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Original subtitles

Ecartez-vous.

Je t'en débarrasse ?

Dégage d'ici.

Alors, Dib ?

Ton clébard est foutu.

Tu penses quoi de mon monstre ? Il gère ou pas ?

C'est un chien, ça ?

T'as vu ses veines ? Il est dopé.

Vous ĂŞtes des ordures.

On pariait Ă  la loyale avant que vous veniez.

Tu oses, petit con...

Vas-y.

Tu fais quoi ? Dieu maudisse tes parents !

Muet de merde !

Va te faire foutre !

Vous ĂŞtes pas des hommes !

Je suis avec toi.

Je t'abandonne pas.

- C'est qui ? - Descends.

- Rien de grave ? - Descends vite, je te dis.

Fais quelque chose, injecte-lui un truc pour qu'il se réveille.

J'ai l'impression qu'il ne respire plus.

L'âme est montée.

Allez.

Plus vite.

Plus vite.

Allez.

Allez, mon frère.

Plus vite, mon frère.

Allez, que Dieu vous aide.

Bonjour.

Les frères.

- Je prends le gagnant. - Ca marche.

- Salut Issam. - Salut.

Comme d'hab.

Et un verre d'eau, s'il te plaît.

C'est bientĂ´t au suivant.

T'as pas le niveau.

Salut.

C'est quoi ce Mr Bean ?

- Ca va, Farid ? - Plus ou moins.

C'est quoi ce costume ?

Je déposais des CV...

J'étais dans un centre d'appels qui proposait 4 000 dirhams par mois.

Ils m'ont dit que mon français n'allait pas.

C'est ta gueule qui n'allait pas.

Farid !

Rien qu'en trois heures, je me suis fait 5 000 dirhams.

- T'as qu'Ă  bosser avec lui. - Dans quoi ?

- Tu sais bien. - La gnĂ´le ?

- Tu veux m'envoyer en taule ? - Tu te fatigues pour rien.

Vaut mieux ça que ton job de merde.

Tu sais oĂą me trouver.

Tu fais quoi dans ce café ? Je t'ai dit de plus y aller.

Je passe juste un peu le temps, papa.

Tu t'es fait du fric, aujourd'hui ?

60 dirhams.

Prépare-toi, y a un petit boulot.

Si Dieu veut, on va sortir la tĂŞte de l'eau.

C'est bien payé.

D'accord.

On ramène un peu de viande à maman, d'abord.

Et après, on y va.

Bonjour.

- Ca va, maman ? - Ca va.

Je t'ai ramené des abats.

C'est bien, ça fera l'affaire.

C'est compliqué, en ce moment.

C'est pas grave, tout se mange.

- C'est comme ça. - Mamie.

- Ca va ? - Oui et toi ?

Tout va bien, Dieu merci.

- Tu n'as pas mangé ? - Non.

Je vais te préparer quelque chose.

Allez, Issam.

Dépêche-toi.

Prie pour nous, maman. On a une bricole Ă  faire, on revient.

- Que Dieu vous aide. - Amen.

Nom de Dieu...

Un peu de patience, papa.

- C'est pas lui qui arrive ? - Oui, c'est lui.

Il arrive avec une voiture rouge.

Le rouge porte la poisse.

- Elle marche bien ? - Plus ou moins, ça dépanne.

Tu peux la tester.

Les plaques ont été changées, tout est en ordre.

Ca fait l'affaire.

- C'est lui, ton fils ? - Oui.

C'est bon, on y va.

Dès qu'on a terminé, je te la ramène.

- Reste un homme. - Bien sûr.

- M'oublie pas. - C'est bon.

Que Dieu te guide.

J'ai l'impression que t'as peur.

Je sais pas quoi penser de ce plan.

N'aie pas peur.

- La maison est lĂ . - Celle-lĂ  ?

Que Dieu nous préserve.

Personne derrière ?

ArrĂŞte-toi.

Descends.

ArrĂŞte-toi, connard.

Tais-toi !

Tais-toi ou je te plante !

Tais-toi, sale chien.

Calme-toi !

Dépêche-toi, arrête de trembler.

Ouvre la porte.

Lève-toi vite.

Avance, connard.

Ouvre le coffre.

Attention Ă  sa tĂŞte.

Tais-toi !

Allez, force ! Dépêche-toi !

Fais rentrer ce chien !

Démarre !

Allez, vas-y !

Caisse de merde.

Fais gaffe, papa.

Tais-toi, vérifie qu'il y a personne.

Plus vite, papa !

On va pas assez vite, lĂ .

On traîne, là !

La voiture galère.

C'est un éléphant, pas un humain.

Pourquoi tu me ramènes moi pour un mec pareil ?

Le con qui m'a envoyé m'a pas prévenu.

Tu vas te taire, oui ?

Tais-toi ou je descends !

Tu l'as frappé, papa.

Si je l'avais pas frappé, on aurait pas réussi, il est trop gros.

On va oĂą, lĂ  ?

On va le déposer chez le type qui l'a demandé.

Fais gaffe.

Salut.

- Tout va bien ? - Ca va.

C'était un gros morceau.

Sors-le, je vais l'enfermer dans la cage jusqu'Ă  demain.

Fais vite.

Sors, allez !

Allez, bouge-toi.

Il dort ou quoi ?

- Attends, je lui détache les mains. - Vas-y.

Enlève-lui la cagoule.

Il bouge pas, papa.

Pousse-toi.

Debout ! Allez, lève-toi !

Mets-lui de l'eau.

Réveille-toi, mon gars !

Il respire pas.

C'est pas possible.

Tu veux nous faire couler, Hassan ?

T'as tué le gars !

Tu nous fous dans la merde !

C'est quoi ce travail de débutant, Hassan ?

J'ai rien compris, patron.

Pourquoi tu l'as foutu dans le coffre ?

Tu l'as étouffé !

Qu'est-ce qu'on va faire avec ça ?

Je vais le découper en morceaux et le jeter quelque part.

T'es débile ou quoi ?

S'ils retrouvent la moindre trace, ils remonteront jusqu'Ă  nous !

Et pourquoi t'as ramené ton fils ?

J'avais personne d'autre, patron.

J'ai la tĂŞte qui tourne, lĂ .

Tu vas l'amener Ă  M'jid.

Tu m'entends ?

On va pas se taper la route jusqu'Ă  chez M'jid.

M'jid est un homme fiable.

Tu vas aller l'enterrer chez lui et me débarrasser de cette merde !

Tu m'as compris ?

Donne ça à M'jid.

Enlève-moi cette merde d'ici !

Hassan.

Termine ça avant l'aube,

sinon on est foutus.

Honte Ă  toi.

Fais vite, s'il te plaît.

On va oĂą, lĂ  ?

On va se débarrasser de ça.

On va rester plantés là ?

On va l'emmener oĂą ?

On l'emmène chez le gars, M'jid.

T'as perdu la tĂŞte, papa ?

Tu veux l'emmener de la ville Ă  la campagne

en passant par les barrages.

Ca nous mènera nulle part, papa.

C'est quoi, la solution ?

La seule solution est de tout dire Ă  la police.

T'es devenu fou ?

Tu veux nous détruire ?

Si tu vas voir la police, on ira en prison tous les deux.

Tu veux laisser ta grand-mère mourir sans personne pour l'enterrer ?

T'inquiète, papa.

J'irai seul.

Je dirai que j'étais seul, que t'étais pas avec moi.

- Tu crois pouvoir dire ça ? - Oui.

Deux gifles suffiront pour que tu lâches le morceau.

Ecoute-moi bien.

Tu vas rentrer Ă  la maison, on s'est pas vus.

Si on te demande, t'as pas vu ton père.

J'ai compté sur toi...

Je croyais que t'étais un homme, je me suis trompé.

ArrĂŞte-toi.

Stop !

Salut.

M'jid, ça va ?

T'es qui ?

- Tu m'as pas reconnu ? - Non.

Hassan, qui bosse avec Dib.

Ah, Hassan.

Tu vas bien ?

- Dieu merci. - Je peux faire quelque chose ?

Un petit boulot, on a besoin de toi.

Quel type de boulot ?

Viens m'expliquer à l'intérieur.

Désolé, mais je fais plus ça.

Le premier que Dib a enterré chez toi,

y a eu un problème ?

Tout s'est bien passé.

J'ai planté un figuier par-dessus,

ça me donne de beaux fruits.

Mais les temps ont changé, Hassan.

Je fais plus ça.

Ecoute-moi.

Si tu nous aides,

on te paie bien.

Je cherche plus l'argent.

Je veux ĂŞtre tranquille.

J'ai un loyer qui rentre pour une antenne-relais.

Ca me suffit, pas besoin de plus.

J'ai fait toute cette route...

pour que tu nous aides.

Et tu vas nous renvoyer comme ça ?

Je t'ai répondu, Hassan.

Tu veux pas arrĂŞter ces histoires ?

Tu impliques mĂŞme ton fils.

Je suis venu pour que tu m'aides.

Pour que tu sois solidaire.

Pas pour que tu me donnes des leçons.

T'as trouvé que moi ?

Il y a assez d'endroits oĂą l'enterrer.

Les paysans ont tous vendu leurs terres et sont partis Ă  la ville.

Partez dans les champs et enterrez-le.

Prends ces figues pour passer la nuit,

et cette pelle te sera utile.

Prends ce chemin, tu trouveras des terres isolées.

Mets les figues derrière, pas dans le coffre.

Cherche avec moi un trou ou quelque chose comme ça.

On creuse et on l'enterre.

Qu'on se débarrasse du problème.

Comment tu veux creuser, papa ? T'as vu la terre ?

T'as qu'une pelle, il faut une pioche aussi.

C'est quoi, ça ?

Nom de Dieu...

Tu klaxonnes ?

Tu veux nous faire repérer ?

Je sais pas si c'est un âne ou un djinn.

Ils prennent l'apparence d'animaux.

Un puits.

Descends vite.

Descends.

- Tu veux pas m'aider ? - T'aider Ă  quoi ?

Tu veux pas m'aider à finir ça ?

Tu réfléchis un peu, papa ?

Si tu le mets dans le puits, demain ça va puer.

On se fera prendre.

Le puits est profond. On le jette, il va couler.

Tu veux pas m'écouter ?

Ouvre le puits, que Dieu maudisse ta mère.

Merde.

Le puits est plein de pierres.

La seule solution, c'est de creuser.

La terre est trop dure.

Je vais chercher la pelle.

VoilĂ .

Je vais creuser lĂ .

- Vas-y. Creuse. - Tu vas pas m'aider ?

ArrĂŞte.

ArrĂŞte.

Regarde le gamin.

Près du rocher.

- Où ça ? - Là-bas, près du rocher.

Je vois rien.

T'es aveugle ? Il est lĂ -bas.

C'est la fatigue qui te joue des tours.

Un gamin ici Ă  cette heure-lĂ  ?

- Un petit garçon, tu dis. - Il était juste là.

Un chien !

Les paysans !

Dépêche-toi, monte !

Ils sont partis en courant.

- Regarde derrière ! - C'est bon, accélère !

LĂ  ! Demi-tour !

Demi-tour papa, écoute-moi ! Ils sont là !

Evite-le, accélère !

Dégage de là !

Dégage de là !

Vas-y fonce, papa !

D'oĂą ils sortent, ceux-lĂ  ?

Vas-y.

Ils nous ont attaqués !

Attention, le ravin !

ArrĂŞte-toi.

- La route est là. - Vas-y, ça passe.

Faut qu'on s'éloigne !

Ils ont dĂ» tourner par lĂ .

Accélère.

Regarde derrière, si ces chiens nous suivent pas.

Y a rien.

Prends celle-lĂ .

Je pense que c'est la sortie.

VoilĂ , c'est bon.

Me dis pas qu'elle va caler ?

Y a une odeur de brûlé ?

Comment elle s'ouvre, cette ferraille ?

OĂą est ce putain de moteur ?

Viens, papa. C'est peut-être ça.

Putain, merde !

Dès le début, je la sentais pas, cette caisse.

La poisse.

C'est une station, papa ?

Va voir s'il y a quelqu'un.

Salut.

Frère, t'aurais pas un bidon d'eau, s'il te plaît ?

On est en panne.

Juste un peu d'eau.

Sors de chez moi. Pourquoi t'es entré là ?

- On veut juste de l'eau. - Pourquoi ?

On a un problème avec la voiture.

On a eu de la fumée, faut un peu d'eau.

On est désolés, frère.

Un peu d'eau.

Il y a pas d'essence dans cette station, elle marche pas.

On va mettre de l'eau.

Tu l'as trouvée où ?

Papa, occupe-toi de lui pour qu'il voie rien.

Bonjour.

Tout va bien ?

On a fait un peu de route,

on est tombés en panne.

Je vais essayer de démarrer.

Essaye.

Le mec n'est pas normal.

Il est hanté ou quoi ?

Il habite seul dans cette station abandonnée ?

Démarre.

Il est passé où ?

Il était assis sur la chaise.

Il s'est volatilisé.

Vas-y, réessaie.

Il est monté.

Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu...

C'est bon.

Allez, avance.

Il faut partir, lĂ .

Je sais ce qu'on va faire.

On va aller chez Larbi, c'est lui qui va régler ça.

Tu veux aller chez Larbi, en ville ?

C'est trop risqué.

Tu fais que parler.

Tu proposes rien.

Tu me casses la tĂŞte.

Tu m'avais dit une petite bricole.

Si j'avais su, je serais pas venu.

Ce qui est fait est fait.

Maintenant, faut régler le problème.

Un barrage, papa.

- Demi-tour. - Calme-toi, n'aie pas peur.

Merde.

Salut.

Les papiers du véhicule.

Vous venez d'oĂą ?

Pardon, chef ?

Vous venez d'oĂą ?

J'étais chez un cousin à la campagne.

Son fils est malade, on lui a rendu visite.

Vous allez oĂą, maintenant ?

- Pardon ? - Vous allez oĂą ?

En ville, chef.

Vous avez quoi derrière ?

- Vous avez quoi derrière ? - Rien.

Rien ?

J'ai l'air aveugle ?

Pas du tout.

Alors file des figues, ça nous fera passer la nuit.

Les figues, bien sûr.

Tenez, chef.

- Tes papiers. - Merci.

Bonne route.

C'est pas une bonne idée d'aller chez Larbi.

Change de disque !

Il faut régler ça, réveille-toi !

Salut. Ca va ?

Salut.

T'as pas vu Larbi ?

- Qui Larbi ? - Le pĂŞcheur.

Larbi, le marin ?

A l'intérieur.

- A l'intérieur ? - Oui, frère.

Il s'est foutu oĂą ?

Salut.

Larbi ! Tu me reconnais pas ?

Non...

- C'est Hassan. - Qui Hassan ?

- T'es sérieux ? - Oui.

- Lève-toi, viens avec moi. - Pourquoi ?

Un petit boulot, t'auras du pognon.

Quel boulot ? Quel pognon ?

Quel pognon ?

T'as trop bu. Pose ça et viens.

Laisse-moi finir cette bouteille. Juste celle-lĂ .

J'ai besoin de toi, je t'achèterai de l'alcool en route.

Pourquoi ? Qu'est-ce que tu me veux ?

Qu'est-ce que tu me veux ?

Larbi, viens lĂ  !

- Quoi ? - Il doit payer.

- Combien ? - 300 dirhams.

Combien je dois ?

Tiens, voilĂ  300.

- Et le pourboire ? - Y en a pas.

Donne-lui un pourboire.

C'est bon, je vais te rembourser demain.

Je vais prendre ma barque...

Je vais pĂŞcher du poisson, le vendre, et te rembourser.

Combien ? 300 dirhams ?

- Fatiha, t'as quelque chose ? - Qu'est-ce qu'il a ?

Il a trop bu.

Oui, il a pas l'air frais.

Si t'as un truc pour le réveiller.

- Je suis toujours comme ça ! - Cale-le.

Cale-le avec ta main.

Tu m'aides pas, lĂ  !

Faites-lui avaler ça, ça devrait aller.

Bois ces herbes, elles vont te réveiller.

Bois, bois.

Ecoute, mon fils...

Encore un peu.

- Je te connais. - Bois, je t'en supplie.

T'es venu avec moi sur la barque.

On a partagé notre pain. Oui, toi.

- Je me rappelle de toi. - Oui, on a partagé plein de choses.

J'ai passé toute ma vie en mer...

Bois, bois.

J'ai la tĂŞte qui tourne Ă  cause de toi, Larbi.

Excuse-moi, je t'aime bien.

Un peu de bissara.

20 ans que je suis en mer.

J'ai coulé quatre fois !

Donne-lui de la bissara chaude.

C'est le 1er exportateur du Maroc qui m'a tout appris. Je te jure.

Le premier exportateur de poissons.

- C'est lui qui m'a appris. - Bois, Larbi !

Que Dieu ait son âme.

Ca t'enlève le vertige.

- Je suis bien, maintenant. - C'est bon ?

Tiens, allume cette cigarette.

Donne, mon fils, donne.

Combien on a pêché de sars, de dorades,

de pageots, de rascasses.

- Et de saint-pierres ! - Il parle trop...

Tout ce poisson, je l'ai vendu !

J'ai tout vendu !

J'ai tout vendu...

Tout a été vendu, il restait pas un poisson !

Tu veux faire quoi avec lui, papa ?

Tais-toi.

J'ai tout vendu !

J'ai une marchandise.

J'ai besoin de toi pour m'en débarrasser.

Tu auras ce que tu veux.

Y a du pognon ?

Tant que tu me payes,

je fais ce que tu veux.

T'inquiète. Je t'ai déjà fait bosser sans te payer ?

Non.

Tu sais, moi, Hassan...

C'est comme ça que je nourris mes enfants.

Je leur paye des études. Un doctorat.

Et je me reposerai un peu.

Larbi se reposera avec sa vieille femme.

- C'est bon, arrĂŞte. - Je me reposerai avec ma vieille.

On prendra soin de nous.

Bien comme il faut.

Allez, repose-toi un peu pour que tu sois en forme.

- Tu me réveilles au port. - D'accord.

OĂą est la barque ?

Elle est lĂ .

- La mienne est lĂ , tu la vois ? - Oui.

- Celle qui est lĂ . - C'est bon.

- Je vais te dire la vérité. - Dis-moi, Hassan.

J'ai pas de marchandise.

Alors quoi ?

Viens voir.

Hassan, c'est une âme.

Elle est chère à Dieu.

Tu me veux du mal ?

Il va nous faire repérer.

Parle doucement.

Hassan, tu me veux du mal ?

Ecoute-moi bien.

Je dois le faire disparaître.

On le jette dans la mer.

Personne ne nous verra.

Il y aura juste toi, moi, mon fils et Dieu.

Hassan, laisse-moi parler.

Fais-le pour mon fils.

Il est encore jeune.

Je veux pas gâcher sa vie.

Il risque de prendre 30 ans.

Si tu veux du fric,

tu en auras, et beaucoup.

Faut juste qu'on se débarrasse de ça.

Il lui est arrivé quoi ?

Je l'ai pas tué.

- Alors quoi ? - Il s'est étouffé dans la voiture.

- Comme ça ? - Oui.

On l'a pas tué, on est pas des meurtriers.

Vous l'avez lavé ?

Parle doucement.

- Il est lavé. - Ne me mens pas !

- Vous l'avez lavé ? - Je t'ai déjà menti ?

- Non. - Il est bien lavé.

Hassan, je te fais confiance.

Il est parfaitement lavé.

Je t'en supplie.

Doucement, n'abîmez pas le mort.

N'abîmez pas le mort. Faites doucement.

J'ai besoin de plus de poids, putain.

Tiens.

Regarde dedans.

Viens, ils sont lĂ .

Monte, monte !

Larbi,

je viens avec toi ?

Non, pas la peine de venir avec moi.

Je gère, je sais ce que je fais.

Tu pourras le jeter ?

Je vais le jeter, et je reviens.

- Tout seul ? - C'est pas la première fois.

Il est lourd.

Avec les poids, il tombe tout seul.

- Je viens avec toi. - Non, je sais gérer mes affaires.

- Je viens t'aider. - Hassan, je sais ce que je fais.

Il devrait ĂŞtre revenu, papa.

Ca fait trop longtemps.

Viens, viens.

Regarde la barque.

C'est une barque qui dérive ?

On dirait bien.

Elle s'approche.

C'est bien elle.

Papa, il y a que le cadavre.

Les poids ne sont plus lĂ .

Viens m'aider !

T'as perdu la tĂŞte ! T'attends qu'il revienne ?

Tu l'appelles encore ?

C'est pas lui, lĂ -bas ?

Il est oĂą ? T'as perdu la tĂŞte ?

C'est à cause de toi, tout ça.

A cause de ton entĂŞtement.

Viens m'aider !

Viens m'aider, papa.

T'es tĂŞtu !

OĂą est mon pote ?

Il est tombé, c'est fini.

Il remontera plus, il est accroché aux poids.

T'as vu son âge ou quoi ?

Et tu l'envoies faire ce genre de trucs !

Il pouvait rien faire.

Tu l'as embarqué là-dedans, comme moi.

Le pauvre y était pour rien.

T'as vu qu'il était ivre.

Tu lui as promis de l'argent, il a pris le risque, le pauvre.

Il reviendra pas !

Ils diront tous qu'il est parti avec nous du bar.

Et au final, on se fera choper.

Je t'avais dit qu'il fallait aller Ă  la police.

On aurait pris notre peine, ce serait fini.

Maintenant, on est devenus des meurtriers.

Je t'ai suivi, je suis devenu un meurtrier.

Lève-toi, papa.

Lève-toi.

Laisse-moi.

Je t'ai dit de me laisser !

Allez, viens.

Faut enlever ce cadavre de lĂ .

Où tu m'as emmené ?

Tais-toi, papa.

Attends-moi ici.

Tu vas pas chez les flics ?

Sors pas de la caisse, je reviens.

Frère.

C'est qui ?

Issam, de la médina. Je viens voir Lghoul.

- Lghoul, mon ami. - Issam.

- Ca va ? - Tranquille.

- Tout va bien ? - Je dois te parler.

- On doit être seuls. - Bien sûr.

Viens avec moi.

- Ton père, ça va ? - Tout va bien.

Il est dehors ou en taule ?

Il est dehors.

Laisse-moi te raconter ce qu'a vécu cette personne qui te parle là.

T'as compris ?

Les espèces de poissons, elles sont toutes là-dedans...

Tu vois Cousteau ?

Je te jure que mon mentor,

il lui a écrit une lettre.

Il lui a dit :

"Les sardines parlent."

Cousteau lui a répondu, puis il est mort.

Tu sais combien on ramène de poissons ?

20 Ă  30 millions, rien qu'au port de Casa.

Je connais toutes les espèces de poissons.

Tu vas me payer ?

Ce que tu me dois, pour ce que j'ai fait pour toi.

Tu dois me payer, maintenant.

Pour payer les études des enfants, je veux qu'ils aient un doctorat.

Donne-moi mon argent, on se connaît.

Nom de Dieu.

Tu veux quoi ?

1 dirham.

J'ai pas. Va-t'en.

Si tu m'aides pas, personne le fera.

Va te faire foutre, dégage !

Que Dieu garde tes enfants.

Viens.

Tiens.

J'ai que ça. Prie pour moi.

Que Dieu t'aide. Que Dieu bénisse ta mère.

Une bonne prière.

Que Dieu te pardonne.

Va, que Dieu t'aide.

Le défunt est gros ?

Il est gros.

Et lourd.

Ca s'est passé quand ?

Y a pas longtemps.

Comment ?

Je l'ai raconté à Lghoul.

Ce que tu m'as expliqué.

C'était pas notre intention de le tuer.

Ton père et toi.

Oui.

T'as les moyens ?

C'est-Ă -dire ?

Tu peux payer le prix ?

Si tu proposes un prix qu'on peut payer, on le fera.

Ecoute...

Donne-lui un coup de main.

T'inquiète.

Il m'a l'air d'ĂŞtre un bon gars.

C'est un bon gars. Il a grandi sous mes yeux.

C'est notre travail, mais on doit être sûr.

Il a l'air d'ĂŞtre sage.

Mais je dois vérifier.

Lui demande pas un prix exagéré.

Donne-moi un petit moment. J'arrive.

OK, Issam ?

S'il demande pas d'argent,

qu'il propose un service en contrepartie, fais-le.

Lghoul...

Tu es sûr ?

Ils vont pas me dénoncer ?

T'inquiète. T'es mon frère, c'est mes frères.

Ils sont tous recherchés, ces gars.

Ecoute-moi bien.

Je pense que tu peux pas payer le prix.

Mais je vais quand mĂŞme te donner le contact d'un gars.

Il a pas besoin d'argent.

C'est un homme de confiance, t'en fais pas.

A quelle condition ?

Tu vas bosser pour moi.

Des boulots un peu spéciaux.

J'ai besoin de gars.

- Ca marche. - On est d'accord ?

Débarrasse-moi juste de ça et je suis avec toi.

OK, Lghoul sait de quoi il s'agit.

Je vais t'indiquer oĂą trouver le gars.

Détends-toi, ça va bien se passer.

J'ai pas l'habitude de ça.

- Et celui qui parle... - Il meurt.

T'inquiète. On est avec toi.

Monte, papa.

- Attends. - Il faut y aller.

Quoi ?

J'ai trouvé une piste. Faut y aller.

- Quelle piste ? - Ca va marcher, monte.

Il faut laver le corps d'abord. C'est obligatoire.

Quoi qu'on fasse, ça foire.

Donc il faut le laver.

Tu te fous de moi, papa ?

T'as vu le nombre de problèmes qu'on a eus ?

Si on le lave, qu'on lui met un linceul, tout se passera bien.

On perd du temps, lĂ .

C'est la dernière chose que je te demande.

Que Dieu te bénisse, mon fils.

- Je fais ce que je veux après ? - Oui.

Allez, monte.

Ferme la porte.

C'est arrivé. Dieu l'a voulu, maman.

On est tombés dans cette calamité.

C'est ça, ton travail ?

Comme ça, vas-y.

Vas-y.

Au nom de Dieu.

Dieu est grand.

- Comme ça, maman ? - Oui, c'est bien.

Sur sa tĂŞte.

- Les oreilles aussi ? - Oui, tout.

- Combien de fois, les oreilles ? - Trois fois.

VoilĂ ...

Comme ça.

Doucement, le pauvre...

Tourne-le et fais un noeud.

Allez, tourne-le et fais un noeud.

VoilĂ .

C'est toi, l'homme, qui dois passer l'encens.

Au nom de Dieu.

Que Dieu ait ton âme.

Et qu'Il te pardonne.

Et qu'Il nous pardonne.

On n'a pas voulu te tuer, mon frère.

C'est le destin.

Que Dieu ait ton âme, mon frère.

Monte vite, on est en retard.

Tu m'as pas dit ce que tu veux faire.

Ca marche pas comme ça.

Je t'ai suivi toute la nuit. Rien n'a marché.

Monte, on doit y aller.

Tu veux pas venir ?

Fous le camp, alors.

Issam...

Je t'ai dit de descendre ?

Non ?

Descends, maintenant.

Entre.

Tu veux boire quelque chose ?

Non merci, je bois pas.

Toi, tu bois de la bière.

Tu veux une bière ?

Tu habites lĂ  ?

Tu veux acheter ?

Non.

- Sûr ? - Oui.

C'est ici que je vais régler l'affaire ?

Ici, c'est ma garçonnière.

Près de la maison, il y a un jardin.

Mais les gars comme toi,

je les emmène ici.

Tu veux enterrer un gars dans mon jardin, on m'a dit ?

Oui.

T'es spécial.

Fonce.

Il y a ce qu'il faut pour creuser dans l'abri de jardin.

Mais Ă  une condition.

Quand tu auras fini tout ça,

viens ici prendre une bonne douche.

Tu pues.

T'as trimé cette nuit, on dirait.

D'accord.

Je peux commencer ?

Fais-toi plaisir.

Règle ton affaire.

Il est lĂ , oui.

Devant moi.

La porte est ouverte.

Oui, entrez.

C'est qui ?

- Tes potes. - Quels potes ?

Ceux qui t'ont envoyé ici.

Vous voulez quoi ?

Ta gueule ou je vais te niquer ta mère.

Tu vas me montrer ce que t'as dans le coffre,

ou je te nique ta mère.

- Y a rien. - Fils de pute !

- Ouvre le coffre ! - Vous vous trompez...

Vous faites quoi ? J'ai pas fini avec lui.

T'en auras un autre.

Avance, toi !

- Montre-nous le coffre. - Y a rien.

Ouvre le coffre.

Ouvre le coffre.

Ouvre le coffre ou je te cogne.

Il l'a tué.

Pourquoi t'as fait ça ?

Il vous a fait quoi ?

AllĂ´, Jellouta ?

Lève-toi, fils de pute.

Assieds-toi ou je te cogne.

Chef, je vous jure qu'on voulait pas le tuer.

Je vous jure que c'était pas volontaire.

Tu te moques de moi ?

Vous avez tué un homme à cause d'un chien ?

Je suis au courant de rien.

Je connais pas cette affaire de chiens.

On n'est que des pauvres gars.

On connait rien à ça.

C'est qui ?

Qu'est-ce qu'il a, mon fils ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Ouvre.

Tu vas où ? C'est un cimetière, frère.

Ouvre, je vais chez Dib.

Fallait me le dire.

T'as disparu toute la nuit et t'as pas été foutu de l'enterrer.

On fait quoi alors, Dib ?

Je laisse tomber mon fils ?

Je t'avais dit de pas le prendre avec toi.

On a galéré toute la nuit, là ils ont attrapé mon fils.

Sois un homme comme je l'ai toujours été avec toi.

Je l'abandonnerai pas.

Je suis prĂŞt Ă  tout.

Je t'en prie, Dib.

VoilĂ , y en a trois.

Très bien.

On a cherché Dib partout, on l'a pas trouvé.

Les gars continuent de chercher, chef.

Je veux me débarrasser d'eux cette nuit.

Issam est un frère.

On est avec toi.

Nous aussi, on n'en peut plus.

Ils font leur loi. Compte sur nous, Hassan.

Tu sais ce que tu vas faire ?

Ils doivent ĂŞtre nombreux.

Va prendre des chasubles au terrain de foot,

qu'on se reconnaisse.

On a des gourdins et tout ce qu'il faut, je me charge des gars.

Des gars sûrs.

Moi, je ramène des caisses pour charger tout le monde.

Dib, il reste un souci.

Le chien de Jellouta.

Il est agressif.

S'il chope un des gars...

Ils le connaissent tous.

Ils en ont peur.

C'est quoi la solution ?

Il nous faut du sang de chienne en chaleur.

Bien sûr.

On va chercher une chienne en chaleur Ă  cette heure-lĂ  ?

C'est le seul moyen, Dib.

Je m'occupe du chien.

Je m'en charge.

Allez les gars, on monte.

Monte, monte.

Que chacun mette son gilet.

Qu'on vous confonde pas avec les autres.

Monte.

Faites ce que vous avez Ă  faire.

T'inquiète pas, Dib.

On en fait quoi ?

Laissez-les mijoter un peu le temps que je finisse.

Enlève-moi le clébard de la voiture.

Et montez, toi et ton fils.

Ce plan va marcher ou non ?

T'inquiète.

On va faire ça bien.

Et ce muet, que Dieu ait son âme...

- Il avait de la famille ? - Non.

Jellouta était sa seule famille.

Il a grandi dans la rue, le pauvre.

Jellouta l'a recueilli.

Il l'a protégé.

Il l'a bien traité.

Prends-le par lĂ .

Allez, les gars.

Par lĂ .

VoilĂ  le four.

Dépêchez-vous, s'il vous plaît.

Les gars,

le monsieur est un peu gros.

- Il entrera pas dans le four. - Comment ça ?

Tu le ramènes jusqu'ici pour dire ça ?

J'ai une solution.

- C'est quoi ? - Attendez.

Allez, messieurs.

Avec cette chaleur, il va pourrir.

L'odeur va nous coller Ă  la peau.

Dépêchez-vous.

L'odeur va nous coller Ă  la peau ?

Ca fait toute la nuit que l'odeur me colle Ă  la peau.

Je l'ai lavé pour l'enterrer dans un linceul,

la tĂŞte vers la Mecque.

Pas le découper.

Tu peux fermer ta gueule ?

Ferme-la ! J'essaye de te respecter devant ton fils.

Je te l'ai ramené vivant, tu te tais !

Est-ce que t'es devenu fou ?

Tu veux faire quoi ?

Sois un homme !

Sois un homme.

Qu'un de nous deux reste un homme !

Jalil, c'est quoi cette bande que tu m'as ramenée ?

Ils savent pourquoi ils sont lĂ  ?

Ramassez-moi ça et dégagez de là.

Moi, je veux pas de problèmes.

C'est bientĂ´t l'aube et on est lĂ  Ă  s'engueuler !

On a combien de temps ?

- Comment ? - On a combien de temps ?

Une heure, une heure et demie.

Oui, le fou.

T'es où ? A la médina ?

Ecoute, y a une bricole Ă  2 000 balles.

C'est laborieux, et sale.

Comment ?

Il est déjà mort.

Eloigne-toi de ça, papa.

Salut.

Faut faire quoi ?

Découper ce corps et le mettre au four.

Pas de problème.

Y a du fric ?

T'es con ou quoi ?

- Le fric. - Je t'ai dit 2 000.

Ca suffit pas.

- Vas-y. - C'est pas assez.

- Allez, c'est bon ! - C'est un homme.

Désolé.

Il me faut plus.

- Allez, bosse. - Combien ?

- Tu me files 7 000 ? - Bosse, je te dis.

Comment ça, "bosse" ? Je suis pas un menuisier, moi.

- Allez, découpe. - Découper quoi ?

Tu me donnes combien ?

Je te file 3 000.

C'est un homme, pas un poulet !

- Vas-y, bosse. - Je bosse ?

- 7 000 ? - Vas-y.

- Je te lâcherai pas ! - OK.

- Ou tu le suis dans le four ! - OK.

Voilà le matériel.

Toi, tu me fous la paix.

Allez, dépêche-toi s'il te plaît.

Prépare l'argent, j'ai presque fini.

Compte !

Regarde oĂą j'en suis.

Foutu avec les hommes, foutu avec Dieu.

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