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Original subtitles

"Teach Me Tiger" (April Stevens)

...

Elle l'embrasse. -On est jeudi ?

-Non. On a le droit d'avoir envie en dehors du calendrier.

-Ah ben oui, mais bien sûr. Je voulais pas... Excuse-moi.

-C'est chiant au bout d'un moment.

19 ans de mariage...

Ils soupirent.

Ils font comment, les autres ?

-Ben j'en sais rien.

Faut accepter l'usure.

-Non, dis pas ça.

Elle soupire.

Et si on jouait des rôles ?

-Des rôles ? -Ouais.

Tu vois, si on était toi et moi, mais...

mais d'autres.

Elle rit.

-Tu voudrais que je sois qui ? -Faut réfléchir.

Enfin, je pensais à des trucs basiques.

Un garagiste ?

-Rho !

-Un flic ? Il rit.

Un pompier ? Tu viendrais éteindre mon feu.

-Tu voudrais pas plutôt te taper un vrai pompier ?

-Tu comprends rien.

Tu fais aucun effort. C'est avec toi que j'ai envie de le faire.

Ils rient.

Allez.

On essaie ? -Je crois pas que je sois très doué.

-Si, si, si. C'est pas obligé d'être la Comédie-Française.

Je suis sûre que tu seras très bien.

Allez, bonne nuit. (-Bonne nuit.)

Musique intrigante

...

-Oh...

...

Il frappe.

...

-Bonsoir, madame. -Bonsoir.

-Coupez le contact, s'il vous plaît. -Oui.

Elle coupe le contact. -Vous savez pourquoi je vous arrête ?

-Non.

-Votre feu est défectueux. -Ah.

-C'est très dangereux. Papiers du véhicule, carte grise.

-Pardon... Je les ai pas.

-Non ? -J'ai rien.

-Alors, sortez du véhicule, madame.

Ça vous fait rire de menacer la vie d'autrui ?

Non.

-Je vais être obligé de vous verbaliser.

-Mmh.

On peut peut-être s'arranger.

-Ah oui ? -Oui.

-Comme ça.

Gémissements

...

...

-Oui, Vincent...

Il soupire.

J'y ai vraiment cru, tu sais. -Ah oui ?

-Mmh, t'étais tellement juste.

-Merci.

-J'en reviens pas que t'aies loué un costume.

-Ils avaient pas lieutenant.

La prochaine fois, j'essaierai lieutenant.

-Ah oui, lieutenant.

Qui rangerait son arme dans son holster. -Mmh mmh.

-Dans le sillage de la décision de la BCE

de repousser le relèvement de ses taux à 2020,

tout en lançant une nouvelle gamme de prêts géants,

plusieurs actions,

dont AXA, ne sont pas épargnées.

Et sur les deux précédents TLTROS,

on a observé exactement le même mouvement de baisse

sur le marché sud-américain.

Notre cœur de cible.

Lebrun ?

Ça t'intéresse pas ce qu'on raconte ?

-Si, si.

Et d'ailleurs, je pensais

à un nouveau logiciel d'applications de tableurs intégrés,

pour la compta.

-OK, c'est bien.

Mais on est pas du tout là-dessus.

Faut rester focus, Lebrun.

-Tu fais quoi, là ?

-Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ?

Tu devais pas aller chez Rayan ?

-Si, mais il a perdu ses clés. On attend sa mère.

-Ah, bah OK, mais tu peux...

attendre au parc avec lui ?

-Y a que des gosses qui crient.

-Tu sais quoi ? Faites un escape game.

-J'ai pas d'argent. -Bah écoute...

Eh beh tiens, voilà.

-Sérieux ? -Oui, allez, va t'amuser.

-Oh, lourd. -Prenez du bon temps.

-Bon ben... salut. -Salut.

Musique rythmée

...

... Sonnette

...

-Bonjour, docteur. -Mme Pêcheux, je vous en prie.

Pardonnez mon retard.

La fille de ma secrétaire était souffrante.

-Ah ! Rien de grave, j'espère.

-Non, une cystite. Je lui ai prescrit de la Fosfomycine.

Je vous prie de bien vouloir

patienter deux minutes, s'il vous plaît.

-Oui.

À nous.

-À nous.

Elle vous va très bien, cette blouse.

-Alors, j'ai reçu le résultat de vos analyses.

-Ah, déjà ?

Pas besoin de m'examiner plus en profondeur ?

-Ce sera pas nécessaire.

C'est assez clair. Je crains que ce ne soit pas de bonnes nouvelles.

-Mmh, c'est sans doute que j'ai été

très, très vilaine

et que je mérite... -Vous avez une hépatite.

-Une quoi ?

-Une hépatite, une inflammation chronique du foie.

Les causes sont souvent liées à... -Je vois.

Oui, mais enfin c'est pas très sexy, ça, docteur.

-Pas vraiment, surtout l'hépatite C.

Elle rit. Je vais vous prescrire

un antiviral assez puissant.

C'est un médicament assez cher,

mais il est entièrement remboursé. Vous avez une mutuelle ?

-Oui, oui, j'ai...

-Tant mieux. Vous me passez votre carte vitale ?

-Je l'ai pas.

-Pas d'inquiétude, on va trouver un arrangement.

Vous l'apporterez la prochaine fois et vous réglerez le tout.

Je vous revois d'ici 3 semaines

pour vérifier les effets.

Il est possible que vous ayez des céphalées, des vomissements.

C'est mieux que la cirrhose.

-Mmh. Il rit.

-Tenez.

-Je comprends pas, Vincent.

-Reste dans le personnage. Sinon, faut recommencer.

-Mais enfin, c'est censé nous exciter.

Pourquoi j'ai une hépatite ?

-Ouais... Non, j'admets.

Oh, attends !

Imagine...

Tu as eu un accident de voiture.

Tu arrives à l'hôpital dans le coma,

avec une belle fracture crânienne.

Hein ? J'ai révisé

tout le protocole des urgentistes. -Super.

Comment je jouis si je suis dans le coma ?

Hein ?

-Pourquoi faut-il que deux êtres vivant ensemble finissent par se haïr ?

-Pour s'acheter une sécurité extérieure,

le monde demande un prix très élevé :

la destruction permanente de la personnalité.

-J'ai rien à te reprocher, Marianne. C'est juste que tout s'est...

-OK, non, c'est bon. T'inquiète, Gaël.

Très bien. Merci, Ismène.

Tu peux aller te rasseoir.

Gaël, parfait. Vous étiez impeccables.

C'est ça qui est important.

Travailler des personnages éloignés de vous.

Tiens, toi, le nouveau.

-Moi ? -Tu peux me redire ton nom ?

-Vincent Lebrun. -Vincent, ça suffira.

On n'est plus en primaire. Rires

Tu vas te lever, s'il te plaît.

Tu vas te mettre au centre de la scène.

S'il te plaît. Oui, oui, oui.

Et là, Vincent,

je voudrais que tu joues la version la plus opposée à toi.

-Ah mais, je... -Non, non, non, stop !

On ne réfléchit pas.

Sois.

Musique intrigante

...

... Cris d'enfants en flash-back

... ...

... Musique rythmée

...

... Vincent, Vincent, Vincent !

Oh !

Oh, Vincent !

-Pardon.

...

Tu dors pas ?

-Quoi ?

-Tu dors pas ?

-Non, je mate La Casa.

-C'est quoi ?

-Des braqueurs avec des noms de ville, masqués,

qui attaquent une banque

avec un prof chelou qui veut se venger. -Ah OK, ouais.

Assieds-toi.

C'est bien que tu t'intéresses à l'audiovisuel.

Peut-être que, plus tard,

tu m'accompagneras sur des tournages.

-De quoi ?

Il rit légèrement.

-Va vers tes rêves, mon fils.

Est-ce que tu sais

au fond de toi...

ce qui te fait vraiment vibrer ?

Tu sais pas encore.

Et c'est ça qui est beau.

Bonne nuit, mon chéri.

Ouais...

-Il a craqué, lui.

Il souffle.

Coups

...

-Vincent ?

...

...

Vincent ?

Giclement d'eau -Ah.

-Vincent ?

(Avec un accent polonais) -Ah bonjour, je m'excuse.

J'ai pas entendu vous. C'est belle fuite que vous avez.

-Qu'est-ce que tu fais ? -Faut changer tuyau.

Et moi, j'ai beaucoup tuyaux.

Tu veux mon gros tuyau ? -Arrête, Vincent.

Maxime est en haut. Y a de l'eau partout.

-Ah mais, madame... -Mais regarde-moi ce bordel !

Coupe-moi ça !

Giclement d'eau

Coupe-le ! -Oui, ça va.

...

T'es pas marrante aussi.

L'hépatite, ça va pas. La fuite non plus.

C'est pour te faire plaisir.

J'ai appelé Janusz pour bosser l'accent polonais.

Je me suis fait chier à percer ce tuyau.

-T'as percé un tuyau ? Mais t'es con ou tu le fais exprès ?

Le jour où tu feras pompier, tu vas foutre le feu à la baraque ?

-Non, j'essaie de m'investir.

Brando, dans Le Parrain, a pas mis des kleenex dans sa bouche.

C'était du citron. Le goût amer lui permettait

de mieux jouer le mépris.

Un coup de génie.

Regarde, comme ça.

-Mais c'est quoi, ce délire ?

Tu penses que Coppola va débarquer

pour t'offrir un rôle ?

On se réveille. T'as 50 ans et t'es comptable.

-C'est pas gentil de me dire ça.

C'est vrai, mais c'est méchant.

-Dis à Janusz de venir réparer.

Hors de question que je me réveille dans ce chantier.

-C'est une banalité, mais pour tout ce qui touche aux sentiments,

on est des analphabètes.

-Et pourquoi ne pas avoir le droit d'être joyeux et heureux ?

On serait bien tous les deux.

-Toute ma vie, j'ai été raisonnable,

modéré, tiède.

-Ne dis pas ça.

Au contraire, je te trouve très téméraire.

-Hé, vous gênez pas !

-Mais... -Alors toi...

On s'engueule et tu ramènes une fille ?

-Mais pas du tout, on répète.

-Vous répétez quoi ?

-Je te présente Ismène, ma partenaire de cours.

-Bonjour, madame.

-Quel cours ?

-Studio 14. -Voilà.

-Vous devez être fière, votre mari est très doué.

-T'es pas au boulot ?

T'as pris ta journée ?

-Non.

-Quoi, "non" ?

-J'ai pris un peu plus que ma journée.

-Me dis pas que t'as pris ta dernière semaine de congés ?

-Un peu plus encore.

-Plus qu'une semaine ? -J'ai démissionné.

-Quoi ?

T'es devenu complètement dingue.

-Je vais peut-être vous laisser.

-Oui, merci. -Non, on n'a pas terminé. On va continuer.

On va travailler.

-Non, je ne te comprends plus.

Non. -Mais tout...

On va se rasseoir.

-On fait peut-être une pause ? -Non, non.

Toute ma vie, j'ai été

modéré, tiède.

Tiède...

-Ne dites pas ça, je vous trouve au contraire très téméraire.

-Tu t'excites avec le théâtre, mais ça va durer six mois.

Tu sais très bien, tu t'engages jamais. Tu repousses tout au lendemain.

Un an que tu dois changer le store.

-Mais là, c'est pas pareil, je le sens. C'est l'évidence.

-Qu'est-ce qui t'empêche de bosser

et de la vivre ta passion, comme tu dis,

mais à côté.

-Non, non, non, je veux pas vivre à côté.

Je ne veux plus jamais vivre à côté de ma vie.

C'est fini, ça.

Faut que j'aille à Paris, c'est là-bas que ça se passe.

-Qu'est-ce que t'es en train de me dire ?

Il soupire.

Tu veux qu'on se sépare ?

-Non...

Il souffle.

On a du mal à se comprendre.

Hein, faut être honnête.

Je vois bien qu'il te manque quelque chose à toi aussi.

-Je sais pas.

Ce serait jamais arrivé

si on avait continué notre petit missionnaire du jeudi.

Elle soupire.

...

*-Pour une fois qu'une femme plaît à Léo...

-C'est ce soir ? -Il m'a dit que c'était aujourd'hui.

*-Je parie qu'elle est mariée.

-Et sinon, il va bien ?

-Ouais ben écoute, il travaille.

Il passe ses castings. Ça lui plaît.

Enfin, c'est...

Oh, c'est lui, regarde !

*-Qui se retrouve à l'hôtel ? *-La femme d'un ami.

-C'était rapide.

-Il rend super bien à la télé.

-Envoie-lui un petit message.

Dis-lui qu'il était super.

-OK. -Chérie ?

T'as pas vu mes clés ?

-Sur la console. -Ah oui, merci.

Ça y est, il est passé ?

-Mmh, il était très bien.

Elle rit.

Fais attention à toi.

-T'inquiète, c'est de la planque.

Allez, ciao, Max. Bonne soirée. -Salut.

-Je peux regarder mon film ?

-Oh oui, vas-y.

*-Mince, j'ai oublié de récupérer ma robe verte au pressing.

*Demain, j'aurai pas le temps. J'ai un conf call jusqu'à 20h.

Et dimanche, c'est fermé.

Peut-être lundi, avant le boulot.

Ou j'annule le déj avec Hélène demain.

Ça fait déjà deux fois que je la plante.

Non, je peux pas annuler.

Il faut que je lui parle.

-C'est bon, mon amour ? -Trop bon.

Gémissements

...

-Oh putain.

...

-C'est ça, qui est bizarre.

Au début, il me regardait et je partais au quart de tour.

Depuis qu'on essaye de faire un enfant, ça s'est dégradé.

-Tu te fous trop la pression. Il doit s'en rendre compte, non ?

-J'ai pas envie de lui faire de la peine.

Imagine sa tête si je lui dis que je simule depuis un an.

-Un an ?

-Peut-être pas un an.

-Là, c'est urgent. Faut que tu lui parles.

Tu vas finir par le quitter. Il aura vraiment de la peine.

C'est débile franchement, parle-lui.

-Ouais, ouais. Avec Karim, tu jouis à chaque fois ?

-Non, non.

Souvent, quand même.

Mais je sais pas comment tu fais.

Moi, j'ai besoin en fait. Sinon, je dépéris.

Parle-lui, franchement. Mmh ?

-C'est qui la Bianca à son papa, c'est qui ?

C'est toi, mon amour.

Elle va bien, Hélène ?

-Ouais, ouais.

Ils ont refait la peinture du salon. -Ah cool.

-Et sinon, on a aussi parlé de... -Regarde, regarde.

-On a parlé. C'est marrant, je me suis dit :

"Faudrait que je lui en parle." -Oui, dis-moi.

-Oui.

C'est un peu gênant, mais bon...

-D'acc, vas-y.

Tourne. -Et on était...

-T'as vu comme elle vient de rouler ?

Incroyable, c'est un animal de cirque.

Elle est pas possible, mon amour.

T'es pas possible, t'es géniale.

Il rit.

Oh là là, vas-y, boum boum boum.

Bravo. Excuse-moi. Tu me disais ? Je t'écoute.

-Oui.

On était là, on prenait le thé...

Sonnerie -Excuse-moi, c'est Grimaud.

Faut que je décroche, pardon. J'arrive.

Deux secondes.

-C'est sûr que toi, dès qu'il te touche, ça t'excite, hein ?

-Han, putain.

-Qu'est-ce qui se passe ? -Oh ! Putain...

Respiration forte

-Chéri, dis-moi.

-Ma cousine, Lætitia...

Elle a eu un accident. -Han !

Mon amour... -Tuée sur le coup.

Putain...

On a été élevés ensemble.

-Oh, mon amour... -Elle était comme...

C'est horrible ! -Oh mon amour...

-C'est horrible ! -Mon amour, je suis là.

Il sanglote.

...

"At Last" (Etta James)

... ...

Je suis là.

Je suis là, t'inquiète pas.

... ...

... Elle gémit.

... ...

...

Il sanglote. Mon amour...

Oh non...

... ...

...

Comment tu te sens ?

-Ça va.

Je m'inquiète surtout pour ma tante.

-Je comprends. Elle sait qu'elle peut compter sur toi.

-Oui. -Tu m'as impressionnée.

-Tu trouves ? -Oui.

T'es resté très digne.

T'as pas pleuré.

-Je sais pas.

-T'es avec moi maintenant, mon amour.

Exprime ta douleur.

T'en as le devoir. C'était quelqu'un...

Il renifle. ... précieux.

Il sanglote.

-Oui.

...

-Elle va laisser

un vide immense.

...

Même moi, elle va...

...

... Respiration forte

-Oh, pardon.

Pardon, excuse-moi.

Il sanglote.

...

-Oh non...

T'inquiète pas.

...

-Je l'adorais.

Je l'adorais. -Oui, je sais.

-Je l'adorais. -Oui, je sais.

Romain, c'est rien.

...

-S'il te plaît.

Faut qu'on y aille.

Y a tout le monde qui nous attend.

Il renifle.

Redémarre, s'il te plaît. -Oui.

Il souffle.

-C'est à gauche.

-Tu m'aides ? Je fais une pissaladière. -Bien sûr.

-Merci.

Si on se matait un petit film, ce soir ? -Bonne idée.

-J'ai jamais vu La Liste de Schindler.

-Ce soir, t'es sûre ? C'est un peu plombant.

-Ah, et ce film, là... Qui m'en a parlé ? Le...

L'Écossais qui arrive à l'hôpital, dans le coma.

À son réveil, sa famille est morte et il lui manque une jambe.

-Ou une daube, genre X-Men ?

Un truc léger. -Oui.

Sinon, ça va ?

Tu tiens le coup ? Tu penses pas trop à elle ?

Comme ça fait quatre jours et que t'en parles pas,

je me dis qu'elle doit te manquer.

-J'essaie de pas trop y penser.

J'essaye.

-Tu sais, faut pas que t'aies de regrets.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Tu m'avais dit qu'elle t'avait envoyé des messages le matin du...

T'avais pas eu le temps de la rappeler.

Tu pouvais pas savoir. -Savoir quoi ?

-Que les pompiers mettraient autant de temps à la désencastrer.

Il sanglote.

...

Qu'elle resterait agoniser...

...

... toute seule, pendant deux heures.

...

... Elle gémit.

Il sanglote.

...

-Non mais t'es sérieuse ? Tu fais quoi ?

-Bah rien !

Enfin...

Je pensais que ça te ferait du bien.

-Mais tu me parles de ma cousine qui vient de crever. Tu me...

Mais t'es bizarre, quand même.

-Mmh. -Je te jure, t'es bizarre.

Il souffle.

-Excuse-moi.

-Allez, viens, mon bébé d'amour.

Je vais faire un tour avec Bianca.

Ça va nous faire du bien. On va aller voir tes copains au parc.

Bianca aboie.

Claquement de portière

-Alors, prête pour une petite promenade ?

Juste cette nuit. Je viens la chercher demain.

Elle souffle.

-Je sais pas. Karim est pas fan des animaux.

-Mais tu t'en fous.

Tu l'enfermes dans la salle de bains. Elle est très propre.

S'il te plaît.

On a besoin d'une soirée tous les deux.

On a besoin de se retrouver. -Elle vous gêne tant ?

-C'est pas ça.

Quand elle est là, il est focalisé sur elle,

comme il l'adore.

Du coup...

-Il s'occupe pas assez de toi et tu peux pas...

-Voilà.

-Mais pourquoi tu commences pas par ça ?

Évidemment que oui, si c'est pour ça.

-C'est vrai ? -Bah oui.

-Merci. -De rien.

-Non mais c'est pas possible. C'est pas vrai, ça.

Comment ça, la porte était ouverte ? -Bah oui.

Je suis allée chercher le courrier. Elle me suit jamais.

-Il faut toujours fermer derrière.

-Je suis désolée, mon amour.

Je m'en veux, je me déteste.

Elle a fugué ?

Il souffle.

Han ! Mais j'espère qu'elle s'est pas fait écraser.

-Mais arrête, dis pas ça.

Mais non, elle doit avoir peur et nous chercher partout.

J'y vais. -Attends.

Non.

Je pense qu'il vaut mieux qu'on reste ici,

au cas où elle revienne.

Non ?

-Tu crois que je peux rester ici à attendre sans rien foutre ?

C'est ma chienne.

Imprimante

...

-Je suis tellement désolée.

-C'est pas de ta faute.

J'aurais dû installer une barrière.

-Elle sera là demain matin.

-J'espère.

-Tu viens te coucher ?

-Je peux pas dormir, là.

Tiens, tu pourras me coller ça demain matin ?

-Mmh.

-Elle s'est barrée ? -Je ne sais pas ce qui s'est passé.

J'ai voulu la mettre dans la salle de bains.

Et elle était contre, clairement. Elle gémissait.

J'ai voulu fumer une clope dans le salon.

Karim ouvre tout le temps la fenêtre.

Et là, elle s'est barrée. -C'est pas possible.

C'est une catastrophe. -Je sais plus où me mettre.

-Tu dois me jurer de ne jamais en parler à Romain.

-Hein ? Mais pourquoi ? -Regarde-moi.

Jure-le. Bianca n'est jamais venue chez toi, OK ?

-OK, mais explique-moi. -Je peux pas.

Tu me fous dans une merde, Hélène.

Oh putain, c'est pas vrai.

Musique rock

Elle appelle la chienne. Bijou !

...

Qu'est-ce que je suis conne.

...

Pardon, les enfants ! Vous auriez pas vu un chien ?

-Non !

... Sonnerie

... ...

...

-Mon amour, ça va ? *-Tu es où ?

-Je fais un tour dans le quartier, là, au cas où.

*-T'as collé les affiches ?

-Ouais, toutes. *-Parfait.

*J'essaie de rentrer le plus tôt possible.

-OK. *-J'ai une réunion.

-D'accord, à tout à l'heure.

Je t'aime.

...

Bonjour, madame.

Vous auriez pas vu une chienne ?

...

Je vous laisse le numéro, si vous la voyez.

...

... Elle soupire.

(Oh putain.)

Crissement de pneus

Portière -T'étais où ? Pourquoi tu réponds plus ?

-Je l'ai cherchée partout.

-Et les affiches ? Y en a pas une seule dans le quartier.

-Je...

-Dis-moi la vérité. Qu'as-tu fait à ma chienne ?

-Mais rien.

-T'as un problème avec elle. T'as tout fait pour qu'elle s'échappe.

-Mais non. -Avoue.

-Non, j'adore votre relation !

-Pourquoi t'as pas collé les affiches ?

-On peut rentrer ? Je voudrais boire.

Écoute-moi, s'il te plaît. C'est de ma faute.

J'aurais dû t'en parler. Je crois que j'ai un problème.

-Un problème ?

-Oui, je suis... -Tu es quoi ?

-Pardon, c'est dur d'en parler. Je crois que...

Je crois que je suis malade.

-Comment ça, "malade" ?

-J'ai tellement peur de t'en parler. Ça va te paraître complètement...

C'est un peu

-Me dis pas que...

Me dis pas que c'est...

-Quoi ?

-Me dis pas que c'est un cancer ?

-Peut-être, un petit cancer. Respiration forte

Mais on n'est pas sûr à 100 %. -Ça veut dire quoi, "un petit cancer" ?

-Mais non, mais... -Mon amour, oh non.

-Attends... -Pas toi, pas maintenant.

Oh non, non. Elle gémit.

Oh non, Lisa. -Ne t'inquiète pas, mon amour.

-On est tous les deux.

On va se battre. -Oui.

-Je suis avec toi. -Ne t'inquiète pas.

-Tu es mon ange. -Oh oui.

Il sanglote et elle gémit.

"At last" (Etta James)

... ...

... Ne pleure pas.

Enfin... si.

Pleure.

...

-Allez, viens.

Elle rit.

Ça va. Elle soupire.

-T'aurais une cigarette ?

-Tu fumes plus, arrête.

Allez, t'inquiète pas.

-Tu veux pas qu'on reporte ?

-C'est juste ici. T'arrêtes ?

Allez, viens.

Ça va.

-Ah, bah quand même ! -Hello. Ma sœur.

-Bonjour. Mélanie, ravie.

-Moi aussi. Jean.

-Oui, je me doute. Rires gênés

On s'embrasse ?

-Oui.

-Viens.

-Salut.

-Ça va ? -Oui, et toi ?

-Oui.

-Sophie nous a dit que vous travailliez dans la presse.

Pas évident avec le numérique.

C'est quel titre déjà ?

-C'est ça.

-Jean a vécu quatre ans à Londres.

-Quelle ville magnifique. J'adore son énergie.

Pas trop dur de rentrer ? -Non, j'ai pris l'Eurostar.

Sophie rit.

...

Je veux dire, j'ai bien fait de rentrer.

J'ai rencontré l'amour à Paris.

-Oh, mon amour.

-On commençait à croire que vous vouliez pas nous voir.

-Maman...

-Ou que vous n'existiez pas. -Papa !

-Non mais ils ont raison.

Avec mon boulot, j'ai pas souvent été là.

Tout ce qui a un lien avec Sophie est important pour moi.

Vous,

ses parents,

sa s...

Sa sœur.

Ta sœur.

Vous comptez beaucoup.

Elle me parle tout le temps de vous.

-C'est réciproque. Jean par-ci,

Jean par-là.

-Ah oui, on sait tout de toi. -Moi aussi.

Je sais par exemple

que Mélanie adore faire du cheval le dimanche.

-Oui.

-Prendre deux bains par jour.

Je sais que sa couleur préférée, c'est le violet.

Que...

son film de chevet, c'est Les Demoiselles de Rochefort.

Petite, elle adorait qu'on lui fasse des couettes.

Elle a fait une chute à ski à Méribel.

C'était l'hiver 2002, le 12 février.

Elle s'est fracturé le fémur.

-Vous voyez, je parle beaucoup de vous.

-Où sont les toilettes ?

-Au fond du couloir à gauche, comme les Anglais.

Respiration forte

-Non, non, non, non, non.

-Je l'ai jamais vu comme ça.

-C'est angoissant de rencontrer la belle-famille.

C'est parfois pire qu'un examen.

La famille de votre père, ils ont été horribles.

-Arrête. -Ta mère était sympa ?

C'était une peau de vache.

-Une femme pudique.

-Vous allez pas vous engueuler ?

-En tout cas, il est super sympa.

-Il est merveilleux.

Respiration forte

On frappe.

Respiration forte

...

Ça va, mon amour ?

Elle frappe. Jean ?

Respiration forte

Elle frappe. Jean ?

-Oui, ça va, ça va.

C'est bon.

Il souffle.

-Alors ?

-J'ai dû manger un truc qui est pas passé.

-Tu veux rentrer ?

-Non, ça va aller.

-Ils t'adorent, tu sais.

Ça me touche que tu te rappelles ce que je te raconte.

T'as impressionné ma sœur avec ton laïus.

-Elle a été impressionnée ? -Ah là là, tellement.

Discussions au loin

...

-Je peux te parler d'un truc ?

...

Ça va ?

-Ouais. Je t'écoute, vas-y.

-C'est pour les 35 ans de Sophie.

Je veux lui organiser une fête. J'aurai besoin de ton aide.

J'ai ton numéro. Je t'appelle dans la semaine ?

On prend un café pour en parler ?

-Un café cette semaine ?

-Oui. Ou celle d'après, si tu veux.

-Non... -Il faudrait pas tarder.

-Pas cette semaine.

Non, je peux pas. Cette semaine, j'ai trop de travail.

On peut pas faire ça par mail ?

Je te donne mon mail. On règle tout ça comme ça.

Ça sera plus rapide. -Un café par mail ?

-Mmh.

-OK, si tu préfères. -Je préfère.

-Qu'est-ce que vous vous racontez ?

-Rien, rien du tout.

Elle rit.

-On prend le café. Vous venez ?

-Ouais.

-Ta belle-sœur a encore appelé. Je dis quoi ?

-Je suis pas là. -J'ai compris que t'étais pas là

et je pense qu'elle aussi.

C'est niveau CE2. J'ai pas que ça à foutre.

-Oui bon, c'est bon. C'est bon.

Musique intrigante

...

-C'est original.

-J'aime bien donner mes rendez-vous ici.

-Vraiment ?

-Oui.

C'est sans prétention.

-Tu comptes ne jamais me regarder ?

-Pardon.

Tu veux boire ou manger ?

-Non, merci.

Bon...

On va arrêter de tourner autour du pot.

Je t'ai envoyé trois mails, dix sms.

Je suis obligée de passer par ton assistante pour te parler.

J'ai besoin d'adresses et que tu t'occupes d'elle le jour J.

Franchement, je comprends pas ton attitude.

J'ai fait quelque chose qui t'a déplu ? -Non.

Non, impossible.

Ma sœur me vante tes qualités. J'ai vraiment l'impression...

qu'elle parle de quelqu'un d'autre.

-Tu veux que je te dise la vérité ? -Non.

J'adore perdre mes après-midis pour me taper des crêpes saucisses.

-Je...

Je... -Je ?

Je quoi ? -Je...

-Tu peux faire une phrase en entier ?

J'ai l'impression que tu fais un AVC à chaque mot.

-Il y a quelques mois...

C'était au début de notre relation.

Sophie m'a montré une photo de toi.

Et j'étais sous le choc.

J'étais très heureux avec ta sœur.

Je comprenais pas pourquoi j'éprouvais ce sentiment.

Tu me juges ?

-Vas-y, continue.

-J'ai voulu voir d'autres photos de toi.

Plein de photos. J'ai été sur ton profil Insta.

J'y ai passé des heures et des heures.

Et voilà.

Voilà pourquoi je voulais pas qu'on se revoie.

Je voulais te voir ici.

Je me suis dit : "Ça va atténuer mes sentiments."

Mais...

C'est fou, regarde, même sous ces néons,

tu irradies.

-Mais t'es un énorme malade.

Tu réalises ce que tu me balances ?

T'es complètement tordu !

Ou complètement con !

Ma sœur attend que tu l'épouses, et tu me fais une déclaration ?

Non mais j'hallucine !

Je fais quoi maintenant, espèce de taré ?

Hein, je fais quoi ?

Je lui dis que t'es un psychopathe ?

Je fais quoi ? Non mais t'es...

Mais va te faire soigner !

-Mélanie !

C'est plus fort que moi.

-Tais-toi. Je crois pas un mot de ce que tu dis.

-Je suis amoureux de toi.

-Mais c'est impossible. Quitte ma sœur si tu l'aimes plus.

-Mais pour toi, je la quitte tout de suite.

-Mais pas pour moi !

Respiration forte

Musique intrigante

...

-Qu'est-ce que tu fais ? -Tu plaisantes ?

...

T'as vu dans quel état est ma sœur ?

-Quoi ? Tu m'as dit de la quitter.

-Quoi ? Je t'ai jamais dit ça.

-Tu m'as poussé à être en accord avec ce que je ressens.

-Arrête avec ça.

-Je peux pas aller contre mes sentiments.

Il soupire.

T'es la femme de ma vie.

Si tu partages pas ça avec moi, dans ce cas...

Je préfère que tu t'en ailles.

Respiration forte

...

S'il te plaît, va-t'en.

S'il te plaît.

...

Je sais que c'est insensé.

...

Mais c'est la première fois que j'éprouve une telle évidence.

Tu voulais que je fasse quoi ?

Que je continue à vivre le cœur dans une étoffe ?

-Le cœur dans une étoffe ?

-Je sais plus...

Pardon.

Je suis désolé.

Pardon, désolé.

Je t'ai préparé une tisane.

-Merci, chéri.

-C'est bon, il dort ? -Oui, oui.

C'est dur depuis quelques semaines. -Attends, c'est normal.

Ça lui fait un tel changement.

Je suis sûr qu'il va s'habituer.

Qu'est-ce qu'il est mignon.

Regarde, on dirait toi qui souris. Qu'est-ce qu'il est mignon.

Mmh, je l'adore, ce... Sonnerie de téléphone

... -Ah, excuse-moi.

...

Maman ?

Quoi ?

Respiration forte

On ouvre la porte. -C'est à nous.

Je voulais vous adresser mes plus vives condoléances.

Euh... bien.

La situation est, en effet, un petit peu particulière.

Mais votre père a laissé des consignes très précises,

avec une lettre à vous remettre avant son enterrement.

Respiration forte

-Il doit y avoir une erreur.

-C'est une blague ?

-Non.

Il arrive malheureusement trop souvent qu'un homme...

attende de disparaître pour se délivrer de ses secrets.

-C'est qui, cette femme ?

-Encore une fois, je comprends tout à fait

à quel point c'est délicat.

Mais c'est votre père, c'est sa dernière volonté.

Il souhaite que vous la conviiez elle, et surtout leur fille.

-Leur... ?

-Oui, votre sœur, Camille.

Enfin, votre demi-sœur, si vous préférez.

Musique intrigante

...

... Les cloches sonnent.

... ...

-Il m'aura vraiment tout fait.

Au moins, je vous vois réunies.

Elle soupire. C'est ma seule joie.

Je vous laisse, les filles. On se retrouve au cimetière.

-Oui, maman.

C'était une belle cérémonie malgré tout.

-Oui.

Tu lui as parlé ?

-À qui ?

-À notre sœur.

-Ouais, vite fait, ouais.

Les cloches sonnent.

-D'après sa famille et ses collègues,

Dominique était la bienveillance incarnée.

Toujours à l'écoute des autres.

Sorti major de sa promotion à Sciences Po,

il ne faisait jamais étalage de ses connaissances,

ses diplômes.

Grand voyageur, il avait besoin de se ressourcer

dans les grandes plaines canadiennes

ou la pampa argentine.

Musique mélancolique

C'est un nouveau voyage qui commence maintenant.

Un voyage qu'il entreprend si tôt, bien trop tôt.

On se demande comment est-ce possible...

-Viens, on y va. J'ai trop envie.

-Moi aussi.

-... du culturisme.

Hélas, la maladie l'a emporté.

Une maladie que personne

...

-C'était bon.

-Sì, amore.

L'éloge du prêtre, ça m'a mise dans un état.

-Moi aussi.

Faut dire, un AVC à 50 ans, on s'y attendait pas.

-Comme quoi, le pilates...

Elle rit.

-C'est bon.

Toujours personne ?

Ton cousin Paolo, tu as des nouvelles ? -Sì.

C'était juste une pneumonie. Il se remet.

-Viens.

Viens près de moi.

*Chant religieux

*...

*-Mais aujourd'hui pour la première fois de l'histoire, la reine...

-Regarde.

*-... sur Buckingham.

-Tu vois,

toutes ces fleurs...

*...

Tant d'amour.

*...

Si jeune.

Si belle.

C'est bien.

Parce qu'un accident, c'est...

...

C'est horrible, c'est...

Respiration forte C'est...

...

... Parce que...

...

C'est horrible, mais...

...

Un accident...

...

de quelqu'un que tu aimes tant.

...

-Marie, arrête.

-Quoi ? -Basta.

Je te connais par cœur, tu fais semblant.

-Mais non. -Mais si.

Tu simules pour me faire plaisir.

Tu crois que je te vois pas ?

C'est pas pareil si on ne les connaît pas.

-Bon, ben viens, on va voir Richard.

"Montaigus et Capulet" (Sergueï Prokofiev)

...

... Sonnette

...

... On ouvre la porte.

-Bonjour, les filles. -On t'a fait une tarte.

-Ah.

Vous êtes adorables. -C'est normal.

Faut se soutenir entre voisins.

-Merci.

-Comment ça va ? -Ben, je reviens

de l'unité des soins palliatifs.

J'arrive pas à le croire.

Je... -Richard...

On est là. -Non mais,

un vrai miracle.

Elle est sauvée.

-Ah ? -Oui.

-Mais... Mais c'est sûr ?

-Dans leur service,

ils ont quasiment jamais vu ça.

Ils ont à peine 1 % de taux de guérison.

-1 %...

-Je vous dis, un vrai miracle, ils disent.

-C'est admirable, mais ça peut être très dur à supporter.

-Nous sommes prêtes.

Nous avons la chance d'avoir du temps libre,

d'être en bonne santé.

-Parfois, la présence d'un tiers est très utile,

quand la famille n'est plus là, qu'elle a déserté.

Vous n'imaginez pas le nombre de personnes

que le mot de "maladie" fait fuir. Je ne vous parle pas de "mort".

-La mort est un vêtement qu'on portera tous.

-C'est un proverbe africain.

-Ah !

Eh bien, moi,

si y avait plus de gens comme vous, ce pays se porterait mieux.

Merci pour eux.

-Merci pour nous.

-"Les hommes sont tous condamnés à mort.

"avec des sursis indéfinis.

"Immensita" (Andrea Laszlo De Simone)

"Ils disent que ce n'est rien,

"qu'on ne souffre pas,

"que c'est une fin douce,

"que la mort, de cette façon, est bien simplifiée."

-Une incinération ?

Vous êtes certain ?

Ceux qui vous aiment seront heureux de se recueillir quelque part.

...

Gémissement

... ...

...

... Elle frappe.

...

Elle rit.

...

Elle rit.

...

-Madame Massud ?

...

Madame Massud ?

...

... Elle soupire.

-Une urne ?

C'est un peu triste.

...

Vous avez eu une belle vie, vous méritez un beau départ

avec de belles funérailles.

...

-Vous êtes allées à l'enterrement de Mme Santini.

C'est bien de s'investir, mais faut savoir garder une distance,

ne pas trop s'impliquer émotionnellement.

Ne prenez pas en charge le chagrin des familles.

Oh, votre engagement est exemplaire.

Mais faut aussi faire attention à vous.

-Peut-être qu'on n'est pas au bon endroit.

Faut aller voir chez les plus jeunes.

-Pas les gosses quand même, on n'est pas folles.

-Mais non !

Mais je sais pas, les accidents de voiture...

Là, les familles sont soulagées.

-È vero.

-À cause du virus, on n'a pu aller à aucun enterrement.

-Oh, m'en parle pas.

Il faudrait peut-être cibler plus les communautaires.

-T'as raison.

C'est dommage, on a raté les Thaïlandais.

Les cérémonies sont bien organisées, avec plein d'effusions.

-Le rêve... -Alors, les filles ?

C'est quoi, ces têtes d'enterrement ?

-Ah, c'est drôle. -Ouais.

Il faut dédramatiser. -Steeve, merde pour le concours.

-Quel concours ?

-Vous êtes pas au courant ?

Il est finaliste pour l'Infirmier le plus sexy du département.

-Non ? -Je sais même pas qui m'a inscrit.

Je fais ça pour la cause. On a besoin de rénovations.

Je vais voir Mme Asiram.

Sûrement sa dernière nuit. Je vais l'accompagner.

-Sa dernière nuit ? -Je le crains.

À plus tard, les amoureuses.

-Ciao.

-Attends, je viens avec toi.

-Carino...

-Tu as vu ça ?

Steeve...

Sa page a 20 000 abonnés.

C'est dingue, ce qu'il suscite comme réactions.

-Il est exceptionnel.

Il va devenir célèbre, notre petit infirmier.

-Tu es belle.

Trop belle pour moi.

*"Last Night A DJ Saved My Life" (Indeep)

*... Brouhaha animé

*... ...

-Approchez-vous.

*... ...

Regardez-moi.

*... ...

Applaudissements

*... ...

-Bravo, congratulations.

-C'est gentil. C'est un travail collectif.

-Je peux t'embrasser ? -Oui.

*...

-Tiens, champion. -Ah, c'est gentil,

mais je dois montrer ça à ma grand-mère.

-Oh ben non, trinque avec nous au moins.

On sera peut-être pas là à ton retour. -D'accord.

-Tchin tchin.

-Tchin.

*...

Bah merci, je file.

*...

Je reviens, à tout à l'heure. -À tout de suite.

*...

Brouhaha animé

...

S'il vous plaît, un instant.

C'est affreux.

Steeve...

Notre Steeve a eu un accident de moto.

Musique mélancolique

Il est mort sur le coup.

...

... Respiration forte

... ...

-Joyeux anniversaire, mon amour.

...

(-Attends encore un peu. OK, c'est bon.)

(Doucement, doucement.)

Brouhaha animé

-JOYEUX ANNIVERSAIRE, CLÉMENT !

-J'ai eu peur.

Cris de joie et applaudissements

-Bravo ! -Vous êtes des oufs.

Merci.

-T'es pas censé souffler mais tirer direct.

-D'accord. -Ouais.

Et voilà !

Brouhaha Cris de joie et applaudissements

... ...

-J'étais en soirée chez des amis. C'était la fin du dîner.

On avait pas pris le dessert.

La fille me dit qu'elle a un peu chaud.

Brouhaha

Je te jure. Après, j'avoue,

on avait pas mal tisé, mais ça a dérapé hyper vite.

-C'était une amie ?

-Ouais, les deux, je les connais depuis la primaire.

Rires

-Vous faites une partouze ?

-Ben oui, improvisée.

Une petite partouze mais c'est... Rires

Le vivre-ensemble commence comme ça.

... -Le vivre-ensemble...

Non mais attends.

La semaine dernière, j'ai un plan Tinder.

Ça se passe hyper bien.

On discute, on rigole. Super bon feeling.

Du coup, je le suis chez lui.

Je le suis chez lui. Il me sert un verre, on discute.

Et après, il me dit quoi ? Le mec est en coloc

et que le mec est à côté.

-AH ! -Enfin, c'est grillé.

J'ai compris ce qu'il voulait. -T'as fait quoi ?

-Ce qui est sur Tinder reste sur Tinder.

-Oh mais non ! Balance !

-Tu t'es tapé les deux ? -C'est pas mon style.

Après, si on y pense bien, franchement, qu'on se le dise,

deux meufs,

genre deux meufs, et un mec,

je dirais pas non, tu vois.

-Devant tout le monde, tu balances

que tu veux pécho mon mec. -Vous deux.

Brouhaha Mais en vrai, attends...

En vrai de vrai de vrai, ce serait surtout toi.

-OH !

-J'assume.

-Je vous passe une chambre.

Un fantasme, ça se consomme chaud. Il faut y aller.

-Bah oui.

-Ça va pas être possible. -Je vous plais pas ?

-Rien à voir. -C'est pas la question.

-Ben alors, ça a à voir avec quoi ?

-On a loupé un épisode ? -Elle est trop belle.

Allez-y ! -C'est quoi, le problème, alors ?

-Il y a un vrai truc. -Ouais.

-Qu'est-ce qui se passe ? -Y a un truc.

-On a arrêté le sexe.

-Quoi ? C'est quoi, cette excuse de merde ?

-Non mais c'est des conneries.

-Non, c'est vrai. -T'as arrêté le sexe ?

-Mais oui. -On est abstinents.

-MDR ! Elle rit.

-C'est pas possible. -Bah si.

-Mais genre vous êtes cathos ?

PAM, pas avant le mariage ?

-Rien à avoir avec la religion ou la morale.

Vous le dites, tout le monde ken avec tout le monde.

Le sexe a plus de sens, plus de valeur.

-On a jamais dit ça. -Personne a dit ça.

-Ça fout tout en l'air. -C'est kiffant.

-Un petit peu. -Un petit peu.

On a le fantasme d'un couple qui dure. -Moi aussi.

Je vois pas ce que ça fait là-dedans.

-Tes relations durent jamais très longtemps.

-Oh mais la pauvre ! -Tu balances ça...

-Elle a pas tort.

-Le vrai truc, c'est qu'on kiffe.

On a découvert un plaisir, en fait, qui est dingue.

Rires

-Quel plaisir ? Y a rien.

-Le plaisir de ne pas faire l'amour.

...

-Attends, mais ça veut dire

que ça fait deux ans que...

y a rien.

-Non, ça fait à peu près un an.

-Un an ? -Un an.

-C'est une révélation mystique ?

-Pas du tout. C'est parti d'un délire

où nous, on a essayé pas mal de faire l'amour sans se toucher.

...

Et on avait maté

pas mal de vidéos sur le tantrisme et tout ça.

-C'est pour se chauffer, pas l'inverse.

-Bien sûr, mais là, c'est une prolongation.

-Chacun va coucher ailleurs ?

-Mais non, on est fidèles.

-Vous êtes fidèles ? -Bah oui.

-Vous êtes fidèles en non-baisage ?

Rires

-C'est un nouveau concept.

-Je t'avais dit qu'ils comprendraient pas.

-C'est chelou, cette histoire. Ça vient d'où ?

-Oui, enfin, pas plus chelou que tes plans.

Rires -Non mais ça va.

-C'est vraiment du gâchis.

Vous êtes trop beaux et personne n'en profite.

-Si, nous, on profite.

Musique rythmée Brouhaha animé

... ...

...

La musique s'atténue.

-Tu veux pas qu'on rentre ? J'ai très envie, là.

-Moi aussi.

...

-J'ai très envie de...

de ne pas te faire l'amour.

La musique s'intensifie.

...

-T'es le premier qui me rend vraiment heureuse.

Tu le sais, ça ?

-Toi aussi. Rire léger

Tellement.

-Si ça te soûle, tu me le dirais ? -Bien sûr.

Ça va pas arriver. Ça gâcherait tout ce qu'on a construit.

-Je suis tellement d'accord.

J'ai rêvé qu'on refaisait l'amour.

-C'est vrai ? -Oui.

-C'était comment ?

-T'étais un mauvais coup, en fait.

-Salaud.

Il rit légèrement.

Gémissements

-Oh oui.

...

-Ils arrêtent pas, c'est pénible. Elle rit.

-Ça équilibre avec nous, en même temps.

...

Elle souffle.

-Oh, comme ça.

-Il lui fait un petit cunni.

-Oh oui !

-La pauvre. Gémissements

...

-En même temps, j'hésite. Peut-être une levrette ?

... -Non.

Non, un petit missionnaire.

-Ah bon ? -Ouais.

Tu vas voir, ça va être rapide. -Tu crois ?

Gémissements plus forts

-Ah oui !

Ils rient.

Très forte.

...

-C'est de plus en plus court.

-Beh ouais. Elle est frustrée, je pense.

Puis ils parlent même plus, quoi.

C'est glauque, putain. -Mmh.

-Je leur laisse un mois.

-Sinon, elle va rencontrer un mec au taf.

-Tout à fait le style à se pécho un DRH,

genre un Mathieu ou un Fred.

Elle rit.

-C'est sûr.

-Mmh.

-Bonne nuit.

-Bonne nuit.

-Je t'aime. -Je t'aime.

-Ça change tout, sur un grand écran. -Ouais, grave.

Il est fort, il passe d'un genre à l'autre hyper facilement.

C'est... Vibreur

-Tout passe dans leur regard, l'intensité de leur désir...

Je trouve ça magnifique. -C'est hyper beau.

C'est Clément. Ils sont au Lion's. -On y va ?

-Non, non. -Allez, mon amour.

-Je me lève hyper tôt demain. J'ai du boulot.

-Juste pour un petit verre, vite fait.

-Bon d'accord, mais vite fait. -OK.

"Can You Teach Me?" (The Film)

Brouhaha animé

... ...

-BOIS ! BOIS ! BOIS !

BOIS ! BOIS ! BOIS ! BOIS !

... ...

BOIS ! BOIS ! BOIS !

BOIS ! BOIS ! BOIS ! BOIS ! BOIS !

-Laissez-moi tranquille !

... ...

Allez !

... ...

-Au revoir !

Bisous.

Salut, les copains.

Bisous, les copains.

Elle rit. Pourquoi on s'en va ?

...

Ils rient.

C'est rentré. On va reboire une bière.

-Non ! -J'ai gagné !

-Non ! -On va se boire une petite bière.

-Non, on rentre. -Allez, regarde.

-On rentre. Il rit.

-Oh !

Mon amour...

Il lui embrasse la main.

Ça ressemble à là où on habite. -Tu trouves ?

-Ouais. -Ah ouais ?

Ce serait pratique, en même temps. -Oui, c'est vrai.

Il rit.

Attends, qu'est-ce que tu fais ?

-Beh je sais pas. J'ai rien fait, moi.

J'ai hyper chaud.

J'ai chaud.

-Enlève ta veste.

-J'ai beaucoup trop chaud. -T'es belle, mon ange.

-Toi aussi.

Gémissements

-Oh, je t'aime.

...

Moi aussi, j'ai chaud. -Toi aussi ?

-Oui. -Moi aussi.

-J'ai chaud. -Vas-y.

Vas-y.

...

-Oh !

Oh !

-Quoi ?

Tintement de clés

Porte de cellule

Brouhaha carcéral

-Allez, les dépravés. Dehors.

-Merci encore. -Merci beaucoup.

-Ouais, on a une police exceptionnelle en France.

-Vous êtes sérieux ?

-Oui. On est abstinents sexuels, vous nous avez sauvés.

-Vous êtes arrivés juste à temps.

-Oh, tu fais quoi ?

Vous allez être convoqués pour exhibition.

Je rajoute outrage ? -Vous comprenez pas.

-De quoi ? -Le truc,

c'est que grâce à vous, on a pas baisé. -Ça suffit.

Et toi, tu suis ton copain.

-On vous remercie. C'est pas un délit.

-Abstinents sexuels, j'aurai tout entendu.

-Vous êtes des grands malades.

Porte de cellule

Les policiers sortent.

-Mais Timothée, ça fait trois fois.

-C'est pas moi.

-On reprend les chiffres romains.

À quoi correspond le "X" ?

Alexandre.

Qui vient te chercher ? -Je sais pas.

-Ça t'intéresse pas de savoir qui vient te chercher ?

Tu es trop dilettante, Louise. C'est pas comme ça que tu vas réussir.

-Pardon, je suis désolée.

J'ai eu un contre-temps. -On en a tous.

En plus, les dames de service sont pas là.

La prochaine fois,

dites à Louise qui vient la chercher.

Elle va être instable.

À lundi, Louise.

Je suis désolée, la mère n'arrivait pas.

-C'est chiant, ça nous laisse même pas une heure.

Allez, viens.

On peut faire beaucoup de choses en 45 minutes.

-Non !

T'es dans le champ.

-C'est bon, Tarantino. On se calme.

-Y a une deuxième caméra. -Ah bon ?

-Les gens vont pas s'exciter

sur juste un petit plan fixe. -Quels gens ?

-Les internautes.

-Mais t'es sérieux ?

Je croyais que tu déconnais.

Je suis OK pour qu'on se filme mais je suis pas exhibo.

-Hé oh, et en club échangiste ?

-Beh ça n'a rien à voir. -Oh...

-Bah non.

-OK.

-Tu fais vraiment la gueule ? -Non.

-Réfléchis. Tu imagines les conséquences ?

L'école, nos enfants... C'est évident.

-Tellement de vidéos circulent. Ça se remarquera à peine.

Puis ça m'excite.

-Mais je sais que ça t'excite. Je te connais, vieux pervers.

Elle rit. Mais pour moi, c'est non.

-On le fait, mais que pour nous.

-Promis ?

-Juré, mon amour. Elle rit.

-Rec. Bip

-Viens. -Hin hin.

-Viens ici. -Mmh.

Elle rit.

-Viens.

Viens.

Gémissements -La caméra, regarde la caméra.

...

Pas trop, pas trop. -OK.

... -Voilà.

...

*...

C'est bien, non ?

-Ouais.

-Je monte et je passe sur l'autre plan.

-C'est excitant, en fait. -Oui.

-On aurait dû faire ça avant. -Oui.

-Regarde comme t'es bien. -Je sais pas.

Je vais te montrer quelque chose.

C'est un site. -Ouais ?

-Il s'appelle Home Sex, regarde.

C'est des couples qui s'éclatent comme nous.

-Mmh mmh. -Regarde.

Tiens, ça, par exemple.

Elle rit. -C'est moche, les résilles.

On dirait ma grand-mère. -Elle a pas ta classe.

Elle rit.

Le tabac que tu ferais.

-Encore ? Arrête avec ça.

*Gémissements

-OK. Pour une fois que j'ai un projet qui me passionne.

-T'appelles ça un projet ?

Désolée, c'est un fantasme, pas un projet.

-Allez, on passe à autre chose.

Non mais j'avais des idées de mise en scène.

Des scénarios, des mouvements...

-Mais je m'en doute, mon chat.

Je sais que t'as beaucoup de talent.

-C'est vrai ? -Bah oui.

T'as retouché mon cousin sur ses photos de mariage,

ça tient du miracle.

Mais sois raisonnable, d'accord ? -Oui.

Très bien, j'ai compris.

-Mais je suis chaude pour refaire des vidéos tant que ça reste entre nous.

Mmh ?

Samedi, on va au Néfertiti ? C'est soirée gang bang.

-Ah OK. -On va s'éclater.

-Je suis fatigué, moi.

Il bâille.

*Gémissements

*...

Oh putain.

Oh putain !

Oh putain, putain !

Putain de putain de putain.

Il est où, ce con, Francisco ?

Francisco, il est où, ce con ?

Ouais, alors...

Allez, allez.

Oui, Francisco, c'est Jérémy.

Jérémy Michel, oui.

Très bien, et toi ? Et vous !

Dites-moi, Jérémy... Francisco ! Excusez-moi.

Est-ce que vous avez reçu mon dernier mail ?

Il y a une erreur, voilà.

Ou alors c'est un virus, ou un spam, je sais pas.

Il faudrait le supprimer.

Oui.

Voilà, oui. Non !

La vidéo, vous l'ouvrez pas !

Vous n'ouvrez pas la vidéo.

Vous la détruisez définitivement.

Je compte sur vous, Francisco.

Merci.

Respiration forte

-Va chercher ta sœur. Dis-lui qu'on passe à table.

Vibreur

-Noémie ! On passe à table, tu te ramènes ?

Tonalité

...

*-Oui, allô ?

-Oui, allô, Francisco. C'est Jérémy Michel, oui.

Comment vous avez pu faire ça ? C'est dégueulasse.

La vidéo ! Vous deviez la supprimer, elle est en ligne.

Je suis dans la merde.

*Inaudible

Attendez, je sais pas de qui, de quoi.

Vous vous démerdez, vous la supprimez.

-Jérémy ?

On t'attend pour manger.

-Oui, j'arrive. J'arrive. -OK.

-Qu'est-ce que je fais, maintenant ?

Je suis dans la merde, vous comprenez ?

*...

C'est ça, oui.

-Ça va pas de lui parler comme ça.

-C'est toi qui pues. -Ouais, c'est ça.

Ça va ? -Oui.

-T'es tout pâle. -Ah bon ?

-Pourtant, il a rien bouffé. Les enfants rient.

-À qui tu parlais ?

-Non, rien, c'est pour le boulot.

-T'as un boulot ? -Oui.

-Tu sais bien

qu'il fait de la photo. -Voilà.

-T'appelles ça un boulot ?

-Noémie ! Arrête.

You don't forget.

It's our night tonight.

-T'es au courant qu'on parle

dix fois mieux anglais ?

Si vous voulez baiser,

on reste dans notre chambre. -Noémie !

Ça va pas de parler comme ça, "baiser", à ses parents ?

Vibreur Je te demande

Sa voix devient sourde. d'arrêter ces réflexions sarcastiques

... que je n'apprécie absolument pas.

Je t'interdis de nous parler comme ça.

-Maman, téléphone.

-Quoi ? -Il fait "bzz bzz".

-Ah !

... Rho !

...

Numéro masqué. Je déteste quand on fait ça.

-Je me sens pas très bien, là.

Je vais aller me coucher.

-Non, pas ce soir.

-À demain, les enfants.

-Timothée est très agité en ce moment.

Ses résultats en pâtissent.

Il y a pas un événement particulier à la maison

qui justifierait cette attitude ?

-Non, pas spécialement. -Non ?

-Il y a bien la mort de son hamster, Croquette.

Il l'adorait, même s'il lui a coupé une patte.

-Il lui a coupé une patte ? -Oui, il lui a coupé une patte.

Mais c'était une expérience. Il l'a pas vraiment fait.

-Mais il faut lui apprendre qu'il y a des règles à respecter.

-On pourrait lui donner une claque sur les fesses ?

-Non, j'ai parlé de discipline, mais en aucun cas de violence.

-C'est peut-être une pratique que vous aimeriez partager.

Non ?

-Patrick.

-Excusez-moi, je... Rire gêné

J'ai pas voulu vous vexer ou vous faire la morale.

-Oui, la morale... On la connaît, la vôtre.

C'est insupportable, viens.

-Je suis désolée. Patrick...

Patrick, mais qu'est-ce qui te prend ?

Pourquoi tu lui as dit ça ? -Je t'expliquerai.

-Elle va saquer Timothée.

-Oui, Jérémy, c'est moi.

Un parent d'élève vient très clairement de me faire des allusions...

Jérémy, dis-moi la vérité.

Quoi ?

Mais c'est pas vrai !

Viens me chercher. Hors de question que je prenne le bus.

Musique électronique

...

... Elle soupire.

...

Démarre ta bagnole de merde. -Je voulais t'en parler.

-Fous-toi de ma gueule. -C'est une mauvaise manip.

-Je vais perdre mon boulot. C'est ça que tu voulais ? Bravo.

Quel abruti !

J'ai tellement honte. -Je te jure, je voulais l'enlever.

C'est passé par un serveur au Nigeria. -Un serveur au Nigeria ?

Rire jaune Tu mens !

Ça t'excite.

Tes fantasmes, y a que ça qui compte.

Là, j'avais dit non, merde !

Et t'as pensé aux enfants ?

-Bien sûr, mais ils sont plus forts que ça.

-Ah ouais ? -On leur a donné

le goût de la liberté. -Tu t'entends ?

Être libre, c'est pas voir sa mère se faire prendre en levrette.

Je peux plus voir ta gueule. Arrête-moi !

-Je peux pas. -Je veux descendre !

-D'accord.

-Je te pardonnerai jamais, Jérémy.

Je te déteste.

-Non mais tu vas où, là ?

Elle claque la portière.

-Elle est où, maman ? -Je sais pas.

-Elle doit être hyper mal. Ça se comprend.

-Ça va s'arranger. C'est une histoire de quelques jours.

-De jours ?

Tu te rends pas compte. Tout le monde m'a soûlé

avec ça, aujourd'hui.

-Ils sont au courant, au collège ?

-Beh oui. Ça a dépassé les 100 K.

-Les 100 quoi ?

-100 000 personnes ont vu ta bite.

-Je suis désolé, c'était pas voulu. Ça retombe sur vous.

-Mais non, ça va, t'inquiète pas.

Y a pas mal de commentaires sympas. Ils demandent si c'est une pro.

-Ça va pas ou quoi ?

Oh, enfin !

-C'est mort.

Je retourne plus en cours.

Il souffle.

-Hugo...

Tu peux me passer le gruyère ?

Merci.

Je t'ai trouvé bien.

-Arrête.

Musique jazz

...

*...

-Madame ?

-Ah, merci.

*...

-Bonsoir.

Je vous dérange pas, j'espère ?

-Euh, non. Mais on se connaît ?

-Moi, je vous reconnais, en tout cas.

Je voulais juste vous dire que j'ai vu votre vidéo.

-Oh non... -Et j'ai été très émue.

-Émue ?

-Oui.

Il faut être tellement libre pour faire ça.

Surtout dans une petite ville comme la nôtre.

S'affranchir du regard des autres.

Mais je...

je vous trouve admirable.

Rire gêné

...

-Moi, franchement, j'aurais préféré m'illustrer dans un autre domaine.

Comme la chirurgie moléculaire.

Elle rit légèrement.

-Du coup, avec mon mari, ça nous a donné l'idée

de faire aussi une petite vidéo.

-Mais ne faites pas ça.

Mais pensez aux conséquences, ne faites pas ça.

-On s'en fout, des conséquences.

On a qu'une vie.

On passe son temps à avoir peur du jugement des autres.

*...

Alors, merci.

Merci infiniment.

-Je vous en prie.

-Je peux prendre une photo avec vous ?

-Euh, oui.

-Je me permets ? -Oui.

*...

Déclic

-Voilà.

Merci beaucoup, bonne soirée.

*...

-J'ai fait mon premier selfie. -Oh mon amour, t'es revenue.

Pardon, pardon.

-Tout ça grâce à mon cul. -Si tu savais comme je m'en veux.

-J'ai eu le rectorat. C'est sûr, ils vont me virer.

-Mais non, ils vont pas te virer. Je vais leur dire que c'est ma faute.

-Qu'est-ce qu'on va devenir ?

Je me sens pas bien. -Allonge-toi.

Je vais te chercher un verre d'eau.

-Quand je pense que...

la bonne femme trouve que je suis admirable.

-T'as dit quoi ?

-La femme du bar. -Hein ?

-Elle me dit : "Ah oui, je trouve que vous êtes admirable."

Tu parles, "admirable".

-Mais non, mais bien sûr, je comprends ça.

Les enfants ont parlé de commentaires...

-T'as parlé aux enfants ?

C'est affreux ! Je pourrai plus les regarder.

-Calme-toi, chérie. -C'est affreux.

-Ils vont comprendre, on va leur expliquer.

-Ils vont comprendre quoi ?

-Ils vont comprendre qu'on s'aime et qu'on l'a prouvé.

On est peut-être pas des parents modèles

mais au moins, on leur transmet ça.

Hein ?

Allez.

Bois ton eau, je vais te montrer quelque chose.

-Qu'est-ce que tu veux me montrer ? -Regarde.

Regarde les commentaires.

-Les commentaires ? -Oui, regarde là.

Tiens, au hasard...

"Elle envoie du lourd, la daronne."

-C'est moi ? -Oui, c'est toi.

"Suce-moi, la milf. T'es kiffante."

T'es kiffante, mon amour.

-Fais voir.

"C'est de la cougar de bâtard."

Oh mon Dieu, il y a une faute à chaque mot.

-Les gens sont contents. C'est ça qui compte.

Tiens, regarde autre chose. Les catégories.

Regarde, "cocu", "triplette", "pince à linge", "vomi".

Des gens sont excités par le vomi.

Tu te rends compte ?

On est des petits joueurs.

On est bien sages.

-Je sais pas si on est bien sages, mais on est bien dans la merde.

-En vertu de l'article 43 du 17 janvier 1986,

la suspension de fonctions

est une mesure conservatoire et provisoire.

Elle permet

d'écarter l'agent du service

s'il a commis une faute grave

ou une infraction pénale de droit commun.

En vous adonnant à une activité pornographique,

vous entrez dans cette dernière catégorie,

madame Michel.

-Encore une fois, c'était pas du tout mon intention.

Avec mon mari, nous faisions ces films pour nous-mêmes.

-Comment vous croire ?

Sur le film incriminé,

on vous voit à plusieurs reprises regarder face caméra

en pratiquant une fellation.

Vous saviez pertinemment que ce film était destiné à être vu.

-Oui, mais par moi et mon mari.

-Vous êtes professeure des écoles.

Elle soupire.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

-J'ai été très vilaine.

-Vous estimez donc que vous méritez une sanction ?

-J'en ai bien peur.

-Pouvez-vous, madame,

approcher de la barre ?

-Non !

Tu vois bien qu'elle y est, à la barre.

"De ma barre." -Je me suis trompé.

-Tu comprends ce que tu joues, JP ? C'est compliqué ?

-Ouais, je peux pas avancer

si tu dis "la".

-Bah évidemment !

Oh !

Bon, JP, tu re...

En plus, c'était super. JP, tu reprends.

-Pouvez-vous vous approcher de ma barre ?

-Voilà. Là, t'y vas.

Très bien. Pauline, entre dans le champ.

Vas-y, rentre dans le champ. Rentre dans le champ.

Voilà, c'est bien, Marius.

Elle gémit. C'est très bien, oui. Voilà.

Voilà, et maintenant, tu peux sucer Marius.

Voilà, regarde-moi.

Gémissements

-Merci de nous recevoir. Je sais que votre temps est précieux.

-Avec plaisir.

En plus, on adore votre émission.

-L'élan de solidarité depuis votre éviction

a suscité la polémique,

et il était assez inattendu. Comment l'avez-vous vécu ?

-On dit que les Français sont conservateurs.

Et là, ils ont fait preuve d'une grande ouverture d'esprit.

Donc, mon mari et moi ne pouvons leur dire que merci.

-À la suite de cette notoriété, vous avez créé votre plateforme

accessible depuis une vingtaine de pays.

-Vingt-cinq.

-Mais j'imagine que tout n'a pas été si simple.

Comment vos enfants vivent-ils tout ça ?

-Oui, c'est vrai, vous avez raison.

On a vécu quand même des moments un peu compliqués, mais...

Avec nos enfants, on communique beaucoup et bien.

Donc... -Oui, t'as raison.

On n'aurait rien fait sans leur accord.

La situation est un peu particulière,

mais ils nous soutiennent. Donc tout va bien.

Sonnerie et vibreur -Ils sont épanouis.

-On pourrait couper ?

C'est la Chine.

-Mais non ? -Oui.

-C'est bien. -Oui ?

J'attendais votre appel.

-On fait une pause.

Le caméraman sort.

-Et vous, Aurélie,

je peux vous poser une question ?

-Oui, bien sûr.

-Vous, c'est quoi, votre fantasme ?

-Mon fantasme ? -Oui.

Elle soupire.

Soyez pas gênée. À moi, vous pouvez tout dire.

"I Love U So" (Cassius)

...

...

...

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