Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
(musique dramatique)
- J'entends des voix des fois.
- Quel genre de voix?
- Des cris.
Des hurlements.
Du monde prisonnier, du monde qui brûle.
- Ca arrive pendant tes cauchemars?
- Non, je suis réveillé.
- Ca t'arrive souvent?
- Presque tous les jours.
Je vois du monde aussi.
(petit rire)
(vrombissement de train)
L'autre jour, j'ai vu Pierre-Luc.
Il m'a envoyé la main.
J'étais en char avec ma mère.
C'était pas dans ma tête, ça avait pas l'air en tout cas.
- Pierre-Luc, on s'est vus à ses funérailles.
On s'est parlé. - Ouais. Je sais.
(stridulations d'insectes)
- Envoye, Bryan.
Tu peux pas rester sur ton cul à attendre que ça passe.
Francis puis la gang vont être là.
Hein, ça va te faire du bien.
Lave tes pieds sales, mets tes souliers puis viens-t'en.
- Facile à dire, ça.
- Regarde bien, on est tous passés par là. T'es pas pire que les autres.
- Je ne veux plus mettre de souliers ni de bottes.
- Ah, arrête avec ça!
- Tu peux pas comprendre.
(soupir)
- Regarde bien. Là, il va falloir
que tu passes à d'autres choses parce que c'est pas vivable.
- J'essaie, ostie. J'essaie.
(soupir)
- Je vais être en retard.
Tu viens ou pas?
Bon, bien, c'est ça, hein.
Reste donc tout seul, ostie, nu-pieds dans le salon.
C'est pas comme si j'avais pas essayé!
(claquement de porte)
(grattement)
(rires)
(musique douce)
- Tu voulais me voir?
- J'ai pas envie d'être tout seul.
Tu veux-tu une bière?
- Certain.
Ca file pas?
- Ils comprennent pas, personne.
- Il faut être passé par là.
- La psy...
...elle dit que je fais une psychose.
Elle veut que j'aille voir un psychiatre,
qu'il me prescrive des pilules.
Je suis pas capable de remonter.
C'est-tu de ma faute?
- Ca prendra le temps que ça prendra.
- Comment ils font, les autres, pour reprendre leur vie,
pour sortir dehors, mettre leurs ostie de souliers?
- Ils ont pas vu ce que t'as vu.
- Il y a juste toi qui me comprends.
Tu m'as toujours compris, Myriam.
- T'es encore avec Lydia, que je sache.
Quand est-ce que tu vas lui dire?
Il n'y a plus rien entre vous deux.
Ca fait des mois que tu sais ça. Elle aussi, elle pense ça.
Elle reste juste pour pas se sentir coupable.
- J'ai peur de me retrouver seul avec mon mal.
J'ai tellement mal tout le temps, là.
- Mais t'es pas tout seul, je suis là.
- Ils m'ont tous dit ça au début.
- Nous, c'est pas pareil. Ca remonte à loin.
- Tu t'en vas ou?
- Je veux voir ou tu vis, ou tu dors.
- Je dors pas gros depuis un bout, je vais te dire.
Myriam?
Myriam!
- Tu sais ce qui te ferait du bien?
Aller sur le lac faire un tour de bateau.
Un peu d'air, d'espace.
Un beau grand tour de bateau jusqu'au bout du lac.
(indicatif musical)
- Wow, le boat, toi! - Pas pire, hein?
Hé, attends de voir ça. Ca fly en chien, ces bébites-là.
- Ce que j'aime de la fête du Canada, moi,
c'est que ça permet de récupérer de la Saint-Jean, tu sais.
- Ouais, dans ton cas, on comprend ça, mon Pat.
- Ta gueule, môman, j'étais pas si pire.
- Tu t'en rappelles pas, tu veux dire.
- En Beauce, ça?
- Oui, à Woodstock, au show de Frampton.
- On l'a jamais vu défoncé de même.
Il se roulait dans la boue, ostie.
- J'arrivais d'Alaska.
L'alcool puis le décalage, c'est pas bon.
- Ouais, t'étais décalé en ostie.
(rires)
- Hé, moi, dans mon temps, on fêtait ça sur le mont Royal.
Félix, Charlebois, Plume.
On devait être un demi-million bien chaud ou gelé.
- Ou les deux dans ton cas, hein?
Ma mère, elle me l'a contée souvent, celle-là.
Ils commençaient à sortir ensemble.
Ils se sont mis trois pour le rentrer dans le char, ma mère puis les Garneau.
- Je me suis dit: < Si elle a été capable de m'endurer ce soir-là,
on est bons pour la vie. > Fait que je l'ai mariée!
- Bien oui, OK. (rires)
- Hé, les Garneau,
leur fille s'en revient à Mégantic, il paraîtrait.
- Oui, on l'a croisée à Woodstock.
Elle nous a dit ça.
- Qu'est-ce qu'elle fait?
Elle est masseuse astheure, c'est ça, Bryan?
- Ouais, elle veut s'ouvrir un salon ici.
- Hé, elle est rendue pas mal cute, la petite Myriam, hein?
- Elle a jamais été bien, bien laide.
- C'est ton ex, ça?
- En secondaire 1. On se calme.
- Bien, anyway, son petit coeur est pris, lui, là.
- C'est pas parce que t'as un arbre dans la cour
que tu peux pas prendre une marche dans la forêt.
- Calvaire, P.-L. Man, ostie que t'es douche.
- N'empêche, une masseuse, ça doit pas être plate.
- Ostie d'obsédé! - Mets-en!
- Dites-moi pas que vous y avez pas pensé,
ma gang de mangeux de...
Je parle pas de vous, Rodge.
- Hé, je vous écoute, puis je me revois dans le temps.
Plus ça change, plus c'est pareil.
(musique douce)
- Myriam?
- Hé, Bryan.
- De retour aux sources?
- Oui.
- C'est cool de te revoir ici. - Oui, contente d'être revenue.
Sherbrooke, j'en avais jusque-là.
- Ah oui, hein?
- Salut, Bryan. - Nadia.
- Hé, il faudrait monter le divan.
Mon shift commence bientôt à l'hôpital
puis il faut que j'aille me changer.
- Ah, mais laisse faire ça, Nadia.
Je vais m'en occuper, moi. - Oh, pas besoin, on achève.
- Non, non, c'est parfait.
T'es un amour.
- Merci. - De rien.
- Bye, là. - Bye. Bon shift.
Je t'aime!
- Je monte ça en haut?
- Oui.
- Ou c'est que tu les veux?
- Euh, sur la table.
(aboiement au loin)
(gémissement)
T'es-tu correct?
- Oui, oui, c'est rien.
Hé, t'es bien spottée en maudit.
- C'est Yvan qui me l'a trouvé.
Toi, t'es ou?
- Dans Fatima, sur Salaberry.
- Ah. - Ouais.
- Avec Lydia, il paraîtrait?
- Ouais.
- Tu les prends jeunes.
- Elle a 18 ans.
C'est juste cinq ans de différence.
- Six.
- Elle va avoir 19 le mois prochain.
Puis toi?
- Il y a pas personne.
Le dernier, c'était un moyen débile jaloux.
C'est un peu ça qui me ramène ici.
Ah, ils m'ont laissé une bière. A deux?
- Oui.
A ton retour.
- Aux retrouvailles.
- Merci.
T'es rendue masseuse, ça a l'air?
- Orthothérapeute.
C'est ma bague de graduation.
< Masseuse >, ça fait cheap, je trouve.
- Ah.
- Le monde, ils se font des idées des fois,
les gars surtout.
- Mais voyons donc.
- Je suis spécialisée en sportif.
- Justement, j'ai dû m'étirer une épaule à la chasse
en traînant un ours. - Ou ça fait mal?
- Bien, ça part dans le cou
puis ça descend jusque dans l'omoplate.
Oui. - La scapula.
(soupir) C'est musculaire.
T'aurais pas dû forcer tantôt, y a rien de pire.
- Quand je t'ai vue avec Nadia tantôt,
je me suis dit: < Ca a pas d'allure. >
- Fais-tu des haltères?
- Euh... pas vraiment, non. - Il faudrait.
Pour renforcer tes muscles stabilisateurs.
Mais avant, il faut guérir ça.
Passe me voir.
Je t'offre l'examen puis le premier traitement si tu veux.
Pour te remercier, hum.
- Les pratiques, là, c'est une aux deux semaines,
puis ça commence pas avant septembre.
Fait que pour tout de suite,
je vais vous expliquer la drill en gros.
Ca, c'est ta pagette.
Tu te pointes sur appel.
- Oui.
Hé, je te dis tout de suite,
elles sont trop grandes, ces bottes-là.
- Tu chausses du combien, d'habitude.
- Neuf, neuf et demi. - Bien, c'est censé faire.
- Mais moi, j'aime ça quand c'est serré.
Comme ça, si j'ai à courir, ça va comme plus vite.
- Oui, écoute bien, le jeune,
si t'es trop serré, tu vas geler l'hiver
puis tu vas mourir de chaleur l'été.
- Je le sais, ce que j'ai de besoin. Moi, j'aime ça de même.
Quand j'étais volontaire à l'usine de Fatima, j'en avais pas de problème.
- Combien t'as eu de feux là-bas, toi?
- Oui? - Bien, on...
- Bien, c'est ça.
Tu vas être un petit peu plus occupé ici.
- Regarde, anyway, c'est toi qui vas dealer avec.
Toi, t'as ton pompier un.
Fait que, Francis, il va être dans quel groupe, lui?
- Euh, Bryan... Bryan... 91.
- Tu vas voir, c'est un bon groupe.
Ils vont t'intégrer lentement, mais sûrement.
Puis, après ça, tu vas apprendre sur le tas.
- Ah, mais je suis sérieux,
pour les bottes, tu checkeras ça.
- Oui, je vais checker ça.
Bienvenue, man.
- Bienvenue, man.
- Ostie que j'ai hâte au premier quart.
On dirait que la revoir, ça rebrasse plein d'affaires.
- Dans tes culottes?
- T'es très, très cave.
- Mais Lydia, là-dedans?
- Relaxe, il s'est rien passé. Je l'aime, Lydia.
- Rien passé, ostie? T'as faké d'avoir mal à l'épaule
pour que l'autre te fasse un massage.
Dans mon livre à moi, c'est un peu tromper.
- Mais non. - Ta gueule.
- Hé, dans la même ligue, en tout cas.
- J'ai rien fait.
Hé, je dis ça de même, elle a quasiment fini son drink.
(Pat): Hé, je le sens pas.
- Ca a bien l'air qu'il viendra pas.
(Pierre-Luc): Oh, c'est un go, ça.
- Elle est en train de le caler. - Une autre fois. Une autre fois.
- Merci, ma chum. - Attention à toi.
- On s'appelle.
- Envoye, ostie de tapon. - Lâche-moi.
- Elle s'en va, là.
- Merci. - Pas de trouble.
- Oh, toi! - Voyons, tabarnak.
- Envoye, come on, elle est pas trop loin. Vas-y.
- Vos gueules, câlisse! Je suis tanné.
- Vas-y, elle est juste là. - Qu'est-ce que tu fais là?
- Je suis pas bon, lâchez-moi.
- Ca vient de me coûter 15 $ ou je sais pas trop.
Câlisse, c'est un Cosmo.
Voyons donc, < pas de trouble >?
- Juste ferme ta crisse de gueule.
- T'es pas bon. Non, je suis pas bon.
- T'es pas bon, man.
- Hein, pas pire soirée, pareil.
- Tu niaisais pas mal. - Ah.
- Le gars le plus bretteux de la planète, man.
- C'est elle qui est partie. Qu'est-ce que tu veux que je te dise?
C'est pas de ma faute. - Tu niaisais sur la banquette. Bien oui, elle est partie.
- C'est à cause de vos crisse de niaiseries.
On a l'air d'une gang de tatas.
- Tu repars samedi. Laisse-nous pousser un peu.
- Hé, tu me dois 10 $ pour le Cosmo.
Je paie pas pour les téteux, moi.
- Bye, là. - Ciao.
- C'est ça, bonsoir.
(conversation indistincte)
(vrombissement de moteur)
- Salut.
- Hé.
- T'es-tu occupée?
- Pas vraiment.
- Est-ce que tu...
Tu m'as offert de quoi tantôt puis...
...ça élance pas mal à soir.
Bien, je peux repasser si tu veux.
- Viens-t'en.
On pratique sur des volontaires.
L'école met une annonce dans le journal
puis c'est gratuit.
- Avoir su, je serais venu te voir avant.
As-tu des bozos des fois qui...
- Qui quoi?
- Bien, qui perdent un peu le contrôle?
C'est pas toujours évident.
T'es cute pas mal.
On n'est pas faits en bois, nous autres.
- C'est arrivé, oui.
On a une règle dans ce cas-là.
On leur offre un petit jus d'orange
puis on se retire le temps qu'ils se calment.
T'as-tu une petite soif, toi, là?
- Non, non.
Un gars s'informe, c'est tout.
J'en reviens pas.
- Quoi?
- Comment c'est simple entre nous deux.
- Ah.
- J'ai l'impression qu'on peut parler de tout.
On se comprend.
J'ai l'impression que je pourrais me retourner
puis t'embrasser, puis ce serait bien correct.
Ayoye donc!
- Excuse, t'as un gros noeud.
- Je dis pas que tu me laisserais faire non plus, mais...
...j'ai l'impression que ce serait pas la fin du monde si je m'essayais.
(musique douce)
- Il faut dire qu'on est déjà passés par là.
- C'est ça que je dis quand je dis c'est simple entre nous deux.
Normalement, je dirais jamais ça à une fille.
- Oui, on sait jamais.
Tu pourrais manger une bonne claque.
- Ah, mais il y a un risque à tout.
- Ta blonde.
- Je ne le sais plus, pour être bien franc.
Je la trouve jeune un peu des fois.
J'ai l'impression qu'on n'est plus à la même place, elle puis moi.
- Hum. J'ai un principe, moi.
Une chose à la fois.
- Ah... - C'est ici que ça fait mal?
- Ah... Oui, c'est ça, c'est là, oui.
(musique douce)
- Toi, c'est médium, la belle Lydia?
- Ca dépend. C'est-tu de l'ours comme l'autre fois?
- 60 % ours, 40 % porc.
Ca goûtera pas le sang ce coup-ci, promis.
- Bien cuit, s'il te plaît, puis la plus petite boulette.
- Bryan, lâche ta pagette, on mange.
Je te dis qu'il est pas fier rien qu'un peu, hein?
- T'aurais dû voir ton père se péter les bretelles
quand il a eu son uniforme pour la première fois, lui.
- Ah oui, hein?
- Bon, bon, bon, exagère pas, Francine.
T'as manqué de quoi l'autre jour, Lydia.
Ce bateau-là fly. T'aurais dû voir ça.
On ira faire un tour ensemble tous les quatre.
- Accroche-toi, il conduit comme un fou.
- Hé, 40 ans que je navigue, pas un accident.
- Hum. - Puis, c'est-tu bon, la petite?
- C'est un peu épicé. - Bien, ça tue les microbes.
Hé, tu sais ce qu'il faudrait?
Faudrait que tu viennes à la chasse avec nous un jour.
- Je suis pas sûre, moi.
Tirer sur un animal... - Ca a l'air pire que c'est.
- Je suis un peu contre ça, pour être franche.
- C'est comme aller au supermarché.
- Je suis contre les abattoirs aussi.
- Tu manges du bacon. T'adores ça, le bacon.
- De moins en moins.
- Sa mère est végane.
- OK, mais ça a pas rapport.
Je suis vraiment capable de penser par moi-même, calvaire.
(musique dramatique)
- Un peu de salade peut-être?
- Lydia. - Laisse faire.
(rires)
- Envoye. - Reviens, là.
C'est des blagues.
(alarme) - OK, c'est quoi?
- Il y a un feu qui a pogné dans la locomotive
d'un train parké à Nantes.
On va aller les aider. - C'est-tu gros?
- Non, c'est une petite affaire. On va juste là par précaution.
Ton chum est pas là? - Qui ça?
- Le petit cocky. - Bryan?
Je sais pas, il a pas dû avoir le call.
Ah!
- Hé.
Qu'est-ce qui se passe, là?
T'étais pas dedans bien avant qu'on arrive chez mes parents.
- Toi...
Tu m'aimes-tu au bout?
- Certain que je t'aime. On habite ensemble.
- Myriam.
- Quoi?
- J'ai croisé Nadia cet après-midi.
Ca a l'air que t'es monté chez elle.
- Crisse, c'est petit, Mégantic.
Bien oui, je l'ai aidée à déménager
une couple de meubles.
- Tu m'en as pas parlé.
- Hé, toi, là...
Qu'est-ce que tu fais?
Arrête-moi ça, ces niaiseries-là.
Il y a rien, je te jure.
On va-tu se commander une pizza chez Aline?
Faut que tu te mettes de quoi dans le ventre, toi.
- Non, va prendre un verre avec tes amis.
Je suis... je suis fatiguée.
(musique dramatique)
- Oui, apparemment, tout est OK.
Juste un gars qui passait par là en char
qui a fait le 911.
Anyway, ils ont éteint le moteur,
fait que ça ne peut plus brûler.
Je peux pas te payer temps double, tu le sais.
Fait que je vais envoyer quelqu'un checker tout ça à Nantes.
(Bryan): Tout est fini?
- Oui, on est train de ramasser.
- OK, t'as-tu besoin d'aide? - Hein.
Non, c'est beau.
- Ah, fait chier d'avoir oublié la pagette chez mon père.
- Ouais, c'est sûr que ça part pas fort,
mais en même temps, t'as pas manqué grand-chose.
On n'a presque pas arrosé.
Quand on a éteint le moteur de la locomotive,
tout s'est étouffé.
- Bon. Sorry, les gars.
Qu'est-ce que vous faites après?
- Moi, je m'en retourne à la maison. Puis toi?
- Ah, je suis au Musi,
mais je m'en vais peut-être au casino tout à l'heure.
Je sais pas encore ce que la soirée me réserve.
- Donne-moi donc un sambuca, s'il te plaît, Sandrine.
- Ouais, dans le ballon ou...
- Non, non, juste en shot, c'est correct.
C'est toi qui travailles à soir?
- Oui. Je remplace Annick pour être fine.
- Ah bien, si c'est pas mon déménageur préféré.
- Bien oui. - Même chose que d'habitude, s'il te plaît.
T'es pas avec Lydia?
- Non, elle est fatiguée à soir.
- Tu vas rejoindre Myriam au casino à soir?
- Elle t'a dit ça?
- Tu sais que c'est ma meilleure chum, hein?
- Hein? - Niaise-la pas.
- Pourquoi tu me dis ça?
- Tu l'aimes-tu?
- Bien...
- Tu l'aimes-tu?
- Crisse, t'es bien intense, toi.
- Bien oui, tu l'aimes, crisse de tata.
- Pourquoi tu me traites de tata?
- Promets-moi de faire attention à ma chum.
Protège-la.
Toujours.
(grondement)
(tintement)
(crissement)
- Mégantic. C'est pour un incendie
rue Cartier et Laval.
Plusieurs bâtiments commerciaux et résidentiels en feu.
(voix radio indistinctes)
- Mon Dieu... Roger!
- Alerte générale.
- Y a le feu au centre-ville.
Bryan, c'est sa pagette. Il l'a oubliée.
Mon Dieu, il m'a dit qu'il sortait au Musi ce soir.
Ah non, ah non...
(déflagration) Ah!
Voyons, Roger! Qu'est-ce qui se passe?
(alarme de voiture)
- Bryan? C'est moi.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Rappelle-moi au plus sacrant, tu m'entends?
Dès que tu prends mon message, tu m'appelles, OK?
(sonnerie)
(musique trépidante)
- Bryan?
Ah... oui. Oui, Fred.
Oui, attends.
- Oui?
Déraillé ou exactement?
Oui.
Correct, j'arrive.
(sirènes)
(cris indistincts)
(coups de klaxon)
(musique dramatique)
(crissement de pneus)
- Hé, non. Ca passe pas, monsieur, ici.
Faut passer par Fatima. C'est trop dangereux.
- Je cherche mon gars.
Ca a l'air que vous faites l'évacuation sur Frontenac.
- Je comprends, mais on essaie
d'évacuer les gens, pas d'en ajouter.
C'est par là pour tout le monde. - Faut que je le voie!
- J'ai pas le temps de m'obstiner, moi.
Fatima, monsieur. - OK, je comprends, je m'excuse.
- Hé, hé, hé, hé!
- Hé, qu'est-ce que vous faites là?
(musique trépidante)
(paroles entremêlées)
(coup de sifflet)
- Il faut pas rester ici, monsieur! Reculez! Reculez!
- Allez-vous-en! Vous avez rien à faire ici!
Allez-vous-en!
- Excusez, je cherche mon gars. Il est pompier volontaire.
- Roger, Roger! Qu'est-ce que tu fais là?
- Je cherche Bryan. - Hé!
- Bryan, tu nous as fait peur, mon petit sacrifice.
- Papa? - On a essayé de t'appeler.
- Bien oui, ma pile est à terre.
Va ouvrir le char, vite! - Oui, mettez-la ici.
- Go, go!
(cris indistincts au loin)
- OK, on la dépose. - Ouais.
OK. - OK.
Tu t'en occupes? OK, merci.
(déflagration)
- Tabarnak! - Reculez, tout le monde!
- Câlisse. - Promets que tu vas être prudent.
Joue pas au héros, là.
- Promis.
- OK, tout le monde! - OK!
- Venez-vous-en!
Je viens de parler à Dorion.
On envoie du renfort autour du foyer principal
juste pour arroser ce qui est pas encore brûlé.
Là, Dorion m'a dit qu'eux autres,
pendant ce temps-là, ils vont creuser des fossés
pour maîtriser le feu.
J'ai besoin de deux, trois gars
qui vont aller vers le Parc des Vétérans
pour s'assurer que tout le monde soit évacué, OK?
- Je peux y aller. - Je peux y aller avec les gars de la deux.
Bryan a pas assez d'expérience. - Hé, je veux y aller.
- T'es-tu sûr? - Oui.
- OK, là, checkez-vous bien comme il faut puis faites attention.
Arrangez-vous pas pour rester de l'autre bord du mur de feu
parce que si vous restez pognés,
moi, je ne peux plus rien faire pour vous autres, OK?
- OK. - Bryan, tu l'écoutes.
- Heille, j'ai compris.
- OK, go puis bonne chance.
(musique dramatique)
- Hé!
Il y a quelqu'un là-bas!
- Ou ça? - Là, là, dans la maison!
- Oui, je la vois.
- Passe-moi ta hose. - Hé, Brian, reste ici.
- Envoye, niaise pas, donne-moi ta hose, ostie! - Brian, ostie!
- Hé, niaise pas, câlisse! - Hé!
- Hé, Bryan! - Let's go, vas-y, fonce!
- Bryan, reste ici!
- Vas-y! - Vas-y, Bryan!
(cris entremêlés)
- Les gars, câlisse, restez ici!
(musique dramatique)
(voix inaudibles)
(crépitement des flammes)
(musique douce)
- Let's go, les gars. Bonne job.
(conversations indistinctes)
(musique dramatique)
(sifflement des flammes)
- Reste pas accroché, man. Il faut bouger.
(sifflement des flammes)
(♪)
(paroles inaudibles)
(Claire): Tu prends tes médicaments?
Bryan, c'est important, il faut que tu les prennes.
Bryan? - Lesquels, ostie?
Les bleues? Les blanches?
Les nouvelles? Celles pour dormir?
Celles qui me donnent l'ostie de nausée
ou celles qui me fuckent la tête?
- Si ça fait pas, on va retourner voir le Dr Lemaire.
Il peut ajuster tout ça.
Tu te promènes encore nu-pieds?
- Je n'en veux plus de souliers. Je ne veux plus porter ça.
- Pourquoi?
- J'étouffe. Mes pieds, ils étouffent.
Je ne respire plus.
- Pourquoi?
- Parce que cette nuit-là, j'ai manqué d'air.
Mes pieds brûlaient.
- T'as vu des choses que t'aurais pas dû voir.
C'est normal que tu sois--
- Tu le sais pas, toi, qu'est-ce que j'ai vu.
- On me l'a rapporté, oui.
Un corps... entre deux autos.
(petit rire)
- Non.
Non, j'ai rien vu de ça.
(musique dramatique)
Qu'est-ce que...
Qu'est-ce que tu fais?
(balbutiements)
Parce que ça se fait pas, s'en aller de même.
Tu m'as rien dit, Lydia. Qu'est-ce que tu fais?
Non, je le sais, mais...
Quand ça marche pas dans un couple,
on... on attend un mois ou deux puis... ça se replace.
Tu n'es plus capable? Imagine-moi, ostie!
Je... je le sais,
mais il y en a trop eu tout d'un coup.
J'ai de la peine pour tout le monde, Lydia.
Fait que tes caprices, ça passe après.
Hein?
Non, non, je me... Non, non, je me fous pas de toi.
C'est pas ça que j'ai voulu dire.
Non, non, je m'excuse.
Je ne le sais plus, ce que je dis.
(tonalité)
- Ca va pas?
- Fais comme chez toi.
Je pensais jamais que j'allais couler de même.
Bryan Lussier...
number one.
- C'est pas une si mauvaise chose.
Au moins, c'est réglé avec ta blonde.
- C'est ça que j'aime chez toi.
C'est ton côté positif.
- As-tu pris tes pilules?
- Le voilà, mon médicament.
(soupir)
- On y va-tu faire un tour sur le lac?
- T'es belle.
T'es tellement belle.
- On reste pas ici. Il y a rien ici.
- Tu trouves pas qu'il est...
...qu'il est un peu tard?
- C'est beau, un lac, à l'aube.
(ding-dong!)
(grincement de la porte)
- Je sais...
...je sais pas ou me garrocher.
(reniflement)
(Roger): Viens rester ici.
Ta chambre est là, toute prête.
(Bryan): Papa, j'ai 25 ans.
- 25, 40, 60...
Tu seras toujours mon gars.
Pas date d'expiration là-dessus.
(soupir)
- Ca va passer.
Je m'excuse.
- Tiens. Il faut que tu manges, toi, hum.
- Merci.
- Ton père a raison.
Viens vivre ici quelque temps.
Reste pas tout seul.
- J'ai pas faim, maman.
Je vais y penser.
- Joanne, la mère de Myriam,
elle file pas pantoute.
Elle est passée me voir hier.
Elle voudrait te parler.
Elle se demande si...
...si tu savais les derniers mots de sa fille.
(musique douce)
- Comment, ses derniers mots?
Qu'est-ce qu'elle dit, elle?
- Ca vous ferait peut-être du bien de parler, tous les deux.
- Maman, c'est pas Myriam que j'ai vue.
Elle était chez elle.
- Non, Bryan, c'est elle.
- Non, ils l'ont pas trouvée.
Ca se peut pas.
- Elle a juste eu le temps
de sortir de chez elle, d'après les experts.
- Puis de s'enfuir, pourquoi pas?
- Non.
Elle serait morte en sortant.
Elle aurait manqué d'air avant même de brûler.
Ca aurait pas pris cinq secondes.
Elle aurait pas eu le temps de souffrir.
Faut faire face à la réalité, Bryan.
C'est la seule façon que les médecins disent.
- Tout le monde dit de la merde.
Tout le monde, ostie.
C'est pas Myriam que j'ai vue.
- Sa mère m'a remis ça.
Tes collègues l'ont retrouvée sur le corps
entre les deux voitures...
...juste en face de chez elle.
(musique dramatique)
(rires)
- Ma pauvre mère, man.
Ca me tue de la voir de même.
- Oui, moi avec, mais qu'est-ce que tu veux?
Son beau petit gars part demain. C'est normal.
- Hé, les boys. - Yo.
- Hé, je sortirais le boat à soir, moi.
Un petit tour sur le lac, ça vous tente-tu?
- Oh, moi, pas tant, pour dire.
Puis lui, oublie ça.
Il apprivoise sa princesse à soir.
- Ah, bon, enfin! Il était à peu près temps, man.
- Justement, je vais aller voir à la bijouterie
pour être sûr qu'elle a pas oublié. Je vous rejoins tout à l'heure.
- Hé, notre beau Pat qui se déniaise.
Trop beau. - Hé, vas-y, man.
Je te rejoins au Musi.
- Ciao, man.
- Hé. - Ah, salut.
- On s'en va sur le lac tantôt.
Avec la chaleur qu'il fait, on se baignerait.
Ca te tente-tu? - Je pense pas, non.
- On sera pas tout seuls. Les boys vont être là.
- Sérieux, j'ai un mal de bloc.
Je m'en allais me chercher des granules à la pharmacie.
- OK.
- Mais plus tard, si ça va mieux,
je suis censée aller au casino avec une couple de chums.
Viens faire un tour.
- Je pensais peut-être aller au Musi.
Y a un show à soir.
C'est Rick puis Bob qui jouent, fait que..
- Ecoute, on se reprend, c'est pas plus grave que ça.
- Hé, non, non.
Casino, c'est good.
Je te rejoins là-bas si t'as pas trop mal à la tête.
- Oui.
(musique dramatique)
(Bryan): < Chère maman, cher papa...
...je vous écris ce que je suis pas capable
de vous dire en personne.
D'abord, pensez jamais que vous êtes responsables
de quoi que ce soit,
que vous en avez pas fait assez pour moi,
que vous auriez donc dû essayer ci, donc dû essayer ça.
Vous avez toujours été là pour moi.
J'ai été tellement chanceux de vous avoir...
mais mes décisions m'appartiennent à moi
puis à personne d'autre.
Depuis le 6 juillet, j'étouffe.
Trop de morts,
trop de monde qui sont partis trop vite,
puis je vis avec ça tous les jours.
J'ai trop de peine, ça fait trop mal tout le temps.
Je pensais que ça allait passer,
que j'allais en revenir, mais...
...on dirait que la douleur est pognée là...
...dans ma tête...
...puis dans mon ventre.
Ils auront beau dire ce qu'ils voudront,
je veux que vous sachiez que je suis pas tout seul.
Elle est avec moi...
...puis y a personne qui va m'enlever ça de la tête.
Elle a été là tout le temps.
Elle m'a compris, elle m'a écouté.
Elle m'a aidé à vivre depuis ce crisse de jour-là.
Astheure, elle va m'aider...
...à me libérer. >
(coup de feu)
(clapotis)
< Papa, maman, vous avez été des anges pour moi.
Astheure, j'espère pouvoir en être un pour vous malgré tout.
Je vous aime. Bryan. >
(souffle du vent)
(musique douce)
(♪)
Sous-titrage: difuze
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.