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Un groupe de 21 scientifiques a publié une étude dans la revue Nature.
Réchauffement, destruction des ressources
et surpopulation nous amènent à un point de bascule.
La biologie de la Terre va connaître un bouleversement
au moins aussi radical
que lors de la dernière glaciation, ily a 11000 ans.
Connaîtrons-nous une extinction de masse
semblable à celles qui, dans un lointain passé,
ont éradiqué la plupart des espèces en un clin d'œil géologique ?
Nous ne nous en rendons pas compte :
les bouleversements qui affectent la planète aujourd'hui
se déroulent à une vitesse
et avec une ampleur jamais vues.
Nous provoquons l'extinction d'espèces animales et végétales
à un rythme inédit
depuis qu'un astéroïde a anéanti les dinosaures.
Ça va très vite et c'est nous qui faisons cela.
La dernière fois que les températures
ont atteint le niveau que nous connaîtrons d'ici quelques décennies,
c'était il y a 14 millions d'années,
bien avant l'apparition des humains.
Notre espèce n'a donc jamais vécu sous les températures
que nous pourrions connaître de notre vivant.
La population mondiale s'accroît à un rythme tel
qu'elle a triplé au cours de mon existence.
C'est du jamais vu !
Ces personnes que nous ajoutons à la planète
ont besoin de davantage de nourriture
au moment même où nous dévastons la biodiversité.
On peut s'adapter si le changement est assez lent,
mais quand c'est si soudain, si inattendu,
alors commencent les problèmes.
Et c'est dans ce monde que nous vivons aujourd'hui.
Ce qui va très probablement se produire
en raison de la limitation des ressources,
notamment en eau,
qui est l'un des problèmes cruciaux,
c'est que les gens vont se sentir acculés et migrer.
En se déplaçant, ils vont entrer en contact
avec des populations moins démunies et cela va créer
de l'animosité entre individus issus de différentes parties du monde.
Donc la guerre, la violence...
Nous n'avons pas beaucoup de temps...
20 ans peut-être
pour prendre la bonne direction.
C'est LE moment critique pour l'humanité.
C'est fascinant comme notre espèce
est douée
pour imaginer sa propre extinction,
sa propre disparition.
Nous faisons des films où nous sommes exterminés par des zombies,
des bombes atomiques, des maladies, des robots, des aliens,
de drôles de petits Gremlins... toutes sortes de trucs.
On adore ça.
Mais où sont les films qui montrent comment faire autrement
et résoudre le problème ?
Il n'y en a pas, nous ne savons pas les faire.
Quand les scientifiques nous disent :
"Si vous voulez maintenir la biosphère
"dans les limites qui ont permis l'apparition des civilisations,
"tout ce que nous associons à notre histoire,
"il faut commencer par réduire nos émissions de 8, 9, 10 % par an."
Nous n'avons pas les récits qui racontent ça.
Nous voyons cela comme une perte, une dégradation.
Si vous dites : "Comment ça sera dans 20 ans
"si nous nous mettons à réduire nos émissions ?"
Beaucoup s'imaginent déjà dans des grottes glacées,
à manger des patates pourries.
C'est la fin du monde...
Exactement. Mais ça pourrait être fantastique !
On dirait un papillon...
Ça va être la meilleure.
Quelqu'un en veut?
Avec une double ration d'ail.
Quelqu'un d'autre ?
Nous nous sommes donné l'audacieuse mission
de créer une ville autonome en nourriture,
où la majorité des fruits et des légumes consommés dans la ville
est cultivée dans Detroit par ses habitants, pour ses habitants.
En 2050,
le monde sera très différent.
Nous n'aurons plus le pétrole et l'énergie dont nous disposons,
nous n'aurons plus le même accès à l'eau
ni aux terres arables.
Et surtout, la population : 9 milliards de personnes,
dont 70 % vivront dans des villes.
La nourriture devra pousser près des gens.
Toutes les communautés font face à des défis
et si certaines n'ont pas encore vécu cela,
il est probable que ça leur arrivera.
Alors...
Pourquoi je fais ça ? Parce qu'il faut comprendre
comment faire pour que ça marche ici,
plutôt que changer d'endroit, car il n'y a pas d'autre endroit où aller.
Il y a beaucoup de romantisme autour de l'agriculture urbaine.
C'est le nouveau truc sexy, non ?
Ça n'a rien de neuf,
mais beaucoup voient ça
comme un nouveau moyen de faire revivre les villes
et c'est exactement ça. Le potentiel est immense.
Mais ce romantisme qui l'entoure,
c'est très loin de la réalité du travail qu'il faut fournir.
Voilà pourquoi je dis parfois que les fermes urbaines,
ça a l'air génial sur une présentation PowerPoint.
Vous vous retrouvez ici, il fait chaud,
le soleil vous cogne dessus, vous vous salissez.
Ce n'est pas facile,
il faut fournir un travail intense.
Donc, on doit
s'en donner les moyens, en avoir le courage.
C'est un lieu sacré pour moi.
Je viens ici...
je travaille...
La vie est pleine de frustrations,
de problèmes auxquels on doit faire face.
Ici, c'est calme et paisible,
je peux entrer en connexion avec la terre,
me salir les mains...
L'agriculture urbaine a un grand potentiel...
pour nourrir les citadins,
mais elle ne va pas remplacer l'agriculture rurale.
Les deux doivent marcher main dans la main.
Les zones urbaines, périurbaines et rurales
doivent toutes produire de la nourriture.
C'est assez logique,
la majorité de la population mondiale
étant concentrée dans les zones urbaines,
que la nourriture pousse plus près de là où les gens vivent.
Et c'est meilleur pour l'environnement.
Aux États-Unis,
la nourriture parcourt en moyenne 2400 kilomètres
entre là où elle pousse et là où elle est consommée.
L'impact écologique est phénoménal.
Laisse-moi t'aider...
Y a écrit quoi ?
Sauge.
C'est bon, Irah.
Incroyables Comestibles Nourriture à partager
Il faudrait cueillir...
Moi, moi, moi, moi !
Il y a à peu près 7 ans,
j'étais à une conférence sur l'état de la planète,
l'épuisement des ressources, tout ce que nous savons déjà.
J'ai pensé : j'entends ça depuis longtemps,
mais personne ne fait rien.
Pas les gens ordinaires.
Ils parlent d'économie, mais pas de ce qu'on laissera à nos gosses.
Alors, ça m'est venu comme ça, en un éclair :
Pourquoi pas commencer dans notre ville ?
Ici, dans ce café, dans nos maisons, dans nos rues...
Pourquoi pas ?
Alors, Mary et moi,
on a créé ce mouvement.
On ne se disait pas : "Est-ce qu'on va sauver la planète ?"
On a juste commencé là où on était.
Et après, qu'avez-vous fait?
Nous avons organisé une réunion ici :
Quel avenir pour vos enfants ? Quelle nourriture ?
Et 60 personnes sont venues.
- Nous étions stupéfaites ! - On ne savait pas quoi faire.
Nous n'étions pas prêtes ! On en espérait 5.
On a créé Incroyables Comestibles, la fille de Mary a trouvé le nom.
Nous avons inventé l'idée de jardins-propagande
et de routes potagères, devant les écoles, les immeubles...
C'était intéressant, drôle, vivant,
des petites choses simples pour changer nos vies.
Voilà où nous en sommes : la nourriture au cœur des rues,
devant chez le médecin ou à la gare.
À quoi bon ces jardins, si personne ne les voit?
Il en faut là où les gens se parlent :
dans une rue passante, qui servait de toilettes pour chiens,
que plus personne ne respectait.
Nous avons créé
une raison de se parler grâce à une plante.
C'est fou, non ?
Des inconnus
se retrouvent devant un massif et discutent.
Voilà ce qu'il nous faut pour l'avenir:
se connecter les uns aux autres.
Je suis convaincue que la nourriture
et la conversation, c'est la réponse.
Le maïs est lent cette année.
Notre maïs spécial police.
Il devrait arriver là, non ?
Vous devriez vous étendre...
Ne me tentez pas ! On pourrait encore caser un framboisier.
Les gens prennent leur pied à cueillir devant le poste de police.
Gratis, sans autorisation.
Qu'avez-vous pensé
en voyant ces gens s'approprier l'espace
et planter ces légumes ?
Un mélange de confusion, de peur...
Qui sont ces gens ? D'où sortent-ils ?
Que font-ils sur notre terre, ce n'est pas la leur !
On était très bureaucrates :
où sont les formulaires, le projet, les assurances ?
Les inhibitions habituelles des structures officielles.
Il a fallu ce dialogue...
Pam, Mary, Estelle, les autres, Nick...
En leur parlant, nous avons vu qu'ils étaient sincères,
qu'ils avaient un but.
Pas juste planter à un coin de rue,
mais changer la façon dont les habitants s'impliquent là où ils vivent,
apprennent, créent des réseaux d'entrepreneurs,
reprennent le contrôle,
car les gens en ont le pouvoir.
Les instances locales ont de moins en moins d'argent,
c'est une solution !
Quand Incroyables Comestibles a commencé
on ne savait pas où on allait :
On se disait : plantons, on verra bien.
Au bout de 3 ou 4 ans,
on s'y est mis sérieusement :
la formation des jeunes, la production de nourriture.
Nous produisons une demi-tonne par an
sur 300 mètres carrés de bacs potagers.
Sur un hectare, cela ferait 14 tonnes,
c'est beaucoup de nourriture.
Elle va mieux, sa patte va mieux.
Actuellement, le monde est nourri par les petits paysans,
par de petites fermes
qui produisent l'essentiel de la nourriture mondiale.
Les exploitations industrielles en fournissent une infime portion.
En termes de production,
les industriels sont totalement inefficaces.
Ce qu'ils font bien, c'est de l'argent.
Ce qu'ils font mal, c'est de la nourriture.
Si vous laissez la terre aux gens, ils produisent bien davantage.
Rufus.
Viens !
Vas-y, ignore-moi.
C'est juste qu'il faut travailler plus
qu'un exploitant industriel,
utiliser moins de chimie, et le sol donne plus.
L'agriculture industrielle n'est pas le seul moyen de nourrir le monde.
C'est une histoire qu'on nous raconte et qu'on finit par croire ?
C'est une histoire
que l'industrie chimique,
les boîtes d'équipements agricoles et les banques
doivent raconter pour assurer leur survie.
Ce n'est pas vrai.
C'est un mensonge.
Combien de paysans peut-on détruire avant de détruire l'agriculture ?
Ceux qui contrôlent l'agriculture ne produisent rien.
Ceux qui contrôlent l'alimentation ne produisent rien.
Coca-Cola ne produit rien, c'est une rente de situation.
Monsanto ne produit pas une graine.
Elle vit des droits de propriété intellectuelle.
Cargill ne produit aucun légume.
Elle les achète et les revend.
Si on continue à détruire ce socle,
à détruire le socle écologique où pousse la nourriture
et le socle social qui la produit, comment nous nourrir ?
Toute notre civilisation repose sur les carburants fossiles.
Engrais, pesticides : carburants fossiles.
Matériaux de construction : carburants fossiles.
Produits pharmaceutiques : carburants fossiles.
Fibres synthétiques : carburants fossiles.
Transport, chaleur, lumière...
Après deux révolutions industrielles, aux 19e et 20e siècles,
où nous avons déterré les couches de carbone fossile
pour en faire notre civilisation,
l'atmosphère est saturée de CO2.
Le méthane et le protoxyde d'azote bloquent la chaleur du soleil sur Terre.
Le changement se produit en temps réel, j'en avais sous-estimé la vitesse.
Le dérèglement du climat est terrifiant car il change le cycle de l'eau.
C'est ça, le cœur du problème.
Sur notre planète bleue, tout dépend de l'eau.
Chaque degré supplémentaire dû à l'industrie
accroît de 7 % l'évaporation dans l'atmosphère.
Ça remonte,
les précipitations sont plus concentrées.
Tout le cycle de l'eau est perturbé.
Des événements plus violents.
Davantage de blizzards en hiver,
d'inondations au printemps,
de sécheresses en été,
de tsunamis, typhons et ouragans catégorie 3, 4 et 5.
Nos écosystèmes ne peuvent suivre un tel bouleversement :
ils s'épuisent.
Les scientifiques nous disent, dans toutes les études :
Nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse.
C'est la nouvelle la plus importante depuis notre apparition sur Terre.
C'est énorme.
Il ne s'est produit que 5 extinctions depuis 450 millions années,
où la vie a été balayée.
Et ça vient vite, la chimie de la planète bascule :
extermination massive.
Nous voulons être la première capitale neutre en carbone d'ici 11 ans.
En Islande et à Reykjavik,
un avenir sans carburant fossile est envisageable.
Notre but était d'atteindre
un système à 100 % d'énergies locales et renouvelables.
Tout devait être produit grâce au soleil, au vent et à l'eau.
Nous avons réduit nos émissions de plus de 40 %,
par rapport à 1995.
C'est un bon début, mais il reste encore 60 %,
et ce sont les plus difficiles.
Nous avons investi près d'un milliard d'euros
pour construire des éoliennes
et pour nous débarrasser du charbon et du pétrole.
Au Danemark, aujourd'hui,
20000 personnes environ détiennent des actions dans des éoliennes,
qui leur rapportent entre 6 et 7 %.
C'est mieux que la banque.
Placer son argent dans des éoliennes
peut rapporter plus que le déposer en banque ?
Bien plus.
Ces pipelines venant des montagnes
alimentent cette centrale, Hellisheiôi,
qui produit 300 mégawatts
d'électricité
et de l'eau chaude alimentant toute la ville.
Reykjavik bénéficie donc
de sources géothermiques entièrement renouvelables.
Nous grimpons dans la montagne
pour aller voir les premiers igloos.
On entend le bruit de la vapeur qui monte du sol
et qui passe à travers ce dôme.
C'est un peu magique...
dans cette brume aujourd'hui.
Le temps n'est pas toujours ainsi, il arrive qu'il fasse beau.
Je le dis pour les touristes.
En France, en Suisse, en Allemagne,
aux États-Unis, au Japon, en Italie,
les ressources existent
pour remplacer les carburants fossiles pour le chauffage
et la production d'eau chaude
par la géothermie.
Dans les pays en développement, les potentiels sont immenses :
rien que dans le Rift en Afrique,
on pourrait produire 15 gigawatts d'électricité géothermique
au Kenya et en Éthiopie, par exemple.
L'équivalent de 20 centrales nucléaires.
Un watt solaire coûtait 66 dollars à produire en 1970,
c'est 66 cents aujourd'hui
et le coût tend vers zéro.
Une fois payé le panneau solaire,
le soleil est gratuit,
il n'envoie pas de facture.
Le vent n'envoie pas de facture,
il suffit d'entretenir l'éolienne,
c'est un coût marginal quasi nul.
Idem pour la géothermie.
C'est une révolution d'une ampleur sans précédent.
Le fossile et le nucléaire sont hors jeu,
quand n'importe qui peut produire sa propre énergie,
à un coût marginal quasi nul.
En Allemagne, le gros de l'électricité est généré
par de petits acteurs
et des coopératives gérées démocratiquement.
Elles obtiennent des prêts à faible taux.
Et les quatre grandes compagnies ?
Elles produisent moins de 7 % de cette nouvelle électricité.
Elles ne suivent pas.
Parce que ce sont des géants,
qui traitent avec un pouvoir central,
leur économie d'échelle est verticale.
Mais la nouvelle énergie est partout.
Le soleil, le vent, la géothermie sont présents partout.
Et ces petits acteurs en prennent de petites quantités,
ils la stockent et la partagent.
Quand des millions de petits producteurs aspirent le soleil,
le vent, la géothermie, la biomasse,
tout ça mis bout à bout, dans une économie latérale,
ça surclasse ces centrales nucléaires.
Nous avons rénové et isolé nos bâtiments, nos logements.
Ils sont chauffés par des centrales d'énergie de la ville.
C'est un investissement important.
Mais, en tant que Copenhaguois,
ma facture de chauffage baisse.
Aujourd'hui, mon chauffage est le moins cher...
Combien ?
J'ai un 100m2 au centre de Copenhague.
Je paie entre 60 et 65 euros par mois pour le chauffage.
C'est un investissement.
Mais l'argent revient, cela profite à tout le monde.
On sait aujourd'hui,
grâce aux recherches, et ça se vérifie depuis 50 ans,
que plus on construit de routes, plus il y a de voitures.
On a aussi découvert qu'en créant des pistes cyclables,
des aménagements pour les vélos, si on invite les gens à en faire,
au bout de 10 ans, il y a bien plus de cyclistes.
Nous nous sommes aussi rendu compte qu'en améliorant les espaces publics,
en incitant les gens à marcher,
ils investissent les rues, et il y a plus de vie publique.
On s'est aussi rendu compte
que l'urbanisme a créé des conditions malsaines.
Passer son temps le cul sur une chaise,
dans une voiture...
assis devant son ordinateur...
est un problème de santé majeur.
Par ailleurs, rien n'est moins cher que développer
des infrastructures pour la marche et le vélo.
Il est important pour l'intégration sociale
et pour le sentiment de sécurité
que les gens se rencontrent au lieu de rester chez eux
à avoir peur de l'autre.
Nous aurons ainsi des villes plus vivantes, plus durables,
des villes plus sûres et plus saines.
Alors qu'est-ce qu'on attend ?
On ne bâtit pas les villes pour faire le bonheur des voitures,
ni celui des urbanistes ou des architectes.
Tout ce que nous construisons
influence le comportement des gens, leurs choix,
leurs styles de vie.
Il faut bâtir des villes
où la vie est agréable, où on passe du bon temps.
Quand on me demande : "Comment pouvez-vous vous permettre
"d'être neutres en carbone ?"
Je réponds : "Comment ne pas l'être ? Regardez autour de nous.
"Il n'y a pas d'alternative."
Mais je vois des villes qui veulent entamer ce travail,
devenir neutres en carbone.
Pour moi, les villes sont les leaders du monde.
Là où les nations échouent, elles prennent la relève.
Atteindre zéro déchet, qu'est-ce que cela signifie ?
Zéro déchet signifie
que tout est réduit, réutilisé, recyclé ou composté,
que rien ne va dans des décharges ou n'est incinéré.
Où en êtes-vous dans ce processus
pour atteindre zéro déchet?
San Francisco recycle 80 % de ses déchets.
Cela inclut ce qui est généré par les logements,
par les entreprises commerciales,
et les chantiers d'urbanisme.
Nous fournissons les moyens.
Il y a trois poubelles :
verte pour le compost et la nourriture, bleue pour le recyclage,
et noire pour le peu qui reste.
La loi exige désormais qu'habitants et entreprises
recyclent et compostent...
C'est une obligation ?
S'ils ne le font pas...
Oui, on peut avoir une amende
si on ne recycle pas correctement.
Chaque habitant et chaque entreprise paient
pour le compostage et le ramassage des déchets,
on les facture tous les mois,
et ils obtiennent une réduction
selon le volume de matériau qu'ils ont détourné des décharges.
Cela peut faire gagner des milliers de dollars par an.
L'État a économisé plus de 3 millions de dollars.
Les camions poubelles passent chez les gens,
collectent leurs déchets organiques
et viennent ici
décharger dans cette grande benne près de la barrière.
Une pelle vient les mélanger,
et les charger dans ce grand trieur rotatif.
Regardez la belle matière qui en sort.
Il faut voir ça avec les yeux d'un éboueur.
Ici, un éboueur ne voit pas des ordures,
il voit du papier, du verre,
il voit des ressources,
des résidus alimentaires à composter.
C'est un très bon matériau. Il est fin.
Il est dense.
Juste ce qu'il faut pour du compost :
des brindilles et des feuilles.
Pour moi, c'est comme le sol d'une forêt.
Tout cela vient de la terre,
nous voulons le rendre à la terre.
Vient l'étape suivante du processus :
faire un matériau plus fin,
idéal pour les plantes. Il doit être assez fin
pour que les nutriments passent dans les racines.
Après l'avoir tamisé,
nous l'amenons ici
pour le déverser sur ces grandes buttes.
C'est chaud... très, très chaud.
C'est à cause des microbes.
Il y en a des milliards de milliards.
Dans un tas comme ça...
il y a plus de microbes,
dans ce seul tas,
que d'humains sur la planète.
Les fermiers nous achètent ce compost
et le revenu de cette vente aide à financer l'opération.
Ça ne vaut pas très cher mais cela nous assure un revenu.
Nous le vendons environ 9 dollars le mètre cube.
Toutes les grandes zones urbaines
devraient composter les résidus alimentaires, les déchets de jardins...
Pourquoi remplir les décharges avec ça alors que les fermiers en ont besoin ?
Je suis un fermier, je veux du compost.
Nous n'en fabriquons pas assez, il y a une énorme demande.
C'est bon pour le sol, c'est bon pour les plantes.
Ça évite de jeter en décharges, ça rend des nutriments aux fermes,
ça économise l'eau,
ça fertilise les sols
tout en absorbant le CO2 présent dans l'atmosphère.
Les fermes ont toujours fourni les villes en nourriture.
Il faut inverser les rôles.
Rendre la nourriture aux fermes, sous forme de compost.
Pourquoi devons-nous apprendre à être plus autonomes ?
Je me rappelle, à 18 ans, je venais de finir l'école,
je suis allé chercher mes résultats.
Ils n'étaient pas terribles...
J'étais avec mes amis, une belle journée comme celle-ci,
et je les regardais en me disant :
Nous sommes désespérants, De vrais bons à rien...
Sur une île déserte, nous ne saurions pas nous manger les uns les autres.
Aucun de nous ne savait faire quoi que ce soit.
Et je pense réellement que lorsque ça arrive,
quand des gens sans compétences se rencontrent,
c'est différent d'une rencontre entre personnes qui savent tout faire.
Cela reste une rencontre, mais la relation est tout autre.
Quand deux communautés,
deux économies, interagissent,
si elles dépendent complètement de leurs importations
et ne fabriquent plus rien,
la qualité de leur relation est très différente
d'endroits plus résilients, où on produit la nourriture sur place,
on produit l'énergie, on gère l'eau.
Totnes a la chance d'avoir de nombreux projets actifs.
Je participe à deux d'entre eux : faire en sorte
de privilégier les 2 roues, en réparant les vélos.
Et je fais partie de l'équipe de la monnaie locale.
Les projets de monnaies locales sont intéressants.
Ils posent cette question :
Qui a le droit d'imprimer de la monnaie ?
Qui?
Totnes a un billet de 21 livres...
On peut le faire, alors pourquoi pas ?
L'idée est la suivante : nous voulons une économie locale
plus résiliente, où l'argent circule localement.
Une livre dépensée dans une entreprise locale
circule davantage et cela génère
2,5 livres d'activité dans cette économie locale.
Alors qu'au supermarché, cela ne génère que 1,4 livre.
L'argent s'échappe...
Dans une économie plus résiliente,
nous voulons que l'argent circule davantage.
Donc, ce billet, à Totnes, vaut 21 livres.
Dans la ville voisine, il ne vaut absolument rien.
C'est un outil très utile qui permet de bâtir de la résilience.
On ne se débarrasse pas de la livre Sterling, on l'utilise en parallèle.
Le plus beau, c'est qu'ils célèbrent
le lieu, la culture, l'histoire.
Voici 10 livres de Brixton, avec David Bowie dessus,
ce qui est tellement plus cool que d'avoir la reine.
C'est légal d'imprimer un billet de 21 livres de Totnes ?
Quand on a commencé, on a formé un panel
d'éminents économistes alternatifs et on leur a demandé,
avons-nous le droit de faire ça ?
Pour celui-ci, la toute première livre de Totnes...
avons-nous le droit de l'imprimer et d'imaginer qu'il vaut une livre ?
Ils ont répondu : "Aucune idée ! Essayez et voyez ce qui se passe !"
Tu parles d'experts !
C'est pas ça, un panel d'experts.
Donc, on s'est lancés et d'autres ont suivi.
Lewis, Bristol et Brixton et tous les autres.
Mais en fait, personne ne savait...
Tout l'argent, ou presque, est créé par des banques privées
dont la principale motivation
est de gagner de l'argent pour rémunérer leurs actionnaires.
Elles le font dans ce but,
pas pour être utiles, ni pour répondre aux besoins réels
de la société.
L'argent est omniprésent
dans nos vies, à chaque instant,
partout...
mais nous ignorons comment il est créé et ce que ça implique.
Il faut commencer à s'interroger là-dessus
et sur l'impact que cela a.
Donc, comment l'argent est-il créé ?
Imagine que j'ai 6 ans...
Par les banques, sous forme de prêts.
Je suis une banque et tu viens
m'emprunter 10 O00 livres pour acheter une voiture.
J'évalue si tu peux me rembourser.
Je crois que oui,
je tape 10000 sur ton compte, et l'argent y est.
J'ai créé de l'argent...
de l'argent nouveau.
À partir de rien ?
Comme ça ?
- Rien qu'en tapant sur un clavier ? - C'est tout.
Tu me prends pour un fou !
Un peu, oui !
Mais j'aimerais surtout pouvoir le faire !
Me rajouter de l'argent...
Bien sûr, il y a des contrôles,
les banques ne peuvent pas se rajouter 10000 livres
et aller le dépenser.
C'est lié à l'emprunt.
Tout l'argent qui est créé
est créé ainsi, comme une dette
avec des intérêts
que nous devons payer. Et quand tu rembourses l'argent,
il disparaît, il sort du système.
Pour que l'économie fonctionne, elles doivent prêter sans cesse.
Sinon, l'argent disparaît et c'est la récession.
C'est sans fin, tout le monde est déjà tellement endetté,
et tu dis que nous devons emprunter encore et encore,
pour que l'économie
continue de tourner ?
Ça marche comme ça, oui.
Sans emprunt, pas d'argent.
C'est fou !
- N'importe qui peut créer de l'argent? - Tout à fait.
Mais pour vraiment changer le système, il faut le faire à une certaine échelle.
Il faut une diversité de gens dans le système que vous créez
qui peuvent échanger les biens et services essentiels :
nourriture, électricité, transports...
Il faut que tous aient confiance dans le même système.
L'argent repose en réalité sur la confiance de tous.
Le problème avec le système financier international
est que certaines grandes compagnies
n'ont guère d'intérêts locaux.
Elles n'ont pas le même besoin
de maintenir une communauté saine,
une société qui fonctionne bien,
que les gens qui vivent et travaillent dans l'économie réelle.
Je tape deux livres pour un café,
en "Bristol Pounds" et j'envoie...
- C'est tout ? - C'est tout !
Comment ne pas être d'accord ? Ça soutient les entreprises locales.
Ça limite l'évasion fiscale.
Qui n'est pas d'accord avec ça ?
Cela crée une réserve de monnaie locale pour la communauté
et favorise le développement des entreprises.
Ça réduit les circuits de transport,
donc les émissions de CO2. Les échanges sont plus locaux,
que ce soit pour la nourriture, les matériaux, etc.
On fait moins voyager les produits.
L'économie est plus locale, résiliente, écologique.
Qui n'est pas d'accord avec ça ?
Tout le monde l'est.
Tous les partis.
Le plus facile a été d'obtenir un consensus politique.
BALLE dit simplement...
qu'on ne peut laisser les autres déterminer notre avenir,
c'est à nous de le faire.
Les entreprises qui grossissent et se mondialisent
sont très fortes pour créer des dollars...
mais très peu de gens en voient la couleur.
Pour créer plus d'emplois,
plus de richesses, pour plus de gens,
il faut accroître la densité et la diversité des entreprises locales.
La pire façon de soutenir l'économie
et de créer de l'emploi,
c'est ce que nous faisons aux USA, au nom du développement économique.
C'est-à-dire dépenser
d'immenses sommes d'argent
pour attirer ou retenir des multinationales.
C'est un échec, un échec prouvé, de développement économique.
Ce n'est pas là que sont les emplois, ce n'est pas là qu'est l'avenir.
Nous savons par exemple, grâce à plusieurs études,
que pour chaque dollar
dépensé dans des entreprises locales et indépendantes,
si on compare les emplois créés,
par rapport à une multinationale,
c'est 2 à 4 fois plus.
Chaque dollar que je dépense localement
a 2 à 4 fois plus d'impact sur l'emploi,
2 à 4 fois plus d'impact sur la richesse et les revenus,
2 à 4 fois plus d'impact sur les impôts que perçoit la municipalité,
2 à 4 fois plus d'impact sur les dons aux associations.
C'est une énorme différence.
Les multinationales contrôlent les gouvernements.
En tant que citoyens, nous pouvons changer cela
en refusant d'acheter à ces grandes compagnies,
en lançant nos propres entreprises locales.
Voilà comment rendre du pouvoir économique à nos communautés,
et, ainsi, renforcer la démocratie.
Si les multinationales continuent d'agir de cette façon,
l'argent inondera la politique.
Les plus riches contrôleront le législateur,
et nous n'aurons plus de démocratie.
Si ce que nous avons, c'est le pouvoir du peuple,
il faut nous en servir.
Tout le monde sait que les dés sont pipés
Tout le monde roule en croisant les doigts
Tout le monde sait que la guerre est finie
Tout le monde sait que les gentils ont perdu
Tout le monde sait que le combat était truqué
Les pauvres restent pauvres et les riches s'enrichissent
Ça se passe comme ça
Tout le monde le sait
Tout le monde sait que le bateau prend l'eau
Tout le monde sait que le capitaine a menti
Tout le monde a ce sentiment de malaise
Comme si son père ou son chien venait de mourir
Tout le monde parle seul
Tout le monde veut une boîte de chocolats
Et une rose à longue tige
Tout le monde le sait
Devons-nous désobéir ?
Est-ce une clé du futur ?
Nous devons obéir aux lois supérieures
qui sont de deux sortes.
L'une vient de la Terre, les lois de Gaia,
les lois de la diversité,
qui nous disent de protéger la Terre,
ses ressources et ses bienfaits.
Et tout ce qui s'oppose à notre devoir envers la Terre,
nous ne devons pas y prendre part,
par respect pour ces lois supérieures.
La seconde catégorie,
ce sont les lois qui découlent des droits humains, de la démocratie.
Toute loi qui interfère avec notre humanité,
qui nous prive de liberté, d'indépendance,
nous ne devons pas y prendre part.
À nos yeux, l'lslande était parfaite,
notre belle démocratie
nous protégeait contre la corruption et tout le reste.
Nous étions très inconscients
de ce qu'il se passait, et se passe encore,
dans le monde avec ce capitalisme global
qui nous détruit à petit feu.
Nous étions tout heureux, devant nos écrans plasma,
avec nos vacances à l'étranger, tous riches et repus.
Jusqu'au jour où nous avons compris que toute cette "réalité" était fausse.
Est-ce qu'on veut virer les corrompus ?
Virer le gouvernement?
Est-ce qu'on veut des élections ?
Merci d'être ici.
Revenez samedi prochain à la même heure,
comme nous allons continuer à le faire
jusqu'à ce que le gouvernement démissionne.
Dehors, les directeurs de la banque centrale.
Ils ne vont pas nous manquer.
Nous voulions rédiger une nouvelle constitution
pour le peuple d'lslande, par le peuple d'lslande.
Tout le monde avait accès au conseil constitutionnel,
pendant les débats.
On pouvait le contacter par mail, par Facebook,
passer un coup de téléphone, ou venir aux réunions.
C'était très ouvert.
Il y a eu de très bonnes propositions,
certaines que nous avons utilisées dans notre projet de constitution.
Nous avions des thèmes récurrents, par exemple :
comment rendre nos élus responsables de leurs actes,
introduire de la transparence afin de voir ce qu'ils font,
et répartir les pouvoirs pour éviter la corruption ?
Les gens ne sont pas destructeurs, sauf une infime minorité.
La plupart sont bons et gentils.
Mais l'argent et le pouvoir rendent aveugle.
C'est une triste règle.
Le pouvoir tend à se maintenir.
Nous avons voulu casser ça.
Aujourd'hui, avec les gouvernements locaux,
la démocratie décentralisée est plus forte.
Nous votons, nous gouvernons.
Nous votons, nous participons aux assemblées citoyennes.
Durant ces assemblées, nous élisons le président du conseil municipal
et tous les autres membres. Tout le monde assiste aux séances.
Chaque électeur a le droit de venir aux assemblées
pour voir ce que fait le conseil, quel est son programme.
On peut même contrôler.
Les villageois peuvent dire :
"Ne faites pas ça, mais d'abord ça."
Les priorités du peuple sont entendues.
Quand j'ai présenté mon plan à l'assemblée,
chaque ligne, chaque orientation ont été discutées en commun.
C'est devenu le projet des habitants.
Ils vous surveillent, ils vous corrigent,
puis ils participent.
Les assemblées sont le parlement du peuple.
Si la prochaine a lieu dans 3 mois,
et qu'on a fait avancer les choses,
à la réunion suivante, les gens diront :
"Oui, on en a parlé à la dernière assemblée,
"et c'est déjà fait à 30 %. Fantastique !"
Alors il y a davantage de soutien
et la confiance dans le système grandit.
Voici une autre partie du village,
Kuthambakkam Nord.
Avant que je sois élu en 1996,
c'était un bidonville, avec les égouts à ciel ouvert
et un terrible problème d'espace.
Maintenant, 10 ans après, ça a beaucoup changé.
D'habitude, quand on crée un township,
il faut une partie réservée aux hautes castes,
et une autre pour les castes inférieures.
J'ai pensé : pourquoi ne pas créer un township
où tous les pauvres vivent ensemble ?
J'ai introduit cette question à l'assemblée citoyenne,
et la plupart des pauvres ont accepté.
On a démarré une expérience, en bâtissant des maisons jumelles :
d'un côté, une famille pauvre intouchable,
de l'autre, une famille pauvre d'une autre caste.
C'est historique et c'est arrivé ici pour la première fois.
Et si vous regardez :
c'est une famille d'intouchables et eux, non.
Elles sont vraiment mélangées.
C'est un bel idéal, vivre ensemble.
Nous sommes brahmanes.
Mais nous vivons avec nos voisins intouchables comme une famille.
Je n'aurais jamais imaginé ça possible.
Nous sommes très heureux ici. Il n'y a pas de différence.
Tout le monde est venu au mariage de notre fille.
Toute notre famille était très heureuse de partager ce moment.
Ailleurs, on ne vit pas ainsi, toutes les castes ensemble.
Voyant cela, le gouvernement
a subventionné plus de 300 quartiers similaires
dans l'État.
- Il y a combien de toilettes ? - 900.
Il en faut encore combien ?
Le village compte 18000 à 20000 habitants.
Nous avons besoin d'autres toilettes.
Quand les citoyens ont du pouvoir, ils construisent une vraie démocratie.
C'est une très belle école. Tout a l'air neuf.
De quand date-t-elle ?
Ce bâtiment a 4 ans,
il a été construit en 2010.
C'est normal d'avoir de si beaux bâtiments ?
Quand on construit une nouvelle école, on veut toujours faire au mieux.
Nous sommes situés dans un quartier assez pauvre,
et il est bon que la société ait tenu
à montrer ainsi l'importance de l'éducation.
C'est comme faire un cadeau aux gens d'ici.
En Finlande, on n'a guère de richesses,
on n'a que les forêts, le bois.
On n'a pas de mines, pas d'or, pas de pétrole...
Notre force,
c'est une excellente éducation.
Comment décririez-vous votre système éducatif ?
Très peu de bureaucratie.
Le maître mot est la confiance.
Le ministère fait confiance aux autorités locales,
qui font confiance au proviseur,
qui fait confiance aux professeurs. On n'a pas d'inspection.
Pas de classement national,
comme dans tant de pays où on compare les écoles entre elles...
On n'a pas d'évaluation.
Pas de classement ? Pas de : "Cette école est meilleure" ?
Nous consacrons notre temps à enseigner, pas à évaluer.
L'essentiel, c'est de former les professeurs.
En Finlande, ils font tous un master de 5 ans à l'université.
Ils se forment dans des écoles,
ils s'entraînent avec de vraies classes.
Ils découvrent de nombreuses pédagogies.
Nous prenons à Montessori, à Steiner, un peu partout.
Et ils étudient de manière approfondie la psychologie enfantine.
Nous tenons à leur donner de nombreux modèles,
beaucoup d'idées,
une réelle perception de la capacité de l'enfant à apprendre,
des difficultés qu'il peut rencontrer.
Et, bien sûr, les cas particuliers
sont suivis par un enseignant supplémentaire.
J'adore mon travail.
Quoi, en particulier ?
Avoir une bonne relation avec les élèves,
devenir proches, si bien qu'ils prennent confiance.
Ça fait du bien.
J'aime être avec eux.
Oui, j'aime ça.
C'est important de se sentir bien en classe.
Si l'ambiance est très stricte, ça les inquiète
et ils n'arrivent plus à se concentrer.
Quelle est la différence
entre l'éducation d'autrefois et ce que vous faites maintenant?
Avant, ils étaient 40 par classe
et ils étaient assis en silence, comme des piquets,
pour ne pas se faire remarquer...
Et le professeur faisait son cours devant la classe.
Aujourd'hui,
nous pouvons circuler,
les élèves ont le droit de parler pendant les maths, par exemple,
ils ont le droit d'échanger
pas trop fort, bien sûr, doucement.
Ça accroît leur confiance en eux-mêmes.
Ça les enrichit d'être ainsi avec les autres,
et ils apprennent les uns des autres.
Ils apprennent aussi que le professeur n'est pas une autorité,
pas une sorte de dieu mais...
que nous sommes tous pareils, égaux... ce genre de choses.
C'est plus libre, plus ouvert, plus...
social. Savoir vivre ensemble,
c'est important dans la vie.
Pas juste les matières. Elles comptent, bien sûr.
Au CP, quand on apprend à lire,
certains commencent avec les lettres et ils les combinent,
d'autres, par les mots
et ils les démontent, en quelque sorte.
Vous enseignez la lecture selon plusieurs méthodes ?
Je me sers de plusieurs méthodes
pour offrir des possibilités à chaque élève.
Ils finissent toujours par apprendre.
Certains vite, d'autres moins, mais ils finiront par apprendre,
quelle que soit la méthode.
Il n'y a pas une bonne méthode, il y en a de nombreuses.
De mon temps, il n'y en avait qu'une,
ce n'est plus ainsi aujourd'hui...
Moi, j'ai appris ! Donc tout doit marcher.
Tous les élèves sont différents et nous tentons de tenir compte du fait
que tous n'apprennent pas de la même manière.
Les professeurs mangent avec les enfants.
Ça fait partie du boulot.
C'est un moment éducatif.
Ils sont ensemble, c'est agréable, ils leur enseignent les bonnes manières.
C'est un moment de détente
pour les enfants et pour les profs.
En France, en étant si proches,
on craindrait de perdre toute autorité...
L'autorité vient de beaucoup de choses.
Elle vient de la compétence dans son métier,
et du respect.
Pas besoin d'un titre pour ça.
Cette proximité ne crée donc pas de problèmes de discipline ?
La raison n'est pas là.
Nous avons des problèmes,
comme toutes les écoles du monde.
Mais en étant plus proches,
c'est plus facile.
Ils ne veulent pas nous faire d'histoires,
on est amis, ils voient qu'on veut les aider.
Ce n'est pas toujours facile,
mais les punitions, ça n'aide en rien.
Raisonner, les rassurer,
les écouter, les laisser prendre des décisions,
voilà comment les inciter à coopérer.
Était-ce déjà ainsi quand vous étiez petit ?
Non, le système a changé au début des années 70.
C'est un processus très lent.
Quand on veut changer l'école,
il faut 10, 20 ans.
Comment y êtes-vous parvenus ?
En Finlande, ce n'est pas un enjeu politique.
Après les élections, quand les gouvernements changent,
on ne chamboule pas le système éducatif.
Tous les 6 ans, nous changeons les programmes
et c'est toujours fait d'un commun accord.
Quel est le but de l'école selon vous ?
Préparer à la vie, à la suite.
Nous leur donnons les bases, un enseignement général,
de sorte qu'ils puissent sentir
s'ils sont plutôt manuels ou plutôt intellectuels.
En tant qu'êtres humains, de quoi auront-ils besoin,
qu'essayez-vous de leur enseigner ?
La tolérance,
pas d'idées raciales,
comprendre la différence, comprendre que chacun est important,
que certains ont besoin d'aide, s'aimer les uns les autres...
J'espère qu'ils emporteront ça avec eux quand ils quitteront l'école.
Sous-titres : Cyril Dion et Paul Benita
Sous-titrage : Monal Group
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