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Original subtitles

Bonjour. Je viens vous parler d'un fromage de mon pays.

Le gouda de Hollande,

délicieux en amuse-gueule ou en petits plats.

Je vous attends partout en région parisienne.

Le gouda, un savoureux fromage de Hollande.

Luc Verdier, reporter Astra. Voulez-vous connaître ma mission ?

C'est d'interroger les femmes.

Je trouve ça très sympathique.

Je vais vous questionner sur la cuisine.

Luc Verdier, reporter Astra, vous dit Ă  bientĂ´t.

Je prends la route.

RTL, VOICI L'HEURE !

Il est 17 heures, 20 minutes et 15 secondes.

Régions de montagne : le vent de sud souffle toujours à travers l'Europe.

Pas de nuages sur la moitié sud de la France,

le soleil se montre radieux, comme sur la CĂ´te d'Azur.

Le thermomètre dépasse 25 degrés à l'ombre sur Nice.

Pour le Tour de France,

temps calme et beau, et temps orageux demain.

Martini.

Deux glaçons, un zeste de citron,

une fraîcheur légèrement amère.

Martini on the rocks.

Alain Souchon.

AllĂ´ ?

Oui, oui, c'est moi.

Non, non, c'est pas grave.

Ça va.

Ça s'est bien passé. Et vous ?

Ça va, les gosses ?

Elle dort. Attends, je vais l'appeler.

Au revoir. Je t'embrasse.

Martine ! Eh, c'est ta mère.

Allez, allez, fonce !

- Qu'est-ce qu'elle veut ? - Tu verras bien !

Eh, ben...

Tu suces encore ton pouce, toi ?

Et Éric et Jean, ça va ?

Tu veux pas qu'ils viennent passer quelques jours avec nous ?

Mais non, y a une chambre pour eux.

Tu les prendras en septembre !

Je sais pas, moi. Hein ?

- Qu'est-ce qu'elle voulait ? - Savoir si on était bien arrivés.

Ça va, tes frères ?

- Ils auraient bien aimé venir. - Bah, écoute...

Vous pourriez faire du vrai café !

Regarde-moi ça !

- T'en veux ? - Ouais.

Je suis crevé.

- Va te coucher. - Je me lève, écoute !

Papa...

- Quoi ? - Non, rien.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ben, dis ! - Mais non !

VoilĂ  l'autre.

J'y vais.

Françoise !

Françoise, le téléphone pour toi !

Ouais, d'accord.

D'accord. OK.

Je t'embrasse, Florence. Je te la passe.

Allô, maman ? Alors ça va ?

Quand est-ce que tu viens ?

Pourquoi ? Viens, allez !

Je vais te le chercher. Quitte pas.

Papa, c'est maman !

AllĂ´, oui ?

Tu vas bien ?

Tu arrives quand ?

Comment ça, réfléchir ? À quoi ?

Et tu peux pas réfléchir ici ?

Mais oĂą tu irais ?

Prends un avion ce soir, j'irai te chercher.

C'est pas moi qui recommence, c'est toi !

On va pas s'engueuler au téléphone !

Je suis calme ! C'est incroyable !

Soit tu descends, soit je remonte te chercher.

Réfléchir à quoi ? Je réfléchis, moi ?

Non, je comprends pas. Excuse-moi.

Tu m'expliqueras de vive voix.

On verra rien du tout. Je t'attends.

Qu'est-ce qui se passe ?

J'en sais rien.

Elle veut plus descendre, elle veut réfléchir.

Quand elles réfléchissent, c'est jamais bon.

J'aurais dĂ» la descendre de force.

Fais gaffe, ça tape.

Je vais t'en filer un peu.

Elles sont balancées, les mômes.

Je m'applique, tu as vu ?

Oh, putain, ça colle, ça.

On s'est engueulés pour rien.

Une valise qui ne fermait pas.

Je lui ai dit qu'elle emportait trop de trucs, et...

Elle a piqué sa crise.

Elle a tout ressorti.

Ma mère... Mon égoïsme...

J'étais pas là pour l'accouchement. Je ronfle.

La moustache que j'ai laissée pousser.

C'est toujours pour des détails qu'on s'engueule.

Ne te bile pas, elle va venir. Non ?

Je sais pas.

Quand je gueule, 5 minutes après, j'oublie.

Elle, il lui faut 8 jours pour s'en remettre.

T'en fais pas, je vais m'occuper de toi.

T'es dégueulasse.

Vous venez vous baigner ?

Regarde mon crabe !

Oh non, ça va pas, là !

Allez, viens te baigner !

- J'ai pas envie. - Si, viens !

Laisse-le tranquille.

ArrĂŞte !

Allez, bonne soirée.

Ă€ qui le tour ?

On va aller faire un tour de train fantĂ´me.

Vous ĂŞtes en vacances ?

On vous cherchait.

Bonne soirée.

- Amusez-vous bien. - On va voir ça, oui.

T'en veux ?

On l'a dans le cul, lĂ .

Quoi ? Oui, et puis bien, mĂŞme.

Tu te fous de moi ou quoi ?

Tu vas réfléchir au Club Méditerranée ?

C'est quoi, cette histoire ?

Si tu descends pas, je monte.

Je saurai te trouver, figure-toi.

Où tu étais jusqu'à 2 h du matin ? Je t'ai appelée.

Florence, je me fous de ta copine !

T'énerve pas.

J'irai te chercher jusqu'Ă  Agadir, s'il le faut !

Merde !

Une copine lui a trouvé une place au Club Méditerranée d'Agadir.

C'est là-bas qu'elle veut réfléchir.

Réfléchir avec son cul, oui !

Pourquoi pas chez sa mère ?

Y a aussi des gentils membres dans la DrĂ´me.

Laisse-la aller Ă  Agadir.

Elle va se distraire et elle rentrera de bonne humeur.

Je vais la chercher !

Dis pas de bĂŞtises, reste tranquille.

Je sais plus...

Ensemble, c'est l'enfer.

Quand elle est pas lĂ , c'est l'enfer.

Oui, mais 20 ans après, tu as toujours autant envie d'elle.

Ça, c'est classique, ça.

On pleure, on gueule, on cogne et on se couche.

Et le lendemain, on recommence. Pendant des années.

- L'engrenage, je connais. - Toi, tu as eu la force de te tirer.

Non, mais tu rigoles !

Allons !

Tu parles. Si elle s'était pas barrée en Afrique,

ce serait encore moi, le dompteur.

Au début, c'est dur. Et puis, ça passe.

On apprend à faire son café tout seul,

à se faire cuire un œuf, puis deux...

On prend tout le lit, et on revit.

Et tu vois...

finalement, ce qu'on apprécie le plus,

c'est le calme.

Ah lĂ  lĂ , le calme ! Plus d'engueulades.

Un match de boxe qui dure 15 ans, je pourrais plus.

J'ai cru que je m'en sortirais pas. Et puis, aujourd'hui...

je suis redevenu un vrai jeune homme. Non ?

Je suis gai comme un pinson.

Quand t'étais jeune, tu tombais amoureux tous les 15 jours.

C'est pas demain, la veille... J'aimerais mieux me couper la main.

Ça fait moins mal.

Un vrai jeune homme, avec l'expérience en plus.

Hein, l'expérience !

Nos filles, aussi, vont faire des expériences avant de comprendre.

Tu vas voir...

quand elle va te ramener un barbu sans un rond, sale comme un peigne,

et qu'elle pleurera, en te disant : "Papa, je l'aime."

15 jours après, elle va t'annoncer : "Papa, c'est fini."

Trois semaines plus tard, elle va t'en ramener un autre.

J'aimerais bien voir ta tronche.

T'auras pas le temps de t'ennuyer.

T'as pas faim ?

Tu rigoles, on vient de dîner.

Je vais me faire des pâtes.

Elle prend la pilule, la tienne ?

Pourquoi tu demandes ça ?

T'as vu l'heure ?

Il est plus de 4 h.

Bah, tiens !

Qu'est-ce qu'elles foutent ?

Des conneries, évidemment !

On peut pas les attacher, hein.

C'est dommage.

Remarque, si elles veulent en faire, y a pas d'heure.

Quoique, Françoise, elle m'en parlerait...

Vous êtes reliés par radio ?

Tu crois que, quand elle en aura envie, elle dira au mec :

"Je dois parler Ă  mon papa d'abord" ?

Et Martine, elle la prend ?

C'est pas mon problème. Elle voit ça avec Geneviève.

Moi, elle m'en a parlé.

Elle m'a demandé si elle pouvait la prendre.

Que ses copines la prenaient, sans coucher forcément.

Que c'était plus prudent, que ça la rassurait.

Et que ça changeait rien.

C'est une question de confiance entre nous.

Et t'as dit oui ?

Qu'est-ce que t'aurais dit ?

Non.

Tu crois que t'aurais eu raison ?

- Non. Elle l'aurait fait en cachette. - Alors !

- À demain. - On se voit au mariage. Salut !

Vous avez vu l'heure !

- On n'a rien fait de mal. - On vous a attendues toute la nuit !

On rentre quand on veut ! Si c'est ça, je me casse à Paris !

Ça va pas, dans ta tête ? Pauvre mec !

Quoi ?

Pauvre mec ! Me touche pas ou je hurle !

Françoise, on s'en va.

Tu restes lĂ .

Si tu me touches, tu me reverras plus !

Rentre.

Je suis pas ta femme, moi !

Tu te crois fort, mais t'es qu'un pauvre mec !

Tu devais rentrer Ă  1 h !

Je fais ce que je veux !

Vas-y, tape. Ça t'a pas gêné, de taper maman.

- T'as gagné, t'es le plus fort. - Va te coucher, Martine.

Pour que ça recommence demain ?

- Je te le répéterai pas. - Non !

Les bonnes femmes, c'est une race Ă  part.

Je les aime,

mais des fois, je peux pas les supporter. J'y peux rien.

Changeons de conversation :

tu as appelé le bureau pour la voiture du père Baum ?

Oui. Il y a la 604 de démonstration, la blanche.

- Elle est pas un peu nase ? - Non, ça ira très bien.

Bon allez, salut, hein.

- Te casse pas le bonnet. - Quoi ?

Tiens, les voilĂ .

Ça me fout le cafard.

Vive la mariée !

Salut, les filles.

Mais non, venez !

Allez, quoi !

On reviendra vous chercher.

T'es pas marrant !

Ă€ ce soir !

Pas tard, hein !

1 h !

1 h !

Regarde les mĂ´mes.

Les louloutes en moto !

Les mariages, ça me déprime.

- Tu t'amuses ? - Viens danser !

Je danse pas ça, t'es folle !

S'il te plaît !

Mais non !

Papa est oĂą ?

Il est rentré. Où est Martine ?

Je sais pas.

- Je te présente les mariés. - Non, faut rentrer.

C'est pas encore l'heure.

Les mariés, Christiane et Jean-Michel.

J'embrasse la mariée.

Tous mes compliments.

Comment, monsieur ?

Vous les félicitez ?

Ah, mais non ! C'est moi, qu'il faut féliciter, monsieur !

Ah oui, c'est moi ! Bien sûr que c'est moi !

C'est moi qui ai travaillé pour faire venir tout ça !

Vous voyez !

20 ans j'ai travaillé pour faire pousser cette fille.

Vous allez boire un coup.

Tu vas pas te baigner, elle est gelée !

- Viens ! - J'ai pas mon maillot.

Tu t'en fous ! Regarde-les. Ils font des manières, eux ? Allez !

Bah, attends ! Je vais pas me baigner avec ma chemise.

Elle est géniale !

Attends-moi !

ArrĂŞte !

Tu vas me faire boire la tasse.

Elle est bonne, hein ?

ArrĂŞte, tu vas me faire couler !

Vaut mieux pas, hein.

Vaut mieux pas, hein.

Après, on va danser.

Non, on va rentrer. J'ai la bagnole, lĂ .

Allez, viens.

Viens, on va danser.

- Que c'est bon... - Quoi ?

Tout : toi, le cigare...

la liberté.

Tu peux pas savoir. Je me sens revivre.

L'odeur du cigare dérangeait mon mari.

Je devais fumer sur le balcon.

Dis donc, l'hiver...

Je suis rescapée de 17 ans de naufrage.

Ouais, tu peux pas comprendre.

J'ai quitté mon mari il y a 15 jours. Et depuis... je revis.

Je peux t'embrasser ?

Ben, oui.

Que c'est bon !

Qu'est-ce que t'appelles... "revivre" ?

Faire ce que j'ai envie de faire. ĂŠtre libre.

Ne prends pas mal ce que je vais te dire.

En 12 jours, t'es le 12e que je me tape.

Mais en 17 ans, vous n'ĂŞtes que 13.

Ah bon... Ça fait une moyenne, remarque.

Tu trouves que c'est beaucoup ?

Non.

Ce soir, je suis bien.

J'ai pas de projets pour demain.

Ah non ?

Tu vas t'ennuyer, alors !

- Tu me prends pour une folle ? - Non.

C'est avant que j'étais folle.

Avant, si je pensais Ă  faire l'amour avec un autre homme,

je culpabilisais.

J'ai passé ma vie à culpabiliser.

- Et maintenant, t'es heureuse ? - Oui.

Et avec ton mari, tu crois que c'est...

définitivement terminé ou quoi ?

Je pense que, si on revivait ensemble,

il faudrait qu'il me laisse une certaine indépendance.

Ce serait plus comme avant.

Et si... il accepte pas ?

C'est qu'il m'aime pas.

Il peut t'aimer et puis, pas pouvoir accepter...

Ce serait dommage.

Et dans ce cas, je suis pas sûre que je me sacrifierais.

Mais tu te sacrifierais peut-ĂŞtre.

Peut-ĂŞtre.

Toi, t'es pas marié ?

Si, si.

OĂą elle est, ta femme ?

Elle est Ă  Agadir.

Chaque année, on prend des vacances séparées.

On se laisse une certaine indépendance.

On se donne un peu d'air. Ça fait pas de mal.

Si mon mari avait eu ton intelligence...

- T'as faim ? Tu veux des pâtes ? - Oui.

- Ça va ? T'as la forme ? - Oui, oui, ça va.

- T'as passé une bonne nuit ? - Ben, oui.

Et toi ?

Oui, très bonne. Pourquoi ?

Pour rien.

- Alors ? T'as passé une bonne nuit ? - Ouais...

Quoi ? T'en fais une tête ! T'as l'air déçu.

Non, non. Pas du tout.

Attends, je t'aide.

Oh, le con ! Écoute !

- T'es folle ou quoi ? - Embrasse-moi.

Je t'en prie, sors d'ici.

Pas avant que tu m'embrasses !

- Embrasse-moi. - Je t'en prie, Françoise, sors.

Ă€ partir de maintenant, tu ne m'approches plus.

- Compris ? - Bien, mon colonel.

Non, ne ris pas, Françoise. Je suis très sérieux.

Moi aussi, je suis très sérieuse.

On a été fous hier soir. On oublie tout.

- Et on recommence ? - Non.

Si !

Mais, mon petit, tu sais l'âge que j'ai ?

Qu'est-ce que tu me trouves ?

Quelle importance ? Tu me plais.

- À quoi ça rime, tout ça ? - À rien.

Sors d'ici ou je dis tout à ton père.

- Mais vas-y. - Une bonne fessée,

c'est tout ce que tu mérites.

Justement, j'adore ça !

Alors lĂ , moi, je sais vraiment plus quoi dire !

Ne dis rien.

Tu te rends compte qui je suis et qui tu es ?

Non. Tu vas me le dire.

Je te demande de sortir, Françoise.

Avant, tu m'embrasses.

Bon, je t'embrasse, mais je te préviens,

c'est la dernière fois.

Allez !

C'était bien, le mariage, hier soir ?

Formidable. T'aurais dĂ» venir.

J'avais vraiment pas la tête à ça.

Salut, tout le monde.

Quand tu te rases, rince-toi ! T'es pleine de mousse.

C'est l'anniversaire de ta mère.

Tu refumes ?

Comme ça...

On était toujours ensemble pour son anniversaire.

Vous fêterez ça au retour.

"Club Méditerranée, Agadir", ça suffit ?

Oui.

- T'as mis le nom, quand mĂŞme ? - Bah, oui. "Mme Pouffary".

J'ai le pressentiment que c'est foutu.

Dis pas de bĂŞtises !

26 francs, s'il vous plaît.

J'ai vu, sur le port, ils louent des bateaux.

Ils louent Ă  la semaine ou au mois. On va voir ?

Merci.

Bonjour, je voudrais deux timbres.

Tu sais, quand j'étais en pension,

je pouvais pas m'endormir, sans regarder ta photo.

Quelle photo ?

- Tu t'en souviens pas ? - Non.

Tu sais, il y a 4 ans, quand on était en vacances, à La Baule.

Avec Martine, tu nous as emmenées danser.

J'ai dansé avec toi, et puis, on nous a pris en photo.

Oui, je me souviens.

Tu sortais avec une rousse aux gros seins.

J'étais jalouse d'elle. Je pensais que tu la préférais pour ses seins.

Ah oui, ça, elle avait de gros seins.

Et pas moi ?

Ils sont très bien, les tiens. Tu peux dormir tranquille.

Mais comment tu pouvais penser à moi comme ça ?

- Tu t'en étais jamais aperçu ? - Non ! Comment veux-tu ?

T'es comme ma fille.

Ton 1er baiser, c'est moi qui te l'ai donné.

Tu devais pas avoir plus de 3 semaines et puis...

ta mère venait de te talquer et j'ai dit :

"Je veux ĂŞtre le 1er homme Ă  l'embrasser sur les fesses."

- C'est peut-être ça qui m'a marquée. - Sûrement, oui.

Quelle heure il est, lĂ  ?

Je sais pas... Il est juste 2 h.

Fais voir... Non, il est 3 h.

Tu vas aller te coucher.

- Non, je veux rester avec toi. - Non.

Allez, je peux rester dormir ? Je serai toute petite.

Allez, j'ai jamais dormi avec un homme.

Couché, oui, mais jamais dormi.

Si on se réveille pas demain matin ?

Et Martine va se demander oĂą tu es.

Allez, va te coucher.

Ă€ Paris, on dormira ensemble ?

- T'en auras toujours envie ? - Va te coucher.

Elle est rentrée, Martine ?

Je sais pas.

Tu lui racontes rien, hein.

Tu lui as rien dit ?

- Non, mais elle a compris. - Comment ça ?

Bah oui, elle a compris !

T'as honte ? Ça fait rien.

Il faudra bien, qu'un jour, tout le monde le sache.

- À Jacques, t'as rien dit ? - Pas encore.

Comment ça "encore" ? Tu lui dis rien, Françoise.

Il a assez de problèmes, en ce moment.

Tu me le promets ?

Promis.

Allez, va te coucher.

Chut !

- Regarde les oursins ! - OĂą ?

Juste oĂą t'es.

Y en a plein !

Faut un couteau ! Y en a plein.

Je peux pas marcher avec ces trucs !

La vache !

Il m'a fait boire la tasse, ce salaud.

Qu'est-ce qu'il y en a lĂ -bas !

Viens.

Viens par lĂ .

Écoute-moi, Françoise.

Quoi ?

Tu sais bien que ça ne peut plus durer.

Rencontre des garçons de ton âge. Ça manque pas.

Je m'en fous, des garçons de mon âge.

Je t'aime beaucoup, tu sais.

Je veux pas que tu m'aimes "beaucoup", je veux que tu m'aimes.

Réfléchis 5 minutes. Tu veux ?

Je pourrais être ton père, enfin !

T'es pas mon père, le problème est pas là.

Sois franc. C'est papa qui te fait peur.

Oui, mais pas seulement.

Alors quoi ?

Non, tu le fais exprès, ou quoi ?

Si je lui explique tout...

Si tu parles à ton père...

Françoise, Pierre, à table !

Oui, on arrive.

Je vais tout lui dire.

Si jamais tu fais ça...

Alors dis-moi que c'est pas fini ?

Bon. Je vais lui dire.

Ă€ table !

Ouais, j'ai faim !

Merci, mon chéri.

T'as sucré ?

T'es pas venue dormir dans mon lit, ce matin.

Papa...

J'ai Ă  te parler.

Parle-moi.

Tu sais, tu...

On était convenus que, si un jour,

il arrivait quelque chose d'important, on en parlerait.

Oui.

T'es sûr que je peux tout te dire ?

Mais oui, mon chéri, tu peux tout me dire.

Ben, voilĂ ...

VoilĂ  quoi ?

Il s'est passé quelque chose d'important.

Attends, tu veux dire que...

Tu as couché avec un garçon ?

Mais enfin, tu m'avais dit que tu m'en parlerais avant !

Je t'en parle après. C'est pareil.

Comment, "c'est pareil" ?

Mais non, c'est pas pareil !

Quelle différence ?

Mais enfin, avant, c'est avant. Après, c'est...

Après, c'est... Après, c'est trop tard !

Mais tu m'avais dit que j'étais libre.

T'étais libre de m'en parler !

On aurait causé. Je te l'aurais peut-être déconseillé.

Papa, c'est une chose qu'on fait dans l'instant,

au moment oĂą on en a envie.

Il fallait que ça m'arrive !

Enfin, on fait pas ça sans en parler !

C'est grave.

On réfléchit d'abord.

J'ai réfléchi, crois-moi.

T'as fait ça, toute seule...

Avec qui t'as fait ça ?

Je le connais ?

Quand est-ce que tu as fait ça ?

Je me suis aperçu de rien.

Ça se voit pas comme le nez au milieu de la figure.

J'arrive pas Ă  le croire.

C'est pas le problème.

Papa, c'est important, parce que je suis amoureuse.

Parfait ! T'es une femme heureuse ?

Non, il veut plus de moi.

Ah bon ? Il a couché avec toi, et il veut plus de toi ?

Oh, papa, je suis malheureuse.

Allez, pleure pas.

Je suis lĂ .

Tu as ton papa.

Tu vois, tu aurais dĂ» m'en parler avant.

- Pourquoi il te largue, ce salaud ? - C'est pas un salaud.

Qui c'est ?

Quel âge il a ?

Il a 40 ans.

Tu as fait l'amour avec un homme de 40 ans ?

C'est pas vieux, 40 ans !

C'est tout ce que t'as trouvé ?

Il est marié ?

Il est divorcé.

Un vieux !

T'as couché avec un vieillard !

- Pourquoi il veut plus de toi ? - Il me trouve trop jeune.

Pour coucher avec toi, ça l'a pas gêné ?

Réponds !

Mais crie pas ! ArrĂŞte un petit peu. Aide-moi plutĂ´t !

Je ne crie pas !

Qui est-ce ?

Je veux savoir qui c'est.

Ă€ moi, elle ne le dira plus.

Mais... Mais Ă  toi, peut-ĂŞtre qu'elle te le dirait.

Elle t'aime beaucoup.

Si t'es très gentil avec elle...

Je suis sûr qu'elle a besoin de se confier.

Alors, tu fais comme si tu savais rien.

Ce soir, tu la sors.

Moi, je dirai que je suis fatigué.

Tu l'emmènes danser.

Et puis tu... tu la fais boire.

Si tu t'y prends bien, elle te dira qui c'est.

Hein ? Qu'est-ce que t'en penses ?

Vous mangez pas ?

Oh, je grignote.

J'ai pas faim.

Si on allait boire un verre Ă  Saint-Tropez, tous les trois ?

Non, moi, je reste là. Je vais regarder la télé.

Sortez tous les deux.

Françoise, je t'emmène danser ?

J'ai pas envie de sortir. Je suis bien ici.

Sors, mon chéri. Ça te fera du bien, ça te changera les idées.

Allez, ça me fait plaisir. Viens !

Je pouvais pas faire plus.

C'est ma faute, aussi.

J'aurais pas dû m'énerver, elle me l'aurait dit.

J'essaierai de lui parler plus tard.

Doucement. Si tu la brusques, elle te dira rien.

Salut, Ă  demain.

- OĂą tu vas ? - J'ai rendez-vous.

- Avec qui ? - Un copain.

- Quel copain ? - Tu le connais pas.

Et voilĂ  !

OĂą elle va ? Avec qui ?

Je me demande si on devrait pas s'en foutre,

de ce qu'elles font ou pas.

Peut-ĂŞtre qu'elle va te ramener

un beau minet de 40 berges aussi.

J'ai changé d'avis.

Tu m'emmènes dîner ?

Mais tu voulais rester ici ?

Tu m'as proposé de sortir, je veux sortir !

Tu viens avec nous ?

Non ! Moi, je reste lĂ . Vas-y, toi.

Sortez tous les deux.

- Bonsoir, papa. - Salut.

Tu crois plus Ă  l'amour ?

J'y ai cru.

Tu veux plus y croire ?

Quelle importance ça a, notre différence d'âge ?

Je préfère peu de temps avec l'homme que j'aime

que toute une vie avec un que j'aime pas.

Attends au moins de le rencontrer.

Mais c'est toi !

Écoute, j'ai pas tellement envie que tu sois ma veuve.

On m'a toujours dit que je mourrais jeune.

- Ma ligne de vie est toute courte. - C'est des bêtises, tout ça.

Regarde la mienne. Elle est courte aussi.

C'est ta ligne de cœur qui est courte.

Tu vois...

Qu'est-ce qu'on deviendrait, avec nos lignes courtes ?

T'es sûr, tu veux plus de moi ?

Mange, ça va être froid.

- Je m'en vais, excuse-moi. - Moi aussi.

Je veux ĂŞtre seule.

T'as eu la trouille !

Hier soir, j'ai pas eu le temps de te dire

ce que je pensais de ton idée.

Susceptible comme tu l'es, j'avais peur de te fâcher.

J'avais peur que tu sois vexé.

Moi, vexé ? Non !

Alors ?

Assieds-toi.

- Tu lui as parlé ? - J'ai fait que ça !

Alors ?

J'ai pas voulu la brusquer...

T'as bien fait, oui.

Alors ?

Bah, elle est amoureuse.

Oui. Non, mais, ça, je sais.

C'est qui ?

C'est un type...

qui a 40 et quelques.

Il est divorcé.

Ça... Tu sais ça aussi.

Comment ça, 40 et quelques ?

Pas beaucoup plus de 40 : 44.

Il a 44 ans ?

Bah oui, mais...

40... 44... C'est pas là, le problème.

Où il est le problème, alors ?

Elle sait pas si le type l'aime, elle en est pas certaine.

Mais ce matin, elle m'a dit qu'il voulait plus d'elle.

Oui, mais ce soir, elle se pose des questions.

Il veut plus d'elle, parce que...

elle a 17 ans et lui, 40.

Mais ce soir, elle croit qu'il l'aime bien quand mĂŞme.

Il l'aime bien, mais...

Il a peur qu'elle le regrette après.

Il pouvait pas y réfléchir avant ?

Bah, non... Comment, avant ?

Avant de la sauter, tiens !

Bah non. Ça, il avait pas réfléchi.

Quel con !

Alors qui c'est ?

Ça, c'est la seule chose qu'elle ait pas voulu me dire.

Pourquoi ?

Elle sait pas si le type l'aime vraiment...

Ou bien son amour sera le plus fort,

et il voudra d'elle, alors elle dira qui c'est.

Ou il voudra pas d'elle et alors lĂ , elle...

Elle dira pas qui c'est...

parce que ça regarde qu'elle.

Remarque, c'est assez juste,

comme raisonnement.

Elle t'a rien dit, quoi.

Enfin, si.

Ce matin, elle y croyait plus, mais ce soir...

elle espère que ça pourrait s'arranger.

Moi, je préférerais pas.

Tu veux pas sortir ?

Non, j'ai pas envie.

- Sors, toi, si tu veux. - Oh, mais non !

Je vais pas te laisser...

Je vais essayer de dormir.

Tu veux que je dorme avec toi ?

J'osais pas te le demander.

Ma femme, c'est foutu.

Ma fille, ça vaut guère mieux.

Il me reste plus que toi.

Oh, Jacques !

Y a qu'une chose de sûre dans la vie...

c'est l'amitié.

Moi, j'ai jamais baisé un ami.

Tu sais,

il faut jamais dire : "Fontaine, je ne..."

Bah, si. Nous, on peut le dire, nous.

- Tu dors pas ? - Non.

Tous les soirs Ă  4 h du matin. C'est vraiment une manie.

D'oĂą viens-tu ?

Ça t'intéresse ?

Oui, Martine. C'est normal, non ?

Je te demande rien, moi.

Tu peux. Je suis pas sorti, je suis resté à la maison.

Évidemment, t'as tout sous la main.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Je te juge pas, mais laisse-moi tranquille.

Il manquerait plus que tu me juges !

Les hommes de ta génération, vous êtes moches.

- Ceux de la tienne sont mieux ? - J'espère.

Martine... Martine !

J'ai sommeil.

Tu me donnes tort ?

Tu veux dire, pour Françoise ?

Ben, oui.

Je te donne pas tort pour elle,

mais pour maman, oui.

Tu as été jaloux.

Tu as été brutal.

Tu lui as laissé aucune liberté et maintenant, c'est moi.

Pourquoi tu respectes pas mon indépendance et mes envies ?

Aime-moi comme je suis !

Je t'aime comme tu es.

Non. Tu m'aimes comme un père.

Écoute, Martine, je suis ton père.

Aimer, c'est respecter la liberté

et comprendre l'autre.

Ce que tu souhaites, c'est que les hommes et les femmes

cavalent chacun de leur côté. C'est ça, la liberté ?

Tu ramènes tout à cavaler.

C'est pas ça, la liberté. C'est pouvoir parler,

penser comme on veut, sans être surveillée,

juste bonne Ă  faire la cuisine et les enfants.

Qui fera la cuisine et les enfants, dans ton programme ?

Les enfants, ça peut se faire à deux, et la cuisine aussi.

Et qui travaillera ?

Quand maman a voulu travailler, tu l'as laissée ?

- Elle avait pas besoin. - Elle en avait envie.

On fait pas toujours ce qu'on a envie !

Oui... Si on a envie de tuer, il vaut mieux réfléchir avant.

Tu es d'une mauvaise foi !

Enfin, tu m'as écoutée. Tu fais des progrès !

- Bonne nuit, papa. - Bonne nuit.

Et pour Françoise, t'en fais pas. Elle se consolera.

Je sais pas quoi faire avec mon Y.

Tu peux pas faire Yen ?

J'ai pas de E.

Elle ne t'a rien dit, Françoise ?

- Tu sais qu'elle est amoureuse ? - Ah bon ?

ArrĂŞte.

Elle m'a avoué.

Pourquoi tu me demandes ?

Je sais pas qui c'est.

Elle m'a dit que le type avait entre 40 et 44.

Ă€ toi, elle a dĂ» le dire. Vous parlez, non ?

Des hommes de 40 ans, y en a pas mal.

Bon, je fais ROT.

Ça fait six points.

Qui ça ?

Y a le... Y a le maître nageur.

Y a le joueur du casino.

Quoi ? Celui avec qui tu étais, l'autre soir ?

Et le chanteur du casino qui est amoureux d'elle.

C'est lui ?

Alors ? Qui gagne ?

On fait des devinettes. Tu veux jouer avec nous ?

Au Scrabble ?

Non, aux devinettes.

Ă€ mon avis, c'est pas lui.

J'ai des doutes sur les trois.

Comment savoir ?

De toute façon, elle se consolera, va.

Eh ben, tant mieux.

Françoise !

Françoise...

Qu'est-ce que tu veux ?

Viens voir.

C'est ton père ?

OĂą tu vas, lĂ  ?

Je me promène. Tu vois pas ?

Non, mais ça va pas ? Qu'est-ce qui arrive ?

Qu'est-ce que vous avez ?

Mais lâchez-moi !

- Dis-moi la vérité ! - Quelle vérité ?

Quelle vérité ?

- La prochaine fois, je t'achève. - Quelle prochaine fois ?

Quelle prochaine fois ?

Donnez-m'en un autre.

- Je sais qui c'est. - C'est le chanteur.

Non, c'est pas lui.

- Mais c'est qui ? - C'est moi.

Jacques !

Jacques !

AllĂ´ ?

C'est toi ! T'appelles d'Agadir ? Ouais...

Non, parle plus fort, lĂ .

VoilĂ , oui, oui.

Jacques est pas lĂ . Il joue aux boules Ă  Saint-Tropez.

Non, Françoise, non plus. Elle est sortie.

Oui, ça va, ça va.

Tu as reçu son télégramme ?

Tu l'aimes ?

C'est bien. Enfin, une bonne nouvelle.

Ben, non, je veux dire, il va ĂŞtre content, quoi.

Oui. Ben, moi, ça va, ça va.

Enfin, on fait aller.

Non, rien. Non, je te raconterai Ă  Paris. LĂ , c'est trop long.

Et ça va, au Club Méditerranée ?

La bouffe est pas trop dégueulasse ?

Bon, allez, je t'embrasse, Florence.

Tu le rappelles. D'accord. Allez, au revoir.

Jacques...

Tu m'en veux, hein ?

Tu me dégoûtes.

Ah non, ne me dis pas ça.

Casse-moi la gueule, j'aime mieux.

Toi...

Comment tu as pu me faire ça ?

Toi, mon chef de patrouille...

le Grand Castor !

Toi avec qui j'ai mélangé mon sang...

Oh, tais-toi.

Frappe-moi.

C'est pire que si tu m'avais pris ma femme.

Au fait, elle a téléphoné.

Elle a reçu ton télégramme.

Elle t'aime.

Je t'avais mis un mot sur ton oreiller.

Merci.

Merci pour tout.

Tu m'as laissé chercher, comme un con.

J'ai cassé la gueule au chanteur. Et c'était toi,

mon frère.

La vie, c'est une tartine de merde, mais Ă  ce point...

Pourquoi t'as fait ça ?

Pourquoi t'as rien dit plus tĂ´t ?

J'avais perdu la tĂŞte.

Et maintenant, tu l'as retrouvée ?

Oh, non.

Mais j'ai compris beaucoup de choses.

Ah bon. T'as rien compris pendant 44 ans,

et lĂ , tu as tout compris. C'est un miracle !

Je suis très sérieux.

- Jacques... - Quoi ?

Tu me demandes la main de ma fille, c'est ça ?

Ben oui, le reste, tu l'as déjà !

- Tu m'appelleras papa ? - Plaisante pas avec ça.

Vous me confierez les petits ?

Qu'est-ce qu'elle peut attendre d'un type de ton âge ?

De vivre avec un vieillard, Ă  30 ans ?

N'exagère rien.

Je veux pas comparer, mais y a des exemples.

Tiens, regarde... Regarde Charlie Chaplin.

Regarde euh... Picasso.

Pablo Casals avait au moins 50 ans de plus que sa femme.

Tu vas lui jouer du violoncelle, c'est ça ?

Je veux pas qu'elle soit ta veuve.

Je lui ai dit et elle m'a répondu :

"J'aime mieux ĂŞtre heureuse 10 ans avec un homme que j'aime,

"que malheureuse 30 ans avec un homme que j'aime pas."

Dis donc, ta femme, elle a été heureuse avec toi ?

- Non, mais j'ai changé. Tu verras. - Je verrai rien.

- Je rentre Ă  Paris. - Moi aussi, je rentre.

Non, toi, reste lĂ . Profite de ta lune de miel !

Oh non, écoute, Jacques, je t'en prie !

- Embrasse-moi. - Si t'approches, je cogne !

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