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- Robert, tu es de retour ! - Oui.
- Bonjour. - Bonjour.
VoilĂ , madame.
Laisse-moi regarder…
Bonjour, Robert.
Rachel !
Robert ?
Mon Dieu ! Où étais-tu passé ?
J'étais à Milan avec le professeur de chant.
- Mais tu es parti pendant deux ans. - Désolé d'avoir été si long.
J'étais coincé entre un contre-ténor et un ténor, mais…
maintenant, ma voix grave est plus assurée.
Je vais reprendre les cours avec Lena.
C'est formidable.
J'ai hâte de t'entendre chanter.
J'ai hâte de chanter pour toi.
La dernière fois que tu m'as entendu chanter,
avant que je parte,
je t'ai volé un baiser d'adieu,
ce qui m'a poussé à quitter la ville le plus vite possible.
Je me souviens.
Je voulais aussi t'embrasser et je n'ai pas fait mieux.
Tu étais en train de répéter pour un récital ?
Oui. Il aura lieu en mars.
L'orchestre de Lodz existe encore.
Nous jouons le dimanche au Pavillon du thé,
surtout du classique, mais aussi des chansons populaires.
Tu devrais venir nous voir et amener un chanteur,
si tu en trouves un.
Je vais voir qui je pourrais trouver.
Henryk Kowalski donne un concert au Strauch Hall vendredi soir.
Tu m'accompagnerais ?
C'est gentil, mais je ne peux pas.
Tu es prise ?
Je suis fiancée.
"Fiancée" ?
Avec qui ?
Avec David.
Ce ne sont pas mes affaires,
mais tu n'étais pas très enthousiaste à cette idée.
J'ai été ravie de te voir, Robert.
Moi aussi.
Robert ! Tu es de retour.
- Tu chantes encore ? - Oui.
C'est bien. Bon. Nous devons y aller.
C'était un plaisir de te voir.
C'était un plaisir de te voir aussi.
- Et voilĂ . - Merci.
La semaine dernière,
le ministre allemand des Affaires étrangères
a déclaré que la Pologne
devait accepter le rattachement de Dantzig Ă l'Allemagne.
Bonjour, papa.
Tout va bien ?
Peu importe.
Robert !
Une larme furtive
A jailli
De ses yeux
Elle semblait
Envier
La jeunesse
En fĂŞte...
Tu peux pas regarder oĂą tu vas !
C'est monstrueux !
- Tu n'es pas d'accord ? - À propos de quoi ?
Ce qu'il fait Ă l'ours !
Ça pourrait être bien pire.
Comment ça pourrait être pire ?
Il pourrait ĂŞtre face Ă un chasseur qui veut le tuer.
Je parie que tu n'avais pas pensé à ça !
Merci.
Merci.
Par lĂ .
Tous ces gens vont à l'académie de musique ?
Oui.
Je vais te présenter à ceux que je connais.
Ton père travaille pour le mien,
alors on est un peu de la mĂŞme famille, non ?
- Mme Drabowska ! - Bienvenue, Robert.
Bonjour.
J'ai dit Ă Robert que si on l'embĂŞte,
il dira que c'est mon ami.
Me voilà rassurée.
Viens.
Bonjour Ă tous. Quel plaisir de vous revoir.
Désolée.
- Nous avons un nouvel élève. - C'est la fille...
- Robert Pulaski. - Ah oui.
Il vient d'arriver de Lipowce.
Accueillez-le bien !
Bien. Voyons ce que vous avez retenu de Chopin.
Quelle était sa dernière volonté ?
Rachel.
Que son cœur soit rendu à la Pologne.
Parfait.
Chopin était célèbre pour ces nombreuses compositions.
Qu'a-t-il réinventé dans la musique ?
Robert ?
La main de Rachel s'est levée en premier.
Non, je suis sûre que non.
Non. Je m'en voulais parce que tu as été plus rapide.
J'ai regardé et j'ai vu que ta main était levée.
Pourquoi tu l'as levée, alors ?
Au cas où tu te serais trompé.
Robert, ça suffit !
Ne t'oppose pas Ă elle.
C'est une vraie petite sorcière.
Oui ! Merci ! C'est ça !
Attends. Viens par lĂ .
C'est lĂ -haut.
Allez.
C'est incroyable.
Tu n'as encore rien vu.
- C'est une bibliothèque ? - Oui.
Tu vois ce livre ?
Il cache la clé…
d'une pièce secrète.
Voici Vlad.
Vlad, je te présente Robert.
- Salut. - Salut.
Enchanté.
C'est ici qu'on répète.
Vous répétez ?
Va te chercher une chaise.
Vlad, un la ?
Anna, Robert,
- Robert, Anna. - Bonjour.
Il ne faut pas que Mme Drabowski découvre qu'on est ici.
Robert, Sara,
Sara, Robert.
Et voici ma sœur, Rachel.
Oh non…
M. Je-ne-connais-pas-la-réponse.
J'ai rien dit par politesse.
De quoi vous parlez ?
Tu connais le Concerto pour violon n°2 en si mineur,
- opus sept ? - Non. Mais je connais ça.
Comment vas-tu, Robert ?
- Bien, merci, M. Mann. - Bien.
Ton père est là .
Robert, que fais-tu ici ?
- Il nous doit encore trois cents. - D'accord.
Alors qu'y a-t-il ?
Je veux arrĂŞter le violon.
Je suis le plus mauvais de tous.
Tu ne peux pas abandonner parce que tu n'es pas le meilleur.
Il y a une autre violoniste, elle me fait passer pour un nul.
Elle…
C'est une fille !
Oui. C'est tellement humiliant de jouer à côté d'elle.
Eh bien, entraîne-toi, et si tu travailles comme il faut,
tu te sentiras moins humilié.
Ça va aller.
C'est un temps et demi, Robert.
D'accord.
On reprend ?
- Santé ! - À nos enfants.
Et Ă la chance que nous avons de les avoir.
Qu'allez-vous faire pour vous racheter à Noël ?
Il nous reste encore 10 jours.
Je pense que je vais avouer à mes voisins que c'était mon ballon
qui a tué une de leurs poules.
Je n'ai rien de tel.
Parfois, je vous parle mal, mais je le pense pas,
alors je n'ai pas Ă m'excuser.
Mais tu pourrais faire un effort avec quelqu'un…
Quoi ?
Quoi ?
Non, pas Rachel ! Elle est horrible.
Ce n'est pas gentil de dire cela, Robert.
Désolé, Mme Drabowska.
Vlad et Wolf pensent que je dois me racheter auprès d'elle,
alors qu'on se déteste.
Ça fait d'elle la candidate idéale.
C'est à ça que sert cette tradition.
Elle est juive, elle ne connaît pas nos traditions.
Règle ça maintenant, et pas pendant les fêtes.
Il doit bien y avoir quelqu'un d'autre.
Il y va.
Rachel ?
On pourrait discuter ?
De quoi ?
C'est privé.
On devrait peut-ĂŞtre sortir.
Alors…
Tu as aimé mon récital ?
Oui. C'était génial.
Quelle partie as-tu préféré ?
La fin, peut-ĂŞtre.
Quelle partie ?
Pourquoi tu me demandes tout ça ?
Tu n'as même pas regardé, pas vrai ?
Attends ! J'ai quelque chose Ă te dire.
Quoi ?
Je voulais te dire…
Je suis désolé de ne pas t'apprécier.
Pourquoi tu ne m'apprécies pas ?
Parce que tu te crois supérieure
et tu penses qu'on est tous stupides.
Mais qu'est-ce que je suis censée faire ?
Prétendre ne rien savoir ?
Non, mais tu n'es pas obligée de rabaisser les gens.
Je le fais seulement pour me faire remarquer.
Sinon je me retrouverais toute seule.
C'est compliqué pour moi de me faire des amis.
Mais tu pourrais.
Tu ne passes pas inaperçue.
On devrait retourner à l'intérieur.
On les accompagne ?
Douce nuit
Sainte nuit
Dans les cieux
L'astre luit
Le mystère annoncé
S'accomplit
Cet enfant
Sur la paille endormi
C'est l'amour infini
Mais d'oĂą te vient cette voix incroyable ?
Dis-nous.
J'écoute beaucoup les disques d'Enrico Caruso
et ceux de Benno Moser.
Je chante avec eux.
Eh bien, je devrais t'emmener Ă son prochain concert.
Ce serait super, merci.
C'est super qu'elle nous ait offert des billets.
Ça a sûrement aidé que Benno Moser soit son frère.
Qui est avec Rachel et Sara ?
Les Rosenwald et leur fils, le prince David.
C'est un vrai prince ?
Non, mais son père est l'un des hommes les plus riches d'Europe.
Ils vivent ici ?
Non, en Suisse principalement.
Ils sont parents ?
Non. Ce sont des amis de la famille.
Mais apparemment, leurs familles veulent les marier.
- Pourquoi, t'as le béguin ? - Non !
Elle est juive et je suis catholique, c'est impossible.
Cela vous a plu ?
Oui, c'était formidable.
Quel magnifique récital !
Merci. Je suis ravi que vous soyez venus.
Il est occupé.
Veuillez m'excuser.
Des passionnées d'opéra ?
De véritables aficionados des belles choses de la vie.
Bien sûr. Tu as chanté avec brio ce soir.
- Merci. - Oui.
- Qui sont ces jeunes gens ? - Robert Pulaski et Wolf Mann.
- Le plus grand ténor allemand… - Enchanté.
… qui est aussi mon frère.
J'ai écouté tous vos disques des milliers de fois.
Je suis flatté. Vous chantez ?
Non, pas moi.
Je suis trop jeune.
C'est faux, c'est un excellent chanteur.
Vraiment ?
Je chante tout seul,
pour moi.
Chante-moi quelque chose.
- Maintenant ? - Oui.
Non, je ne suis pas assez bon.
Vas-y.
Chante.
Bravissimo !
Tu es très doué pour ton âge.
Lena, prends soin de ce jeune talent.
Il aura un bel avenir à l'Opéra.
Ă€ tout Ă l'heure.
Si tu continues le chant, quand tu auras mué,
reviens me voir.
- Il le pensait ? - Oui.
Tu as une voix incroyable.
On y va.
Je suis content de te voir.
Ça fait plaisir.
Comment es-tu rentré ?
Il faut avoir au moins 50 ans.
Jouer "Le Danube bleu", ça devient lassant.
Rachel m'a dit que vous en jouiez d'autres.
Tu es au courant pour Rachel.
Mais vous étiez faits l'un pour l'autre.
Cette animosité est très rare.
Vlad !
Oublions ça
et réveillons tous ces gens.
Vous connaissez "Undecided" ?
Oui, bien sûr.
"Undecided" ?
Tu ne peux pas l'épouser, Rachel.
C'est un homme bien.
Pas pour toi.
Tu es mieux que lui ?
Tu disparais pendant deux ans
et tu reviens en prétendant qu'il y a quelque chose entre nous.
Je n'ai jamais arrêté de penser à toi.
Nos parents n'accepteraient jamais !
Tu as toujours été un optimiste.
Tu ne peux pas me demander de croire en quelque chose
qui n'arrivera jamais.
Les Juifs ont été chassés de l'Allemagne.
Il y aurait eu des passages à tabac, des magasins pillés…
Ils ont même créé un camp pour les femmes.
Alex, c'est shabbat.
On peut parler d'autre chose devant les filles ?
Désolé, chérie.
Eh bien…
j'ai un anniversaire le 3 du mois prochain.
J'espérais que Rachel pourrait le fêter avec moi à Zurich.
Quelle merveilleuse idée !
J'aimerais beaucoup,
mais je participe Ă un concours de violon Ă Prague du 3 au 5.
Il n'y a pas d'autres concours ?
Il n'y en a pas d'autres.
Du moins, pas Ă mon niveau.
Il y a celui de Vienne, mais il est en Allemagne maintenant.
- Prague, c'est un peu pareil. - C'est dangereux.
Les Allemands sont partout dans la région des Sudètes.
- J'y suis allée les 7 derniers mois. - Il y a un prix spécial ?
Je préfère savoir ce que je vaux auprès des meilleurs violonistes,
plutĂ´t que de gagner.
Et ensuite ?
Je continuerai Ă jouer
pour peut-être intégrer un grand orchestre.
Rachel.
Il y a tant de belles choses qui nous attendent,
le mariage,
des enfants.
Tu n'auras plus de temps pour le violon.
La musique fait partie de moi.
J'espère que tu le comprendras, un jour.
Bien sûr.
J'espère que ça suffit à ton bonheur.
Votre attention, s'il vous plaît.
Tous les passagers du train 117 en direction de Prague
veuillez embarquer quai n°5.
Le train 117 en direction de Prague, embarquez quai n°5.
Robert ?
Que fais-tu lĂ ?
Je venais te souhaiter bonne chance.
Bonjour, Robert.
Lena.
J'ai reçu un télégramme de mes amis de Prague.
Les troupes allemandes se massent à la frontière tchèque.
C'est dangereux.
Je veux participer Ă ce concours
depuis que tu m'en as parlé. J'ai le talent…
C'est ma dernière chance.
C'est trop dangereux.
Dernier appel pour le train direction Prague.
Que ferais-tu ?
J'irais probablement et je me ferais tuer.
Je ne peux pas te laisser y aller. Ce serait irresponsable.
J'irai avec elle.
Et c'est également irresponsable.
Tu ferais ça pour moi ?
Oui.
Vous voulez bien vous retourner ?
Je ne peux pas te laisser.
S'il vous plaît.
Faites-moi confiance. Retournez-vous.
On peut y aller.
Merci.
Je me disais,
on va peut-être devenir les musiciens les plus célèbres de Lodz.
Excepté Arthur Rubinstein.
Le soir, dans mon lit, je nous imagine sur scène.
Juste nous deux ?
Non, moi et Arthur Rubinstein.
Tu l'as déjà fait, avec David ?
Non.
Avec personne. Et toi ?
Eh bien…
Dis-moi !
Allez, dis-moi !
Mon oncle m'a emmené dans un bordel pour mon anniversaire,
pour que je devienne un homme.
C'était comment ?
C'était compliqué.
Il y avait un chien dans la pièce qui protégeait les femmes.
C'était un peu ton propre concours de Vienne ?
Pas vraiment.
J'ai eu peur du chien.
Et puis,
c'est toi, mon concours de Vienne.
Pas mĂŞme les nazis ne me le feraient rater.
Dans la neige, les troupes d'Adolf Hitler
s'emparent de la Tchécoslovaquie,
après une invasion qui a indigné
toutes les nations du monde éprises de liberté.
L'artillerie et l'infanterie ont pénétré dans Prague.
Les soldats arpentent les rues de la ville,
désormais réduite à un protectorat allemand.
Adolf Hitler était venu superviser en personne la transition.
Les Tchèques ne peuvent rien faire,
ils savent que la résistance est vaine.
J'ai rêvé de nous la nuit dernière.
On faisait quoi ?
J'ai rêvé
qu'on jouait au Queen's Hall,
avec l'orchestre philharmonique de Londres.
Je devais ĂŞtre un ouvreur, alors.
Ils ne jouent pas d'opéra au Queen's Hall.
Essaie plutôt de nous imaginer…
Ă La Scala.
Ils n'y passent que de l'opéra.
Il y a sûrement un lieu qui nous convienne à tous les deux.
Le Carnegie Hall ?
Le Carnegie Hall est parfait.
C'est mon anniversaire, mardi.
Qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
Seulement toi.
Vous pouvez disposer. Merci.
Nous avons quelque chose Ă vous annoncer.
La guerre se rapproche.
Hitler va envahir la Pologne,
ce qui nous mettra en danger.
OĂą irons-nous ?
Zurich.
La Suisse est un pays neutre.
Les Rosenwald y vivent,
on pourra organiser ton mariage sans risque.
Tu sais, Rachel,
tu pourrais montrer plus d'intérêt pour David.
Tu ne parles jamais de lui.
J'aime bien David,
mais je ne sais pas si je veux l'épouser.
Vous êtes fiancés !
Je sais et je m'en veux, mais je ne sais pas si je l'aime.
Tu peux apprendre Ă aimer David.
Rachel,
y a-t-il un autre homme dans ta vie ?
Elle passe son temps avec Robert Pulaski.
Tais-toi, Sara ! Tu ne sais pas de quoi tu parles.
C'est un gentil garçon, mais….
Je ne veux pas en parler !
Il n'y a rien Ă dire, ce catholique ne peut rien t'offrir !
Si les Allemands envahissent, il s'en sortira pas mieux que nous !
Robert est la seule personne qui me comprenne vraiment !
Merci de dire des choses pareilles !
C'est pas ce que je voulais dire !
Peut-ĂŞtre que je suis difficile Ă comprendre.
Eh bien…
Quand on partira, tu viendras aussi !
Je sais !
Bonne nuit.
Qu'y a-t-il ?
Mon père dit que la guerre se rapproche.
On part Ă Zurich.
Pour être près de David ?
Il m'a dit que ce serait renoncer à la sécurité financière et…
à la sécurité que m'apporte ma famille.
Il n'a pas tort.
Du moins pour la première partie.
Vous partez quand ?
Je ne sais pas.
D'oĂą viens-tu ?
Munich.
- Ça se passe comment ? - Mal.
Les nazis contrĂ´lent tout.
Il a fallu partir pour un endroit oĂą nous serions libres.
Lena nous a dit que tu savais te servir d'un violon.
Tu vois ce livre ?
Il cache la clé de la pièce secrète.
Personne ne connaît cet endroit.
Pas mĂŞme Mme Drabowska.
Je ne le connais pas non plus.
Merci.
Alors ?
La maison Ă Zurich va vous plaire.
- On part quand ? - Demain.
Demain ?
Oui.
Les filles, Sara, lève-toi. Il faut aller à la cave.
- Allez. - Rachel.
Robert ! Pas la fenĂŞtre !
Il faut descendre Ă la cave !
Et Rachel ?
Oublie-la !
L'armée de l'air allemande et les unités de l'armée régulière
ont attaqué plusieurs villes dans toute la Pologne.
Elles ont ciblé des aérodromes, des gares ferroviaires
et des centrales électriques,
afin d'anéantir la capacité des Polonais
Ă contrer Hitler.
L'Angleterre et la France
ont officiellement déclaré la guerre à l'Allemagne hier.
Mais il faudra encore plusieurs jours
avant de pouvoir envoyer de l'aide aux Polonais.
Les bombes ont détruit quelques bibliothèques mais…
il ne semble pas que le bâtiment ait subi des dommages importants.
- Plus que le rez-de-chaussée à finir. - Merci, Robert.
L'école va-t-elle rester ouverte ?
Jusqu'Ă ce qu'on me l'interdise, oui.
Je doute que la Pologne soit décisionnaire.
Heureusement les Rubin sont partis Ă temps.
Ils ne sont pas partis.
Quoi ?
Leur train était à 8 h.
Les bombardements ont commencé 4 heures avant.
Eh bien…
heureusement que vous n'avez pas eu trop de dégâts.
Je reviens.
Oui.
Il y aura d'autres bombardements ?
Ă€ quelques endroits ici et lĂ .
Nous bombardons Varsovie en ce moment.
La 8e division de l'armée devrait bientôt arriver.
J'aimerais défiler avec eux.
C'est plus important de rester discret pour le moment.
Nous leur donnerons les Rubin Ă la place.
Au revoir.
Seuls quelques étudiants connaissent cette pièce.
Il y a des toilettes au bout du couloir,
mais soyez prudents lorsque vous quittez la pièce.
J'apporterai de la nourriture et de l'eau tous les jours.
Par ici.
Donnez-la-moi.
Merci.
J'espère que vous serez à l'aise.
Merci.
Ce n'est pas très grand, j'en ai bien peur.
Merci, Lena. C'est bien assez.
Ne bougez pas pendant la journée.
Aucun bruit, s'il vous plaît.
Je serai la dernière à sortir,
vous saurez alors que le bâtiment est vide.
Quelqu'un d'autre est au courant ?
Moi et Robert Pulaski,
mais votre secret est bien gardé.
Hitler a répété qu'il avait envahi la Pologne
pour protéger les Allemands.
Robert.
Nous avons des nouvelles, assieds-toi.
S'il te plaît.
Nous allons Ă Paris.
Désolé, je n'y vais pas.
Je n'irai pas !
- Tu ne peux pas rester ici ! - Si !
Avec la famille de Wolf. Ils sont allemands !
- Ils ne leur feront rien. - Comment tu vas faire pour sortir ?
- Il y a un couvre-feu. - Je serai prudent.
Tu dois venir avec nous.
Tu ne peux rien faire pour cette fille.
Je suis polonais !
C'est mon pays. J'ai trop de dignité pour fuir.
Il ne s'agit pas de fuir,
mais de comprendre que c'est perdu d'avance !
- On n'en sait rien ! - Si.
Je suis assez grand pour décider.
Je reste, c'est tout.
- Donne-moi une raison de pas tirer. - J'ai rien fait.
ArrĂŞtez !
Robert, c'est toi ?
- Tu le connais ? - Oui. C'est un ami.
Je suis venu vous rejoindre.
Moi, c'est Siwy.
Si Vlad se trompe Ă ton sujet,
je te tuerai moi-mĂŞme.
C'est une poule mouillée.
Derrière les barbelés,
il y a une trappe qui mène au sous-sol.
N'oublie pas de passer le sac en premier.
Suis Janek.
Au moindre pépin, tu t'en vas.
Tu as 11 secondes avant que les gardes ne te voient.
Tiens-toi prĂŞt.
Trois. Deux. Un.
- Bonne chance, ma poule. - Vas-y.
Vas-y.
Ils sont au fond.
Entre, Janek. Bienvenue.
Nous vous avons apporté des boîtes de conserve,
de la viande séchée et du matériel médical.
Donne-le Ă Janusz.
- Qu'y a-t-il ? - Ils sont en retard.
On va de l'autre côté.
Vous faites quoi, lĂ ?
ArrĂŞtez !
ArrĂŞtez, revenez !
Ne bougez plus.
Janek !
Monte !
Content de vous revoir.
OĂą est Janek ?
Désolé pour Janek.
Ça aurait pu arriver à n'importe qui.
Merci pour… Tu sais.
Oublie ça.
Ça fait partie de la mission.
Bonsoir.
C'est Robert.
Bonsoir, M. Rubin.
Bonsoir, Robert.
J'ai apporté du pain pour Shabbat.
Merci beaucoup.
- Bonsoir, Robert. - Bonsoir.
J'ai rejoint la résistance.
Vraiment ?
- Tu as tué des gens ? - Sara !
Pas pour l'instant.
J'aimerais parler seule avec Robert.
Ici ?
Nous allons discuter dans l'entrée sans bruit.
D'accord.
Mais ne sois pas trop longue.
Ce n'est pas qu'une amourette, Alex.
A plus tard Martin ! - Oui Ă plus tard.
Rien de prévu pour ce soir. Ni train ni convoi.
Hier soir, on a intercepté une livraison
de nourriture, rue Piotrkowska.
Ils se tiendront prĂŞts, ce soir.
L'usine de munitions est juste lĂ .
On peut sortir, maintenant.
Ils font des rafles ?
D'après Gorlesky,
ils vont en faire une dans le quartier du textile.
Et aussi dans l'une des écoles
dans le secteur sud.
Un peu de musique serait bienvenue.
Jouons quelque chose de joyeux.
Ce soir,
notre émission a l'honneur
de vous faire découvrir
un concert exceptionnel de la famille Rubin.
Une valse.
- Une valse. - Une valse ?
Laissez-la.
Sara, continue de marcher !
Vous ne pouvez pas nous traiter comme ça.
- Faites ce qu'ils disent ! - Mon violon.
Lâchez-moi !
Lâchez-la !
- Miriam ! - Avance !
Faites ce qu'ils disent.
Assieds-toi, Sara.
Laissez-moi !
- Sara ! - Ne parlez pas.
Je te retrouverai.
Je te le promets.
Les Allemands ont eu les Rubin.
Partez d'ici tout de suite.
Ils vont vous tenir responsable d'avoir caché les Rubin.
Vous devrez traverser la Slovaquie.
Avec des papiers Ă votre nom autrichien,
- ça va aller. - Comment j'y vais ?
J'envoie Vlad avec vous.
Allez vous reposer. Magda !
Montre-lui oĂą elle peut dormir.
Merci.
Merci, Robert.
Ma petite amie était dans ce camion.
- À quelle heure ils l'ont emmenée ? - Vers 22 h.
Lukasz !
À quelle heure est prévu le train des prisonniers arrêtés ce soir ?
- 1h20. - OĂą va-t-il ?
Mardi soir, il partira pour…
Auschwitz.
Si elle est dans ce train, ils l'emmèneront dans les camps.
Vous ĂŞtes prĂŞte ?
Je pense, oui.
Je suis Vlad.
Vous pouvez encore m'aider.
Je veux aller en Allemagne et travailler avec Benno.
Pourquoi maintenant ?
Pour qu'il m'aide à libérer Rachel.
Une fois arrivée à Salzbourg, je l'appellerai.
Merci, Lena.
Tu la mets en sécurité, sinon je te retrouverai.
Elle est en sécurité avec moi plus qu'avec toi.
Ça va aller.
Fais attention.
Tout ira bien.
Ces papiers disent que tu es mon neveu. Robert Hessler.
Oublie le nom Pulaski.
Si ça t'échappe,
tu es mort.
Ça, c'est l'argent que tes parents t'ont laissé.
Tu en auras besoin.
Merci pour tout.
Je vous en dois une.
Je veux juste que tu rentres sain et sauf.
Ça, c'est pour les Rubin.
À tous les passagers, dernier appel pour le train quai n°7.
Vous avez les yeux foncés pour un Allemand.
Mon arrière-grand-père était italien.
Enfin, c'est ce que ma famille m'a toujours dit.
Vous ressemblez Ă un jeune homme
soupçonné de faire passer de la nourriture aux Juifs.
Le nom de cet homme était…
Pulaski.
Je ne connais personne avec ce nom.
Pulaski !
HĂ©, Hessler !
J'ai oublié de vous faire signer ceci.
Bien sûr.
Content de te voir, jeune homme !
J'espère que tu as fait bon voyage.
Une petite frayeur, mais tout va bien.
Pour devenir un grand artiste, il faut prendre de grands risques.
Je peux t'offrir un verre ?
Non, ça va, merci.
Monsieur.
Lena me dit que ta voix est remarquable.
Vous a-t-elle dit pourquoi je suis lĂ ?
Pour chanter.
Pas seulement, vous devez m'aider Ă la retrouver.
Tu aimes Wagner ?
Richard Wagner, compositeur allemand, 1813 Ă 1883.
Oui.
Il faut que j'écoute ta voix.
Allez, Robert.
Je t'écoute !
Tu as un talent brut.
Tu es capable de partager la scène avec moi.
Connais-tu "Tristan et Iseult" ?
Bien sûr.
C'est la préférée d'Hitler.
Nous allons la lui chanter.
Dans cinq semaines.
Tu uses tes semelles.
Détends-toi.
Je ne suis pas nerveux.
Je ne suis pas nerveux pour ce genre de chose.
Tu n'as jamais assisté à un de ces événements.
Assieds-toi avant de t'évanouir.
On en a déjà parlé, tu te rappelles ?
D'abord, l'introduction.
Et ça commence.
Le théâtre est silencieux,
tout ce qu'on entend, ce sont les grincements des cordes
et les toux occasionnelles du public.
J'adore ce moment.
Ne t'inquiète pas.
Même si tu n'es pas aussi talentueux que moi, ça ira.
Chante pour Rachel.
Merci.
Merci.
Au meilleur des Tristan !
Félicitations.
Merci.
Ă€ Benno !
J'ai dit à ce prodige que lorsque sa voix aurait mué,
je l'accueillerais avec moi sur scène
et que je le présenterais à la haute société allemande,
à ceux qui ont du goût, comme vous tous.
Nous sommes des gens cultivés.
Oui.
J'aimerais te présenter mes amis.
Le général Huber et sa charmante épouse Greta.
De tous les opéras auxquels j'ai assisté,
je n'ai jamais vu un prélude mieux exécuté par un novice.
Merci.
Wagner est un maître.
Notre Führer l'apprécie beaucoup.
- Puis-je vous parler ? - Oui.
Occupe-toi de lui.
Venez.
Quelle chance d'avoir un mentor comme Benno.
C'est un homme incroyable.
C'était pénible d'être entouré de ces gens.
Tu as apprécié les Huber ?
Ils sont exemplaires.
Ils ne valent pas mieux !
Mon très bon ami, le général Huber, que tu méprises
a trouvé des informations sur ta petite amie.
Qu'a-t-il trouvé ?
Elle est vivante, Ă Auschwitz.
Oh, mon Dieu.
Elle joue dans un orchestre.
Peut-il nous aider Ă la faire sortir ?
Tu veux ma mort.
C'était un succès, ce soir. Savoure !
La faire sortir…
Mon Dieu !
- Bonjour, Robert. - Bonjour.
- Bonjour, Georges. - Bonjour, monsieur.
- Bonjour. - Madame.
- À mardi. - À mardi.
- Au revoir. - Merci.
Quoi ?
J'ai besoin de me détendre après un spectacle,
l'alcool n'est pas mon vice.
- Les femmes, oui. - Son mari est au courant ?
Bien sûr.
Mais une blessure de guerre l'a rendu impuissant.
Il préfère que sa femme soit avec quelqu'un qu'il apprécie.
Désolé, mais c'est incompréhensible.
Ce n'est pas grave.
Par contre, il connaît le commandant Kramer à Auschwitz
et il s'arrange pour que nous allions y chanter.
Ce concert est mon cadeau d'anniversaire pour Kramer.
Rappelle-toi, personne ne doit découvrir que tu la connais.
Ne la regarde pas.
Tu ne sais pas comment elle pourrait réagir.
Ça pourrait signer son arrêt de mort.
Bienvenue, Maestro !
C'est un plaisir de vous accueillir ici.
Merci.
Mon camp est réputé pour ses musiciens.
J'ai entendu parler de HauptsturmfĂĽhrer.
Qui sont les meilleurs ?
Ils sont tous bons, mais ma première flûte et mon premier violon
sont bien au-dessus.
Fantastique.
D'oĂą viennent-ils ?
LĂ oĂą ils se trouvaient,
et j'en prends grand soin.
Nous avons l'honneur d'accueillir parmi nous ce soir
le grand ténor Benno Moser !
Accompagné de son protégé,
Robert Hessler !
Nous commencerons par le "Chant des fleurs" de Carmen.
Vous le savez, il s'agit de l'histoire de la chute de Don José,
qui a été envoûté par une femme d'une race inférieure, une gitane,
ce qui, bien sûr, l'a conduit à sa perte.
La fleur
Que tu m'avais jetée
Dans ma prison
M'était restée
Flétrie et sèche
Cette fleur
Gardait toujours
Sa douce odeur
Et pendant
Des heures entières
Sur mes yeux
Fermant mes paupières
De cette odeur
Je m'enivrais
Et dans la nuit
Je te voyais
Je me prenais
Ă€ te maudire
À te détester
Ă€ me dire
"Pourquoi faut-il
Que le destin
L'ait mise lĂ
Sur mon chemin ?"
Puis
je m'accusais de blasphème
Et je ne sentais
En moi-mĂŞme
Je ne sentais
Qu'un seul désir
Qu'un seul désir
Qu'un seul espoir
Te revoir, Ă´ Carmen
Oui, te revoir
Tu n'avais eu
Qu'à paraître
Qu'Ă jeter
Un regard sur moi
Pour t'emparer
De tout mon ĂŞtre
Ă” ma Carmen
Et j'étais une chose
Ă€ toi
Carmen
Je t'aime
Bravo !
Le Carnegie Hall.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Des mots doux.
Bonne nuit, Maestro. Merci pour cette magnifique soirée.
Avec plaisir.
Particulièrement,
votre recrue le premier violon.
Son interprétation était sans commune mesure.
- Oui ! - Allons-y.
Je me demandais si vous pouviez m'accorder une faveur.
J'aimerais l'emmener en tournée avec moi.
Elle est juive.
Cela m'est égal.
Son jeu s'accorde si bien avec ma voix.
C'est très rare de trouver une telle harmonie.
Je serais prĂŞt Ă donner ma contribution pour l'orchestre.
Nous n'avons besoin de rien.
Sa place est ici, dans mon orchestre.
Je comprends.
Bonne nuit.
Rachel doit me détester.
Et penser que je suis un traître.
Quand tu chantais,
elle jouait avec amour.
Kraus.
Quoi ?
Un homme que je préfère éviter.
Mon ami, c'est un plaisir de vous voir.
J'ai été promu Obergruppenführer Kraus.
ObergruppenfĂĽhrer ?
Je préfère Werner.
Vous semblez heureux.
Je suppose que c'est plus grâce à la belle Maria
qu'Ă la promotion.
C'est une enchanteresse.
Merci de me l'avoir présentée.
Alors, que puis-je faire pour vous, Maestro ?
J'ai une simple demande.
Il y a une jeune femme nommée Rachel Rubin,
qui a joué dans l'orchestre à Auschwitz
lorsque j'y ai chanté. Elle a un talent remarquable.
J'aimerais qu'elle soit libérée pour l'emmener en tournée.
Auschwitz est un cas particulier.
Le commandant est très fier de son orchestre.
- Et de tous les musiciens. - Je sais.
Oui.
Rachel Rubin,
premier violon de l'orchestre féminin et philharmonique.
Oui.
Une musicienne de grande valeur.
Ce sera très difficile.
Je comprends très bien que cela implique des dépenses.
VoilĂ ,
pour faciliter les choses.
Elle est également juive.
Pas tout Ă fait.
Elle est à moitié juive.
J'ai eu une aventure avec sa mère et elle en est le fruit.
J'aime penser que c'est grâce à mes gènes
qu'elle a un talent aussi remarquable.
J'aurais bien sûr essayé
de la faire sortir plus tĂ´t si j'avais su oĂą elle se trouvait.
J'espère que cela me permettra de retrouver ma fille.
Cela signifierait beaucoup pour moi.
Werner.
Votre générosité sera récompensée.
Merci.
Quand puis-je espérer la retrouver ?
Elle sera transférée chez vous dans à peu près deux jours.
Vous devrez la débarrasser de ses poux.
Ça fait trois jours.
Benno Moser au téléphone,
ObergruppenfĂĽhrer Kraus, je vous prie.
Peu importe pourquoi !
Dites-lui que c'est Benno Moser.
Comment ça, bien sûr qu'il me connaît !
Passez-le-moi !
Quel rat !
Il a pris l'argent, je lui sers plus Ă rien.
C'est fini, alors ?
Attends.
Opérateur.
Mettez-moi en ligne avec Auschwitz II Birkenau.
Hauptsturmführer Kramer, s'il vous plaît, c'est Benno Moser.
Et son orchestre ?
Je vois, je vois.
Merci.
Kramer a été transféré dans un autre camp, Bergen-Belsen,
mais il a emmené l'orchestre avec lui.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Au moins, on sait oĂą elle est.
C'est moins loin. Ce sera plus facile.
Tout est sur le point de s'effondrer pour eux.
Robert,
Hitler sera bientĂ´t mort.
On n'en sait rien.
Viens, viens !
Oui ! Allez, viens !
Benno Moser ?
Oui ?
Nous avons arrêté le lieutenant-général Huber.
Et alors ?
Nous savons de source sûre
que vous avez comploté avec le lieutenant-général Huber
pour tuer le FĂĽhrer.
C'est ridicule !
Que faites-vous ?
Que se passe-t-il ?
Vous ne pouvez pas !
Qui es-tu ?
Robert.
Robert Hessler.
T'es un fugitif ?
J'ai tué personne, si c'est la question.
T'es un bon travailleur ?
On a besoin de main-d'œuvre.
Notre fils a été tué au front.
On te protégera le temps que tu voudras.
Je me sens en sécurité avec toi.
Quoi qu'il arrive,
nous serons toujours ensemble.
Et dans la nuit sombre Nos corps enlacés
Ne faisaient qu'une ombre
Lorsque je t'embrassais
Nous échangions ingénument
Joue contre joue
Bien des serments
Tous deux, Lily Marlène
Tous deux, Lily Marlène
Je suis polonais, je suis un réfugié.
Pourquoi y a-t-il des Anglais ?
On est en route pour Berlin.
Les Allemands battent en retraite ?
La guerre est presque terminée. T'étais où ?
Que savez-vous sur le camp de Bergen-Belsen ?
Nous l'avons libéré il y a quelques jours.
Merci !
Oui ?
Vous avez des informations sur Rachel Rubin ?
Rubin ?
Elle a été transférée ici depuis Auschwitz,
sa famille aussi, peut-ĂŞtre.
Voyons. Rubin.
Aleksander, Miriam,
c'est écrit que les Rubin sont morts à Auschwitz.
- Rachel Rubin… - Vous l'avez trouvée.
… a bien été transférée ici à Bergen-Belsen mais…
elle a été évacuée à pied du camp, il y a trois semaines.
- Où ça ? - C'est la marche de la mort.
Personne n'est censé en revenir.
La Croix-Rouge en a intercepté.
Rien n'est sûr,
mais appelez le Centre des réfugiés à Amsterdam.
Merci.
Suivant.
C'est lui !
Ça suffit !
ArrĂŞtez.
- Tu auras ce que tu mérites ! - Tu as tué ma famille !
HĂ©, Kramer, vous vous souvenez de moi ?
Le chanteur.
L'ami de ce traître de Moser.
Si j'avais su, je vous aurais tués moi-même.
La violoniste, Rachel Rubin, oĂą est-elle ?
Dans le nord.
Dans les bois, elle fait du camping.
Elle jouait comme un ange.
Mais elle était juive.
Elle a eu ce qu'elle méritait.
Vous aussi, Kramer.
Allez !
Sale porc !
Robert ?
Robert ?
Robert Pulaski !
Je suis Ilana Barshay.
J'étais le second violon de Rachel à Auschwitz.
Vous avez survécu !
Vous savez ce qui lui est arrivé ?
Elle me parlait de vous retrouver Ă New York.
Vous revoir, c'est ce qui l'a maintenue en vie.
Merci.
Merci d'avoir été son amie.
Évacuez les bâtiments sur-le-champ.
La destruction va commencer.
Merci.
Nous avons intercepté deux marches, au nord de Bergen-Belsen.
Nous l'avons peut-ĂŞtre recueillie,
mais si elle n'est pas suédoise,
nous n'aurions pas pu l'enregistrer.
Cependant,
il se peut qu'elle ait été emmenée à New York avec d'autres réfugiés.
Excusez-moi.
Y a-t-il une Rachel Rubin parmi les réfugiés récemment arrivés ?
Rachel Rubin.
Rubin.
Oui.
Elle a été parrainée par une organisation européenne.
Mais nous n'avons pas son adresse.
- Elle était là ? - Oui.
Attendez, je vais vérifier dans un annuaire.
Merci.
J'étais tellement heureuse que tu m'appelles.
Je ne serais pas lĂ sans Benno.
Il a été un vrai héros.
Je rĂŞve, les deux comparses !
Où t'étais, bon sang ?
Il était certainement en Tunisie à faire de la plongée.
J'ai cherché Rachel partout en Europe.
En vain.
Apparemment, elle est venue Ă New York.
J'ai la liste de tous les Rubin Ă voir.
Ça risque de prendre du temps, je vais t'aider.
Merci. Avec la chance que j'ai,
elle a sûrement déménagé.
Non.
On va la trouver.
Rachel Rubin habite-t-elle Ă cette adresse ?
Rachel Rubin.
Bonjour.
Rachel Rubin habite-t-elle Ă cette adresse ?
Bonjour.
Bonjour. Y a-t-il une Rachel Ruben qui travaille ici ?
- Non. - Rachel…
Rachel…
Désolé.
Lena ?
C'est pas vrai !
Je t'ai cherchée partout !
Je perdais espoir.
Entrez.
Désolée.
Vous voulez du thé ?
Je viens d'en faire.
Ce n'est pas le thé de chez nous,
mais il est quand mĂŞme bon.
J'ai trouvé un restaurant,
dans le centre-ville,
dans l'East Village.
Il est ukrainien, mais ils ont du bortsch et…
Tout un tas…
Tout un tas de plats.
Ils mettent du sucre dedans, ils en mettent partout.
Dans le pain. Du sucre dans le pain.
Je suis vraiment désolée pour ta famille.
Ils m'ont dit que si je jouais,
ils les épargneraient.
Je l'espérais.
Ça t'aiderait de savoir que…
tes amis sont ici ?
- MĂŞme Robert. - Robert.
Il t'a cherchée partout.
- Il sera tellement heureux… - Non.
Il ne doit pas savoir que je suis lĂ .
Pourquoi ?
Il t'aime.
Je ne suis plus la mĂŞme.
Avoir fait partie de cet orchestre m'a sauvée.
Mais…
ça m'a aussi détruite.
On me faisait jouer quand les gens descendaient du train
et quand ils les amenaient dans les chambres Ă gaz.
Tu n'as pas joué, depuis ?
Non.
Nous organisons un concert.
Tous les profits iront aux réfugiés polonais.
Il a lieu ici, Ă New York.
Robert interprétera plusieurs chansons et…
Ne me demandez pas de jouer.
Je ne veux pas le décevoir.
Tu ne le décevras jamais.
S'il vous plaît.
D'accord.
Tu n'es pas obligée de jouer.
Essaie au moins de venir.
S'il te plaît.
Je dois y aller.
Merci.
C'est bon de vous revoir.
Pour la suite de notre programme,
veuillez accueillir l'orchestre de Lodz accompagné
de Robert Pulaski.
Merci.
Pour m'accompagner ce soir, Wolf Mann,
Vlad Dagmarov
et Anna Wolska.
Ă€ l'origine, il y avait deux autres membres,
Sara et Rachel Rubin.
Sara est morte Ă Auschwitz.
Et nous sommes sans nouvelles de Rachel.
En leur honneur
et celui de tant d'autres disparus,
je chanterai "Che farò senza Euridice",
de Gluck.
Avez-vous vu une jeune femme sortir du théâtre ?
- Elle est partie vers le parc. - Merci.
Excusez-moi.
Pardon.
Merci.
Je voulais voir ce que ça faisait de rejouer.
Alors ?
Mieux que je l'imaginais.
Continuez de jouer, alors !
J'aimerais vous écouter.
Tu ne te débarrasseras jamais de moi.
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