flatter les morts et non les vivants.

- Je suis un faiseur de tombes. - Et vous avez fait la mienne ?

Oui.

Et ce cadeau princier, que j'apporte de la part de vos fr�res,

doit �tre re�u avec le plus grand d�sir,

car il vous apporte votre dernier privil�ge,

votre dernier chagrin.

Mon sang porte toujours l'ob�dience,

si c'est le seul moyen de les rendre bons,

alors tuez-moi.

N'avez-vous point peur de la mort ?

N'avez-vous point peur de la corde ?

- Voici votre bourreau ! - Je lui pardonne.

L'apoplexie, le catarrhe ou une toux des poumons en feraient autant.

Il est bon de vous voir si bien pr�par�e.

- Pas un brin de v�rit�. - �trangle-la.

�a me donnerait tant de plaisir que ma gorge soit coup�e avec des diamants,

d'�tre recouverte du plus fin des parfums,

ou d'�tre fusill�e avec des perles.

Je sais que la mort a 10 000 portes

et qu'on peut les ouvrir de bien des fa�ons.

�trangle-la !

Dites � mes fr�res que je per�ois la mort et que je suis bien �veill�e.

Ils diront pour rire que la langue d'une femme meurt en dernier,

ainsi je me tairai vite.

- Viens drogue douce de la mort... - Finis !

... aide-moi � dormir.

�trangle-la !

� partir de maintenant,

seules de mauvaises actions.

Lorsque le vieil homme sortait,

je savais que tout danger avait disparu.

En partant, il avait clairement voulu que quelque chose se passe

entre le jeune homme et moi.

Il me regardait �trangement, �tait inquiet pour moi.

Pourquoi est-ce que �a l'int�resserait ?

Pourquoi est-ce que mon corps l'int�resserait ?

Pourquoi un corps humain int�resserait quiconque ?

J'ai entendu ma voix.

Elle �tait s�v�re.

Mais maintenant, j'avais enlev� mon chemisier et ma jupe.

Je tenais un sein dans une main

et utilisais les autres doigts pour pincer et �tirer le mamelon,

puis commen�ai soudain � �tre l�g�rement g�n�e par ce que tu faisais.

Parce que je ne savais plus comment me pr�parer � aller o� je voulais,

� quelle partie de... Je voulais le voir nu maintenant,

avant d'�tre nue.

Je savais qu'il voulait m'�treindre,

me faire l'amour de fa�on conventionnelle.

Et il voulait de l'amour et de la tendresse

et que je sois aussi une pute.

Je ne voulais pas �a,

j'ai donc mis ma main sur son visage et ai ferm� ses yeux,

comme s'il venait de mourir.

La couleur, la texture, la chaleur s'en d�gageant, si pr�s de mon visage.

Je l'ai pris dans ma main et j'ai �t� �tonn�e du sentiment de pouvoir que �a m'a donn�.

J'�tais curieuse de savoir quel go�t �a aurait, soudain,

j'ai approch� mon visage de plus en plus pr�s

et avec ma langue, j'ai touch� le bout de son sexe.

La peau �tait douce

et je l'ai pris dans ma bouche.

Je suis rest�e immobile, le sentant grandir encore plus.

L'odeur des savons d'h�tel que je connaissais si bien,

en ayant vol� tant pour ma m�re et moi-m�me...

L'odeur de son sexe n'�tait pas si pure.

C'�tait une odeur sombre, un peu d�go�tante,

mais pas repoussante.

La pi�ce �tait froide et je savais que mes mamelons �taient durs et pointaient.

Je me suis �Ioign�e de lui jusqu'� ce que je sente le cuir froid d'un fauteuil

sur ma cuisse

et il est all� o� je voulais qu'il aille,

sur n'importe quelle partie de mon corps.

J'ai mis ma jambe droite sur le c�t� de l'accoudoir

puis j'ai fait pareil avec l'autre jambe,

maintenant, j'�tais ouverte � lui.

Il a lev� sa t�te et m'a regard�e,

a regard� mon visage

et ses yeux se sont pos�s l� o� je me touchais,

je me suis ouverte

et je suis rest�e immobile, m'explorant et me violant avec mes doigts

comme il m'aurait viol�e.

Puis je lui ai tourn� le dos,

jusqu'� ce que je sente le cuir froid d'un fauteuil sur le dos de ma cuisse.

Je l'ai regard� tout le temps o� il m'a regard�e.

H�, Barry.

Je suis cens� t'�pouser.

Je crois pas que ce soit opportun.

Et toi ?

Que se passe-t-il, bon Monsieur ?

Le concours est par l�-bas.

Tr�s dramatique.

Peut-�tre devrions-nous le filmer ?

Filme-le.

Il y a une esp�ce d'idiot. Je te rappellerai.

Trent, vous avez dit plus t�t

que vous pouviez flotter d'une pi�ce � l'autre, que vous pouviez voir

et que vous �tiez conscient de tout ce qui se passait...

Comme les �v�nements de l'h�tel, y compris votre propre chambre.

Est-ce exact ?

La nuit derni�re, � 19 h 30,

vous �tes all�e dans votre chambre

et vous avez lu

l'acte deux

de La Duchesse de Malfi.

Puis vous avez re�u un appel

de votre amie Sue,

qui vit � Toronto.

Elle vous a dit

qu'elle pensait quitter son petit ami.

Vous lui avez dit

de laisser tomber John.

Vous avez termin� votre conversation avec elle,

puis vous avez commenc� � pleurer.

Vous avez un

tatouage de Donald Duck

sur le cul.

Est-ce un truc qui...

- C'est un vieux... - C'est une ruse.

Une ruse. Ouais, c'est ce que je pensais.

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