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Original subtitles

-Salut les chéris ! Aujourd'hui, j'ai une chance de malade !

Devinez où je suis. Au festival de Cannes.

Délire...

Alors opération séduction pour monter les marches.

Une robe hyper glamour

de ma propre collection, mon maquillage.

Ce soir, ce sera moi la... star.

3 coups de feu.

...

-Chiara Valette dite Chiara Stella.

17 ans, YouTubeuse depuis 2 ans, 100 000 followers.

Une référence. - La vidéo sera effacée quand ?

-D'ici 24h mais il y aura toujours un petit malin pour la remettre.

-C'est chez elle ?

Elle dit qu'elle vit dans une chambre d'étudiante.

- Elle gagnait très bien sa vie. - Son père gère jusqu'à sa majorité.

- J'ai cru qu'elle était à Cannes ! - Vous la regardiez ?

-Ma fille a décidé d'élargir mon horizon !

J'ai une longueur d'avance.

Une balle en plein coeur, 2 dans la poitrine.

La mort remonte à moins d'1h.

-Morte sur le coup. De si près, il ne pouvait pas la rater.

-Il ou elle.

Vous voyez le mâle partout.

-J'ai fait le tour. Aucune trace d'effraction, pas de témoins

et rien sur les caméras.

Il a dû passer par derrière. Un sentier monte de la mer.

-Faites venir les plongeurs

pour chercher l'arme. - C'est comme si c'était fait.

-Je veux la voir !

La laissez pas comme ça !

- C'est son fiancé. - Elle aurait détesté

être vue comme ça. - Laissez-moi travailler.

Aimé, éloignez-le...

-Ca va être dur pour lui.

-Et pour toi ?

-C'est pas comme si j'étais fan. J'ai regardé son blog 3 fois.

T'as besoin de moi,

tu sais pas liker une vidéo ! - Quand même.

- Vous étiez où il y a 1h ? - Je jouais en réseau avec des amis.

J'ai au moins 6 témoins. - Il me faudra leurs noms.

-OK.

Je comprend pas, putain... C'était une fille formidable.

- Vous étiez fiancés depuis quand ? - 6 mois.

On faisait des vidéos.

Ca cartonnait. On était partis pour la gloire.

-Surtout elle, non ?

Vous aviez moitié moins de "followers". On dit comme ça ?

-50 000 aujourd'hui, 500 000 dans un mois. Ca tient à quoi ?

-Un meurtre en direct. L'occasion de détourner l'attention sur vous.

-Pour finir comme ça ? On croit que les gens vous adorent

mais c'est la haine

pour un oui ou pour un non.

Moi, j'arrête tout.

-Dommage, elle n'a pas eu

votre sagesse.

Vous me faites visiter ? Je veux découvrir l'envers du décor.

Pas mal !

Il siffle.

Elle se filmait là ?

-C'était son studio.

Elle avait aménagé 2 lieux pour faire croire

à une chambre d'étudiant. - A 100 000 fans de la réalité.

Manu ! Vous permettez que je vous appelle Manu ?

Je vois pas de rasoir.

Vous comptez combien de brosses à dents ?

Papa voulait pas de vous ici ? - Chiara et moi, c'était...

-Une illusion de plus ?

- Un arrangement commercial. - Ah ?

Ca fait plus de clics.

- Vous avez raison, arrêtez. - Chiara ?

-Tout le monde gueule !

-Chiara ! Oh non !

Oh non, ma fille ! Ma petite fille !

C'est impossible ! Tout le monde l'aimait.

-Presque.

Donc votre métier, c'était père de Chiara.

Ca va faire drôle

de vous retrouver au chômage. - Elle était si heureuse avec moi.

-Oui ! Sinon, elle aurait arrêté, vous seriez rentrés

dans votre HLM.

-Vous sous-entendez que je vis à son crochet ?

-Vous faites ses courses, arrosez ses plantes, ouvrez le courrier,

sortez les poubelles !

Que faisiez-vous d'autre pour elle ?

-Vous pouvez pas comprendre.

-Bon, ben, parlez-moi de votre autre fille.

Qui n'est sur aucune photo.

-Lila, major de sa promo, 5e année d'études de commerce.

-Brillante ! Vous avez honte d'elle parce qu'elle n'est pas célèbre ?

- Tout ma vie s'effondre ! - Surtout celle de Chiara !

-Vous me harcelez avec vos questions douteuses.

Mes relations avec Lila,

c'est compliqué, c'est tout.

Lila est forte, indépendante. Chiara... elle avait besoin de moi.

- On l'a prévenue ? - On la cherche. Elle est en cours.

-Regardez son compte Instagram.

-Quelqu'un a mis son adresse en ligne.

- Qui ? - On sait pas, c'est un stalker.

- Un quoi ? - C'est quoi en langage de flic ?

Un harceleur ! Un admirateur relou. - Voilà.

- C'est qui, lui ? - Lui, là ?

-C'est l'agent de Chiara.

- Vous pouvez y aller. - Vous savez qui a fait ça ?

Dites-nous quelque chose ! - Restez connectés, on communiquera.

Et n'oubliez pas de cliquer.

Des cris.

- Je devrais leur parler. - Pour les préparer

à votre départ ? - C'était une décision impulsive.

-Ils ont si besoin de vous.

-Chiara laisse un vide, je dois les aider.

-Je me disais aussi...

On se salue pas ? Vous lui avez fait quoi ?

Cne Cain, SRPJ. - Allez savoir

avec les artistes.

Arnaud Fouret,

l'agent de Chiara.

Orgueil, ingratitude, mon métier c'est d'encaisser.

-Dans tous les sens du terme.

-Vous avez été long.

-J'étais en rendez-vous. Je viens d'apprendre.

Je suis consterné.

C'est une perte effroyable. Si je peux aider...

-C'est fini. Elle est morte.

-Je vous promets de veiller sur sa mémoire. Et ses intérêts.

-C'est moi qui vais gérer ses intérêts.

Elle n'a plus besoin d'un agent. - On en a toujours besoin.

-Quand on est morte, on a besoin de reposer en paix,

pas de servir de nourriture à un chacal.

-Un vautour c'est pire.

-On se calme !

Regardez, ça c'est la réalité.

Une gamine assassinée.

L'urgence n'est pas de savoir qui se fera le plus de fric

mais de trouver qui l'a tuée.

-Tout est ma faute. Je l'ai faite décoller. C'était comme ma fille.

J'ai pas su la protéger. - Sauf que c'était ma fille.

La surexposition l'a tuée.

-Non. Vous savez pourquoi elle voulait devenir célèbre ?

Pour que vous la regardiez enfin.

-Tu vas la fermer ?

-Du calme ! Elle aurait dû vous filmer. Affreux, sales et méchants.

Salut les chéris !

Souriez, vous êtes filmés. Aujourd'hui,

dans le rôle du suspect...

-Regardez ! Du 22 long rifle. Il a pas dû rester longtemps dans l'eau.

Il manque 4 balles. - 3 coups de feu, 4 balles.

Vous le reconnaissez ?

-Cerise sur le gâteau : le numéro de série n'est pas effacé.

-Pas d'affolement. Peu de criminels signent leur crime.

-Le colt a été enregistré au nom de Lila Valette il y a 8 ans.

Lila pratique le pentathlon.

A l'époque, on utilisait une arme à feu.

-Lila Valette.

Police. Vous êtes en garde à vue.

-15 m carrés, c'est pas la villa de sa soeur.

Pas mal !

Tu veux mon avis ?

Ca pue.

-Ca pue très fort. 22 long rifle.

-J'aurais aimé avoir une soeur comme vous. Brillante, sportive.

J'aurais peut-être été jaloux.

Même si ça n'a rien à voir avec la réussie fulgurante de Chiara.

Elle n'a eu qu'à cliquer des doigts, contrairement à vous.

-J'ai pas tué Chiara. C'était ma soeur.

-J'ai pas dit ça. Pour le moment.

Mais si mon père me tournait le dos et ne regardait que ma cadette...

-Vous seriez jaloux. J'ai compris.

Mais pas moi. Pas au point de tuer ma seule famille.

Chiara, c'était quoi son avenir ? Star à 17 ans,

has been à 25, dépressive à 40 ? J'attends plus de la vie.

-C'est facile à dire maintenant qu'elle est morte.

Ca l'était moins

quand elle se prélassait à la piscine avec votre père.

Elle vous a volé votre père. - Non. Il m'a tourné le dos.

Malgré ce qu'elle était devenue, je l'aimais.

Comment je l'aurais tuée ? J'étais à la fac.

-C'est grand une fac. On entre, on sort, on rentre.

Et il y a cette histoire d'arme dont il va bien falloir parler.

L'arme du crime.

-3 disques durs d'images ! Elle filmait comme elle respirait.

-Je crois que je tiens un truc. Des détails du décor bougent.

La couleur du rouge à lèvre, la fleur dans le vase...

C'est comme le jeu des 7 erreurs. - Passionnant...

-Son visage change aussi. Souriant, triste, fermé.

Elle dissimule mais... - Tu veux dire quoi ?

-Les changements reflètent ses émotions.

Elle le réalisait sûrement pas. - On se tape toutes les vidéos ?

On n'est pas couchés.

-On peut s'en tenir aux 2 derniers mois.

-J'ai jamais pu

m'en débarrasser.

Il me rappelait trop de souvenirs. L'époque où mon père s'intéressait

à ce que je faisais.

Il y a un mois, Chiara est venue sous prétexte de voir mes dessins.

Elle voulait l'arme.

Quand elle a atteint les 100 000 fans, elle est devenue parano.

Elle recevait des tas de messages pas toujours amicaux.

Elle dormait plus. Vous vous rendez compte ?

Elle voulait arrêter.

A 17 ans...

Et c'est mon arme qui l'a tuée.

-Bon. On en reste là pour l'instant.

J'ai besoin de me dégourdir les jambes.

Elizabeth ?

Parlez-moi de Chiara.

- C'est pas joli joli. - 3 balles...

-Je parle pas de l'emballage. C'est l'intérieur qui m'affole.

C'est un laboratoire pharmaceutique.

Antidépresseurs, somnifères,

extraits thyroïdiens...

Et au moins 3 opérations de chirurgie esthétique.

Quel genre de parents valident un truc pareil ?

-Un père qui voit sa fille comme un produit de consommation.

-Vous pouvez lui dire ma façon de penser.

-J'ai organisé une petite réunion de famille. Asseyez-vous.

M. Valette, il y a 3 ans, Lila était l'espoir de la famille.

Et vous avez changé de camp.

Ca a dû faire mal quand vous avez découvert

que Chiara voulait arrêter. Plus de villa, de piscine.

Retour à la case départ. - Quoi ?

-Tu savais pas ?

-Vous auriez pu prendre l'arme

qu'elle cachait, lui tirer dessus, vous enfuir puis revenir.

-Je savais rien de tout ça. Même pas qu'elle avait une arme.

-Vraiment ?

Si c'était vrai vous auriez reconnu l'arme qu'on vous a montrée.

Non ?

Je vous rafraîchis la mémoire.

A une époque, vous deviez bien accompagner Lila aux compétitions.

-Non mais j'ai cru...

-Vous avez cru quoi ?

-Bon, écoutez... j'ai cru qu'elle l'avait tuée.

-Ah ! Vous aussi.

-Comment tu peux croire que je ferais du mal à ma soeur ?

-Je voulais juste te protéger.

-Vous vous êtes sérieusement planté.

-Ma petite fille.

- Tu penses qu'elle a tué sa soeur ? - Je sais pas.

Je suis pas accro aux vérités faciles.

Si elle voulait arrêter, ça devait déplaire à son père et à son agent.

Et l'admirateur relou.

Borel arrive pas à le localiser. - Pourquoi pas un appel à témoins ?

-Ben ?

C'est pas vrai !

-Papa ?

C'est dingue.

- Je te croyais au bout du monde. - Je viens de ramener un bateau.

-Tu m'appelles pas ?

- Tu m'appelles pas non plus, papa. - Bah, viens !

Viens là.

-Bonjour. Tu me présentes ?

-Ah oui, c'est vrai !

Ben, c'est Camille.

Camille...

c'est... - Mon frère ?

-Oui.

-Voilà pourquoi tu décroches pas ton téléphone.

-C'est génial !

Viens dîner à la maison. - Tu découvriras ma petite-fille.

-D'accord. J'ai une nièce, en plus.

- Tu fais quoi ce soir ? - Je dîne avec vous.

-Parfait !

Coups de feu.

-600 000 vues. Un truc de fou ! Et ça monte encore !

Chaque clic, c'est de l'argent.

-Silence !

Ca va ? On reprend ?

Allez.

Ca tourne.

-Chiara, c'était la joie de vivre, la beauté, la vie.

Mais quelqu'un lui a tout pris, lâchement.

Alors, on a besoin de vous

pour aider la police à le démasquer.

Elle faisait partie de votre quotidien.

Si l'un de vous a remarqué

un détail qui nous aurait échappé, une vidéo, un message suspect,

contactez-nous.

Vous pouvez nous écrire sur son mail.

-On dirait sa soeur.

-C'est bon.

Bravo. - Elle pourrait prendre sa place.

- Plutôt mourir, oui. - Oui, on dit ça !

On va quand même demander

aux internautes de vous départager. - C'est publié.

Le message de Lila.

...

-Félicitations !

Votre star fait un malheur. - La mort fait vendre.

L'enquête progresse ? - Lentement. Trop de suspects.

-Retirez-moi de la liste. C'est moi le plus lésé.

Les clics me rapportent peu. Mon gagne-pain,

c'est les contrats promotionnels. - Vêtements, maquillages...

-J'ai fait d'elle une marque. Ca vaut plus rien.

-Vous la remplacerez.

Combien de gamines jetées dans un monde d'adultes ?

Votre métier, c'est un peu du proxénétisme.

-Alors le monde est plein de proxénètes.

En tant que policier, vous vivez aussi aux dépens des autres.

De la mort des autres.

-Ah, vous marquez un point ! Alors, j'imagine que vous saviez

que Chiara voulait arrêter. Pas bon pour votre image, ça.

-Elles veulent toutes arrêter. La caméra s'allume et ça recommence.

Elles rêvent d'une vie normale mais c'est juste un fantasme.

Vous avez dû aller voir du côté de Sylvain. Il en a, des mobiles.

Il écrivait un livre sur sa fille. Je l'ai payé pour qu'il arrête.

Vous le croyez ?

- Je crains que oui. - 2 mois après,

il recommence. Je l'ai menacé. - D'un procès ?

- Oui ! Je suis pas un voyou. - Et au moment du meurtre,

vous étiez dans votre bureau. - C'est ce que j'ai dit.

-Le bureau dont la porte

donne sur un parking désert ?

Merci de cet éclairage. Je vous laisse à votre gagne-pain.

-Chiara, c'était la beauté, la vie mais quelqu'un lui a tout pris.

-Bonne nouvelle !

J'ai une éditrice !

-Vous avez vu Arnaud.

-Il faut publier. Vous vendrez au moins 100 000 exemplaires.

Un par fan !

En même temps, vous êtes riche.

Tout ça est à vous.

-Je suis pas un père idéal mais jamais je lui aurais fait de mal.

Et la maison,

c'est à crédit. - Vous jouez la corde sentimentale.

Elle avait fait

une demande d'émancipation. Elle est morte à temps.

- Vous êtes ignoble. - Le vent tourne.

Merde !

Sylvain ?

-C'est juste un malaise. Vous avez dû forcer sur le jardinage.

Heureusement, vous étiez là.

Bon, évitez-lui les sensations fortes.

-Eh, eh, eh...

Des rires.

-Le coup des retrouvailles, ça a marché.

-2 Cain contre 1, il avait aucune chance !

- Comment tu la trouves ? - Top. J'aurais aimé grandir avec.

Ca va, toi ?

-Oui !

Un peu ému. 4 Cain dans la même maison, c'est une grande première.

- C'est pas banal, oui. - Ca me remue un peu.

Elle prend beaucoup de place, Camille.

Pleine d'énergie, de vie, un vrai poil à gratter.

Un peu chiante aussi,

comme son père.

Mais c'est pas sa faute si on s'est perdus de vue.

-On s'est pas vraiment perdus, on a pris nos distances.

-Oui.

Je suis passé à côté de toi.

Toutes ces années, j'ai déconné.

-Tu sais, j'ai rien à te reprocher.

C'est juste que tu me manques dans mon passé.

J'aimerais me souvenir qu'on a joué au foot ensemble,

qu'on est allés à la pêche,

qu'on a pique-niqué dans la pinède.

Papa.

Papa...

Tu sais, si ça va pas, tu peux me parler.

-Ca fait du bien.

Mon fils.

-Papa, regarde ce qu'on a reçu pour l'appel à témoins.

Quelqu'un a piraté son ordi.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Tu me dégoûtes !

Je veux que tu sortes de ma vie, ordure !

Je vais tout dire. Tant pis pour les conséquences !

C'est ma vie !

- La soeur devait pas mentir. - Et elle connaissait le coupable.

2 possibilités :

son père biologique ou son père de substitution.

Retrouvez-moi ce stalker.

-Je suis dessus mais c'est pas simple.

...

-Si vous êtes venu régler vos comptes...

-C'est tout le contraire.

Nous devons protéger la mémoire de Chiara.

- A quoi pensez-vous ? - Ses dessins, ses notes, ses idées.

On pourrait en faire quelque chose. - Vous avez les droits ?

Ca intéresserait les fans,

ça rapporterait un peu, ça vous éviterait de couler à pic.

Mais ça suffira pas, Sylvain.

C'est la charge émotionnelle qui fait vendre. Il nous faut Lila.

Dans sa vidéo, elle bouffe l'image.

Même plus que sa soeur.

- Vous croyez ? - Oui ! Il nous faut Lila.

A vous de la convaincre.

Je vais faire d'elle une star. Applaudissements.

-Des sales types, j'en ai vus, mais à ce point...

Vous avez pu la tuer à deux. - Je ne permets...

-Vous allez me suivre à la villa. Tous les deux !

...

-Je veux plus te voir ! Tu me dégoûtes !

Je veux que tu sortes de ma vie ! Je vais tout dire ! C'est ma vie !

Ma putain de vie ! Un tir.

-Coupez !

Remontez, remontez !

- Vous êtes fou ! - C'est drôle que vous alliez là.

Regardez. -Je veux que tu sortes de ma vie !

Je vais tout dire ! Coup de feu.

-Même réflexe. Pourtant, c'était pas évident.

- Ca va pas de tirer sur des gens ! - L'escalier, c'était judicieux.

Il amène en bas du jardin. Parfait pour quitter la villa discrètement.

-Vous êtes cinglé. Vous entendrez parler de mon avocat. Et vous...

- C'était des balles à blanc. - Des cinglés !

-Je ne savais pas que Chiara était si malheureuse.

-Vous la voyiez comme une action en bourse.

C'est lui. Je suis sûr que c'est lui !

Mais il va falloir le prouver.

On doit trouver ce qui a mis Chiara dans cet état.

-Reprenez-vous.

Vous avez fait tout ce que vous avez pu.

Il faut regarder vers la vie. Vous avez une autre fille.

Lila a besoin de vous.

Les filles comme elle sont rares. Allez lui parler.

On frappe.

-Oui.

-Je peux entrer ?

-Qu'est-ce que tu veux ?

-Je veux que tu reviennes.

Pour elle.

Pour nous.

Pour la famille.

Il n'y a que toi

qui peux lui rendre hommage.

-Je veux plus te voir !

Je veux que tu sortes de ma vie, ordure !

Je vais tout dire ! Tant pis pour les conséquences.

C'est ma vie !

-Putain, c'est pas vrai.

Ces deux ordures vont la jeter en pâture au public.

Salopard. Vous avez eu la cadette ! Il vous faut la grande ?

- Elle est majeure et vaccinée. - Moi, je suis flic et armé.

-Vous êtes vraiment dupe

de cette mascarade ? - Quoi ?

-L'un de ces hommes

a tué votre soeur. - Hier, j'étais la coupable.

-Vous voulez finir comme Chiara ?

Ouvrez les yeux ! Vous l'avez vue souffrir !

Ne foutez pas votre vie en l'air pour le miroir aux alouettes !

-Vous ne comprenez pas que j'ai besoin d'un père.

Là, j'ai une chance.

- A n'importe quel prix ? - Demandez son avis à votre fille.

-Qu'est-ce que t'en penses ? Tu trouves que je suis un bon père

ou que je suis à côté de la plaque ? Hein ?

Elle a dit quoi, ta mère ?

Gazouillis.

-Ah, je suis pas complètement nul ! Je le savais bien, va.

Tu trouves que je suis pas assez avec vous. C'est ça ?

-Pas facile, d'être père.

Et grand-père.

-Ca va.

C'est juste que c'est ma 2e. J'ai plus trop le droit à l'erreur.

-Camille vous aime. Et Eva aussi, elle aime son papi !

Hein ?

Lâchez prise et profitez.

-Et vous, vous m'aimez, Aimé ?

-Pour notre grande déclaration, on va attendre un peu.

Sonnerie.

Camille vous réclame.

-Euh, bon. J'ai recoupé ses humeurs avec les variations du décor.

Regarde. Fleurs rouges, visage dur, tendu. Elle est en colère.

Là.

Vernis mauve. Elle est déprimée.

Et ce bijou était à sa mère. Tu vois comme elle est lumineuse ?

Gazouillis. - Sacré boulot.

Ca nous mène où ? - Aux dernières vidéos.

Regarde ses ongles. - Mauves ?

-Je suis remontée.

Ca m'a menée au 17 avril.

Ongles roses, bijou fétiche, très heureuse.

Et là...

-Il se passe quoi entre le 17 et le 18 ?

- Regarde son maquillage. - Elle a été battue.

-D'après son téléphone, le 17, elle avait rendez-vous avec Manu.

- Il s'est passé quoi le 17 avril ? - On devait faire une inauguration.

Elle m'a planté et j'ai retrouvé...

-Vos potes ! Vous avez joué. J'adore votre génération.

Et le lendemain ?

-Elle était maquillée, comme d'hab. Comment j'aurais pu deviner ?

Je peux vous demander un truc ?

Un selfie avec des menottes. - Oui ! On peut le faire en cellule.

-Dément ! Vous le feriez ?

Trop stylé. J'ai jamais eu de menottes.

-Et moi, moi, moi ! Pareil !

-J'en ai pour 2s.

- Je ferme. Ca fera plus réaliste. - Cool.

-Prenez votre temps. J'ai des trucs à finir.

- Capitaine. Je le tiens ! - Qui ? De qui vous parlez ?

-Votre admirateur relou.

-Eh ? Il y a quelqu'un ? J'ai plus de batterie.

Sirène.

-Trop tard.

C'est ironique.

Il a fantasmé 2 ans sur elle et c'est la mort qui les réunit.

-A eux deux, ils n'ont pas vécu la vie d'une seule personne.

-Certains jours, la vie paraît plus dégueulasse que d'autres. J'écoute.

-GHB, dose massive.

Une piqûre, coma en moins d'1 mn et son coeur s'arrête.

- Ca peut être long 1 mn. - La piqûre est large, pas délicate.

-Violence démesurée, précipitation. Il avait peur. Comme avec Chiara.

-Pour elle, les coups sont plus anciens, sans impact interne.

Je les aurais vus. Sans plainte ni prise en charge, je peux rien dire.

-Retour à la case départ !

-Pas exactement. J'ai procédé à des tests capillaires. Une intuition.

J'ai touché le gros lot... - Parlez ou je vous étrangle.

-Un cocktail très puissant

ingéré il y a 2 mois. - Avril ?

-Des antiprotéases et des oestrogènes.

On donne les 1res pour éviter la réplication d'un virus dont le VIH.

Et les 2des pourraient correspondre à la pilule du lendemain.

Elle a probablement été violée.

-On s'est pas tout dit ?

-Lisez.

Votre père a-t-il eu

des gestes déplacés

envers vous ou votre soeur ? - Quoi ?

-OK. Votre père n'est pas ce genre de père. Manu a un alibi en béton.

Il ne reste donc

qu'une personne proche de Chiara. - Arnaud.

-Je vous repose la question.

Vous voulez vraiment foutre votre vie en l'air avec lui ?

- C'est arrivé quand ? - Probablement la nuit du 17 avril.

-Je le savais...

Elle m'a appelée 6 fois. J'ai pas décroché, je lui faisais la gueule.

-C'est trop tard pour pleurer. Il faut vous sauver de là.

-Pas tant qu'il est en liberté. Je peux peut-être vous aider.

On peut fouiller son bureau... - J'ai encore rien de probant

et aucun juge ne me donnera de commission rogatoire.

- On a rendez-vous ce soir, je... - Pas question de vous impliquer.

-Je me fous de votre permission. C'était ma soeur !

- Ah ! La voilà ! - Je suis en retard ?

-Non mais tout le monde est parti. J'ai une surprise pour toi.

-Ah bon ?

-M. Fouret, j'ai quelques questions complémentaires.

-Vous êtes armée ?

- Je vais dans ton bureau. - Oui.

-Ca ne prendra que quelques minutes.

-Elle entre.

Elle fouille.

-Pas d'agenda.

Je regarde le portable.

Il y a un code ! Fait chier.

OK...

Ca marche pas.

-Elle a rien.

-Vous avez de l'eau ?

-OK.

Je l'ai, je l'ai.

-Ca va ?

-Oui. C'est quoi, la surprise ?

-Viens.

-Dans le mille.

Ils font quoi ?

C'est fiable à quelle distance ? - Je sais pas.

...

-L'Etoile des mers.

-Un Hubert Davinas l'attend.

- Il l'attend ? Et Arnaud ? - Il lui fait à l'envers.

Il a une urgence.

Elle peut assurer seule ce rendez-vous crucial pour elle.

-Quelles conneries !

-Davinas, Davinas...

Davinas Industrie. Il finance les produits de Chiara.

- Merde ! - On fait quoi ?

-On intervient !

- On n'a rien. - Je m'en fous ! On invente !

Prévenez les gardes-côtes.

-Sors !

Sors.

-C'est un plaisir de vous avoir à bord. Vous êtes charmante.

-Arnaud m'a dit

que vous vous occupiez de Chiara. - Oui.

Quel drame, hein ? Toutes mes condoléances.

En direct devant la caméra. Quelle horreur...

Vous voulez boire à sa mémoire ?

-Oui.

-Mettez-vous à l'aise.

A Chiara. - A Chiara.

Où est-ce qu'on va ?

-Je vous promène un peu.

Sa voix résonne.

-Qu'est-ce que vous racontez ?

-Arnaud m'assure que vous valez le coup.

-Stop !

-Tout peut arriver sur ce bateau. On est là comme des imbéciles !

Toujours rien ?

- Non, plus de signal. - Putain, c'est pas possible !

-Non, non ! Vous avez violé ma soeur !

Non, non !

-T'as fait quoi, salope ?

-C'est la police qui nous écoute.

-C'est idiot. Vous auriez dû vous enfuir.

Argentine, Maroc. Ca fait vacances.

-Je suis un homme d'affaires,

pas un criminel. - Le viol est un crime. Je crois !

Le juge va adorer l'enregistrement.

-De quoi il parle ? Ca captait pas sur le bateau.

-Vous vouliez la violer

donc vous avez violé Chiara. - Pas du tout !

-Je résume. Vous avez violé Chiara, elle a menacé et vous l'avez tuée !

-J'ai tué personne.

-Je veux bien vous croire !

Mais qui avait intérêt à empêcher Chiara de parler ?

-Les filles savaient ce qu'elles faisaient,

selon Arnaud. - Il y a eu d'autres filles ?

-Ca va comment ?

-J'ai connu mieux.

-Ton père est venu ?

-Le tien doit regretter de m'avoir écoutée. J'ai tout foiré.

-Il est surtout content que tu sois en vie. Je suis presque jalouse.

-On échange ?

-Lila.

On peut se parler ?

-On peut essayer, oui.

- Je veux la peau d'Arnaud. - Rien ne prouve qu'il a tué.

-Alors, on va le prouver. Il me faut des aveux.

Et la seule personne qui peut me les obtenir, c'est Chiara.

-Chiara ?

-Oui, Chiara.

On va se servir de toutes ses vidéos.

-J'ai l'impression d'être morte à l'intérieur.

Il me considère comme de la viande.

-C'est dingue. Avec un bon montage, on fait tout dire à n'importe qui.

T'es douée ! - Je ne pensais pas

faire un stage de monteuse. - Il va mordre, vous pensez ?

-Arnaud est un salaud.

J'ai été violée.

Et je ne suis pas la 1re.

Ca mérite la prison. Je veux qu'il paye.

-Ca m'aurait donné des envies de meurtre.

Elle vous l'a dit quand ?

- Je veux un avocat. - Prenez-en deux.

Ca et le témoignage de Davinas sur la complicité de viols,

vous réaliserez ses dernières volontés : moisir en prison.

-Elle voulait me mettre un MeToo sur le dos à cause du rendez-vous !

-Vous êtes entré chez elle

et vous l'avez tuée. - Je savais pas ce que je faisais !

J'ai tiré jusqu'à ce qu'elle tombe, j'étais comme un zombie.

-Et le gosse que vous avez piqué ?

-Il menaçait de me faire chanter.

-Et le césar du meilleur montage est attribué à...

-Je la bute !

-Lâche ton arme !

-Je veux un bateau.

-Tu la relâches et je tire pas.

J'ai jamais raté.

Et pour elle, je tuerais n'importe qui.

Je me fous de ma carte de flic, j'ai décidé de prendre le large.

Alors, je compte jusqu'à 3. 1, 2...

C'est fini.

Elle pleure.

C'est fini.

C'est fini.

-Vous partez vraiment ?

-Juste un break.

Vous tiendrez le coup sans moi ?

Je vous confie Borel.

-Votre confiance m'honore. J'aurais jamais cru qu'on en arriverait là.

-Ca, c'est sûr. Nous deux, c'était pas gagné d'avance.

-Je vous confie Legrand.

-Votre confiance m'honore.

Vous nous manquerez.

-Je dois consacrer du temps

à ma famille.

J'ai raté trop de choses. Et eux aussi.

La vie est courte.

Ah, un conseil !

Respectez pas trop les règles.

Salut, les gars.

...

-Tu l'as vraiment volé dans les scellés,

ce bateau ?

-Vu les frais de gardiennage, je leurs rends service !

Et j'ai le meilleur skipper de la côte !

- C'est pas bien. Tu es patriarche. - Jeune patriarche !

Et j'ai bien l'intention de réussir ma vie.

-Alors, tu vas bien ?

-Demande

à ta soeur. - Tu savais ?

-Que tu l'as fait revenir

en disant que j'étais malade ? Non, juste une intuition.

Maintenant, je le sais !

Allez !

Cap au large, capitaine !

- Où va-t-on ? - Suis le soleil !

Le temps qu'on le rattrape, tu me raconteras tout ce que j'ai raté.

Venez là.

...

-Vous allez rater le début !

-Merci.

-A CAIN !

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