All language subtitles for The Weasels Tale

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

DUNES DE PASSION Mara Ordaz

SANTA GAUCHA Mara Ordaz

Rien n'est plus instructif que souffrir et pleurer.

TIR SUR L'AMOUR

FEMMES DE LA PATRIE

À JAMAIS… L'AUTRE

Meilleure actrice Mara Ordaz, "Santa gaucha"

J'en ai assez de ces tirs.

Mara, regarde. Je te ramène de la compagnie.

Cette réplique, je te l'ai écrite

pour Sang de boue en 1962.

Merci pour l'hommage.

Le méchant paysan approchait et toi,

douce donzelle aux tresses juvéniles, implorant sa pitié :

"Non, non… D'où venez-vous ? Où allez-vous ?"

"Que voulez-vous de moi ?"

"Je viens de la poussière,

et j'y retourne."

"Et ce que je veux, c'est évident, non ?"

"Tu es mienne !"

Putain, merde, bordel !

Synthétise, Marita, synthétise.

Pourquoi trois mots quand un seul suffit ?

Je pourrais en trouver cinquante de plus.

Médiocre, raté, ringard, scénariste !

Étron de merde !

Là, tu tombes dans ce qu'on appelle le pléonasme

ou la redondance, car de quoi d'autre peut être fait un… ?

Tais-toi !

Bon…

Deuxième scène de Satanique récolte.

Argentina Sonofilm,

1959.

Pas mon meilleur film, mais assez haletant.

Pourquoi restez-vous dans cette maison ?

Je n'ai jamais voulu que vous veniez vivre ici.

Je vous déteste tant tous les deux ! Je vous déteste !

Pour moi son jeu manque de subtilité.

Elle en a fait des films, pourtant. Mais elle en dit toujours trop.

On dirait que tu adores la faire souffrir.

On dirait ?

Attention avec Mara, je la trouve de plus en plus fragile.

Elle couve quelque chose.

Si l'oubli du public ne l'a pas tuée,

ce n'est pas une petite souris qui va le faire.

Au contraire, ça lui plaît.

Elle crie pour exercer son pantin intérieur,

son outil… Enfin, cette chose qui sert d'âme aux acteurs.

Comme tu l'as écrit.

C'était quoi cette réplique dans Un cri dans la nuit ?

"L'homme devient fort avec un peu de plein de faiblesses", non ?

"Un peu d'angine, un peu de variole,

un peu de tristesse et un peu de peur."

"Un peu d'angine", non. J'avais écrit "coqueluche",

elle a dit "angine" et toi, tu l'as laissée faire.

Elle avait raison. Qui connaît la coqueluche ?

Il ne faudrait pas qu'ils apprennent des choses !

Le seul problème ici, c'est les bêtes nuisibles.

Non, Martín,

ce sont des bestioles. La belette,

la poule, le rat… Des bestioles.

Certaines qui veulent manger ce qu'on a, d'autres qu'on mange,

nous qui sommes aussi des bestioles.

Une bestiole en mange une autre, qui en mange une autre…

Et c'est ainsi que, tant bien que mal,

s'est écrite l'histoire du monde.

Très philosophique, ton truc.

On survole de hauts niveaux de profondeur.

Les gars ! Ici !

J'ignore si j'y suis parvenu, mais j'ai essayé de capter

l'essence du parc.

Les années passent, et les couleurs et la vie de ce parc

continuent de me stimuler.

C'est une source d'inspiration

inépuisable.

C'est vilain de le dire moi-même,

mais je crois que c'est l'une de mes meilleures œuvres.

Oui. C'est un peu prétentieux.

C'est la terre, mais avec une âme. C'est le ciel, mais avec du sentiment.

En somme, c'est le paysage,

mais avec mon empreinte.

Et quelle empreinte !

Ce n'est pas si drôle.

Mais il est très amusant !

Et toi, tu es un public facile.

Je vais te dire une chose,

l'empreinte se voit,

mais le paysage…

Quoi ?

Il rit, je n'y suis pour rien !

C'est moi

ou j'ai entendu Mara crier tout à l'heure ?

Ah oui, elle a vu une bestiole, la pauvre.

Oui, je la trouve un peu sensible ces derniers temps.

Je crois que je vais devoir assumer

mon rôle de mari et la défendre.

Non, laisse, tu as déjà joué trop de rôles dans ta vie.

Et tous mauvais, pas vrai, boss ?

Ça recommence !

Oseras-tu un jour me dire en face

ce que tu penses de moi comme acteur ?

Pedro…

Quelqu'un qui peut prétendre aimer Mara

pendant cinquante ans

est…

- le meilleur acteur de l'Histoire ! - Ce que tu es méchant !

Il est méchant !

Bien, bien, un petit thé aux amandes maison.

Avec trois gouttes de miel pour toi.

- Merci. - Un peu de porto pour moi.

Et avec plus de sucre qu'autre chose pour Pedro.

Un autre, un autre, s'il te plaît.

- Merci. - On va trinquer !

- Tchin-tchin ! - Tchin-tchin !

C'est loin d'être une condition, mais à quoi trinque-t-on ?

Alors… à quoi trinque-t-on ? Je trinque à notre vie

qui ne ressemble pas à tes scénarios.

- Donc elle n'est pas parfaite. - Si, elle l'est !

Au cinéma, il n'y a pas de vie comme la nôtre, sans problèmes.

Une amitié belle, solide,

de plus de cinquante ans, sans conflits,

c'est très ennuyeux, non ?

Dans les films, il faudrait

un danger, une menace, un méchant.

Oui, qui apparaîtrait juste quand tout semble aller bien.

Exact !

Alors je trinque car

notre vie n'a pas été un film.

- Santé ! - Santé !

Pardon,

bonjour.

Excusez le dérangement. On a besoin d'aide.

On ne peut pas en donner.

On en a pour une seconde, pas plus…

Ça prendra juste une seconde.

On doit être à Buenos Aires à 14 h 30

et on est complètement perdus.

On a une réunion importante,

on doit à tout prix les prévenir et on n'a pas de réseau.

On pourrait téléphoner ?

N'aie pas l'air désespérée,

ils sont capables de te faire payer.

Ils sont pressés, Mara, pas la peine de venir.

Bien sûr que si ! Ils pourraient penser qu'on est tous mal élevés ici,

et laids, qui plus est.

Attendez, attendez.

Mara Ordaz ?

Non ! C'est pas possible !

Mon Dieu, mon idole !

Ne me dites pas que l'élégance existe encore !

Je devrais sortir plus.

C'est un honneur de vous rencontrer.

Enchantée.

Vous aussi, je vous connais.

Martín Zarabia ?

Non. C'est lui.

Le scénariste, rien de plus.

Si vous saviez comme je suis fan de vos films !

Ça va faire phrase toute faite, mais

le cinéma d'aujourd'hui, ce n'est plus ce que c'était, pas vrai ?

Vous avez raison.

C'est une phrase toute faite, inventez-en une plutôt.

C'est pas facile au début,

mais tout s'améliore avec le temps.

Pas tout, regarde-toi.

C'est pour ça que je t'aime.

Donc vous devez être Pedro de Córdova ?

Oui, merci, merci.

Votre mari, c'est ça ?

Vous avez joué dans des films aussi ?

Non, je suis un très mauvais acteur, je ne sais pas écrire,

je déteste porter des projecteurs, coudre,

mettre du maquillage, peindre des décors…

Je ne sais même pas faire le café. Je n'ai aucun talent.

Il est réalisateur.

Norberto Imbert, enchanté.

Je n'y crois pas, toute l'équipe est là,

ça alors !

Pardon…

Francisco Gourmand. Elle, c'est Barbara Otamendi.

Je n'y crois pas, quatre hyper-méga-génies, des dieux,

de vrais géants !

Vous exagérez ! Quatre ?

Entrez. Tout est en désordre.

Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu !

- N'exagérons rien. - C'est le… ?

Je sais que ça impressionne de le voir,

mais pour nous, c'est une simple décoration.

Certes,

seules deux actrices au monde l'ont reçu pour un film étranger,

moi et Sophia Loren.

Mais c'est une statue, froide,

dure.

Sophia Loren, je veux dire.

Et puis, elle s'est drôlement détériorée avec le temps, non ?

- Je me trompe ? - Toujours.

Le téléphone est par là.

Merci.

Pardon,

je peux ?

D'accord.

Il est lourd !

Comme tous les hommes de cette maison !

J'ai vu tant de fois

les images de la cérémonie. Des enregistrements vieux, abîmés…

Je me souviens de chacun de vos mots.

"Je veux remercier tous mes collègues,

cette équipe sans renom…"

"… même si sans moi,

ils seraient au chômage."

Tu es plus généreux que Mara. En réalité, elle a dit :

- "Ils seraient morts de faim". - Martín ne me pardonne pas

d'avoir oublié, avec l'excitation, de vanter son merveilleux scénario.

Ça y est. La réunion est annulée.

- Bien. - Et ça ?

Quelle force !

Comme si l'artiste avait l'âme emprisonnée, mais aussi

- beaucoup de passion. - Et pourtant, c'est de lui.

- De Pedro. - C'est vous qui avez peint ça ?

Ça alors ! Que vous soyez à la fois cet acteur

et ce peintre, c'est énorme !

Vous devriez exposer !

Non, non, non. Je n'aime pas

- que les gens le voient. - Et vice-versa, mon amour.

Bon, tant qu'on y est,

on peut visiter ?

Bien sûr, avec plaisir ! Venez, s'il vous plaît.

Emmenez Pedro en bas. On a fait construire à mon mari

- un petit ascenseur à cause de… - Ah oui…

- L'accident. - Non, allez-y, les gars.

Je reste ici. Allez-y.

Mon sanctuaire dans ce mausolée.

Vous n'imaginez pas comme je suis heureuse ici.

Si ma mère voyait ça, elle en mourrait encore !

Elle vous adorait, elle m'a montré tous vos films.

C'est adorable ! Transmets-lui mes remerciements.

Elle est morte.

Alors transmets-lui mes condoléances. Viens que je te montre

un film formidable de Demare. Il me demandait des conseils,

c'est difficile à croire, car c'était un réalisateur

fantastique, il acceptait mes remarques.

Incroyable, non ?

Mais regardez-moi ce lit !

Il est fantastique !

Je suis assez expert en mobilier d'époque,

et je dirais que c'est de style élisabéthain, non ?

C'est un accessoire, Francisco.

La vengeance de Lucrèce Borgia, non ?

- Vous l'avez vu ? Un bijou, non ? - Oui.

Une sorte d'épopée chic.

Petit budget, peu de réalisation, le scénario n'en parlons pas.

Une grande interprétation, et rien de plus.

Nous, on l'a baptisé La vengeance de Mara Ordaz.

Ce lit a coûté 15 000 $ à la production.

Tu l'avais cherché.

J'avais composé une Lucrèce Borgia charmante, pleine de vie,

et ils en ont fait une tueuse, une empoisonneuse, une putain en somme.

- Lucrèce Borgia était une putain ! - Et tu étais parfaite !

Si tu ne nous avais pas fait

couper la scène de ta mort…

Le public ne voulait pas me voir morte.

Tout le monde le voulait, Mara. Surtout l'équipe.

Tu as coupé la scène car tu ne voulais pas la faire.

- Quoi ? - Les trois choses

les plus difficiles pour un acteur sont rire, pleurer et mourir.

Tu as coupé la scène car tu ne pouvais pas la faire.

C'est ridicule !

Comment peux-tu me dire ça ?

Tu sais que je suis l'émotion incarnée.

Oust ! Allons-y !

J'ai toujours rêvé de descendre ces escaliers immenses !

Non, non, s'il vous plaît !

Pardon, mais c'est très dangereux,

ces marches sont glissantes.

La plupart des accidents surviennent à la maison.

Voyons comme une déesse descend jusqu'aux mortels.

Vous en imposez en descendant les escaliers.

Plus qu'en les montant.

Pedro !

Je ne sais pas si vous êtes meilleur acteur ou peintre.

Vraiment !

- Vous voulez voir mon atelier ? - Non, Pedrito,

cette visite a déjà trop duré.

Presque un acte entier.

Non, au contraire, j'adorerais.

- Je vous conduis ? - Merci, c'est par là.

Depuis quand peignez-vous, Pedro ?

Jeune, j'ai fait l'École des Beaux-Arts.

Puis, je me suis lancé dans le théâtre.

Et maintenant, je suis revenu à mes premiers amours.

C'est fou toute cette végétation, Mara !

Et cet arbre, quel âge a-t-il ?

Mon amour, dans cette maison, on ne demande l'âge de personne.

Mais j'aimerais le voir de près, vous m'accompagnez ?

- D'accord. - Venez.

Ne me dites pas que vous sculptez aussi !

Seulement sous la douche !

Vous utilisez des moules ?

C'est étrange !

Votre art me semble si libre

que je ne vous imaginais pas utiliser des moules.

Non, ça, c'est pour la statue qui est dans le jardin.

C'est un travail d'appoint que j'ai dû faire.

Cet arbre me fait penser à vous.

Parce que le temps passe et il devient de plus en plus…

solide,

de plus en plus beau.

Vraiment, je n'imagine pas qu'un homme puisse vous voir

- sans tomber à vos pieds. - Oh, mon amour.

Soyons réalistes.

Ils n'ont pas tous ton bon goût.

Eh bien, merci…

Et jamais… vous n'avez pensé à remonter sur les planches ?

Chaque minute…

de chaque heure… de chaque jour.

Et pourquoi pas ?

Mais si vous revenez,

revenez vraiment.

Vous devez recommencer

à aller aux avant-premières, à vivre la nuit.

Mais si ! Vous devez vivre dans le centre.

Vous devez déménager ! Ici…

Ici, c'est trop loin.

Et… ? Qu'est-ce que je fais de tout ça ?

- De cette demeure ? - Oui.

Eh bien, ça ne va pas être facile, disons qu'elle est d'une autre époque.

Elle doit être en mauvais état et assez chère à entretenir.

Mais ne vous inquiétez pas, c'est mon travail.

On a une agence immobilière familiale,

alors on pourra sûrement faire quelque chose.

Et ce serait un honneur.

La maison de Mara Ordaz !

À vrai dire, je n'y avais jamais pensé.

Et bien,

je ne suis pas inquiet pour la maison.

Ce qui m'inquiète,

c'est que le monde profite encore de vous.

Ça oui, ça m'inquiète.

Écoutez.

Je vous laisse ma carte.

Et ces trous ?

Il n'y a pas que l'humour qui est acide dans cette maison.

Incroyable !

C'est donc ici que ça se passe ?

- Que se passe quoi ? - Il ne se passe rien ici.

Non, je veux dire que c'est ici que se trouve votre espace créatif.

"Le jour viendra

où mes jambes ne supporteront plus le poids de ton amour."

- C'est de vous, non ? - Si.

Au collège, j'ai séduit mon grand amour,

Patito Ruiz, en lui disant :

- "La lumière de ton visage…" - Attends,

laisse donc faire un vrai acteur. Pedro ?

Non, non, non.

Si, mon amour, dis-le !

Bon, il ne veut pas. Dis-le, toi.

Oui.

"Le jour viendra

où mes jambes ne supporteront plus le poids

de ton amour.

Ma vue sera trop faible pour la lumière de ton visage,

et la musique de ta voix, ténue pour mes oreilles.

Ce jour-là,

ce jour-là…

ce jour-là, ma vie ne supportera pas la tristesse

et ce sera le jour de ma mort.

Et si tu me re… Et si tu me repousses,

ce jour sera demain."

Alors ? Qu'en pensez-vous ?

Je pense que Patito était plutôt facile, non ?

Non, non, non. C'était l'effet de vos mots, Martín.

Non, mes mots ne sont rien.

Sans un grand réalisateur qui leur donne forme

et un grand acteur qui leur donne vie,

ils sont une tache d'encre sur un papier,

une salade flétrie de mots dénués de sens.

Mais non ! Je suis sous le choc !

Jamais je ne t'ai entendu admettre ça !

Jamais je n'avais vu jouer ce gars.

Bon, j'espère qu'on se reverra bientôt.

Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Que contrairement à ce que certains croient,

les gens se souviennent encore de moi.

Oust, oust !

Ils sont agréables.

Ils sont perdus.

Ils sont méchants.

Éteins cette horreur !

Je vais faire une annonce.

Je ne supporte plus ni vos dialogues,

ni vos monologues, ni vos apartés.

En réalité, je ne supporte plus vos voix

sous quelque forme que ce soit.

Je ne supporte pas non plus vos silences.

En somme,

je ne vous supporte pas.

Je vais vendre la maison.

Pedro,

si tu veux, tu viens avec moi.

Vous deux,

vous pouvez aller vous faire foutre.

Fin de l'annonce.

C'est pour ça que je t'aime.

Tu ne vas pas vendre la maison.

Fin de l'annonce.

Ne faites pas attention,

- c'est… - Une connerie.

Techniquement, c'est un conflit,

- mais familièrement… - C'est une connerie.

Merci de me laisser conduire ce bijou.

Une Triumph de 63.

Si vous saviez comme j'aime ces reliques !

Excusez-moi.

C'est vous ?

- C'est moi. - Non !

Mon Dieu, quel honneur !

Vous avez joué

dans Tonnerre dans la brume, non ?

C'était bien moi.

Mon Dieu, quel bonheur ! Je n'y crois pas !

Mais aujourd'hui,

elle est à moi.

- Non, je vous en prie. - Vraiment ?

Vraiment.

Votre sourire me suffit.

- Allez-y. - Merci, merci.

Je dîne avec Mara Ordaz.

J'espère avoir bien choisi le restaurant.

- Il est cher ? - Affreusement.

Tu as bien choisi.

Bonsoir. Pardon, mais nous avons une heure de re…

Ah, pardon.

Mara Ordaz ?

- Oui, toujours. Je touche du bois. - J'hallucine !

Je suis super fan !

Santa gaucha !

Oui, énorme !

- Énorme ? - Énorme !

Énorme ? De quoi elle parle ?

Je m'emporte, pardon !

Ne partez pas, je reviens dans une seconde.

- S'il vous plaît. - Oui, merci.

J'en ai raté des choses à rester chez moi.

S'il vous plaît, approchez.

Pardon, avec l'émotion, je ne sais pas par où commencer.

Que voulez-vous boire ?

- Juste de l'eau. Et du vin, bien sûr. - Deux verres ?

Une bouteille.

On a un très bon Pulenta de 2005.

Un Pulenta ?

- Ce n'est pas donné… - Apporte-le.

- Bien, excusez-moi. - Merci beaucoup.

Notre opération est sur de bons rails.

L'équipe est au travail pour vous chercher une nouvelle maison

et, plus difficile, trouver des acheteurs pour la vôtre.

Mais pour cela,

vous devez me signer…

cette autorisation.

- C'est quoi ? - Un papier

où vous autorisez l'agence, donc moi, à vendre votre maison.

Je vous demande ça, car voilà ce qui m'arrive :

quand je dis que je vends la maison de Mara Ordaz, personne ne me croit.

On me dit : "De Mara Ordaz ? N'importe quoi !"

Il me faut donc votre autorisation.

Je ne t'autorise pas, je t'oblige à le faire !

Vous devez être fatiguée des restaurants de luxe, non ?

Non, ce sont les autres qui me fatiguent.

Le luxe ne fatigue pas, il me va très bien.

Tiens.

Pedro était différent.

Il a toujours été plus discret.

Figure-toi, quand on arrivait quelque part,

tout le monde se battait pour me toucher, toucher ma robe.

Le pauvre, il devait me porter littéralement dans ses bras

et m'emmener dans les cuisines.

Tu aurais dû le voir à l'époque.

Il était si fort, splendide.

Les gens vous aiment, non ?

M'aimaient.

Non, pourquoi ?

Non, le passé est un prélude du futur.

Prologue, plutôt, non ?

- C'est vrai. - Pardon !

- Non, non. - C'est l'influence de Martín.

Martín…

Quel sale type, non ?

Désolé de le dire, mais de ce que j'ai vu,

il n'arrête pas de vous torturer.

Et Norberto ? Pour qui se prend-il ?

Il se croit mieux que les autres, lui qui sait tout.

J'ai bien vu qu'ils se moquaient de moi.

Ils se moquaient de moi,

et c'est rien, c'est pas grave, ça m'est égal.

Ce qui m'inquiète, c'est qu'ils se moquent de vous.

Vous vous êtes sacrifiée pour eux alors que tout le monde vous adore !

Ils ont même monté Pedro contre moi.

Je me sens parfois comme…

une vieille imbécile.

Mara, vous êtes tout sauf une vieille imbécile.

Vous êtes une femme vibrante,

admirable,

vous êtes une belle femme.

- Je t'ai dit que tu avais bon goût ? - Oui.

Voici une bouteille venue tout droit du paradis.

- Bien. - Qui la goûte ?

Monsieur.

- Où sont les toilettes ? - Au fond, à droite.

- Comment j'étais ? Bien ? - Parfaite.

Très bien, très bonne actrice.

Ça fait dix ans que je me forme.

Cinq avec Julio Chávez, quatre avec Nora Moseinco.

Là, je fais un stage de comédie musicale à Proscenio.

Le type dehors, c'est un bon aussi.

- Un collègue à toi ? - Oui, mais il débute.

Rien à voir. Il n'a pas autant d'expérience.

Bien sûr.

Pas si bon que toi.

Tu vas être une grande star.

Merci beaucoup.

Mais,

elle a vraiment été célèbre ?

Je n'en sais rien du tout.

Mais je veux qu'elle se sente bien.

Elle ne vieillit pas très bien.

C'est triste, non ? Quelle profession difficile on fait !

Toutes les professions sont difficiles.

C'est une affaire de professionnels !

Le vin.

- Ah oui ! - Oui.

Et moi, je n'ai pas mon mot à dire ?

Pourquoi ça ?

C'est ma maison, payée avec mon argent,

gagné avec mon succès.

Norberto et Martín

y sont pour quelque chose.

Et ils ont été payés

une fortune qu'ils ont jetée va savoir où !

Et ils m'ont faite prisonnière dans ma propre maison.

Tu les as invités, Mara !

Non. Moi, j'ai invité ma meilleure amie et ma sœur,

qui sont venues avec leurs maris, puis sont mortes.

Alors pourquoi sont-ils restés ?

Je crois qu'ils l'ont bien mérité.

Ne se sont-ils pas occupés de toi quand tu en avais besoin ?

Mais sur qui tu tires, bon sang ?

Sur des belettes. Pour l'instant.

Va te coucher, momie !

C'est l'heure de retourner à ton sarcophage !

Fossile, dinosaure !

Que peux-tu faire contre une belette ?

La belette est jeune, vivante !

Celle-ci m'a l'air morte !

Il chasse à deux heures du matin,

il chasse à 16 heures, il chasse à 15 heures !

Il se prend pour Attila, ce vieux de merde !

Je meurs d'envie de me débarrasser de lui.

Toi et moi, Pedro, seuls.

Comme ça aurait dû être depuis toujours.

Tu n'as pas besoin de moi.

Si !

Je ne veux pas mourir seule.

Je ne saurais pas vivre seule.

Vendons la maison et retournons à Buenos Aires.

J'aimerais tant avoir une deuxième chance.

De quoi ?

De tout.

Et eux ?

On leur donne un peu d'argent, si tu veux,

pour qu'ils aient de quoi vivre

quelque temps,

qu'ils s'installent.

Mais qu'est-ce que tu cherches ?

Ce ne sont que des vieilles critiques.

Ah, regarde ! Il y en a une qui parle de toi.

- Fais voir. - Regarde.

Fais-moi voir.

Ton nom est écrit ici.

"Pedro de Córdova,

le mari de Mara Ordaz dans la vie,

est crédible dans le petit rôle

de l'eunuque."

Ton travail sur la voix était merveilleux.

"Mais c'est Umar Gazán qui brille

dans le rôle du sultan

d'Amara,

avec sa présence imposante et sensuelle."

Tu ne peux pas être jaloux d'une rumeur.

Je t'ai dit mille fois que c'était pour la promotion.

Je ne l'ai jamais trouvé…

vraiment pas…

Regarde !

Regarde, regarde !

Le voilà !

Le titre de propriété.

- Quoi ? - Non, rien.

C'est tout griffonné.

Toute une vie a passé.

Elle m'a laissé dix messages cette nuit, j'ai dû couper mon portable.

Pourquoi ? Elle regrette ?

Non, j'ai dû lui plaire et elle pense à moi sans arrêt.

C'est ta nouvelle target, c'est ça ?

Giselle, la notaire Otamendi va travailler dans mon bureau.

Aucun problème si je m'absente.

Non, j'ai plusieurs targets, je suis un produit de vente massive.

- Oui, je sais. - Un jour, je t'expliquerai.

Sérieusement, elle voulait quoi ?

Quoi ? Tu es jalouse ?

Oui, morte de jalousie.

- Je sais pas si je peux rivaliser ! - La concurrence a du bon.

Tu devras te donner du mal.

Quelle chance de t'avoir rencontré !

Francisco, ton père t'appelle.

Patience !

On voit la vieille aujourd'hui et on signe vite.

D'accord.

Fran ?

Ne dis rien à ton père.

C'est notre projet.

Oui.

OK ?

- Bonjour ! - Regarde qui voilà.

Les génies !

N'en fais pas trop, petit, on t'a déjà fait entrer.

À l'intérieur avec ce soleil ?

À l'intérieur à cause de ce soleil.

Nous sommes des oiseaux de nuit.

Ça a dû être quelque chose à votre époque !

Tu imagines les sixties ?

Mais tout a changé, c'est autre chose.

Vous voulez un tip ?

- Pardon ? - Un conseil.

Pardon, un conseil.

Non, on a ce qu'il faut.

Prenez le soleil.

Vous êtes très pâles, prenez le soleil.

C'est bon pour la vitamine D, pour la peau et les os.

Le soleil, c'est comme la vie.

C'est vrai.

Et la nuit, c'est comme la mort.

Et la mort…

est une nuit éternelle.

J'aime la nuit.

Et j'aime la mort.

C'était une blague.

Bienvenue ! Quelle joie de vous revoir si vite !

On s'attache.

Essayez le white-spirit.

Je me réjouis de votre visite,

car on se sentait désavantagés.

Vous, désavantagés ?

- Oui. - Je ne crois pas.

Si, car vous savez tout de nous, mais nous…

on ne sait rien de vous.

- Il n'y a pas grand-chose à savoir. - Si, il y a de quoi faire.

On fait une petite partie ?

Quoi ? Non, non.

Je n'ai jamais joué au billard.

Francisco ! C'est toi ?

- Oui, Mara. - Te voilà enfin, mon cœur ! Viens.

Descends à la salle de projection !

Pardon, tu m'accompagnes ?

- Non, vas-y. - D'accord.

Je reste avec les garçons.

- Je vous accompagne. - Non, Pedro.

Restez. Ne me laissez pas avec ces deux-là, ils me font peur.

Non ! Pourquoi ?

- Vous m'apprenez à jouer ? - À vous l'honneur.

Depuis quand vivez-vous ici ?

Mara et moi,

quarante glorieuses années.

Quarante ans ?

C'est plus que toute ma vie !

Ça se pourrait, ma chère, ça se pourrait.

Pourquoi avoir mis Pedro sur le titre ?

C'était juste après l'accident et j'ai voulu lui prouver mon amour.

Mais je ne lui ai jamais dit.

Vous l'ajoutez comme propriétaire pour lui prouver votre amour,

mais sans lui dire ?

Tu commences à parler comme Martín.

Quelle horreur, mon Dieu !

- Ça ne peut pas s'effacer ? - Non.

C'est enregistré, on ne peut pas l'effacer.

Mais il ne veut pas vendre ?

Ce sont ces Raspoutines qui le dominent complètement !

Je te jure !

Vous êtes une femme au charme infini.

Vous pouvez sûrement faire quelque chose.

On va essayer.

L'avantage de cette opération, c'est qu'elle est très simple.

C'est comme un jeu où tout le monde gagne.

Non, non, non, non.

Je ne connais aucun jeu où tout le monde gagne.

Tout dépend comment on joue.

Merci.

- Ah, très bien. - Je vous ai bien eus.

J'adore mentir aux gens !

Non seulement vous avez mis deux rayées,

mais regardez ça.

- Je l'avais vue. - Vous allez gagner !

Ne soyez pas si défaitiste.

- Vous allez gagner. - Je prends les rayées.

L'intérêt d'un jeu, c'est qu'il y ait un gagnant et un perdant.

Dans celui-ci, par exemple, vous gagnez.

Mais nous, qu'est-ce qu'on va devenir ?

On ne va pas vous abandonner.

Nous sommes en contact

avec des établissements spécialisés.

On vous aidera à vous reloger.

Des établissements spécialisés, c'est quoi ça ?

- Une maison de retraite. - Excusez-moi,

je fais un peu de ménage devant le trou.

Merci beaucoup.

Je n'aime pas dire "maison de retraite", ça fait vieux.

Et ce qui est vieux, on le jette.

Je vous en prie,

ne vous enfermez pas dans votre rancune.

Enfermés ? Non, la rancune est ce qui me motive le plus.

Certains de mes meilleurs amis sont rancuniers.

Et puis, vous seriez ensemble,

avec d'autres gens dans votre situation.

Vous allez gagner.

Vous avez perdu.

Ah bon ?

Moi, il m'en reste une et vous, toutes.

Oui, mais pour gagner, il faut mettre la 8.

- Allez-y. - Ressers-moi,

il faut que je savoure autre chose que ce triomphe.

Vous connaissez votre problème ? Vous aimez les tirs faciles.

Et rien de ce qui est bon n'est facile.

- Comment ça ? - Mais si,

vous avez joué chaque boule facile.

Je vous ai aidé à la voir.

- Je l'ai vue seule. - Bien,

vous l'avez vue seule, d'accord,

mais j'ai ensuite montré celle-ci.

Facile, vous avez joué.

J'ai fait du ménage.

Facile, vous avez joué.

Vous auriez dû mettre la dernière,

mais vous avez regardé

là où je voulais.

Et pendant ce temps, moi je vous regardais.

Et qu'avez-vous vu ?

Une joueuse jeune,

extraordinaire,

orgueilleuse, je dirais.

Voilà ce que les jeunes ont d'extraordinaire,

l'orgueil.

Et vous, les vieux, vous pensez nous apprendre à vivre, c'est ça ?

Non.

Tout juste à gagner à ce jeu.

Dans ce jeu, pour gagner, il faut regarder le rival,

penser comme le rival,

sentir comme le rival.

C'est difficile. Voilà pourquoi j'aime jouer avec des gens méchants,

des gens comme moi.

Bravo,

joli coup !

Attention, attention !

Quel maître !

- Une autre ! - Bien.

Et quand tous les chemins semblent bouchés,

on trouve toujours un moyen.

Morale.

Il ne faut pas regarder seulement le jeu,

il faut regarder le rival.

Le rival peut être plus dangereux qu'il n'y paraît.

Le rival peut sembler facile

et attaquer quand on s'y attend le moins.

Vous allez me faire "bouh" ?

Non, non.

Ça ne vous fera pas peur, il vous faut

quelque chose de plus fort.

Belette ! Pardon, Martín, continue.

- Vous ne me faites pas peur. - Non, bien sûr que non.

Vous, vous avez peur d'être battue.

Et je vous ai battue.

Merci pour la partie. Pour la morale… non.

Les morales ne se font plus,

ni dans les films, ni dans la vie.

Aujourd'hui, c'est gagner qui compte.

Une fin heureuse, et on passe à autre chose.

Vous jouez très bien.

Il y a un billard à la maison de retraite.

Elle est belle.

Elle est orgueilleuse.

Elle est méchante.

C'est moi ou il va pleuvoir ?

J'entends du tonnerre.

Non, Pedro.

C'est mon cœur qui bat comme le tonnerre.

J'ai été des années traversée par des éclairs,

l'âme dans le brouillard.

Mais je vois maintenant poindre le soleil de tes yeux,

et soudain…

je me sens chaude

et humide.

Prévision :

passion

avec probabilité…

de luxure.

Tu devrais manger moins le soir, Mara.

Non, Pedro.

La journée nous appartient.

Nous allons en profiter,

nous deux,

tous seuls. D'accord ?

Et si on jouait à un petit jeu ?

À part celui de me séduire car tu as quelque chose derrière la tête ?

Je t'en prie, Pedro, arrête tes sarcasmes.

Ça donne de vilaines rides sur le visage, quelle horreur !

Faisons semblant. Nous sommes acteurs.

Fermons les yeux.

Hypnotisons-nous.

Sentons la brise et imaginons que nous sommes à Paris,

pour notre deuxième lune de miel,

et que nous marchons sur la rive gauche.

Le vent souffle une belle musique d'accordéon, parisienne.

De la boulangerie

nous parvient une délicieuse odeur…

Belettes !

Tu veux bien arrêter de chasser ? On s'hypnotise !

Faisons comme si les Nazis arrivaient !

Le plus triste, c'est que ces deux-là m'ont volé ton amour.

Deux vieux seuls, frustrés,

qui ont jeté l'éponge.

Ils n'ont pas jeté l'éponge, Mara.

Ils ont lutté.

Quand tant d'autres s'exilaient, eux, ils sont restés ici.

Et nous, on les a cachés dans cette maison.

Oui.

Ils auraient pu partir en Europe, en Espagne, par exemple,

faire une grande carrière, être quelqu'un,

comme disaient leurs épouses.

Elles le leur disaient, elles le leur disaient…

Allons-nous-en, Pedro.

S'il te plaît, toi et moi.

Francisco dit qu'il peut tirer un million de dollars de cette maison.

Allons en Europe,

on trouvera peut-être un spécialiste pour tes jambes.

Que tout redevienne comme avant, Pedro, s'il te plaît.

Personne ne m'a touchée comme tu me touchais.

Pourquoi as-tu arrêté ? Maudit,

joli, sexy.

Dragon…

aux yeux verts, je te mangerais !

Tu as raison, Mara,

j'ai été bête, nous avons perdu trop de temps.

Maintenant…

tu peux me dire ce que tu veux ?

Ah, ça y est.

À toi, champion !

Échec.

Putain, j'en ai assez de ce jeu, c'est une torture.

Trop cérébral, aucune émotion,

ça manque

de vin, de nuit…

Les voilà !

Salut, les gars.

- Salut. - Salut, ça va ?

Écoutez ça.

On peut maintenant reproduire

à la perfection l'image d'une personne

à l'ordinateur.

Ils vont bientôt faire des films sans acteurs.

Des promesses…

- Comment tu veux ton jus, mon amour ? - Avec beaucoup de sucre, Marita.

D'accord, mon amour.

Et au passage,

apporte des biscuits pour les garçons.

Oui, mon amour.

Quoi ?

Rien.

Pedro, on vient de le voir de nos propres yeux.

Elle était gentille avec toi.

Notre imagination a des limites.

Voyons…

Quel outil l'acteur utilise-t-il pour réussir son travail ?

Le sexe.

Non, il a déjà le rôle.

- Pedro… - La motivation !

Que veut le personnage ?

Je viens d'apprendre qu'il y a quarante ans,

Mara m'a ajouté comme copropriétaire

dans l'acte de propriété de cette maison.

Et pourquoi ?

Pour me prouver son amour après l'accident.

Après tout,

- elle y était pour beaucoup. - Si elle t'a ajouté

à l'acte de propriété pour te prouver son amour,

pourquoi ne t'avoir jamais rien dit ?

Parce que c'est Mara.

Se le prouver à elle-même lui suffisait.

C'est une grande nouvelle.

Sans ta signature, elle ne peut pas vendre.

On ne change rien. Je vais commander une douzaine de rats.

Un problème ?

Je ne sais pas quelle est la motivation de ce personnage.

Vous vous souvenez quand je vous ai demandé

de jouer le rôle du sultan ?

Et tous les deux, vous m'avez répondu que non,

que je n'étais pas assez

romantique.

Umar Gazán était romantique, pas Pedrito.

Vous me l'avez dit.

Tous les deux.

Alors…

Pedrito…

On naît tous

pour jouer un rôle dans la vie.

Mara…

est née pour que Lucrèce Borgia ne meure pas.

Martín…

est né pour donner vie à Gertrudis.

La nigaude au bedon.

Moi,

pour dire aux autres ce qu'ils doivent faire.

Et toi…

tu es né pour ne pas être acteur.

Tu ne peux pas jouer un autre, tu ne sais pas mentir.

Mara

peut jouer la noblesse.

Toi,

tu es noble.

Gazán a pu feindre l'amour

avec mille femmes.

Toi, tu as donné ton cœur

une seule fois,

et pour de vrai.

Je n'ai jamais connu personne avec autant de passion.

Le problème,

c'est que tu ne peux pas la jouer.

Excusez-moi,

Mara me prépare un jus de fruits.

On lui fait un procès pour folie.

Combien on en connaît prêts à témoigner ?

Ils sont tous morts, Martín.

Pour mettre Mara dans un asile de fous, ils se lèveraient de leur tombe !

Mais on ne peut pas faire ça.

Pedro l'aime.

Tu te souviens de ce que c'est ?

Vaguement.

Lui, oui. Pour lui, c'est très clair.

Je ne vois pas ce qu'il lui trouve.

Ce qu'il lui trouve, ce n'est pas la question.

Le problème,

c'est les deux autres.

Des vermines.

Non, des bestioles.

Des bestioles, tous des bestioles.

En parlant de bestioles…

Allez, Romulus ! On y va.

Allez, on va manger ces bestioles !

Voilà.

Quel régal ! Voilà… Regarde, regarde.

On dirait presque qu'elle danse !

Ça, c'est un insecte !

Tu vois ? Regarde.

Ça, c'est un insecte, pas comme…

pas comme cette Barbara,

et l'autre.

Une bestiole…

en mange une autre.

Ça m'énerve quand c'est si facile !

- Bonjour. - Bonjour.

Mara vous attendait.

Non, c'est un grain de beauté.

J'aimais ce grain de beauté.

Vous vous aimiez beaucoup ?

Avec le grain de beauté, oui, mais il était peu démonstratif.

Vous devez savoir

que c'est la version de Pedro.

Estela n'était pas si…

si comme ça.

Au début, on s'aimait beaucoup, oui,

avec Estela. Après…

allez savoir.

Si les films, qui sont faits de plastique, vieillissent,

imaginez donc l'amour, qui est fait d'intentions.

Un jour, elle a disparu

et on n'a plus jamais entendu parler d'elle.

Désolée.

Merci beaucoup, ça arrive.

Oui, mais…

ça ne doit pas être facile que l'être aimé disparaisse subitement.

Ça n'a pas été facile.

Vous étudiez le rival.

Vous faites bien.

Oui, je voulais vous présenter mes excuses, l'autre jour…

Bonjour !

Tu es venue seule ?

Oui, Francisco avait une réunion urgente,

mais je dois vous dire qu'il pense à vous sans arrêt.

Il est fabuleux ! On a eu un très bon feeling.

J'ai trouvé un endroit génial pour Pedro et vous.

- Non ? - Si, en plein centre, bien situé,

bon voisinage, très beau.

Si je pouvais le payer, je l'achèterais.

Dis-moi tout !

Norberto, tu peux aller à la cuisine nous préparer un thé ?

Non.

Tu peux aller à la cuisine te tirer une balle ?

Non plus.

Tu peux te tirer une balle n'importe où ?

Je préfère te préparer un thé.

Je savais bien que j'allais te convaincre.

Échec.

Dis-moi tout.

Quand puis-je aller le visiter ?

- Quand vous voulez ! Et Pedro ? - J'y travaille.

Toute cette mièvrerie me dégoûte.

Les deux autres… m'inquiètent.

- Ils sont un peu étranges, non ? - Non.

Ils sont tordus, bizarres, pervers,

mais dans notre milieu, c'est normal.

Parle-moi du bien.

Il plaît à Francisco ? Il a si bon goût !

J'ai comme l'impression

qu'il s'est passé quelque chose avec leurs femmes.

Pourquoi ça t'intéresse ?

Pour vous connaître un peu mieux.

Ils ne s'entendaient pas ?

Personne ne s'entendait avec personne dans cette maison.

Il y avait beaucoup de frustration.

Ils avaient un talent incroyable,

mais les années 70 ont été terribles pour eux.

Pourquoi fallait-il que Martín réalise un documentaire

sur des récoltants de canne à sucre ?

Qu'ont-ils fait pour lui ?

Jamais rien ! Mais voilà… liste noire.

- Norberto a été aussi blacklisté ? - Non !

Il a été solidaire avec son ami et il s'est retiré.

Quand la démocratie est revenue, leur heure était passée.

Tout le monde leur a tourné le dos.

Martín a fini par inventer

Gertrudis, la nigaude au bedon.

Non ! C'est lui le créateur de Gertrudis ?

Oui.

Il travaillait ici en cachette.

Bon, parlons de l'appartement.

Tu crois que les meubles de cette maison entreront dedans ?

Oui, bien sûr.

Enfin, certains.

Comment est morte votre sœur ?

Elvira…

est morte d'une contusion cérébrale.

Il y a huit ans.

J'étais à Formosa avec un autre écervelé

qui se disait réalisateur.

Tu n'imagines pas le chef-d'œuvre…

La fillette qui criait putain.

Ça se voulait être un film d'horreur, mais c'était juste horrible.

Pardon, où en étions-nous ?

Ah, oui ! L'appartement…

La mort de votre sœur.

Je ne veux pas parler de ça.

Pourquoi ?

Parce que je ne veux pas !

Pardon.

Mais…

j'ai l'impression qu'on va vivre quelque chose de très beau…

C'était une maniaque du ménage, elle lavait sans arrêt,

les pièces, les fenêtres… mais en réalité, son obsession,

c'était lui.

Elle l'emportait partout comme un bébé.

Elle le montrait à Martín et lui disait :

"Regarde, il aurait pu être à toi.

Tu nous en as privés, toi…

et tes récoltants de canne à sucre."

- Et puis ? - Elle a glissé,

elle a dévalé les escaliers

en dégringolant,

s'est cognée contre le socle

et le bébé a sauté dans les airs

et a atterri sur sa tête.

Elle est morte sur le coup.

Un étrange accident.

Détrompe-toi, regarde comme c'est lourd.

On signe quand ?

Pas étonnant qu'Estela soit partie.

Elle ne s'entendait pas avec Norberto.

Et après la mort d'Elvira, c'était insupportable.

Il a commencé à boire, il lui criait dessus sans arrêt,

elle a failli devenir folle.

Et une nuit, elle a fini par partir.

Elle s'est évaporée

et m'a laissée seule avec eux.

Elle ne m'a plus jamais rappelée.

Comme si j'étais responsable.

Je ne veux pas parler de ça.

Pardon.

Vous avez dit que vous étiez à Formosa,

vous n'étiez pas là quand elle est morte.

Non.

C'est eux qui m'ont raconté.

Mais ça suffit, parlons de l'avenir.

Oui. Vous avez raison.

- Vous avez les papiers ? - Oui.

Ils sont en haut.

Un petit thé.

Ne faites pas attention à moi, continuez.

Tout sera en ordre, je vais les chercher.

Un agent du fisc est venu un jour, mais il était

tellement fan de moi

qu'ils ne nous ont plus jamais dérangés.

Échec.

Le terrain fait plus de dix hectares ? Je peux voir les plans ?

Voyons…

Je ne peux pas l'ouvrir,

c'est coincé. C'est cette maison

qui coince tout.

Elle te coince, elle coince le tube,

- elle coince tout. - Montrez.

Ce n'est pas ça.

Non,

il n'y a rien d'autre, c'est forcément là-dedans.

Mais…

ce sont des injonctions des impôts.

Vous n'avez jamais répondu ?

Je ne les ai pas lues.

Imagine, avec le nombre de lettres que je reçois des fans

qui m'aiment, qui donneraient leur vie pour moi,

et à qui je n'ai pas répondu, les pauvres.

Je ne les ai pas lues.

Vous devez

sept ans d'impôts.

- On peut payer après la vente ? - Non.

On ne peut pas vendre une propriété endettée.

Entre les amendes et les intérêts,

ça peut vous coûter des milliers.

Et d'où je sors des milliers ?

On parle de combien de milliers ?

On vit de nos retraites, de nos économies,

de ce qu'on plante ici…

On n'a plus d'argent.

J'aurais vraiment dû lire certaines de ces lettres.

Je me souviens même de quelqu'un

qui voulait me produire un film.

Un grand admirateur.

Mais enfin, je ne sais pas

si je devrais en lire maintenant.

Ce n'est pas simple de devoir payer tant de choses

dans cette maison alors qu'on n'a pas d'argent.

On ne nous a rien dit, je n'ai rien lu non plus.

Mais au fond, que sais-je,

c'est si difficile d'évoluer dans ce monde.

Ce n'est plus comme avant.

Vous ne pouvez pas emprunter ?

- Hein ? - Emprunter ?

Non, je n'ai plus personne.

Vous n'avez pas un bijou, quelque chose à vendre ?

Non, on a tout vendu avec le temps.

Il me reste un bracelet.

Très précieux.

Le seul que je n'ai jamais voulu vendre.

Bien ! Ça suffira ?

Largement, voyons.

Tu te souviens de mon film Le sultan de Muhamá ?

Oui ! Umar Gazán ?

- Oui. - Il était si beau !

C'est lui qui me l'a offert.

Ça suffira sûrement.

Je vais le retrouver.

Parfait.

Je vais le retrouver.

Ne vous inquiétez pas, la paperasse prendra quelques jours.

Échec.

Vous avez retrouvé Romulus.

Comment a-t-elle bien pu rentrer dans le tube ?

La persévérance.

Que dois-je faire de vous ?

Elle surjoue toujours.

Il faut agir.

Oui.

Qui est le voleur ?

Éteins ça !

Allez, parlez.

L'écrivain fini, le paraly…

le réalisateur à deux balles ? Qui est le voleur ?

À part la raison,

tu as perdu quoi ?

Je n'ai rien perdu, on m'a volé.

Le bracelet perse du sultan. Ne faites pas les innocents !

Lequel ? Celui qu'Umar Gazán t'a offert ?

Mais tu ne m'avais pas dit que c'était une babiole ?

Non, c'était un cadeau d'amour !

- Quoi ? - Peu importe, ça vaut une fortune.

- Où est-il, bordel ? - Ma chère, surveille ton langage.

Il y a des enfants.

Puisque ta question est claire, je te donne une réponse claire.

Il est parti avec Elvira.

Ne rigole pas avec ça.

Elvira adorait ce bracelet

et voulait être enterrée avec.

C'est n'importe quoi !

Ça, je l'ai dit à l'époque.

Mais ce n'était pas une babiole ?

On doit le vendre, il y a des choses à payer !

- On ne l'a pas. - Il faut le récupérer !

Mais c'était une babiole !

Écoute, tu as le cœur fragile.

Tu n'aimerais pas voir les restes de ta sœur

pourris, décomposés, odorants,

pleins de vers…

Tu es déjà un peu pâle.

Il faut le récupérer, il le faut !

Tu serais capable

de ça pour un cadeau de cet abruti ?

Je suis capable de tout.

Vous allez voir.

Donc ce n'était pas une babiole.

Non, il semble que c'était un cadeau d'amour.

J'ai entendu ça, pas toi ?

Si, si, clairement,

"cadeau d'amour".

Mais enfin,

c'était il y a très longtemps, mieux vaut oublier,

vendre la maison,

qu'ils puissent tout recommencer…

Oui, il faut parfois savoir faire l'idiot.

Tout à fait.

Le rôle du sultan était le rôle de ma vie.

Et vous avez choisi ce type.

La prochaine fois que vous voulez me manipuler,

n'oubliez pas que, sans cette décision,

tout aurait été différent.

Ma carrière,

Mara,

ma vie,

nos vies…

Tout.

Tu nous donnes la main ?

Ah, tiens.

Le tonnerre juste au bon moment, tu le crois ?

Tu mets ça dans un film et personne n'y croit !

Alors c'était un cadeau d'amour ?

Lui, sultan. Moi, eunuque.

Je n'avais aucune chance.

Tais-toi, Pedro, s'il te plaît.

Tu aimerais que je sois muet et flou,

comme ce film, non ?

Quelle bonne actrice tu étais !

Tu feignais si bien la passion !

C'était parfait.

Surtout quand le réalisateur a dit :

"Coupez !"

et que vous avez prolongé le baiser.

Quelle bonne blague !

Coupez !

Coupez !

Comme tu riais, Mara !

Et moi, planté là, à rigoler comme un imbécile,

en faisant comme si ça m'était égal.

Ça semblait même m'amuser !

Et on disait que j'étais mauvais acteur !

Un sacré eunuque !

Et les interviews à la presse,

ennuyeuses, non ?

Mais tu étais une professionnelle,

et s'il fallait y aller, tu y allais.

Et moi aussi.

Comme n'importe quel pauvre admirateur.

Tu te préparais si bien pour un rôle !

"L'émotion, Pedrito,

l'émotion est le plus important,

il faut s'abandonner à l'émotion."

"Il faut baigner dans l'émotion."

Ton émotion était si crédible.

Si vraie.

Comment ne pas la croire ?

J'ai eu plus de succès que toi, et alors ?

Je t'ai aimé quand même.

Pourquoi étais-tu aussi jaloux ?

Parce que je jouais l'eunuque,

mais que je n'en étais pas un.

Que voulais-tu que je fasse ?

Que je subisse en silence ?

Pendant que tu t'amusais devant tout le monde.

Plus jamais nous n'avons ri ensemble.

Et comme tu riais, mon amour, comme tu riais !

Tout le monde t'aimait pour ce rire brillant et lumineux.

Et moi,

ton premier fan,

je t'aimais plus que personne, plus que moi-même.

Nous étions si jeunes, Mara !

L'amour prenait toute la place, mais plus maintenant.

La vie nous a remplis et nous n'avons plus de place…

pour rien.

Que veux-tu ?

La vérité.

Je t'ai trompé.

Il y a quarante ans, je t'ai trompé.

Et depuis quarante ans, je te gâche la vie.

Et depuis quarante ans, j'en souffre chaque jour de ma vie.

Tu es content ?

Pourrais-tu…

demander pardon ?

À quoi bon ?

Ce qui est fait est fait.

Et personne ne demande pardon dans cette maison.

Les surprises du temps.

Dire que ces fragiles phalanges ont un jour ressemblé

à un chapelet de chorizos.

- Où vas-tu ? - Au fisc,

essayer de régler ça.

Oust, oust.

Marita, ne joue pas à ça.

Je jouais à ma guise quand tu réalisais, alors maintenant…

Regarde ce qu'on a trouvé.

On fait la paix ?

Et voleurs, en plus !

On ne fait pas la paix.

- Donne. - N'y touche pas.

- La cadavérine, tu connais ? - Quoi ?

Le venin des tombes produit par la putréfaction du cadavre.

Il faut le désinfecter.

En plus de la forte odeur d'urine,

de putrescine, de vaginose bactérienne…

Qu'est-ce qu'on dit ?

- Répugnants ! - De rien.

Vous pouvez faire vos valises.

Je vais voir Francisco.

- Donne-le-moi ! - Tu ne vas pas vendre la maison.

Ah bon ?

Je ne signerai pas.

C'est ta vengeance ?

Non, ce n'est pas une vengeance.

Malgré tout, c'est la vie qu'on a construite.

Ça, pire que tout,

c'est une condamnation.

Si seulement tu nous avais tués tous les deux.

Je préfère être morte que vivre comme ça.

Je me suis inspiré de toi pour Gertrudis.

Ouvre.

- Connard. - Va te faire…

Elle préfère être morte.

Je crois qu'on est trop enfermés dans cette maison.

Il faut changer de décor.

Je ne peux pas venir ?

Je sais mieux la prendre, laisse-moi faire.

C'est vrai, bourreau des cœurs.

- C'est plus fort que moi, que veux-tu ? - Oui, je sais.

Écoute, avec ça, on paye les impôts et voilà.

C'est fou qu'elle te donne ce bracelet, tu ne te rends pas compte,

il est puissant…

Puissant ? C'est le bracelet de Wonder Woman ?

Tu n'as pas vu le film.

- Tu recommences ! - Regarde-le, mon chéri.

- Le bracelet a l'air de te plaire. - Ça t'étonne ?

Bon, si tu es sage, on verra…

- Bonjour. - Bonjour.

Je viens de croiser Barbara Otamendi

et elle m'a dit de l'attendre dans son bureau.

C'est le bureau de M. Gourmand fils.

Oui, bien sûr, mais ils travaillent ensemble.

Oui, enfin… Oui.

Signature, identité, entreprise et heure d'arrivée.

Bien sûr, Mario Soffici…

Putain.

des Studios Soffici…

del Carril…

et Tinayre.

Barbara est sortie boire un café, asseyez-vous.

Pourrais-je l'attendre dans son bureau ?

Parce que je suis un petit peu…

plus tout jeune.

Troisième étage.

Merci.

Merci.

Waouh !

Non, ne le touche pas !

Évitons de tripoter tant de beauté.

Celui qui vous l'a offert devait vous adorer.

Ça a été une obsession passagère.

Mais je peux comprendre l'adoration.

Quel romantisme. Bon, tu crois que ça suffira ?

C'est triste quand le romantisme meurt dans un couple, non ?

Barbara,

M. Soffici t'attend.

Qui ?

Soffici,

de l'entreprise Soffici, del Carril et Tinayre.

Que faites-vous ici ?

Pardon pour le nom,

j'ai toujours voulu être Soffici.

Vous connaissez ?

Que voulez-vous ?

Vous ne le connaissez pas !

Que voulez-vous ?

Discuter.

C'est parfois triste

d'arriver à la conclusion que la personne qu'on a aimée

n'est plus la même.

C'est terrible.

Pourquoi rester avec quelqu'un qui ne vous aime pas ?

C'est triste qu'il n'apprécie pas tout ce que vous avez fait pour lui.

Quand j'y pense, le divorce est peut-être la meilleure solution.

Car aucun de vous deux n'est heureux maintenant, non ?

J'espère que les toilettes sont là où je les ai laissés.

Je suis venu jusqu'ici

car j'avais envie de vous voir dans votre habitat naturel.

Même si, pour une agence immobilière familiale,

j'imaginais ça plus petit.

C'est une grande famille.

Dont vous ne faites pas partie.

Vu votre assurance,

j'ai cru que vous étiez la patronne de Francisco.

Mais c'était l'inverse.

Je suis notaire et freelance, pas employée de cette maison.

Ne vous inquiétez pas, avec vos talents…

de notaire, vous serez bientôt directrice.

On est débordés, en quoi puis-je vous aider ?

J'imagine, je vois ça.

Mais vous ne vendez pas de maisons.

Vous êtes des… Comment on dit maintenant ?

"Développeurs" ?

- On développe des complexes, oui. - Voilà, c'est ça !

Avant, les choses étaient plus simples,

maintenant tout est complexe.

Voilà ce que je ferais du terrain de Mara.

Je démolirais la maison

et je développerais

un complexe.

Parce que notre film est terminé.

Il faut démonter le décor.

Ce serait le plus pragmatique, oui.

Et le pragmatisme, vous en connaissez…

un rayon.

Je regardais la bibliothèque.

La collection complète de "Aide-toi toi-même

en te fichant des autres".

Et ce qui m'a énormément surpris, beaucoup de films de Mara !

Certains réalisés par moi-même.

De loin les meilleurs.

Vous avez pris le soin d'enquêter sur nous.

C'est artisanal votre truc.

Je respecte beaucoup les bons artisans.

C'est mon préféré,

Midis d'amour.

Il m'a beaucoup émue.

Très léger.

Intelligent, amusant. Mais non,

Martín a dû sauver le monde avec ses documentaires

et a fini par faire La nigaude Gertrudis.

- Au moins, il a essayé de le sauver. - De qui ?

Le monde va très bien.

Il fonctionne, il est ordonné, logique,

il n'est même pas compliqué.

Il y a une seule règle :

le plus fort gagne.

Le monde nous prévient, et celui qui prévient ne trahit pas.

Vous êtes la seule personne à m'avoir tenu tête.

Vous êtes fort.

Encore un cliché ?

Lequel ?

La femme araignée,

la veuve noire.

C'est la faute de Martín.

Il m'a forcée à regarder le rival,

et maintenant, je ne peux plus le quitter des yeux.

Et puis, il vaut mieux qu'on soit du même côté.

Le contrat sera signé.

De bon gré, c'est mieux.

Entre artisans, on se comprend.

Je vous en prie,

ne vous moquez pas de moi.

Je ne me moque pas.

Non.

- Non. - Pourquoi ?

Parce que pour toi, c'est une obsession passagère.

Et moi, je cherche le grand amour.

Alors au travail.

Comme vous êtes jolie, madame… Mardaz.

Très jolie !

Oui, j'ai mis le costume de mon premier film.

- C'est ça ! - Tu te souviens ?

Vas-y.

Je n'ai pas la mémoire des noms, c'était comment ?

La fillette qui criait…

Beaucoup ? Non.

Non, non. La fillette qui criait…

- Fort ? Beaucoup ? - Tu ne sais plus ?

Si, il était super, et maintenant que je vous vois…

C'est ce que je préférais, tu sais ? Danser et mourir.

Comme dans la scène de mort

de Lucrèce Borgia, tu te souviens ?

J'ai pleuré tout le film.

C'est très fort.

Et les scènes d'amour avec Alfredo Alcón dans…

Gertrudis,

la nigaude…

au bedon.

Oui, d'ailleurs,

avec une amie, on trouve qu'elles sont parmi les meilleures

du cinéma national.

Mais comment peux-tu ? Comment oses-tu jouer devant moi ?

Actrice de pacotille ! Qui es-tu ?

Une danseuse, une figurante !

- Dehors ou je te tue ! - C'est bon, pardon.

Aujourd'hui, j'ai cherché

le certificat de décès d'Elvira.

Il est introuvable

nulle part.

J'ai demandé à la ville, à la capitale, à la province, rien.

Vous en avez fait des kilomètres.

Online, Norberto.

Pour l'État,

Elvira n'est pas morte.

Ça m'a semblé suspect et j'ai pensé que votre ex-femme pourrait savoir.

J'ai regardé sur l'état civil,

et son dernier domicile est la maison de Mara.

J'allais me mettre à sa recherche,

mais je me suis souvenu

de la baignoire trouée,

et je me suis dit…

que je ne la trouverai pas.

Vous voyez pourquoi je vous trouve fort ?

Elvira, Estela,

la fin justifie les moyens.

Cette morale, je vous la prends.

Elle a compris, je ne sais pas…

Dis-moi, espèce de fils de pute,

tu cherchais quoi ?

Pour qui tu me prends ?

Toi, dégage !

- Hein, pauvre con ? - Du calme.

Avec les admirateurs que j'ai eus, tu cherchais quoi ?

Tu n'as pas le niveau d'un gigolo, sale crétin ?

- Pas de scène… - Dégage !

Mara, Mara…

Tu crois qu'à mon âge, je vais jouer les vieilles pathétiques pour toi ?

- Je ne l'ai jamais fait. - Je voulais…

Non, s'il vous plaît, Mara, Mara.

Restez, s'il vous plaît,

restez.

Oublie la maison.

Oublie tout.

Non, non, non. Vous avez signé un contrat.

Tu ne peux pas m'obliger à vendre.

Non. Mais vous avez accepté ici

de payer tous les frais relatifs à la recherche de biens et d'acheteurs.

Et c'est une fortune, Mara.

Je peux vous faire un procès pour perte de profits et malveillance.

Beaucoup d'argent.

Que vous n'avez pas.

C'était une copie.

Si vous voulez vous défouler un peu plus, en voilà une autre.

Déchirez-la.

Mais parlons de Mara.

Je ne veux pas qu'il lui arrive malheur.

Je ne veux pas qu'elle glisse,

qu'elle tombe,

qu'elle trébuche ou qu'elle dérape.

Je ne veux ni infarctus, ni hémiplégies,

ni pneumonies, ni quintes de toux.

Ni maux de tête, ni rages de dents, ni diarrhées, ni grippes.

Si elle est prise d'aigreurs, j'appelle la police.

Et ne songez même pas à vous en prendre à moi,

avec les preuves que je vais laisser, on vous mettra en prison.

Vous allez me supplier d'aller à l'hospice.

Ça suffit, s'il vous plaît.

Respirez.

Du calme, asseyez-vous.

Que je respire…

Voilà.

Je ne veux pas saisir la justice.

On va régler ça entre nous.

Pourquoi tu nous fais ça ?

Qu'est-ce qu'on t'a fait ?

Non, non, vous rien. Non, ce sont les affaires.

Pourquoi vous réagissez ainsi ?

Parce que je ne pense qu'à moi ?

Vous aussi.

Toute votre vie, vous n'avez pensé qu'à vous.

Pedro doit signer.

Ne vous en faites pas, c'est fini.

Vous pouvez le convaincre ou divorcer.

Comme vous voulez.

Pourquoi ?

Pourquoi moi ?

Pourquoi ?

Jamais je n'ai rencontré quelqu'un comme vous.

Au cinéma, c'est possible.

Mais dans la vie,

non.

On s'en tire mieux dans la vie.

C'est pour ça que j'ai fait du cinéma.

Pardon.

Après tout ce qu'on a fait pour toi ?

Qu'avez-vous fait pour moi ?

Je te dis ce que j'ai fait pour toi aujourd'hui ?

Je ne parle pas des films

il y a quarante ans,

ni de t'avoir sauvé la vie il y a huit ans,

je parle d'aujourd'hui !

Aujourd'hui, j'ai failli m'humilier

devant cette…

garce,

pour la supplier,

à genoux s'il avait fallu,

de nous laisser mourir en paix.

Mais par chance, je n'ai pas pu,

car une fois de plus, une fois de plus,

j'ai dû te couvrir

pour la mort des filles.

- Des "filles"… - Tais-toi.

Cette fable qu'on a fabriquée,

on l'a répétée tant de fois

qu'on a commencé à la croire.

- De quoi tu parles ? - Tu ne sais pas ?

Reviens à la réalité, Mara ! Réveille-toi !

Cette façon que tu avais de répéter cette cérémonie

encore et encore et encore,

devant le seul public qui te restait.

Soit Estela te le remettait

et Elvira applaudissait.

Soit Elvira te le remettait

et Estela applaudissait.

Soit personne ne te le remettait pour qu'elles t'applaudissent ensemble.

Mais cette fois-là a été…

spéciale, non ?

C'était très émouvant.

Vous n'imaginez pas ce qui m'est arrivé !

Mais c'est nous…

qui avons caché les corps.

Nous.

Pour que la presse ne l'apprenne pas,

pour qu'il n'y ait pas de scandale,

pour qu'il ne t'arrive rien à toi.

Pour qu'il ne t'arrive rien

à toi !

Et voilà comment tu nous remercies. On a tout perdu.

Tout.

Tout.

Elle est froide.

Elle est actrice.

Et bonne.

Mais ce n'est pas un film, messieurs.

Ça se termine ici.

Les quatre protagonistes sont vaincus,

les méchants gagnent, la musique ne s'envole pas.

Une fin de merde.

Comme dans la vie.

Et un lent fondu au noir.

Attendez.

Je crois qu'on a le temps pour un dernier acte.

Et mes affaires ?

Non, moins, moins…

Et mes affaires ?

Non plus.

Un entrepôt ? Un entrepôt !

ÊTRE UNE STAR D'HOLLYWOOD N'A PAS CHANGÉ MA VIE

Mon œuvre, toute ma carrière, ma vie, mon sang, mon art,

mon art,

mon art dans un entrepôt !

ENTRE LE CINÉMA ET L'AMOUR

Quelle maladresse !

Excusez-moi.

SA CARRIÈRE PREND UN NOUVEAU TOURNANT

Les voilà.

Tu es prêt ?

Un entrepôt, un entrepôt ! Comment ça ?

C'est trop tôt, le thé n'est pas froid.

Mets-le au congélateur.

- Il est hors tension. - Sers-le comme ça.

- Ça a un autre goût. - Peu importe !

Non, le goût, c'est la base.

Le goût, c'est l'effet, le détail. Le goût, c'est Dieu.

Si vous voulez, je peux jouer le froid.

Tu ne sais faire que ça.

Ce n'est pas le moment de dire des méchancetés.

Silence !

Je suis prête.

Pas moi !

Les amandes doivent refroidir

à température ambiante pour garder l'amertume.

J'ai pleinement confiance en toi.

L'amertume est ta spécialité.

- C'est pour ça que je t'aime. - Ne vous disputez pas.

Si on le fait, que ce soit avec élégance.

- Bien. - Merde.

Bonne chance.

- Bonjour ! - Bonjour !

Vous avez l'air heureuse.

Oui, avoir l'air heureuse c'est ma spécialité.

Vraiment très belle.

Vous avez mis mon bracelet !

- Délicate attention. - Oui, mais je l'ai payé.

Avec mes frais de notaire pour l'opération.

Oui, je l'aime.

J'aime tout ce qu'il représente et c'était

l'occasion parfaite pour le porter.

Quel bon goût !

- Ça ne la dérange pas, tu vois ? - Au contraire.

Vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir.

On y va ?

Action !

Bienvenue !

Bonjour !

- Quelle joie de vous voir ! - Vous êtes de bonne humeur !

Quel beau bracelet pour une belle dame.

Oui, il a une drôle d'odeur.

C'est l'odeur du classique, vous vous habituerez.

Vous allez chasser la belette ?

Je ne chasse pas la belette,

la belette vient à moi.

Entrez, je vous en prie.

Voici notre part.

Vous n'avez pas d'avocat ?

Non, non, non.

Vous ne voulez pas de témoin ?

Non, non, non !

Pas la peine.

Je me mets à votre place… quarante ans dans cette maison !

Bien sûr, vous y êtes bien,

mais ce sont aussi quarante ans loin du monde, non ?

Vous pouvez revenir, vous faire de nouveaux amis.

Vous avez beaucoup d'amis ?

Bien sûr.

Et vous les voyez ?

On travaille beaucoup, mais on se retrouve parfois.

Je suis même en contact avec deux amies du lycée.

C'est mignon !

- Et l'argent ? - Je veux dire des amis.

Qui s'intéressent à ce qui vous arrive,

qui se sacrifieraient pour vous.

Toi et tes pirouettes, Norberto.

C'est bon.

Je comprends la question.

Je n'ai pas le temps pour l'amitié.

C'est le problème aujourd'hui, personne n'a le temps pour l'amitié.

Nous, si.

Pedro et moi, on s'occupera de vous.

Une sorte d'indemnisation.

S'il vous plaît,

que cela ne détruise pas votre amitié,

mais vous devez comprendre que ce terrain est immense pour quatre.

Surtout dans un monde où il y a trop de gens.

Surtout deux.

Bien, voici le petit thé.

Il n'est pas froid, car on a des soucis d'électricité,

mais pas chaud non plus,

car on a des soucis de gaz, alors…

Quels sont vos projets pour le terrain ?

Je me fiche bien de leurs projets.

Cette maison est pleine de souvenirs tristes.

Où faut-il signer ?

- Ici. - C'est fou que ça te soit égal.

- C'est chez nous. - Un instant. Martín ?

Je veux vous expliquer que ça n'a rien à voir avec l'âge.

Il n'y a ici

ni arrogance juvénile, ni mépris de la vieillesse.

Je suis bien conscient que je vieillirai aussi.

N'en sois pas si sûr, comme disait mon ami Tusam,

ça peut rater.

Tu étais ami avec Tusam ?

Très ami, je le tutoyais.

Pardon, avant de signer,

- ne faudrait-il pas voir l'argent ? - Oui.

- Ne le prenez pas mal. - Non, non, non.

C'est ridicule qu'on ne puisse pas réaliser ces opérations

par chèque.

Comme convenu,

200 000 dollars maintenant, 20 %,

et le reste à votre départ.

- Vous comptez ? - Non, on a confiance.

Pleinement.

Non, s'il vous plaît, signez d'abord,

vous boirez votre thé après.

La nervosité est partagée.

Je veux en finir vite.

On va quitter la maison au plus vite,

on a peu d'affaires,

et ils ont déjà fait leurs valises.

Pardon, et mes affaires ?

À l'entrepôt, Pedrito.

Comment ça, à l'entrepôt ?

Mes affaires, ma vie, mon sang, mon art,

toute une vie dans un entrepôt !

- Une carrière dans un entrepôt ! - Non, non, on va fêter ça,

prends un petit biscuit.

- Moi aussi, je me permets. - Bien.

Bon, poursuivons la signature.

Signature et identité.

- Voilà. - Attention !

Quelle maladresse !

Pardon, excusez-moi.

Ne vous inquiétez pas,

j'ai des copies.

Ah bon.

Mais c'est drôle comme, avec l'âge,

on retombe en enfance, non ?

Un accident arrive à tout le monde, Pedro.

Le principal, c'est que vous signiez.

Ça y est.

C'est fait, trinquons !

Santé !

À la vie !

Santé, santé.

Mais il se fait tard !

Cinq heures…

vingt-trois.

La nuit va tomber.

Vous partez ?

Non, non.

Nous, non.

Resservez-vous.

Avec plaisir, c'est délicieux.

Cette recette intéresserait sûrement une chaîne de cafés.

Non, je ne crois pas.

Je connais des boss de Starbucks, je peux vous mettre en contact.

Non, ce n'est pas pour une entreprise,

il faut moudre les amandes à la main,

c'est un travail artisanal.

Des amandes ?

Amères.

Tic-tac, tic-tac.

Vous ne buvez pas, vous trois ?

Trop maladroit.

Ulcère à l'estomac.

Instinct de survie.

On se croirait à un enterrement,

quel est le lien entre la vie et le thé aux amandes ?

Étroit.

Peut-on mourir avec l'épine d'une rose ?

Bien sûr que non.

Et le tétanos ?

Isadora Duncan

portait des châles

longs et beaux. Un jour,

l'un d'eux s'est pris dans la roue de son cabriolet.

Ciao, Isadora Duncan.

La chose la plus innocente peut être mortelle.

Bien sûr, par exemple,

les amandes amères sont inoffensives, mais…

le cyanure

a le même goût.

La vie et la mort dépendent

de celui qui mélange les ingrédients.

Tic-tac,

tic-tac.

Pedro,

- qu'est-ce que tu m'as fait ? - Comment ça ?

Comment ça ? Comment peux-tu penser que… ?

Je t'en prie.

Et puis, le cyanure et les amandes sont très faciles à distinguer.

Parce que le cyanure et ses dérivés produisent…

- Pedro… - en quelques secondes

une sensation d'asphyxie.

Pedro…

S'il te plaît…

Arrêtez vos enfantillages,

c'est quoi ?

Un spectacle d'école ? Vous allez sortir une autre araignée ?

Je… Je ne peux plus respirer.

Comment ça, tu ne peux plus ?

Ils nous ont menti !

C'est quoi ça ?

Ils nous ont trahis.

Attends, ça suffit, coupez, je ne joue plus.

- On avait dit pas Mara. - Mais tu l'as vue boire.

On avait dit que le poison était pour eux.

Que se passe-t-il ?

Arrêtez vos conneries !

J'ai des preuves pour vous mettre en prison.

On a plus de 75 ans.

On serait assignés à résidence.

Pedro…

Non, Mara.

Son verre devait être potable, qu'est-ce que vous avez fait ?

- Le nécessaire. - Mon amour.

Pedro !

Qu'est-ce que vous avez fait ? Non, pas ça.

Je veux vivre avec toi, Pedro.

Oui, mon amour, moi aussi.

On a perdu trop de temps, Pedro, je ne veux pas mourir.

Non, non, ne t'inquiète pas.

Ce n'est pas ce qu'on avait répété.

Je ne peux pas vivre sans toi, ma chérie.

Tu ne savais pas ?

Non.

Mara !

Je ne tolérerai pas ça. L'antidote !

Je ne tolérerai pas ça !

- Si elle part, je pars aussi ! - Non, non !

Laisse-moi, je ne peux pas vivre sans elle.

Je ne veux pas mourir,

pas maintenant.

- De l'eau ! - Mara !

- De l'eau ! - Qu'avez-vous fait ?

Mara !

C'est quoi ?

Les grands moyens.

Mara !

Ma chérie.

Mon amour.

Pedro.

Quoi, ma chérie ?

Reste avec moi.

Oui.

- Je t'aime, tu sais ? - Oui.

Moi aussi, Mara.

- Tu le sais, non ? - Oui.

C'était faux pour Umar Gazán.

J'étais fâchée.

Je ne t'ai jamais trompé.

- Ça n'importe plus. - Si,

ça importe,

parce que je voulais te blesser.

Maintenant tu sais, mon amour.

Mara, mon amour,

mon amour !

Et vous, comment ça va ?

Vieillards de merde !

C'est votre technique ?

- Éliminer les gens qui dérangent. - Non, non, les gens, non.

Les belettes, seulement les belettes.

Fils de pute !

Le thé était empoisonné ?

Vous croyez que Starbucks est toujours intéressé ?

- Un "Morto Grande" ? - Je vais vous coller un procès !

- Je vous prendrai tout ! - Non, pas un procès.

Mieux vaut un mauvais arrangement qu'un bon procès.

Tout poison a son antidote.

Et tout contrat peut se rompre.

Fils de pute ! Assassins !

Ne vous énervez pas, le poison circule plus vite.

C'est un tip qu'on vous donne.

Estela !

D'accord, c'est bon.

Voilà.

Et maintenant ?

Attends, attends, si on leur donne l'antidote,

- ils iront à la police. - Non.

On n'ira pas à la police, non.

Tu as raison, ils peuvent y aller… Je n'y avais pas pensé.

Ils iront à la police, on doit les laisser mourir.

Non, attendez.

On avoue qu'on a tué Mara,

d'accord ? Comme ça, vous êtes sûrs.

Je signe une feuille blanche et vous la remplissez après.

Je ne signerai pas.

Moi, j'ai signé. S'il ne veut pas, tant pis.

D'accord, je vais signer.

Très bien. Martín…

donne-leur l'antidote.

C'est toi qui l'avais.

Ah oui, c'est moi qui l'avais.

Mais où est-ce que je l'ai mis ?

Un jour, je vais perdre ma tête.

Où je l'ai mis ?

J'ai une idée, jouons à cache-cache.

- Trouvez-le. - Quoi ?

C'est un flacon en verre petit comme ça.

- Dans le poulailler ? - Non, tu es froid.

- L'entrepôt ? - Froid.

S'il vous plaît, Norberto, s'il vous plaît, où est-il ?

Où est-il ? S'il vous plaît ! Je ferai ce que vous voulez.

Gelée.

Je sais.

Je sais.

Espèces de vieux pervers.

Non, on ne l'a pas mis là avec nos femmes, enfin !

Ça, c'est un peu blessant.

Alors où il est ?

Froid, froid, froid.

On n'allait pas toucher à un prix si prestigieux !

Vous pouvez chercher sur une autre statuette,

encore que…

pas si petite.

Fils de pute !

Vieux de merde !

Comme si vous étiez les seuls dangereux !

Do… do… donne-moi ça.

- Ouvre ! - Je ne peux pas !

- Mais tu t'es trompé de flacon ! - Comment ?

Je t'avais dit le grand. Ça, c'est une seule dose.

J'en sais rien, moi !

Je t'ai dit : "Norberto, le grand flacon.

Le petit n'a qu'une dose." Tu te souviens ?

Pas du tout.

- Tête de linotte ! On fait quoi ? - Nous, rien.

Mais c'est pour un seul !

Ils n'ont qu'à négocier !

Donne, donne !

- Lâche ! - Non !

Les enfants, s'il vous plaît,

ne vous disputez pas.

Donne-moi le flacon !

C'était ton idée.

Pourquoi vous ne partagez pas ?

Donne !

Dégage !

On dirait que la femme fatale

n'est pas si fatale.

Donne-moi le flacon !

Putain !

Lâche-le.

Donne, Fran !

Tu es folle ?

Donne-moi le flacon !

Waouh.

Qu'avez-vous fait ?

Qu'avez-vous fait ?

Vous pensez vous en sortir comme ça ?

Vous allez pourrir en prison, vieux tarés !

Vous avez tout perdu ! Tout !

Même la liberté.

Je vais appeler la poli…

C'est… C'est quoi ça ?

Ce que vous avez bu à la maison, c'était du thé aux amandes normal.

Enfin, un petit peu élaboré.

À peine vomitif.

Tartrate d'antimoine.

Ma mère m'en donnait en cas d'indigestion.

Vous n'imaginez pas mon enfance !

Le poison était dans le flacon.

C'était son idée.

La touche géniale de Martín, pas de moi,

c'est que si vous partagiez le poison, la dose ne vous aurait pas tués.

Moi, s'il n'y a pas de morale…

Pardon, mon amour.

Ça, c'est à moi.

Ça alors !

C'est très cinéma-vérité.

Écoute, princesse, si ça te console, il t'aurait fait la même chose.

Il y a très peu d'hommes prêts à mourir par amour.

Moi, on m'avait dit que le poison était

dans leur verre à eux deux.

Vous n'avez pas fait confiance à mon jeu.

Tu n'étais pas très crédible.

Comment ça ? Si, je l'étais ! Hein Mademoiselle ?

Bon… elle, elle m'a cru.

Ne les écoute pas, Pedro.

Sans toi, je n'aurais pas été si bonne.

Ça, c'est pour ceux qui disent

que Mara Ordaz ne savait pas jouer les scènes de mort.

C'était la meilleure scène de mort que j'ai vue de ma vie !

Tu l'as fait mieux qu'elle, qui est vraiment morte.

La prochaine fois, ne me mets pas de pentotate de potossium.

Je n'en ai pas besoin, je peux te jouer le vomi.

- Personne ne peut jouer un vomi. - Ah bon ?

J'ai joué dix scénarios à toi.

- Chapeau ! - Une ovation pour la déesse.

Ah, merci.

Ma déesse.

Merci, merci,

merci.

Mon amour !

Mon roi désire-t-il autre chose ?

Mon Dieu, je ne mérite pas tant !

Tu mérites…

tout.

Mon dragon aux yeux verts.

Mon beau.

Mon sexy !

Qui a presque donné sa vie pour moi.

Ils n'avaient pas besoin de me mentir.

J'aurais pu le jouer.

Oui, sûrement. J'ai connu beaucoup d'acteurs,

mais aucun comme toi.

Oui, Mara,

mais ce que tu as dit dans la salle de projection…

Chut !

Arrête, Pedrito.

Arrête.

Je t'aime tellement.

Tellement.

C'est quoi ça ?

Le lit qui tape contre le mur.

Dis-moi qu'il est ensorcelé, sinon je ne te crois pas.

Finalement, c'est une comédie romantique.

Avec l'argent, on les envoie en Europe.

Les Français adorent le sexe entre vieux.

Attention avec cet argent, on l'a gagné au noir.

Oui, il faut qu'on se mette au blanchiment, au trafic de drogue,

à la contrebande, à la politique.

Un monde tortueux, risqué.

Nous, on aime ce qui est risqué.

Et encore plus ce qui est tortueux.

Réfléchissons.

On a tout le temps du monde.

LA CONSPIRATION DES BELETTES

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.