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Halim !
Tu sais travailler la randa ?
Oui, très bien.
Et la tresse ? - Oui, aussi.
Tu es rapide ?
Je travaille vite. Vous verrez.
Ce satin rose est beau aussi.
Et léger.
On peut en faire quelque chose de moderne.
Regarde... Il te plaît ?
Non, j'aime pas. - Ah bon ?
La couleur est douce et le tissu fluide. Il te va bien.
Allez voir Bachir. Il a reçu de nouveaux tissus.
Si vous trouvez ce qu'il vous faut, on vous fera la couture.
D'accord, on ira voir. Dis-moi, Halim a commencé mon caftan ?
Pas encore, il était très pris. Il va bientôt commencer.
Ça va pas, Mina ?
Si, ça va.
Bon, on repassera.
Ă€ bientĂ´t.
Je vais rentrer.
Je viens avec toi. - Non.
Tu dois avancer, les clientes réclament.
Youssef, tu rangeras les tissus, s.t.p.
Et tu les plies bien. - Oui, bien sûr.
Ă€ ce soir.
Il va manquer du fil doré. On en vend par ici ?
Oui, pas loin.
Je peux en acheter demain.
D'accord.
Où tu as appris le métier ?
Avec mon père.
Il était maalem.
Ce magasin était à lui.
Il devait ĂŞtre fier de toi.
Mina ?
Mina !
Je suis lĂ .
Tout va bien ?
Oui. Mieux, merci.
Tu veux pas te reposer ?
Non, ça va.
Pèse-les-moi.
Encore une ou deux.
Non.
Celles-ci.
Un kilo. Ça fera six dirhams.
Tiens. - Merci.
De rien. - Je les paye demain.
Si elles sont bonnes ! - Avec plaisir.
Tu es lĂ depuis longtemps ? - Une heure.
Mais c'est pas grave.
Je peux me changer ici ?
Oui, lĂ -bas.
Tu me sors les fils assortis Ă ce tissu ?
La cliente va bientĂ´t passer.
Bien sûr.
Ă€ l'avenir, tu te changes chez toi.
Désolé, je... - Allez !
On n'a pas le temps.
Halim !
Il est magnifique. - Merci.
Bonjour. - Bonjour.
VoilĂ , c'est ce travail que je voudrais.
Je suis désolé, Fatna.
Ce travail ne se fait plus.
Tu veux dire quoi ?
Tu dois l'avoir depuis longtemps.
Oui, cinquante ans. On me l'a offert à la naissance de mon aîné.
Je connaissais un maalem qui a appris avec les Juifs.
Il savait faire ça.
Mais il est mort. Paix à son âme.
Mais il doit y en avoir d'autres ? - Non, malheureusement.
Il n'en reste plus.
Tu me le laisses jusqu'Ă demain ?
Non, c'est pas la peine... - Je te le rendrai bien repassé.
Et je réparerai l'ourlet pour qu'il s'abîme plus.
Bon, d'accord. - D'accord.
Les boutons en figue...
Plus personne ne sait les faire.
Regarde le détail des points,
la perfection des dĂ´mes.
En 50 ans, il n'a pas bougé.
Aussi beau...
qu'au premier jour.
Il est splendide.
Je peux regarder ?
Si tu veux.
Et celle-ci ?
Elle ne se démodera jamais.
Vous pouvez la faire avec ces couleurs de fils de soie.
Ça rendra bien.
Vous avez autre chose ? - Oui.
Montrez-moi. - VoilĂ .
Elle est très belle.
Oui, elle est superbe.
Elle doit prendre beaucoup de temps Ă faire.
Un peu. - Combien, à peu près ?
Un mois et demi.
Deux mois, si vous la voulez sur toute la longueur.
C'est trop, deux mois.
Et Ă la machine ?
Halim travaille pas Ă la machine. - Je vois.
Personne ne fait la différence entre le travail à la main ou à la machine.
C'est devenu pareil.
On vous fera un bon prix si vous la voulez.
Youssef.
Viens.
Pour découper,
il faut aligner le tissu et bien le caler.
Il ne doit pas bouger.
Tu vois ?
Viens par lĂ .
Pour le col,
on fait toujours un tracé plus petit.
Allez,
tu vas faire le col.
J'ai jamais fait ça. - Vas-y.
En coupant le tissu, laisse-toi la possibilité de l'agrandir.
Si tu coupes trop, il n'y a pas de marche arrière.
Et garde toujours un centimètre en plus.
C'est ta marge.
Le centimètre du maalem.
La prochaine fois, tu feras le tracé aussi.
Prépare-moi les fils dorés, j'en ai besoin.
Meftal ou tersan ?
Tersan, Ă trois fils.
Il faut toujours un équilibre entre le tersan et le meftal.
Sinon, le fil déforme la tenue.
Tu auras beau la repasser, elle ne tombera jamais bien.
Et comme ça ? - Non, il y a un sens pour coudre le fil.
Je suis désolé, j'ai pas vu le temps passer.
C'est pas grave.
Tu avais du travail.
Viens, je vais te chauffer le dîner.
Tu ne veux pas manger ?
J'ai mangé des mandarines, j'ai pas faim.
Tu avances bien ?
Il est bon ?
Oui, il est plutĂ´t bon.
Il semble aimer le métier.
Il veut apprendre.
Plus personne veut apprendre le métier, Halim.
C'est fini, tout ça.
Tu verras.
BientĂ´t, il trouvera un autre travail.
Il deviendra livreur
ou vendeur de légumes au marché.
Je ne sais pas.
Il a l'air différent. - Non, il ne l'est pas.
Il est comme les précédents.
Dans ce cas, on en cherche un autre.
C'est pas grave.
Comme si les apprentis couraient les rues.
Je peux m'en sortir seul.
J'ai besoin de personne.
Tu sais que c'est pas possible.
On a pris trop de retard.
Tiens. - Merci.
Tu as bien fermé la porte ?
Oui.
J'aimerais retravailler sur ce caftan ce soir.
Il lui manque des œillets.
Fais-moi voir.
Tu ne m'as rien dit.
Tu aurais pu travailler le fil plus tard.
C'est pas grave.
Masse-les avec de l'huile d'amande.
Ça ira mieux.
Et laisse le caftan, tu travailleras dessus demain.
Youssef !
Viens.
Youssef !
Oui.
OĂą est le satin rose ?
LĂ -bas. - Non, il n'y est pas.
Je l'ai pas vu. - Il est lĂ -bas
ou tu l'as pas vu ?
Faut savoir.
Je l'ai pas touché.
C'est toi qui ranges les tissus.
Oui, mais je... - Oui, mais rien !
Retrouve-le ou je le déduis de ton salaire.
Dans ce cas, déduisez-le.
Ça t'est égal ?
Bizarre, si tu n'y es pour rien.
Vous savez, madame,
je me débrouille seul depuis mes huit ans.
L'argent, ça va et ça vient. Ça m'est égal.
Je m'en fiche.
Je suis pas un voleur.
Je sais.
C'est joli.
Ce fil doré rend bien.
Il est bien travaillé.
Mais il faudrait accélérer le rythme.
C'est que... - Soyez patiente.
Cette broderie n'est pas simple.
C'est bien pour ça que je paye.
Rien ne vous oblige Ă le faire chez nous.
Mon mari est un maalem, pas une machine. Il travaille Ă son rythme.
Si ça ne vous convient pas, je vous rends votre avance.
On fait quoi ?
Je repasse bientĂ´t.
Comme vous voudrez.
Au revoir. - Au revoir.
Je vais accélérer.
Non. C'est pas Ă elle de dicter ton rythme.
Mais il faut qu'on avance. - Oui, je sais.
Mais c'est ta plus belle pièce depuis des années.
"Moi je paye pour ce travail !"
Grosse cruche !
C'est ton mari qui paye avec ses pots-de-vin.
Au diable !
Pour qui elle se prend ?
"Vous savez pas combien de thés et cigarettes il faut
pour faire ce caftan, madame la femme du chef de district !"
"Exactement ! Moins de thé, plus de travail !"
"Mon mari est un maalem, pas une machine.
Il travaille à son rythme. Si ça ne vous va pas, je vous rembourse.
Compris ? Maintenant !"
"J'en parlerai Ă mon mari, il ne sera pas content."
"Votre mari ?
Abdellatif ?"
"Oui, mon mari. Le chef de district !
Il connaît toute la ville !"
Chef de district !
Chef, mon œil !
Tu vas oĂą ?
J'ai pas envie de rentrer.
Tu dois te reposer, Mina.
On va chez Moha. - Moha ?
Oui, Moha.
Quinze ans que je passe devant ce café sans jamais entrer.
Et alors ? - Alors rien. Je veux un thé de chez Moha.
C'est tout.
Il y a une chaise.
Bonjour Halim, qu'est-ce que je vous sers ?
Du thé avec du safran.
J'aime les mélanger.
Et toi, mon chéri ?
Un café. Amène-moi un café.
Je fumerais bien un peu aussi.
Tu rigoles, j'espère ? - Non.
Prends-lui le ballon... - Attention !
Ne le laisse pas passer !
But !
Putain, c'est la merde !
C'est quoi, son problème à elle ?
Faut au moins qu'on égalise.
Ben quoi, c'est un but.
On aurait dit la finale de la coupe de monde, hein ?
C'est fou.
Je ne les comprends pas. Vraiment.
Je te jure.
Bonsoir. - Bonsoir.
Pièces d'identité.
Un problème, officier ? - Juste un contrôle.
Depuis quand vous contrôlez dans la médina ?
Pièce d'identité. - Je la prends pas
pour aller à côté de chez moi.
Alors, on va au commissariat.
C'est ma femme, on habite à côté.
Très bien. Montrez-moi votre acte de mariage.
Désolé, officier. Je ne l'ai pas.
Je vais le chercher, si vous voulez.
Ça va pour cette fois.
Toi, viens par lĂ .
Ta carte d'identité.
Pourquoi tu t'excuses ? Je ne comprends pas.
Tu veux que je fasse quoi ?
Que tu fasses quoi ?
Oui, quoi ?
Rien.
Il ne faut jamais rien faire, jamais rien dire.
Mina !
Mina !
Demain, on va Ă l'hĂ´pital.
On doit refaire des examens.
C'est inutile et tu le sais.
Non.
On va y aller.
Pour faire quoi ?
Encore payer 4 000 dirhams pour des radios ?
Tu ne penses pas qu'on a déjà assez dépensé ?
On a fait ce qu'on a pu.
C'est entre les mains de Dieu.
Je me suis amélioré sur la broderie de l'autre fois. J'y suis presque.
Bien, tu me la montreras.
Bonjour.
Il y a quelqu'un ?
Il n'y a personne ?
Bonjour, madame. - Mina est lĂ ?
Non, elle n'est pas lĂ . Je peux vous aider ?
Je cherche un caftan pour un mariage.
Vous avez quelque chose de bien ?
J'appelle le maalem.
Je peux les ajuster si nécessaire.
C'est pas ce que je cherche.
Il me faut quelque chose de chic, très classe.
Celui-ci.
C'est une coupe classique.
Travaillé sur toute la longueur et les côtés aussi.
Il est lourd.
Et celui-ci ?
Il sera prĂŞt quand ?
Désolé, il est réservé pour une cliente.
Je peux le voir ? Juste le voir.
Le travail est impeccable.
Attention, il ne faut pas brusquer le tissu.
Écoutez,
je vous le paye plus cher que cette femme.
Donnez-moi votre prix.
Désolé, ce n'est pas possible.
Vous pouvez me ramener ce bleu roi ?
Ce n'est pas du bleu roi.
C'est du bleu pétrole.
Laissez tomber.
Au revoir.
T'es pas le seul sur le marché.
Ça a été, aujourd'hui ?
Pardon.
Je ne voulais pas te réveiller.
Tu me prends pour une poule ?
J'ai juste fermé les yeux, je n'allais pas dormir.
Ça va mieux ?
Oui, Dieu merci.
Je vais te préparer ton dîner.
Je n'ai pas faim.
Repose-toi.
VoilĂ .
Fais voir.
C'est pas mal.
Ce n'est pas symétrique.
Il faut regarder l'autre côté, pour qu'il soit identique.
Ne garde pas les yeux rivés sur tes doigts.
Et il faut bien rentrer l'aiguille,
bien appuyer, pour que ça tienne.
Un caftan doit pouvoir survivre Ă celle qui le porte.
Passer de mère en fille.
Résister au temps.
Allez,
continue.
Appuie bien en rentrant l'aiguille.
Tu te sens bien ?
Oui, ça va mieux. Dieu merci.
Tu t'es reposée ?
Oui. Et j'ai aussi rangé la maison.
Tu es belle.
Comme toujours.
Tu rentres tard.
Tu n'as pas pu finir avant ?
Non.
Laisse, je mets la table.
Va te mettre Ă l'aise,
tu dois être fatigué.
C'est bientĂ´t prĂŞt.
C'est bon ?
Oui, très.
C'est Ă quelle occasion ?
Aucune.
Il faut toujours une occasion pour la rfissa
Tu as raison.
Tu es allée faire des courses ?
Oui.
Et alors ?
Il ne faut pas sortir seule, Mina.
Je me sens bien.
Demain, je vais au magasin.
Quoi ?
Tu préfères que je reste clouée au lit toute la journée ?
Mange.
Ça va refroidir.
Halim !
J'arrive.
Comme ça ?
Oui, c'est mieux. Mais serrez un peu plus.
Je peux le cintrer encore.
Mais ce tissu
doit glisser sur votre peau.
Il ne faut pas qu'il la serre.
C'est un velours de soie.
Vous voyez comme il est doux.
Comme il glisse.
Il ne faut pas entraver son mouvement.
Si vous le portez directement sur votre peau,
il l'enveloppera naturellement.
Le cordon fera le reste.
Je comprends.
Mais resserrez un peu quand mĂŞme.
D'accord.
Comme vous voudrez. - Tu as raison.
Comme ça, c'est bien.
Fais les retouches quand tu auras fini l'autre caftan.
J'ai fait quelque chose de mal ?
Non. Il faut qu'on avance, c'est tout.
Montre-moi les autres.
Celui-ci est magnifique.
Et regarde celui-lĂ .
Regarde.
Les femmes se l'arrachent.
Je ne sais pas.
Mina, ceux que tu n'aimes pas, tu me les rends.
D'accord.
Au fait...
Ce satin, tu me l'avais déjà payé l'autre fois.
Et tu me l'as rendu.
Tu t'en souviens ? - Oui, merci.
Je te laisse les tissus.
Réfléchis bien. Tu gardes ceux que tu veux et tu me rends le reste.
D'accord. - À bientôt.
Bonjour. - Bonjour.
Deux dirhams de savon noir.
Juste du savon, rien d'autre ?
Non, merci. Je vais prendre une cabine individuelle.
15 dirhams.
Tu n'as rien mangé.
Tu vas me dire ça à chaque repas ?
Ça fait des jours que tu ne manges rien.
Je suis au régime. Taille mannequin, tu ne vois pas ?
Je reste Ă la maison.
Je ne me sens pas très bien aujourd'hui.
Alors, je reste avec toi. - Non.
Je vais lui donner les clés et je reviens.
Non.
Je préfère rester.
Moi, je préfère que tu partes. Tu dois terminer ce caftan.
C'est bon ? Pas trop large ?
Tu peux serrer un peu.
Encore un peu.
Ilyas, du calme avec ton frère !
Bon sang !
Vous faites quoi ?
C'est quoi, tout ça ? On était d'accord, non ?
Venez par lĂ !
C'est pas vrai !
Vous n'en avez pas marre de ces bĂŞtises ?
Ça te fait rire ?
Tu verras quand on va rentrer.
Tais-toi et avance !
Vous avez de quoi ĂŞtre fiers !
On réglera ça à la maison !
Je repasserai demain.
Viens par lĂ !
Je t'aime.
Ramasse les fils par terre, s'il te plaît.
Trouve-toi quelqu'un d'autre pour ramasser tes fils.
Ils ont cinq niveaux, comme tu m'as demandé.
Deux cents boutons.
J'en ai rajouté une dizaine, au cas où.
D'accord. Merci.
Que Dieu te le rende.
Qu'est-ce que tu as ?
Qu'est-ce que tu as ?
Tu as mal oĂą ?
Mina.
Tu as mal oĂą ?
Dis-moi.
Inspire.
Expire.
Je vais augmenter la dose de morphine
pour calmer la douleur.
Et lui donner un sirop
pour stimuler l'appétit.
Il faut qu'elle mange. C'est important.
Rien d'autre ?
C'est tout ce qu'on peut faire.
Mais il faut qu'on retourne Ă l'hĂ´pital, qu'elle fasse des examens.
On pourra peut-ĂŞtre faire un autre traitement.
Halim.
Ta femme s'est battue.
Maintenant, il faut la laisser partir.
Je suis désolé.
Viens, on rentre.
Pourquoi ?
C'est l'enterrement de Cheikha Hadda.
Vraiment ?
On ne dirait pas.
Pourquoi ?
Celle qui faisait danser tout Salé,
qui adorait les couleurs et les paillettes ?
Je suis sûre qu'elle aurait rêvé d'autre chose.
Tu m'aides Ă me laver les cheveux ?
J'aurai attendu 25 ans pour que tu me laves les cheveux.
Il suffisait de demander.
Attention Ă ce que tu dis.
Qui sait ce que je pourrais te demander d'autre ?
Vos désirs sont des ordres, madame.
L'eau est comment ?
Chaude ! - Chaude ?
Chaude.
Et comme ça ?
Comme ça.
Le magasin est fermé depuis une semaine.
Je me suis inquiété.
Entre.
Je pensais que tu serais reparti à Meknès.
Non.
Je peux faire quelque chose pour vous ?
Non.
Halim !
C'est qui ?
C'est Youssef.
Il vient donner des nouvelles du magasin.
Mais il allait partir.
Youssef !
Tu fermes bien les portes chaque soir ?
Oui.
Toujours, Mina.
Et Latifa ?
Elle est venue régler sa tenue ?
Pas encore.
Tu lui donnes pas !
MĂŞme si elle insiste.
Sinon, elle mettra un an Ă payer.
D'accord.
Bon,
je dois aller au magasin.
Il y a du travail.
On manque de fil.
Je peux en acheter, si tu veux.
Et récupérer les boutons de la tenue fleurie.
Il y a de l'argent dans le tiroir du comptoir.
Oui.
Il gère bien.
Il avance seul sur quelques tenues.
Les clientes réclament mais il les fait patienter.
Il faut que tu y retournes vite.
On ne peut pas perdre de clientes.
D'accord.
Quand tu iras mieux.
Mina ?
C'est rien.
Je voulais mes médicaments.
Tu aurais dĂ» m'appeler.
Je peux faire des choses moi-mĂŞme.
Tu t'es fait mal ?
Non.
Tout va bien.
Je vais me reposer.
Elle est passée deux fois la semaine dernière.
Et encore cette semaine.
Elle veut récupérer son avance.
Je pensais que tu pourrais le terminer Ă la maison.
C'est un caftan cher.
Entre.
J'ai fait des courses.
Au cas oĂą. J'ai pris des mandarines pour Mina.
Merci.
Elle va pas mieux ?
Elle est forte.
Ça va aller.
Ma mère est morte en me mettant au monde.
Mon père m'a toujours méprisé.
Mina...
Mina a tout effacé.
Elle a toujours été là .
Comme un roc.
Allez, le maalem, lève-toi.
Lève-toi !
Tu es devenu paresseux. - T'es sérieuse ?
Moi, paresseux ? - Oui, paresseux.
Et trop, mĂŞme.
Oui...
Ceux-lĂ .
Prépare-les-moi.
D'accord. Besoin d'autre chose ?
Non, merci.
Halim ! C'est Youssef qui est avec toi ?
Oui.
Tu peux me l'envoyer ?
Il arrive.
Quoi ? Tu veux ma photo ?
Viens. Viens t'asseoir.
Merci pour tout ce que tu fais.
Ce n'est rien.
J'ai trouvé le satin rose.
Et je ne t'ai rien dit.
Je sais.
Depuis quand tu le sais ?
Bachir m'a dit...
qu'il te l'avait rendu quelques jours après.
Pardonne-moi.
C'est pas grave.
Si. Je n'ai pas été honnête avec toi.
Tu me pardonnes ?
Regarde-moi.
Je vais au magasin.
J'ai fini.
J'espère que c'est pas trop cuit.
Il t'a pas dit que j'étais allergique aux œufs ?
Désolé, je ne savais pas.
Je m'amuse.
Si c'était vrai, je serais déjà morte.
Je ne mange que ça depuis des semaines.
Bon appétit.
J'y retourne, j'ai pas faim.
Non. Viens t'asseoir.
C'est pas la peine. - C'est non négociable.
Assieds-toi.
Bon appétit. - Merci.
Tu sais ce que Houria lui a dit ?
Non.
Que tu avais pris les mauvaises mensurations.
Alors que c'est elle qui a pris 10 kilos.
Et tu sais ce qu'il a fait ?
J'ai lui ai dit qu'il lui fallait une touche moderne, Ă son image.
J'ai enlevé les manches,
j'ai mis le tissu sur les côtés et j'ai réussi à lui enfiler.
La prochaine fois, on la pèsera avant de commencer.
Bonne idée.
Elle nous a déjà fait le coup.
HĂ©, Mohamed !
Baisse cette fichue musique, tu nous casses les oreilles !
Il y en a marre.
Je te parle !
T'es sourd ?
Ras-le-bol !
Manquait plus que ça.
Dieu nous garde.
Viens.
Allez, viens !
Tout est dans les épaules. Bouge-les.
Viens me montrer, toi !
Allez, viens !
Je t'ai jamais entendu chanter en rifain.
Eh ben, maintenant tu m'entends.
Tu ne veux pas dormir ?
Si, mais je dois finir ce caftan.
Il est bien, ce garçon.
Je suis désolé, Mina.
J'ai essayé de l'étouffer.
Toute ma vie, j'ai essayé.
Je n'ai pas réussi.
J'aurais pu t'attirer la honte.
Te salir.
Je ne connais aucun homme aussi pur que toi.
Aussi noble.
Et je suis fière d'avoir été ta femme.
Il est magnifique.
Il faut repasser sur tous les détails.
Et t'assurer que tout tient.
Reprends aussi la tresse par endroits.
Ensuite, tu pourras le livrer.
Il est sublime.
Si on avait pu fĂŞter notre mariage, j'aurais voulu le mĂŞme.
Même si à l'époque tu n'étais pas aussi bon.
Tu sais que c'est moi qui l'ai demandé en mariage ?
C'est vrai ?
C'est vrai.
Vous sentez le chameau, tous les deux.
Aujourd'hui, vous allez au hammam ! C'est décidé.
Et vous me fichez un peu la paix.
Ce n'est pas possible, Mina. - Je ne vais pas le répéter !
Merci, messieurs.
Je peux me débrouiller toute seule.
Pourquoi vous n'allez pas voir ailleurs si j'y suis ?
Allez !
Tu viens m'aider ?
Halim...
N'aie pas peur d'aimer.
Je le prépare pour le livrer ?
Pas encore.
Ferme les yeux.
Tu sens l'air de la mer ?
C'est bon...
Elles sont sucrées, hein ?
Très.
Toutes mes condoléances.
Que Dieu te donne du courage.
Merci.
Elle est prĂŞte.
Elle a été purifiée.
Il ne faut plus la toucher.
Ne touchez pas Ă son linceul ! - Sortez.
Vous n'écoutez pas ce qu'on dit ?
Je vous ai dit de sortir !
Que Dieu nous garde.
Ă” Allah ! Assure-lui une noble demeure
Fais de sa tombe un jardin au Paradis
Nettoie-la de ses péchés
Comme on nettoie le tissu blanc de la saleté
Lave-la avec l'eau, la neige et la grĂŞle
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