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Un grand cour se remplit avec pas grand chose.
- Donne-moi une bi�re. - Ouais.
Saloperie.
- �a va vite. - Parce que j'ai lav� le sol ?
Pas du tout.
Regarde cette femme !
Si elle l'aime
molle, je la tue.
Tu sais dans le quartier ?
On l'appelle Buche.
Dieu, c'est Dieu.
Le grand dessinateur.
La silhouette du l�vrier !
Pourquoi a-t-il �t� con�u ? Pour courir.
Regarde cette perle !
- Ella a quoi ? - Pourquoi elle a �t� faite ?
Tu vois pas la bouche qu'elle a ?
Pour chanter un Ave Maria ?
Vrai dire, avec l'�ge, les femmes
�a se remplace par les repas.
Paquito, le Gourmet.
Les souvenirs, ils sont l�.
On se rappelle par les sens, pas par le coeur.
Le coeur c'est une invention de po�te
- comme toi. - Allez ! Arr�te !
Souvenirs �galent odeurs
saveurs... salives,
... flux.
Voil� un homme !
Nous sommes un
peuple po�te.
Nous sommes habiles avec la langue.
Le bidet est bien
une invention argentine.
Tu savais pas ?
Dulce de leche, oui mais le bidet
c'est fran�ais ?
La porcelaine, c'est fran�ais !
La douchette � l'envers pour laver les profondeurs
c'est aussi argentin que ton dulce de leche !
Mais tu es un po�te merveilleux !
Quelle insulte po�tique !
�coutez-moi �a "Se laver
les profondeurs".
Je m'en servirai de �a !
Cette conversation
m'a ouvert l'app�tit ? Tu permets ?
Je me fous que les femmes aient les seins
comme des magnolias ou comme des figues s�ches.
Une peau de p�che ou de papier de verre.
Tu sais, je moque compl�tement
qu'elles aient une haleine aphrodisiaque
ou une haleine
d'insecticide.
Mon odorat pourrait �tre
laur�at d'une exposition de carottes.
Mais �a oui alors !
Je suis intransigeant,
je ne pardonnerai
jamais � une femme
qu'elle ne sache voler.
Si elle ne sait pas voler
rien � faire avec moi.
Moi, je ne vole pas.
Je suis amphibie.
Arr�te, arr�te !
Le drap me g�ne, il est rentr�.
Mais quelle brute ! Quel langage !
On va se promener au Tigre demain ? Au Delta ?
C'est dimanche, on prendra le soleil.
On peut bien.
Mes parents ont une petite maison.
On peut d�jeuner avec eux.
Ils te trouveront
formidable.
C'est possible.
- Tu es bien l� ? - Oui.
Parce que l�, le drap...
Voyons. �tire-toi.
- C'est mieux ? - Oui.
C'est parti !
Toutes ces femmes, si bonnes
qui m'ont aim� si fort.
Moi, j'ai refus� leur amour.
Pourquoi ? Tu n'aimes pas
le Delta ?
Pas personnelle.
Je dois encore chercher.
Qui dit fleuve, dit moustiques.
Je t'avoue
que je hais
les moustiques.
H�las, que peut-on faire ?
Je devais perdre.
Et j'ai perdu avec toi.
Je suis sans d�fense.
Je me sens vuln�rable.
Je suis pas amoureux.
Une telle force de gravit� et je trouve pas d'amour !
Mais o� allons-nous ?
LE PLUS SOMBRE C�T� DU COEUR 2
Le jour o� je suis n�, Dieu �tait mal.
Tr�s grave !
Qui es-tu ?
Qui suis-je ou comment je m'appelle ?
Moi, je m'appelle
Unetelle.
Unetelle ?
Moi, c'est Untel.
Que fais-tu ?
Je vais me d�salt�rer.
- Comme d'habitude ? - Oui, merci.
Tu viens souvent ici ?
Demande-moi, tu �tudies ou tu travailles ?
Je travaille et aussi
je fais des �tudes de physique.
De physique ?
Ah ! Fantastique.
Approche un peu.
On a de quoi parler.
- De quoi ? - De la force de gravit� terrestre.
�a m'obs�de.
9 virgule 8.
La vitesse � laquelle les corps tombent pour la gravit�.
Un mec qui se jette du dixi�me. Un crayon qui tombe.
C'est �a ? Tu vois je sais !
Ah ! Non !.
C'est l'acc�l�ration de la gravit� terrestre.
Ce n'est pas la m�me sur toute la plan�te.
Il y a des endroits o� elle est plus �lev�e.
Tu sais que je m'en doutais.
D'ici, je m'en doutais.
Pourquoi tu te soucies de la gravit�
terrestre ?
T'es pas la r�incarnation
de Newton, eh ?
Je ne peux pas voler.
� cause de la gravit� terrestre, tout tombe. Vers le bas.
Il y a une autre gravit� qui m'int�resse.
Il s'agit de la gravit� horizontale.
Qu'est-ce que c'est �a ?
Avec la gravit� terrestre, les corps tombent.
Or, avec l'horizontale, ils vieillissent.
Attir�s vers l'avant par le temps
vers la d�t�rioration
et vers la mort.
Il y a une chose que tu aimerais plus que voler.
Par exemple ?
T'�lever.
Sur un territoire ni en haut, ni en bas.
Tu ne peux pas me dire �a et te sauver.
J'ai cours � 7 heures.
Ravie de t'avoir rencontr�, Untel.
Oliverio.
Je m'appelle Oliverio.
Miranda.
Paco !
- Qui est cette femme ? - Celle-l� ?
- C'est L'Anguille. - Comment ?
- On l'appelle L'Anguille. - Pourquoi ?
Quand elle est chaude, elle devient �lectrique.
Il para�t qu'elle peut allumer une lampe si on l'embrasse.
Je n'ai jamais go�t� de vin sup�rieur � mon sang.
Combien de fois je t'ai dit que je veux pas qu'on
fouille dans mes tiroirs.
Les nanas oublient toujours des choses. Tu verras
"tu es seule, je suis seul
nous sommes proches la solitude peut �tre une flamme".
Arr�tez ! Vous avez vu celle que j'ai rencontr�e aujourd'hui ?
- L'Anguille, la physicienne. - Pensons � nous !
Arr�te avec tes nanas !
- Enl�ve �a ! - Pensons pour de vrai !
Progressons, Oli !
On a 40 ans. Regarde comment on vit !
Demain, on mourra et on aura rien,
- ni voiture, ni appartement. - Une fois mort, � quoi bon ?
Tu n'as que de la merde dans la t�te !
Quand elle chauffe elle devient
toute �lectrique. Vous imaginez �a ?
�a ne sera plus jamais pareil.
Je t'aiderai � venir si tu viens
� ne pas venir si tu ne viens pas.
Bon, je te pr�viens.
J'ai pas de force pour oublier !
Enferme-moi dans ton coeur comme un agneau ob�issant.
Je ferai
tout ce que je pourrai.
Je viens de mourir, de ne pas �tre n�.
N'�tant pas n�, je pars.
L'autre bout du monde, bonjour !
Qui osa d�passer les oiseaux
dans leur vol, doit savoir quelque chose :
tomber !
Tout patiemment
Reposer dans la gravit�.
La mort est cette carafe aux fleurs peintes � la main
qu'on trouve dans toute maison mais qu'on ne regarde jamais.
La mort est
cet ami, sur les photos de famille
discret, dans un coin
que personne n'arrive � reconna�tre.
En fait, la mort
en fin de compte,
c'est cette tache au mur qu'on a vue sans le savoir
un peu effray�s.
Je veux te voir.
Et pas dans une pizzeria.
Tu pourrais m'inviter � un th�, cette fois.
Je veux te pr�senter quelqu'un.
- O� est-elle ? - Qui �a ?
Celle que tu allais me pr�senter.
De quelle nana tu parles ? Assieds-toi.
Il y avait longtemps que tu m'emmerdais pas !
Je pensais que tu m'avais oubli�.
Tu crois que t'as gagn� ?
Je travaille pour un laboratoire.
Pas le temps pour la po�sie.
Et qui vas-tu
- me pr�senter ? - Un ami.
Il t'a pos� un lapin.
Ne t'inqui�te pas.
Il vient toujours.
On danse ?
Tu danses maintenant ?
Pas les bol�ros. Les tangos, oui.
Tiens ! Le voil�.
Qui est-ce ?
C'est le temps.
Ton nouveau pers�cuteur.
Lundi 23 septembre 1962.
- Mercredi 2 juillet 1973. - Pourquoi me dis-tu �a ?
Des dates.
Certaines sont importantes pour toi. D'autres pas.
Jeudi 2 avril
- 1995. - C'est le jour o� tu as tomb�
le premier cheveu
De la mort d'un �tre
cher. Ou le jour o�
tu as pleur� pour la premi�re fois.
Ou une des fois
o� tu es tomb� amoureux.
C'est lui qui compte.
- Le jour de ma mort. - Ah ! Ah ! Non !
Pas trop vite.
Il ne sait pas.
Il n'y a que le pass�.
Pour lui, le futur
c'est le pr�sent.
Cette question,
pourquoi tu me la poses pas ?
Le date de ma mort ?
Le jour o� tu t'y attends pas.
"Il faut d'abord savoir souffrir. Et apr�s aimer.
Ensuite partir.
Et finalement
allez sans penser".
J'aime le tango.
Je ne me referais pas tel que je suis.
Je me referai peut-�tre comme je me d�fais.
Oli.
Quoi ?
Tu dois chercher du travail.
Tu veux qu'on vive ensemble ?
Et si l'�lectricit� s'arr�te ?
Elle ne s'arr�tera pas.
C'est l'argent qui s'arr�tera.
On ne vivra pas de ce que je gagne.
Je crains que tu n'aimes pas te faire maintenir.
Non, bien-s�r que non.
T'inqui�te pas, demain je m'en occupe.
Comment c'�tait ?
"Triste, tu es moins triste. Reste triste".
Merci.
Mes morts subissent encore la douleur de la vie en moi.
Merci beaucoup.
Allez Oli, on a un foyer � entretenir.
Mais que dis-tu, cr�tin ?
J'ai une bonne nouvelle !
Que se passe-t-il ?
Tout est en train de changer,
je dois apprendre � jongler,
� cracher du feu.
Tu as un peu d'essence ?
J'ai parl� � un ami, chef d'une agence de pub.
Oui, parl� de toi.
Tu peux l'int�resser pour la cr�ation.
�a recommence ?
- Tu �cris bien ? - Je suis po�te.
Ah ! Oui, po�te ?
On annonce souvent sur le journal :
"Importante entreprise, cherche po�te".
Et demande-moi quand je vais grandir.
Pardon ?
Quand je mourrai
je me verrai pas mourir
pour la premi�re fois.
"Ni en haut, ni en bas. S'�lever"
Tu sais qu'elle parle ?
D'�l�vation, de promotion de poste,
de promotion de g�rant,
d'obtention d'une plus grande maison,
d'achat d'une voiture km 0.
Aller au ciel alors qu'elle
garde tout. �coute-moi, tondu.
Son �l�vation n'est pas po�tique
ou m�taphysique comme la tienne.
Tu as cru comprendre, imb�cile.
C'est la m�me conception de l'�l�vation
qu'a un chef de personnel.
Ou une �pouse,
c'est comme du mat�riel.
Oli !
�a fait longtemps qu'on vole pas ?
Depuis Ana, on n'a vol� avec aucune autre. Avoue-le.
Ana.
- Que fera-t-elle ? - Donner des instructions
de vol � un autre.
- T'es malin ! - Elle va pas t'attendre.
Apr�s 10 ans.
Partons en Espagne, Oli.
Ici, on va vieillir avant l'�ge.
Pas moi.
Je ne peux pas.
Je ne peux pas.
Laisse-moi faire.
Et l�, je fais quoi ?
La valise.
- Je ne suis pas press�. - Je vais au troisi�me.
- Moi, aussi. - Non !
Tu dois aller au ciel.
Salut Conchi !
Rentre, installe-toi.
Mme Pilar est descendue il y a une minute.
Toi, t'as l'air d'avoir fait du chemin.
Attends-la ici.
Rentre !
Par ici, au fond.
- D'o� viens-tu ? - De Buenos Aires.
Ah ! De Buenos Aires !
Aucune femme au monde a des fesses comme l�-bas.
Quelles sont belles !
Et elles les portent avec un tel orgueil !
Tu regardes ailleurs dans le monde
et, les culs ne sont, bon
pas bien finis
des formes qui existent car quand
Dieu est pass� par l�, il a dit :
Bon, et l�, je te mets quoi ?
Je dois te finir de toutes fa�ons,
tu vas devoir chier.
Et il a fait ces culs tristes qu'on voit par l�
des culs cr��s pour des besoins physiologiques.
En revanche, les culs des argentines
sont des culs con�us pour des choses sublimes.
Des culs pour y vivre, Bordel !
Qu'est-ce que tu fais l� ?
- Justement, je suivais des fesses. - Ah ! Ah !
Joaquin.
�a y est, je suis bien.
Si tu as besoin de quoi que ce soit.
Si t'as rien � faire ce soir, on fait une soir�e.
- Anniversaire ? - C'est la saint Ireneo.
On tire au sort un nom chaque semaine.
Et on f�te celui qui gagne.
Vous en f�tez un chaque semaine ?
Mani�re de s'entendre avec Dieu et le diable ! On ne sait jamais !
- Tu vas vivre chez Mme Pilar ? - S'il y a de la place.
Je te dis pas de venir ici, car tu ne seras pas bien.
C'est mon logement et un bureau, imagine un peu !
Qui est-ce ?
Une artiste que je repr�sente.
Mais ne critique pas. Pour ton bien !
Merci Joaquin.
S'il n'y a pas de place, tu sais o� aller ?
Ah ! Oui, bien-s�r !
Le cul que tu as suivi c'est s�rement un cul pour y vivre,
Ouais, je vois �a !
Ah ! Voil�, madame Pilar ! Ciao !
Allez encore un effort, mes jolies !
Si je les encourage pas, elles s'arr�tent au deuxi�me !
Je respire un peu ! Tu cherches une chambre ?
Trois milles cinq cents par jour. On paie une semaine � l'avance !
Tu n'en peux plus eh ?
J'ai jamais vu de loutre qui aime tant les clovisses !
On y va capitaine !
Allez, mon capitaine !
Va te faire voir !
Ana !
Ana !
Oliverio est de retour !
Ma strat�gie, c'est qu'un jour
j'ignore comment et le pr�texte
tu aurais enfin besoin de moi.
Oli !
- Et tes cheveux, alors ? - La loi de la gravit� !
Oli,
la cl� est dans le sac.
Eh bien !
C'est qui celui-l� ?
Ma fille, Mar�a Jos�.
Je mentais pas !
Je m'appelle
Oliverio.
Je suis un ami de ta
m�re quand elle
vivait � Montevideo.
Je vais au cin� avec Juanjo.
D'accord.
Je ne rentre pas dormir.
Profites-en bien, vieux !
Enfin, Maria !
- Salut ! - Salut !
� quelle �cole de soeurs tu l'as mise ?
Tu crois qu'on volera ?
Tu mets plus les Benedetti dans les pots ?
Non !
Cette habitude est rest�e � Montevideo.
Tu m'as manqu�.
Moi aussi.
Tu m'as beaucoup manqu�.
Je t'ai pas demand� de partir.
Je sais.
Je pouvais pas aller en arri�re.
Maintenant, tu es l�, et ?
Tout va bien !
Au d�but, c'�tait un peu dur.
J'ai longtemps cru que je ne ferai rien d'autre que...
Rien d'autre que la pute.
Tu voulais donner des cours de vol ?
Que tu es gamin
bonhomme, eh ?
�a n'a pas �t� facile.
Ce qui urgeait le plus c'est que je sois une personne "normale".
Une femme la plus commune possible.
Quand j'ai commenc� au magasin,
j'ai �t� bien soulag�e,
r�compens�e.
J'avais triomph� dans la vie, je serais une femme quelconque.
Tu voulais �a ?
Oui, je voulais un mari et �tre une
vraie dame,
m'�tourdir sous le silence de la plus routini�re des routines,
que mon coeur ne laisse passer aucun souvenir par ses fissures
aucun souvenir.
Maintenant �a va.
Je serai chef de section, � la fin de l'ann�e.
Maria-Jo a l'intention de devenir biologiste.
Biologiste, comme son p�re !
Non !
Il �tait sociologue.
Tu ne t'es pas mari�e ?
Je n'en ai attrap� aucun.
Reste dormir.
Que nous as-tu fait ?
Avec Ana, je volais.
Tu as r�gress�.
Il n'y a que des souvenirs. Que croyais tu trouver ?
L'amour que j'�prouvais, qu'en est-il ?
Que vais-je en faire ?
Quel est ton n�goce ?
Je repr�sente la marque de chaussures "One Way" !
On n'est jamais o� on meurt d�finitivement...
mais o� on meurt, jour apr�s jour.
Oliverio !
Quoi ?
G�riatre
ou asile ?
Asile.
- Bonsoir, Mme Pilar. - Bonsoir.
Ah ! Te voil�, c'est bien que tu sois l�. Rentre, �a va ?
Qu'est-ce que tu fais ? Viens prendre un verre.
- Le tour � qui ? - St Lorenzo, le martyre.
Ah ! Tiens, justement !
Tu sais je repr�sente tout ce monde.
De bonnes gens !
Plus ou moins du talent, mais tous de bons sentiments.
Je n'ai pas trouv� de travail pour tous,
mais autre chose plus important,
l'amour ; oui, c'est vrai !
Ils se sont connus lors de ces soir�es
- et ils se sont mari�s. - Tu es un c�lestin !
Non, je pr�f�re me consid�rer comme un
messager de l'amour.
Comme c'est beau ! Joaquin le messager de l'amour !
Si tu veux me ressembler
je peux devenir
ton entra�neur perso.
On commence quand ?
- Oliverio. - Socrates.
- Et toi, tu fais quoi ? - Je suis acteur de film porno.
- De film porno ? - Oui.
- On danse ? - Oui. Excusez-moi !
L'ART DE VOLER
Non Oliverio, ne r�ve pas.
Elle est mari�e ?
Non, c'est pas �a.
Avec toutes ces femmes, tu pourrais mal finir.
O� est-elle ?
Elle travaille dans un cirque.
Ils sont � Sitges.
Comme il est �vident que tu es triste.
Je te pr�sente Daphn� et Chlo�. Viens.
Viens avec moi.
Elles sont deux ? On le croirait.
Et, non ! C'est un truc.
Daphn�, c'est une magicienne. Mais tu sais ?
Je ne sais jamais qui est la magicienne
et qui est le truc. �a m'est �gal.
Les deux sont tendres.
Tu vois, je suis le messager de l'amour.
T'as vu un peu cette queue.
Dieu lui donne du pain.
Dommage qu'il veuille pas.
Il est triste, non ?
Oh ! �a va pas car celle qui le g�te lui manque.
Tu es mari� ?
Ces bestioles s'habituent, il ne faut pas croire.
- Mon amour, l�ve-toi. - Allez les filles, s'il vous pla�t !
Le spectacle est termin�, respectez.
Ne t'affole pas !
Tu crois qu'homme �gale �rection. Sous-estime !
Viens, tu seras surpris, tu peux t'amuser.
S'il ne veut pas, laisse-le !
Attention, je viens subitement d'avoir de l'inspiration.
Je vais �crire un po�me
qui commence comme �a :
C'est la premi�re fois. Bonne nuit.
�a suffit, Oliverio.
Je t'emm�ne en Europe
� des soir�es que tout le quartier envierait.
Et regarde ta r�action.
Qu'est-ce que tu as ?
Eh ! Ma vieille amie !
Vieille loutre affam�e ! Regarde ce que tu es devenue !
Ma petite !
C'est jouer au billard avec une corde !
Que va-t-on devenir ?
Oliverio !
Oliverio ! Tu vas plus baiser ?
Prenons un caf�. Je veux te parler.
Aujourd'hui c'est
toujours, encore.
Y a pas d'arrangement
- avec toi ? - Un arrangement ?
On peut effacer des ann�es de ma vie ?
Parle avec la mort,
je suis son ami aussi.
Tu veux rena�tre ?
J'en demande pas tant.
Revenir � mes 30 ans au moins !
� cet �ge, avec n'importe qui !
- Impossible de te vaincre, toi ? - Me vaincre ?
Tu aimerais �tre immortel ?
C'est �a que tu veux ?
Non.
J'aimerais moins souffrir.
Moins souffrir de quoi ?
De la d�t�rioration,
de la vieillesse.
Arr�ter la f�te.
�a dure si peu.
Emm�ne-moi dans un
- endroit... - Quand ?
Quand ? Maintenant.
Maintenant.
Toujours.
Jamais.
Tu connais que des adverbes de temps.
O�, demande-moi o� !
O� d�pend de quand.
Quand ? Maintenant.
Maintenant ? O� ?
Au cirque.
Pour vous tous, cette s�ance
"Les Sandys".
Et maintenant, Mesdames, Messieurs,
le v�ritable art du vol.
Avec la sensationnelle funambule, "Miss Alejandra".
Oui ?
Je viens d'un pays laiss� de c�t�,
toujours gris.
Pardon, je dois me pr�parer pour ma s�ance.
La r�bellion, c'est regarder une rose
et que nos yeux se pulv�risent.
Tu t'en crois capable ?
Aveugle, Dieu te donnerait ces mains.
Muette,
il te donnerait ces yeux.
Qui es-tu ?
Un ami de Joaquin.
Oliverio.
Po�te, fain�ant et mal entretenu.
Tu bois quelque chose ?
Et toi ?
J'ai une autre s�ance.
"La nuit a bu
du vin et a dans�, nue entre les os du brouillard".
Oh ! Une b�tise que j'ai �crite.
Tu �cris ?
- Montre- m'en d'autres. - Non, pas �a !
Je viens de lire de la po�sie. Est-ce un hasard ?
Bon.
Tu l'auras cherch� !
Prends cette chemise et lis-la.
"Les morts n'�mettent aucun signe.
Malchance et patience,
la vie �tant un laps d'apprentissage musical du silence".
Et ! Si ce n'est pas indiscret,
pourquoi tu n'�cris pas sur du papier ?
C'est pour les �crivains.
Pour moi, po�sie �gale vie.
Pourquoi, la cloisonner � un morceau
de papier ?
L'�crire sur une chose qui n'est pas la vie ?
C'est jamais ce qu'on veut dire.
Tout ce qu'on dit est mensonge.
Le reste c'est du silence.
Le silence n'existe pas.
Non.
Les mots ne font pas l'amour.
Ils font l'absence.
Si je dis eau, je boirai ?
Si je dis pain,
je mangerai ?
Ce qui est �me ne se voit pas.
Ce qui se passe dans l'esprit ne se voit pas.
D'o� vient cette conspiration d'invisibilit�s ?
Aucun mot n'est visible.
Je voudrais te voir et ne pas te voir,
te parler, ne pas te parler,
te retrouver seul,
et ne plus te rencontrer.
�tre ou ne pas �tre avec toi est la mesure de mon temps.
N�e partout o� je pose mon regard.
La t�te lev�e et les cheveux au vent.
Tu es plus belle que le hennissement d'un poulain.
Qu'une sir�ne laissant �chapper son �me.
Qu'un phare
dans la brume cherchant qui sauver.
Tu es plus belle que
l'hirondelle coiff�e par le vent.
Rien ne peut �galer la l�gende de semence que laisse ta pr�sence.
Ta voix cr�e un empire dans l'espace.
Ta main se levant comme si elle suspendait des soleils dans l'air.
Ce regard qui �crit des mondes dans l'infini.
Et cette t�te
qui �coute un murmure dans l'�ternit�.
Ce pied qui est la f�te des chemins encha�n�s.
Ce baiser qui gonfle la proue de tes l�vres.
Ce sourire comme un �tendard face � ta vie.
Ce secret dirigeant les mar�es de ta poitrine,
endormi � l'ombre de tes seins.
Si tu mourrais
les �toiles malgr� la lueur de leur lampe
perdraient leur chemin.
Que deviendrait l'univers ?
Tu peux me rendre un service.
Je me suis mis � �crire,
je me suis rendu compte que j'ai plus de mots.
Plus un depuis que
je vous connais.
Les biblioth�ques sont ferm�es. Il est t�t
pour rouvrent les cabarets.
J'ai pens� que si tu m'en pr�tais
je te les rendrais demain.
Je te fais � manger ?
Alors toi...
tu es de passage ?
Comme les autres.
Qui est-ce ?
Ma m�re. C'est elle qui m'a appris.
Belle femme.
Oui, elle �tait belle, surtout quand elle �tait jeune.
Comme sa fille.
Et o� est-elle ?
Je ne sais pas.
Elle est morte il y a 5 ans
dans un accident.
Tu vis seule dans cette roulotte ?
Oui.
Et qui est
ce type en noir qui tra�ne dans le cirque ?
- Ne critique pas. - C'est ton fianc� ?
C'est le Mort.
Il attend une erreur de ma part,
un faux pas et il m'enl�vera.
Il ne le fera pas si je dis
certains mots.
Il est amoureux.
"Ma vie,
qu'as-tu fais de ma vie ?"
Tes yeux sont la patrie de l'�clair et
des larmes.
Tu connais le vers de Machado ?
"Dans la mer de la femme
peu naufragent la nuit,
beaucoup � l'aube".
Attends, attends !
Ce n'est pas si facile.
Je ne veux pas que ce soit un �lan.
Je veux que �a te co�te.
Il y a une t�che � accomplir,
une �preuve � passer,
si tu me veux tienne.
Je ferai ce qu'il faudra.
Tu crois � la force de la gravit� ?
Oui, j'y crois.
Je suis un sp�cialiste.
Tu dois marcher sur le fil.
Je t'attendrai de l'autre c�t�.
Tu pourras si tu m'aimes vraiment.
� ce moment-l�,
je serai tienne.
Oliverio !
Mon corps s'ouvre
� la fine urgence de la ros�e.
Descends de l�, gros b�ta !
Ce que tu peux faire pour une nana fait piti�.
Allez, Oli !
Pour l'amour on ferait n'importe quoi !
Un coeur seul n'en est pas un.
Tout doucement.
Regarde pas en bas.
Concentre-toi sur ma bouche. C'est ton objectif !
Ma bouche, Oliverio.
Nul ne t'a encore embrass� comme moi.
J'y arriverai !
Je te jure que j'y arriverai.
Et apr�s tu sais quoi ?
Si on nous voyait ! Catastrophe !
�a m'est �gal.
�a va m�me la fasciner.
J'ai cess�
de t'aimer.
Tu m'as fait dire
que j'ai cess�
de t'aimer.
Et m�me si je suis loin
de toi.
Tu es toujours
pr�sente.
Sans toi,
je ne peux pas vivre.
Tu attends qu'elle se trompe, eh ?
Tu es un com�dien.
Tu veux coucher avec elle et tu mens avec ton histoire de mort.
Tu t'es trahi !
C'est une honte de voir � quel point tu es amoureux !
Si tu la veux,
je peux t'aider.
Tu m'as dit de ne pas l'approcher ?
Car tu vas tomber
- amoureux d'elle. - Bon, o� est
le probl�me ?
2 tentatives de suicide ! Elle est d�pressive.
C'est un animal
- bless�. - Oui, oui, c'est un �tre adorable.
Et ce qu'elle �crit ?
Elle est meilleure en po�sie qu'au cirque.
M�me si on ne peut la convaincre de publier.
Tu vois Oliverio, il faut �tre gonfl� pour draguer
une nana comme �a.
Elle fuit l'amour triste
insignifiant,
sans danger, sans bandage sans aventure ;
elle recherche une autre valeur car en amour la folie est sens�e.
Ouais, ouais d'accord.
Mais un de ces jours, elle
videra un tube de comprim�s et tu verras,
tu culpabiliseras.
Tu l'as v�cu ?
Elle t'a dit
- pour sa m�re ? - Elle est morte.
Elle s'est cass� la figure, en tombant du fil.
Peu avant, son mari avait fui avec l'�cuy�re.
20 ans de moins qu'elle.
Et le filet ?
Elle l'avait fait enlever.
Celui qui veut se tuer se tue.
Je crois qu'elle joue,
avec tout,
avec la mort aussi.
De toutes fa�ons,
ce qui compte, c'est la passion.
On vit et d'un moment � l'autre...
Ouais, je sais.
Eux, ils sont ici aujourd'hui, demain ailleurs.
Non, attends un peu, on est quel jour aujourd'hui ?
Ah ! Alors ils sont ici � Castell de Fels.
Oui, � c�t� d'o� tu es.
Elle ne te l'a pas dit ?
Sans toi.
Le soleil meurt, abandonn�.
Laisse-moi rentrer.
Vas-y !
Qui t'en emp�che ?
- Allez, rentre. - On peut essayer.
Tu veux ?
Les gars, o� vous �tes ?
Vous pourriez me tenir.
J'ai besoin de vous et vous filez ! Merde !
Allez !
Allez !
Mon amour !
Je n'en jamais fait autant.
Te d�concentre pas.
Allez, allez !
Allez, sois fort.
Faut que tu puisses.
J'arrive mon amour.
J'arri...
Tu veux jouer aux cartes ?
Viens avec nous.
On joue ensemble ?
Quel autre signe pouvais-tu faire ?
On ne joue pas de l'argent !
Je parie.
Pas bon.
Tu sais ce qui en jeu ?
Gagne, gagne !
Belote !
Atout.
Rebelote.
Atout.
J'en veux quatre.
Atout.
Elle voyait, l'esprit glac�,
l'amour comme une lame s'aiguisant sur elle.
Pour la vie ! Diable !
Merci de m'avoir fait jouer.
Avant je perdais mon temps.
Je suis fier qu'on ait gagn�.
C'�tait les cartes !
Il faut que tu joues
avec moi.
Je ne suis pas ton ennemi.
Apr�s tout,
je suis le banquier de ta richesse,
de tes souvenirs.
Tu ne vaincras ni moi, ni la mort.
Mais il y a des trucs qui marchent pour nous retarder.
Surtout un.
Lequel ?
Merci grosse t�te !
Souris.
Je suis une marionnette rose au parapluie
bleu ciel.
C'est un p�cher Pancho, je ne peux rien te donner.
Chiens et mort sont proches.
Les 2 veulent des os.
Ne me regarde plus.
Et si tu me regardes,
avertis-moi avant !
Je te propose quelque chose
de diff�rent.
On se retrouve � mi-chemin.
J'irai te chercher.
Maintenant.
Quoi ?
L�che-la !
Aies confiance.
Re�ois l'amour que je veux.
Re�ois ce qui est toi en moi.
Sans toi, je prends
mes bras et vais vers la vie
mendier de la ferveur.
Je serai v�tue de cendre � l'aube.
Des fleurs plein ma bouche.
Je dormirai dans la m�moire d'un mur
dans la respiration d'un animal r�veur.
Alejandra !
Le temps vole sur le r�ve, enfonc� jusqu'aux cheveux.
Hier et demain mangent de sombres fleurs de deuil.
Quels articles fabriquer
avec ma m�lancolie � perp�tuit� ?
Il m'est arriv�,
de ne plus laver mes habits.
�a m'a emp�ch� de me suicider.
Car qui laisserait toucher ses valises de mort
contenant du linge sale ?
Demander est si loin,
la conscience du non, si proche
Il n'existe aucun endroit pour moi ici.
Laisse-moi t'en faire un.
Rien de pire si on a besoin d'aide que d'en recevoir.
�a n'aurait pas de sens !
Cet endroit vieillirait peu apr�s
et nous en m�me temps.
On ne serait qu'une proie all�chante pour la mort.
La mort n'osera rien si on s'aime.
- Que c'est facile. - Non pas facile mais simple.
Tu as vu comment on est quand on est amoureux ?
- C'est comme si on attrapait... - Quoi ?
La peste.
Qui fait perdre la lucidit� � en croire
que les douleurs font du bien.
Comment passer outre ?
On pleure d�ambulant, � vif.
- Oui, comme un loup. - Le vent t'enivre
et quoi qui bouge ou respire t'�meut.
Tout semble miracle et tu finis par aimer
tout ce qui vit et la vie aussi.
C'est ridicule !
Un des �tats lamentables auxquels l'humain acc�de.
C'est une folie honteuse, Oliverio.
Les amoureux seraient bien en quarantaine,
afin de n'�tre vus de personne
tant qu'ils ont la peste.
Que faire pour se pr�server de telle folie ?
Comment faire ?
Que faire pour ne pas t'embrasser ?
Dis-moi comment faire.
Dis-moi de pas respirer.
Mon corps va t'�couter longtemps
avant de souffler, respirer et continuer � t'embrasser ?
C'est �a la vie Alex,
c'est aussi simple que �a.
Respirer et t'embrasser, t'embrasser et respirer.
Si tu me laissais faire �a tous les jours je vivrais 178 ans !
Et, toi !
Oui, toi !
Sale mort !
- T�te de morgue de province ! - Donne l'arme !
Celle que tu m'as offerte hier.
Attention, il peut partir !
Que dis-tu ?
Il est charg� ?
Tu as entendu �a ?
"Attention, il peut partir
et peut me tuer
ce n'est pas ce que je veux faire".
Tu as compris imb�cile ?
Tiens !
Maintenant ou jamais !
Il est charg� de projectiles qui quitteront leur �tui
pour entreprendre
le voyage qui les m�nera � ton coeur.
Arr�ter ces douleurs que te font subir la vie et l'amour
et ce que tu as peur de perdre.
Fais ce que tu veux. Je regarde pas.
Tu dois choisir. Lui ou moi.
Pas les trois.
Et le filet ?
Elle l'a fait enlever, elle va essayer sans.
Je te choisis, toi.
Je te choisis.
Ne t'en fais pas mon amour.
Je connais le truc pour retarder le temps et la mort.
Tu vas m'aimer le jour o� tu ne m'aimeras plus ?
Oui, je t'aimerai
m�me si je ne t'aime plus.
On ne sera jamais plus tous seuls.
Le mariage d�bute avec un prince parlant � un ange,
finit par un insolent criant � une grosse.
Le mariage est un sous-marin :
il peut flotter mais il est fait pour couler.
Joaquin.
Je te ferai un cadeau.
Je veux que tu aies un souvenir de moi.
Lequel ?
Un lit. Mon lit.
Que tu veux-tu que j'en fasse ?
Tu peux le donner � la bienfaisance !
Mais non !
C'est un lit sp�cial.
Je vais plus m'en servir
mais il peut t'�tre utile.
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