All language subtitles for Escape.from.the.Planet.of.the.Apes.1971 Fre.BDRip.AC3.XviD-TMRC

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Original subtitles

- Baron Rouge Cinq à tour de contrîle. - À vous, Baron.

Reçu. Position : sud-est du secteur Alpha Charlie.

Nous pensons avoir repéré un engin spatial au-delà des brisants.

Alertez les secours. Pouvons rester en position 45 min.

- Nous vous indiquerons la position radar. - Reçu.

Avis aux secours : Baron Rouge Cinq a repéré un engin spatial,

au sud-est du secteur Alpha Charlie.

Lancez l'hélico. Récupérez l'engin. Notre radar vous radioguidera.

Sortez des camions ! DĂ©pĂȘchez-vous. Allons-y.

Sergent, amenez le half-track et remorquez le vaisseau.

Bien, chef !

Le général, chef.

- Il y a quelqu'un dedans ? - Je ne le sais pas encore, chef.

- TrĂšs bien, ouvrez-le. - Ouvrez-le !

Messieurs, bienvenue aux États-U...

BASE AÉRIENNE DU CORPS DES MARINES

ACCÈS À LA BASE INTERDIT

- Le zoo peut les prendre ? - Oui, chef.

L'infirmerie est presque vide, à part un renardeau blessé et un gorille déprimé.

Les singes seront en quarantaine, cachés du public.

Ils auront les soins médicaux nécessaires.

Les experts pourront les examiner demain.

- Le général est ravi. - Moi aussi.

Ces singes iront faire leurs saletés ailleurs.

On les a nourris ? Steak cru ?

Au zoo, on m'a dit que les chimpanzés étaient végétariens.

- Ils m'ont dit d'apporter des oranges. - Mon Dieu !

Qu'y a-t-il, caporal-chef ?

Oh, pardon. Je ne veux pas vous déranger alors que vous vous habillez.

- Je deviens fou ? - Ils font semblant de s'habiller.

Comment ça ? Ils s'habillent !

- Les vĂȘtements ? - Ils les ont apportĂ©s.

- Quoi ? - Dans cette valise.

Greg, donnez-leur donc des oranges.

Euh, ils...

Ils vont aller Ă  l'infirmerie du zoo. Affectez une escorte de police Ă  16 h 30.

Ils auront de la compagnie, lĂ -bas.

Il y a un gorille juste à cÎté.

Qu'est-ce qui lui a pris ?

INFIRMERIE DU ZOO

Tiens, mon petit pĂšre.

Bon sang, tu es vraiment malade.

Bonjour, mam'zelle. Tiens, une banane.

Comme tu voudras, ma biche.

- Zira ! - Je suis pas sa biche, mais la tienne.

MaĂźtrise-toi. Ils essaient d'ĂȘtre gentils.

Cette cage pue le gorille.

- CornĂ©lius, oĂč est-on ? Que s'est-il passĂ© ? - Je sais oĂč on est.

Je sais ce qui s'est passé.

Pour une raison ou une autre,

que mes facultés ne me permettent pas de connaßtre,

nous avons voyagé du futur de la Terre à son passé.

Mais on a vu la Terre détruite.

Et la Terre sera détruite, en effet.

Mais depuis, une perturbation nous a fait reculer dans le temps.

Vous avez vu que le dateur est descendu, aprÚs l'onde de choc qui nous a frappés ?

Oui.

Nous somme revenus sur Terre 2000 ans avant sa destruction.

Raison de plus pour nous taire.

Ils ne seraient pas ravis d'apprendre que leur Terre va voler en éclats

et ĂȘtre anĂ©antie Ă  cause d'une guerre des singes.

Les singes, Ă  ce stade,

ne savent pas encore parler.

Pour le moment, suivons leur exemple.

ZOO DE LOS ANGELES

J'ai le rapport de la base aérienne. Lisons-le avant de commencer les tests.

Oui, le comportement d'imitation habituel. Ils saluent, ils serrent la main,

ils mangent avec des couverts.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ils ont un sac. - Avec de la nourriture ?

Non, des vĂȘtements. Ils les ont mis en arrivant.

C'est incroyable.

Bonjour, Dr Dixon. Dr Branton.

- Bonjour, Arthur. - Bonjour.

- La femelle est hargneuse. - Je serai prudent.

Vous avez préparé le test de Wisconsin. On va commencer par ça.

Fais attention, Stevie.

Ils m'ont l'air trĂšs dociles.

Oui, mais ne prends pas de risques.

Sauf si l'engin était téléguidé,

ils devaient savoir actionner certaines commandes. Ce ne sont pas des idiots.

Bon, commençons par la femelle.

Arthur, pouvez-vous la faire...

Eh bien, elle a l'air trÚs dégourdie.

Bon, on va compliquer les choses.

- Ils n'ont encore rien mangé ? - Rien du tout, comme vous l'avez demandé.

Bien. Passons au test de la banane.

Pourquoi ne la prend-elle pas ?

J'ai horreur des bananes !

Zira !

- C'est incroyable. - En effet.

Arthur, le Dr Branton a besoin d'air.

- Zira, vous ĂȘtes folle ? - Dr Milo, ne la traitez pas de folle.

Je lui ai seulement posĂ© la question. Je rĂ©pĂšte : vous ĂȘtes folle ?

Je déteste le mensonge !

Parfois, on est obligé, non pas de mentir, mais de se taire.

Quand on saura qui sont nos amis...

Comment va-t-on le savoir si on ne communique pas ?

- On sait parler : parlons. - Ou écoutons.

- Le papotage d'un psychiatre. - Et regardons !

- Le déploiement d'appareils primitifs. - Incapables de tester le Q.l. d'un triton !

- Calme-toi. - Je suis calme !

- Zira ! - ArrĂȘtez de vous disputer !

On n'a pas le temps. Vous feriez mieux de réfléchir.

Ils savent qu'on parle, mais doit-on tout leur dire ?

Milo !

- Faites une autopsie. - Qu'on examine le crĂąne et la zone orale.

PrĂ©venez-nous quand le rapport sera prĂȘt, d'accord ?

Mieux vaut que j'y aille seul.

On ne vous veut aucun mal.

Vous comprenez ? On ne vous fera rien.

Pauvre docteur Milo.

- Docteur ? - Oui, "docteur". Et vous l'avez tué.

Non, pas moi. Lui.

- Un de vos congénÚres. - C'est un gorille.

Vous n'avez aucune raison d'avoir peur.

Il est enchaßné. On lui a donné un calmant.

Vous comprenez ?

Bien sûr. J'ai fait ça à des humains toute ma vie.

- À des humains ? - Je suis psychiatre.

Oh, moi aussi, je suis psychiatre.

Vous avez... un nom ?

Je m'appelle Cornélius. Et c'est ma femme, Zira.

Moi, c'est Lewis. Lewis Dixon.

Personne ne va le croire.

- Quoi ? - Que des singes primitifs parlent.

- Primitifs ? - Euh, je veux dire que dans notre...

civilisation primitive, les singes ne parlent pas.

Et je crois quand lorsque nos mesures de précaution primitives seront levées,

et que vous prendrez la parole en public,

vous devrez parler Ă  ce que l'on appelle primitivement les personnes influentes.

Je peux dire quelque chose de... personnel ?

Je vous en prie.

Je vous aime bien.

Moi aussi, depuis le début.

- Bonjour, messieurs. - M. le Président.

Ce que j'ai Ă  vous dire

risque de porter un sérieux coup à ma crédibilité.

Et pourtant, c'est vrai.

Hier, un engin spatial américain a amerri au large des cÎtes de Californie.

C'était l'un des deux engins disparus depuis plus de deux ans.

Pour ĂȘtre prĂ©cis, celui qui Ă©tait commandĂ© par le colonel Taylor.

- A-t-on identifié les corps ? - On a identifié trois corps, oui.

Tous en vie...

- Taylor est vivant ? - ...au moment du sauvetage.

Par un malheureux accident, l'un d'eux a été tué ce matin au zoo de Los Angeles.

Au zoo ?

Qu'est-ce que des astronautes faisaient au zoo ?

Ce ne sont pas des astronautes, général.

Ce sont des singes. Des chimpanzĂ©s, pour ĂȘtre exact.

Ils sont inoffensifs, gentils, et extrĂȘmement intelligents et avancĂ©s.

Mais naturellement, ils ne peuvent pas nous dire

d'oĂč vient le vaisseau ni pourquoi ils Ă©taient dedans.

J'ai donc décidé de convoquer

une commission d'enquĂȘte demain Ă  Los Angeles.

Les deux singes seront présentés à la commission qui les examinera.

La presse pourra y assister, mais pas y participer.

Je crois que nous ne pouvons plus

cacher cette extraordinaire découverte au reste du monde.

L'un des deux engins américains que l'on croyait désintégrés en orbite

a amerri hier dans l'océan Pacifique, au large des cÎtes de Californie du Sud,

avec, à son bord, trois hommes d'équipage,

si je puis dire, qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©s ĂȘtre des singes.

Je n'ai rien Ă  dire, messieurs.

Je n'ai pas le temps. Plus tard.

Le président de la commission.

En tant que conseiller scientifique,

que pensez-vous retirer de cette réunion historique ?

Une peur bleue.

COMMISSION D'ENQUÊTE

Bon. Quand j'aurai annoncé la nouvelle,

on vous posera des questions simples et vous donnerez des réponses simples.

Et si les questions se compliquent ?

- Soyez vous-mĂȘmes. - Mais pas trop, Zira. D'accord ?

- Ils sont prĂȘts, monsieur. - Bon, c'est l'heure.

On nous prend pour quoi ? Des gorilles ?

Je suis désolé.

C'est lĂ . Asseyez-vous.

Monsieur le Président, messieurs les membres,

mesdames et messieurs, je m'appelle Lewis Dixon.

Je suis psychiatre pour animaux

et je m'occupe de ces singes depuis leur arrivée au zoo de Los Angeles.

Le docteur StĂ©phanie Branton et moi sommes prĂȘts Ă  rĂ©pondre Ă  vos questions.

Vous serez peut-ĂȘtre surpris d'apprendre

que nos amis chimpanzĂ©s sont prĂȘts eux aussi Ă  rĂ©pondre Ă  vos questions.

Non par signes, regards ou mouvements,

mais par des mots.

Dr Dixon. Je connais et respecte vos travaux,

mais si vous transformez cette enquĂȘte

en numéro de ventriloque, je vous informe...

Et je vous informe que ces singes sont doués de parole.

Allons. Vous savez comme moi

que leur systÚme vocal et leur pensée abstraite ne sont pas développés.

Oui, mais ils sont doués de parole,

et vous jugerez dans quelle mesure cette faculté peut s'exercer intelligemment.

Peut-on savoir lequel des deux est la femelle ?

S'est-elle levée par réflexe, ou parce qu'elle a compris ma question ?

C'est à vous d'en décider.

- Avez-vous un nom ? - Zira.

De toute évidence, elle peut articuler, ce qui est déjà extraordinaire.

Mais, Dr Dixon, devons-nous en déduire que Zira est son nom

ou une expression dans sa langue ?

Faites-vous votre propre avis. Essayez de reformuler la question.

Comment vous appelez-vous ?

- Autant parler Ă  un perroquet. - Un perroquet ?

Imitation mécanique. Sauf que ce singe-là imite la parole.

Mais... l'autre parle-t-il aussi ?

Quand elle m'en laisse le temps.

- Docteur Hasslein. - Non. Rien.

- Monsieur le Président. - Oui.

Comment s'appelle le mĂąle, s'il vous plaĂźt ?

- Cornélius. - Mon légitime époux.

- Époux ? - On abordera ça plus tard, votre Éminence.

Cornélius, est-ce que vous et votre légitime épouse

parlez une autre langue que la nĂŽtre ?

Il y a d'autres langues ?

Je parle la langue de mes parents et de mes grands-parents.

C'est la langue de nos ancĂȘtres depuis prĂšs de 2000 ans.

Quant Ă  ses origines, qu'en sait-on ?

Les gorilles et les orangs-outans

croient que Dieu à créé le singe à son image, et que notre langue...

Ne dis pas de sottises !

En tant qu'intellectuel, tu sais que les gorilles sont des abrutis militaristes

et les orangs-outans des pseudo-scientifiques bornés !

Et des humains, j'en ai disséqu...

J'en ai examiné des milliers,

et, jusqu'ici, je n'en avais vu que deux qui parlaient.

Dieu sait qui leur avait appris.

LĂ  d'oĂč nous venons, les singes parlent.

Les humains sont muets.

- D'oĂč venez-vous, CornĂ©lius ? - Je ne sais pas trop.

Docteur Milo le savait.

C'était un génie trÚs en avance sur son temps.

Quand le vaisseau spatial a atterri chez nous, le Dr Milo l'a récupéré.

Il l'a étudié et l'a compris à moitié.

À moitiĂ© ? ça a suffit ?

Ça a suffit pour qu'on s'enfuie quand la guerre a Ă©clatĂ©.

Pour que le Dr Milo soit tué au zoo.

Pour que nous soyons devant vous.

- D'oĂč vous ĂȘtes-vous enfuis ? - Je le rĂ©pĂšte. Je ne sais pas trop.

Peut-ĂȘtre que la femelle le sait.

Bien sûr, "la femelle" le sait.

Nous venons de votre futur.

Ça n'a aucun sens.

C'est la seule chose qui en ait.

- M. le Président. - Oui.

Cornélius. Vous avez parlé d'une guerre.

- Entre qui ? - Les gorilles et tout ce qui vit...

Qui vivait. Qui vivra.

- Qui a gagné ? - Je ne sais pas.

Les chimpanzés sont pacifistes. On est restés chez nous.

- Vous avez fui avant la fin. - Dans un engin spatial.

- Que le Dr Milo a appris Ă  piloter. - Exact.

Connaissez-vous un certain colonel Taylor ?

Non. C'est un soldat ?

Nous sommes des ĂȘtres pacifiques.

Nous sommes heureux d'ĂȘtre ici. Peut-on nous dĂ©tacher ?

- Messieurs, vos impressions ? - Je n'ai rien Ă  dire.

Je n'ai rien Ă  dire.

- M. le Président, un mot. - Grotesque.

- Pouvez-vous préciser ? - Non, je dirai seulement ceci

en tant que président : nous examinerons cette étrange affaire

et nous transmettrons nos propositions au chef de l'État, qui les fera exĂ©cuter.

Quel baratin.

Je n'ai rien Ă  dire.

- Que conseillerez-vous au chef de l'État ? - Je ne dirai rien.

Peut-on savoir ce que vous feriez, personnellement ?

Non. Je n'ai rien Ă  dire.

Pour l'instant.

- Vous avez été formidables ! - Parfaits. Ces applaudissements...

Mais il y a eu un moment...

- Oui. Quand il a commencé à demander... - Zira.

- Cornélius, on devrait leur dire. - Non.

- Mais seulement Ă  Lewis et Stevie. - Oh, Zira.

Il faut que je sois franche avec quelqu'un.

Cornélius, je t'en prie.

Dis-leur, toi.

Eh bien, en fait...

On a connu le colonel Taylor. Et on l'a aimé.

Quel mal y avait-il à dire ça à la commission ?

LĂ  d'oĂč nous venons,

les singes n'aimaient pas les humains.

Ils... ils chassaient les hommes comme vous chassez les animaux.

Oui, on faisait des expériences sur leurs corps, vivants ou morts.

Des dissections et des recherches scientifiques.

Eh bien...

On fait pareil avec les animaux.

En tant que scientifique, je comprends,

mais en effet, la foule risquerait de mal le prendre.

Vous avez bien fait de nier que vous connaissiez Taylor.

Il y a une deuxiĂšme raison.

- Laquelle ? - Ils auraient demandé s'il était vivant.

- Il est vivant ? - Oh, non. C'est impossible.

- Comment le savez-vous ? - Parce que...

Par les hublots du vaisseau spatial...

Nous avons vu la Terre...

détruite.

Tiens-toi prĂȘt.

Bonsoir. Bill Bonds, Ă  Los Angeles.

Ce matin, à la stupéfaction générale, deux singes ont parlé,

j'ai bien dit parlĂ©, Ă  la commission d'enquĂȘte prĂ©sidentielle.

Je suis en compagnie du docteur Otto Hasslein,

conseiller scientifique Ă  la Maison-Blanche.

Il nous donnera son avis sur la séance de ce matin.

Dr Hasslein, quand vous avez demandĂ© au singe mĂąle d'oĂč il venait,

- la femelle a répondu : "De votre futur." - En effet.

- La croyez-vous ? - Absolument. C'est la seule explication.

Peut-ĂȘtre faudrait-il expliquer l'explication.

Vous avez rédigé des ouvrages savants sur la nature du temps.

Pourriez-vous expliquer, de maniĂšre claire,

comment, par exemple, on pourrait voyager du passé au futur,

ou mĂȘme l'inverse ?

M. Bonds, on ne peut comprendre le temps

que si l'on possÚde le don divin de la régression infinie.

Que signifie "la régression infinie" ?

- Projetez le film. - J'avais prévu de vous l'expliquer.

Voici le tableau d'un paysage.

L'artiste s'est dit : "Il manque quelque chose. Quoi donc ?"

"Moi, car je fais partie du paysage que j'ai peint."

Mentalement, il a fait un pas en arriĂšre,

et il a peint le tableau de l'artiste qui peint un paysage.

Mais il manquait encore quelque chose. Lui-mĂȘme, peignant le second tableau.

Il a donc reculé et a peint un troisiÚme tableau.

Celui de l'artiste peignant un tableau de l'artiste peignant un paysage.

Comme il manquait encore quelque chose, il a continué à peindre

jusqu'au tableau de l'artiste peignant un tableau de l'artiste peignant un tableau

de l'artiste peignant un tableau de l'artiste peignant un paysage.

La régression infinie, c'est donc...

Le moment oĂč l'artiste a reculĂ© jusqu'Ă  l'infini

et fait partie du tableau, devenant l'observateur et l'observé.

Dans cette situation particuliĂšre, que verrait-il

s'il observait, disons, le temps ?

Il percevrait le temps comme une autoroute comportant un nombre infini de voies,

menant toutes du passĂ© au futur, mais pas vers le mĂȘme futur.

Un accident peut survenir sur telle ou telle voie.

Donc, en changeant de voie, un conducteur peut modifier son avenir.

On imagine facilement que, dans les couloirs sombres et agités du cosmos,

l'impact d'un lointain désastre planétaire ou galactique

ait projeté les singes dans notre présent.

Nous en avons pour preuve leur présence

ainsi que leur témoignage oral.

Merci beaucoup, Dr Hasslein.

C'est la nouvelle la plus étonnante de ma carriÚre.

Par leur intelligence et leur gaieté,

les "astro-singes" ont dĂ©jĂ  gagnĂ© le cœur des AmĂ©ricains.

Ils n'apparaĂźtront pas devant la commission demain.

La séance se tiendra à huis clos.

Les singes quitteront le zoo pour un hĂŽtel

et on leur fera visiter la ville.

Bill Bonds vous a présenté ce journal. Bonsoir.

Bonsoir.

- Votre valise ? - Bien sûr que c'est la mienne !

Votre adresse, je vous prie ?

Le zoo.

102 centimĂštres.

Puis-je mesurer l'entrejambe ?

- Non ! - TrĂšs bien.

Dr Cornélius. Comment trouvez-vous nos femmes ?

TrĂšs humaines.

Formidable.

Excusez-moi.

J'écris pour Plumes et Poils, un journal sur les animaux de compagnie...

Et je suis un animal de compagnie ?

De bonne compagnie, oui.

Dites, vous voulez goûter ?

- C'est quoi ? - Une sorte de jus de raisin amélioré.

Attendez, juste une petite gorgée.

Madame Zira, quel est votre fruit préféré ?

Le raisin.

Ainsi s'est déroulée la soirée à l'hÎtel Beverly Wilshire.

Demain, Zira ira Ă  l'Association des femmes

et au musée d'Histoire naturelle avec le Dr Hasslein.

Cornélius assistera à un combat de boxe. Son premier.

Plus tard, il inaugurera un nouveau bateau Ă  Disneyland.

Et maintenant, la météo de demain. Pas de soleil en Californie.

Les cÎtes seront nuageuses et des averses sont à prévoir.

- Fatiguée ? - Un peu.

C'est comment ?

Relaxant.

Mais trÚs mouillé.

ASSOCIATION DES FEMMES

Le lit conjugal est fait pour deux,

mais tous les matins, c'est la femme qui le fait.

Nous avons des mains, mais aussi une tĂȘte.

Les hommes doivent nous laisser nous en servir.

Ça vous plaĂźt, CornĂ©lius ?

C'est bestial.

MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE DE LOS ANGELES

Voici maintenant un Antrodemus, un dinosaure carnivore géant.

Son nom est un composé du grec antron, qui signifie creux,

et demus, qui signifie ossature, en raison de son épine dorsale.

Et ce petit gars, c'est un Camptosaure,

un ornithorynque primitif.

Son nom scientifique est un composé du grec campto, qui signifie flexible ou courbé,

et saurus, qui signifie lézard.

Son nom générique est donc "lézard flexible".

En 1879, O.C. Marsh, de l'Université de Yale,

l'a découvert dans les couches jurassiques du Wyoming.

D'autres spécimens ont été trouvés...

- Ça doit ĂȘtre le choc. - Le choc, mon œil !

Je suis enceinte.

J'attendrai le retour de Cornélius.

- Non, non. - J'insiste. Asseyez-vous.

Vous voulez quelque chose, Zira ?

En fait... j'ai une envie soudaine...

C'est tout naturel.

...de jus de raisin amélioré.

- Du jus de raisin amélioré. - C'est dans le réfrigérateur.

TrĂšs bien.

C'est ça ?

Et voilĂ .

Lewis m'a dit : "une petite gorgée".

C'est un excellent remontant, je vous l'assure,

surtout pour une femme enceinte.

- Quand l'avez-vous appris ? - Oh, bien avant la guerre.

Vous permettez que je fume ?

Oh, non. Je ne devrais pas. Vu votre état.

Qui a gagné votre guerre ?

Ce n'était pas notre guerre. C'était celle des gorilles.

Les chimpanzés sont paci...

Pacifistes.

On n'a rien vu. MĂȘme pas l'ennemi.

- Quel camp a gagné ? - Ni l'un ni l'autre.

Mais comment le savez-vous ?

Du vaisseau spatial, on a vu une lumiĂšre blanche, vive, aveuglante.

Et puis, on a vu le contour de la Terre fondre.

Alors, il y a eu une tornade dans le ciel.

Je suis merveilleusement fatiguée.

Le cadran du vaisseau spatial.

Quelle date indiquait-il aprĂšs cela ?

Mille neuf cent...

soixante... treize.

Et avant ? Avant la lumiĂšre et la tornade ?

Trois mille neuf cent...

cinquante... et des poussiĂšres.

- Avant la lumiĂšre et la tornade ? - Trois mille neuf cent...

cinquante... et des poussiĂšres.

- Et alors ? - C'est la preuve, M. le Président,

que des singes domineront le monde et le détruiront autour de 3 950.

Je doute que nous soyons encore en fonction.

Et selon les experts de la NASA,

qui examinent le vaisseau spatial Ă  la loupe,

le cataclysme que vous annoncez par simple déduction

est fixé à l'an 3 955 par le synthétiseur de vol.

AprÚs Jésus-Christ, je présume.

Alors, qu'attendez-vous de moi et de l'O.N.U.,

quoique ce ne soit peut-ĂȘtre pas dans cet ordre-lĂ  ?

Qu'on modifie votre prétendu futur en tuant deux innocents,

ou plutĂŽt trois, puisque l'une est enceinte ?

Hérode a essayé et le Christ a survécu.

- Il n'avait pas nos moyens. - Il y a laissé sa popularité.

Pour toujours. Et ce n'est pas ce que l'on veut, n'est-ce pas ?

- Voulez-vous dire... - Je dis que nos visiteurs

sont des gens, ou plutĂŽt des ĂȘtres, gentils, pacifiques et aimĂ©s des Ă©lecteurs.

Voulez-vous qu'ils dominent le monde ?

Pas aux prochaines élections, non.

Mais plus tard, si leurs descendants leur ressemblent, qui sait ?

- Ils pourraient s'y prendre mieux que nous. - En détruisant le monde ?

Êtes-vous sĂ»r que c'est le monde qu'ils ont vu ?

Comment, pas vous ?

C'est une possibilité que j'examine avec calme. Non un fait qui m'affole.

Ils ont avoué avoir provoqué la guerre.

C'est plutÎt vous qu'ils ont provoqué.

Je ne dis pas que vous avez tort, mais, avant de les faire fusiller,

je veux ĂȘtre convaincu que ce mauvais prĂ©sage va se vĂ©rifier.

Allez-y. Essayez de me convaincre.

Par leur témoignage, on sait que les singes vont acquérir la parole.

Par le témoignage de Zira, on sait qu'elle est enceinte.

Par mon témoignage, on sait que son petit pourra,

si nous le laissons naĂźtre,

donner naissance Ă  un singe parlant

en s'accouplant avec un de nos singes muets.

Mais croyez-vous vraiment qu'en agissant maintenant,

on peut éliminer ce risque et changer l'avenir ?

- Oui, je le crois. - Et pensez-vous qu'on doive le faire ?

Quand on a ce pouvoir, a-t-on le droit de s'en servir ?

Je ne sais pas.

J'y ai beaucoup réfléchi, et je ne sais pas.

Combien d'avenirs y a-t-il ?

Quel avenir Dieu, s'il y a un Dieu, a-t-il choisi pour l'homme ?

Vous inciter à tuer ces singes, est-ce défier Dieu ou lui obéir ?

- Ne suis-je pas son instrument ? - C'est ce que dirait un assassin.

- Approuvez-vous l'assassinat ? - On s'est tus quand Hitler

a failli ĂȘtre assassinĂ©.

Aurait-on approuvé qu'on le tue enfant, innocent,

ou qu'on tue sa mĂšre, ou qu'on abatte ses lointains ancĂȘtres ?

On n'a aucune preuve contre ces singes.

- Mais on a des indices. - Lesquels ?

Ils se sont contredits devant la commission

- et avec un interrogatoire sérieux... - Celui-là ne l'était pas ?

- Pas assez. - Vous voulez du sérieux ?

- Les grands moyens. - Dites-le Ă  la commission.

Je respecterai leur décision.

AprÚs une séance secrÚte demandée par le Président,

la commission recommande :

premiĂšrement, qu'on informe le public que les singes,

fatigués par leur voyage dans l'espace et la publicité faite autour d'eux,

prendront du repos dans un lieu qui ne sera pas divulgué au public.

DeuxiÚmement : étant donné que nous avons des raisons légitimes de croire

qu'ils nous ont caché des informations cruciales,

les singes seront conduits par le Dr Lewis Dixon

jusqu'au Camp 11, oĂč ils seront interrogĂ©s par la C.I.A.,

sous le contrĂŽle et la direction du Dr Otto Hasslein.

Du vaisseau spatial, on a vu une lumiĂšre blanche, vive, aveuglante.

Plus vive que ça ?

Et puis, on a vu le contour de la Terre fondre.

Alors, il y a eu une tornade dans le ciel.

C'est votre voix, n'est-ce pas ?

Ma voix ? Je ne me souviens de rien.

- Pourquoi ? - Parce que le Dr Hasslein m'a soûlée.

Pourquoi n'avez-vous pas dit les mĂȘmes choses Ă  la commission ?

Aviez-vous peur pour votre sécurité et celle de votre enfant à naßtre ?

- On ne m'a pas posé la question. - Et si on vous l'avait posée ?

J'aurais dit que ce ne sont pas les chimpanzés qui ont détruit la Terre.

Mais les gorilles et les orangs-outans.

- Et alors ? C'est des bĂȘtes, comme vous. - Ne dites pas "bĂȘtes". C'est injurieux.

En tant qu'archéologue, j'ai lu d'anciens documents tenus secrets,

et je soupçonne que l'arme qui a détruit la Terre a été créée par l'homme.

Une chose est sûre. L'une des causes de la chute des humains

a été leur curieuse habitude de s'entretuer.

L'homme détruit ses semblables. Pas le singe.

Cornélius.

Nous ne voulons pas une dispute interraciale, mais des faits.

Nous ne nions pas le déclin de l'homme.

Nous voulons seulement connaßtre votre évolution.

Eh bien...

Tout a commencé dans notre préhistoire,

- avec la peste qui a frappé les chiens. - Et les chats.

Des milliers d'entre eux sont morts.

Des milliers d'autres ont dĂ» ĂȘtre abattus

pour empĂȘcher la propagation de l'infection.

- On les brûlait sur des bûchers. - Oui.

Et une fois la peste vaincue,

chiens et chats avaient disparu.

L'homme ne l'a pas supporté.

Un homme tuerait son frĂšre, mais jamais son chien.

Il a donc remplacé les animaux familiers par des singes primitifs.

Primitifs et muets, mais 20 fois plus intelligents que les chiens ou les chats.

En effet.

Ils étaient en cage la nuit, mais vivaient en liberté le jour.

Ils sont devenus réceptifs à la parole et,

en l'espace de moins de deux siĂšcles,

ils sont passés de la simple obéissance

à l'exécution de services.

Ni plus ni moins que ce que fait un bon chien de berger.

Un chien de berger fait-il la cuisine ? Le ménage ?

Fait-il le marché avec une liste de sa maßtresse ? Sert-il à table ?

Ou, trois siÚcles plus tard, prend-il la place de ses propriétaires ?

Comment ?

Les singes ont pris conscience de la notion d'esclavage.

Et, en devenant plus nombreux, ils en ont trouvé le remÚde : l'unité.

Ils se sont d'abord réunis en petits groupes.

Ils ont appris l'art de l'action collective et militante.

Ils ont appris Ă  refuser.

Au début, ils signifiaient leur refus par des grognements.

Puis, en un jour historique, qui est commémoré par mon espÚce

et rapporté dans les manuscrits sacrés,

Aldo est apparu.

Il n'a pas grogné. Il a articulé.

Il a prononcé un mot que les humains lui avaient dit des centaines de fois.

Il a dit...

"Non."

Ainsi, tout a commencé comme ça.

Passez le premier extrait.

LĂ  d'oĂč nous venons, les singes parlent.

Les humains sont muets.

C'est ce que votre mari a dit Ă  la commission ?

Oui.

Donc, les humains Ă©taient muets. Étaient-ils heureux ?

DeuxiĂšme extrait.

Et des humains, j'en ai disséqu...

J'en ai examiné des milliers,

et, jusqu'ici, je n'en avais vu que deux qui parlaient.

Pourquoi avoir changé de mot au milieu de la phrase ?

Repassez le début de l'extrait.

Et des humains, j'en ai disséqu...

J'en ai examiné...

- Quel mot alliez-vous dire ? - Je ne sais plus.

Passez-le en boucle.

- Terminez le mot ! - Je vous dis...

Terminez le mot !

On dirait que j'ai le hoquet.

Appelez le Dr Dixon.

Dr Dixon ! Le Dr Hasslein demande le Dr Dixon.

On demande le Dr Dixon.

Ah, Dr Dixon. Entrez donc.

Veuillez administrer ceci Ă  la femelle.

- Pourquoi ? Qu'est-ce que c'est ? - Du Pentothal.

- Je suis un psychiatre pour... - Et un vétérinaire.

On a l'autorisation de la commission.

Et celle du Président. Allez-y.

Zira, on m'a demandé de vous faire une injection...

Non, pas de piqĂ»re ! Ça ne sert qu'Ă  tuer.

- À tuer ? - Non, ça ne va pas la tuer.

Ça va la dĂ©tendre. Rien de plus.

- Ça ne fera pas de mal au bĂ©bĂ© ? - Non.

Zira, si vous voulez bien me suivre.

- Ne faites pas ça ! - Je vous promets...

- Emmenez-le dans sa cellule. - Lewis, ne...

Non, ne faites pas ça !

Je vous en prie.

Étendez-vous sur le divan.

Et relevez votre manche.

Inutile de me dire ça à moi.

ça fait le mĂȘme effet que le jus de raisin amĂ©liorĂ©.

Comptez de dix à zéro.

Dix, neuf, huit,

sept, six...

Cinq...

Quatre...

Qu'y a-t-il aprĂšs quatre ?

Deux.

- Merci, Dr Dixon. - Il est d'usage de rester.

Vous exerciez dans une salle comme ça ?

Plus grande. Mais pas aussi jolie.

Et vous y faisiez...

Des études comparatives.

Des études comparatives de quoi ?

D'anatomies ?

Vous compariez les anatomies de qui ?

Des singes et des humains ?

Zira, dites "oui" si c'est ça.

Oui.

Et vous disséquiez d'autres singes ?

Oui. Des singes décédés de mort naturelle.

- Et aussi des humains, bien sûr. - Oui.

Quand on nous en fournissait.

Fournissait ?

Les gorilles s'amusaient Ă  les chasser, avec des filets et des fusils.

Les survivants étaient mis en cage.

L'armée en utilisait certains comme cibles d'entraßnement.

On se servait parmi ceux qui restaient.

Et, dans l'intĂ©rĂȘt de la science, vous dissĂ©quiez, retiriez et compariez...

Os, muscles, tendons,

veines, artùres, reins, foies, cœurs,

estomacs, organes de reproduction, ongles, langues,

yeux, nez, systĂšmes nerveux,

et tous les réflexes...

Les réflexes ? Sur des morts ?

Non, non. Sur des vivants !

On ne fait pas sursauter le genou d'un mort,

on ne peut pas tester la réaction d'un cadavre à une lobotomie préfrontale.

Vous étiez donc assez avancés

pour opérer les cerveaux d'hommes vivants ?

Absolument !

On a mĂȘme essayĂ© de stimuler leurs centres de langage atrophiĂ©s.

Avez-vous essayé sur le colonel Taylor ?

Bien sûr que non ! Il savait déjà parler.

Quand vous ĂȘtes partis, Ă©tait-il encore en vie ?

On aimait beaucoup Taylor.

On a fait tout ce qu'on a pu pour l'aider, Cornélius et moi.

- Cornélius ! - Il faut qu'elle dorme, maintenant.

Elle va dormir.

- Infirmier. - Monsieur ?

- Conduisez la femelle Ă  sa cellule. - Bien, Monsieur.

Envoyons-la immédiatement à la commission.

Messieurs.

Le président vient d'approuver officiellement

les recommandations faites par la commission

aprÚs écoute des enregistrements du Dr Hasslein.

Veuillez vous asseoir, nous allons passer Ă  l'essentiel.

Je vais relire nos conclusions.

Un : la commission ne constate aucune preuve sérieuse de l'hostilité

des deux singes envers les hommes, selon les critÚres de cette année 1973.

Cette recommandation a été votée à la majorité.

Le mĂąle semble ĂȘtre un universitaire bienveillant

qui a étudié le déclin présumé de l'homme

avec l'objectivité d'un bon historien.

Le cas de la femelle est différent : elle a commis des actes contre des hommes

qui, perpétrés aujourd'hui, seraient qualifiés d'atrocités.

Mais les jugerait-on ainsi dans 2000 ans,

quand l'homme sera probablement devenu une brute muette

dotée de l'intelligence limitée d'un animal ?

Ce que les singes feront alors aux hommes,

c'est ce que les hommes font aujourd'hui aux animaux.

Néanmoins, la commission est sensible aux arguments du Dr Hasslein,

qui affirme que la descendance de ces singes

pourrait devenir une menace pour l'humanité,

et pourrait finir par la dominer.

Nous devons tenir compte de ce risque.

Par conséquent, la commission recommande, à l'unanimité,

que la grossesse de la femelle soit interrompue

et qu'aprÚs cette opération,

on fasse en sorte que le mĂąle et la femelle ne puissent plus engendrer d'enfants.

Je déclare la commission dissoute.

Sauvages ! Ce sont des sauvages !

Faire des piqûres à une femme enceinte !

J'ai fait pareil, mon chĂ©ri. Et mĂȘme pire.

Taylor nous a pris pour des sauvages, au début.

Ils t'ont aussi fait parler de Taylor ?

Ils m'ont fait parler de tout, Cornélius.

Les brutes !

Tu veux que je te dise ?

Tant mieux. On ne peut pas vivre dans le mensonge.

AprÚs ça, je crois qu'on ne va pas vivre du tout.

Tu le crois vraiment ?

C'est pour quand ?

Dans une semaine. Au plus tard.

Ils t'ont traitée comme un chien.

M'dame. Monsieur. C'est l'heure du casse-croûte.

Je n'ai pas faim.

Je connais un petit singe qui a peut-ĂȘtre faim, lui.

Allez. C'est plein de vitamine C.

Mangez vos oranges, c'est bon pour le petit macaque.

- Non ! - Il s'est moqué de toi.

- On ne devrait pas appeler... - On devrait partir.

Je reviendrai avec le Dr Hasslein. C'est Ă  moi de leur dire.

- Stevie, il faut que tu m'aides. - Bien sûr. J'arrive.

ça semble si cruel, si horrible... Je ne sais pas. À tout à l'heure.

- Cruel, Dr Dixon ? - Terriblement. Zira veut ce bébé.

- Moi aussi. - Mais mort.

Oui.

Vous voudriez que les parents meurent aussi.

On peut y aller ?

Porte numéro quatre.

Une minute. Je vais voir.

Non. Le lieutenant n'est pas arrivé.

- Bonsoir, Charlie. - Bonsoir, Ed.

Oui, je lui dirai. "Contacter le parc de voitures." Oui. DĂšs que je le verrai.

Porte numéro quatre.

Oui, mon capitaine.

Non. Le camion ravitailleur n'arrivera pas avant 6 heures.

- Désolé, chef. - Bonsoir, Charlie.

Je t'ai déjà dit bonsoir.

On ne peut pas le contacter avant.

Le dépÎt est fermé, chef.

Bien. J'aurai terminé mon service, mais la relÚve arrive à 4 h 30

et je lui dirai de passer le message.

Oui, chef.

Zira, qu'est-ce qu'il y a ?

Je crois que le travail a commencé.

Oh, ma chérie.

L'administration. C'est urgent.

- Alors ? - Les singes ont tué l'infirmier.

- OĂč sont-ils ? - Ils ont filĂ©.

Ils ont tué, il faut les tuer à leur tour.

On doit le faire avant que ça ne s'aggrave

et qu'ils finissent par nous tuer tous !

Écoute. Je retourne au camp. Je vais chercher Lewis.

- Non ! - Zira !

Je me suis emporté. Et maintenant, ils...

- ça va mieux. Je peux marcher. - Écoute-moi !

Ils nous puniront peut-ĂȘtre, mais au moins le bĂ©bĂ© sera nĂ©.

- Étaient-ils armĂ©s ? - Non, je ne crois pas.

Alors, inutile de déclencher une fusillade.

- Si vous voulez. - Je ne le veux pas, je l'ordonne.

Ces singes sont uniques. Pour les gens, ils sont presque humains.

Les gens doivent savoir qu'ils nous extermineront peut-ĂȘtre demain.

Bien sûr. Et je sais que seul un homme de votre sensibilité

pourra les convaincre.

Mais, dans une démocratie, on ne tire pas à vue sur des suspects

dont la culpabilité n'est pas encore prouvée.

Je veux qu'on les capture, oui. Mais vivants.

- Est-ce clair ? - TrĂšs clair.

Vous vous ĂȘtes perdue ?

C'est vous, Dr Branton. Soyez prudente. Il y a eu un meurtre.

- Un meurtre ? - Oui, m'dame.

Les singes ont tué un infirmier et filé.

C'est impossible. Comment est-ce arrivé ?

Je ne sais pas. Je sais seulement qu'ils l'ont tué et que je dois les retrouver.

Conduisez lentement. Il va y avoir du monde sur la route, ce soir.

- Qu'avez-vous fait ? - Je ne voulais pas le tuer.

Il tourmentait Zira, et je l'ai frappé. C'est vrai.

Je sais. Mais ils ne vous croiront pas.

- OĂč est Zira ? - Elle se cache dans les buissons.

Stevie, elle va accoucher.

Oh, mon Dieu. Montez.

Stevie... Vous n'allez pas nous ramener au camp ?

Cachez-vous. J'ai une autre idée.

CIRQUE ARMANDO

Soyons clairs.

Tu me demandes de risquer la prison pour deux singes évadés ?

La réponse est mille fois

oui. Oh, oui.

Je le fais pour toi. Et pour Stevie.

- Et pour ces deux célébrités. - Hors-la-loi, maintenant.

Au diable les lois !

Qu'est-ce qu'un mari doit faire ? Laisser sa femme se faire insulter ?

Mon Dieu ! On est déjà si durs entre nous, ne peut-on pas laisser les animaux en paix ?

Et puis, il ne voulait pas tuer ce garçon. C'est un accident.

Merci pour ton aide, Armando.

Tu as fait l'accouchement de notre dernier bébé, tu feras le prochain.

Lewis ! OĂč Ă©tais-tu passĂ© ?

J'ai dĂ» inventer une excuse pour pouvoir partir.

- Armando a été un saint. - Un petit saint.

- Saint François aurait fait mieux. - Impossible !

Dis bonjour à Héloïse.

- Et à ta filleule, Salomé. - Bonjour, Salomé.

- Le premier chimpanzé né dans un cirque. - Los Angeles en a eu 4.

- Los Angeles est un zoo. - C'est ce qu'on dit Ă  New York.

Lewis est arrivé.

Lewis. Je ne suis pas responsable de la mort...

Vous allez ĂȘtre responsable d'une naissance.

- Elle va bien ? - Elle a des contractions toutes les 5 min.

Toutes les quatre minutes.

Regardez. Regardez Héloïse.

Elle montre Ă  la future maman ce qui l'attend.

Ma-man.

RépÚte.

Ne gaspille pas tes forces.

L'enfant de deux singes primitifs ne peut pas apprendre Ă  parler.

Je m'exerce.

VoilĂ , c'est bien.

Allez.

Comment on va appeler ce...

C'est un garçon.

Milo ?

Félicitations.

Non ?

Mais, monsieur...

Capitaine, je sais que vous avez ratissé les secteurs définis.

Mais de toute évidence, nous nous sommes trompés.

Merci.

Dr Dixon, pouvez-vous nous dire assez précisément quand le bébé va naßtre ?

Je n'ai jamais examiné Zira.

Mais je dirais dans une semaine Ă  dix jours.

Alors, elle n'est pas loin. OĂč peut aller un singe ?

Vers d'autres singes.

Mais bien sûr.

Fouillez immédiatement et systématiquement

les ménageries, les zoos et les cirques.

La police vous aidera. Tenez-moi au courant de vos résultats,

- quels qu'ils soient. - Entendu.

- Lewis trouvera une solution. - Je suis désolé. J'avais tout prévu.

Dans un mois, on prend nos quartiers d'hiver en Floride.

Je vous aurais laissés dans les Everglades et, mes amis,

vous y auriez vécu heureux.

Mais maintenant... que puis-je faire ?

Nous vous devons déjà une éternelle reconnaissance.

Les chimpanzés sont mes singes préférés.

Et vous, mes chimpanzés préférés.

Et je déteste ceux qui veulent changer le destin, qui est la volonté de Dieu.

Et si l'homme est destinĂ© Ă  ĂȘtre dominĂ©,

mon Dieu, faites qu'il soit dominĂ© par des ĂȘtres comme vous.

Je peux seulement

vous donner ceci... pour le bébé.

- Une médaille de saint François d'Assise. - Qui ?

Un saint homme qui aimait les animaux et prenait soin d'eux.

Oh, merci.

On va le mettre autour du cou du bébé. ça le protégera.

- Merci. - VoilĂ .

Et maintenant, mes chers amis,

avant que la police et le public n'arrivent,

vous devez partir avec votre bébé.

Lewis va arriver.

- Armando. - Oui ?

Je voudrais dire au revoir à Héloïse.

Si elle parlait, elle vous dirait qu'elle est désolée.

Je sais. Mais nous nous comprenons.

D'accord.

On ne peut pas aller plus loin.

Il y a des barrages de police Ă  toutes les sorties de la ville.

- Voici de la nourriture. - Merci.

- Vous savez lire une carte ? - Je suis archéologue.

Je peux mĂȘme en dessiner.

Nous sommes aux confins de la ville, du cÎté sud de ce champ de pétrole.

AprÚs la colline, il y a des puits, une raffinerie abandonnée

et un port au sud-est.

C'est une sorte de cimetiĂšre pour les vieux bateaux.

J'y jouais quand j'étais gosse. Il y a un pétrolier abandonné.

- Vous y resterez une semaine. - Une semaine ?

Quand le calme sera revenu, on vous ramĂšnera au cirque.

Ensuite, Armando vous emmĂšnera en Floride,

vous fonderez votre colonie et vous vivrez heureux.

Il est temps que vous partiez.

- Lewis. - Oui ?

S'ils nous retrouvent... ils nous tueront ?

Un jour ou l'autre.

Alors...

donnez-nous la possibilitĂ© de le faire nous-mĂȘme si jamais ça arrive.

Vous voulez bien ?

Je ne devrais pas, mais je m'y attendais.

Vous ĂȘtes le deuxiĂšme humain que j'embrasse.

Et vous, la premiĂšre.

Viens, Zira. Ne traĂźne pas.

- Le singe avec le bébé ? - Héloïse ?

Oh, elle est avec nous depuis sept ans.

Et la naissance du bébé a été déclarée il y a 16 jours.

Regardez comme il grandit. Le premier chimpanzé né dans un cirque.

Vous savez que c'est remarquable ?

C'est comme ĂȘtre le premier poisson nĂ© Ă  terre.

- Rien. - Ou le premier oiseau nĂ© sans œuf.

Ou le premier bébé né sur la lune.

C'est comme ĂȘtre le...

- Négatif ! - On les retrouvera bien un jour.

C'est ce qui m'inquiĂšte : un jour. Un jour, on arrĂȘtera de polluer.

Un jour, on enrayera la surpopulation.

Un jour, on arrĂȘtera la guerre atomique.

On croit qu'on a tout le temps.

Mais combien de temps reste-t-il ?

Il faut commencer à s'en préoccuper.

Oh ! On dirait des étoiles dans le ciel. N'est-ce pas magnifique ?

Oui, magnifique. Vu d'ici.

On doit se remettre en route.

- Qui l'a trouvé ? - Le contremaßtre, pendant un contrÎle.

Il était dans le derrick. Elle ne devait plus en avoir besoin.

- Vous ne faites rien ? - C'est grand, ici. Il faut des hélicos.

- Ils arrivent ? - Dans 20 min.

- Tant que ça ? - Ils éteignent un incendie.

- Tenez-moi au courant. - Bien.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Ils ont trouvé le sac de Zira.

CHANTIER NAVAL McKINLEY & FILS

- Lewis a vraiment joué ici ? - C'était sûrement plus propre à l'époque.

ça pue l'homme.

Oh, non, non. C'est le pétrole. Et le poisson mort.

L'homme voulait du pétrole pour ça ? Pour tuer des poissons ?

Tu ne les aimes pas beaucoup, hein ?

- Qui ça ? - Les humains.

J'en ai rencontré des centaines, ici,

et j'ai confiance en... trois d'entre eux.

- Il faut qu'il mange. - Oui, eh bien...

Il doit bien y avoir un endroit plus propre que celui-ci.

Je vais jeter un œil.

Cornélius ?

Je vois que vous avez eu votre bébé, Zira.

La commission présidentielle m'a autorisé à me charger de lui.

Donnez-le moi.

Cornélius !

Stevie.

Zira.

Je veux ce bébé. Donnez-le moi ou je tire.

Mon Dieu, arrĂȘtez-le !

Non !

Restez lĂ  avec vos hommes ! Venez !

Qu'est-ce qu'elle fait ?

Oh, mon Dieu.

Que tout le monde attrape les cordes.

Laissez tomber la coupole !

Tous ceux qui sont Ă  l'arriĂšre, aux poteaux de tour ! On se dĂ©pĂȘche.

DÚs que la toile sera emballée, je veux voir tout le monde à la ménagerie.

Intelligent petit singe.

Tout comme ton pĂšre et ta mĂšre.

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