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On vit dans une ville où trop de gens ont été oubliés et abandonnés.
On veut juste que la police assume ses responsabilités
et fasse son travail.
Un autre enfant a disparu.
Marlon Rochelle,
un garçon de 14 ans qui jouait sur ce terrain.
Un gamin comme Edgar Anderson,
mais qu'on ignore parce qu'il est noir et démuni.
Ainsi, nous demandons…
Non, nous exigeons que sa disparition soit prise au sérieux,
comme pour n'importe quel autre jeune.
Edgar Anderson a disparu depuis six jours.
Onze mois que Marlon Rochelle reste introuvable,
mais la police ne fait rien.
L'adjoint au maire Costello doit cesser les promesses en l'air
et nettoyer notre chère ville.
Qu'il passe Ă l'acte.
Purée, on fait ça depuis des jours.
- Ça a sûrement un sens. - Ça n'a aucun sens.
On trouvera le sens.
- On tourne en rond, on perd du temps. - La ferme !
Tu refuses d'admettre que c'est ta faute si le mĂ´me s'est enfui.
Bon sang.
UN PETIT NOUVEAU VIENT JOUER
Il va faire des cauchemars.
S'il voit passer ce truc derrière la porte, il va se barrer.
Tais-toi et concentre-toi.
J'ai mal aux pieds.
Raya, ne fume pas cette merde à côté du gamin.
Laisse-moi le prendre. J'en obtiendrai un bon pactole.
J'ai été gentil avec lui. Il leur dira.
Je toucherai le fric.
Tu crois que le débarbouiller t'a mis à l'abri ?
Tu vas creuser ta tombe.
Sois sage, gentil,
courageux et unique.
- Ça sort d'une émission, non ? - Oui.
C'est sympa.
J'aime ton style, petit.
Je dois filer, on en reparle plus tard.
Pas un bruit, comme jusqu'Ă maintenant, d'accord ?
Je vais te ramener chez toi.
Je peux le surveiller.
Hors de question.
Tu viens avec moi.
Ferme bien derrière nous.
Ils comptent partir un jour ?
Tu as de l'ibuprofène ?
LĂ -bas.
Bon…
je dois te parler.
Un agent immobilier passera Ă 16 h.
Inutile de retarder ces choses.
Aussi, notre avocat a envoyé des papiers.
Tout y est, mais si tu as besoin d'aide pour quoi que ce soit,
je suis sûr qu'il t'expliquera tout.
William a fait un don Ă l'orchestre symphonique de New York
et tu seras d'accord que William a été très généreux envers toi,
mais tu sais très bien
que tu n'as aucun droit sur cet appartement.
- On a passé sept ans ensemble. - Tu as jusqu'à la fin du mois.
Michael, je sais que tu l'aimais,
mais tu l'as tué, c'est tout.
Tu as fait entrer cette maladie dans sa vie.
Je doute que la police soit ravie
d'apprendre qu'un de ses détectives cachait ses soucis de santé,
ou qu'elle compte un homosexuel parmi ses effectifs.
Tu as retiré la photo du frigo ?
De William et moi ?
- J'ignore de quoi tu parles. - Je vois clair dans ton jeu, Caroline.
J'aimais ton frère… plus que tout.
Je dis ça sans méchanceté car je comprends ta peine.
Mais tu essaies d'effacer sept ans de…
cette chose extraordinaire qu'on a partagée.
Vraiment ?
Je suis pas responsable de la souffrance de William.
Un autre l'a contaminé, je ne suis pas malade.
J'ai pas détruit William.
Je l'aimais.
Tanya, tu pars déjà ?
Je te raccompagne.
Vous ĂŞtes bien chez les Anderson.
- Laissez un message après le bip. - Message après le bip !
- Laissez votre numéro. - Laissez votre numéro !
Bingo !
Bonjour.
J'ai votre fils.
AllĂ´, qui ĂŞtes-vous ? Vous vous moquez de moi ?
La manche de sa veste est déchirée.
Ne fais pas ça, mec.
Il a une veste rouge.
Et un grain de beauté sur l'épaule.
L'épaule droite.
Il est blessé ? Il va bien ? Vous lui avez fait du mal ?
Il est en sécurité.
Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce…
Rendez-le-moi.
Pitié, ramenez-le.
Parle-lui du blé.
La cabine, au coin de la 34e et de la 9e rue, en face de la laverie.
- Apportez l'argent. - Bien.
En liquide. J'amènerai le petit à 21 h ce soir.
Si vous en parlez aux flics ou autre, on annule tout.
D'accord. Je peux lui parler ? Je vous en prie.
Pitié, juste…
Super, elle va rameuter les flics. C'est un piège !
Tu boudes, maintenant ?
J'ai pas confiance en toi ! Trouve ton propre plan.
Il vit sous terre depuis un moment, donc il est un peu timide,
mais nous accueillerons bientĂ´t un nouvel ami dans Good Day Sunshine.
Ouais !
Il y a quelque chose qui cloche.
Pas grave. Souriez, tout le monde.
- N'oubliez pas pour qui on fait ça. - Jerry et sa bande.
- OĂą est Vincent ? - Salut, Cassie.
Salut, Murray.
- Je l'ai pas vu depuis des jours. - OĂą est-il ? Je dois lui parler.
J'ai besoin de lui.
Il s'est fait virer, Cassie.
Ils l'ont licencié.
Ce sont ses dessins.
C'est Eric.
On le teste aujourd'hui.
Il y a une rencontre Good Day Sun…
Ta gueule, Ellis.
Tu l'as viré ?
Lennie, il t'a aidé à remonter la pente, à avancer.
Il t'a toujours mis en avant, pas seulement lui. Ses idées…
Sont insensées ! C'est moi qui leur donne forme, un cadre.
C'est moi qui ai décroché ce projet. Je gère les affaires.
À quand remonte ta dernière marionnette ?
Ta dernière confection, de A à Z ?
C'est toujours la mĂŞme rengaine.
Tout le monde sait que lui a le talent,
et moi, le bagou. Je cire les pompes des cols blancs.
Ronnie ?
C'est un junkie.
Navrée, Cassie. Il sabotait l'émission.
Les yeux sont ratés.
Ici, regarde.
- Oui. - J'ai hâte…
Mauvaise idée, Vincent.
Trop tard.
Tiens-moi la main.
Tout le monde chez PLN et Good Day Sunshine
est très fier des efforts que nous déployons ensemble
pour nourrir les enfants et les familles de notre belle ville.
C'est quoi, ça ?
Nous sommes réunis aujourd'hui pour nettoyer notre quartier,
ce quartier qu'on aime tant !
Et je suis ravi de constater qu'Hudson Sanitation est venu en force
pour nettoyer notre ville et rétablir sa grandeur.
J'aimerais donner la parole
Ă l'un de nos plus grands soutiens,
l'adjoint au maire, Richard Costello.
Qu'est-ce que cette ordure fout lĂ ?
Merci beaucoup. Quelle joie de vous voir nombreux.
Quoi ?
Sous peu, nous découvrirons le nouveau venu de l'émission.
Mais aujourd'hui, il s'agit avant tout de faire connaître notre programme
de réhabilitation et de soutien au développement de la ville.
Incroyable !
Eh oui !
- Oui ! - Comment ?
- En fermant nos refuges ? - Non, monsieur.
- En mettant les gens Ă la rue ? - Non.
On va le faire en nettoyant nos rues,
en déplaçant nos refuges et en construisant.
N'importe quoi.
Vous verrez.
À présent, j'ai l'immense honneur
de vous présenter mes amis de Good Day Sunshine
qui m'ont dit qu'un petit nouveau débarquait.
C'est pas toi ?
Vas-y mollo, Bug.
Les gars, c'est quoi, ces histoires de petit nouveau ?
Il est un peu timide.
Il n'a pas eu de maison depuis un moment,
mais il va nous rejoindre dans Good Day Sunshine.
Vous le verrez bientôt sur vos écrans.
HĂ©, Eric !
Eric, viens. Ne sois pas timide.
Le voilĂ .
Ça va, j'arrive !
Les arbres sont verts et le ciel est bleu
Le soleil s'est levé Et te sourit jusqu'aux yeux…
C'est quoi, cette horreur ?
Prends-moi par la main Et viens donc jouer !
Good Day Sun
Good Day Sunshine
Bonjour, tout le monde.
Comment ça va, aujourd'hui ?
Je m'appelle Eric.
Gravez ce nom dans vos petites tĂŞtes.
Seigneur.
C'était ça, ton plan infaillible pour récupérer ton môme ?
Tia ? Bon sang.
Cassandra.
Anne, je suis là pour la récompense.
- Installe-toi, je vais faire du thé. - Ça ira, je veux juste l'argent.
- Les 25 000 $ que Vincent a rendus. - Pour quoi faire ?
Faites-moi juste confiance.
Ça devra attendre, Robert n'est pas là . Lui seul peut ouvrir le coffre.
- Je vais l'appeler. - Non.
Cassie, je ne peux rien faire sans Robert s'il te faut de l'argent.
Entendu, appelez-le.
Tu es bien pâle. Tu es malade ?
- Non. - Vincent devrait s'occuper de toi.
Je lui ai demandé de partir.
Quand ?
Anne, il me faut cet argent.
Tu as l'air épuisée.
Et si tu t'allongeais ?
J'appelle Robert.
Va donc te reposer.
C'est une bonne idée.
L'ancienne chambre de Vincent est calme.
De toute façon, ça prendra au moins une heure
pour faire sortir Robert de son bureau.
Tu ne dois plus dormir depuis des jours.
J'avais oublié à quel point Edgar ressemble à Vincent.
Cassie.
Ricardo !
- Feinte ! - Vas-y !
Je suis démarqué !
- Ricardo ! Passe ! - Mate ça, tout seul.
Je suis lĂ !
Fais la passe, beau gosse !
T'as vu ça ? Je te l'avais dit !
Merde, qu'est-ce que je t'avais dit ?
- Ricardo. - C'est quoi, ce bordel ?
- Ricardo ! - C'est qui, lui ?
- Toi, le maillot rouge. - C'est qui ?
Je reviens.
C'est toi, Ricardo ?
J'ai parlé à un de tes potes récemment.
- Tu connaîtrais Marlon Rochelle. - Je parle pas aux flics.
Tu préfères parler au commissariat ?
- Je le connaissais peu. - Alors, pourquoi tu portes son maillot ?
Le numéro 12 ?
C'est le sien.
Sa mère a une photo de lui dans ce maillot.
On a échangé la dernière fois qu'on s'est vus.
Le sien puait, on avait fait des tirs toute la journée.
Il devait retrouver quelqu'un dans l'après-midi.
"Retrouver quelqu'un" ?
Je sais pas, je l'ai jamais revu.
Tu travailles au Lux ?
C'est bien ça.
Je tiens compagnie.
Tu bosses pour TJ ?
C'est ton mac ?
Tu as déjà vu Marlon au Lux ?
Vous voulez me faire tuer ?
Continuez Ă poser vos questions idiotes, et je serai le prochain.
Attends.
Tu joues quel numéro d'habitude ?
Le 8, ça porte bonheur.
Si vous retrouvez Marlon, dites-lui de me le rendre.
J'arrive !
Ça va, j'arrive !
- Qu'est-ce… - Dehors.
Tout va bien ?
TJ prostituait Marlon Rochelle ?
On en a déjà parlé.
- Ne mens pas. - Il connaît les règles.
On en a parlé, ils doivent être majeurs.
Ça fait partie de mes règles.
- Mikey. - Tu as déjà vu TJ avec Marlon ?
Ce gamin est mort. Personne ne disparaît aussi longtemps, sauf au fond de l'eau.
Le 12 juin.
Il me faut les images du soir de sa disparition.
On les efface chaque semaine, tu le sais.
Vous avez tout fouillé en mon absence.
Et tu réenregistres par-dessus en début de semaine, je sais.
Qui les efface ?
Non.
- Je connais TJ depuis toujours. - Et tu me connais.
Trouve une solution.
Prouve-moi que Marlon Rochelle était bien au Lux le 12 juin.
Tout va bien ?
Cette tenue, tu la portais le jour où ta mère est morte.
Trouve cette cassette.
Viens me voir quand tu voudras parler.
Mikey, ta vidéo vient d'arriver.
Près de l'école du petit Anderson.
On l'y voit le jour de sa disparition.
Super, passe-la.
J'ai tout préparé.
30 AVRIL 1985 9H45
Passe l'autre.
30 AVRIL 1985 9H46
Pourquoi suit-il ce type ?
Mets sur pause.
Tina, trouve un portraitiste pour qu'il identifie ce type.
Il semble le connaître.
C'est peut-ĂŞtre lui.
Qu'on le montre Ă tous les flics du coin, mais pas Ă la presse.
Rien ne doit fuiter. Vérifions s'il a un casier.
Joli costard. Qui est mort ?
Un ami.
Mes condoléances.
Les images montrent un suspect avec Edgar Anderson.
- On va établir un portrait-robot. - Bien.
Dès qu'on l'aura, on le diffusera. Tu as vu Renata aux infos ?
Je te jure. Si je pouvais, je la ferais liquider.
J'ai parlé à Dana Nokes il y a quelques jours.
Dana, la femme de Nokes.
- Et ? - Elle avait peur.
Le soir où Kennedy est mort, Nokes est rentré tard.
Le lendemain, son pare-chocs était enfoncé.
- OĂą veux-tu en venir, Clouseau ? - 8, c'est Marlon Rochelle.
Avant de disparaître, Marlon portait un maillot de basket floqué d'un 8.
Kennedy a dit : "Tu veux finir comme 8 ?"
Dana a insinué que Nokes était furieux que ça lui échappe.
Je pense qu'il bossait au Lux.
- Je veux l'interroger. - Tu en es sûr, Mikey ?
Oui.
Accuser un agent de meurtre,
ce n'est pas anodin.
- Cripp, on parle pas d'un délit… - Lâche l'affaire.
Je t'aime bien, Mikey.
J'ai toujours admiré ta motivation.
Mais tu devrais rester prudent.
"Prudent" ?
Oui.
Ne contrarie pas les gens.
Tu tiens un suspect pour ce garçon de neuf ans.
Concentre-toi lĂ -dessus.
Et apporte-moi ce portrait-robot.
- Mais je… - Ça suffit.
On va en rester lĂ .
Trois fois en une semaine. Prévenez-moi quand ils arrivent.
Toi, recadre ta femme.
- Salut. - Ça va ? Content de te voir.
Ça fait plaisir.
Ouais, on vient d'arrĂŞter un tordu sur la 42e rue.
RICARDO - JD (#9) TRAVAILLE AU LUX
Putain de quartier.
Tu vois le genre.
Je suis sérieux, Michael.
Ne te laisse jamais abattre.
Personne d'autre ne fera ce que tu fais.
C'est approximatif, mais je vérifierai si on l'a arrêté.
- Merci. - Tu te farcis toujours la jaquette ?
Ouais, ces sales pédales.
Qu'est-ce que tu as dit, lĂ ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Personnes disparues.
Entendu, un instant.
Mikey, c'est Robert Anderson.
Je prends.
Ledroit.
Tiens, la voilĂ .
Incroyable !
Qu'est-ce que c'est ?
Je sais que tu meurs d'envie de le dire, alors vas-y.
Si j'avais donné à ma grand-mère invalide un pot de colle et un sac-poubelle
sur lequel je me serais branlé
avant de le poser sur ses genoux cagneux,
elle aurait quand même mieux fait. Je sais même pas comment appeler… ce truc.
- Eric. - C'est pas Eric, ça.
- T'es venu nettoyer la ville ? - Exact.
Débarrasser les déchets.
En parlant de ça : tu empestes.
Tu t'es douché, récemment ?
Tu me fais quoi, là ? Tu crèches où ?
- Cassie te cherche. - Tant mieux.
- Je dois y aller. - Ah oui ?
Henson te veut dans son épisode de Noël ?
Non.
Je pars retrouver mon fils.
Je le ramènerai. Sa place est à la maison.
Je connais ce regard. Tu crois que je déraille,
mais je suis on ne peut plus lucide.
Il suivait quelque chose, marquait des repères.
Il a dessiné un plan, et je dois le déchiffrer.
Juste le déchiffrer.
Tu as besoin d'aide.
Il commence à pleuvoir. C'était chouette, tout le monde. Merci.
- Retournons au parc. - Tes amis t'appellent.
- Bye ! - Merci d'ĂŞtre venus !
Ce sont aussi tes amis.
Merci Ă tous !
On vous emmerde, Bad Day Sunshine.
Que fait-il lĂ ?
J'ai préféré qu'il vienne ici, c'était plus sûr.
Mais n'en parlons plus, tu veux ?
Cassandra, on t'a laissé dormir.
Vous deviez me réveiller. Il est tard ? Vous avez appelé les flics ?
On n'allait pas te laisser partir seule avec une telle somme.
- Le compte y est : 25 000 $. - Super.
Écoute, Cassandra. Vu les circonstances,
c'est normal qu'on prévienne la police.
Ça fait beaucoup d'argent en poche.
Je vous emmerde, Robert.
Cassie, il faut nous parler.
Vous aussi, je vous emmerde !
Celui qui vous a contactée a dû vous dire de ne pas en parler.
Mais je vous le jure, Cassie : le bien-être d'Edgar est notre priorité.
On restera discrets.
Cassie, ils vont nettoyer les rues ce soir.
Ça pourrait dégénérer.
On ne te donnera l'argent que si l'inspecteur Ledroit t'accompagne.
Entendu.
Rendez-vous ce soir, Ă 21 h.
Ă€ la cabine en face de la laverie, entre la 34e et la 9e.
Maintenant, l'argent.
Ça ira, Tia. Je m'en occupe.
Merci, Tia.
Tu n'as pas vu Vincent ?
Depuis plus d'une semaine.
Qu'ai-je fait pour mériter un tel fils ?
Dites, Robert.
Avez-vous seulement déjà regardé l'émission ?
Je n'ai pas le temps.
Trouvez le temps, c'est fantastique.
Et c'est votre fils.
J'ai cessé de lui courir après depuis longtemps. Fais-en autant.
Remballons.
T'étais passée où ? Pas d'embrouilles, donne juste le fric.
J'ai ta monnaie d'échange.
Ça m'étonnerait.
Tu devrais éviter, les flics rôdent.
Tu crois que ça intéresse qui ?
Personne n'en a rien Ă foutre de toi.
File-moi mon blé ou tu es morte.
C'est un jeunot.
Quel âge ?
Neuf, dix ans. Je peux te l'amener ce soir.
C'est ça.
Avoue, tu le veux. Tu sais combien la demande est forte.
Je te le file, et tu effaces ma dette.
Ne te fous pas de moi, Raya.
Ce soir au plus tard. Maintenant, tire-toi.
Tu verras.
- Il faisait jeune ? Vieux ? - Je l'ignore.
Pas si jeune.
Pas si vieux.
Vingt ans ? Ou trente.
Il avait un accent. Français, je crois.
Mes officiers resteront en périphérie. On attendra de l'apercevoir.
La sécurité d'Edgar avant tout.
C'est lui ?
Oui.
Prenez votre temps.
Vous le reconnaissez ?
Je ne sais pas.
Il y a beaucoup de personnes disparues.
On s'égare vite dans cette ville.
Comme Marlon Rochelle ?
Le burger est lĂ .
Les toiles.
Les araignées.
De la bière ? Non, pas de bière.
Du vin. Des baskets.
La pizza.
On vient te chercher, Edgar.
Regarde le carrelage.
C'est le mĂŞme.
Une minute. C'est… C'est son graffiti.
En effet.
- On est tout près, mon grand. - Tu crois ?
En voilĂ un autre.
Dès que ce tag apparaît, il le dessine.
Regarde : le carreau cassé, "YU".
Le panneau stop, "Y…"
Encore un autre. Il le suit.
Il doit ĂŞtre lĂ .
Il doit être dans les parages. Il est tout près.
OĂą est-ce que tu vas ?
Ces graffitis, il en a fait une carte.
Pourquoi venir ici, sinon ?
Cette carte te conduira chez les fous.
Récapitulons.
Il s'appelle Yuusuf. Il vient presque tous les jours.
OĂą habite-t-il ? Dans la rue ?
Oui, ça dépend.
Sous terre, parfois.
- Sous terre ? - Dans les tunnels du métro ?
Ils y sont Ă l'abri, Ă l'abri de vous.
Il traîne dans la rue, aux abords du Lux.
Je le vois quand je récupère des restes. On nous en donne pour le camion.
C'est un tagueur, il n'est pas méchant.
Tu parles, il a enlevé mon fils ! Il faut que je…
Cassie.
Je ne dois pas ĂŞtre en retard.
Vous ne le serez pas, ayez confiance.
C'est ça, bien sûr.
On sera Ă la cabine Ă attendre qu'il vienne.
Excusez-moi.
- Oui ? - Yuusuf Egbe, rien de sérieux.
Larcin, conduite sous influence.
Il vivrait dans le métro.
Rassemble une équipe pour ce soir.
- On publiera ça s'il ne vient pas. - Cripp s'en est chargé.
Les images, le portrait : la presse diffuse tout.
Pourquoi tu me mets des bâtons dans les roues ? C'est mon enquête.
T'avais pas le droit d'informer la presse.
Je t'ai rendu service.
- Il serait jamais venu. - C'est fichu.
- Si Yuusuf voit ça, il va s'enfuir. - Descends dans le métro.
Ils sont dix avec l'équipe de nettoyage à y aller dans l'heure.
Joins-toi Ă eux, j'ai pas mieux.
- Mes gars d'abord. - Je décide pas.
- Tu es le capitaine ! - Assez de ton insolence !
Je viens de te donner un coup de pouce,
et c'est comme ça que tu me remercies ?
Tu as raison ! Je suis le capitaine !
Tu as l'air d'oublier Ă qui tu t'adresses.
Tout va bien, Mikey ?
Tu étais proche de lui ? Ton ami ?
Je comprends.
Certains amis sont des frères pour moi.
J'ai perdu mon meilleur ami il y a dix ans.
Anévrisme.
J'ai tourné la page, alors fais-en autant.
Ne te mets pas ces gens Ă dos, Mikey.
Ta réputation risquerait d'en pâtir.
Bon, bouge-toi.
Il est bientĂ´t 21 h. Sois Ă l'heure.
Mes gars sont déjà en place.
Changement de plan.
On descend dans le métro. Ils évacuent la zone ce soir.
Attendez au point de rendez-vous, on fouillera.
- Il y aura des agents à proximité. - Il sera déjà parti.
Ne dis pas ça.
C'est vrai, la police les massacrera.
Il est presque 21 h.
Vous avez vraiment merdé.
Putain !
- Sors. - Salut.
Ferme la porte.
OĂą est la cassette du 12 juin de l'an dernier ?
Aucune idée.
On note la date, on efface puis on recommence.
On a le 9 juin, le 10 juin,
le 11 juin.
Le 13, le 14, le 15, le 16 : tout y est.
Mais le 12 a disparu.
- Je sais pas. - Ne te fous pas de moi.
Tu es payé pour les regarder, les effacer et les changer.
Chaque cassette de chaque caméra.
L'entrée, l'allée de derrière,
la piste de danse, les toilettes, le bar.
Mais t'as été négligent.
T'as oublié d'effacer jusqu'à la fin.
Donc dis-moi tout :
qui est ce mec qui entre ?
C'est qui, TJ ?
Un abruti.
Regarde mieux.
Je vois rien.
Tu l'as laissé entrer ?
Dis-moi que non.
Allez.
Dis-moi que tu me ferais jamais ça.
Allez !
Et le 12 juin ?
Dis-moi : tu l'as laissé entrer, ce soir-là ?
- Écoute. - Tu sais comment c'est, la taule ?
C'était un gamin, putain… TJ.
Un…
OĂą est cette fichue cassette ? Tu sais oĂą elle est !
- Tu perds rien. - J'ai pas…
Tu notes tout dans ton petit carnet.
Alors, dis-moi oĂą il se trouve !
Le voilĂ .
Mate-moi tous ces numéros et ces clients, espèce d'ordure !
Sale raclure de chiotte !
Montre-moi la cassette.
Pourquoi ? Pourquoi t'as fait ça, putain ?
T'avais ma confiance. T'as merdé !
Enfoiré !
Trouve-moi cette cassette, ou t'es un homme mort.
On est oĂą, lĂ ?
On est paumés, Vincent.
Edgar doit vraiment te haĂŻr pour s'infliger ce taudis.
Avoue, tu ne sais pas oĂą tu vas. Je me trompe ?
Tout ce que t'es capable de trouver, c'est le fond de ta bouteille.
- Qu'est-ce que je disais ? - Va te faire foutre.
- Pourquoi s'est-il enfui ? - Va te faire foutre !
Le seul qui est foutu, c'est toi, Vincent.
J'hallucine.
Pitié.
Toi, lĂ ! Je t'emmerde !
Edgar est pas lĂ .
Edgar est jamais venu ici.
Tu le retrouveras jamais.
Tu répareras jamais ton erreur.
Tu changeras jamais.
Tout est ta faute, mon pote.
Entièrement ta faute.
Non, tu mens.
Évidemment.
Tu meurs d'envie de te shooter.
Salut.
Je peux en avoir un peu ?
J'ai de l'argent.
C'est bien, mon pote.
Prends ton envol.
Dégage ! Ne t'approche pas de moi !
C'est pas la cuisine de ta mère, mais il te faut des forces
si tu veux rentrer chez toi.
J'ai veillé à ta sécurité ici. Dis-le bien à tes parents.
Tu veux bien ?
Tu veux rentrer, pas vrai ?
Quoi ?
Ta mère te manque pas ?
Mais pas ton père ?
Je vois.
Pourquoi ?
Il me fait peur.
… une nouvelle piste émerge concernant l'affaire Edgar Anderson,
fils de Vincent Anderson,
créateur de l'émission Good Day Sunshine,
et petit-fils du promoteur immobilier Robert Anderson.
La police a diffusé le portrait-robot d'un suspect potentiel…
Mec, t'es devenu une star.
… le dernier à avoir aperçu le garçon.
Allez, laisse-moi le prendre.
- Non. - Tu ne peux plus le ramener.
Pas question.
Certains disent qu'on va se faire virer ce soir.
Ça va grouiller de flics.
Tu comptes le cacher oĂą quand ils seront lĂ ?
Ta tronche sera placardée partout.
Tu ne pourras plus sortir pendant des semaines.
Tout le monde te reconnaîtra.
Je t'offre une solution, mec.
Oublie, t'es foutu. T'es dans la merde, mec.
Moi seule peux le sortir de lĂ .
Prépare-le, je t'attends à l'arrière.
Écoute bien.
S'il lui arrive quoi que ce soit… Je déconne pas.
Tu prends l'argent et tu le rapportes.
C'est bon.
Putain !
On a reçu l'ordre d'entrer !
Nettoyez la zone et ressortez dans l'heure !
Ne laissez personne sous terre.
Expulsez-les tous par tous les moyens.
C'était un tout petit bébé.
Ă€ peine trois kilos.
Je l'ai pris dans ma main comme ça.
Tu le tiens ?
Oui, je tiens sa tĂŞte.
Sa toute petite tĂŞte.
Ses tout petits pieds.
Je n'en revenais pas que l'univers nous l'ait confié.
Me l'ait confié.
Et moi, je l'ai perdu.
Je l'ai déçu.
Il avait juste besoin…
Tout ce que les parents ont Ă faire, c'est garder leurs petits en vie.
Juste en vie.
Les serrer fort.
Et je ne l'ai pas fait.
J'ai échoué.
Pas étonnant qu'il se soit enfui.
Mon petit garçon.
Ça a déjà commencé.
Faut y aller, il est 21 h passées.
Yuusuf, allez ! Déconne pas, là !
Ne t'arrĂŞte pas, Edgar.
Longe bien le mur.
Reste près de Raya, elle te mènera à ta maman.
J'ai peur.
Ne crains rien, tu vas retrouver ta mère.
Évacuez la zone, ou on vous arrête !
Merde !
Ouvre grand tes yeux et tes oreilles.
Tiens ta droite et ne t'arrĂŞte pas, vu ?
- Reste auprès de Raya. - Viens.
Sois sage, gentil, courageux.
Et unique.
- Et unique. - Tout le monde dehors !
Remballe tes affaires, barre-toi !
- Allez, il faut se tirer de lĂ . - Edgar ?
Edgar !
Allez, viens, petit. Monte par lĂ .
Vite ! On doit avancer.
Allez, dépêche-toi. Viens là , donne-moi ta main.
Allez !
Viens.
Active. Qu'est-ce que tu regardes ?
Tu m'agaces.
Bouge, on va ĂŞtre en retard.
- Tu veux voir ta maman ? - Oui.
Alors, on doit y aller. Viens.
VoilĂ , c'est bien.
Un pied après l'autre. Je le fais tout le temps.
J'ai pas envie.
Allez.
J'ai peur.
Allez, avance ! On va finir par ĂŞtre en retard !
- Je veux ma maman. - Oublie-la, bouge-toi.
Je veux te présenter quelqu'un.
Halte.
Putain.
Fait chier !
Edgar, allez. On doit y aller.
- Prends ma main. - On va voir qui ?
Active, prends ma main !
- Je vais glisser. - Je te tiens.
Allez, monte ! Putain, tu me rends folle.
Edgar.
Edgar.
Dis, bouffon.
T'as vu ça ?
Edgar ?
C'est fini,
allez... au lit !
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