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(sifflet de train)
(b�lement)
- Messieurs, bonjour.
Contr�le, s'il vous pla�t.
Merci.
- Je comprends pas, je l'avais mis dans cette poche.
- Veuillez m'accompagner, s'il vous pla�t.
- Hein ? - Veuillez m'accompagner,
s'il vous pla�t. Par l�.
- Je vous jure qu'il �tait dans ma veste.
- C'est ce qu'ils disent tous. Allez. Allez.
H�, les gars, j'en ai encore chop� un autre.
Tu vas voir ce qu'on fait aux petits salopards de ton esp�ce.
- Non ! Non !
- Bonjour. Votre billet, monsieur, s'il vous pla�t.
- Oui, oui, tout de suite. Je l'ai.
- Merci.
Merci, monsieur.
Bon voyage.
- Je m'appelle Gr�goire Moulin.
J'ai toujours eu une pr�disposition pour le stress.
Et �a, �a remonte � tr�s loin.
(tonnerre)
- Il est pas terrible.
Il fait combien ? - Quatre kilos et demi.
- Au moins, il sera costaud. �a fera un bon footballeur.
- Non, m�decin.
- Footballeur. - M�decin. T'as ruin� ma vie,
tu g�cheras pas la sienne. - Footballeur !
- M�decin ! Tiens !
- T'es comme ta m�re !
(Ils crient.)
Salope !
(bris de verre et cris)
(bourdonnement)
- Je fus donc �lev� par mon oncle Lo�c
et par ma chaleureuse grand-m�re paternelle,
dont le mari �tait malencontreusement d�c�d�
quelques ann�es plus t�t en avalant une mouche.
(bris de verre) - Maladroit !
(ronflement)
-C'est un soir de r�veillon que la fibre artistique
qui sommeillait en moi r�sonna pour la premi�re fois.
C'�tait d�cid�.
Quand je serai grand, je serai danseur.
(Ils rient.)
- Moi vivante, jamais !
- D�p�che-toi de mettre �a, au lieu de dire des b�tises !
- Malgr� les tendres encouragements de l'oncle Lo�c,
je marquais un vif d�sint�r�t pour le football,
contrebalanc� par une forte passion
pour une d�nomm�e Jeanine.
Cet incident devait marquer � jamais
ma relation � l'existence en g�n�ral
et � l'amour en particulier.
Et c'est ainsi que 25 ans plus tard,
je me retrouvais modeste employ�
aux Assurances vend�ennes et toujours c�libataire.
C'est alors qu'un insecte
vint incurver le cours de mon destin.
(cri)
(bris de verre)
L'extinction brutale de ma seule famille
me fit succomber tout d'abord
� ce qu'on peut appeler une sorte de d�sespoir.
Cependant, cette longue nuit me porta conseil.
Et au petit matin, je pris la d�cision radicale
de demander ma mutation et de partir d'un nouveau pied.
Dans deux heures, j'arrive � Paris.
C'est une nouvelle vie qui commence.
- M. Lacarri�re ne va pas tarder.
Il vous expliquera de quoi il retourne.
Bienvenue parmi nous. Bon travail.
- �a va ?...
- Tout � fait, monsieur...
(musique classique)
- Salut. Emmanuel Lacarri�re.
- Gr�goire Moulin. Enchant�.
- Bon bien, bienvenue dans cette gal�re.
La clim est p�t�e depuis huit jours.
T'as bien choisi ton moment pour d�barquer, toi.
Voil�. Il faut tout regrouper par num�ros de dossiers
depuis janvier,
et ranger �a dans ces enveloppes.
Tu vas voir, il y a pas plus chiant.
Quoi ? T'es pas mari� ? T'as pas de gosses ?
- Bien... non.
- Ah, je comprends, t'es... T'es un solitaire.
Moi aussi, j'�tais comme toi.
J'ai cru que je pourrais m'en sortir tout seul.
Mais je me gourais.
Depuis que je suis mari�
et que j'ai une fille, j'ai jamais �t� aussi bien.
Elles sont chouettes, hein ?
- Tiens. C'est un gar�on.
- Je dis pas que c'est facile tous les jours, mais �a,
c'est le sens de la vie.
- Plus que 10 jours, les mecs.
- On va leur faire avaler leurs beignets, aux Bretons.
- Ils sont en finale, c'est pas par hasard. Moi, je me m�fie.
Les Bretons, c'est des teigneux. - Des mouleux, oui.
Jusqu'� maintenant, ils ont rencontr� que des tocards.
L�, ils vont tomber sur un bec.
- Strasbourg, c'�tait pas des tocards.
- Ils avaient la baraka. Il manquait des joueurs.
Ils avaient m�me pas de quoi faire une �quipe de volley...
(musique classique)
- Les bouffeurs de galettes, ils vont pas en toucher une.
La coupe, c'est in the pocket. Pas vrai ?
Alors ?
- Qu'est-ce qu'elle est belle.
Mais qu'est-ce qu'elle est belle.
Et qu'est-ce qu'elle boit bien.
Elle est merveilleuse.
Il faut absolument que je trouve le courage de l'aborder.
Demain, je l'aborde.
C'est � ce moment pr�cis que je con�us un stratag�me...
machiav�lique.
Oui !
(dring !)
(dring !)
- All�. - All�.
- Oui ? - Oui. Euh... Bonjour.
J'aurais voulu parler � Odile Bonheur, s'il vous pla�t.
- Oui, c'est moi. - Oui, oui.
Excusez-moi de vous d�ranger, mais je crois que j'ai trouv�
votre portefeuille dans la rue. - Mon portefeuille ? Ah bon ?
Mais je crois pas l'avoir perdu. Vous �tes s�r ?
- Oui, oui, il me semble. - Ne quittez pas.
Je reviens tout de suite. - Oui.
Je reviens tout de suite.
All�. - Oui.
- Oui, effectivement, il n'est plus dans mon sac.
O� est-ce que vous l'avez trouv� ?
- Dans votre...
Sur... Sur le trottoir de la rue Le Peltier.
- J'ai d� le laisser tomber. Je suis tellement distraite.
C'est vraiment tr�s gentil de l'avoir ramass�.
- C'est tout naturel. Et...
O� est-ce que je peux vous le rapporter ?
- Si vous �tes dans le quartier, je peux passer le prendre.
- Non, non. Je vais �tre en d�placement toute la journ�e,
mais par contre, en fin d'apr�s-midi,
je... vers 19 h, 19 h 15, je serai � nouveau ici.
Enfin, je veux dire, dans le quartier.
- Je finis � 19 h 30. On se retrouve dans un caf� ?
- Oui, tr�s bien.
Tr�s bien, oui. - Attendez que je r�fl�chisse.
Il y a un caf� qui s'appelle Le Penalty. Vous voyez o� c'est ?
- Un caf� avec un store rouge ?
- Oui, voil�. C'est �a, c'est �a. Tout � fait.
- Tr�s bien, tr�s bien. C'est parfait.
- Bon, � 19 h 30, alors, ce soir.
- Voil�. � tout � l'heure, alors.
- Oui, � tout � l'heure. Au revoir. Merci beaucoup.
Merci.
- Je vous en prie. Et � tout � l'heure.
- D'accord. � tout � l'heure. Au revoir.
- Au revoir, madame.
- La branl�e, on va leur mettre.
Merde, merde, merde.
Oh, merde. Excuse-moi.
- C'est pas grave. - Je suis d�sol�.
- Je peux t'aider ?
- Oui. Non. Enfin, je sais pas. Il faut que �a parte ce soir.
Il est moins vingt. La photocopieuse est en panne.
�a doit arriver lundi, sinon on me tombe dessus.
En plus, je dois passer � la pharmacie.
Tu comprends ? Je vais rater le d�but. C'est pas vrai. Merde !
- Le d�but de quoi ?
- Mais tu plaisantes ? Le d�but du match.
Attends. T'es...
T'es en train de me dire que tu vas pas regarder la finale ?
- Bien, euh... si.
- Tu me fais marcher, l�.
- Non, je t'assure. Le foot, �a m'int�resse pas.
Non, mais j'ai essay�, pourtant, mais...
J'arrive pas � garder mon attention.
- Attends. Si t'es pas press�,
tu peux peut-�tre t'occuper de �a.
Hein ? Parce que �a d�marre � 20 h p�tantes,
et puis j'habite Montrouge. Alors si �a bouchonne,
t'imagines ?
T'as juste � photocopier �a. Tu vois ?
Alors tu mets le double ensuite
avec le reste dans l'enveloppe. Fais gaffe, c'est un original.
Une fois que t'as fait la photocopie,
tu le remets dans mon tiroir.
Au fait, tu la postes en sortant, hein ? Sans faute.
O.K., merci. Merci beaucoup.
Je te revaudrai �a. Merci.
� lundi.
- C'est vrai que tu vas pas regarder le match ce soir ?
- Oui. Pourquoi ?
- Pour rien.
C'est les autres qui m'ont racont� �a, et...
Je croyais qu'ils d�connaient.
T'es homo, c'est �a ?
Ah non, non, j'ai rien contre.
- Excusez-moi. Vous avez des pi�ces de un franc ?
- �a suffit. C'est � longueur de journ�e, maintenant.
- Ils harc�lent les gens jusque dans les bureaux de poste.
- Vous m'avez mal compris. - Je vous ai d�j� dit non.
- Laissez madame, elle veut pas vous donner d'argent.
- J'ai juste besoin-- - N'insistez pas, monsieur.
- Attendez, c'est pas du tout �a.
- Ne m'obligez pas � avoir recours � la violence.
- Bon bien, je... Je vais m'arranger autrement.
- C'est �a. - Au revoir.
- Et n'y revenez pas.
- C'est effrayant. Effrayant. - Je lui ai dit : "Raymond,
si tu regardes une autre femme, je te la coupe."
Il en menait pas large. - Les hommes sont l�ches.
Mon mari, c'est un d�culott� de premi�re.
Ce qu'il a pu me faire honte. Mon Dieu !
Il me manque pas beaucoup, celui-l�. Croyez-moi.
- C'est vous la plus heureuse. - Soyez patiente, il y passera.
Comme les autres. - Dieu vous entende. � demain.
- � demain. - Pardon.
- Monsieur. - Bonjour.
Une photocopie, s'il vous pla�t. - C'est deux francs.
- Excusez-moi, je reviens tout de suite.
- Et en plus, ils savent jamais ce qu'ils veulent.
- Vous cherchez les ennuis ? - Je voulais juste r�cup�rer �a.
- Qui me dit que c'est � vous ? - Personne, mais c'est � moi.
- Qu'est-ce qui me le prouve ?
Je vous le donne. Mais trouvez un emploi,
ce sera mieux pour vous.
- Mais il est d�go�tant, votre papier.
- On a march� dessus. - �a se verra.
- Pas grave.
- Comme vous voudrez, mais venez pas vous plaindre apr�s.
- Non, non, c'est l'autre c�t� qui m'int�resse.
- Je peux pas le deviner. - On en a parl�, c'est le c�t�
avec l'empreinte de la semelle. - Mais si vous me le dites pas !
Elle m'a jamais fait �a.
(sonnerie) - Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Vous l'avez fichue en l'air avec votre papier plein de boue !
Si vous me la d�t�riorez, vous me la payez, je vous pr�viens.
�a fait huit francs. - Vous m'aviez dit deux francs.
- Plus les autres. - Je paie pas les mauvaises.
- Je voudrais bien voir �a.
- Tu tombes bien, Francis. Il ne veut pas payer ce qu'il me doit.
- T'inqui�te pas, maman. Je connais monsieur.
Je vous conseille de payer.
- Bonjour. J'aurais voulu t�l�phoner, s'il vous pla�t.
Alors un caf� et un t�l�phone. - Au bout, avec des pi�ces.
- Je peux vous emprunter un stylo ?
Merci.
- Non, je ne veux plus jamais te revoir. Tu m'entends ?
Alors tu arr�tes de me harceler au t�l�phone � longueur de jour !
C'est fini ! Fini ! Fini ! Tu as compris ?
- Mais-- - Non, ne dis rien.
Je ne veux m�me plus entendre le son de ta voix.
Tu t'es conduit comme un salaud ! Et tu as que ce que tu m�rites.
- Mais-- - C'est fini ! Adieu !
- Elle m'a quitt�. - Mais...
�a va peut-�tre s'arranger.
- Non, �a va pas s'arranger !
Elle m'a jet� comme une merde.
Elle ne veut plus me voir ni me parler. Je suis foutu.
Je vais me foutre en l'air. - Faut pas dire �a.
- Si je lui dis que je l'aime...
Peut-�tre qu'elle reviendra avec moi.
- Peut-�tre, oui.
- Vous avez raison. Je lui ai jamais dit... "Je t'aime".
T'as raison, c'est �a. Il faut que je... Je vais lui dire...
Je... Oui...
"Ma vie sans toi..." euh... c'est de la merde."
Sans toi, j'allais faire une grosse connerie.
Merci, mon ami. Merci.
(dring !)
- All�. - Oui, bonjour, mademoiselle.
Excusez-moi, c'est le monsieur qui a trouv� votre portefeuille.
Voil�, j'ai �t� retard�. Je risque d'avoir du retard.
Je suis d�sol�. - Mais rassurez-vous,
�a n'a aucune importance, je suis pas press�e.
Vous �tes tellement gentil de vous donner ce mal.
- Je vous en prie. Alors ce serait possible vers 20 h ?
- Euh... Oui, d'accord, tr�s bien. Donc � 20 h au Penalty.
- Tr�s bien. Alors � 20 h.
- � tout � l'heure.
- � tout � l'heure. Au revoir et merci.
- Au revoir. - Au revoir.
(musique)
- France T�l�com, Renseignements, bonjour.
Un op�rateur va vous r�pondre.
Ce service vous sera factur� 4,46 francs.
France T�l�com, Julie, bonjour.
- Oui, j'aurais voulu le num�ro de t�l�phone
de M. Emmanuel Lacarri�re, � Montrouge, s'il vous pla�t.
- Ne quittez pas.
- France T�l�com, Renseignements, bonjour.
Un op�rateur va vous r�pondre.
(musique)
France T�l�com, Renseignements, bonjour.
Un op�rateur va vous r�pondre. (musique)
France T�l�com, Renseignements, bonjour.
Le num�ro que vous avez demand� est le 0-1-53-34-98-
9-34.
- Merde.
- Rien � foutre qu'il ait perdu aux courses.
Il va me rendre mes 50 balles, crois-moi...
Je me f�che pas ! J'aime pas qu'on d�conne avec le fric.
C'est tout ! En 25 ans, j'ai jamais fait cr�dit.
M�me pas � ma m�re... Question de principe, parfaitement !...
C'est �a, oui, c'est �a. Salut. Connard.
- Salut, Gustave. - Salut, J�r�me.
- T'as un souci ? - Monsieur commande,
et tu vas pas le croire, il a pas d'argent.
- Sans blagues ? - En essayant de se carapater,
il m'esquinte le mobilier. - Je vois le genre.
Ton nom. - Gr�goire Moulin.
- Jette un oeil sur l'ordinateur. Tu te d�fonces ?
- Pardon ? - Fais voir tes bras.
L'autre c�t�.
�a fait combien de temps que t'es au ch�mage ?
- Je travaille aux Assurances vend�ennes.
- Voil�. Tous ces gros ch�ques, �a t'a fait tourner la t�te.
Tu veux mener la grande vie; t'as choisi le bar � Gustave.
Peut-�tre que tu voulais te barrer avec la caisse ?
- J'avais de l'argent, mais c'est � cause de la libraire.
- Essaie pas de m'embrouiller. Quelle libraire ?
- � c�t� de la poste. - La libraire, rue Fournelle ?
Il y a pas plus gentille que cette femme.
C'est la m�re � Francis. - Oui, elle est chouette.
- Puis courageuse. Son mari est d�c�d�, l'an dernier.
C'est une sacr�e bonne femme, �a. Toi, par contre,
t'es vraiment pas net.
- Que dalle.
- C'est bien ce que je disais, t'es un sournois.
Allez, allez, au ballon.
- J'allais revenir payer, j'ai rendez-vous dans cinq minutes.
Attendez, c'est avec elle. Avec la jeune femme.
- Assis.
- �a va pas, J�r�me ? - C'est Gilberte.
Elle m'a fait une crise ce matin, puis on s'est engueul�s.
Elle voulait regarder son feuilleton � la con.
Tu te rends compte ? Un soir de finale.
J'�tais en rogne, je lui ai foutu sur la gueule.
- Elle aime pas �a, hein ?
- Non, je crois m�me que �a lui a franchement d�plu.
Elle s'est barr�e avec les gosses.
- Elle a fait �a pour te foutre les jetons.
- Tu crois ? - Elles sont toutes comme �a.
Elle fait �a pour marquer le coup.
Dans trois jours, elle revient demander pardon en chialant.
- C'est pas son genre de chialer.
- T'as du pot. Brigitte, c'est une vraie fontaine.
- Ah oui ? - Eh oui.
- �a doit �tre gonflant. - M'en parle pas.
- Fous-lui sur la gueule. - C'est encore pire.
(radio) : Centrale � patrouille. - Oui, J�r�me, j'�coute.
- Il y a des supporters qu'on a refoul�s du parc
qui ont chop� N�n� et Nounouc et et qui p�tent la caisse.
- Putain, les encul�s. O� ils sont ?
- � c�t� des grands immeubles. Vous y allez ?
- On y va, oui. Allez, fonce.
(sir�ne)
Si �a tourne au vinaigre, tu lances un appel radio.
Tu quittes pas monsieur des yeux,
des fois qu'il en profiterait.
- Putain, qu'est-ce qu'ils prennent.
Centrale pour Pascal. Centrale pour Pascal.
R�pondez, nom de Dieu ! - Monsieur. Monsieur.
- Ta gueule, toi ! R�pondez. Centrale pour Pascal !
- O� est-ce que tu vas ? Mais attends. Attends.
On casse du flic, l�. Reste avec nous !
- Avenue des Lys, � Montrouge, s'il vous pla�t.
(grognement)
- N'ayez pas peur, c'est une brave b�te. Hein ?
� mon retour du Golfe, quand ma femme s'est barr�e
avec un repr�sentant de chez Cinzano, il m'a beaucoup aid�.
Sans lui, je coulais. Un chien, c'est pas comme une femme.
�a vous aime toute sa vie. Et �a vous veut que du bien.
- Hum-hum. (klaxon)
C'est pas apr�s vous qu'il en a,
mais il faut dire que ce soir, on est en boule, tous les deux.
Les supporters du foot, c'est vraiment des moins que rien.
Sur la porti�re, on m'a fait un graffiti au feutre ind�l�bile.
C'est un coup des gars du foot. Si c'est pas d�gueulasse.
J'ai � peine eu le temps, mais j'ai crois� leurs regards,
et moi, quand je vois un regard, j'oublie jamais.
(t�l�) : Nous voici au Parc des Princes, o� va se d�rouler
la finale de la Coupe de France opposant l'Olympique de Paris
� Perros-Guirec, un match inattendu, avec d'un c�t�,
le plus gros budget du championnat.
- Nous apercevons l'entra�neur parisien tr�s controvers�,
qui joue s�rement sa carri�re, ce soir.
- Oui, un �norme enjeu, puisque Paris sauverait sa saison
avec une place en Coupe d'Europe,
tandis que les joueurs bretons, s'ils l'emportaient,
seraient propuls�s du statut de sans grade
� celui de stars.
(La porte claque lourdement.)
(pr�sentation des joueurs de l'Olympique de Paris)
(t�l�) : D�couvrons maintenant les joueurs de Perros-Guirec,
avec le Fossoyeur des espoirs parisiens...
- Et alors, vous les avez serr�s ?
(t�l�) : Je ne crois pas me tromper en affirmant
que tout Paris doit �tre devant son poste
� l'heure qu'il est.
(hymne national fran�ais)
(Un b�b� pleure.)
- Je monte. Tu �vites de hurler toute la soir�e, s'il te pla�t.
- D'accord. � tout � l'heure, ma ch�rie.
Bonne nuit.
(Il monte le son.)
(t�l�) : Exactement, agressif,
c'est l'�tat d'esprit breton en ce d�but de match.
- Les Parisiens qui ont gagn� le tirage au sort
et qui choisissent le terrain. C'est la mise en jeu.
Et c'est parti pour 90 minutes explosives !
- �a fait 87.
- Oui, effectivement.
Voil�, il se trouve que je n'ai pas d'argent sur moi.
(grognement)
Rassurez-vous, je vais sonner chez mon coll�gue
qui habite juste l�. Il va me donner
de quoi vous r�gler, et... Et tout sera arrang�.
Et ensuite, nous irons � mon bureau. Je...
r�cup�rerai mes affaires et...
Et voil�. - Vous ne r�glez pas la course ?
- Mais attendez...
Calmez-vous.
- Je suis tr�s calme, monsieur. Vous me devez 87 francs.
- Je vous r�explique. Je vais chez mon coll�gue.
Il me donne de l'argent. Je vous paye,
et nous allons � mon autre destination.
Ce qui vous fera une deuxi�me course.
C'est int�ressant pour vous. - O.K.
Je vous fais une fleur. Vous avez deux minutes.
N'essayez pas de me baiser.
Je suis quelqu'un de tr�s rancunier.
- Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais !
(musique)
Putain, il y a carton rouge ! Il y a carton rouge, merde !
(t�l�) : Ce serait un vrai coup du sort en ce d�but de partie.
L'arbitre appelle les soigneurs,
ce qui voudrait dire qu'il serait s�rieusement touch�.
Mais ce malheureux semble en effet tr�s mal en point.
- C'est s�r, 360 millions sur un brancard, �a fait de la peine.
- Oh-oh !
(t�l�) : C'est donc lui qui va remplacer l'infortun�...
Il s'�lance...
Un choix peut-�tre discutable. - Peut-�tre.
- Oh ! (Il sonne.)
(t�l�) : Si les Bretons le leur permettent.
- Les deux minutes sont �coul�es !
Vous �tes tous des d�gueulasses !
Le monde entier est d�gueulasse !
- � ce soir, Emma.
- � ce soir, Charles.
- Je vous aime, Emma.
- Moi aussi, mon ami.
(hennissement)
(sifflet strident)
(t�l�) : Les joueurs parisiens qui r�clament un carton.
(cris entrem�l�s)
- Et c'est le sp�cialiste des coups de pieds arr�t�s.
Tout le monde retient son souffle dans les tribunes.
- Atchou !
- Comme si quelque chose l'avait perturb� en pleine course.
- Dehors. - Mais attendez.
- Dehors !
- Esp�ce de cingl� !
- Personne me baise, moi.
Personne.
(battement de c�ur)
- Alors ?
- C'est lent. C'est tr�s lent.
(t�l�) : C'est m�me tr�s, tr�s lent de la part des Parisiens
qui se font subtiliser la balle.
(cris)
Il se tord de douleur. - Oui, peut-�tre.
- En tout cas, esp�rons que ce ne soit pas les ligaments.
A�e ! A�e ! �a sent le carton. - Oui, et c'est du rouge.
- Eh oui.
La faute est incontestable. Il y a un r�glement, l�.
- Parfaitement, et il est l� pour �tre respect�.
- �a s'annonce mal pour les Parisiens
qui vont devoir jouer toute la partie � 10.
- Un coup franc tr�s dangereux. - Dangereux.
- Il s'�lance. Et le but !
(Gr�goire sursaute.)
- �a va mieux ?
- Qu'est-ce qui s'est pass� ?
- Vous avez percut� notre voiture
et vous avez perdu connaissance.
- Et o� est-ce qu'on est, l� ?
- Dans notre appartement. Nous vous avons ramen� ici
pour vous soigner. Je suis m�decin.
- On a cru qu'on vous avait tu�. On a eu une peur bleue.
- Vous ne ressentez pas de douleur au thorax,
� la t�te ?
- Non, non, �a va, je crois.
- Restez allong�, c'est plus prudent.
- Je m'appelle Solange.
Et mon mari, c'est Jean-Fran�ois.
- Gr�goire Moulin. Enchant�.
- Vous voulez boire quelque chose pour vous remonter ?
- Un cognac ?
(musique)
Vous aimez la musique ?
- Euh... Oui, oui, bien s�r.
Excusez-moi d'insister,
mais il faut vraiment que je t�l�phone.
- Ma femme et moi, on est tr�s Brahms. N'est-ce pas, ch�rie ?
- Tr�s.
C'est infernal, cette chaleur. Vous trouvez pas ?
- Tais-toi, je n'en pouvais plus.
Vous pouvez vous mettre � l'aise, vous savez. Vous perlez.
- Une douche ? - Non, je dois vous laisser.
- Je vous le d�conseille, �a serait prendre des risques.
- C'est quoi, votre parfum ? - Une simple eau de toilette.
- Sens-moi �a, c'est exquis.
- Je suis pas tr�s client de-- - Menteur.
Avec un regard de d�gueulasse comme le tien ?
- Baise-nous. - �coutez--
- Sois sympa, on est vendredi soir, on se fait chier.
Tu vas voir, on va bien s'amuser, tous les trois.
- Non, s'il vous pla�t. - Petit salaud, t'en as envie.
- Laissez-moi, madame !
- Je vous jure que je voulais pas.
- Bof, c'est pas grave, elle est dans les vapes.
Puis on est bien, tous les deux. Non ?
�coute, je vais �tre franc avec toi, tu me plais.
Tu me plais �norm�ment. D�s que je t'ai vu, tu m'as plu.
Allez, laisse-moi te donner un petit baiser.
Mais qu'est-ce que �a te co�te ?
- C'est pas le probl�me, j'en ai pas envie.
- Juste un petit bisou.
Tu peux bien me donner un peu d'affection, hein ?
Rien qu'un bisou. Apr�s, je te laisse partir. Promis.
Dans le cou. Juste dans le cou.
S'il te pla�t.
- Bon bien... Vite, alors.
- Encore ?
- Mais vous avez jur�-- - J'ai menti.
J'ai un gros d�faut, je suis tr�s t�tu. T�tu.
Ah-ha !
Dis donc, t'aimes bien faire le r�tif, hein ?
- Je vais �tre oblig� de vous frapper, si vous insistez.
- Eh bien, si c'est ton truc. Mais je vais devoir me d�fendre.
Ah !
Mais vous �tes compl�tement malade !
Je vous ai fait mal ?
- Rodolphe !
Oh, Rodolphe !
(Ils rient.)
Rodolphe, dites-moi que vous ne me quitterez jamais.
- Je suis fou de vous, Emma.
Chaque seconde en votre absence est une douleur insupportable.
- Partons, Rodolphe. Quittons cette ville pour toujours.
- Emma, vous �tes insens�e.
- Mon mari est un sot sans ambition. Il est r�pugnant.
Il est tellement laid.
Si je reste plus longtemps avec lui, j'en mourrai.
Promettez-moi de m'emmener. Promettez-le-moi.
- Entendu, Emma, je vous emm�nerai. Vous �tes insens�e.
- Mais quand ? Quand ?
- Jeudi. Je viendrai vous chercher,
nous partirons pour toujours. - Oh, Rodolphe.
Rodolphe.
- Mlle Bonheur ? - Oui.
- T�l�phone pour vous sur le bar.
All�. All�. - All�.
- All�. Oui.
- Bonjour. C'est le monsieur qui a trouv� votre portefeuille.
- Ah, c'est vous ? - D�sol�, je suis en retard.
- Oui, je commen�ais � �tre inqui�te.
- Hein ? J'ai quoi dans les yeux ?
(chahut)
- �a va ?
- C'est rien, ne quittez pas.
- Je vous attends.
(cris entrem�l�s)
� tout � l'heure. - Au revoir.
(t�l�) : On est vraiment pass�s � la vitesse sup�rieure, l�.
(dring !)
- Oui ?
- Emmanuel Lacarri�re ?
- All� ?
All� ?
(t�l�) : Tous au vestiaire. 1-0 pour les Bretons.
- Monsieur, s'il vous pla�t.
- Biquet.
- Bonsoir. - Bonsoir.
(musique forte)
- O� je pourrais t�l�phoner ?
Vous savez pas o� je pourrais trouver un t�l�phone ?
Excusez-moi, o� pourrais-je trouver un t�l�phone ?
- Par l�.
- La porte ! - Chut !
(t�l�) : Les Bretons qui temporisent...
Le gardien parisien qui vient voler la balle...
Qui centre � son tour pour...
(cris)
Les Parisiens qui laissent aller leur joie.
On les comprend. - Bien s�r.
Hors-jeu sur la derni�re action.
- Oui, l'arbitre ne changera pas d'avis,
malgr� les protestations des joueurs.
Quelle d�ception ce doit �tre pour les Parisiens.
- C'est pas vrai, �a ?
Tu vas pas t�l�phoner ? - J'en ai pour deux minutes.
- Mais bordel de chiotte de merde !
Tu vas nous laisser regarder notre hockey, oui ou merde ?
L�. Il ne marche plus. C'est fini.
(Ils crient.)
- Qu'est-ce que tu veux faire avec les cl�s de l'agence ?...
Sans d�conner ?...
Alors t'as pas post� mon courrier ?...
Ah bon, tu m'as fait peur.
Putain de merde !... Rien, c'est le match.
- Est-ce que tu pourrais me pr�ter 200 francs pour un taxi ?
- Je les ai. Mais passe pas trop tard,
j'ai ma gamine, moi. - Oui, d'accord.
Je fais au plus vite. Merci, merci.
- Putain de bordel. Quel grand con !
Excusez-moi, je-- - Oui ?
- Vous me rendriez un service ? - Quel genre de service ?
(t�l�) : Et c'est encore un ballon parisien mal cadr�
qui se retrouve dans les tribunes.
- C'est tr�s important. - J'ai dit non.
- D�sol�. - Pardon ?
(t�l�) : Oh, petit contact.
- Oui, les Bretons qui s'�taient pourtant
montr�s virils jusqu'� pr�sent sont tomb�s
dans la brutalit�. - Que voulez-vous,
c'est un sport d'hommes. - C'est s�r.
(musique forte)
- C'est moi, mon biquet. C'est moi.
Oh, tu dors.
�coutez, je suis navr�, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.
Ceci dit, c'�tait pas du tout d�sagr�able.
Vous allez me trouver un peu mutin,
mais j'ai bien envie de recommencer. Pas vous ?
Ah, qui ne dit mot consent.
- Taxi !
Taxi !
- Mme la pr�f�te, mes hommages.
Excusez-moi de vous d�ranger si tard.
J'aurais voulu m'entretenir avec votre �poux
d'une affaire d'une extr�me importance... Je vous remercie.
Oui, Bruno, oui... Oui, c'est Philippe...
- Hop ! Hop ! Hop ! �a l'amuse, le petit monsieur,
de sauter le tourniquet, l� ? - Il a ses papiers ?
- L�chez-moi !
(Elle hurle.)
- Madame. Madame.
(Elle crie.)
Madame. Madame.
(Elle crie.)
(Ils crient.)
Regardez, tout va bien.
Mademoiselle ? Mademois...
- Il est parti ? - Qui �a ?
- Le type avec la moustache. Il est parti ?
- Euh... Oui, oui. - Qui �tes-vous ?
- Euh... Je passais dans la rue, je vous ai entendue crier,
et je suis venu � votre secours.
- Vous m'avez sauv� la vie.
- Non... - Mais si. Sans vous,
il m'aurait battue et viol�e pendant des heures.
Je serais s�rement morte � l'heure qu'il est.
Je m'appelle H�l�ne. Enchant�e.
- Euh... Gr�goire Moulin. - Vous avez �t� si courageux.
Comment puis-je faire pour vous remercier ?
Demandez-moi tout ce que vous voulez.
- Vous avez une voiture ?
- Oui.
- �coutez, c'est tr�s urgent. Je dois absolument rejoindre
une femme qui m'attend depuis des heures
dans un caf� sordide tenu par une brute.
Et si je ne fais pas au plus vite,
je crains le pire. - Elle est en danger ?
- En... en quelque sorte, oui.
- Et vous l'aimez.
- Oui.
(hennissement)
(voix de Rodolphe) : Ma ch�re Emma,
apr�s m�re et douloureuse r�flexion, j'ai r�alis�
que notre liaison ne nous m�nerait qu'au malheur.
C'est pourquoi j'ai pris la courageuse d�cision
de fuir � tout jamais.
J'esp�re que vous ne m'en voudrez pas trop.
Rodolphe. - Non !
(cris)
(t�l�) : C'est 2-0 pour les Bretons !
- Les joueurs de Perros-Guirec qui se d�rident enfin
et se laissent aller � la joie.
- C'est s�r, avec deux buts d'avance...
- � c�t� de ce que sont en train de leur faire subir les Bretons,
les sept plaies d'�gypte, c'est du petit lait.
- On a marqu� ? Hein ?
- Vous �tes s�re que vous voulez pas que je conduise ?
- Non, non, �a va bien, maintenant.
�a me fait plaisir de vous aider.
- H�l�ne ! Reviens ! Je peux pas vivre sans toi !
H�l�ne, mon amour ! Je t'aime !
- N'importe quoi. �a fait deux ans
qu'il refuse de quitter sa femme. Alors un soir,
j'ai d�cid� qu'on allait mourir tous les deux,
parce que notre amour �tait impossible. Vous savez,
comme Rom�o et Juliette. On devait prendre chacun
30 cachets. J'ai aval� les miens,
j'ai fait deux jours de coma, et quand je me suis r�veill�e,
pfft ! Il avait disparu.
- Je t'aime ! Je t'aime !
- J'imagine que vous devez me trouver tr�s dure. Vous savez,
nous autres, les femmes, nous avons horreur d'�tre d��ues.
- H�l�ne, tu veux vraiment que je me bute ? C'est �a ?
Je vais le faire !
- Vous avez d�cid� de vous acharner sur moi ?
(grognement)
- Je vous assure que c'est le pur fruit du hasard.
- Vous allez me le payer tr�s cher.
- Qu'est-ce que vous voulez ? - Calmez-vous,
il est propri�taire de l'auto que nous venons d'emboutir.
- Il va nous faire une jaunisse pour de la t�le ?
Foutez-nous la paix, vous et votre sale bestiole pouilleuse !
- Retirez �a imm�diatement.
- Votre animal est un paillasson malodorant, et vous, un abruti.
Quant � votre voiture, je suis contente de l'avoir emboutie.
- H�l�ne, mon amour !
(Il hurle.)
- Par ici !
- Tourne !
- Comment on fait, maintenant, sans voiture ?
- Cessez de vous arr�ter � des d�tails.
Il y a toujours une solution quand on est vraiment d�cid�.
- Mais quelle solution ? �a fait des heures que je me d�bats
sans arriver � rien. Vous imaginez peut-�tre
que �a va tomber du ciel ? - Tenez.
Nous allons leur demander de nous pr�ter leur automobile.
Et voil�. - Mais ils voudront jamais.
- Vous devriez avoir un peu plus foi en l'humanit�, vous savez.
(t�l�) : �a repart de l'autre c�t� pour les Bretons...
- Messieurs. Pardonnez-moi de vous d�ranger,
mais mon ami et moi aurions besoin de votre voiture.
pour une demi-heure. Comme vous l'utilisez pas...
Non, mais h�, vous pourriez me r�pondre !
Vous avez vu �a ? Ces gens sont d'une grossi�ret� inou�e.
- Non, non, laissez. Il vaut mieux pas les d�ranger.
Ils vont nous faire du mal. - C'est ce qu'on va voir.
Messieurs, je fais appel � votre sens de l'entraide.
Mon ami a besoin d'une voiture. Il y va de la vie d'une femme--
- Excusez-la. Elle s'est pas rendu compte.
Venez, nous d�rangeons ces messieurs.
- Vous �tes d'un l�che.
- Je suis navr�. Je...
- Montez.
On va o�, d�j� ? - Montrouge.
- Vous avez connu beaucoup de femmes dans votre vie ?
- Raisonnablement.
- Je vois. Coquin.
Et donc, cette fois-ci,
c'est la bonne. C'est �a ?
- Nous ne nous connaissons pas tr�s bien,
mais je ferai tout pour la rendre heureuse.
- Vous n'avez pas envie de m'embrasser ? De mourir avec moi ?
Vous fatiguez pas, va.
J'ai compris.
Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi, votre amie ?
Qu'est-ce qu'elles ont toutes
de plus que moi ?
- On va te faire du mal. - Beaucoup de mal.
(coup de feu)
- Alors, les tagueurs ? Je savais que je vous retrouverais.
Puis vous �tiez de m�che avec l'autre fumier, hein ?
Bande de d�gueulasses !
(coups de feu)
(description du match de football)
- On a marqu� !
On a marqu� !
Trois-z�ro !
Ouais ! Ouais !
Ouais ! Ouais !
(t�l�) : Alors que le gardien parisien semble s'�tre bless�.
- Le choc a �t� assez brutal.
On l'a entendu d'ici. - C'est vrai...
- Mais oui, tout est de ma faute...
J'ai pas tenu... Mais je...
Je t'aime...
On pourrait peut-�tre s'accorder une derni�re chance ?...
- Jamais de la vie ! Alors l�, jamais !
(Elle raccroche.)
(t�l�) : Alors qu'on fait rentrer le gardien rempla�ant.
- Eh oui, qu'on n'avait plus revu sur une pelouse
depuis le malheureux incident qui l'opposait
aux supporters corses en novembre dernier.
- Voil� qui ne va pas arranger les affaires de Paris.
Sans jeu de mots.
- Vous avez pas vu mon ami ?
- Tu vas expier, cr�ature.
- Oui.
Envoyez-moi dans les abysses obscures.
Mon �me est sale.
Lavez-la.
Pfft ! Vous aurez jamais le cran de tirer, de toute fa�on.
Vous �tes tous les m�mes, des l�ches.
- Vous, les bonnes femmes, vous croyez que vous �tes mieux ?
Toujours � vous plaindre, � nous faire culpabiliser.
Tout �a pour finir par vous barrer avec le premier connard.
- Vous savez que vous �tes tr�s s�duisant dans la col�re ?
Je vais vous dire ce qu'on va faire.
On va s'embrasser, et apr�s, on se tuera.
Vous allez voir, �a va �tre tr�s, tr�s beau.
- Non !
D�marre !
- Attendez ! - D�marre !
(couinement)
- Bonjour, toi.
Comment tu t'appelles ? (couinement)
Comment ? (couinement)
Michel.
Mais c'est tr�s joli, �a.
(t�l�) : C'est la fin du match
qui tombe comme un v�ritable couperet sur les Parisiens.
Tandis que dans le camp breton, c'est de la folie.
- Ah oui, les Bretons qu'on a vus ce soir en �tat de gr�ce.
Il n'y a pas d'autres mots. - Et ici, maintenant,
c'est le d�lire.
- On se croirait dans le village d'Ast�rix.
- On peut vous assurer que d'o� nous sommes,
la mine des supporters de Perros-Guirec
fait plaisir � voir.
Il y a de l'euphorie dans l'air, ce soir.
- Eh oui, sc�ne de joie
qui va en r�concilier plus d'un.
- On va faire sauter les galettes de froment...
On va s�rement entendre r�sonner jusqu'au petit matin.
- Putain. 3-0. Tu te rends compte ?
- Je sais pas quoi te dire.
- Il y a rien � dire ! Il y a qu'� fermer sa gueule !
Putain de putain,
de putain de merde !
- Je peux passer un coup de fil ?
(Elle tousse.)
- Emma. Ma petite Emma.
- Pardonnez-moi, Charles.
- Emma.
- Mlle Bonheur ? - Oui ?
(sanglotant) : C'est encore pour vous.
- Vous pleurez ? - Non, non, tout va bien.
- J'arrive. - Tardez pas trop,
parce que j'ai pas du tout d'argent pour ma consommation.
- Oui, oui, comptez sur moi, je suis l� dans 20 minutes.
- Je vous avoue que j'ai tr�s envie de rentrer.
- Je comprends, encore toutes mes excuses pour ce retard.
- Je compte sur vous, alors. - Oui. � tout de suite.
Je vais pas t'emb�ter plus longtemps,
je vais juste prendre les cl�s puis y aller.
- Je comprends pas, je les ai pas sorties de ma veste.
C'est pas vrai, �a ! Je les sors jamais de ma veste !
- C'est pas grave, elles sont s�rement pas loin.
- J'ai aucune raison de les sortir de ma veste ! Merde !
- Si tu n'arr�tes pas, je vais commettre l'irr�parable.
- Fous-moi la paix !
- Tr�s bien.
Bonne nuit. (Le b�b� pleure.)
- Putain, ma caisse.
Je les ai laiss�es dans ma caisse. Que je peux �tre con !
Je les ai balanc�es sur le tableau de bord en sortant.
Mais qu'est-ce que je peux �tre con !
Mais ce que je suis con ! Merde !
Je trouve pas les cl�s de la caisse ! Merde !
O.K. Viens.
Putain, ma caisse. Je l'avais gar�e l�.
On m'a piqu� ma caisse.
Putain, putain.
Putain de...
Que je suis con. C'est hier que m'�tais gar� devant chez moi.
Viens.
- Attends. Tu vas pas-- - T'inqui�te pas. Elle est pas
� moi, elle est � cr�dit, comme le reste.
Merde. Pousse-toi.
Tiens.
Ah, tiens. Deux cents balles pour ton taxi,
et merci pour la photocopie, c'�tait sympa.
(Le b�b� pleure.)
(Il crie.)
- �a fait deux heures qu'on attend.
- Hein ? - Il est 22 h 30.
J'ai command� � 20 h 15. Qu'est-ce que vous avez foutu ?
- Non, non, je suis pas livreur. - Donnez-moi ma 4 saisons.
- Vous comprenez pas. - D'accord.
Sale petit menteur.
En plus, elle est froide.
Vous croyez que je vais bouffer une pizza froide ?
(craquement)
- C'est pas vrai...
C'est pas vrai.
- �a va pas, monsieur ?
- Qu'est-ce que vous allez faire ? Me d�couper en morceaux ?
Et m'accrocher dans votre camion entre deux quartiers de b�uf ?
- On vous a rien fait, nous. Pourquoi vous vous �nervez ?
- Je m'�nerve parce que j'en ai assez !
Alors je vous pr�viens, le premier qui bouge,
je lui p�te la gueule !
Compris ?
- Je vous l'avais dit, les gars, les gens nous aiment pas.
- Je ferme, mademoiselle.
�a fait 21,60. - Je... je n'ai pas d'argent.
- Pardon ? - Monsieur !
Attendez.
Voil� pour mademoiselle et pour mon caf� de tout � l'heure.
Gardez tout.
- Alors l�, �a change tout. Merci, monsieur. Merci.
- Excusez-moi encore pour ce retard.
Voil�.
- Mon Dieu, c'est vous.
Pardonnez-moi, mais �a fait des jours que je vous observe
� travers ma baie vitr�e. Des jours que mon c�ur
ne cesse de battre pour vous.
H�las, je suis d'une timidit� maladive.
100 fois, j'ai failli traverser la rue pour tout vous dire.
Et 100 fois, j'ai recul�.
Mais maintenant que j'ai lu �a, je sais qu'une vie sans amour
est une vie sans issue.
Accepteriez-vous de faire un tour avec moi ?
La nuit est si belle, ce soir.
J'ai tellement de choses � vous dire.
- Mais... avec plaisir, bien s�r, oui.
- Vous voulez m'attendre une petite minute ?
- D'accord.
- �a vous ennuie d'attendre la petite dame dehors ?
Faut que je range. - Non, non, bien s�r.
- Je vous souhaite beaucoup de bonheur � tous les deux.
- Merci. Bonsoir.
- Tu croyais m'�chapper, ordure ?
Esp�ce de d�gueulasse.
- Calmez-vous.
- Tu vas mourir.
- Esp�ce de merde !
Dis donc, t'es parti bien vite. On t'est pas sympathiques ?
- Attendez. Nous pouvons r�gler �a � l'amiable.
- C'est pas notre style.
(crissement de pneus)
- Tiens, voil� les tapettes.
- Putain, c'est les mecs de Perros-Guirec.
- M. Moulin.
Je voulais vous pr�senter Michel. C'est mon nouvel ami.
Il est beau, hein ?
- H�l�ne, je t'aime.
- Pas moi. T'avais qu'� mourir avec moi.
- Je sais, mais je vais tout r�parer.
- D�gueulasse.
- Ici le colonel Mortier de la Brigade de r�pression !
N'opposez aucune r�sistance, ou nous vous abattrons.
D�posez votre arme au sol et levez les bras bien tendus.
- C'est lui. Il m'a frapp�
et m'a livr� aux mains de son complice, qui m'a...
Agress�.
- Le jury a-t-il d�lib�r� ?
- Oui, votre honneur.
- Veuillez vous lever, M. Moulin.
- Coupable � l'unanimit�. (applaudissements)
- Attendu que le pr�venu a �t� reconnu coupable,
la Cour le condamne
� la r�clusion � perp�tuit�. (cris de joie)
La s�ance est lev�e.
(respiration profonde)
- Bonjour.
Excusez-moi, je...
Je prends quelle couchette ?
- Celle que tu veux...
mon biquet.
(t�l�) : Mutinerie hier soir � la Centrale de Clervaux
� la suite d'une panne de secteur. La retransmission
de la finale de la Coupe de France a �t� interrompue,
provoquant la col�re des d�tenus. Ce matin,
deux d'entre eux manquaient � l'appel.
Enfin, sports, l'Olympique de Paris...
Sous-titrage : CNST, Montr�al
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