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Nazar !
Nazar !
Nazar !
Qu'est-ce qu'il y a, oncle Viktor ?
Nazar !
Pourquoi tu m'appelles ? Qu'est-ce que tu veux ?
Papa !
Nazar !
Comme tu as grandi !
- Tu es arrivé quand ? - Par le bus d'aujourd'hui.
- Où sont tes sacs ? - À la maison.
Tu avais promis de rester jusqu'à l'hiver,
et qu'on irait au carnaval.
J'ai promis, Nazar, mais pas cet hiver.
Je ne suis là que pour deux semaines.
- C'est ton masque ? - Non, c'est celui d'oncle Viktor.
Voilà mon masque.
- Superbe. - Oui.
Tout le monde aura les mêmes, sauf oncle Viktor.
Nazar, écoute… Nazar !
Va chercher maman au travail. File !
Ne lui dis pas que je suis là, d'accord ?
- Il est beau, non ? - Nazar les a faits lui-même.
Il a même inventé la forme.
- C'est quoi, ça ? - Rien.
Tu fais de la contrebande ?
Plus ou moins… Tu voulais pas me prendre avec toi.
Tu étais encore un morveux. Maman m'aurait tué.
- T'as pas trouvé mieux, comme boulot ? - Non.
Viens avec moi en Pologne, ça paye bien.
Non.
J'ai un plan cul ici.
- Et je me tue pas au boulot. - Ah bon ?
Je gagne ce qu'il faut…
Léonid, arrête ça.
Je fais ça une fois par mois, ça me suffit.
La contrebande, c'est notre tradition populaire.
Je vois.
Écoute ça…
Quoi ?
Tu veux quoi ?
Que je te casse les dents ?
Le chaos des années 90, c'est loin.
Alors trouve-toi des collègues fréquentables. Pense avec ta tête.
Que maman n'ait pas à te sortir de taule.
Lâche-moi.
J'irai pas en taule.
Si tu te fais choper, tu risques une amende de 1000 hryvnias au pire.
Tu veux me donner des leçons de vie ?
Qu'est-ce qui te prend ?
L'argent sale ne rend pas plus intelligent.
Moi, j'ai arrêté, je l'ai promis à Olena.
Si tu avais continué, ta maison serait finie depuis longtemps.
Léonid…
Allez, Léonid !
Attends, c'est papa qui arrive ?
- Je sors. - Ah non, c'est maman.
Maman !
Viens ici !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Viktor ?
Vas-y !
Les garçons !
Arrêtez !
Ça suffit !
Léonid ! Léonid !
Tu es revenu.
Nazar !
Viens ici.
Grand-père, tu sais qui est rev… ?
- À demain. - Dieu te bénisse.
Tu sais qui a inventé la lumière ?
Dieu.
Dans l'ampoule ?
Dans l'ampoule, c'est Lénine.
Je n'ai qu'un œil, mais je vois à ton visage que ton père est rentré.
Tiens, c'est pour toi.
De la part du lapin.
Grand-père, arrête avec ça.
Quel lapin ?
Je ne suis plus un enfant.
Dis, papa. On regarde la télé ?
Non, il est tard.
- J'ai pas envie de dormir. - Donne ça à maman.
- Olena ! - Oui ?
Oublie pas de donner les papiers au pasteur demain.
Je vais lui creuser un puits, il me faut un permis de travail.
Le pasteur a promis de le faire sous deux ou trois semaines.
- Nazar, va au lit. - J'ai commencé à regarder.
- Amène ça à la cuisine. - Mais je viens d'allumer.
Nazar !
Bonne nuit.
Des contrebandiers ont utilisé un avion pour passer des cigarettes en Roumanie…
- Léonid… - Quoi ?
Attends.
Attends…
Attends…
Doucement, doucement…
Doucement…
Je vais rester un peu plus longtemps.
Nazar a tellement grandi.
Il faut s'occuper de lui.
Il n'a pas de modèle.
S'il avait un grand frère,
il m'obéirait un peu plus.
On avait dit qu'on n'en parlerait plus.
Il lui faut une poigne de fer.
Je n'y arrive pas.
Encore un peu de patience.
Ça fait neuf ans que j'entends ça.
Et on n'a toujours pas remboursé la maison.
Léonid.
Je veux que tu restes ici, pour toujours.
Ne repars pas.
Et travailler ici pour des cacahuètes ?
Répète.
Et travailler ici pour des cacahuètes ?
Encore.
Pourquoi ?
Tu as une si belle voix.
Léonid…
On va me transférer dans un autre atelier cet hiver.
J'aurai un bon salaire.
Je vais souvent devoir travailler de nuit.
Pas grave, on s'en sortira.
Léonid…
Je ne veux pas que Nazar ne te parle plus quand il sera grand.
Ton argent ne te rendra pas meilleur papa.
Léonid…
Reste.
Léonid…
Reste.
Ne repars pas.
Léonid…
Ne repars pas.
Nazar, ils sont en quelle classe les jumeaux ?
En première.
Quelle classe ?
En première.
En seconde ?
En première !
Mets-toi là-bas, et regarde bien.
Tu marches comme ça.
Les tiges doivent converger.
Tu vois ? Elles convergent.
Tu continues…
Il y a de l'eau par ici.
- Elles convergent, tu vois ? - Oui.
Tiens, essaye.
- Nazar ! - Quoi ?
Je t'emprunte ton vélo.
Pas de problème.
Vas-y.
Je n'y arrive pas.
Nazar, détends tes bras.
C'est pour moi ?
Je savais que papa me rapporterait un vélo.
Laisse-le-moi !
Rattrape-moi !
Tu sais même pas où sont les freins !
- Je sais tout ! - Non !
(Programme religieux sur la puissance de Dieu)
Quelle beauté.
Tu as pris tes médicaments ? Le docteur a insisté.
Je ne peux pas boire l'estomac vide. Ça me fait mal.
Mange un peu.
Non, pas avant la communion.
Et si ta tension monte ?
Elle ne montera pas.
Mon fils m'a crevé un œil, manquerait plus que tu m'arraches l'autre.
Arrête tes bêtises.
Qu'est-ce que tu as promis au prêtre ?
De pardonner.
Toi ou notre fils ?
Ça fait longtemps que je t'ai pardonné, tu voulais le préserver du crime.
Mais mon fils a voulu me tuer.
Les jumeaux, tirez.
Vas-y.
- Tu as trouvé quelque chose, papa ? - Pas vraiment.
- Salut. - Salut.
Verse.
Donne-moi le sac.
Nazar, verse.
Vas-y.
Sur mes mains.
- Bien. - Encore ?
Non.
Faites gaffe avec vos mains.
- Quoi ? - Elles sont sales.
Ça va, c'est bon…
Nazar !
Où ta mère t'a dit d'aller aujourd'hui ?
Je ne vous dérange pas, si ?
Nazar, je ne le répéterai pas.
File !
D'accord…
T'as un truc sucré ?
Non.
Ce policier, Boboul, c'est un gros blaireau.
Il a confisqué le colis que maman a envoyé d'Italie.
Il l'a chouré, tu veux dire.
Tu pourras rien lui faire, à Boboul.
Pourquoi ?
Il est couvert par M. Oreste.
On a chié sur sa voiture.
Sois précis : sur le capot et sur le toit !
Vous faites de sacrés justiciers.
Bien, c'est tout pour aujourd'hui.
- Gloire à Dieu ! - Gloire à Dieu !
Pasteur,
je peux vous parler une minute ?
Je vous ai apporté les papiers de mon mari.
D'accord, je me souviens.
- Il faut que j'y aille. - Bien, merci.
Olena, on est en retard.
J'arrive. Nazar, où tu étais ?
Tu me mets en retard pour le travail.
Nazar, ne me fais pas honte.
Pasteur,
Nazar viendra chanter avec le chœur.
La répétition est finie pour aujourd'hui. Mais il faut ranger.
- Papa m'attend. - Nazar va aider.
Tu veux que je dise à papa que tu ne m'obéis pas ?
Tiens-toi sage.
Nazar, tu as une voix puissante.
Tu peux chanter les louanges à Dieu.
Ça fait longtemps que tu viens à l'église ?
Ton père ne vient jamais, lui.
Même quand il revient de l'étranger.
Il est en colère contre Dieu.
Il lui faut du temps pour comprendre.
Dieu met chacun d'entre nous à l'épreuve.
Dis à ton père de venir à l'église, avec toi et ta maman.
Je vais ranger les bancs, d'accord ?
Oui.
Nazar, apporte-moi les documents et la partition.
Je ferme ici, tu sortiras par la porte centrale.
Nazar !
Nazar !
Nazar…
Les pompiers ont dit que le radiateur était resté allumé.
Vous pensez que c'est Nazar ?
Il n'y avait que nous deux après la répétition.
Ça ne peut être que lui.
Qui est au courant ?
Personne.
S'il vous plaît, ne dites rien à Olena.
N'en parlez à personne.
D'accord, je ne dirai rien.
Cet endroit est loué, il faut vite le reconstruire.
Je vais parler à Nazar. Si c'est lui,
je rembourserai tout.
- Bien. - Merci.
Nazar !
C'est toi qui as mis le feu ?
Nazar, tu as mis le feu ?
Ne dis rien à maman, elle va me tuer.
Je te le promets.
Il n'y a que le pasteur, toi et moi qui sommes au courant.
Personne d'autre.
C'est toi ?
Papa, ne me frappe pas.
Je t'ai déjà frappé ?
- Non. - Et je ne vais pas commencer.
Pourquoi tu as fait ça ?
Je voulais que tu restes jusqu'au carnaval.
Je ne pensais pas que le feu prendrait aussi vite.
Tu es puni. À partir de maintenant, plus de vélo.
Maman demandera pourquoi je suis puni. Qu'est-ce qu'on lui dit ?
Tu obéis à maman sans discuter.
Tu vas au chœur, et tu ne rates aucune répétition.
Je ne t'entends pas.
Je ne t'entends pas.
C'est promis.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Après la répétition…
- Le cellier… - Le cellier a pris feu.
- Quand… - Quand l'église était vide.
Mais l'essentiel, c'est que tout le monde soit vivant.
Il n'y a que mes papiers qui ont brûlé.
Dieu soit loué.
Comment ça, ils ont brûlé ?
Alors c'est la volonté de Dieu.
- Léonid, tu viens te coucher ? - Je fume et j'arrive.
Je t'attends.
Allô, Le Rat.
Salut, c'est Pamfir.
J'ai besoin d'un coup de main…
Il me faut de la contrebande, pour 600 euros.
Compris.
Bien… D'accord.
Merci.
Qu'est-ce que tu lis ?
Rien de spécial…
Les effets secondaires… d'un coup de pied au cul.
Ça n'existe pas, ça…
Grand-père dit que tu lisais mot à mot à l'école.
C'est vrai ?
Écoute.
(En russe) "Ce sté-stéroïde… agit… sur…
"Ce… stéroïde…
"s'administre… par…
"voie orale…
"Le stéroïde… agit… pendant… environ… 15 heures."
Je n'y arrive pas, je ne parle pas le russkof.
"Effets secondaires : grincement de dents, érections fréquentes,
"stimulation initiale du désir sexuel,
"après usage répété, risques d'impuissance
"incontrôlables."
Dis, papa.
Ça veut dire quoi, "impuissance" ?
La lecture est finie.
File au lit.
Dis ?
On pourrait revendre le vélo ?
Pas la peine.
Je vais trouver une solution.
- Bonjour, maman. - Bonjour.
Quoi ?
J'ai besoin de ton aide.
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai besoin d'argent, et d'un nouveau permis de travail.
Mes papiers ont brûlé hier.
Je vois, mais on arrive à peine à joindre les deux bouts.
Sans les petits boulots de ton père, on ne s'en sortirait pas.
Arrange-moi un corridor.
Tu as dit que tu ne le ferais plus.
Juste pour cette fois.
Autrement, je n'aurais pas assez.
Ta femme est au courant ?
Olena ne doit pas savoir.
Elle déteste la contrebande.
Un péché pour certains, un gagne-pain pour d'autres.
On ne rajeunit pas…
Tu viendras voir ton père ?
Tu veux aussi que j'aille à l'église avec lui, embrasser des icônes ?
Et attraper un virus ?
Pour ne pas avoir aidé ma femme quand il le fallait ?
Tu pourrais lui rendre son œil ? Ça ne peut pas durer éternellement.
Tu lui parleras, au moins ?
Bon, je tenterai le coup avec Viktor, peut-être qu'on aura de la chance.
Je t'écrirai quand j'aurai arrangé le corridor.
Protège Viktor.
Merci.
- Bonjour, Madame Maria. - Bonjour.
Attends…
- Tiens, du gâteau. - Merci.
J'y vais, on est débordés.
- Bonjour. - Bonjour.
Laisse-moi t'aider.
- Tu as appelé ta mère ? - Oui.
T'as pas arrêté de fumer ?
Les gars ont fait une grosse prise cette nuit…
Tu vas voir.
Sortez… Allez, allez !
Je n'ai pas cette somme pour l'instant, mais je l'aurai dans une semaine ou deux.
Demain, on fera quelques travaux pour pouvoir faire la messe.
Je viendrai avec mes gars.
- On allait commencer à creuser. - C'est moi qui vais vous enterrer.
- À quand remonte votre dernière fessée ? - Longtemps.
Depuis que papa est mort.
- On ne creuse pas aujourd'hui. - On vient quand ?
Viktor appellera demain, je vous prendrai pour m'aider à l'église.
Filez chez vous.
Allô, Le Rat.
Il faut que tu me trouves du Turanabol.
Disons trois.
Oui, j'y serai. Merci.
Viktor, on y va.
Tu m'aideras à transporter de la marchandise ?
Le champion est de retour ?
Fais gaffe, que maman n'ait pas à te sortir de taule.
Je suis sérieux. Tu m'aideras ?
Oui. Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai besoin de fric pour refaire mes papiers.
- Olena sait ? - Personne ne doit savoir.
- C'est juste pour cette fois. - Pour cette fois ?
Oui. J'ai arrangé un corridor.
Et avec ta conscience, tu t'es arrangé ?
Ne me donne pas de leçons.
Il me faut trois ou quatre gars costauds.
Les jumeaux feront l'affaire.
Tu es débile ? Ce sont mes filleuls.
Papa serait content de t'entendre dire ça…
Achète ce qu'il y a sur la liste, on se voit dans trois heures au magasin.
Remplis le chariot avec du foin.
Tu vas où ?
Chercher des dopants.
À demain !
De la part de M. Oreste. Donne-m'en trois.
- Pamfir ? - Oui.
- C'est Le Rat qui t'envoie ? - Oui.
Trois boîtes ?
Viens.
Le Rat n'a pas dû me comprendre.
Il me faut trois tablettes, pas trois boîtes.
T'es malade ? On est venus ici pour trois tablettes ?
Il doit juste avoir envie de baiser.
C'est cher, le Viagra, hein ?
Donne-moi trois tablettes pour le prix d'une boîte.
Donne-lui trois tablettes.
Tiens.
Merci.
- Qui nous vend la marchandise ? - Quelle différence ?
C'est Le Rat ?
- Pourquoi tu veux savoir ? - Je cherche de nouveaux collègues.
Des fréquentables.
- Salut Le Rat. - Salut.
C'est vrai alors ? Tu remets le couvert ?
Non, juste pour cette fois.
Entendu.
Si c'est que pour cette fois, ça va.
Mais n'en demande pas plus.
C'est le territoire de M. Oreste, je ne veux pas de problèmes.
- D'accord ? - D'accord.
Tiens.
Où il faut livrer la marchandise ?
Comme avant. À la Croix roumaine.
Merci.
Je vous donne les meilleurs masques.
- Vraiment ? - Oui.
Les garçons.
- Beau boulot. - Merci.
Dis donc !
Bougez vos culs d'ici, vous finirez après.
On finira jamais, à ce rythme.
Nazar, file !
Oncle Viktor, où est le pot de peinture rouge ?
Regarde dans ma chambre, sous le lit ou sur le poêle.
Regarde.
Tu mesures à ta taille, ça doit dépasser d'une tête.
Coupe ici.
- T'as un clou ? - Oui.
Tu cloues ici.
- On y va quand ? - Dans une semaine, dans un mois…
Dès qu'on aura un corridor.
- Tu as trouvé des gars costauds ? - Oui.
Regarde, comme ça.
C'est quoi ?
C'est pour le costume de carnaval de Viktor.
J'ai pas trouvé la peinture, juste ça.
Elle est là. Tiens.
Cool. Tu m'as menti ?
C'est à l'église qu'on te ment, Nazar.
Dans toutes les églises.
Ils programment ta culpabilité,
pour les erreurs que tu as faites ou que tu feras.
C'est comme un programme informatique, pour mieux contrôler les gens.
Tu es chiant de naissance, ou c'est venu en grandissant ?
Il m'a insulté ?
- Duel. - J'accepte.
Je te défendrai.
Celui qui dégomme ce truc a gagné.
Si je gagne, tu me donnes le numéro du Rat.
- D'accord ? - D'accord.
Si je gagne, je ne vais plus aux répétitions.
Si je gagne, tu vas aux répétitions, tu participes au concert,
et toi tu viens avec moi bosser à l'étranger.
- Léonid ! - D'accord ?
D'accord.
Bien.
Eh, on tire avec un seul pistolet !
Raté.
Encore raté.
Qu'est-ce que tu fais ?
Vise plus haut.
- Tu couperas pas aux répétitions. - Tu vas voir.
Raté.
Ça suffit.
Donne-moi ça.
Regarde et apprends.
Merde, la mèche est mouillée.
C'est pas juste, Léonid.
C'est pas moi qui ai dit : "un seul pistolet".
Regarde.
Tu vas venir bosser avec moi à l'étranger.
Rigole bien, toi.
Tu vas devoir faire le concert.
Encore !
Léonid, j'ai peur.
On peut peut-être passer par là ?
On fait demi-tour ?
C'est nous qui leur faisons peur.
Nazar, il faut protéger maman.
Comme grand-père disait : "À cœur vaillant…" ?
- "Rien d'impossible". - Voilà.
Léonid, on prend par là.
Mes chers frères et sœurs.
Je suis heureuse que nous soyons rassemblés, avec nos familles.
Je remercie Dieu de m'avoir donné un mari et un fils, ici présents.
La vie nous met souvent à l'épreuve.
Mais nous devons tous nous rappeler :
Dieu ne nous éprouve jamais au-delà de ce que nous pouvons supporter.
Loués soient les chemins du Seigneur.
Nous rendons grâce à Dieu pour sa miséricorde.
- Amen. - Amen !
- Gloire à Dieu. - Gloire à Dieu !
Merci, sœur Olena.
Que Dieu vous bénisse tous !
Et maintenant…
Une chanson de nos jeunes talents.
Loué soit Ton nom, Seigneur !
Il apparaîtra bientôt
Dans Sa gloire et Sa beauté…
Chante Alléluia…
- Pourquoi il ne chante pas ? - Attends, ça va venir.
Attends, attends.
Vous serez méprisés, haïs et pourchassés.
Vous serez calomniés.
Réjouis-toi si c'est à cause de Moi.
Chante Alléluia…
Nazar a promis d'aller au concert et aux répétitions.
Mais il n'a pas dit qu'il chanterait.
Il a tenu sa promesse,
le coquin.
MAMAN : Léonid, le corridor sera ouvert toute la journée
MAMAN : Au monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale
(Prêche du pasteur sur la Parabole des talents)
- C'est tout ? - Les autres n'ont pas pu venir.
Bon.
Les instructions.
Sautez.
Enlève ça.
Qu'est-ce que t'as, là ?
Mes clés.
Putain !
Vous voulez une raclée, tous les deux ?
Pourquoi ?
Viktor, dis-moi. Tu es débile ?
Arrête d'aboyer.
Ils sont costauds.
Personne ne te respecte ? T'as pas trouvé plus vieux ?
Quel jour on est ?
Je te le demande !
- Dimanche ! - Tu as entendu ?
Tout le monde est à l'église.
Y a que les vieux et les malades qui font pas de contrebande ici.
Parrain !
Arrêtez de m'appeler comme ça.
M. Léonid, on a besoin d'argent, on passe notre diplôme cette année.
Maman est à l'étranger.
C'est dur pour elle depuis que papa est mort.
Léonid… C'est juste pour cette fois.
Si on se fait choper, c'est toi et moi qui prendrons, pas eux.
On prendra sur nous, c'est tout.
La ferme.
C'est toi qui prendras sur toi, morveux.
Les gars, écoutez-moi et faites ce que je dis.
En 12 ans, je n'ai eu aucun mort ni blessé sur mes chantiers.
Pourquoi ?
La sécurité avant tout.
Prends ça.
Ouvre la bouche.
Je peux le faire tout seul.
C'est quoi ?
Dopage. Ta langue.
C'est dangereux ?
Ça aide à courir. Ta langue.
Ce soir, vous aurez la trique.
C'est bon ? Donne.
- Charge. - OK.
Allez, allez.
Donne-moi un sac.
Vas-y, charge.
C'est bon.
Vos mains.
On descend !
Vassyl, tu me reçois ?
C'est pas nos gars.
Tu les vois ?
À toi.
Reçu, je les vois.
Vassyl,
il faut en informer M. Oreste.
J'en informerai M. Oreste…
personnellement.
Reçu, Vassyl.
Allô, Le Rat. On est arrivés.
Euh… Oui je vois.
J'ai trouvé.
Merci.
- On est déjà en Roumanie ? - Oui.
On est dans l'Union européenne.
Première fois de ma vie à l'étranger.
Tu sens la différence ?
Les jumeaux, on file !
Notre coursier est avec eux, vous voyez ?
Il est arrogant.
Non, le coursier n'est pas arrogant.
C'est son frère Pamfir qui est arrogant.
- C'est lequel ? - Pamfir, le costaud.
Pamfir ?
Qui est ce Pamfir ?
Vous savez qui est Pamfir ?
Tu sais qui est Pamfir ?
Vassyl, raconte-nous !
Combien de fois je t'ai dit de l'appeler "papa" ?
Pamfir…
C'est un fou de notre village.
Il creuse des puits.
- Vous savez comment on creuse un puits ? - Non.
Il a beaucoup trafiqué dans sa jeunesse.
Je veux dire, il partait à la "chasse aux trésors" en Roumanie.
Vous entendez ? Une chasse aux trésors !
Il aimait la bagarre.
Une fois, il a même frappé son père, il lui a crevé un œil.
Au carnaval, il battait tout le monde à la lutte.
- Tout le monde ? - Oui.
- Même grand-père ? - Non, quand même pas !
Il ne battait pas grand-père.
Vous ne le connaissez pas.
Il était à l'étranger quand vous êtes arrivé au village.
Pourquoi on l'appelle Pamfir ?
À la fin des années 90, il trafiquait pour son compte.
Quelqu'un l'a balancé,
et les douaniers l'ont chopé.
Il planquait les cigarettes… ou plutôt les "trésors" du Rat, chez lui.
Ils ont débarqué chez lui, mais ils n'ont rien trouvé.
Les douaniers étaient furieux de devoir le relâcher.
Mais avant ça, ils lui ont défoncé les dents de devant.
À partir de là, les gens l'ont surnommé Pamfir,
comme son grand-père roumain édenté, qui fabriquait des poêles.
Grand-père, où sont passés ses trésors ?
- Je ne sais pas. - Ses trésors…
On dit que sa femme les aurait cachés.
Après ça, il a arrêté la chasse aux trésors,
et il est parti travailler à l'étranger.
Comment tu sais tout ça ?
On était copains à l'école.
Maintenant, il est parti à la chasse aux trésors de grand-père !
- Est-ce qu'on punit Pamfir ? - Oui, punissons-le.
T'es débile ?
- Pamfir ! - Vassyl.
Je l'ai pas fait exprès.
- Tu es aveugle ? - J'étais sur mon téléphone, désolé.
On va t'aider à te laver. Prenez son vélo.
Mettez le vélo dans le coffre.
Ouvre le coffre.
- Me touche pas. - Recule.
Excuse-moi, vraiment. On va te nettoyer, monte.
Vous allez tous me nettoyer, hein ?
Oui, Pamfir.
Je te connais ?
Non.
- Je m'assieds ici ? - Oui.
Parfait.
Assieds-toi.
On va te nettoyer.
Merci.
En voiture, Pamfir.
Les gars, faites partir le carrosse !
Allez, on rentre !
Comme au défilé du gagnant du carnaval.
On gagnait toujours quand c'est toi qui combattais.
Maintenant, tu n'as plus à te battre.
Ah non ?
Mon grand-père me racontait souvent une histoire…
Un mouton va voir son berger et lui dit :
"Tu devrais fuir.
"D'autres bergers vont venir te tuer cette nuit."
Le berger répond : "Je ne fuirai pas. Qu'ils me tuent.
"Je veux juste être enterré près de mon troupeau."
"Que personne ne sache que j'ai été tué."
Faites gaffe !
"Dis à ma mère que je me suis marié.
"Et dis aux gens que je me suis marié avec les montagnes."
Vassyl,
pourquoi tu m'as fait venir ici ?
Quelqu'un veut te parler.
Parler, oui… Il faut parler.
Il faut parler.
Qui ça ?
Qui veut me parler ?
Qui ?
Toi ?
Non…
Toi ?
- C'est toi ! - Oui, Pamfir.
Tu voulais me parler ?
Les gars !
Tu voulais me parler ?
Qui,
bande de fils de pute ?
Qui ?
Qui ?
À ta santé, M. Oreste.
Ne touchez pas au coursier.
Faites ce que vous voulez des jumeaux.
D'accord.
Bon anniversaire, M. Oreste.
Merci.
Je vous aurai tous…
Je vous buterai tous…
Je vous retrouverai, putain…
Amenez-le-moi.
Je vous buterai tous.
Faites-lui fermer sa gueule.
Si je te reprends à trafiquer…
Je t'enterre vivant.
Je bois à ta santé.
Il n'est pas invité à la fête.
Sortez.
Pourquoi ?
Le Rat… Tu as déçu M. Oreste.
Boboul…
Donne-moi une cigarette.
Tu te souviens de qui a aidé Pamfir ?
Non.
Pas grave.
Ça te reviendra.
Allez…
On y va.
Où ça ?
Reconstitution de scène de crime.
Petits merdeux.
On se prend pour des contrebandiers ?
Je vais vous apprendre à faire chier.
Ramasse cette merde.
Pour quoi faire ?
Ramasse-la.
Non, s'il vous plaît…
Ramasse cette merde !
S'il vous plaît, arrêtez.
Alors ?
Maintenant, mange-la.
Boboul, laisse-les.
Laisse-les manger de la merde.
Ils ont déjà mangé leur merde.
Leur père a été prisonnier de guerre, les séparatistes pro-russes l'ont tué.
- Je vais leur apprendre, alors. - Je te dis de les laisser.
Tu dis ?
Pas moi.
M. Oreste.
Comme il voudra.
S'ils vous reprennent à trafiquer,
ils vous enterreront vivants.
Rendez ça à Pamfir.
Crache ça dans le bocal.
Écoute…
J'ai réfléchi.
Et si on partait ?
On pourrait travailler à l'étranger avec ton frère.
C'est pas aussi simple.
J'ai pas assez pour payer l'avortement.
Sinon, porte quelque chose de lourd.
- Comment tu sais que ça marche ? - Mon frère me l'a dit.
Sa femme Olena a transporté un chargement de contrebande,
et a perdu leur premier enfant.
Elle l'a fait exprès ?
Non. Personne ne pouvait l'aider.
Je n'étais pas au village, j'étais chez ma tante à Tchernivtsi.
Ma mère avait demandé à mon père de ne pas aider Olena. Il a obéi.
Mon frère était hors de lui.
Cache-toi.
Maman, c'est toi ?
Il se passe quoi ?
Rien.
Aïe aïe aïe… Qui on a là-dessous ?
- Remets ton masque. - Pourquoi ?
Parce que je te le dis.
Perquisition pour détention de produits de contrebande.
- Ton numéro de passeport ? - J'ai oublié.
Va chercher ton passeport.
Et garde ton masque.
Quelle salope…
C'est plus la peine.
Je n'ai rien trouvé d'illégal.
Tu as un beau costume.
- Je vais te prendre en photo. - D'accord.
Mets-toi dans la lumière.
Recule d'un pas.
Tourne sur toi-même.
Putain !
Maman !
Maman !
… notre garde forestier en chef, le bien-aimé M. Oreste,
a fêté son anniversaire, entouré par sa famille et ses amis.
Un mari formidable, un papa aimant, un grand-père dévoué.
Tout le monde vous félicite.
Notre cher ami, portez-vous bien, vivez cent ans.
Que la vie vous comble de bienfaits.
Que le rire de vos petits-enfants vous remplisse de joie.
Vous êtes notre pilier.
(Chanson d'anniversaire)
C'est toi ?
Tu as vu l'heure qu'il est ?
Maman est fâchée contre toi.
On m'a volé ton vélo.
Léonid, debout !
Je vais être en retard au travail !
Debout !
Quoi ?
La vache va mettre bas.
- Léonid. - Quoi ?
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Rien.
Léonid.
On m'a volé le vélo de Nazar.
Allez.
Ça ira, je retournerai travailler à l'étranger et je rembourserai tout.
Léonid…
L'humilité est une force.
L'humilité ?
Mon grand-père Pamfir avait peint une icône pour l'église.
Le curé l'a détruite.
Et il a dit : "Elle n'a pas d'humilité."
Après ça, il s'est mis à fabriquer des poêles,
et n'a plus mis un pied à l'église.
Sa dernière volonté était que le curé n'assiste pas aux funérailles.
Mon grand-père a été très pieux toute sa vie.
C'était un honnête homme.
Il faut peut-être vivre avec Dieu comme avec ses parents.
Jusqu'à un certain âge, puis prendre son indépendance.
Dieu remplit les trous qu'on a laissés sans réponse.
Ne dis pas ça.
On voit les sabots.
C'est presque bon.
Avec l'aide de Dieu.
Où était Dieu quand on avait besoin de Lui ?
Je savais que tu demanderais ça un jour.
Dieu était avec moi quand j'ai perdu notre enfant.
Il était avec moi.
J'ai dû porter votre cargaison seule. Ils ne t'ont pas laissé m'aider.
Alors j'ai dit à Dieu :
Si je dois perdre notre enfant pour que tu arrêtes d'être un voyou,
alors j'accepte.
Dieu m'a écoutée.
Dieu m'aide à changer ma douleur en carburant.
Léonid…
Tu avais promis.
Je ne suis pas stupide.
Tu as repris la contrebande ?
J'ai trahi ma promesse. Pardonne-moi.
- Pourquoi ? - On a besoin d'argent.
Je dois repartir travailler à l'étranger.
Ici, je ne gagnerai jamais assez pour payer la maison et les études du petit.
Nazar a bientôt fini l'école, il faut l'envoyer à l'université.
Je ne veux pas qu'il soit ignorant comme moi.
Léonid…
Je n'ai ni grand-père, ni mère, ni père, personne.
Je n'ai que toi et Nazar.
Je t'en supplie.
Arrête la contrebande.
Je te suivrai n'importe où.
J'irai travailler à l'étranger avec toi.
On laissera Nazar à tes parents.
C'était juste une fois. Vraiment.
D'accord… Partons ensemble à l'étranger.
Mais d'abord, je dois tenir ma promesse à Nazar.
Aller au carnaval avec lui.
C'est une fête païenne.
Je lui ai promis… Si je restais pour l'hiver.
Papa,
le pasteur a essayé de t'appeler cinq fois.
Il est né ?
Pas encore, elle a besoin d'encore un peu d'obscurité.
Bonsoir.
Tu ne dois plus rien à l'église, mais à M. Oreste.
C'est à lui qu'on loue le local.
Désolé…
Salut.
Tu récupéreras ton vélo. Attends sur le banc, je t'appellerai.
Je vais vous trouver.
Vous êtes cachés où ?
Vous vouliez me voir, M. Oreste ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je t'avais dit de ne pas toucher au coursier.
- Tu as vu quelque chose ? - Non.
Pourquoi tu es caché ici ? Viens ici.
Vous voulez jouer avec ça ?
Aide-moi à porter ça. Venez ici !
Venez, les enfants.
Filez voir votre grand-père !
Boboul est un imbécile.
La moitié du village a baisé sa fille.
Et il prend mal que le coursier lui mette sa bûche.
Qu'est-ce qu'on fait de celui-là ?
On formera un nouveau coursier.
Arrêtez d'être dans mes pattes ! Ouste !
Je dois parler avec Pamfir !
Pamfir ! Pamfir !
Filez.
BON ANNIVERSAIRE GRAND-PÈRE
Il y a un boulot à faire.
Et on effacera ta dette pour l'incendie de l'église.
Quel boulot ?
Il faut transporter ça.
Passer par le tunnel, jusqu'à la frontière.
Le laisser de l'autre côté du tunnel.
Revenir, et oublier la route.
Qu'est-ce que tu as fait ?
Mon gendre t'emmènera là-bas la nuit du carnaval.
- Oui, je t'emmènerai. - Non.
Personne ne me dit non.
Je peux te faire coffrer, pour l'incendie.
On peut aussi emmener ta femme là où tu étais hier soir.
Il y a quoi dans le paquet ?
Ça ne te regarde pas.
D'accord. Je le ferai.
Le tunnel est très étroit.
Ton fils pourra s'y faufiler.
Nazar !
- Je t'ai ramené ton vélo. - Génial !
Où est maman ?
Elle travaille de nuit aujourd'hui.
On ira la chercher au boulot.
On va aller chez ma tante à Tchernivtsi, quinze jours.
Nazar,
où est mon sac ?
Ici.
Prépare tes affaires.
Papa, assieds-toi.
Quoi ?
Je ferai ce que demande M. Oreste.
Mais je veux qu'on reste.
Comment tu sais pour M. Oreste ?
Le pasteur me l'a dit.
Je ne suis plus un enfant.
Je sais que vous faites de la contrebande avec oncle Viktor.
J'ai deux copains de classe qui font ça aussi.
Pourquoi je pourrais pas, moi ? Je serai comme toi.
Écoute, Nazar.
Je ne veux pas que tu deviennes un criminel. Compris ?
Que je ne t'y prenne jamais.
Tu crois que la contrebande, c'est pour les gens intelligents ?
Je sais travailler avec ces mains, et rien d'autre.
Je n'ai pas de talents.
Comme quelqu'un l'a dit, "je n'aime pas ce que je fais,
"et je ne fais pas ce que j'aime."
Fils, tu as une tête bien faite.
Tu peux faire quelque chose de ta vie.
Je n'ai rien dit à maman pour l'incendie.
À partir de maintenant, fais comme je te dis.
Nazar !
Salut.
- Ça va ? - Je vais voir ma mère.
Tu es allé quelque part ?
Nazar, va te réchauffer chez grand-père.
Salut.
On s'en grille une ?
M. Oreste a appris que tu voulais partir.
Tu comptes aller chez ta tante à Tchernivtsi ?
M. Oreste a des relations partout : procureurs, juges, députés.
Tu ne peux pas lui échapper.
- Pourquoi il est sur mon dos ? - C'est pas contre toi.
Il veut montrer ce qui arrive quand on empiète sur son territoire.
Plus tu résistes, plus il veut te faire plier.
Ne t'inquiète pas, c'est un boulot facile.
Le trajet dans le tunnel est court, une heure.
Tu laisses le sac près de la sortie.
Il y a un emplacement spécial. Et tu reviens, c'est tout.
On aura encore besoin de toi une ou deux fois,
le temps que Viktor se rétablisse.
Mon frère Viktor est votre coursier ?
Tu continues à lécher le cul des caïds, donc ?
Quoi ?
À l'école, tu étais un souffre-douleur, t'as oublié ?
On t'envoyait chercher de la bière, des cigarettes, comme un esclave.
Moi, je te défendais.
Tout le monde te surnommait "le larbin de Léonid".
- Tu savais ? - Oui, et alors ?
Les sacs !
Du calme, Pamfir.
On rentre à la maison, Nazar.
Alors, on va au carnaval ensemble ?
Oui.
Chante Alléluia !
C'est bon.
Papa, verse-moi de l'eau.
Léonid.
Verse de l'eau au petit.
En garde, allez !
En garde, allez !
Arrange-moi un combat avec M. Oreste.
- Papa, c'est toi ! - C'est pas dans les règles !
Silence !
Marché conclu.
C'était régulier, c'est moi qui décide.
Tu voulais te battre ?
Je voulais combattre le plus fort.
Papa, ça veut dire quoi, "Pamfir" ?
Mon grand-père disait que c'était le nom d'une pierre.
- Le Christ est ressuscité ! - Gloire à Lui.
Olena est dans quel atelier ?
- Olena comment ? - La femme de Léonid.
Pamfir.
Demande à l'intérieur.
J'ai un service à te demander.
Le Christ…
Bonjour.
Bonjour.
Tu vas venir voir les garçons ?
Je ne peux pas.
Je travaille aujourd'hui.
Je t'ai arrangé un jour de congé, avec ton chef.
C'est la tradition.
C'est pas la mienne.
Comme le dit votre femme… Je ne suis pas de votre race.
N'écoute pas ma femme.
Y a que moi qui doive l'écouter.
Tu es nerveux ?
Non.
Tu es sûr ?
Oui.
Et toi ?
Oui.
Porte le sac devant toi et éclaire le chemin.
Ne sors pas du tunnel.
Glisse le sac sous une planche, près de la sortie.
Oui.
Nazar, attends.
Prends ça. Pour pas te cogner la tête.
Ce sera mon casque.
Tu fermeras ?
Oui.
Ne te mesure pas à M. Oreste.
C'est Dieu ici.
Dieu m'aide à changer ma douleur en carburant.
- Le Christ est ressuscité ! - Gloire à Lui !
Merci.
Aide-moi à sauver mon fils.
- De quoi ? - Du crime.
Il te faut un autre corridor ?
Non, c'est Viktor qui a des problèmes.
Les bandits voulaient le forcer à passer dans le tunnel.
Il a refusé, alors ils lui ont cassé la jambe.
Où est le tunnel ?
Vers la cabane des chasseurs, où ils nourrissent les élans.
Près de la frontière, derrière la montagne.
Donne-moi la carte.
Ici, près de cette montagne.
Reste au carnaval, je vais voir avec les gars.
Cher…
Monsieur…
Cher M. Oreste…
Papa ! Papa !
Nazar, ne bouge pas !
Arrête-toi, putain !
Laisse-moi.
- Il y a eu un accident. - Quel accident ?
Va chercher tes garçons.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Trouve-les !
Il faut trouver Nazar.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il faut trouver ton fils.
- J'ai un mauvais pressentiment. - Ils sont ici.
Trouve-les !
Nazar !
Nazar !
- Où est Nazar ? - Je ne sais pas.
- Tu as vu Nazar ? - Pas aujourd'hui, hier.
- Et Léonid ? - Je les ai vus tous les deux hier.
- Où il est ? - Je ne sais pas.
Je les ai vus hier.
- Tu as vu Nazar ou Léonid ? - Non.
- Ils devaient être au combat. - Et après ?
Il a promis de venir ici.
- Tu es sûr ? - Oui.
- Et maintenant, il est où ? - Je ne sais pas.
Nazar !
Qui est le chef ici ?
M. Oreste a gagné !
Faites faire le défilé du gagnant à M. Oreste !
Où est Pamfir ?
Où est Pamfir ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Quelqu'un avec un costume et un masque rouge a été abattu à la frontière.
Tu vas identifier le corps ?
C'est peut-être ton fils ?
Ils vont arriver !
Ils vont arriver !
Nazar !
Nazar !
Où est mon Léonid ?
Où est Nazar ?
Tu as vu Pamfir ?
Où est Pamfir ?
- Tu as vu Pamfir ? - Non.
Où est Pamfir ?
Le Rat, je te jure sur mes enfants que je ne l'ai pas vu.
Pamfir a eu peur !
Pamfir va venir. Pamfir arrive.
Pamfir s'est fait dessus !
Pamfir n'a peur de personne !
M. Oreste est notre maître !
Allume-toi !
Allume-toi, putain !
Merde, la mèche est mouillée…
Sors de là !
Fais-le sortir d'ici !
Vous ne m'aurez pas, salauds !
Sors de l'autre côté. Les mains en l'air.
Les gardes-frontières roumains t'arrêteront.
Laisse-les te retenir en Roumanie. M. Oreste pourra pas t'avoir.
Papa, tu dois aller à l'hôpital.
Nazar, à partir de maintenant, ne dis plus rien.
Tu restes muet.
Que les Roumains cherchent d'où tu viens et qui tu es.
Dis aux gens que c'est une bête qui m'a eu.
Mais ce n'est pas vrai.
Il le faut.
Nazar, il n'y a que ta mère qui doit savoir la vérité.
Dis-lui que je l'aime.
Elle est plus forte que moi.
Souviens-toi des mots de mon grand-père.
N'aie pas peur de faire ce que tu n'as jamais fait.
Étudie, quoi qu'il en coûte.
Si un jour tu dois revenir ici, tu devras baiser tous ces salauds.
Ne sois le larbin de personne.
Et le plus important : tiens ta parole, jusqu'au bout.
Ne fais jamais de compromis avec ta conscience.
Tu me le promets ?
Promis.
Vas-y, sors. Sors d'ici…
File !
(En roumain) Va te faire foutre !
(En roumain) Halte !
(En roumain) Arrête-toi !
Qui es-tu ?
Qui es-tu ?
Qui es-tu, mon gars ?
Qui es-tu ?
Qui es-tu ?
Traduction et adaptation : Anthelme Vidaud
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