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Des images me reviennent en mémoire.
Des souvenirs flous qui doucement se précisent.
J'essaie de comprendre
comment on en est arrivés là .
A quel moment tout a basculé?
Je suis négociateur.
Mon métier est de sauver des vies.
Mais ce jour-lĂ ,
je n'ai pas pu faire mon métier.
Et je veux comprendre pourquoi.
AllĂ´?
D'accord.
J'arrive.
J'arrive, j'arrive.
J'arrive.
- Avant son dernier grand meeting au Bourget,
M. Mitterrand manifeste une certitude nuancée
de gagner l'élection présidentielle.
- Ce soir, Ă 18 h 15, M. Chirac
sera le dernier invité du grand jury RTL-Le Monde.
M. Chirac a tenu son dernier meeting Ă Cergy-Pontoise,
et plaidé pour la rigueur.
Salut, les gars.
Capitaine.
30 h de vol.
Vous faites Paris-Papeete et ensuite Nouméa.
Vous ĂŞtes avec 50 hommes de l'EPIGN.
Combien? 50.
Quatre gendarmes sont morts et 30 enlevés.
Laissez vos clés, vous rentrez pas demain.
- Le sang a coulé en Nouvelle-Calédonie.
3 gendarmes tués, une vingtaine menée dans la brousse
par les indépendantistes kanaks qui avaient attaque la gendarmerie
dans une île de l'archipel. De graves incidents
à 2 jours du 1er tour des présidentielles.
La campagne se poursuit...
Bonjour, Legorjus. Mon Général.
Vous connaissez le capitaine Benetti.
- Enchanté.
Vous avez plus d'informations?
- C'est la merde.
On a des gendarmes tués et pris en otage.
On a parlé de décapitations.
Décapitations? Oui.
Ils se sont laissés avoir comme des brèles.
La gendarmerie sera sur la sellette.
Mon Général,
le blessé est le pere d'un de mes hommes.
Ah bon?
L'adjudant-chef Moulié. Un mobile.
Il a été évacué sur l'Australie.
Faites vite. Merci, mon Général.
Vincent.
Un problème avec ton père. Quoi?
Il a été blessé pendant l'attaque.
- La vache.
J'espère qu'il est pas sur le carreau.
- C'est quoi, ces Kanaks?
Des cannibales?
Tu comprends?
J'ai besoin que tu restes avec ta mère.
OK. Je suis désolé.
Je suis désolé. Bon courage.
Merci.
- Messieurs.
Un peu d'attention. Merci beaucoup.
Nous partons vers la Nouvelle-Calédonie
où un groupe d'indépendantistes kanaks
ont attaqué la gendarmerie de Fayaoué
sur l'île d'Ouvéa. Il y a 3 gendarmes morts,
un blessé grave,
30 gendarmes mobiles pris en otage.
Nous n'en savons pas plus,
mais je vous rappelle que c'est un territoire français.
Les Kanaks indépendantistes ou non
sont des citoyens.
Ils obéissent aux mêmes lois et aux mêmes droits.
Même champ d'action qu'en métropole.
Nous avons 30 h de voyage devant nous,
je vais vous demander... Tu distribues, s'il te plaît?
Je vous demande de vous reposer et d'étudier les cartes.
Bon voyage.
Putain!
On les retrouvera tout de suite. Oui,
on aura mĂŞme le temps de surfer.
Patrouille de Puma Fox, Mac Delta
autorisé au passage.
Rappelez en sortie de zone pour quitter.
Merde alors, c'est le débarquement.
C'est quoi, ce merdier?
Qu'est-ce que l'armée de terre fout là ?
Mes devoirs, mon Général. Mon Capitaine.
Chef Beaucheron.
Le général Vidal de l'armée de terre veut vous parler.
- Que fait-il ici?
Je sais pas. Il est arrivé dans la nuit.
Il a établi son QG à Ouvéa.
Un hélicoptère vous y emmènera, vos hommes suivront.
Que se passe-t-il? Je comprends pas.
Les politiques ont dĂ» changer la donne.
Philippe, que se passe-t-il?
On part à Ouvéa, vous nous suivez,
matériel minimum, on s'y retrouve.
Ca marche.
- Avance, avance!
Avance, avance!
Mon Général, le général Jérôme.
Bonjour, mon Général. Mon Général.
Content de te voir.
Capitaine Legorjus, du GIGN.
Bonjour, mon Capitaine. Mon Général.
Comment était le voyage?
L'atterrissage était violent. A vos rangs,
fixe.
Je vous en prie.
Café? Volontiers.
Un café pour le général. Merci.
J'ai compris ton problème.
C'est un problème de gendarmerie.
Je sais. Je m'en serais dispensé.
Je suis là parla volonté du gouvernement.
Face à une telle insurrection, le 1er ministre a engagé l'armée.
C'est une première.
Normalement, c'est le GIGN qui s'en occupe.
Sur ce coup-lĂ ,
on doit travailler ensemble. Pas de problème?
Quelle est ma liberté d'action?
Je veux faire une coopération
entre mes unités et les tiennes à Nouméa.
Des gendarmeries sont menacées d'attaques
et la situation y est chaude.
J'ai besoin de toute ton aide pour éviter que ça se reproduise.
Je me mets Ă ta disposition pour coordonner.
Je te remercie.
Le capitaine Legorjus sera utile ici.
Nous devrons utiliser vos hommes
mais vous devrez vous plier à nos méthodes de travail.
Nous sommes ici Ă votre disposition.
Je vous remercie. Il n'y aura pas de victoire sans cohésion.
Bon retour Ă la civilisation.
Je te remercie, mon Général.
- Garde-Ă -vous!
Repos.
Comment voulez-vous gérer? Vous l'avez entendu.
On est sous leurs ordres.
Mais c'est mon boulot.
On est en France.
Tout est possible en guerre.
Guerre? Regardez autour de vous.
C'est la 1re fois que l'armée est là depuis l'Algérie.
- Leurs objectifs ne divergent pas des nĂ´tres.
- Les objectifs, peut-ĂŞtre pas,
mais les méthodes sûrement.
Je serai à Nouméa, si vous avez besoin, n'hésitez pas.
Merci, mon Général.
Bonne chance, Philippe.
- Il repart?
Il est envoyé à Nouméa pour l'intendance.
On est sous les ordres de l'armée.
Lieutenant, vous pouvez trouver 20 tenues paras?
Bien, mon capitaine. Merci.
Tiens.
- Les indépendantistes ont attaqué Fayaoué hier à 8 h 30.
Nous sommes Ă Gossanah, dans le nord.
Après avoir massacré 4 gendarmes à coups de machette,
ils ont divisé leurs otages en deux groupes,
un au sud, l'autre au nord.
Dans le sud, il y a le colonel Benson.
Il a fait un travail d'approche.
Dans le nord, tout ce qu'on sait, c'est que les membres du commando
sont originaires de Gossanah.
Vous avez combien d'hommes? Deux sections
Ă Gossanah et 2 patrouilleurs.
En alerte: le commando Hubert et le 11 e choc.
300 hommes. Très bien.
Nous avons localisé
sur une route Ă 4 km
les camions ayant transporté les gendarmes.
Vos gars peuvent ratisser la zone?
Un peu d'exercice nous fera du bien.
On sera prĂŞts dans 30 min. - Merci.
Merci. - Ah!
Excusez-moi.
Vous portez pas d'uniforme?
Pas vraiment, mais on s'adapte aux situations.
C'est parfait.
Écoutez, je vous remercie.
Vous pouvez disposer.
"Vous pouvez disposer", ça faisait un bail.
Dis-moi, j'ai bien entendu "11e choc"?
Bien entendu.
Elles commencent bien, les vacances, putain.
Messieurs.
Le capitaine veut vous parler.
Bon, les gars,
vous avez compris la situation.
L'armée de terre a pris possession des lieux.
Les politiques nous ont mis sous leurs ordres.
Ils vont nous affecter des missions.
On va les effectuer avec zèle.
OK?
Il faut vous fondre dans la masse.
Mais garder le groupe uni.
C'est clair? C'EST CLAIR.
Merci. JP.
On va passer en tenue para.
Aucun signe GIGN.
On part en reco dans 30 min.
Arme légère, machette.
Bienvenue en Nouvelle-Calédonie.
- Dégagez votre bordel.
Allez, vite, vite, vite.
- Capitaine Legorjus, GIGN.
- Bonjour, mon Capitaine.
Ça va? Ça va.
Vous avez touché à rien? Non.
Merci beaucoup, merci.
OK, les gars, doucement.
- Rapport, 4 caisses de munitions trouvées.
Court-circuité le 2e camion.
Kaput complètement. Ils connaissent le matériel.
OK.
Aucun indice. Aucun indice, rien de trouvé.
Écoute...
On va rentrer lĂ -dedans. D'accord.
On va s'infiltrer.
Tu prends la droite, tu prends la gauche.
Ça marche.
Dès que vous êtes en lisière militaire, on se retrouve
et on se met en ligne, d'accord?
Ça marche.
2 h 30, on a fait quoi? 500 m?
Je dirais 3 h.
Donc on va faire un vrai kilomètre dans la journée.
On va pratiquement rien ratisser.
C'est pas mal, en fait, j'ai été méchant.
J'ai été un peu dur avec le chef.
C'est des enfants.
- HĂ©.
Ils sont oĂą, les gendarmes otages?
Allez, on repart.
- Nous ne les trouverons pas en cherchant au hasard.
Une armée n’a jamais rien pu faire contre des maquisards.
Nos méthodes diffèrent complètement des militaires.
La base de toute prise d'otage,
c'est la négociation qu'elle engendre.
Ils savent oĂą nous sommes.
Laissons-les faire leur demande.
Garde-Ă -vous.
Bonjour, messieurs. Je suis heureux d'ĂŞtre ici.
Je suis impressionné par votre dispositif.
Colonel Dubut, chef d'état-major. Mon Colonel.
Mitterrand et Chirac
se tirent dans les pattes. C'est qui, en bleu?
Bernard Pons, le ministre des DOM-TOM.
C'est quand, le 2e tour? Dans 12 jours.
Bonjour la pression.
Tu penses qu'il leur dit quoi?
"Le gouvernement n'accepte plus d'être humilié par des sauvages"
"sans qu'ils soient localisés sur une île si..."
Petite.
Le 1er ministre ne peut accepter cette situation
qui insulte les principes mêmes de la démocratie.
Je ne comprends pas. Expliquez-moi. Nous sommes 300.
Vous avez tous les moyens. On peut pas trouver 30 otages?
OĂą en ĂŞtes-vous?
On ratisse mais la végétation est dense,
on fait ce qu'on peut.
Concernant les interrogatoires,
pas de résultats significatifs.
Il s'agit de passer la vitesse supérieure
et d'obtenir des résultats au plus vite.
Le gouvernement compte sur votre professionnalisme
pour rétablir la justice et la paix.
J'en prends bonne note.
Le 1er ministre vous assure de son soutien indéfectible,
peu importe les décisions que vous prendrez.
Je vous remercie.
Ils disent quoi?
Ils vont muscler les interrogatoires.
Je veux pas qu'on s'en mêle. On va dégager.
Prenez vos affaires, préparez-vous,
on est partis dans 10 min.
Le groupe du sud vient d'être libéré.
Ils vont à la gendarmerie de Fayaoué.
Je reste avec 2 gars
et les autres vont en reco. D'accord.
Ça marche.
- Bienvenue, les gars.
Samy! Mon Colonel.
Ça fait plaisir de vous voir. Moi aussi.
T'as pu voir les chefs?
Ils vont assumer.
D'accord. Va te reposer.
Lieutenant-Colonel Benson?
Philippe Legorjus, commandant du GIGN.
Enchanté.
On a appris vos exploits.
Vous avez libéré tout le monde.
C'est magique?
Je leur ai dit que ceux du nord avaient relâché les otages.
C'est aussi simple que ça?
Ils ont pas voulu ce qui s'est passé.
Les responsables se sont constitués prisonniers.
Incroyable.
Pas tant que ça. Vous verrez,
avec les Kanaks, on a beaucoup en discutant.
Je vous présente Samy.
Samy.
Il est gendarme depuis 11 ans. Il était otage.
Bonjour, enchanté. Mes respects.
Je reviens.
Je repars avec vous. D'accord.
Alors, Samy.
Vous avez toujours votre arme? Oui.
Ils nous ont libérés sans les munitions.
Ils les ont enterrées et on les récupérera plus tard.
C'est quoi? Ça?
C'est la coutume des Kanaks pour demander pardon.
Incroyable.
Vous avez tout vu?
Ça a été très vite.
Très violent.
On était le matin, aux couleurs.
- Présentez armes. Repos.
Garde-Ă -vous!
Rompez les rangs.
- Tout allait bien, comme tous les matins.
Certains étaient encore au petit-déjeuner.
Tout a commencé par là .
Trois Kanaks sont arrivés.
L'un avec des langoustes, le 2e, les mains nues,
et le 3 avec un tamiok.
On avait l'habitude de les voir.
Ils amenaient souvent leur pĂŞche.
Avec tous les mobiles,
leur poisson était le bienvenu.
Bonjour, ça va?
Bonjour.
- Mais cette fois-ci,
ils sont venus pour autre chose.
Ça va? Ça va.
Langoustes? A combien tu les fais?
6000. C'est 10 fois plus cher.
T'es pas chez toi.
Si. Occupation pacifique.
Ça veut dire quoi?
Ici, on est en Kanaky.
Tu es dans une gendarmerie.
Ici, t'es en Kanaky!
D'un ton plus bas!
- Le 1er blessé a essayé d'intervenir.
Le second a essayé de donner l'alerte.
Et ensuite, tout a basculé.
La 3e a tenté d'atteindre l'armurerie.
Les deux dernières victimes...
C'est le résultat de la panique.
- C'était qui, le chef des rebelles?
- Je crois que c'est Alphonse.
Alphonse Dianou.
Il va Ă l'armurerie.
C'est un jeune d'ici?
Un de chez nous.
On a joué ensemble au foot. Il a grandi à Nouméa.
C'est un intellectuel. Il a fait ses études à Fidji.
Il a mĂŞme voulu ĂŞtre prĂŞtre.
Samy,
j'aurais besoin de vous.
Vous pouvez m'accompagner?
Vous inquiétez pas.
Je me reposerai dès que ce sera terminé.
Comme on a le 1er groupe,
Vidal arrĂŞtera peut-ĂŞtre la guerre.
Et vous laissera faire votre travail.
Il a les cartes en main, il les lâchera pas.
Il se trompe de jeu.
Stop, arrĂŞtez la voiture.
A droite.
Dégagez!
Ils sont oĂą?
Enculé, va. Couche-toi.
Oh, oh, oh.
- Allez. Espèce de sale négro.
Je vous ordonne d'arrĂŞter.
Ils sont oĂą? Parle!
On va te tabasser. Je vous ordonne d'arrĂŞter.
Vous en prenez pas aux civils.
Lâche-le.
T'es qui? La gendarmerie? Rien Ă foutre de tes ordres.
- Non.
C'est bon. On se calme.
Cyril.
- On embarque.
- 30 et 11, on décroche.
Vous pouvez porter plainte Ă la gendarmerie.
- Qu'est-ce qui se passe?
C'est un camp retranché.
- L'armée dans toute sa splendeur.
Ils veulent des résultats.
Oh putain!
C'est qui? Djubelly Wea.
Le chef du village.
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
Depuis quand t'es lĂ ?
Depuis que ton général est entré dans ma tribu.
Je vais te faire libérer.
Je vais voir Vidal.
Mais c'est trop tard. C'est trop tard.
Vous nous traitez comme des cochons.
Regardez ce que vous faites.
Préviens ton Vidal, ton général,
que vous allez payer.
Reste calme.
Vous ĂŞtes pas ici en pays conquis.
Ça fait combien de temps que vous faites ça?
Depuis Atai
jusqu'à Machoro. Vous nous piétinez.
Vous nous faites la guerre chez nous. Pas besoin de ton eau.
Dégagez. Ici, c'est Kanaky.
C'est pas la France, ici.
Dégage.
Allez, viens.
- Vous ajoutez de l'huile sur le feu.
Les Kanaks craquent pas sous la pression.
Ça les rend plus forts.
- Il reste 15 de vos collègues.
On ne peut pas relâcher la pression.
Vous ĂŞtes aveugles.
Regardez autour de vous.
Vous les créez, vos ennemis.
Vous voulez votre guerre. Pas de conseil Ă recevoir.
Nous sommes ici pour la gendarmerie.
Ce sont vos hommes qui ont tout foiré et qui sont prisonniers.
Vous devriez rester sur les rails au lieu de critiquer.
Quelles méthodes? Ce que je vois,
c'est de la barbarie.
Et les 4 gendarmes flingues? C'est nous, les barbares?
Messieurs, messieurs.
Les techniques du colonel ont marché,
on peut les appliquer dans le nord.
ArrĂŞtez-moi vos conneries.
Le colonel Benson n'a rien négocié.
Il n'a rien offert aux insurgés.
Ils ont eu peur des représailles.
Dans le nord, c'est différent.
Ce sont des radicaux ultra-violents.
Certains s'entraînent en Libye
et notre mission, c'est de les neutraliser.
On leur parlera mais ce sera à eux d'écouter.
Pour la force, faites-moi confiance, je l'utiliserai.
Vous pouvez disposer. Merde.
Mes respects, mon Général.
Ça va?
Vous savez ce qu'il vit, Vidal?
Le sommet de sa carrière.
Une guerre dans le Pacifique, inespéré!
Il aura sa médaille.
Et doublera sa retraite aussi.
Il nous met tous en danger.
Je sais pas
comment vous pourrez travailler,
mais Ă partir d'aujourd'hui, les Kanaks sont vos ennemis.
Bonne chance et bon courage, Legorjus.
Merci, mon Colonel.
- C'est pas nos méthodes.
Les gars, ça va?
JM, comment ça se passe?
Ça commence à puer.
La foire du trĂ´ne. Comme ce que j'ai vu.
Merde.
C'est quoi, ce bordel?
C'est la chasse aux Kanaks.
Les autres sont dans la forĂŞt?
En reco, ouais. On dégage d'ici, on y va.
- Oh!
Lève-toi. Debout.
Tu vas parler!
Elle est oĂą, cette grotte? - Je sais pas.
T'entends ce qu'on te dit?
Tu vas parler? Ils sont oĂą?
Ils sont oĂą?
Je flingue ton pote?
Je le descends? Parle.
- Donne ton arme!
Lève-toi, allez.
Toi aussi, lève-toi.
JP, que rien ne leur arrive.
Ça va, il est pas chargé.
Tu te fous de ma gueule?
C'est quoi, la différence pour lui?
En rentrant, il dira à son frère que tu as voulu le tuer.
Il va se venger, dans un an ou dans dix.
Vous faites quoi?
On leur a fait un peu peur, c'est tout.
Et alors?
Ça justifie ça? C'est de la torture, ça.
On fait pas ça, nous.
Pas nous, on tombe pas dans le piège.
On tombe pas dans ce piège.
Elric, Olivier, on continue la progression.
On remballe tout et on y va.
- A force de nous faire croire qu'on combat des terroristes,
on déshumanise nos adversaires
et on rend les violences plus faciles
au détriment d'une future négociation.
C'est tout ce que je voudrais éviter.
J'ai une très bonne nouvelle.
Grâce à l'excellent travail de nos unités,
les habitants nous ont indiqué l'endroit
où seraient les insurgés.
Deux de leurs vieux et un jeune nous y conduisent.
Destremeau, vous assurez la liaison radio.
Legorjus, avec vos hommes, en mesure de les appuyer.
Benetti, avec l'EPIGN, en appui.
Dubut, coordonnez toutes les unités.
Des questions?
Non, mon Général.
Alors en avant.
- Oh oh.
Alphonse.
C'est nous, les vieux.
Oh.
Oh.
Oh oh.
Oh.
Patrick Ă Philippe.
On est Ă l'arrĂŞt.
Ils ont pas l'air d'accord.
Y en a un qui veut aller devant et l'autre Ă gauche.
On repart droit devant. Terminé.
Oh!
Oh!
Oh!
- Nous sommes en contact.
JP, ils sont en contact.
Contact. Contact.
J'ai besoin de trois gars avec moi.
Trois gars avec moi, on va voir ce qui se passe.
Restez ici.
Vous sécurisez tout. Vas-y.
Vas-y.
Toi! Sur le côté gauche.
- Toi, le militaire,
pose ton sac.
Pose ton sac!
Amène ta radio.
Le sac de Destremeau est lĂ .
Tirez pas. Ils tirent en l'air.
On est de la gendarmerie, on vient discuter.
- Discuter? Discuter avec qui?
Dégagez, allez vous faire foutre.
- On s'en fout de la gendarmerie.
- Retournez chez vous.
OK, on prend trop de risques.
On part.
Repli, repli.
Messieurs,
voilĂ la situation.
Destremeau a disparu avec la radio.
Y a un tireur embusqué à 70 m environ sur cet azimut.
Un instant.
Y a 5 ou 6 insurgés derrière.
Ils ont tiré au-dessus de nos têtes,
ils nous ont en visu. Périmètre de sécurité.
On les voit pas. Faites attention.
Sophie sur écoute.
-Substitut du procureur.
Je vous reçois faible.
Le substitut du procureur vient.
Qui?
Il propose son aide pour un dialogue.
Je vois personne. Il est sur le chemin.
Ça y est. Bien reçu, terminé.
Capitaine Legorjus. Bonjour.
Jean Bianconi, substitut du procureur.
Vous leur avez parlé?
Ils parlent Ă personne en uniforme.
Bonjour. Bonjour.
J'en connais probablement certains.
Je peux essayer de leur parler.
Vous faites quoi s'ils vous insultent?
Les gens d'ici n'insultent pas.
Ici, Jean Bianconi,
le substitut du procureur.
Certains me connaissent.
Je suis prĂŞt Ă venir discuter
et à servir de médiateur avec les autorités.
- Tu veux discuter de quoi?
Ça fait des siècles que ta République fait chier.
Qu'elle aille se faire foutre.
Alors?
C'est pas des insultes. Il vous faut quoi?
Jean, que faites-vous?
Attendez.
- Ils sont Ă cran, ils tireront.
Restez ici. Donne-moi ta gourde.
Vous restez lĂ . Bougez pas. Jean.
Que faites-vous?
Vous vouliez qu'ils parlent?
Ici, on se dit les choses que face Ă face.
Vous faites une connerie majeure.
- Viens ici.
Mains derrière la tête. Mains derrière la tête.
A genoux.
Baisse-toi.
A genoux.
Vous ĂŞtes qui?
Substitut du procureur.
On vient ouvrir le dialogue.
C'est quoi, ça? De l'eau empoisonnée?
Tu veux me droguer?
T'es peut-ĂŞtre substitut
mais t'es rien ici.
T'es qui, toi? De quelle unité?
Je viens de Paris, on est mobiles.
Tu viens pour quoi? Faire un carton?
On vient pour négocier avec vous.
Dehors, vous ĂŞtes combien?
Combien?
Réponds! 6, 7 avec moi.
ArrĂŞte de mentir!
6 gendarmes dehors.
6 gendarmes.
Fais venir tes hommes.
Me demande pas ça.
Ta gueule. Tu commandes pas.
T'es pas le maître.
Je peux pas les faire venir.
Vince, fais sortir un gendarme.
- Vas-y, Vince.
Fais-les venir ou j'abats un des gendarmes.
- Tue un otage. - T'as entendu.
Fais pas ça. Fais venir tes hommes.
- Allonge-le ici.
Bouge pas. Fais venir tes hommes.
Fais-les venir.
ArrĂŞtez. Vous faites quoi?
Fais venir tes hommes.
Enlève le doigt de ta gâchette.
Fais-les venir. Je le fais.
Lève-toi!
Debout.
Avance.
Allez.
Appelle tes hommes.
Vite. Appelle-les.
Venez tous les six.
C'est Philippe, venez tous les six.
Plus fort.
Venez tous les six.
Viens. Viens.
Les gars.
J'ai besoin de 5 hommes.
Il s'est mis dans la merde tout seul.
Il veut pas qu'on y soit.
C'est un ordre. D'otage.
On va tous se faire fumer.
Vous ĂŞtes des baltringues.
On se décide.
Allez.
J'y vais aussi. OK, j'y vais.
Pas toi, il me faut un gradé.
Antoine, tu viens.
Encore deux.
Vous faites chier.
Je viens avec vous.
Pafait.
Les autres, armes de poing ici.
Reculez de 200 m
et vous récupérez le matériel. OK?
On recule.
- Ils sont combien?
Ils sont combien?
Avance plus vite!
Avance.
Mets-toi Ă genoux ici.
Allonge-toi, allonge-toi.
Tu fous quoi, ici?
Pourquoi t'es lĂ ?
Restez ici. Approchez-vous du sol.
Mettez-vous lĂ .
Avance, avance!
On va faire quoi de vous?
On aura bientĂ´t plus de place!
C'est des GIGN.
C'est pas des gendarmes.
- T'es venu
avec des GIGN?
Regarde, j'ai une liste.
Perrot.
Il a donné l'ordre d'abattre Machoro à Canala.
Y a Perrot, ici?
A genoux! A genoux!
Regarde-moi.
C'est toi?
Qui a tué Machoro?
Laisse-le.
C'est pas nous.
Calmez-vous, mais calmez-vous.
On se calme pas.
Ferme ta gueule.
- Attendez, attendez.
ArrĂŞtez.
- Kagnapa, arrĂŞtez.
L'armée est autour de nous.
A la tribu.
- Tu les protèges?
Je les protège pas.
C'est pas des gendarmes.
Pourquoi tu les protèges? T'es un traître.
Moi, Alphonse Dianou,
avec mon casse-tĂŞte et mes hommes,
je défie la 3e armée du monde.
Vous allez nous écouter.
Ou vous mourrez ici.
Emmenez-les au fond de la grotte.
Lève-toi, allez!
Lève-toi!
Avance, avance!
Avance!
Kanaky!
- Retirez les menottes.
On va les mettre sur les GIGN.
- Plus vite!
Allez, descends, toi.
Toi aussi, descends.
Samy, sur ta gauche. A gauche.
Bianconi, Ă gauche!
Descends, allez.
Baisse les yeux!
Vincent!
Descendez.
Vince, Vince.
Ils sont venus nous tuer.
Pas pour négocier.
On se bat pour notre pays.
Ce sont des meurtriers.
C'était une occupation pacifique.
Ils reconnaissent pas nos coutumes.
Vous entendez?
Vous écoutez?
Ici, on est
dans une grotte sacrée.
Alors quand le vieux parle, vous l'écoutez.
C'est ça?
C'est la parole qu'il faut respecter.
Vince.
Les vieux ont raison.
Tu veux quoi?
Il faut discuter, maintenant, d'accord?
Discuter de quoi?
On réfléchit.
Ensemble.
Tu proposes quoi, hein?
Depuis quand vous avez pas mangé?
- Martin.
Tenez, les gars, mangez.
- Oui.
- Aidez-le.
Vous avez vu la situation dans laquelle on est?
Ils ont 8 otages en plus et je peux plus travailler.
Fallait pas prendre cette initiative.
Vous avez pris l'initiative de me suivre.
Ils se seraient pas sentis menacés par un civil.
Je vous apprends pas votre job,
abstenez-vous de m'apprendre le mien.
Vous avez déjà travaillé sur des prises d'otages?
J'ai.
J'ai raisonné un forcené qui s'était rebellé il y a 4 ans.
LĂ , le tribunal, c'est eux.
Notre job, c'est de faire baisser la pression.
Il faut rester positif.
- On ne voulait pas tuer.
C'était pas notre plan.
L'opération était organisée et validée parle FLNKS.
On devait occuper des gendarmeries
sur différentes îles.
Pour quoi faire?
L'annulation de la loi Pons
et des élections territoriales pendant les présidentielles.
Ton ministre a cru pouvoir les faire passer.
Tu sais ce que signifie cette loi?
La fin de nos coutumes,
des traditions.
La dissolution de nos chefferies.
On pouvait pas laisser passer.
Maintenant, notre combat est plus large.
Nous voulons ce pour quoi nous luttons depuis l'éternité.
Notre indépendance.
Et les morts de la gendarmerie?
Ceux qui ont tué sont prêts à aller en prison.
Toute lutte a ses victimes. Ces morts en font partie.
Et le FLNKS? Il dit quoi?
Comment je saurais?
D'ici, j'ai aucun contact.
Alphonse,
le FLNKS n'a commandité aucune autre attaque.
Tu mens.
Non, non.
Il dit la vérité.
Nous au sud,
on a été relâchés sans un coup de feu.
Alphonse,
il faut qu'on trouve une solution, ensemble.
Vous avez besoin de quoi?
Il faut contacter Nine Wea Ă Gossanah.
Il saura joindre Franck Wahuzue du FLNKS.
De lĂ , le bureau nous donnera la marche Ă suivre.
Sans eux,
nous resterons sur nos positions.
- Philippe, Philippe!
Qu'est-ce qu'ils font?
Ils massacrent les gens?
L'armée ne peut pas.
Vous torturez nos femmes et nos enfants.
Vous les massacrez, lĂ -bas.
Quelqu'un va faire une bĂŞtise.
Laisse-moi vérifier.
Tu pars, je te bute.
Je reste pour les négociations.
Je pars avec le malade.
Tu te fous de moi?
Tu veux quoi?
Je veux que tu fasses partir l'armée de Gossanah.
Maintenant.
Oh!
Ça va aller?
Il se passe quoi?
Ils ont trouvé une liste avec nos noms.
On en reparlera plus tard.
Alors, mon Capitaine,
vous vous êtes échappés? Bravo.
Non, il m'ont laissé repartir avec un malade pour dialoguer.
Avec 6 otages de plus.
Ils peuvent être généreux, c'est sûr.
Bon, ils veulent quoi?
Que l'armée quitte Gossanah avant 6 h.
C'est une plaisanterie.
Non, mon Général. C'est une condition.
M. Le Ministre, le capitaine Legorjus a été libéré.
Il a des informations.
Votre libération est la 1re bonne nouvelle.
A qui avons-nous affaire?
Des gens déterminés mais qui veulent trouver une solution.
Ils demandent le retrait des troupes de Gossanah.
Et sinon?
Ils menacent d'exécuter un de mes hommes.
Voyez-vous un inconvénient à retirer l'armée?
Pas sur le plan tactique.
On a localisé la grotte. On peut replier la base
sur St-Joseph mais on perd la main
sur la situation.
Je vous autorise à vous retirer dès que vous le pourrez.
Bien, je vous repasse le capitaine.
M. Le Ministre,
le chef des rebelles m'a aussi demandé
de prendre Contact avec le FLNKS pour entamer les discussions.
Vous avez le feu vert, juste dans un but humanitaire.
Venez m'en rendre compte.
Alors, ça vous plaît?
Plus vite les ordres seront donnés,
plus vite nous en sortirons.
Alphonse?
Kagnapa, Philippe.
C'était quoi, ces coups de feu?
Des sentinelles ont tiré sur des chèvres.
Reviens avant 6 h ou j'exécute un de tes hommes.
Alphonse, écoute-moi bien.
Le ministre a donné son autorisation.
Mais il me faut un peu de temps.
Je t'écoute.
Il me faut aussi du temps pour le représentant du FLNKS.
Je pourrai pas revenir tout de suite.
J'enverrai des jeunes vérifier le départ des militaires.
C'est bien.
Tu devrais pas l'écouter, il va nous trahir.
On accélère, les gars.
Allez, les gars, 30 min.
La question c'est 1 le nord ou le sud,
par la plage?
Tu voulais M. Wea?
Il dormait avec des prisonniers.
M. Wea, bonjour, vous allez bien?
J'ai un service Ă vous demander.
J'étais avec Alphonse et il m'a donné votre nom.
Vous deviez m'aider Ă prendre Contact avec M. Wahuzue.
Vous pouvez?
Je sais pas comment le joindre.
Je peux vous emmener
à Fayaoué en jeep.
Je peux pas traverser l'île en jeep.
Vous me comprenez?
On peut y aller avec l'hélicoptère.
Ils ont jeté des gens par-dessus bord.
- Qui vous a dit ça?
Un vieux de Teouta.
Ils ont même balancé notre chef. Notre chef!
De plusieurs mètres de haut.
Avec moi, il vous arrivera rien.
Bonjour, chef.
J'aurais besoin de votre téléphone.
Merci.
Ça sonne.
AllĂ´, Franck?
C'est Nine Wea.
Comment?
Il a raccroché.
Il pense que vous ĂŞtes toujours prisonnier.
On va le rappeler. Dites-lui pourquoi vous ĂŞtes lĂ
et comment vous êtes arrivé.
Ça sonne.
Franck.
Ne raccroche pas.
C'est Nine Wea.
Je suis à la gendarmerie de Fayaoué.
Je suis avec un gendarme.
Philippe.
Il s'appelle Philippe. Comment?
Non.
J'ai pas d'arme sur la tĂŞte.
Il pense que j'ai une arme sur la tĂŞte.
Il était prisonnier à la grotte.
Il a été relâché. Il voudrait te parler.
Il peut vous rencontrer?
D'accord. Oleti, Franck.
Il est d'accord
pour vous rencontrer.
Il propose demain Ă 8 h.
Au nord de l'île de Lifou.
D'accord, parfait, merci beaucoup.
J'aurai encore besoin de vous.
Philippe.
Ce sont pas des tueurs, tu le sais?
Oui, je sais.
Bien sûr que je le sais.
Deux jours sans dormir.
Pourtant, je me sens bien.
Je suis enfin Ă ma place.
Maintenant, c'est le temps qui sera mon ennemi.
Je dois faire en sorte que tous se comprennent.
- M. Le Ministre,
le général Vidal, le capitaine Legorjus.
- Bienvenue, messieurs.
Heureux de vous revoir en bonne santé.
Vos exploits ont fait le tour du ministère.
Bonjour, mon Général. Mes respects.
Capitaine.
Ils vous ont pas trop maltraité?
Ils ont été corrects malgré la pression.
Et vos hommes?
C'est plus compliqué, ils ont appris que nous sommes du GIGN
et j'ai peur qu'ils ne vengent Machoro
sur lequel un de mes hommes a mené le tir.
Vous craignez pour leur vie?
Je suis inquiet.
Les négociations sont essentielles.
Le retrait des troupes de Gossanah fait baisser la pression.
Mais ils ont tué 4 gendarmes.
Ils narguent l'armée.
Le gouvernement ne se laissera pas commander.
Ceux qui ont tue se constitueront prisonniers.
Nous avons affaire à des pères de famille.
Des pères de famille?
Je pense aux familles de gendarmes assassinés.
J'y pense aussi, mon Général.
La bonne compréhension permet de trouver des solutions.
En quittant Gossanah,
nous avons perdu l'opportunité de les faire céder.
C'était à faire.
Je l'ai fait pour ouvrir le dialogue.
Vous en ĂŞtes oĂą avec le FLNKS?
J'ai rendez-vous avec un responsable.
Heureux de l'apprendre.
Le gouvernement considère le FLNKS comme des terroristes.
Nous ne négocions pas avec les terroristes.
Mais c'est lui qui a commandité l'attaque.
Il a commandité le massacre des gendarmes?
Non, une occupation pacifique.
Pour quoi faire?
Contre votre loi, M. Le Ministre.
Ah.
Bien.
Il y a une réunion d'état-major
pour nous exposer la situation.
Je vous laisse prendre une douche.
Merci, M. Le Ministre.
- Mon Général.
- D'après mes observations,
les insurgés sont au nombre de 25 ou 30
à l'intérieur du cratère et répartis de manière anarchique.
Les postes de combat sont en hauteur.
J'en ai repéré un ici et un autre au nord.
Nous attendons les relevés de l'EPIGN
qui travaille dans des conditions difficiles
et qui nous en révèlerait d'autres autour du cratère.
De ce cratère, nous avons accès à la grotte.
C'est lĂ que sont retenus otages et gendarmes.
Mes hommes y sont confinés dans des conditions difficiles.
Les insurgés savent qu'ils sont du GIGN?
Ils ont retrouvé une liste dans le sac d'un de mes hommes.
Bravo, un vrai travail d'amateur.
Vous ĂŞtes otage
mais vous leur donnez le mode d'emploi.
Je vous préviens, en cas de problème
vous en assumerez les responsabilités.
- Tout Ă fait.
J'en assume les responsabilités.
J'ai pris des décisions rapides,
mais je pense que ces erreurs nous ont permis de rentrer en Contact
et de faire baisser la pression.
Nous avons ouvert le dialogue.
C'est essentiel.
J'espère que l'avenir vous donnera raison.
D'autres questions? Non, M. Le Ministre.
Vous voulez savoir quoi?
Le point sur la situation.
- Le ministre Pons nous a reçus et a communiqué les directives.
Il est étonné que ce ne soit pas résolu.
- Salut Philippe. Ça va?
Tu repars à Ouvéa? Ouais.
Mets-nous dans tes bagages.
Je peux pas.
Dis à ton ministre que c'est pas démocratique de nous empêcher de venir.
On peut pas faire notre boulot.
On n'a que des rumeurs.
Je sais.
Désolé, je peux rien te dire de plus.
On est au Sofitel, si tu veux parler.
D'accord, merci beaucoup.
Merci.
Attendez-moi, je reviens.
Bonjour. Le général Jérôme.
Bureau du fond. Merci.
Bonjour.
Philippe. Colonel.
Ah, Philippe.
Mon Général.
J'ai appris avec plaisir votre libération.
Un petit café? Je veux bien.
Comment ça se passe?
Écoutez, c'est pas évident.
Mais les gendarmes sont pas maltraités.
Le fait que je sois sorti est encourageant.
Par contre, je reviens du haussariat et ils sont tendus.
Ils me font porter le chapeau.
Les élections vont pas vous faciliter les choses.
Ils ont peur pour leur carrière.
Ici, avec les militaires,
on n'arrive pas Ă communiquer, alors Ă Paris...
Je peux pas me retrouver entre les politiques.
Vous devriez appeler votre ancien patron.
Prouteau?
Il est en Contact direct avec le président.
Il pourra vous aider Ă gagner du temps.
Un problème entre Matignon et l'Elysée?
C'est plus que probable.
J'aimerais pas ĂŞtre Ă votre place.
Vous allez devoir négocier aussi avec les politiques.
AllĂ´? Ah, Philippe!
J'attendais ton appel. Comment vas-tu?
T'es au courant?
Oui, mais je préférerais ta version.
Je suis en situation difficile mais ça peut se retourner.
T'as pu commencer le travail de négo?
Les Kanaks veulent discuter mais Pons veut pas leur parler.
Le président sait?
Ici, on est au courant de rien.
Les nouvelles arrivent filtrées.
Tu en penses quoi?
Comme d'habitude.
On aura besoin de temps
et de prises de décisions rapides.
Les Kanaks demandent quoi?
Leur indépendance.
Le président est pas proche du FLNKS?
Si, il est ami avec Tjibaou.
Dis-leur qu'on aura besoin d'eux.
Ils seront essentiels.
Ils se sont juste mis dans la merde.
J'en parle au président.
Tiens-nous au courant.
On n'a que toi sur place.
- Alphonse, tu m'as demandé de prendre Contact avec Franck,
de contacter le bureau,
pour savoir ce qu'ils peuvent faire pour nous.
Assurer une médiation.
On a eu Franck au téléphone,
il nous a donné son accord.
Il demande qu'on le rencontre demain.
A Lifou.
La coutume qui est ici, dans mes mains,
c'est la petite pensée des vieux en bas, à la maison,
des mamans, des vieilles,
de nos enfants.
Il est vrai qu'on a subi des sévices,
on a été maltraités,
c'était ignoble, ce qui s'est passé à la tribu, dur,
mais on le sait pourquoi.
C'est pour notre lutte.
Celle-ci que nous continuons, que nos vieux ont commencée.
Le petit peuple en bas Ă la maison
demande qu'on négocie bien les choses
pour qu'il n'y ait plus de sang.
Les vieux disent que ça suffit.
Ce qu'il y a eu à la gendarmerie, ça suffit.
Merci.
Merci.
C'est des bonnes nouvelles.
On voulait que l'armée se retire.
Et j'espère que ça se terminera bientôt.
Nous sommes papas.
J'espère rentrer à la maison et revoir mes enfants.
Kojack.
Lars.
Jonas.
Oleti, pour...
les nouvelles que tu nous apportes.
Parce que...
t'as fait ce qu'on t'a demandé de faire.
Ce qui s'est passé à la gendarmerie,
c'est pas ce qu'on a voulu.
On se retrouve ici.
Merci à toi, mon frère.
Merci aussi Ă toutes les mamans, tous les papas Ă Gossanah,
tous les enfants.
"Oleti"
Comme Vince il a dit,
nous, on est tous des papas, ici,
on est tous des papas, ici.
"Oleti"
"OLETI"
Alphonse, j'ai besoin que tu me rendes un service.
Je sais ce que tu vas me demander.
Vas-y, va voir tes hommes.
Merci. Merci.
Comment ça va?
Ça va? On tient, oui, ça va.
Comment ça se passe?
Je suis sorti, l'armée est partie de Gossanah.
On fait baisser la pression.
Ils cherchent Ă nous intimider.
Ils savent pas que c'est moi.
Il faut me donner du temps, d'accord?
T'inquiète pas, on gère.
Les gars, je vous remercie.
Vous m'avez sorti de la merde.
- Tu fais un relevé de nos défenses?
Damien, Thomas,
retournez Ă vos postes. Et toi, viens.
Assieds-toi.
Je sais qui tu es.
Tu bouges comme un GIGN.
T'es pas un simple gendarme.
Alphonse, je suis pas... T'inquiète pas.
On touchera pas Ă tes hommes.
Je veux que tu me promettes une chose.
Tout ce que tu veux.
Tous les hommes qui m'accompagnent,
ce sont des pères de famille,
des pĂŞcheurs, des enfants.
Pas des assassins.
Ils sont lĂ Ă cause de moi.
Mais ils ne méritent pas de mourir.
Promets-moi qu'en cas d'assaut, leur vie sera épargnée.
Pourquoi tu me parles d'assaut?
C'est la suite logique.
C'est comme ça que vous réglez les problèmes.
Alphonse,
je vais tout faire pour éviter ça.
Mais tu as raison sur un point,
t'as renversé la pression, les militaires ont peur.
Et ça, c'est jamais bon.
Tu devrais réfléchir.
Libérer les otages.
C'est le seul moyen de les protéger.
- T'as toujours pas compris.
On peut pas faire machine arrière.
Si on cède sans être sûrs du résultat,
tous les morts l'auront été pour rien.
Les gendarmes, Machoro,
tous nos frères de lutte durant ces années
et tous ces morts pour une seule raison.
Pour le nickel qui couvre les montagnes
et qui est traité à Nouméa.
Celui sans lequel vous ne connaîtriez pas notre existence.
Cette terre rouge que tes ancêtres nous ont volée
contre un paquet de cigarettes, une bouteille d'alcool.
Ce nickel pour lequel vous ravagez notre terre,
vous polluez notre air, notre mer.
Ces mines par lesquelles vous avez injecté vos poisons,
l'argent, la drogue, l'alcool.
Cet argent qui dirige chacun de vos pas,
qui différencie les bons des méchants,
qui vous enferme dans vos villes dortoirs
Ă ne vivre que pour en gagner plus.
Quand vous aurez transformé la planète en argent,
les derniers survivants de votre apocalypse, ce sera nous.
- Vous me demandez de participer à des négociations
avec un gouvernement qui nous dit terroristes,
dont le chef a été lâchement abattu il y a 4 ans.
Je vous demande d'aider Alphonse.
Ils ont besoin de vous.
Il a organisé son attaque de son côté.
Il n'a pas gardé le contrôle de ses hommes.
Personne ne devait mourir.
Maintenant on est lĂ , alors on fait quoi?
Si le FLNKS veut revendiquer cette attaque,
qui va nous protéger de ces accusations de barbarie?
C'est en participant que vous ferez taire ces accusations.
Alphonse a 23 otages.
Il y a 300 militaires à Ouvéa.
Avant que nous puissions nous prononcer,
il faut que ton ministre déclare
que nous ne sommes pas une organisation terroriste.
Qu'il accepte la légitimité du combat.
C'est clair?
- Il faut mettre en place des négociations
pour que le gouvernement comprenne et réponde.
- La mise en place d'un dialogue
avec le prochain gouvernement français.
Prochain?
Ils voudront résoudre ça avant la fin des élections.
Tu peux pas leur fermer la porte.
Je ferme la porte Ă rien.
Je négocie pas avec un gouvernement en sursis.
Et le FLNKS? Ils viennent quand?
J'ai l'impression qu'ils veulent pas se mouiller.
Il faudrait nommer un médiateur
pour entamer les discussions avec le FLNKS. Un médiateur
qui resterait en place.
Qui le nomme? Le président.
Avec l'accord du 1er ministre.
Pourquoi pas?
- C'est bien.
Ça me permet de progresser à l'extérieur.
Hors de question qu'on retourne notre veste
pour exonérer le FLNKS de ses crimes.
On ne les considère pas différemment
parce qu'ils ont une opportunité de négociation.
Quant au nouveau gouvernement,
le gouvernement actuel préside.
J'ai moi aussi une condition.
Ne remettez pas les pieds Ă la grotte.
Pour quelles raisons?
Je suis responsable de votre sécurité.
Alphonse me fait confiance. Je risque rien.
C'est un ordre venu d'en haut. Je vous remercie.
Merci, M. Le Ministre.
AllĂ´? Philippe, tu viens aux nouvelles?
Je mets pas la main sur Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné.
Je continue Ă les chercher.
Appelle-moi plus tard.
Qui?
C'est Philippe, qu'est-ce qu'il se passe?
Le FLNKS me trimballe
et Pons me met des bâtons dans les roues.
On te dit quoi?
Ils trouvent pas le responsable.
Ils se foutent de toi.
Tjibaou est à Nouméa.
Ils veulent pas négocier?
Négocier quoi? Leur indépendance?
Tu crois que ça se réglera avec 4 morts et quelques otages?
Le médiateur?
Il vient d'être nommé par le président.
On attend la signature de Chirac.
Évidemment, il prend son temps.
C'est quoi, ce merdier?
C'est politique.
Les enjeux nous dépassent.
On a 23 otages dans la grotte.
Ils risquent d'y passer à cause des élections?
Tu crois quoi? La vraie guerre est ici.
Matignon veut nous museler.
Pasqua s'occupe du Liban, il prépare un coup d'éclat.
Ici, on les libèrera pas avec du pognon.
Personne n'essaie de trouver des solutions pacifiques.
Pons ne veut pas d'une solution pacifique.
Tu veux dire quoi?
Ils ont besoin des voix du FN pour élire Chirac.
Le but, c'est de séduire l'extrême droite en foutant une raclée
aux indépendantistes.
Aux dépens de la vie de nos hommes?
A toi de trouver des solutions sur le terrain.
Je peux pas compter sur vous.
Sur qui? Des politiciens en pleine campagne?
Tu peux compter que sur toi, je t'envoie des renforts.
J'ai pas besoin de renforts mais de temps.
Il t'en reste plus beaucoup.
- Je sais que ça peut paraître dérisoire
vu l'importance du problème, mais consacrons
encore 2 min au problème de la Nouvelle-Calédonie.
- Deux minutes chacun, M. Mitterrand.
- Ce qui compte Ă la minute oĂą je m'exprime,
c'est la libération des gendarmes
et du magistrat aujourd'hui retenus en otage,
ce qui n'est pas pour nous supportable.
Il est de mon devoir de rendre hommage au courage
et au sens du service public
de ceux qui ont été victimes de cette action.
Ce qui compte toujours,
aujourd'hui et demain c'est le dialogue.
Or le gouvernement a choisi
la brutalité.
On a oublié que le dialogue est la règle de la République.
Il faut retourner au dialogue
avec toutes les parties prenantes
de la Nouvelle-Calédonie.
- M. Chirac, pour deux minutes.
Je connais bien la Calédonie.
C'est un pays que j'aime. J'y suis allé 11 fois.
Il y a une action de dialogue qui a été conduite,
et qui fait qu'une large partie des Mélanésiens
sont en faveur de la solution pour rester dans la République.
Il y a enfin un petit groupe qui rejette les traditions
et la coutume mélanésiennes et kanakes,
et qui s'appelle le FLNKS et qui, aujourd’hui,
est un groupe terroriste.
Je ferai tout pour que ce groupe soit réduit.
J'ai tout fait pour qu'il soit réduit ailleurs.
Nous assistons, et c'est dramatique,
à l'échec absolu de votre politique.
Pendant les gouvernements socialistes, nous avons eu l'exasperatĂon,
32 morts, des centaines de gens blessés.
Quelles sont les différentes options?
Je vous écoute.
Commandant? Merci, M. Le ministre.
Mon Général, messieurs,
d'après la dernière analyse du rapport sur la situation,
nous envisageons fortement des tirs de semonce.
A blanc. Éventuellement avec des ogives vides.
Afin de créer une diversion dès la mise en route de l'assaut.
Cette force de feu conjuguée
créerait assez de panique pour permettre à nos hommes
de progresser avec un maximum de sécurité.
- Merci, Commandant.
Ensuite?
D'après les indications
et le travail de jalonnement,
il y a deux accès.
L'un côté cratère qui est connu de tous,
et particulièrement protégé par les insurgés,
et l'autre, côté grotte,
qui est difficile d'accès
car la végétation y est dense et le terrain rocheux.
Nous envisageons le nettoyage de la zone
par le largage d'une bombe Ă guidage laser de 250 kilos,
soit depuis les airs, soit depuis la mer.
Pour ĂŞtre efficace,
ce nettoyage doit être appuyé d'un soutien hélicoptère.
Nous envisageons aussi l'option du napalm
qui dégagerait l'accès de la grotte
pour un assaut massif du 11 e choc.
M. Le Ministre, on évoque des opérations de guerre
totalement disproportionnées
par rapport Ă la situation.
Je ne comprends pas ce que le 11e choc vient faire lĂ -dedans.
Ce n'est pas adapté à la situation.
Tout cela conduirait Ă un carnage.
On pourrait attendre le résultat des négociations.
Rien ne nous presse.
On veut sacrifier 23 otages?
Je m'oppose formellement à toute offensive mise en œuvre
au mépris des otages.
Mon Général, je prends bonne note de vos réserves.
Il faut évidemment
assurer la sécurité des otages
et mettre en place la meilleure stratégie.
Prenez les mesures en prévision d'un assaut
pour limiter les effusions de sang
au minium. Je vous remercie.
T'en penses quoi?
On se croirait en guerre.
Salut, Philippe.
C'est pas que je sois pas content de vous voir,
le commando Hubert, je comprends, mais le 11e choc...
Je comprends pas. C'est un cas d'école du GIGN.
Si on intervient, on fera notre boulot.
Vous pouvez me faire une estimation des pertes?
Je te la fais porter. Capitaine.
Un mot en privé, s'il vous plaît.
- M. Le Ministre.
- Le gouvernement ne négociera pas avec le FLNKS.
Mettez un terme à vos démarches.
Je viens de commencer. Le temps des Kanaks est différent.
On va pas continuer ce petit jeu.
Quel jeu, M. Le Ministre?
Notre pays est dans une situation d'exception,
la cohabitation entre la droite et la gauche
m'oblige Ă trancher en dehors des habitudes.
Ça fait plus d'une semaine que ça a commencé
et le 2e tour est dans quelques jours.
Sans solution pacifique dans les heures qui viennent,
je ne serai plus en maîtrise de la situation.
Les négociations ont toujours pris plus de temps que les armes.
Vous parlez comme un politicien.
Je fais pas de politique.
Mais la mort d'un homme, c'est un échec pour nous.
Pour moi aussi, je vous assure.
Parfois, c'est le seul moyen de rétablir l'ordre et la morale.
On a voulu faire intervenir l'archevêché.
Sans succès.
Que s'est-il passé?
Officiellement, y a eu un problème avec la radio.
Mais il s'est fait rembarrer.
C'était pas drôle.
Ça m'étonne pas.
Ils t'ont laissé sortir? Oui.
L'ambiance s'est beaucoup détendue.
Faut que j'y retourne. Tu viens aussi?
Pons veut pas.
Merde.
On dit quoi Ă Alphonse?
On reste positif.
C'est Philippe.
Merci.
AllĂ´, Philippe?
Alphonse,
je suis bloqué à Nouméa, j'ai du travail ici.
Je peux pas revenir. Ça te dérange?
Que se passe-t-il? Ça fait longtemps.
Je travaille avec le FLNKS et c'est pas évident.
Ils te répondent pas?
C'est des politiciens, C'est un autre monde.
Je trouverai des solutions.
Je compte sur toi. Me laisse pas tomber.
Le FLNKS?
Baisse pas les bras.
Y a forcément une solution.
- Tout ce qui a été dit est faux.
Ce ne sont pas les fous furieux qu'on aimerait.
Ce sont pas des terroristes.
Il n'y a pas eu de massacre.
Pas de décapitation, pas de viol.
Juste le résultat d'une panique.
Ils sont prĂŞts Ă l'assumer.
Les tueurs se constitueront prisonniers.
Mais ils ont besoin de s'exprimer avec leurs mots.
Ils veulent raconter la légitimité de leur lutte.
Ils veulent le faire devant une caméra.
On filmera et on demandera ce qu'on veut?
Tout.
Pas de question piège.
Je veux que vous m'aidiez Ă garder le contrĂ´le.
Tu veux des images en cas d'assaut.
Je veux éviter un assaut.
Des images peuvent suffire?
Au moins, ça servira de preuves.
De preuves de quoi?
De la façon dont ils traitent les gendarmes.
Ce sont pas des sauvages.
Pourquoi tu te mouilles?
T'as le syndrome de Stockholm?
Je veux juste montrer Ă Alphonse la sortie.
Je fais mon boulot.
OK. On te suit.
- Philippe!!
Les estimations du 11e choc.
C'est inacceptable.
On a tous décidé de poser le képi.
On rédige une lettre de démission. Vous voulez signer?
Je peux pas. J'ai mis les hommes dans la grotte.
Je comprends, Philippe.
On vous abandonne pas.
Mais faut marquer le coup.
Courageux de votre part.
Les gars du GI sont au MESS.
Merci.
Salut. Salut.
On vient de finir la préparation.
On part pour Ouvéa.
Je peux pas vous emmener.
J'ai pas demandé les renforts et j'ai rien pour vous.
Il y a des gendarmeries Ă surveiller.
On n'a pas fait 25 000 km pour ça.
T'as besoin de nous en cas d'assaut.
En cas d'assaut, 10 Ă 15 morts, ils parlent pas des Kanaks.
Tu veux participer à ça?
On peut faire la différence.
Quelle différence? Le 11e choc attaque.
Ils veulent montrer l'exemple.
Je vous emmène pas là -dedans.
Tu t'isoles, tu t'enfonces.
La mission est annulée, j'ai eu un contrordre.
Je coupe les moteurs.
M. Le Ministre.
Entrez, mon capitaine.
Asseyez-vous.
Messieurs.
Vous alliez acheminer les journalistes
sans autorisation?
Je voulais les amener en attendant le feu vert.
Vous vous moquez de moi?
Et vos contacts avec l'Elysée?
Ils n'ont en rien modifié la teneur des conversations
que nous avons eues.
Vous ne mesurez pas les conséquences de vos actes.
Nous avons reçu une lettre de menaces de démission.
Faites-vous partie du groupe?
Non, je suis responsable.
C'est très bien, mon Capitaine.
Nous aurons besoin de vous tous.
Dans quel but?
Êtes-vous opposé à un assaut?
Non, sauf s'il y a d'autres options.
Ce n'est pas de votre ressort.
Le président vient de signer l'ordre d'assaut.
Restez discret.
Il a été signé trop tard pour un assaut ce soir.
L'opération Victor sera lancée demain soir pour un assaut à l'aube.
Et les journalistes?
La demande a été refusée parle 1er ministre.
C'était dans mes négociations. J'allais avoir des résultats.
Nous n'attendrons pas la fin des élections.
Le temps des négociations est dépassé.
Pour les otages?
C'est votre responsabilité.
J'ai plus accès à la grotte.
Vous avez 24 h pour trouver.
J'espère que vous avez conscience
du nombre de pertes humaines.
Les militaires ou les Kanaks?
Les deux.
C'est une responsabilité qui nous incombe.
Je dis quoi Ă Alphonse?
Vous lui avez promis des journalistes,
aucune raison de faire autrement.
Nous allons utiliser l'hélicoptère pour indiquer aux troupes
la position de la grotte.
Finalement,
votre idée aura servi à quelque chose.
M. Le Ministre...
Vous pouvez disposer.
M. Le Ministre,
Général.
Bonjour.
Une ligne pour Paris, s'il vous plaît.
Christian Prouteau pour Philippe Legorjus.
Christian. Oui.
Le président a signé l'ordre d'assaut?
Il vient de m'en informer.
Qu'est-ce que vous faites?
J'allais trouver des solutions.
J'allais m'en sortir. Je sais.
Vous me plantez un couteau dans le dos.
ArrĂŞte, calme-toi.
Vous mettez en péril vos hommes.
Vous allez l'assumer?
Avec un peu de chance, ça ira.
C'est quoi, cette logique? Ça nous dépasse.
- Chantal, c'est moi.
Comment tu vas?
J'attends ton appel depuis des jours.
J'ai pas pu t'appeler avant.
Il se passe quoi, lĂ -bas?
Ici, on parle de décapitations, d'erreurs,
tu as été fait otage.
Non, y a rien de tout ça.
Je vais bien, ne t'inquiète pas.
Et JM et les autres?
Ils sont encore lĂ -bas.
Et toi, comment ça va?
Chantal, j'ai...
j'ai jamais vécu ça.
C'est la 1re fois que je me sens inutile.
Tu contrĂ´les pas?
Non.
Je fais l'inverse de ce pour quoi je suis lĂ .
Je t'ai jamais entendu parler comme ça.
J'ai jamais vécu ça. Jamais.
Il va y avoir un assaut?
Oui.
Quoi que tu fasses, tu reviendras pas en arrière.
Réfléchis bien, mon amour.
Je t'embrasse, je t'aime.
T'inquiète pas.
Tout va bien se passer.
Philippe.
Salut. Salut, les gars.
Tu fais plus venir les renforts de Nouméa?
Je leur ai donné des missions à Grande-Terre.
Pourquoi tu les fais pas venir?
Je veux pas qu'ils s'engagent si je n'adhère pas.
Je sais ce que je fais.
On espère, c'est nos potes à l'intérieur.
C'est mes potes aussi.
En cas d'assaut, ils se protègent comment?
Je vais trouver une solution.
- Faut leur faire passer des armes.
Je sais. Je vais trouver une solution.
Capitaine.
Un Kanak veut vous voir. Il attend dehors.
Merci.
OK.
A part la coopérative, que s'est-il passé?
- Les militaires, en partant,
nous ont tout cassé.
Ils ont même volé de l'argent.
Y en a même un qui a chié dans une case.
- Je vais voir ce qu'on peut faire pour vous dédommager.
- On veut pas être dédommagés.
On voulait juste que vous le constatiez.
- Je comprends.
LĂ , ils font quoi?
Ils préparent les cadeaux pour la libération.
Alphonse aimerait qu'on soit prĂŞts pour demain.
Il veut que ce soit filmé.
C'est bientĂ´t fini.
J'espère que tout ça n'aura pas servi à rien.
Ça va?
- Alors?
Ils ont amené le petit-déjeuner de Gossanah.
C'est super bon, avec du poisson.
Non, vraiment,
les gendarmes vont oĂą ils veulent.
Tout le monde est plus détendu
depuis qu'on attend les journalistes.
Alphonse a écrit un texte pour leur lire.
Jean, y aura pas de journalistes.
Dans l'hélicoptère, y aura que des militaires.
Le président vient de signer l'ordre d'assaut.
Comment ça?
Je croyais que ça avançait. Moi aussi.
C'est absurde.
Les journalistes, c'était la solution.
Alphonse devait libérer les otages.
Je me heurte Ă des murs.
Personne n'est intéressé par une issue pacifique.
Et nous, lĂ -dedans?
Faut que je vous protège.
De l'extérieur?
Non, de l'intérieur.
Comment tu comptes faire?
Faut que tu passes des armes Ă mes hommes.
Quoi?
De quoi tu parles?
Ils te fouillent plus, ils te font confiance.
Je peux planquer deux flingues sur toi.
Tu rigoles?
On n'a pas le choix.
Mais écoute...
je suis magistrat.
Tu sais ce que ça veut dire?
J'ai pas le droit de faire ça.
J'ai pas le droit de porter des armes.
LĂ , on trahit Alphonse. On gagnait sa confiance.
Justement.
Si tu trouves rien pour nous protéger?
Ça empêchera pas l'assaut.
Ils sont prĂŞts Ă nous sacrifier?
Cet assaut était planifié depuis le début.
Je comprends pas ce qu'ils ont Ă en tirer.
Y a pas de témoins.
Y a personne pour raconter.
Si les gendarmes sont massacrés,
on mettra tout sur le dos des Kanaks.
C'est la fin du FLNKS, des indépendantistes.
J'y crois pas.
Nos politiques n'en sont pas capables.
Jean,
on est Ă 25000 km de Paris.
On a pas de contrôle sur leur décision.
Ils ne pensent qu'aux élections.
On a très peu de marge de manœuvre.
Le seul moyen d'éviter le pire,
c'est de l'empêcher de commettre l'irréparable.
Il s'arrĂŞtera pas.
Tu sais très bien.
C'est une trahison.
On a tous été trahis.
Alors?
Je crois que ça va.
Ouais, ça va, ça tient.
Ça se voit pas.
La clé des menottes.
Bon courage, Jean.
On peut dire qu'il a des couilles.
Le temps idéal pour un assaut.
Ils relâchent leur garde.
Oui, mais Ă Paris, il pleut pas.
Que le temps nous soit favorable ou pas, ils s'en foutent.
La priorité à Paris, c'est les otages du Liban.
On va pas leur gâcher la fête avec nos Kanaks.
Pas contre, demain,
si on libère les otages vivants,
ils sauront exploiter l'événement.
Si c'est un massacre?
Tout pour notre gueule.
Et ça vous dégoûte pas? Si, et alors?
Vous vous posez trop de questions.
En acceptant d'ĂŞtre officier vous acceptez les ordres
mĂŞme s'ils sont contre votre morale.
Regardez-moi. Je suis Général,
j'ai deux étoiles sur les épaules,
j'ai 30 ans de carrière, j'ai droit de vie et de mort.
Je suis Ă la merci du 1er politicien
qui me dit de sauter, je saute.
Comme vous le ferez demain. C'est ça, être un soldat.
Êtes-vous sûr de vouloir être un soldat?
Philippe, c'est la seule question que vous devez vous poser.
- Monsieur le Président,
nous, peuple kanak,
demandons notre droit Ă exister,
Ă survivre.
Nous revendiquons notre droit à l'indépendance
reconnu par le droit international
à tous les peuples colonisés.
Notre prise de pouvoir légitime a déjà fait couler trop de sang.
Nous saignons depuis 135 ans dans le silence et l'ignorance.
Cette ignorance nous tue Ă petit feu.
Nous voulons engager le dialogue avec le peuple français
pour trouver des solutions à nos problèmes communs.
Ensemble, faisons cesser la violence.
Le seul moyen de faire taire cette violence
vient avec le dialogue,
le respect, l'écoute et l'humilité.
J'espère, M. Le Président,
que nous arriverons ensemble à rétablir la justice,
celle des hommes.
Je vous prie, M. Le Président,
de venir signer un acte d'indépendance de Watete.
Comment tu trouves?
C'est fort.
Vous venez quand?
Demain matin avec les journalistes, en hélicoptère.
C'est bien, Philippe.
On va enfin pouvoir parler aux Français.
Alphonse,
demain il faudra rester calme, garder ton sang-froid.
Ne t'inquiète pas pour moi.
Faudra garder le contrĂ´le de tes hommes. Tu comprends?
Oui, je te comprends.
Je veux juste que tout se termine bien.
Je suis d'accord.
J'aimerais que ce soit déjà terminé.
A demain, Alphonse.
A demain, Philippe.
- Messieurs,
l'opération Victor débutera ce soir à 22 h.
Elle sera effective demain Ă 5 h.
Un commando de 75 hommes,
aux ordres du lieutenant-colonel Arthur,
abordera l'objectif par l'est
éclairé par l'EPIGN.
Il sera constitué du 11e choc,
commando Hubert, GIGN,
et d'un lance-flammes du 17e RGP.
Je vous informe que, dans la grotte,
deux des otages sont armés de revolvers.
Messieurs,
l'opération Victor
constituera l'apothéose de votre entraînement
et de votre formation.
Votre honneur
et l'honneur de l'armée française sont en jeu.
Je vous fais confiance.
Je vous souhaite bonne chance
et bon courage.
- Tout le monde Ă vos postes!
- On y va, en avant!
Ça retire!
- J'ai vu.
Avance.
- Fais gaffe.
Tire pas! Ils sont pas armés.
Ils sont pas armés.
Où ça?
Philippe? On progresse.
On y va.
- Gardez vos appuis.
A couvert!
Ils nous tirent dessus.
Bouge!
Avancez!
En avant!
A couvert!
Armel!
Appuie-moi.
- Où ça?
Où ça?
- Le 11e est en contact.
On avance.
Armel, tu m'appuies.
- Hein? Reçu.
Philippe!
Hubert va utiliser le lance-flammes.
Hubert va utiliser le lance-flammes.
Planquez-vous! Planquez-vous!
- Baissez la tĂŞte!
Ils ont neutralisé la A 52, Matthieu, avance.
- On avance en ligne.
Les pompes, ça sert à rien.
On dégraille les pompes.
Allez.
On passe en arme de poing.
Messieurs,
Simon.. les gars, regardez la ligne. Simon...
prends sur ta gauche ton binĂ´me.
Nous, on avance sur le centre.
Armel, t'es oĂą? Armel!
Je suis lĂ .
Il est devant.
- Attention!
Allez, on garde la ligne.
Tu progresses sur la droite.
Allons-y, pas de temps Ă perdre.
Vas-y, vas-y.
Vas-y, en appui.
Allez, on progresse.
Marco, je veux que tu avances sur le centre.
Les gars, attendez!
Attendez les appuis.
Attendez-nous.
Toi, tu m'écoutes.
Pas de temps Ă perdre.
On a nos gars à l'intérieur,
je veux absolument avoir un visuel.
Prends l'avant.
On est Ă 25 m de la grotte.
Le 11e se rabat sur nous.
Avance.
Avance, Marco, allez, allez.
Prenez vos appuis.
- Vite!
- C'est bon.
Marco!
- Marco est touché!
Occupez-vous de Marco.
Simon, Elric.
Avancez.
EPIGN! - Reste lĂ .
EPIGN,
on a un blessé, évacuation.
EPIGN, EPIGN.
Venez.
Venez avec un brancard.
Allez.
OK, Marco.
Reste là , ça va.
- A 11 h.
Droit devant, Ă 11 h.
On est pris sous un feu nourri.
J'ai pas le temps.
Simon, Simon.
Je veux un visuel sur les otages.
Ils vont se faire massacrer.
Deux Kanaks à 13 h, derrière le rocher.
OK.
C'est bon, en appui.
Vas-y, appuie.
On a un visuel?
- Quelqu'un voit les otages?
- Non, rien, aucun otage.
Zéro visuel. Regardez pas.
Continuez la progression.
- A gauche.
- Tirez pas sans visuel.
C'est peut-ĂŞtre des otages.
Go, go, go.
C'est pas nous, C'est Hubert.
C'est le 11e choc, on continue.
On regarde pas, on avance.
Allez, allez!
Allez, les gars.
Allez, ça tire d'où, là ?
Ça tire d'où, là ?
C'est le 11e qui nous tire dessus, lĂ .
Le 11e s'est rabattu.
Matthieu, dis-leur qu'on est ici.
Panthère de Gl, on rentre dans votre zone.
Demande de report de tirs sur la droite. Terminé.
Armel, avance. Avance.
- Report de tirs Ă droite.
- A terre!
Non, on avance.
Simon, on avance.
Il y a un feu nourri.
On s'en fout, on va chercher les otages.
Entre eux et nous, y a un feu.
On y va.
Ça sert à rien.
Ça avance plus.
- On garde la ligne.
- Avance, allez!
Avance.
- A gauche!
Ne tirez pas sans avoir...
sans avoir une visualisation.
A gauche!
C'est peut-ĂŞtre des gars Ă nous.
- La ligne Ă droite.
- Simon, t'as un visuel?
On est environ Ă 50 m dans cet azimut.
C'est la grotte.
On est déjà sous un feu nourri!
On y va!
Un mec avec une balle dans la tĂŞte.
- Libérez les otages.
Sortez.
Si vous sortez, vous avez ma parole d'officier
qu'il ne vous arrivera rien.
- Une dizaine de morts chez les Kanaks.
Deux morts au 11e choc.
On a localisé la grotte.
Dis-leur qu'ils cessent le feu.
Ils me font plus confiance.
Dis-leur qu'ils s'en sortiront pas.
Les otages?
Les tiens, je sais pas, les gendarmes sont dans la grotte.
J'ai une dernière option.
Mais donne-moi du temps. Pas d'assaut avant 20 min.
Laisse-moi revenir. 20 min, maximum.
Je tente une dernière négo.
Je voudrais parler Ă Franck Wahuzue.
De la part de Philippe.
Je voudrais le voir. Je passe Ă Lifou.
Dans 10 min, qu'il m'attende au terrain de foot.
Merci, merci.
Mon capitaine.
Le 2e assaut a été lancé.
- Libérez les otages.
Maintenez la position.
- Dépêche-toi.
Descends.
Mets-toi Ă genoux, Ă genoux!
- Arrêtez. Ils ont assez de morts comme ça.
Recule, recule.
Allez, avancez.
Lève-toi!
Avance.
Mes hommes...
Tu m'avais promis.
Allez-y.
Maintenant, je me souviens.
Les actions et les réactions,
les décisions prises,
et mĂŞme si ces souvenirs font mal,
et que cette réalité est difficile,
je choisis d'y faire face et d'assumer mes actes.
Car si la vérité blesse,
alors le mensonge tue.
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