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Original subtitles

Dans la nuit du 10 juillet 1943,

la flotte alliée ouvre le feu

sur la côte sud de la Sicile.

12 heures après,

le débarquement des 1ers Alliés

en Europe se déroule.

A la faveur de la nuit,

des patrouilles alliées entrent en territoire italien.

L'escalier est la seule issue.

Il faut prendre le risque.

Tony, Julian, passez devant. Couvrez-les.

Il a fallu qu'on tombe ici. On est guère avancés.

J'en suis aussi heureux que toi.

Si on nous voit, les Allemands rappliqueront.

Ouvrez I'œil et pas un mot. Les deux premiers.

Nicuzzo! Nicuzzo!

Que voulez-vous? Qui êtes-vous?

Venez voir! Que veulent-ils?

Qui sont-ils?

Vos camarades sont partis ce matin.

Quoi?

Ils nous croient allemands.

Normal, avec ton air suédois.

Bienvenue, camarades. Ils n'ont pas débarqué, hein?

C'est le foutoir.

Ils sont américains.

Tu parles! lls seraient déjà à I'horizontale.

Ils commencent à piger.

Allons voir cette église.

Vous êtes américains?

Gardez I'entrée. Vous autres, couvrez.

Mon fils

était à Licata il y a dix jours. Il est soldat.

Vous I'avez blessé? Mon fils béni!

Avec ce qui arrive!

Que dit-elle?

Elle pleure sur son fils.

Je compatis, mais essaye de I'interroger.

N'ayez pas peur, on ne vous fera pas de mal.

Que s'est-il passé ici?

Vous parlez italien. Vous êtes italien?

Mon père est sicilien, né à Gela.

Gela? Moi aussi je suis de Gela.

Luca!

L'Américain est de Gela!

Viens ici, Tony.

Les avions nous ont bombardés et les Allemands sont partis.

On n'a pas bougé, on veille un mort.

Ils ont tous filé.

On ne peut pas quitter le village,

ni enterrer notre pauvre mort.

- Alors? - Il y avait des Allemands.

C'est tout? Essaie d'en savoir plus.

Quand sont-ils partis?

Il est de Gela.

Quel nom?

- Mascali. - Connais pas.

Mon père est de Gela. Il a émigré.

Pas de Mascali à Gela.

Il ment.

Ils essaient de nous embrouiller.

Fini, la liberté.

Que dit-il?

Il dit que...

Ils sont partis quand?

Ce matin. Ils ont tout miné.

Partis ce matin.

Ils ont tout miné.

C'est fou.

Tu as mis le temps.

Désolé, sergent,

mais il faut du temps

pour leur parler.

On se calme.

Prends ton temps.

Ils étaient nombreux?

Oui! Trois mille, même plus.

- 30000! - 30 millions!

Si tu n'y arrives pas, laisse tomber.

Où sont-ils allés?

Ils ont pris quelle direction?

Scapina, Antione... vers le nord.

La direction

nord.

Demande-lui aussi où sont

les mines.

Où sont les mines?

Sur la côte nord. On ne passe que par la coulée de lave.

Il vous faut

quelqu'un comme Carmela, elle sait par où il faut passer.

Le seul passage, c'est par la coulée de lave.

Suivez-moi.

Donnez-moi une cigarette.

Ils veulent te parler.

Viens ici, Tony.

Tu connais un passage?

Je I'emprunte tous les jours.

C'est un chemin?

De la lave.

Quelqu'un peut nous y emmener?

Non. Mon frère et mon père sont partis.

J'ai voulu les rejoindre

mais on m'en a empêchée.

Je connais le chemin.

Ne pars pas avec ces inconnus.

Où vas-tu?

C'est comme ça,

il faut prendre la coulée pour aller au nord.

Essayons.

Vous trois, restez ici et surveillez les abords.

Où va-t-elle?

Tu veux vraiment nous accompagner?

Elle nous conduit.

Tu as perdu la tête? On ne la connaît pas.

Qui dit qu'elle ne nous trompera pas?

C'est ça ou tenter notre chance avec les mines.

Les mines me font plus peur qu'elle.

On est armés et on a

peur d'elle?

Comme tu voudras, mais viens pas pleurer après.

Carmela, n'y va pas!

Attends.

Occupe-toi d'elle.

C'est sûrement I'endroit

qu'on cherchait.

Tu te souviens de Frankenstein?

Ça me rappelle le vieux moulin.

Tout à fait. C'est le lieu du crime.

Ça te dirait d'y aller en éclaireur?

Ma réponse sera ferme et néanmoins polie: Non merci.

On va se séparer.

Vous I'aborderez par la droite

et Junior par la gauche. Soyez prudents.

La colombe voulait s'enfuir.

Si Junior s'en sort, au pays,

ils en entendront parler!

J'aimerais être au pays.

Ils ont réussi.

Entrez donc, la maison est à nous.

Parfait. Va donc me faire couler un bain.

C'est plein de chauves-souris.

Il doit y avoir un trésor.

Qu'en ferais-tu?

J'irais à Las Vegas.

C'est bien décoré, il y a I'eau courante,

mais vous n'avez rien vu.

Il y a une autre pièce.

Gare aux marches, il y en a une douzaine.

Tu appelles ça des marches? Il fait noir,

on ne voit strictement rien.

Eteins, abruti! Tu veux tous nous faire tuer?

Venez, que je vous fasse visiter. On s'y croirait.

Il y a même une trappe qui mène on ne sait où.

Ne me dis pas que tu as peur.

Cet endroit est désert.

T'es sûr qu'y a pas de sorcières?

Ton sourire m'a I'air plutôt coincé.

Tu es rassuré?

Qu'est-ce qui t'a pris?

Je me fiche pas mal de vous.

Je suis venue pour chercher mon père et mon frère.

Allez, on se tire d'ici.

Elle veut trouver ses parents.

On doit lui faire confiance. Joe, tu restes ici avec elle.

Quoi?

Bon, quelqu'un doit rester. Pourquoi moi?

Tony pourra lui parler, au moins.

Justement, il nous sert d'interprète.

Le général m'a dit

que, parmi mes hommes, j'avais un soldat d'élite.

Il t'a nommé, Joe.

Ravi de I'apprendre. Tu es certain

que c'est moi?

Sûr que c'est ce Joe-là?

Remercie-la et dis-lui qu'on revient bientôt.

Entendu.

Chère Carmela, ne t'inquiète pas pour tes parents.

Si on les rencontre, on les emmènera. Tu restes ici.

Joe va te tenir compagnie. C'est un beau mec, tu sais.

Je veux retourner à I'église. Je peux?

On retournera ensemble à I'église. Plus tard.

Ne t'en fais pas.

Ne vous perdez pas.

Tu fumes?

Tu as peur?

Tu es une fasciste?

Je parie que oui. Je le suis aussi.

Fais pas le con!

T'es une brave fille.

Tu n'es pas fasciste.

Maria?

C'est ton nom, c'est ça?

Qu'est-ce que tu dis?

Moi je suis Joe, du Jersey.

Moi c'est Carmela.

Moi, Joe... toi, Carmela.

La mer est belle.

Ah... la mer!

Mes parents ont pris la mer. Tu piges?

Oui, la mer. On a la même chez moi.

Peut-être qu'ils y restent à cause de la guerre.

Je vais aller les chercher.

Tu bouges pas d'ici. Il y a la guerre, tu comprends?

Me regarde pas comme ça, j'y suis pour rien.

Tous pareils! Vous, les Allemands et les fascistes.

Des salauds.

On a quelques heures à passer, on ne va pas se fâcher.

Un sourire, Carmela.

Moi c'est Joe, je suis du Jersey. Je I'ai déjà dit.

Je fais le vœu de rentrer.

Une étoile filante.

Il ne s'agit pas de bombes. Je parle d'étoiles filantes.

Si on fait un vœu en les voyant, il se réalise.

Je fais toujours le même vœu.

Si on en voit une 2e en 2 mn, il se réalise.

Ça ne rate pas.

Tu as vu? Si je n'avais pas raté la 1ère, j'étais bon.

Ah... étoile filante!

Non, pas "cadente", "shooting star".

On en voit peu chez moi.

Si I'histoire des vœux est vraie,

vous devez être les plus heureux des gens de la terre.

Je veux une bouteille de whisky.

Une bouteille.

Maintenant je veux...

Je ne veux pas une ration de survie.

Elle va me gâcher le whisky.

Ne reste pas comme ça, sans rien dire.

Tu as peut-être peur et moi je rêve d'être chez moi.

Comment?

- Quoi? - Je comprends pas.

Tony te comprend, lui. Moi, je sais dire:

Paisà, spaghetti, bambini...

mangiare, Mussolini...

C'est tout. Et aussi: Carmela.

Ton anglais est meilleur que mon italien? Essayons.

Moi, Joe. Tu comprends?

Bravo, t'es la meilleure. Poursuivons.

Moi, garçon, toi, fille.

Parfait. On est "amis", tu comprends?

Carmela, tu es brune.

Toi, brune, moi, blond.

Je pourrais presque me croire à la maison.

Les nuits y sont calmes, comme ici.

Excuse-moi, je rêvais.

Comment?

Ça se dit pareil?

En Amérique, je livre le lait. Tu aimes le lait?

Je livre le lait, je conduis. Le "lait".

Non, pas ding-dong. "Lait"! Regarde.

Le lait. Tu élèves des vaches.

J'ai vu 7 enfants boire aux pis d'une vache.

Tu as des enfants?

Moi, si. Ou plutôt c'est ma sœur qui en a un.

Il a 7 ans et vit avec nous.

On a un jardin, ma mère fait pousser des tomates.

On avait installé une balançoire entre deux arbres.

Un jour, j'ai défait une corde. Ma sœur est tombée.

Mon papa et ma maman.

Dick et ma sœur.

Tu n'as pas compris, c'est ma sœur.

Le petit garçon et sa mère, ma sœur.

Tiens, regarde.

Elle est blonde, comme moi. Et elle me ressemble.

Sœur?

- Que se passe-t-il? - J'ai vu une lumière.

Contrôle-toi, tu te mets à avoir des visions.

Allons-y.

J'ai vu une lumière.

Là-bas, tu vois?

Elle venait de là.

Allons vérifier.

On dirait un château de pirates.

Très romantique.

Un vrai repaire de pirates.

Tu peux nous éclairer.

Il y a même la paille pour s'allonger.

Parfait, allons préparer nos chambres.

Il fait un noir d'encre.

Il y a quelqu'un.

Que fais-tu là?

Pourquoi t'es-tu enfuie?

J'avais peur.

Peur?

Des Américains.

On ne te fera pas de mal. On est des camarades.

La lumière, c'est toi?

Elle a perdu la parole. Mauvais signe chez une fille.

Pourquoi est-elle venue ici? Ca pourrait être dangereux.

Elle n'est pas seule.

N'importe quoi.

Elle est juste à point.

Il y a de quoi faire pour nous trois.

Qu'est-ce que vous avez trouvé?

Pourquoi es-tu ici?

Tu as rendez-vous avec ton fiancé, pas vrai?

Touche pas.

Et cet idiot n'est même pas venu, c'est ça?

J'ai raison, non?

T'excite pas.

Je pourrais pas, je suis complètement épuisé

par la bouffe et les marches forcées.

Je rêve d'une bière.

D'une bière

et d'une fille...

De I'eau me suffirait.

Tu as un problème ou quoi?

Tu veux du lait?

Sais-tu où il y a de I'eau?

C'est loin d'ici?

J'y vais.

C'est une soirée à surprises.

Bien entendu, tu es un gentleman.

Fritz,

allons-nous battre en retraite

et nous retrouver peut-être même à Palerme?

Non, jamais nous ne battrons retraite.

On va contre-attaquer et ils vont détaler

jusqu'en Egypte, jusqu'en enfer.

Célibataire! Prioritaire!

On tire au sort!

Attention!

Quelle garce!

Un coup de feu.

C'est peut-être Joe.

Pourvu que non.

Allons-y.

La petite salope.

Allez, on y va.

La guerre évolue rapidement au sud de I'ltalie.

Le 8 septembre, la flotte alliée pointe ses canons sur Naples.

Anglais et Américains ont balayé les Allemands

et débarquent.

Quelques semaines plus tard, Naples est libérée.

Le port de Naples

devient le centre logistique de la guerre.

Moi, fakir égyptien, je défie la mort!

Veuillez admirer cet exploit!

Il risque sa vie à chaque instant!

Admirez son adresse!

Il est fou.

C'est un phénomène!

- Où tu vas? - On gagne rien ici.

Tu nous lâches?

Je vais au port.

Et nous?

Faut être indépendant.

Y a que ça de vrai.

Fais-moi allumer.

Tu veux te faire 50 lires?

Non, 200 lires.

Cent lires, d'accord?

J'ai dit 200.

150.

Ça marche.

Je fais quoi?

Préviens-moi si la police arrive. Je suis sur un coup.

Belles dents...

Cent lires.

T'as vu?

Vise les pompes.

Attends! Il est à moi!

La police!

La police!

Joe! Avance.

Aux armes! Sus au Sarazin!

Dieu qui nous appelle.

- Ni or, ni richesses! - Justice et civilisation!

A bas les Maures!

Fous le camp!

On va te soigner!

On travaille, nous!

Allez, avance!

Lâche-moi.

Fiche-moi la paix.

Je suis fatigué. Ça suffit.

Ça suffit.

Debout!

Donne-moi ça.

Allez, laisse-moi essayer.

Viens la chercher.

Allez, laisse-moi jouer.

Laisse-moi essayer.

Je vais te montrer comment on fait.

Tu sais pas faire. Allez, rends- la-moi.

Si tu t'entendais, tu te ferais peur.

Non, de I'autre côté! C'est la clé de la maison, elle sert plus à rien.

T'as bien chanté, mais j'ai pas aimé la chanson.

Qu'est-ce qu'on peut en tirer?

Quoi?

Il est beau ce bateau, amiral.

Ça va pas?

Une belle tempête pour vous distraire?

Oui, amiral, envoyez une belle tempête.

Qu'est-ce que tu veux?

J'aime ça, amiral!

T'as vu cette belle tempête, Paisà?

Que fait-on, amiral?

Un avion est prêt. Amène-toi, on grimpe dans I'avion.

L'avion, I'avion!

- J'aime cet avion. - Tu vas tout casser!

Regarde le ciel. Pas un nuage, que d'étoiles!

Je voudrais nager parmi elles.

- J'aime ça, Paisà. - Qu'est-ce que tu racontes?

Regarde, c'est New York! Le Luna Park!

Un million de gratte-ciel! On m'acclame.

Je suis un héros. A Wall Street les serpentins pleuvent.

On fête mon arrivée. Tout ça est pour moi et pour toi.

Je vais te présenter le maire.

Le maire nous reçoit. On part vers Broadway.

La plus grande rue du monde, c'est ma rue.

On arrive au Waldorf Astoria, I'hôtel de I'élite.

Confortable mais au décor froid.

Mille serviteurs m'entourent, je suis un héros.

Caviar, poulet, dinde, vin, whisky, bière, champagne,

tout pour moi. Mange, Paisà, y en a pour deux.

Maintenant on va aller dormir.

Le train va me ramener chez moi, on va fêter mon retour.

Chaque jour on me fête.

Rentrer à la maison...

Je ne veux pas.

C'est une vieille cabane crasseuse.

Non, pas de ça, gamin. Je ne joue plus.

Pas à la maison.

Joe!

Dors pas ou je te pique tes pompes.

Hé, toi!

Arrête!

Petit salopard.

Oui, toi et tes copains. Pourquoi vous volez?

Je comprends pas.

Tu vas piger! Voler, piquer ce qui n'est pas à toi!

L'Amérique est généreuse, mais pas moi et c'est de votre faute.

Plein d'amis m'avaient prévenu sur vos sales petites méthodes.

S'ils me voyaient!

Un petit voyou comme toi m'a volé mes pompes.

Si je le coince et je le coincerai,

je lui botterai le cul à n'en plus finir.

T'essaies de m'amadouer.

Pas croyable.

Allez, descends!

Je vais fouiller tes poches.

Pourquoi tu voles? Voyons un peu ce que tu as.

T'es fichu de planquer un cuirassé.

D'où sors-tu ces fringues?

Tu veux te battre, c'est ça?

Reviens!

Remets ta casquette, arrête de bouger.

Mets ton manteau ou tu vas prendre froid.

J'en ai assez de courir après toi.

Allez, mets ça!

C'est toi! Tu as volé mes pompes!

Fallait pas t'endormir.

Où habites-tu? Où est ta casa?

J'en ai pas.

Grimpe là-dedans.

Sors de là et va chercher mes pompes.

Tes chaussures.

Tu les as ramenées. C'est bien.

Attends un peu.

Ce ne sont pas les miennes.

Allons voir tes parents.

Où sont tes parents?

Je comprends pas.

Ta mamma, ton papa?

Ma mamma et mon papa sont morts.

Ils sont plus là, ils sont morts à cause des bombes.

Halte tragique à Cassino.

Le 22 février 1944 les Alliés débarquent à Anzio.

Rome attend dans I'angoisse.

Après de sanglantes batailles, c'est la débâcle allemande.

Les Allemands

battent en retraite.

Miraculeusement intacte, Rome fête ses libérateurs.

Le 4 juin 1944.

SlX MOlS PLUS TARD.

Tu n'y arriveras pas.

Ça ne marche pas.

Vous auriez dû être là à la libération, c'était dingue.

Les embrassades, les fleurs,

on buvait tout ce qu'on voulait.

Bravo!

Je m'en serais payé une tranche.

J'étais raide bourré.

Qu'est-ce que t'as à regarder?

Cette pétasse n'arrête pas de mater.

Tu parles d'un spectacle!

De qui tu causes?

De la péquenaude.

Péquenaude, moi?

Tu crèveras la faim quand les Américains partiront.

T'auras plus qu'à ramasser les chiffons, comme avant!

Filez! La police arrive!

Fous-moi la paix, fumier!

J'ai mes papiers! Minute!

Votre ticket.

Juste un instant.

Où allez-vous?

Excusez-moi,

je cherche une blonde en fourrure.

Pas vue.

Le nord de I'ltalie est bombardé...

Merci.

De rien.

Gardez votre argent.

Dis soldat...

tu as une cigarette?

Tu as du feu?

Où tu vas comme ça?

Je me promène.

Viens avec moi.

J'ai pas envie.

C'est tout près.

Viens, chéri.

Non, pas les escaliers.

Allez, mon chéri, c'est au premier.

C'est vous...

Bonsoir. On peut entrer?

Il est saoul.

Pas de problème, il va pioncer.

Pas de grabuge, hein?

Ils ont déchiré ma robe. Votre saloperie de police militaire.

Pourquoi I'avez-vous amenée?

C'est quoi ton nom?

Il fait si froid en Amérique?

Tu viens du front?

Tu ne te déshabilles pas?

Allez.

Ce que tu peux être mal élevé, mais sympathique.

Réchauffe-moi.

Ça ne va pas?

M'embête pas.

Quelle honte pour un jeune homme.

Fallait le dire que tu aimais pas. Tu as sûrement picolé.

T'aimes pas les filles?

Il y avait plein de filles au bar. Rome en est pleine.

Oui, Rome est pleine de filles comme moi.

Maintenant vous êtes toutes les mêmes.

Avant c'était différent.

Je me souviens de notre arrivée.

Ça semble si loin.

Quand on est enfin arrivés,

les filles étaient heureuses, souriantes,

fraîches, toutes colorées,

belles.

On en était tout émus.

Maintenant c'est différent.

Tu aurais dû la voir,

elle s'appelait Francesca.

Le soleil était partout présent,

tout baignait dans le soleil.

J'étais resté enfermé dans mon tank.

De I'eau s'il vous plaît, pour me laver.

Entrez.

Les tuyauteries sont cassées, alors...

Je m'en occupe.

Elle doit être tiède. On n'a plus d'eau depuis 15 jours.

Pas un verre, beaucoup d'eau,

pour me laver la figure.

Excusez-moi, j'avais mal compris.

Venez avec moi.

On n'a pas de meilleur savon.

Je suis désolée.

La serviette.

Prenez tout votre temps.

"La serviette est sur la porte."

Vous parlez I'anglais!

Je suis désolé pour les tuyauteries.

Mais il fallait démolir pour reconstruire.

Ça valait le coup, à ce que je vois.

C'est un jour merveilleux.

"Je connais les Américains et leur langue."

J'aime les ltaliennes. Leur beau langage,

leurs yeux, leurs cheveux,

leurs corps...

"D'où est votre oncle?"

Quel rapport?

"Avant de me coucher, je me gargarise."

"Quand le voleur a vu le policier,

"il a vite décampé."

Je n'ai rien à boire.

Sans importance. Vous avez un piano!

Sans paroles...

Celle-là, vous connaissez?

- Heureuse? - Très.

Tout le monde est heureux.

On vous attendait tous. Pourquoi avez-vous tant tardé?

Je ne comprends pas.

Pourquoi avoir mis si longtemps?

Oui, ça a été très long.

Très difficile.

Maintenant c'est fini.

Nous sommes ici.

Oui...

Vous êtes là.

Ça ne va pas?

Tu as peur?

Non, je n'ai pas peur. Je suis heureuse, vraiment.

Je n'ose y croire.

Ça a été tellement affreux.

Si moche.

Pas moche. C'est beau! Rome est belle! Tout est beau.

Tu es belle.

Du chocolat!

Je dois y aller.

Vous partez?

Je pars mais je reviendrai.

Ton nom, c'est quoi?

Fred. Et le tien?

Reviens.

Pendant six mois je n'ai cessé de penser à elle.

A mon retour, je I'ai cherchée.

J'ai pris des cours d'italien pour elle.

Pour prononcer correctement son nom.

Quel joli nom.

Pourquoi ne I'as-tu pas trouvée?

Comment retrouver cette place?

- Tu as oublié? - Foutu bled.

Avec la fontaine au milieu.

J'ai marché toute la journée,

que des fontaines, des églises et des places.

Sa maison était rouge avec un portail plus grand

que les autres.

Peut-être veut-elle me revoir. Elle avait dit: Reviens.

A quoi ça sert d'en parler? Elle doit être comme le reste.

Elle est devenue comme toi.

Non, pas elle.

Il y a beaucoup de braves filles

qui ont travaillé,

qui ont réussi à se battre contre la faim, la pauvreté.

Elle en est une.

Il y avait un arbre dans la cour.

Un arbre dans la cour.

Il y est toujours.

Il n'est pas en fleurs comme ce jour- là.

Je sais où est sa maison.

Au 8, piazza dei Queriti.

Vas-y demain. Elle y sera, elle t'attend.

Où vas-tu?

Sage, Fred. Dors.

Demain... Francesca et toi.

Madame Amelia.

J'arrive. Un instant.

Vous partez déjà?

Donnez-lui cette adresse à son réveil.

N'oubliez pas.

Comptez sur moi.

Qu'il y aille.

Comptez sur moi.

Tenez, votre argent.

Donne-moi du feu.

Tu t'es payé du bon temps?

J'ai fait la queue pour la bouffe. C'est quoi ça?

L'adresse d'une pute.

Quelle heure est-il?

Personne n'est venu?

Personne, Mlle.

Les Allemands battent en retraite

traversant le Latium,

I'Ombrie et la Toscane.

Les combats

se poursuivent sur les cols qui entourent Florence.

Début août, la 8e Armée

libère la ville au sud de I'Arno.

Au nord, les partisans italiens

luttent contre les Allemands

et les fascistes.

Les ambulances sont là, lesquels on emmène d'abord?

Prenez les trois derrière.

Vous deux, dans I'ambulance.

- Et vous? - On est blessés.

Venez voir par ici.

Vous aussi, dans I'ambulance.

Au revoir, portez-vous bien.

Les filles, venez m'aider.

Allongez-les par terre.

Mes yeux me font mal.

Les compresses et de I'alcool.

Marcia, les compresses sèches.

Venez.

Ça fait mal?

Voyons un peu.

Ça va s'arranger.

Vous parlez italien?

J'ai habité à Florence.

Je me suis fait avoir comme un bleu. On était sur la petite place,

on avait enfin pu bien dormir

après la fusillade sur I'Arno.

Sur I'Arno? Où?

A Florence.

On a attendu les Anglais, ils étaient proches.

Alors ils sont arrivés?

- Vous ne saviez pas? - Si.

Mais ils ont dû s'arrêter de ce côté du fleuve.

Du coup on est allés à leur rencontre.

Quand êtes-vous partis?

Il y a deux jours.

La ville doit être libérée maintenant?

Non, les Allemands ont détruit les ponts,

sauf un dont ils ont détruit les maisons.

Où habitiez-vous?

Je suis de Lucca.

J'ai rejoint le groupe quand ils ont eu besoin d'hommes.

Vous n'avez pas d'amis en ville?

Pourquoi, vous en aviez?

Oui, j'avais plein d'amis.

Avez-vous connu un certain Guido?

Lombardi, le peintre?

Qui ne le connaît pas?

Serait-il possible de le retrouver?

Autant dire impossible! C'est notre chef,

il est devenu insaisissable. ll est le fameux "Lupo".

Je m'en occupe. Va, un véhicule t'attend.

- Mais, docteur... - Va, tu es épuisée.

Un peu de silence!

Asseyez-vous.

Je I'ai eu en beauté.

Un seul coup de feu et il est tombé comme un sac.

Elles sont mignonnes les Américaines, hein?

Fais pas la gueule, tu la reverras ta femme!

Où en est Lupo?

Y en a qui disent qu'il est blessé, d'autres pas...

En tout cas il a fait du bon boulot.

On avait organisé les choses aux petits oignons.

Faut dire aussi qu'alors on agissait ouvertement.

Ecoutez, docteur,

si je vais à Rome, ils me réaffecteront

et ce ne sera pas à Florence.

Il faut quand même que tu prennes du repos.

Je dois entrer à Florence.

Allons, ne t'énerve pas.

Ecoute-le, Harriet. Tu verras, on s'amusera à Rome.

Des nouvelles de Lupo?

Pas grand-chose. Il se bat du côté de Mugnone.

Il paraît qu'il est blessé, mais on est sûr de rien.

Il n'y a que papa à la maison.

Les Anglais sont là!

Vous vous souvenez de moi? J'habite en face de chez vous.

C'est la fin du monde, mon enfant, on a commis trop de péchés.

Que sont devenus ma femme et mon fils?

Laissez-la! Elle est en état de choc.

Vous êtes son fils, non?

Vous devez savoir quelque chose.

Avec ce qui est arrivé, j'avais d'autres soucis.

Massimo!

Harriet. Depuis quand es-tu en ltalie?

Peux-tu me dire où est Guido?

Tu n'es pas au courant? C'est le chef des partisans.

- ll est de I'autre côté. - Je dois y aller.

Moi aussi, je veux retrouver les miens.

Tentons le coup ensemble.

Dernières nouvelles! Lupo blessé

sur le front de Mugnone!

Tu as vu, papa! Il a vraiment été blessé.

Les fumiers. Un garçon si brave.

Vous le connaissez?

On était amis.

Il a peint mon portrait.

C'est un bon peintre. Beaucoup de talent.

Baissez-vous!

Ça tire d'où?

De la Via dei Barbi.

Ils ont même balancé une grenade.

Regarde. Ma maison est là-bas, au-delà de I'avenue.

Vous me les prêtez?

Je peux avoir vos jumelles?

Le baptistère qui flanque I'église est plus récent.

J'ai vu des photos de son portail.

Il me fait penser à celui de Salisbury Cathedral.

Qu'attendent-ils pour investir la ville?

La situation est confuse. On le fera demain, en force.

Mais les Allemands sont partis.

Qu'en savez-vous?

C'est ce qu'on essaye de savoir.

Le Ponte Vecchio est défendu?

Désolé, je n'en ai aucune idée.

Vont-ils tout détruire? Les ponts, les immeubles?

Pourquoi pas? lls ont déjà détruit la moitié de I'Europe.

Les boches en font toujours trop.

Ça leur fera perdre la guerre.

De quel campanile s'agit-il?

Désolé, je I'ignore.

Le comité de libération sait peut-être. Mais il est là- bas.

Quelles nouvelles?

J'aimerais aller là-bas

et chasser ces fumiers qui tirent sur tout.

Il y a des partisans en ville?

Surtout des fascistes qui se défoulent.

Ils tirent même sur les femmes.

Hier soir ils en ont tuées deux. Et ces deux-là

admirent le campanile de Giotto.

Comment savez-vous tout ça?

Par le téléphone.

Un câble nous relie à la ville.

Vous devez m'aider. Vous avez de la famille?

Même si je vous y emmène, ils vous bloqueront.

M'emmener où?

Je ne suis pas censé le dire.

Il y a un passage, mais je ne suis pas au courant.

Mais où, et comment?

Faites preuve d'imagination.

La Galleria degli Uffizi?

Je ne sais rien.

Vous ne m'avez rien dit. Merci.

Evitez le Palais car la galerie est interrompue.

Que fais-tu par ici?

Gigi! On est bien tombés.

Où vas-tu?

Je dois passer de I'autre côté.

Vas-y, je t'en prie.

Ne plaisante pas. Je sais que des gens sont passés.

Je veux aussi passer.

On t'a raconté des histoires.

Le passage existe depuis des siècles.

Et j'ai I'intention de I'emprunter.

- Tu n'iras pas. - Du calme.

Je vais où je veux.

Pas au risque de tous nous compromettre.

Oui, il existe, d'autres le savent.

lmagine que les Allemands le découvrent.

Par chance ils I'ignorent.

Et que feras-tu une fois arrivé là-bas?

Tu tomberas sur les Allemands.

Il y a le couvre-feu, on ne peut pas circuler.

Tu seras aussitôt

découvert.

Même les médecins ont du mal

avec leurs autorisations.

C'est trop aléatoire.

C'est une folie!

Tu sais où il est?

Non, mais je trouverai.

Sois prudent, essaie de trouver un brassard de la Croix-Rouge.

Les partisans ne tiennent que San Jacopino.

Reste baissée.

Regarde, c'est de là

qu'on vient.

Allez, viens.

Les fumiers! Ils ont démoli tous les ponts.

Vite, suis-moi.

Regarde!

Les Allemands!

Ouvrez! Vite!

- Qui est-ce? - Les Allemands sont là!

Deux personnes veulent passer par le toit.

Ça va, file. Baissez la tête.

Vous entendez? Calibre 20. 3 jours qu'ils ratissent la zone.

Parfaitement inutile.

La direction de San Jacopino?

Vous voyez Borgo Ognisanti? Il faut aller par là.

Il y a des Allemands?

Pas d'Allemands.

De Borgo Prato à Le Cascine ça a été repris par les partisans.

On se bat.

Ils auront peut-être des nouvelles de Lupo.

Les combats ont commencé il y a deux jours.

Ça c'était un tir de 88.

Votre femme s'inquiète, vous devez descendre.

Le secteur est calme et je suis coincé ici.

Qu'on m'apporte mon casque.

Pour le soleil... Les trajectoires de tir, ça me connaît.

J'ai fait toute la vraie guerre, celle de 18.

Une nouvelle carte.

Bien, très bien. Voyons... ils sont à Galluzzo!

Faites passer le mot.

Dites, par où peut-on descendre?

Par les toits, mais attention aux tuiles cassées.

Encore du calibre 20.

Au revoir et merci.

Ils arrivent de là-bas. Les Anglais ont apporté de la farine!

C'est vrai? Combien? Il y en aura pour tout le monde?

ll y en a beaucoup, je I'ai vue.

Pourquoi se sont-ils arrêtés?

Pourquoi? Il y a une bonne raison:

Les Allemands ont fait sauter les ponts.

Mon Dieu! Ils ont fait sauter tous les immeubles aussi?

Seulement au Ponte Vecchio.

Ils attendent quoi? Les partisans ont déjà San Jacopino!

Ils ont la trouille?

Vous voyez cette femme? Elle en vient, on peut circuler.

Comment peut-on y aller?

Passez par la cour puis par le jardin des Ucellai.

Les fascistes tirent à partir des toits!

Ils ne me font pas peur.

Attention à ne pas en renverser.

N'aie pas peur.

Recule! D'où viens-tu?

Du centre. Je dois aller au Ponte alle Mosse.

Moi aussi, j'y ai des parents. Mais personne ne passe.

Normal, I'ennemi y est.

Ils ont tout fait sauter?

Recule.

Ils ont miné les maisons?

Je ne sais rien.

Ce matin on a vu plein de fumée.

Halte-là! On ne passe pas!

Tu ne me reconnais pas?

Je t'ai reconnu, mais on ne passe pas.

Je dois passer, ma famille est là- bas.

Les Allemands et les fascistes y sont.

Bon, ça va, va demander au chef.

Marco!

Ils veulent passer.

Entendu, qu'ils viennent.

Ça marche! Attention les gars, ouvrez I'œil.

Marco! Celui-là je le connais.

Halte!

Où vas-tu?

Tout près d'ici.

C'est de la folie.

Ma famille est là-bas, tout près.

Laisse-moi y aller.

Massimo, non!

Marco!

Va raconter à ma mère ce qui vient de m'arriver.

Qu'elle ne s'inquiète pas pour moi. Maman...

J'ai tellement froid.

Tout va de travers depuis que Lupo est mort.

Maintenant tu ne m'engueuleras plus...

La ligne gothique est une muraille naturelle imprenable.

Chaque village est farouchement

défendu par I'ennemi à I'agonie.

Mes Frères, remercions Dieu qui nous a libérés du danger.

Si seulement je vous avais confié mes cochons,

je les aurais encore.

Prends deux poulets.

Allez.

Ce sont les miens.

"Très révérend Père,

"la Divine Providence nous a permis de rester en vie.

"Le couvent n'a pas trop souffert."

Qui est-ce?

Les Américains sont arrivés dans de petites voitures!

Venez, entrez.

Frère Pacifico arrive.

Il a 500 ans? Il ne fait pas son âge, gamin.

C'est incroyable, à I'époque où il a été construit,

I'immense Amérique n'avait pas encore été découverte.

Ces murs, ces oliviers, ce clocher étaient là à la même heure

de I'après-midi, il y a 500 ans,

dans les mêmes couleurs douces.

Shakespeare?

Non, capitaine Bill Martin.

Très émouvant. J'espère que les moines sont plus modernes.

Le Seigneur soit loué.

Qu'il soit toujours loué.

On vous attend.

Allez-vous-en, les enfants.

Ces marches sont foulées par les moines depuis 500 ans.

Que San Francesco vous bénisse.

Nous sommes trois aumôniers américains.

Le capitaine Jones.

Le capitaine Feldmann.

Capitaine Martin.

Pourrions-nous passer la nuit ici?

Notre couvent est ouvert.

Frère Pacifico, prépare leurs cellules.

Nous avons là le vicaire, le substitut et I'organiste.

Veuillez me suivre.

Veuillez entrer.

C'est très beau.

Asseyez-vous.

Une chaise, Père Claudio.

Prenez les casques.

J'aimerais avoir des nouvelles de chez moi.

Je vais le leur demander.

Je voudrais savoir...

Non, merci, c'est gentil.

Alors des sucreries?

Auriez-vous

des nouvelles de San Leo?

San Leo? C'était truffé d'Allemands.

Terrés comme des rats.

C'est très détruit?

Non, pas très.

Pour vous, mon Père.

Merci, merci infiniment.

Je dirai une prière toute particulière à la Vierge

pour le salut spirituel et temporel...

Très bien.

Nous avons compris.

Nous faisons cette liqueur

avec les pommes de notre verger.

Goûtez-y.

Je ne bois jamais.

Les cellules sont prêtes.

Si vous voulez bien...

Charmants, ces aumôniers.

Il a oublié son casque.

Ce n'est pas grave.

Ils restent ici?

Ils seront nos hôtes pour le dîner.

Nous partagerons notre maigre pitance.

Le Seigneur soit avec vous.

Et avec votre Esprit.

Qu'avons-nous ce soir?

Des brocolis.

Nous avons des invités.

Il y en a assez?

Non.

Avec des patates?

Ce ne sera pas assez.

J'ai vu que notre poirier commençait à donner.

Il est trop tôt et les poires sont acides.

Fais de ton mieux, je te fais entièrement confiance.

La Divine Providence nous aidera. Dieu soit loué.

Va ouvrir.

- Oui? - C'est une offrande.

Pour avoir sauvé nos bêtes.

Que San Francesco vous bénisse.

Aide-moi à porter ça, tu veux?

Venez.

Viande et légumes, margarine,

cacao, beurre, œufs, lait...

Que de bonnes choses à manger.

C'est bon, allez-y.

Ah, le dentifrice!

Regardez, Frère Felice, des œufs, du beurre, du chocolat.

Des œufs en boîte? Là-dedans?

Comment est-ce possible?

Ces Américains sont capables de tout. Donne-moi ce machin.

Donnez-moi ça, vous pourriez vous blesser.

Ce n'est pas à vous de faire ça.

Du lait!

Il est bon.

Un délice!

Au début rien n'y poussait.

Maintenant c'est le coin le plus fertile.

Miracle dû à Frère Raffaele.

Quelle bonne odeur.

C'est la menthe.

Quel beau jardin.

Nous parlions de miracles.

Ça ne m'étonne pas, cet endroit respire le miracle.

Il est très vilain.

Non, très gentil.

Ils sont sympas. J'aimerais parler leur langue

pour poser des questions.

Les questions sont inutiles. Tout est très clair ici.

Veuillez m'excuser.

- Il est jeune. - 25 ans.

Un peu trop jeune, non?

Non, il m'a dit qu'il a toujours eu la vocation.

Dès I'âge de dix ans il rêvait d'entrer au monastère.

On peut être en paix avec le Seigneur

sans se mettre à I'écart du monde.

Il a été créé pour nous. Le monde est notre paroisse.

Comment peuvent-ils nous juger sans connaître la vie?

- Ils ne prient pas? - Ce sont des vilains.

ll est protestant et I'autre est juif.

Je suis Martin Luther...

L'un des aumôniers est juif!

San Francesco, ayez pitié.

Père Claudio, I'un des aumôniers est juif!

L'un des aumôniers est juif!

L'un des aumôniers est juif.

Ce n'est rien.

Un juif dans notre couvent.

Le petit est protestant.

Les hérésies de Luther,

le grand protestant.

Que se passe-t-il?

L'un des aumôniers est juif, I'autre est protestant.

Deux âmes perdues, Père gardien.

Aucune âme n'est perdue tant qu'elle est en vie.

On peut toujours les sauver.

On peut faire quelque chose.

Permettez une question, révérend.

Faites, mon Père.

Avez-vous longtemps vécu avec les autres aumôniers?

On a fait toute la campagne d'ltalie ensemble.

Vingt et un mois.

La Sicile, Salerno, Rome, Florence...

Ce sont de très chers amis et je les admire.

Leur avez-vous parlé de la vraie religion?

Avez-vous essayé?

Mon Père, les protestants et les juifs sont aussi convaincus

que nous d'être sur la voie de la vérité.

Mais nous savons qu'ils ont tort.

Bien sûr, certainement.

Nous nous devons de sauver ces deux âmes

qui se sont égarées.

Je suis un prêtre catholique, mon Père,

et je crois humblement

être un bon catholique.

Je ne voulais pas vous rappeler votre devoir.

Vous êtes des aumôniers militaires

et vous risquez votre vie au même titre que les soldats.

Avez-vous pensé que vos amis pouvaient mourir à tout moment?

Saint Paul a dit...

Mais pour qui est de bonne foi...

Avez-vous sondé leur âme?

Sont-ils de bonne foi?

Leur en avez-vous parlé?

Je n'ai pas sondé leur âme, on n'a jamais abordé le sujet.

Je n'ai jamais rien demandé,

je ne me suis jamais octroyé le droit de juger.

Je les connais trop, ce sont de bons amis.

Il se peut que vous, dans cette paix ambiante,

dans cette atmosphère

de méditation, vous me considériez comme coupable,

mais je n'ai rien à me reprocher.

Ma conscience est en paix.

La règle veut que nous mangions en silence.

On ne peut faire exception.

La règle leur commande de prendre les repas en silence.

En ce jour deux Pères quittèrent ce monde:

En 1722, le Père Salvatore de San Leo,

en 1743, le Père Gian Battista...

Allez-y, mangez.

Nous attendons que vous mangiez aussi.

Nous jeûnons.

Pourquoi?

Parce que la Divine Providence nous a envoyé

deux âmes qui attendent la Lumière.

Notre présomption nous fait souhaiter que ce petit sacrifice

nous apporte un don du ciel.

Excusez-moi

d'enfreindre votre règle du silence.

Mais je tiens à vous dire quelque chose:

A savoir

que vous m'avez fait un cadeau inestimable

et que je demeurerai pour toujours votre débiteur.

J'ai découvert ici cette paix de I'esprit

que j'avais perdue

dans les affres et les misères de la guerre.

Une très émouvante leçon d'humilité,

de simplicité

et de foi.

A I'écart du front, partisans italiens et soldats américains

mènent un combat non relaté dans les communiqués,

mais bien plus dur et désespéré.

PARTlSAN

Partisan, chienlit.

Je vais le chercher.

Attention au tir des Allemands.

Je m'en moque.

Je vais essayer de détourner leur attention.

Sois efficace.

Regarde!

Vas-y, tire!

Ah, les fumiers!

Aidez-moi à le sortir de là.

Des nouvelles du Q.G. de la 15e?

Ils ont confirmé la cessation de toute opération

et I'ordre de retrait des partisans.

Un partisan de plus.

lls ne se battent pas pour I'Empire mais pour leurs vies.

Quoi d'autre?

Je leur ai dit qu'on allait perdre tout contact.

Que doit-on faire?

Tu leur as dit qu'on manquait de tout?

Oui et on doit quand même cesser toute activité.

Les Allemands nous encerclent!

J'attends une confirmation.

Un avion est supposé faire un largage cette nuit.

On devra baliser la plage avec trois feux.

Et on se retrouvera avec les Allemands sur le dos!

De toute façon on crèvera. Le Q.G. s'en fout.

J'ai préféré la solution du largage par avion.

Ça va, ça ne peut aller plus mal.

Allez prendre les fusils.

Les barques dans le chenal, installez la radio ici

et postez les hommes un peu partout en défense.

Les barques, dans le chenal.

Baissez-vous.

Ça va?

Oui, ça va mieux.

Prends deux hommes

et va installer les feux pour I'avion.

Je vais essayer de te trouver quelque chose à manger.

Vous deux, venez avec moi.

- N'oublie pas les munitions. - T'inquiète pas.

Là-bas, y a des marins.

On va trouver de quoi manger.

Des Allemands sont venus...

Ils peuvent toujours chercher...

Ils le savent qu'il y a des Américains cachés.

Trois jours que j'fais pas de feu, les Allemands voient la fumée.

Oui, ils sont partout.

Et dehors, ils nous pourchassent.

T'aurais rien à bouffer?

Ce qu'on a: un peu de polenta.

On peut cuisiner ici.

Dehors, y a un brave gars, un Américain. Je peux I'appeler?

Appelle, appelle!

Tu t'es fait piquer par les moustiques, mon petit.

J'ai quelque chose pour ça.

Sur le visage.

Mais attention, il faut I'étaler.

Combien ils sont?

8, 10, 9! J'en sais rien.

Les voilà!

Confirmation pour le lancement!

ll était temps que I'avion arrive!

Le signal! Allume le feu!

Vire le feu!

Eteins le feu, éteins!

Ils ont largué quelque chose?

Que dalle!

Qu'est-ce qui s'est passé?

Ils n'ont rien jeté!

Rien de rien!

Bon sang! Ils sont tout près.

Ils se sont aperçus qu'on était là-bas.

Tous chez Faucelli. Attendez là-bas.

- Tous chez Faucelli! - Aux baraques, faites gaffe!

Les Anglais

mitraillent la maison.

- Un avion est en feu. - Il tombe.

Il s'est crashé là-bas. Vite, on y va!

Que le radio prévoie un autre largage cette nuit.

Personne n'est blessé? Tout va bien?

Américain?

Oui, je suis américain.

Qui sont ces types?

Des partisans italiens. On est avec I'OSS.

- Les boches? - Partout.

Moyen de se tirer d'ici?

Aucun moyen.

Y en a que deux?

Oui, mais ils sont anglais, pas américains.

C'est mieux que rien.

Ils sont tout mouillés.

Il faut les réchauffer.

Y en a encore un.

- L'avion a coulé. - Oui, il a coulé.

- On n'a rien pu faire? - Rien.

- Comment vous vous sentez? - Un peu humides.

Où étiez-vous cachés?

Attendez! On va chercher des couvertures et des vêtements.

Tu t'en occupes? Couvertures, cirés, etc...

Préparez les bateaux, on doit se tirer en vitesse!

On doit partir, un avion devait nous larguer des vivres

- mais les Allemands I'ont repéré. - On avait des vivres à bord.

Plus rien. Tout est au fond de I'eau.

Message envoyé.

Où on va? Qu'est- ce qu'on fait?

Trouvez-nous des vêtements et on verra.

S'ils vous chopent en civil, vous êtes foutus.

C'est mieux que de rester ici!

Si vous préférez, on vous envoie chez Popsky!

- Où sont les Boches? - Partout.

Vite les gars, on s'en va!

- Qui va là? - Popsky!

- Avancez! - Qui c'est, celui là?

- Et toi? - Dane, de I'OSS.

Je suis du groupe Popsky. Les Boches arrivent en canonnières.

Où en êtes-vous question munitions?

Il nous reste plus grand-chose!

Prenons position sur les berges.

Sur le sable, on se défend mieux!

D'accord, on arrive.

On y va.

Dispersons-nous pour arriver au plus tôt à la mer.

Vite, les gars!

Prenez ça!

A I'attaque!

A I'attaque!

C'est bon. Partons.

Vous prendrez un verre?

Sors d'ici.

Sors.

Allez, un petit verre.

Il fait froid.

Il fait encore plus froid chez moi.

On a de gros poêles.

Chez vous aussi, je suppose. Prosit!

Chez moi, la plupart des maisons sont en bois.

Il y fait plus chaud, mais elles brûlent.

Elles brûlent facilement.

Vous espérez me mettre mal à I'aise?

Nous autres Allemands n'avons peur de rien.

Pour nous, cette guerre signifie la vie ou la mort.

Nous bâtissons une nouvelle civilisation durable.

Mais pour ce faire, il nous faut d'abord

tout détruire.

Les Allemands le feront. Nous tiendrons notre promesse.

Quel qu'en soit le prix. C'est notre mission.

Qu'allez-vous faire des partisans?

Aucune loi ne les protège. Ce ne sont pas des soldats.

Pourtant ceux de San Marco le sont.

Pas en ce qui nous concerne.

Qu'en ferez-vous?

J'attends les ordres.

Pourquoi tueraient-ils de pauvres types comme nous?

Ils vont nous tuer.

La ferme!

Chez moi, ils ne sauront jamais ce qui m'est arrivé.

J'ai pensé la même chose.

Cela s'est passé lors de I'hiver 1944.

Au printemps la guerre était terminée.

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