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- Bonjour. - Bonjour.
Voilà Alex,
mon amoureux.
Bienvenue.
J'ai demandé à Noémie de faire une prise de sang
pour connaître les pathologies avant une éventuelle grossesse.
Rien à signaler, mais vous n'êtes pas immunisée contre le CMV.
Il faudra faire attention.
Alors je ne dois pas trop m'approcher
de bébés et de petits enfants ?
- Oui, surtout ceux qui sont malades. - OK.
- Tu notes ? - Vos élèves, c'est pas des petits ?
C'est des élèves du secondaire, non ?
C'est ça.
Si jamais je suis enceinte et que je bois, c'est risqué ?
Ne changez pas votre train de vie tant que vous ne savez pas.
Ou vous allez vous tracasser.
Juste pas trop d'excès.
De toute façon,
on prend pas des cuites tous les week-ends.
Je voulais aussi parler du...
Il y a des positions qui sont mieux pour tomber enceinte.
Parce que nous, ces derniers temps...
on finit tout le temps où moi, je suis au-dessus de lui.
C'est pas terrible pour tomber enceinte.
Non, c'est pas optimal.
Non, mais c'est...
- On peut en parler. - Il y a une raison ?
C'est qu'on en avait parlé.
La raison, c'est que ça t'excite plus.
- Non mais attends... - C'est visuel.
Non mais je sais pas...
Instinctivement, il me retourne, à la fin.
T'es pas obligée de tout lui déballer.
Ça va, c'est pas grave.
Non, c'est pas grave.
J'ai pas de préférence. Pourquoi tu dis ça ?
Ça s'est mis comme ça.
À chaque fois ?
C'est une tendance du moment, je sais pas.
On va où, là ?
On pourrait aller à Tropismes.
Un bouquin ? À 35 ans ? Non, non.
Tu te plains toujours de ton dos. J'ai pensé à un bon matelas.
Pas un matelas.
- Mais si. - C'est beaucoup trop cher.
- Trop cher ? - C'est beaucoup trop gros.
Trop gros, un matelas ?
Un berceau, alors ?
Vraiment ?
- Appelle Noémie. - Pourquoi ?
Pour qu'elle choisisse. Un matelas, c'est pas n'importe quoi.
Tu veux qu'on aille tous les trois acheter un matelas ?
Bien sûr. T'as jamais acheté un matelas, toi.
- Je sais pas si elle est disponible. - Eh ben appelle-la.
Évite les blagues sur les berceaux.
- Je sais me tenir. - Ouais, c'est ça.
On essaye d'en avoir un.
Ne fais pas de commentaires.
Un bon matelas, c'est un bon début.
Par exemple, ce genre de commentaire.
Décollage.
C'est en douceur, ça va pas trop vite.
Mais c'est très bizarre, comme sensation.
- On est un peu serré, j'aime bien. - C'est bizarre.
Dites, les petits vieux, on n'a pas que ça à faire.
Allez.
Y a ça, mais y a un surmatelas.
Donc non.
- "Ferme, thermorégulateur." - Ferme ?
"Son capitonnage est en lin, soie et cachemire."
C'est ça qu'il nous faut ! Regarde.
Voilà !
Évidemment.
Alors là, non mais ouais !
- Spécial partouze. - Non mais maman...
Viens essayer.
On a pas de draps circulaires. Tu veux qu'on fasse quoi ?
Tu fais le tigre, là ? J'abandonne, c'est pas possible.
Noémie, ne fais pas le tigre devant ma mère.
- J'adore les félins. - T'adores les félins !
- Pas mal. - C'est bien.
C'est la première fois que vous êtes d'accord.
Il faudrait juste trouver le moyen de...
On va leur demander, mais je pense qu'il existe en une pièce.
C'est vrai qu'il est pas mal.
Il faut voir combien il coûte.
Non, ça, c'est pour moi. Je m'en occupe.
- Celui-là. - Très bon choix.
Mais dans le showroom, c'est en deux pièces.
- On peut l'avoir en une seule ? - Pas de souci.
Je vais voir s'il est en stock.
Sinon, on le commande, ça prendra deux semaines.
Ça vous va ? Je vais voir ça.
- C'est quoi, ça ? - C'est pour nous ?
Mais oui, c'est pour vous.
Il faut absolument avoir une housse de couette.
C'est magnifique, regarde.
Tu nous as acheté un matelas.
Justement.
- On va le commander. - D'accord.
Je peux prendre votre nom ?
Suzanne Meertens.
Regarde.
Elle écoute Vivaldi à fond dans sa bagnole.
C'est la place handicapé, en plus.
Maman, c'est une place...
Suzanne !
Suzanne !
C'est une place handicapé !
Elle va se taper une amende.
Là, tout le monde est au courant.
Si ça se trouve, elle se parque toujours là.
Parce qu'à chaque fois, elle dit "J'arrive" et hop !
C'est ça, son astuce.
Tu viendrais quand, avec tes élèves ?
Le plus vite serait le mieux.
Après, je compte changer de sujet.
Tu veux qu'on organise quelque chose avec Stéphanie Roland ?
- Ce serait génial. - C'est possible.
- Elle adore parler de son travail. - C'est vrai ?
Ça change tout, pour les élèves.
Tu peux me passer la passoire, maman ?
- Oui ? - La passoire.
Je voulais te dire un truc.
Tu trouves pas que ta mère était un peu bizarre ?
Comment ça ?
- Elle est toujours bizarre. - Mais là, t'as rien remarqué ?
La passoire.
Tu fais ça quand tu discutes avec quelqu'un.
Tu prends des objets qui n'ont rien à voir ?
Tu passes l'autre truc, ça arrive tout le temps.
Non mais là, y a eu un temps.
Y a eu une espèce de vide.
Elle a pris la louche.
Enfin, je sais pas.
Je crois pas qu'on doive s'inquiéter pour ça.
Elle est un peu à côté. T'as vu, avec la place handicapé.
Voilà. Elle est...
Y a peut-être un truc qui la travaille, en ce moment.
Peut-être une expo.
Elle a toujours des expos, elle est toujours surmenée.
Ça, y a pas de souci.
Elle a peut-être une contrariété et elle déprime un peu.
Tu crois qu'elle déprimerait ?
L'imprimante,
reliée au database de la NASA et de l’agence spatiale,
est programmée pour imprimer chaque heure
une photographie d’étoile morte.
La personne qui travaille dans l’exposition
prend la feuille, la dépose dans le bac d’eau
et il y a une extension qui se fait,
un peu comme l’univers qui part en extension.
Stéphanie Roland, l'artiste. Mon fils, Alex.
Regarde, Alex. La dernière installation de Stéphanie.
Ah oui, sur les étoiles.
Maintenant, ça y est, vous êtes partie dans l’astrophysique,
la molécule, plus rien ne vous arrête.
Le champ d’inspiration est complètement ouvert.
Regarde cette délicatesse.
Tu vois ce mouvement, cette impermanence ?
C’est incroyable.
L'article est bien fait.
C'est pas vrai ! Tu fais quoi sur mon ordi ?
- Je suis sur le site de la SNCB. - Ferme ça.
- C'est pas ton ordi. - Ferme ça !
C'est pas tes fichiers, c'est un billet de train.
Tu prendras le train une autre fois.
Marie, vous allez pouvoir gérer les scolaires ?
Ils sont 30, parfois.
- Pas de problème. - Oui ?
Allez !
C'est quoi, ça, maman ?
- Quoi ? - Ça.
On voulait faire un happening avec Stéphanie Roland.
Pour le vernissage.
Elle devait aller avec ce truc, là,
au milieu de l'étang, et enterrer sa capsule mémoire sur l'île.
Mais la sécurité, la défense des animaux, tout ça,
ils ont fait tout un ratafouin pour refuser, finalement.
Ils ont dû se souvenir de toi avec les poissons de la dernière fois.
C'est pas de ma faute,
la lampe de l'artiste est tombée dans l'aquarium.
C'est ta responsabilité.
Ici, vous avez toute sorte de perles plates, feuilles dorées.
- Je vous laisse. - Merci beaucoup.
- C'est combien, ça ? - 5 euros pièce.
Je vais en prendre deux.
"Solde insuffisant" ?
- Votre machine ne marche pas. - Elle marche très bien.
- Ah bon ? - On vient de l'utiliser.
Vous êtes sûr ?
- Certain, madame. - C'est bizarre.
Je vais payer. T'as combien de cartes ?
- J'en ai plein. - Je vais payer.
S'il vous plaît. Je vous mets un sac ?
Oui, super, merci.
- Je rêve ou t'as volé un briquet ? - Quel briquet ?
Le briquet que t'as dans la main.
J'ai pas volé de briquet, moi.
Mais si, t'as volé un briquet.
Qu'est-ce que t'as en ce moment ?
J'aimerais fumer ma cigarette tranquille.
Maman.
Maman !
Tu fouilles dans mes papiers ? C'est quoi, ça ?
C'est exactement la question. C'est quoi, ça ?
- Quoi ? - Toutes ces factures qui s'entassent.
- J'avais tout rangé ! - Et ces petites notes ?
Tu découvres des trucs. Ne fouille pas dans mes papiers !
- Fouille pas dans mes affaires. - Une minute.
Tu peux me dire pourquoi tu as six comptes en banque,
et les six sont dans le négatif ?
C'est des vieilles paperasses, regarde la couleur.
Non, c'est pas de la vieille paperasse.
Laisse Noémie en dehors de ça. Désolée, Noémie.
Alex s'inquiète.
- On est inquiets. - Inquiets de quoi ?
Comment tu vas gérer tout ça ?
Si dès que j'étais inquiète, j'allais fouiller dans tes affaires...
- Elle connaît ma voiture. - Comment ça se fait ?
C'est ma voiture rouge chilien. C'est une belle couleur.
- Tu l'as achetée à crédit ? - L'autre avait fait son temps.
- J'en avais marre de sa couleur. - T'as changé de voiture pour ça ?
Pourquoi on ferait pas ça ?
Même quand on a de l'argent, on fait pas ça.
Le service des Pensions. Regarde, Noémie.
J'ai pas de temps à perdre avec leurs trucs de vieux.
Si t'y vas pas, tu auras une amende et tu accumuleras les dettes.
Maman ?
Arielle, ma douce. Ouais.
Excusez-moi.
Non. Pourquoi, t'es déjà revenue ?
C'est pas vrai !
Oh là là !
Mais pourquoi ? Le commandant de bord...
C'est hyper bizarre. Elle fait comme si...
Elle se fait arnaquer dans tous les sens.
Pourquoi a-t-on reçu une mise à jour de la surcote ?
C'est quoi ?
C'est quoi, la surcote ?
La surcote, c'est un bonus auquel vous avez droit
si vous travaillez au-delà du nombre de trimestres prévus.
- C'est bon, ça. - OK.
Mais il ne peut pas y avoir de mise à jour de la surcote
quand on ne travaille plus.
Mais elle travaille encore.
C'est normal qu'elle ait cette mise à jour.
Je suis directrice de centre d'art.
- Ah mais non. - Quoi, non ?
Vous avez déclaré être en pension complète il y a deux ans.
Ah oui ?
T'as rempli un papier pour te mettre à la retraite ?
T'as rempli un papier ?
Je sais pas ce qu'il raconte, j'y comprends rien.
Elle est déclarée en retraite depuis deux ans.
Mais qui a fait ça ?
C'est vous, c'est madame.
"C'est madame" !
T'as écrit que tu te mettais à la retraite.
- C'est possible. - Pourquoi ?
Je sais pas. On me demande de signer.
Y a écrit quoi, là ?
Mais t'étais encore en train de travailler.
Tu crois que je lis tous les trucs ?
- Oui, il faut les lire ! - Bon, ça va.
Il va falloir rembourser à la caisse des pensions 29 653 euros.
Ah ouais...
Tu recevais ton salaire et la pension ?
Il faut croire.
Tu dois bien te rendre compte, tu reçois deux salaires par mois.
Et alors ?
Il va falloir les rembourser, maintenant.
- Pourquoi ? - Mais...
Tu peux pas recevoir les deux.
Je vous donne tous les papiers que j'ai.
Tiens, regarde ce que j'ai là.
Je vous donne tous mes papiers, je vous laisse faire le tri.
Voilà.
Je dois y aller, j'ai pas que ça à foutre.
Allez, viens.
Madame, je vais vous demander de restituer une série de mots.
Canard, belette, lapin, renard.
Je dois vous redire ça ?
Oui.
C'était quoi, le premier ?
- Je vous redonne la séquence ? - S'il vous plaît.
Alors,
canard,
belette,
lapin,
renard.
Belette...
Je me souviens plus.
C'était quoi, après ?
Je vous redonne la séquence encore une fois.
Canard,
belette,
lapin,
renard.
Je vous redis ?
Canard...
Je sais pas.
Je sais pas, après.
Je me souviens plus.
Il va falloir faire des tests un peu plus poussés.
Je vais vous prescrire un IRM.
Je vais passer un coup de fil pour avoir une place rapidement.
Coucou !
Ça sent bon.
Alex ?
- Coucou, maman. - Coucou.
Ça va ?
Bien.
Je t'ai préparé les repas de la semaine.
- Lundi, mardi... - Ça t'a plu, cette semaine ?
Oui, bien.
Mais c'est éteint. Y a eu une coupure de courant ?
Maman, pourquoi c'est éteint ?
Pourquoi c'est éteint ?
Ah, c'est moi, tu vois.
- Pourquoi t'as coupé ? - Parce que...
Quand je tirais, il y avait tellement de glace que ça grattait.
J'arrivais plus à ouvrir, alors je l'ai débranché.
Regarde comme c'est facile, maintenant.
Maman.
Mais tout est moisi, maintenant.
Mais non.
Un congélateur marche pas comme ça, maman.
Je passe mon temps à te préparer des trucs,
et on est obligés de jeter ça à la poubelle.
C'est dégueulasse !
- Et ça pue, en plus ! - T'es sensible.
T'as vu ça ? T'es pas sensible à ça, toi ?
Regarde comme c'est beau.
Arrête avec ça, maman.
Le moisi, c'est dégueu.
- J'aime pas qu'on jette la nourriture. - C'est immangeable !
On peut pas continuer comme ça.
Quoi ?
Tu sais pas t'alimenter seule.
Oh là là...
T'es malade. Tu comprends, ça ?
- Je suis pas malade. - Tu sais pas te gérer seule.
- Je suis bien toute seule. - On peut pas te laisser seule.
Laisse-moi tranquille, toute seule.
Le prochain arrêt est
Linkebeek.
Noémie ?
Je réfléchissais et je me disais que...
ça allait pas être...
ça allait pas être une bonne idée.
Quoi ?
Notre projet, ça va pas...
Arrête.
T'es sous le choc.
C'est pas le moment de parler de ça.
Ça me fait peur,
je sais pas si j'ai l'énergie,
la force pour faire les deux en même temps.
Je sais pas si on...
T'as pas envie de l'entendre, mais je vais le dire vite.
Je suis pas sûr que ce soit le moment d'avoir un enfant.
L'idée était de faire un premier rendez-vous,
pour voir un peu vos méthodes de travail,
et apprendre à se connaître.
Vous n'avez pas lu les fichiers ? Ils n'ont pas été ouverts.
Elle n'est pas en état de choisir.
Telle qu'elle est, elle a déjà...
Juger de l'état de la bénéficiaire, c'est la condamner.
Nous sommes là pour avancer avec elle, pour l'entourer.
- Ce rendez-vous n'a pas lieu d'être. - On ne lui cache rien.
On doit absolument travailler avec Suzanne,
avec votre maman, avec la bénéficiaire.
C'est de la bienveillance, de la bientraitance.
Quel est votre parcours professionnel ? Qu'avez-vous fait avant ?
- Mon... ? - Dans ce domaine.
Dans quel domaine ?
D'aide à domicile.
Je vous arrête, je ne suis pas aide à domicile.
- D'accord. - Pas du tout.
C'est surtout le terme "domicile" qui me dérange.
Mais vous ne pouviez pas le savoir.
J'ai l'impression que je vais devoir aider une maison,
alors que j'aide une personne.
Tout à fait.
Je pense que...
C'est pas parce qu'elle est dans le besoin
qu'elle a besoin d'aide.
- Mais... - Peut-être qu'on peut pas l'aider.
Je préfère le terme "échange".
Ce que voulait dire Noémie...
- Vous vous appelez Noémie ? - Oui.
D'accord.
- Elle s'appelle comment ? - Suzanne.
Un beau prénom. Ma grand-mère s'appelait Suzanne.
C'est gentil de vous être déplacé.
...dans la douceur qu'on a envers les choses.
Ce monsieur qui avait Alzheimer
oubliait que sa femme était décédée et m'en parlait chaque jour.
J'allais pas lui dire chaque jour : "Elle est morte."
C'est un peu mentir, mais pour préserver la personne.
- Votre maman a quoi ? - Une démence sémantique.
- C'est une sorte d'Alzheimer ? - C'est ça.
Dont elle a pas conscience.
Si vous avez besoin qu'on l'aide
et qu'elle refuse de voir qu'elle est malade...
- Quoi ? - Comment on fait ?
Il faut penser à une manière de contourner son refus.
Si vous dites à votre maman que je suis un de vos amis
et que peut-être j'ai un dégât des eaux, je sais pas,
que je dois rester chez elle une semaine ou deux,
et petit à petit, ça pourrait passer comme ça.
- Carrément vivre sur place ? - Et qu'elle s'habitue.
Pas forcément 24h/24.
Ici, c'est la porte d'entrée et là, un accès direct au jardin.
Je voulais juste mettre un truc au point.
Vous devez savoir que je ne parle pas du tout anglais.
- Tu nous l'as dit. - Y a pas de problème.
Elle parle pas un mot d'anglais. Jamais elle va vous interroger.
Y a pas de conversation en anglais.
Et par contre...
Ah, vous êtes là.
- Enchanté. - Bonjour. Suzanne.
- Moi, c'est Kevin. - Bonjour. Vous êtes l'ami d'Alex.
Non, c'est un collègue de Noémie.
Ah, vous êtes prof d'art. Je vous avais vu...
Moi, c'est anglais.
- Prof d'anglais ? - Oui.
Dans le même établissement que Noémie.
Moi, l'anglais, ça va pas aller. Je parle pas du tout.
Vous ne parlez qu'anglais ?
Non, je parle français aussi.
Il parle français depuis le début.
Je vais t'aider.
Merci.
- Tu lui as donné la chambre du bas ? - Ben oui.
- C'est pas bien ? - Si, mais pourquoi pas en haut ?
Je tiens à garder mon espace, quand même.
Je ne sais pas si j'ai des trucs à lui dire.
La vue est plus sympa là-haut.
Ça va ?
Vous avez apporté toute votre garde-robe.
- Il a pris deux valises. - Vous restez deux jours, c'est ça ?
Il va rester un petit temps, en fait.
Il peut plus habiter chez lui. Une semaine ou deux, on va voir.
Je vais lui montrer le cellier.
Les produits d'entretien, on sécurise dans l'armoire.
On mettra juste un petit cadenas.
- Tout ça, le white spirit... - Pourquoi sécuriser ça ?
Parce qu'elle risque de les boire.
Elle boit pas du tout ça, y a pas de risque.
Pas maintenant, mais avec la maladie qui se développe,
elle risque de faire ça.
Donc pour la protéger, il faut...
On doit pas faire ça demain matin, mais il faudra y penser.
- On fera ça. Ici, vous avez le congélo. - Ouais.
Et vous êtes artiste, dites-moi ?
Pas spécialement, mais j'aime ce qui est artistique.
- Oui ? - Ouais.
Quoi, par exemple ?
J'aime bien la musique, ou Dali.
Ah, Dali.
Un peu comme tout le monde.
La Joconde, Picasso.
Houlà, oui. Picasso.
Ben ouais, bien.
Je suis désolé.
Non, non. C'est l'Été, ça ?
- Vous connaissez ? - Évidemment !
Les Quatre Saisons de Vivaldi. J'écoute ça chaque jour.
Mais cette version, je la connaissais pas.
C'est du metal.
- Comment vous dites ? - Du metal, hard rock.
- Ah oui, c'est anglais, toujours. - Voilà.
Dites, c'est un peu...
C'est le téléphone, ça crachote un peu.
Voilà.
- C'est bien. - Ça vous plaît ?
Moi, j'adore.
J'écoute ce genre de musique pour me réveiller le matin.
Ça me donne la pêche.
Oui, j'imagine.
C'est le genre que je peux écouter dans ma voiture.
- En voiture ? - Oui, j'adore ça.
T'aimerais que je sois un peu plus metal ?
Oui.
Je peux faire ça pour toi.
Même un truc sur le bras qui remonte et qui repart.
Y a beaucoup de guitare, non ?
Oui, à fond. C'est la...
C'est la guitare qui est mise en avant, dans le metal.
- C'est bien de faire l'exercice. - Oh, maman.
Pour faire un enfant, il faut faire l'exercice.
T'es obligée, maman ?
Tu dois tout commenter comme ça ?
C'est comme ça que je t'ai fait. J'ai beaucoup fait l'exercice.
Pour t'avoir. Tu es si beau.
On vous propose ce taux un peu particulier.
Particulier ? Très haut, surtout.
C'est la situation.
Si on vous prête pas 30 000 euros dans les 15 jours,
vous aurez une majoration du service des Pensions.
Vous paierez 15 ou 20 % plus cher.
20 %, c'est bien.
Arrête, maman.
Bien.
Vous décidez, c'est pas mon problème.
- Mais la situation... - On voit ça.
Vous avez comme référence des taux de prêt immobilier.
Là, le taux est vraiment élevé parce qu'elle est dans la merde ?
Vous voyez bien que ça cloche.
C'est pas beaucoup.
On a appelé, envoyé des mails. Pas de réponse.
- Renseignez-vous. - Vous la connaissez depuis 30 ans.
On ne peut pas appeler. Que voulez-vous faire ?
Je sais pas, avoir aussi un rapport de...
humain, en fait.
Donc depuis trois mois, vous prenez 45 euros...
par jour ?
Elle dépasse son plafond qui était à 2 000 euros.
Laisse-lui manger ses bonbons.
Elle se rembourse, là, ta mère.
- Ils sont bons ? - Ils sont tous pareils.
Ils sont tous pareils ?
- Le supplice ! - Quel con, putain !
Je parle de maman. T'as vu comment elle conduit ?
Elle a failli arracher tous les rétros. T'as pas remarqué ?
Non, j'ai rien capté.
Elle fait pas du tout gaffe.
- Kevin, je vous ai apporté des bonbons. - C'est gentil.
- Cadeau de la banque. - Ah bon ?
- Tout ça ? - Ils sont tous pareils.
Vous les avez dévalisés.
On va d'abord goûter.
- On va goûter ? - Oui.
- Bonjour. - Ça va ?
Elle est belle, la tarte !
Elle est bonne, la tarte !
On va pas lui filer 30 000 euros.
Si, pour arrêter l'hémorragie.
Elle va pas donner en plus je sais pas combien à la banque.
C'est les 30 000 euros de l'appart.
Et c'est de l'argent qui est aussi à toi.
L'appart, on va pas l'acheter demain.
On trouvera une solution pour qu'elle nous rembourse.
Carglass remplace
Carglass répare Carglass remplace
Bravo, Kevin.
Plus grave, c'est possible ?
Vous préférez plus grave ? Avec les accords ?
Non, non.
- Retire tes mains, maman. - Je veux pas.
Aide-moi à lui tenir les bras.
Hors de question.
- Maman, c'est n'importe quoi. - Ça pique.
Je comprends pas l'intérêt non plus.
C'est son trip. Qu'il l'assume jusqu'au bout.
C'est quoi, ça ?
Ça pique.
- Tu continues ? - On a commencé, on va pas s'arrêter.
Oh, merde !
Oh non.
Y a le rendez-vous du juge des tutelles demain.
J’avais complètement oublié.
Fait chier.
Ça fait huit fois que tu m'interromps.
Soit pour me parler de Suzanne, soit du réseau Internet.
Je peux lire ?
Le plus grand qu'on ait, c'est celui-ci.
Aïda Kazarian.
- Tu connais ? - Oui, elle a une galerie à Bruxelles.
On pourrait ramener ça à la galerie.
Oui, je peux contacter la galerie et voir ce qu'on peut faire.
- Ça vaut quelque chose. - Super.
Génial.
On a ça aussi. Y en a plein la cave.
J'ai remonté celui-là.
Ça, c'est Françoise Gibert.
C'est un achat sentimental.
Ça veut dire quoi ?
Elle a vécu avec ta mère. Tu ne te souviens pas ?
Non.
Peut-être que tu n'étais pas né.
Ça, c'est Falco ?
Ça vaut quelque chose ?
Bien sûr. Il a une galerie à Paris.
Les dessins d'Alberola, je sais pas ce que c'est.
Ceux qu'on a achetés à la foire de Madrid.
Aucune idée.
Elle les garde dans une farde près de sa penderie.
On va goûter !
- Bonjour, maman. Ça va ? - Ouais.
T'as vu, il y a Rose.
Bonjour, madame. On va goûter.
Bonjour, Rose.
Viens, on va goûter avec la...
C'est quoi, comme fruit ?
Elle est trop bonne.
- Hyper sucrée. - Trop bonne.
Pourquoi fuchsia, le jogging ?
C'est Kevin qui a choisi, non ?
C'es hyper moche.
Moche ? T'exagères.
Si, c'est laid.
C'est pas moche.
Tu l'as pas changée, elle est sortie comme ça ?
Oui. Un jogging, c'est plus pratique.
Il nous a expliqué que c'était plus facile pour l'habiller.
On peut aussi en choisir un noir.
Les gens qui la croisent...
Les gens qui la croisent ? Personne n'a rien dit.
- Et tu peux lui en acheter un noir. - Oui.
C'est gênant.
- C'est beau comme ça. - Non, c'est pas gênant.
- Et puis il est très doux. - Il est doux.
Il est doux.
- Touche. - Un peu d'eau ?
- C'est doux. - Très doux.
- Un peu d'eau ? - Non, ça va.
T’es la dernière personne avec qui j’ai fait l’amour.
Maman !
C'était tout au Nord.
On était complètement glacées.
On est allées à l'hôtel et on s'est glissées...
Tu parles de Copenhague ?
Copen... Ah !
C'était tout bleu ? C'était à Copenhague ?
Ben c'était à Copenhague.
Et comme on avait froid, on va à l'hôtel,
on se glisse sous le gros édredon...
T'es pas obligée de décrire tout.
Ça me fait plaisir qu'elle m'ait reconnue.
Et dans la salle de bain,
il y avait une espèce de grande baignoire
avec des choses qui moussent.
Et comme on s'agitait, comme ça, il y avait de la mousse partout.
Oui, il y avait de la mousse partout, et un pommeau...
Maman !
Ça va pas du tout.
On ne va pas y passer l'après-midi.
Tu veux lui acheter un jogging Chanel ?
Non, mais pas un truc avec une grosse marque sur la cuisse.
OK, tu te débrouilles.
C'est bon, prends-le. Arrête, franchement, Alex.
- Viens. - Ça va être moche.
- Mets-le dans le caddie. - Non.
- Mets-le dans le caddie. - Non.
On se retrouve aux caisses.
Non, non. Là-bas.
Non, non.
Voilà.
Eh ben voilà.
- Non, touche pas à ma télé. - Deux minutes.
Touche pas à ma télé.
Le permis de conduire... Deux minutes, on remet après.
- Je vais garder ton permis. - Ah bon ?
D'accord ?
Et je veux aussi les clés de ta voiture.
- Non, pas mes clés. - Écoute-moi.
C'est ma musique, ma liberté.
Je donne pas les clés de ma voiture.
Remets ça en place.
- Et remets le son. - Non, maman, écoute-moi.
C'est très dangereux, ta manière de conduire.
- Quoi ? - Ta conduite.
Et toi ? Quand je monte avec toi, ça me fout la trouille.
Maman, arrête. Ça sert à rien de mettre au maximum.
Arrête de faire ça.
- Où sont tes clés de voiture ? - Ça va, avec les clés.
- Maman. - Je sais pas où elles sont.
J'ai tellement bien rangé, je sais pas où j'ai foutu mes clés.
Il me pique ma voiture !
Il me pique ma voiture ! Au voleur !
Au voleur !
Lâchez-moi. Au voleur !
Au voleur !
On va pas avoir un enfant maintenant, c'est le bordel.
C'est tout le temps le bordel. La vie, c'est le bordel.
Il faut attendre que tout soit parfait
pour se dire : "C'est maintenant, on peut avoir un enfant" ?
C'est reporter à quand ?
À quel moment on va se dire :
"Là, maintenant, c'est le moment, on peut vivre" ?
- T'en as pas envie, en fait. - C'est pas ce que je dis.
On va pas accumuler les trucs. On va pas être disponibles.
On va faire n'importe quoi. On fait déjà n'importe quoi.
Alors ne le faisons pas.
Comme ça, c'est clair, on le fait pas.
Parce que ce sera de toute façon n'importe quoi.
Y a pas de bon moment, en fait.
Suzanne, c'est mon sac, ça.
Oui, je cherche mes clés de voiture.
Tu vas pas les trouver ici. Ça, c'est mes lunettes de soleil.
Ah, ça, c'est des lunettes.
Suzanne, arrête, tes clés sont pas là.
- Il y a une poche, là. - Ils sont partis avec la voiture.
Oui, ils sont partis.
Mais j'ai deux jeux de clés.
Ce que j'aimerais que tu fasses, c'est que tu prennes le double.
Tu regardes. Forcément, il y a le double de mes clés.
Fais très doucement. Surtout, qu'il ne te voie pas.
- Je ne veux pas d'histoires entre vous. - Ce serait dommage.
Et maintenant, il fait des histoires pour un rien.
Il est nerveux, il fait des histoires pour un rien.
Tu prends les clés, tu vas chez Toyota
et tu leur demandes un double.
- Ça va loin. - Tu dis que tu as perdu les clés.
Comme ça, il le voit pas, tu vois.
Tu remets le double dans la boîte, dans le tiroir.
Je mets le double dans mon sac, je reviens ici et je te le donne.
Comme ça, y a pas d'histoires entre vous.
Je vais pas faire ça. Je peux pas. Stop.
Mais si, t'es capable de le faire.
Après, tu le consoles, tu vois ?
- Tu lui as pas menti. - C'est pas possible.
Tu sais pourquoi t'as plus de voiture ?
Pourquoi j'en ai plus ? Parce qu'il me l'a volée.
Et il me vole mes deux jeux. Je fais quoi, moi ?
Il faut peut-être plus que tu conduises.
Alors là... Noémie, tu ne peux pas penser ça.
Ma voiture ! Ma voiture !
Allez, allez ! Là !
Là, là, allez !
C'est dangereux, de faire ça.
Mamie, il ne faut pas se jeter sous les voitures.
- Mes clés. - Non, tu prends pas les clés.
Pas les clés ?
- Vous avez tout trouvé ? - Plus ou moins.
C'est quoi, ça ? C'est quoi ?
C'est dégueulasse !
Suzanne, ne jette pas tout par terre.
Maman !
- Suzanne, ne jette pas... - Pas dans ma voiture.
C'est dégueulasse. C'est quoi, ça ?
Oh là là !
Vous avez fait quoi, avec ma voiture ?
Carglass répare...
La vie est belle
- Qu'est-ce qui est bizarre ? - C'est glauque.
- Glauque ? - Ben oui, elle est malade.
Elle n'est plus elle-même et on la prend en photo.
C'est bizarre.
C'est pas ce que j'ai vu.
- T'as vu la photo ? - Ouais.
- Tu la trouves pas belle ? - Si.
C'est pas la question. C'est la personne qui est sur la photo.
Donc on ne peut plus prendre ta mère en photo ?
Plus jamais ? Même dans les moments de joie ?
C'est ça ?
J'arrive pas à la voir heureuse, juste que c'est plus elle.
C'est comme si, à cause de sa maladie, on devait tout vivre de manière lourde,
et qu'on n'avait pas le droit de s'amuser, de vivre,
qu'on n'avait pas le droit d'avoir des plans.
De faire des trucs. On ne peut plus rien faire.
Depuis 6 mois, vous utilisez une contraception plus légère.
Ça me paraît adapté à votre situation.
On peut remettre le stérilet,
mais c'est une contraception plus définitive.
Oui.
Ben oui, mais...
c'est comme ça.
Si c'est votre projet, on va le remettre.
Je vais chercher un stérilet.
OK.
On va là-bas.
Ouais, ouais.
Après, Suzanne.
- Après. - Non, maintenant.
Mamie, j'ai laissé votre souper sur la table de la cuisine.
Vous allez être contente, y a de la compote.
De la compote !
Je reviens dimanche soir. M. Alex sera là demain matin.
Bon week-end, mamie.
Éteignez les lumières avant d'aller vous coucher.
Au revoir, Kevin.
Au revoir, mamie. Bon week-end.
- Madame, vous êtes dans ma voiture. - Bonjour.
- Que faites-vous là ? - Je fume, monsieur.
- Vous fumez ? Mais c'est à moi, ça. - Ah, c'est à vous.
Posez votre sac à l'arrière.
Mais sortez de ma voiture, s'il vous plaît.
Posez le sac.
Je sais ce que j'ai à faire.
Vous voulez pas que je conduise ?
Non. Et ça, c'est mon chapeau.
Vous m'avez fait peur.
Juliette en vert,
et Charlotte, "beauty of night",
en rose.
Qu'est-ce que vous faites là ?
Je mangeais une petite tartine à la confiture.
- Vous êtes entrée comment ? - Par la porte.
T'avais pas fermé ?
Non, c'était pas fermé.
Ah, c'était ouvert. D'accord.
Alex.
- C'est qui ? - Je sais pas.
Allô ?
Bonsoir. Vous êtes bien le fils de Mme Meertens ?
C'est à côté de chez ma mère ? C'est quoi, l'adresse ?
C'est à quelques rues, au 62, Chemin des Postes.
- Demande à Kevin... - 62, Chemin des Postes.
Parfait, je suis là dans une demi-heure.
Ça vous embête pas d'attendre ?
- Je fais vite. - Ne vous inquiétez pas.
Merci. À tout de suite.
Appelle Kevin, il est à 5 minutes.
Je vais pas appeler Kevin.
- Pourquoi ? - C'est pas son rôle.
Si ça se trouve, il ne dort pas.
- Appelle-le. - C'est pas notre larbin.
S'il ne veut pas, il le dira.
On va pas le déranger en pleine nuit, c'est pas son rôle.
- Complique pas tout. - Je complique pas tout, c'est juste...
- Plus jamais ça. - Non, plus jamais ça.
Plus jamais ça.
- Tu dors dans ton lit. - Plus jamais ça.
Plus jamais ça.
Bonne nuit, maman.
Je suis là pour sécuriser la maison, ce week-end.
Laissez-moi mamie et prenez votre week-end.
Ça vous fera du bien de vous changer les idées.
C'est pas une bonne solution.
Vous sécurisez déjà la maison avec votre fils.
Je vais pas en plus vous laisser maman.
- On y va, je suis prête. - Je passe un coup de fil.
- Vous faites mon sac ? - Je fais votre valise.
Ah oui, ça, c'est bien.
Je vais garder maman à la maison, ce week-end.
Mais on part à Londres.
Un week-end, ça se reporte. On est dans une situation...
Non, on a tout réservé avec Antoine et sa fille.
- C'est fermé ! - J'arrive, maman.
Après, il y aura d'autres problèmes et on devra bricoler...
On fait du bricolage.
Écoute-moi, putain !
N'annule pas le week-end, ça sert à rien.
Pourquoi tu tiens tant à ce week-end ? On a un problème.
- On doit le gérer. - J'ai envie de faire un truc avec toi.
- Tu fais passer ton confort d'abord. - Mon confort ?
- Bien sûr que oui. - Mon confort de quoi, putain ?
- On a pris un seul week-end ! - Pour toi, ça doit être ce week-end.
On s'en fout, on annule ou tu pars avec Antoine.
- On n'annule pas ! - Mets pas ça, c'est ridicule.
- On peut y aller une autre fois. - Tu te calmes, Alex !
Il y a plein de petits accidents. Elle va finir par se blesser.
On va le regretter.
On raccroche, maintenant. Ça suffit.
Tu dois me soutenir dans ces moments-là et tu le fais pas.
- Je comprends pas. - Quel numéro.
Tu dis que je te soutiens pas ? C'est hyper vexant, Alex.
Tu te rends pas compte.
Tu vas sortir les violons ?
Je te demande pas l'autorisation, je t'informe que je reste avec elle.
On raccroche !
Franchement, fais pas ça.
- On y va. Kevin. - Amusez-vous bien, mamie.
M. Alex, vous disputez pas, partez en voyage.
C'est bon, Kevin. Je me dispute comme je veux.
Je dis ça pour aider.
- Tout est contre moi, là. - Non mais ça va.
- Passez un bon week-end. - Merci, pareillement.
Attention, c'est bientôt.
C'est maintenant. Tu mets le clignotant, on y va !
Braque, braque ! Mais braque !
Oh non !
C'est la deuxième qu'on rate. Je vais arriver en retard.
Pourquoi tu fais ça ?
Ce sont pas les bonnes sorties.
- On va à Bruxelles. - Eh ben voilà.
- Il faut sortir. - Mais c'est pas Bruxelles.
- C'est pas Bruxelles ? - Mais lis les panneaux !
Tu vois bien.
Londres, c'est en Angleterre.
Et l'Angleterre, c'est une île.
Du coup, tout autour, il y a de l'eau.
Tu sais bien nager ?
Je sais que flotter.
- Sans rien faire, tu flottes ? - Non.
- Avec des bouées en gilet. - OK.
On va choisir une maison ou un bâtiment ?
- On a déjà choisi. - Ouais, un appartement.
- Quelqu'un nous loue son appart. - Une maison, c'est cher.
Noémie.
Tu vas bien ?
- Antoine. Ça va ? - Ça va et toi ?
- Bonjour. - Salut, Suzanne.
- Suzanne Meertens, la maman d'Alex. - On se connaît.
- Thelma, Suzanne. Ma fille. - L'artiste.
Coucou, Thelma.
Dis bonjour.
- Ça va ? - Bonjour, mademoiselle.
C'est beau !
C'est beau.
Antoine, t'aurais du tabac ?
C'est très délicat, ça.
Très joli.
Comment ça s'appelle, ça ?
Ça s'appelle du scotch.
C'est du scotch ?
C'est beau.
Et vous utilisez des pinceaux ?
Des pinceaux pour faire...
Non.
- Vous utilisez quoi ? - Les doigts.
Les doigts.
C'est intéressant.
Ah, ça marche bien.
Vous êtes très silencieuse, quand vous travaillez.
Et là, vous faites...
Ah, vous allez...
Je comprends, mais j'ai pas eu assez de temps.
S'il vous plaît, mademoiselle, je peux vous poser une question ?
Mon fils est célibataire. Ça vous intéresse ?
Euh, pardon ?
Mon fils est célibataire. Vous seriez intéressée, pour...
C'est qui, votre fils ?
Il est là, regardez. Il est très gentil.
- Ah oui ? - Oui, il est très gentil.
- Ça vous intéresse ? - Peut-être, je sais pas.
Peut-être ? Vous pouvez me donner votre numéro ?
- On fixera un rendez-vous. - Un rendez-vous ?
- Oui. - Où ça ?
Où vous voulez.
- Pourquoi pas. - D'accord ? Super.
- C'est le 04... - Attendez.
0474...
- Mademoiselle est d'accord. - Pourquoi tu fais ça ?
- Pour faire connaissance. - Je suis avec quelqu'un.
Ma mère est un peu malade.
Il raconte n'importe quoi, il est timide.
Maman, c'est gênant.
- OK. Dommage. - Je suis désolé.
J'ai votre téléphone. Je vous remercie beaucoup.
- Peut-être à une prochaine. - Je vous appelle.
C'est hyper délicat vis-à-vis de Noémie.
Noémie ?
- Mais Noémie est partie. - En week-end.
En week-end ? Non, elle est partie.
- Elle est pas partie définitivement. - Il faut t'y faire.
- Cette fille est très bien - Certainement.
Eh ben alors, la rencontre est possible.
Regarde ça.
Tu vois, toute cette organisation, c'est formidable.
Des grappes, comme ça, c'est magnifique. Les couleurs !
Je vous félicite. C'est vraiment très intéressant.
Quel magnifique travail.
Non, j'ai pas tout vu. Il faut qu'on revienne, alors.
On y va quand ?
- Pas tout de suite, je travaille. - Pas tout de suite.
Ben moi, j'y vais. Toute seule.
Voilà, j'y vais.
Maman !
Maman, arrête avec la poignée !
C'est dégueulasse.
Ça pique, ce truc.
C'est bizarre.
J'ai jamais mangé ça.
C'est trop bizarre.
C'est du chocolat, maman. C'est pas bizarre.
Tu fais quoi ? Arrête ça.
Regarde, c'est beau.
- C'est beau. - Arrête.
Si tu veux de l'eau, tu me demandes.
J'aime pas ça.
Arrête de faire ça !
Putain de merde !
Putain !
Tu peux pas me demander si je vais bien ?
C'est trop grand pour toi. Quelle maladie à la con !
T'es dans ta bulle, tu t'en fous de tout.
Noémie.
Arrête avec la bouteille ! Arrête avec ça !
Arrête !
Arrête de jouer avec ça !
Calme-toi, Alex.
Ça fait dix fois que je lui dis. Elle fait ce qu'elle veut !
- Tu veux que je te dise quoi ? - J'en sais rien, Alex.
Je n'en sais rien.
J'en ai juste ras-le-cul, tu vois.
Pourquoi ? Parce que ça me fait chier, j'en ai marre.
C'est juste une parenthèse.
- On est une parenthèse ? - Non, pas nous.
- Ben si. - Arrête, mais non.
Je t'énerve.
- Tu le fais exprès... - Toi aussi, tu m'énerves.
Ça va durer combien de temps ?
Je sais pas, ça va se stabiliser, on va trouver un équilibre.
- Ça veut dire quoi ? - J'en sais rien.
La maladie va pas se stabiliser, tu le sais ?
Tu le sais, ça ?
Non ?
Ou tu veux pas le savoir ?
Ça va se stabiliser quand elle sera morte.
Là, on l'accompagne.
On l'accompagne, on est à côté d'elle,
et nous, on s'est arrêtés de faire quoi que ce soit.
C'est une bonne idée de parler de ça maintenant ? Tout à vif.
- À vif de quoi ? - On est fatigués.
On est tout le temps fatigués.
OK, attendons de sortir de cette parenthèse de fatigue.
Mais ça va durer combien de temps, ta putain de parenthèse ?
J'en ai marre d'attendre. J'en peux plus, là.
Je dois attendre combien de temps pour te dire : "OK, on vit quoi ?"
On vit rien, là.
On peut pas en parler, de ça ?
Arrête de lever les yeux au ciel.
Arrête de souffler, tu me...
Je te supporte plus, en fait.
Excuse-moi, mais je te supporte plus.
Voilà. Ici, par exemple, j'ai sécurisé la sortie.
Parce que j'ai vu qu'elle essayait parfois de l'ouvrir.
Et j'ai rajouté ces petites branches
pour pas qu'elle pense à passer au-dessus.
Ça donne mieux qu'un grillage.
C'est bien, c'est beau.
Ici aussi, j'ai placé une serrure.
Pour la nuit ou pour quand je sors faire des courses.
C'est quoi, ça ?
C'est votre maman. Je sais pas comment elle a fait ça.
J'imagine qu'elle voulait sortir.
C'est un peu glauque, non ?
Si vous voulez du glauque, allez dans une maison de repos.
Les gens sont sur 10 mètres carrés.
Ici, elle a deux chambres, une salle de bain, toilettes à part.
Elle a quand même de l'espace.
Elle est pas enfermée ici toute la journée.
Je vais vous montrer les aménagements que j'ai faits dans la cuisine.
Par rapport aux tiroirs.
On va manger dans une minute, laissez-moi terminer.
- Ça suffit. - Vous allez vous mouiller.
Ça suffit.
- On mange ? - On vient de manger, mamie.
Alors on fume.
- Dans deux minutes. - Non, Kevin, on fume !
- Ça mouille ! - Ben oui, ça mouille.
On fume, d'accord. On se met là-bas.
Arrêtez de changer d'avis.
"On fume, on mange." Asseyez-vous ici.
On fume là.
Pour ça, il faut me lâcher, mamie.
- Alors je lâche. - Merci. Attendez-moi ici.
Là ? Et puis ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Il faut fumer. Viens dans la cabane.
Maman, je vais pas fumer. Je ramène ce bois.
Viens dans la cabane.
- Où ça ? - Juste là.
Juste là ? On y va.
- Pose. - Non, je le pose là-bas.
Tu le prends, tu le poses là.
Viens dans la cabane, viens !
Arrête. Arrête.
Pose-le ici et on y va tout de suite.
- Viens dans la cabane. - Je fume pas, maman.
- Tu fumes pas, mais moi, oui. - Va fumer dans la cabane.
On fume pas ?
Elle est toujours aussi agitée ?
Oui. Et là, c'est l'après-midi. Le soir, c'est encore plus actif.
Je me suis souvenu que vous aviez parlé de médicaments
pour calmer l'énergie et...
C'est quelle heure, là ?
Faire baisser la pression, son activité, ça nous aiderait.
- OK. - Voilà.
Il n'y a pas 36 solutions, dans ces cas-là.
On peut prescrire des neuroleptiques.
Mais c'est le genre de médicaments un peu lourds
avec lesquels j'essaie d'intervenir le plus tard possible.
Je vais vous prescrire des neuroleptiques.
Il faut faire très attention au dosage.
Le médicament est très puissant.
Du coup, lorsque vous versez des gouttes dans le verre...
Mamie ?
Vous n'avez pas froid ?
Je vais vous chercher une couverture.
- Au revoir, Kevin. - Au revoir, M. Alex.
Ce que j'ai du mal à suivre,
c'est que vous m'avez demandé de lui prescrire quelque chose,
et que vous faites marche arrière.
Donc j'aimerais juste comprendre
ce qui vous conduit à changer d'avis.
Mais en fait, pour moi...
c'est pas possible.
C'est beaucoup trop,
comme changement.
C'est un peu délicat.
Quand on prend un certain cap avec ça,
il ne faut pas faire de zigzags.
Il faut se mettre d'accord, lui donner une dose et s'y tenir.
Et ne pas changer d'avis.
Elle ouvre un peu mieux la bouche.
C'est pas grand-chose, mais...
vous êtes descendu à 9 gouttes ?
Oui.
Depuis jeudi.
Ça va, maman ?
Une cigarette.
Une cigarette.
Kevin !
Carglass répare
Carglass remplace
Carglass répare
Carglass remplace
Maman ?
Salut Noémie, c'est Alex.
Je t'appelais pour te demander si...
tu serais OK qu'on se voie bientôt ?
Et...
Je t'embrasse.
Salut.
Non, tu me déranges pas.
- Tu fais quoi, maman ? - Je vais faire une expo.
- Pourquoi t'as pris ça ? - Il faut trouver l'artiste.
Tu veux accrocher une expo dans le jardin ?
Il faut trouver l'artiste.
Oui, comme ça.
Et comme ça. Voilà, là.
- D'accord. - Voilà.
Attention.
Attention, mamie, faut pas cogner...
Là, stop !
Il faut faire l'expo.
Un grand, un grand.
- Il se passe quoi ici ? - Bonjour.
Petit montage d'expo.
- Chouette. - C'est Suzanne, la curatrice.
Tous les bois.
Le vernissage est ce soir. Tu peux venir ?
Ce soir ?
Je sais pas.
- T'es invitée. - C'est vrai ?
Oui, t'es la bienvenue.
Pourquoi pas, alors.
Ça va être très impressionnant.
- Viens. - OK.
Il faut emmener les bois.
- C'est prêt, maman ? - On peut venir ?
Suzanne ?
- On peut venir ? - Maintenant, c'est prêt.
Ça donne du relief.
- Vert et bleu... - Avec des touches de paillettes.
- Ah, ça, là ! - Ça prend bien la lumière.
- C'est très joli. - La paillette.
Là, là et là.
Où est l'artiste ? L'artiste est pas là ?
- Thelma ? Non, elle est en vacances. - En résidence.
L'artiste est en résidence.
Suzanne, tu as pensé à un titre, pour ton expo ?
"La nuit".
- C'est un peu triste, mamie. - Non.
Pourquoi pas "Les Quatre Saisons" ?
- "L'Été" ! - Ah, c'est pas mal !
- "L'Été", c'est intéressant. - On part là-dessus.
- Tu mets ma musique ? - Ah oui, c'est le moment.
- Je vais mettre ton morceau. - On va avoir ma musique.
Ma musique.
Et l'artiste ?
Vous voulez des bières ?
- Elle n'est pas là. - Elle est en vacances.
Elle va pas venir, l'artiste ?
Elle fait des dessins pour la prochaine expo.
Ah, elle est en résidence.
Pas tout de suite, on se calme.
Après.
Papi et mamie vont arriver. Ils sont là, je les vois !
Coucou !
Bonjour, ma beauté.
Montre tes petites dents. J'ai vu une petite dent.
Elle a une petite canine qui pousse sur le côté.
- On a un petit cadeau. - Viens avec mamie.
C'est un petit rat ?
Ou un renard ?
Une petite souris.
Oh que c'est beau !
- Monsieur. - Bonjour, Suzanne.
- Madame. - Bonjour, Suzanne.
- À qui ai-je l'honneur ? - On est les parents de Noémie.
Moi, je vais fumer.
Mais maman !
- Bonjour. - Ça va ?
Salut, Alex.
- Ça va bien ? - Oui, merci.
- On passe une après-midi dénudée. - C'est pas grave.
Il fait chaud.
On va dans la cabane, on va fumer.
On va boire un petit truc.
Oui, on va se rafraîchir. Il fait chaud.
Ça bouge, c'est le vent.
Tu sens le vent ?
Ça fait du bien.
T'as vu les feuilles ?
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