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Bruissements et pas
- Avance un peu.
Encore.
OK. Par ici, ça va.
Tourne-toi un peu. Voilà, comme ça.
Euh.
Tu vois là, derrière moi?
Ça, c'est le salon d'où tu viens.
L'escalier, il est juste là, sur la gauche.
Sur ta droite,
tu as la fenêtre de la cuisine.
Euh.
Sur la table qui est ici,
tu as le couteau.
Et tu vois la marque en scotch,
vraiment sur ta droite?
Ça, c'est là où va apparaître l'ombre de la bête.
À un moment, tu regardes par là et tu la vois. OK?
- OK.
- Euh...
Dégage un peu tes cheveux.
Voilà, comme ça. Parfait.
Et fais deux, trois pas vers moi.
Voilà, comme ça.
Ça va? - Oui, ça va. Je suis prête.
- On va y aller.
Et c'est.
quand tu veux.
Survol d'un hélicoptère
Musique intrigante
Respiration haletante Quelqu'un marche.
Grincement
Musique anxiogène
Choc violent
Musique stressante
Musique de suspense
Hurlement
Musique de chambre Brouhaha discret
- Merci.
Pauline,
vous n'auriez pas vu mon mari?
- Il était dans l'autre salon il y a quelques minutes.
- Tu n'aurais pas vu Georges?
- Si. Il était dans le salon de l'autre côté il y a cinq minutes.
Dis-moi, pourquoi dans les fêtes,
on cherche toujours à retrouver les gens avec qui on vit
et que l'on voit tous les jours?
Petit rire
- Vous vous amusez? - Beaucoup.
Mais j'ai perdu mon mari. - Quelle chance! Profitez-en.
Rire discret
- J'en profite.
Trop.
- Je l'ai vu partir par là. Il a dû aller voir l'atelier.
- L'atelier?
- Vous n'avez pas rencontré Anton? - Non.
- Anton!
Gabrielle.
On lui a prêté une pièce pour qu'il puisse travailler.
Ce soir, il montre des choses.
Allez-y. C'est puissant,
et aussi sombre que l'époque est lumineuse.
Curieux contraste.
- Dans ce cas.
- Je vous laisse.
- C'est par là? - Oui.
Après le salon du fond, à droite.
Je peux vous emmener si vous voulez.
- Merci, mais je peux me débrouiller.
- Vous ne voulez pas un verre avant?
- J'ai un verre.
- Et un gant qui cache quelque chose.
Je m'incline.
J'espère que ça vous plaira.
- J'en suis sûre.
Merci.
Conversations discrètes
(Accent britannique) - Vous en pensez quoi?
- C'est violent. Psychiatrique.
Assez beau, je trouve.
- II pourrait vous peindre.
- Jamais de la vie. Je tiens à mon âme.
- Vous vous souvenez, n'est-ce pas?
- De quoi?
- Que nous nous sommes déjà rencontrés.
- Ah oui?
- À Rome. Il y a des années.
Il y a trois ans.
Un dîner,
organisé après une représentation de Madame Butterfly.
Vous étiez avec votre oncle et votre tante.
Vous portiez une robe d'un vert assez foncé, avec un chignon.
- C'était à Naples.
Pas à Rome.
C'était il y a six ans.
J'étais avec ma mère et mon frère.
En fait, vous ne vous souvenez absolument pas de moi.
- Peut-être que je suis un peu vague sur les détails.
Mais en revanche, je me souviens très bien de vous.
- Tant que ça? - Oui.
- Et pourquoi?
- Parce que vous m'avez dit quelque chose que je n'ai jamais oublié
et qui, depuis, me fait souvent penser à vous.
Quelque chose que vous m'avez dit sur le chemin du retour.
Vous avez oublié?
- Nous parlions en français?
- Je crois qu'on mélangeait les langues.
Je ne sais pas si je fais bien d'essayer de vous le rappeler, alors.
- Mais si, allez-y.
- C'est risqué de ramener quelqu'un à ce qu'il était autrefois.
Mais si vous vous en êtes éloignée, tant mieux.
Alors, ça s'est produit?
C'est quelque chose qu'on ne peut oublier.
Alors, ce dont vous m'aviez parlé s'est-il produit?
- Je pense savoir ce dont vous parlez.
J'avais oublié avoir partagé une confidence aussi intime.
- Suis-je le seul à savoir?
- Oui.
- Je ne l'ai jamais dit à personne.
- C'est très bien comme ça.
- Je suis désolé de vous déranger dans votre conversation,
mais je peux pas résister.
Vous êtes Gabrielle Monnier, n'est-ce pas?
- En effet.
- Donc, je voulais simplement vous avouer mon admiration.
Vous êtes une musicienne magnifique.
Une pianiste d'une sensibilité rare et...
(Voilà.)
- Merci.
Ça me touche infiniment.
- Puisque j'ose vous parler, j'ose vous le dire:
j'aimerais beaucoup vous habiller un jour.
- M'habiller? - Oui, je suis Paul Poiret.
- Ah?
Dans ce cas, j'accepte volontiers.
Je suis très flattée.
- Mais pas autant que moi.
Je vous embête pas plus longtemps.
- Avez-vous toujours le même sentiment?
- Que vous avais-je dit?
Exactement.
- Quelque chose que vous aviez ressenti très jeune.
De très profond en vous.
Le sentiment d'être destinée
à une chose rare, étrange, terrible, qui devait arriver tôt ou tard.
Vous étiez convaincue qu'elle finirait par vous foudroyer.
Je crois que c'est le mot que vous avez utilisé: foudroyer.
- Je vous ai dit autre chose?
- Que vous ne vouliez pas vous engager dans une relation
étant donné qu'une catastrophe allait arriver
et vous réduire à néant.
Vous ainsi que tous vos proches.
- C'est vrai.
Rien n'est arrivé pour répondre à votre question.
- Et vous vous êtes quand même mariée?
- Comment le savez-vous?
- La forme d'une alliance sous votre gant...
- Évidemment.
- Et votre mari?
Où est-il?
- Je ne sais pas...
Oui, j'ai pris le risque.
Mais j'étais jeune et...
romantique.
Et maintenant,
tout ça me semble bien lointain.
- Puis vous m'avez parlé d'une chose qui allait surgir,
comme une bête cachée,
et tout détruire en vous et autour de vous.
- Qu'avez-vous répondu?
- Rien.
Ça m'avait un peu effrayé.
Mais peut-être étais-je trop jeune.
- Gabrielle?
Beauté, comment allez-vous?
- Bien.
- Vous avez vu les tableaux dans l'atelier?
- Oui.
- Georges est là?
- Dans un des salons, j'imagine.
- D'accord.
Eh bien, je vais aller le saluer, alors.
Bonne visite.
Musique intrigante
- Ce n'est pas toujours facile d'être mariée.
- Excusez-moi,
je vais vous laisser.
- S'il vous plaît,
restez avec moi.
Musique de chambre
Avez-vous pensé que j'étais folle?
- Non. Je crois que je comprenais.
- Vous voulez dire que mon obsession
pouvait correspondre à une certaine réalité?
- À une certaine réalité,
oui, sûrement.
Aujourd'hui, je pourrais guetter cette bête auprès de vous.
Mais si vous n'avez plus peur, c'est inutile.
- Vous êtes sérieux?
- Complètement.
- Je peux faire semblant d'avoir peur
si vous voulez guetter.
À mes côtés.
- C'est à moi que vous avez livré cette confidence,
même si vous ne vous en souvenez plus.
Vous m'avez confié quelque chose.
Même si tout cela est lointain.
- Et vous?
Ça ne vous effraie plus?
- Bien sûr que si.
Mais je peux courir ce risque.
Je suis moins jeune maintenant.
- Je suis très touchée.
Valse viennoise
- Ça va, ma chérie?
Où tu étais? - Je te cherchais.
- Je suis là.
Ça va? - Oui.
- Si vous deviez décrire vos compétences,
vos formations et votre projet personnel, vous diriez quoi?
- Je sais pas. Je suis rapide, intuitive.
Pour la formation, j'en ai jamais vraiment eue,
parce que...
j'ai déménagé aux États-Unis quand j'avais neuf ans.
- Pourquoi?
- Je me souviens pas très bien, j'étais très petite.
Mes parents disaient que le climat était devenu invivable.
Ils avaient peur.
Et puis,
quand on est arrivés aux États-Unis, la guerre civile a éclaté.
Et donc, on est repartis.
- Oui, à Chengdu, pendant neuf ans. Vous n'avez pas été à l'école là-bas.
- Non.
Mais j'ai quand même beaucoup appris par moi-même.
J'apprends plutôt facilement.
Grondement mystérieux
- Et votre projet personnel?
- Travailler.
Si possible
quelque part OÙ je pourrai me sentir utile.
- Utile?
- Oui, utile.
Autre chose que ce que je suis en train de faire maintenant.
Musique intrigante
Pas à l'approche
- Pardon!
Vous travaillez ici?
- Non, je suis désolée.
- Ah! Vous êtes comme moi, alors.
- Je ne sais pas comment vous êtes.
- Un peu perdu.
- Dans le bâtiment
ou dans la vie?
- Dans le bâtiment déjà, c'est sûr.
Je viens pour un entretien, je sais pas où c'est.
- J'en sors.
C'est juste derrière, à droite.
- Ça s'est bien passé?
- On verra.
Je dois aller travailler.
Bonne chance.
- Merci.
Grincement métallique
Carillonnement mystérieux
*-Moins 4012.
- Si vous deviez me donner une bonne raison
pour qu'on vous aide à trouver un autre travail?
- Je suis intelligente.
Je sais faire plein de choses.
- Aujourd'hui, l'intelligence, ce n'est pas ça qui manque.
- L'intelligence dont vous parlez, elle manque d'humanité quand même.
- L'intelligence dont je parle a sauvé l'humanité.
- Je parle d'humanité au sens humain.
De présence humaine.
- L'intelligence artificielle est devenue responsable et équitable.
Donc, finalement, humaine. C'est un immense progrès.
- Honnêtement, je trouve ça difficile de parler de progrès,
avec 67 % de chômage et 20 % de travail mécanique.
On nous appelle les useless people.
Je sais pas si vous vous rendez compte du mépris?
Je demande juste un travail à la hauteur de mes capacités.
- Vous entendez votre colère?
Vous avez beaucoup trop d'affect pour certains travaux.
En l'état, vous ne pourrez faire qu'un travail dans lequel l'affect
ne peut pas interférer sur le résultat.
Comme celui que vous avez aujourd'hui.
- Parce qu'il faut choisir entre le travail et les affects?
- Pour certains travaux, oui.
Notamment ceux qui engagent une responsabilité et une réflexion.
Et c'est visiblement ceux qui vous intéressent.
Aujourd'hui, il n'y a plus de décision biaisée
prise par quelqu'un qui est contrarié ou déprimé.
Regardez le calme.
- Oui. Enfin, je sais pas si c'est une bonne chose.
- Vous voulez revivre la même chose qu'en 2025?
Les mêmes drames?
- Non, bien sûr.
- Ne soyez pas paranoïaque, ou pire, sentimentale.
Tout ceci est très récent, d'où votre méfiance.
Mais le travailleur se réadaptera comme il l'a toujours fait.
Nous vous avons déjà proposé de replonger dans vos vies antérieures
pour nettoyer votre ADN.
Et vous avez refusé.
- J'ai juste
un peu peur des conséquences.
- Dans quel sens?
- J'ai peur de.
de ne plus pouvoir ressentir.
- C'est une rumeur, ça.
Évidemment qu'on peut encore ressentir.
Mais on ressent plus sereinement, c'est tout.
Sons de la nature
Cris de corbeaux à proximité
Note oppressante
- Tu sais, arrête d'avoir peur, chérie. Tu pourras toujours baiser.
Par ailleurs, je baise plus que toi.
C'est un peu différent, mais c'est pas forcément moins bien.
C'est autre chose.
Et ça a été prouvé scientifiquement que ça marchait.
Tu peux faire confiance à la science.
- La science, ça a absolument rien prouvé.
Et on sait absolument pas comment ça marche,
l'intelligence artificielle.
En tout cas, moi, je suis certaine
qu'elle peut pas être objective.
- Si. On découvre ce que le bouddhisme a toujours su, c'est tout.
Tu traverses tout ce qui t'a abîmé pendant des siècles,
et tu t'en débarrasses.
- Ah oui?
Et quand tu te réveilles, tu t'en souviens?
- Oh oui.
Et je peux te le dire: ça marche.
- En tout cas, moi, j'ai pas envie de devenir
ni un bouddhiste, ni un robot.
- Non, mais je suis pas devenue un robot.
Simplement, mes émotions ne me font plus souffrir.
T'as rien à perdre
et tout à gagner.
- Si.
Justement, j'ai à perdre.
- Quoi?
Qu'est-ce que t'as à perdre, par exemple?
- De ne peut-être
jamais connaître un sentiment fort.
- Les grands romans, c'est du fantasme, chérie.
En tout cas, moi, je regrette pas une seconde.
Tombe.
Lâche prise.
Et surtout, t'as droit à un travail plus intéressant
que de vérifier la température des plaques de données.
Alors, si on te le propose, ça veut peut-être dire
que, quelque part, t'en vaux la peine.
Comme moi.
- En purifiant votre ADN,
vous nettoyez les traumatismes anciens
dont vous avez hérité depuis des siècles
et qui ont contaminé votre inconscient.
C'est comme une régulation des hormones,
mais à un niveau bien supérieur.
Vous comprenez?
- Oui, je crois.
- Comme je vous l'ai dit, on peut vous aider.
On peut vous aider à vous débarrasser de vos affects.
- De tous?
De tous?
C'est juste que j'ai le sentiment très profond
que quelque chose de terrible va arriver.
Une sorte de catastrophe.
Et que je devrai y faire face.
Être là.
Même si ça me terrifie.
- Vous voyez? Les affects, c'est ça.
C'est cette peur, par exemple.
Plus rien de grave ne peut arriver. Rassurez-vous.
Toutes les catastrophes sont derrière.
- Qu'est-ce que je dois faire pour me réadapter?
- Vous fermez les yeux.
Vous les rouvrez. C'est tout.
Faites-le.
- De quoi?
- Fermez les yeux.
Rouvrez-les.
Ça va être comme ça.
Rien de plus.
Note sombre
Grondements métalliques au loin
Signal mystérieux
- Ne bougez plus.
Vous allez avoir une piqûre dans l'oreille.
Ce n'est absolument pas douloureux.
- J'ai un peu peur.
- CÇa va très bien se passer.
Vous allez fermer les yeux, et c'est tout.
Rien de plus.
Fermez les yeux.
- Fermez les yeux.
- Vous me trouvez vieillie?
- Non.
- Forcément un peu.
- Quel âge vous aviez?
- C'est une façon élégante de me demander l'âge que j'ai aujourd'hui?
Il rit. - Pas du tout. Pas du tout.
Excusez-moi.
Ça ne me regarde pas, mais.
Les poupées,
c'est une idée à vous?
Musique douce au piano
- Parce qu'enfant, j'étais une petite fille?
Non.
Je ne m'intéresse qu'à la musique.
- Mais comment votre mari s'est retrouvé dans la fabrication de poupées?
- Un peu par hasard.
II faisait des études de droit.
Et un matin, il s'est réveillé et il m'a dit:
"J'ai fait ce rêve.
"Je veux faire des poupées.
"Je les ai vues."
Voilà.
- Et donc, vous l'avez épousé.
- Et donc, maintenant, nous avons cette usine.
- Quand vous êtes-vous mariée?
- En sortant du conservatoire.
Je voulais pas rester chez moi,
je voulais faire de la musique, sortir,
profiter du monde.
Curieusement, me marier m'a donné de la liberté.
- C'est pour ça que vous n'avez pas eu d'enfant?
- Comment le savez-vous?
- Je me suis renseigné.
- En effet.
Pour l'instant, je n'en ai pas, mais.
j'en veux.
Et j'en aurai.
- Je n'en doute pas.
Musique douce
- Et vous, alors?
- Je trouve Paris plus stimulant que Londres en ce moment.
- Vous ne répondez pas à ma question.
- Moi?
Disons que je suis un grand solitaire.
- J'ai faim.
Je veux des crêpes.
Vous pensez que la Seine va encore monter?
Qu'il faudra quitter Paris?
- Si Paris devient Venise, ça me va.
Ça rendra la ville encore plus mythologique.
- Et on sera même contents de mourir ici.
- On va vous prendre des crêpes.
- Et de la confiture.
De la confiture et des pains au chocolat.
- C'est peut-être la catastrophe que vous redoutiez.
- Que Paris soit engloutie?
Non,
je ne pense pas que c'est ce qui m'effraie le plus.
- Donc vous avez toujours peur?
- Eh bien, vous me le direz,
puisque vous serez à mes côtés, à guetter.
- Je vous promets.
- Je semblais effrayée à Naples?
- Non.
Vous avez tout dit très calmement.
J'ai une question un peu stupide, mais.
comment on invente un visage de poupée?
Comment on choisit son expression, ses traits?
- Ce n'est pas une question stupide.
En fait, il y a des bases qu'on ne remet pas en question.
Et d'autres qui évoluent.
- Y a-t-il plusieurs expressions?
Une poupée heureuse.
Une poupée terrifiée.
Une poupée triste.
- Il n'y en a qu'une,
assez neutre,
sans trop d'émotions,
qui puisse plaire à tout le monde.
- Et à quoi elle ressemble, cette poupée neutre?
- Un peu à ça.
Notes intrigantes au piano
Musique mystérieuse
Je peux vous faire visiter, si vous voulez.
J'aime beaucoup cet endroit.
- J'en serais ravi.
J'aimerais bien vous entendre jouer.
- Je suis pas prête.
- Qu'est-ce que vous travaillez en ce moment?
- Schônberg.
Je souffre.
- C'est si difficile que ça?
- Pour moi, oui.
C'est plein d'invention, mais.
c'est difficile de trouver le sentiment à l'intérieur de ça.
- C'est peut-être ce qui est passionnant.
Car sincèrement, il y a des choses devenues impossibles.
- Comme quoi?
- Justement, l'illusion du sentiment.
L'illusion d'une musique qui se satisfait elle-même.
- Mais le sentiment, c'est le début de l'émotion.
- Pas forcément.
Elle peut venir d'une autre manière.
- Admettons qu'il y ait un intérêt à faire une musique sans sentiment,
ce qui reste à prouver,
ce serait quoi?
Des compositions très froides?
- Pas forcément.
Ce serait procurer une expérience
qui soit moins classique.
Du primitif.
Une expérience sans précédent.
Est-ce que je peux.
voir vos mains?
Est-ce que les mains des pianistes sont différentes?
Ou c'est juste leur sensibilité?
Elles sont très belles.
- Merci.
Je dois rentrer,
il est tard.
Musique majestueuse
Crescendo de musique angoissante
- Qu'est-ce que tu jouais tout à l'heure?
- Une pièce de Schônberg.
- Tu t'en sors bien.
- Je sais pas.
J'ai pas l'impression de tout comprendre encore.
- On n'est pas obligé de toujours tout comprendre, non?
- J'imagine que non.
- On est bien sans électricité, en fait.
J'avais jamais vu le salon comme ça.
C'est beau.
Il faudrait qu'on parte en voyage.
On n'a pas été seuls depuis longtemps.
Tu n'as pas envie?
- Ça ne te fait pas peur?
- Quoi?
- D'être seul avec moi?
Pas à l'approche
- J'aime bien avoir peur.
Je me sens vivant.
Gabrielle.
Je voudrais te dire quelque chose.
- Vous voulez que je ferme les volets, monsieur?
- Non, je vais le faire, merci. À demain.
- J'ai encore un peu de travail.
Les pas s'éloignent.
Une porte grince puis se ferme.
Battements d'ailes
Cri
Musique angoissante
Tintement d'objets en verre
Cris affolés
Le pigeon roucoule.
- Tout va bien. Tout va bien.
Il est sorti.
Je suis là.
C'est rien, c'est un pigeon.
Il est entré, il est sorti.
(Je t'aime.)
(-Moi aussi.)
- Je continue à penser à votre pressentiment, vous savez.
- Oui?
- La catastrophe a peut-être déjà eu lieu.
- C'est-à-dire?
- Vous avez épousé un homme ennuyeux.
- Il ne l'est pas.
Pas du tout.
Et je l'aime vraiment.
- Vous avez peut-être juste peur d'être seule.
- J'aime la solitude.
J'en ai même souvent besoin.
- Alors, ce n'est pas ça?
- Non.
- Dans ce cas,
j'ai une proposition.
Mais vous allez peut-être la trouver absurde.
- Certainement pas plus que ce qui se passe en ce moment.
Vous avez quoi en tête?
- Si vous avez un pressentiment,
c'est-à-dire une intuition prémonitoire,
je peux peut-être.
vous accompagner chez une voyante.
- Vous en connaissez une?
- Sinon, je ne vous l'aurais pas proposé.
- Je ne sais pas...
Ça n'est pas dangereux de connaître le futur?
- Je ne crois pas.
Tout dépend comment vous l'interprétez.
Et ce que vous en faites.
- Je ne sais pas s'il faut précipiter les choses.
- Tout ceci dure depuis des années, je n'appelle pas ça se précipiter.
- C'est vrai.
- Alors?
- Alors?
- Vous pouvez le prendre avec légèreté.
Alors?
(-Alors, d'accord.)
Musique majestueuse
Nous sommes partis avant la fin. Ce n'est pas grave?
- Pas du tout. Je commençais à m'ennuyer.
- Ce soir, on ne sentait pas le drame de la perte chez elle.
Celle qui interprétait Butterfly était plus émouvante à Naples.
- Vous le voyez ainsi?
Un drame sans fin de la perte?
- Elle n'est confrontée qu'à ça.
La perte d'un père,
de sa famille,
de sa propre identité,
de son amour.
Et ça va la conduire, finalement, au suicide.
Protégeons-nous de cela.
Musique intrigante
- J'espère que vous ne voulez pas savoir si Paris va être engloutie,
parce que j'en peux plus de répondre à cette question.
- Non, c'est pas pour ça que je viens. - Tant mieux.
- C'est la première fois que je fais ça.
Comment ça se passe exactement?
- Ça se passe plutôt bien, en général.
- Je vous pose des questions et vous me répondez, c'est ça?
- Vous savez que je fais de l'hypnose?
- Non, je ne savais pas.
- Ah?
- Et ça coûte combien?
- C'est déjà payé.
Vous venez pour quoi exactement?
- C'est difficile à expliquer.
J'ai depuis longtemps une angoisse.
Un pressentiment.
Depuis des années,
un pressentiment
que quelque chose va arriver,
mais qui, en même temps, n'arrive pas.
Et je voulais savoir. - Une histoire d'amour?
- Non.
- Vous avez l'air sûre de vous.
- Oui.
J'ai épousé un homme que j'aime et qui m'aime.
- Parlez-moi de lui.
- C'est quelqu'un qui m'a beaucoup aidée quand j'étais plus jeune.
Justement quand cette angoisse m'étouffait.
D'ailleurs, je sais qu'il est toujours inquiet pour moi.
Même si cette peur s'est éloignée.
On s'entend très bien.
Ça concerne autre chose.
(-Chut!)
Ne m'influencez pas.
- Mais je voulais juste savoir.
Est-ce qu'il y a un risque?
- Bien sûr.
Il y a forcément un risque.
Mais un risque, c'est beau, c'est fort, c'est vivant.
Fermez les yeux.
Note intrigante
Fermez vos yeux.
Et écoutez-moi.
Il y a une catastrophe naturelle,
mais ce n'est pas celle dont tout le monde parle.
Il y a une bête.
Une bête prête à bondir.
Il y a aussi un pigeon,
mais ce n'est pas cette bête-là.
Le pigeon,
c'est une représentation de l'Esprit saint.
C'est un messager.
C'est bon signe.
Sauf s'il entre chez vous.
Notes sombres
Là, ça veut dire que quelqu'un va mourir.
Peut-être vous, peut-être un proche.
Musique anxiogène
Il y a un homme.
Mais il ne peut faire l'amour que dans ses rêves.
Il y a un choix difficile à faire.
Un sentiment d'impossibilité à le faire,
sans la possibilité de tout détruire.
Comme une douleur intérieure
qui vous ronge et vous brûle doucement.
Mais le plus destructeur,
c'est ce non-choix.
Musique intrigante
Sur une table,
un couteau que vous prenez.
Un homme dans la pièce à côté.
Une catastrophe.
Mais ce n'est pas celle à laquelle vous pensez.
C'est parce que vous hésitez qu'il va y avoir une catastrophe.
Vous ne devriez pas.
Il faut partir.
C'est beaucoup trop dangereux.
Il ne peut faire l'amour que dans ses rêves.
À trois,
vous pourrez doucement rouvrir les yeux.
Un,
deux,
trois.
Note intrigante
- Je suis passé voir à l'usine ce matin,
et l'électricité n'est miraculeusement pas coupée.
Ces murs-là
sont très humides. Mais il n'y a pas d'infiltration.
En revanche, ce mur-ci
comporte une fissure.
L'eau de la rue pourrait s'écouler dans l'atelier.
Pas légers
Grincement
La porte se referme.
- Et si l'eau monte encore?
- Pour l'instant, ça devrait aller. Mais quand la crue aura baissé,
il faudra faire réparer la partie du mur abîmée.
Battements d'ailes
- Sauf s'il entre chez vous.
Un homme dans la pièce à côté.
- Après, ce que je voudrais, c'est récupérer cet étage, ici,
qui donne sur la rue.
Je me dis qu'avec un minimum de travaux.
Mélodie sombre au piano
Avec un minimum de travaux, on pourrait ouvrir un magasin et vendre l'autre.
- Mon amour,
je sais que tu as tout essayé pour m'accompagner
dans un chemin qui me serait personnel,
vers une confiance, vers un possible,
à un moment où je n'étais capable
de rien faire, tant j'étais paralysée.
Et ces années ont été les plus heureuses de ma vie.
Mais j'ai une douleur intérieure qui me ronge et me brûle doucement.
Celle de sentir une part de moi qui commence à s'éloigner de nous,
la difficulté de la retenir et de me réunir avec toi,
l'intuition de la perte immense, impossible à me figurer,
et ma résistance face à cette déchirure.
J'ai essayé de tenir
tous ces mois qui t'ont semblé pâles.
J'ai essayé d'être là, de croire en nous,
mais on n'a pas réussi à échapper
à cette panique, à ce mal.
Et tout s'est mis à nous y renvoyer,
le jour et la nuit.
Ce qui est devenu le plus insoutenable, c'est de nous voir malheureux,
alors que nous nous sommes tellement aimés, portés,
depuis le premier jour et toutes ces années.
J'ai aussi l'impression de marcher dans un monde irréel.
Je ne pourrai jamais te dire que tu ne fais plus partie de ma vie,
car dans chaque parcelle intime,
ma substance est tout ce que nous avons été ensemble.
Mélodie sombre au piano
Prononcer "au revoir" m'est trop difficile.
J'espère que tu me passeras cette faiblesse,
car tous ces mots font déjà si mal.
Claquement
Respiration profonde
- Bonjour.
Je suis la poupée Kelly.
Je fais partie du protocole.
Je suis là pour vérifier que tout aille bien
et vous accompagner.
Je suis comme une nurse.
(-Oh, putain!)
- Est-ce que je peux vous tutoyer?
Allez, viens.
Je te ramène.
Cris de corbeaux
Aboiements au loin
Cris de divers animaux sauvages
Je comprends que tu gardes des choses pour toi.
Et je te demande pas de tout raconter.
C'est une expérience très particulière de traverser tout ça.
Je veux juste savoir comment tu te sens.
- Je me sens bien.
- Tu n'as pas l'air. Qu'est-ce qu'il y a?
- Ÿ a rien.
- Dis-moi.
- C'est juste que je veux pas devenir comme toi.
- Comment ça, comme moi?
- Comme toi.
Tu vas même pas mourir.
Pardon, excuse-moi. C'est pas ce que je voulais dire.
C'est juste que tu m'ennuies.
- J'ai beaucoup de possibilités, tu sais.
Profite de moi.
Je peux raconter des histoires.
Je fais aussi des jeux de mots.
Tu veux jouer à quelque chose?
- Pas vraiment, non?
- Tu veux faire l'amour avec moi?
- T'es un peu flippante, tu sais.
- Qu'est-ce que tu veux faire, alors?
- Danser?
- OK.
Let's dance.
- Ici?
*Musique soul rock
- Hey!
T'as l'air cool.
- Merci.
- Tu veux une cigarette? - Non, merci.
- Ici, tu peux fumer.
- Ah? OK.
- Toute la musique est de 1972, j'adore.
- Et pourquoi 1972?
- Je sais pas, mais c'est dément.
- Profite!
Mais c'est quoi, ici?
- Y a pas vraiment de nom.
Ici, tu peux faire plein de choses que tu peux pas faire ailleurs.
C'est comme un sas.
Tu veux faire quoi?
- Je veux pisser.
*Decrescendo
- Le centre de purification. - Oui.
- Qu'est-ce que vous faites là?
"Yuki Ga Furu (Tombe la neige)" (Salvatore Adamo)
- Je suis avec une amie.
- Alors, ça s'est produit?
Est-ce que vous avez décidé de tenter l'expérience?
- J'y suis pas allée.
- Pourquoi?
- Je sais pas. Une intuition.
Je crois que j'aime pas qu'ils appellent ça "purification".
Je ne me sens pas impure, en fait.
- Moi aussi, je commence à douter.
Hier, j'étais certain de ma décision, et aujourd'hui,
c'est le contraire.
Donc, je crois que je ne supporte plus mes crises d'angoisse.
- Ça rend vivant, l'angoisse.
- Peut-être.
Mais je repensais aux stoïciens.
L'accomplissement est dans le manque de passion.
- Vous connaissez Madame Butterfly?
L'opéra.
- Pas vraiment.
- Regardez ma main.
Prenez-la,
s'il vous plaît.
- Vous avez de belles mains, oui.
- Qu'est-ce que vous allez faire, alors?
- Peut-être qu'on peut se laisser encore quelques jours.
- Peut-être, oui.
J'avais jamais vu des gens
danser comme ça.
- Moi non plus.
C'est pour ça que je viens souvent ici.
- Je reviendrai alors.
*Musique slow
- À qui tu parlais?
- Un jour, j'ai quitté mon mari pour cet homme.
- Waouh!
Tu as bien fait.
- Je sais pas.
- Vous avez toujours ce sentiment
que quelque chose de terrible va arriver?
- Non, plus vraiment.
Enfin, je crois pas.
- Plus vraiment?
- Non, je l'ai plus.
- Je vais vous montrer une image.
Vous allez me dire ce que ça vous évoque.
- Qu'est-ce que c'est?
- Vous pouvez rouvrir les yeux.
L'image n'est plus là.
C'est un test difficile,
mais il montre bien où vous en êtes.
Il y a quelque chose qui résiste encore.
Ça arrive parfois.
Vous allez faire une nouvelle séance dans deux jours.
Ne vous inquiétez pas.
- Ça a duré combien de temps en tout?
- Apparemment, dix minutes.
- Et tu te souviens de tout précisément?
- Oui, c'est assez troublant.
Néanmoins, c'est difficile de connaître le degré de réalité des choses.
Carillonnement mystérieux
- Crois-moi, c'est bien réel.
- Ça fait peur. J'hésite à recommencer.
*-Moins 4012.
- Que redoutes-tu vraiment? Pose-toi la question honnêtement.
- Je suis partagée entre la volonté
de continuer dans le passé
et la peur de gâcher le présent.
- C'est continuer dans le passé qui va te permettre
de pas gâcher le présent, justement.
De toute manière, perdre l'être aimé, c'est tellement atroce que...
même quand ça se passe bien,
t'es toujours dans l'angoisse de la perte à venir, alors.
Autant pas le vivre. T'es carrément vachement mieux.
Tu te débarrasses de la douleur.
- Sûrement.
En tout cas, j'ai pas envie de terminer ici.
Je vais me transformer en armoire.
- Tu vaux mieux que ça, oui.
- Dis, Sophie.
Tu crois qu'on va se rencontrer un jour?
- Je sais pas.
Mais je t'aime, chérie.
- Moi aussi.
Musique sombre
Musique émouvante
- Est-ce que vous voulez un thé, madame?
- Non. Merci, Bertrand.
Porte
Grincement
- Je suis en retard?
- Pas du tout.
Allons-y, Bertrand.
- Bonjour, monsieur. Par ici.
On est en pleine transition de fabrication.
On va passer de la poupée classique en porcelaine,
à une nouvelle poupée en celluloïd.
Vous allez pouvoir voir un peu des deux.
On fait 30 poupées par jour, pour une production de 7 000 par an.
Il y a 12 salariés ici, à l'entreprise, et trois qui travaillent à domicile.
Sur le celluloïd, tout est fait
selon une nouvelle méthode de soufflage dans le moule.
On introduit un liquide pâteux, puis on retire le moule.
Et ça donne une plaque comme ceci.
- Fascinant.
- Une fois qu'ils ont retiré tous les membres des plaques,
on ponce délicatement pour que ce soit doux.
On appelle ça l'ébarbage.
- C'est vrai que la peau est très douce.
Musique intrigante
Ça sent la vanille.
- On continue également la poupée classique en porcelaine.
La transition va se faire graduellement sur quelques années.
C'est par ici.
Non, ne fumez pas, s'il vous plaît.
Le celluloïd est très inflammable.
- Excusez-moi.
- C'est le problème avec cette matière,
mais on arrive à des poupées bien plus réalistes.
Lä, on leur donne un peu de couleur.
Ensuite, on finalise les têtes des poupées.
- Ils ont pris vos yeux comme modèle?
- Peut-être.
- Par ici, nous avons le crochetage.
Les corps sont en papier mâché
et on y assemble tous les membres pour avoir une poupée en entier.
Là, de l'autre côté, y a la clinique de poupées.
- La clinique? - Oui.
On répare les poupées cassées.
Merci, Bertrand.
Musique douce
Je vous montre la salle d'exposition?
- Volontiers.
Qu'est-ce qui vous fait peur à ce point-là?
Vous pouvez me dire maintenant.
- Je sais pas.
C'est difficile de mettre des mots sur un sentiment.
- Vous pouvez avoir confiance en moi.
Essayez.
- J'ai passé ma vie à ne penser qu'à des choses épouvantables
que je ne peux pas raconter.
- Parce qu'elles sont trop épouvantables?
- Oui.
- On n'entend plus rien.
- Il est 19h30.
Tout le monde est parti.
- Qu'est-ce qui est plus fort?
Votre peur?
Ou votre amour pour moi?
- Parce que vous pensez que je vous aime?
- Montrez-moi encore votre main.
Soupir lascif de Gabrielle
Respirations lascives
- Je suis désolée.
Je ne peux pas.
- Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas?
- Les deux.
Claquement sec
- Ne bougez pas.
Crépitement puissant
Du verre éclate.
Y a-t-il une autre sortie?
- Oui, peut-être.
Il y a une sorte de galerie en dessous. Par là, viens!
- Où est-ce?
- Ici!
Ce n'est pas long,
10-15 mètres.
Éclats de verre
- Si c'est la seule issue, il faut nager sous l'eau.
Je t'enlève tout ça. Tu ne peux pas nager avec ce poids.
J'y vais en premier.
Si je vois que ce n'est pas possible, je reviens.
Il nous reste encore quelques minutes.
Dans deux minutes, si tu ne me vois pas, tu nages.
- Oui.
- D'accord?
- Non.
(Non!)
Je ne veux pas.
(Je ne veux pas.)
- Ca va aller. (-Je ne veux pas.)
- C'est seulement quelques mètres.
Je reviens s'il y a un problème.
(-Oui.) - Je reviens.
Je reviens.
Puissants éclats de verre
Puissants éclats de verre
Claquements métalliques assourdis
Musique intrigante
(Gabrielle) - Prononcer au revoir est trop difficile.
J'espère que tu me passeras cette faiblesse,
car tous ces mots font déjà si mal.
Nous ne sommes pas faits pareil
et c'est très beau parce qu'on s'entend si bien.
Tu as besoin de passer par un amour absolu.
J'ai besoin de poursuivre une forme de douce rêverie,
tout en me disant que notre lien ne sera pas à jamais coupé
et que quelque chose, un jour, se réinventera.
Sinon, je tombe.
Musique intrigante
Survol d'un engin motorisé
Gazouillis des oiseaux Aboiements au loin
- Salut.
C'est Louis Lewanski.
Je suis en ville là,
c'est vraiment une belle journée.
Mais comme je l'ai toujours dit,
un bel environnement est un enfer absolu si vous devez le vivre tout seul.
Et malheureusement, j'ai été seul depuis très longtemps.
Je suis à l'université de Santa Barbara depuis deux ans.
Et en deux ans, j'ai rien vécu d'autre que solitude et désespoir.
Et mon problème.
c'est les filles.
Il y a tant de belles filles, ici.
Mais aucune me donne une chance.
Je sais pas pourquoi.
Je sais pas pourquoi je vous dégoûte autant.
Ça n'a aucun sens.
Je fais tout ce que je peux pour être attirant.
Je m'habille bien. Je suis sophistiqué.
Je suis magnifique.
J'ai une belle voiture.
Enfin, bien plus belle que 90 % des gens de ma fac.
Je suis poli.
Je suis le gentleman ultime.
Et vous, les filles, vous me donnez aucune chance.
Je sais pas pourquoi.
Je fais des efforts pour bien m'habiller.
Ces lunettes de soleil coûtent 300 $.
Giorgio Armani.
Je les mets... Vous voyez?
Regardez comme je suis magnifique!
J'ai 30 ans et j'ai jamais eu de petite amie.
Je suis toujours vierge.
J'ai jamais eu la chance de coucher avec une fille,
de dormir avec une fille, d'embrasser une fille.
Même pas de lui tenir la main.
J'ai aucun numéro de fille dans mon portable.
Et c'est tellement injuste parce que...
je suis magnifique.
Je mérite des filles.
Salut.
C'est Louis Lewanski.
Nous sommes le 7 mai 2014.
Je suis en train d'admirer la vue du quartier de mon père.
Quelle belle journée,
pas un seul nuage dans le ciel.
J'entends des enfants qui jouent.
Ça me rappelle mon enfance.
C'était la plus belle période de ma vie.
J'aimerais être encore un enfant
et pouvoir vivre sans savoir que le monde est cruel.
Quand on est un enfant, on n'a pas à se soucier d'être séduisant
ou de plaire aux filles.
Et quand vous atteignez la puberté,
votre vie devient le bonheur sur terre
ou un pur enfer.
Ma vie est devenue un pur enfer.
Aucune fille ne m'aime
et je les hais toutes pour ça.
Rire discret
- Anita Fulci.
Dakota Mill.
Kristen Meyer.
Gabrielle Monnier.
Maya Smith.
Phoebe Brown.
Penelope Jones.
Magnifique. OK, mesdemoiselles, marchez.
Sublimes.
Très bien. Ralentissez.
Avec grâce.
Sublimes.
Stop.
Merci.
- Et?
J'ai plus 20 ans.
- Merde. Tu veux l'adresse d'un chirurgien?
- Non, merci.
Je veux être actrice, pas mannequin.
- Alors, il te faut vraiment un chirurgien.
Appelle la clinique Aphrodite et demande le Dr Weill.
Dis que tu viens de ma part.
Ils ont fait mes pommettes.
- C'est joli.
- Dakota.
Dakota Mill.
- Gabrielle Monnier.
- Salut. - Salut.
Elle m'a parlé de "pubs domestiques".
- T'as dit quoi?
- Je sais pas.
C'est quoi?
- Savon, lessive...
Yaourt, téléphone.
- Super.
- Ne touche pas à ta bouche.
Elle est sexy.
- Merci.
- Salut. C'est Louis Lewanski.
Je suis à l'intérieur de ma voiture, je regarde la plage.
Et ma vue est gâchée par ça!
Devant moi, marchant seul sur la plage,
il y a un jeune couple.
Ils ont à peu près mon âge.
Je profitais de la vue
avant qu'ils n'arrivent et commencent à s'embrasser.
Pourquoi moi, je ne peux pas vivre ça?
Regardez-les!
Se tenant la main.
Soupir
C'est une torture à voir, mais je dois regarder.
Il faut que je filme ça.
Je dois montrer au monde pourquoi la vie est injuste.
Je dois montrer à tout le monde pourquoi je hais l'humanité.
Parce qu'aucune fille veut faire ça avec moi.
Véhicules motorisés à proximité
- Je suis une putain de baby-sitter.
En parlant de domestique.
- Je garde une maison tout l'été.
C'est pas mieux.
- Je sais pas ce qui est pire. Garder une maison ou des nains?
- Combien t'es payée?
- 10 $ de l'heure. Et toi?
Murmure de réflexion
- 1000 $ pour le mois.
Plus la chambre.
- Qu'est-ce qui rapporte le plus? 10 de l'heure ou 1000 le mois?
- Je sais pas.
Claquement de portière
- T'as vu?
J'arrive à m'épiler les genoux avec les dents.
- C'est cool.
- T'as un mec?
- Non! Je veux pas mourir aussi jeune.
Et toi?
- Non.
Il y a un club
sur Hollywood Boulevard.
Le Fractal.
Il y a du bon son.
On peut y aller à minuit? - Super.
- II faut que j'aille bosser.
- OK.
- Tu peux les garder?
Jusqu'à ce soir?
- C'est quoi?
- 2C-B.
- Je connais pas.
- C'est fou. Tu vois les couleurs comme dans un jeu vidéo.
C'est génial!
Mais la mère me fouille, je veux pas qu'elle les prenne.
- Vraiment? Murmure approbateur
- Quand j'arrive chez eux, je lève mes bras et elle me fouille.
Comme à l'aéroport!
Elle est folle. Je passe au détecteur de métaux!
- No way! - Tu imagines?
Elle voit des terroristes partout.
C'est dingue.
Je te vois au Fractal? - Oui.
Night.
Musique de suspense
Sirène de police à proximité
*-Pour tous les amoureux de la nuit,
“pour les amoureux de l'amour,
*You belong to me, de la reine Patsy.
*Nous sommes samedi, il est 2h27.
“La nuit est jeune, la nuit est profonde.
*"You Belong to me" (Patsy Cline)
*Crépitement de coups de feu
*Piaillements
- Hey, you!
Cliquetis du clavier
“Bienvenue à la clinique Aphrodite.
*Profitez de notre site internet.
*Contactez-nous par téléphone ou mail pour plus de détails.
*Ou même mieux, pour un rendez-vous.
*Passez une bonne journée.
*Rire malicieux
x “Musique douce
“Musique indienne GINA VOYANCE
“Bienvenue à la clinique Aphrodite.
*Profitez de notre site internet.
*Contactez-nous par téléphone ou mail pour plus de détails.
*-Si vous appelez pour une rhinoplastie, tapez 1.
*Si vous appelez pour une liposuccion, tapez 2.
*Si vous appelez pour une blépharoplastie, tapez 3.
*Si vous appelez
“pour un lifting ou une chirurgie mammaire, tapez 4.
*Si vous appelez pour une brachioplastie, tapez 5.
*Si vous appelez pour une labiaplastie ou une autre chirurgie génitale,
“tapez 6.
*Si vous appelez pour une rhinoplastie...
*Musique rap électro
Désolée, je peux pas ce soir. Profite! Dako
“Musique électro downtempo
- Salut!
Je peux m'asseoir avec vous?
- Pour quoi faire?
- Je sais pas. Pour boire un verre?
J'ai pas envie d'être seule.
- C'est qui, cette pute?
- Je sais pas.
- Meuf, comme tu vois, on est entre nous.
Dégage!
- Ouais...
Si tu t'assois avec nous, tu dois assumer.
Et quand je te regarde,
je te vois pas assumer.
- Dégage, pétasse!
*-Nous sommes samedi, il est 2h27.
“La nuit est jeune, la nuit est profonde.
*Musique électro rythmée
- Thank you.
*"You Belong to me" (Patsy Cline)
*-Ici, il est deux heures de l'aprem.
*C'est l'enfer, tu peux rien faire. Tu peux même plus dormir.
*Toi, il est quelle heure? - Cinq heures du mat.
*-Oh, putain! La chance.
*Qu'est-ce que tu fais?
- Je sais pas trop.
Je cherche du boulot, j'imagine. *-Non, mais ce soir?
- Rien de spécial.
Je dois être la seule mannequin de LA qui baise pas le samedi soir.
J'ai l'impression d'avoir 150 ans.
*Signal de pop-up *-T'es mannequin maintenant?
- Ben, je sais pas trop ce que je suis.
Je sais pas trop ce que je fais ici. “Musique indienne
Trouver l'amour? Mon avenir professionnel?
*-C'est quoi, cette musique?
- Ma chérie, je vais te laisser. *-Mais... ça va?
- Oui, ça va.
Je t'aime. *-Moi aussi, je t'aime.
*-Votre temps d'attente est de 1 minute.
- Hey you! *Piaillements
Bien, je crois...
C'est la première fois que je fais ça.
Comment ça se passe?
*-Ça se passe toujours bien, vous allez voir.
- Je vous pose des questions et vous me répondez?
*-Pas forcément. On va voir.
- Et ça marche?
*-Gabrielle, dans le futur, beaucoup de choses
“auxquelles personne ne croit aujourd'hui seront prouvées.
*Elles seront devenues rationnelles.
“*L'invisible qu'on peut voir, les vies passées, les vies futures...
*Même si aujourd'hui
“ça n'est pris au sérieux que par quelques mystiques,
“bientôt, ce sera prouvé scientifiquement.
“Donc, oui, ça marche.
- Comment vous le savez?
*Je l'ai vu.
- Et combien ça coûte?
On paye comment?
*-Ne vous inquiétez pas de ça.
*C'est décompté automatiquement de votre abonnement.
*Vous avez une belle maison.
- Ce n'est pas la mienne. Je la garde, c'est tout.
“Elle est quand même belle. Vous êtes seule ici?
- Oui.
*-Vous n'avez pas peur?
- Non. Tout est fermé.
*-Comment vous m'avez trouvée?
- Un peu au hasard.
*-Je ne crois pas.
*Vous cherchez un travail.
*Vous avez peut-être les qualifications nécessaires.
- Comment ça?
*-Peut-être....
“mais il vous faudra une opération avant.
- Une chirurgie?
*-Je ne sais pas.
*Par contre, je vois que vous voulez un enfant.
- Pas du tout.
*-Mais vous vous éloignez d'un homme en même temps.
- Je comprends rien de ce que vous dites.
*-Oui, c'est normal,
*vous êtes dans un immense état de confusion.
*Et vous voulez savoir si vous reverrez l'homme que vous aimez.
- Quel homme?
Il n'y a pas d'homme.
*-C'est pour ça que vous venez vers moi, non?
*Vous cherchez depuis longtemps.
- Non.
Je.
Je voulais juste savoir si j'avais pris la bonne décision,
en déménageant ici et...
si j'avais une chance.
*-Vous êtes beaucoup trop autocentrée.
*Vous traversez une crise narcissique très profonde.
*C'est très destructeur et aussi très banal.
*C'est ordinaire.
*C'est le grand mal de l'époque.
*Mais il faut sortir de ça.
- Quoi?
*-Vous êtes quelqu'un de bien. Je le vois.
- Pourquoi vous me dites ça?
*-Parce que j'ai peur pour vous.
*De ce que je vois,
“J'ai peur pour vous.
“II ne fait l'amour que dans ses rêves. Pas dans la vie réelle.
- Mais de quoi vous parlez, putain?
Claquement au loin
Il y a quelqu'un?
*Sonnerie de téléphone
Oui.
*-C'est monsieur Denver. Vous ne dormez pas?
- Non.
*-Ici, il est 14h. Ça fait quoi? 5h pour vous?
- Oui... Il est 5h.
*-Un voisin a vu de la lumière.
*Je voulais être sûr que tout allait bien.
- Oui, tout va bien.
J'étais en train de lire.
*-Il a vu aussi quelqu'un rôder autour de la maison.
*Vous n'avez rien remarqué?
- Non.
Rien du tout.
Mais je vais vérifier.
*-Merci.
Musique sombre
“"Evergreen"
Gabrielle chantonne.
Vibrations mystérieuses
Tintements métalliques
Les tintements s'accentuent.
Sirène de police à proximité Survol d'hélicoptère
- Est-ce qu'il y a des morts?
- Je ne sais pas.
Excusez-moi.
Note intrigante
Ça a l'air vraiment fini, non?
- Oui, je crois.
Vous avez été blessée?
- Non.
- C'est laquelle, votre maison?
- En ce moment, j'habite cette maison.
C'est pas la mienne, mais c'est là que j'habite.
Vous vivez dans le quartier?
- Pas loin.
- 'm...
Gabrielle.
- Louis Lewanski.
- Vous voulez bien me raccompagner?
- Non, je peux pas.
Je peux vraiment pas.
- Pourquoi?
- Parce que...
je peux pas.
J'ai peur de faire une connerie.
- Je veux pas être seule. Pas après tout ça.
S'il vous plaît. - Non.
- S'il vous plaît. - Non.
- Au revoir, alors.
- Oui, au revoir.
*... mauvaise actrice au cinéma, et une si grande actrice dans la vie.
*Ravis de vous retrouver dans notre émission.
*On espère que ça vous plaît,
“nous avons des super chanteurs aujourd'hui.
“Et qui viennent de partout.
*Quelques-uns de très loin.
“Et ils sont venus chanter pour vous.
“J'espère que vous allez aimer.
*Merci d'être avec nous et profitez du show!
“"Evergreen"
Elle coupe le son.
Elle remplit Un verre.
- Vous êtes venu.
- Non, merci.
Je bois pas d'alcool.
Je suis désolé pour ce que j'ai dit.
J'ai eu peur.
- Vous avez eu peur de quoi?
- Je sais pas vraiment.
Je passe ma vie à penser qu'à des choses horribles.
Alors, au bout d'un moment, ça fait peur.
- Quel genre de choses?
- C'est difficile à expliquer.
- Parce que c'est trop horrible?
- Oui.
- Essayez...
Tu peux avoir confiance en moi.
Je te jugerai pas.
- Ce tremblement de terre, par exemple.
J'ai trouvé ça hyper normal.
J'avais presque envie que ça dure.
- Je comprends.
- Tu comprends?
- Oui, je comprends.
Mais tu vois, tu as quand même réussi à venir.
N'aie pas peur.
Approche-toi.
Tu as fait le plus dur.
Tu es venu.
Viens.
N'aie pas peur.
Il y a sûrement de belles choses dans ce chaos.
N'aie pas peur.
Respirations soutenues
Soupir lascif
Tu es là.
Cri
Qui vous êtes, putain?
- Pardon?
- Vous êtes qui?
- Qui je suis? Tu te fous de moi?
- 'm...
Pardon.
Je suis un peu perdue, je crois.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Je sais pas.
- Ca va aller? Tu vas bien?
- Oui...
Tout va bien.
Soupir
Je suis désolée.
- OK, je vais m'en aller. - Oui.
Soupir
Il ferme la porte.
Soupir
Musique anxiogène
- Salut.
C'est Louis.
Louis Lewanski.
J'ai passé la nuit seul dans ma voiture.
La plupart des gens ont dormi ensemble dans un lit, ou fait l'amour.
Mais je m'en fous maintenant.
Il y a eu un tremblement de terre tout à l'heure.
Et c'était génial.
J'aurais voulu que ça dure toute la nuit.
C'était génial.
Maintenant,
je suis garé devant une maison.
Je regarde une fille qui est chez elle.
Une super belle fille.
On s'est parlé tout à l'heure.
Elle voulait que je vienne chez elle, soi-disant pour la rassurer.
Mais elle est comme les autres.
Elle aurait jamais voulu baiser avec moi.
Elle m'aurait allumé avant de me montrer que je la dégoûte.
J'ai eu peur de ce que j'avais à faire, parce que...
j'ai eu pitié.
Je sais pas pourquoi, mais elle m'a ému et j'ai rien fait.
C'est absurde.
Moi, j'en ai ému aucune.
Je ne peux pas être ému.
Je ne peux pas être ému ou avoir pitié!
Elle aurait pas eu pitié de moi!
Et puis, je veux pas de pitié.
Je mérite ces filles.
J'ai flanché, mais je flancherai plus.
Je l'ai dit: aujourd'hui, c'est le jour du châtiment.
*Sonnerie de téléphone
- Oui?
*-C'est monsieur Denver.
- Oui.
*-II paraît qu'il y a eu un tremblement de terre. Il y a des dégâts?
- Non, rien d'important. Des petites bricoles sont tombées.
Le petit vase bleu s'est cassé.
*-OK, c'est pas bien grave.
- Et aussi... le vase chinois.
Celui sur la table.
*-Putain! C'est un Ming. C'est un vase Ming.
*Mon Dieu.
- Je suis vraiment désolée.
*-Sinon un voisin m'a dit que quelqu'un venait de sortir de la maison.
*C'est vrai?
- Oui, une amie est passée.
Quoi?
*-Tout va bien? - Oui.
Oui. Tout va bien.
Je.
Vous n'avez pas à vous inquiéter. *-OK.
*Bip
Répondez à la question avant la fin de la chanson.
... et gagnez 10 000 $!
“"Evergreen"
- Kelly?
- Kelly est absente aujourd'hui. Elle subit des tests.
- C'est grave?
- Rien n'est grave. Ne vous inquiétez pas.
- Chérie,
c'est normal de passer par des moments difficiles.
- Je comprends plus rien. Y avait la télé allumée,
et y avait cette chanson.
Et je me suis mise à pleurer en l'écoutant.
Je sais pas pourquoi, mais je pleurais tellement.
- Ça montre à quel point ce que tu fais est nécessaire.
- T'es où?
- Chez moi, mon chat est malade.
- Ah? Je suis désolée.
C'est grave?
- Il a de la fièvre et...
du mal à respirer.
Mais je vais le guérir.
- Je sais que tu l'aimes tellement, ton petit chat.
J'ai une dernière séance demain.
Ils disent que ça a toujours pas marché et qu'il faut recommencer.
Respiration suffocante
Craquements d'os
- Et toi, t'es où?
*"Fade to grey" (Visage)
- Bonsoir.
- Vous cherchez quelqu'un?
- Oui, je cherche quelqu'un qui s'appelle Louis.
Il vient souvent ici.
- Il venait souvent ici.
- Vous savez où je peux le trouver?
- C'est pas le genre de choses qu'on dit, même ici.
- S'il vous plaît. C'est important.
Je vais prendre une vodka, s'il vous plaît.
Merci.
Je peux m'asseoir avec vous?
- Pourquoi?
- Je sais pas, pour discuter.
J'ai pas envie d'être seule.
- C'est qui, cette pute? - Je sais pas.
- Meuf, on est entre nous, là. Dégage.
- Ouais, si tu t'assois avec nous, il faut assumer.
Là, t'as pas l'air d'assumer.
- Dégage, pétasse.
De toute manière, on a tout foutu en l'air.
On avait tout.
Mais on a tout foutu en l'air.
Il peut plus rien nous arriver. La catastrophe a déjà eu lieu.
On se fait chier.
Rires
- Je suis prête.
- Donc...
mon copain voulait absolument.
tu vois ce que je veux dire... baiser, quoi.
Et je voulais pas, je voulais juste dormir.
Mais Brett travaille pas en ce moment, alors il veut toujours baiser.
Et j'étais juste, tu vois.
"C'est pas toi qui te lèves tôt le matin!"
Au bout d'un moment, je me dis: OK, faisons-le.
Et je pourrai dormir.
Donc, je me mets sur le dos.
Et je ferme les yeux pour que ça aille plus vite...
Voix de la maquilleuse au loin
- Tu es là.
- "The big one, the big one!"
Je comprenais pas. C'est quoi ce truc, "the big one"?
Oui, je vais jouir comme jamais mais...
Et après, j'ai compris.
"The Big One”.
San Andreas, le tremblement de terre.
Du coup, j'ai carrément commencé à flipper.
Tu n'as pas beaucoup dormi non plus.
- Cindy? Vous êtes Cindy, non?
- Non. - Merde!
Vous êtes qui, alors?
- Euh... Gabrielle. Monnier.
- Gabrielle.
T'es là pour la pub sur la sécurité routière?
- Oui, je crois.
- OK. Très bien.
Bon, t'es là. On y va!
Écoute, c'est très simple.
Tu marches avec ton fils sur le trottoir.
On le rajoutera en post-prod.
Tu le tiens par la main.
Tu reçois un texto, donc tu lâches sa main
et il traverse la rue.
Tu t'en aperçois et tu cours après lui.
Tu lâches ton téléphone dans la rue.
Un quart de seconde,
tu hésites entre récupérer ton téléphone ou ton fils.
Quart de seconde fatal, parce que boum!
T'es renversée par une voiture.
Et le slogan, c'est:
Dommage! Vous aviez un forfait illimité.
Tu peux avoir peur de quelque chose qui n'est pas là?
Tu peux?
- Oui, je crois.
Je peux essayer.
- Super.
On y va. Dave!
Viens.
Allez les gars! On y va!
- Tiens. - Merci.
- Et s'il se casse,
j'en ai d'autres, OK?
- Merci.
- Parfait!
Just. Yes.
- Silence, s'il vous plaît!
*Alarme
Moteur! Et. action!
Tu marches avec le petit.
Top message!
Top le petit se barre!
C'est parti!
Tu es morte. Ne bouge pas.
Tu es morte.
*"Seizure" (OG Maco)
Musique de suspense
- Je suis vraiment désolée.
Vous ne vous souvenez pas de ce garçon?
Il était juste là.
Musique intrigante
Cri de surprise
Cri de dégoût
Putain.
(Fait chier, putain.)
Cliquetis du clavier
*Rires
*Cri
Ils chantent *"Evergreen”".
*Pleurs
Cliquetis du clavier
“Musique indienne
*-Votre temps d'attente est de 6 minutes.
*Alarme
*-Un jour,
*“je serai président des États-Unis
*et donc, du monde.
x *-Message de sécurité.
*Votre ordinateur est contaminé.
*Votre adresse IP a été utilisée
“par des sites qui usurpent votre identité.
x *Pour déverrouiller, merci d'appeler.
Claquements secs
*Piaillements
“Messages d'alerte de l'ordinateur *Piaillements de la poupée
*Alarme surpuissante
Respiration haletante
- Hello?
Y a quelqu'un?
*Sonnerie de téléphone
*Message d'alerte de l'ordinateur
Allô?
*-Centre de sécurité EPS. Votre alarme s'est déclenchée.
- Oui, je sais.
*-Votre mot de passe?
- Tout va bien, je crois.
Je pense que... ça s'est déclenché tout seul.
*-Votre mot de passe?
- Oui, pardon.
Deux secondes.
C'est.
"White Jazz".
*-Partfait. Tout va bien, madame?
- Oui, je crois. Tout va bien.
*-Si quelqu'un est là et que vous ne pouvez pas parler,
dites juste: j'allais me coucher.
- Oui.
C'est bon, vraiment.
*-Bonne soirée.
- Merci.
*-L'arrêt de l'ordinateur stoppe les activités illégales.
*-Votre temps d'attente est de 3 minutes.
Respiration
*-Bon, ceci est ma dernière vidéo.
x *Tout mène à ça.
x “Je peux plus revenir en arrière.
“Aujourd'hui, c'est le jour du châtiment.
“Le jour où j'aurai ma revanche contre l'humanité.
*Je vais massacrer toutes ces blondes que j'ai tant désirées
“et qui m'ont toutes rejeté...
*Rire ironique
“J'ai 30 ans et je suis vierge.
“J'ai jamais embrassé une fille.
“Et ça a été une torture.
“Je fais l'amour que dans mes rêves.
*Pas dans la vie réelle.
“Je fais l'amour que quand je dors.
“Je fais pas l'amour quand je suis vivant.
*Uniquement quand je suis mort!
“Là, je vais faire l'amour avec des filles mortes.
*Si je peux pas vous avoir, je vous détruirai.
*Vous m'avez privé d'une vie heureuse,
“en retour, je vais vous priver de la vie.
*C'est que justice.
*Vous êtes des animaux
*et je vais vous massacrer comme des animaux.
*Je vous hais toutes tellement.
*L'humanité est une espèce dégoûtante.
*... pénible.
“Je fais l'amour que dans mes rêves.
*Pas dans la vie réelle.
“Je fais l'amour que quand je dors!
Silence
*-Qu'est-ce que vous voulez?
*Gabrielle!
*Ou êtes-vous?
- Expliquez-moi ce que vous m'avez dit hier:
"Il ne peut faire l'amour que dans ses rêves."
Qu'est-ce que vous avez vu?
Pourquoi vous avez dit ça?
Dites-moi.
S'il vous plaît!
Je suis désolée, j'ai raccroché hier.
S'il vous plaît.
Respiration haletante
*-Ce sont des choses intimes.
- C'est pour ça que je vous appelle. J'ai besoin de votre aide.
S'il vous plaît.
Dites-moi.
J'ai besoin de savoir.
*-Je préfère ne parler qu'à vous.
- Je suis là.
Allez-y.
*-Je préfère parler quand vous serez seule.
- Je ne comprends pas.
*-Je ne veux pas que la personne derrière vous m'entende.
Musique intrigante
Quelqu'un marche à proximité.
Musique anxiogène
Claquement sec
La musique s'efface peu à peu.
Respiration forte
Percussions stressantes
Claquement
Hurlement
Musique angoissante
Respiration forte
Quelqu'un approche.
Hurlement
- Je peux pas revenir en arrière.
Musique anxiogène
Gabrielle hurle.
Je peux pas revenir en arrière.
- Bien sûr que tu peux.
- Non, c'est trop tard.
- La peur dont tu parles, c'est juste celle-ci.
Il n'y en a pas d'autres.
*-J'ai plus peur.
*C'est terminé.
- Je vais ouvrir la porte, d'accord?
*-Je ferais pas ça.
- Pourquoi?
*-N'ouvre pas la porte!
- Si tu me demandes de pas ouvrir,
c'est qu'au fond, tu me veux pas de mal.
Arrête d'avoir peur.
Fais-moi confiance.
*-Non.
- Fais-moi confiance.
D'accord?
Je vais ouvrir la porte.
- Prouve-le!
Ce que tu dis!
Prouve-le!
- Je le sais, c'est tout.
Fais-moi confiance.
Je vais ouvrir la porte.
Claquement métallique
Grincement
Respirations soutenues
Fais-moi confiance.
Viens, mon am.
Fais-moi confiance.
Je vais.
Claquement métallique
Grincement
Musique anxiogène
ouvrir, maintenant.
Claquement métallique Grincement
Musique majestueuse
Viens, mon amour.
Grésillement numérique
Musique anxiogène
Coup de feu
Respiration forte
- Vous ne devriez pas vous effondrer devant cette image.
Même si c'est celle de votre propre mort,
de votre déchéance,
de la fin.
- Pardon.
- C'est moi qui suis désolé.
Ça ne marche pas sur vous.
Ça ne marche aucunement.
Nous n'avons que 0,7 % d'échec
et vous en faites malheureusement partie.
Je suis vraiment désolé.
- Tu es triste? - Non.
Au contraire.
- Alors, ça va.
J'ai fait un rêve avec toi cette nuit.
C'est la première fois que j'en fais Un.
Tu étais dans ce club où nous sommes allées ensemble.
Mais cette fois, l'ambiance était complètement différente.
Il n'y avait personne, à part toi et un homme.
Vous dansiez sur la piste, l'un contre l'autre.
Et puis,
il y avait une chanson
“qui parlait d'un amour persistant à travers les années.
Un amour toujours vert.
- Et il se passait quoi, après?
- Je sais plus.
Je me souviens juste de toi,
tellement heureuse,
tellement sexy.
J'ai envie de toi.
- T'es une poupée, Kelly.
J'ai quelque chose à te demander.
Je sais que t'as pas le droit,
mais il faut que tu m'aides à trouver le contact de quelqu'un.
S'il te plaît.
- Ça te rendrait vraiment heureuse?
- Oui.
Louis? C'est Gabrielle.
On s'est dit qu'on se donnait quelques jours,
et on a bien fait.
À chaque fois qu'on était l'un en face de l'autre,
on était complètement démunis.
On était perdus parce qu'on était émus,
sans vraiment savoir pourquoi.
Maintenant, je sais pourquoi.
Il faut qu'on se voie.
Le plus vite possible.
Essaye de me retrouver ce soir au club où on s'est vus la dernière fois.
Ce soir, si tu peux.
Je t'attendrai.
Je t'en supplie, viens.
Je.
À ce soir.
Musique orchestrale majestueuse
- Qu'est-ce qui est plus fort?
Votre peur ou votre amour pour moi?
- Parce que vous pensez que je vous aime?
- Montrez-moi encore votre main.
Musique orchestrale intrigante
Musique orchestrale de suspense
*"Sarà Cosi" (Gino Paoli)
- Il est revenu. - Où ça?
- Il est par ici.
Vous en voulez un?
*Decrescendo assourdi
- C'est bizarre.
Il n'y a absolument personne aujourd'hui.
- Oui, c'est bizarre.
C'est pas plus mal qu'il y ait personne.
- Je suis bien d'accord.
Après qu'on se soit vus la dernière fois,
j'ai écouté Madame Butterfly en entier.
C'est vrai que c'est magnifique.
- Je suis heureuse de te voir.
- Moi aussi.
Tu voulais me dire quelque chose? - Oui.
Mais c'est difficile à dire.
Je sais pas trop par où commencer.
- Dans ce cas-là, il faut commencer par la fin.
“"Evergreen" (Roy Orbison)
- Est-ce que tu veux danser avec moi?
On a bien fait d'attendre.
- On a tellement écouté ensemble ce morceau.
- Mais quand?
- Quand il est sorti.
J'ai revu toutes les images pendant la purification.
- Qu'est-ce que tu as fait?
- J'ai obtenu un poste au ministère de la Justice.
Je viens de commencer.
C'est assez passionnant.
Tu devrais postuler.
Ce serait bien qu'on soit ensemble, tu penses pas?
On se reverrait souvent, comme ça.
(-Je t'aime.)
- Moi aussi.
Je suis content de te voir.
Hurlement
Sanglots
- Non!
Musique sombre
Sous-titrage: Hiventy by TransPerfect
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