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L'ĂTRANGE INCIDENT
Quel silence ! C'est pire qu'une tombe.
Il tarde Ă arriver, le gars.
Je le plains. C'est à sa portée, mais il ne peut rien faire.
Elle aurait pu trouver mieux.
Dans ton genre ?
Un whisky ?
- Qu'est-ce que tu as ? - Du whisky.
J'ai jamais vu un type pareil. J'y ai pensé tout l'hiver...
et il n'a que du whisky.
C'est tout de mĂȘme malheureux !
Deux verres et une bouteille.
Ă quoi pensez-vous ?
Ăa te regarde ?
On a de la merde dans les yeux ?
Pas aimable, le copain !
Il demande Ă tout le monde si sa bonne amie est encore lĂ .
Rose Mapen ?
Elle est partie pour San Francisco.
Tu mens ! Elle avait promis de m'attendre.
C'est pourtant vrai.
Quelle ville !
à cause des femmes mariées.
Sans plumes ni goudron, elles lui ont rendu la vie difficile.
Elle ne leur faisait aucun tort, mais elle pouvait leur en faire !
On s'amuse par ici ?
En dehors de la petite Drew...
la seule fille Ă marier a 82 ans, elle est aveugle et indienne.
Ăa vous laisse 5 options.
Manger, dormir, boire...
jouer au poker ou vous bagarrer.
Et le billard.
J'en ai un nouveau.
Tu parles d'une rigolade !
- Risley est toujours là . - Le shérif ?
Je croyais qu'il ne venait que pour des cas spéciaux.
Ce serait pas au sujet du dernier vol de bestiaux ?
Ăa se pourrait.
C'est un sujet délicat, hein ?
Ils n'en parlent jamais qu'entre intimes.
- Peur de connaĂźtre le gars ? - Peut-ĂȘtre.
Y a-t-il eu d'autres vols cette saison ?
- Combien ? - 600 tĂȘtes de bĂ©tail.
Des pistes ?
On a relevé des traces de chevaux du cÎté du ravin.
A-t-on vu des étrangers par ici ?
Aucun...
sauf vous deux.
- C'est pas drĂŽle. - Susceptible ?
Oublie les affaires, fais-moi plaisir.
Te vexe pas, Carter. C'était pour vous prévenir.
Tout doux, Gil.
C'est son 5Ăšme et il pense Ă Rose...
Ferme-la, avec Rose !
Tu sais plus prendre une plaisanterie ?
Ăa dĂ©pend desquelles.
Vous avez perdu des bĂȘtes ?
Avec les coyotes, pas plus que d'habitude.
Tu te fais pas d'idées ?
J'ai la mienne.
Explique-toi.
Il se passe des tas de choses pas claires.
Tu parles de vol ?
Et des étrangers.
Il a l'air calmé.
Il avait besoin d'exercice.
Quand il a le cafard ou quand il a bu...
il lui faut une bagarre.
Et mĂȘme s'il perd, ça le remet d'aplomb.
Dire que le type est toujours pas arrivé !
Maintenant, je vais devoir tout recommencer !
Un peu pressé, on dirait.
- Il s'est servi de ses poings ? - Non, d'une bouteille !
Alors, ça va.
- LĂąche un peu Farnley. - Pour quoi faire ?
Tu as cogné fort et tu l'as ridiculisé.
- Je l'ai vraiment eu ? - T'as failli le tuer.
Je suis pas fou !
- Une balle oĂč ? - En plein dans la tĂȘte !
Pas Harry !
- OĂč ? - Au sud-est, Ă 10 km de sa ferme.
Tu l'as vu ?
Olsen l'a trouvé allongé dans un ravin...
une balle dans la tĂȘte.
- Quand ? - à 14 h, mais ça devait dater.
Son cheval avait eu le temps de revenir seul.
- Il manque des bĂȘtes ? - On n'a pas pu compter !
Olsen nous demande ?
Il a foncé là -bas et m'a crié de prévenir le shérif.
- Des pillards ? - On dirait.
Qui a été tué ?
Kinkaid... le vieil ami de Farnley ?
Son ami d'enfance et associé, partenaire de toutes les galÚres.
Je le connaissais bien.
Un Irlandais pas bavard, mais qui chantait tout le temps...
Ils iront loin pour avoir ceux qui ont tué Kinkaid.
Jusqu'au lynchage ?
C'est parti pour.
Pas de précipitation, Jeff.
MĂȘme s'ils ont 5hd'avance, la frontiĂšre est Ă 500 bons miles.
Et s'ils sont en nombre...
ça n'aidera pas Kinkaid de te faire tuer.
On sait pas de quel cÎté ils sont allés.
- Faut savoir oĂč on va ! - On ressent la mĂȘme chose que toi.
Mais il faut bien organiser l'expédition.
Pour pas revenir bredouille !
Arrangez votre expédition.
Prévenons le shérif et le juge.
On se passe de Tyler et de ses procĂšs !
Il nous fait perdre du temps avec ses palabres.
LĂ , il s'agit d'un meurtre.
N'allez pas faire quelque chose que vous pourriez regretter.
Agissons de façon légitime, pas comme des hors-la-loi !
Pour le commerçant que vous ĂȘtes, il n'y a que le profit qui compte.
Si on venait lui acheter la corde...
Si on y va, tu viens avec nous.
Je voudrais pas rater ça.
Et j'arriverais dare-dare si c'était toi qu'on pendait.
D'autant que... qui sait ?
Je m'en souviendrai.
Chez moi, au Texas, sitĂŽt pris, sitĂŽt pendus.
Exactement.
Ăa empire. On ne poursuit pas qu'un voleur, mais un assassin !
Larry Kinkaid, un si brave homme, respecté de tous...
tué comme un chien !
BientÎt, on ne sera en sûreté nulle part.
Ni nos bĂȘtes, ni nos foyers, ni nos femmes !
Je viens, Farnley.
Le temps de prendre mon fusil et de la corde.
Si personne ne suit, on réglera ça à nous deux.
Je viens aussi !
Allons chercher nos armes, les gars !
Attendez ! Ne vous échauffez pas les esprits comme ça !
Ne faites pas ça. Vous n'avez pas le droit !
Personne vous demande de venir.
Vous avez fait de votre mieux, M. Davies.
- Rendez-moi service, Carter. - Faut voir.
Je l'envoie chercher le shérif et le juge.
Allez leur expliquer avec lui.
Vous savez qu'on est mal vus ici, et on tombe mal.
Je dois rester pour les contenir et leur faire entendre raison.
Tout ce que je veux, c'est qu'on suive la loi.
Allons-y.
Attendez. Vous connaissez Mapes ?
Dit Butch ?
Il remplace le shérif en cas d'absence.
On ne veut surtout pas de Mapes.
Comme c'est moi le bourreau, j'ai apporté tout ce qu'il faut !
Vous croyez que ça fera l'affaire ?
Ăa ne va pas, M. Davies ?
Restez chez vous, reposez-vous pour l'enterrement.
Occupez-vous des fleurs.
On sera pas regardants, mĂȘme pour un bandit...
du moment qu'il est mort !
Prends ton fusil.
Je n'y vais pas, pĂšre.
Pas de discussion, obéis.
C'est peut-ĂȘtre l'occasion d'enfin faire un homme de toi.
Essuie tes bottes, ĂŽte ton chapeau et redresse ta perruque.
Le Juge est-il lĂ ?
- On peut le voir ? - Pour affaire ?
Non, pour prendre le thé.
TrĂšs drĂŽle !
On a un message urgent de M. Davies.
Ce ne sont pas les heures de bureau.
- Sa "douce" ? - La gouvernante.
Sa femme est morte.
On comprend que le juge se sente parfois pris entre deux feux.
Entrez ! Entrez !
Il vous dit d'entrer !
- Carter ! Ăa va, par chez vous ? - Bien, M. Le juge.
Vous n'avez pas l'air d'avoir dépéri, en tout cas.
Que puis-je pour vous ?
C'est M. Davies qui nous envoie.
Il se porte bien, mon cher ami Davies ?
Oui, mais peut-on vous voir seul ?
C'est personnel, hein ?
Pour vous ou pour le shérif.
Risley m'a fait prĂȘter serment.
OĂč est-il allĂ© ?
Au ranch de Kinkaid, ce matin.
Il revient quand ?
Il l'a pas dit. Dans 48 h, peut-ĂȘtre. Vous pouvez me parler comme Ă lui.
Bien sûr, mais on fait ça pour M. Davies.
- Au besoin, le juge vous le dira. - Bien évidemment.
Si ça regarde la police, prévenez-moi.
Naturellement !
Alors, que puis-je faire pour vous ?
M. Davies ne s'oppose pas à l'expédition.
Il veut la voir assermentée et que la loi soit appliquée.
Venez avec le shérif au plus vite.
Il n'est pas lĂ ! Ăa ne pouvait tomber plus mal.
Ils vous écouteront.
Je n'ai pas qualité pour agir. C'est à la police de...
OĂč allez-vous, Mapes ?
Si une chasse à l'homme se prépare, ça regarde la police.
Ils n'ont pas le droit de faire justice eux-mĂȘmes.
Je vais leur donner une autorisation officielle.
Il n'y a que Risley qui en ait le droit.
On dit Ă Davies que vous venez ?
Oui, il faudra bien que je vienne.
Mais c'est le rÎle du shérif, pas le mien !
Tu viens avec nous, Sparks ?
Non, M. Smith, j'aime mieux pas.
Tu devrais venir, Sparks !
On n'a pas si souvent l'occasion de s'amuser !
T'auras qu'à regarder. On a déjà les volontaires pour le boulot.
Ce serait bien d'avoir un révérend. Y en a qui vont faire leur priÚres !
Vous avez peut-ĂȘtre bien raison, M. Smith.
Il faudra quelqu'un pour ressentir ce que je ressens.
Davies te prĂȘtera sa Bible, tu liras la priĂšre des morts.
Inutile, je la sais par cÂur.
Ils te font marcher.
Je sais qu'il se moque de moi mais Ă tout hasard...
je vais y aller.
Prends le vieux cheval dans l'écurie.
Merci, monsieur. Je vais le chercher.
VoilĂ la MĂšre Jenny !
Bravo, Ma' !
Salut, les garçons.
T'en as mis du temps ! Ăa te ressemble pas !
Qu'est-ce qu'on attend ?
Le juge Tyler. Davies l'a fait venir.
Je sais ce que c'est.
Mon vieil ami Larry Kinkaid !
Un des meilleurs hommes qui...
Pas de boniments ! Donnez-nous juste votre bénédiction.
Je comprends votre hĂąte...
pour ce que vous croyez ĂȘtre votre devoir.
Cependant, il ne faut pas céder à la précipitation...
et vous conduire aussi mal que les criminels que vous poursuivez.
Finissez-en, ou ils seront bientÎt déjà loin !
N'entravez pas le cours de la justice !
On n'entrave que ce qui bouge !
Et vous, Jenny Grier...
Pour une femme... vous prĂȘter Ă cela !
Ăcoutez.
J'apprends que le shérif Risley est déjà au ranch de Kinkaid.
C'est bien ça ?
Il y a passé la matinée.
L'affaire est donc maintenant entre les mains des autorités.
Vous n'y gagnerez qu'une dure chevauchée.
La nuit va tomber et elle sera fraĂźche.
Je vous conseille de boire un verre en attendant le shérif.
Tournée-maison, mais j'en paie qu'une !
J'offre la deuxiĂšme.
J'ai des chambres oĂč loger Ă 6.
Moi, ça me dérangerait pas.
C'est le bon sens qui parle.
Farnley, revenez ici !
Je vous ordonne de revenir !
Soyez tranquille, Jeff. L'affaire est en bonne main.
C'est moi qui vais la prendre en main.
Ne comptez pas qu'on vous ramÚne celui qui a tué Larry Kinkaid...
pour qu'aprÚs vos petites procédures de 6 mois...
on le voit relùché parce que Davies dit que c'est pas un mauvais bougre.
On n'a pas accordé tant de délai à Kinkaid.
Moins de partants ?
Davies nous a presque convaincus.
De quoi ?
Eh bien...
Vous croyez qu'ils sont partis par le ravin ?
Bien sûr !
Eh bien, ils ont filé par le col de Bridger...
Par la montagne ?
Et la route de la diligence.
- Ă 3000 m d'altitude ? - En gros.
Ils seraient fous !
Justement. C'est pour mieux nous tromper.
Vous en ĂȘtes si sĂ»r ?
Pancho les a vus, en revenant. Il a eu du mal Ă passer.
Eux, ils m'ont pas vu, je crois.
Ils étaient en bas du ravin, j'ai fait s'écarter mon cheval.
Je me suis dit : DrÎle de chemin pour faire passer du bétail.
Du bétail ?
Je les ai regardés défiler.
Continue !
Et j'ai bien vu la marque sur les bĂȘtes.
Quelle marque ?
Trois petits points sur le garrot.
La marque de Kinkaid !
- Les fumiers ! - Ăa va chauffer !
- Combien ? - 40 bĂȘtes.
- De voleurs ? - 3.
Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tĂŽt ?
Je savais que mon fils voudrait venir.
Il était sur les terres.
Vous devez éviter un lynchage.
Je n'en décide pas.
Promettez-moi qu'ils seront jugés réguliÚrement.
Je me plierai à la majorité.
Vous savez comme moi ce que la loi prévoit.
On veut voir l'expédition menée par un officier dûment assermenté.
C'est lĂ que j'interviens, je suis l'adjoint.
Il ne tient qu'Ă lui de nous assermenter.
La loi n'y autorise pas un suppléant !
Les gars ?
Ăa me va. Commencez Ă prier.
Ce n'est pas votre fonction !
Levez la main !
Je jure ĂȘtre solennellement assermentĂ©...
sur l'affaire du meurtre de Larry Kinkaid...
et de me plier aux décisions de la majorité.
Dites : "Je le jure".
Ramenez ces hommes vivants !
Ou bien vous le paierez...
vous et tous ceux qui vous auront suivi !
Amenez-moi mon cheval...
puis allez chez Kinkaid chercher le shérif.
Messieurs, arrĂȘtons-nous ici.
Bartlett, emmenez un homme.
Revenez nous dire ce qu'on voit de lĂ -haut.
Cette poursuite de nuit, c'est idiot.
T'aimes plus les sensations fortes ?
Pendre un voleur et un assassin, d'accord...
mais Ă condition d'y voir clair.
Ces types-lĂ sont prĂȘts Ă pendre le premier venu.
- Nous ? - On a vu plus dingue.
- On aurait pu ne pas venir. - Ăa aurait paru bizarre.
Je peux choisir mon patron.
Choisi ou pas, on l'a.
C'est ce qui me plaĂźt pas.
Ce Smith et les autres avec leur grande gueule...
Farnley et ce renégat de Tetley...
qui se pavane en uniforme en se disant Major.
Il n'est allé dans le Sud qu'aprÚs la guerre...
le temps de s'y marier et d'ĂȘtre chassĂ© par sa belle-famille.
Je lui ai jamais trouvé l'air trÚs net.
Il ne vivrait pas ici s'il n'avait rien Ă cacher.
On ferait mieux de repartir ou de rentrer chez nous.
Ă cause du froid ? On se payerait notre tĂȘte !
Il faudra dégeler la corde avant de s'en servir.
Je ne vous dérange pas ?
Du tout, au contraire.
- Il fait rudement froid. - Prenez ma couverture.
Non, merci.
J'ai besoin de mes deux mains pour tenir le cheval.
Prenez une rasade.
Jamais.
Je voudrais bien que tout ceci soit terminé.
Ăa fait passer le temps.
Le Seigneur ne permet pas qu'on se venge soi-mĂȘme.
Croyez-vous qu'Il s'occupe de nous ?
Les voies du Seigneur...
J'ai vu lyncher mon frĂšre...
quand je n'étais encore qu'un enfant.
J'en fais encore des cauchemars.
Il avait fait ce qu'on lui reprochait ?
Je n'en sais rien. Personne n'en a jamais été sûr.
Tant pis pour mon Ăąme !
Quelle saleté !
Mais ça réchauffe.
Ăa vous met du feu dans les veines.
Puis ça se diffuse un moment.
Ăteignez ça, idiot ! Vous allez nous faire repĂ©rer.
Vous aussi.
Jetez votre mégot ou je tire !
Essayez et vous verrez...
Vous n'aurez jamais assez de cartouches, M. Farnley.
Ăcoutez... on vient !
ArrĂȘte, imbĂ©cile !
- Qu'y a-t-il ? - J'ai été touché.
à l'épaule.
Tu n'es pas fou de conduire comme ça en pleine nuit ?
- J'ai cru Ă une attaque. - Remercie tes chevaux.
Sans eux, tu serais au fond du ravin.
Tiens ! Rose Mapen !
Salut, la compagnie !
Je vous présente mon mari, M. Swanson, de San Francisco.
Et Mlle Swanson, ma belle-sÂur.
Mariée depuis longtemps ?
Ce matin.
C'est pour ça que vous étiez si pressés !
Je suis Tetley, monsieur.
Mlle Rose voulait vite montrer Ă ses amies...
ce qu'elle avait trouvé comme mari.
Que faites-vous tous ici ?
Art est blessé.
Quoi ? Amenez-le par ici. Donne un coup de main, Lee.
- Lee, je suis désolé ! - T'y voyais rien.
Et vous, surgir comme ça, surtout dans le noir !
Je pouvais pas savoir qui c'était, ça criait...
Ferme-la, Joe.
J'ai l'habitude...
Il faut qu'une femme regarde ça ?
Il y a de la place dans la diligence.
Je vais te ramener Ă la ville.
Ăa va.
Allons, laissez-vous faire.
- Sois pas bĂȘte. - MĂȘle-toi de tes oignons.
Amenez son cheval.
- Eh bien, tu t'es fait griller ! - C'est ce qu'on dirait.
Vous connaissiez Mlle Mapen avant son mariage, je crois ?
Exact.
Peut-ĂȘtre y avait-il entre vous quelque engagement ?
Ma femme est impulsive.
C'est ce que je dis.
Les amis de ma femme pourront ĂȘtre aussi les miens...
Ă la condition toutefois...
que vous n'oubliez pas qu'elle est maintenant ma femme.
Il faut lui laisser le temps de s'accoutumer à son nouvel état.
Vous comprendrez sans doute mes sentiments.
Vous me le pardonnerez.
Un nouveau marié est facilement chatouilleux.
Plus tard...
je serai ravi de vous recevoir, ainsi que d'autres amis de ma femme...
dans notre maison, Ă San Francisco...
si Rose est toujours disposée à vous revoir.
Jusque-lĂ ...
En voilĂ un poseur !
à mon avis, Rose a tiré un drÎle de numéro !
- OĂč sommes-nous ? - Ă la Pointe-aux-BÂufs.
Les voilĂ !
Pas de violence sans leur donner une chance de s'exprimer.
M. Mapes et moi irons leur parler.
Celui qui a tué Kinkaid m'appartient.
Quand on sera sûrs.
Dix hommes les prendront par derriĂšre.
Bartlett, postez-vous dans le bois avec six hommes.
Les autres viendront avec moi. Vous voulez un fusil, M. Davies ?
Non, merci, major Tetley.
Ă votre guise.
Debout !
Lùche ça.
Haut les mains !
T'en fais pas, tu le feras.
Allez, pattes en l'air !
Gerald, prends leurs fusils.
Que voulez-vous ?
On te dira quand parler.
Police auxiliaire. Tu comprends ?
Mais nous n'avons rien fait.
Ramasse les armes.
Attachez-les.
Pourquoi ? Qu'avons-nous fait ?
C'est toi qui vas nous le dire.
C'est pour nous tout ce monde ?
Dame ! Une triple exécution, ça vaut le dérangement.
Une exécution ! Mais qu'avons-nous fait ?
De quoi nous accuse-t-on ?
Vol de troupeaux.
Et meurtre !
Meurtre ?
Mais M. Martin, qu'avons-nous fait ?
T'en fais pas, vieux, c'est une erreur.
Tu me reconnais ?
HĂ© lĂ , on te parle.
Il ne parle pas l'anglais.
Je le ferai parler.
Doucement, Farnley !
Oh, ça va ! ArrĂȘtez de jouer les tout-puissants.
Vous n'avez pas d'ordres Ă donner.
Pendons-les avant de mourir de froid.
Si vous ĂȘtes gelĂ©, allez prĂšs du feu.
Un conseil : Tenez votre langue. On s'entendra mieux.
- Qui est votre chef ? - C'est moi.
- Ton nom ? - Donald Martin.
- D'oĂč viens-tu ? - De Pike's Hole.
Il ment !
Attention. Voici un homme qui vient de Pike's Hole.
J'ai emménagé il y a 3 jours, au ranch de Dave Baker.
Baker est parti depuis 4 ans...
et sa ferme est en ruines.
Je la lui ai achetée 4000 $, à Los Angeles, il y a un mois.
- Alors, tu t'es fait voler. - Peut-ĂȘtre.
Pike Hole n'est pas loin. Renseignez-vous.
Vous y trouverez ma femme et mes deux gosses.
C'est vraiment trop dommage.
Vraiment trop dommage !
J'ai droit Ă un procĂšs, mĂȘme dans ce bled.
Vous serez jugés comme le méritent les bandits de votre genre...
"dans ce bled", comme vous dites.
Jusque-lĂ , le jury gobe pas ta version.
J'exige d'ĂȘtre entendu.
Comme tu veux.
Pour la derniĂšre fois avant ton jugement dernier !
Avez-vous du bétail avec vous ?
M. Martin...
Je ne répéterai pas la question.
Oui.
- Combien ? - 50 tĂȘtes.
- Tu les tiens d'oĂč ? - De M. Kinkaid.
C'est ce qu'on se disait.
Mais je ne suis pas un voleur.
Je les ai achetées et payées comptant.
Mon bétail était faible, alors je l'ai vendu à Salinas.
Il fallait le remplacer.
Attendez d'avoir vu Kinkaid. Ou allez Ă Pike's Hole !
Il veut qu'on attende Larry pour lui demander !
T'es un petit malin, Martin.
Vous savez bien que Kinkaid ne dira rien !
Il est mort.
Pourquoi on serait lĂ ?
Qu'en sais-je ? Il allait bien hier aprĂšs-midi !
Si vous nous soupçonnez, mettez-nous en prison.
La justice est trop lente, par ici.
On accélÚre le mouvement.
- Qui vous envoie ? - Le shérif.
Faux.
Recommencez pas, il se fait tard.
Le shérif ne sait rien.
Pardon, j'aurais dû dire le shérif-adjoint.
Je veux tout comme vous que justice soit faite.
Mais comme le dit ce jeune homme...
vous vous préparez à commettre un crime !
Il ne veut que ce à quoi il a droit : Un procÚs régulier.
Moi, je vous crois innocent, Martin.
T'es bien le seul, Arthur.
La procédure légale demande qu'il y ait eu des aveux.
Ils n'ont pas avoué, et rien ne prouve leur culpabilité !
La ferme !
Avez-vous un reçu pour l'achat du bétail ?
Non ! M. Kinkaid m'a dit que c'était en rÚgle.
Il n'avait pas son carnet sur lui et devait m'envoyer le reçu.
De mieux en mieux !
- Tu as travaillé chez Kinkaid ? - 6 ans.
Ătait-ce sa façon de traiter ?
Je peux pas dire.
Je me rappelle pas de toutes ses ventes.
Donnait-il un reçu, d'habitude ?
L'as-tu jamais vu vendre du bétail au printemps ?
Je peux répondre.
Il me le disait encore il y a deux jours.
Il n'en vendrait pas, ce printemps.
Un témoin mort, c'est faible, mais c'est la vérité !
- Croyez-moi. - Vous y croiriez ?
Je ne pendrais pas trois hommes sans me renseigner.
Des voleurs peut-ĂȘtre. Mais des assassins, c'est diffĂ©rent.
Avez-vous bientĂŽt fini de palabrer ?
Je préférerais des aveux, Martin.
S'il y a un doute...
amenons-les au juge, comme Davies le dit.
De quoi vous mĂȘlez-vous ?
D'une chose qui nous regarde tous.
Si vous ĂȘtes devenu si sensible...
je vous conseille de partir.
Je me lasse de vos interventions.
J'aime pas ça. Pendre un criminel, oui.
Mais donner des sueurs aux gens sans ĂȘtre sĂ»r, c'est autre chose !
Attention, si tu continues, tu vas nous mettre dans le pétrin.
Le vieil homme... C'est votre pĂšre ?
Parlez plus fort, soyez un homme.
Du cran ! On ne meurt qu'une fois.
C'est mon vacher.
J'ai rien fait. J'ai mĂȘme pas d'arme !
Qui, alors ?
C'est le Mexicain, il me l'a dit.
Je l'ai vu faire.
C'est impossible, il ne m'a pas quitté.
Si, il l'a fait.
Il l'a dit en dormant, j'étais pas censé entendre.
Mais j'étais réveillé et je l'ai entendu parler de nous.
Le vieux perd la tĂȘte.
Il sait pas ce qu'il dit, il invente !
Si cette mascarade continue, laissez-le tranquille !
Ferme-la !
Laissez-le tranquille.
Il ne voulait rien dire et maintenant il parle trop.
Comment s'appelle-t-il ?
Alva Hardwick.
Et l'autre ?
- Juan Martinez. - Faux.
Tu ne me reconnais toujours pas ?
Je te parle.
Tu t'appelles Francisco Morez...
et on te recherche, Ă San Francisco.
Il est accusé d'un meurtre.
Que dites-vous de ça ?
J'en sais rien.
On peut dire qu'ils se couvrent !
Vous n'avez que faire de ce que je vous dis.
Un mensonge peut révéler la vérité.
D'oĂč vient le vieux ?
C'est... un ancien soldat.
Confédérée ou l'Union ?
Il ne le sait pas bien lui-mĂȘme, peut-ĂȘtre les deux Ă divers moments.
Un simplet dans l'armée ?
"Garde-Ă -vous" !
Bah, il a oublié.
Pas ça.
Je vous propose un marché.
Dites qui a tué Kinkaid, les deux autres attendront.
Nous n'avons tué personne.
Bien. Tant pis pour vous.
- Amenez-les. - Vous n'allez pas faire ça !
Ah non, pas ça ! Attendez ! Il faut un jugement !
C'est un droit !
Ă moi le Mexicain !
Et mes gosses ! Le plus petit n'a qu'un an.
Comment vivront-ils ?
Laissez-moi au moins écrire une lettre.
Accordez-lui ça.
Il gagne du temps.
Le shérif peut arriver d'un instant à l'autre.
C'est peu probable.
Vous avez raison, M. Davies, mĂȘme si cela vous contrarie.
Quelle heure est-il ?
Il est 3h05.
Eh bien, Messieurs, pour satisfaire tout le monde...
nous attendrons qu'il fasse jour.
Ramenez-le.
Ăa vous laisse de quoi faire votre affaire et partir.
Il aura le temps d'y réfléchir.
- Je ne peux pas écrire comme ça. - Détachez-le.
Il dit que de vous écouter ça lui a donné faim.
Regardez-moi ça, du frichti !
Faites-nous cuire ça, MÚre Jenny.
Ce sera pas volé et personne fera de réclamations.
Ă quoi penses-tu ?
Le shérif est bien long à venir.
Et s'il n'arrivait pas ?
C'est à ça que je pense.
Cette lettre est peut-ĂȘtre trĂšs belle, M. Davies...
Mais mĂȘme si elle est sincĂšre, je n'ai pas Ă la lire...
et je n'y tiens pas.
C'est ma lettre ?
- De quel droit la montrez-vous ? - Monte pas le ton !
Il a raison. Il me l'avait confiée.
Pour m'assurer qu'elle arrive.
Pardon, j'essayais de prouver...
Je ne veux pas qu'on se moque de mes sentiments intimes.
Pardonnez-moi, j'essayais...
Je m'en fiche. Ce que j'ai écrit ne regarde personne.
Surtout pas ces tueurs.
Je n'ai rien promis.
J'ai eu tort de me fier Ă vous. Rendez-moi ma lettre.
Je veillerai Ă ce qu'elle l'ait.
Je ne veux plus qu'elle la touche !
Dans ce cas... rendez-la-lui.
Il faut que votre femme la lise.
Personne n'aura autant d'égards que cette lettre.
Elle voudra la garder... pour vos enfants.
Le Mexicain !
Il a peut-ĂȘtre un...
- TouchĂ© oĂč ? - Ă la jambe.
VoilĂ son arme.
Plus de doute à présent.
Regardez.
- Le revolver de Kinkaid ! - OĂč l'as-tu pris ?
Retirez-moi d'abord cette balle.
Tiens, il parle donc l'anglais !
Je sais parler...
et me taire en dix langues.
Ma jambe, de grĂące !
Je veux rester debout pour vous offrir votre spectacle.
PrĂȘtez-moi un couteau.
Non, il doit savoir le lancer mieux qu'on tire !
Mieux que vous tous, sûrement.
N'ayez crainte, je ne le retournerai pas contre vous.
Je m'en occupe.
Il est bien gentil, mais le sang lui fait peur, hein ?
C'était bien visé, mon ami.
Tiens, elle pourra te resservir !
D'oĂč sort ce revolver ?
- Je l'ai ramassé sur la route. - Menteur.
J'avais l'intention de le rendre.
Vous mentez !
Et vous ĂȘtes aveugle.
RĂ©pondez. OĂč l'avez-vous eu ?
C'est vrai, il l'a trouvé.
Allons donc !
Vous ne voulez pas la lire ?
Par rapport à ce que vous croyez ou à l'avis général ?
Vous avez peur de défendre le vÎtre ?
Martin ne veut pas qu'on la lise.
Sa femme préférera que ça l'ait sauvé de la pendaison !
C'est une trĂšs belle lettre.
Lisez-la, vous verrez. C'est un honnĂȘte homme.
Peut-ĂȘtre. Mais aucun argument ne tient devant le bĂ©tail marquĂ©...
l'absence de reçu et l'arme du mort.
Messieurs, il est nécessaire...
que nous soyons tous bien d'accord.
M. Davies, vous plierez-vous à la décision de la majorité ?
- Et vous, les autres ? - Bien sûr !
Que ceux qui sont en faveur d'un jugement sortent des rangs.
Sept.
Ăa ne fait pas une majoritĂ©, M. Davies.
Rien Ă ajouter, Martin ?
Je... je ne veux pas mourir !
Je désire me confesser.
Enfin !
Ă un prĂȘtre.
Il n'y en a pas ici.
Cet homme rapportera ma confession Ă un prĂȘtre.
Bien, faites.
Amenez-les.
Ăa a dĂ» ĂȘtre une vie affreusement remplie.
Farnley, Hart et Gerald fouetteront les chevaux.
Non, pas moi !
Y a-t-il des volontaires ?
Moi, au besoin. Ou personne ne le fera.
Je refuse de le faire.
Tu le feras.
Je ne pourrai pas !
On fera en sorte que si.
Le gamin en a assez vu. Laissez-le.
Occupez-vous de vos affaires, merci.
Je ne veux pas de femmelettes dans ma famille.
Fais ce que je dis... et ne dis plus un mot.
Qu'a-t-il dit ?
Je suis pas curé.
Dites au moins s'il faudrait qu'on attende !
Je suis pas curé, moi. J'en sais rien.
Non, merci.
Deux minutes pour prier.
Ăa suffit.
Quelqu'un veillera sur ma famille ? Ce ne sera pas facile pour eux.
Soyez tranquille.
Ma femme a ses parents dans l'Ohio.
La femme de Kinkaid peut racheter les bĂȘtes.
Attachez-les.
Rien ne sert de clamer l'innocence ?
- En effet. - MĂȘme pour mes compagnons ?
Dommage, mais c'est comme ça. C'est la justice.
La justice ? Peu vous importe de tenir le vrai coupable.
Il faut que quelqu'un paie. Qui s'occupera de mes gosses ?
Qui les protégera ? Vous comprenez pas ?
Bavardage de vieilles femmes !
Tais-toi !
Toi, tais-toi !
Sortez-le de lĂ .
Sortez-le de lĂ -dessous !
Ne les laissez pas faire ça.
ArrĂȘtez !
Vous, fichez-nous la paix !
Ramenez-le lĂ -bas.
Allez, mettez-les Ă cheval.
Je ne veux pas mourir !
Quand vous voulez, M. Mapes.
Achevez-les !
Sur qui tirez-vous ?
On les a eus, Shérif !
- On s'en est occupés. - De quoi ?
Des 3 qui ont tué Kinkaid.
Et on les a pendus !
Mais Larry Kinkaid n'est pas mort !
Pas mort ?
On vient de...
Je l'ai laissĂ© avec le docteur et son agresseur est arrĂȘtĂ©.
On les a trouvĂ©s avec les bĂȘtes de Larry...
et son revolver.
Rendez-moi cet insigne !
M. Davies, je suis sĂ»r que vous n'ĂȘtes pour rien lĂ -dedans.
Dites-moi qui est le responsable.
Tous, sauf sept.
Que Dieu vous pardonne, car je n'aurai pas pitié de vous.
Allons-y.
Voulez-vous bien me faire lire la lettre de Martin ?
Tout le monde devrait la lire.
Ă mon avis, c'est ce Tetley qu'on devrait pendre.
Tu lĂąches jamais ta corde ?
Tu étais heureux !
J'ai vu l'expression de ton visage.
Tu n'aimes que le pouvoir et la cruauté.
Tu n'as ni pitié, ni remords.
MĂȘme innocents, tu voulais les voir pendre.
Et m'obliger Ă regarder.
J'aurais dĂ» t'abattre comme une bĂȘte fĂ©roce.
Mais je suis un lĂąche !
Tu étais content de m'avoir forcé à te suivre, hein ?
Tu peux ĂȘtre fier de ton fils !
Prends garde qu'on ne découvre que tu es un monstre !
Ouvrez la porte, Major Tetley ! Osez donc me regarder en face !
On fait une quĂȘte pour la femme de Martin.
MĂȘme Mapes y est allĂ© de sa poche.
Il a osé se montrer ?
Non, il a envoyé sa part.
Ă propos, j'ai mis 50 dollars pour nous deux.
Ăa monte Ă combien ?
Dans les 500 dollars.
Pas mal pour un gars qui oubliait de demander un reçu.
Tu devrais la lire aussi, cette lettre.
Je ne sais pas lire.
Je vais te la lire.
"Ma chÚre femme, M. Davies te dira ce qui est arrivé.
C'est un brave homme, il a fait ce qu'il a pu.
Les autres ne savaient pas ce qu'ils faisaient.
C'est eux qu'il faut plaindre.
Pour moi, ce sera bientĂŽt fini...
mais ce souvenir les poursuivra toute leur vie.
On ne peut se faire justice soi-mĂȘme sans que tout le monde en souffre.
Car ce n'est pas violer une loi, mais toutes Ă la fois.
Au-dessus des codes...
des juges, et des gendarmes de tout poil...
la loi de la justice résume ce que l'on sait du bien et du mal...
c'est la conscience mĂȘme de l'humanitĂ©...
Il n'y a de civilisation que si les gens ont une conscience.
Et oĂč peut-on toucher Dieu... sinon en notre conscience ?
La conscience de chacun est faite...
de la conscience de tous ceux qui l'ont précédé.
Je n'ai plus qu'Ă te dire d'embrasser les petits.
Que Dieu vous protĂšge.
Ton mari... Donald"
OĂč va-t-on ?
Il voulait que sa femme ait cette lettre...
et il faut quelqu'un pour veiller sur les gosses.
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