Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
-Merci.
-C'est bon ?
Alors... Nom, prénom, profession, situation de famille.
-Renard Patrick.
-Profession ?
-Responsable commercial chez Family Room.
Family Room, les cuisines intégrées.
Un super job.
Mais c'est fini.
-Vous avez perdu votre job ?
-Oui, complètement perdu.
-Ah, désolé. Situation de famille ?
-Marié, 2 enfants.
Une femme adorable, une famille de rêve.
Mais ça aussi, c'est fini.
On se croit fort. Mais rien ne peut résister à ça.
-Votre licenciement ?
-Non. Le boulot, c'est juste une conséquence.
Comme mon futur divorce, comme tout.
-Conséquence de quoi ?
-Vous avez une fille ? Quel âge ?
-Ma fille ?
11 ans. Pourquoi ?
-Noyez-la. Ou étranglez-la, comme vous voulez. C'est le bon moment.
11 ans, elle est encore gentille. Mais vous allez voir. Bientôt,
elle va muter.
-Muter... Bien sûr. Et elle va se transformer en quoi ?
-En ado.
Bonjour, ma grande. Salut, champion.
-Coucou, papa.
-Comment va la plus aimée des femmes ?
-Paola, tu ne manges pas ?
Tu as mal quelque part ?
Elle est bizarre depuis quelques jours, fatiguée.
Tu veux pas lui parler pour voir ? -Voir quoi ? Elle a mal dormi.
Paola miaule.
...
Paola, à quoi tu joues ?
-C'est bête,
un chat. Les chamois, c'est bien.
Enfin, les petits. Les gros puent.
-Ca va, chérie ?
-T'as un nouveau parfum. Il pue.
-C'est là
qu'il faudrait les supprimer pour protéger sa famille, ses amis,
son boulot. Mais vous n'aurez pas le courage.
Vous ferez rien du tout, comme tout le monde.
Comme nous. Vous vous direz bêtement que...
Ca va passer. -Oui, j'espère.
Paola grogne.
...
-Finalement, je vais lui parler. Mais ce soir.
J'ai rendez-vous avec une cliente. -Tes clés.
Elle passe avant ta fille ? -Ma cliente a une grosse cuisine.
-Grosse comment ? -Monstrueuse.
-A ce soir.
-12 m par 8. C'est possible de l'avoir en rechampi vert ?
-Oui. Tous nos modèles existent en rechampi dans tous les coloris.
Mme Laubier, nos cuisines
s'adaptent à vos désirs.
-Peut-être la gamme design...
Qu'est-ce que tu en penses, André ? -Dans une ferme 18e ?
-L'opposition des styles, c'est tendance.
Je dois réfléchir. -Vous savez ce qu'on va faire ?
On va développer
2 projets. Un projet
tradition
et un projet design,
avec simulation en 3D,
personnalisation complète et devis. La totale.
-Mais si aucun ne me plaît ? -Je t'explose.
Vous ne prenez rien. Chez Family Room, le client est roi.
Voilà.
Je vous propose de prendre rendez-vous avec notre assistante
pour un métrage complet de la pièce. Elle est au fond du magasin.
-Vous ne savez pas de quoi elle est capable. Bon courage.
-Patrick, je dois vous parler. -Oui, M. le directeur.
-T'es muette ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Laisse-moi deviner.
Tu as trouvé la maison de tes rêves.
-Non. C'est plus d'actualité. -Ah non.
Ton mari veut plus d'un bébé ? -Si. Sur le principe, il est OK.
-Mais dans la pratique, il est pas pressé et tu boudes.
-Pas du tout. C'est Paola qui m'inquiète. Elle est comme...
Elle grogne.
Je sais plus quoi lui dire. -Merci, Thomas, je n'ai pas faim.
5, 4, 3, 2...
-Ah, bonjour, Thomas.
-Dis-moi, Sophie... Ca va ?
Un déjeuner, ça te tente ? -Non, merci, j'ai pas faim.
Message. Ah, je...
Je déjeune avec mon mari.
-Bon. Un autre jour ?
-1re fois que tu la sors, celle-là. -1re fois qu'il me le fait.
-"Je t'invite à déjeuner, j'ai une nouvelle à t'annoncer."
Une augmentation ! Une maison !
-Une mutation ? -Oui.
Oui, enfin, non, pas du tout.
Agostini ouvre un 2e magasin et j'en prendrai la direction.
C'est une promotion.
-Le 2e magasin est à 150 bornes, c'est une mutation.
-Non. Une mutation, tu restes dans le même job. Je deviens directeur,
ailleurs.
C'est un peu une mutation
et beaucoup une promotion.
J'ai pas encore dit oui. J'attendais ton avis.
Et donc, à première vue, comme ça...
C'est quoi, ton avis ? -Ca va être le bordel.
Il faut déménager, démissionner, vendre l'appartement,
changer les enfants d'école.
Si on dit oui, je t'appelle M. le directeur ?
-Si on dit oui, l'agence m'appellera M. le directeur.
-L'agence ?
-L'agence immobilière à qui tu diras qu'on cherche une maison
avec un jardin et une chambre en plus.
Et si au passage ils font les chiens...
On annonce la nouvelle aux enfants ce soir ?
-L'entraîneur a dit
que si je joue bien, je serai goal pour le tournoi.
-C'est bien, mon chéri. -C'est bien, mon amour.
-Paola !
-Paola,
oh, oh, réveil. -Quoi ?
-Coâ, coâ...
-Juju ! -Mais maman,
elle est molle comme un zombie.
-On peut l'emmener voir quelqu'un.
-L'emmener voir qui ? -Un spécialiste.
-Un spécialiste de quoi ?
-Je sais pas...
On dirait un truc musculaire. Y a des cas dans ta famille ?
Paola, t'as des soucis en sport ?
Tu arrives à courir ?
Téléphone. -C'est pour moi !
-Déjà, c'est pas musculaire.
Paola hurle.
-Tu as hurlé ? -C'est interdit ?
-Ben non, c'est pas interdit. -Mais c'est pas tout à fait normal.
-On a eu un petit peu peur. -Mais à part ça,
ça va ?
Tu te sens bien ?
T'as des soucis à l'école ? -Flippez pas, si j'avais un souci,
je vous le dirais. -Bon.
Bon.
-Bonne nuit, ma poupée.
-Sûre ?
-Maman ?
-Oui, chérie ?
-Si je mets le chat de mamie dans le micro-ondes, il explose ?
-Alors, docteur ?
Vous l'avez examinée ?
-Paola n'est ni malade ni folle.
Elle a 13 ans. -Mais sinon ?
-Ce sont les troubles classiques
de la phase de transition entre l'enfance et l'âge adulte.
La crise d'adolescence : sautes d'humeurs, opposition aux parents.
C'est normal et très courant.
-Si vous le dites... -Et c'est tout ?
-Elle fait ça ?
-Oui.
-La crise d'ado. C'est le signe, on peut pas se gourer.
-Et nous, on fait quoi ?
-Rien. Absolument rien. Ca va passer tout seul.
-"Vous verrez". 10 ans d'études pour dire...
-Ca va passer tout seul.
-Gros con. -Et alors,
elle avait quoi, votre fille ? Le toubib s'est gouré ?
-Non. C'était bien une crise d'ado.
-Mais où est le problème ?
-"C'est normal, ça va passer". On peut pas dire ça
à des parents. Pourquoi il nous a pas dit la vérité ?
-Mais quelle vérité ?
-"Votre vie va virer au cauchemar.
"Préparez-vous à souffrir."
Au moins, on aurait été prévenus.
Mais non.
"Ca va passer. Faites comme si de rien n'était. Souriez."
Salaud ! -Je vais arrêter de travailler.
Je chercherai un boulot après la naissance.
-C'est très bien de penser à ton futur job.
Faudrait déjà quitter l'ancien. Tu lui as pas donné ta démission.
-Il va le prendre mal.
-Penses-tu ! Tu le mets dans la merde et tu lui brises le coeur.
-Merci pour ton soutien.
Non, mais t'as raison. Souhaite-moi bonne chance.
Téléphone.
Tu réponds ?
-Poste de Sophie Renard.
Ta fille !
-Ma chérie ? *-Allô, maman ?
Je t'appelle avec le portable d'Alice ! C'est trop cool !
-En quoi c'est trop cool ?
-Sa mère lui a acheté un portable.
Il est trop beau et ça marche trop bien.
-Je suis ravie que tu découvres qu'un téléphone puisse téléphoner.
*Mais je travaille. Alors on en parlera ce soir.
Elle recommence. Elle veut un portable.
-Et ?
-Et non. Elle est trop petite.
Bon. J'y retourne avant qu'il rentre en rendez-vous.
Téléphone. -Je réponds ?
-Pas la peine. *-Allô, maman ?
En ce moment, y a une super promo sur les portables comme j'aimerais.
*Celui d'Alice est cool et elle s'en sert pour appeler sa mère !
*Je t'appellerai !
Vous seriez des parents super gentils. Vous l'êtes déjà,
mais vous le seriez encore plus. Je serai sage.
Toutes mes copines en ont un.
*Enfin, presque toutes.
-Paola, arrête. Il faut que j'en parle avec ton père.
Paola ?
-OK. Donc tu sers à rien.
*Fallait le dire. Elle raccroche.
-Parfait. La comptabilité, vous maîtrisez.
Passons à la gestion. C'est pas votre fille, ça ?
-Vous croyez ?
Ah oui, c'est elle. Excusez-moi, je vais voir ce qu'elle veut.
J'arrive. Au fait, on lui a pas dit qu'on déménageait.
Donc évitons d'en parler.
-Une mutation réussie, c'est quand toute la famille est partante.
-La famille est partante !
Tellement partante qu'on pensait organiser
une fête pour lui annoncer.
Donc y a zéro souci.
-Je peux avoir un portable ? Maman est d'accord si tu l'es.
-Maman est d'accord ? -Alors ?
-Ecoute, je suis avec mon patron. -Je t'attends.
-Non. On en parlera plus tard. -C'est quand, plus tard ?
-Je sais pas. Samedi, en allant chez papi et mamie.
-Quoi ? Samedi ? J'ai des trucs de prévus. Vous foutez tout en l'air.
Et on s'emmerde, chez papi et mamie.
-OK ! On partira dimanche. Mais file, je dois travailler.
-Merci, papa d'amour.
-Allez.
Vous aviez raison. Ca servait à rien d'attendre.
Je lui ai tout dit : la mutation, le changement, tout. Cash.
Vous avez vu, elle est ravie. -Excellent.
C'est très important que la famille soit unie.
Votre femme est contente aussi ? -Sophie ? Elle est aux anges.
-Tu lui as dit qu'on partait dimanche ?
-J'ai pas eu le temps de te prévenir.
Entre Paola et mon boss, j'ai fait au plus simple.
-On n'y est pas allés depuis des mois.
-5 semaines. -Ca veut dire quoi, "5 semaines" ?
-Ca veut dire "5 semaines".
-Tu comptes ? Ca te gonfle à ce point d'aller voir mes parents ?
-Non. Ce qui me gonfle, c'est qu'on s'engueule pour...
"Papa chéri, grâce à toi, je peux sortir samedi.
"Tu es trop fort, je t'aime."
-Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. C'est mignon.
Le toubib a parlé d'opposition aux parents. Voilà, c'est tout.
-Faut pas qu'on s'énerve. -Faut pas qu'on s'énerve.
-J'ai compris. Je l'aurai jamais, mon portable.
Je serai la seule du collège.
Je dirai que mon papa et ma maman, ils veulent pas.
C'est dégueulasse.
-On peut pas s'énerver
juste un peu ? -Comme si elle était pas là.
-Ca sert à rien, les oiseaux.
Ca vole et c'est tout.
C'est trop nul.
Y a aucune ambiance, ici.
Entre lui qui bouquine et vous qui parlez pas,
c'est trop pourri.
-MON PANTALON
EST DECOUSU ! SI CA CONTINUE
ON VERRA LE TROU DE MON... PANTALON
EST DECOUSU ! SI CA CONTINUE,
ON VERRA LE TROU DE MON... -Cul.
-Non ! -Y a rien de drôle.
Vous êtes pathétiques.
Quand je pense qu'hier, je m'éclatais avec mes copines...
C'est vraiment n'importe quoi.
Au fait, on repart pas trop tard. Je dois appeler Alice en rentrant,
c'est hyper important. OK ?
Si j'avais un portable, je pourrais parler par SMS à mes copines.
-Tu veux bien la fermer ?
1, on parle pas par SMS.
2, t'as pas de portable.
3, tout est nul et on s'en tape.
-Je sais que tu t'en tapes !
Il m'arriverait n'importe quoi, ça vous ferait rien,
parce que vous m'aimez pas ! Voilà !
-Qu'est-ce que tu racontes ? On n'en a pas rien à foutre.
Faut pas te mettre dans des états pareils, mon chaton.
Allez, c'est fini. C'est fini.
-C'est quoi, son problème ? -Ca va, Juju. N'en rajoute pas.
Portable.
Allô, maman. On arrive, ne vous inquiétez pas.
Non, tout va bien.
On a fait une petite pause. Paola avait... soif.
Le chien aboie.
Coucou, ça va ? Allez, bonhomme.
-Bonjour, papi. Bonjour, mamie. Je vous ferai la bise plus tard.
-Ca va, mon grand ? -Oui.
-Bonjour, Patrick.
-Bonjour, mamie. Bonjour, papi.
-On y va ? -Allez, entrez.
Tiens, on va aller là-bas. -Direct au barbeuc ?
-Oui.
-Alors, ça y est ? -Quoi ?
-Paola, elle a commencé sa crise d'ado ?
-Comment tu vois ça ? -Ca me rappelle des souvenirs.
Tu avais le même air ravi quand on partait voir de la famille.
-Pas du tout.
-Oui, je disais pareil. En fait, c'est toujours la même histoire.
-Donc pas la peine d'en faire tout un plat.
Ma crise d'ado, je m'en souviens pas.
Ca a dû se passer comme sur des roulettes.
Si l'histoire se répète, ça me va. Je prends quelque chose ?
-Oui, s'il te plaît.
-Sophie adolescente ? Un cauchemar !
Tu peux pas t'imaginer le nombre de fois
où j'ai eu envie de lui cogner la tête contre les murs !
Passe-moi la viande. -Sophie, ça a duré longtemps ?
5 mois ?
Ah, ça va me sembler interminable. -5 ans, oui !
-5 ans.
Sophie leur a pourri la vie pendant 5 ans.
Ils m'avaient rien dit quand je l'ai épousée.
Les tares héréditaires, ça se cache.
Bouchon de champagne qui saute.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ? -Attention !
-Viens, mon Juju.
Enlève ça.
Va jouer, mais on va bientôt passer à table.
Allez, file. Hop !
Et ta soeur, tu l'as vue ? -Elle parle avec le chat.
-Oh non, pas le chat !
Et voilà !
-Voilà quoi ?
-J'ai débranché le micro-ondes.
Avec ce temps, je préfère.
-Bon. Je n'ai pas ouvert ce champagne pour rien.
Buvons à la future nomination de mon gendre,
et à votre futur déménagement.
-Quel déménagement ?
-On attendait d'être sûrs pour vous en parler.
-Alors c'est pas sûr ? -Si, c'est sûr.
Pardon d'être promu.
-C'est important pour lui.
-Super !
-Juju prend le bon côté des choses. Fais pareil.
-Une cage de foot, chouette.
-On aura un jardin.
-Tu veux que je fasse quoi avec un jardin ?
-Tu auras une plus jolie chambre, plus grande.
Et puis, ne dis rien à ton frère, mais on pourrait prendre un chien.
Et que dirais-tu d'avoir une petite soeur ?
-Ou un petit frère.
-Tu vas faire un bébé ?
A ton âge ?
-Très bien. Je vais te dire les choses autrement.
1, ton père a raison. Tu commences à nous gonfler.
2, on va déménager, on va avoir une maison, un chien
et un bébé, que ça te plaise
ou non. C'est clair ?
Chérie, mais bien sûr, que je t'aime. Je t'aimerai toujours.
Ca ne change rien.
-On s'est pas déjà arrêtés là, à l'aller ?
-Si ta mère aime cet endroit, elle a le droit de s'y arrêter.
-J'aurais pas dû m'énerver.
Mais j'ai jamais pensé qu'elle me parle comme ça un jour.
-Maintenant, tout le monde est au courant.
On pourra mettre l'appartement en vente.
-T'as raison.
Là, au moins, je suis pas inquiète. Il est super, notre appart.
J'appelle les agences immobilières demain.
Je t'aime. -Moi aussi, je t'aime.
-Le marché est difficile. -Ah bon ?
-Si vous n'êtes pas trop gourmands, je suis confiant.
Il reste une pièce, je crois ? -Oui, celle de ma fille.
C'est pas possible.
-Comment ça ?
Pardon.
-Non.
-C'est pas possible.
-Je dois prendre des photos.
-Non. -Pas de photos.
-Mais si vous voulez bien
nous attendre dans le salon... 5, 10 mn.
-Le temps de ranger.
-C'est dingue, c'était nickel hier soir. Elle a fait ça ce matin ?
-Je sais pas. J'en ai marre. -Ca va passer.
-Mais quand ?
-Je sais pas. Faut se renseigner.
Je mets quoi ?
Haine envers ses parents ? Crise d'adolescence ?
Crise d'adolescence, solutions.
Ah, la vache ! -Quoi ?
-2 millions de résultats.
-Cool. Plein de réponses.
-Ou tout le monde se pose la question.
-Bonjour. -Bonjour.
-Il est bien.
-Celui-là ? C'est le même.
-Pardon. Votre fille, là,
elle a fait sa crise
d'adolescence ? Je me renseigne car la mienne...
-C'est ma femme.
-Ils s'en vont, comme ça, sans explication.
Les gens sont bizarres.
-La vente de votre appartement, ça va ?
-Nickel. Tout se présente nickel.
-La chambre d'enfant est juste ici.
Elles hurlent.
Retournons à la cuisine.
-Bien sûr.
-Voilà.
-Excusez-moi, je vous rappelle. T'as trouvé ça où ?
-La chambre d'enfant est juste ici.
Retournons à la cuisine.
-Sophie ! Attends.
Tiens, j'ai trouvé ça aussi. -Oh, génial !
-La chambre d'enfant est par ici.
Excusez-moi.
Allô, M. Renard ? Ca va pas être possible.
-Je suis là.
-L'agent immobilier nous lâche.
-Non !
-Bonne nouvelle : j'ai trouvé la solution. Yan Sturgen Borg.
-Qui ? -Yan Sturgen Borg.
"Vivre avec son ado".
C'est la référence pour ce qui touche à l'adolescence.
Et il est catégorique. La solution, c'est dialoguer.
-Dialoguer. -Oui. "Il faut expliquer
"à l'adolescente les choses clairement.
"Il faut être franc, direct,
"sans chercher à la protéger ou à lui mentir, comme à une grande,
"afin d'instaurer un nouveau rapport de confiance."
-C'est tout ?
On parle, toutes les deux.
-Tu lui parles pas comme à une grande.
Elle pense que tu t'opposes à son passage à l'âge adulte,
tu l'empêches de s'émanciper.
-S'émanciper ?
-En gros, ça l'énerve que tu la traites comme une gamine, Sophie.
Parle-lui comme à une adulte.
Elle n'aura plus de raison d'être en conflit.
-Je t'en prie, commence. L'adulte est dans sa chambre.
...
-Paola ?
Paola !
Il faut qu'on parle.
-Alors ?
-Super. -Le dialogue
était bon ?
-Instructif, constructif. On a bien avancé.
Je lui ai parlé comme à une adulte, pourquoi on allait déménager.
-Et elle a compris.
-Parfaitement. Je crois qu'elle va faire un effort.
-Super. -Si elle a un portable.
-Un quoi ?
-Si elle a un portable.
-Un portable ? Du chantage à 13 ans !
-Du chantage, tout de suite !
De la négociation. Elle a un vrai sens tactique
et commercial, comme son père.
-Tu lui as pas dit oui ? -13 ans, c'est pas si jeune.
-Tu lui as dit oui ? -Elle l'aurait eu
dans 6 mois, un an. Ca change quoi ?
-La manière ! On était d'accord
pour lui offrir à Noël ou son anniversaire,
car c'est important. -Mon boulot aussi, c'est important.
Tout le monde doit y mettre du sien. J'ai besoin
qu'on puisse faire visiter cet appartement,
que Paola arrête de piquer des crises et débarque au magasin,
et que tu ne fasses pas un drame parce que...
-Parce que je considère qu'acheter la paix est une erreur ?
Ou parce que tu prends seul une décision que je n'approuve pas ?
-J'aurais dû retourner voir Paola, être ferme.
Sophie ne m'a pas fait la gueule. Mais je savais la conversation
qui m'attendait et j'ai pas pu. J'ai pensé que ça allait s'arranger
avec Paola, avec ma femme,
qui me remercierait d'avoir ramené la paix.
-Si j'avais fait ça, ma femme m'aurait plus parlé
pendant des semaines.
-Sophie ne m'a pas fait la gueule. Elle a fait pire.
Elle a commencé à douter. -Je ne comprends pas.
On a toujours tout décidé ensemble, pour les enfants.
Qu'on ne soit pas d'accord, OK. Mais on en parle.
-Je m'occupe du café.
A propos de parler, justement...
-J'ai toujours pas parlé à Thomas. Je lui parlerai quand il aura 5 mn.
-Ca tombe bien, je les ai. Déjeuner ?
C'était mon 1er client grand compte. Merci.
Un énorme contrat à la clé.
J'ai eu une panne de réveil. On m'a viré le lendemain.
-Et ça t'amuse ?
-Oui. Puisque sans ça,
jamais j'aurais pu monter ma boîte.
Un échec et tu repars sur de nouvelles bases.
Et parfois, plus amusantes.
-Moi, je voulais te parler de mes projets.
Ca va pas te plaire...
Bip de message. Pardon. Ma fille.
-Elle a un portable ?
-Euh, oui, malheureusement. Depuis hier. "Prof absent,
"je peux aller chez des copains ?" -Vas-y, appelle-la.
-Non. Elle se débrouillera avec son père qui lui a acheté ce portable.
Qu'il assume.
-On a le temps pour un dessert ?
-Oui.
-J'ai repris les catalogues,
et j'ai des questions auxquelles je veux des réponses.
-Je vous écoute.
Posez-moi vos questions.
-J'ai tout noté ici.
Alors... 1re question.
Dans la configuration 213 du modèle 118
de la série de mobilier 72 et 38...
Portable. -Excusez-moi.
C'est ma fille.
Elle veut aller chez des copains.
Juste une seconde, pardon.
Je lui demande où et chez qui.
Et voilà. Le temps qu'elle me réponde.
-Bon. Donc... Portable.
-Si vite ?
-Si je vous dérange...
-Excusez-moi. Je réponds et c'est fini. Voilà.
Voilà.
Ah... Faut avoir des petits doigts.
Le correcteur automatique, c'est vraiment...
Je ferai ça plus tard. A nous.
-Dans la configuration 213 du modèle 118
de la série de mobilier 72 et 38...
-Je démissionne.
Désolée. -Mes salariés sont libres.
Je pensais que tu étais bien dans ton boulot.
-Je le suis. -Non.
Pas suffisamment pour que ça pèse
dans la balance, pour que tu dises non.
-J'adore mon boulot.
Quand Patrick me l'a annoncé,
j'étais pas super partante. Mais on en a parlé.
C'est important pour lui.
-Ton mari a beaucoup de chance. Une femme amoureuse
au point de sacrifier sa carrière
et ses intérêts, c'est rare. -Merci pour ce déjeuner.
-Je voulais t'emmener ailleurs, mais c'est ouvert que le soir.
-On y va ?
-Pour fêter ton départ, un dîner avec ton futur ex-patron,
qui va devoir remuer ciel et terre pour te remplacer.
-Surtout, n'hésitez pas. Je suis là pour ça.
-Au revoir. -Mme Laubier.
-Alors ? -Non, elle va pas chez des copains.
En plus, ils habitent loin. Ca va pas, non ?
Message. "Trop tard, j'y suis déjà."
N'importe quoi ! Y a un truc qu'elle a pas compris.
Je lui dirai ce soir, c'est mieux.
J'étais tellement concentré sur cette histoire de SMS,
il a dû me prendre pour un taré.
Quelle connerie !
-Si tu voulais pas qu'elle t'envoie des SMS...
-Je veux bien, mais pas quand je bosse.
Et pourquoi qu'à moi ? Laquelle je mets ?
-Mets pas de cravate ! On dîne avec Isabelle et Laurent.
Elle m'a envoyé des SMS. Je lui ai dit de voir avec son père.
-Ah oui ? En plein boulot ? -Et moi, je fais des mots croisés ?
-Non, mais toi, ça se termine. -Pardon ?
A cause de qui ? C'est pour te suivre que j'abandonne mon boulot.
-OK. Je vais expliquer à Paola qu'elle évite, la journée.
Il suffit de dialoguer. -Je sais, tu me l'as déjà dit.
C'est pas très efficace.
-Je la trouve plus réceptive, quand même. Elle se sent plus grande.
-Maman, je prends ton lisseur.
-Isabelle et Laurent viennent dîner. On compte
sur toi. -Pourquoi faire ?
-Pour que ça se passe dans le calme,
sans hurlements, sans musique,
sans drame avec ton frère.
-D'accord ? -Tu me donnes combien ?
-"Tu me donnes combien ?"
-C'est dingue ! -J'admire votre façon de réagir.
-On fait ce qu'on peut. -On en serait incapables.
-C'est-à-dire ?
-Aussi cool,
avec le sourire.
-Là, on sourit, mais tout à l'heure,
c'était pas pareil.
-Vous allez voir, avec Solène.
Elle a quoi ? 11 ans ? -Avec elle, ça se passera bien.
-Vous l'avez vaccinée contre la crise d'ado ?
-Non, mais c'est aussi une question de caractère.
Solène est quand même très différente de Paola.
-De caractère et d'éducation.
-Evidemment. Enfin, peut-être qu'on anticipe un peu...
-Nous, on élève notre fille comme des cons. Ses crises, c'est normal.
-Patrick !
On est juste plus exigeants avec Solène.
On a moins de chance
que ça nous arrive, c'est tout.
-Vous êtes cool.
-On n'est pas cool.
-Ca, non.
-C'est bien, d'être cool. Je critique pas.
-C'est pas ça, mais on n'est pas cool. Où on est cool ?
-Ben, le portable...
-Arrêtez de me faire chier avec ce portable !
Merde !
-T'excuse pas, je pensais comme toi. Tu vois, le portable,
c'est symptomatique.
-Excuse-moi. Je me suis énervé pour pas qu'on revienne dessus.
Ces histoires de portable, ça m'a fait réaliser une chose.
-Quand c'est conflictuel, Patrick se dégonfle.
-A la moindre difficulté, Sophie a du mal.
-C'est plus fatigant de dire non.
-Elle veut pas se mouiller et me refile le bébé.
-C'est plus facile.
-C'est plus simple.
-Tout tourne autour de sa mutation.
Du coup, j'ai l'impression qu'on décide pour moi.
-Depuis que j'ai accepté,
j'ai plus de boulot, plus de stress. Personne le comprend.
-Je me rends compte qu'il voit pas les choses comme moi.
-C'est la 1re fois que ça nous arrive.
Elle voit pas les choses comme moi.
C'est comme l'appartement, elle pourrait s'en occuper,
le faire visiter... -Justement,
j'ai un collègue intéressé. -Voilà une bonne nouvelle.
Une très bonne nouvelle.
-Merci. -Rentrez bien.
-Bonsoir.
-Tu les as trouvés comment ? -Pas en forme.
-C'est rien de le dire. En même temps...
-On est d'accord.
-A mon avis, ils sont déjà en train de s'engueuler.
-A mon avis aussi.
-Tu vois, le collègue de Laurent, c'est un signe.
-Un signe de quoi ? -Champagne ?
Un signe qu'à partir de maintenant, ça va aller bien mieux.
Il va visiter l'appartement,
il va l'aimer, l'acheter,
et on va enfin pouvoir respirer
et arrêter de se disputer et se mettre à rêver à la suite.
Ensemble.
Y a rien dedans.
Je peux vous inviter à danser ?
C'est très aimable.
Attends. -M. Pinson
doit dormir.
-M. Pinson
ne dort jamais.
Désolé, mon vieux.
J'en étais où ?
-Par là ? -C'est possible.
C'était par là, ça me revient.
Ca y est, ça me revient.
-Elles sont cool.
Tu me les prêtes ? -Oh !
-C'est quoi, cette tenue ?
-Je fais des essais pour demain.
-Tu comptes sortir comme ça ? T'as vu ces bottes ?
-C'est mes bottines.
Tu les reconnais pas ?
-Paola, ce sont évidemment les bottes de maman.
On t'en achètera.
-Avec les mêmes talons ? -Non.
-Mes copines en ont. J'ai plus 8 ans.
-T'en mettras plus tard.
-Non, maintenant.
-On fait pas toujours ce qu'on veut.
-On t'a dit non, c'est non. Allez, au lit.
-Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?
Vous voulez tout décider,
mais j'en ai marre. Je veux faire ce que je veux :
fumer, boire, porter des talons.
Marre qu'on me traite comme un bébé, merde !
Elle claque la porte.
-Et t'en veux un 3e ?
-Si, je t'écoute, maman. Je suis juste un peu pressée.
Le collègue de Laurent veut visiter l'appartement aujourd'hui.
J'ai pris ma journée pour nettoyer la chambre de Paola.
Crois-moi, c'est pas du luxe. Hein ?
Oui, je te tiens au courant. Je te rappelle. Je t'embrasse.
Merde. On sonne.
Oh, zut.
Patrick, c'est moi.
Bonne nouvelle, l'appartement lui plaît.
Par contre, il y a la réunion parents profs,
là, maintenant. J'y cours. Je te retrouve ce soir ?
Je sais qu'elle a de bonnes notes. Je sais pas, par politesse.
-C'est bien que t'y ailles. Ne quitte pas.
Une seconde et je suis à vous.
Mais dis-moi, sa chambre, tu l'as vraiment rangée ?
T'as pas peur qu'elle nous pique une crise ?
Allons manger une pizza.
Elle fera moins la gueule en voyant qu'on a nettoyé sa grotte.
OK. A tout à l'heure.
C'est ma fille. On l'emmène au resto, on a rangé sa chambre.
Présenté comme ça, c'est étrange.
Mais c'est sa chambre, quand même.
-Excusez-moi, Patrick,
vous emmenez votre fille au restaurant
pour vous excuser d'avoir rangé sa chambre ? Paola,
votre fille de 13 ans ?
-Et 1,50 m. Oui, pourquoi ? J'en ai pas d'autre.
-Parce que moi, des candidats au poste de direction,
j'en ai d'autres. -Quoi ?
-Si vous êtes incapable de vous faire respecter par votre fille,
quid de vos salariés ? Et ça, ça va être ennuyeux.
Si vous permettez encore, votre fille se fout de votre gueule.
Elle sait que vous n'aurez pas le courage de lui rentrer dedans.
-Hein ? Vous savez pas qui c'est ? Paola ! Paola Renard.
-On va bien la trouver.
Paola Renard, vous avez dit ? Ca te parle ?
-Comme ça, non. Mais on a forcément son dossier.
-Ah oui, Paola Renard.
-C'est sûr que les bons élèves,
on les oublie presque.
Son seul souci, c'est de savoir
si elle aura les félicitations.
-Mme Renard, depuis quand n'avez-vous pas vu une copie
de Paola ?
Une vraie copie, je veux dire.
-T'as imité ma signature, tu sèches les cours et t'as 5 en maths ?
Tu joues à quoi, Paola ? -Y a plus de négociation,
plus de sorties, plus rien.
Tu bosses et t'obéis, c'est tout.
J'ai pas été faible à ne pas t'affronter.
J'ai été gentil. Tu vas le regretter.
-Tu vas me frapper ?
-Je vais te surveiller
jour et nuit. Je vais pas te lâcher
jusqu'à ce que tu recommences à marcher droit. Ce sera vite réglé.
-Yes !
L'autorité,
y a que ça qui marche.
Je ferai pareil que vous
si ma fille me prend le chou.
-Pareil que nous ?
-Oui, ce que vous avez dit : la surveiller en permanence,
vérifier ses devoirs. -Vous avez beaucoup de congés ?
-Pas plus que les autres.
-Parce que ça prend du temps. Beaucoup de temps.
Faut l'emmener partout, la suivre
dans ses activités, ses sorties. Un vrai job.
Quand vous en avez un autre,
ça fatigue et ça coince.
Mais le truc auquel on n'avait pas pensé,
c'est que pour vérifier ses devoirs, faut pouvoir les faire.
-Ah oui...
-Eh oui.
-C'est trop triste.
-"L'appel de la forêt" ?
-J'avais oublié. -Pourquoi tu lis ça ?
-C'est pour Paola, en français. Je le relis pour l'interroger.
-T'aurais dû prendre les maths.
-Les maths, c'est Patrick qui s'y colle. Il est super bon.
Il marmonne des équations.
...
-Ca ressemble à quelque chose.
Je vérifie,
je reviens là...
Je l'ai eue, la sa...
M. et Mme Laubier.
-Tiens, le prochain bouquin à lire.
-Non, pas Balzac. -Eh si. Salut !
-Thomas ! Dis, t'as pas fait espagnol à l'école, par hasard ?
-Oui, mais...
-Tu pourrais me dire si ce que j'ai écrit veut dire quelque chose ?
C'est bon. Je le savais.
Je le savais !
-T'envoies des SMS pendant que je vérifie ton exo de physique ?
-Il est juste, mon exo. -J'en sais rien.
J'essaie de voir si j'ai autant d'ions d'hydrogène que d'acétylène.
-Tu me préviens quand t'as fini.
-Allez, je t'écoute.
La guerre de 14-18. -Ca sert à quoi de savoir ça ?
-Tu dois apprendre, tu apprends.
-Comme un mouton débile ?
Plus tard, je ferai de l'humanitaire
auprès des enfants. Au moins, je servirai à quelque chose.
Pas comme toi, avec tes cuisines.
-Très bien.
Dans 10 ans, tu iras
à Pékin ou ailleurs, je m'en fous.
Mais ce week-end, tu apprends la guerre de 14-18.
C'est clair ?
-Pas tout le week-end !
-Les enfants sont comme les chiens. Si t'es faible, ils en profitent.
Alors on est forts et on tient tout le week-end.
Bruit de sèche-cheveux.
...
-Paola, ça va pas !
-Dormir avec les cheveux sales, ça me stresse. Où est ton lisseur ?
-T'as un bouton.
Paola hurle.
-Juju ! -C'est bon, j'ai rien fait.
-Je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron,
je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron,
je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron,
je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron,
Fait chier, il est où, ton lisseur ?
C'est naze, les rasoirs. A 18 ans, je ferai une épilation définitive.
Sérieux, regarde-toi. T'as l'air de quoi ?
-Je vais la tuer. -On a fait la moitié.
Il reste 24 heures.
Gros bruits de pas.
...
La porte claque.
-Tous ces bébés tortues
qui meurent, c'est nul.
Ca me donne envie de... Portable.
Raconte.
Alors ? Vas-y, répète. Elle claque la porte.
Je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron,
je suis un petit rhododendron, je suis un petit rhododendron...
C'est dingue.
J'arrive pas
à vous imaginer jeunes.
Mais pourquoi ? Ah ouais ?
Non !
Je te laisse, ma mère. Je peux avoir un peu d'intimité ?
Au fait,
ton lisseur déconne. Faut en racheter un.
-Tu sais ce qu'il te dit, mon lisseur ?
Paola hurle.
-Je peux avoir un peu d'intimité ?
Au fait, ton lisseur déconne. Faut en racheter un.
C'est moi. Tu disais ?
Je suis un petit rhododendron,
je suis un petit rhododendron...
Je suis un petit...
-Arrête avec ce putain de rhododendron !
Portable.
-Allô ? Non, je peux pas sortir. Mes parents se font un trip
autoritaire, c'est pathétique.
T'as vu comme il était trop canon ? Dis, tu vas à la soirée, toi...
Je peux pas sortir, c'est nul.
Mes parents se font un trip
autoritaire, c'est pathétique.
-J'ai imprimé le relevé d'appels du week-end de ta fille.
Tu sais combien elle passe de SMS en 48 heures ?
-3 185 ! Soit un SMS toutes les 54 s.
-T'as compté ?
-Je peux déjà pas sortir.
C'est bon !
-Confisqué jusqu'à nouvel ordre.
Hurlement.
J'en peux plus. -Moi non plus.
-C'est pas normal. -Quoi ?
-Pas normal qu'elle soit...
C'est pas elle. Je la reconnais pas.
-Je sais pas. Je te demande pardon.
-Tu crois que c'est de notre faute ?
Qu'on a fait quelque chose qu'il fallait pas ?
-C'est une idée de papa, de m'emmener au collège ?
Pour me fliquer ?
-Mais non...
-Il fait pareil avec toi. T'es hyper soumise. Il décide tout.
Plus tard, ma vie sera cent fois plus libre. Et je serai heureuse.
-Quoi ?
-Ta fille fait une crise d'ado car elle sent
que tu es malheureuse ? -Je lui renvoie une image négative.
-Mais t'es pas malheureuse.
-Non. Mais peut-être qu'elle sent que les choses sont pas au top,
que j'ai pas la vie que je devrais avoir.
J'ai l'impression de m'oublier. J'ai envie de liberté.
Peut-être qu'elle l'a senti avant moi.
-Et ton mari ?
-Avant qu'il sente quelque chose...
-Sophie.
Tu as réfléchi à mon invitation à dîner, pour fêter ton départ ?
Tu me dois bien ça.
-Je suis pas sûre d'avoir le temps, mais...
-Bon... Tu me diras.
On en reparle ? -Oui.
-Tiens.
C'est un psy super.
-Pour Paola ?
-Pas seulement.
-Vous avez beaucoup de chance.
Il faut que vous compreniez parfaitement ce qui se passe.
Le terme "adolescence", qui vient du latin "adolescere",
"croître", "grandir", désigne la période la plus délicate de la vie
de l'homme, qui passe de l'enfant à l'adulte.
En tant qu'étape essentielle de son développement, l'adolescence
englobe un volet physique qui démarre avec la puberté,
et surtout un volet psychologique voire social, fondamental.
Le début de l'adolescence... -On s'en fout, du début.
Le début, on y est bien.
On n'est pas là pour assister à un cours.
On est là pour savoir quoi faire. -Ce que veut dire mon mari,
c'est qu'elle fait la tête, vit dans une porcherie.
-Elle fout rien à l'école. -Est agressive.
-Elle ment.
-Ce qu'on aimerait savoir, c'est ce qu'on peut faire.
-Une seule chose : il faut lui donner beaucoup d'amour.
-Lui donner beaucoup d'amour ?
Ah ouais... -C'est ça.
-Vous pensez
qu'on ne l'aime pas ? -Si. Mais en ce moment,
il faut l'aimer encore plus. Et il faut qu'elle le sente,
quoiqu'elle fasse ou dise. C'est fondamental.
-Voici donc
le premier projet
élaboré avec le modèle Versailles de notre gamme tradition.
L'implantation a été étudiée... Portable.
Pour vous permettre de circuler au mieux
dans la cuisine en optimisant les déplacements...
Portable.
Pardon.
J'en étais où ?
-Déplacements.
-Déplacements.
Déplacements... Portable.
Excusez-moi.
C'est ma fille.
Il paraît qu'elle a besoin d'amour. Je lui dis que je l'aime,
et après, on est tranquilles. Hein ?
Tu peux aller chercher Paola ?
-Non. Excuse-moi.
Je finis pas avant 19h. On revoit tous les dossier.
-Je lui ai promis.
-Que j'irais la chercher ?
-Toi ou moi. Elle me bombarde de SMS, je peux plus lui répondre.
-Pourquoi on irait la chercher ?
-Le psy veut qu'on lui donne de l'amour. Moi, je peux pas y aller.
*Va la chercher toi ! -Très bien. J'irai.
-Des soucis avec ta fille ? -On va dire ça.
-Tu le trouves pas trop mignon, Simon ? Je le kiffe trop.
-Sérieux ? -Oui. C'est beaucoup d'émotions.
Je te laisse.
-Bonjour, chérie.
-Je devais parler à Alice.
-T'as dit à ton père...
-J'ai changé d'avis. J'ai le droit. C'est bon, j'ai plus 2 ans.
-On y va.
-Tu fais la gueule ? -Au contraire, je suis ravie.
-Ah oui ? Tu m'as demandé comment s'est passée ma journée ?
Non. T'en as rien à foutre. -Chérie...
-C'est trop tard.
-On a fait tout ce que vous avez dit. Mais elle est tellement
insupportable !
-Et pour le boulot, c'est plus possible.
Je dois être irréprochable. -Mais pour moi, c'est facile.
-J'ai pas dit ça.
Mais tu sais bien...
-Que tu vas être nommé directeur, oui.
Ca, on peut pas l'oublier, ta putain de mutation !
Excusez-moi. -C'est une période difficile.
Vous devez aussi vous ménager, ménager votre couple,
vous réserver des moments à vous,
des soirées en amoureux en oubliant votre fille.
-Vous êtes un super psy, mais certains trucs vous échappent.
Paola crie, pleure, chante, râle, téléphone,
s'engueule avec son frère, écoute de la musique à fond,
et parfois en même temps. Comment on l'oublie ?
-Y a un moyen.
-C'est dingue d'aller à l'hôtel pour échapper à sa fille.
-Non, c'est drôle. J'ai l'impression d'être avec mon amant.
-Moi, j'aime pas cette impression. -T'es bête.
Ce soir, on ne sera pas interrompus par Paola,
et on n'aura pas à fermer les rideaux non plus.
Je dis ça au cas où il se passerait quelque chose.
-Naturellement.
-Si t'as pas oublié comment on faisait.
-Je vais retrouver.
-En attendant, commence par t'habiller.
-Qui va nous garder. -Une baby-sitter très gentille.
Y a une dame au bureau qui la connaît bien.
Tu seras sage, hein ?
-C'est pas moi qui crie, c'est Paola.
-Oui, je sais. Mais bon...
Au fait, il a dit quoi, l'entraîneur ?
-C'est quoi, ça ?
-C'était bien, la danse ?
-C'est quoi, ça ?
-C'est pour la baby-sitter. Ce soir, on sort, avec ton père.
-Nous, on peut crever.
-Tiens, viens là. Viens là.
Tu vas 5 mn dans ta chambre ? -D'accord.
-Ecoute, Paola.
Je t'ai expliqué, c'est juste une petite fête
entre papa et moi.
Je peux revenir
demain très tôt. -Non. Allez vous amuser.
-Ecoute, on ne sort jamais. Pour une fois, fais un effort !
-Moi non plus, je sors jamais. Mais tu t'en fous.
-Regarde et dis-moi. Je mets laquelle ?
-La bleue, comme d'hab. Pourquoi tu demandes ?
-Paola, on peut compter sur toi ?
Pas d'histoires ?
-Si je dis oui, tu vas partir la conscience tranquille ?
-Ca veut dire quoi ?
-Fallait pas faire d'enfants.
-Tu crois parler à qui ?
T'as 13 ans. On est tes parents.
On se démène pour vous.
On voudrait juste passer une soirée en paix.
Tu peux nous foutre la paix
une putain de soirée ?
-J'annule tout. On peut pas la faire garder.
Qu'est-ce qu'on va faire ? -Je sais pas.
-Il faut la mettre en pension ? -Je sais pas.
Téléphone.
...
-Allô ?
Oh, bonsoir, M. Pinson.
Quoi ? Qu'est-ce que... Les pompiers ?
Paola !
Paola ! Paola !
...
Paola !
...
-Vous vous souvenez, la 1re fois
qu'on s'est vus ? Vous m'aviez raconté ce que faisait Paola.
Je vous ai dit que vous aviez de la chance,
que le plus dur pouvait
être à venir. On y est. Il y a une donnée
que vous semblez oublier : la douleur.
La souffrance les étouffe.
Ils vivent comme une seconde naissance,
accompagnée de mille contradictions.
Ils voudraient grandir, mais ils ont peur.
Ils voudraient plaire, mais ils détestent leur corps qui change.
Ils se voudraient maîtres d'eux-mêmes,
alors qu'ils subissent cette transformation
qui les mène à l'âge adulte.
Ils rêvent de se confier, mais personne ne les comprend.
Et des pulsions qu'ils n'arrivent pas à assumer.
Ils se sentent à la fois
autonomes et dépendants,
téméraires et timides, puissants et misérables.
Ils ne savent pas quoi faire de leur vie, de leur corps,
de leurs envies, ne savent même pas qui ils sont.
Ils ont honte, peur,
mal, froid, faim.
Et parfois, ils ont envie de mourir.
L'adolescence est un champ de mines.
Et il faut qu'elle le traverse.
-On s'est pas parlé en sortant.
Ni après. A quoi bon, de toute façon ?
Paola était toujours insupportable et capable du pire.
-Me parle pas sur ce ton !
-Tu me saoules !
-Va dans ta chambre ! -Tu me saoules !
-On n'osait plus réagir.
Sophie était à bout. Elle s'énervait contre sa fille
puis culpabilisait. Et moi, pareil.
J'étais terrorisé à l'idée de dire ou de faire quelque chose
qui l'incite à recommencer.
Alors j'ai laissé tomber.
Je suis rentré plus tard à la maison.
J'avais pas le courage, plus envie
d'entendre des cris ou sentir les reproches de ma femme
parce que j'arrivais pas à trouver la solution.
Et un jour...
-Ha !
-Mme Laubier, c'est la 5e implantation en version design
et la 7e en version tradition.
-Vous m'avez dit "autant de fois que vous voulez".
Le portable vibre.
-Rentre à la maison tout de suite !
-Ah non ! Qu'est-ce qu'elle a encore fait, votre fille ?
-Regarde !
Elle a tout rangé.
Toute seule ! C'est fini ! -Ca sent le piège.
-Bonjour, ma petite maman. Bonjour, mon petit papa.
J'adore comme t'es habillée, maman.
-Elle a fumé ? Bu ? -Non. Antoine a horreur de ça.
-Antoine ? -C'est qui ?
-Un garçon dans ma classe.
-Elle est adorable. Elle sourit, s'occupe de son frère,
range sa chambre, travaille. Il lui fait un bien fou ! Et à nous !
-"Nous", c'est Patrick et toi ? -Ca va mieux.
-Ca va, Sophie ? Ah, j'ai réservé, pour notre dîner.
Très bel endroit.
-Vu d'ici, c'est pas évident.
-Si tu veux, j'annule ce dîner. -Non, non.
Si c'est juste un dîner, si ça t'amuse...
-Evidemment que c'est juste un dîner.
Je suis si contente que Paola soit amoureuse !
-Amoureuse ? Ce petit con d'Antoine...
Aujourd'hui, c'est lui. Demain... -Con ? Moi, je l'aime bien.
Et elle est vraiment amoureuse.
Ca va être un drame.
-Quoi ? -Si on déménage.
-Mais on part plus.
-Pardon, Paola ?
-A mamie, tu disais que tu le sentais pas, ce déménagement.
-C'était le mois dernier. -Et alors ?
-Ce que ta mère était prête à faire le mois dernier, t'as pas idée !
-Ecoute...
-Je l'ai vue en photo, la future maison.
Elle est trop belle !
-Tout est réglé.
Ton père est muté,
j'ai donné ma démission.
Je suis désolée, ma chérie.
Chérie ! -Bravo, Juju.
-J'ai rien fait !
-La fenêtre !
Alors ?
-J'ai l'impression qu'elle comprend. Ca lui fait pas plaisir,
mais je crois qu'elle comprend. -Tu veux dire que...
C'est vraiment fini, fini ?
-Et c'était pas fini ? -Pas vraiment.
J'y ai cru pendant une nuit.
Et le lendemain, vers 10h, j'ai reçu un appel.
Une fugue ? Sophie, calme-toi. Elle a séché les cours, pas fugué.
Si ça se trouve, elle dort.
-Je suis dans sa chambre. Elle a pris un sac et des vêtements.
Elle est partie, c'est sûr.
*-Appelle Antoine, Alice et ses amies.
Je passe chez les flics. -Patrick, vos clients attendent.
-Oui, mais là, c'est pas possible. -Ecoutez,
j'en ai assez de Paola, de vos humeurs, de vos absences.
Vous rejoignez vos clients ou vous êtes viré. C'est clair ?
-C'est très clair.
Mme Laubier,
vos rechampis, vous savez où vous pouvez vous les mettre ?
-Si vous la voyez... Merci beaucoup.
Alors, la police ?
-Ils vont donner son signalement. T'as appelé qui ?
-Tout le monde. Personne ne sait rien.
-Si c'est pas pour aller voir Antoine, pourquoi elle est partie ?
-Elle t'a rien dit, hier ?
-Si, elle m'a dit qu'elle allait fuguer.
-C'est après cette discussion qu'elle a décidé de fuguer.
-C'est ma faute ?
-Non. Tu lui as dit quoi ?
-Tout ce qu'elle voulait entendre, c'est "on part plus".
-T'as cédé cent fois, déjà. -J'ai cédé à quoi ?
-A tout ! Le week-end, le portable.
A chaque crise, tu t'es dégonflé. -Je me suis adapté à Paola.
Et à toi aussi.
On peut pas penser à sa fille et à se faire sauter par son patron.
-J'y pense, à ma fille. Je fais que ça,
en t'attendant le soir, alors que t'es dans ton magasin de merde,
pour vendre des cuisines pourries. -Ca nous a fait bouffer.
Et je me sens mieux qu'ici,
au magasin. C'est pour ça que je rentre tard.
J'en peux plus des cris, de la gueule, des discussions.
Pourquoi tu fais ci ou ça ?
Et t'en veux un 3e ? Mais jamais !
Je me demande même pourquoi on a fait les deux premiers.
Téléphone.
-Allô ?
Elle est où ?
-Elle va bien. Elle dort.
Elle a pris le train, le bus,
et elle est arrivée avec son sac. Elle a peur de se faire engueuler.
-Ca te fait rire ? C'est pas drôle.
-C'est toi qui dis ça ?
-Michel !
-Oui...
-Je vais lui parler.
-Marre de Paola !
Vous vous intéressez qu'à elle ! Et moi,
je compte plus.
C'est comme si j'existais pas ! -Mais non !
-Mon tournoi, c'était ce soir !
-C'est pas possible...
-Bon... -S'il te plaît. Laissez-moi.
-Ecoute, Sophie. -On a fait assez de dégâts.
-Attends... -On fait un break.
-Je me suis énervé et je comprends que tu m'en veuilles.
Rentrons à la maison, on va en parler.
-Je vais rester ici un peu, avec les enfants.
-Tu t'entends, Sophie ? On va pas se quitter quand même.
-Je sais pas. S'il te plaît.
J'ai pas envie de rentrer avec toi.
...
-Ca va passer.
-Pardon ? -Ca va passer tout seul.
Vous vous rappelez ? On est venus avec Paola.
-Ah oui. Monsieur...
-Renard.
-Votre fille, ça va ?
-Super. Et votre nez ? -Quel rapport ?
-Quel rapport ? Mais tu m'as pourri la vie, salaud !
-3 dents en moins
et 2 côtes fêlées. -C'est pas cher payé.
-On est d'accord.
-Vous croyez que je vais pouvoir sortir ?
-C'est au commissaire qu'il faut demander ça.
Mais vous êtes mal barré. C'est pas un tendre.
Racontez-lui
votre histoire. -Que je recommence tout ?
-C'est inutile.
Commissaire Laubier.
-M. Laubier ! Oh non, merde. M. le commissaire Laubier.
Je vous dois toutes mes excuses pour votre femme, hier.
-Ma seconde épouse est une emmerdeuse. Si, si.
La première était parfaite. Mais elle m'a quitté
après la crise d'adolescence de nos filles.
Je me suis conduit comme un con.
Un peu comme vous, si j'ai bien entendu.
J'étais là.
Mais un homme qui supporte avec le sourire les caprices
de Mme Laubier mérite une 2e chance
et a toute ma compassion.
M. Renard. -Oui.
-Voulez-vous récupérer votre femme ?
-Elle veut plus me parler.
Et là, elle doit être en train de dîner avec son patron.
Voire pire si affinités. -Quel nom, le restaurant ?
-Enfin.
-Ecoute, Thomas,
même si ça va pas très bien avec mon mari, ne crois pas...
-Non, non.
Tu te souviens, ce que je t'ai dit la dernière fois ?
Rien de tel qu'un échec pour repartir sur de nouvelles bases.
-Thomas Periardi ?
-Oui.
-Commissaire Laubier. Veuillez nous suivre.
-Pardon ?
-On vous expliquera. Emmenez-moi ça.
-Que faites-vous ?
Sophie, c'est un malentendu ! -Vous, ne bougez pas.
-Pourquoi vous l'emmenez ?
-On vous expliquera. -C'est pas possible !
-Oui, je sais ce que tu vas dire.
Y a sûrement des méthodes
plus classiques, je suis d'accord.
-Tu veux dire que c'est toi, tout ce bordel ?
-Et plus élégantes, c'est sûr.
Tu m'as pas vraiment laissé le choix.
Mais c'est compliqué de dîner avec toi, en ce moment.
J'ai merdé, je le reconnais.
Mais je te jure que je vais...
J'ai besoin de toi. Je t'aime.
-Les enfants, on voulait vous dire qu'on a pris une grande décision.
Papa va chercher un poste de directeur.
-Mais sur place. -Et on va prendre une maison.
-Mais juste à côté. -Et tout le monde est content.
-Je change pas de collège ? -Non. Comme tu voulais, non ?
-Oh non !
-Tout le monde était sympa avec moi car vous m'emmeniez de force.
Je vais avoir l'air de quoi ? -Mais Antoine ?
-Il s'est fait couper les cheveux, il est trop moche !
-On pouvait pas savoir ! Il est si moche que ça ?
Paola, ouvre cette porte ! -Non !
Non, j'ouvre pas ! -Paola, ça suffit ! Arrête !
Tu as mis un verrou ? -Oui, j'en ai marre !
-Je te conseille la rouge. -Ah bon ?
-J'en ai marre, c'est nul !
-Ca va passer, mon Juju. -Mais quand ?
-Tu me saoules ! -Paola, ouvre-moi la porte !
france.tv access
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.