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LA MAISON � la MOQUETTE JAUNE MCMLXXXII
Oh oui, oui, mon amour.
Prends-moi. Je suis � toi. Embrasse-moi !
Mon amant.
Oh oui ! Maintenant ! Maintenant ! Ernesto !
Qu'est-ce que c'�tait ?
Merde, c'est cette moquette, bien s�r.
Je savais qu'elle tiendrait pas debout comme �a.
- Merde. - Attention, ch�ri.
Y a du verre bris�, Antonio. Fais attention aux morceaux.
Je t'avais dit de faire gaffe. Ne bouge pas.
Je vais chercher du d�sinfectant. Bon sang de bon sang.
Je devrais jurer, pas toi. �a suffit, Mme Dracula.
- J'ai encore des morceaux � prendre. - J'ai tout enlev�.
- Tu m'aimes encore ? - Oui, mais tu es trop lourd.
Tu te rends compte qu'on est mari�s depuis trois ans ?
Pas trois ! On se connait depuis 4 ans et 5 mois.
H� bien ! Et pour l'enfant ? Je rajeunis pas, tu sais.
J'arr�terai la pilule le mois prochain.
Le mois prochain, hein ? Pourquoi pas maintenant ?
- Maintenant, hein ? - Faut lever un peu les choses.
Tu vois ? Une douce moquette peut se r�v�ler bien utile !
- C'est toi qui veut la vendre. - Quoi, quel hypocrite !
C'est toi qui a mis l'annonce dans les journaux.
"MOQUETTE JAUNE TYPE LION DE PERSE - EXEMPLAIRE UNIQUE..."
Tu dis que je parle dans mon sommeil, je t'annonce...
- que toi aussi, mon cher. - Vraiment ? J'ai dit quoi ?
Je ne te comprenais pas, t'�tais pas toi-m�me.
A un moment donn�, tu as dit: "Professeur, non, Professeur".
Toi, tu as parl� hier soir et la moquette est tomb�e.
Ne recommence pas avec �a parce que j'y crois pas.
Et si c'�tait le cas, pourquoi ne pas m'avoir r�veill� ?
La moquette, elle t'a r�veill�. Pourquoi t'as mis l'alarme ?
- C'est samedi, non ? - Des gens vont appeler bient�t.
- Quels gens ? Le samedi matin ? - T'as oubli� l'annonce ?
Suppose que personne n'appelle ? Je retourne me coucher !
C'est toi qui veut la vendre. Elle te rappelle mon beau-p�re !
- Ouais ? T'avais un beau-p�re ? - Essaie de te souvenir !
Fais un GROS effort, ch�ri. Tu te rappelles pas son nom ?
- Vas-y ! Essaie ! - Laisse tomber, ch�rie.
Laisse-moi dormir.
All� ? Ne vous inqui�tez pas, j'�tais d�j� r�veill�e.
Oui, la deuxi�me � droite. Le num�ro 23. Au revoir.
Antonio, tu vas �tre satisfait. Le premier client a t�l�phon�.
L�ve-toi, il va arriver.
- Quel genre de voix il avait ? - Le gars au t�l�phone ?
- Une voix ordinaire, je suppose. - �a veut dire quoi, ordinaire ?
Une voix. La connection �tait mauvaise, j'entendais pas bien.
Une homme ou une femme ? Vieux ou jeune ?
Un homme. Il avait l'air bizarre.
Ironique. Comme s'il me connaissait d�j�.
- Il avait aussi un l�ger accent. - Il t'a fait une sacr�e impression.
En consid�rant que tu pouvais � peine l'entendre.
Allez, je me rappelle parce que tu insistes pour que je le d�crive.
Je te laisse faire. Tu es meilleure dans les affaires que moi.
- De plus, c'est ta moquette. - C'est TOI qui veut la vendre.
Mon Dieu, c'est reparti ! Ok, ok !
Oui ? C'est une blague ? C'est impossible !
C'est jamais arriv� ici. Il est interdit de se garer.
D'accord, je l'appelle tout de suite. Ils emm�nent ta voiture, Antonio.
Quoi ? Ils sont cingl�s ? On est samedi !
- Ils prennent jamais de cong�s ? - Probablement pas.
Mais si tu discutes avec moi, tu seras sur des patins � roulettes
- lundi matin, magne-toi ! - D'accord, j'y vais !
- H� merde, le caf� ! - Les cl�s !
- C'est toi, Antonio ? - Ce n'est pas Antonio !
Un petit instant !
- J'ai appel� ce matin. - Oui, j'ai reconnu votre voix.
Cette adresse n'a pas �t� facile � trouver.
Vous �tes venu pour la moquette, pas vrai ?
C'est exactement cela. Sinon, vous ne m'auriez pas ouvert, n'est-ce pas ?
Vous n'�tes pas le genre � ouvrir aux �trangers.
Bien s�r que non.
Pas � n'importe quel �tranger.
Je me trompe ou c'est bien l'odeur du caf� ?
C'est tr�s bien.
Je suppose que c'�tait destin� � votre mari ?
Il est sorti. D�sol�e. Mais il ne va pas tarder.
Le concierge l'a appel� parce qu'ils emm�nent sa voiture.
Quel menteur ! Votre mari est en bas avec une jolie fille.
En cheville avec le portier, sans doute.
Je vous promets... que je les ai vu.
Je n'ose vous dire ce qu'ils faisaient.
Je laisse �a � votre imagination.
H� bien ! O� est la moquette ? Excellent caf� !
Je plaisantais, J'esp�re que vous ne m'avez pas pris au s�rieux.
Je ne sais m�me pas � quoi ressemble votre mari.
Je sais juste qu'il s'appelle Antonio.
C'est le nom que vous avez appel� � la porte, non ?
Mais si. C'est exact, il s'appelle Antonio.
Vous r�alisez, j'esp�re, que vous me faites marcher.
Oui ? Vous m'avez amen� ici pour me montrer une moiti� de moquette.
Vous pensez que je vais l'acheter sur votre bonne foi ?
Attendez ! Vous voyez bien qu'on manque de place ici.
On la vend parce qu'elle prend trop de place.
D�sol� de ne pas vous aider � cause de mon bras.
Antonio ? C'est toi Martha, o� est mon mari ?
Il m'a dit de vous dire qu'il est encore avec la police.
Ils refusent de lui rendre sa voiture.
- Ils l'ont emmen� ? - Il m'a dit qu'ils sont au coin.
Dis-lui que je me fiche de l'amende. Dis-lui qu'il y a un homme ici.
Celui qui a appel�. Dis-le lui. Il faut qu'il revienne.
Il doit revenir. Dis-lui de revenir tout de suite.
Il comprendra mais je t'en prie, dis-le lui ! Bye.
Mon mari ne va pas tarder. �a vous ennuie de l'attendre ?
Non, bien s�r que non.
- �a vous d�range si je fume ? - Non, pas du tout !
- Je vous donne une briquet. - Vous savez allumer les cigares !
Attendez ! Cela prend plus de temps que �a. D'accord ?
- Votre p�re fumait-il ? - Je l'ai � peine connu.
Pas d'autres hommes dans la maison avant votre mari ?
J'ai eu un beau-p�re. Qu'est-il arriv� � votre main ?
Je vous effraierais peut-�tre si je vous le disais.
Peut-�tre pas. Bref, votre mari va monter bient�t.
Et vous, vous �tes une jeune fille typique d'aujourd'hui.
En fait, �a ne me regarde pas. Je ne faisais que discuter.
Je pensais juste que vous aviez eu un accident.
3 accidents ! Cass� en 3 endroits diff�rents. L�, vous voyez �a ?
Lisez. Lisez � haute voix !
Achille Cimatti a �t� lib�r� apr�s 14 ann�es de prison.
Nos lecteurs se souviennent des �v�nements sanglants...
dans lesquels il f�t impliqu�. 15 ans plus t�t, il tua sa femme
par jalousie. Il f�t condamn� � 19 ann�es de prison.
Deux ann�es f�rent d�duites apr�s sa demande d'appel.
Plus une nouvelle r�mission pour bonne conduite.
�a suffit. Oui, c'est bien moi. Et tout cela est bien vrai.
Mais il y a bien plus que �a. Concernant mon bras,
les racketteurs de la prison se sont charg�s de le casser.
L� ! L� ! Et l�. On ne peut leur �chapper une fois � l'int�rieur.
Is m'ont d�moli � cause de mon silence. Puis, il fallait passer le temps.
- Vous �tes impressionn�e ? - Pas sp�cialement !
Et la moquette, alors ? Pourquoi vouloir l'acheter ?
Pourquoi la vendre ? D'abord, vous me la montrez vaguement.
Je ne crois pas que le paiment sera lui �chelonn�.
Il faut attendre votre mari. Vous ne savez pas vous d�brouiller ?
Votre mari ne reviendra pas de suite de toute fa�on.
- Asseyez-vous ! - Dites-moi comment vous le savez ?
Je le sais. - Le prix de la moquette est de 6 millions de lires.
Et �valu� � 9 millions par Mr Agababian.
Un expert qui travaille en salles des ventes.
Je vous montre la lettre si vous voulez la voir.
Je suis aussi un expert. On va la d�ployer, je verrai �a moi-m�me.
Mr Agababian a d� l'examiner pouce par pouce, je suppose.
Je parie qu'il y a une t�che sur le c�t� de la moquette.
- Pas que je sache. - Je parie !
On �te un million. 5 au lieu de 6 !
- L�, regardez ! Vous voyez ? - Je ne vois rien du tout !
Vous n'en voulez pas. C'est bien ce que je pensais.
Je n'ai jamais cru que vous l'ach�teriez en fait.
Dites-moi ce que �a veut dire. Quoi ? Vous n'aimez pas mon visage ?
Ou est-ce � cause de ce que je vous ai dit sur moi ?
C'est quoi votre probl�me ? Vous �tes cingl� ou quoi ?
Ne comptez pas sur votre mari. Il ne viendra pas. Dites-moi.
Mon temps est pr�cieux alors mettez-vous cela en t�te.
Si je suis ici c'est qu'il y a une bonne raison.
�a ne m'int�resse pas alors sortez d'ici, je vous prie.
Ne croyez pas que je sois handicap� !
J'ai eu tout le temps pour la r�habiliter. Vous voyez ?
Vous ne me croyez pas ? C'est une vieille sorte de paralysie !
�a va, �a vient. �a va, �a vient ! Ma main est en deuil d'Elena !
Ma d�funte femme !
Comment croyez-vous que j'ai tu� ma femme ?
Sur une moquette semblable � celle-ci.
Pourquoi voulez-vous vous en d�barrasser ?
- Dites-moi et je m'en irai. - Je vous l'ai d�j� dit.
Elle prend beaucoup de place et l'appartement est tr�s petit.
Et puis, mon mari veut acheter une nouvelle voiture.
Pour qu'une d�panneuse l'emm�ne le samedi matin ?
Comment pouvez-vous avoir une moquette si ancienne ?
- Quelqu'un vous l'a donn� ? - Un cadeau de mariage de mes parents.
Vos parents. M�re et p�re ! Non, non, votre beau-p�re !
Ahh ! Votre beau-p�re ! Pour le mariage de sa belle-fille !
Elle se mariait, quittait la maison. Elle emmenait la moquette avec elle.
Et les souvenirs qui vont avec. Vous auriez un whisky ?
Quelque chose � boire ?
Donnez-moi la cl� ! Vous m'avez promis un verre !
Je ne vous ai rien promis. Laissez-moi sortir, je vous prie.
Regardez-moi bien. Vous voudriez me donner la cl�, n'est-ce pas ?
C'est vrai, non ? Donnez-moi la cl�, allez.
- Non, sortez, je vais crier. - Vous voulez vraiment crier ?
Je me demande pourquoi ?
Je suis juste curieux. Un int�r�t personnel.
Vous ne m'avez toujours pas dit si votre beau-p�re...
vous a donn� la moquette. Alors, oui ou non ?
- Qui vous l'a donn� ? Lui ? - Oui. Ernesto me l'a donn� !
Ernesto, mon beau-p�re. Vous �tes content maintenant ?
Je vous dirai ce que vous voulez mais laissez-moi partir.
- Vous me faites mal. - Donnez-moi la cl�.
Non, non, non, non, donnez-la ! Comme �a, l�, donnez-la moi !
Tr�s bien, bravo. On peut continuer � discuter sans �tre d�rang�s.
- Je vais crier. - Ne soyez pas stupide.
Que se passerait-il si les voisins entendaient ?
Vous ne sortirez pas. N'y pensez m�me pas.
Pourquoi le feriez-vous ?
Mon int�r�t pour vous est purement humain.
C'est plus intime ainsi, non ? Comme la nuit. Sombre et silencieuse !
Au secours ! A l'aide ! AIDEZ-MOI, JE VOUS EN PRIE !
Prenons un verre !
Tenez ! Prenez une gorg�e ! �a va vous d�tendre !
Vous �tes fou ! - Parce que je montre quelque int�r�t envers vous ?
Quand Antonio reviendra, on vous fera arr�ter pour contrainte par corps !
Allons ! Je ne vous ai pas touch�. - Si et pire encore !
C'est vous qui m'avez donn� la cl� de la maison, pas vrai ?
- Vous m'avez forc�. - On vous a pr�venu, admettez-le !
Vous ne vous �tes jamais retrouv� face � face avec un meurtrier.
Quand vous avez su que j'avais commis un crime, vous avez perdu la t�te.
Quel cynisme ! �a, vous pouvez me croire !
N'importe qui peut commettre un crime s'il en a l'occasion.
Votre mari, le concierge. N'importe qui !
M�me vous ! Couvrez-vous !
C'est plus confortable ainsi. N'est-ce pas ?
La temp�te fait rage dehors.
Vous et moi, nous devons parler. - Mon mari va rentrer.
Cessez de penser qu'il est en cheville avec moi. Votre mari.
- En cheville ? - En connivence.
D�panneuse, amende, fourri�re, t�l�phone. Juste un alibi !
Vous avez planifi� �a ensemble.
Votre mari est jaloux et je suis le meurtrier parfait.
Je l'ai d�j� fait une fois.
Voyons, ma ch�re. Cette t�che. Je la reconnais bien.
- De quoi parlez-vous ? - Regardez, j'ai retir� la t�che.
De mes propres mains avec un nettoyant de basse qualit�.
La jalousie, oui, jalousie. Je pouvais la voir !
Mon meilleur ami qui la baise ... sur cette moquette !
Je l'ai forc� � avouer puis elle s'est enfuie dans la chambre.
Le couteau dans le tiroir. J'ai appuy�, la lame est sortie.
Elle a grimp� sur le lit. Puis elle s'est enfuie.
J'ai attrap� sa combinaison. Puis, je l'ai d�chir�.
Elle �tait debout. La poitrine nue.
Ses seins, ses seins. Je ne comprenais plus rien.
Le sang giclait de partout. Oui, oui, je l'avais �gorg�.
Et...et... et... le sang a commenc� � gicler partout.
Comme une fontaine !
�a m'a pris une journ�e pour nettoyer la chambre.
Il restait du sang sur la moquette. Je ne l'ai remarqu� que...
... le jour suivant. Venez, venez par ici. Asseyez-vous !
J'ai br�l� son corps dans la for�t de pins.
Mais on a r�ussi � l'identifier. Oui, � cause du vernis � ongles.
Sur ses doigts de pieds. On en a parl� dans les journaux.
J'avais cong�di� la domestique. Quelques jours plus t�t.
Elle est all�e directement � la police.
Si elle avait ce vernis, c'est qu'elle �tait ma ma�tresse, elle a d�clar�.
Elle leur a donn� un flacon de ce vernis � ongles.
Ils l'ont test� et ont trouv� que c'�tait le m�me.
Ils m'ont donc arr�t�. J'ai avou�. Je n'avais plus de raison de vivre.
Il est impossible de combattre la jalousie.
Que puis-je dire ? Je ne vois pas le rapport avec moi ?
Vous vouliez peut-�tre vous soulager de ce poids ?
Laissez-moi maintenant, hein ? Ouvrez les stores !
Je ne supporte pas le noir. Je ne le supporte pas.
Vous ne comprenez toujours pas o� je veux en venir, pas vrai ?
Je dois aller � la salle de bains, je n'en peux plus !
Mon histoire vous fait de l'effet, je vois. H� bien.
Je suis aussi boulevers�. Chaque fois que je revis cette sc�ne.
Ne vous enfermez pas, ma ch�re. Je n'ai plus de ruses.
Nous sommes all�s au coeur du probl�me, vous et moi !
Vous essayez d'�viter la v�rit�. Vous devez la regarder dans les yeux.
Je vous offre une solution. Une analyse.
Vous devriez me remercier.
Je dois garder la t�te claire. Je dois r�fl�chir.
Je dois faire quelque chose. Il doit y avoir un moyen.
Il doit souffrir d'hallucinations. Il est pas aussi dangereux
qu'il semble �tre.
Pourquoi remplit-il la baignoire avec de l'eau chaude ?
Et si c'�tait un cingl� ? Un schizophr�ne ? Un parano�aque ?
Ma lame est plus fine que celle d'un rasoir.
Dites-moi la v�rit�. Vous n'avez rien senti ?
La douleur n'est pas qu'une impression. Couvrez votre poitrine !
Vous me rappelez trop ma femme. Enlevez-vous de la moquette !
Je voulais juste vous montrer la lame aiguis�e de mon couteau.
Vous savez pourquoi il vous a donn� cette moquette ?
Il la connaissait comme je la connais.
Une vieille l�gende perse raconte que la couleur jaune d'une moquette
ne sert qu'� cacher la couleur du sang...
Oui, les moquettes jaunes portent une mal�diction ancestrale.
Je vais vous dire ce que je sais de votre beau-p�re
et la mort de votre m�re.
Vous complotiez dans votre chambre avec votre beau-p�re.
Un �v�nement, un d�cor naturel. Le 1er pas vers un pacte.
Un pacte de mort. Admettez-le. Vous vous rappelez, non ?
Vous souhaitiez sa mort. Avouez-le !
Vous �tes une meurtri�re dans l'�me ! Admettez-le !
- Vous devez avouer ! - Non, non, non, non !
Vous devez avouer si vous voulez �tre pardonn�e.
L�, l�, parlez ! Vous vouliez tuer votre m�re, n'est-ce pas ?
Pourquoi vouliez-vous la tuer ? Pour quelle raison ?
Je voulais la tuer. Je la ha�ssais. Ma m�re �tait une horrible hypocrite !
- Je l'ai toujours ha�. - Ses mains sur vos �paules.
Vous �tiez jalouse de la femme avec laquelle il couchait. Avouez-le !
Quand je les voyais ensemble, je me sentais toujours jalouse.
Terriblement jalouse ! C'est vrai ! C'�tait plus fort que moi !
C'�tait ainsi. J'�tais tr�s jeune. J'avais tant besoin... d'aimer.
Et d'�tre aim�e par quelqu'un. - Vous le vouliez, lui ?
Votre beau-p�re ! Vous l'aimiez d�sesp�r�ment !
L'amour de votre mari n'est rien en comparaison.
C'est faux. C'est faux ! Vous en faites une chose ridicule !
J'�tais juste une enfant. Je n'y ai jamais repens�.
Je le jure. J'aime Antonio. Je n'aime qu'Antonio !
Vous aimeriez l'aimer parce que c'est votre devoir.
C'est ce qu'on vous a appris. Mais vous ne pouvez pas.
Parce que votre beau-p�re est encore en vous et �a aussi.
Je vous dis qu'Ernesto n'a jamais �t� en moi.
Ernesto n'y a jamais �t� !
Restez-l�, j'y vais !
All�, all� ? Oui, j'entends. C'est votre maison, c'est Antonio ?
Je suis l� pour la moquette. On s'est mis d'accord sur le prix.
A peu pr�s 8 millions de lires. Qu'en dites- vous ?
Bien, je parlerai � votre femme. 8 millions lui conviennent.
All� ? Vous �tes encore l�-bas. Quee est le probl�me ?
Cette paperasserie, je sais ! C'est vraiment ridicule.
Vous avez perdu la matin�e. Au moins, on a pas perdu de temps.
Vous voulez parler � votre femme ? Elle pr�pare les papiers.
On veut faire les choses proprement. Je lui ferai une avance,
vous aurez le ch�que lundi, mardi et je viendrai chercher la moquette.
J'am�nerai le reste en liquide. Vous n'aurez pas de probl�mes.
Je demanderai � votre femme ce qu'elle d�sire comme avance.
Oui, oui, je le lui dirai. Oui, ne vous inqui�tez pas.
- Sortez d'ici ! Maintenant ! - Attendez, attendez un peu !
Quelle belle photo �a ferait ! Les meurtriers !
- Je ne suis jamais all�e en prison. - Et alors ? �a viendra !
Non, sortez ! - Je vois l'ai dit, je suis en cheville avec votre mari.
Vous r�alisez qu'il m'a envoy� ici. J'ai un accord avec lui.
Il m'a promis 8 millions... pour tuer sa femme !
Il est jaloux. Et voulait enlever les soup�ons de son esprit.
Des soup�ons l�gitimes aussi. Jaloux de votre beau-p�re.
Et maintenant, la preuve est sur la bande.
Qui �tes-vous ? Que faites-vous ici ? Que voulez-vous ?
J'allais juste sonner. D�sol�e, je ne voulais pas vous effrayer.
- Je ne voulais pas... - Vous ne m'avez pas effray�.
Je ne vous attendais pas, c'est tout. J'allais sortir, je suis press�e.
Pardonnez-moi. Laissez-moi vous dire qui je suis.
Vous ne savez m�me pas pourquoi je suis ici.
Je vous ai dit que je suis press�e. Revenez plus tard si vous voulez...
C'est la faute � mon mari. Toujours ses fameuses blagues.
Votre mari ? Que voulez-vous dire ? Puisque je ne vous connais pas,
- quel rapport j'aurais avec votre mari ? - Vous avez plac� cette annonce ?
- Oui, je ne comprends pas, c'est... - Je suis d�sol�e.
J'ai err� toute la matin�e avec une mauvaise adresse.
Je m'en sors mieux quand j'utilise mon instinct.
�a vous d�range si je m'assois pour un moment ?
Je resterai une minute, je ne peux plus rester debout.
D�sol�e, je ne peux pas. Je ne peux pas vous inviter.
D�sol�e, j'ai mal compris. Dites-moi juste une chose.
Un homme est-il venu ce matin ? El�gant, la cinquantaine.
Il a utilis� cette annonce comme excuse.
Il n'a pas fait ce genre de choses depuis des mois,
mais si vous le connaissez, je dois savoir ! Dites-moi !
Oui, le "th��tre � domicile", voil� comment il appelle �a !
Parfois, �a cr�e beaucoup d'ennuis. Les gens appellent la police.
C'est malheureux ! Je dois ainsi aller me fondre en explications.
- Je ne comprends pas. Pourquoi ? - Il f�t un acteur c�l�bre.
- Il ne vous a rien dit ? - Un acteur, comment �a ?
En fait, un ex-acteur ! C�l�bre il y a encore 10 ans.
Il s'appelle Achille Marinelli ! Vous �tes trop jeune pour vous souvenir.
Il a eu une s�rieuse d�pression. Un accident d'automobile.
Il a perdu la m�moire, il ne pouvait plus se rappeler son texte.
Plus rien ne lui venait quand il �tait sur sc�ne.
Il a pers�v�r�.
- Il ne voulait pas... abandonner ! - C'est une histoire triste, je...
Il a essay� ses impovisations dans la maison des gens.
Il invente ses r�les dans le moment pr�sent.
Et utilise ces annonces comme excuse. - Les annonces ?
Elles ne sont qu'une excuse pour entrer dans les maisons.
Personne n'ouvre aux �trangers de nos jours.
C'est une blague ? Une sort de blague de confiance ?
Je le savais ! Il est venu ici, n'est-ce pas ?
Vous devez me le dire, je vous en serais reconnaissante.
Il va bien depuis plusieurs mois. Je suis l� pour tout arranger.
Je pensais que c'�tait fini. Il a d� changer d'avis.
Il invente toutes sortes d'histoires. Des gens s'en offensent.
Certains ne croient pas en mes explications.
Ils croient qu'il le fait expr�s. Pour me taquiner ou les offenser.
Ce n'est pas le cas. Il ne fait de mal � personne.
Il est adorable sauf quand il commence un autre r�le.
Comme une valve de s�curit� qui s'�chappe de sa poitrine.
Il est inoffensif, il ne ferait pas de mal � une mouche.
Je ne vous crois pas. Quelqu'un est fou ici et ce n'est pas moi.
Je dois partir, vous vous �tes repos�e, vous avez racont� votre histoire,
- veuillez-vous en aller ! - C'est toujours pareil !
Une humiliation apr�s l'autre.
Non, pas celle-l� ! O� allez-vous ? Vous sortez d'ici !
Quelqu'un est venu ce matin. Mon mari a ouvert, comme toujours.
Un homme �g� qui voulait entrer. Antonio ne l'a pas laiss� entrer.
- Il se m�fie des �trangers. - L'homme a d� parler.
O� est votre mari ? Puis-je lui parler ?
Si j'ai fait une erreur et que ce n'�tait pas lui,
Dieu sait o� il se trouve et ce qu'il pr�pare.
Votre mari pourra peut-�tre m'aider. Aidez-moi, je vous prie.
Mon mari est sorti.
Je ne vous retiendrai pas plus longtemps.
Vous ne m'avez pas dit la v�rit�. Je le sens, je ne suis pas stupide.
"Avouez si vous voulez �tre pardonn�e. Vous vouliez tuer votre m�re, non" ?
- "Pourquoi vouloir la tuer ? - Je voulais la tuer".
" Je la ha�ssais. Ma m�re �tait une horrible hypocrite".
Franca.
Bonjour. Je devrais plut�t dire bon apr�s-midi.
- Tu as sacr�ment bien dormi. - Qui m'a mis cette chemise de nuit ?
Je suis s�r que t'as pas boug� depuis ce matin.
- Quand es-tu revenu ? - Revenu ?
Oui. Qu'est-il arriv� � la voiture ? - Oh ouais.
J'ai eu une amende. Je sais pas pourquoi ils m'ont gard� autant.
Que cherches-tu ?
Franca, qu'y a t-il ? T'as perdu quelque chose ?
- A qui t�l�phones-tu ? - O� est la moquette ?
Oh attends, attends ! Regarde. 6,5 millions !
Qu'est-ce t'en dis ?
T'es s�re que tu vas bien ? T'as dormi au moins 6H.
T'as vu ton �tat. Que se passe t-il ?
- A qui tu l'as envoy� et quand ? - Le gars qui t'a appel�.
Il est venu quand tu dormais. - C'est impossible ! Impossible !
Franca, tu fais quoi ?
Il est 16H00 pass�. - Et alors ? Tu as dormi un bout de temps.
Tu as d� trop travailler la nuit derni�re.
�a fait longtemps que t'as pas fait des heures sup.
- Qui a mang� � cette table ? - Qui crois-tu ? Des fant�mes ?
Moi, bien s�r, j'avais faim. Comme tu te r�veillais pas,
je me suis d�brouill� tout seul. Juste un snack.
Je vais faire au mieux ce soir. On est riches, on va sortir.
Si �a te d�range pas. Apr�s tout, c'est ton fric.
LA FERME ! La ferme ! JE N'EN CROIS PAS UN MOT !
Le fric, la moquette. Je suis pas folle.
Je ne souffre pas d'hallucinations. Tu essaies de me le faire croire.
J'ai tu� un homme. J'AI ASSASSINE UN HOMME !
J'AI ASSASSINE UN HOMME. C'est vrai !
- Franca, de quoi tu parles ? - C'est vrai, il �tait �tendu, l�.
Sur la moquette. Couvert de sang. Il est plus l�. Rien, disparu !
Il �tait debout. Il �tait seulement bless�, hein ?
- Le magn�tophone ! - Le magn�tophone ?
Je l'ai pas vu depuis des lustres, tu veux en faire quoi ?
Pourquoi tu me dis pas ce qui s'est pass� ? Explique-moi !
T'expliquer ! J'aimerais bien. C'est incroyable, je te l'ai dit.
- Je n'ai jamais eu ces hallucinations. - Des hallucinations, non !
Mais tu fais des r�ves �tranges la nuit et tu parles dans ton sommeil.
Je dois te croire sur paroles, je ne me rappelle jamais.
Mais cette fois, je me souviens de tout.
Chaque d�tail, tu comprends ? Parfaitement. Chaque minute !
- Chaque seconde. TOUT ! - Tu te rappelles quoi ?
- Ce qui m'est arriv�e. - Arriv� quand ?
- Ce matin ! - Quand tu dormais ?
Quand tu �tais parti chercher la voiture � la fourri�re.
Moi � la fourri�re ? Tu es cingl�e !
Hier soir, j'ai gar� la voiture devant l'entr�e de quelqu'un.
La police a �t� pr�venue, je suis descendu, tu t'en rappelles ?
- Bien s�r que oui. - J'ai pay� l'amende, boug� la voiture
et suis revenu, tu t'�tais vite r�endormie, c'est tout.
- Non, j'avais fait le caf�. - Oui, tu avais fait du caf� !
Je l'ai fait et j'en ai donn� au type qui a achet� la moquette.
La cafeti�re �tait propre ou l'as-tu nettoy� apr�s avoir fait le caf� ?
J'ai pas eu le temps. Un tas de choses est arriv� ensuite...
Mais rien ne t'est arriv�, rien sauf que tu ronflais un peu.
J'ai d� marcher sur la pointe des pieds.
Je parlais doucement, je voulais pas te r�veiller.
Quelle est ce myst�re qui est cens� t'�tre arriv� ?
J'imagine que c'�tait un cauchemar. Raconte-moi, hein ?
�a serait mieux si tu vidais ton sac.
Je comprends pas qu'un cauchemar te mette dans cet �tat.
- Mais ce n'�tait pas un cauchemar. - Alors quoi ? Dis-moi ce qui se passe ?
C'�tait affreux, horrible.
Il �tait pas m�chant au d�but. Bizarre mais gentil.
- De quoi parles-tu ? - Pourquoi tu ne comprends pas ?
J'ai tu� quelqu'un. C'est vrai ! Une horrible exp�rience, ce matin.
Je ne serai plus jamais la m�me. Je le sens. Je le sais.
Je suis une meurtri�re. Antonio, crois-moi, je l'ai toujours �t�.
Je suis peut-�tre la perverse que je r�vais d'�tre.
Un r�ve. Je l'ai vraiment v�cu. Je l'ai exp�riment�.
- C'�tait la r�alit�. - Franca, que dis-tu ?
Aide-moi � comprendre. Cet homme, qui est-il ? Raconte-moi !
D�cris-le, il ressemblait � quoi ? Franca, ne r�pond pas de suite !
L�, prends une cigarette. Du calme, raconte-moi, ch�rie.
Vas-y. D'apr�s ce que tu m'as dit, l'homme �tait ni un tueur, ni un fou.
Il a jamais fait de prison. Juste un acteur ou �tait acteur.
Et y a pas de cadavre.
Il a disparu. C'est incroyable. Une merveilleuse histoire.
Tu as de l'imagination. Tu devrais l'�crire !
Je n'invente rien. O� en �tais-je ?
T'as r�ussi � faire sortir l'�pouse si elle l'�tait r�ellement !
- Bien s�r. Pourquoi pas ? - Il changeait sans arr�t son r�cit.
Un ami de ton beau-p�re ? Continue. Qu'est-il arriv� � l'�pouse ?
Rien, elle est partie. Je l'ai vu par le judas.
Je pense � tous les d�tails. Je me les rappelle clairement.
Je l'ai vu par le judas. Elle se tenait l�, dans le hall.
Devant la porte. Elle attendait. Elle semblait... me regarder.
Allons, continue. Tu as excit� ma curiosit�. Et ensuite ?
Elle est simplement partie. Ensuite, je ne sais plus.
Ma ch�re, tu ne le sauras jamais. Mais moi, je le sais.
Montez ! Venez ! Vite !
Ne vous inqui�tez pas. Le plan se d�roule parfaitement.
Attendez.
Mettez-la au lit. Elle dormira des heures avec cette piqure.
Elle portait une combinaison quand je l'ai quitt�.
La chemise de nuit est dans la salle de bains.
Voil� ses affaires.
Une chose � la fois. Donnez-lui un coup de main, Docteur.
Je vais me nettoyer.
Je vous donne sa chemise de nuit.
Si on fait une erreur, �a peut se retouner contre nous.
Pas d'inqui�tude, je ne veux pas que �a arrive. - Tenez-la.
Allez-y. Tenez sa t�te.
Levez le volet. Laissez-la !
Il �tait ainsi. - Vous �tes s�r ? Vous pourriez vous tromper !
S�r. J'ai fait tr�s attention quand je suis parti.
J'en ai fini ici. Emmenez ses v�tements. Prenez les chaussures.
V�rifiez encore une fois. Y a t-il autre chose ?
- Non, rien d'autre. - Bien, on en a donc fini.
Attention.
Tenez, prenez �a.
Venez, votre femme n'a plus besoin de vous mais le professeur, oui.
- Dites-moi un secret. - Oui. - Lequel de vous deux commande ?
Chacun joue sa part. Seule compte l'exp�rience professionnelle.
Cessez de jouer � l'ange gardien ! Je ne le supporte pas !
Vous travaillez trop. Vous prenez trop de drogues.
Je pense que �a suffit !
- Ne recommenez pas ! - Malin, j'en avais jamais vu.
Donnez-moi �a.
- J'entends une cloche l�-haut. - Qu'y a t-il ?
J'ai d� oublier quelque chose. Une chose importante.
- Quand puis-je �couter la bande ? - Quand vous vous serez calm�.
Un conseil. Asseyez-vous, vous �tes tr�s nerveux.
Faites attention, s'il vous pla�t. Faites attention !
Y avait des t�ches rouges sur la moquette.
- Quelle �tait cette phrase ? - Vous devriez vous en souvenir.
Une ancienne l�gende perse raconte que la couleur jaune d'une moquette
fait ressortir la couleur du sang. - Plus ou moins, oui.
Ne vous inqui�tez pas. La moquette est propre.
- Pas une seule trace de rouge. - J'esp�re bien que non.
6 millions et demi.
Mon Dieu, un probl�me. - Quoi ? - J'ai oubli� la torture !
- Que voulez-vous dire ? - La torture ! J'ai tortur� votre femme.
J'ai oubli� de vous en parler.
Vous voyez ces fausses coupures. �a a une cons�quence psychologique.
Votre femme est convaincue que je l'ai bless�.
Il faut bien nettoyer. Elle risque de s'en apercevoir en se r�veillant.
Allez-y, je m'en occupe. Mais je veux entendre la bande.
Quand vous serez pr�t.
- Qu'est-ce qui va pas ? - C'est si compliqu� !
Ne flanchez pas. Tout le timing d�pend de vous enti�rement.
Comment r�agira t-elle quand elle se r�veillera ?
Vous savez tout. Tout cela nous �vite deux ans d'analyse.
Il faut ma�triser la situation sans ruiner notre r�putation.
Je comprends mais vous savez que je serai... seul.
Donnez-lui ceci. Seulement si c'est absolument n�cessaire !
Seulement si elle est boulevers�e �motionnellement.
- C'est quoi ? - Disons... un purgatif !
Enl�ve les toxines du cerveau. Et lui rend un parfait �quilibre.
N'en parlez pas au docteur, elle est psychiatre, elle d�steste les drogues.
Vous n'en aurez pas besoin. Je suis formel.
- O� les gardez-vous ? - L�-bas !
- Je voudrais d�truire ceci. - Selon moi, une grosse erreur.
Notre ami veut d�truire la photo du beau-p�re de sa femme.
On ne peut expulser un objet. Avec le temps, il s'efface.
Perdant son pouvoir de suggestion. Mais avec le souvenir de cet objet...
le pouvoir de suggestion devient traumatisant.
Le probl�me ne dispara�tra pas si l'objet est d�truit.
Avec le temps, il se renforce et le trauma ne disparait plus.
J'aimerais aussi �tudier ce probl�me moi-m�me.
- Voici la bande. - Bien, asseyons-nous l� !
�a doit �tre l'homme... qui vient chercher la moquette.
Soyez prudents, je vous prie. Attendez, je vous ouvre.
Levez-la plut�t !
- Donne-moi du mou ! - Pas la chambre, la salle de bains.
Mes salutations � Mr Agababian. Il m'a bien aid�. Merci.
- Une partie n'a pas d'int�r�t. - Je veux tout �couter.
Lundi, vous passerez � l'institut et vous �couterez tout mais...
- il faut d'abord l'analyser. - Le professeur a raison.
- Calmez-vous ! - Ecoutez !
"Vous ne pouvez pas. Votre beau-p�re est � l'int�rieur de vous".
"Ernesto". - "Je vous dis qu'Ernesto n'a jamais �t� en moi".
- "Il n'a jamais �t� l�". - Encore une fois !
Vous vous sentez mieux ? Selon moi, il n'y a rien de plus.
Professeur, comment savez-vous qu'elle disait la v�rit� ?
Elle n'allait pas mentir � un �tranger � ce moment-l�, non ?
Sa r�sistance psychologique �tait totalement d�truite.
Si elle avait pu satisfaire ce d�sir,
elle aurait pu passer outre le traumatisme.
Et vous Antonio, n'auriez pas essayer de l'�trangler
chaque fois qu'elle faisait l'amour dans ses r�ves.
Vous avez raison. C'est moi le vrai malade !
Malheureusement, c'est vrai ! Y a qu'une fa�on de savoir.
L'�pouse assassin�e aurait pu �tre elle tr�s facilement.
La moquette n'est plus l�. Je crois � cette mal�diction.
- Je crois en la science. - Votre jalousie pour un homme mort
frise la parano�a. A la fin, cela devient une obsession.
C'est vrai. Je n'arrivais plus � me contr�ler.
Je ne g�rais plus la situation. Vous avez �t� g�niaux.
Vous savez comment faire.
Nous connaissons l'esprit humain scinetifiquement parlant.
Mais avez-vous compris notre traitement ?
Les r�ves rev�cus dans la r�alit� passent dans le subconscient.
Gr�ce � certaines drogues que j'ai administr�.
- Certaines piqures ? - Pas en soi.
J'ai mis deux doses dans le whisky de votre femme.
Le cauchemar que nous avons cr�� est pass� dans son subconscient.
Pour neutraliser le r�ve traumatique pr�existant.
- Vous voulez bien signer ici ? - Une autre signature ?
Mais vous avez fait tout ce qu'il fallait faire ?
On veut votre permission pour publier ce cas pr�cis.
Votre ami qui nous a mis en contact nous a donn� sa permission.
- Et si jamais ma femme l'apprend ? - Pas avant trois ans.
Et uniquement dans le journal de l'institut.
Psychoth�rapie exp�rimentale.
Vous allez publier ce que la th�rapie m'a co�t� ?
J'ai juste un regret. Pauvre Franca.
Je lui ai vol� quatre heures que l'on ne pourra jamais lui rendre.
4 heures mais pas une vie. Elle l'accepterait si elle savait.
Vous avez raison. Il y a une semaine, j'�tais vraiment pr�t � l'�trangler.
Je vous ai appel� � 02H00, vous vous rappelez ?
Puis rien. J'ai cri�. Je me suis �vanouie et r�veill�e au lit.
Quelle horrible histoire ! Je ne pourrai pas publier �a.
C'est un peu tir� par les cheveux. Un cadavre qui se l�ve.
Un homme qui sait tout de toi et de la moquette de ton beau-p�re.
- Impeccable en temps que r�ve ! - O� on va, tu ne m'as rien dit.
On va faire la f�te, on a du fric, non ?
On va se lib�rer du cauchemar de cettte satan�e moquette !
On ira manger pr�s de la mer ! Du bon poisson frais.
Du vin blanc glac� ! �a ne te plairait pas ?
Oui, pourquoi pas ? Je veux sortir de cette maison.
Prendre un peu l'air. Promets-moi qu'on d�m�nagera d�s que possible.
Je te promets ce que tu veux.
Je voulais prendre une douche. L'eau �tait froide.
Quand ? - Maintenant ! Elle aurait d� �tre chaude mais non !
Je me demande pourquoi. Ah oui, il a coup� l'arriv�e d'eau.
C'�tait br�lant. Je pensais qu'il voulait me faire cuire dedans.
Qui �a ? De quoi tu parles ? Tu recommences ?
- C'�tait un cauchemar, Franca. - Mais tout se tient !
- L'eau n'a pas pu se r�chauffer. - Non, j'ai pris une douche.
Vraiment ? - Oui - Au milieu de l'apr�s-midi ?
- Pourquoi pas ? - Je ne te crois pas.
Je ne te croirais pas m�me si je te voyais.
Je te le jure Franca, je le jure. Arr�te, maintenant ! Crois-moi !
Crois-moi. C'�tait br�lant. J'ai pris une douche !
Je le jure, crois-moi. Je t'en prie.
Voici la diff�rence entre �tre un acteur et jouer un psychiatre !
Tu te souviens ce qu'ils te payaient en province ?
- Des cacahu�tes ! - Tu t'attendais � quoi ?
Jouer avec ce nom absurde d'Achille Marinelli !
Tu aurais pr�f�r� ton vrai nom ? Apr�s avoir assassin� ta femme
et �tre rel�ch� d'un asile ? Pourquoi avoir choisi ce pauvre gars ?
Tu as l'instinct �trange d'un chien de chasse.
- Je suis ton docteur. - Non, au contraire.
C'est moi qui te donne une raison de faire cela !
Tu as jou� le r�le de l'�pouse parfaitement aujourd'hui.
Tu as suivi mes instructions � la lettre ! Bien !
Tu es pr�t � recevoir ton dipl�me en psychiatrie !
Retournons � cette pilule ! Ton rem�de pr�f�r�, non ?
Le rem�de fatal ! - �a ne laisse pas de trace donc pas d'inqui�tude !
Si la petite dame est incurable, son mari la tuera quand m�me !
D'une mort horrible ! On le laissera pas faire, c'est tout !
Elle mourra en paix ! Sans rien savoir ! Dans son sommeil !
Je ne peux pas rester sur un constat d'�chec !
D'une fa�on ou d'une autre, le cas doit �tre conclus !
Tu as un d�sir insatiable de tuer.
Mais je suis convaincu qu'elle est gu�rie !
Mon interpr�tation �tait irr�sistible ! Plus besoin de pilule !
De plus, tes propres coll�gues de l'asile ont certifi�...
que j'�tais parfaitement normal ! Donc, je n'ai plus � tuer !
C'�tait juste naturel ! Tu vois, je suis innocent !
- Ils l'ont garanti ! - Je suis peut-�tre folle !
Persuad�e que je pourrais gu�rir ... un criminel endurci !
C'est ma personnalit� artistique qui t'a attir� !
Tu �tais fascin�e par la nature ancestrale du crime !
- C'�tait une super soir�e ! - C'est fou ! - Et toi ?
- O� vas-tu ? - Tu ne m'attraperas pas !
Non ! Attends un peu !
O� vas-tu ? Franca, o� es-tu ?
Tu vois, les fruits de mer sont un aphrodisiaque.
- Tu le savais, non ? - J'ai arr�t� la pilule !
Ch�ri ! Viens � moi, mon amour !
Mon amour.
Je te veux !
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