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[thème nostalgique au piano]
[quelqu'un frappe et entre]
[femme] Bonjour, Mme Courtillet.
- Vos médicaments. - Merci.
Vous écrivez une lettre à qui ?
À Milann Rousseau. Au foyer Lino Vartan, vous connaissez ?
Non.
Laissez-moi vous raconter cette histoire, je l'adore.
C'est l'histoire d'un jeune orphelin, Milann,
qui détestait les personnes âgées.
Un jour, il a été condamné à des travaux d'intérêt général
dans une maison de retraite.
Il a tissé avec eux
des liens merveilleux.
Surtout avec un,
Lino Vartan, un ancien champion de boxe.
Il a été pour lui comme une figure paternelle.
Yes, j'ai gagné ! Yes !
Malheureusement, il est mort peu de temps après.
Alors, il a eu une idée incroyable.
Il a mis ensemble
des personnes âgées et des orphelins, comme il l'avait été,
et a donné à ce foyer le nom de Lino Vartan
en hommage à son ami disparu.
Et c'est là que je veux aller.
[thème funk]
[homme] Écris : "On se connaît depuis nos 20 ans."
Milann ne voudra pas nous séparer.
Il le voit pas, lui, que vous êtes une personne âgée ?
T'occupe. C'est plutôt flatteur. T'en fais pas.
[jeune homme] Mamie Nova, ça déprime ?
Je dois rédiger ma lettre pour rentrer dans une maison de retraite.
Attends, on va t'aider de ouf. Vas-y, note, toi.
"Je suis motiv', sa mère.
"Pour venir et mettre une ambiance de sa mère.
"Dans la maison de retraite de sa grand-mère !"
Excusez-moi, monsieur.
Ça vous dérange pas de rester assis
alors que cette dame âgée reste debout ?
C'est une question d'éducation.
Le respect de nos aînés, ça vous parle ?
Sans déconner, il n'y a plus de savoir-vivre.
[jeune homme] Pardon, madame.
Pauvre con, va.
"Sans déconner, hein..."
Oui, ça va, Sylvette.
À demain.
Écoute celle-là :
"Monsieur, j'ai cru que ma dernière heure était arrivée,
"mais le ciel ne veut pas de moi. Alors, accueillez-moi."
"Milann, nous aimerions partager nos vieux jours avec vous."
"Ma femme et moi fêtons nos 60 ans de mariage.
"Votre foyer serait le plus beau des cadeaux."
"Faites ramoner vos cheminées."
C'est une pub.
Ah oui, pardon, mais ça prête à confusion, non ?
Désolé, j'aidais une grand-mère à monter ses courses.
Et après, un petit vieux voulait traverser.
T'es en retard, Retrait'man.
Je sais, mais j'ai la vocation. Léontine me l'a donnée de là-haut.
Elle a élevé toute la cité.
C'est comme ma grand-mère.
Super viril !
- Tu parles virilité, toi ? - Colère !
Bon, OK, les gars.
- Vous avez trié les lettres ? - Tout à fait.
"Bel Azur Club - Invitation".
"Cher M. Milann Rousseau.
"Suite à vos exploits de réunir orphelins et troisième âge,
"j'aimerais vous inviter pour l'été,
"vous, le personnel et tous vos pensionnaires."
C'est super, ça.
Deux mois à kiffer
au bord de la mer.
Milann, j'ai la peau blanche.
- Accepte ! - Arrête.
C'est une pub, ça se voit.
J'aurais bien pris la foudre des tempêtes.
- C'est "La poudre d'escampette". - Je suis intestable en expressions.
Albert me l'a offert pour améliorer mon vocabulaire.
Cherchez pas Mehdi à 14 heures.
Quoi ? "Mehdi" ?
Oui, c'est mon cousin.
Il est jamais là à 14 heures.
Il fait sa sieste.
D'accord. Et il a été intégré à une expression française.
Apparemment. Il est où, le problème ?
Ça va commencer.
On arrive, Fleurette.
- Cinq minutes. - D'accord.
- Allez, on range et on les rejoint. - On y va.
- [musique disco] - [brouhaha, rires]
- Prête à faire la fête ? - Grave.
Fleurette, tu m'apprendras à danser ?
Ça existait dans ton temps les boîtes de nuit ?
- Ça s'appelait des thés dansants. - C'est quoi ?
Tu danses avec ton thé ? C'est le thé qui danse ?
- Ça s'arrête quand, les questions ? - Avec Juline, jamais.
[Juline] Pourquoi ça s'appelle une question ?
[Milann] Non, pas encore ? Jusqu'à quand ?
C'est le fils du voisin vénère qui a commencé ! Le bâtard à sa mère.
- Bastien, on dit pas ça. - Merci, Albert.
On dit "bâtard de sa mère", pas "à sa mère" !
Au moins, je parle. Pas comme la muette.
Elle ne parle plus depuis la mort de ses parents, c'est pas pareil.
Avec ses yeux, elle exprime plus que toi, p'tit con.
Pas la peine de l'insulter. Mais ne te moque pas d'Amanda.
Ma chérie, faut pas l'écouter.
Ça va s'arranger, c'est juste une question de temps.
Je vais te dire un secret, si tu veux parler,
il faut en avoir envie.
Hé, Milann, viens voir.
- Quoi ? - J'ai installé TikViok à Alfred.
C'est quoi ?
L'application de rencontres pour les vieux.
Mais regarde comme il swipe.
[Bips]
Alfred, là, vous êtes en train de toutes les choisir.
Et alors ? Elles me plaisent toutes.
OK. Et là, c'est une photo de qui ?
[Alfred] C'est moi, jeune.
Ah non, quand la Terre était jeune.
[garçon] J'ai retouché vite fait.
- C'est lui qui voulait. - Mais vous êtes bien comme vous êtes.
D'ailleurs, toujours pas de nouvelles de Claudine ?
Je m'en fous d'elle.
Elle est partie avec un jeunot.
- Un jeunot de quel âge ? - 76 ans.
- Bon, allez, venez, c'est votre jour. - D'accord.
On y va, on vous attend.
- Oui, allez. - Vous êtes l'homme de la journée.
Allez, les amis, on se réunit !
On y va tous ensemble.
Alors, je lève mon verre à Alfred,
qui fête aujourd'hui ses 88 ans et Noah ses 12 ans.
- 88+12, ça fait 100 ans. - Oui, Margot. Qu'est-ce qu'on dit ?
[tous] Joyeux anniversaire !
[Milann] On va souffler les bougies !
Un, deux, trois !
Ouais !
Minots plus viejos !
[tous] La fête à gogo !
Nouvelle danse !
♪ - Et coton-tige ! ♪ ♪ - [tous] Coton-tige ! ♪
♪ Coton-tige ! ♪
♪ - Et gant de toilette. ♪ ♪ - Et gant de toilette ! ♪
♪ Gant de toilette. ♪
♪ Gant de toilette et gant de toilette. ♪
Milann, y a deux mecs à l'entrée avec une tête de fils de chien.
Bastien, on dit pas des trucs comme...
Ah si, là, on peut.
Maître André Latuyère, huissier de justice
et M. Guérand, inspecteur délégué de l'ARS.
Je peux voir vos cartes.
[Guérand] Je dois vérifier la validation de votre foyer par le CROSMS.
Le CROSMS...
Comité Régional d'Organisation Sanitaire et MédicoSociale.
[Latuyère] Vous avez l'arrêté
qui fait suite à l'avis du CROSMS ? Et le CPOM ?
[Guérand] Votre contrat pluriannuel
de pilotage interne de l'amélioration de la qualité, suivi par le CNUP.
Le CROSMS, le CNOP, le CNUP, le FUCT,
vous voulez quoi ?
Vous n'avez pas les documents.
Vous avez 15 jours pour obtenir les autorisations
et réaliser les travaux nécessaires.
Voici le dossier à remplir.
C'est une blague ?
Pour le remplir,
- j'en ai pour des mois ! - [Guérand] Inutile de vous énerver.
C'est la loi.
Le fait de passer à la télé ne vous donne pas de passe-droit.
Quel rapport ?
Vous avez 15 jours.
Passé ce délai, je devrai replacer vos pensionnaires.
Vous me parlez de paperasse, je vous parle d'humains.
Personne leur demande leur avis ?
On les déplace comme des meubles
d'un endroit à un autre juste parce que c'est la loi ?
Ces gens-là n'ont rien d'autre que nous.
C'est pas deux clowns en costume qui vont m'apprendre mon métier.
Vous voulez les prendre ? Prenez-les !
Mettez-les dans une maison de Major Santé et laissez-les crever !
Vous auriez voulu ça pour votre grand-mère ?
15 jours.
Pas un de plus.
Bonne journée, M. Rousseau.
[Guérand] Bonne journée.
Il y a un problème ?
Non, non, ça va.
Milann.
Faut que tu penses à toi.
T'habites dans une maison de retraite, tu dors dans ton bureau,
t'as pas de vie, pas d'amis, à part nous !
Trouve-toi quelqu'un.
Moi, j'y crois plus, mais toi, tu es jeune.
Toi aussi, tu es jeune.
L'amour n'a pas d'âge. Comme disait Jean-Baptiste Poquelin,
dit Molière : "Vivre sans aimer n'est pas proprement vivre."
Ah !
[Alban] Je te l'ai déjà dit,
l'amour, ça change un homme.
[Alfred] Attends, Milann.
J'ai une idée sensas.
Je te refile mes moches.
[thème jovial]
Échec et mat.
Bien joué, Albert.
Tu sais ce que je t'ai fait, là ?
Non.
Une "niquade".
Oh, Alfred...
Ben si.
Ça s'appelle "Le sacrifice de la dame". C'est un des coups les plus excitants.
Si ton adversaire a de l'égo, il va craquer et te piquer ta dame.
Sauf qu'en sacrifiant ta dame, tu élimines sa défense.
Pion en E4.
La partie commence.
D'accord. Je fais ça.
[Albert] 2e étape, cavalier en F3.
On prépare notre défense avant l'attaque.
3e étape, cavalier en C3.
On fait diversion pour tromper l'adversaire.
Puis on avance nos pions.
On libère la voie.
L'adversaire pense qu'il va gagner.
Avant-dernière étape.
Fou en F7, l'étau se resserre.
L'adversaire croit comprendre et nous prend pour des débutants.
Et enfin,
cavalier en D5.
Échec et mat.
Ah oui, bien joué.
Je suis aide-soignant chez Major Santé depuis 5 ans.
On fait de notre mieux,
mais je vois même plus ma famille, le rythme est infernal.
Et à la fin, nos anciens trinquent.
[journaliste] Reine Montrosier, vous dirigez
les établissements de retraite Major Santé. Votre réponse.
Je n'ai rien à cacher.
Contrairement à ce monsieur qui reste anonyme.
Jusqu'à preuve du contraire, c'est votre métier de le prouver,
aucun pensionnaire n'a été maltraité.
[journaliste] Mais beaucoup ont demandé à changer d'établissement.
[Montrosier] Mais je ne retiens personne. Si quelques-uns veulent partir,
et c'est une minorité, qu'ils le fassent.
Cette polémique est vaine. Que cherche-t-on ?
- Tu cherches de l'or ou quoi ? - Qu'est-ce tu fous là ?
C'était qui les deux mecs ?
Rien, c'était personne.
Balance ou je dis que tu te récures le nez devant Montrosier.
C'est nul comme menace.
Bon, jure-moi de ne rien dire.
- Évidemment. - Jure-le.
Juré, je suis une tombe.
Le foyer va fermer.
Quoi ?
- On n'est pas aux normes. - Mais il doit y avoir un recours ?
Oui, faire les travaux en 15 jours et remplir le dossier.
Fallait le dire.
J'adore la paperasse !
C'est ça, le dossier ?
Oui, c'est ça.
Ah oui... Oh !
T'en as parlé à ton avocat ?
Oui. Juridiquement, il n'y a rien à faire.
Je peux plus les garder.
- Elle a pas honte de se montrer, elle ? - Qu'est-ce tu fous là ?
- Je regarde la télé. - OK, personne frappe.
- On va être expulsés ! - Quoi ?
- Je te jure. - Tu devais rien dire à personne.
- Driss, c'est pas personne. - Pas de panique.
Sans mettre la charade avant l'hébreu, j'ai peut-être une solution.
Si on doit partir, je sais où aller. Je vous montre demain.
Merci, Driss.
C'est quoi ce costume ?
Bonjour, je suis Stéphane Hamza. Bienvenue dans "Maison à vendre".
Il m'épuise.
[Driss] Ici, on a des arbres, là, de l'herbe.
Et des petits lapins. J'aime bien les lapins.
Oh, la vache.
Je savais que tu allais kiffer. Et surprise, j'adore les surprises,
on a un service de gardiennage, 24 heures sur 24, sécurité avant tout,
tenu par Chrichtophe. Chrichtophe ?
- Chrichtophe ? - [zip de tente]
Hm... Ah !
[il renifle.]
- C'est un clochard. - Non, c'est Chrichtophe.
[Driss] Qu'est-ce qu'il a la classe.
Chrichtophe, question de ces jeunes gens. Y a-t-il des charges ici ?
[il se racle la gorge]
[il déglutit]
Pas de charges.
- On se casse. - [Driss] Non, attends.
J'aurai un bon prix, c'est le terrain à la grand-mère de ma reuss.
T'as dit quoi ?
- C'est à la grand-mère de ma sœur. - Donc, ta grand-mère.
Beau à l'extérieur, insalubre à l'intérieur. Ah !
- Mais je peux avoir un prix ! - On a un problème de sécurité.
[Sylvette] Amanda, dis-le, c'est facile.
Tiens.
Merci.
[Albert] C'est gentil.
[Fleurette] Ça ne va pas, mon cœur ?
Je l'ai vue à la télé.
C'est vrai que dans ses maisons de retraite, les vieux y vont
pour mourir ?
[Albert] Faut pas généraliser Regarde, nous, on est heureux ici.
Elle me manque.
[thème nostalgique]
Ah oui.
À nous aussi.
[Fleurette] Ma Juline,
tant que tu penseras fort à Simone, elle sera avec toi.
D'accord.
Mais elle, je la déteste.
C'est la méchante reine de "Blanche-Neige."
[homme] "Bel Azur Club", j'écoute.
Oui, je suis Milann Rousseau, je dirige le foyer Lino Vartan.
- Ah, vous avez reçu mon invitation ? - Oui.
J'ai même cru que c'était une pub.
J'aurais pensé la même chose. Il n'y a aucun souci, je comprends.
Pardon, mais pourquoi vous nous invitez exactement ?
C'est si rare de voir des gens dédier leur vie aux personnes âgées
que je n'ai pas résisté.
C'est gentil.
Je vous en prie.
Mon club est une maison de retraite familiale, indépendante.
Nous sommes au bord de la mer.
Écoutez, venez. Je suis sûr que vos pensionnaires adoreront.
Écoutez, on va y réfléchir.
- Dis "oui" ! - Qu'est-ce que vous foutez là ?
- Dis oui ou je parle de tes implants. - Je vous rappelle, M. Masson.
- T'as pas le choix, frère. - Faut apprendre à taper à la porte.
- Pense à nous. - Pense à nous.
[Albert] Ce sont mes deux boules les plus proches.
Ça fait 7 pour Bastien et Albert.
Bravo, Mlle Calcul.
[tous] Bravo !
[Milann] Les amis, j'ai une annonce
à vous faire !
On déménage ?
Non, on part tous en vacances à la mer !
[cris de joie]
Minots plus viejos ?
[tous] La fête à gogo !
♪ Et crème solaire. Crème solaire. ♪
♪ [tous] Crème solaire. ♪
♪ Crème solaire. ♪
♪ Et la mer ! ♪
♪ - Et la mer ! ♪ ♪ - Et ta mère. ♪
Albert dit que tu t'intéresses aux expressions françaises.
Ah ouais, à fond.
- C'est ma nouvelle pubis. - C'est bien.
Tu connais : "Toucher la chatte à la voisine" ?
- Vous me faites une blague, Alfred ? - Non. Pas du tout.
Au XVIe siècle, "toucher la chatte à la voisine",
ça voulait dire "rendre service à son prochain".
"Je touche la chatte à la voisine." "Je rends service à mon prochain."
C'est beau, c'est poétique.
♪ [tous] Et le dauphin ! Le dauphin ! ♪
["Hier encore" - Charles Aznavour]
[Sylvette] Plus fort !
Simone adorait cette chanson.
♪ Hier encore, j'avais vingt ans ♪
♪ Je caressais le temps ♪
♪ Et jouais de la vie ♪
♪ Comme on joue de l'amour et je vivais la nuit ♪
♪ Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps ♪
♪ J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air ♪
♪ J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés ♪
♪ Que je reste perdu ne sachant où aller ♪
♪ Les yeux cherchant le ciel ♪
♪ Mais le cœur mis en terre ♪
♪ Hier encore, j'avais vingt ans ♪
♪ Je gaspillais le temps en croyant l'arrêter ♪
♪ [tous chantent] Et pour le retenir, même le devancer ♪
♪ Je n'ai fait que courir et me suis essoufflé ♪
♪ Ignorant le passé ♪
♪ Conjuguant au futur ♪
♪ Je précédais de moi toute conversation ♪
♪ Et donnais mon avis que je voulais le bon ♪
♪ Pour critiquer le monde avec désinvolture ♪
♪ Hier encore, j'avais vingt ans ♪
[coups de klaxon]
- [motard] Avance ou je te défonce ! - OK, laisse-moi ton adresse, chouchou !
[thème léger et guilleret]
Milann Rousseau ? Claude Masson.
- Bienvenue. - Merci de nous recevoir.
Je vous en prie.
C'est moi, je vous admire tellement. Merci d'être là.
Vous me suivez ? Allez.
- Oh... - [Masson] Venez, venez.
C'est magnifique, c'est la villa d'Escobar ou quoi ?
Bienvenue au "Bel Azur Club" !
- Le meilleur pour nos aïeux. - Y a une piscine ?
Bien sûr, juste là.
- [les enfants] Ouais ! - [Milann] On ne court pas !
- Doucement ! - Suivez-moi.
Notre magnifique hall d'accueil et de renseignements.
Je ne m'en lasse pas.
Où est l'ascenseur ?
[Masson] Ouvert sans interruption
de 9h à 18h.
Accueil irréprochable.
J'y tiens. "Un lieu magique pour des pensionnaires heureux."
C'est de moi.
Allez, on continue.
Je vous présente.
Voici Danielle.
Dite La Colonelle, ancienne militaire.
Ouais, bon !
Inutile de décliner les matricules. On est venus, on a vu, ça pue du cul.
[Masson] Voilà.
Merci, Danielle.
On m'appelle Barbie, mais appelez-moi Barbara.
Non, vous m'appelez pas.
- Ah. - [Masson] Rassurez-vous,
elles sont ravies de vous rencontrer.
- Retenez-moi ou je fais un malheur. - Personne te retient.
Pas faux.
[Masson] Ah, voilà, Rico.
- Bonjour. - Ah, Rico.
Il est un peu sourd.
Je finissais ma maquette et y avait personne à la cantine.
C'est les nouveaux.
[Rico] Quoi ?
Y a des bulots et des linguines ?
Eh oui, il est sourd.
C'est merveilleux cette vue sur la mer.
[Masson] Oui, c'est assez exceptionnel.
Ah, voici Lorenzo.
[musique rappelant le thème principal du film "Le Grand Bleu"]
Bonjour. Enchanté.
Je m'appelle Milann.
Bonjour.
Ici, si vous voulez que ça se passe bien, il y a trois règles à suivre.
Un : faut respecter les lieux.
Deux : laissez-nous tranquilles.
Il en manque une, non ? Il avait dit trois, pas deux.
Clémence est coincée dans les toilettes.
- À moins de défoncer la porte... - Je suis occupé. Défoncez, défoncez.
Je peux m'en occuper.
Merci.
- Prenez soin d'eux. - Oui.
Bonjour, mamie Clémence. Je suis Milann, le nouvel aide-soignant.
J'imagine que vous faites pipi, je viens vous aider à sortir.
Mamie Clémence !
Je me présente, je m'appelle Milann ! Je suis venu vous aider à sortir !
Vous savez où je peux trouver une autre clé ! ?
Ah, putain !
Je me suis tué.
Euh...
[jeune femme] En fait, la porte se tire.
Ah.
Mamie Clémence vous remercie.
- Je... j'ai... - Tu parles français ?
- Français, oui. Je m'appelle... - Milann.
Oui.
Tu as accepté l'invitation de mon père ?
- Ah, tu es la fille de... - Claude Masson.
Bon, suis-moi.
Je te fais visiter ?
[Masson] On a de la chance
car le "Bel Azur Club", ce n'est pas que ce domaine, c'est un écrin.
- [femme âgée] Allez. - On laisse passer Marguerite.
Allez, Pitou.
[Driss] Elle est à poil, non ?
Elle promène surtout un chien invisible.
[Masson] Tout est sous contrôle.
- On continue. - La piscine.
Et en bas, mon endroit préféré, la plage privée.
[Milann] D'accord.
- La plage est privée. - [Masson] Forcément.
Question de sécurité.
Mais il n'y en a pas de règle.
On est libre de dormir là où on veut.
- Normal qu'ils veuillent pas partager. - [Masson] C'est naturel.
Ils sont un peu déboussolés.
[Clémence] Il y a encore trois semaines,
ils étaient à Major Santé, j'y ai travaillé pendant cinq ans.
C'était l'horreur.
Alors, quand mon père est venu me voir, forcément.
J'ai voulu offrir un cadre plus acceptable
et je ne regrette pas mon choix.
Nos aïeux sont une source d'inspiration inépuisable.
[Masson] Perpétuelle.
C'est un puits sans fond, un cercle.
Il n'y a pas de fin.
Vous voyez ?
Merci, papa.
[Masson] On poursuit ?
Aldo et Boris.
- C'est ça. - [ensemble] Sérieux ?
Alors, on en fait quoi des nouveaux ?
[Barbie] Aujourd'hui, c'est eux, mais demain ?
On va voir débarquer des vieux. Ça me tuera.
[La Colonelle] Si on est trop, on va tous clamser, comme à Major Santé.
[Barbie] Enfin, on s'attache,
mais on crève seul.
Ma famille, j'ai préféré partir avant qu'ils me laissent tomber.
C'est pas le moment de pleurer sur notre sort, l'heure est grave.
On s'en débarrasse comment ?
Aux grands problèmes, les grands moyens.
[tous] Oh !
Non, pas la petite cuillère !
Avec elle, j'ai décimé un bataillon de cosaques.
Et c'est avec elle qu'on va les dégager.
Génial, c'est la guerre !
Oh, la guerre, moi, je préfère prendre soin de ma santé.
[Rico] Alors ! ?
On en fait quoi des nouveaux ? Ils ont l'air sympa, non ?
[thème à suspense]
OK, c'est "West Side Story". On devait pas se retrouver ce soir ?
Il est 17h30. Pour eux, c'est le soir.
Exact.
[fille] 2 partout. C'est trop cool ici.
- On va voir la plage ! - Ouais !
Amanda !
Viens ici, ma jolie.
Raconte-moi ce que tu as vu.
[thème triste]
Je vais la faire parler. Je suis sûre d'y arriver un jour.
Je te le souhaite.
Je le trouve mignon celui qui est sourd.
Oui, bof.
- Dis, tu passes du côté de l'ennemi ? - Non, qu'est-ce que tu racontes ?
[Masson] Bonsoir.
Bonsoir, bonsoir.
[Milann] Bonsoir, Claude.
Alors, en fin d'après-midi, on aime se réunir ici
pour que chacun évoque sa vie.
- Bonne idée, Claude, essayons. - Commençons par vous, ma Colonelle.
Mes ennemis, je leur fais passer l'arme à gauche.
Ça veut dire quoi ?
Juline, tu es un peu jeune.
Crevé, clamsé, cané, bouffé par les vers.
Bon, t'es pas si jeune.
Écoute, la roulotte.
La prochaine fois
que tu lui parles comme ça, je t'envoie à la casse !
Tu veux que je t'émascule, toi ?
[Juline] Ça veut dire quoi "émascule" ?
Encore une fois, tu es un peu jeune.
[La Colonelle] Couper la teub. Couper les glandes.
T'as compris ?
On part sur de mauvaises bases.
Mais vous pouvez apprendre les uns des autres.
Par exemple, Albert, ici présent,
est un immense acteur de théâtre.
Vous nous montrez ?
Je vais pas jouer devant la cour des miracles.
Au début, moi, j'avais peur des personnes âgées.
Et j'ai compris
que dans la vie, quand on s'ouvre à l'inconnu, on apprend.
Je m'ouvre à toi quand tu veux, beau gosse.
Je parlais d'ouverture d'esprit.
Continuons. Lorenzo, vous faisiez quoi dans la vie ?
J'ai tout fait.
Tueur à gages, missions spéciales, plongée en apnée, monstre sous-marin.
J'ai survécu à tout.
J'ai même voyagé dans le temps.
Ah.
Mais c'est un temps que les moins de 75 ans ne peuvent pas connaître.
Allez, on s'en va.
[Sylvette] Eh ben, nous aussi !
Et on n'a pas peur de vous.
On veut rentrer chez nous.
[Sylvette] Voilà.
[Rico] C'est l'heure de la cantine ?
C'est quoi ces nouveaux ?
Les nouveaux, c'est nous.
La Barbie vulgaire, je vais lui faire bouffer sa tignasse.
L'autre en fauteuil roulant, je te jure, je...
Et le grand, style agent secret, ou celui qui hurle,
mes oreilles saignent !
[elle tchipe]
[Sylvette] Attendez.
- On s'en fout de la Riviera. - [Alfred] Ah oui.
On est heureux avec nos filleuls.
Va dire de nous ramener dans notre foyer, c'est chez nous.
[Albert] Oui, c'est vrai.
Et s'il veut pas ?
Ah.
Et si on lui laissait pas le choix ?
Ah.
Ah. On est d'accord ?
Check !
- Check ! - Check !
[tous] Hm...
- Check. - Check.
Check, quoi !
Cheeeck !
[Driss] On a des points communs.
On aime les vieux. Puis je suis bientôt à la retraite.
Mais personne le sait.
Mon truc, c'est...
Je sais pas, c'est toucher la cha...
Ils sont où, tous ?
Je sais pas.
Je me suis levé ce matin pour aider mon prochain
et il n'y avait personne.
Allez, on va faire pipi, Pitou.
[Marguerite] Allez, viens.
Elle, j'aimerais l'aider.
Mais elle fait flipper, on dirait la meuf de "L'Exorciste".
Ah, attention.
Ça va, madame ?
Oui, je promène Pitou.
Oui, Pitou, bien sûr.
- Mais il faudrait mettre un tricot. - Pitou est bien couvert.
Vous êtes qui ?
Je suis Milann.
Le nouvel aide-soignant qui...
Elle en a rien à foutre. Fascinant.
- Ils sont tous dans le bus. - Pourquoi ?
Ils veulent rentrer.
Mais c'est pas possible.
Mais je leur dis quoi ?
Tu... Tu te démerdes.
Hein ?
Je me démerde ?
Trouve un truc.
Trouve un truc. Go ! T'as peur de rien.
Youhou !
[Alban] Tout le monde est là ?
OK, super, Milann arrive.
On va y aller.
- [il essaye de démarrer] - Ah, ça marche.
C'est une bonne nouvelle.
[démarreur]
Ça va aller, je mets la sécurité.
- [klaxon] - Ah ! Le klaxon marche !
Le klaxon marche.
Y a un problème de pédales.
Et je parle pas de moi.
[il chuchote] Faut que je trouve un truc.
OK, il est en panne. Carrément, OK.
Le bus est en panne.
Ils ont saboté le bus !
Pas du tout.
D'accord, c'est la guerre !
[Albert] "La guerre est le théâtre des hauts faits." Citation d'Érasme !
Ah oui ?
Je vais les empoisonner aux piments. Ils vont regretter d'être vieux.
Citation de moi-même.
[Alfred] On va leur montrer
- qui on est à ces têtards ! - Poil au dard !
C'était pas l'idée !
[sanglots]
Elle a une maladie dégénérative.
Les jours où elle réalise son état, qu'elle est lucide, c'est dur.
Qu'est-ce qui va pas, Mlle Marguerite ?
C'est fini maintenant pour moi.
Pourquoi vous dites ça ?
Parfois, je me rends compte que je deviens zinzin.
Tout s'en va, mes souvenirs, ma famille.
Mes amis.
Ils m'ont tous abandonnée.
Il ne me reste plus que mon chien, Pitou.
Même lui, personne ne croit qu'il existe.
Je suis vue comme une vieille folle.
Non, écoutez, il faut pas dire ça.
Je vous vois pas comme une vieille folle, je vous trouve super.
Tu es gentil, tu sais.
Non, c'est normal.
Non, il y en a qui sont pas aussi gentils que vous.
Écoutez, Mlle Marguerite.
Je sais que ça doit pas être facile.
Mais de vous voir comme ça, ça me fait mal au cœur.
Mais la vie continue, hein ?
Vous allez vous faire de nouveaux amis, tout le monde vous adore.
Ne pleurez pas, c'est important ce qu'on se dit dans la tête.
Et dans votre tête à vous, tout va bien.
D'accord ?
Hm.
Regardez.
- Je vous ai apporté des biscuits. - J'ai même plus mes vraies dents.
C'est pas pour vous, c'est pour Pitou.
Oh.
Vous êtes belle quand vous souriez.
À plus tard.
Pitou ?
- Bravo. - Milann, viens vite !
Quoi ?
- Ils sont dans le parc, 4 contre 4. - Ils vont s'entretuer les ieuv.
Ça va être trop bien !
[Lorenzo] Les règles sont simples.
On joue en trois épreuves. Première épreuve, pistolets en feu.
Deuxième épreuve,
bagarre à mains nues.
L'équipe qui gagne reste. Les autres, je les jette
à la mer.
Toujours pas de troisième épreuve ?
Que les meilleurs gagnent.
♪ Chanson rock'n'roll : "Are you gonna be my girl" - Jet ♪
[Albert] À l'attaque !
Stop !
Mais ça va pas ou quoi ?
- Vous ne vous êtes pas fait mal ? - Ça va bien.
Vous êtes malades ! ?
[Milann] OK, vous avez gagné.
On s'en va.
Voilà.
[Clémence] Ça aurait pu finir par un drame.
Vous êtes des égoïstes.
Et si moi,
j'ai envie qu'ils restent ?
Peut-être que je les aime bien.
Vous m'avez déçue.
Conseil.
Ah bon ?
Chez vous aussi ?
Ça a bien marché ta tentative de rapprochement.
Clairement, ils se détestent.
- Quoi, c'est pas marrant ? - Si, c'est marrant.
Comme le fait
que tu t'appelles Clémence Masson.
Moi, mon cœur est en ciment.
C'est nul.
Si nos pensionnaires peuvent pas s'entendre, on fait comment ?
Ils doivent s'entendre, j'ai pas le choix.
Le temps de trouver une solution.
Une solution de...
La vérité, c'est qu'on peut pas rentrer au foyer.
Il est pas aux normes. Ordre de l'ARS.
Quoi ? Tes pensionnaires sont au courant ?
Non, bien sûr que non.
Ça me tue de leur mentir, mais je peux pas leur dire.
J'ai pas de solution.
Si les anciens sont séparés des enfants, ça les tuera.
Ensemble, ils sont une famille.
Je peux en parler à mon père. Il a fait beaucoup de choses ici.
Tu crois ?
Oui.
Je sais pas, on vient d'arriver et...
- T'as essayé de m'embrasser ? - Mais non, je...
Tu es fou ! Tu crois que tu peux me galoche ?
Mais vraiment pas, je... Je...
[petit rire moqueur]
Je te taquine.
OK, cool.
OK.
Va voir mon père.
Enfin, si tu veux rester.
[Alfred] Que fait-on avec les traîtres ?
[Lorenzo] Changeons nos points de vue.
Clémence s'est battue pour nous, on doit se battre pour elle.
Développez.
La petite est amoureuse de Milann, c'est évident.
Et le joufflu aussi.
Oui, et on est sa famille, on doit l'aider.
En amour,
il a jamais de chance.
C'est une bille.
Il a 11 mètres entre chaque dent et ses cheveux, c'est un nid à corbeaux.
[éclats de rires]
Chacun a le droit d'aimer qui il veut.
Oui.
- On ne juge pas sur un physique. - Voilà.
Même si j'avoue que...
- [Lorenzo] Pas sur le physique. - [Alfred] D'accord.
Bon, on reste pour eux.
Parce que vous, on peut vraiment pas vous saquer.
Vraiment pas.
Pareil. Tu crois quoi ?
[Albert] On fera semblant.
Comme à la Comédie-Française.
On fait tout pour qu'ils soient ensemble.
Après, vous dégagez, deal ?
[ils disent "Deal" chacun leur tour]
On n'est pas obligés de tous le dire.
Bon !
Si je vous ai réunis ici, c'est parce que je crois
que la petite est amoureuse de...
Dylan.
Moi, j'ai l'œil !
- Bonjour. - [ensemble] Bonjour, Mylène.
Milann, moi, c'est "Milann".
[Albert] Ceci est indigne, ceci est odieux !
- Ceci est infâme ! - Putain, ça recommence.
"Ô rage.
"Ô désespoir.
"Ô vieillesse ennemie.
"N'ai-je donc tant vécu..." Tu racontes pas une blague de Toto.
Hein ?
[rires étouffés]
Le théâtre, les enfants,
"est un domaine où les êtres et les choses touchent enfin à la liberté."
[Clémence] C'est beau
ce que vous dites.
- C'est de Louis Jouvet. - [Juline] C'est qui ?
Oh non... "C'est qui Louis Jouvet" ?
Oh non, je vais me jeter par la fenêtre.
"C'est qui Louis Jouvet" ?
Milann, c'est qui ?
C'est le gars qui chante...
[voix de fausset] "Où sont les femmes ?"
Rentre ton nombril vers la colonne.
Oui, respire.
Fais circuler tes énergies.
Ouvre tes chakras.
Allez, Alfred, fais monter ta sève.
- [Alfred] Hmmm... - Oui, oui.
Ouvre tes chakras.
Oui, oui, elle monte.
- Hmmm... - Oh, Alfred, fais monter
- ta sève. - [il se racle la gorge]
Je vous dérange ?
On peut laisser monter sa sève tranquille, oui ou merde ?
- Hmmm... - [Barbie] Allez, fais-la monter. Allez.
[La Colonelle] Dans le mille !
- Dans le gosier, Montrosier. - Bien joué.
[Sylvette] Et tes jambes ?
Plage, Normandie. J'ai rien vu.
J'étais aussi à Omaha Beach.
L'Histoire l'ignore,
- mais les femmes font la différence. - Bien parlé.
- Tout faire péter, boum ! - Boum !
[elles crient]
[musique antillaise]
Que faites-vous ?
Du bondamanjak.
Non, là, je...
Oh !
Waouh, ça pique !
- C'est du piment. - Du piment ?
Oh !
Oh ! Oh !
Petite nature, va.
[il souffle]
Rhaaa...
[il souffle]
Merci beaucoup.
Je dois te parler, Milan.
C'est Milann avec un "nanne".
Je me suis renseigné.
C'est beau ce que tu fais pour les anciens, Milan.
On part sur "Milan".
Tais-toi. Apprends à écouter.
Les jeunes de ton âge,
vous n'écoutez plus, vous ne savez plus ce qui est important.
Pour vous, l'amour est devenu trop fragile.
Moi, de mon temps,
quand quelque chose était cassé, on le réparait.
Tu as déjà été amoureux, Milan ?
C'est quand on a mal au ventre et qu'on a des sueurs froides ?
Ça, c'est la gastro.
L'amour, c'est quand on se sent le plus fort
et qu'on est le plus fragile.
Aucune fille ne s'est vraiment intéressée à moi.
J'ai grandi à l'orphelinat.
Après, j'ai fait des conneries, et là, je suis avec les anciens.
C'est de leur faute ?
Non, mais j'ai jamais eu trop l'occasion.
Le bonheur, on le cherche parfois loin
et c'est après qu'on sait qu'il était là.
Christophe Maé ?
- Pardon ? - C'est une chanson de Christophe Maé.
♪ Et c'est souvent après qu'on sait qu'il était là. ♪
♪ - Il est où le bonheur, il est où ? ♪ - Ça va.
Non, c'est...
Ce que je voulais te dire, c'est...
C'est qu'il y a des êtres irremplaçables.
Moi, je leur parle souvent.
Ici.
Seul.
Face au grand bleu.
Vous me faites penser à un ami.
Il s'appelait Lino.
Il avait la classe, comme vous.
Moi, j'ai jamais eu de père.
Ça me fait du bien ces conversations.
[morceau rockabilly]
[Alban] Allez, on lève les jambes, on libère son corps !
On laisse entrer la musique Allez, on lâche !
On lâche tout !
Allez, les vibrations, voilà. Allez !
On se libère !
Toute ma jeunesse.
Là, ça swingue !
Tiens. Goûte-moi ça.
C'est bondamanjak.
C'est très bon.
On dirait la tchoutchouka de ma grand-mère.
On se trémousse sans se casser la frimousse !
[Alban] Allez, libère-toi.
Tu as vu Marguerite ?
C'est grâce à toi.
Je veux voir l'animal, c'est quoi ton animal totem ?
- C'est Pitou ! - Moi, c'est cochonne, mais dis rien.
Waouh !
[Lorenzo] Il y a contact.
La petite vient d'arriver.
- Je t'ai cherchée ce matin. - J'étais partie faire une course.
J'ai pensé que tu avais quelqu'un.
Non.
- Et toi ? - Non plus, j'ai... J'ai personne.
"Tu as quelqu'un ?" "Non, et toi ?" "Non, plus."
"Tu as envie ?" "J'ai pas envie..."
Quelle fatigue !
Pendant la guerre, on baisait dans le maquis comme des gorets.
Lorenzo, c'est quoi son histoire ?
[Clémence] Il était architecte. Quand son fils s'est tué en voiture,
il s'est inventé cette vie pour moins souffrir.
Je comprends.
Heureusement, "Milan".
Pourquoi tu dis "Milan" ?
J'ai entendu Lorenzo.
Eh oui. C'est, c'est...
C'est Lorenzo.
Tiens.
Ma mère les faisait.
Elle disait que ça portait bonheur.
OK. Waouh.
Le bracelet, ouais. Merci beaucoup.
- Ça me touche. - Elle est partie.
Je suis désolé.
- Tu sais, je... - Va voir mon père !
OK, ouais.
[Clémence] Bon courage, Milan.
- Il s'est rien passé ! - Il assure que dalle, le joufflu.
Plan B.
Pourquoi, il y avait un plan A ?
La cohabitation entre les anciens et les enfants,
c'est la clé de leur bonheur.
Je peux pas les séparer, j'ai trop lutté pour ça.
Je sais, ma fille m'a expliqué.
Je sais que vous vous êtes battu pour transférer ses pensionnaires.
Alors, vous pourriez m'aider.
Le transfert de pensionnaires, c'est extrêmement compliqué.
Ça demande
plein d'autorisations, oui.
Pour les sortir de Major Santé, ça a été un bras de fer.
Je veux plus revivre ça.
Mais là, ça pourrait aller vite.
L'ARS est tatillonne. Faut faire les choses dans les règles.
Puis ça prend du temps.
Il n'y a aucune solution ?
Je sais pas.
Si, on peut changer les statuts de nos structures.
Ou alors s'associer.
Ben voilà, on s'associe.
Vous devenez leur tuteur légal et ici, ils sont officiellement chez eux.
Je comprends, mais ça va prendre des mois.
Je veux bien essayer, Milann. Mais ne vous créez pas de faux espoirs.
OK.
[Lorenzo] C'est quoi cette tête ? On dirait que t'as touché le fond.
J'ai appris une mauvaise nouvelle.
Je vais te raconter une histoire.
J'avais un ami, il n'y croyait plus. Il avait tout le monde au cul.
Sa femme, le fisc, les flics.
La mafia.
Alors, il est monté sur le toit d'un building.
- Et alors ? - Il a sauté.
OK. Et il s'en est sorti.
Non, il est mort.
OK. Et en quoi c'est censé m'aider ?
Milan, c'est à toi de faire le grand saut.
Clémence t'attend.
Latitude 114.118.
Longitude 09.24.
302.
C'est-à-dire ?
À la plage.
- Oui. - Dans deux heures.
Cette petite, j'y tiens, ne me déçois pas.
Je vous prends dans mes bras.
Ceux qui ont essayé ne sont plus là pour en parler.
- Ils sont où ? - Morts.
Ça fait quand même un paquet de gens morts.
Tu as ses yeux.
Vous parlez de votre fils ?
Qu'attends-tu pour dégager ?
Merci.
♪ [slow au loin] ♪
OK, c'est le Bachelor.
C'est quoi ce regard ?
Je te regarde comme...
- En fait... - Ça va ?
- Oui, super, et toi ? - Ça va.
Lorenzo m'a dit que tu me donnais rendez-vous ici, donc...
Moi, c'est Fleurette qui m'a dit que tu m'avais donné rendez-vous.
- OK, j'ai compris leur plan. - OK.
- Ils sont terribles. - Oui, c'est clair.
Ben...
- Bon, on y va ? - Carrément.
C'est moi qui y vais ? Parce que la galanterie... OK.
[Sylvette] Les paris sont ouverts.
- 10 qu'il l'embrasse. - 20 qu'elle l'envoie sur les roses.
40 qu'il repart la queue entre les jambes.
70 que je t'emballe, Barbie.
Oh, pardon.
Moi, je parie sur le conte de fées. Et toi, Lorenzo ?
Trois possibilités.
Un, il l'emballe. Deux, il repart bredouille.
Je parie 20 contre 1 avec une marge de 4.
Si je perds, je gagne et si je gagne, vous payez 20 fois la mise.
Poussez-vous, je vois que des culs !
- À nous. - À nous.
C'est fort.
C'est du bondamanjak.
Le cocktail de Fleurette.
Et il y a aussi
les dessins des enfants, le théâtre d'Albert.
Le transistor de Sylvette. Elle ne le prête jamais.
- On a de la chance. - Et les bonbons d'Alfred.
[Clémence] OK, gênant.
On a aussi le plaid de la Colonelle, le kit plaisir de Barbie
et la cuillère de Lorenzo.
Comme si on pouvait pas se débrouiller seuls.
- C'est clair. - C'est clair.
Hm ! Je voulais te raconter une histoire.
J'avais un ami qui était au fond du trou.
Il était poursuivi par sa femme, le fisc, et il est monté...
Je connais cette histoire.
C'est Lorenzo qui la raconte.
Exact, oui. C'est l'histoire de Lorenzo.
En fait, je voulais te dire...
Je...
[tous] Ouais !
Il a emballé, le joufflu ?
Il a mis la langue au moins ?
[Rico] Bravo !
Mais...
Il y a des moustiques.
C'est...
En fait, c'était...
- C'était ça que je voulais te dire. - Moi aussi.
Mission accomplie, on peut y aller.
Tu as de très beaux yeux.
- Et moi, tu me trouves jolie ? - Oui.
Ça te dit de passer du temps avec moi ?
- Oui. - Pourquoi tu me l'as pas dit ?
Oui !
Bon, ben, c'est pas grave.
Quand je comprends pas tout, je dis toujours "oui".
Oh non, c'est nul.
Pff !
Je sais pas quoi lui écrire.
[quelqu'un gratte à la porte]
[elle soupire]
Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Tu arrêtes de camper devant ma porte M. MeToo ?
Non, moi, c'est Alfred.
Pour le bain de minuit, c'est toujours non.
Je venais pas du tout pour ça.
Mais on pourrait peut-être se détendre,
"chiller" comme dit Noah, hein ?
Passer une soirée agréable.
- Entre amis. - Pff !
Mais attends, de qualité.
- Tu vois ce que je veux dire ? - C'est bon, rentre.
[thème enjoué et cabotin]
Je suis tout tendu, moi. Pourtant, je...
Tu veux pas me masser ?
Tiens, prends ça, ça va te détendre.
Et c'est la raison pour laquelle, j'ai arrêté de parler à ma fille.
[il éclate de rire]
[Margot] Bastien est en lion.
Juline en papillon.
Moi et Amanda en fleurs et Marguerite en marguerite.
N'aie pas peur, Pitou, c'est moi.
Alfred ?
- On est trop beaux, non ? - Magnifiques.
Barbie était maquilleuse pour le cinéma.
Tu as tous les talents.
Et encore, bébé, t'as pas tout vu.
Je demande que ça de voir.
Je te trouve si belle.
Tu cherches pas une femme, mais un pansement.
La femme de ta vie, tu l'as trouvée, c'est Claudine.
Je l'aime bien, elle.
Elle m'envoie plein de messages.
C'est quoi le problème, Rico ?
Ben, je crois que Fleurette,
elle me plaît beaucoup.
Ben tant mieux, l'amour, ça nous maintient vivants.
Oui, mais je sais comment les gens me voient.
Comme celui qui est à côté de la plaque,
qui comprend rien, qui fait rigoler tout le monde.
Ah, tu veux que je te dise ?
Je suis un pauvre vieux.
Mais tu seras jamais un pauvre vieux, Rico.
Ta particularité, c'est tout ton charme.
Alors, avec Fleurette,
sois à ton aise.
[Rico] Quoi ?
Tu veux que je la baise ?
Allez, Pitou, va chercher ! Ça, c'est la musculation, Marguerite.
Oui, le chien, oui, le chien !
[Driss] J'en ai marre de faire Pitou.
Fais-le, toi !
Mais tu voulais l'aider. Puis moi, j'imite les volatiles. Cui, cui !
Tu le fais de ouf, le chien, vas-y.
- Oh, mon Pitou. - [Driss grogne]
Il est gentil, le Pitou ? Il grogne le Pitou ?
[Driss grogne]
Donne, Pitou, donne.
Lâche ! !
Oh, ça va.
C'est un bon chien, ça. Allez, Pitou !
- Va chercher ! - C'est relou.
[Alban] Il est content.
Il bouge la queue ! Il est content le Pitou !
[Masson] Je vous l'ai déjà dit, les démarches sont compliquées
pour obtenir le transfert.
- Papa, arrête, dis-lui. - Alors...
Grâce à quelques contacts, j'ai pu faire accélérer les choses.
Sérieux ?
Il me faut juste les papiers de tes pensionnaires et c'est OK.
Je vais les chercher.
[Masson ricane]
[Alban] Alors, je vous ai préparé un jeu sympa.
Le cache tampon.
Le ballon des compliments.
OK, vous vous en foutez ?
C'est simple.
[Lorenzo] Trois règles.
Un, on envoie le ballon.
Deux, on fait un compliment après.
[Albert] Décidément,
il a un problème avec la règle de trois, lui.
Même si tu n'es pas très dégourdi, à mes côtés, tu progresses.
Je suis content !
Ce qu'il y a de plus beau dans la vie, c'est d'aider son prochain.
En bon français, c'est : "Toucher la chatte à la voisine."
C'est moi la voisine ? Je te pète la gueule ?
[Fleurette] Cure-toi la bouche avec du savon, toi.
Merde, y a des gosses !
Je vais le dire !
C'est Alfred qui me l'a dit.
Mais jamais de la vie !
C'est une honte d'accuser un pauvre vieux comme moi !
Driss, je suis hyper déçu. Je suis super déçu !
Je reste pas ici.
Tu vas pas faire ta diva ! ?
[Albert] Allez, on joue. Attention, prêts ?
Un jour, tu seras un grand architecte.
Tu es le meilleur des grands-pères.
Barbie, tiens, prends ça.
J'aime tes mains,
Claudine.
Oh, pardon.
[Barbie] Je te préfère
à Batman.
[Lorenzo] Rico,
tu es un grand séducteur, et je m'y connais.
Tu me plais beaucoup !
Hm...
Sylvette, tu seras toujours ma meilleure amie.
[Sylvette] Amanda, trésor,
je sais pas ce que je ferais sans toi.
Amanda, vas-y.
[thème mélancolique]
[Sylvette] Amanda.
Vas-y.
[tous] Oh !
T'es relou !
J'y vais !
[Juline] C'est la méchante reine.
Milann !
[thème à suspense]
Ceci atteste que nous sommes les tuteurs légaux de vos pensionnaires.
Milann !
Milann !
Paraphez bien ou c'est caduque.
Milann !
Milann !
Et je crois que c'est le dernier.
[Juline hurle, choc]
Vos pensionnaires sont désormais chez eux.
Merci, Claude.
- Merci. - Merci à vous.
Content ?
Les tourtereaux, je vous laisse.
- [Milann] Je suis content d'avoir signé. - Bravo.
[Bastien] Milann ! Juline est tombée de la falaise !
- Quoi ? - Une ambulance l'emmène à l'hôpital.
[Bastien pleure]
Ça va aller.
[thème dramatique]
Non, Fleurette, toujours pas de nouvelles.
On attend.
Alors ? Il a dit quoi, Milann ?
Il ne sait pas. Ils opèrent Juline.
Ce n'est pas possible.
L'histoire ne va pas se répéter.
- Elle va s'en sortir. - Non, c'est pas possible.
Les enfants peuvent pas mourir avant nous.
Ce n'est pas dans l'ordre des choses.
[sanglots]
[médecin] Monsieur ?
Monsieur ?
Alors ?
Elle va s'en sortir.
Ah, merci, docteur.
Merci.
Merci, merci.
Juline a eu un léger traumatisme crânien et le bras cassé.
Mais c'est un miracle.
Elle va se réveiller vers 14h.
Soyez là, vous êtes sa seule famille.
- [portable] - Je serai là. Désolé.
- Pas de souci. - Allô ?
C'est Alban, il faut vite que tu viennes.
[brouhaha]
- Qu'est-ce qui se passe ? - [enfants] Milann !
- [Milann] Qu'est-ce qui se passe ? - Viens avec moi.
Vous allez où ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Putain, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ?
Allez là-bas.
[cris, pleurs]
- Je retourne pas à Major Santé. - Oui, oui, allez.
Crève, enfoiré ! Je retournerai jamais dans ce trou !
- Donnez-moi ça. - J'ai tous mes condiments.
Donnez, je vous dis.
Allez, là-bas. On se dépêche !
[Alban] Milann !
Il se passe quoi ?
- Masson travaille pour Major Santé ! - Quoi ?
Il les emmène tous !
[Driss] Allez, bouge.
- Qu'est-ce qui se passe, ma chérie ? - Je veux pas aller à l'orphelinat.
Personne va y aller, je reviens tout de suite.
[Clémence] Milann.
- Lâche-moi ! - Laisse-moi parler.
Ton plan a réussi ?
Ne la touchez pas !
Va là-bas !
Amanda !
[homme] Calme-toi !
[cris, insultes]
[policier] Donne tes mains !
[policière] Donne !
Hubert d'Annoncelles, procureur.
Arrêtez de jouer la comédie, M. Rousseau, vous avez signé
leur transfert à Major Santé.
C'est bien votre signature ?
Vous la reconnaissez ?
T'as pas fait ça ?
Milann...
T'as pas fait ça ?
[procureur] Bon, allez, vous l'emmenez.
Milann, t'as pas fait ça ! ?
14h. Putain, Juline !
Excusez-moi, je dois aller voir une petite fille à l'hôpital !
Madame, je dois aller voir...
Oh ! Je dois aller voir une gamine, putain !
Écoutez-moi !
Masson, enfoiré, t'as pas honte ?
Non.
[des talons claquent]
- Non... - [Montrosier] Bonjour.
Montrosier ?
- Non, madame Montrosier. - Oh...
- Une amie. - [Milann] Que foutez-vous là ?
[Montrosier] Je dois lui expliquer ?
Votre foyer à prix cassé ne me plaît pas.
Encore moins votre projet d'agrandissement.
Et puis, votre foyer n'est pas du tout en règle.
Un vieux, ça glisse facilement en sortant d'une douche.
Et les gosses, ça met les doigts dans les prises.
C'est pas sécure tout ça.
Chez moi, tout est aux normes.
Ça a été facile d'envoyer un huissier constater un tel amateurisme.
- Enfin, je n'ai fait que mon métier. - C'est moi, le plan, donc je raconte.
Je lui ai donné
une raison de partir et un endroit où aller.
En revanche, bravo.
Vous êtes fort en communication.
Vous êtes devenu une star pour nos anciens.
Moi, je suis une femme à abattre. Tous mes pensionnaires
voulaient aller où ?
Dans le foyer Lino... Vartan.
Plus de foyer, plus de problèmes.
Et le "Bel Azur Club" ?
Mais c'est un domaine loué !
Ça commençait à me coûter une blinde.
- Il fallait signer, Masson. - C'est à cause du paysagiste.
- Non, bien joué. - Merci, Reine.
Tout est rentré dans l'ordre.
Conseil : il faut faire attention à ce qu'on signe.
C'est important une signature.
C'est une putain d'arnaque, je me laisserai pas faire.
Une arnaque... Ça dépend comment on voit les choses.
Pour moi, c'est une bonne affaire.
Bonne journée.
Bonne journée.
Aaah ! !
[sonnerie de fin d'école]
[femme] Bonjour, les enfants.
Charlie, c'est ça ?
- T'inquiète, on reste ensemble. - On sait même pas comment va Juline.
Vous allez être bien ici et vous pourrez trouver une famille.
[Noah] On a déjà une famille.
[thème intrigant]
[Barbie] Oh, pff !
[Fleurette] Oh non.
Et on s'habitue jamais.
Jamais.
Hé, y a même pas de réseau.
On est foutus.
[il compose un numéro]
[messagerie] Vous avez un nouveau message.
[Alban] Milann, c'est Alban.
On a récupéré Juline, ça va. On est remontés au foyer.
Le juge a prononcé une injonction d'éloignement.
Tu as interdiction d'approcher des enfants et des anciens.
Je suis désolé.
[Juline] Milann.
On peut pas laisser les copains à l'orphelinat.
Et les autres sont
chez la méchante reine.
Je peux plus rien faire.
Je suis désolé.
Montrosier t'a arnaqué. Je suis sûr qu'il y a une solution.
J'ai signé ces papiers. Tout était en règle.
Je me suis fait avoir, c'est mort.
Le Milann que j'ai connu ne baisserait pas les bras.
Ce Milann, il n'existe plus.
[thème triste]
Ça me tue de les savoir séparés.
J'ai échoué.
Je suis désolé, Lino.
[homme] Je suis là.
Lino ?
C'est vous ?
Non, c'est moi. T'es con ?
T'as plus d'espace vide dans ton cerveau qu'entre tes dents.
Il t'a appris à renoncer, ton mentor ?
Ça m'étonnerait, je l'ai connu, Lino.
On a tapé le sac ensemble à Montargis.
- Il avait une sacrée gauche. - Ah bon ?
Oui.
Comment vous m'avez retrouvé ? Les autres vont bien ?
Non, tu nous as bien plantés, Milan.
Je suis désolé. Je voulais juste les sauver.
Pourquoi tu me l'as pas dit ? Je t'avais accordé ma confiance.
- Je voulais y arriver tout seul. - C'est ça. Tu veux tout faire tout seul.
Mais la vie a plus d'imagination que toi, alors, monte ta garde.
Mais c'est pas un match de boxe, c'est du collectif.
Tout seul, tu ne feras jamais rien.
Mais ensemble... Ensemble, on est invincibles.
C'est nous ta garde, tes gardes.
- Mes gardes. - Oui.
Maintenant qu'on s'est trouvés,
on est une équipe.
Il est hors de question de pourrir dans cette saloperie de Major Santé.
On mérite pas ça.
Personne mérite ça.
C'est quoi ?
C'est quoi ?
Oui.
Une cuillère.
Peut-être, mais c'est peut-être aussi une arme redoutable.
Qui sait ? Question de point de vue.
Major Santé pense
qu'on ne sert plus à rien.
Montre-leur qu'on vaut encore quelque chose.
[thème dramatique]
De mon point de vue, c'est...
[déflagration]
C'était vers 9h, ce matin.
Personne ne peut donner l'origine de cette explosion à Major Santé.
Tout porte à croire qu'il s'agit d'une fuite de gaz
qui aurait d'abord intoxiqué le personnel soignant.
Nous avons le témoignage d'un des pensionnaires, Albert.
Vous savez ce qu'ils nous font subir ici ?
On va tous crever !
La Montrosier préfère nous faire exploser.
La France doit savoir comment sont traités les vieux à Major Santé.
C'est une infamie !
[Milann] Cette fois, on va battre Montrosier à la loyale.
- OK ? - OK.
On va avoir notre maison de retraite et on va récupérer nos pensionnaires.
- C'est qui tes investisseurs ? - Les Van Litonar.
[thème de film d'aventures]
[Alban] Comment ça s'est passé ?
Ils ont compris les flamingos ?
J'ai parlé de notre nouveau lieu, des pensionnaires.
Et que la demande allait exploser concernant le 3e âge.
Oui, et qu'on prendrait 30% du marché d'Île-de-France.
- Yes. - C'est bien.
Deux, trois détails les ont effrayés.
Ah ben...
- Du coup... - C'est mort.
Ils ont dit oui.
- J'y crois pas, génial ! - Ça veut dire qu'on a réussi ?
Les Van Litonar sont propriétaires du lieu et nous, on est les gérants.
- C'est le plus beau jour de ma vie. - Ça veut dire qu'on est numéro un
et qu'on a niqué Montrosier ?
Parle pas trop vite, je les revois à 18h.
- Yes ! - T'es un génie.
[Alban] Oh, je suis content.
- Ça, c'est énorme. - Je te l'avais dit.
C'est énorme !
Je savais qu'ils monteraient quelque chose contre nous.
Bravo, ma fille.
Je suis fier de toi.
Ah, dis donc.
- Quand Montrosier va savoir ça... - Va la voir.
Tu as entendu ? Il a dit 18h.
Oui, j'y vais tout de suite.
Merci.
[femme] On essuie une perte sèche de 23%.
Les économies qu'on fait sur nos pensionnaires ne suffisent plus.
Plus l'explosion de gaz... Mme Montrosier ?
J'ai arrêté de vous écouter.
Je suis là pour trouver des solutions.
Je rachète l'image de Major Santé auprès de la presse
et là, une de nos maisons explose.
Vous servez à anticiper les désagréments.
Je vous paye pour quoi ? Vous êtes nuls !
- [portable] - Nuls !
- [femme en blanc] Oui ? - Nuls. Nuls.
Claude veut vous parler d'urgence. Il bégaye. J'ai que les consonnes.
Claude...
Claude...
Masson.
Masson...
Ah, Claude Masson.
Oh !
La réunion est terminée.
Allez, ça dégage, ça sort. Ça va bosser, là !
Non, Muriel.
Vous restez avec moi.
- Cet homme me met mal à l'aise. - Moi aussi.
Faites comme si on avait rendez-vous dans quinze minutes.
- Ah bon ? - Oui.
Dix.
Chère Reine !
Cinq.
[Masson] Je viens de découvrir
que Milann Rousseau a trouvé un lieu et des investisseurs
pour un projet d'EHPAD.
Il a signé avec des Flamands, les Van Litonar.
- Les Van Litonar ? - Oui.
J'ai jamais entendu parler de ces gens.
Ce sont des Flamands.
"Van" plus loin "Litonar".
[Masson] Oui.
Putain, ils sont multimillionnaires !
[Montrosier] Mais c'est pas vrai !
Il me lâchera jamais.
Tous mes anciens vont vouloir partir
et toute la France va encore encenser ce merdeux.
- Ils veulent déjà tous partir. - Non, on se tait.
Ben oui, je me tais.
Mais on peut encore les court-circuiter.
Ils finalisent l'affaire à 18h.
À Paris ?
Hm.
Il fallait le dire.
Dès que j'ai su, j'ai foncé immédiatement.
Vous imaginez bien.
C'est une opération formidable pour Major Santé.
Ça redorerait cette image de...
J'ai pas besoin d'un conseiller.
Muriel, vous me trouvez
le téléphone et l'adresse des Van Litonar.
Claude Masson, merci.
Tout le plaisir est pour moi, chère Reine.
Bonne journée.
Vous aussi.
Bonne journée.
Pardon.
- C'est pour vous, du chocolat. - [Montrosier] Oh, comme c'est gentil.
Vous allez faire une bêtise.
Major Santé a les reins plus solides pour mener à bien ce projet.
C'est un métier. Je l'exerce depuis vingt ans.
On ne peut pas plaisanter avec la sécurité et la santé de nos aïeux.
Son foyer précédent n'était pas aux normes.
Il a été condamné.
Vous voulez vous associer avec ce monstre ?
Non, pensons au bien-être de nos anciens.
Je suis prête à racheter son concept.
[ils chuchotent en flamand]
[thème à suspense]
[femme] Marché conclu.
Vous nous retirez
- une épine du pied. - Oui, vous pouvez me remercier.
- Désolée, je... - Que faites-vous là ?
Pas grand-chose.
Je suis votre propriétaire.
C'est une blague ?
J'ai signé avec vous. Qu'est-ce qu'elle fout là ! ?
Ah, calmez-vous.
Votre projet est à nous.
C'est les affaires.
[Montrosier] Quelle naïveté. Mais vous serez invité à l'inauguration.
Allez vous faire foutre !
Oh, quelle vulgarité.
Allez, où signe-t-on ?
C'est peut-être pas la bonne adresse.
Welkom, Mme Montrosier.
Où est ma maison ?
Là.
[Montrosier] Non, c'est pas possible.
C'est une blague ?
J'ai pas acheté ça ! ?
Eine probleme ?
Oui, gros problème.
Hé oh !
On avait parlé d'une maison de retraite refaite à neuf
avec gardiennage.
Hm !
Qu'est-ce que c'est ?
- C'est quoi cette merde ? - Le gardien.
[il rote]
Je vous avais dit que...
Chut !
Chut !
Mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?
Vous m'avez invité à l'inauguration.
Vous jouez aux échecs ?
[thème funky]
"Le sacrifice de la dame", ça vous dit quelque chose ?
Faut du culot pour venir jusqu'ici.
Milann, je me suis fait manipuler.
Je voulais sortir mes anciens de Major Santé, j'ai rien vu.
- Résultat, ils y sont retournés. - Je veux t'aider.
Je peux plus te croire.
T'as un plan ?
Oui, je crois que j'ai un plan.
C'est un coup d'échecs technique et peu connu : "le sacrifice de la dame".
Mat en 7 coups ?
OK, tu connais.
Hm.
Pion en E4.
La partie démarre.
[thème funky]
Oh, enculé, lâche mon fauteuil !
J'en peux plus de cette maison, c'est l'enfer !
Je sais, ma Colonelle.
- C'est toi, joufflu ? - Affirmatif.
T'as la raie du cul sur la tête maintenant ?
Je suis là incognito.
Je le savais.
On essaye une diversion.
Compte sur moi. File.
Les mômes, ça va ? Oui, on se retrouve bientôt.
- Ça va, ma Colonelle ? - Ça va.
Fais gaffe avec joufflu, il a voulu me rouler une pelle.
Deuxième étape : cavalier en F3.
On prépare notre défense.
Van Litonar. V.A.N.L.I.T.O.N.A.R.
Je leur ai fait un historique dans le business.
[Noah] Je les ai fait super riches.
Et il y a une visite virtuelle de la maison.
C'est smart, non ?
Oui, on est ensemble.
[Milann] 3e étape, fou en C4. Le C4, ça explose.
[La Colonelle] Voilà, la bombe est en place.
Milann a demandé une diversion.
Oui, c'est pas vraiment une bombe.
- C'est une expression. - C'est une bombinette, quoi.
Mais faudra évacuer.
- Quoi ! ? - Ça va péter, je te dis !
- Boum ! - Boum !
[elles crient]
Et j'entre en scène. Chaîne nationale.
[Milann] Cavalier en C3.
Diversion pour que l'adversaire ne voie pas ce qui se passe vraiment.
[déflagration]
Personne ne connaît l'origine de cette explosion
à la maison de retraite Major Santé.
Il s'agirait d'une fuite de gaz
qui aurait d'abord intoxiqué le personnel soignant.
[ils vomissent]
Mon bondamanjak fait son effet.
Quelle belle journée.
On s'éclate.
Allez-y, allez-y.
- [choc] - Aïe !
Puis on avance nos pions et on libère la voie.
Vous êtes parfaits.
Lorenzo, ça se décolle ici.
Ah, c'est la chaleur.
Barbie, sa barbe se décolle.
On remet en cause mon travail ?
[Driss] Oh, les faces !
T'as pas perdu la main.
Hm... Si tu savais.
- [Driss] On est où ? -[Lorenzo] Mes anciens bureaux.
Je m'y remettrais presque.
C'est qui elle ?
Emma, la sœur de Barbie.
Sa sœur ?
Tu changeras jamais. T'abuses, maman.
- Donc, c'est sa mère fille ? - Sœur fille.
D'accord.
Qu'est-ce que ça change ?
J'adore me déguiser, avec Claudine, souvent,
on se déguisait et on...
Oui, Alfred, on a les images. Et c'est gênant.
[Milann] On récapitule.
Vous êtes les frères Van Litonar, investisseurs flamands.
Emma, vous ?
Affke Cremers, directrice de la holding.
Exactement.
Vous êtes Fin, Jasper et Conrad.
Pourquoi je m'appelle "Connard" ?
Pas Connard, Conrad.
- D'accord. - Montrez-moi votre accent.
Ich bin clarke ztretinski.
Krrr... Krrr...
Kretchinskrikre.
Lorenzo ?
Herr flamingo investisseur.
Che manche des saucisses.
Et che parle un peu französiche.
Alfred ?
Une bière pression et des frites, une fois, sauriez-vous me dire !
OK, c'est cata.
On oublie, vous chuchoterez entre vous.
Seule Emma parlera avec Montrosier.
On parle pas ?
Non, vous chuchotez entre vous.
On fait des "Krr " ?
Non, pas de "Krr ".
- On chuchote normalement. - [Albert] Mais si j'ai pas de texte,
comment je vais jouer ?
Et si Montrosier m'interroge ?
Pas d'impro !
[Milann] Avant-dernière étape,
fou en F7.
L'adversaire croit comprendre notre plan.
Bravo !
[Milann] Il nous prend pour des débutants.
- Quand Montrosier saura ça... - Ben, vas-y.
- Il a dit 18h. - Oui, j'y vais tout de suite.
Bravo.
Milann ?
Ça a marché, il y a cru.
[Milann] L'adversaire ne peut s'empêcher
de prendre notre dame.
On peut pas plaisanter avec la sécurité et la santé de nos aïeux.
Milann Rousseau a de bonnes petites idées,
mais c'est un utopiste.
Faut que ça marche.
Krr !
[elle chuchote] Lorenzo, votre barbe se décolle.
Ah, la chaleur.
Je veux bien racheter son concept.
[Montrosier] Oui, vous pouvez me remercier.
- Désolée, je... - Qu'est-ce que vous faites là ?
Pas grand-chose. Ah, je suis votre nouvelle propriétaire.
C'est une blague ?
Vous avez signé avec moi ! Elle fout quoi ici ! ?
[Emma] Calmez-vous !
Il joue mal.
Il est mauvais.
Ça en est gênant.
Où signe-t-on ?
Échec et mat, en sept coups.
Faites attention à ce que vous signez. C'est important une signature.
Je me laisserai pas faire, c'est une arnaque.
Une arnaque...
Ça dépend comment on voit les choses. Pour moi, c'est une bonne affaire.
Bonne journée.
Qu'est-ce que je vais foutre de cette merde ?
[Montrosier] Fait chier ! Fait chier !
Fait chieeer !
- Youhou, on est là. - Ça le fait ou pas ?
Les gars, bravo.
[Alban] Regarde.
[Milann] "Montrosier condamnée pour non assistance à personne en danger" ?
Elle a balancé tout le monde.
Masson, l'huissier, le mec de l'ARS, le procureur, même le juge.
- Elle les entraîne dans sa chute. - [Driss] On a fait comment pour payer ?
Ça coûte un "drap".
Avec l'argent dépensé par Montrosier pour la maison de ta grand-mère.
- Toi, ta grand-mère. - Quoi ?
Pas la famille !
Pardon, je... je t'aime.
Quoi ? Qu'est-ce que...
- Je... - Attends.
- [coups de klaxon] - [Milann] Ils sont là !
On va les accueillir.
[brouhaha]
[Alfred] Dis donc, c'est merveilleux. C'est magnifique.
Incroyable !
[tous] Aaah !
[Alban] Youpi !
Youpi !
[thème guilleret]
Vous avez vu ?
"Playa Lino Vartan". Vous avez vu ?
Oui, notre grand Lino à nous.
Quelle excuse il a pour pas être là ?
Il est mort.
C'est une bonne excuse.
Si Claudine était là, tout serait parfait.
[cris de joie]
Ah, les enfants !
Comment ça va ? Alors ?
Je t'ai vu à la télé quand tu étais en sang.
T'es le meilleur acteur du monde.
Merci. Et si on montait une troupe ?
"Les petits et les grands acteurs".
- Ça va cartonner ! - [Juline] Fleurette ?
Tu m'apprendras le thé dansant ?
Je t'apprendrai même à préparer le bondamanjak.
[Fleurette] On ne se quitte plus.
J'ai déchiré avec mon site Internet. J'ai tout fait tout seul.
T'es un génie, je suis fier de toi.
T'as trouvé une meuf ?
[thème romantique]
Tu m'as tellement manqué, Amanda.
Toi aussi, tu m'as manqué, Sylvette.
Tu as une très jolie voix, tu sais.
- Minots plus viejos ? - [tous] La fête à gogo !
[cris de joie]
Après tous les moments qu'on a vécus ensemble,
je voulais te dire, en toute discrétion !
Je t'aime, Fleurette !
Mais moi aussi, je t'aime !
Ah, je savais que c'était pas réciproque.
Je te dis que moi aussi je t'aime !
Et je veux vivre avec toi !
Ouh...
Mollo, pas de précipitation.
On est jeunes encore !
Elles sont toutes folles de moi.
[Albert] Allez, à l'amour !
[La Colonelle] Merde à la vieillesse. Joufflu, t'es le meilleur.
- À cœur vaillant, rien d'impossible. - Elle existe, cette expression.
Je sais. Comme si ce que je disais d'habitude voulait rien dire.
Allez, ma Colonelle.
Maman.
[Milann] Emma, je voulais vous remercier.
C'est moi parce que sans vous, on se serait jamais retrouvées.
Je suis tellement contente.
Mais me colle pas trop, sinon, je te déshérite.
[Marguerite] Milann, tu l'avais dit que tu nous laisserais pas tomber.
- Oui. Et j'ai un cadeau pour vous. - Oui ?
Clémence ?
- Vous connaissez ma fiancée ? - Oui.
On a un cadeau pour vous.
- Pitou ! - Mais oui, c'est Pitou !
- C'est Pitou, il est venu ! - Merci, Milann.
Oh, merci. Regardez les enfants !
C'est Pitou !
- C'est Pitou ! - Il est trop mignon !
C'est Pitou, regardez.
[enfant] On peut le caresser ?
- Je suis content de te voir. - Moi aussi. Tu m'as manqué.
Je crois que je t'aime.
- Hé, y a des gâteaux ! - [Juline] Super !
Ah, tu es là.
Bravo, tu as su agir avec ton cœur.
C'est grâce à vous, Lorenzo.
Je vous l'ai ramenée, elle nous aura porté chance.
Grâce à toi, j'ai appris que l'histoire qu'on vit avec les autres
est plus belle que toutes celles qu'on peut se raconter.
Merci, Milann.
C'est moi qui vous remercie.
- Ça va ? - Et toi ?
Elle met quoi, Fleurette, dans ses cocktails ?
Waouh, j'ai une hallu, là.
Oh...
Claudine !
C'était toi sur mon téléphone ?
Mais qui êtes-vous ?
Madonna !
[Alfred] Ah, je t'aime !
Applaudissements, rires
Bravo !
[Lorenzo] Bravo.
[Milann] C'est Claudine !
C'est Claudine !
[Alfred] Merveilleux.
Hé, oh, oh, oh, oh !
C'est quoi ce débarquement de troufions ?
Ah, ils sont là.
Je suis sûre qu'ils vont bien nous accueillir.
J'aime pas les nouveaux !
On va les faire péter !
- Boum ! - Boum !
Pour les nouveaux, trois règles.
Un, personne dans ma chambre.
Deux, les anciens ont toujours raison.
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