All language subtitles for Les sorcalem (1957) [23.976] [02.26.17.952] UT

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Original subtitles

Donne-moi cette poupée.

C'est celle que papa m'a rapportée hier.

C'est le jour du Seigneur, Fancy.

Les adultes ne travaillent pas, et les enfants ne jouent pas.

Dieu te voit.

Est-ce que tu veux le mettre en colĂšre ?

Le chiffon, à présent.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Fancy...

Là, ma beauté. Là, mon amour.

Ma poupée, papa... Ma poupée.

On peut lui laisser 5 min ?

Écoute, voilà ce qu'on va faire.

Ta maman va la sortir du paquet et la poser sur la commode.

Toi, tu vas t'asseoir lĂ 

et dire tes priĂšres jusqu'Ă  ce qu'on aille au temple.

Tu pourras la regarder.

Du coin de l'Ɠil. Hein ?

Du coin de l'Ɠil, de temps en temps.

Hein ?

Tiens-toi droite.

Mary !

- Mary ! - Qui ?

Ma bouillie.

Je crois que vous m'en voulez.

Fancy a peur de vous.

Je n'aime pas ça.

Pouvais-je la laisser jouer un dimanche ?

Est-ce que vous savez pourquoi elle a peur de moi ?

Parce que vous avez toujours raison.

Vous travaillez le dimanche ?

Va-t'en !

Vous me cherchez...

Et quand vous m'avez trouvée, vous me fuyez.

Je ne te cherche pas. Va-t'en !

Répétez-le une seule fois.

Une fois, et je m'en vais.

- SorciĂšre. - Pas si haut.

Vous me feriez pendre.

Ce serait justice.

C'est toi qui m'as tenté.

Vous savez bien que non, maĂźtre Proctor.

J'ai 17 ans.

C'est votre désir qui est entré en moi.

C'est lui qui est devenu mon désir.

Tu me désires ?

Tout le temps.

Laisse-moi passer ou je te jette par terre.

Oh, ma taille est restée entre vos mains.

Tu veux m'écraser ?

N'aie pas peur.

Chaque fois que tu me touches, tu es paralysé.

Tu te rappelles ?

Tu disais que tu aimais mes caresses,

que personne ne t'en n'avait jamais fait.

Tu ne me feras pas devenir adultĂšre !

Tu n'as pas couché avec moi par deux fois, ici ?

Je n'avais pas touché une femme depuis 7 mois.

C'est la bĂȘte qui est en moi qui te dĂ©sirait.

Mais je redeviendrai pur.

Quand je me consumerai de remords, je redeviendrai vierge ?

Mon Dieu, je ne peux pas commettre de mal.

Mais traĂźne-toi donc Ă  genoux !

Tu sais bien que Dieu ne te pardonnera jamais.

Proctor ! John Proctor !

Vous appelez mon mari, Abigail ?

Maßtre Proctor a oublié son chapeau.

Eh bien, donnez-le-moi.

Je vais lui porter.

Pardon, Madame.

Allez vous préparer, Abigail.

Nous allons ĂȘtre en retard pour le service divin.

Ya ! Ya !

John !

John !

Il faut aller au temple !

John !

John, tu es fou ! Tu laboures un dimanche.

Ya !

Ya !

John !

- Tu es pas fou ! - C'est le jour du Seigneur, John.

Je me calme. J'étais en colÚre.

Si tu veux te calmer, viens prier au temple.

Ya !

Au dernier office, Parris a tant parlé d'hypothÚque,

- que je me croyais à une vente. - J'ai déjà labouré dimanche,

et je ne vais pas te jeter la pierre.

Tu nous représentes à l'assemblée. Les autres sont des riches.

Si on apprend que tu travailles un dimanche, ils vont t'exclure

et nous ne seront plus représentés du tout.

Suis-je digne de parler en votre nom ?

Nous avons confiance.

Dans ce pays, personne ne fait confiance Ă  personne.

Allez prier sans moi. Ya !

- Nous prierons pour vous. - Si vous voulez. Bonjour.

John !

Vous n'allez pas au temple ?

Êtes-vous si coupable que vous ayez peur d'y entrer ?

MĂȘme criminel, je ne craindrais pas la maison de Dieu,

car je vous le dis,

il est sûrement plus miséricordieux que vous.

Gilles !

Gilles ! Je viens avec vous.

Je vous rejoindrai au temple.

T'es fou ! C'est la maison du pasteur.

Gare au fouet.

Qui a jeté cette pierre ?

Qui a jeté cette pierre ?

Qu'est-ce que tu as ? Ben, j'ai déchiré mon sermon, oui.

Il était trop doux, bien trop doux.

Ils veulent ma peau,

mais n'aie crainte, je les écraserai.

Va te préparer pour l'office, Betty. Eh bien ?

Je ne peux pas y aller. J'ai mal.

Si tu as mal, tu es coupable.

- Qu'as-tu fait ? - Je vous jure que je n'ai rien fait.

Dieu nous envoie nos maux pour nous punir.

Tu as péché, Betty.

Tu n'es pas malade.

Va te préparer !

Bien, pĂšre.

Ils vont me connaĂźtre.

Je veux pas aller Ă  l'office.

Je déteste l'office.

- Qu'est-ce que tu as ? - Je veux maman.

- Mais ta maman est morte, ma chérie. - Alors je veux mourir aussi.

Écoute, ma douceur.

Si tu me jures de n'en parler Ă  personne,

je te la ferai voir, moi, ta maman.

Ma maman qui est morte ?

Qui, oui.

- Je pourrai lui parler ? - Oui, si tu veux. Viens.

Orgueilleuse Salem,

deux fois en 20 ans, tu as rendu la vie si dure Ă  tes pasteurs

qu'ils ont préféré partir.

Es-tu prĂȘte Ă  recommencer aujourd'hui ?

Je ne vous quitterai pas !

Sans votre pasteur qui prie sans cesse pour vos Ăąmes,

que seriez-vous aux yeux de Dieu ?

Un tas de boue.

Je ne vous quitterai pas, mes frĂšres,

parce que la nature humaine est vicieuse,

et parce que l'homme livré à ses propres forces

incline toujours vers le mal.

Il est de mauvaise humeur, ton oncle.

Si vous voyiez vos Ăąmes comme vos visages,

vous seriez frappés d'horreur.

Elles sont couvertes d'écailles, elles puent.

Chacun de vos péchés leur fait une blessure

d'oĂč s'Ă©coule un sang noir et corrompu.

Avez-vous jamais vu des araignées se tordre dans les flammes ?

Elles veulent fuir, mais leurs pattes se dérobent.

Elles noircissent, elles se recroquevillent,

puis se transforment en boule de feu.

VoilĂ  votre sort.

La bĂȘte humaine est fĂ©roce.

On ne peut l'abattre que par la peur.

Si vous avez peur de Dieu,

que votre pasteur représente sur la Terre,

votre peur de l'enfer est plus forte que vos appétits criminels...

Assez !

Révérend, vous manquez à vos devoirs.

Nous venons pour trouver Dieu et vous nous parlez du diable.

Gens de Salem,

cet homme est sacrilĂšge.

John Proctor,

Dieu ne te pardonnera jamais d'avoir crié dans sa maison.

En vérité, je vous le dis,

il faut que la communauté tranche ses membres pourris.

Alors, nous trouverons la force de lutter pour notre Dieu,

pour notre terre et notre patrie.

Voyez-le fuir,

chassé par la peur et par la honte !

Si je trouvais l'occasion

d'appeler la colĂšre de Dieu sur cette foule,

- vous me soutiendrez ? - Si l'occasion est bonne.

Elle sera bonne. Je voudrais que Salem

n'ait qu'une tĂȘte pour la prendre et la courber jusqu'Ă  mes pieds.

NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIEUX,

QUE TON SAINT NOM SOIT BÉNI

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL

AMEN.

Bonsoir, maĂźtresse Proctor.

Bonsoir, Abigail.

Bonne nuit, maĂźtre Proctor.

Mary, vous aiderez Fancy à se déshabiller, s'il vous plaßt.

Bien, Madame.

Qu'est-ce que vous faites ?

Restez encore un peu.

Je suis trÚs fatiguée, John.

Bonne nuit.

On ne chante pas ça un dimanche !

Élisabeth, voulez-vous m'aider ?

Je suis votre femme, John.

Je vous aiderai de toute mon Ăąme.

Vous ĂȘtes mon associĂ©e,

ma sƓur,

quelques fois, ma mĂšre,

mais depuis 7 mois, vous n'ĂȘtes plus ma femme.

Je suis malade, John. Vous le savez.

Êtes-vous vraiment malade ?

Je ne mens jamais.

M'aimez-vous ?

Mais je vous ai dit que je suis votre femme.

Je vous demande si vous m'aimez.

Avec Fancy, vous ĂȘtes ce que j'ai de plus cher au monde.

Mais comment puis-je vous aider ?

Vous m'aideriez si je sentais que vous m'aimez.

Mais je vous aime, John.

Si vous m'aimiez,

si j'avais senti quelques fois...

Une femme peut expédier un homme en enfer de plusieurs maniÚres.

Elle peut le damner en lui donnant le goût du vice,

mais elle damne aussi parce qu'elle aime trop la vertu.

Ouvrez-moi, John.

Demain, Gilles Corey vous reconduira chez votre oncle Parris.

Est-ce que tu veux que je m'en aille ?

John !

MaĂźtresse Proctor,

savez-vous qu'il m'a eue vierge ?

Qu'il vive 100 ans, qu'il vous reste 100 ans fidĂšle,

rien n'empĂȘchera qu'il m'ait dĂ©bauchĂ©e !

Va-t'en.

Tout de suite.

Du moment que c'est toi qui me le demandes.

Un conseil,

si vous voulez le garder, apprenez Ă  le caresser.

- Comme ceci. - Va-t'en, putain !

Tu le regretteras, John. Je te jure !

Je te ferai pleurer du sang.

Je n'en pouvais plus de mentir.

J'attendais ce moment. Je suis soulagé.

Comme je le serai le jour du Jugement,

quand le regard de Dieu traversera mon Ăąme.

Vous me voyez dans ma vĂ©ritĂ©, Élisabeth.

Vous me connaissez aussi bien que Dieu me connaĂźt lui-mĂȘme.

Est-ce que vous me regardez ?

Non.

Me pardonnez-vous un peu ?

Je n'ai pas Ă  vous pardonner. Dieu vous jugera.

Est-ce qu'il me pardonnera ?

Jamais.

À moins que vous ne chassiez cette femme de votre cƓur.

Oh, je l'arracherai de moi comme un...

Prenez-y garde, John.

Cette femme veut me tuer.

Pour ce soir, je vous demanderai de ne pas dormir auprĂšs de moi.

Il m'aimera ?

Oui. Si tu le fais bouillir et bois le bouillon.

Et s'il en aime une autre ?

S'il en aime une autre, je te donnerai cette poupée

et tu feras périr ta rivale...

comme ça.

Que voulez-vous, Sarah Good ?

Renvoyez-la.

Disparaissez avec la lettre.

Ça va, donne-la-moi.

Vous n'avez parlé à personne ?

Mary !

Dis Ă  ma femme que je vais Ă  Salem.

Bonjour, maĂźtre Proctor.

VoilĂ  deux mois que je ne vous ai vu.

Comment va maĂźtresse Proctor ? Souffre-t-elle toujours du ventre ?

C'est vrai, ce que tu m'as écrit ?

Tu es enceinte ?

De trois mois.

Qu'allez-vous faire ?

Si l'enfant arrive, ne comptez pas sur moi pour le noyer.

Abigail !

Je ne suis pas enceinte, John.

Alors pourquoi ce mensonge ?

Vous aviez jurĂ© de m'arracher de votre cƓur.

Je voulais savoir si vous y étiez parvenu.

Abi...

Pardonne-moi, mais n'espĂšre plus rien.

"Plus rien" ?

Je vois le désir dans tes yeux.

Le désir, oui,

Parce que le corps est une chiennerie.

Mais je n'y céderai jamais plus.

Tout désir contient une promesse.

Ne crains rien, je n'essaierai plus de te tenter.

Tu ne me toucheras pas avant que je sois maĂźtresse Proctor.

Tu ne seras jamais maĂźtresse Proctor.

Qui,

c'est ce que tu dois me dire.

Ne t'inquiĂšte pas, je ferai tout moi-mĂȘme.

Tu garderas les mains pures.

Qu'est-ce que tu feras ?

Laisse-moi passer, il faut que j'aille chercher Betty.

C'est aujourd'hui la pleine lune, John.

Abigail...

- C'est rien. Je saigne du nez. - Encore !

Jane !

Viens par ici que ton pĂšre ne te voie pas.

Jane ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Mais rien. Elle jouait.

Entrez.

Donnez-moi ce mouchoir.

Vous entendez ?

Encore ?

Tous les enfants saignent du nez.

Ils ne saignent pas du nez 4 fois par jour.

Ann, je te vois.

Tu m'attrapes.

Je ne veux pas qu'on me la prenne.

- Qu'avez-vous fait Ă  Dieu ? - Thomas !

Six enfants morts, c'est naturel ?

- Non. - Alors ?

Pourquoi serait-ce ma faute, Thomas ?

Vous aussi, vous ĂȘtes un pĂ©cheur.

Mon pÚre était pauvre, et je suis riche.

Dieu a béni mon travail,

mais vous, femme, il a maudit votre ventre.

Mes enfants ont été assassinés.

Vous avez des ennemis partout. Je suis sûre qu'on m'a jeté un sort.

Pourquoi avoir fait venir cette sage-femme ?

J'ai vu mes enfants dépérir.

- Je vous dis... - N'accusez personne !

Ce sont vos péchés qui les ont tués.

Attends, je vais t'arranger ta coiffure.

Tu restes avec nous pour dĂźner ?

Non. Ce soir, c'est la pleine lune. Je vais voir maman.

Ta maman est au ciel.

Oui, je vais la voir.

Mais elle est au ciel. Tu peux pas.

Je l'ai déjà vue.

Non ?

C'est Tituba qui me l'a montrée.

Abigail était là. Et Mercy.

- Mercy, notre servante ? - Elle était là.

Ma maman m'a fait un lin d'Ɠil.

Non ?

Oh ! Un papillon noir !

Ann...

Tu aimerais voir tes petits frĂšres ?

Mes petits frĂšres qui sont morts ?

- Vous l'avez revue, n'est-ce pas ? - Oui, je l'ai revue.

Que voulait-elle ?

C'était faux, bien entendu.

Vous ĂȘtes un enfant.

Vous sortez, Mary ?

Je vais chez ma cousine Jane qui sert chez maĂźtre Corey.

Je n'aime pas que vous sortiez la nuit.

La ferme est toute proche.

Puis c'est la pleine lune.

- Eh bien, allez, mon enfant. - Merci, Madame.

Élisabeth...

Ne partagerai-je plus jamais votre chambre ?

Je dormirai par terre, au pied de votre lit.

Oh, vous ne m'aidez pas.

J'essaie de tenir Ă  la surface, mais vous m'enfoncez dans la boue.

Mais que fait-elle ?

Elle saute. C'est l'impatience.

Monte. Elle va nous foire prendre.

Je suis tombée.

Parce que tu dansais, Betty.

Tends les mains.

Ne pleure pas, ma douceur.

- Je ne veux pas. - Qu'est-ce que tu ne veux pas ?

Je veux ma maman.

Je veux ma maman.

- Couchez-la, Tituba. - Bien, maĂźtre.

Je veux ma maman.

OĂč est Betty ? Tituba !

Abigail !

- Pourquoi l'amĂšnes-tu ? - C'est sa mĂšre qui l'envoie.

Je viens voir mes petits frĂšres.

- Tu as parlé ? - Pas moi. C'est Betty.

Petite sotte !

Et toi, qui t'a dit de venir ?

Je suis amoureuse.

De qui ?

- Du fils aßné de Gilles Corey. - Mais fais bien attention,

si tu répÚtes ce que nous allons faire...

Mais je ne dirai rien. Je te jure.

Mange !

- Si tu veux que Peter t'aime. - Tu peux, toi ?

Je n'ai pas besoin de ça pour qu'on m'aime.

Je boirai ça.

C'est rouge.

Je bois le sang.

Je veux que quelqu'un meure.

Je le veux.

Doucement, mes petites cabales.

Il faut d'abord danser.

Quand les Loas vous chevaucheront, vous pourrez boire et manger.

Tourne.

Tourne.

Tourne par ici.

Tourne par lĂ .

Le grand Loa va descendre.

Appelle Baron Samedi, les Loas des cimetiĂšres.

Tourne, Betty. Tourne.

Tournez, dansez.

Je ne peux pas. Je ne peux pas.

Va-t'en !

Betty ! Betty !

- Ta maman ! - OĂč ?

LĂ  !

Betty !

Je n'y crois pas, mais si ma femme souffrait, tu paierais pour elle.

Betty ! Betty ! Qu'est-ce que tu as ?

- Est-elle malade ? - Que faisait-elle dehors ?

Est-elle malade ?

Que faisait-elle dehors ?

Porte-la dans son lit.

Docteur !

Docteur !

Nathan, prends ton cheval.

Va-t'en Ă  Berkeley.

Tu demanderas au révérend Hale de venir ici immédiatement.

Le révérend Hale ?

Un de nos meilleurs experts en démonologie.

- C'est quoi ? - Qu'est-ce que ça signifie ?

Ça signifie que Salem est la proie des dĂ©mons.

Voici leur premiĂšre et leur plus innocente victime.

Depuis des mois,

un pouvoir malin la détournait de moi.

Il y a des sorciĂšres parmi vous, gens de Salem.

Et ma fille est ensorcelée.

Pourquoi avoir parlé de sorciÚres ?

Dieu m'a dit de le faire.

C'est le diable, plutĂŽt.

Alors tant mieux. Nous le prendrons Ă  son propre piĂšge.

Voici l'occasion de distinguer les bons et les mauvais.

Belle occasion. Nos filles Ă©taient dans la forĂȘt.

C'est nous qu'on frappera les premiers.

"Nous" ? Qui donc nous frappera ?

Nous sommes les accusateurs de Dieu, non les accusés.

Vous avez peur ?

Venez voir.

Ils ne m'ont jamais tant aimé.

Les sorciers sont lĂ , au milieu d'eux. Ils le savent.

Les bons dénonceront les méchants.

Sous notre direction, la communautĂ© fera justice elle-mĂȘme,

et Salem sera purifiée.

Est-ce que vous savez ?

Tout le monde saura tout.

Révérend Hale,

quel est votre jugement ?

Je ne sais pas.

Ce que me gĂȘne, c'est qu'elle ne prĂ©sente pas les signes...

L'Ɠil devrait ĂȘtre blanc.

Ah non, non. Je ne veux personne.

Oh, c'est vous. Pardon.

Je vous ai dit...

Que m'aviez-vous dit ? Répétez-le devant le révérend Hale.

Voici ma femme.

J'ai perdu six enfants en huit ans.

Six enfants ?

Six enfants que j'avais mis au monde vivants et bien portants.

On a voulu m'accabler, révérend Hale.

On a dit que mon corps était pourri, que Dieu me chùtiait.

On a voulu me donner horreur de moi-mĂȘme.

Tout est clair, à présent. Je suis enfin sortie de la nuit.

Elle est ensorcelée, comme mes 6 autres enfants.

Si vous ne faites pas votre devoir, on la tuera.

Je ne peux pas conclure si vite.

HĂątez-vous. Les mĂšres de Salem l'exigent.

Le diable est ici. Voulez-vous le nom de la sorciĂšre ?

Ne nommez personne.

Il faut des preuves.

- C'est maĂźtresse... - Taisez-vous !

Vos enfants sont morts de maladie.

Pas de malades chez les Putnam.

Non, révérend, jamais.

Patience. Tout est dans les livres.

Si Satan est parmi nous, je l'écraserai.

Vous pensez trop au diable, vous tous.

Vous finirez par oublier Dieu.

LĂ , mon amour, lĂ . LĂ , doucement. Doucement.

- Doucement. - Maman...

- Que lui avez-vous fait ? - Je veux pas qu'on me fasse du mol.

N'aie pas peur.

Cette enfant est en pouvoir du diable.

Alors d'oĂč viens que je la calme ?

Suis-je une sorciĂšre ?

J'ai été 11 fois mÚre et 26 fois grand-mÚre.

- Je reconnais une fillette malade. - Malade ?

Et quand une enfant veut s'envoler ?

Elle veut s'envoler ?

Vingt fois, je l'ai retenue.

La sorcellerie est manifeste.

Non, madame.

Je vous avertis que je n'entreprendrai rien

si vous n'admettez pas que je ne trouverai peut-ĂȘtre rien.

Nous l'admettons. Nous reconnaissons notre incompétence

et nous vous laissons agir.

Le député gouverneur. Il entre ici.

Je l'avais fait prévenir, c'est la coutume.

Je ne pensais pas qu'il viendrait.

Est-ce donc si grave ?

Ne perdons pas de temps.

- Quelles sont vos conclusions ? - Votre honneur, je...

Il faut conclure et convoquer les juges.

Monsieur, en toute conscience, je ne suis pas sûr...

Moi, je puis vous affirmer que cette fille est ensorcelée.

Le pays est Ă  deux doigts de sa perte.

L'ennemi est chez nous, dans nos propres foyers.

Ce malheur n'est que l'effet d'une immense conjuration

qui s'étend jusqu'à Boston.

Des sorciers...

Des sorciers.

Des hommes sans mƓurs qui ont fait un pacte avec le diable

pour s'emparer du pouvoir.

Voici l'occasion de les démasquer.

Je fais mon devoir, Hale.

Le Massachusetts ne tombera pas aux mains de la canaille.

À vous de faire le vître. Interrogez cette fille.

- Votre honneur... - Interrogez-la tout de suite.

Vous m'excuserez, monsieur, je suis trop vieille pour voir ça.

C'est Rebecca Nurse, la femme d'un fermier.

Betty.

Betty !

Quelqu'un vous a-t-il fait du mal ?

Betty, voyons !

Qui vous tourmente ?

Tituba !

Abigail voulait... Abigail a bu...

Dis-leur ce que tu as bu !

Je suis lĂ , Betty. C'est Tituba qui t'a fait du mal ?

Qui est Tituba ?

- Mon esclave noire. - Allez la chercher.

Je veux m'envoler vers maman !

Laissez-moi m'envoler.

Impose-lui les mains, sorciĂšre. Vite !

Betty, c'est Tituba.

Impose-lui les mains.

Betty ! Betty, ma douceur.

C'est moi, c'est Tituba.

Calme-toi. LĂ .

LĂ .

LĂ .

Voyez le pouvoir de cette femme.

- Pourquoi la tourmentes-tu ? - Il faut la pendre Ă  l'instant.

Rends-moi mes enfants, sorciĂšre !

Abigail, dites-le. J'ai jamais fait de mal Ă  Betty.

Elle nous a entraĂźnĂ©es dans la forĂȘt.

- Elle m'a fait boire du... - Abi...

Vous m'avez suppliée d'évoquer les esprits,

de faire des philtres pour...

Non !

Non, je ne veux plus, Tituba ! Je n'irai plus !

Non, Tituba !

AĂŻe !

LĂąche-moi !

LĂąche-moi ! LĂąche-moi !

Elle est possédée.

- Comme la femme de Jefferson. - Elle est possédée du démon.

C'est effrayant.

- C'est effrayant. - C'est le diable.

Impose-lui les mains !

Satan est parmi nous.

- Pourquoi les as-tu ensorcelés ? - J'ai jamais ensorcelé personne.

- Tituba, tu as vu le diable. - Moi, le diable ?

Oui, le diable. Vas-tu parler, noiraude ?

Qui, Monsieur. Le diable !

Il vient dans moi et j'essaie de me sauver,

- de fuir, mais il me rattrape. - Était-il seul quand tu l'as vu ?

- Quand je l'ai vu ? - Qui était avec lui ?

- Qui était avec lui ? - Rappelle-toi.

Rappelle-toi, Tituba.

Que vous a-t-elle dit ?

Elle m'a parlé de...

Des femmes de Salem.

- Oh, Abigail. - Quelles femmes ?

- Il faisait noir. - Tu as vu le diable ? Les sorciĂšres ?

Elles couraient si vite.

Tituba, tu as péché.

Tu obtiendras ton pardon si tu nous aides Ă  nettoyer Salem.

Regarde Dieu, Tituba, et réponds-nous.

Tu as vu les sorciĂšres ?

Réponds !

Qui ! Oui !

Combien ?

Combien étaient-elles ?

Quatre.

- Elles étaient quatre. - Leurs noms ?

J'ai vu...

- Sarah Good. - Sarah Good ?

- Et maĂźtresse... - Simpson, la sage-femme.

MaĂźtresse Simpson.

MaĂźtresse Simpson.

Je le savais.

Les autres, Tituba. Qui sont les deux autres ?

J'arrĂȘte, monsieur le rĂ©vĂ©rend.

Je ne vois plus.

Tituba, tu as avoué.

Que Dieu te pardonne comme il pardonne Ă  ceux qui se repentent.

Il n'y a plus de doute.

Satan est dans Salem avec un cortĂšge de sorciĂšres.

Allez chercher le juge Hathorne.

Soyez béni, votre honneur. C'est un miracle.

Un miracle, en vérité.

On me dit que vos fidĂšles sont de fortes tĂȘtes.

N'ayez crainte,

je ne partirai pas avant de les avoir domptés.

Satan est donc parmi nous ?

Vos péchés lui ont ouvert les portes de Salem.

Hommes de peu de foi, reprenez-vous !

Dieu attend de vous tous

que vous désigniez les brebis galeuses.

Dieu de vengeance,

nous te jurons de n'avoir ni pitié, ni repos

avant des les avoir anéanties.

Notre PĂšre qui es aux cieux

NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIEUX

Que ton nom soit béni

QUE TON NOM SOIT BÉNI

Que ta volonté soit faite

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE

Sur la Terre comme au ciel

SUR LA TERRE COMME AU CIEL

Amen.

AMEN.

Papa ! Papa !

Maman, arrĂȘte. C'est papa.

Tu vas tomber.

Papa !

Je vais t'acheter une poupée.

Tu vas m'acheter une poupée ?

Pourquoi pas ? T'auras la plus grande.

Celle qui est accrochée chez Field. Allez !

On dirait que c'est dimanche.

C'est jeudi, voyons. Ne dis pas de sottises.

Inutile de vous cacher, Field. Je vous vois.

Je n'aurai pas ma poupée.

Tu l'auras. Je n'achĂšterai qu'elle, mais tu l'auras.

- Tous mes clients sont au procĂšs. - Ben, allez-y.

J'aime mieux rester ici et prier.

Field, nous n'avons rien Ă  nous reprocher.

Si nous courbons la tĂȘte, ça ne finira jamais.

Ce sont les riches qui n'ont rien Ă  se reprocher.

Il n'y a pas de sorciers, chez les riches.

Mais vous et moi...

Qu'est-ce que vous voulez ?

Une poupée pour Fancy.

Une poupée ?

Celle-lĂ , la gronde.

Toutes les poupées sont sous séquestre.

Vous savez bien que les sorciÚres s'en servent pour envoûter.

Ils sont venus la prendre ?

Oui.

Dieu vous garde.

- Je n'aurai pas ma poupée ? - Non, tu ne l'auras pas.

- C'est quoi ? - Des enfants qui s'amusent.

- À l'Ă©glise ? - Oui.

Va m'attendre dons la carriole.

Allons, va !

Pendons-la ! C'est une sorciĂšre !

Elle fume la pipe.

Elle jure.

Tous les vagabonds lui font des enfants.

Pendez-la !

Pas besoin de la juger. Qu'on la pende.

Pendant l'épidémie de variole, elle a propagé le mal.

Elle a marmonné quand je lui ai refusé l'aumÎne.

Une de mes vaches est morte trois jours aprĂšs.

Qu'aviez-vous marmotté ?

- Je disais mes commandements. - Vous les savez donc. Récitez-les.

- Tu ne tueras point. - AprĂšs ?

- Vous avez menti, Sarah Good. - Je ne suis pas une sorciĂšre.

Nous allons voir. Approchez-vous de ces enfants.

L'oiseau jaune !

Il se perche sur son épaule.

Il s'est envolé !

Non, il est lĂ -bas, dans le coin noir.

Pitié !

Pitié !

Parbleu, s'il est lĂ , je vais lui faire sentir ma canne.

Approchez-vous de ces enfants, Sarah Good,

et touchez-les chacune de votre main.

Vous ĂȘtes une sorciĂšre.

- BRAVO ! BRAVO ! - À mort, la sorciùre !

- Vous n'avez pas honte ? - Vous ne croyez pas aux sorciĂšres ?

Je ne crois pas Ă  ces sottises.

Avouez, et le tribunal vous fera grĂące de la vie.

- Avouez. - Non. Je ne suis pas une sorciĂšre.

Vous serez pendue.

Je ne suis pas une sorciĂšre.

Tu mens ! C'est toi qui me réveilles la nuit.

C'est toi qui m'as donné mal au ventre la semaine derniÚre.

Mary !

Qui ose nous interrompre ?

Ramenez l'accusée dans son cachot.

VoilĂ  le papier.

"Nous certifions que Martha Simpson est honorable."

Elle est en prison ?

Ann Putnam l'accuse d'avoir assassiné ses frÚres.

- Et vous avez tous signé ? - Tous.

- Qu'espérez-vous ? - Ouvrir les yeux des juges.

- Et s'ils veulent les garder fermĂ©s ? - Les juges sont honnĂȘtes, John.

HonnĂȘtes...

Des juges honnĂȘtes se laisseraient avoir par ces gamines ?

C'est un coup monté.

Le pouvoir de l'Église chancelle. On veut le rĂ©tablir par la terreur.

Raison de plus pour protester.

- Signe. - Non.

Tu as changé, John.

Autrefois, tu étais toujours le premier à combattre l'injustice.

Eh bien oui, j'ai changé.

Autrefois, je me croyais bon. Comprends-tu ?

Tu n'auras pas de poupée d'ici longtemps.

Il a suffi que je veuille t'en acheter...

Je n'ai pas de chance.

Tu as eu peur ?

Tu allais trĂšs vite.

Tu dois m'aimer, Fancy.

Toute ta vie.

MĂȘme si une Ă©trangĂšre s'installe ici Ă  ma place.

MĂȘme si elle est plus jeune et plus belle que moi.

Tu ne l'appelleras jamais "maman".

Qui, maman.

- Tu m'aimeras toujours ? - Oui, maman.

- Jure-le. - Qui, maman.

Chérie.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu m'as fait peur.

Va jouer, Fancy.

Vous ĂȘtes pĂąle comme une morte, Élisabeth.

Élisabeth...

J'ai vu Abigail, tout Ă  l'heure.

Et j'ai lu dans ses yeux...

Elle me fera pendre.

Dites aux juges qu'Abigail a bu du sang la nuit du sabbat.

Ils ne me croiraient pas.

Cette fille passe pour une sainte. Les gens lui baisent la main.

On ne me croira pas !

Vous ĂȘtes un assassin.

- Êtes-vous folle ? - Abigail veut ma place.

Si vous n'aviez pas déshonoré son lit... Laissez-la faire.

Cachez la vérité aux juges, faites pendre Sarah Good,

votre propre femme, épousez votre concubine

et vivez avec elle !

Vous paierez pour tout ! Vous irez en enfer !

Vous savez tout. Je vous parle comme Ă  Dieu.

Mais vous n'ĂȘtes pas Dieu, et vous ne pouvez pas me damner.

Pardonnez-moi, John.

Je ne veux que votre salut.

Mary !

Pourquoi allez-vous à Salem quand je vous le défends ?

Vous moquez-vous de moi ?

Je vous fouetterai si vous ressortez.

J'ai apporté un cadeau pour Fancy, maßtresse Proctor.

Je l'ai cousue pendant l'audience.

Prenez garde Ă  vous, Mary.

- Dieu vous punira. - Qu'est-ce que j'ai fait ?

Elle a accusé Sarah Good devant les juges.

Ne niez pas.

Je ne songe pas Ă  nier. C'est ce que j'ai fait de mieux.

Vraiment ?

Sarah Good va mourir.

Mais elle ne mourra pas, Monsieur, si elle confesse ses crimes.

Je prierai tous les soirs pour elle.

Priez plutĂŽt pour vous.

Elle a tenté de me tuer plusieurs fois.

Vous me l'auriez dit.

Quand elle est entrée,

une main m'a serré la gorge et j'ai tout compris.

Vous n'irez plus au tribunal, Mary.

- Vous y perdez votre Ăąme. - Je dois y aller.

Le diable est dans Salem, maĂźtresse.

Je ne veux pas ĂȘtre fouettĂ©e.

Je vais chasser le diable hors de vous.

Je viens de lui sauver la vie.

Je suis accusée ?

J'ai déclaré que je vivais dans votre maison

et que je n'avais jamais remarqué de signe de maléfice.

Et alors ?

Les juges n'ont plus rien dit.

Qui l'a accusée ?

La loi me défend de le révéler.

Allez vous coucher.

Je ne veux pas y aller !

Eh bien, ne vous couchez pas.

- Je désire aller me coucher. - Alors bonsoir.

Bonsoir.

Nous devons nous aimer les uns les autres, maĂźtresse.

Nous sommes dans un moment difficile.

TrĂšs difficile.

Je vais mourir, John.

Croyez-vous que je vais les laisser faire ?

Il y a une opinion publique Ă  Salem.

Oh oui, il y en Ă  une.

Je viens de la voir.

Je serai pendue par le cou

et je mourrai dans l'ignominie.

Je n'aurai rien eu de cette vie.

Pas mĂȘme le sourire de mon enfant.

Vous allez vous remarier ?

Élisabeth !

Pas tout de suite...

mais vous ĂȘtes jeune.

Vous ĂȘtes fort.

Vous avez des désirs.

Quand je vous ai surpris dans sa chambre,

vous aviez des yeux dont je me souviendrai toujours.

Regarde-moi.

Regarde-moi avec ces yeux-lĂ .

Que j'aie au moins ça une fois dans ma vie.

"Rendez gloire à l'Éternel, votre Dieu

"avant qu'il fasse venir les ténÚbres.

"Vous attendrez la lumiĂšre

"et il la changera en ombre de la mort."

Tiens-toi droite et ne mets pas tes coudes sur la table.

Vous me donnez des ordres ?

Je suis ton pĂšre, Betty.

Vous ĂȘtes le pĂšre d'une sainte. M. Danforth l'a dit.

Et vous avez beaucoup de chance.

Les saintes se tiennent droites.

Les saintes font ce que Dieu leur inspire.

Voici la crise, à présent.

Tituba, voyez ce qu'elle Ă  et demandez qui la tourmente.

- OĂč est-ce ? - LĂ .

LĂ , lĂ .

Qui a fait ça ?

Tu le demandes ?

Mon oncle, allez chercher monsieur Danforth.

Allez ouvrir, John.

Allez ouvrir. Dieu me punit.

- Veux-tu cacher ma femme ? - Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'on va m'arrĂȘter.

Vous, Martha ? Pourquoi ?

Le cadeau de ce vieil imbécile.

Il s'est vanté d'avoir une femme instruite, qui lit dans les livres.

Ce n'est pas un crime de lire.

Mais c'est un crime, Ă  Salem.

Tous les jours, il allait au procĂšs, il rentrait et il disait :

"Nous avons démasqué deux sorciÚres."

Eh bien, soyez content, Gilles Corey,

grùce à vous, on en à démasqué une de plus.

Vous resterez ici autant que vous voudrez, Martha.

Autant que vous pourrez.

Ah, vous ne savez pas ? Moi aussi, je suis une sorciĂšre.

Il n'y a qu'une chose Ă  faire.

Venez avec nous.

Nous traverserons la forĂȘt et nous gagnerons New York.

Pour qu'ils confisquent nos terres.

Vous laisserez nos enfants sans un sou.

Mais Ă  New York...

Trop tard.

- Bonsoir, John. - Bonsoir, Cheever.

Bonsoir Ă  tous.

Que voulez-vous ?

- Nous devons arrĂȘter Martha. - À vos fusils !

En voilĂ  assez.

- Femme ! - Taisez-vous !

ArrĂȘtez-moi.

À prĂ©sent, si Dieu vous Ă  donnĂ© une cervelle,

faites-la travailler et tĂąchez de me tirer de lĂ .

Allez-vous-en, Cheever.

Pas encore.

Donnez-moi les poupées de votre femme.

Ma femme n'a pas de poupée, imbécile.

Êtes-vous content ?

Field a dĂ©clarĂ© qu'Élisabeth voulait lui acheter une poupĂ©e.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - C'est à Mary.

Pourquoi n'en parlez-vous pas ?

Je me suis piqué.

Eh ben, quoi ? C'est une aiguille.

Ce soir, on a trouvé dons le ventre d'A...

enfin de...

je veux dire, d'une personne, une aiguille.

Cette personne a juré que votre femme...

Mary !

- Qu'est-ce ? - J'ai fait une poupée pour Fancy.

- Quand ? - Pendant le procĂšs.

Abigail peut vous le dire.

- Qui a enfoncé cette aiguille ? - Moi.

Pourquoi ?

Pour m'en débarrasser.

VoilĂ . Vous ĂȘtes renseignĂ©, maintenant ?

- Sortez de ma maison. - Personne ne bouge.

John Proctor, je crois votre femme innocente,

mais je suis chargé d'appliquer la loi.

Laissez-moi faire mon devoir.

Je témoignerai de ce que j'ai vu et entendu ici.

Venez, Élisabeth.

Adieu, John.

Ne l'enchaĂźnez pas !

Gilles, ne bouge plus ou je tire.

À demain, John.

À demain.

Papa !

Oh ! Tu as vu, papa ?

J'ai cru qu'ils t'emmenaient aussi.

Nous allons vivre seuls tous les deux ?

Va te coucher, mon chéri.

Vous, ici !

Demain, vous parlerez devant les juges, Mary.

Abigail...

Abigail ?

Elle me tuera, si je parle.

Et moi, je te tuerai si tu ne parles pas.

Tu parleras ! Tu parleras !

Tu parleras ! Tu parleras !

Tu parleras ! Tu parleras !

Tu parleras ! Tu parleras !

Tu parleras ! Tu parleras !

Tu parleras !

Cette histoire de poupée, c'est vrai ?

Vous l'auriez cousue vous-mĂȘme ?

Qui, monsieur.

Elle à signé sa déposition.

Il est venu pour renverser la cour.

- Il laboure le dimanche. - Je vous en prie.

Asseyez-vous, monsieur...

John Proctor, votre honneur.

Assieds-toi, Mary.

La cour te le permet.

Vous n'auriez jamais vu d'esprits ?

Non, monsieur.

Vous avez menti. Ou vous mentez en ce moment.

Dans les deux cas, vous irez en prison.

Dieu est avec moi, monsieur.

C'est aujourd'hui que vous mentez, Mary.

Il s'agit d'un trouble passager de votre conscience.

La cour n'en tiendra pas compte et Dieu vous pardonnera.

Mais vos accusations d'hier,

tremblez, si ce sont des mensonges.

Sur votre témoignage,

la cour a jugé Sarah Good et l'a condamnée à mort.

Vous irez dans un cachot dont vous ne sortirez pas vivante

et Dieu se détournera de votre ùme.

Parris !

Taisez-vous et venez vous rasseoir.

Et les autres ?

Les autres, est-ce qu'elles mentaient aussi ?

Qui, monsieur.

Allez chercher les enfants.

Mes enfants,

Mary Warren a déclaré sous la foi du serment

que vous n'aviez jamais vu d'esprit.

Mary, tu sais bien que tu mens.

Vous maintenez vos dires ?

Qui, monsieur.

Silence !

Puis-je lui poser une question ?

Mary...

Quand tu as vu Sarah Good, hier, au tribunal,

tu t'es bien évanouie ?

Je faisais semblant.

Je vous ai relevĂ©e moi-mĂȘme.

Vos mains Ă©taient glacĂ©es, votre cƓur ne battait plus.

Je mentais, monsieur.

Et les autres mentaient aussi.

Alors à t'en croire, tu peux t'évanouir quand tu veux.

Eh ben, fais-le.

Fais-le donc tout de suite.

Vous entendez, Mary ?

- Je ne peux pas. - Mais vous venez de dire...

Pas comme ça.

Mary...

Essaie encore.

Allons !

Je ne peux pas.

Hier, vous pouviez.

N'est pas la preuve qu'il y avait des esprits

- et que vous leur obéissiez ? - Je croyais en voir.

Comment, si vous ne les voyiez pas ?

Tout le monde avait l'air d'y croire.

J'ai cru les voir. Je vous le jure.

Mais je ne les ai pas vus.

Silence !

Silence !

Abigail...

Dieu nous voit.

Nous irons en enfer si nous causons la mort d'innocents.

Rentrez en vous-mĂȘme,

et sur cette Bible,

répondez sans détour.

Ces esprits malins pourraient-ils n'ĂȘtre que des illusions ?

Connaissez-vous mes nuits, monsieur ?

On me martyrise jusque dans mon lit.

Les vieilles me tirent les cheveux,

me griffent et me soufflettent.

Un boiteux me frappe avec sa béquille

sur le bras gauche, toujours au mĂȘme endroit. LĂ  !

Mon sang coule

car j'ai purifié la ville en dénonçant les suppÎts du diable.

Est-ce que je ne souffre pas assez ?

Faut-il qu'on m'insulte en plein tribunal

et que les juges me suspectent ?

Mais je ne vous suspecte pas.

Faut-il que j'aille crier partout :

"Vous qui m'aimez, vous qui baisez mes mains,

"le gouverneur Danforth m'a traitée de menteuse" ?

Abigail, je vous en prie.

Je vous crois. EnchaĂźnez Mary Warren !

Attendez. Je vais vous expliquer.

- Vous allez expliquer ? - Abigail est une putain.

Que dites-vous ?

Une putain qui a voulu tuer ma femme.

Vous accusez cette enfant ?

Je l'ai connue, monsieur.

Je l'ai connue.

Vous ĂȘtes un dĂ©bauchĂ©.

Oui.

John !

C'est la vérité, Francis.

Ma femme nous a surpris et l'a mise Ă  la porte.

Tu voulais te venger, n'est-ce pas ?

Tu voulais danser sur la tombe d'Élisabeth.

VoilĂ , j'ai tout dit.

Est-ce vrai ?

- J'aime mieux partir. - Je vous ordonne de rester ici.

Willard, allez chercher maĂźtresse Proctor.

Ne dites rien de tout ceci et frappez avant d'entrer.

Vous prĂ©tendez que votre femme est honnĂȘte. Levez-vous.

Votre femme a-t-elle jamais menti ?

Jamais, monsieur.

Quand elle a mis Abigail Ă  la porte, elle savait ce qui se passait ?

Qui, monsieur.

Bien.

Abigail,

si maĂźtresse Proctor vous a chassĂ© pour l'indĂ©cence de vos mƓurs,

Dieu ait pitié de vous.

Attendez. Tournez le dos.

Vous aussi, Abigail.

Tenez-vous Ă  distance.

Et ne vous retournez pas, quoiqu'il arrive.

C'est compris ?

Que personne dans cette salle ne prononce une parole

et ne fasse un geste.

Entrez.

Asseyez-vous.

Regardez-moi et non votre mari.

Qui, monsieur.

Pourquoi avez-vous renvoyé Abigail Williams ?

Euh...

Elle ne me donnait pas satisfaction.

Regardez-moi.

Était-elle malpropre ?

Paresseuse ?

A-t-elle manqué de...

décence dans sa conduite ?

Votre honneur, je...

À ce moment-lĂ , j'Ă©tais malade et...

- Cette fille... - Regardez-moi.

Qui, monsieur.

Abigail Williams a...

Abigail Williams...?

Oh...

J'ai imaginé que mon mari en était épris et je l'ai renvoyée.

Il s'est détourné de vous ?

Mon mari est un bon mari.

Il s'est pas détourné de vous ?

- Pendant ma maladie, je... - Regardez-moi !

À votre connaissance,

John Proctor a-t-il commis le crime de débauche ?

Je répÚte ma question.

Votre mari est-il un débauché ?

Non, monsieur.

J'ai tout avoué !

Elle a parlé.

Parris, faites-la sortir !

- Elle veut sauver mon honneur. - Vraiment ?

Elle sacrifierait Sarah Good, et sa propre vie ?

Quand un homme salit son propre nom, il faut le croire.

Dites au juge comment Abigail dansait au clair de lune.

Non, Mary ! Non !

Pas les griffes !

Betty !

Elle sort ses griffes !

- Non ! Non ! - Ne me faites pas de mal.

Non, Mary !

Betty !

Elles ne voient rien, M. Danforth.

ELLES NE VOIENT RIEN !

- Retirez votre esprit d'eux. - M. Danforth !

M. DANFORTH !

- Avez-vous pactisé avec le diable ? - Mais non.

MAIS NON !

Pourquoi ne répÚtent-elles que vos paroles ?

Elles jouent la comédie !

ELLES JOUENT LA COMÉDIE !

ArrĂȘtez, Abi, arrĂȘtez !

ARRÊTEZ, ABI, ARRÊTEZ !

Je vous dis d'arrĂȘter !

JE VOUS DIS D'ARRÊTER !

LĂ -bas !

Taisez-vous, bon Dieu. Vous ĂȘtes devenus fous, oui.

Juge Hathorne, faites évacuer la salle.

Dites ce qu'elles faisaient.

Ne me touchez pas. VoilĂ  l'homme du diable.

J'aime Dieu ! Je ne veux pas ĂȘtre pendue.

Il vous obligeait à faire l'Ɠuvre du diable ?

Il vient vers moi la nuit et le jour pour que je signe.

Signer le livre du diable ? Il vient avec un livre noir ?

"Je vous tuerai", dit-il, "si ma femme est pendue".

Mary !

Il m'éveille au milieu de la nuit, ses yeux sont rouges.

- Je signe, je signe. - Mary !

J'aime Dieu ! J'aime Dieu, Abi !

Je ne vous ferai plus jamais de mal.

Dieu soit loué.

DIEU SOIT LOUÉ.

Dieu soit loué.

BÉNI SOIT LE SEIGNEUR

John Proctor, vous avez fait un pacte avec le diable.

Avouez ! Les charges sont écrasantes

et vous sauverez votre vie par vous aveux.

Vous sauverez surtout la paix de votre conscience.

Que dites-vous ?

- Je dis que Dieu est mort. - Vous blasphémez !

Herrick, Willard, arrĂȘtez-le.

Défends-toi, John. Ils veulent t'assassiner.

Ils veulent t'assassiner, John !

Messieurs, cette audience est terminée.

NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIEUX QUE TON SAINT NOM SOIT BÉNI

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE...

En vertu de l'arrĂȘt de la cour spĂ©ciale

rendu le 6 septembre 1692,

Martha et Gilles Corey,

Rebecca Nurse et John Proctor

seront pendus demain,

mardi 18 octobre

Ă  5 h du matin,

devant la prison de Salem

jusqu'Ă  ce que mort s'en suive.

À moins qu'ils ne confessent leurs crimes.

À ce prix seulement,

ils auraient la vie sauve.

Ces petites garces n'épargnent personne.

On inculpe des commerçants, des avocats, mĂȘme des pasteurs.

Les gens n'osent plus mettre le nez dehors.

Et les affaires, n'en parlons pas.

Les stocks pourrissent dans les entrepĂŽts.

Est-ce que tu m'écoutes ? Il faut que ça cesse, entends-tu ?

Nous nous ruinons de nos propres mains.

- Que veux-tu que j'y fasse ? - Que tu te joignes Ă  nous.

- Qui ĂȘtes-vous ? - Des citoyens raisonnables.

- Qu'avez-vous besoin de moi ? - Tu es l'homme le plus riche.

Nous n'obtiendrons rien sans les riches avec nous.

- Il y a d'autres riches. - Ils viendront si tu viens.

La réunion a lieu chez moi à 5 h. Je t'attends.

Je ne viendrai pas, James.

Ce mal nous est envoyé par Dieu pour nous punir de nos fautes.

Inutile, Thomas.

Tout le monde sait que ta fille est Ă  l'origine de cette affaire.

Prends garde, toi-mĂȘme.

Si tu me compromets, ma fille saura dire Ă  la cour...

Écoute-moi bien, Thomas.

Si ta fille prononce mon nom devant les juges,

je te trouverai ou que tu sois.

Et je te lĂącherai deux balles dans le ventre.

Vous voilĂ . Quelle sale besogne allez-vous faire ?

Oh, le chien noir.

Tu vas te calmer, crapaud ?

C'est fini ? Oui ?

VoilĂ  comment il faut les traiter.

MaĂźtre, n'est-ce pas votre frĂšre ?

Nous n'avons plus de rapports.

Je ne sais pas pourquoi il est venu.

Nous venons chercher Ann pour aller Ă  la prison.

Je ne veux pas.

Je ne veux pas.

Ann est fatiguée. Vous irez sans elle.

EmpĂȘchez-les de m'emmener.

Je ne veux pas le voir quand on lui fera du mal.

Qu'y a-t-il ?

On va torturer le vieux Corey.

Les juges vont essayer de le faire parler.

C'est notre devoir d'ĂȘtre prĂ©sentes et d'aider la justice.

Vous ĂȘtes un bon citoyen, maĂźtre Putnam.

Que pensera la cour si elle apprend que vous détournez votre fille ?

- Papa... - Fais ce qu'on te dit.

- Thomas ! - C'est un ordre.

Mais viens.

Ce coup-ci, je suis sûre qu'on va le faire mourir.

Il faut surseoir aux exécutions.

Pourquoi ?

On a failli m'assassiner.

Il coupe bien. Hein ?

Rebecca passe pour une sainte, John, pour un bon citoyen.

Si vous les pendez, je crains une émeute.

Il y a des gens qui se rencontrent la nuit,

qui parlent entre eux.

La terre tremble.

Raison de plus pour en finir vite.

Si vous me donniez du temps, ils avoueraient.

Ils ont eu 4 mois pour avouer, révérend Parris.

Sont-ils coupables, oui ou non ?

Ils le sont.

Donc on doit les pendre.

Croyez-vous que j'ai plaisir Ă  verser le sang ?

Je ne dors plus depuis six mois, monsieur.

Mais Dieu nous a élus.

Nous sommes les instruments de sa colĂšre.

Et nous irons jusqu'au bout de notre mandat.

Vous avez peur ?

Moi, j'ai peur, quelquefois.

Je sais qu'on nous déteste. Qu'y puis-je,

sinon frapper plus fort ?

Malheur a celui que Dieu a choisi pour faire régner la terreur.

Et malheur Ă  celui qui la fait cesser avant le temps prescrit.

Je vais interroger le vieux Corey. Venez-vous ?

En vertu de l'arrĂȘt de la cour spĂ©ciale,

Martha et Gilles Corey,

Rebecca Nurse et John Proctor

seront pendus, demain, mardi 18 octobre,

Ă  5 h du matin

jusqu'Ă  ce que mort s'en suive.

- Tu l'as entendu, toi ? - Qui ?

- Le tambourineur. - Oui.

Il n'a pas parlĂ© d'Élisabeth Proctor.

Dame. Tu ne sais donc pas ? Elle ne sera pas pendue.

- Pourquoi ? - Elle est enceinte de 4 mois.

Alors on la laisse vivre un an.

Au bout d'un on, tu sais...

Pauvre Abigail.

Tu voulais épouser le mari et faire pendre la femme,

mais la femme est sauvée. C'est le mari qu'on pendra.

Ah, ça pue, ici.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est la vache des Proctor.

Elle a dĂ» crever faute de soins.

Attendez. Il faut que j'aille fermer la porte.

Pourquoi ? La maison n'est plus Ă  personne.

Non.

Non.

Rebecca,

ma femme me condamnait.

DrĂŽle de rĂȘve.

Je fais mon testament, Martha.

Vous avez deux douzaines de chemises ?

Tais-toi donc, imbécile.

Nous serons pendus et nos biens seront dispersés.

Mes chemises, c'est la femme de Putnam qui les portera.

Je ne serai pas pendu, Martha.

Je connais la loi.

Je n'ai jamais dit oui aux juges,

et je ne leur ai jamais dit non.

Si vous ne dites ni oui, ni non, vous ne serez ni jugé, ni condamné.

C'est la loi, John.

Pourquoi ne l'avez-vous pas dit ?

Nous aurions sauvé notre peau.

- Non. - Qu'est-ce que ça veut dire, Gilles ?

Ça veut dire...

que je paie mes dettes. Je paierai, Martha.

Mais oui.

Mon silence paiera pour mes bavardages imbéciles.

Gilles Corey ?

Et voilĂ .

Je ne dirai rien.

Mon testament.

Tu le donneras Ă  mes fils.

Et tu leur diras que je suis mort sans ĂȘtre jugĂ©,

que, par conséquent, la terre est à eux,

avec tout ce qui est dessus et dessous.

Gilles ! Gilles !

Je suis sûre qu'ils vont l'étouffer sous des pierres.

Oui, des pierres.

En tout cas, quelque chose qui écrase.

C'est un homme honnĂȘte, n'est-ce pas ?

Le meilleur des hommes.

Et nos fils auront la ferme.

Je suis contente.

Je crois...

Je crois qu'il est en train de mourir.

Parlerez-vous, Gilles Corey ?

Qu'avez-vous dit ? Répétez !

Encore.

Pour la derniĂšre fois, Corey !

Inutile, monsieur. C'est fini.

Chien ! Que Dieu le punisse !

Il n'a rien fait ! Il n'a rien fait !

- Ann Putnam ! - Je le vois.

LĂ  !

LĂ  ! Il dit qu'il n'a rien fait.

Vous ne pouvez pas le voir.

Il dit que Dieu vous damnera.

Willard, elle délire. Emmenez-la chez elle.

- Quand aura lieu la vente ? - AprĂšs-demain,

puisqu'on les pend demain.

Vous...

Vous l'achetez ?

- Acheter quoi ? - La ferme des Proctor.

Non.

Je ne trafique pas avec les biens des morts.

Vous avez acheté la maison de maßtresse Simpson.

Justement.

- Vous achĂšterez la ferme. - Moi ?

Vous me devrez les deux tiers de la récolte et...

Qu'elle ne sorte plus. Ordre du gouverneur.

Elle est folle.

Vous avez du sang sur la main.

- C'est la petite qui a saigné du nez. - Vous l'avez fait saigner.

Sortez ! Sortez avant que je vous casse les reins.

Ann...

Sorcier ! Sorcier !

C'est toi, le sorcier.

Partons, maman, partons !

C'est un sorcier !

- Couchons-la. - Ne la touche pas.

Je t'ai dit de ne pas la toucher.

- Je vais chercher le médecin. - Pas besoin, elle va mourir.

- Tu es folle ? - Elle va mourir,

comme les six autres. Tu le sais trĂšs bien.

Bien sûr, puisque c'est toi qui les as tués.

Je demandais pardon Ă  Dieu de ne pas t'aimer.

Ce n'est pas naturel d'avoir horreur de son mari.

À prĂ©sent, je sais. Je sais.

L'enfant a parlé.

Et quand elle sera morte, je te ferai pendre.

Et nous avons décidé, l'autre jour,

qu'une délégation se rendrait chez le gouverneur

pour le supplier de dissoudre la cour spéciale

et de renvoyer les prétendus sorciers devant des tribunaux ordinaires.

Quand partirez-vous ?

Nous vous avions prié de prendre contact avec votre frÚre.

Accepte-t-il ?

Pas besoin de lui.

Sans lui, tout est perdu.

Qu'allez-vous faire ?

Nous attendrons.

Qu'attendrez-vous ? Qu'on vous pende ?

Rassurez-vous, cher ami, nous, on ne nous pendra pas.

Tu seras pendu, Corbett,

par le cou, jusqu'Ă  ce que mort s'en suive.

Comme tout le monde.

Le mal tourne en rond.

Il a mangé les pauvres, il mangera les riches.

Ce sera bien fait. La forĂȘt reprendra tout.

- Qu'avez-vous ? - Vous ne le voyez pas ?

Je suis sorcier.

Sais-tu que ta fille ne t'aime pas ?

- Je veux vivre. - Mais nous aussi.

Bon...

J'accepte de présider votre délégation.

Messieurs, si vous nous faisiez la grĂące de partir Ă  l'instant,

vous arriveriez Ă  Boston avant 10 h.

Lord Philips aurait le temps d'envoyer un messager

pour empĂȘcher les exĂ©cutions.

C'est ma femme qu'ils vont pendre.

Je comprends vos sentiments, Francis.

Supposez que nous allons crier

l'innocence de votre femme, de Martha Corey, des Proctor.

Supposez qu'au mĂȘme moment, l'un des deux passe aux aveux.

VoilĂ  4 mois qu'on les tourmente,

- ont-ils parlé ? - Ils ont résisté aux tortures.

Résisteront-ils à la peur de la mort ?

Sarah Good a avoué la corde au cou.

S'ils se taisent jusqu'Ă  la mort,

quel argument ?

Votre femme est une sainte, Francis.

Elle se sacrifie pour sauver toute une ville.

Soyez digne d'elle.

Je te l'avais dit. Tais-toi, à présent.

La séance est levée.

Rendez-vous chez moi, Ă  l'aube. Venez Ă  cheval, nous partirons.

DÚs notre retour, vous saurez le résultat.

- Les chiens. - Assez !

C'est moi qui parle.

Vous avez compris ? Nous avons Ă  compter que sur nous.

Chargez vos armes et rendez-vous Ă  l'aube devant la potence.

C'est tout ?

Peter Corey et ses amis veulent s'opposer par les armes.

ArrĂȘtez-les !

Vous me donnez des ordres ?

Va te faire payer par Charlie.

Les arrĂȘter pour avoir la ville sur le dos ?

Révérend Parris, vous perdez l'esprit.

Il faut masser la troupe.

Hathorne, j'ai 37 soldats, pas un de plus.

Je ne sais mĂȘme pas s'ils sont sĂ»rs.

Le gibet est dressé dans la campagne ?

Oui.

Dans la cour de la prison, n'y a-t-il pas de potences ?

Non. Mais on peut s'arranger.

Bon. Arrangez-vous.

Nous laisserons les émeutiers

attendre sous le gibet,

mais nous pendrons les criminels dans la prison.

Allez.

Il ne verra plus jamais cette tĂȘte.

Demain, nous serons jeunes et beaux.

Ce n'est rien.

J'ai peur, voilĂ  tout.

Ça fait mal, vous savez.

Quoi ?

La corde.

La corde.

J'Ă©tais courageux quand je gardais le respect de moi-mĂȘme.

À prĂ©sent,

ils seront peut-ĂȘtre obligĂ©s de me ligoter.

John.

Mourir bien, mourir mal...

Vous n'ĂȘtes jamais tentĂ©e d'avouer que vous ĂȘtes une sorciĂšre ?

Vous diriez que vous montez Ă  cheval sur un balai.

Ça serait si bĂȘte que ça ne serait mĂȘme plus un mensonge.

Et si j'avouais, moi, que je suis un sorcier,

qu'est-ce que vous diriez ?

Vous me méprisez trop pour me répondre.

Je ne vous méprise pas.

Parce que vous ne méprisez personne. C'est pareil.

Il y en a d'autres qui me méprisent à votre place.

Francis, votre mari,

et les fils Corey dont le pĂšre est mort Ă  cause de moi.

Ils viendront me voir pendre.

Vous serez tous pendus par ma faute.

Dieu ne me pardonnera pas, sois-en sûr.

Ni Élisabeth.

Savez-vous pourquoi je ne veux pas mourir ?

Parce que je suis une ordure.

Il ne me reste plus rien,

sauf quelques années terrestres si j'avoue.

À New York, personne ne me connaüt.

Oh, je crĂšve de ne plus travailler.

Soyez béni, mon Dieu,

parce que vous m'avez rendu courage.

Hier encore, les coupables étaient nus et délaissés.

Et j'avais horreur de ma toute puissance.

Mais puisque la ville entiĂšre est avec eux,

je connais que je suis sur la bonne voie.

Je prendrai leurs vies sans remords,

comme on s'apprĂȘte Ă  prendre la mienne.

Et je ne crains plus d'ĂȘtre juge,

puisque vous me laisser espérer que je serai martyr.

Que voulez-vous, mon enfant ?

J'ai vu les anges.

Laissez-moi parler seul Ă  seul avec Proctor,

et vous aurez ses aveux dans une heure.

J'avais juré de te tuer.

C'est moi qui t'ai rendue mauvaise.

Je suis plus coupable que toi.

Pourquoi ce corps est-il si pur ?

OĂč est le mal ?

OĂč est le mal ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Te voir.

Tu vas rester jusqu'au bout ?

Oui.

AprĂšs, tu iras me voir pendre ?

Oui.

Pourquoi pas...

Qu'est-ce qu'on dit de moi, au village ?

Nurse, que dit-il ?

Tu peux trĂšs bien imaginer ce qu'il dit.

Et les fils Corey...

ils me haĂŻssent, n'est-ce pas ?

Ils ne t'aiment pas.

Y a-t-il quelqu'un pour me défendre ?

Élisabeth a demandĂ© pardon Ă  Dieu publiquement de t'avoir Ă©pousĂ©.

Elle a eu raison.

Tu seras damné, John.

Oui.

Toi aussi.

Bien sûr.

Tout Ă  l'heure, ils vont te pendre.

Et moi, un de ces jours, ils me chasseront.

Alors j'irai Ă  Boston,

et je me ferai putain pour vivre.

Qu'est-ce que tu as ?

Je ne veux pas qu'on te touche.

Si tu ne veux pas, tu n'as qu'Ă  pas mourir.

Si tu vis,

tu feras de moi ce que tu voudras.

Vivre ?

Avec toi ?

Ils te vomissent tous,

mais tu es sauvé dans mon ùme.

Je suis la seule au monde qui ne te méprise pas.

Tu es Ă  l'abri, John.

À l'abri dans mon cƓur.

Nous irons Ă  New York, nous referons notre vie.

Nous serons seuls,

oubliés, heureux.

Dieu fasse que nous ayons pitié l'un de l'autre.

Pitié ? Jamais ! Nous brûlerons.

Je suis un lĂąche.

Et aprÚs ? Ta lùcheté m'appartient.

Le mal doit aller au mal, comme l'eau Ă  la riviĂšre.

J'avouerai tout ce qu'ils voudront.

Conduisez-moi chez le juge Danforth. Vite !

Assieds-toi.

Si tu veux commencer tout de suite...

LĂ .

Qu'est-ce que j'avoue ?

Ce que tu voudras. Tu as l'embarras du choix.

Je vous demande quand il sera libéré.

Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

De toute façon, ça n'est pas de ma compétence.

Je donnerai l'ordre de surseoir à l'exécution, voilà tout.

Quand Ă  le faire relĂącher...

- Êtes-vous sĂ»r qu'il est coupable ? - Il avoue.

À votre place,

je ne serais sûr de rien, M. Danforth.

Je verrai ce que je peux faire pour lui.

- Bon. - OĂč allez-vous ?

Retrouver John.

- John ? - John Proctor.

S'il changeait d'idée...

Inutile. J'y vais moi-mĂȘme.

- Je vous accompagne. - Non.

Vous assisterez à l'exécution des deux autres.

- Descendez dans la cour. - La cour ?

Dehors, il y a des factieux.

Tout se passera dans la cour.

Fixe-la comme ça. John est plus grand que moi.

Vous ne pendrez pas Proctor. Il a fait des aveux.

Proctor ? Ça m'Ă©tonnerait.

- Je vous le dis. - Alors tant mieux pour toi.

Tu auras un mort de moins sur la conscience.

LĂ .

Venez.

Je vous laisse.

Tu as voulu me voir avant de mourir ?

Je ne vais pas mourir, John.

Je suis enceinte.

Enceinte ? Alors oui, tu vivras.

Et ça ne te gĂȘne pas de me demander de mourir ?

C'est pour cela que tu es venue ?

Mais je suis venue pour te supplier de vivre.

Je vivrai si je fais des aveux.

Oui.

Mais regarde.

Ajoute que tu as fait mourir les vaches de maĂźtre Putnam et signe.

Je suis ta femme et je ne veux pas que tu meures.

Tu es le meilleur des hommes, John.

Et c'est pour cela qu'il faut que tu vives.

Le meilleur ?

C'est que le genre humain tout entier va passer Ă  la broche.

Le meilleur des hommes est damné.

Si Dieu te réserve l'enfer, je refuse ma part de ciel.

Tout est de ma faute.

Par honte d'avoir un corps, je t'ai donné honte de me désirer.

J'étais de glace et de feu.

J'attendais tes caresses et je détestais mon trouble.

Ma langue était nouée,

mon cƓur scellĂ©, mon corps paralysĂ©.

Tu me croyais ton juge, et je n'étais que ton bourreau.

Depuis quatre mois, mes yeux se sont ouverts.

Ce que tu as fait pour moi, personne au monde ne l'aurait fait.

Tu as crié tes péchés devant tous et tu t'es perdu pour me sauver.

Je t'aime.

Tu as demandé pardon à Dieu de m'avoir épousé.

Moi ?

La seule fiertĂ© qui me reste, c'est d'ĂȘtre ta femme.

Regarde-moi.

Tu n'as jamais menti ?

Jamais.

Sauf une fois devant la cour,

quand ils m'ont demandé si tu étais adultÚre.

Alors répÚte-moi ce que tu viens de dire.

Tu es bon, John.

Tu es courageux.

Tu es pur

et tu ne le sais mĂȘme pas.

Mais tout le village le sait pour toi.

Oh oui !

On me dit que vous allez faire des aveux.

J'avoue que j'ai voulu mentir pour sauver ma vie.

J'ai désespéré de Dieu car vous m'avez fait désespérer de moi.

Assez !

Êtes-vous sorcier, oui ou non ?

Non, monsieur.

Il n'y a jamais eu de sorciers que dans votre esprit.

John...

Oh, laissez-moi relever la tĂȘte.

Il y a si longtemps que je la tiens courbée.

Elle m'a rendu la fierté.

Je te l'ai rendue pour que tu vives.

Bien sûr.

Tu ne pouvais pas savoir qu'elle m'ĂŽterait la peur de mourir.

Croyez-vous cela, monsieur ?

Je m'entĂȘtais Ă  vivre parce que j'avais honte de ma vie.

Fini.

Une fierté toute neuve, c'est exigeant.

Dites-moi que j'ai raison.

Faites votre devoir d'épouse.

Dites-lui qu'il pĂšche par orgueil.

Qui protégera votre famille si vous mourez ?

Votre devoir est de vivre.

- MĂȘme au prix d'un mensonge ? - Mais qui parle de mensonge ?

On vous demande une signature.

Si vous la refusez, c'est vous qui vous donnez la mort.

Est-ce que vous ne savez pas que Dieu défend le suicide ?

Élisabeth...

Pour la derniĂšre fois en cette vie, soyez mon juge.

J'ai raison, n'est-ce pas ?

Oh...

Je ne distingue plus le mal du bien.

Ce bonheur que vous m'avez rendu...

Est-il possible que ce soit de l'orgueil ?

De l'orgueil criminel. Le sang qui coulera vous accablera.

Parris !

Le sang va couler ?

- Quel sang ? - Il veut parler du vĂŽtre.

Le sang d'un pendu ne coule pas.

Regardez-le.

Vous voyez bien qu'il parle du sien.

Tous mes amis sont lĂ .

Tous mes amis, avec des armes.

C'étaient de vrais amis.

N'espérez rien. On vous pendra dans la prison.

Direz-vous encore que ma mort est inutile ?

Si je mentais,

ils s'en iraient tĂȘte basse pensant que vous aviez raison.

Mais quand on m'aura pendu, leur colĂšre soufflera sur Salem

et vous balaiera.

Mes enfants vivront dans la liberté.

Dis-moi que j'ai raison.

Tu as raison.

Graciez-les, monsieur. Ils sont innocents.

Révérend Parris,

il est écrit nulle part que les juges soient infaillibles.

Mais il est Ă©crit que leurs sentences doivent ĂȘtre exĂ©cutĂ©es.

Si vous ĂȘtes innocents, pardonnez-moi.

Emmenez-les !

- Si vous m'avez trompée, gare à vous. - Abigail !

- Mais il a tout avouĂ©. - Il n'a rien avouĂ©. Écartez-la.

J'ai menti ! J'ai menti ! Je jure que j'ai menti !

J'ai menti ! Je jure qu'il est innocent !

Non, Parris,

je ne baiserai pas la croix que vous avez touchée.

Rebecca, quand vous serez au ciel, priez pour moi.

Dieu m'est témoin que je déteste ce que je fais.

Je prierai pour toi.

Au secours !

Au secours !

- Attrapez-la ! Vite ! - Au secours !

Au secours !

John !

John !

John !

- C'est fini. - Pour tous les trois ?

Pour tous les trois.

Vous pouvez me tuer, lĂąches !

D'autres juges viendront qui seront sans pitié.

Je vous fais peur ?

Assassin.

Qu'est-ce que tu leur veux, charogne ?

Pendez-la !

PENDEZ-LA !

PENDEZ-LA !

Encore des juges !

Elle a tué Proctor !

Moi aussi, je l'ai tué.

Toi aussi.

Toi aussi.

Laissez-la.

Elle l'aimait.

LE SEIGNEUR

EST AVEC NOUS

LE SEIGNEUR

EST AVEC NOUS

LE SEIGNEUR

EST AVEC NOUS

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