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[claquements d'un train]
[crissement des roues d'un train]
[musique perturbante]
[homme] Face aux critiques croissantes concernant l'enquĂŞte,
la famille du petit disparu offre une récompense de 25 000 $
dans l'espoir de glaner de nouvelles informations.
Chaque jour qui passe, de nouvelles questions se posent.
OĂą est Edgar Anderson ?
Comment a-t-il disparu ?
Et quelqu'un a-t-il des informations pour le retrouver ?
[Clark] À 11h23 aujourd'hui,
mon client, M. George Lambert Lovett, a été libéré sans avoir été inculpé
dans l'affaire de la disparition d'Edgar Anderson âgé de neuf ans.
[musique perturbante]
[Clark] Monsieur Lovett a vu son domicile perquisitionné sans mandat,
il a été retenu 24 h sans vérification de son alibi
et sans la moindre preuve tangible.
Non seulement le commissaire Nelson a continué de persécuter
les communautés noire et minoritaire de notre ville,
mais en plus, avec le capitaine Cripp de la police de New York,
ils ont perdu un temps précieux
alors qu'on ne sait toujours pas où se trouve cet autre garçon disparu.
[homme] Suite à la libération de M. Lovett,
la police de New York demande une nouvelle fois Ă toute personne
détenant des informations sur Edgar Anderson de se manifester.
[la musique s'estompe]
[Eric] Il reste moins de 24 h avant le lancement, mon pote.
On se relâche pas.
[conversations indistinctes]
Edgar va ĂŞtre fou de joie quand il me verra.
- Je dois ajuster les dents. - Ouais.
Ça sera mieux avec les dents.
Ne loupe pas la fĂŞte de Jerry.
Oui, d'accord.
[femme] Un enfant ne peut pas se volatiliser ou disparaître comme ça.
Cet argent, ça va être motivant. C'était dans tous les journaux ce matin.
Je suis contente que vous soyez venue.
Ça a dû être difficile de convaincre Vincent.
S'ils ont relâché cet homme, c'est qu'ils ont un autre suspect.
Comment Vincent tient-il le coup ?
Je n'en sais rien, il n'est pas rentré hier soir.
Il me cache quelque chose.
- Contactez le docteur Mason. - Il est trop tard pour ça.
Il perd la tĂŞte.
Mon fils s'est volatilisé, il reste introuvable,
et vous continuez Ă me sortir ces inepties.
[femme] Je ne me trompe jamais. Il est en train de craquer.
[Cassie] Je n'aurais jamais dĂ» venir. Il faut que je parle Ă Vincent.
Vincent ne se soucie de personne Ă part de lui-mĂŞme.
Ça a toujours été le cas.
- [douce musique jazz] - [Jerry] Bienvenue Ă tous.
C'est sympa d'ĂŞtre venus.
Ça fait 25 ans que nous produisons certaines des meilleures émissions.
- On me pose toujours la question. - Bonjour.
[Jerry] "Pourquoi faisons-nous ça ?"
Voici ma réponse.
- Oui, j'en étais sûr. - [Jerry] Nous sommes des magiciens.
Des conteurs d'histoires passionnés par le théâtre et par ce que nous faisons.
Alors, on fait la présentation demain ?
- Ouais. Tu as le script ? - [acquiesce]
- À tringles ou à gaine ? - C'est un costume.
Oh, putain, c'est risqué.
- Lennie aime pas ça. - Il sera d'accord.
Si tu le dis. Pff.
Je suis lĂ pour les petits fours gratos.
Moi aussi. Je peux pas rester longtemps.
Mmm. Tenez.
Euh, au fait, j'ai vu qu'ils avaient relâché le type.
Tu sais, on est de ton côté Vinny, mais… la bibine, ça te mènera nulle part.
Non. Non, c'est vrai. Dylan ou Crystal Gayle ?
[soupir exaspéré] J'en ai rien à foutre, OK ? Nom de Dieu.
[Eric] HĂ©.
Tic tac. Tic tac. On a du boulot.
Fait chier.
- [renifle] - [Costello] Bonsoir, Vincent.
Oh, M. Costello. Deux fois en une semaine, j'ai de la chance.
C'est vrai que la mairie offre 100 000 $ Ă l'association Good Day Sunshine ?
La ville ne parle que de ça.
C'est une grande cause. Et votre gala de charité va bientôt se faire.
- Nous tenions Ă participer. - Oh.
Une œuvre caritative qui aide les pauvres qui pourrait aller de pair
avec votre objectif de parquer les SDF hors de la ville,
c'est plutĂ´t remarquable.
C'est plutôt un engagement vers la santé et la salubrité de New York.
Vincent, puis-je vous présenter mon beau-frère, Bruno Di Bari ?
Bruno Di Bari, le roi de la collecte d'ordures ?
Les ramassages Hudson ? C'est comme ça que vous êtes devenu riche.
[ricane]
Le côté ironique continue. [ricane]
Je suis désolé pour votre fils.
Je n'ose imaginer ce que vous traversez.
- Ils ont un nouveau suspect ? - [musique perturbante]
Mes enfants regardent votre émission depuis longtemps.
Mush est leur préféré. Et qu'est-ce qui se dit ?
[Vincent] Putain.
Sois bon, sois sage, sois libre, mais bienveillant.
Différent.
C'est "mais différent".
[Ledroit] Vincent, venez au poste avec moi, on va vous interroger.
[Vincent] Ça va être long ?
[Ledroit] Ça dépend.
[radio police] À toutes les unités.
Selon des témoins, un cambriolage…
[la musique s'intensifie]
Edgar ?
[policiers indistincts]
[George] Madame Anderson.
Je suis désolé, je vous attendais.
M. Anderson a été arrêté, et ils ont un mandat.
- Allez-vous-en ! Sortez de chez moi ! - [George] OK.
[sanglots]
- [porte claque] - [la musique s'estompe]
[respiration anxieuse]
Putain !
- [grogne] - [Eric] Garde ton calme.
C'est un truc de dingue. C'est un truc de dingue !
Structure ton histoire, en ligne de bataille.
On dit "en ordre de bataille".
[Eric] C'est blanc bonnet et bonnet blanc.
- Ils perdent du temps. - On perd du temps, c'est intolérable !
[criant] Vous entendez ? C'est intolérable !
Je veux sortir !
[soupire] Je vais louper la présentation.
- [Eric] ♪ L'herbe est si verte… ♪ - On perd…
♪ L'herbe est si verte… ♪
[les deux] ♪ Et le ciel est bleu ♪
♪ Le soleil brille ♪
♪ Et ça nous rend si heureux ♪
♪ Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? ♪
♪ On va bien s'amuser ♪
[criant] ♪ Tous entre amis ! ♪
[garde] Ferme ta grande gueule !
[Vincent halète]
Putain.
[Cassie] Excusez-moi, je suis venue voir Vincent Anderson.
Excusez-moi.
Vous finirez par vous habituer.
Lui, c'est mon fils.
Je ne savais pas quelle photo choisir.
Il aimait ce maillot de basket Ă la folie.
Je crois qu'il l'a jamais enlevé.
Je devais batailler si je voulais qu'il mette une veste.
[ricane]
C'est rassurant de savoir qu'il portait ce qu'il voulait le jour de sa mort.
Mort ?
C'est votre fils ?
- Je l'ai vu aux infos. Il est mignon. - [ricane]
- Merci. - Et blanc. Ça, ça va vous aider.
Les gens n'oublient pas un gamin qui ressemble au leur.
Et il y a une récompense à la clé.
Hmm.
Mon fils… J'ai dû me battre…
que j'insiste pour que la presse parle de lui.
Je suis désolée.
On est là à pleurer nos garçons.
Je pleure pas mon fils. Mais je sais plus en qui avoir confiance.
- [porte s'ouvre] - [bruit de pas qui approchent]
[musique mélancolique]
Excusez-moi. Ravie de vous avoir rencontrée.
ENFANT DISPARU
[porte se ferme]
[grande expiration]
Tout va bien ?
Oui, tout va bien. Merci de demander.
J'ai les images de vidéosurveillance du matin où Edgar a disparu.
Vous avez déclaré que la dernière fois que vous avez vu Edgar,
c'était à l'intérieur avant qu'il ne parte.
Ça, c'est… Edgar en train de quitter votre immeuble.
Il passe devant monsieur Lovett.
Puis… moins d'une minute après… il y a quelqu'un d'autre qui sort.
Souhaitez-vous revenir sur vos déclarations, M. Anderson ?
[Eric] "La vérité, comme l'or, ne doit pas être obtenue par sa croissance,
"mais en nettoyant tout ce qui n'est pas de l'or."
- TolstoĂŻ. - Putain, je sais que c'est du TolstoĂŻ.
Vous êtes sûr que ça va, Vincent ?
Ça va être long ? J'ai beaucoup de travail.
- J'ai une présentation demain. - Votre femme a téléphoné hier.
- Ce jour-lĂ , vous avez suivi Edgar. - C'est exact.
Pourquoi ne pas l'avoir mentionné la première fois ?
J'en sais rien.
Votre femme a dit que vous vous étiez disputés la veille de la disparition.
- Pourquoi cette dispute ? - [avocat] Il a le droit de pas répondre.
Edgar vous a entendus ?
Inspecteur, je…
Edgar était-il contrarié le matin où il a disparu ?
Peut-ĂŞtre.
Oui, oui, il nous a entendus.
Alors… J'aimerais essayer de comprendre.
Vous l'avez suivi parce que vous étiez inquiet.
Oui.
[joue l'enregistrement]
[Ledroit] Vous lui criez dessus.
[bafouillant] Je, euh, je l'ai appelé.
Mais il ne m'a pas entendu.
La circulation était dense à l'heure de pointe.
- Alors, vous poursuivez votre chemin. - Oui.
Et ensuite, après ça, vous disparaissez du champ de la caméra.
[Vincent expire]
[Eric] Oh merde.
Cassie t'a bien foutu dedans.
Vincent !
Edgar et vous, vous étiez proches ?
[hésite] Plus proches que… je ne l'étais avec mon père.
- Vous étiez proche du vôtre ? - Pas vraiment. Il était militaire.
Oh, vous aussi.
[Eric] Fais pas copain-copain. Il voit clair dans ton jeu.
- La ferme. - [bruit de pas qui approchent]
[on cogne Ă la porte]
[porte s'ouvre]
Merci, Tina.
- Vincent. Désolée. - [Ledroit] Que Mme Anderson attende.
Cassie ?
[Eric] Oh, il faut qu'on parte d'ici. Il faut qu'on mette les voiles.
[expire]
D'oĂą vient votre blessure au front ?
J'ai besoin de parler Ă Cassie.
- [Eric] T'es en train de le perdre. - Chut !
Ă€ qui vous adressez-vous ?
[Eric] Tu as déconné. Là , il sait que tu es cinglé.
Je conseille Ă mon client de mettre un terme Ă cet entretien.
D'oĂą vient votre blessure au front ?
Votre groupe sanguin est le mĂŞme que celui du t-shirt.
- Je suis tombé, OK ? - [Eric] Tu peux mieux faire.
Comment ?
J'ai beaucoup de travail. Demain est un grand jour.
Alors, parlez-moi.
- [Eric] Les blessures à la tête… - [avocat] On arrête.
- Vincent. - La ferme !
[Vincent halète]
La ferme. Tout… tout va bien.
[Vincent halète]
[léger grognement]
Tout va bien.
[Eric grogne légèrement]
Je voulais… Je voulais m'assurer qu'Edgar ne m'en tenait pas rigueur.
[hésite]
Alors, j'ai continué mon chemin.
Je l'ai appelé une nouvelle fois et…
Il a tourné dans une ruelle. Je l'ai suivi et…
[grande inspiration]
J'ai fini par le rattraper et après…
Je l'ai… Après, je l'ai attrapé par la nuque.
Il s'est dégagé et il m'a repoussé.
Je l'ai encore une fois attrapé par la nuque.
Je l'ai pris par le devant de son…
de son t-shirt.
J'imagine que c'est là que je me suis blessé.
Oh, il y avait beaucoup de sang.
Et Edgar était, euh…
Edgar était tout étonné, il regardait son…
son t-shirt… Il regardait son t-shirt déchiré et…
[voix brisée] Il m'a regardé comme si… comme s'il ne savait pas qui j'étais.
Et ensuite, il… il a enlevé son t-shirt et il me l'a balancé.
Je l'ai ramassé et je me suis épongé avec parce ça pissait le sang.
Et Edgar… Edgar était…
Il se tenait là , devant moi, dans son maillot de corps…
Il a mis son blouson, et je lui ai dit :
"Ferme ton blouson, tu vas attraper froid," mais…
il s'est retourné et il est parti.
Je me suis dit…
C'est… C'est là que je me suis dit qu'il était allé à l'école.
Que je devais aller au boulot et qu'on en parlerait en fin de journée.
[Vincent pleure]
Vincent.
Et le t-shirt ?
Je… Je l'ai jeté derrière la benne à ordures. [renifle]
[Ledroit] Derrière ou dedans ?
Non. Euh… Je l'ai jeté derrière.
Derrière la benne à ordures.
OK.
- [cliquetis du stylo] - On fait une pause.
[Vincent soupire]
[porte s'ouvre et se ferme]
Je voudrais le garder pour la nuit. Ça va le faire cogiter.
À toi de décider. Les journalistes vont jubiler.
[Ledroit] Rentrez chez vous. Revenez demain.
- Laissez-moi lui parler. - Pas ce soir.
[Cassie] Je vous en prie.
Quelques minutes après que votre mari a quitté votre immeuble…
un autre homme est entré.
Il est ressorti deux heures plus tard.
Avec vous.
C'est quelqu'un que vous connaissez bien ? Quelqu'un… de confiance ?
C'est un ami.
Allez dormir.
Cassie ?
- Oh. Ça va aller. - [Cassie pleure]
[Lennie] Il est forcément quelque part, c'est sûr.
[la musique s'intensifie]
ENFANT DISPARU
[clapotis de liquide]
[journaliste] Alors que de plus en plus de personnes dorment dans la rue,
l'ampleur du phénomène des sans domicile fixe dans la ville dépasse l'entendement.
Selon certains rapports, les personnes qui vivent dans les égouts
pourraient peupler un village entier.
Jusqu'à présent, la mairie…
Tiens-toi tranquille. ArrĂŞte de bouger.
[journaliste] … atteint un point critique,
- la mairie va monter un plan… - [Costello] Là .
On va entendre son nom !
Un plan qui vise Ă reloger les sans domicile fixe dans des logements
a fait l'objet de discussions ces dernières semaines.
L'adjoint au maire Richard Costello considère cela comme une victoire…
- Je suis fière de toi. - [journaliste indistincte]
[fille] Maman !
J'arrive, j'arrive.
[Costello] T'en penses quoi ?
- Hmm ? - J'ai hâte de travailler avec toi.
[journaliste indistincte]
C'est la dernière fois.
[femme à la télé] J'aime ce qu'il fait. Il faut nettoyer les rues.
Qui est redevable, ici ?
[journaliste] Ce plan est soutenu par la société de ramassages Hudson
qui a décroché en début d'année le contrat pour nettoyer nos rues.
RAMASSAGES HUDSON
[musique perturbante]
[claquements au loin]
[chien geint]
[chien continue Ă geindre]
- [clapotis de liquide] - D'accord.
- [chien geint] - [soupire]
Allez, mon chien.
- T'inquiète pas. Ça arrive. - [chien grogne]
Allez, tiens.
[soupire]
[soupire]
- Cecile ? - Hmm ?
- Hmm. - Je vous ramène chez vous.
[s'éclaircit la gorge]
[porte s'ouvre]
[Lennie] Ils ont tout mis sens dessus dessous.
Je n'en reviens pas que Vincent ait gardé ça.
[éclat de verre]
Tu crois que Vincent a tué Edgar ?
Cassie.
[Cassie] S'il avait fugué, il serait déjà revenu.
Alors, il a dĂ» lui arriver quelque chose.
J'ai les pires scénarios qui tournent en boucle dans ma tête.
Au moins, s'il est mort, personne ne lui fera plus de mal.
La mère de Vincent m'en veut. Elle dit qu'il perd à nouveau la tête.
Ben… sa mère le bourre de médocs depuis qu'il a neuf ans alors…
il est dingue, oui. Il a toujours été dingue.
Mais pas… au point de…
- Le laisse pas… - J'ai rencontré quelqu'un d'autre.
Je peux plus vivre avec Vincent.
Si Edgar ne revient pas, je ne vivrai plus avec lui.
Non. Non. Cassie, il fabrique Eric pour Edgar.
Edgar reviendra.
Il va voir Eric… et tout rentrera dans l'ordre.
Comme ce serait merveilleux.
Il y a Jerry et toute l'équipe de costards-cravates
qui doivent… qui doivent venir à 14 h demain.
Oh, nom de Dieu. Mais non, 14 h aujourd'hui. Euh…
S'il te plaît… Si Vincent se manifeste,
dis-lui qu'il faut qu'il vienne à la réunion.
- D'accord. - Merci beaucoup.
- [soupire] Oh lĂ lĂ . Je t'aime tu sais. - Je t'aime aussi.
[grognement affectueux]
- Dodo. - Oui. D'accord.
Super.
[Cassie] HĂ©.
C'est quoi le truc avec les marionnettes ?
[hésite]
Elles ont le droit de dire tout ce qu'on pense.
- [porte se ferme] - [bruit de pas qui s'éloignent]
[bruits ambiants de la ville]
[arrĂŞt du moteur]
Cecile.
- On est arrivés. - Mmm.
[Cecile soupire]
[ouvre son sac]
Cecile.
Il n'y a personne qui a oublié Marlon.
Mais personne prend la peine de parler de lui non plus.
Les infos ne parlent que de ce petit blanc.
Ça n'a rien à voir.
- Vous savez qu'il y a une différence. - Ce gamin n'est pas noir, c'est tout.
Deux gosses ont disparu, et vous ne faites aucun lien ?
- J'ai pas perdu espoir de le retrouver. - Vous n'en faites pas assez.
Il y a bien quelqu'un qui sait quelque chose dans ces rues
ou dans cette boîte de nuit.
Mon fils était bien trop beau pour disparaître.
Il n'a pas pu s'évanouir dans la nature. Et vous ne faites pas votre maximum ?
[expire avec force]
Marlon était quelqu'un de doux.
Quelqu'un de gentil.
- [musique émouvante] - Il aimait danser.
Une différence ne veut pas dire que vous devez cesser vos recherches.
Je sais qui était mon fils.
Et vous le savez aussi.
Il était aussi beau que ce petit garçon qui a récemment disparu.
Et je veux qu'il rentre Ă la maison.
Faites votre maximum pour le retrouver parce qu'il faut qu'il rentre.
Je veux tenir mon fils dans mes bras. Il faut que je le revoie.
Même si vous ne retrouvez que son crâne.
Je continuerai Ă venir vous embĂŞter
jusqu'Ă ce que vous faisiez plus que vous excuser et me ramener chez moi.
Vous valez mieux que ça.
- [musique hip-hop Ă la radio] - [conversations indistinctes]
[homme] HĂ© !
[sonnette d'entrée]
[sonnette d'entrée]
[cliquetis du verrou]
Tu me laisses entrer ?
Alors ?
Qu'est-ce que t'as envie de regarder, papa ?
[musique : "Love and Affection" par Joan Armatrading]
[porte claque]
[la musique continue]
[la musique s'estompe]
[soupire]
- [bruit de pas qui approchent] - [respiration forte]
On change de main.
[William grogne]
- Doucement. - [William grogne]
[William soupire d'aise]
Aujourd'hui, je reste Ă la maison.
Et tu vas faire quoi ?
- M'empĂŞcher de jouer du violoncelle ? - J'en sais rien.
- Qu'est-ce que tu as ? - Rien. C'est le boulot.
- N'abandonne pas. - Le gosse a disparu depuis une semaine.
Je ne parle pas juste de ce gamin.
William…
Tu n'es plus dans le mĂŞme service.
Aujourd'hui, tu as les moyens de tes ambitions.
Même s'ils essaient de te décourager, ne te laisse pas abattre.
Tu es là où tu es pour une bonne raison. N'oublie jamais ça quand je serai plus là .
C'est pas vrai ! Ça suffit avec tes dernières volontés.
[ricanent]
Je te garantis que tu n'iras nulle part.
Toi et moi, on sait que c'est faux.
[klaxons]
[téléphone sonne]
AllĂ´ ?
[homme] Mère merdique. J'espère que ton fils est mort.
[respiration anxieuse]
[sirènes au loin]
[conversations indistinctes]
[Tina] Levy a visionné les images de la vidéosurveillance
de la laverie en face de la ruelle où le t-shirt a été balancé.
Et celles de la station de métro en face du studio. Vincent est sur ces images.
[Ledroit] Putain. Merci.
Tu as hâte d'être à ce soir ? Lorenza est une super cuisinière.
- Ça va être le clou de ma semaine. - [Tina ricane]
- Tina. - Hmm ?
Tu peux la mettre ?
Hmm. Ouais.
Euh… rembobine.
LĂ , voilĂ .
- Il est quelle heure ? - 8h14.
[Ledroit] D'accord.
Le gamin tourne à gauche et il va…
en direction de son école.
Il porte son blouson sur le dos.
[Tina acquiesce]
[musique inquiétante]
[Ledroit] 8h18. Vincent… prend la direction opposée.
[Tina] J'ai la cassette de la caméra en face de la station Herald Street.
Mets-la.
8h34, Vincent sort de la station de métro,
il traverse la rue… et se rend au boulot.
Selon les vigiles, il y est resté toute la journée.
Il est sorti 20 minutes pour déjeuner.
Sa version est confirmée.
On doit le libérer.
Putain, il est oĂą ce gosse ?
[clameur des journalistes]
- Merde. - Votre père vous attend dans sa voiture.
[journaliste] Un commentaire ?
M. Anderson a été libéré sans avoir été inculpé
et il ne fera pas de commentaire.
Vous avez laissé votre fils seul, que répondez-vous aux critiques ?
M. Anderson ne fera pas le moindre commentaire Ă ce stade.
Une tribune parue dans le Post vous traite de père indigne
et met en doute vos capacités. Une réponse ?
Dites à mon père que je rentrerai seul.
Vous ne voulez pas vivre dans un monde oĂą votre enfant
peut aller à pied à l'école et rentrer sain et sauf ?
Ça ne devrait pas être un droit fondamental ?
J'ai laissé mon enfant faire quelques mètres à pied jusqu'à son école.
Alors, vous pouvez me critiquer autant que vous voulez, mais… vous savez…
J'aimerais bien croire…
Je crois en un monde où un enfant peut aller à l'école à pied
et rentrer sain et sauf.
Au bout de cinq jours ?
Si c'était mon fils, je ne croirais pas qu'il est en vie.
Va te faire foutre espèce de sale enfoiré. Mon fils est vivant.
[clameur des journalistes]
[la musique s'estompe]
[cliquetis du verrou]
George.
Je suis désolée.
Vous étiez sous le choc, je comprends.
Oui, mais je ne… Je n'aurais pas dû.
C'est facile de se laisser submerger par les mauvaises pensées.
J'aurais bien aimé voir les dessins d'Edgar.
[claquements métalliques]
[George] On y est. Faites attention Ă la marche.
[musique éthérée]
[George] C'est beau, hein ?
Ouais.
Il est doué.
[soupire]
[musique perturbante]
T-SHIRT RETROUVÉ
TERRAIN DE BASKET
[Ledroit] Je voudrais consulter le dossier du Sierra.
Pour passer en revue des noms et trouver des liens.
Peut-ĂŞtre mĂŞme retourner au Lux.
Tous les jours, le gamin passait devant cette boîte.
Ensuite, il prenait Ă droite
et se dirigeait vers les terrains de basket.
Les mĂŞmes terrains oĂą Marlon Rochelle jouait.
Marlon Rochelle ? On a coffré ce gosse deux fois pour de la drogue.
Sa mère m'appelle quatre fois par mois.
LĂ , c'est un enfant de neuf ans.
Un gamin blanc, monsieur.
On a fait notre devoir pour Marlon Rochelle et ça n'a rien donné.
Ce gamin était un pédé. Soit il est défoncé,
soit il est au fond de l'Hudson.
Sa mère a le droit de savoir ce qui lui est arrivé.
[Cripp soupire]
On a deux gamins qui ont disparu Ă 11 mois d'intervalle.
Et on n'établit aucun lien ?
C'est vrai, Marlon se droguait,
mais on lui fait du tort si on le délaisse à cause de ça.
Ce n'était qu'un gosse.
Entre les terrains de basket, la boîte de nuit et les Mœurs,
quelqu'un sait quelque chose.
- Faut pas réveiller le chat qui dort. - Nokes ?
Quel est le lien avec Nokes ?
Tu sais, je ne cautionne pas des agents comme Nokes ou Kennedy.
Mais tu te souviens comment c'était aux Mœurs ?
Des gars essaient de subvenir aux besoins de leur famille
et ils se retrouvent Ă mettre des cagoules et Ă brasser plus d'argent
qu'on n'en gagnera jamais.
Quand on sort du droit chemin, on est sur une pente savonneuse.
Moi, tout ce que je dis, c'est que tu as tendance à te précipiter.
[coups Ă la porte]
Désolée de vous déranger.
J'ai la liste des arrestations lors de la descente au Sierra en mai 79.
Tina, pourriez-vous lui redonner le sourire au moins pour la soirée ?
Il me rend dingue, putain.
Je ferai de mon mieux.
Lorenza dit qu'il ne faut pas arriver en retard. Elle plaisante pas.
[porte se ferme]
[musique pensive]
[porte s'ouvre]
- Salut. - [policier] Salut, Nokes.
[Nokes] Alllez jeter un œil à l'épicerie sur la 13e rue.
- Allez-y mollo. - Ça marche.
C'est qui 8 ?
Le seul qui sait qui était 8 est mort.
- Non… - T'approche pas de moi, Ledroit.
Tu sais pas Ă qui tu as affaire.
- [porte claque] - Cassie.
Cassie ?
[porte s'ouvre]
[Eric] Il faut que tu prennes une douche. Tu sais que tu pues.
- Putain. - Il faut qu'on se bouge, Vincent.
Il faut faire cette présentation.
- [Sebastian] Tenez. - [homme] Merci.
[Sebastian] Bon appétit.
VoilĂ pour vous.
Salut.
Je fais une pause. Merci.
T'as réussi à dormir ?
J'ai parlé à une mère hier, celle dont le fils a disparu depuis 11 mois,
et… dans son regard, j'ai vu qu'elle savait qu'il était mort.
Faut pas que tu dises ça, Cassie, arrête. Allez, viens.
[musique mélancolique]
Il faut absolument qu'il soit en vie.
Il le faut absolument.
Il est en vie.
J'en suis sûr.
[écoulement d'eau]
[musique inquiétante]
[bruits de pas sur le métal]
[soupir ennuyé]
[musique tendue]
[grande respiration]
Il sera lĂ dans une minute.
Jerry, j'ai pas toute la journée.
[halète]
Merde.
C'est pas trop tĂ´t.
Allez, euh…
- On a le temps. - Jerry est lĂ .
Ah ouais ?
Il y a Avi Nagler, c'est le chef des acquisitions et du développement.
Euh, il y a aussi Sam,
directeur d'exploitation et président par intérim de la section
- enfants et animation. - [acquiesce]
- Les autres, tu les connais. - Des cadres et des tafioles.
Chut !
[Vincent renifle]
- Tu veux te barrer ? - Non, ça ira.
OK, suis le script. Tu fais pas de coup tordu.
- Et tu restes poli, d'accord ? - OK.
[grande respiration]
- Ça va aller, mon vieux. - Oh.
[grande respiration]
Eric est un monstre. Ça oui.
Eric est ce dont nous avons tous peur. C'est vrai.
Il est l'ombre qui se cache derrière nous
ou sous notre lit.
Mais il est avant tout…
toi.
Et vous. Et vous. Il est chacun de nous.
Il est tout ce qu'il y a de bon et de mauvais en chacun de nous.
Il est le monstre à nos côtés qui nous accompagne tout le temps.
Il est le monstre que… chaque enfant… veut…
quand il est perdu et… qu'il veut qu'on le retrouve.
[voix d'Eric] Ouais, ouais, ouais.
Maintenant, à cause de toi, je suis tout timide. Espèce de connard.
[Ronnie en Mush] Oh, hé, Eric !
Sois gentil. Il y a des adultes ici.
Ouais, c'est vrai. Désolé, les gars.
J'ai pas l'habitude d'ĂŞtre en compagnie de gens polis.
Et en général, on ne m'écoute pas.
[soupire]
Vous savez, on se sent un peu seuls dans cette ville.
Tu es loin d'ĂŞtre seul Eric.
- Hein ? - Personne n'est seul ici.
Tu m'as moi.
- Et moi, aussi. Je suis Mush. - Salut.
- Et elle… - Salut, Eric. Moi, c'est Peggy.
Moi, c'est Parker.
Je suis un chien errant, alors tu es en bonne compagnie.
- Oh. - On est tous des vagabonds à notre façon.
On vient au parc quand on se sent perdus.
Tu es perdu, Eric ?
[musique poignante]
Ben… ouais.
Il faut croire que je me suis trompé de direction, à un moment…
Le truc, c'est que…
il fait trop…
noir quand on est sous terre, et en plus…
je voulais monter Ă la surface, mais j'avais peur.
Et… et personne ne m'avait dit
que les rayons du soleil pouvaient être si… jolis.
[exclamations émerveillées]
[musique optimiste]
[Edgar halète]
- [Edgar] Non ! - ArrĂŞte !
[musique menaçante]
Entre.
[Edgar gémit]
Bouge pas de lĂ .
[claquements d'un train]
[crissement des roues d'un train]
[musique disco]
C'était vraiment bien.
J'ai trouvé ça cool. On a assuré.
- [ricane] - Ils ont adoré, non ?
Franchement, je sais plus.
Si, je peux te le dire, tu as fait un truc sensationnel.
Oh, arrĂŞte.
- Salut, les filles. - Sincèrement, c'était top.
- [femme] Hé, Jackson, ça va ? - Ça va bien, merci.
- Bonsoir, ça roule ? - [femmes] Good Day Sunshine !
Cool tenue. Vous devriez faire du cinéma.
Oh !
- Je suis désolé, mec. - Pas de problème.
- Cool. Mes excuses, OK ? - Ouais. Ouais.
- Bonne soirée ! - Merci !
C'était délicieux.
J'aimerais votre recette du rôti braisé.
Vous cuisinez, Michael ?
Oh non, je vais… chez Taco Bell et Wendy's.
[rires]
[Lorenza] On vous nourrit.
La restauration rapide ne donne pas cette musculature.
Je savais que c'était une mauvaise idée de t'inviter !
[Tina] Dès demain, je ferai de l'aérobique.
[Lorenza] Vous avez parlé à Dana ? Elle a vu Kimberly depuis que…
[Tina] Elle va bien. Son bébé a une nouvelle dent.
C'est l'avantage d'épouser un flic. Ils font de magnifiques bébés.
Je dis ça, je dis rien. Trouve un officier sympa pour Tina.
[Cripp] Mais j'essaie ! Ce nigaud n'arrête pas de se dégonfler.
[musique perturbante]
[Cripp] Tu entends, Ledroit ?
Arrête d'aller au Lux le soir et trouve-toi une épouse.
Sinon, Ă qui tu vas raconter tes secrets, hein ? [ricane]
Je plaisante pas, Mikey.
On a tous besoin de quelqu'un sur qui se reposer. Qui est lĂ pour toi ?
- [Lorenza ricane] - [Cripp soupire]
[Cripp renifle]
- [coup] HĂ© oh ! - [Ledroit grogne]
- [homme rit] - [Tina glousse]
Tu sais… je pense qu'on serait plus à l'aise à l'intérieur.
Je dois rentrer.
[petit rire]
Ouais. Une autre fois.
Ouais.
Tina.
Mikey.
Dana, c'est… c'est la femme de Nokes ?
- Tu as parlé d'elle pendant le dîner. - Ouais.
[musique inquiétante]
Ouais.
On… Elle et moi, on faisait les 400 coups.
Avec elle et Kimberly, quand on était jeunes.
Elle est infirmière au Bellevue Hospital.
Mais si tu veux tout savoir…
Nokes est une pourriture.
[rire amer]
Mon mari était un con, mais je m'en suis sortie.
Je ne sais pas comment Dana fait pour supporter ça.
"Ça" ?
C'est-Ă -dire ?
J'ai beaucoup trop bu.
Tu crois qu'elle me parlerait ?
Bien sûr, Mikey.
Je vais lui demander.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
[sirènes au loin]
[portière se ferme]
[porte s'ouvre]
Qu'est-ce que tu fais ?
[musique disco]
Cul sec ! VoilĂ ce qu'il nous faut.
On remplit les verres. Prenez-en.
Faites pas vos timides, on se sert. VoilĂ , c'est bien.
À Eric ! À Eric !
- Jerry. - T'as bien rattrapé le coup.
[ricane] C'est Vincent qui a tout fait.
[conversation indistincte]
On va prendre la marionnette.
Mais on va virer Vincent. Tu sais qu'il le faut.
C'est rien qu'un boulet.
Regarde-le.
Son fils a disparu et il se soûle dans un bar.
Il est dérangé.
[Vincent] Et tu le bois cul sec, pas comme le précédent.
Soit toi tu le vires.
Soit je le fais moi.
Jay. Content de te voir. Je savais pas que tu serais lĂ ce soir.
[Vincent] Allez ! Wouh-ouh !
[musique inquiétante]
Salut.
[Yuusuf] Bouge pas.
[femme] Je l'ai trouvé avec toi.
[Yuusuf] Mais je suis allé le chercher.
[femme] On pourrait se faire du pognon.
Pour que tu le claques en dope ?
[bruissement]
[femme] On peut se faire un max pour ce gosse si on sait oĂą le vendre.
TJ a des contacts, il connaît des pervers.
[Yuusuf] Ta gueule, je réfléchis.
[respiration anxieuse]
[Yuusuf] J'ai d'autres idées.
Surtout, tu bouges pas.
[Cassie] Vous auriez vu ce petit garçon ?
Est-ce que vous pourriez… Vous avez vu mon fils ?
[homme] Non.
Madame ? Mon fils a disparu… Merci.
Excusez-moi, monsieur. Vous pouvez regarder ?
Avez-vous vu ce petit garçon ? Il a disparu depuis…
[Sebastian] Edgar Anderson, il a disparu.
Appelez-nous si vous savez quelque chose. Excusez-moi, madame.
S'IL VOUS PLAĂŽT, AIDEZ-NOUS
[Sebastian] Excusez-moi.
Excusez-moi, monsieur.
[musique inquiétante]
[conversations indistinctes]
[portière] Vous êtes sur la liste. Mais il va falloir patienter,
il y a beaucoup de monde.
Bonsoir, inspecteur.
[Gator indistinct]
[TJ] Détends-toi.
[Gator] Regarde qui est lĂ .
- Te revoilĂ . - C'est un crime ?
Tu l'as déjà vu ?
Comme je l'ai déjà dit, il est canon, mais je l'ai jamais vu.
Non. Regarde encore une fois.
- Mikey. - Désolé, je peux rien faire pour vous.
Hé. On en a déjà parlé plusieurs fois.
Et quand t'étais pas là ?
Tu t'es ramolli quand t'étais en taule.
Mais le monde a continué de tourner.
La vie a continué.
Si jamais tu te fous de moi…
je serais prĂŞt Ă retourner en taule pour ce que je te ferai.
C'est clair ?
C'est clair. Bien. Au boulot. Tire-toi.
HĂ©, toi.
- [renifle] - Ah !
Attends, j'arrive. Ouais.
- [Vincent] Pousse pas. - [Eric renifle, puis grogne]
- Reconnais-le. On a déchiré ! - Wouh !
- Ouais, tu m'étonnes ! - Vinny !
[Vincent] Quand mon fils te verra dans l'émission, il rentrera !
[coups Ă la porte]
- [Lennie] Vinny ? - Ça va ?
Tout va bien lĂ -dedans ?
Ouais. En forme ?
[Lennie] HĂ©, tu ne devrais pas rentrer rejoindre Cassie ?
Non, mon vieux, tout roule.
On se retrouve au bar.
Ouais d'accord, on arrive, on arrive. Je te rejoins !
[musique : "Gloria" par Laura Branigan]
C'est parti.
[Eric s'exclame]
[la musique continue]
[musique distordue]
[tintement]
[la musique s'estompe]
[femme] Ah merde.
[musique perturbante]
[musique disco distordue]
[musique perturbante s'intensifie]
[musique : "Gloria" par Laura Branigan]
[fin de la musique]
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