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Baisse ! On s'entend pas dans le fond, là.
Déjà, je me fais chier avec un mec qui veut du 37.
Je vais lui en inventer, du 37.
Baisse ! Baisse !
- Oui ? - Vous avez ma taille ?
Bon. Vous voulez rien...
Alors on essaye ? Enlève ta veste.
C'est très bien, ça. Ça te va forcément.
Alors là, t'es dans le coup, avec ça.
Tiens, regarde. Jaune, c'est super. Voilà.
T'as l'air d'un vrai chasseur, là.
Allez, va payer, t'as la chemise gratuite.
- Tiens, n'oublie pas ta veste. - Merci.
Avec plaisir.
Alors, ça y est ? Elle s'est changée, là.
Finalement, je vais prendre la noire.
Oui, elle est très bien.
Non, mais dis donc, ça va pas, non ! Allez, enlève-moi ces bottes !
Petit con, va !
Hé ! Qu'est-ce que t'as ? T'es gelé, toi ?
Il a volé des bottes !
C'est pas une raison pour le cogner.
- C'est moi qui les paye ! - Et alors ?
- T'es pas content ? - Non.
Ben, t'es viré.
T'es vendeur, alors. Tu vends un pantalon à la fille.
Donne-moi ma veste, je me casse.
Je te verrai ce soir.
Viens, le gosse.
Et les bottes ?
Eh ben, tu les prendras sur mon compte, banane.
Connard !
Monsieur connard.
Bois pas si vite, on va pas te le prendre.
- Tu veux une paille ? - Non, ça va.
Comment ça se fait que t'es pas à l'école ?
Regarde-moi. T'as séché ?
Hé, tu peux me le dire. Je m'en fous, moi.
- Dans quelle classe tu es ? - 9e.
9e. Tu sais lire, au moins ?
- Pas tout. - Pas tout ?
On sait lire ou pas. Tu sais lire quoi, par exemple ?
Les BD ?
Oui.
On va voir ce que tu sais faire.
Dis donc, on va pas être embêté par les mouches.
Alors voyons voir ce que t'as comme livres.
Vous vous emmerdez pas à l'école, ça va.
Tiens, tu vas me lire ça pour voir.
Pousse-toi.
Ici, là, les grosses lettres.
- Et "vi". - Et ?
Vi.
C'est "vi", ça ? "O, u", ça fait quoi ?
- "Ou". - Alors ?
- "Et vous"... - Oui.
- "Saurez"... - "Saurez".
- "Qué"... - "Que"...
- "Que le plus 'bravé'"... - "Brave", il y a pas d'accent.
- "C'est"... - "César et rien que César."
Tu vois que tu y arrives. Aussi facile que de voler des bottes.
- Pourquoi tu vas pas à l'école ? - Parce que j'aime pas ça.
Mais c'est bien, l'école. Il y a tes copains.
- J'aime pas ma maîtresse. - Pourquoi ?
- Parce qu'elle m'aime pas. - Oh, c'est pas bien, ça.
T'aimais l'école, toi ?
Tu veux un autre diabolo ?
- Je vais déjà finir celui-là. - Bon, vas-y.
Tiens.
Merci.
Tu vas faire quoi, maintenant ?
Je vais retourner à Rungis.
J'aime encore mieux porter les cageots.
Dis, on se marie toujours au mois d'août ?
Oui, si tu veux, mais tu vas épouser un chômeur.
- Mais tu vas trouver. - Du travail ?
Tout le monde en cherche.
Mon père t'a proposé de travailler avec lui, accepte.
- Dans le poisson ? - Oui.
Ah non. Merde.
Je vais quand même pas faire poissonnier. J'aime pas le poisson.
Remarque, on aura toujours à bouffer.
- Qu'est-ce que je pourrais faire ? - Mais tu vas trouver.
Je sais rien faire.
Ah, mais je sais ce que je pourrais faire.
J'ai mon bac, j'ai fait une année de droit, je peux faire instit.
Oui, c'est bien.
Je peux faire instit. Je fais une demande.
- C'est bien. - Hein ? J'aime bien les enfants.
Je vais faire une demande. On verra bien si j'ai une réponse.
- T'en penses quoi ? - C'est bien.
Super !
Instit, je vais faire instit.
Monsieur Barbier, monsieur l'inspecteur.
Entrez.
Asseyez-vous.
- Vous avez rempli votre fiche ? - Oui.
Vous avez votre bac.
Vous avez fait un an d'études supérieures.
Quelles études ?
- J'ai fait du droit. - Et vous avez arrêté ?
Oui. Je voulais gagner ma vie.
Bon.
Voyons votre livret scolaire.
- Des lacunes en français. - Oui, ça, c'est...
Moyen en histoire-géographie.
Et vous voulez être instituteur suppléant ?
Oui.
Vous avez une idée de l'organisation de l'enseignement primaire ?
Ah non, ça, je... Ah non, je sais pas.
Je dois vous prévenir
qu'en entrant dans la grande maison,
la plus grande et la plus noble entreprise de la nation,
vous entrez dans la maison la plus pauvre.
- Elle ne vend rien. - Ah oui...
Elle donne des vacances, mais elle paye mal.
Ah oui.
Ne vous attendez pas à gagner des milles et des cents.
Non.
Et même pour un instituteur titulaire, c'est pas le Pérou.
- Non ? - Ah non.
- Alors... - Oui.
Et puis pour être titulaire, il vous faudra du temps,
beaucoup de patience.
Ici, c'est comme à l'armée, il faut sortir du rang.
Bon. Et à propos,
pourquoi voulez-vous être instituteur ?
Parce que...
- je crois que ça va me plaire. - Vous avez déjà gardé des enfants ?
Vous avez été moniteur en colonies de vacances ?
Non. Mais j'aime bien les enfants,
surtout les 10-12 ans, comme ça,
quand ils s'éveillent un peu.
- Vous prendrez ce qu'on vous donnera. - Bien sûr, oui.
Vous auriez d'autres questions à me poser ?
Je voudrais savoir comment on fait la classe au début.
Est-ce qu'il y a un manuel ?
Pas de manuel. Mais vous aurez la visite
d'un conseiller pédagogique.
Puis vous pouvez demander des conseils à vos collègues.
En fait, on apprend sur le tas.
Ben oui, évidemment.
Monsieur ! Monsieur !
Monsieur !
Debout. Tout le monde debout.
Assis.
Aujourd'hui, leçon de choses,
sortez vos cahiers de choses.
Je t'ai vu, tu copies sur ton voisin.
Ne dis pas non, je viens de te voir. T'étais en train de copier.
Ah non, t'as qu'à faire tes devoirs à la maison.
Vous vivez à 12 dans une pièce ? Bon. T'as qu'à copier, t'as raison.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
Vous êtes le remplaçant ? Je suis le directeur de l'école.
Bonjour, monsieur le directeur. Je m'excuse, je m'entraînais.
Oui, j'ai vu. Vous êtes bien matinal.
J'avais peur d'être en retard.
7 h 30. Vous avez encore une heure.
- Je vais vous montrer votre chambre. - Bien.
J'ai emmené mes cahiers d'école.
Je sais pas si ça vous servira. Les méthodes ont beaucoup évolué.
J'imagine. Je prends ma valise.
Oui, prenez-la. C'est tout près.
C'est pas une grande chambre, mais c'est confortable, vous verrez.
Avec les 36 F par jour que vous alloue l'administration,
c'est tout ce que j'ai pu trouver.
L'hiver, je bois du rhum,
ce qui fait que quand l'été arrive, je continue.
Oui.
L'habitude. Vous connaissez la chanson.
À 15 ans On prend des habitudes
Et puis après, on les garde
J'ai plus de chambre là-haut. Je vous ai mis dans le jardin.
Il y a un peu de bruit, mais on s'y fait.
Après 6 heures de classe, aucun bruit ne vous réveillera.
- Je mettrai des boules Quies. - Vous en aurez pas besoin.
Allez-y.
C'est par là.
Tu la manges, ta tartine.
Vous reprendrez la charge de la cantine
- comme Mme Leborgne ? - Oui.
Vous surveillez les élèves avant et après la cantine,
et pendant qu'ils déjeunent.
Oui.
Pour ça, vous toucherez 50 F de la mairie.
Et le soir, si vous faites l'étude, vous en aurez encore autant.
En étant courageux, vous pourrez arrondir vos fins de mois.
Voilà Mlle Lajoie. Entre nous, on l'appelle "Rabat-joie".
Mlle Lajoie,
voici M. Barbier. Il remplace Mme Leborgne.
- Enchantée. - Moi de même.
- Vous tâcherez de l'aider un peu. - Avec joie.
Comment ça va, ce matin ?
- Ça va pas. - Ah bon ?
- J'ai mal au crâne. - Allons.
Tout va mal.
Vous n'allez pas encore nous laisser tomber ?
Ça, je sais pas, j'ai mal au crâne. Le matin, j'ai mal au crâne,
je me couche, j'ai mal au crâne.
- Ah. - C'est embêtant.
Aïe, mon crâne !
À qui est ce ballon ? Donnez-moi ce ballon !
Donnez-moi ce ballon !
Donnez-moi ce ballon ! Terminé, le ballon !
Confisqué.
Je vous avais prévenu : pas de jeu de ballon dans la cour.
Le premier qui ramène encore un ballon aura affaire à moi.
À qui est ce ballon ? À qui appartient le ballon ?
- À mon frère. - À ton frère, oui ! Et ta sœur ?
Allez, file à mon bureau, Hassan. On va causer.
File à mon bureau, je te dis ! Et vous, allez jouer !
Gentiment, tranquillement.
Et toi aussi.
Mettez une compresse.
- Oui, je vais aller à l'infirmerie. - Oui.
Oh là là, ce ballon.
C'est dangereux, le ballon.
C'est Meignant, le représentant du syndicat.
Qu'est-ce qui va encore nous sortir aujourd'hui ?
- Bonjour, M. Meignant. - Bonjour.
M. Barbier remplace Mme Leborgne.
Enchanté. Très bien.
Pas de grève à nous annoncer aujourd'hui ?
Non, monsieur le directeur, pas aujourd'hui.
Quand c'est l'heure, c'est l'heure.
- Les grèves, je suis pas contre. - Ah bon ?
Mais sur qui retombent les problèmes ?
- Je sais pas. - Sur le directeur.
- Ah ben oui, évidemment. - Évidemment.
Ça sonne. C'est la rentrée.
Silence !
Je vais vous conduire à votre classe.
Commencez par faire l'appel.
Le cahier de Mme Leborgne est dans son tiroir.
Tout se passera bien si vous êtes ferme.
Mais par quoi je commence ?
- Vous n'avez rien préparé ? - On m'a rien dit.
- Il vous faudra un cahier-journal. - Bon.
- Mlle Lajoie vous montrera comment. - Bien.
- Faites-lui la cour, ça aidera. - Oui.
Faudra faire des fiches chaque jour pour chaque leçon.
Bon.
C'est pas compliqué, vous verrez.
Mais alors aujourd'hui, je fais quoi ?
- Faites pour le mieux, improvisez. - Bon.
Je passerai vous voir. Bonne chance.
- Merci. - Soyez ferme.
Bon.
Excusez-moi de vous avoir fait attendre.
On va y aller. Entrez.
Allez.
Serrez dans le fond.
Bon, alors voilà.
Je remplace Mme Leborgne, votre institutrice.
J'espère que ça va bien se passer.
Le directeur m'a donné quelques conseils.
Je vous préviens tout de suite que je monte très bien à cheval,
comme il dit.
C'est donc pas la peine de vous cabrer.
Je sais bien tenir les rênes. Ne m'obligez pas à tirer sur le mors.
Qui est "mort", monsieur ?
Personne n'est mort.
C'est le mors aux dents. C'est un symbole.
- C'est quoi, un symbole, monsieur ? - Un symbole...
Je vais vous expliquer.
Un symbole, c'est une image.
C'est quand on remplace une expression par une autre
pour se faire mieux comprendre.
Par exemple : ne m'obligez pas à tirer sur le mors,
c'est-à-dire, ne m'obligez pas à être sévère.
C'est un symbole.
Monsieur, quand on sera sages, vous nous donnerez des symboles ?
Tu veux des symboles ?
Oui. Vous avez dit que c'était des images.
Mais c'est abstrait. C'est des images abstraites.
- C'est quoi, "abstrait", monsieur ? - Ben...
c'est le contraire de concret.
Par exemple, si je te donne une gifle,
c'est concret, t'as une gifle.
Si je te donne une image, c'est abstrait.
On peut pas la toucher. C'est une idée.
Tu comprends ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Monsieur, je lui ai donné une gifle, comme vous avez dit.
Vous nous avez dit que c'était concret.
- Tu lui as donné une gifle ? - Oui.
Mais t'es fou, toi ? Ça fait mal.
Pleure pas, mon grand, va. T'es un grand.
Fais attention, toi. Moi aussi, je peux être concret avec toi.
Monsieur, comment vous vous appelez ?
Ah, alors il faut aussi que je me présente.
Je m'appelle Gérard Barbier. Je vais vous l'écrire.
Monsieur ! Monsieur ! Il y a 2 "p" à "m'appelle".
- Il y a 2 "p" à "ta pelle" ? - "M'appelle", ça prend 2 "p".
- T'es sûr ? - Oui.
C'est exact. Je vois avec plaisir qu'il n'y a pas que des idiots, ici.
J'ai fait une faute d'orthographe exprès.
- Comment tu t'appelles ? - Nicolas Vanier.
"Nicolas Vanier". C'est bien, Nicolas, bravo. Tu peux t'asseoir.
Autre exemple. L'académie veut qu'on suive des cours de recyclage.
Je suis d'accord.
Les méthodes d'enseignement changent chaque année.
Maintenant, on doit susciter l'éveil chez l'enfant. D'accord.
On doit l'aider à penser par lui-même.
Mais là où je dis non, le syndicat aussi dit non,
pas sur nos heures libres.
On se recycle, d'accord, mais pas sur nos heures libres.
- Et les gosses, là-dedans ? - Ils restent chez eux.
L'académie doit choisir : ou on fait cours, ou on se recycle.
Mais l'enfant, ou il est éveillé, ou il le sera jamais.
C'est pas parce qu'on va prendre des cours que ça va l'éveiller.
Le directeur a dit que vous pourriez m'aider pour le cahier-journal.
Passez boire un pot un soir à la maison, je vous expliquerai.
Vous pouvez demander de l'aide au conseiller pédagogique.
Il est là pour ça.
- Il est vache ? - C'est son boulot.
Arrêtez !
Arrêtez !
Vous êtes fous ! Qu'est-ce qui se passe, là ?
Vous êtes pas bien, là ?
Silence ! Silence !
- Qu'est-ce que t'as fait ? - C'est pas moi.
Tu crois que c'est moi ? Je t'ai vu lancer de la purée !
- C'est pas moi qui ai commencé. - Mains sur la tête et au coin.
Au lieu de manger, tu vas au coin. Voilà ! T'es content comme ça ?
- Ça te plaît, ça ? - Je le dirai à mon père.
Et alors, je m'en fous ! Qui c'est, ton père ?
C'est le maire.
C'est le maire ? Bon. Allez, va t'asseoir.
Les enfants s'amusent.
Et entre 1960 et 1970, elle était favorable à l'abolition.
Ce n'est pas le cas pour le moment.
J'ai horreur de la peine de mort,
j'ai horreur des exécutions capitales, mais j'estime que...
il n'est pas possible d'abolir la peine de mort
tant que le sentiment d'insécurité n'a pas reculé,
tant que les Français n'ont pas recouvré la sécurité.
Tu peux me regarder, va.
Je vais pas faire ton devoir.
Tu veux faire mon omelette ? T'as perdu ta langue ?
- Qu'est-ce qui va pas ? - Elle n'a rien écrit depuis 2 heures.
Je vais l'aider.
- Je sais pas quoi faire avec elle. - Attendez.
Alors, je t'ai demandé de me raconter ce que fait ton papa.
- Alors que fait ton papa ? - J'ai pas de papa.
T'as pas de papa.
Et ta maman, qu'est-ce qu'elle fait ?
- Elle fait des "omelettres". - Des "omelettres" ?
- Et avec quoi, on les fait ? - On casse des œufs.
"On casse des œufs." Tu vois que tu le sais.
Alors écris ça. "Ma maman fait des omelettes."
Quels sont ceux encore qui sont pour la peine de mort ?
Moi, monsieur.
- T'es pour ? - Oui.
- Pourquoi ? - Mon père a dit qu'avant de les tuer,
il faudrait leur casser les bras et les jambes.
- Et toi, t'es d'accord avec lui ? - Oui.
Très bien. Assieds-toi.
Sévère, hein. Qui d'autre ? Jackson ?
Je pense
qu'il faudrait leur faire boire de l'eau salée.
Tu les ferais mourir à l'eau salée, toi ?
- Oui. - C'est sympathique.
- C'est dégueulasse. - Ah oui.
Oui.
- Toi, t'es contre la peine de mort ? - Oui.
Au moins, quand ils sont morts, ils peuvent plus recommencer.
Eh oui.
Max ?
Mon père a dit
qu'avant de les tuer, il faudrait les découper en morceaux.
Ah bon ?
Une jambe un jour,
l'autre jambe, une semaine après,
et une semaine après, un bras, jusqu'à la tête.
- Il couperait la tête en dernier ? - Oui.
C'est pas bête. Et il fait quoi, comme métier ?
Charcutier.
Faudrait leur couper le zizi et leur mettre dans la bouche.
Évidemment, ça rigole.
Dites-moi, qui encore est contre la peine de mort ?
- Moi, monsieur. - Alors dis-nous pourquoi.
Parce que quand quelqu'un
a tué quelqu'un, ça sert plus à rien de le tuer.
Si on le laisse en prison pendant toute sa vie, il pourra réfléchir.
Eh oui. Je suis de cet avis aussi.
Moi aussi.
Bon, alors.
Ceux qui sont... Pourquoi tu lèves la main ?
J'ai rien dit encore.
Ceux qui sont pour la peine de mort, levez la main.
Maintenant, qui est contre la peine de mort ?
- Et toi, tu lèves pas la main ? - Non.
T'es pour ou contre ?
Ça dépend. Des fois, il y en a qui tuent des enfants.
Ben oui, mais enfin, t'es pour ou contre ?
Je suis contre. Mais ça dépend, des fois, je suis pas pour.
Évidemment, oui.
Il y a des fois où t'es contre et des fois où t'es pas pour, quoi.
- Bonjour. - Bonjour.
Ben, entrez. Je vais pas vous manger, moi.
- Pardon. - Allez-y.
- Je vous dérange pas ? - Non. Je vous attendais.
- Excusez le désordre, j'ai pas... - Oh ben...
- On se fait un petit thé ? - Volontiers.
- À l'abricot ou au caramel ? - Quoi, le thé ?
- Oui. Vous avez jamais goûté ? - Non.
Ah, c'est délicieux. C'est aphrodisiaque, vous verrez.
- Alors abricot ou caramel ? - Caramel.
C'est celui que je préfère.
Tenez, en attendant, des gâteaux régime. Ils font pas grossir.
Ça vous dérange pas, le tam-tam ? J'adore ça.
J'ai vécu 2 ans avec un Noir.
- Qu'est-ce que vous attendez de moi ? - C'est pour le cahier-journal.
- Le cahier-journal, c'est facile. - Ah bon ?
Embrassez-moi, d'abord.
Sur la bouche ?
- Je vous plais pas, c'est ça ? - C'est pas ça, la question.
Elle est où, la question ? Embrassez-moi.
Ben... Pourquoi moi ?
Parce que j'en ai envie.
Mais c'est la porte ouverte, après.
Embrassez-moi, après, je vous explique.
Mais Jacqueline...
J'en peux plus, d'entendre ce tam-tam dans ma tête.
Alors...
Les mots en "oir".
Alors "noir".
Papa se lève, il fait tout noir.
Il prend son rasoir
et...
"Il se regarde dans le miroir,
"il fait quelques mouvements respiratoires
"virgule..."
Pas si vite.
Où t'en es ?
- Il fait... - "Il fait"...
Vas-y.
"quelques mouvements respiratoires,
"virgule...
"qui sont obligatoires,
"qui sont obligatoires,
"quelle histoire."
- Et toi, t'écris pas ? - J'ai pas mon stylo.
T'as pas ton stylo ? Et où il est, ton stylo ?
Où est ton stylo ? Je te pose une question, réponds.
Chez ma mère, avec mes affaires.
Et pourquoi t'as laissé tes affaires chez ta mère ?
Mon père m'a emmené avec lui.
Rangez les cahiers.
Vous sortez sans chahuter.
Et pas de bagarre dans la cour.
Je vous regarde. Allez-y.
Monsieur, on pourra jouer au ballon ?
Demandez au directeur.
- Alors au gendarme et au voleur ? - Oui, mais sans vous bagarrer.
- Toi, tu restes avec moi. - J'ai rien fait.
Mais je vais pas te punir. Allez, raconte-moi ce qui se passe.
Dis-moi, pourquoi ton père t'a emmené ?
Ma mère va divorcer.
- C'est des choses qui arrivent. - Je veux pas qu'elle divorce.
Mon père veut me garder avec lui et ma mère veut me garder avec elle.
Moi, je veux pas. Je veux rester avec mon père et ma mère.
Tu resteras une semaine avec ta mère
et une semaine avec ton père.
Tu les verras tous les 2, mais pas en même temps.
Non, je veux pas. Je me sauverai.
Allez, dis pas de bêtises.
Va jouer dans la cour. Ça va s'arranger.
Hé !
Arrêtez !
Arrêtez ! J'ai dit, pas de bagarre !
Arrêtez la bagarre ! Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
Hein ?
Oh, donnez-moi le ballon !
Donnez-moi ça ! Donnez-moi ce ballon !
À qui est ce ballon ? À qui est ce ballon ?
On a dit, pas de ballon dans la cour !
Il est à personne, le ballon ?
Je vais appeler le directeur, attention !
À qui est ce ballon ?
Je compte jusqu'à 3 et j'appelle le directeur.
Un !
Il est à personne ?
Deux !
Deux et demi !
Il est à personne ? Trois !
Pas la peine d'appeler le directeur, j'ai tout vu.
Voilà.
Voilà !
Vous êtes contents ?
Salaud !
Pendant 10 min, vous me faites tous le musée Grévin !
Allez, tout le monde lève une jambe !
Les mains sur la tête !
Plus personne ne bouge !
Le premier qui bouge, je le renvoie de l'école !
Voilà.
Vous les laissez comme ça pendant 10 min.
Le premier qui bouge, vous me l'envoyez !
Vous rendrez ça à son propriétaire.
Et passez me voir après la classe, j'ai à vous parler.
Le musée Grévin ! Ils comprennent que ça.
Ce sont des animaux sauvages, Barbier.
On peut pas les laisser en liberté, sinon ils font que des conneries.
- Je me suis absenté 5 min. - Même pas pour pisser.
Si vous avez envie de pisser, faites-leur faire le musée Grévin.
Vous faisiez quoi ?
Je parlais avec un enfant dont les parents vont divorcer.
Mais c'est pas votre affaire. Il y a l'assistante sociale pour ça.
Et puis méfiez-vous du petit Vanier.
- Ah bon ? - Oui.
C'est le fils du maire, il raconte tout à son père.
Au conseil des parents d'élèves, vous allez voir.
C'est l'œil de Moscou, cet enfant-là. Il est dangereux.
Justement, c'est son ballon que vous avez crevé.
Quoi ?
- Il est venu se dénoncer tout seul. - Et vous lui avez dit quoi ?
Je l'ai puni. Il écrit 100 fois à tous les temps :
"Je dois pas amener mon ballon à l'école."
Oh, on est dans de beaux draps !
Tu as été courageux de dire que c'était ton ballon, Nicolas.
Mais tu sais bien que je ne veux pas de ballon à l'école.
Tes camarades ne sont pas capables de jouer gentiment.
Voilà. Tu peux arrêter tes verbes. Ça suffit maintenant.
Et voilà un autre ballon.
- J'en veux pas. - Pourquoi ?
C'est pas le mien.
Il est encore mieux, celui-là. C'est un ballon de match.
Je sais, vous l'avez confisqué
à Maboul.
Ça lui apprendra. Il n'a pas à apporter de ballon à l'école.
Moi non plus.
Oui, mais toi, c'est pas pareil.
Toi, tu travailles bien en classe, tu joues gentiment avec ton ballon.
Allez, prends ce ballon.
J'en veux pas. Mon père va m'en racheter un autre.
Alors c'est moi qui donne les sous.
Non. Mon père va m'en racheter un autre.
Comme tu veux.
Allez, rentre chez toi. Tes parents vont s'inquiéter.
- J'ai pas fini ma punition. - Mais je la lève, ta punition.
Rentre chez toi.
Non. C'est pas parce que mon père est maire que je dois pas être puni.
Quel petit con, et têtu !
Il n'est pas aussi con.
Fallait pas le punir, Barbier.
C'est vous qui avez crevé son ballon.
C'est un fait, mais vous êtes payé pour surveiller les élèves,
pas pour vous occuper des divorces.
Oh, je savais que j'allais être emmerdé aujourd'hui.
J'aurais dû écouter mon horoscope et rester couché. Bon, au revoir.
Au revoir.
Et merde !
Je peux te déposer, te gêne pas.
Je vais rentrer à pied.
Ça me dérange pas, c'est mon chemin. Allez, monte.
Tu peux me tutoyer, maintenant.
Tu leurs demandes de dessiner un train :
"Mademoiselle, il faut que je dessine tous les wagons ?"
"Oui, tu dessines tous les wagons, avec la fumée et tout."
Tu penses être tranquille, tu parles !
Tut, tut, tut !
Et tous les autres enchaînent.
Tut, tut, tut !
Et s'ils dessinent une vache...
Meuh, meuh ?
Gardes de chiots, voilà ce qu'on est.
On nivelle par le bas.
On sacrifie les meilleurs. Comme ça, tout le monde est content.
Quand je vois ma classe crever d'ennui toute la journée,
on dirait qu'ils sont aux galères.
Qui a bien pu décréter que l'école était obligatoire ?
4 ans de lycée technique pour finir chômeur.
On leur apprend à être pauvres pour qu'ils s'habituent.
Il faut aimer les gosses.
Mais je les aime, moi. C'est eux qui m'aiment pas.
J'en ai marre. Des fois, j'ai envie de tout plaquer ou me flinguer.
- T'attends quoi ? - Pour me flinguer ?
- Non. Pour te barrer. - Qu'est-ce que je ferais d'autre ?
Postière ?
Tu me vois avec une sacoche en train de grimper les étages ?
- Je préfère me flinguer. - Tu déconnes.
Ah non.
J'ai envie de me jeter par la fenêtre.
Tu feras gaffe à pas te blesser, t'habites au rez-de-chaussée.
- Tu viens près de moi ? - Il faut que je m'en aille, là.
- Tu me laisses déjà ? - Oui, j'ai du travail.
Je vais le faire, ton travail.
Non. Je dois apprendre.
Ne me laisse pas.
Voilà, ça y est, ça recommence.
Oh là là, ce tam-tam.
C'est rien, ça va passer.
Ne me laisse pas. Tu sais, j'en ai marre.
Toujours les mêmes plaisanteries, "Rabat-joie"...
Puis il y a les cris des mômes qui se mélangent, le tam-tam,
ce putain de tam-tam dans la tête.
C'est ça, l'Afrique. Allez.
Tu pars, hein ?
La vie est dégueulasse.
T'as qu'à signer et tu paieras ta cotisation à la fin du mois.
C'est quoi, comme tendance, ton syndicat ?
C'est plutôt socialiste, mais c'est pas politique.
C'est plutôt socialiste, quoi.
Oui, parce qu'il y a beaucoup de socialistes. Tu la signes ?
Je vais aller pisser avant.
Bonjour, toi. Ça va ?
T'es là ?
T'es pas en Belgique, alors ?
Va en cours.
Aujourd'hui, leçon de conjugaison.
"Je vais me promener."
Qui peut me mettre cette phrase au futur ?
- Jackson ? - "Je me promenais."
Non. Ça, c'est le passé.
Le futur, c'est : "J'irai me promener."
Très bien, Nicolas.
C'est très bien. T'as vu, c'était ça, le futur.
Alors encore plus fort, une autre phrase plus compliquée :
"Je vois des pêcheurs qui pêchent."
Qui peut mettre ça au futur ?
Moi, monsieur.
"Je 'voierai' des pêcheurs qui pêcheraient."
Non, c'est : "Je verrai des pêcheurs qui pêchent."
C'est ça. Bravo, Camille.
- C'est bien, mon garçon. - Je suis une fille.
Vous avez jamais vu des filles qui ressemblent à des garçons ?
Si, monsieur, les pédés.
Les pédés. Intéressant. Explique-nous ce que c'est.
C'est un homme qui n'est pas comme les autres.
Ah !
Voilà un sujet intéressant.
Dis-nous, toi, qui as l'air de t'y connaître.
Pourquoi est-ce que c'est un homme qui n'est pas comme les autres ?
Parce que c'est un pédé.
C'est un peu léger.
Monsieur, comment on sait qu'on est pédé ?
Alors comment on le sait ?
D'abord, on dit pas pédé, on dit homosexuel.
Comment ça s'écrit ?
Je vais vous l'écrire.
"Homosexuel".
Alors comment on sait qu'on est homosexuel ?
Pour l'instant, vous êtes trop petit, vous êtes pas concerné.
Mais les garçons, si à 18 ans, vous jouez encore à la poupée,
faudra vous poser des questions. Et les filles, c'est pareil.
Elles sont masculines, elles préfèrent les jeux de garçons.
J'aime les jeux de garçons, je suis pas comme vous dites.
- T'en sais rien. - Ça me dégoûterait.
Mais c'est pas dégoûtant, c'est pas une maladie, "homosexuel",
c'est une question d'hormones.
C'est quoi, une "anormone" ?
UNE HORMONE.
"Hormone."
C'est des petites cellules sécrétées par des glandes.
Comment ça s'écrit ?
Hormone ?
Les poulets sont
des pédés, ils mangent des hormones.
Asseyez-vous.
Lambert. Je suis le conseiller pédagogique.
Ne vous occupez pas de moi. Poursuivez là où vous en étiez.
Je vais m'asseoir au fond.
Ah bon ?
Bien. Alors reprenons.
Où en étions-nous ?
Aux hormones.
Bon, alors écoutez, on a bien ri avec les poulets aux hormones,
donc comme je vous l'ai expliqué,
les meilleurs poulets ne sont pas les poulets aux hormones.
Ce sont ceux qui sont élevés avec des petites graines.
La chair est meilleure. Thierry,
comment tu écris "chair" ?
C, h, e, r, e.
Non, ça, c'est quand le poulet est cher.
La chair du poulet, c'est : c, h, a, i, r.
Je vais vous l'écrire.
Excusez-moi, faut que je...
Voilà. "Chair".
Voilà.
Bon. Alors reprenons le cours de la classe.
Calcul mental. Alors...
35 plus 17 multiplié par 3 ?
Allez-y.
156, monsieur.
Très bien.
Bon.
Bon.
Alors autre chose.
26 plus 12
multiplié par 4.
Allez-y.
152, monsieur.
Bravo.
- Donne-moi ce que tu caches. - Je cache rien.
Je t'ai vu. Donne-moi ta calculatrice.
Ah, c'est pour ça qu'il comptait si vite.
C'est malin.
Confisqué. Je me disais aussi.
Allez vous asseoir, je vais vous montrer.
Sortez vos cahiers et notez.
Sur une population de 252 habitants,
chaque personne lit au moins l'une des deux revues suivantes :
Paris Match ou Elle.
252.
Paris Match ou Elle.
200 personnes
lisent au moins la revue Paris Match.
120 personnes lisent au moins la revue
Elle.
- J'y comprends rien. - Moi non plus.
Combien de personnes lisent les deux revues ?
Et vous me faites un schéma pour expliquer votre réponse.
Monsieur ! On peut pas remplacer Paris Match par Jours de France ?
Bien sûr, si tu veux, si ça peut t'aider.
Vous avez vu ?
Un élève a demandé s'il pouvait remplacer
Paris Match par Jours de France. Une petite fille aurait pu demander
si elle pouvait remplacer Elle par Marie Claire.
J'attendais d'ailleurs cette question.
Il faut provoquer chez eux une certaine réflexion.
C'est ça qui est intéressant.
Nous faisons le plus beau métier du monde.
En préparant leur avenir,
c'est l'avenir de notre société que nous préparons.
Plus nous éveillons l'esprit de nos enfants,
plus nous aurons une société éveillée.
C'est passionnant.
Vous ne trouvez pas ?
Si, bien sûr, monsieur.
- Vous n'avez pas l'air convaincu. - Si, bien sûr.
Vous voulez encore des pâtes ?
Volontiers.
Nous avons une lourde responsabilité, nous, les éducateurs.
Vous devez en être conscient, cher M. Barbier.
Si plus tard vos enfants sont des crétins,
- c'est à vous qu'ils le devront. - Ah oui.
Oui, je l'ai eu en pleine tête !
Et voilà Lajoie !
LAJOIE RABAT-JOIE !
LAJOIE RABAT-JOIE !
LAJOIE RABAT-JOIE !
Il reste des pâtes ?
On vous en a laissé.
- Elles sont encore chaudes ? - Si vous les mangez tout de suite.
LAJOIE RABAT-JOIE ! LAJOIE RABAT-JOIE !
LAJOIE RABAT-JOIE !
Arrêtez maintenant ! Tu vas t'arrêter, toi !
- Bon appétit. - Merci.
Ah, il y a des pâtes.
- Elles sont encore chaudes. - Bon. Je mangerai ma tomate après.
J'étais au téléphone avec le syndicat.
- T'as rempli ton formulaire ? - Pas encore.
- T'attends quoi ? - Je réfléchis.
- À quoi ? - Ben...
Tu dois être syndiqué comme tout le monde.
- C'est vrai, il faut vous syndiquer. - Ah bon ?
Le gouvernement
veut faire croire que notre action est politique, c'est faux.
Les militaires sont mieux traités que nous.
Comparez le traitement d'un instituteur
et celui d'un adjudant, vous verrez.
L'école, c'est moins important que le service militaire.
Et en plus, un soldat désobéit, vous le mettez en prison,
tout le monde trouve ça normal.
Un enfant est en retenue,
tout de suite, vous avez les parents sur le dos.
Non seulement on est mal payés,
mais on nous a enlevé toute autorité.
Le serpent à lunettes s'en va !
- Serpent à lunettes ! - Oui, serpent à lunettes !
Le nombre de dépressions que je vois chez les enseignants est incroyable.
C'est pas chez les militaires qu'on voit des dépressions.
Vous connaissez des militaires
qui font des dépressions ?
Les pâtes sont dégueulasses.
Oui, t'as raison. Viens, on va lui dire.
Monsieur, on peut sortir ? On n'a plus faim.
- Les pâtes sont dégueulasses. - Allez-y.
Merci.
Garde la cantine, je vais les surveiller.
- Tu manges pas ton dessert ? - Non. Ça fait rien.
Je vous remercie pour votre gentille visite.
Je reviendrai vous voir. Pensez à ce que je vous ai dit.
- Faites-les penser par eux-mêmes. - Je vais y penser.
Silence, bon Dieu ! Alors !
On s'entend plus manger !
"Je brosse Miro, il frotte son museau.
"Je lâche sa bride.
"Il fait le beau."
Je me suis trompée.
Il...
"Galope aussitôt."
Aussitôt.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Attends-moi, je reviens.
Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
- Je me suis sauvée. - De chez toi ?
Ma mère s'engueule avec mon père. Je veux rester avec vous.
Mais c'est pas possible.
Si, je peux pas choisir entre mon père et ma mère.
Viens, on va boire un verre, tu vas m'expliquer ça.
Il faut dormir, Camille.
Il est tard.
- J'ai pas sommeil. Je pense. - À quoi tu penses ?
- Pourquoi mon père est gendarme ? - Pourquoi ?
Très bonne question. Et pourquoi je suis instituteur ?
Tu sais, tout le monde doit choisir un métier dans la vie.
Peut-être que ton père aimait jouer au gendarme et au voleur,
et il a voulu continuer.
Et toi, tu voudrais faire quoi ?
- Je veux pas me marier. - T'as raison.
De toute façon, c'est pas un métier. Allez, dors.
- Et toi, tu dors pas ? - Si.
Allez, hop.
À demain, les cahiers.
C'est qu'il faut aller à l'école de bonne heure.
Tiens, pousse-toi.
Ça va ?
Allez...
bonne nuit.
Éteins, tiens.
- Demain, je dors encore avec toi ? - Mais ça va pas, non ?
Tu dors chez ta mère demain. Moi, j'ai pas le droit.
Si on l'apprenait, je peux aller en prison.
- Je le dirai à personne. - Ben, j'espère.
Si je le dis à personne, pourquoi je peux pas revenir demain ?
Parce que tu peux pas revenir. T'iras dormir chez ta mère.
Et demain, je dors à Paris avec ma femme.
- Tu l'aimes ? - Ben, évidemment.
Pourquoi ma mère n'aime pas mon père ?
Oh, j'en sais rien, moi.
Elle a dû l'aimer au début, puis après, tu sais, ça s'use.
Tu connais cette pub à la télé ?
"La pile Wonder ne s'use que si l'on s'en sert."
Eh ben ton père, il a dû trop se servir de sa pile.
Alors maintenant, tu éteins et tu dors.
"Wonder"...
Écoute-moi bien.
Je pars à l'école, tu t'habilles et tu viens.
Et tu dis à personne où tu as dormi. Tu le jures ?
- Je te le jure. - Même à ta mère.
- Je te le jure. - Bon. Dépêche-toi.
Oh, c'est quoi, ce bordel, là ?
Eh ben, Jackson, tu chantes le blues ?
- Vous avez pas envie de travailler ? - NON !
Vous me faites chier.
Vous me faites chier.
Je vous aurai.
- Mais oui, tu y arriveras. - Oui.
Il faut se réveiller.
- Quoi, déjà ? - Oui, tu as ton train.
Oh, merde, ce train de merde.
Ça va, ma poule ?
Les femmes peuvent exercer presque tous les métiers.
Elles réparent des lignes téléphoniques ou à haute tension.
Ça va ?
Dentiste, torero... Une seule profession
leur reste interdite : sapeur-pompier.
Ma question,
c'est pourquoi ce refus ?
- On vous demande au téléphone. - Moi ?
Oui.
Sophie ?
T'as fait tes devoirs ?
Jamais on ne m'a donné une explication.
Allô, qui c'est ?
C'est moi, c'est Jacqueline.
Je veux te dire adieu.
- Je m'en vais. - Ah bon ? Tu vas où ?
Je m'en vais pour toujours.
T'es gelée, tu déconnes.
Je te laisse tout ce que j'ai.
J'en peux plus, moi, d'entendre le tam-tam.
La vie est trop dégueulasse.
J'en peux plus.
Mais t'es folle, Jacqueline. Écoute...
Mais si, tout le monde t'aime, je t'assure, moi aussi.
Jacqueline, tu fais le con, là. Jacqueline !
Oh, merde ! Merde !
J'ai une collègue qui est en train de se suicider.
- Tu peux m'emmener ? - Je t'emmène.
Magne-toi, alors.
Jacqueline, c'est moi, Gérard !
Jacqueline, ouvre !
Jacqueline !
Jacqueline, hé !
Merde !
Elle respire encore.
- On appelle la police ? - Non, on l'emmène à l'hôpital.
On l'enroule dans la couverture. Sors-la.
Vas-y. Hop.
Pose. Roule.
Viens. Magne-toi.
Je monte avec elle derrière.
Votre maîtresse, Mlle Lajoie, est malade.
En attendant qu'elle revienne,
vous allez vous partager entre la classe de M. Meignant
et celle de M. Barbier.
- C'est grave ? - On ne sait pas encore.
Voilà. Alors cette colonne, la colonne de gauche, là,
regardez-moi.
Voilà, celle-ci.
Vous allez chez M. Meignant.
Exécution.
Et la colonne qui reste va chez M. Barbier.
Allons-y.
Voilà. Et on rentre en silence.
Et n'en profitez pas pour faire du chahut !
Avancez.
Et je passerai vous voir.
Le siècle de Louis XIV. Nicolas Vanier.
"La France sous Louis XIV."
Hé, t'as vu, j'ai la grolle de Michel Platini !
Bon, c'est fini, hein.
Les élèves de Lajoie, foutez-nous la paix. On travaille.
Faites votre rédaction et ne nous emmerdez pas.
Vas-y, Vanier.
"La France sous Louis XIV.
"Le peuple de villes et de campagnes est malheureux.
"Les guerres continuelles,
"les constructions, les pensions distribuées aux courtisans
"imposent d'énormes besoins d'argent.
"Les impôts sont de plus en plus élevés,
"et le peuple en subit la plus grande part.
"Les sans-travail sont nombreux et sont contraints à mendier."
C'est bien. Qui peut réciter la suite ?
- Moi. - Vas-y, Bertrand.
"Les Français sont mécontents. Ils veulent des réformes.
- "Les ouvriers souhaitent que les..." - "Que la journée..."
"...que la journée de travail soit moins longue
"et que les salaires soient plus élevés.
- "Les paysans..." - "Demandent..."
"...demandent que le roi...
Que les droits seigneuriaux...
...que les droits du roi seigneuriaux
"soient supprimés
"et que les impôts
"soient répartis équitablement.
"Les bourgeois...
- Veulent... - "...veulent...
- Que le roi... - "...que le roi...
- Ne soit... - "...ne soit plus..."
Leur maître.
Leur maître.
"...le maître absolu,
"et que les dépenses de l'État
"soient plus... soient..."
Sévèrement...
"...soient sévèrement contrôlées."
C'est pas mal.
Assieds-toi.
Bon. Alors, qui peut me dire maintenant
ce que les Français ont fait pour changer ça ?
- La révolution, monsieur. - Très bien. En quelle année ?
En 1789.
"En 1789." Et tu peux me dire quel jour ?
Je sais pas.
Qui est-ce qui sait ?
Richard ?
Le 14 juillet 1789.
Très bien.
C'est pour ça que tous les 14 juillet,
on danse dans les rues.
Maintenant, vous allez essayer de m'expliquer
la différence qu'il y a entre la France du siècle de Louis XIV
et la France d'aujourd'hui, de 1980.
- Moi, monsieur. - Oui ?
- Maintenant, il y a plus de roi. - Vous êtes d'accord ?
Il y a le roi des cons !
Bon. Allez, on a bien ri. Est-ce qu'il y a un roi en France ?
NON.
- Et il y a quoi ? - UN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.
Un président de la République.
Alors quelle différence il y a entre un roi
et un président de la République ?
- Il y en a pas. - Ah bon ? Pourquoi ?
Mon père dit que...
Je te pose la question à toi.
Il faut arrêter de raisonner comme vos pères.
Il faut apprendre à réfléchir par soi-même.
Relève-toi. Je te pose la question à toi.
La différence entre un roi et un président de la République ?
- Je sais pas. - Tu sais pas, voilà.
- Qui peut répondre ? - Moi.
Charles ?
Le président de la République est élu par le peuple.
Il est élu par le peuple pour 7 ans.
C'est seulement après qu'il se prend pour le roi, une fois élu.
Que voyez-vous comme autre différence
entre les Français de Louis XIV et ceux de 1980 ?
Au temps de Louis XIV, quand on travaillait pas,
on n'avait pas de métier.
Parce que maintenant, quand on travaille pas, on a un métier ?
Jackson, que fait ton père comme métier ?
Chômeur.
Rigolez pas. C'est pas rigolo d'être chômeur.
Tu voudrais pas être chômeur
- quand tu seras plus grand ? - Non.
- Je voudrais être chômeur maintenant. - Pourquoi ?
Comme ça, j'irai pas à l'école.
- C'est gentil d'être venu me voir. - C'est normal entre collègues.
Tu sais que tu nous as fait peur. Ça va mieux, maintenant ?
Oh, ça va. Jusqu'à la prochaine fois.
Tu vas pas recommencer à déconner ?
Les enfants de ma classe sont pas trop durs ?
Ça va, ils sont gentils.
C'est pas tous des lumières, mais enfin, ça, tu le sais.
Tiens, j'ai quelque chose pour toi.
Oh.
Un petit cadeau
de tes enfants, justement. Une surprise.
- Oh, c'est gentil. Oh là là. - C'est mignon, hein ?
- C'est moi, ça ? - J'en ai peur, oui.
C'est pas moi, ça.
- T'es bien, ici ? - Oui. On s'occupe de moi.
Oui ?
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Je vous ai mis deux yaourts. - Merci, Léopold.
- Vous êtes de garde cette nuit ? - Oui.
- Si j'ai peur, je peux vous appeler ? - Bien sûr. Vous sonnez.
Bonsoir.
Bonsoir.
- Il est charmant. - Il est adorable.
- Il joue du tam-tam ? - Je lui ai pas encore demandé.
Tu devrais.
Oh !
Lajoie est malade depuis 3 jours et on se farcit sa classe.
L'académie n'avait qu'à envoyer un remplaçant plus tôt.
Le syndicat veut qu'on renvoie les enfants chez eux.
Si on remplace les maîtres et les suppléants
chaque fois qu'ils sont malades, où va-t-on ?
La réponse de l'académie, c'est qu'on est en période de grippe.
Qu'on nous donne les vaccins et on se vaccinera.
Ça fait des mois qu'on réclame le vaccin.
Mais là aussi, ils ont voulu faire des économies.
Vous refusez toujours de garder les élèves de Lajoie ?
Moi, j'applique les consignes du syndicat.
Au-delà de 3 jours, s'il y a pas de remplaçant, les élèves rentrent.
J'ai demandé un remplaçant, mais c'est la période de grippe.
Oui, ben, fallait nous vacciner.
Écoutez, ce n'est ni l'inspecteur d'académie, ni le syndicat
qui rend des comptes aux parents, c'est moi.
Si vous voulez pas le faire, j'avertirai les parents.
- Ce n'est pas à vous de le faire ! - Ah bon ?
- Et vous, Barbier ? - Quoi, moi ?
Qu'est-ce que vous décidez ?
Ah, moi, mais je décide... Non, rien...
Je sais pas. Je vais y réfléchir.
Réfléchissez bien, car vous n'êtes pas encore titulaire.
Oui. Ah oui, ça... Ah bon ?
Et vous, vous me conseillez quoi ?
La prudence, ne vous mouillez pas. Laissez passer l'orage.
Oui.
- Bonjour, monsieur. Ça va ? - Oui, ça va, impeccable.
Alors voilà.
Aujourd'hui, figurez-vous, j'ai une grave décision à prendre,
et j'aimerais bien la prendre en accord avec vous.
Depuis 3 jours, la moitié des élèves de Mlle Lajoie est avec nous,
l'autre moitié est avec M. Meignant.
Or aujourd'hui, le syndicat des instituteurs
me demande de ne plus la remplacer et de renvoyer les élèves chez eux.
OUI !
Bon. Ça va.
Alors je vous pose la question.
- Qu'est-ce qu'un syndicat ? - Moi, monsieur.
- C'est ceux qui s'occupent des grèves. - Bien.
Monsieur, quand il y a une panne de gaz ou d'électricité,
c'est le syndicat.
Bon. Mais alors à quoi sert un syndicat ?
Monsieur. Ça sert à rien.
Si c'est pour dire une connerie, je peux le faire.
Si, ça sert.
Quand on est mal payé, le syndicat discute des augmentations.
Oui. Oui.
Alors un syndicat, c'est quoi ?
Monsieur. C'est les communistes.
Pas seulement. Silence ! Vas-y.
C'est des gens avec des pancartes qui gueulent dans la rue.
Alors, le syndicat, c'est un groupement d'ouvriers
qui défend ses propres intérêts et qui discute avec les patrons
pour obtenir le minimum syndical,
car il y a pas de maximum syndical, et pour ça, ils doivent se démerder.
Avant de rendre ma décision, je voudrais vous poser la question :
qui préfère rentrer chez soi
et qui préfère rester en classe ?
Ceux qui préfèrent rentrer chez eux, levez la main.
Attendez, je me suis trompé. Je vous pose pas la question à vous.
POURQUOI ?
Parce que c'est Mlle Lajoie qui est malade.
Les élèves de Mlle Lajoie qui veulent rentrer chez eux, levez la main.
Bon.
C'est inadmissible que vos enfants traînent dans les rues
depuis 2 jours.
En tant que parents, vous avez des droits.
Et moi, en tant que responsable d'un établissement scolaire,
j'ai des devoirs.
L'académie me demande d'assurer la garde de vos enfants.
Mais matériellement, je suis dans l'impossibilité de le faire.
Quelle est la maladie de Mlle Lajoie ?
Elle est surmenée, elle a besoin de repos.
Pourquoi ne pas prendre
ses élèves dans votre classe ?
J'ai déjà une classe de 40 élèves, monsieur.
Ce qui est un effectif supérieur à la moyenne.
Et des petits. Ce ne sont pas les plus faciles, croyez-moi.
Et puis je dois m'occuper de la direction de l'école.
On peut pas tout demander à un même homme.
Renvoyez chez eux les élèves qui sont pas français.
OH !
Je suis portugaise,
et mon fils aussi a le droit d'aller à l'école.
Le ministère prendra des mesures.
Moi, je ne peux rien faire.
Je passe la parole à M. Meignant, délégué syndical.
Rassurez-vous, j'ai pas la grippe. Je tousse pour m'éclaircir la voix.
Tout d'abord, je suis chargé de vous dire
que nous ne nous laisserons pas intimider par le gouvernement.
Nous menons une action syndicale et nous la mènerons jusqu'au bout.
L'instituteur est un travailleur comme un autre, certes,
mais demande-t-on à un travailleur
de faire le travail d'un travailleur malade ?
Je dis non.
L'école n'est pas une garderie. Nous, on veut faire notre travail,
et ne pas devenir les gardiens d'un troupeau qui n'est pas le nôtre.
Mon école n'est pas une étable, Meignant.
Tout ça, c'est bien gentil,
mais je travaille. Qui va garder ma gosse ?
La responsabilité de cette situation incombe au gouvernement.
C'est à lui de prévoir qu'il peut y avoir des épidémies de grippe.
C'est à lui de donner du travail aux milliers de chômeurs.
Seulement le gouvernement préfère garder ses chômeurs
comme autrefois l'Église préférait garder ses pauvres.
Je dois faire un compte-rendu de cette réunion à l'académie.
Alors que fait-on ?
On va voter. On va passer au vote.
Quels sont ceux qui soutiennent l'action syndicale de nos camarades ?
Merci, mes amis. Merci.
Si les parents sont d'accord.
Moi, pas ! C'est le Parti communiste qui va garder ma fille !
Ne politisons pas cette réunion.
Nous pouvons défendre nos droits sans faire de politique.
- Je peux dire un mot, moi ? - Oui, bien sûr. Nous vous écoutons.
Je débute dans l'enseignement, je ne fais pas de politique.
Je sais pas si le syndicat répond à des consignes politiques.
Le maire a donné son avis, je devrais pas donner le mien.
On m'a même conseillé la prudence.
Mais je vois pas ce que d'emmerder des parents qui travaillent
en laissant leurs enfants dans la rue,
ça va changer pour les travailleurs.
Tu t'écartes de la question.
Non. Vous parlez que de politique,
alors que c'est une réunion de parents d'élèves.
Moi, je suis d'accord pour garder les élèves de Mlle Lajoie
dans ma classe,
en espérant évidemment que l'académie va nous envoyer un remplaçant.
Mais tu dois obéir aux consignes, t'es syndiqué.
Oui, mais être syndiqué, ça dispense pas d'être intelligent.
Tenez, mettez-vous ça.
Vous me rappelez ma pauvre femme.
Qu'est-ce que je vais faire avec mes élèves ?
Je vais m'en occuper. Vous avez pris votre température ?
On peut pas tout faire en même temps.
Oui.
Avec 3 classes, vous vous en sortirez pas.
Puis c'est des petits, les miens. Il faut être patient avec des petits.
Eh ben, je vais être patient. Allez, couchez-vous.
Ça va aller. On va s'en occuper, de vos élèves.
- Il faut transpirer. - Oui.
Allez.
Bon. Vous me dessinez un train, un grand train.
- Un grand, grand. - Oui, c'est ça.
- Avec la locomotive ? - Oui, évidemment.
Avec tous les wagons et tout ça.
- La rédaction se passe bien ? - OUI, MONSIEUR !
- Tout le monde écrit bien ? - OUI !
Silence ! Je veux entendre une mouche voler.
Alors c'est ça, être sage ?
Hein ?
Qu'est-ce qui se passe, là, encore ?
- Il me prend mes crayons. - Il a ma gomme.
Prête-lui ton crayon, et toi, prête-lui ta gomme.
- C'est mes crayons. - C'est ma gomme.
Mais il va pas te la manger, ta gomme. T'as qu'à lui prêter,
et toi, pareil pour les crayons.
Prêtez-vous vos affaires,
essayez d'être moins égoïstes entre vous.
Qui sait ce qu'est un égoïste ?
- Pas moi. - Moi.
- Qu'est-ce que c'est ? - C'est quelqu'un qui pense pas à moi.
Ça va ?
Ça va ?
Viens là !
Viens là, petit con !
Viens ici !
Hassan, viens ici !
Hassan !
Hassan, arrête-toi !
Frédéric sait pas nager ! Tu veux que je te foute une baffe ?
Tu veux que je te foute une baffe ? C'est ça que tu veux ?
39,5.
C'est pas possible.
Faites voir.
Ah oui, 39,5. Vous l'avez bien secoué avant ?
Absolument.
Vous êtes sûr ?
Bon.
Recommencez.
Allez.
Emmenez-les faire une balade en forêt.
Comme ça, ils seront plus faciles à garder.
Il y a des boussoles dans le tiroir de mon bureau et des cartes aussi.
Vous leur apprenez à s'orienter par eux-mêmes.
Divisez-les en 4 groupes.
Vous en envoyez un au nord, l'autre au sud,
le 3e à l'est et le 4e à l'ouest.
Et vous leur donnez rendez-vous 2 heures plus tard
à un point précis.
Comme ça, pendant 2 heures au moins, vous êtes tranquille.
À BAS LES MONITEURS
ESPÈCES DE VIEUX MENTEURS
QUI DISENT À NOS PARENTS QU'ON EST DES EMMERDEURS
YÉ, YÉ, LES COPAINS
C'EST DEMAIN QU'ON S'FAIT LA MALLE
YÉ, YÉ, LES COPAINS
C'EST DEMAIN QU'ON PREND LE TRAIN
À BAS LES MONITRICES
ESPÈCES DE VIEILLES SAUCISSES
QUI NOUS LAVENT LES CUISSES À LONGUEUR DE JOURNÉE
YÉ, YÉ, LES COPAINS
C'EST DEMAIN QU'ON S'FAIT LA MALLE
Le soleil tourne autour de la Terre. Quand une moitié est éclairée,
l'autre moitié est dans le noir.
Le soleil se lève et se couche. Quand notre moitié est éclairée,
c'est l'autre moitié qui est dans le noir. Vous comprenez ?
Alors...
Les 4 premiers qui sauront me dire où se lève et où se couche le soleil
seront chefs de groupe et auront une boussole.
Qui sait où se lève et où se couche le soleil ?
Toi, vas-y. Dis-moi.
Il se lève dans ma cuisine
et il se couche dans la chambre de mes parents.
Comme ça, ils doivent pas avoir froid.
Mais ta cuisine est à l'est, à l'ouest, au nord ou au sud ?
Elle est à côté de ma salle à manger.
Ah, d'accord. Tu seras pas chef, alors.
Il me reste 4 places de chef.
Qui peut me dire où se lève et où se couche le soleil ?
Vanier.
Viens me le dire à l'oreille que les autres t'entendent pas.
Il se lève à l'est et se couche à l'ouest.
Très bien. Tu seras chef. Voilà une boussole et une carte.
Qui connaît la réponse ?
- Ça dépend des jours. - La Terre, elle tourne.
Monsieur, est-ce que je pourrais être sous-chef ?
- Alors, tout va bien ? - OUI.
Pourquoi c'est le chef ? Il sait pas où se lève le soleil.
Si. Il se lève à l'est et il se couche à l'ouest.
- Alors. - Il veut pas me prêter sa boussole.
- Pourquoi tu lui prêtes pas ? - Parce que je suis le chef.
Ah, ben voilà.
Alors, Frédéric, qu'est-ce que tu fous ?
Je suis fatigué. Je me suis perdu.
T'es fatigué ? Je vais te porter. Allez, grimpe.
C'est moi le chef, et il veut pas m'écouter.
J'ai dit "chef" pour désigner le plus grand
pour qu'il s'occupe des petits. Vous êtes tous chefs.
- Ben, alors. - Doucement, toi.
Monsieur, il y a plus de soleil.
Pas besoin de soleil, t'as une boussole.
D'ailleurs, c'est par là.
Magnez-vous, il vous reste plus qu'1 heure.
- C'est toujours moi, le chef ? - Oui.
Allez, en avant !
Monsieur, le chef, c'est un con.
13 KILOMÈTRES À PIED
ÇA USE, ÇA USE
13 KILOMÈTRES À PIED
ÇA USE LES SOULIERS
Alors ça va ?
- Tout le monde est là ? - Non, il y en a qui traînent.
Vanier, ça va chez vous ? Tout le monde est là ?
Non.
Montez dans le car, je vais chercher les traînards.
On est arrivés les premiers !
- OUI ! - Super !
Où vous êtes ? Attendez-moi !
Ouh, ouh !
Ouh, ouh !
Courez un peu, derrière, on va rater le car.
J'en ai marre, de cette balade.
Moi aussi.
Jackson !
Jackson !
Oh, oh !
Oh, oh !
Jackson !
Ben alors ?
Jackson !
Jackson !
Jackson !
Ah, t'es là, toi ? Mon vieux, je t'ai cherché partout.
Je m'étais perdu.
Tu t'es paumé dans le bois ?
Non, mais ça va pas, non ?
Silence !
Silence !
Silence !
Silence !
Silence !
Mes amis !
Mes amis !
Je bois à la santé de ma bru !
Qui est belle comme un rumsteak !
Et qui, j'espère,
me fera des petits-enfants taillés dans la bavette !
- Vive la mariée ! - VIVE LA MARIÉE !
Et moi, je souhaite que vous soyez heureux
comme les poissons dans mon étal !
Et que ma poissonnerie soit votre bocal !
Alors pour le bonheur de la chair de ma chair et pour le tien aussi,
prenez la suite, ça rapporte.
À la place de tes 30 mômes qui crient, t'auras qu'à en faire
2 ou 3, ils feront autant de bruit, mais ils seront à toi.
Vive les mariés !
Mon cher beau-père, je te remercie pour ta générosité.
Tu m'offres à la fois ta fille et ton magasin,
alors je vais prendre le poisson mais je vais te laisser le bocal.
Et j'espère qu'on sera heureux comme des poissons dans l'eau.
Allez, les mariés, en piste ! Allez ! Allez !
QUAND ON FAIT LE MAMBO ON S'EMMÊLE LES NOUGATS
Allez, faut y aller, là.
LE TANGO, C'EST TRÈS BEAU MAIS ON SAIT PAS LES PAS
POUR MOUILLER NOS LIQUETTES ON A UN PLAN EXTRA
HOP LÀ
ON SAIT PAS LA JAVA LE CHA-CHA, CONNAIS PAS
QUAND ON FAIT LE MAMBO ON S'EMMÊLE LES NOUGATS
LE TANGO, C'EST TRÈS BEAU MAIS ON SAIT PAS LES PAS
POUR MOUILLER NOS LIQUETTES ON A UN PLAN EXTRA
HOP LÀ
LA BAMBA VOLE PAS OH, C'EST TROP LA NOUBA
LA RUMBA, C'EST NARBO MAIS NOUS, Y EN A SAVOIR PAS
ON GIGOTE LE HAUT ON AGITE LE BAS
C'EST PLUS BEAU QUE DESO OUI, MAIS DES PAS, Y EN A PAS
Ça fait ?
HOP LÀ
HOP LÀ
Ça va, le tam-tam ?
Ça joue pas trop fort ?
ÇA FAIT CLAQUER DES DOIGTS C'EST PLUS VRAI QUE LE SKA
PAS UN SEUL PAS DE TROP ÇA S'APPELLE LE SAMPA
LE SAMPA, C'EST SYMPA ET ÇA VAUT LA SAMBA
ÇA SE DANSE EN SOLO OU ÇA SE DANSE À DES TAS
Ça fait ?
HOP LÀ
HOP LÀ
"J'écris le verbe 'être' au passé composé,
"et j'accorde convenablement le mot écrit en caractères gras.
"Je 'être' souffrant.
"Il 'être' poli. Tu 'être' tombé dans l'escalier."
C'est quoi, déjà, le passé composé ?
Je suis, j'ai, je...
- Charlotte ! - Oui ?
Qu'est-ce que c'est, le passé composé ?
"Je 'être' souffrant. Il 'être' poli. Tu 'être' tombé dans l'escalier."
C'est "je tombais dans l'escalier." Non.
- Non. - Non. Attends.
- C'est l'imparfait, "je tombais". - "Je suis tombé dans l'escalier."
Je vais être en retard. Je me tire.
Tu mangeras ta tartine en route.
Vas-y, tiens, fous-moi ça dedans.
- Salut. - Ça va ?
Salut.
Bonjour.
- T'as appris tes leçons ? - Et toi ?
Comment ça fait je "être" au passé composé ?
- J'ai été. - Ah oui, c'est ça.
Salut, les gars. Ça va ?
Ça va ?
Allez, dépêchez-vous.
Revoilà septembre Qui me tombe sur le moral
Je vais reprendre mon air absent Sentimental
Enrouler les reptiles dans le formol
Me voilà dans le bocal Je suis qu'un maître d'école
Je dis que ça vaut pas le coup Pour en faire des hommes
D'enfermer ces enfants dans ce muséum
Les rois de France Et tous les vieux cactus
Dormez, dormez Poussières, diplodocus
Il faudrait que quelqu'un comprenne
Faut que quelqu'un comprenne
Je veux pas y aller Mais j'y vais quand même
J'y vais quand même
Le cafard caché là dans la pendule
Les gommes, les crayons Les règles à calcul
Les bureaux Les barreaux, y a des chaînes
Et si y en a pas Ben, y en a quand même
On s'attache des fois À ces têtes à claques
On rit, on s'inquiète Et le cœur dans les flaques
Ça déboule déjà, les grandes vacances
On se reverra plus jamais C'est pas de chance
J'y vais Comme tous les gens se traînent
Tous les gens se traînent
Je veux pas y aller Mais j'y vais quand même
J'y vais quand même
Revoilà septembre Qui me tombe sur le moral
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