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Original subtitles

Je ne suis pas jalouse.

Bonsoir !

Dis-moi ce qui te plairait. Tout est frais.

Oui, je sais.

Bonsoir.

Non merci.

Bonsoir.

Regarde voir ce qui te plaît.

Oui...

Bonsoir, Zhou.

Aya, ça faisait longtemps. Tu vas bien ?

Ça va.

- MĂŞme chose que d'habitude ? - Oui.

Les meilleurs sont chez vous.

Alors, je vais te revoir.

- Bien sûr. - Merci.

Au revoir.

Bonsoir, Aya.

C'est pour vous, Mamie.

Ce sont mes préférés.

- Merci. - De rien.

Douyue !

J'arrive !

Attends une seconde.

Je regarde d'abord oĂą en est Mamie.

Mamie,

je règle les boucles de la permanente.

Quelle couleur je te fais aujourd'hui ?

Transparent.

Bonsoir, Aya.

Salut, Tao.

Salut, la patronne. Tu es occupée.

Ă€ bientĂ´t.

- Au revoir ! - J'y vais, j'y vais.

Je ne te demande pas si tu veux du thé.

- Pourquoi ? - Je sais ce que tu vas dire.

"Mon dieu, mais c'est pas du thé, ça !

"Le thé a besoin de temps.

"La préparation du thé est un monde en soi."

Merci.

- Très joli. - Pas vrai ?

Vous achetez quelles marchandises ?

Du tissu, des chemises, des draps,

des mèches de cheveux, des bijoux...

Tu as trouvé où acheter tout ça ?

Oui, mais c'est cher et ça ne me convient pas.

- Je peux te trouver des bons plans. - Ici, Ă  Canton ?

- Donne-moi ton numéro. - Ça, c'est cadeau.

Au revoir.

On a eu des clients ?

Deux petites commandes.

Je regarderai tout Ă  l'heure.

Salut, Wen !

Je te laisse ces cartons Ă  descendre.

D'accord, je m'en charge encore une fois.

File !

- Bonsoir, Aya. - Bonsoir, Wen.

L'eau est bouillante.

- Mais il n'y a personne... - Je t'ai avancé la préparation.

Tu as fait ça ? Merci.

Le patron et Li-Ben sont en bas.

Je descends.

- Bonsoir. - Bonsoir, Aya.

Regarde.

Ce sont des nouveautés.

Elles sont très belles.

Superbes...

Je savais qu'elles te plairaient.

Oui.

On a de nouveaux thés et de nouveaux services à thé.

Sens le parfum.

Au boulot !

Courage.

Je vais Ă  la plantation.

Tu vas te balader, oui.

Parfum très particulier.

Je l'aime beaucoup.

Moi aussi.

Tu peux ranger ce carton de Oolong ?

Entendu.

Ça sent bon.

- Mei est passée te chercher. - Merci.

Ils sont bons, tes raviolis ?

Céleri, chou pommé et carottes.

Tout ce que tu aimes.

"Excelle".

Excellent.

Je vais voir Mei.

Ă€ plus tard !

- De quelles commandes tu parlais ? - De "Best Tea".

50 paquets de thé au chrysanthème et 25 de Tie Guanyin.

- Tu as facturé ? - Pas encore.

Montre-moi la facture avant envoi.

Entendu.

Demain très tôt, je pars à la plantation.

Je rentre.

Bonsoir.

Salut, Korka !

- Je vous ai manqué ? - Bien sûr !

- Vraiment. - On ne t'a pas vu, hier.

J'étais crevé, je suis resté chez moi à dormir.

Et vous, ça va ?

Ça va, on fait notre ronde comme d'habitude.

On te laisse.

Bonne ronde !

Aya, tu es très belle, aujourd'hui.

Tu tombes Ă  pic.

ArrĂŞte de t'occuper de ce qui ne te regarde pas.

C'est ma vie, compris ?

Inutile de m'agresser.

- Tout va bien, petite sœur ? - Tout va bien.

Je t'ai payée, hier ?

Non, mais ça ira, c'est cadeau.

Merci infiniment.

Elle vous plaît ?

Essayez-la.

Elle est lourde.

Vous voyez ?

Attention, c'est bouillant. Prenez la tasse ainsi...

Alors ?

Le thé blanc est bon, mais je préfère le thé jaune.

Plus surprenant et intéressant.

Nous avons d'autres types de thé,

et des classiques.

Voici la liste de nos thés.

Et pour vous.

Il dit qu'il a cherché longtemps avant de trouver votre boutique.

Et puisque vous ĂŞtes amis et en affaires depuis longtemps,

il espère que vous pourrez lui faire un prix plus bas.

Combien de pièces voulez-vous ?

Il dit qu'il voudrait acheter

1 000 pièces de ça, 700 pièces de celui-là.

Et cite-lui

le Prophète, la paix soit sur Lui :

"Dieu accorde Sa miséricorde aux vendeurs et acheteurs conciliants."

Je vais essayer

de lui expliquer autrement, sinon il ne comprendra pas

les mots du Prophète, la paix soit sur Lui.

Je vais traduire autrement.

Il lui reste encore du stock en Afrique,

il ne peut pas acheter plus.

Pourriez-vous consentir

un rabais, car sinon, il ne pourra pas prendre 5 000 pièces.

Il dit : 1 000 pièces de ça.

1 000 pièces ?

Il est d'accord sur le prix.

Parfait, merci.

Cette nouveauté est très à la mode.

C'est une nouveauté, très à la mode.

Non merci. Je me contenterai de ce modèle.

Tu as encore besoin de moi ?

Wen, j'ai toujours besoin de toi.

Merci...

rentre chez toi.

Repose-toi bien.

Au revoir.

Désolé de venir si tard.

Non...

c'est à moi d'être désolée.

Tu prends la peine de faire tout ce trajet pour moi.

Je sais que tu es passionnée.

Oui, et tu sais

que j'aime tout ce qui concerne le thé.

Mais j'ai du chemin Ă  faire.

J'ai toujours peur de renverser une tasse brûlante.

J'ai choisi celui-ci pour ce soir.

Un Oolong de montagne fumé au charbon de bois.

Le parfum est très particulier.

Je t'en dirai plus quand nous sentirons les thés.

Nous avons ici trois théières qui conviennent à exalter son arôme.

Toutes les trois conviennent, choisis-en une.

Celle-lĂ .

Bien, commençons.

Oui.

Très intense.

Sens-le encore.

En Asie, on dit "goûter le thé" pour "boire du thé".

Le caractère "goûter" est composé de trois bouches.

On peut l'interpréter ainsi :

une tasse de thé se goûte en trois gorgées.

La première apprécie l'ambiance. L'environnement.

La deuxième apprécie le goût.

La troisième apprécie l'affect,

c'est-Ă -dire les sentiments.

Li-Ben...

aime ĂŞtre avec toi Ă  la boutique.

Moi aussi.

On s'entend bien.

Tu as de la chance d'avoir un fils comme lui.

Li-Ben aura 20 ans cette année.

Le plus beau des âges, plein d'espoir...

Il faudra le fĂŞter comme il faut.

Je rĂŞve souvent

d'ouvrir une boutique de thé chez moi.

Faire connaître ce que sont vraiment le thé et l'art du thé.

Les thés que nous avons ne valent pas grand-chose.

Ils n'ont ni goût ni bienfaits.

Et toi ?

Quel est le plus grand de tes rĂŞves ?

Entre chaque étape de la préparation,

il faut ménager un temps de respiration.

Et te concentrer sur ta respiration,

pour faire l'expérience de chaque instant du thé.

Je suis restée tard au téléphone.

Très tard au téléphone...

Et à qui tu parles longtemps et très tard ?

Avoue, Aya.

Ma sœur aînée.

Vraiment ? Soit.

ArrĂŞte tes questions et mange.

En plus, mon patron a rapporté de nouveaux produits.

Je dois faire des dégustations.

De nouveaux produits ?

Pour toi ?

Oui, des nouveautés, mais pour les clients.

Ne décroche pas.

Il va rappeler.

Je t'apprends à ne pas répondre tout de suite.

Et pourquoi ça ?

Tu t'y connais ?

Bonsoir Ă  tous !

- Bonsoir. - Non merci !

Non merci !

Nouveau ventilateur.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Aujourd'hui, elle est de mauvaise humeur,

tu ferais mieux de partir.

Alors, je m'en vais.

Ă€ une autre fois.

Je te remercie.

Mon homme est chinois.

Bonsoir.

Monsieur Wang est arrivé.

Veuillez me suivre.

Chaque jour, je vois un homme dans l'immeuble d'en face

qui va et vient entre sa cuisine et sa salle Ă  manger.

Il prépare les repas minutieusement.

Ensuite, son épouse arrive,

ils s'asseyent ensemble pour manger.

Il est sûrement de Shanghai.

Les hommes de Shanghai sont comme ça.

Ce que je vais te dire à présent,

je ne l'ai jamais dit Ă  personne.

Cela date d'il y a longtemps,

et c'était très loin d'ici.

Ying et moi avions alors un petit restaurant.

Les affaires marchaient bien.

Tu pourrais faire attention !

Même ça, tu le fais mal.

Wang Cai...

évite de me parler sur ce ton.

S'il te plaît, pas devant les clients.

Ils ne comprennent pas.

Bien sûr, qu'ils comprennent.

Puisque tu me cries après.

C'est rien...

Ne pleure plus.

Si je savais prier,

je prierais pour toi.

Je prierais pour que tu sois heureuse,

et je prierais pour mon propre bonheur.

Je sentais comme des gouttes d'eau

tomber au fond de mon ventre.

Un bruit comme ça...

Comme un son résonnant à l'infini

dont l'écho me rendait sourd.

Wang Cai,

rappelle-toi notre première rencontre.

Après qu'on nous a présentés,

tout le monde est parti.

On nous a laissés seuls.

Tu m'as demandé timidement

si j'aimais mon travail,

si je m'entendais bien avec mes collègues...

Je t'ai posé les mêmes questions.

Ensuite,

nous nous sommes revus une fois,

et tout est allé très vite.

Tu as été appelé au Cap-Vert pour ton travail.

J'avais l'impression...

d'être un bagage que tu avais emporté avec toi

jusque lĂ -bas.

Et qui devait y rester.

Comme une valise.

Je ne dis pas ça pour te faire des reproches.

Li-Ben,

nous l'avons voulu tous les deux.

Wang Cai...

Je ne sais pas si je t'ai jamais aimé.

Je la regardais,

et c'était comme si je voyais quelqu'un d'autre.

Tu n'es pas une victime.

Laisse-moi, s'il te plaît.

Je n'ai jamais dit que j'étais une victime.

Je ne le pense pas.

Mais je respecte ton point de vue.

Bonsoir, patronne.

Tes pancartes sont trop petites, illisibles.

Regarde celle-lĂ .

Mets la plus grande devant.

Pour attirer le regard.

Tu vois ?

Plus grandes.

Tu embĂŞtes encore Mei.

Je ne l'embĂŞte pas.

Je lui donne un conseil.

Tu es amoureux d'elle et tu n'oses pas lui dire ?

Moi, amoureux ?

J'ai trop à faire pour ça.

Rien à faire de la journée, et tu te dis débordé ?

Je ne suis pas comme toi, qui tombes amoureuse en voyant une photo.

Fais gaffe !

Fiche le camp !

Li-Ben !

Cherche époux sérieux et convenable pour ma fille

Toujours rien, alors ?

Change la photo.

Changer la photo ?

Je l'aime beaucoup, cette photo.

La patience paye toujours.

Ces temps-ci, ton père ne vient plus au parc avec moi.

Il trouve ça trop frustrant.

Quand il rentre Ă  la maison,

il ne dit rien et ne me parle pas.

En fait, samedi dernier,

il est venu dans la cuisine me demander :

"Comment vas-tu ? Tu es heureuse ?"

Tu vois ?

J'ai toujours pensé

que l'amour était attendre le bonheur.

C'est peut-ĂŞtre une bĂŞtise.

Mais tu es la preuve du bonheur de tes parents.

Je ne parle pas de notre famille.

Mais un enfant n'est pas toujours une preuve du bonheur de ses parents.

Plein de couples malheureux ont des enfants, tu sais.

Viens, Kaikai !

Tu as été sage ?

Rentre voir ta maman.

Madame Huang, vous avez beaucoup de courses.

C'est lourd.

Tao, tu vas chez le coiffeur deux fois par semaine ?

Oui, et mĂŞme parfois trois.

Il paye Ă  chaque fois.

- Ta coupe est très sexy. - Vraiment ?

Moi, j'y vais.

Au revoir, Mamie.

Au revoir, Tao.

Ă€ bientĂ´t !

Il a une amoureuse.

Mais non.

Si.

- Ça va ? - Ça fait du bien.

J'adore ta coiffure.

C'est vrai ?

Tu as encore changé ?

Maintenant que je suis seule, je change de coiffure comme je veux.

Tu as raison.

Ton mari ne devait pas venir ? C'est ce que tu disais.

J'ai hâte de le connaître.

Il doit ĂŞtre comme toi : quelqu'un de bon.

Un homme qui laisse sa femme partir si loin,

et qui attend qu'elle revienne...

ce n'est pas commun.

Vos enfants seront sûrement adorables.

Si tous les hommes de chez toi sont comme lui,

je déménage chez vous.

Et lĂ , j'ouvrirai un grand salon,

et qui sait,

je rencontrerai peut-ĂŞtre un homme bien.

Je vais te dire :

les hommes d'ici ne pensent qu'au travail,

ils ne s'intéressent pas à l'amour.

C'est pareil chez nous.

Douyue...

Je t'ai... menti.

Je ne suis pas mariée.

La veille mĂŞme du mariage,

mon fiancé m'a trompée.

Les hommes

pensent souvent Ă  leurs ex

au moment des décisions importantes.

On n'y peut rien.

Ils sont comme ça.

Tu as vu les nouvelles sur les Africains de Chocolate City ?

Je trouve ça triste.

Je n'ai pas suivi. Je travaillais Ă  la plantation.

J'en ai entendu parler.

La vendeuse de la bijouterie m'en a parlé.

La bijouterie a fermé à cause de cette histoire.

Regarde ces images.

Tu ne trouves pas ça exagéré et injuste ?

Ça va au-delà d'une bijouterie fermée.

C'est injuste.

Lequel d'entre vous est Trésor ?

C'est moi. De quoi s'agit-il ?

C'est Aya qui m'envoie chez vous.

Tu es Tao ? Assieds-toi.

Oui, c'est moi.

Quelle coupe tu voudrais ?

C'est déjà très court.

Je vais chez le coiffeur deux fois par semaine, parfois trois.

Par semaine ? Mais pourquoi ?

Quand j'étais petit, je rêvais d'avoir une bicyclette.

Mon père était ouvrier en usine.

Chaque fois que j'allais vers lui quand il rentrait,

je disais :

"Papa, il est où mon vélo, il est où mon vélo ?"

Et chaque fois, Papa me prenait dans ses bras et me disait :

"Tao, je te l'achèterai une prochaine fois. Bientôt."

J'étais tout content.

Je savais que c'était seulement dans ces moments-là

que Papa me prenait dans ses bras

et me caressait la tĂŞte.

Aujourd'hui, nous étudions la méthode dite

"du couvercle de tasse fermé".

Travaillons le geste de la main.

Après avoir versé l'eau,

on peut bouger le couvercle trois fois,

et tout doucement...

le reposer,

légèrement ouvert.

Ensuite, de cette main-lĂ ...

oui, cette phalange

bloque le couvercle.

C'est ça...

Ensuite, plus droit....

VoilĂ .

J'ai peur de me brûler.

Je sais. Il faut faire attention.

Se brûler fait très mal.

C'est pourquoi chacun de nos gestes

doit être précis,

précis au millimètre près.

Doucement.

Reste détendue.

Quel parfum...

Tu aimes ?

C'est bon.

J'aime beaucoup.

- Wen... - Mme Zhang ?

Vous venez voir Li-Ben ? Il vient de sortir.

- Et Wang Cai ? - Le patron est en bas, je l'appelle.

Tu es Aya ?

Oui.

Je suis Ying, la maman de Li-Ben.

Je sais.

Ravie de te rencontrer.

Moi aussi.

Je retourne travailler.

- Qu'est-ce qui t'amène ? - On va dîner chez ma mère.

Salue-la pour moi.

Te voilĂ , maman.

Où étais-tu ?

J'étais dans le coin.

On y va ?

On te laisse.

La prochaine fois qu'elle vient, sonne deux fois.

- Qu'est-ce que tu bois ? - Du jus d'orange.

Keva, la mĂŞme chose.

Je t'ai vue parler Ă  Zhang Ying.

Zhang Ying...

j'aurais voulu bavarder avec elle.

Nous nous sommes Ă  peine entrevues.

Mais c'était bien de la rencontrer.

Aya,

tu es vraiment quelqu'un de bien.

Merci.

Les feuilles ont presque toutes été récoltées.

Attends...

Regarde...

Sais-tu que tous les thés proviennent des mêmes théiers ?

En cette saison, on cueille le "thé d'hiver".

On cueille 3 feuilles.

Sens-le.

Très parfumé.

C'est le parfum d'origine du thé.

J'aime bien que Mei te surnomme "Thé noir".

J'aime bien aussi.

Le thé noir a un goût lumineux,

doux et lisse comme le jade,

et il reste longtemps en bouche.

Après qu'on l'a bu,

il dégage un nouveau parfum dans la gorge.

Ce parfum résonne dans la bouche et dans les narines.

Je dirais

que c'est la sensation que tu provoques en moi.

Tu n'en veux vraiment pas ?

Papa...

tu as confiance en moi ?

D'oĂą vient cette question, tout Ă  coup ?

J'ai Ă  100 % confiance en toi.

Alors, pourquoi tu me caches des choses ?

Je ne comprends pas pourquoi tu ne dis rien d'elle et toi.

Je comprends qu'Aya ne dise rien.

Mais toi, tu es mon père.

Je ne sais jamais ce que tu penses vraiment.

Cela blesse Maman,

et moi aussi.

Il y a certaines choses

dont je ne sais pas parler.

Ta mère le sait.

Ce n'est pas que je veuille te les cacher...

Je veux surtout te protéger.

Tu parles tout le temps de me "protéger". Me protéger de quoi ?

Ça me fait peur.

Seule la vérité peut me protéger.

L'Afrique se couvre de centres commerciaux chinois.

Chocolate City va disparaître.

Et moi,

je vais rentrer au pays.

Pourquoi ? Tu es sûre ?

Bien sûr.

Que faire d'autre ?

Ton histoire m'a émue.

Tu es une femme très courageuse.

Tu sais faire face Ă  tout.

Je voudrais ĂŞtre comme toi.

Touli...

Je ne suis pas aussi courageuse que tu le crois.

Je te souhaite tout le bonheur et la joie du monde.

J'aimerais que tu me racontes ton histoire.

Mon histoire ?

Je n'en ai pas.

Je n'ai rien.

Merci de m'avoir comprise.

Merci.

Cai, j'ai bavardé avec Touli.

Tu la connais bien ? Quelle est son histoire ?

Touli a travaillé 5 ans dans notre boutique.

C'était une très bonne employée.

Un Africain appelé Samuel

venait deux fois par an.

Il n'achetait pas beaucoup,

mais il venait régulièrement.

Chaque année en janvier et en juin,

il venait Ă  Canton.

Ă€ chaque passage Ă  Canton,

il venait chercher Touli

pour l'emmener dîner.

Touli l'appelait Sami.

Le lendemain matin,

Touli venait travailler Ă  la boutique

de bonne humeur.

Mais dès qu'il avait quitté Canton,

Touli entrait dans sa semaine de tristesse.

Un jour,

Touli a reçu un appel à la boutique.

C'était une femme.

Elles ont parlé longtemps.

Cette femme

a dit Ă  Touli

que Samuel était mort.

Et aussi,

que Samuel était le père de Touli.

Touli ne le savait pas.

Touli a raccroché

et quitté la boutique.

Elle n'est plus jamais revenue.

VoilĂ  l'histoire de Touli.

C'est ma fille, Eva.

Elle a eu 20 ans, cette année.

Cai...

tu dois aller la voir.

C'est difficile, pour moi.

Après tant d'années,

aller la voir, brusquement...

pour la quitter Ă  nouveau...

Ce n'est pas si facile.

Et nous ?

Ignorer l'existence de cette enfant,

n'est-ce pas nous interdire tout avenir heureux ?

Tu te souviens que tu m'as demandé

quel était mon rêve ?

C'est de revoir ma fille.

Xiao Yan,

en réalité, je t'envie.

Tu m'envies de quoi, Korka ?

Je ne mérite l'envie de personne.

Parce que tu es danseuse.

Tu ne dois jamais abandonner la danse.

Quand tu es sur scène,

tout le monde te regarde, en silence.

Je trouve ça très beau.

Moi aussi, autrefois, je voulais ĂŞtre danseur.

Mais personne n'a cru en moi,

alors j'ai abandonné.

Ne fais pas comme moi, compris ?

Ce n'est pas moi qui veux abandonner.

C'est mon corps qui ne veut plus danser.

Parfois, il m'arrive de parler Ă  mon corps.

Je lui demande pourquoi.

J'espère qu'un jour, il retrouvera le désir de danser.

Mais le plus souvent,

j'ai l'impression que mon corps n'est plus lĂ .

Tu peux imaginer cette sensation ?

Bonsoir.

Korka...

Bon voyage.

Pourquoi tu me souhaites bon voyage ?

La valise !

C'est bien, elle était trop chère.

Le prix a baissé.

Tu as raison d'aller lĂ -bas.

Pas mal, non ?

Encore une fois !

Tu ne veux pas me dire

comment tu vas fĂŞter ton 20e anniversaire ?

Tu feras la fĂŞte avec tes amis ?

Le premier jour avec mes amis, le deuxième en famille.

Pas mal ! Plein de gens pour te fĂŞter.

Inspiration de nos poètes

Princesse de nos sérénades

Par les nuits de pleine lune

Sous les fenêtres de mon aimée

Aux pleurs d'un violon

Le Cap-Vert sans musique de la morna est pour moi une terre

Sans soleil et sans amour

Une mariée sans bouquet

La victoire sans gloire

D'un peuple chrétien

Viens me dire ton nom

Si tu es fils de Capverdiens

Joignons nos voix

Et chantons nos mornas

C'est étrange...

Demain, j'irai sur l'île de Santo Antao, à Fontanhas.

Eva m'y attend.

Wang Cai...

C'est bien dommage que tu reviennes ici

sans avoir dit Ă  Ying la raison de ce voyage.

Elle a su très vite, pour toi et Arhanja.

Et puis Eva est arrivée.

Parlons d'autre chose.

Que Dieu nous donne la santé.

Le reste...

on l'achètera.

C'était la phrase préférée de ton ami.

Je déteste cette phrase !

Avant qu'il ne s'installe au Mexique,

il dînait tous les soirs ici.

Et il portait ce toast.

Wang Cai...

l'amour ne s'achète pas.

Descendez en mĂŞme temps que moi.

Ce sera plus rapide.

C'est plus près.

Tu as l'air très heureuse.

Je suis toujours heureuse.

Tu n'es pas comme d'habitude.

Je vois dans tes yeux que quelqu'un t'aime,

et te rend heureuse.

Tu sais, Aya,

je tombe facilement amoureuse.

C'est toujours comme ça.

Tu as de la chance.

Oui, mais...

cela peut faire beaucoup souffrir.

Tu sais, mon père est restaurateur de tableaux.

Mais seulement de paysages.

Il voulait devenir médecin,

mais il a dû abandonner ses études de médecine

pour s'occuper de ses parents.

Il a dĂ» travailler.

Mon père m'a souvent dit

qu'un médecin et un restaurateur ont des tâches similaires.

Il m'a donné le prénom "Wen",

qui désigne des méandres

ou des rouleaux de nuages.

Le raccourci est par lĂ .

Merci, madame.

Dépêche-toi, maman.

Tu es si pressée, depuis le temps que tu attends, ma fille ?

Sois calme, ma fille.

Je la recouds.

Ça ira.

Eva...

Ma chère enfant...

tu sais...

Papa,

tu sais, je parle chinois.

Je savais que tu me retrouverais.

Je pense Ă  toi tous les jours.

Eva...

je suis enfin revenu pour toi.

C'est un cadeau pour Li-Ben.

Regarde.

Attention, c'est fragile.

C'est quoi ?

C'est fait par une artiste que j'aime beaucoup.

Une amie Ă  moi.

Ça ne s'ouvre pas.

Li-Ben doit lui confier ses souhaits

et ses rĂŞves.

C'est très beau.

Je n'ose plus le toucher. C'est fragile.

Je suis certain que Li-Ben va beaucoup apprécier.

Je l'espère.

Merci.

Qui est-ce ?

Ils ne devaient venir que demain...

Tu devras peut-ĂŞtre rester dans la chambre.

Ying comprendra sûrement.

Mais ses parents seront lĂ .

Ils pourraient ne pas accepter...

Pardon.

Pardon.

Merci d'avoir apporté tout ça.

Tout est prĂŞt, tout est lĂ , sauf Li-Ben.

Assieds-toi, laisse faire les femmes.

Comment vont les affaires ?

Moyen, ces temps-ci.

Pas facile.

Il paraît que Li-Ben aime aller à la plantation.

Oui. Il s'habitue peu Ă  peu au travail.

Santé.

C'est bien qu'il bosse Ă  la plantation.

Et c'est encore mieux s'il évite ce quartier.

Li-Ben aime ce quartier.

C'est lui qui l'a choisi.

Je pense que ton beau-père a raison.

Ce quartier, mieux vaut l'éviter.

Li-Ben a 20 ans...

Trinquons ensemble.

Merci.

Je te sers ?

Levez vos verres. Buvons.

Je vous ai interrompus. De quoi parliez-vous ?

De quoi on parlait ?

On parlait de ces serpents vicieux d'Africains.

Il faut les tenir à l'écart de notre société.

Ces gens-lĂ , on ne peut pas leur faire confiance.

J'ai vu une expo photo sur eux

qui les compare aux animaux.

Certains l'ont critiquée, mais moi, je l'ai trouvée très bien.

Grand-père...

tu parles de ça ?

Oui.

Pour moi, c'est une honte.

Tu connais des Africains ?

Ne serait-ce qu'un seul ?

Alors, de quoi tu parles ?

Li-Ben...

Nous créons de nouvelles routes de la soie.

Nous ouvrons des routes vers le monde.

Il faut d'abord s'ouvrir aux autres

pour rendre possibles ces routes dont on parle.

Si ces routes ne permettent pas aux hommes

de mieux se connaître et se comprendre,

elles n'ont aucun sens pour moi.

Li-Ben...

La dernière fois que j'ai levé mon verre, c'était au Cap-Vert.

Nous étions encore à Mindelo.

Ce soir-lĂ 

était comme les autres soirs : tu n'étais pas là.

J'ai soudain voulu vivre ma solitude ailleurs que dans notre maison.

Je suis allée dans un bar.

J'ai pris un verre.

J'ai rencontré une Française.

Elle voyageait seule.

Je me souviens qu'avant de partir,

elle a levé son verre

et m'a dit une phrase en français

que je n'ai jamais oubliée.

"Aux douces perspectives."

Je voudrais boire avec vous

"aux douces perspectives".

Je ne t'ai jamais raconté cette soirée.

Papa, Maman...

J'espère que vous pourrez regarder le monde autrement.

Vous me tirez en arrière, vers le passé.

Li-Ben a aujourd'hui 20 ans, mais vous n'avez pas changé.

Vous laissez le passé envahir le présent

et j'ai le sentiment que vous ne saurez jamais vivre en paix.

Je voulais juste vous dire

que je ne suis pas votre "malheureuse fille".

Je ne suis pas une femme malheureuse.

Je vis bien.

Ça vient de la chambre.

C'est le Bluetooth.

Désormais,

toutes les choses sont connectées entre elles.

Je suis un peu fatiguée.

Je vais vous laisser.

Papa,

inutile de te dire ce que tu sais déjà.

Comment vas-tu ?

Tu vas bien ?

C'est elle.

Je sais. Eva.

Les enfants viennent pour aider les parents Ă  grandir.

Ne t'accroche pas au passé.

Ne t'inquiète pas de l'avenir.

Prendre pied dans le présent,

c'est faire exister ensemble le passé et l'avenir.

Je pardonne tout,

mais je n'oublie pas.

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