All language subtitles for Violette_Nozie`re_Franc,ais_(1978)_dTV_arte_color.Fra.معدلة

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Original subtitles

Une CO-Production FRANCO-CANADIENNE FILMEL-F.R.3 Paris CINEVIDEO Montréal

ISABELLE HUPPERT

STEPHANE AUDRAN

et JEAN CARMET

dans VIOLETTE NOZIERE

Scénario ODILE BARSKI HERVE BROMBERGER FREDERIC GRENDEL Adaptation et Dialogues ODILE BARSKI

d'après le livre de JEAN-MARIE FITERE Presses de la Cité

avec JEAN-FRANÇOIS GARREAUD

GUY HOFFMANN JEAN DALMAIN LISA LANGLOIS

FRANÇOIS MAISTRE

Philippe PROCOT Mario DAVID Fabrice LUCHINI Bernard ALANE Henri-Jacques HUET Grégory GERMAIN

Zoé CHAUVEAU Didier VALMONT Bruno ROZENKER Maurice VAUDAUX Dora DOLL Jean-Pierre COFFE Jean PAREDES

Et par ordre alphabetique: Henri ATTAL Albert AUGIER Serge BERRY Jean CHERLIAN Jean DEPUSSE Jean-Marie ARNOUX Serge BENTO Suzanne BERTHOIS Louise CHEVALIER Jean-François DUPAS

Avec la participation de BERNADETTE LAFONT

Administrateur CLAUDE LEGER Attachée de Presse PATRICIA JOHNSON

Décors JACQUES BRIZZIO Ensemblier ROBERT CHRISTIDES

Ingénieur du Son PATRICK ROUSSEAU Mixages ALEX PRONT

Montage YVES LANGLOIS

Directeur de la Photographie JEAN RABIER

Directeur de Production ROGER MORAND

Musique PIERRE JANSEN Editions Musicales HORTENSIA

Producteurs Délégués EUGENE LEPICIER (FILMEL) DENIS HEROUX (CINEVIDEO)

Un Film de CLAUDE CHABROL

Elle se souvient d'une femme qui rit.

-Viens, tu vas voir.

-Non, écoute. -Mais si...

Elles éclatent de rire.

-Et si on se fait prendre ?

Et si on se fait prendre ?

-Quel scandale, hein ?

-La République m'emmerde !

Mussolini, c'est autre chose. -Parlons-en.

-Deux gin-fizz.

-Il détruit la franc-maçonnerie,

mais il demande à un rouge de représenter la France à Rome.

-Tout fout le camp ! -Toujours les mêmes têtes.

-Les faillites, les bénéfices fictifs,

on vit la mort de l'Occident.

-Il nous faut un Hitler. -Non, il est cinglé.

-Daladier a proposé en douce des portefeuilles aux socialistes.

Le père Lebrun peut mouiller son froc.

Avec les Bolchos, on fait pas joujou longtemps !

S'il y a du pétard, il fera quoi pour la France,

ton Breton ?

-Ce qu'ils peuvent être casse-pieds.

-L'enfant prodigue de la gloire

Napoléon, Napoléon

-Tu nous soûles avec Napoléon.

*-Parlez-moi d'amour

Oh, dites-moi des choses tendres

-J'aime mieux ça.

*-Par vos beaux discours

-Trop foncés, on dirait des doigts de sang.

Je voudrais qu'on me parle avec des mots qui me fassent rêver.

-Oh, tu ne vas pas recommencer.

-Elle est bien, ta bague.

Tu me la prêtes ? -Fais attention, elle est en or.

C'est Paul qui me l'a donnée.

-Tu as de la chance qu'on t'offre des bagues.

-Ca viendra.

-Oui, mais un type vraiment bien, tu vois.

Qui m'emmènerait en Bugatti aux Sables-d'Olonne.

-Oh, excusez-moi.

-Les hommes,

c'est de l'autre côté. -Merci.

-De rien.

-Rêve pas debout, l'âme soeur, c'est du roman.

Bon, je passerai te reprendre tout à l'heure.

*Chanson inintelligible au transistor

...

-Je vous dérange ? -Mais non, pas du tout.

...

-C'est quoi ? -"Le Soulier de satin".

-Ah ouais ?

Je peux ?

-Euh... oui.

-Non.

J'ai pas vraiment faim.

Vous avez du beurre, là.

...

Tu veux coucher avec moi ? -Espèce de putain !

-T'es pas vraiment fait pour comprendre, hein ?

Merci pour le casse-croûte.

Oh, le café brûle !

-Et si on se tirait de chez nos parents ?

En Amérique, plein de filles le font.

Elles quittent leur maison le matin, l'air d'aller à l'école,

et à peine tourné le coin de la rue, elles filent en Californie.

-C'est loin, la Californie.

Des cloches sonnent.

...

Sept heures.

-Qu'est-ce que je vais dire à ma mère ?

-Et moi ?

...

Elle frappe.

-C'est toi, Violette ?

Tu as encore oublié tes clés ?

Violette, où es-tu ?

-Oui !

-Que se passe-t-il ?

-Je cherche ma clé, elle est tombée de mon sac.

-Dépêche-toi, papa t'attend pour sa belote.

-Bonsoir.

-Alors, et ma petite belote ?

Bonsoir. -Bonsoir.

-Bonsoir.

Va mettre la table.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

-Oh, j'ai oublié de te dire. -Quoi ?

-Je l'ai trouvée. -Mais où ?

-Dans la rue.

-C'est de l'or, ça.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Elle a trouvé une bague en or, je la porte aux objets trouvés.

-Une bague en or ?

-Une petite fille n'a pas besoin de bague

et doit d'abord sentir bon la savonnette.

-J'ai trouvé des lettres dans ton tiroir.

-Des lettres ? -Chut.

Tu n'as pas honte ?

-Honte de quoi ?

Heureusement, j'en ai pas parlé à ton père :

"Mon Paul, mon roi.

Mon amour."

Qui c'est ce Paul ? -Personne, maman.

-Mais c'est écrit noir sur blanc ! -Ne crie pas, j'en sais pas plus.

-Enfin, c'est ton écriture, ça !

-Ah ! ça me revient maintenant.

C'est le...

Le brouillon d'une rédaction que j'ai envoyée la semaine dernière.

Une rédaction sur l'amour, tiens.

-Une rédaction sur l'amour...

-Qu'est-ce qu'elle fait, la petite ?

-Elle se lave, papa. -Elle en met un temps.

-Violette aura peut-être un jour une salle de bains.

Alors, il faut lui donner une éducation hygiénique.

-Oui...

-T'inquiète pas, j'en ferai une demoiselle comme il faut.

-Evidemment.

Au lieu d'être mécanicien, t'aurais aimé que je sois ingénieur.

-Mais non... -Mais si, mais si, je sais.

-Tu as quand même conduit le train du président Lebrun.

-Oui, parfaitement.

-Combien de sucres ? -Rebelote.

-Ben, Violette ?

-Excusez-moi.

-Ma parole, tu veux me rendre diabétique ?

-Excusez-moi.

-C'est pas grave.

Qu'est-ce qu'elle a ?

-Ben, va lui parler, toi.

-Ca va, ma petite Violette ? -Oui.

Tu serais mignon avec la raie au milieu.

Attends, j'ai une idée, viens.

On va te déguiser en millionnaire.

-Oh oui. -Avec la raie au milieu, voilà.

Comme ça, tu lui fais deux crans.

On mettra un peu de gomina. -Je suis pas une poupée.

-Je vais chercher le costume.

Tu devais être beau avec ton costume de mariage.

-Il était superbe.

-Les billets étaient tombés du portefeuille de papa.

Ce portefeuille est si usé que les billets fichent le camp.

T'as coiffé papa comme je te l'avais dit ?

-Je crois qu'on a assez joué pour aujourd'hui.

-C'est à l'envers. -Mais celle-là est à l'endroit.

-Mais c'est tout... -Mais non.

Mais regarde ce qu'il fait.

Il a un sérieux coup de crayon, mon cousin, quand même.

-Qu'est-ce qu'ils font là ?

-Ben, il est en train de la machiner.

Ah, il a un beau coup de crayon.

-Je vais jamais finir mon bouton, moi.

Chuchotements, rires

...

-Oh, j'ai froid, moi.

-Mais retire ta chemise. -On va réveiller la petite.

-Mais non.

-Ah, j'ai froid.

-Va chercher le chiffon, tu vas salir les draps...

-Dis donc, va chercher le chiffon, tu vas salir les draps.

Il est là ?

-Oui.

Attends.

Gémissements

...

Hm... -Chut, pas si fort.

...

-Attention, attention.

-Violette, tu dors ?

-Tu penses, à peine la tête sur l'oreiller, pouf.

L'immeuble pourrait s'écrouler.

-Ben oui, mais écoute,

suppose qu'un jour, elle se réveille.

-Elle doit bien penser qu'entre mari et femme...

...

-Je vous emmène quelque part ?

-Je voudrais aller à la mer. -Non, mais ça va pas ?

Et à quelle heure je vais rentrer chez moi ?

Et si on faisait une petite causette à l'intérieur ?

-Laissez-moi, j'ai chaud.

-Ca m'étonne pas.

Allez...

Ben quoi, on est bien, là ? -Non, laissez-moi, j'ai chaud.

Je voudrais aller à la mer.

Il s'arrête.

Oh, mais écoutez, mais laissez-moi.

-Espèce de petite allumeuse, va.

Elle le mord. Salope !

Casse-toi, pucelle, connasse !

Petite pucelle allumeuse et conne !

...

-Au revoir, papa.

Bon.

Oh...

Violette, on ne laisse pas traîner des secrets.

Violette.

Si papa savait ce qu'il y a dans ces lettres, il nous tuerait.

Tu as son élégance.

-Tu crois, tu crois ?

Ouh, la, la, la !

-Je voudrais que tu aies un grand destin.

-Bon, laisse-moi, il faut que j'aille travailler.

-Tu as vu tes cheveux ?

-Je sais, je les perds.

-A ton âge, quand même... -Manque de calcium.

-C'est le Dr Déron qui t'a dit ça ?

Et il te donne pas des médicaments ?

-Si. D'ailleurs, j'ai rendez-vous avec lui dans une heure.

-Fais bien attention aux voitures.

-Oui, au revoir !

J'ai mal à la tête.

-Vous avez surtout un tréponème superbe.

-Un quoi ?

-Syphilis, si vous préférez.

Je peux difficilement laisser vos parents dans l'ignorance.

-Mais ils sauront

que je suis plus vierge.

-Où allez-vous ?

-Vous voyez bien, me balancer dans la flotte.

...

Bonjour. -Bonjour.

-Merci.

...

-Excuse-moi, je suis en retard.

J'ai discuté avec le prof après le cours.

-Te fatigue pas, j'ai pas envie.

-On n'est plus copains ? -Oh, fous-moi la paix.

-T'as des ganglions. -Oui, je serai bientôt chauve.

C'est ça, rhabille-toi, maintenant que tu me l'as refilée.

-Ecoute, je suis en 4e année de médecine.

Je connais les symptômes de la vérole.

Ca doit venir

de ta famille. -Hein ?

-C'est héréditaire. -Tu es sûr ?

-Catégorique.

Cette semaine, au cours, les maladies vénériennes.

"Maladies vénériennes."

Tiens, regarde ça.

-Tu peux me le prêter, ton bouquin ? -Oui, mais j'en ai besoin demain.

Il part en claquant la porte.

Quelqu'un frappe.

-Qui êtes-vous ?

-C'est moi, Zoé.

Il est 5h.

-Ah, déjà.

J'ai rêvé de quelqu'un que je connais pas.

Quelqu'un qui ressemble à personne.

-Eh bien, comme vous.

J'aimerais bien être comme vous et dormir toute la journée.

-N'empêche que je travaille la nuit.

-Qu'est-ce que vous étudiez au juste ?

-Médecine.

-La dernière fois, c'était histoire.

-Occupe-toi de ce qui te regarde.

-Mademoiselle, c'était pas méchamment.

-Tiens. -Merci, mademoiselle.

D'où est-ce qu'elle sort son fric ?

-Je suis le roi...

Le roi...

-C'est Pierre qui m'a contaminée. -L'étudiant en médecine ?

-Oui, tu te rends compte ?

-Qu'est-ce que tu vas faire pour tes parents ?

Hein ?

Qu'est-ce que tu vas faire ?

Quelqu'un entre.

-Bonsoir.

-C'est à cette heure-ci que tu vas faire tes devoirs ?

Juste au moment de te mettre à table.

Où tu étais ? -Au cinéma.

-Je t'avais défendu d'y aller. -J'étais avec la soeur du Dr Déron.

Pour une fois que je sors avec des gens bien.

-Justement, j'étais avec le Dr Déron.

-Il t'a expliqué ? -C'est tout ce que ça te fait ?

-Tu as déchiré mon cahier. -Arrête !

Mais qu'est-ce que je vais faire de toi !?

-C'est pas ma faute si la famille a des maladies honteuses.

-Violette !

-C'est peut-être mon grand-père qui a ramassé ça

avec une moukère en Algérie. -Avec une moukère ?

Tu te rends compte des accusations que tu portes ?

-Germaine, je me contente de ce que dit le docteur.

-Elle a dû ramasser ça avec un garçon.

-Non, il l'a examinée, elle est vierge.

Tu vas pas remettre en doute sa parole ?

-Mais non.

Va me chercher de l'eau, j'ai soif.

...

Son père urine.

...

De l'eau coule.

...

Carillon "Big ben"

...

Si c'est héréditaire, on est peut-être atteints.

-Tu es fou.

-Si on est malades, il faudra se soigner.

-On n'a rien fait, c'est elle ! -Chut !

-C'est elle.

-Non, maman veut pas que tu m'aides à faire le lit.

...

-Tiens, ça te fera du bien.

Germaine, ma petite Germaine.

Qu'est-ce que tu fais ?

Va aider maman à faire ses courses. -J'ai pas besoin d'elle.

-Au moins, la maladie, ça te coupe pas l'appétit.

Quelqu'un frappe.

-C'est un pneumatique.

C'est la soeur du Dr Déron, elle me demande de venir la voir.

Je peux pas refuser.

-Pourquoi tu fais pas venir la soeur du Dr Déron ?

On aimerait bien la connaître. -C'est trop petit ici.

Elle a l'habitude des grands appartements.

-Oui, tu as raison.

Il faut pas déranger les gens qui ont leurs habitudes.

-Tu comprends tout, toi.

-Tu profites que maman n'est pas là pour te mettre du vernis ?

Hein ?

Hein, Violette ?

Hein ?

N'empêche que ce matin, si tu l'avais embrassée,

tout se serait arrangé.

Je la connais bien, ta mère.

Quelque chose tombe.

-J'ai eu un trou noir. -Ca doit être ta maladie.

-Faut que je sorte prendre l'air.

-Je t'accompagne ? -Non.

-Mais si. -Non.

L'orchestre joue un air jazz.

...

-Quelqu'un que tu connais ?

...

Tu devrais aller dormir.

...

...

-Je voulais pas.

-C'est normal que tu te fasses payer.

Il suffit de demander.

-Vous me prenez pour une fille ?

Elle se souvient du sifflet d'un train.

-Dépêche-toi, ma petite Violette.

C'est sur cette voie-là.

-Violette, oh !

*-Chère Maryse Bastié, je ne comprends pas

ce qui peut pousser une femme à devenir aviatrice.

*-Pour vous, un pilote doit savoir faire pipi contre un mur, hein ?

-On ne s'amuse pas avec le fromage. -Va chercher le dessert.

-Y en a pas, j'ai pas eu le temps.

-Ca fait rien.

De la part du Dr Déron.

-Pourquoi il veut qu'on prenne ces médicaments ?

-Pour éviter la contagion.

-On est atteints, il faut se soigner.

-J'ai rien fait de mal, moi, rien !

-Le Dr Déron a mis une croix sur son paquet.

C'est qu'elle prend une autre dose que nous.

-Pourquoi elle prend une autre dose ?

-Parce que la maladie a davantage avancé sur moi.

-Tu devrais avoir honte.

...

-Baptiste, Baptiste...

J'ai peur.

-De quoi, Germaine ? Tu es guérie.

-Je t'en supplie.

Arrange-toi pour qu'elle soit pas là quand je rentrerai.

-Tu es folle.

-Je serai plus tranquille.

Emmène-la en vacances. -En pleine année scolaire ?

Germaine, je te comprends pas.

Je te comprends pas.

-Des anémones. -Ca te fait plaisir ?

-Oh, ma petite fille...

Tu me manques.

-Voilà, c'est bien, c'est bien.

-De la gloire

Napoléon

Il était pas bien dans la bouteille, le vin ?

-Chez le Dr Déron, on le met en carafe.

-Ah, bien sûr.

Bien.

Eh bien, tu peux aller chercher les voisins.

Chez le Dr Déron, on met le vin dans une carafe.

-Ca fait plaisir de vous savoir sortie de l'hôpital.

-Maman a eu peur, mais c'était qu'une intoxication alimentaire.

-Et toi, fifille, la santé ? -Oh moi, ça va.

J'ai une bronchite, mais on me soigne.

-Ah, les bronches, c'est comme les poumons.

Moi, j'ai été gazé en 17, comme vous savez.

C'est dur, très dur.

-Merci.

-Tu n'en prends pas ? -Non, je préfère le lait.

-Tu te marieras cette année.

-Comment vous le savez ?

-Avec quelqu'un de convenable, vous seriez pas contre ?

-Ah...

-Un docteur. -Oui, ou un pharmacien.

Hm ?

-Ou un avocat.

-Ah ben oui, aussi.

Qu'est-ce que vous en pensez, M. Nozière ?

-Oui, elle a le temps, Violette. -Oh oui, oui.

-Tu les as payés cher ?

-J'en sais rien, on me les a offerts.

-Willy !

-J'arrive.

-Tu le connais, son copain ?

-Oui.

Je l'ai vu dans mon rêve.

Il sortait de la mer.

-La vérole te fait halluciner. -Oh, arrête.

-Je l'aime bien, la petite, là-bas.

-C'est Nozière, elle a plein de pognon.

A part ça, elle raconte partout que son père la viole.

-Non...

-Elle est un peu...

-Tant qu'il y a le pognon.

-A propos, tu me dois 400 F.

Salut, les beautés.

Voici mon ami Jean Dabin.

Pas Gabin, Dabin.

Avec un "D" comme Dagobert. Voici ma petite amie, Maddy.

Et ça, c'est sa copine Violette.

-Alors, vous voulez devenir avocat ?

-Avocat ou autre chose.

Comme on dit, le droit mène à tout.

-Bien sûr.

-Et vous ?

-Moi, je...

Je présente des modèles chez Paquin.

-Hm.

C'est bien, la haute couture.

Ca doit être passionnant.

-Oui.

-Vous m'intimidez.

-Moi ?

-Tu te déshabilles pas ?

-Déshabillez-moi.

Vous.

-Tu es drôle.

-Non.

Portez-moi jusqu'au lit.

Faites de moi ce que vous voudrez.

Je vous aime comme une bête.

Comme une bête.

Je vous aime...

comme une bête.

Jure-moi que c'est pour toujours.

Je voudrais partir avec toi.

Loin.

Ou alors mourir ici,

maintenant.

-Mourir maintenant, tout de suite ?

-Non, pas vraiment.

Tu m'emmènes aux Sables-d'Olonne ?

J'ai dit quelque chose de mal ? -Non, c'est pas toi.

-T'as peur de rater ton examen ?

Dis-moi, qu'est-ce que tu as ?

-T'y peux rien.

-Tu es sûr ?

-J'ai un peu spéculé, c'est tout.

-Tu as besoin d'argent ? Ben, tiens.

Voilà. -Non, garde ça pour tes vêtements.

Tes toilettes.

-Sers-toi.

J'ai besoin de rien.

J'ai eu peur. -Peur ?

J'ai cru que tu m'aimais plus.

Tu as des belles mains.

Il te faudrait une bague. -Tu crois ?

Carillon "Big ben"

...

L'horloge sonne 4h.

...

...

On va aux Sables-d'Olonne ?

-Faut de l'argent

pour partir.

-Violette, dépêche-toi,

papa a eu un accident !

-Où il est ?

-A l'hôpital, il est tombé de sa locomotive.

Je sais pas comment ça s'est passé.

-Tu veux que je vienne ?

-Non, reste à faire tes devoirs.

-Au revoir.

...

Allô ?

-A midi, j'ai un déjeuner.

-Venez ou je dis tout.

-Je ne serai pas là pendant deux mois.

-Vous partez en vacances, papa ? -Ne m'appelle pas "papa".

-Vous avez honte de votre passé ?

Moi, c'est l'avenir qui me fait peur.

-Tu vas pas faire de bêtise ?

-Vous craignez que je compromette votre réputation d'homme public ?

-Violette... -Emile ?

Vous voudriez que je sois douce, que je ressemble à ma mère, hein ?

On se paye une Bugatti ?

-On a juste de quoi m'acheter un costume.

C'est pas mal, un costume.

-Je m'arrangerai.

Tu auras cette Bugatti, tu auras tout.

-Alors, qu'est-ce que je fais ?

-Ben, tu joues, qu'est-ce que tu veux ?

Tu joues le... Oh, mais faites plutôt une belote.

-Je fais quoi ? -Tu joues l'as.

-Moi, j'ai le roi. -Tu marques un point.

-Mais non. -Si, un point.

-Bonjour.

Tu tombes bien, j'avais plus rien pour payer mon verre.

-Et les 400 F que je t'ai donnés hier ?

Oh, elle te va bien.

-420 F.

Je dois encore 20 F au bijoutier.

-Un garçon comme toi devrait pas avoir de dette.

-Je t'ai dit que je devais partir à Poitiers ?

-Non, tu me l'avais pas dit. -Si, hier.

-Non, je m'en souviendrais.

-Je m'en vais que trois jours.

-Trois jours ?

Ben, et moi ?

Tu pars

avec une femme.

J'en suis sûre.

-Qu'est-ce que tu vas penser ?

Je ne connais que toi à Paris. -Mais tu vas partir quand même.

-J'y suis obligé.

Je vais voir des amis à mes parents.

-Je me sens comme un chiffon.

Sifflet du train

*-Attention quai numéro 7. Attention quai numéro 7.

-On peut rien se dire sur un quai.

*-Les voyageurs, pour Angers, Nantes, Les Sables-d'Olonne,

en voiture, s'il vous plaît. Attention au départ.

...

-Merci.

-M. Jean n'est pas là ? -Non.

-Vous devez vous ennuyer, alors. -Non.

Rires dans la rue

Une voiture démarre.

...

-Cet après-midi, je ferais bien une belote avec Violette.

-Non, je dois voir Jeannine Déron. -Fais ça pour ton père, il s'ennuie.

-Non, je peux pas.

-Elle nous cache quelque chose.

-Oh, quand même...

-Jure-moi que je t'ai manqué pendant ces trois jours à Poitiers.

Jure que t'aimes que moi.

Hum...

Jure que c'est pour toujours.

Quelqu'un entre. Jean ?

Va-t'en.

Tu vas t'en aller à la fin ?

-Vous êtes nerveuse ?

-Jean !

...

-On avait rendez-vous à l'hôtel. -Tu es sûre ?

-Ben oui.

-Je vous laisse.

-Non, tu peux rester.

-Allez, occupe-toi d'elle.

-Il fait froid, en plus. -Je te dis que je me suis ennuyé.

-C'est petit de s'ennuyer, moi, j'aime la grandeur.

L'amour sans la grandeur, c'est rien.

Moi, j'éprouve de l'amour et toi ?

-Tu aurais voulu que je t'écrive ? -Si tu ne voulais pas...

-Je manquais d'inspiration. -Laisse-moi.

-Mais je t'écrirai de Bretagne.

-Quelle Bretagne ?

-C'est dans 15 jours, mes parents y ont des amis.

-Ben, ils ont des amis partout, tes parents.

Je sais, il te faut de l'argent.

Tu en auras tant que tu veux. -Combien ?

200, 300, 500 F ?

-Non, beaucoup plus.

Après on partira ensemble. -Oui, aux Sables, en Bugatti.

-Parfaitement. -Des clous !

-Tu me crois pas capable de te trouver 10 000 F en 3 jours ?

-10 000 F ?

-Tu me crois pas ?

-Si, je te crois capable de tout.

-Alors, tu veux pas ?

-Comment tu feras pour avoir ces 10 000 F ?

-Eh ben... Mon père me les avancera.

-Tu m'as jamais dit qu'il était millionnaire.

-Ben, je te le dis maintenant.

-Tu as pensé à l'héritage ?

-Non.

Je suis bien avec toi.

-Un jour, je te promets, je t'emmène en Amérique.

-C'est vrai ?

-Hm.

Quand on sera riches.

-Il n'y a personne chez vous.

Votre papa est parti pour sa visite à l'hôpital.

Vous êtes drôlement élégante.

Ca vous rajeunit pas.

Quelqu'un écoute la radio.

...

*-Regarde cet homme sur le trottoir.

*-Ah, mon Dieu !

C'est Victor, le secrétaire de mon mari.

...

-Violette ?

-Elle est sûrement avec la soeur du docteur.

Qu'est-ce que tu fais, Germaine ?

-Je range, j'arrive.

-Jean ?

J'ose même plus m'approcher du lit.

-Vous vous faites des idées.

M. Jean était seul.

Vous voyez, c'est marqué :

"Je t'attends, toi et tes promesses."

-"Je t'attends,

toi et tes promesses."

-Je vais vous chercher

la monnaie.

...

-Qu'est-ce que c'est que ce déguisement ?

-Jeannine m'a prêtée sa robe.

Et j'ai passé l'âge de m'habiller comme une petite fille. Quoi !?

Vous avez pas le droit de fouiller, vous êtes des flics !

-Tes crises ne m'impressionnent pas. -T'es jalouse, hein ?

Oui, il m'aime depuis 3 mois, vous n'y pouvez rien.

-On veut que ton bien, Violette, que ton bien.

Si ce jeune homme est convenable, mettons-le au pied du mur.

Ecris-lui. -Mais lui écrire quoi !?

-Qu'il précise s'il veut t'épouser.

-Bien sûr qu'il veut m'épouser ! -Maman a raison.

"Mes parents...

venant..."

Non, "ayant".

Non, "venant".

"Venant de trouver vos missives..."

Non, "venant de trouver notre correspondance.

"Seraient heureux

"de connaître vos sentiments

à mon égard."

Point.

"Donc...

"Je compte sur vous

"pour écrire à mes parents.

Recevez mes meilleures amitiés."

Et tu signes de ton prénom : Violette.

Il aurait peut-être fallu ajouter une phrase pour sa maladie.

-Ben oui.

S'il est responsable, il t'épousera malgré ton infection.

-Oh !

Vous êtes des méchants, vous êtes des nains.

Des nains.

-Violette !!

Je te l'avais dit, tu y as été trop fort.

On y a été trop fort tous les deux.

Il fallait lui parler de la dot que nous lui préparons.

-Tu crois pas qu'elle pense déjà assez à l'argent ?

-Une dot, c'est pas pareil.

-Elle l'aura dépensée en 3 jours.

-Je préfère ça que de me faire voler mes économies.

-Cette Jeannine, là, on la connaît même pas.

-On va la connaître tout à l'heure.

Allez, va préparer ton rôti.

Autant faire bonne impression.

Pff !

...

Quelqu'un entre.

T'es plus fâchée ?

-Jeannine sera en retard.

Ses parents l'ont retenue, elle s'excuse.

-Oh, ben...

-Le rôti va être trop cuit.

-Allez vous habiller, je m'occupe de tout.

-Jeannine n'a que 18 ans, on aurait pu la recevoir simplement.

-Je ne veux pas que Violette finisse comme nous.

-Tu pourrais m'aider ?

-Si elle est fière de son papa, elle fera moins de bêtises.

-A propos, j'avais oublié de vous dire.

Ce que vous êtes beaux.

Arrêtez-moi.

Signal d'arrêt

Une voiture approche.

...

-Vous marchez toute seule dans la nuit ?

Vous allez loin ?

Montez, on vous ramène.

Propos inaudibles

...

-C'est là.

-Oh...

Venez me voir demain, je suis toujours chez moi.

Allez, on va chez Jeannine.

...

Carillon "Big ben"

...

L'horloge sonne 11h.

...

Elle ouvre le gaz.

...

Elle frappe.

-Qu'est-ce que c'est ?

-J'ose pas rentrer chez moi, ça sent le gaz.

-Le gaz ? -Oui.

-Le gaz...

Ah oui, ça sent le gaz.

Ah, nom de Dieu.

Oh, ma petite...

Rose, emmène-la à la maison, il y a un drame.

Ma petite Violette...

Ton papa... Sifflet de train

...

-Violette, oh, Violette !

Sirène de police

...

-Que savez-vous ?

-Oh, c'est horrible.

-Le suicide vous paraît possible ? -Mme Nozière était bizarre.

Triste et bizarre.

Quand elle cauchemardait la nuit, je l'entendais hurler.

-Elle était malheureuse.

-Venez au commissariat à 8h.

Nous irons voir votre mère à l'hôpital.

...

-Je suis bouleversée.

-Violette était malade depuis l'âge de 12 ans.

-Mais elle s'habillait au-dessus de son âge.

-Et le gaz est resté ouvert

sept minutes, maximum.

Croyez-moi, je suis électricien, et de plus, j'ai été gazé en 17.

-Bon, merci, monsieur, madame.

Vous pouvez vous retirer.

-On fait quoi de la petite ? -Je l'ai convoquée à 8h.

-Et si elle se débine ?

-Oh, si elle se débine,

ça me fera une matinée tranquille.

-Un flemmard comme vous, commissaire, j'en ai jamais vu.

Vous feriez quoi en Allemagne ? -Oui, ben, je sais où je vais.

-Non, j'ai peur... -Allez, tout ira bien.

-Monsieur, Mme Nozière n'est pas en état de recevoir qui que ce soit.

-De toute manière, elle pourra pas répondre.

-Oui, et elle dit toujours les mêmes mots :

"Violette, que de sang."

-Laissez-moi entrer un instant. Vous, attendez là.

-A tout de suite.

...

Bon, ce café, on va le prendre ?

-Aidez-moi, je n'ai personne.

Aidez-moi.

Pourquoi cette montre ? J'ai pas besoin de savoir l'heure.

-Taxi !

-Où vous allez ?

-Vous voyez, je suis venue.

-C'est gentil, venez.

*-Notre haute couture risque de ne plus pouvoir passer le Rhin.

En effet, le Fuhrer a décidé

de créer un office de la mode allemande

sous la présidence de Mme Goebbels.

Cette entreprise créera des modes

en harmonie avec le caractère allemand.

*Air de musette

...

-Ah !

-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Si, je préfère.

-Je ne comprends pas.

*Ballade de jazz

...

-Hé ! Hé !

...

Et alors, tu ne me reconnais pas ?

-Non.

...

Ca fait rien.

...

...

Quelqu'un vient.

...

-J'aurais peut-être pas dû.

-Garde-la.

J'ai plus besoin de rien, maintenant.

Garde tout. -Vous n'en avez pas besoin

pour les Sables-d'Olonne ?

-Je pars plus.

-Et M. Jean ?

-Non, reste.

De toute façon, Dieu est vide.

Il faudrait quelqu'un au-dessus de lui.

-Vous aimez beaucoup trop M. Jean.

Beaucoup trop.

C'est rien.

-Demandez "Le Matin" !

"Le monstre en jupon :

elle a tué et volé" !

Demandez "Le Matin" !

"Le monstre en jupon : elle a tué et volé !"

Demandez "Le Matin" !

"Le Matin" !

"Le monstre en jupon : elle a tué et volé" !

Demandez "Le Matin" !

"Le Matin" !

"Le monstre en jupon : elle a tué et volé" !

Demandez "Le Matin" !

-André de Pinguet.

Paris est mortel, vraiment.

Dieu merci, je file en Angleterre à la fin de la semaine.

Vous habitez dans votre famille ? -Oui, chez ma mère.

Je travaille dans une grande maison de couture, rue de la Paix.

-Et votre père ?

-Il a appartenu aux chemins de fer, il est mort depuis un an.

Mon oncle s'occupe de moi, il est commissaire de police.

-Vous permettez ?

Ca alors, pas exemple.

-Quoi donc ?

-Mais vous êtes le portrait craché de Violette Nozière.

La fille qui a tué ses parents. -Ah oui ?

-Vous avez raison, on se ressemble.

Surtout le menton.

Sirène de police

Mais rassurez-vous, j'ai tué personne.

Je m'appelle Christiane Darfeuil, j'habite 77 avenue Henri Martin,

chez ma mère.

Vous avez l'heure ?

-Non.

-Faut que je rentre.

-Déjà ?

On pourrait se revoir ce soir ?

Oui, je suis tout seul.

On pourrait se retrouver ici, tout à l'heure ?

A 6h, par exemple ?

Je serais très heureux.

-D'accord.

Au revoir.

-Alors, ici, à 6h ?

-D'accord.

...

-Nozière, police.

Suivez-nous.

-Salaud, pauvre type !

-Alors, on a essayé de filer ?

-Asseyez-vous.

Mademoiselle, le mandat d'amener qui vous a été présenté

concerne-t-il votre personne ? Répondez par oui ou par non.

-Oui.

-Reconnaissez-vous les faits

qui vous sont reprochés ? -Coupable, je le reconnais.

-Je cherche à comprendre. -Il n'y a rien à comprendre.

-Tout de même, vous avez agi avec préméditation.

-J'ai rien prémédité contre ma mère.

-Mais votre père ?

-Mon père, oui.

C'était comme une idée fixe.

Depuis deux ans.

J'avais déjà essayé une fois,

au mois de mars.

Mais jamais contre ma mère, même au mois de mars.

-Vous avez pourtant agi contre elle.

-J'avais peur qu'elle puisse intervenir.

Je voulais pas qu'elle m'empêche de tuer mon père.

-Votre père avait

trop d'autorité, c'est cela ?

-Euh...

Oui, c'est ça.

Il était jaloux.

Il voulait pas que je me marie.

Mais y a pas que ça. -Dites tout, mon petit.

Dites tout.

-Entre lui et moi, ça a commencé

quand j'avais 13 ans.

Vous êtes le premier

à qui je le dis. -Vous avez raison.

Je ne vous veux aucun mal. -Vous, non.

Mais lui, même maintenant, je sens qu'il me regarde.

Même mort, je sais qu'il me reluque.

...

-Qu'est-ce que t'as fait ?

-J'ai empoisonné mon père.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il m'a obligée à coucher avec lui.

-T'as bien fait.

Tiens.

Bois un petit coup.

Violette : -Au fait, j'ai oublié de vous dire.

Ce que vous êtes beaux.

Le Dr Déron m'a donné quelque chose pour vous.

-Encore ?

"Chère Mme Nozière,

"je vous envoie ces trois paquets.

"J'insiste pour que vous les absorbiez

"avant de vous coucher.

Comme vous avez été intoxiqués au mois de mars,

il vaudrait mieux, en effet, prendre cette poudre."

Je comprends rien à cette ordonnance.

-La contagion, maman.

On est toujours malades.

-Je veux savoir ce que j'avale, je vais montrer ça au pharmacien.

Tu viens, Violette ? -Oui.

-Qu'est-ce que vous attendez ? Allez-y.

-Ta mère est de plus en plus nerveuse.

Ah, salut. -Oh, dis !

J'ai vu Jojo, ce matin.

-Jojo ? Sans blague ? -Ouais.

-Tu as 5 min ? -Ben...

-Ah, ça vaut le coup. -Raconte.

-T'assieds pas là, c'est sale. -Oh, 5 minutes.

-"Vol de nuit".

Oh...

Je suis inquiète pour mon rôti.

-Jojo à poil au milieu des rails. -C'est pas vrai.

-Si, tout avait cramé, la loco, les wagons, tout !

-Tu crois pas que t'exagères ? -Je l'ai vu.

Je l'ai vu, je te dis. -Enfin, à poil...

-Non, mais il me croit pas.

Il croit que ce qu'il y a dans le journal.

-Etienne, alors !?

-Je me tire, la bourgeoise aime pas la poubelle qui flemmarde.

-A quelle heure ça ferme les pharmacies ?

-Euh... 7h30.

-Alors, c'est fermé. -Hm.

-Regarde-moi bien dans les yeux.

J'ai confiance en toi.

Si tu me dis de prendre cette médecine, je la prendrai.

-Ben, le Dr Déron a dit que tu la prennes.

-Il est trop tard pour la pharmacie. -Comment ça ?

-Va chercher de l'eau, le docteur sait ce qu'il prépare.

Tu lui mettras ce paquet, elle est malade des sinus.

-Comment tu sais ça ? -Elle vient de me le dire.

Puis dépêche-toi, j'ai faim. On va pas y passer une heure.

Hein, fifille ?

...

-C'est moins mauvais comme ça.

-Tu devrais mettre du lait.

-J'aime pas le lait.

Oh... c'est vraiment mauvais.

Je sors le rôti, il va être trop cuit.

-Elle va faire son petit dodo, ma...

Ma Violette...

Ma Vio...

Il étouffe.

...

-Papa, qu'est-ce que tu as ?

Violette, viens m'aider, tu vois bien qu'il est malade !

Tu as l'air... toute folle.

Ah...

Ah !

...

-J'en veux pas. -Vous les mangerez plus tard.

-Hé !

-Tu fais la grève de la faim ?

-Taisez-vous. -Grève de conversation aussi ?

C'est pas gai. -On n'est pas là pour rire.

-Dis, je les aurais bien bouffés, ton bouillon et ton pain.

-Quoi ?

-J'aurais bien bouffé ton bouillon et ton pain.

-Où on va ?

-On va simplement vous confronter à votre mère.

-Pas elle, non !

-Violette !

Huées, insultes

...

-Etes-vous sûre de pouvoir marcher ?

...

-Fille Nozière,

vous allez répéter devant votre mère ce que vous m'avez dit.

Fille Nozière, expliquez-vous.

-Non !

-Supprime-toi, malheureuse.

Tu ne peux plus vivre. -Maman, pardon, je t'en supplie.

-Je te pardonnerai après le jugement.

Quand tu seras morte.

-Non.

-J'ai pas voulu te tuer, maman !

J'ai pas voulu te tuer !!

-Remontez la manche ! -Non !!

Non !

Non, Jean.

Me fais pas mal.

Je t'aime trop pour que tu me fasses mal.

...

-Ils ont leurs affaires.

-Je me demande lesquelles, ils me font toujours des secrets.

Je suis sûr qu'ils en ont un plus gros que les autres.

Un secret qu'ils ne m'ont jamais dit.

Dis-le-moi.

Quelqu'un entre.

...

-Tu es bizarre, toi.

-Tu cries jamais quand tu fais l'amour.

-Tu m'en veux ?

-Non.

Tu es bizarre.

-Si son père la violait, y a de quoi la désaxer.

-On n'était pas là pour voir, elle peut dire ce qu'elle veut.

-Elle leur a fait le coup de l'empoisonnement deux fois.

Et deux fois, ils ont marché, quelque part, ils voulaient mourir.

-Il a raison, il a raison.

-C'est le procès de la famille.

"Elle a défait l'affreux noeud de serpent

des liens du sang." -Paul Eluard, connais pas.

-C'est l'amant de la Nozière !!

Huées, insultes

Salaud ! Salaud !

Salaud !

-Allez-vous-en, chacals !

-Salaud ! -Pourriture !

-"Jean, mon amour..."

-Je t'en prie, arrête de dire toujours "mon amour".

C'est d'un conventionnel.

-Ah, bonjour, ma fille.

Oh, écoute... Tu m'as fait tomber ma boucle d'oreille.

-Laisse, je vais chercher.

Occupe-toi de ta fille. -Oui, "ma fille".

-Oh ! là, là !

-Hm...

-Mais qu'est-ce que tu as ?

-Je rêvais que j'empoisonnais la vie de ma mère.

-Elle aurait dû me dire

qu'elle n'arrivait pas à se débarrasser de ce jeune homme.

-Ca n'est pas de Dabin dont elle voulait se débarrasser.

Vous arrivait-il d'envier votre fille ?

-Non, je n'ai jamais été envieuse de personne.

Au début, j'ai voulu mourir,

mais quand j'ai su tout le mal qu'elle avait dit de mon mari,

j'ai décidé de vivre pour le laver de ces ignominies.

De vivre pour le venger.

J'ai décidé de me constituer partie civile contre ma fille.

-A cheval sur mon bidet Quand il trotte, il fait des pets

Prout prout prout cadet -Violette.

...

-Et ta mère, tu l'aimes encore ?

-Oui.

-Pourquoi ?

-Parce que je la comprends pas.

-J'ai tout de suite vu que c'était une perverse, une débile mentale.

Son insensibilité manifeste une mythomanie indigente.

Elle mentait tout le temps,

mais près de la vérité, et c'était d'horribles mensonges.

Pensez qu'elle m'avait même inventé une soeur pour sortir.

Comme si ma soeur aurait pu sortir avec elle.

-Vous auriez eu honte.

-Oui.

-C'est le pognon, t'aurais jamais dû piquer le pognon.

Les bourgeois détestent qu'on touche à leur avoine.

-Je regrette rien.

Toutes les cochonneries

que j'ai vu faire entre mon père et ma mère,

ça m'a coupé le goût du plaisir.

J'ai jamais aimé un garçon à ce point.

Maintenant j'aimerai plus personne.

-Ca vaut mieux pour toi.

-Tu crois qu'ils vont me condamner ?

-Elle disait qu'elle présentait des collections sur des plages.

Un jour,

elle nous a emmenés au bois de Vincennes avec du champagne,

pour fêter son départ en vacances.

Mais elle n'est jamais partie.

-Elle était toujours avec des jeunes

qui se disaient étudiants, sans l'être,

que je ne tenais pas à fréquenter.

-Je suis ravi de vous l'entendre dire.

-Merci.

-J'ai même plus envie de me défendre.

-T'as peut-être une chance d'être acquittée,

les juges aiment bien les martyres.

-La foule est déchaînée.

Elle ne peut pas venir au palais. -Mais bien entendu.

Ce n'est pas la première fois qu'on utilise mon bureau.

Ah...

Une prison a toujours une histoire.

Tenez.

Ici la chaise qui servit de siège à Marie-Antoinette

lors de sa parution devant le tribunal révolutionnaire.

Là...

Là, le fauteuil de Louis XVI.

Sur lequel il prit place

ce même jour fatidique.

...

Ah non.

Non, pas ici.

Là.

Je vous laisse la place.

-Bon.

-J'étais malade.

Puis avec mon père qui voulait toujours...

Je voulais me suicider.

-Et vos parents ?

-Je voulais qu'on se suicide tous.

J'ai voulu en finir avec ce passé trouble.

-Expliquez-vous !

-Je peux pas.

-Oh, elle est folle.

-Ecoute-moi.

Mais écoute-moi.

Regarde-moi.

Je voudrais qu'on se voie avec grand-mère, elle comprendra.

-Alors, vous avez tué.

Mais pourquoi

avoir volé ? -J'y ai pensé après.

-Vous aviez promis

à Dabin de rendre pour lui les 450 F qu'il devait à Willy.

-J'ai pas donné d'argent pour rembourser cette dette.

-Car il était parti ?

-Ne dites pas ça.

-Asseyez-vous. -Non.

-Laissez-la.

-Posez-lui

certaines questions.

-Allez-y, vous.

-Maintiens-tu les accusations portées contre ton père ?

-Oui. -Elle a un complice.

-Comment le savez-vous ?

-Il a fallu quelqu'un pour l'aider à transporter mon corps

dans la chambre.

-Non, j'étais seule.

-Comment peut-on croire

cette fille qui n'a pensé qu'à nous tuer ?

Nous avions 120 000 F en banque et elle voulait cet argent.

-Voilà le chiffon dont votre fille prétend

que M. Nozière utilisait afin qu'elle ne tombe pas enceinte

suite à ces rapports incestueux.

-Non, ce chiffon est à moi ! Enfin, je veux dire...

C'était lors des relations

entre mon mari et moi.

Quelle honte...

-Comment les a-t-elle trouvés ?

-En fouillant.

-Toi aussi,

tu fouillais partout.

-Etiez-vous au courant de ses sorties

au Quartier latin ? -Non.

-Pourtant, en 32, on trouve une lettre écrite de Violette

dans laquelle elle menace de se suicider.

Le même jour,

votre mari part à sa recherche

et la retrouve au Quartier latin, donc vous saviez.

Et pour la soeur imaginaire du Dr Déron,

vous n'avez eu aucun doute ?

-Nous sommes des gens confiants, M. le juge.

-Violette Nozière, vous prétendez ne pas avoir voulu

attenter aux jours de votre mère, expliquez-vous devant elle.

-Le paquet destiné à mon père

comprenait 24 comprimés de Sorvenal réduits en poudre.

Je l'ai placé à portée de sa main.

Celui que je destinais à ma mère contenait 12 comprimés.

Je l'ai disposé devant elle. -C'est faux.

J'ai préparé les verres, j'aurais pu prendre l'autre.

Et mourir.

-Faites entrer Jean Dabin. -Non.

-M. Dabin.

-Asseyez-vous.

-Jean ? -C'est à cause de vous

qu'elle nous a assassinés !

-Madame, maîtrisez-vous !

Violette Nozière vous donnait bien entre 100 et 150 F par jour ?

-C'est exact.

-Cela vous faisait quel effet ? -Aucun.

-Expliquez-vous.

-Au Quartier, tout le monde prête à tout le monde.

-Il a volé la bague de mon mari !

-M. Dabin, avez-vous, comme le prétend Mme Nozière,

volé cette bague ?

-Non, jamais de la vie.

C'est Violette qui me l'a donnée.

-Confirmez-vous ce qu'a dit

le témoin ?

Ignorait-il l'origine de cette bague ?

Si le témoin ment,

nous allons l'inculper pour recel

et complicité de vol !

-J'ai que toi pour t'occuper de moi.

Tu es si forte.

-Il ignorait l'origine de la bague, je le jure.

-Des rapports de police

prouvent que Violette Nozière vous comblait de cadeaux

et qu'elle réglait la chambre d'hôtel.

Saviez-vous que pour se faire l'accusée se prostituait ?

-Jamais, c'est faux !

-Mais où trouviez-vous l'argent pour Dabin ?

Les sommes volées à vos parents en représentent le quart.

Expliquez-vous.

-J'ose pas à cause de ma mère.

-Osez.

-M. Emile veillait sur moi.

-Un autre

de vos amants ? -Sûrement pas.

C'était une relation platonique. -Une sorte de père spirituel ?

-Si vous voulez.

-Combien vous donnait-il ?

-1 500 F pas mois.

-Pourquoi était-il si généreux ?

-Pour des raisons que je ne peux pas dire.

-Dites-nous son identité, il nous donnera ces raisons.

-Je ne peux pas

le compromettre.

-Il serait pourtant

de votre intérêt de dire son nom.

-Je peux pas.

-Du calme, le procès débute dans deux heures !

-On sait juste que ce M. Emile a une Talbot et une moustache.

-Je comprends pas la mère.

-Elle défend la morale et elle a raison.

-Elle empoisonna ses parents

La méchante Violette Nozière

Sans pitié pour leur misère

Elle commit ce crime effrayant

Sans respect pour leurs blancs cheveux

De ceux qui la mirent au monde

Cette gueuse vagabonde

A commis un crime odieux

C'est une gentille fillette

Elle babille déjà doucement

Elle porte sur sa petite tête

L'espoir de ses vieux parents

Tous les deux travaillent pour elle

Pour lui assurer son avenir

Sans penser qu'un jour la cruelle...

...

-Tout ira bien.

N'ayez pas peur.

Vous avez eu raison de vous habiller ainsi.

La sobriété impressionne toujours les jurés.

-Elle tue son vieux père, cette infâme

Comme ça, tristement, sans raison...

...

Son papa est mort

Sa mère râle encore

Oh, mais elle n'a pas un seul remords

Elle empoisonna ses parents

La méchante Violette Nozière

Sans pitié...

-C'est un moment extraordinaire, c'est une nouvelle affaire Dreyfus.

La moitié de la France est de votre côté.

Des demandes en mariage,

un groupe de poètes vous encense...

-Je veux juste que maman me pardonne.

-Elle a tellement fait la comédie que sa mère

a fini par céder. -Voilà la mère !

-S'il vous plaît, madame, qu'allez-vous faire maintenant ?

-M'occuper de ma fille. -Il est bien temps !

-Oui, il est bien temps.

-Le verdict !

-La cour, après en avoir délibéré,

ordonne qu'elle soit conduite pieds nus,

revêtue d'un voile noir sur une place publique de Paris

pour y avoir la tête tranchée.

-J'ai perdu ma chaîne.

Où elle est ?

J'avais une chaîne. -Violette.

-Où est-ce que je l'ai mise ?

Je demande pardon à tout le monde et remercie mon défenseur.

-C'est votre pourvoi en cassation, signez-le.

Violette, Violette.

Vous avez été condamnée.

-Vous me dégoûtez.

Vous êtes tous des salauds.

Vous êtes pitoyables.

Je vous maudis tous autant que vous êtes.

-Gardes, emmenez la condamnée !

-Ne me touchez pas !

Ne me touchez pas !!

Donnez-moi mon sac, donnez-moi mon sac !

Brouhaha

...

...

-Vous avez peur de vous ennuyer ?

Votre mère m'a dit qu'elle donnerait tout son argent

pour vous faire gracier.

-Dites-lui que je la remercie.

Quelqu'un chantonne l'air de : "La complainte de V. Nozière".

...

-Les taulards parlent que de toi.

...

Admettons que quand t'as buté ton vieux, ça t'ait rien fait,

mais quand on va te couper la tête,

ça va quand même te faire quelque chose ?

-On me coupera pas la tête.

La surveillante m'a dit que je pourrais travailler.

Je crois que je vais tout recommencer à zéro.

-T'aurais mieux fait

de décider ça avant.

-Avant, je pouvais pas.

Maintenant je peux.

Elle se remet à chantonner.

-Condamnée à mort le 13 octobre 1934,

Violette Nozière fut graciée le 24 décembre

par le président Albert Lebrun

et sa peine commue en travaux forcés à perpétuité.

Suite à son exemplaire conduite en prison,

le maréchal Pétain ramène sa condamnation à 12 ans.

Libérée le 29 août 1945,

puis graciée le 1er septembre par le général de Gaulle,

qui signe un décret annulant les 25 ans d'interdiction de séjour

auxquels elle était condamnée,

Violette Nozière épouse finalement le fils du comptable de la prison

qui lui donnera 5 enfants.

Ils ouvriront un commerce.

En 1963, peu avant sa mort, la cour de Rouen,

fait unique dans l'histoire de la justice française,

s'agissant d'un condamné à mort de droit commun,

prononce sa réhabilitation.

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