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-L'opération a duré huit heures, mais nous avons sauvé une vie. Cynthia est là , près de moi,
si belle, si désirable. -Mon amour...
J'ai envie de sentir ses mains, si fortes et si habiles,
sur mon corps. -Cynthia...
Cynthia... -Gabriel... Gabriel...
-Cynthia... Cynthia...
-Gabriel... Gabriel!
-Vous vous foutez de moi! Je me moque de savoir si vous avez bossé comme un malade.
Coup de cul aux urgences, c'est pour la semaine prochaine. -C'est Coup de coeur aux urgences.
-Il y en avait que la moitié. Et puis, dites donc, c'est un peu neuneu.
Vous pourriez pimenter un peu. Mettez un peu de cul. C'est pas compliqué, bordel!
-Une tournante chez les grands brûlés, ça vous irait?
-Et puis l'autre, lĂ ... Pour la collection Horreur...
Il sera livré quand?
Parlez-moi d'amour Redites-moi des choses tendres
Votre beau discours Mon coeur n'est pas las de l'entendre
Pourvu que toujours Vous répétiez ces mots suprêmes
Je vous aime
Vous savez bien Que dans le fond je n'en crois rien
Mais cependant je veux encore Écouter ces mots que j'adore
Votre voix aux sons caressants Qui les murmure en frémissant
Me berce de sa belle histoire Et malgré moi je veux y croire
(sirène)
-Oui, ma chérie. J'arrive. T'es garée où? À tout de suite.
Parlez-moi d'amour Redites-moi des choses tendres
Je vous aime Je vous aime
Parlez-moi d'amour Redites-moi des choses tendres
Je vous aime
-Alors? Où tu en es, de ton roman? -J'en ai deux à finir. Belin va pas me lâcher.
-Je te parle pas de ça. Je te parle de ton roman. -Tu as tellement de talent! Tu ne peux pas le gaspiller.
Tu sais bien que je peux t'aider. Je peux avoir les média.
-Il faudrait que j'aie le temps. -Tu t'arrĂŞtes et tu t'y mets.
-Mais c'est très simple: comment je vis? -Disons que je te sponsorise.
D'ailleurs, j'en ai trouvé un. -De quoi? -Un sponsor. Pour notre mariage, Tom.
-On n'a pas besoin de sponsor. -Tu veux rire?
J'ai 200 invités minimum. -On devait faire ça entre nous.
-Allez... fais pas la tĂŞte, mon petit coeur. (sonnerie)
AllĂ´? Je reste en ligne. Je sais pas, mais je reste en ligne.
-Il y a une dame qui voudrait vous parler. -Où ça? -Près du comptoir.
-Non! Je n'ai plus de place. Mais non, c'est vraiment VIP! C'est qui? Mais non!
Mais enfin... Lolo, c'est nobody. Je sais pas... mais cherche.
-Bonsoir, mademoiselle. -Bonsoir. -Bonsoir, Tom. -Arrange-toi pour le retrouver.
Oui, c'est ça.
-Je peux m'asseoir? -Oui. Je vous en prie. Écoute, Lolo. On fait comme ça.
Oui. N'oublie pas de vérifier l'orthographe des noms. À demain.
Eh bien, Tom, tu nous présentes pas? -Bien sûr.
Nina, mon ex-femme. Ariane, ma fiancée. -Ah, bonsoir.
C'est pour bientĂ´t? -Un mois et demi. Je peux boire?
-Bien sûr, je vous en prie. Il y a des verres. -Merci.
(musique italienne romantique)
-J'avais soif. -Oui. On a bien vu.
-Excusez-moi de vous déranger. -Pas du tout. Il faut que j'y aille.
-Tu vas oĂą? -Je dois absolument passer Ă l'anniversaire de Jean-Yves.
Si j'y vais pas, il va me faire une maladie. Je t'appelle. Bisou.
Ă€ tout Ă l'heure. Je lui passe le bonjour de ta part.
Ravie de vous connaître. -Moi aussi. -Je t'appelle tout à l'heure.
(propos en italien) -Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
-Je passais dans le quartier. La gardienne m'a dit que tu étais dans ce restaurant.
-Comment t'as eu mon adresse? -Dans l'annuaire.
-T'aurais pu appeler avant. -Je sais, mais j'avais pas l'argent.
-T'avais pas l'argent pour appeler? -C'est un peu compliqué.
Quand je suis rentrée, la porte était fermée à clé. -Pourquoi t'appelles pas un serrurier?
-J'avais que l'argent pour le pain.
-C'est pas compliqué. Désolé, j'ai que 5 euros.
-Je suis morte de fatigue. Je suis venue Ă pied de la porte de la Villette.
Je suis crevée.
-Tout le monde nous regarde. -Je m'en fous! (chant religieux)
Tom! C'est encore loin? On y est presque.
(tintements de cloches)
-Je t'assure, c'est un vrai cauchemar. -Prends un taxi.
-Je peux pas rentrer chez moi, Tom. -Mais pourquoi? -Parce que c'est pas chez moi.
C'est chez Baxter et j'ai pas les clés. -Baxter, c'est...
Il est où, Baxter? -Il est déjà dans l'avion pour Philadelphie.
-Il est parti pendant que tu allais chercher le pain? -Oui.
-C'est un vrai gentleman, ce type. Mais il va pas me la bouffer, ce con!
-C'est le bon code? -Arrête tes questions stupides. Tu vas me la rendre, espèce d'enfoirée de machine?
Saloperie! -Inutile de s'énerver sur une machine.
-Nina, épargne-moi tes commentaires, s'il te plaît. -C'est pas grave. -Pour toi, c'est pas grave.
Moi, il va falloir que je revienne la chercher. C'est pas vrai, putain... C'est pas vrai...
-Je te remercie beaucoup, Tom. Je vais me débrouiller autrement.
-Il me reste du liquide Ă la maison. Tu viens? Tu viens?
J'en ai pour deux minutes. -J'ai envie de faire pipi.
-Tu pouvais pas faire ça au resto? -J'avais pas envie.
Pourquoi tu me parles sur ce ton? -N'essaie pas de me faire culpabiliser, Nina.
T'es experte en la matière. Mais là , c'est peine perdue.
-J'essaie rien du tout. Je veux pas te créer d'ennuis.
-Ah oui? Pourquoi t'es venue me trouver?
À quel moment tu t'es rappelé mon existence? En revenant, ton bâtard sous le bras?
Je fais pas d'humour, hein. En cherchant dans les Pages jaunes?
Ă€ la rubrique "Bonne poire"? "Steiner. Tiens, je le connais, celui-lĂ ."
-Les toilettes? -Hein? -Les toilettes. -Couloir de la chambre.
Ah! VoilĂ . VoilĂ .
Putain! Saleté!
Merde!
C'est pas vrai! C'est pas vrai! Je le trouve pas.
J'ai pas de liquide. Je te fais un chèque. -Je me suis fait virer de ma banque.
-Pourquoi moi? Pourquoi t'es venue me voir, moi?
-Je savais pas oĂą aller.
-T'as pas d'amis? Toi qui hurlais que le mariage t'empĂŞchait d'avoir des amis...
-Si, j'ai des amis, mais ils habitent en banlieue. -C'est parfait. Tu les appelles, ils viennent te chercher.
Au pire, je te dépose. -Je peux pas. Eux-mêmes habitent chez des amis.
-Pourquoi tu vas pas voir ta mère? -Elle vit à Londres
avec un type qui organise des courses de chiens. -Il y a un hôtel à côté.
Je t'accompagne. Je paye en chèque et tu dors là -bas.
-Merci. C'est très gentil. -Tu viens?
(respiration saccadée) -Qu'est-ce qu'il y a? -J'ai mal.
-Ça va pas? -Si je mets les jambes en l'air, ça va aller mieux.
J'ai tellement marché. Mais d'ici cinq minutes, ça va passer.
Demain, je passerai chez Lulu, le garçon avec qui je travaille.
On s'arrangera. C'est juste la question d'une nuit.
-T'as continué la peinture? -Je fais des chantiers avec Lulu.
Mais lui, c'est un vrai peintre. Il expose dans un squat Ă Arcueil.
Tu devrais voir. C'est magnifique.
Aïe! -Qu'est-ce qu'il y a? -Ça recommence.
-C'est pas vrai. C'est pas vrai! J'appelle un toubib. -Mais ça va passer, je te jure.
-Non. J'ai pas envie qu'il y ait de complications. -OK. Passe-moi le téléphone.
J'appelle mon médecin. C'est une amie.
(radio-émetteur) -Monsieur, s'il vous plaît, circulez!
(sirène) (brouhaha)
-Pardon. Excusez-moi. Pardon. -On ne passe pas.
-Dr Sarrazin. Urgences psychiatriques. -Allez-y! -Merci.
-Je veux passer, moi aussi! -Non, madame. (sonnerie)
-Allô? Psy 24/24, j'écoute? Oui, Nina. Qu'est-ce qui se passe?
-Allez, fais pas l'idiot! Range ton arme et laisse-nous entrer! -Mais tu es où, là ? (sirènes)
La porte a un code? (coups de feu et cris) Parfait. Je serai lĂ d'ici une heure.
-Attention! (fracas) -C'est pas moi! C'est pas moi!
-J'ai une urgence.
(cri désespéré) -Barrez-vous ou je tire.
-René, c'est Marie-Pierre. Qu'est-ce qui se passe? -Je vais tous les péter un par un.
-Bien sûr. Mais avant, ouvrez-moi. J'ai un autre rendez-vous.
Il n'y a pas que vous qui avez des problèmes, René.
-Faites gaffe! Faites gaffe! Fais gaffe!
-Je fais extrĂŞmement gaffe. Elle est oĂą, Madeleine?
-Madeleine? Je sais pas. -Madeleine?
-Je suis là . -Où ça? -Dans le placard.
-René. René! S'il vous plaît. Voyons!
-Elle sortira pas! C'est moi qui ai la clé! -Je suis dans le placard.
-Donnez-moi la clé. -Non! J'ouvrirai pas!
-Donnez-moi la clé, René. On va pas la laisser dans le placard.
Je vous ai apporté quelque chose. -Quoi?
-Donnez-moi la clé.
Merci.
-Pistolet d'alarme. -D'accord. Venez, Madeleine.
Tout va bien, maintenant. Tout va bien. -Pardon.
-Ça lui a pris quand? -En regardant Des chiffres et des lettres.
-Je vous l'ai dit: pas de jeux télévisés. Ça l'agresse. -J'étais descendue pour faire pisser Loulou.
-Loulou... (cri de rage)
-Mon cadeau! Il est oĂą, mon cadeau? (aboiements)
-Tenez. -J'aime pas qu'il lise ça.
-Vous avez tort. Ça lui fait beaucoup de bien. C'est écrit avec les pieds, mais ça le détend.
-C'est toi, ça? -Oui. -Je peux?
(rire)
(rire) -Excusez-moi de vous déranger.
Qu'est-ce qui vous fait rire, dans ce bouquin? -L'univers du mec. Il est...
Il doit ĂŞtre super glauque.
-Mais... glauque comment? -Glauque, glauque. Genre dégueulasse.
Les mains moites, des verrues partout, une haleine de chacal...
-Parce que... c'est moi. -C'est vous quoi?
-Heu... l'auteur. C'est moi qui ai écrit ça. -Ténébric, c'est vous?
-C'est un pseudo. Thomas Steiner.
-J'ai fait une super gaffe! Je suis désolée! Je vous voyais pas comme ça. -Oui, je sais.
Les verrues, les mains...
Vous faites du dessin? -Oui. Je suis aux Beaux-Arts.
Et vous? Vous en écrivez un nouveau? -Ouais.
Et la première victime, il lui avait cousu les paupières. Il lui avait coupé les doigts dans le sens de la longueur.
-Ça doit faire mal! -Très. La police comprend pas pourquoi il y a 20 traces de doigts.
-Ils étaient plusieurs. -Mais non! Ça faisait dix doigts à chaque main.
Deux fois dix, vingt. -C'est génial. Il sort quand?
-Le mois prochain. Je connais pas votre nom.
-Nina. -Vous faites quelque chose, ce soir?
-J'ai envie de vomir. -Hein? Quoi?
-J'ai envie de vomir! J'arrive pas Ă me lever!
-Pas les poils! ArrĂŞte! Tu me tires les poils. Viens par lĂ . Viens.
Ă€ gauche. -Ne me regarde pas!
Tom! -Quoi encore? -J'ai tout vomi sur ma robe.
T'aurais pas un peignoir?
Je suis pas très jojo... -Tiens. Mets ça.
"...un couteau s'enfonça violemment (sonnette) dans la chair sanguinolente."
-AllĂ´? J'entends plus. Je suis en fin de batterie. -Oui? -AllĂ´? C'est foutu.
Je suis Marie-Pierre. Qu'est-ce qui se passe? -Elle a vomi.
-Deux petites choses. Un: est-ce que je pourrais recharger ma batterie?
Deux: utiliser votre téléphone? Merci bien.
C'est Marie-Pierre. Il passera une petite semaine Ă Sainte-Anne
et il sera d'aplomb. L'autre, ça a pas été possible. Il est pour trois mois en HP.
Il a failli m'arracher le pouce. À bientôt.
-Je croyais que vous étiez gynéco. -Pas du tout. Je suis psychiatre.
Donc, j'ai fait médecine, si ça peut vous rassurer.
Comment va-t-elle? -Je vous l'ai déjà dit. Elle a vomi.
-Je parle pas de ça. Son état émotionnel? -Allez voir vous-même. C'est au fond du couloir.
Mais, dites donc... On se serait pas déjà croisés quelque part?
-C'est possible, mais j'en ai pas le souvenir.
-Marie-Pierre, c'est toi? -On arrive.
Pas d'inquiétude. Tout va bien. -Tu parles!
J'ai pas une culotte, pas une brosse Ă dents, rien. Je suis dans une merde noire. Qu'est-ce que je vais faire?
-T'as pas 36 solutions: tu t'incrustes. -Chez Tom? -Pour l'instant.
-Ça, jamais! -Chut... -Il a commencé à m'envoyer des vieux trucs à la tête.
-Il cherche à renouer le dialogue. -J'ai jamais été aussi humiliée!
Devoir faire appel à lui, mais quelle honte pour moi! -Écoute, Nina.
Ça, ton gosse, ce n'est pas son problème. Toi, tu vas pondre.
Tu as besoin d'un nid. C'est une pulsion vitale. C'est la nidification.
Et ici, il y a un nid...
même provisoire. "Quand il préparait...
mitonnait une nouvelle recette, le cuistot affichait une effroyable...
jovialité." -Ils sont où, les apprentis?
(grondement de tonnerre) -Ils sont lĂ , chef.
-Dépêchez-vous! Doubles andouilles! Soyez très attentifs.
Pour le crâne à la coque, tout est dans le coup de main.
Regardez. Il faut bien découper à ce niveau, sinon le crâne se brise.
Des bouts d'os vous rentrent dans les dents. C'est très désagréable.
Regardez bien.
(vrombissement et cri) -C'est pas terrible, terrible. -Comment ça?
-Nina est dans un état d'épuisement assez avancé. (tintements de cloche)
Je vais lui prescrire un traitement. Les facteurs psychologiques
sont, hélas, plus difficiles à traiter. (tintements de cloche et vrombissements)
-Vous connaissez le facteur qui l'a laissée tomber? -Baxter.
Il fait de la sculpture conceptuelle. Vous connaissez? -Je vous remercie.
-Sans vouloir être pessimiste, si Nina ne bénéficie pas d'un repos complet...
Vous savez, le premier enfant à 36 ans... C'est un peu délicat. -Mais j'y suis pour rien!
Elle m'a pas donné signe de vie depuis le divorce. Pas un coup de fil, pas une carte. Rien. En sept ans.
Elle débarque dans ma vie comme si elle lui appartenait encore.
-Aucun contact pendant sept ans? -Rien!
-La dernière fois qu'on s'est vus, c'était chez le juge. Depuis, silence radio, jusqu'à ce soir.
Ça fait un drôle d'effet. Comme un coup sur le crâne.
Et puis, surtout, c'est pas la même femme. J'ai le souvenir de quelqu'un de positif, plein d'énergie.
Je vois arriver une espèce de pauvre chose. Toujours aussi chiante, d'ailleurs.
Dites-moi si je vous ennuie. -Non. Allez-y, j'ai l'habitude.
-Comment ça? -J'ai l'habitude d'écouter les gens.
-Oh! C'est pas au psy que je m'adresse. Dans mon état, je pourrais me confier à une porte.
-Mais rassurez-vous, je n'analyse jamais personne sans le prévenir.
Ça fait 45 euros. -Pardon?
-C'est trop cher? -Vous la suivez gratuitement. -Si quelqu'un peut payer le tarif,
c'est normal que je l'applique. Logique. -"Logique."
À propos... Vous qui êtes une amie de Nina, pourquoi vous ne l'hébergez pas?
-Ça m'est impossible, et croyez bien que je regrette. -Pourquoi? Vous habitez dans une mansarde?
-Pas du tout. J'ai des raisons que je n'ai pas Ă vous expliquer.
-C'est bien, de compter sur ses amis.
-Steiner... -Sarrazin...
C'est marrant, ça me dit quelque chose, ce nom. Sarrazin...
Un pion, à Henri-IV, s'appelait comme ça. Un sale con. Je rêvais de lui casser la gueule.
Peut-être un parent? -Peut-être. Je ne suis pas très famille.
-C'est par lĂ . -Merci. Bonsoir. Ah...
Une dernière petite chose... Ne virez pas Nina avant demain soir.
Qu'elle se remette. -Vous me prenez pour qui? -Pour quelqu'un
qui a jamais pardonné à sa femme de l'avoir plaqué. (claquement de porte)
-Grosse conne! Sarrazin, je suis sûr que c'est de sa famille.
Ouais. "Il... ligota...
la grosse dame..." -N'ayez pas peur, petite madame.
C'est rien. Je vous greffe le cuissot du porc et je greffe vous jolies jambes sur le porc.
Occupez-vous du porc, et moi, de la grosse. (couinements)
(cri et vrombissement) (rire et couinements)
-Alors, mon amour? En pleine création?
Tu m'as pas entendue rentrer? -Excuse-moi, ma chérie.
-Je crois... que j'ai trouvé l'homme...
de la situation. -De quoi tu parles?
-Bourdin. Éditions Saint-Éloi. Je l'ai rencontré chez Jean-Yves. Il est intéressé.
Il veut absolument te rencontrer. -C'est génial, non? -Oui.
-Mais il faut que je bosse. -Ah non. Non, non, non...
On va fêter ça. -Ariane, j'ai un petit problème.
-C'est pas grave. Tu finiras plus tard. -C'est pas ça. Je ne suis pas seul.
-Comment ça? -Il y a mon ex-femme qui dort dans la chambre.
Une histoire de fou. Elle a pas un sou. J'ai pas pu m'en débarrasser.
-C'est pas grave. Je m'en occupe demain. J'appelle une association.
Pas de quoi paniquer. J'ai envie de faire l'amour.
(soupir) -D'accord.
Elle pourrait se réveiller, pour faire chier. -On fera comme des teenagers qui habitent chez leurs parents.
Tu as toujours le CD new age? -Non, pas de musique.
Ça va la réveiller. -C'est fait pour les insomniaques.
(musique d'ambiance)
-Mais qu'est-ce qui se passe? Je suis avec des amis.
Enfin, Nina. Je comprends bien, mais... ce n'est quand mĂŞme pas si dramatique.
Tu veux pas essayer de prendre un peu sur toi? Tu sais très bien que si je pouvais te loger...
Tu connais le problème. Ne panique pas. Calme-toi.
On va trouver une solution. (halètements et gémissements)
(musique zen)
-Chéri, où es-tu? -Je suis là . Je suis là .
C'est pas vrai... C'est pas vrai!
-Quoi? -Petit problème... que je vais régler tout de suite.
Le voilĂ , ton putain de cabas. Et maintenant, tu te tires.
-Excusez-moi. Je m'en vais. -C'est pas la peine de t'excuser. C'est fait.
Fait chier. -Mais t'énerve pas!
Tom m'a dit que vous étiez limite SDF, mais on va arranger ça.
-Pas du tout, mademoiselle. J'ai eu un petit coup de fatigue,
mais je rentre chez moi. Au revoir. Excusez-moi encore de vous avoir dérangés.
-Qu'est-ce que tu as raconté? -C'est la vérité. Elle tape l'incruste.
-Je "tape l'incruste"? Ça te fait plaisir de m'humilier?
T'as pas changé. Tu profites de la situation pour m'enfoncer la tête sous l'eau.
C'est vraiment dégueulasse! -C'est ma faute si t'es enceinte et si t'es tombée sur un salaud?
-Tom, arrête! C'est insupportable. Je déteste ce genre de situation.
-Ariane, laisse-moi t'expliquer. -Je te trouve odieux. -Ce n'est pas ma faute.
-J'allais descendre. -Une envie de pisser qui me prend Ă la gorge.
-Marie-Pierre... -Qu'est-ce que vous foutez lĂ ? -Envie pressante.
-C'est occupé. -Non, c'est libre.
Je vous laisse en famille. Ça vaut mieux. -Ariane... J'ai pas envie qu'on s'engueule.
C'est une connerie de ma part. Je reconnais. -Demain, j'ai la soirée multiplex
avec un boulot jusque-là . Alors, règle tes problèmes et on se rappelle.
Appelez-moi. J'ai beaucoup de relations dans l'immobilier.
-Merci. -Elles sont pratiquement parties.
-Ce genre de situation est très stressant. Je vais me coucher.
(fermeture de porte)
-Tom... -Ta gueule! -Quel dommage!
Le dialogue est bloqué. -Je vous ai demandé de partir.
-Pas de problème. Nous partons.
Mais c'est pas malin d'avoir fait venir votre maîtresse. -Pardon? -Je dirais même
que c'est infantile. -C'est ma fiancée. C'est la femme de ma vie.
On se marie dans deux mois. Je devrais justifier sa présence devant cette baleine,
alors que j'ai rien demandé à personne? -T'en fais pas. Je vais pas te pourrir la vie longtemps.
-Où tu vas? -Pisser! Mon utérus gros comme une pastèque me comprime la vessie.
Ça te va? -J'ai l'impression de vivre dans des chiottes publiques.
-Je peux rester ici, à attendre, ou bien je... (sonnerie de téléphone)
Vous ne... -Vous ĂŞtes bien chez Tom Steiner, Leonard Grey
et Vic Mortus, mais je ne suis pas lĂ . Laissez-moi un message.
-C'est Belin. J'espère que vous en mettez un coup. Je vous lâcherai pas. La semaine prochaine. Compris?
-Alors, comme ça, vous êtes Vic Mortus? -Qu'est-ce que ça peut vous foutre?
-À moi, rien. Mais certains de mes patients vous apprécient. Je ne connaissais pas Leonard Grey.
Au niveau de la thérapie. -Reposez ce bouquin.
-Viens, Marie-Pierre. On s'en va. J'en peux plus. -C'est elle qui a voulu partir. Merde, Ă la fin.
-Bien sûr.
On dit ça. Bonne nuit. -Bonne nuit.
Où est-ce que je vais aller? -Chez moi. Je m'arrangerai avec Geneviève.
-Mais t'es sûre que ça va aller? -Ne t'inquiète pas, Nina.
C'est pas vrai...
Les filles, venez voir! Oh non!
(sonnette) -J'ai un problème avec ma voiture.
Si vous pouviez nous déposer... -Je pourrais appeler les flics.
-C'est un point de vue qui se conçoit.
Pardonnez-moi d'insister, mais Nina ne va pas bien. Il n'y a pas de taxi libre. Je vais pas la faire marcher.
-Vous pouvez dégager avant que je vous écrase? -Je crains de devoir l'emmener à l'hosto.
-C'est pas mon problème. -Ça pourrait le devenir. Si jamais quelque chose arrivait...
Ça va vous prendre quoi? Deux heures à tout casser. C'est mieux que cinquante analyses.
(musique forte et rires)
-Merci. C'est vraiment sympa de ta part. -Vous ĂŞtes super chou. On s'appelle.
-Qu'est-ce que vous foutiez? Le show va commencer dans cinq minutes. Dépêchez-vous!
-C'est très gentil. -Fermez-la ou je vous sors à coups de pompe.
-M'autorisez-vous Ă vous parler? -Quoi?
-Il est possible qu'il y ait un léger souci pour que Nina reste chez moi.
-Tu avais dit d'accord! -Sur les faits, elle acceptera.
Sur le principe, elle peut refuser. -C'est pas chez vous?
-Si. C'est chez moi. Mais j'habite avec une personne un peu rigide.
-Ah. D'accord. D'accord, d'accord.
-Dois-je voir une connotation particulière? -Pas du tout. Je pense tout haut.
-J'en ai pour cinq petites minutes.
-Regarde-moi la touche qu'elle a. Elle serait pas gouine, ta copine?
-Mais pas du tout. Pourquoi tu dis ça? -Elle peut pas ramener qui elle veut.
-Non.
-Ce sera très passager. Elle prend la chambre du fond. -J'ai dit non.
Ah non. Tu fumes dans ta chambre. Pas ici.
-Avec l'âge, Geneviève, tu as les névroses qui s'ossifient. Ce n'est pas désespéré mais c'est à deux doigts.
-Tu n'es pas bien placé pour me faire la morale, Jean-Eusèbe.
-Connasse... -Connard!
-C'est une histoire de cinglés, ça. -Ce sont des choses qui arrivent.
-Oui, bien sûr. C'est très banal, ça. J'ai plein d'amis qui ont changé de sexe.
Et la plupart continuent de vivre avec leur ex-femme, d'ailleurs.
-Nous, on n'a pas eu ce problème, vu qu'on n'avait rien. Imagine qu'on ait eu un grand appartement.
Qu'est-ce qui se passe? On le vend à la va-vite? Ils préféraient vivre dans un grand appartement.
Ça se défend. -Marie-Pierre...
Cela dit, c'est bien fait. Il devait pas ĂŞtre trop viril, quand mĂŞme, parce que...
Le physique est un peu ingrat, mais bon... Marie-Pierre Sarrazin...
Mais c'est ça! Ce pion à la con qui m'a fait chier, c'est elle!
C'est lui! Je savais que je l'avais déjà vu.
Il avait un prénom à rallonge prétentieux. -J'ai fait ce que j'ai pu.
-Jean Zob! Jean Zob... C'est comme ça qu'on l'appelait.
-Enfin... C'était il y a plus de trente ans. -Jean-Eusèbe Sarrazin.
Ça va, Jean Zob? -J'ai changé, Tom.
-Vous ĂŞtes toujours aussi chieur. -Chieuse.
Je suis de sexe féminin et je me suis battue pour ça. -Mais arrêtez de vous engueuler!
C'est insupportable. -Il y a une heure, t'étais au bord de la fausse couche.
Et moi qui me fais avoir comme un con, qui fais le taxi. -Vous devenez lourd. -Descends.
-Quoi? -Terminus. Tu descends.
-Ne faites pas ça. Je dis ça aussi dans votre intérêt. -Ne vous approchez pas trop.
-Laisse, Marie-Pierre.
-VoilĂ . -Merci, Tom. -De rien.
-T'en fais pas, Tom. Je sors demain matin. Ça va bien se passer.
-Il est pas trop tard. On peut encore changer d'avis.
-On aura un bébé quand on pourra l'élever correctement.
-Je t'aime, Nina. Je t'aime. -Je le sens dans mon ventre.
-On en aura plein. Trois, quatre, si tu veux.
MĂŞme douze.
-Ça va aller, Tom. On s'aime, hein?
C'est ça, le plus important.
-Tom? -Quoi encore?
-J'ai faim. Je peux me faire quelque chose? Je te dérangerai pas.
-C'est pas vrai... -Excuse-moi.
Je reviendrai prendre le reste dans la semaine.
J'aurais préféré que ça se passe autrement, mais...
C'est mieux comme ça, Tom.
On va pas passer notre vie Ă s'engueuler... pour rien, Ă se faire du mal.
-Je te le fais pas dire. C'est pas pour ça que tu me quittes.
-Le taxi est en bas.
Au revoir, Tom. -S'il te plaît... non.
(claquement de porte)
(chants d'oiseaux)
(aspirateur en marche)
Qu'est-ce que tu fais? Nina! Qu'est-ce que tu fabriques?
-Tu vois bien. Je passe l'aspirateur.
-Pas la peine. La femme de ménage vient tout à l'heure. T'as mal aux yeux?
-J'avais l'air d'une grenouille. C'est les nerfs. Bien travaillé? -Oui. Merci.
Tu remettras les lunettes à leur place. C'est à Ariane. -Je t'ai emprunté quelques affaires.
J'ai mis mes vêtements à laver. Ça te dérange pas?
Je te fais des oeufs au bacon. -Non. Surtout pas!
-Tu prends plus d'oeufs, le matin? -J'ai arrêté d'en prendre
le jour où je me suis aperçu que j'aimais pas ça. -Pourquoi tu les mangeais, alors?
-Pour te faire plaisir. Le peignoir, s'il te plaît. -"Pour me faire plaisir"?
-T'avais l'intime conviction de remplir pleinement ta mission d'épouse
en me bourrant d'oeufs au plat. -La raison est plus simple que ça.
-Ah bon? -Tu as arrêté
quand tu n'as plus eu personne pour te les faire. -Cette hypothèse se défendrait
si t'avais su faire les oeufs au plat. Mais malheureusement, t'as jamais su faire cuire un oeuf.
Du moins, à l'époque. On y va? -Où ça?
-À la banque. Récupérer ma carte. Toujours besoin d'argent? -Ne sois pas humiliant, s'il te plaît.
-Excuse-moi de te proposer de te prĂŞter du fric. Allons-y.
-Je peux t'attendre ici? Je te ferai du café. -Non.
-Avec du pain perdu. Je fais très bien le pain perdu, maintenant.
-Arrête. On prendra un café en bas. Et rends-moi les lunettes.
-J'ai pas dormi de la nuit. À retourner tout ça dans ma tête,
à pleurer sous l'oreiller, pour pas te réveiller.
-Garde-les.
-J'ai le temps de mettre mes chaussures?
-Je te comprends, hein. C'est dégueulasse.
Ça va peut-être s'arranger. Appelle-le.
S'il est parti hier soir, il a dû arriver. -Qu'est-ce que ça changera?
Je vais tomber sur sa femme. Ça va encore faire des histoires.
-Pardon? -Je sais bien ce que tu vas me dire: je suis une imbécile.
-Je ne dis rien. Des enfants?
-Un cappuccino et deux autres espressos! -Et c'est un accident?
-Quoi? -Ton gosse.
-Pas du tout. Je le voulais. À 36 ans, c'est normal. Je voulais faire une chose positive une fois dans ma vie.
-Tu vas l'élever comment? -Je me débrouillerai. -D'accord.
Je rêve! Qu'est-ce qui t'est arrivé, Nina?
J'ai le souvenir d'une femme intelligente, équilibrée. Je retrouve une vieille baba qui va mettre au monde un enfant
sans savoir comment elle va l'élever. -Tu es même pas capable de...
-De quoi? -De rien. -De quoi? -Mais lâche-moi.
-Eh! -Pardon.
-Même pas capable de faire un môme à cause des oreillons? Tu me le reproches encore? -J'ai jamais dit ça.
-C'est con, la vie. Ton filleul était un débile porteur de germes
qui m'a gâché la vie. -C'est absolument pas la faute de Dimitri.
-Mais c'est la faute de personne. Toi, tu m'en as voulu. C'est même pour ça que tu m'as quitté.
-C'est pas vrai. -Tu parles! Tu m'en voulais. Tu me l'as fait payer cher, ton IVG.
-Mais c'est faux! Je t'ai rassuré. On avait même parlé d'adoption. T'as oublié?
-J'en voulais un Ă moi! L'autre qui fait des mĂ´mes Ă tour de bras!
Il s'en fout, il les élève pas. Et c'est moi qui devrais réconforter la mère abandonnée?
Je voudrais récupérer ma carte Bleue, qui a été avalée hier soir.
-Un instant, monsieur Steiner. J'ai adoré Passions tropicales.
-Merci. Oui, Ariane.
Oui. Ça va. Vendredi, c'est pas possible.
-Tu peux pas rater ça, Tom. Bourdin y sera. C'est... -On met laquelle?
-C'est vraiment important pour toi. Mais où est le problème?
-Ça me paraît difficile. -Tout est pris en charge. J'ai les billets. J'ai tout.
Je t'envoie même un taxi samedi matin. Tu vas voir, ça va être super.
Une mini lune de miel.
-Aurais-tu l'extrême générosité de me dépanner de 5 euros? De quoi prendre le RER.
-Cinq? -Merci.
-Elle est là . À la fois si proche et si lointaine.
Unis dans le mĂŞme combat pour la vie. Compresse.
-Cette situation ne peut plus durer. C'est trop douloureux. Ça mène à une impasse.
-Je ne pourrai jamais quitter Anne-Marie. Elle n'a que moi.
Ses jours sont comptés. Je resterai avec elle jusqu'à la fin.
-Je te quitte, Gabriel.
(cloches et discussions à l'extérieur) (sonnette)
(sonnette) -Oui!
(sonnerie de téléphone) -Éditions du Spectre. Un pli pour Mme Belin. Merci.
-Vous ĂŞtes bien chez Tom Steiner, Leonard Grey et Vic Mortus.
Laissez-moi un message. -Tom, c'est Marie-Pierre.
Décrochez. Il y a urgence. C'est au sujet de Nina.
Décrochez, s'il vous plaît. Nina a fait une bêtise. -Qu'est-ce qui se passe?
-Elle va bien. Ce n'est pas de cet ordre-là . Elle m'a appelée du commissariat.
Je peux pas y aller car j'ai un placement. Je dois accompagner un malade Ă Sainte-Anne.
Bien, oui, mais... Je comprends bien, mais lĂ ... Monsieur Alvarez... Monsieur Alvarez...
S'il vous plaît, lâchez-moi. Attendez. J'ai un problème.
Je peux pas entrer dans les détails. Lâchez ça. Monsieur Alvarez, lâchez ce manteau.
-Elle a mordu le nez d'un de mes auxiliaires. Mais... elle a pas l'air dans son état normal.
Vous êtes... de la famille? -Je l'ai été.
-Tu les aurais vus! Des brutes! Ils ont tout piétiné, tout saccagé.
Lulu avait fait une installation magnifique... -J'en ai rien à foutre. Je suis crevé. Je te dépose?
-En fait, tout s'arrange. Baxter avait laissé les clés à une amie
qui les a données à Lulu... Et puis, j'ai un ticket de métro.
-Formidable. -Je voulais quand mĂŞme te remercier
pour ce que tu as fait. -Bonne chance.
-Tom! Attends!
Je voulais te dire que... je te demande pardon pour ce que je t'ai dit, avant-hier.
C'était vraiment très injuste. -Non. T'as bien fait.
Tu m'as dis pourquoi tu m'avais quitté. Après 7 ans, c'est bien.
-Je pouvais pas le faire avant. Je me sentais coupable.
Il voulait pas que je fasse le ménage. Ça lui bloquait l'inspiration.
-De lĂ Ă laisser des ordures... -C'est une sculpture.
-Pardon. -Oui. C'est une installation.
C'est sur la dégradation des objets de consommation. -Ah oui. C'est bien.
C'est bien dégradé. -Bon.
Je dois tout ranger. Je sais juste pas par où commencer. Je vais me faire un café. T'en veux un?
-Non.
Pourquoi t'as arrêté de peindre? Je trouvais ça anecdotique à côté de ce que faisait Baxter.
(pleurs)
-Ce type mérite pas tes pleurs. -C'est pas ça.
Mais c'est toi qui avais raison, Tom. Je serai incapable d'élever ce gosse.
-J'ai dit ça sous le coup de la colère. -C'est toi qui as raison.
J'y arriverai jamais. J'ai la trouille. Si tu savais comme j'ai la trouille.
-T'as aucune raison d'avoir peur. Je suis sûr que tu seras une très bonne mère.
-Tu dis ça pour me rassurer. Je serai nulle. -Tu dis n'importe quoi.
Rappelle-toi... Quand Bernard nous avait confié Justin...
tu t'en étais bien occupée. -C'était un chien.
-Oui, mais quand mĂŞme.
-Au fait, comment il va? -Bien. Toujours dans les assurances.
-Je te parle du chien. -Justin? Il est mort l'année dernière.
-C'est pas vrai! C'est affreux!
-Il faut pas pleurer pour ça! Il était très vieux. Il est mort en dormant. Il a pas souffert.
-Il était tellement mignon. Tu te souviens quand il faisait comme ça avec ses oreilles?
-Quand il pétait, c'était une infection. Pour un chien si petit, c'était dingue.
Ça va aller. Il faut juste que je m'organise.
Merci.
-Tu peux rester chez moi ce week-end. Je rentre dimanche soir.
Si tu veux laver des affaires, il y a pas de problème. -T'es vraiment gentil, Tom.
-On est adultes, maintenant. On peut peut-ĂŞtre commencer Ă avoir des rapports normaux.
(chants de mouettes et discussions animées) -Ariane! C'est pour quand, la grande fête?
-Dans deux mois. Les cartons partent dans une semaine. Je compte sur vous.
-Tu vas pas l'inviter! -Elle est adorable. Tout va bien?
-Parfait. -Formidable. Ça nous fait l'occasion d'être reçus dans sa maison en Toscane.
Bonjour. Ça fait plaisir. Tu aurais pu faire un effort.
-Ah bon? Merci.
-Bourdin. Éditions Saint-Éloi. -Où ça? -Derrière. Viens, je vais te présenter.
-Avec Diététique et Religion, on fait tout de même 8000. -Bien.
-Messieurs... -On se revoit à Paris. -Pas de problème.
-Jean-Henri, je vous présente Thomas Steiner. -Bonjour. -Enchanté.
-Je vous laisse. Je vais vérifier les tables. Je vous le confie.
-Ariane m'a un peu expliqué votre parcours. Original. -Ah oui.
-Cette expérience de littérature de gare, cette plongée volontaire dans un genre mineur...
Vous êtes une sorte d'Alain Bombard de l'écriture. -Vous êtes tombé juste. Je n'arrête pas de ramer.
-Votre projet pourrait m'intéresser. Il faut qu'on en parle. -Mon projet?
-Bien sûr, votre projet. -Oui, bien sûr. Mon projet.
Bien sûr. Bien sûr. Excusez-moi.
-Nous avons 120 personnes ce soir, mais prévoyez 20 de plus. Bien. Tout va bien... Le champagne!
Très frais, parce que ça part très, très vite. -Qu'est-ce que t'as raconté?
-Qu'est-ce qu'il y a? -À l'éditeur. -La vérité. Leonard Grey et Vic Mortus.
-Et mon projet? T'es au courant avant moi.
-C'est pas un mensonge. On a tous des projets. Vous avez pris rendez-vous?
-Non. Pourquoi? -Ça, je m'en occupe.
J'ai un briefing avec des journalistes. Je compte sur vous. La toque.
Je file. -Mon arrière-grand-père éditait La Vie des saints.
Cette maison est un lieu en prise directe avec la vie contemporaine.
Par exemple, l'année dernière, on a publié le livre du père Roger,
La Croix et le Loto. Vous l'avez lu?
-Non. Je n'ai pas eu l'occasion.
-Alors. Parlez-moi de votre projet, Steiner. -Mon projet.
Comment dire... c'est... C'est très personnel.
Je ne pense pas que vous serez intéressé. -Mais... nous sommes très ouverts.
-Ă€ ce propos... Vous connaissez le milieu SM?
-Pardon?
-Le sadomasochisme. -Ah... non. Pas du tout.
-C'est le sujet de mon livre. Je ne sais pas si... -Au contraire. J'ai refusé Le Journal d'une salope.
Vendu à 150 000. Je m'en suis mordu les doigts. -J'ai été...
un grand maître du sadomasochisme. -Dites donc...
-Sans me vanter, j'étais parmi les... deux ou trois plus pointus en Europe.
-C'est passionnant. Continuez. -J'organisais des soirées très courues dans le milieu.
Les plus belles femmes de Paris venaient se faire... piquer Ă la fourchette.
-"Ă€ la fourchette"?
-Vous savez pas tout ce qu'on peut faire. De toute façon, j'avais tout.
J'avais... les fouets... les menottes...
les crochets. J'avais...
J'avais même une grande moutonneuse du XVIIIe avec un mécanisme à godets.
J'ai tout arrêté.
Excusez-moi. C'est l'émotion.
-Qu'est-ce qui a motivé votre décision d'arrêter?
-J'aborderai le sujet, mais je compte sur votre discrétion jusqu'à la parution du livre.
-Ça restera entre nous, monsieur Steiner.
-VoilĂ . C'est pas facile.
Je me suis laissé aller à une... à une déviance.
Un jour, j'ai... j'ai voulu sodomiser un zèbre et l'animal est mort de peur.
J'ai eu la SPA au cul. (fou rire)
Ça a été très dur, parce que... la bête était mineure.
-Navrant. Profondément navrant.
-Tu vas faire la gueule longtemps? -C'est inqualifiable.
Tu m'as complètement grillée. -C'est pas méchant. Ça m'est venu comme ça.
-Arrête de rire! J'ai fait ça pour toi.
Pour que tu te sortes de cette médiocrité. J'avais réussi à te vendre.
Tu as piétiné ta chance. -Mais t'as pas à me vendre, Ariane.
-Que tu écrives ce genre de choses à 30 ans, passe encore. Mais à ton âge, je comprends plus.
-Il y a un malentendu. -Oui. Merci de me le dire. J'avais pas remarqué.
-Ariane! Je n'aurai jamais le prix Goncourt,
et d'ailleurs, je m'en tape. L'homme que tu vas épouser est un gros romancier.
T'as du mal Ă le comprendre. -J'ai mis du temps, mais c'est fait.
(vrombissement)
-T'as qu'à prendre un taxi. -Réagis pas comme ça.
-On n'a pas les mĂŞmes valeurs, toi et moi. Je ne vois plus ce qu'on peut faire ensemble.
-T'es sérieuse? -Je suis déçue... je suis déçue...
Mais je me félicite de ne pas avoir envoyé les cartons. -Quels cartons? -De notre mariage, Tom.
(rire d'attendrissement)
-Le salaud... "En souvenir d'un tendre week-end."
(sonnette)
Oui. J'arrive! (sonnette)
Oui.
-T'aurais pas une bière? -Qu'est-ce qui t'arrive?
-Une petite mise au point avec Geneviève.
Je vends l'appartement. On a eu une discussion extrêmement serrée.
Le ton a monté. Elle m'a collé un direct.
Je lui ai refilé un coup de pied dans le ventre. -Mais ça va? -Ça va. Ça va.
Excuse-moi. Il faut que j'aille pisser. Je pisse toutes les 5 minutes, en ce moment.
-Avec ce que tu descends comme bière... -C'est pas ça.
Depuis l'opération, j'ai la vessie trop petite.
-"Souvenir d'un tendre week-end. Été 96. Carole." Bien sûr. C'est gonflé, quand même.
(fracas) Marie-Pierre? Marie-Pierre?
Pourquoi t'as fait ça? -Je suis qu'une merde.
-Pourquoi tu vas pas voir un confrère? -Pour qu'il se foute de ma gueule?
J'ai pas envie que tout Paris le sache. -Et le secret professionnel?
-Tu parles, Charles! Bon. J'espère que ça va tenir.
-Nina? T'es lĂ ? -J'arrive.
-Il rentre ce soir? -T'inquiète pas. Il a pas intérêt à me chercher, ce salopard.
T'as passé un bon week-end? -Pas vraiment. -T'as eu un problème? -Ariane et moi, on a rompu.
-Pourquoi? Elle a appris que tu la trompais? -Pardon? -Comme tu m'as trompée!
-Qu'est-ce que tu racontes? -Fais l'innocent. T'es dégueulasse.
-Moi, je t'ai trompée? C'est ça que t'es en train de me dire?
D'où tu sors ça? -Et ça? Qu'est-ce que c'est? Été 96.
Quelle explication tu vas me fournir? -T'as fouillé dans mes papiers? Mais de quel droit?
J'ai la gentillesse de t'héberger et t'en profites pour fouiner.
-Je n'ai pas "fouiné", j'ai rangé. -Tu commences à me faire chier. -Ne change pas de sujet!
Qui est cette Carole? -Un très bon coup, si tu tiens à le savoir.
-Comment tu peux ĂŞtre aussi abject?
-Écoute, Nina. C'était en juillet 1996. On était séparés depuis 3 mois.
Ta crise n'est pas justifiée. -Tu m'as trompée quand j'ai eu le dos tourné.
-C'était il y a sept ans! Il y a prescription. On a divorcé. T'es plus ma femme.
-Moi, j'ai mis un an Ă m'en remettre. Avec toutes les occasions que j'aurais pu avoir!
Des occasions ratées. Des occasions superbes.
J'ai été vraiment conne. Avec Leduc, par exemple.
-Qui ça? -Oui. Hervé Leduc. Ce type intelligent, raffiné.
Tellement gentil... -Ah oui. Leduc.
Ce con qui était aux Beaux-Arts avec toi, qui se prenait pour André Breton.
-Il écrivait des poèmes lettristes extraordinaires. -Je me souviens.
"A, a, a, b, b, b, b, d, d, e, e, e." T'aurais dû l'épouser. Tu te serais pas fait chier.
-Il était tellement séduisant. Ses taches de rousseur le long de la colonne vertébrale...
-T'as couché avec Leduc?
T'as couché avec cette asperge molle? -Qu'est-ce que ça peut te foutre?
Il y a prescription. Ça fait 7 ans. (sirène)
-Oui? Pas la peine de hurler, je vous entends.
Vous l'aurez après-demain, à 15 h. Ça va. Tu dégages. Je veux plus te voir.
-L'échange était très nourri. Tous les comptes ne sont pas réglés.
C'est quoi, cette histoire avec ce Leduc? -Il s'est jamais rien passé.
J'ai dit ça uniquement pour le faire chier. -Intéressant, comme démarche.
J'ai le temps de prendre une bière juste avant de partir?
(ruissellement de la douche)
-Fait chier! -Ça n'a pas tenu. -Bien fait. J'espère qu'il s'est fait bien mal.
-Qu'est-ce que t'as foutu? -J'ai dĂ» tirer un peu fort en me douchant.
C'est tellement vieux. -Ça a failli m'assommer! Tu peux pas t'empêcher de faire des conneries.
-C'est moi. J'en assume l'entière responsabilité.
Je vous enverrai mon plombier. -Qu'est-ce qu'elle fout lĂ ?
-Elle passait dans le quartier. -Elle en a profité pour me ruiner la plomberie?
-Piquer une crise pour un malheureux tuyau... -Si vous partez pas vite, je vais pas pouvoir me contrĂ´ler.
-Personnellement, je trouve ça extrêmement dommage. -Quoi donc?
-Nous aurions pu parler. -De quoi? De votre libido?
-Ou de la vôtre, par exemple? -Comment ça?
-Laisse tomber. On y va. -Attends. Je suis psychiatre. Je sais interpréter certains signes.
-Arrête, Tom. -Laisse-le s'exprimer. -Et là , vous interprétez quoi?
-Vous avez le désir inconscient de votre ex-femme qui remonte à la surface.
-Faux! J'ai le désir de vous foutre mon poing dans la gueule depuis 1973.
-Ça se rejoint. -Lâche-la. Tu vas lui faire mal. Marie-Pierre!
T'es complètement malade! Ça va? -J'ai l'habitude.
-J'ai envie que vous m'oubliiez, vous et Nina. -Vous avez surtout envie d'oublier Nina.
-Tu ne peux pas faire ça! -La preuve que si. Ça fait 30 ans que j'attendais ça.
-Il t'a fait mal? -C'est fou ce que je me sens détendu, d'un seul coup.
-De la part de Jean Zob. -Arrêtez, s'il vous plaît!
Vous ĂŞtes devenus fous! -Qu'est-ce que tu cherches? Il n'y a plus rien.
-Espèce de trou du cul caractériel! -Arrêtez!
Pousse-toi de lĂ , Nina! Tu vas te prendre un mauvais coup.
-Je vais te fermer ton clapet, Sarrazin! -Ce n'est pas en m'étranglant que tu étoufferas tes pensées!
-Mon Dieu! J'ai mal! J'ai mal! -Nina! Je t'ai fait mal?
-J'ai des contractions. Marie-Pierre! -Pas de panique. Je suis lĂ .
-Viens t'allonger. C'est rien du tout. Viens lĂ .
Viens là . Ça va aller. Voilà . Allonge-toi là . Hop là . Et voilà .
C'est rien du tout. Voilà . Ça va. Faites quelque chose. Vous êtes toubib ou quoi?
-OĂą est ma sacoche? -J'en sais rien, abrutie!
-VoilĂ . Elle est lĂ . Elle est lĂ . Et vous, appelez une ambulance, bon sang!
Restez pas lĂ ! Tout va bien. Tout va bien.
-Il est où, le téléphone? -Tout va bien. -Ça y est. Je l'ai.
-Tout va bien. Tout va bien. -AllĂ´?
C'est un disque. C'est pas vrai! On peut crever, il y a un disque.
-Raccrochez, mon vieux. C'est plus le moment. -La vache! -AĂŻe!
-Vous avez déjà fait sage-femme? Parce que moi, j'ai pas pratiqué depuis l'internat.
Allons-y. (halètements de douleur) -Soyons rassurants. Souriez.
(gémissement)
-Ah...
-Café? -Merci. Long, sans sucre.
Vous vous en êtes pas mal tiré, pour un débutant. -J'ai failli m'évanouir trois fois.
-Sincèrement, je m'en suis pas aperçue.
Merci. J'avais pas pratiqué depuis 15 ans.
Finalement, ça se perd pas. C'est comme le vélo.
Excusez-moi pour ce que je vous ai dit hier soir. Je vous avais mal jugée.
(pleurs d'un nourrisson) -Ne vous en faites pas. Moi aussi.
Je vous ai pris pour un frimeur. Vous m'avez pris pour une fumiste.
On est quittes.
Tiens, le jour se lève. Je visite un appartement cet après-midi.
Si ça me convient, j'emménage dans huit jours. Enfin la paix!
-Ça va vous simplifier la vie! -Ça va surtout simplifier la vôtre!
-Pourquoi? -J'aurai la place de prendre Nina et le bébé.
-Formidable. (chants d'oiseaux)
-J'adore voir le jour se lever. Ça me file une de ces pêches...
Pas vous? -Non.
(croassements) -Non. Ça va.
C'est une fille. Cette nuit. Oui.
Je voulais que tu saches.
Ah bon? Quand?
Dans un mois? Non. Je comprends.
Appelle Marie-Pierre. Elle saura oĂą nous joindre.
Bye! (soupir)
(geignements du bébé) C'était Baxter. Il va revenir dans un mois.
-Tu vois... Tout s'arrange.
-Je sais pas. On verra. -Elle est très belle.
Comment tu l'appelles? -Chloé. Comme dans... -L'Écume des jours.
(geignements du bébé)
Je te laisse te reposer.
(babils) -Au fait, le cul, ça vous intéresse?
-Pardon? -Un livre de cul, ça vous tente pas?
On va créer une collection. -C'est pas mon truc. J'en ai fait le tour.
-Vous avez tort. C'est vite écrit et c'est un créneau porteur.
-Je suis sur un autre projet. -Ah bon? Racontez-moi.
-C'est personnel. Pas le genre qui vous intéresse.
(sonnette) -Ça doit être Louis-Adrien. Tu veux bien me la tenir?
-Oui.
(brouhaha à l'extérieur) (babils)
-Et voilà . -Ç'a été d'une extrême complexité
pour trouver une place. Je me suis garé au coin de l'église.
Je sais pas si je vais rester longtemps. Je te prends tes bagages. -J'arrive.
-Ă€ bientĂ´t. (babils et brouhaha)
-Tu veux que je la pose? -Oui. Je veux bien.
-Et voilĂ . (geignement)
-Tiens, ma puce.
-Tu veux que je la descende? -Non. Ça va. Bon, bien...
Au revoir. Tu me fais pas la bise?
-Je suis pas très démonstratif. -On peut quand même se faire la bise, non?
(babil) -Excuse-moi. Ça m'a échappé. -T'aurais pas dû.
-Je pensais pas que ça te traumatiserait. -C'est juste que c'était pas la peine.
-J'avais cru comprendre que t'en avais envie, toi aussi. -N'importe quoi!
-Jure-le-moi sur la tête de la petite. -Lâche-moi, s'il te plaît.
-Tu m'as pas répondu. -Écoute, Tom.
On peut pas vivre ensemble sans s'engueuler. À quoi ça servirait?
-Qui t'a parlé de vivre ensemble? -T'as un culot monstrueux.
-Embrasse-moi. Viens dans mes bras. -Je me sens tout Ă fait capable
d'élever cette enfant toute seule. -Bon...
Tu m'embrasses ou il faut que je me mette à genoux? -J'en ai envie, mais ça m'arrange pas du tout.
-D'accord.
On se connaît pas très bien, tous les deux. J'ai de bons côtés, j'en ai de mauvais aussi.
Ta mère et moi, on risque de se lancer des assiettes à la tête. Mais nous aurons de la vaisselle en plastique.
Il se peut aussi que tes parents se jettent l'un sur l'autre pour s'embrasser passionnément.
Quelquefois, même devant toi. Et à Noël, si tu as été sage,
ton papa américain t'enverra des sculptures que nous vendrons et dont l'argent sera versé sur ton livret de Caisse d'épargne.
Alors... Tu la connais mieux que moi.
Qu'est-ce qu'elle en pense?
(petit cri) -Elle pèse le pour et le contre.
Elle aura une mère déplorable et extrêmement bordélique...
Si ses parents arrivent Ă se supporter, elle est prĂŞte Ă faire des concessions.
-"Elle se dit que si ses parents arrivent Ă se supporter,
elle est prĂŞte Ă faire des concessions."
(vrombissement)
Très bien. Impeccable.
VoilĂ . -Merci. C'est tellement romantique.
-C'est pour qui? -Jean Zob.
(babil) -C'est gentil d'ĂŞtre venue. C'est...
-C'est Chloé. C'est la choupinette. Je fais baby-sitter.
Expérience enrichissante. -Vous l'avez lu?
-Oui. Très bien. Un peu moins intéressant
au niveau thérapeutique... il n'y a pas de point de fixation.
Mais très bonne structure. Le personnage de Louis-Adrien, le psy, est bien vu.
Un peu forcé, mais bien vu. Pourquoi vous n'avez pas rappelé?
-Ce n'est pas le moment d'en discuter. -Vous avez raison. On aura l'occasion de se revoir.
-Pour qui?
-Tom?
Nous sommes lĂ . On vous attend.
-Je lui ai envoyé le bouquin, elle a pas répondu. -Personne ne vous met en accusation.
-J'en ai déduit qu'elle n'avait plus besoin de moi. -Vous sentez ce fumet? La petite vient de faire.
C'est curieux comme des choses aussi merveilleuses peuvent arriver à émettre des odeurs aussi nauséabondes.
Voilà , ma chérie. On va te changer. -Pourquoi elle n'est pas venue?
Elle trouve le bouquin Ă chier? -Le gros caca...
Non. Je crois qu'elle a été choquée. -"Choquée"? De quoi?
-Attends. Tenez. VoilĂ .
De l'utilisation que vous avez faite de sa vie privée. -J'ai parlé de ma vie. Elle en fait partie, c'est tout.
Tous les noms sont changés. Elle veut me faire un procès? -Je vous signale que la couche a coulé sur votre pantalon.
-Merde! -Ça porte bonheur. Un petit coup de main?
-Non, merci. Ça va. -Si vous voulez avoir l'opinion de Nina sur votre livre,
vous n'avez qu'Ă l'appeler. Hein?
Logique! Tenez.
On y va. On y va.
Heureusement, je travaille de nuit. Pardon. C'est la pleine lune. Ça va être chargé.
VoilĂ , ma choupinette. VoilĂ .
En tout cas, bravo pour votre succès. Comme quoi... -"Comme quoi" quoi?
-"Comme quoi" rien. Attention! Hop!
-S'il vous plaît? S'il vous plaît? -Ouais?
-J'ai appelé pour Nina. -Elle est pas revenue. Vous êtes pressé?
-Disons que j'ai des choses Ă faire.
Pourquoi elle prend pas son portable? -On se le partage. C'est mon jour.
-Bien sûr. -Vous lui direz que Tom est passé. Elle a mon numéro.
-C'est vous, l'ex? -Oui. Et je vous emmerde.
-Tiens... T'es lĂ ?
-J'aimerais qu'on se parle. -Tu viens m'aider?
Tu voudrais bien prendre les deux pots de peinture? -Ouais. -Merci.
C'est pas trop lourd? -Non. Ça va. -Ton ex est toujours comme ça? -Quoi?
-TĂŞte de con. -Tu diras Ă ton copain de venir chercher ses pots de peinture.
-Qu'est-ce qui se passe, Lulu? -Demande-lui. -Ah! C'est le fameux Lulu!
C'est l'artiste. J'aurais dĂ» m'en douter.
-C'est quoi, cette attitude? T'es venu insulter mes amis?
-Je fais Ă tes amis mes plus plates excuses. -Qu'est-ce que t'as sur la cuisse?
-Une tache de merde. (émission d'une radio)
Désolé. Je me suis énervé. Excuse-moi, Nina. Et vous aussi, Lulu.
-C'est bon. Pas de malaise.
Bon. Je vais m'acheter un sandwich.
Personne n'en veut?
-Comment t'as su où me joindre? -Marie-Pierre est venue à la signature avec Chloé.
Elle est adorable. -Quelle signature?
-Celle de mon bouquin. D'ailleurs, on peut en parler.
-Je comprends rien à ce que tu dis. Quel bouquin? -Celui que je t'ai envoyé. Pas Vic Mortus ni Leonard Grey.
J'ai écrit le plus objectivement possible. -T'as écrit un bouquin sous ton nom? C'est génial!
Tu veux bien me passer le chiffon, s'il te plaît? De quoi ça parle?
-Tu l'as pas reçu? Je te l'ai envoyé chez Marie-Pierre.
-Ça a dû se perdre. Elle m'en a jamais parlé. -La salope... la salope...
-Pardon? -Non. Rien.
-T'aurais pu appeler.
-T'aurais pu appeler aussi. -J'ai eu trois mois d'emmerdes.
Baxter a rappliqué. Je me suis rendu compte que c'était une erreur.
Je me suis débarrassée de lui. -T'as viré Baxter?
-Je me suis remise à peindre, pas seulement sur les chantiers. -Ça, c'est une bonne nouvelle.
-Et toi, alors? Raconte! Ton livre, ça marche? -Pas mal, ouais. Bonnes critiques.
-C'est formidable, Tom. Je suis vachement contente pour toi.
Tu me le fais lire quand? -Heu... je sais pas si ça va te plaire.
-Pourquoi?
-Comme ça, il y aura pas de malentendu.
-L'Ex-femme de ma vie? -Ça parle de nous.
Bon. Il faut que j'aille me changer. J'ai la jambe qui fouette.
C'est Chloé qui a eu une fuite.
-Ça se finit comment? -Bien. Ça se termine bien.
C'est du roman, hein. C'est pas comme dans la vie.
Bon. À un de ces quatre. -On s'appelle un de ces jours!
(sonnerie)
-Bonjour. Vous êtes chez Thomas Steiner. Vous pouvez laisser un message après le bip
et je vous rappelle. -Tom? C'est Nina. Est-ce que t'es lĂ ?
AllĂ´? AllĂ´? il n'y a personne Ă la maison? Je te rappelle...
-Allô? Allô? Nina? Pas du tout. J'étais en train de me faire cuire... des céréales.
Tu l'as déjà lu? T'as été vite, dis donc.
Tu veux pas qu'on en discute? Quand tu veux. Je sais pas. T'es libre à déjeuner?
-Tu vois, Chloé. La situation se débloque. Je sais que tu n'as pas toujours été d'accord avec mes méthodes.
On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, comme dirait Freud.
(rire) Parlez-moi d'amour
Redites-moi des choses tendres Votre beau discours
Mon coeur n'est pas las de l'entendre Pourvu que toujours
Vous répétiez ces mots suprêmes Je vous aime
Je vous aime
Vous savez bien Que dans le fond je n'en crois rien
Mais cependant je veux encore Écouter ces mots que j'adore
Votre voix aux sons caressants Qui les murmure en frémissant
Me berce de sa belle histoire Et malgré moi je veux y croire
Parlez-moi d'amour
Redites-moi des choses tendres Votre beau discours
Mon coeur n'est pas las de l'entendre
Pourvu que toujours Vous répétiez ces mots suprêmes
Je vous aime
Je vous aime
-Il est si doux mon cher trésor, d'être un peu fou.
La vie est parfois trop amère si l'on ne croit pas aux chimères
Le chagrin est vite apaisé Et se console d'un baiser
Du coeur on guérit la blessure Par un serment qui le rassure
Parlez-moi d'amour Redites-moi des choses tendres
Votre beau discours Mon coeur n'est pas las de l'entendre
Pourvu que toujours Vous répétiez ces mots suprêmes
Je vous aime
Je vous aime
-Je vous aime. (rire)
Adaptation: Sabrina Collon pour Eclair Group
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