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Zulu
Notre point fort, ce sont les harmonies,
c'est une marque de fabrique de la famille.
Trois frères, Brian, Dennis et Carl,
notre cousin Mike Love et notre ami Al Jardine.
C'est la famille.
ANAHEIM, CALIFORNIE 3 JUILLET 1976
Mesdames et messieurs,
ils nous viennent de Californie du Sud,
le groupe les Beach Boys !
Quel accueil !
Ils sont uniques.
Ils battent des records partout où ils vont.
Mesdames et messieurs, les Beach Boys.
Les Beach Boys représentaient une sorte de fantasme.
C'était un phénomène typiquement californien.
On se connaît depuis longtemps.
Il y a une vraie camaraderie au sein du groupe.
On a vécu beaucoup de choses.
Le fait que ça dure depuis 60 ans est assez miraculeux.
Mais le fait qu'on soit une famille explique ce succès.
Allez. Jouez avec force et vigueur.
Et regardez-moi pour cette partie.
Vingt-huit.
Quand je pense au groupe dans son ensemble,
les Beach Boys, c'est une histoire de famille.
MIKE LOVE LE COUSIN
Il y a eu des hauts et des bas.
On a prédit la fin du groupe une bonne demi-douzaine de fois.
Petit, j'ai appris à chanter des harmonies en famille.
Le génie derrière les Beach Boys
Il y a bien longtemps.
BRIAN WILSON L'AÎNÉ
Je me souviens de la chanson, des paroles, et de m'être bien amusé.
Je suis fier de mes frères.
Reprenons depuis le début.
Un, deux, un, deux…
Je voulais accomplir deux choses dans la vie.
Un, devenir psychologue.
Et deux, devenir joueur de baseball.
BRIAN WILSON L'AÎNÉ
Mais la musique n'était pas une priorité.
Mes parents écoutaient souvent de la musique.
Et je disais : "Qui chante ? J'adore."
MURRY WILSON PÈRE
Mon père écrivait des chansons,
et l'une d'elles a eu un peu de succès.
Mais c'était ma mère la musicienne,
elle jouait et mon père composait.
AUDREE WILSON MÈRE
La musique était donc omniprésente.
Mes parents adoraient les vieilles chansons.
Mais je préférais le rock'n'roll.
CARL WILSON LE BENJAMIN
Je n'oublierai jamais cette sensation physique.
C'était électrique.
Je n'avais jamais ressenti ça avant.
J'ai commencé la guitare grâce à Chuck Berry.
Je n'ai jamais traîné avec Brian.
Je traînais plus avec Carl, parce que je pouvais le tabasser.
DENNIS WILSON LE CADET
L'amour de la musique de Brian m'a influencé.
Je m'en suis aperçu…
On avait l'habitude d'harmoniser à trois à l'arrière d'une voiture.
C'est ainsi que tout a commencé pour nous trois.
Quand j'avais environ sept ans,
on a emménagé dans une maison entre Inglewood et Hawthorne.
Et en face de chez nous se trouvait la maison des Wilson.
DAVID MARKS VOISIN
Pendant qu'on emménageait, Carl et Dennis jetaient déchets et pièces détachées
dans la rue
en disant : "Inglewood craint. Hawthorne assure !"
Ça a commencé comme ça.
J'aimais pas trop mes parents, donc je traînais chez eux.
La maison des Wilson était un pavillon ordinaire à Hawthorne.
Et le garage servait à faire de la musique.
MIKE LOVE LE COUSIN
On y passait des heures à écouter de la musique et à chanter.
Le grand moment de l'année était d'aller chez Mike Love
à Noël parce que les Love organisaient une fête pour chanter.
RÉSIDENCE DES LOVE BALDWIN HILLS, CA
En grandissant, en tant que cousin germain des Wilson,
harmoniser en famille était une activité familiale.
MIKE LOVE 16 ANS
On avait un piano à queue, un orgue et une harpe dans le salon.
Avec Brian, ça a tout de suite matché, parce qu'on n'avait qu'un an d'écart,
et qu'on aimait le même genre de musique.
Le doo-wop. The Everly Brothers.
The Four Freshmen.
C'était sûrement le meilleur quartette vocal
qui ait jamais existé.
Leurs voix étaient proches, donnant une chaleur et une vibration.
Chanter ensemble était très sympa.
Mais Brian a réussi à deviner les accords des Four Freshmen à l'oreille.
C'était impressionnant.
Brian passait des heures au piano tous les jours
en répétant les arrangements des Four Freshmen.
Je n'arrêtais pas.
VOIX DE BRIAN WILSON
Jusqu'à ce que je reproduise leurs albums à la perfection.
J'ai fait ça pour une vingtaine de chansons,
soit toute mon éducation harmonique.
Plus tard, il a commencé à composer ses propres arrangements.
Il me demandait de chanter les harmonies qu'il créait.
Une fois, je voulais sortir jouer et il a dit : "Maman, fais chanter Carl."
Brian et moi appartenions à l'équipe de foot du lycée.
Et j'avais entendu son groupe à la réunion du lycée,
et c'est là que mon cerveau a fait : "Waouh !"
AL JARDINE LE BON AMI
J'étais guitariste, et j'étais bluffé par son petit quartette.
Y compris son frère Carl.
Brian avait une voix de fausset.
Et je souhaitais m'associer à eux.
On s'est revus après la remise de diplômes.
Brian m'a dit : "Je devrais te présenter à mes frères
et mon cousin, parce qu'on a besoin de plus de voix."
Il m'a donc invité chez lui, et on est tous devenus très proches.
Comme des notes sur un clavier.
Maintenant, chantons naturellement.
- Lâchez-vous. - D'accord.
Al Jardine était celui
qui avait l'oreille absolue et qui changeait les harmonies
dérivées des Four Freshmen.
Oublie le temps et le tempo et tout le reste.
On ne veut pas casser le rythme.
On se réunissait autour du piano avec Brian et ses frères.
Plus son cousin Mike et moi. C'était notre groupe.
Notre premier morceau
fut le titre "Their Hearts Were Full of Spring".
Brian chantait les parties aiguës magnifiquement.
Je chantais les parties graves.
Et Carl et Al Jardine chantaient très bien à l'unisson.
Au-delà des notes, il y avait une harmonie entre nous.
On dépassait nos individualités pour créer cette harmonie de groupe.
Puis, on s'est dit : "Surveillez-nous."
On harmonise très bien.
Puis, on est allés dans l'autre direction.
Je traînais avec Carl tous les jours après l'école.
On écoutait beaucoup de surf music du moment.
The Ventures.
The Marketts.
Dick Dale.
DICK DALE ET THE DELTONES
Les jeunes regardaient des films de surf au lycée.
C'est ce qui était utilisé comme musique de fond.
il était une fois une vague
Le surf était très important en Californie du Sud.
Il y avait un code vestimentaire, un code de langue.
Un certain comportement.
On s'est tous essayés au surf,
sans jamais vraiment y parvenir.
Je suis allé surfer à Manhattan Beach.
Il y avait plein de monde ce jour-là. Il y avait de grosses vagues !
Et j'ai tout de suite perdu ma planche.
Et j'ai failli me noyer. Idem pour Brian.
J'ai essayé une fois, et la planche a frôlé ma tête.
J'ai arrêté les frais.
On aimait la terre ferme, mais Dennis était différent.
J'adorais le surf.
J'adorais sécher les cours
et traîner sur la plage.
J'adore l'océan.
Avec Dennis, on est allés à la plage…
VOIX DE MIKE LOVE
…et on est revenus chez les Wilson, et c'est là que Dennis en a parlé à Brian,
en mode : "Et si on chantait sur le surf ?"
À l'époque, la surf music était surtout instrumentale.
Les groupes étaient des groupes instrumentaux.
Alors, j'ai été voir Brian. Et j'ai trouvé…
Surfin' is the only life The only way for me
Now surf Surf
MEXICO
La première fois que les Beach Boys ont répété ensemble…
VOIX DE CARL WILSON
…mes parents étaient au Mexique.
Ils nous ont donné 200 $ pour la nourriture.
L'argent s'est tout de suite évaporé.
J'ai dit : "Brian, on ne va pas rester là à chanter."
Louons des instruments.
J'ai ajouté : "Ma mère, Virginia, nous aidera sûrement…"
MÈRE D'AL JARDINE
…"si on chante devant elle."
On a chanté "Their Hearts Were Full of Spring".
C'était notre chanson fétiche.
Et elle a été bluffée.
Elle nous a donné 300 $ pour les instruments,
en ajoutant : "Foncez."
J'ai des frissons rien qu'en y repensant.
Branche le moniteur.
1er enregistrement et répétition de SURFIN'
Tu gaspilles de la bande.
Lève la tête, et reste comme ça.
Murry et Audree sont restés au Mexique trois semaines,
le temps qu'on devienne un groupe.
Il a dit : "Vous étiez censés acheter de la bouffe.
Que faites-vous ?"
On a chanté une chanson, et ça lui a plu.
C'est grâce à mon oncle Murry qu'on a enregistré en studio.
Très bien. On marque la chanson. C'est la 1re prise de "Surfin'".
SESSIONS DE "SURFIN" NOVEMBRE 1961
Pour la première session, Al jouait de la basse acoustique.
Moi, de la guitare.
Brian jouait de la batterie avec un crayon.
Et Michael chantait.
On se surnommait The Pendletones.
C'étaient les chemises que tous les surfeurs portaient.
Et quelqu'un du label a dit : "La chanson, c'est 'Surfin''.
Pourquoi pas les Beach Boys ?"
Le nom ne nous plaisait pas.
Mais il est resté.
On a sorti "Surfin'" via un petit label indépendant.
Un mois plus tard, on l'a entendue à la radio.
Une station de radio diffusait quatre nouveautés par semaine.
Et celle qui était plébiscitée par les auditeurs gagnait le concours.
Disons qu'on avait une grande famille.
Et on a entendu : "Le choix de la semaine est "Surfin'" par les Beach Boys."
On était fous de joie.
"Surfin'" s'est classé deuxième à L.A., puis on a commencé les concerts.
VOICI LES BEACH BOYS
On a commencé le soir de la Saint-Sylvestre.
Au milieu de tout ça,
Dennis a bien appris à jouer de la batterie.
J'étais impressionné.
L'essor a été si rapide
qu'on n'a pas eu le temps d'en parler entre nous.
On allait dans une direction sans savoir pourquoi.
Notre tube s'est classé dans le Top 10 à L.A., et on était aux anges.
Mais je ne réalisais pas encore.
Je voulais finir mes études.
Mon frère est avocat.
Mon père a un MBA, et ma mère est…
Ils étaient tous diplômés.
Je ne me sentais pas à ma place.
J'ai donc délaissé le groupe pour la fac.
C'est la seule fois où Brian m'a engueulé.
Je n'étais pas dans le groupe, mais je côtoyais les gars.
Je devais avoir 12 ans.
Avec Carl, on jouait de la guitare après l'école.
On développait notre propre style.
Et Brian l'a remarqué.
Et tout à coup, je suis devenu…
DAVID MARKS VOISIN
…un Beach Boy.
CE SOIR - SAMMY DAVIS JR. INVITÉ - GEORGE SHEARING
Après le succès de "Surfin'", Brian a décidé de faire carrière.
Alors, mon père a vendu son affaire, fait place nette,
avant de nous trouver une maison de disques.
Il a démarché tous les labels d'Hollywood.
Et ils nous ont tous dit non.
En fin de compte, un certain Nick Venet, de chez Capitol Records,
a écouté notre démo.
C'était la démo de "Surfin' Safari".
PRODUCTEUR, CAPITOL RECORDS
De temps en temps, on sait qu'un disque a le potentiel d'être numéro un.
Et il a dit : "Mazette. Ces morceaux, c'est de la dynamite."
On a ainsi pu signer chez Capitol Records, une sacrée opportunité.
Ils avaient des stars.
Les Four Freshmen, Frank Sinatra, Nat King Cole…
J'ai dit : "Je lâche la fac."
Mes frères ont dit : "On lâche le bahut."
On se barre !
J'étais le seul à ne pas dépendre de mes parents.
J'avais 21 ans et les autres étaient bien plus jeunes.
Et Capitol nous a de suite fait enregistrer un album.
SESSIONS SURFIN SAFARI JUILLET 1962
Oui. Dennis, n'oublie pas le dernier couplet, d'accord ?
La première séance d'enregistrement a eu lieu dans les sous-sols de Capitol.
C'est parti, 38221.
Au début, on était dépassés.
Rien que par l'aspect technique.
Ça va un peu trop vite.
Vous foncez. Ralentissez un peu.
Habitue-toi à la basse. Faut que ça groove.
C'est reparti. 38221.
Les super harmonies de Brian, les guitares garage grunge de Carl et moi.
C'était complètement nouveau.
Faisons la première prise.
Murry était notre manager, et il était fort pour la promo.
PÈRE, MANAGER
Il distribuait des photos aux jeunes sur les parkings.
Il faisait notre promo comme un fou furieux.
Voici le nouveau tube des Beach Boys : "Surfin' Safari".
J'ai grandi à L.A., mais je n'ai jamais appartenu à la culture surf.
Et quand j'ai découvert les Beach Boys…
HISTORIEN CULTUREL CRITIQUE MUSICAL
VICE-DOYEN FACULTÉ DES ARTS, USC
…je n'ai pas aimé.
Ils faisaient partie d'une campagne de marketing
d'une culture qui ne m'intéressait pas.
Le choix des morceaux. Le visuel des pochettes.
Tout était préfabriqué.
Et l'image de l'ado californien blond et blanc
a alors décollé.
THE RED SKELTON SHOW PREMIÈRE APPARITION TÉLÉ
Mais plus on écoutait leurs albums, plus on voyait qu'on se trompait.
Ça dépassait le surf.
Ils participaient à la création du rêve californien.
J'ai grandi à Détroit. Je distribuais le courrier en hiver.
J'allais à l'école à pied en hiver.
Et le week-end, j'allais voir Beach Blanket Bingo,
ou ce genre de films.
Donc, je savais qu'il y avait des endroits plus chauds.
PRODUCTEUR, MUSICIEN
Mais les meilleurs ambassadeurs du rêve californien
étaient les Beach Boys.
Ils me donnaient envie d'aller là où il y avait des voitures,
des filles en bikini et des planches de surf.
Du soleil et de la chaleur.
Je voulais vivre ça.
Ma famille était très croyante,
donc j'avais surtout le droit d'écouter du gospel.
Mais ma mère acceptait les Beach Boys…
CHANTEUR, COMPOSITEUR, PRODUCTEUR OneRepublic
parce qu'elle les trouvait positifs.
C'était génial pour moi, parce que très tôt je rêvais
de quitter l'Oklahoma.
Pour les États enclavés, en plein milieu du pays,
l'attrait était encore plus grand, parce que ça leur semblait étranger.
La musique était nouvelle.
Leur musique vous fait voyager.
On peut écouter "Surfin' U.S.A.",
et mentalement, on pense au soleil de la Californie du Sud.
LE 1ER GROUPE DE SURF DU PAYS
Leur musique a été un tsunami musical aux États-Unis.
Ils vendaient une image, et la musique était vivante, vibrante, enthousiasmante.
Les gens écoutaient les Beach Boys dans le monde entier.
Je pensais : "Je n'aurais pas dû partir."
Et là, on m'a appelé.
Brian était dans tous ses états : "Je n'y arrive pas.
Allez. Reviens dans le groupe."
Brian n'aimait pas les tournées.
Il préférait rester produire des disques et écrire des chansons.
Brian ne pouvait que me contacter, car je connaissais toutes les parties.
Je me suis dit qu'ils avaient vraiment besoin de moi.
La musique me manquait.
Alors, j'ai accepté.
"Je reviens."
Le lendemain, on partait en tournée.
TOURNÉE DANS LE MIDWEST
Je me rappelle l'arrivée au lac Minnetonka.
Les gens brisaient des vitres pour entrer.
Et il y avait une file de voitures de plusieurs kilomètres.
On a entendu des filles hurler pour la 1re fois.
Comme s'il y avait le feu.
On s'est retournés.
On s'éclatait tout simplement.
Pendant ce temps, Brian a pu faire ce qu'il voulait chez lui.
Il écrivait plein de chansons.
SURFER GIRL REFRAIN
Comme on était en tournée,
je n'étais pas le seul à écrire avec lui à l'époque.
Il coécrivait avec d'autres.
TOURNÉE HAWAÏENNE 1963
J'aimais beaucoup les tournées. C'était amusant.
Mais Murry n'était pas un manager amusant.
Murry a beaucoup contribué à notre succès.
Mais il a commencé à empiéter sur la musique.
Il était très critique.
Il disait qu'on ne savait pas ce qu'on faisait.
On voulait avoir un son particulier,
mais lui voulait autre chose.
Il montait sur scène pour régler mon ampli.
Évidemment, je repassais derrière.
Puis, il me passait un savon parce que je ne souriais pas assez
ou parce que ma guitare manquait d'aigu.
J'ai fini par m'énerver parce qu'il me gueulait dessus,
et j'ai dit : "Je quitte le groupe."
Et Murry a répondu : "Vous avez entendu ? Il part."
J'aimais beaucoup Murry, mais il n'était pas juste.
J'étais un jeune arrogant de 15 ans. Il s'attendait à quoi ?
Après quatre albums en tant que Beach Boy, c'était fini.
Brian était choqué parce qu'il anticipait les conséquences.
Il devrait partir en tournée plus souvent, si je partais.
Au lycée, une amie m'a dit : "Je connais les Beach Boys."
ANCIENNE PRÉSIDENTE, BROTHER RECORDS
"Tu veux les voir en concert ?"
Ben Frank's CAFÉ
CARTE DES STARS
J'ai grandi à West Hollywood,
où se trouvait le café Pandora's Box.
On était au premier rang,
et Brian a regardé vers moi avant de dire :
"Je peux goûter ton chocolat chaud ?"
J'ai accepté. Quand il me l'a rendu,
il s'est renversé.
C'était marrant.
Et rapidement, on est sortis ensemble.
Il était génial.
Il était très marrant.
Mais en matière de musique, il était très réfléchi.
Et, à l'époque,
je chantais avec ma cousine Ginger et ma sœur Diane.
On a commencé à faire des disques avec Brian pour Capitol.
Voici… THE HONEYS
La musique était notre vie.
C'était tout pour nous.
Brian voulait juste rester à la maison, faire des disques
et composer.
Et les autres membres ne comprenaient pas,
parce que partir en tournée était amusant.
Mais pas pour Brian.
J'ai essayé de travailler avec des gens, et j'y arrive.
Mais c'est difficile.
Mais quand je suis seul, j'arrive à penser.
Et j'obtiens des résultats.
La musique a le pouvoir de guérir.
Elle me tranquillise,
me permet de créer, de faire ce que j'ai à faire.
J'ai travaillé avec Brian,
et pour communiquer avec lui, ça passe par la musique.
C'est ainsi qu'on crée un lien.
C'est un langage secret.
Et Mike comprenait la complexité de Brian.
Brian avait un don inné pour la musique,
moi, c'était plus les paroles et les concepts.
Ça créait une bonne synergie.
On reproche parfois à ses premiers titres d'être trop simples.
Mais c'est une qualité.
Ils parlent d'amusement, de sentiments, et d'amour non réciproque.
C'était parfait pour les ados.
Ils comprenaient. Ils ressentaient la même chose.
Ça leur parlait.
C'est la simplicité qui nous a fait avancer.
Avec la capacité de Brian de composer des mélodies
et la facilité de Mike à écrire des paroles,
on avait trouvé la formule.
Mais une fois sur scène,
Mike était le chanteur.
Il est rapidement devenu le leader.
En définitive, Brian était mélancolique.
Je compensais ce vague à l'âme avec mon côté boute-en-train.
Tout le monde appréciait les blagues de Mike.
Ils s'influençaient mutuellement.
Et Brian trouvait que Mike était le meilleur leader.
J'ai toujours préféré le direct au studio.
Il n'y a pas de réactions dans le studio.
Mais en concert, on voit l'effet immédiat que produit la musique sur les gens.
C'est très positif. Il y a beaucoup de joie.
SALUT MIKE
Les Beach Boys surfent sur les modes
Les Beach Boys sont entrés dans l'inconscient collectif
avec la mythologie autour du surf et le mode de vie californien.
Ça a beaucoup nourri l'imagination des jeunes.
Nous qui vivions en Californie du Nord
avions une opinion assez tranchée concernant Los Angeles.
Mais le groupe dépassait ce clivage grâce à Brian Wilson.
J'étais impressionné par ses qualités de créateur…
Brian, leader, arrangeur, compositeur
…et producteur.
Et si la musique de Brian m'a beaucoup inspiré,
il l'était par les super chansons qu'on entendait à la radio
à cette époque.
Phil Spector est âgé de 25 ans.
PRODUCTEUR DE MUSIQUE
Il possède des maisons de disques et d'édition à succès.
Ses dizaines de succès
montrent qu'il est vraiment en phase avec la jeunesse d'aujourd'hui.
Phil vous a-t-il beaucoup inspiré ?
Vous plaisantez ?
C'était le plus grand.
J'étais en voiture avec ma copine, quand la radio a annoncé :
"Et maintenant 'Be My Baby' des Ronettes."
Après avoir entendu "Be My Baby", il l'écoutait tous les jours.
Ça me rendait dingue.
La musique de Phil Spector était intangible.
Il savait mélanger peut-être 25 instruments.
Ils les mixaient pour en faire un seul son, alias le "mur de son".
Ça m'a vraiment touché.
Quand Brian a entendu "Be My Baby",
il a dit : "Je veux ce groupe.
Il est parfait."
J'ai joué sur "Be My Baby"
avec un groupe de musiciens de studio appelé le Wrecking Crew.
C'est nous qui étions sur tous ces tubes.
Avant ça, les musiciens de studio étaient en costume,
et personne fumait.
Nous, au contraire, faisions des blagues. Nous étions décontractés.
Les gens pensaient qu'on allait "ruiner" le business.
Spector demandait à trois claviéristes de jouer le même morceau.
Idem pour cinq guitaristes et trois bassistes.
Tous les micros étaient saturés.
Et il construisait ainsi sa musique d'un bloc.
J'étais incapable de penser comme un producteur,
jusqu'à ce que je me familiarise avec le travail de Phil Spector.
Et là, j'ai commencé à tout comprendre.
La globalité du son.
Ce que le public entend et ressent
pendant deux minutes et demie.
Brian voulait vraiment produire ses propres albums,
ce qui était original pour l'époque.
Capitol Records a freiné des quatre fers.
Le label ne l'en croyait pas capable.
À cette époque, quand on avait 21 ans, on avait besoin d'un adulte.
Il y avait des règles.
Capitol voulait envoyer quelqu'un pour superviser,
et Nick Venet est devenu notre producteur.
PRODUCTEUR, CAPITOL RECORDS
Mais ce n'était pas du tout satisfaisant.
Surtout pour Brian.
Il ne faisait pas grand-chose à part dire :
"Très bien, les gars. Première prise…"
Les trois studios d'enregistrement de Capitol
sont les plus modernes au monde.
On devait enregistrer chez Capitol,
mais on n'aimait pas le son là-bas.
Je préférais le studio d'enregistrement Western Recorders sur Sunset Boulevard.
Alors, mon père a annoncé à Capitol qu'on partait.
Je me rappelle que Murry a négocié avec Capitol pendant cinq mois.
VOIX D'AUDREE WILSON
Je me rappelle ses hurlements, mais il a eu gain de cause.
S'il n'était pas lié au groupe,
j'aurais pu faire valoir mes arguments.
VOIX DE NICK VENET
Mais comme c'était le papa,
quand je lui disais qu'il avait tort ou qu'il se trompait,
tout le groupe prenait ça pour de la calomnie envers la famille.
Et à partir de là, on a produit nos propres albums.
Produit par : Brian Wilson
En grandissant à Kansas City,
ma mamie allait récupérer de vieux albums dans les recycleries.
CHANTEUSE-COMPOSITRICE, ACTRICE
Je me rappelle avoir vu les Beach Boys et avoir dit : "C'est quoi, ce truc ?"
Avec mes premières compos,
j'ai commencé à vraiment écouter les Beach Boys,
car j'adorais les harmonies.
Ils montrent ce que ça donne
quand chacun sait ce qu'il a à faire.
Il y a quelque chose dans la façon dont ses individualités se fondent.
Elles ne font plus qu'un.
Il suffit de retirer l'une d'entre elles,
et le son ou le ressenti n'est plus le même.
Je me rappelle la session de "Don't Worry Baby".
J'ai fait : "Putain. C'est magnifique."
Ça a été un tournant pour nous.
Et pour Brian.
Il savait ce qu'il voulait.
Il apprenait vraiment à être un producteur.
Mais son père a commencé à être un obstacle.
SESSIONS SHUT DOWN VOLUME 2 NOVEMBRE 1963
Redresse-toi, Carl, et tu peux jouer.
- Tu dors. - Le micro est branché.
C'est dur de diriger ses fils, alors imaginez
voyager avec eux et les diriger en tournée
et en général. C'était très dur.
Il assistait à un concert,
et demandait à Brian de ne pas utiliser la basse comme il le voulait.
Il nous envoyait des signaux depuis le couloir.
Avec une lampe torche.
Mais la lampe le faisait ressembler à Boris Karloff.
Notre jeune groupe de rock voulait une signature sonore sur scène.
Et le papa était en coulisses.
Il faisait comme ça avec sa main pour "treble" ou "les aigus".
Plus d'aigus.
Plus d'aigus, et moins d'ego. C'était une autre de ses fameuses phrases.
Quel est le problème ? Tu gagnes trop ?
VOIX DE MURRY
- Chantez avec votre cœur. - Entendu.
S'ils se loupaient, il leur donnait une amende.
Pareil si quelqu'un jurait.
C'était stupide.
Brian a toujours voulu avoir son approbation.
Mais à un moment, il ne voulait plus que Murry lui dise quoi faire,
parce qu'il avait fait de la musique dans les années 1930 et 1940.
Brian disait : "Il est vraiment ringard. Je n'en peux plus."
Les garçons n'étaient pas heureux.
Pas plus que Murry qui se sentait souvent misérable.
SYDNEY, AUSTRALIE
On est partis chanter en Australie.
Ça a peut-être été le tournant.
On s'est beaucoup disputés avec lui.
On a fini par dire : "On n'en peut plus.
On te renvoie pour trouver un nouveau manager."
On a pris la décision avec Brian, et Murry s'est alors chargé de l'édition.
Sea of Tunes MAISON D'ÉDITION
Mais il n'était plus notre manager.
Murry les protégeait depuis le début.
S'il n'avait pas été là pour le faire,
ils ne seraient pas là où ils en sont.
C'est une certitude.
Alors, ça l'a terriblement blessé.
- C'était dur. - Horrible.
Ça l'a vraiment blessé.
Le licenciement a été dur pour Audree,
parce que Murry s'en prenait constamment à elle.
"Tu as été trop laxiste avec eux."
Je voulais juste qu'ils s'améliorent.
Qu'ils soient plus forts.
Qu'ils soient honnêtes.
Je leur ai souvent répété.
J'ai jamais craint mes frères,
mais je craignais mon père.
Il me frappait au visage pour ne pas avoir fait la vaisselle.
Il vous faisait peur ?
- Parfois, il était… - Ça dépendait avec quoi il nous frappait,
sur le moment.
Il utilisait une petite planche pour Carl et une grosse pour moi.
Carl était le petit dernier.
Et Brian. "Brian est différent, Dennis."
Il ajoutait : "Toi, tu peux encaisser." Boum.
Il était très violent,
et ça a causé de graves problèmes d'estime de soi à ses fils.
Ça se manifestait différemment chez Brian et Carl.
Brian est devenu quelqu'un de très réservé.
Quant à Dennis, c'était un rebelle.
Quand il s'est épanoui au sein des Beach Boys,
il était vraiment plein d'énergie.
Une vraie boule de feu.
Les projecteurs étaient braqués sur Dennis.
C'était le sex-symbol du groupe.
Alors, on s'est un peu moqués de lui.
"Envahissez la scène. Dégagez. On veut Dennis.
Tu veux bien déplacer ta basse, Brian ?"
Il s'appropriait la batterie, avec sa façon de jouer.
Ça s'entendait sur les disques.
Il avait beaucoup d'énergie. Beaucoup de puissance.
C'était vraiment un "beach boy". Il savait surfer.
Il joignait le geste à la parole.
Malheureusement, il préférait être dans l'eau que dans le studio.
Dennis collectionnait les voitures et les filles. La totale.
Il aimait être un "beach boy".
Ici les Beach Boys, on remercie tous ceux…
AUCKLAND, NOUVELLE-ZÉLANDE
On était en tournée en Nouvelle-Zélande.
On faisait de la promo dans une station de radio,
et le DJ a dit : "Ce nouveau groupe venu d'Angleterre
veut conquérir l'Amérique."
Et nous : "Pas grave".
NEW YORK 1964
Trois mille ados hurlants sont à l'aéroport JFK de New York
pour rencontrer les Beatles.
Le groupe de rock'n'roll est devenu
le roi de la musique chez les jeunes.
Je les ai découverts dans le Ed Sullivan Show.
Et j'ai été bluffé.
En fait, j'étais jaloux.
Mesdames et messieurs, les Beatles. Faites-les entrer !
On était dans ce coin paumé du monde,
et ils étaient au Ed Sullivan Show.
On était abasourdis.
C'était une leçon d'humilité, parce qu'on était au top depuis un an.
J'étais surpris comme tout le monde.
Je ne comprenais pas ce qui s'était passé.
Les Beatles.
Leur musique…
"I Wanna Hold Your Hand", par exemple, n'était pas génial.
Mais le public hurlait de plaisir.
Ils vendaient aussi une image, mais on avait une approche différente.
Ils étaient un peu bruts, et nous très raffinés.
Tout sonnait parfaitement.
On était des chanteurs et eux des musiciens.
L'énergie était juste différente.
Ça nous a secoués.
On a mis le paquet en studio.
On s'est lâchés,
en disant : "Ne vous occupez pas des Beatles.
On va faire notre truc. Pas de souci."
Applaudissez les Beach Boys !
Le monde de la musique est une jungle.
C'était le cas, et ça le restera.
Et on espère toujours être numéro un,
mais la compétition est trop rude.
Les quatre garçons dans le vent de Liverpool repartent
devant des milliers de fans en délire.
Quand on sortait un titre, Brian faisait de même.
VOIX DE PAUL MCCARTNEY
Et c'est devenu une rivalité.
On essayait de surpasser l'autre en permanence.
Voici les Beach Boys !
PREMIER SINGLE N° 1
Sur la côte ouest des États-Unis, un nouveau son était né.
Le son du surf. C'est un énorme succès là-bas.
Et c'est aussi le cas ici.
Les voici avec leur nouveau tube…
1RE APPARITION TÉLÉ EN EUROPE
…"I Get Around", les Beach Boys !
- Mike Love. - Brian Wilson.
Paul, Ringo.
Rencontrez les Beach Boys RENCONTREZ LES BEATLES !
Les Beach Boys trop occupés LES BEATLES CONQUIÈRENT LA VILLE !
'Les Beatles américains'
Il y a plein de groupes en compétition avec nous, et je le sais.
Les Beach Boys rattrapent les Beatles
THE T.A.M.I. SHOW OCTOBRE 1964
Vous êtes très connus,
mais pourriez-vous vous présenter ?
- Al Jardine. - Merci, Al.
- Dennis Wilson. - Merci.
Brian Wilson.
- Carl Wilson. - Mike Love.
Maintenant… Que s'est-il passé ?
Vous voilà.
C'est incroyable, vous enchaînez les tubes.
Brian, qui détermine les nouveaux morceaux ?
J'imagine que c'est moi.
J'écris et je produis les chansons, donc je suis très impliqué.
Avez-vous…
Beaucoup de choses dépendaient de plus en plus de lui.
Parce qu'il savait composer.
Faire les arrangements.
Chanter.
Jouer de plusieurs instruments.
Il savait tout faire.
Mais il avait du mal avec le reste dans la vie.
Être en tournée signifie le changement perpétuel.
Il n'était pas fait pour ça.
Il était plus casanier.
Ça impacte votre corps, votre famille, votre santé mentale,
votre santé physique,
ce n'est pas naturel.
Et si vous êtes casanier, ça vous détruira.
Un matin, je l'ai vu pleurer.
Et il m'a dit : "Je n'en peux plus."
Décembre 1964, on prenait l'avion pour Houston,
et il a fait une crise de nerfs en plein vol.
On était assis côte à côte.
J'étais terrifié pour mon frère.
De le voir terrorisé de la sorte.
Quand on a atterri, il voulait rentrer.
On était déjà mariés, mais curieusement il ne m'a pas appelée.
Il a appelé sa mère.
Et il est allé chez ses parents.
Et le lendemain, tout allait bien.
Il m'a dit : "Je n'en peux plus, Mar.
Je n'en peux plus."
En revenant de la tournée de 1964, j'ai abandonné.
Je voulais composer de chez moi, et les laisser
partir en tournée. Ils ont refusé.
Michael l'a très mal pris. Il avait les larmes aux yeux.
C'était dur à observer, mais en tant que cousin ou ami,
il n'avait aucune obligation s'il ne voulait pas le faire,
ou s'il ne pouvait pas le faire au risque de se faire du mal.
LE GROUPE EN TOURNÉE
On a accepté qu'il ne fasse pas la tournée,
et qu'il se concentre sur la production.
Sixième prise.
Brian était censé avoir les morceaux
prêts à être chantés par nous.
On ne s'occuperait que des parties chantées.
On était très pris. Donc, il a embauché le Wrecking Crew.
C'est très intimidant en tant que producteur.
Surtout quand on a affaire au Wrecking Crew.
Tout le monde dans la pièce est un meilleur musicien que vous.
On était 12 à 15 ans plus âgés que Brian.
Jouer pour Capitol Records représentait une belle opportunité.
Dès le départ, Brian était différent,
parce qu'on n'avait pas à composer autant pour lui que pour les autres groupes.
Il venait avec des partitions.
Elles n'étaient pas très bien écrites,
signe qu'il n'avait pas reçu de formation académique,
mais les autres groupes n'avaient pas ça.
Brian, pour une raison quelconque, savait comment nous gérer.
Comment se faire comprendre.
Il a pris les rênes.
C'était lui, le patron.
Je n'arrivais pas à croire à la qualité de la musique
quand j'avais du temps.
Je n'avais pas l'impression de devoir faire quelque chose de pas naturel.
Mais il fallait lui trouver un remplaçant.
Glen Campbell était dans le groupe de Wrecking Crew.
Et si on proposait la place à Glen ?
J'ai dit : "Je fais quoi ?" Et lui : "Joue de la basse et chante les parties aiguës."
Je ne connaissais pas toutes les paroles, mais ça semblait aller.
C'était un musicien de studio.
Il ne savait pas comment gérer la célébrité.
Au moment de sortir de la loge,
il a été terrorisé par une bande de filles.
J'allais tranquillement à la voiture,
quand un groupe d'ados hurlantes a débarqué.
Elles m'ont arraché la chemise et coupé des mèches de cheveux.
C'était vraiment bizarre.
Après ça, j'étais toujours le premier dans la voiture.
On était ravis que Brian ait le Wrecking Crew.
Parce qu'après une tournée d'un mois,
je pouvais me reposer.
On était épuisés.
Je suis prêt. Désolé, Brian.
C'est le bon ton ?
Carl avait l'habitude de jouer avec nous.
- Un, deux, trois. - Mais il était le seul.
Ils m'impressionnaient.
Et c'était un grand frisson,
parce qu'on répétait beaucoup plus au début.
Mais les enregistrements sont devenus plus expérimentaux,
par tâtonnements.
Les choses évoluaient. C'était spontané.
J'ai adoré faire partie de cette période.
Carl avait une grande sensibilité musicale.
Évidemment, il était le guitariste principal,
en plus d'avoir une voix angélique.
Carl était le plus gentil. Il était aussi timide.
Mais avec le cœur sur la main.
Et il est devenu le ciment du groupe.
Mon rôle dans le groupe a toujours été celui de soutien.
Il a évolué au fil du temps
et après le départ de Brian,
je suis devenu le leader du groupe.
Les Beach Boys se sont scindés en deux groupes.
Celui qui enregistrait et celui qui partait en tournée.
Brian était heureux comme tout.
Il n'avait plus à subir toute cette pression.
Il m'a appelé pour me dire qu'il avait hâte de nous revoir
afin d'aller en studio pour le prochain album.
SESSIONS DE HELP ME, RHONDA FÉVR. 1965
- Un problème ? - On chante en chœur ?
Je ne sais pas.
On est allés enregistrer les paroles de "Help Me, Rhonda".
J'avais des problèmes avec cette phrase.
Al, tu as vraiment raté la syncope.
- Allons-y. - Recommence.
Tu vas y arriver.
Détends-toi et sois heureux.
Murry est entré et a voulu jouer les producteurs…
…et ça m'a mis mal à l'aise.
- Compris ? - Oui, Murry.
Vous riez, mais vous me comprenez.
- Oui. - Donne un rythme syncopé.
Il était soûl.
Et Brian était magistral en studio.
Envoie-lui la musique, Chuck.
Ne chante pas. Laisse-le chanter.
Tu veux que je parte ?
Non, mais laisse-le chanter.
- Avec ta mère, on peut partir. - Tu es soûl ?
Les deux essayaient de me diriger.
Et là, ils sont entrés en conflit.
Je me sens un peu responsable,
mais franchement… Je ne sais pas.
- Chuck, baisse le son. - Brian, moi aussi, je suis un génie.
Allons-y, d'accord ?
Baisse son playback.
Murry était jaloux de Brian.
J'ai mis du temps avant de m'en apercevoir.
Quand ça a été le cas, ça a été un choc.
Brian. Oublie qui tu es, d'accord ?
- Allons-y. - Pense à qui tu es.
Murry rêvait d'être compositeur et d'être reconnu comme tel.
- On y va ? - Vous gagnez trop d'argent,
et vous croyez que chacun de vos morceaux va devenir un tube.
J'ai une question pour toi.
Ça suffit.
Je veux m'assurer que c'est enregistré.
Je ne vous aiderai plus jamais à mixer.
- Pourquoi ? - Quand vous serez si connus
que vous ne serez plus vrais, ce sera la fin.
- La fin ? - La fin !
Fiston, je suis désolé.
Je te protège depuis 22 ans, mais c'est fini
si tu n'écoutes pas un homme intelligent.
Tu t'en vas maintenant ?
Si tu veux te battre pour réussir, je partirai.
Non, ce n'est pas ce qu'on veut.
- Tu penses avoir réussi ? - Non.
Chuck et moi, on sortait tube sur tube
en 30 minutes. Vous, ça vous prend cinq heures.
- Les temps changent. - Et pourquoi ?
- À cause de votre "image". - Ça évolue.
N'oublie jamais ça.
Ça évolue.
L'Amour PAS la Guerre
LA PAIX
Nous avons appris au prix d'un coût terrible et brutal
que la faiblesse n'apporte pas la paix.
Et c'est cette leçon qui nous a conduits au Vietnam.
La culture était en train d'évoluer à plein de niveaux.
L'expérience psychédélique est un voyage…
…dans les innombrables galaxies de notre système nerveux.
L'usage répété du LSD peut altérer le fonctionnement du cerveau.
Décollage.
Quel pied !
La marche pour la liberté de Selma à Montgomery démarre enfin.
PONT EDMUND PETTUS
Le milieu des années 60 a été une période riche sur le plan musical.
Tout s'est ouvert.
Comme l'éveil des consciences.
STOP AUX TUERIES DE masse
La société ne peut pas laisser perdurer le statu quo tel qu'il est.
faites l'Amour PAS la guerre
On rentrait d'une tournée.
VOIX D'AL JARDINE
On a découvert que Brian prenait des hallucinogènes.
Comme du LSD, ce que beaucoup de compositeurs prenaient à l'époque.
Il a fait 20 fois le tour du parking avec moi.
En parlant du super trip qu'il venait de faire.
Oui. J'ai pris du LSD, et ça m'a donné une toute nouvelle perspective.
On comprend qui on est, ce qu'on peut faire et ne pas faire.
Et on apprend à y faire face.
Très rapidement, la musique a changé, évolué.
C'est parti. C'est très bien. 43e prise.
Brian entendait les arrangements dans sa tête.
Va savoir d'où ils venaient ?
Va savoir d'où vient ce que les arrangeurs entendent ?
Mais la plupart d'entre eux ont énormément étudié.
Ils savent les intégrer à une partition.
Brian avait l'habitude de tout nous expliquer.
Le secret, c'est de faire…
En accentuant comme ça, d'accord ?
C'était à nous de comprendre ce qu'il disait et de l'appliquer.
On se sentait plus à l'aise avec Brian.
Il savait qu'on était des jazzmen.
Comme Phil Spector, il utilisait les quatre heures d'enregistrement.
Et il faisait une chanson.
Alors qu'auparavant,
on faisait quatre chansons dans le même temps.
À la différence de Phil, Brian continuait d'inventer.
Il n'arrêtait pas de réécrire ses compos.
Il savait où il allait, mais pas nous.
Et si vous étiez quelqu'un de créatif, il vous laissait la liberté de créer,
et il savait quoi en faire.
C'est la marque d'un grand talent.
Désolé, mais c'est nul. Ça me fait de la peine.
C'est nul, Carol.
Merci de votre fidélité. J'espère à la semaine prochaine.
D'ici là, on fait Shindig! avec Glen Campbell qui est juste là.
Merci.
À cette époque, Glen Campbell avait ses propres succès.
Il ne pouvait plus tourner avec nous.
Mike m'a appelé : "Tu es dans le business."
PRODUCTEUR, MUSICIEN
"Tu connais quelqu'un qui pourrait remplacer Glen le week-end ?"
J'ai donc appelé dix personnes.
Je l'ai rappelé, en disant : "Je ne trouve personne.
Mais il y a encore du temps.
Je prends l'avion avec mon clavier,
et je fais une pige pour le week-end."
Et ça a commencé ainsi.
Un de mes premiers souvenirs de Bruce,
c'était dans sa chambre d'hôtel où il apprenait la basse
pour en jouer sur scène.
Il ne connaissait que le clavier.
Mon rêve était de gagner 250 $ par semaine.
Je me suis dit : "Waouh".
Et Carl m'a demandé de rempiler.
Donc, j'ai fait deux semaines.
Carl m'a dit : "On peut te payer. Tu veux combien ?"
Deux cent cinquante dollars.
Et j'ai reçu 3 000 $, parce qu'il pensait que je demandais 250 $ par concert.
J'ai accepté.
C'est comme ça que j'ai intégré le groupe.
Mon meilleur ami était Terry Melcher.
PRODUCTEUR, CHANTEUR, COMPOSITEUR
Terry m'a appelé :
"Ma mère, Doris Day, a une super chaîne hifi."
DORIS DAY ACTRICE
En arrivant, il y avait John et Michelle Phillips,
Mike Love, Brian Wilson, moi, Doris, Terry Melcher.
Et on a écouté Rubber Soul.
C'était un tournant dans la carrière des Beatles.
Et dans celle de Brian.
J'ai tout de suite été bluffé.
J'ai dit : "Je veux faire ce genre d'album."
On aurait dit une suite de chansons folk.
Pour lui, Rubber Soul était un album concept.
Il a eu une épiphanie, et il a commencé à rêver.
Un album concept. Avec le même thème de bout en bout.
Ils étaient en compétition face aux Beatles,
mais ils portaient encore des chemises rayées.
Brian a réalisé qu'il fallait sortir de cette image.
Ne pas être catalogué par les gens de l'extérieur, comme c'était le cas.
C'est ce que vous faites, et on veut que ça dure.
J'ai trop hâte d'aller faire un hang ten.
Vous voudriez peut-être rejoindre notre club.
Votre club de surf. C'est cool.
Évoluer est une nécessité,
mais leurs tubes avaient un certain style.
Il y avait des membres du groupe qui allaient dire :
"On est en territoire connu. On sait que ça marche.
Continuons dans la même veine."
Beaucoup d'artistes,
quand ils font face à ce genre de choix,
choisissent rarement de se renouveler.
Al Jardine avait un super concept pour les Beach Boys :
enregistrer une version du morceau folk "Sloop John B".
C'était une chanson des Kingston Trio.
GROUPE DE FOLK
Un exemple parfait de mon éducation musicale.
J'étais dans un groupe de folk au lycée.
On reproduisait note pour note le Kingston Trio.
Mais quand les Beach Boys se sont formés, je suis parti.
Je me sens un peu coupable d'ailleurs.
J'ai donc joué "Sloop John B" à Brian.
En grandissant, il n'était pas fan de folk.
Il préférait la musique aux paroles.
Mais on s'est assis au piano,
et je lui ai suggéré d'ajouter des accords à la sauce Beach Boys.
Et ça lui a plu. Ça s'accordait avec notre style vocal.
Pendant qu'on était en tournée, Brian a fini la chanson en studio.
J'étais au Japon, quand Brian a envoyé un mix de "Sloop John B".
TOKYO, JAPON
BIENVENUE AUX BEACH BOYS
Il avait produit un chef-d'œuvre.
Si je l'avais produit, ce serait un titre de folk.
Maintenant, c'est un classique.
Brian évoluait énormément,
bien loin du format à quelques accords de la musique pop.
Ça ne suffisait plus.
Tout d'un coup,
j'ai réalisé que j'avais beaucoup de musique à faire.
"Wouldn't it be nice." Première prise.
SESSIONS PET SOUNDS JANVIER 1966
Je voulais écrire des chansons qui reflétaient ce que je ressentais,
plutôt que des chansons faciles, quelque chose de plus introspectif.
J'ai dit : "Mike, je bosse avec un autre associé."
Et lui : "Quoi ? Je croyais que c'était moi."
Et moi : "Pour cet album, Tony Asher sera mon collaborateur."
J'étais si impressionné par ce que Brian écrivait,
inventait et chantait,
que je ne pensais pas trop au fait…
PAROLIER, PET SOUNDS
…que les paroles étaient bien différentes de leur répertoire.
Je n'arrête pas de chercher un endroit
Où je peux dire ce que je pense
Il y avait beaucoup de choses dans sa tête
que j'ignorais complètement.
"I Just Wasn't Made For These Times." Première prise.
C'est là qu'on s'est rendu compte que c'était un génie.
Tu fais un, deux, trois, boum. Non. C'est un, deux, trois, boum.
C'était de mieux en mieux.
Deuxième prise. "Let Go of Your Ego."
Le fait qu'il n'ait pas étudié la musique était une bonne chose.
Il n'avait aucune limite.
Il ne connaissait pas les limites de la musique.
Faut que ça joue ensemble.
Si les albums produits par Spector étaient merveilleux,
ils étaient assez prévisibles.
Brian a utilisé les mêmes musiciens
mais faisait des chansons et des arrangements
pour obtenir un résultat innovant.
Joli.
On était encore au Japon
pendant qu'il enregistrait la plupart des titres de Pet Sounds.
Quand ils sont rentrés, les morceaux étaient prêts à être enregistrés.
Il ne leur restait plus qu'à les apprendre et les chanter.
Beaucoup de paroles étaient étranges.
Surtout aux yeux de Mike qui y était sensible.
C'est parti. Onzième prise.
Dix-neuvième prise.
Bien, 27e prise.
Brian voulait absolument que tout soit parfait.
Pour "Wouldn't it be nice",
on a du faire les chœurs 30 fois.
J'ai commencé à le surnommer "Oreilles de chien", car c'était parfait,
mais Brian pouvait entendre quelque chose de quasiment imperceptible.
Les paroles de Pet Sounds comptent parmi les meilleures enregistrées.
À nos yeux, c'était plus qu'un disque.
C'était un nouveau départ.
C'était de la pop à un niveau inédit.
Mais quand on l'a fait écouter à Capitol Records,
ils ont dit : "C'est génial.
Mais vous ne pourriez pas
faire un titre façon 'Surfin' U.S.A' ou 'I Get Around' ?"
Le label ne comprenait pas,
il voulait qu'on vende des disques et qu'on ait un succès commercial.
Et on mûrissait.
On avait accepté que Capitol gère notre promo et nos relations publiques.
Mais il ne savait pas comment nous traiter.
On avait besoin de quelqu'un qui voie dans Pet Sounds une évolution.
DEREK TAYLOR AGENT
Derek Taylor était brillant. Il avait été l'agent des Beatles.
Puis, il est venu aux États-Unis, et il est devenu le nôtre.
C'est lui qui a trouvé l'expression "Brian Wilson est un génie."
Brian, génie de la pop !
Si on regarde l'histoire des Beach Boys,
il y a cette lutte constante entre Brian et les autres.
Je pense qu'on lui colle peut-être l'étiquette de génie
en partie à cause de ses difficultés psychologiques.
La solitude de Brian.
L'isolement de Brian.
Ça a beaucoup contribué à étoffer son image de génie musical
dans le sens large du terme :
"C'est une figure solitaire indépendante du groupe."
C'est injuste pour le groupe.
Je suis le plus grand fan de Brian Wilson.
Mais la musicalité de chacun des Beach Boys est essentielle.
Sans cette capacité, on n'aurait pas pu chanter ces morceaux.
Brian a eu la chance d'avoir nos voix pour mettre ses rêves en musique.
Une fois l'album fini, j'ai discuté avec Derek Taylor.
Il m'a dit : "Venez faire la promo de Pet Sounds en Angleterre."
Et moi : "Il n'est pas sorti."
Et lui : "Ça ne fait rien."
Un type était de plus en plus célèbre
et mourait de devenir un Beach Boy. Keith Moon.
Il s'est présenté à ma suite.
KEITH MOON BATTEUR, THE WHO
Il m'a dit : "Je vais vous servir de guide,
et vous allez rencontrer tout le monde."
Et j'ai dû faire 20 interviews.
J'étais un héros.
"Regardez, j'ai le nouveau Beach Boys. Pet Sounds."
À la fin de la semaine, je suis rentré à l'hôtel.
"Monte dans ta suite."
"Pourquoi ?"
"Lennon et McCartney t'attendent. Ils veulent écouter Pet Sounds."
"Quoi ? Je ne suis même pas un membre de longue date."
Ils portaient des costumes sur mesure.
Et ils ont écouté plusieurs fois l'album.
Je me suis dit : "C'est le meilleur album de tous les temps.
Qu'est-ce qu'on va faire ?"
L'inventivité musicale était époustouflante.
La première fois que j'ai entendu "God Only Knows", j'ai pleuré.
J'ai pleuré en pensant aux paroles.
Si jamais tu me quittais
Même si la vie continuait Tu sais
Le monde n'aurait plus aucun intérêt
Alors, à quoi bon vivre Je me demanderais
Dieu seul sait ce que je deviendrais sans toi
Quand on écoute aujourd'hui Pet Sounds,
et l'orchestration, les gens se disent : "C'est cool."
Mais ils oublient que c'est le premier à l'avoir fait.
Brian a assemblé des textures qu'on n'avait jamais entendues en pop.
Brian a pris la décision d'aller à l'encontre des attentes du public
dans un but artistique, et ça n'est pas passé inaperçu.
Paul McCartney a dit que "God Only Knows" était une chanson parfaite.
Puis, les Beatles ont bossé sur leur nouvel album.
Bientôt un nouvel album des Beatles
C'est plus intéressant de voir moins ça comme une concurrence,
et plus comme une collaboration.
Ensemble, cette saine émulation faisait progresser la musique,
la culture,
ce que le rock signifiait et pouvait être.
Je me suis toujours demandé si l'un d'eux n'avait pas eu l'autre,
leur musique aurait-elle eu la même trajectoire ?
UNE NOUVELLE APPROCHE Les Beatles vont de l'avant
Mais Sgt. Pepper's a eu plus de succès commercial que Pet Sounds.
LES BEATLES DÉPASSENT LES 200 MILLIONS
Une des plus grandes réussites des Beatles
a été d'évoluer et d'aller à contre-courant à de multiples reprises.
Les Beatles : Leur nouvel album détonne
Mais ce fut progressif.
Et l'ensemble du groupe était d'accord.
Mais avec Pet Sounds, ce fut une révolution,
ils étaient ici,
et tout d'un coup, ils étaient là, contrairement aux Beatles.
UN CHANGEMENT DE STYLE POUR LES BEACH BOYS
WILSON est peut-être un génie de l'arrangement,
mais au niveau des paroles il utilise de vieilles recettes.
Pet Sounds était si radical…
VOIX DE BRUCE JOHNSTON
…comparé aux jolis albums commerciaux
qu'on avait faits,
et que Capitol avait si bien vendus, que le label voulait qu'on en fasse d'autres.
Résultat, au lieu de promouvoir Pet Sounds aux États-Unis,
Capitol a sorti notre premier Best Of
et en a fait la promo.
Et il est devenu disque d'or.
Capitol n'a pas poussé Pet Sounds qu'il jugeait pas assez commercial,
et pas assez accessible.
LE MEILLEUR SON SUR CASSETTE STÉRÉO
C'était ridicule d'appeler ce groupe le n° 1 de la surf music aux États-Unis,
alors qu'il y avait la guerre du Vietnam,
des manifs étudiantes, le mouvement des droits civiques,
toutes ces choses qui passionnaient la jeunesse américaine.
Ce n'était pas la culture idyllique que l'on chantait au début des années 60.
Brian ne comprenait pas.
Il s'était investi corps et âme plus que dans n'importe quel autre disque,
et le public n'était pas emballé.
Pet Sounds n'a pas été aussi bien reçu par le public que par la critique,
et ça a blessé Brian.
Il était à un stade très vulnérable de sa vie.
Toute ma vie dépendait du succès des Beach Boys,
et j'étais très affecté par la réaction des gens.
J'ai dit : "Je veux que les gens respectent mon travail.
Pas juste les gens du milieu. Le public."
Fais-moi écouter l'orgue.
SESSIONS GOOD VIBRATIONS JUILLET 1966
"Good Vibrations" était très schizophrénique.
Il a été enregistré dans trois studios différents.
Arrête, s'il te plaît.
Je parie que le morceau coûterait 500 000 $ de nos jours.
Il voulait vraiment aller au bout de son idée.
Quelle personne censée aurait pensé à utiliser un thérémine
dans un album de pop ?
Recommençons depuis le début. C'est bon.
Ce sera la 25e prise.
"Good Vibrations" a pris trois mois.
Personne ne fait ça.
Beaucoup se disaient : "Il a perdu la boule."
Pas moi.
J'ai toujours respecté le génie de Brian Wilson.
Brian a fini par être prêt à nous faire chanter.
Mike roulait en direction du studio, mais il n'avait pas écrit les paroles.
Sa femme, Suzanne, était côté passager.
Mike lui a dicté les paroles en conduisant vers le studio.
La partie chantée n'a pris que deux nuits.
Brian a mis plusieurs mois pour tout finaliser.
Il passait beaucoup de temps dessus, et je me demandais pourquoi.
Mais c'était Brian.
Cette nouvelle chanson va émerveiller le monde de la pop
"Good Vibrations" est peut-être la chanson de l'année
Quand je l'ai entendue, j'ai dit : "Ça y est.
C'est le tube absolu."
Et ce fut le cas.
Une fois encore,
notre relation d'écriture s'est avérée très fructueuse.
Paroles et Musique B. Wilson et M. Love
Les jouets de Wilson ?
Les Beach Boys dépendent-ils trop du génie de Brian ?
Le problème était que Brian était considéré comme un génie,
mais on n'accordait aucun mérite au reste du groupe,
ou à Mike Love pour les paroles.
Ça aurait été bien que cette réalité soit reconnue.
Ça aurait aussi aidé Brian à gérer cette réputation de "génie".
LONDRES 1966
En 1966, on est partis en tournée.
Et bien que Pet Sounds n'avait pas bien marché aux États-Unis,
l'Angleterre nous attendait avec impatience.
On a été élus meilleur groupe du monde, devant les Beatles.
Ils nous adoraient,
et "Good Vibrations" a décroché la première place là-bas.
Il y avait donc cette pression de faire quelque chose de grand
avec le nouvel album, Smile.
On était occupés avec la tournée, alors je ne composais pas avec lui.
C'était Van Dyke Parks.
Scène 21. 250e prise. Clap.
La musique passait avec moi…
VAN DYKE PARKS PAROLIER, SMILE
…mais j'appréciais la modestie des Beach Boys.
J'ai donc écrit des paroles pour Brian,
et c'est mon meilleur coup.
Je l'ai rencontré dans le jardin de Terry Melcher.
Je me suis dit : "J'adore la façon dont ce type s'exprime."
Et j'ai dit : "Tu voudrais écrire des paroles pour moi ?"
Et lui : "D'accord. Je veux bien essayer."
À l'époque, on se droguait beaucoup.
Je prenais beaucoup de stimulants,
parce que je pensais manquer d'énergie.
Je prenais donc ces pilules et ça me donnait…
Beaucoup d'énergie.
J'ai pris la pilule.
Je me sens super bien.
Van Dyke Parks et moi, on prenait des amphètes et on écrivait ensemble.
On écrivait comme des dingues.
C'était très avant-gardiste.
Ce fut l'expérience musicale la plus avant-gardiste
du monde de la pop.
SESSIONS VOCALES DE SMILE SEPTEMBRE 1966
On a commencé à vraiment s'investir.
Je devrais ajouter qu'il a commencé à avoir des difficultés psychologiques,
même si la musique était fantastique.
J'allais assez loin à cette époque.
Mes musicos devaient porter un casque.
J'ai demandé un seau de bois brûlant
pour que ça sente la fumée dans le studio.
J'étais dingue.
Il s'avère qu'un immeuble a brûlé
le même jour qu'on faisait ça dans la même rue.
Je me suis dit que mystiquement on avait déclenché ce feu.
J'avais de l'argent. J'étais millionnaire.
Je pouvais me procurer toutes sortes de drogues.
Et elles m'ont baisé…
Toutes ces drogues m'ont fait perdre la tête.
Elles m'ont retourné le cerveau.
Il était paranoïaque et ultra sensible.
Mais je faisais partie des troupes pour faire les chœurs.
J'apparais sur beaucoup de titres.
On raconte que Michael n'était pas très content.
Il y a des choses qu'il n'appréciait pas.
Toutes ces drogues
et les "allitérations à l'acide" de Van Dyke Parks.
Je n'étais pas assez proche des autres.
Je devais défendre mes textes.
Un jour, Mike Love m'a demandé d'expliquer cette phrase :
"Encore et encore, le corbeau croasse : 'Découvrez le champ de maïs.'"
"Van Dyke, qu'est-ce que ça veut dire ?"
Et lui : "Je n'en ai aucune idée."
Et moi : "Exactement".
Il trouvait que les paroles étaient trop ésotériques.
Moi, je les adorais.
C'était artistique et abstrait.
Le velours suspendu m'a submergé
Le lustre sombre m'a réveillé
Au son d'une chanson dissoute dans l'aube
J'ai compris que Brian et Van Dyke exprimaient une nouvelle forme de poésie.
Mais ce n'était peut-être pas approprié pour les Beach Boys.
Ça aurait peut-être été mieux pour un album de Brian.
Je voulais faire une certaine musique et eux, la leur.
Donc, c'était une lutte acharnée.
Et dévastatrice.
C'était une période chaotique et tourmentée pour lui,
et il n'a pas pu finir le projet Smile.
Il a pris les enregistrements de Smile et les a mis de côté.
Il n'a pas eu la force de les finir.
Il les a juste mis de côté.
Il avait surtout peur que sa musique soit rejetée.
C'était une musique inadaptée pour nous.
Pour vous, Brian Wilson, ou les Beach Boys ?
Pour les Beach Boys.
Pourquoi ?
Les idées derrière les chansons étaient trop farfelues.
J'évoquais le feu, les éléments.
J'ai tout jeté, tout balancé.
À cette époque, on était épuisés.
Alors, on a décidé de construire un studio chez Brian.
On a ainsi pu tous se rapprocher,
et apprécier à nouveau ce qu'on faisait.
C'était un nouveau départ.
De là est sorti un petit album, Smiley Smile.
Il y avait des morceaux un peu dingues.
Comme un titre sur notre légume préféré.
Ça paraît fou.
Smiley Smile montre beaucoup de fissures psychologiques,
d'étrangeté et de bizarrerie.
C'est pourquoi je me suis dit : "C'est très différent."
Si vous aimez les sonorités expérimentales
ou les expériences musicales imprévisibles,
vous êtes servi avec cet album.
L'innovation et l'obsession de Brian à repousser les limites de la musique,
c'est ce qui les a aidés à passer à un autre niveau.
Mais il y a un risque inhérent au fait de tenter de grandes choses :
en prenant de trop grands risques, on aliène son public.
Cet album très attendu des Beach Boys a pris un an.
On se demande ce qu'ils ont fait pendant 11 mois et demi.
J'avais beaucoup créé, fait plein de disques
et beaucoup chanté.
un ersatz des Beatles
Je faisais un burn-out, et j'ai battu en retraite.
Il est arrivé à un point avec les Beach Boys
où ils n'étaient plus aussi contents de la musique qu'il voulait créer.
Ils se disputaient souvent à l'époque.
Et Brian a dit : "Qu'ils s'en occupent.
Ils vont voir si c'est aussi facile."
Même s'il était le cerveau,
tout d'un coup, il n'avait plus leur soutien inconditionnel.
Comme il s'agissait de sa famille, ça a rendu les choses plus difficiles,
et peut-être plus traumatisant psychologiquement.
De nombreux artistes qui ont énormément de succès
oublient pourquoi ils ont commencé leur carrière,
pourquoi ils font de la musique.
Et tout d'un coup, vous vous jugez en fonction de votre succès commercial
plus que d'autres critères.
À cette époque se déroulait le festival pop de Monterey.
FESTIVAL POP DE MONTEREY 3 JOURS
Ils étaient la tête d'affiche du samedi, mais ils se sont désistés.
VOIX DE DEREK TAYLOR
Personne n'en revenait, moi, y compris.
Ce fut un tournant décisif.
Que se serait-il passé ?
FESTIVAL POP DE MONTEREY JUIN 1967
Il y avait les Who, Janis Joplin, ainsi que Jimmy Hendrix.
Jefferson Airplane, et, bien sûr, Grateful Dead.
Le psychédélisme était apparu, et une autre époque était née.
Le festival de Monterey était considéré comme un moment de changement culturel,
ils n'y étaient pas.
Les hippies et l'été de l'amour
On était dans un tel désarroi, qu'on a raté cette opportunité.
Ils n'étaient plus en phase,
et ils n'essayaient pas de l'être.
Au début des années 60, ils étaient devenus le symbole du rêve californien.
Mais à la fin de cette décennie, le rêve avait changé,
et ils n'ont pas assez changé aux yeux du public
pour s'adapter à l'évolution.
KRAFT MUSIC HALL PERFORMANCE TV 1969
À cette époque, on trouve certains titres les plus pertinents culturellement
de l'histoire des US.
Sur la lutte pour les droits civiques, autour de l'identité,
des libertés politiques.
Et leur image était très éloignée des changements culturels.
Et puis, il y eut Dennis.
Salut, moi, c'est Dennis Wilson.
Je fais du rock'n'roll.
Il est devenu la quintessence du rock de L.A. des années 60.
Dennis faisait partie de ce milieu.
Du monde de Laurel Canyon,
de la contre-culture du Sunset Strip.
C'était un phénomène.
Le plus étonnant,
c'est qu'il nous a introduits entre autres à la méditation.
Même quand il était soûl, il disait : "Méditons."
Un après-midi, Dennis a pris des autostoppeuses sur Sunset Boulevard
et les a ramenées.
Il a dit aux filles qu'il avait un gourou, Maharishi,
qui nous avait tous appris à méditer.
MAHARISHI GOUROU INDIEN
Et elles ont dit : "On a un gourou.
Il s'appelle Charlie Manson."
Je l'avais rencontré une fois,
et c'était bien assez.
Manson était un auteur-compositeur en herbe.
Alors, Dennis et Charlie ont commencé à écrire ensemble.
À cette époque, les Beach Boys ont sorti une chanson de Charles Manson en face B,
"Never Learn Not To Love".
Il y a maintes façons d'aborder Manson,
et l'une d'elles est qu'il fait encore partie du rêve californien.
Il aspirait au rêve hollywoodien. Il voulait devenir une rock star.
Il voulait rencontrer Terry Melcher par l'intermédiaire de Dennis.
Dennis a présenté Manson à Terry Melcher.
Mais Terry a refusé de l'accueillir.
Et on connaît la suite.
Dans une scène décrite par un enquêteur
qui rappelle un étrange rite religieux…
8 AOÛT 1969
…cinq morts, dont Sharon Tate, ont été retrouvés.
Manson était allé dans la location de Terry, mais il avait déménagé.
Cinq morts, dont Sharon Tate
C'est là qu'il les a tués.
C'était horrible.
Et ça a beaucoup affecté Dennis,
parce qu'il l'avait introduit dans notre monde.
Il s'en est toujours voulu depuis.
Ce n'était pas sa faute.
On était dans une mauvaise passe, et Murry devait penser que c'était fini.
C'était notre éditeur.
Il avait repris les catalogues musicaux.
Il nous a dit, à un moment donné, qu'il allait nous revendre les catalogues,
mais il ne l'a pas fait.
Murry a appelé Brian en disant : "J'ai vendu le catalogue."
Et Brian a dit : "Tu as vendu mes titres ? Comment as-tu pu me faire ça ?"
Brian était vraiment blessé.
Ce fut très dur pour lui.
Murry pensait : "Les gars vont continuer tant qu'ils peuvent,
avant de disparaître, comme tant d'autres artistes.
Alors, autant en profiter."
J'ai écrit les paroles de nombreux titres pour lesquels Murry ne m'a pas crédité.
J'ai donc été floué par mon oncle.
Mais mon cousin avait des problèmes psychologiques,
et il n'avait aucun contrôle sur son père.
Alors, que faire ?
Brian était copropriétaire avec Murry.
Alors, que faire ? Attaquer en justice son père ?
Il n'en était pas question.
Ça l'a vraiment blessé, et il n'est pas sorti du lit pendant trois jours.
Il y a eu des réminiscences de LSD.
On a dit que je manquais d'assurance. Je ne peux pas faire face à ça.
Je vais me cacher dans ma chambre.
Brian était perturbé.
Les gars étaient là-bas, et il disait : "Je vais rester au lit."
Pendant qu'on répétait chez lui, à Beverly Hills,
il était réticent à venir et à participer.
J'allais chez lui chaque jour en le suppliant : "Je peux t'aider ?"
Le boulot m'importait peu.
J'aurais renoncé à tout pour que mon frère aille bien.
C'était parfois douloureux de voir Brian dans cet état.
C'est à ce moment-là
que Brian m'a demandé de m'impliquer plus dans la production.
Carl était le protégé de Brian.
Et après tous ces enregistrements de Wrecking Crew,
Carl était prêt.
- Deux. Un, deux, trois. Allez. - Il avait aussi mené le groupe
quand Brian avait abandonné en 1964.
C'était une progression naturelle.
Quand Brian a cessé de produire,
ça a ouvert la voie à un processus plus démocratique dans le studio.
Dennis écrivait des chansons.
Bruce Johnston et Al Jardine les produisaient.
Je participais aussi à l'écriture.
Mais la musique de Dennis a commencé à évoluer de façon étonnante.
"Forever" était l'un des grands morceaux que Dennis avait créés.
On était vraiment époustouflés.
Dennis avait tous ces talents cachés.
Je me disais :
"J'ignorais qu'il pouvait jouer du piano ainsi."
Il avait caché ce don.
Il a eu une enfance difficile.
Il était derrière Brian et essayait de l'égaler musicalement.
Mais en grandissant, il s'est senti assez à l'aise
pour pouvoir sortir de sa coquille musicale.
Quand on écoute les Beach Boys, fin des années 60, début des années 70,
leur son est très différent.
C'est en partie pour ça que ces albums ne sont pas aussi populaires,
le public était surpris.
Les Beach Boys ont bien changé depuis Surfin'
Le son des Beach Boys était défini par leurs premiers albums.
C'était comme des boys bands ou de jeunes acteurs
qui ne peuvent s'affranchir de leurs débuts.
Les Beach Boys Attendent la Vague
Ils les hantaient,
parce qu'ils pensaient que ça les définissait.
Ma perception de leur carrière a toujours été la suivante :
"On en a eu besoin pour devenir ce qu'on est, mais qui est-on ?
En tant qu'artistes ?"
Je pense que cette difficulté est restée.
On trouvait que les chansons étaient très bonnes.
Apparemment, pas le public.
On perdait 5 000 $ par concert. Vous vous rendez compte ?
On se battait.
On faisait tout pour survivre.
On n'était plus des "garçons" mais des "hommes" de la plage.
On a même tenté de changer de nom.
J'ai dit : "Choisissons 'Beach.'"
Ça ne marcherait jamais, mais Al avait raison.
Écouter les Beach Boys n'était plus cool.
On a décidé de se réinventer.
Arrêtons avec le côté "garçons de la plage".
Il y a le mot "surf" dans le titre de l'album,
mais Surf's Up ne parle pas de surf et de positivité.
Le premier titre de l'album est : "Don't Go Near the Water."
On avait l'impression de faire de la musique sérieuse.
Mais ça n'a pas vraiment aidé les ventes de l'album.
On a décidé de trouver un nouveau son.
Dans le passé, Brian était le leader, musicalement parlant.
Mais il n'assistait plus vraiment aux enregistrements.
Pour sauver le groupe, il fallait faire certaines choses,
comme impliquer plus de personnes.
BLONDIE CHAPLIN CHANTEUR, GUITARISTE
RICKY FATAAR BATTEUR
Ricky Fataar et Blondie Chaplin appartenaient au groupe The Flames,
et on les a rencontrés à Londres.
Deux nouveaux membres des Beach Boys : un changement de sonorité
Ils ont décidé que Blondie et moi rejoignons le groupe,
et je trouvais ça insensé.
Ça semblait impossible
parce que cette famille semblait si unie.
Quand on a rejoint le groupe, c'était bizarre de s'adapter.
Leur présence pendant qu'on travaillait
a été une super expérience.
Bien sûr, ce n'était pas aussi déjanté qu'avant.
BLONDIE CHAPLIN CHANTEUR, GUITARISTE
Avec notre façon de faire.
Quand on s'est impliqués, la musique est devenue un peu plus dure.
En live, on jouait avec plus d'intensité que ce à quoi ils étaient habitués.
Je n'essaie pas de vous critiquer, les gars.
Mais les choses n'allaient pas très bien.
Ce n'était pas comme avant. C'était beaucoup plus calme.
Les Beach Boys souffraient.
On était en quelque sorte sur la fin.
On avait décidé de quitter le pays pour se réinventer.
Et on n'avait jamais enregistré en dehors des États-Unis.
On est allés en Hollande.
On était fidèles à notre musique, mais on était sur la pente descendante.
Où sont les Beach Boys ?
Ils sont passés de super stars de la pop dans le monde entier
à des inconnus en quelque sorte.
Le groupe n'avait entamé aucune réflexion profonde
qui ait du sens.
EST-CE LA FIN ?
Et puis Capitol, à notre insu,
a décidé de sortir une sorte de grand "Best of".
Vingt de vos chansons préférées des Beach Boys sont réunies
dans un coffret de deux disques, intitulé Endless Summer.
20 TUBES ORIGINAUX
Tous les titres provenaient des premiers albums.
Ils représentaient une ère de positivité.
album de la semaine
Et Endless Summer a cartonné en décrochant la première place.
Tout d'un coup, une nouvelle génération nous écoutait.
Pour elle, c'était tout nouveau.
Leur image insouciante et heureuse permet d'échapper au quotidien
et de revisiter les "bons vieux" 60's.
L'ironie, c'est que l'image à laquelle on tentait d'échapper nous a sauvés.
20 de vos Tubes Préférés
Et ça a relancé notre carrière.
On a eu une deuxième chance.
Il faut se souvenir qu'ils partaient sans cesse en tournée.
C'est un des rares groupes qui sonne toujours pareil.
Les Beatles ont arrêté leurs tournées,
car ils ne pouvaient reproduire leur son live.
Je n'imagine pas faire la moitié de ce que les Beach Boys ont enregistré.
Les Beach Boys Meilleurs Que Jamais
Et on a commencé à remplir des stades.
Les Beach Boys se paient le Forum de L.A.
Rock : 1er concert au Giants Stadium Public : 61 128
Les Beach Boys font de Central Park un California Dreamin'
150 000 les ont applaudis
Et c'est là que les personnes de huit à 80 ans sont venues.
Les gens de huit ans et les gens de 80 ans.
On a bénéficié du fait
que nos chansons trouvent un écho auprès des jeunes de toute génération.
C'est génial de faire partie de ce groupe,
et que mon cousin Brian et moi ayons écrit des chansons ensemble
que les gens écoutent encore.
Par contre, comme mon oncle Murry avait vendu les droits,
ce n'était plus nos titres.
Il a escroqué ses fils et ses petits-enfants.
Au début, ils dépendaient de Murry.
Et sans lui, il n'y aurait pas de Beach Boys.
La nostalgie Beach Boys
Mais Murry n'a pas vu ce que le catalogue rapporterait.
Des centaines de millions de dollars.
Et il l'a vendu pour 700 000 dollars.
Parce que Murry ne m'a pas crédité sur les titres que j'ai écrits avec Brian,
je pensais que mon seul ressort était de l'attaquer en justice.
Bad Vibrations : Love Poursuit Brian Wilson Pour Des Royalties
C'est là que ça a dégénéré.
Les Beach Boys se lancent dans une querelle juridique "familiale"
Le procès des Beach Boys se poursuit à L.A.
J'ai dit : "Attendez une minute. Qu'est-ce qui se passe ?"
Les Beach Boys intentent un double procès
Après ça, on s'est un peu éloignés les uns des autres.
Notre relation a connu des hauts et des bas…
Ces derniers temps, on ne se parle pas beaucoup.
Mais si je pouvais, je lui dirais sûrement…
que je l'aime.
Et rien…
ni personne ne pourra effacer ça.
Une fois, j'ai demandé à Brian : "Pourquoi crois-tu qu'on a réussi ?"
Et lui : "Notre musique célébrait la joie de vivre
de façon très simple.
Une vraie expérience de joie directe."
Leur musique faisait partie d'une envie très répandue
de croire au rêve californien,
même s'il n'est pas totalement une réalité.
Un groupe qui parle de surf, mais qui n'en fait pas.
Un groupe synonyme de plage
dont les chansons parlent de rester dans sa chambre.
Ils sont bien plus complexes que ce que beaucoup pensent d'eux.
Il y a quelqu'un avec nous ce soir.
Il est la raison pour laquelle on est là ce soir.
Applaudissez donc Brian !
BIENVENUE BRIAN
Ils sont la bande-son des meilleurs moments de la vie.
Et leur style est unique.
Mais aucun d'entre eux n'aurait pu briller sans les autres.
Beaucoup de gens ont un favori dans le groupe.
Mais un groupe reste un groupe.
Les Beach Boys, c'est une histoire de famille,
avec des hauts et des bas,
mais le positif l'emporte largement sur le négatif.
À LA MÉMOIRE DE
Bienvenue !
Bienvenue aux 400 000 d'entre vous en cette belle journée.
WASHINGTON 4 JUILLET 1980
Nous sommes fiers de vous présenter les seuls et uniques Beach Boys !
Merci beaucoup.
Profitez des feux d'artifice !
Encore merci.
En 2000, 34 ans après sa sortie, Pet Soundsa été certifié disque d'or.
Deux semaines plus tard, il était disque de platine.
Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands albums jamais réalisés.
Groupe parmi les plus populaires de tous les temps,
les Beach Boys ont vendu plus de 100 millions de disques.
Pour Jimmy
Sous-titres : David Kerlogot
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