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Original subtitles

Restauration num�rique en 2016

L'ATTENTE DES FEMMES

Ake !

Ake !

Peter !

Ake !

Jens !

Mon Dieu, o� sont-ils pass�s ?

lls sont peut-�tre l�-bas.

- Peter ! - Oui !

- O� es-tu ? - L� !

- O� �a "l�" ? - L� !

- Ake est avec toi ? - Oui.

Venez ici imm�diatement.

Mes chers enfants, je vous ai r�p�t� un million de fois

qu'on pourrait croire que vous vous �tes noy�s.

Quand les enfants seront couch�s, on prendra un caf�. ll est fait.

Allez, d�p�chez-vous, il est d�j� 20h15.

Regardez ce que ma mouche a attrap�.

Pauvre petite b�te.

Et tu n'as m�me pas piti� d'elle ?

Essaie, tu verras comme c'est facile.

Eugen a essay� de m'apprendre, mais je n'ai attrap� que son oreille.

Je vais mettre une robe, ce soir.

Moi aussi, mais un peu plus tard.

Vous devez �tre folles, par moments.

Vous allez vraiment vous changer

pour accueillir vos ennuyeux maris ?

Petite soeur, tu n'as que 17 ans. Tu ne peux pas comprendre.

Moi, je ne suis pas excit�e.

Pourtant, je vais voir Henrik que je n'ai pas vu depuis un mois.

A quelle heure arriveront-ils ?

Fredrik l'a pr�cis� quand il a t�l�phon� ?

Le train de Copenhague arrive � 20 heures, apr�s ils d�nent

et prennent la voiture d'Eugen. lls seront l� vers 23 h.

On est toutes l� � attendre nos maris,

nerveuses de ne pas les avoir vus depuis des semaines.

Nous allons vivre ensemble quelques jours de vacances.

On va passer ces jours tous ensemble,

et tout le monde contemplera nos chagrins les plus intimes.

Ce ne sera pas des vacances pour moi.

Mais Annette ch�rie !

On croyait que ta relation avec Paul �tait au beau fixe...

Elle l'est, bien s�r.

On se dit "Bonjour", "Au revoir, ch�ri",

"Bonne nuit", "Bonne journ�e ?"

"Cette ann�e, on va dans les Pyr�n�es."

Mais on n'est jamais vraiment tr�s proches.

On n'a jamais de r�elle intimit� ou d'�changes.

Parfois, je voudrais qu'il me frappe.

Tu ne peux pas lui en parler ?

C'est impossible. Ca le g�nerait.

Trouve-toi un amant.

Tais-toi. Tu prends trop le temps d'�couter les ragots.

Je ne peux jamais lui crier dessus.

Je ne peux pas lier son corps au mien...

Je ne peux pas lui arracher les yeux pour le rendre aveugle

et d�pendant de moi.

Je ne peux m�me pas le serrer dans mes bras

et le bercer pour qu'il s'endorme

quand je vois qu'il a de la peine ou des ennuis.

Vous devez me trouver ridicule.

Une femme adulte qui devrait s'�tre r�sign�e

ou qui pourrait se consoler avec J�sus ou ses petits-enfants...

Je serai bien grand-m�re un jour, n'est-ce pas, Maj ?

Tu auras 10 petits-enfants, je te le promets.

Une fois que Henrik aura 23 ans, on s'y mettra.

Et pourtant, je ne suis pas heureuse.

Je n'ai que ma vie, ma vie et rien d'autre.

Et c'est celle que j'ai v�cue avec Paul.

Je suis certaine qu'on s'est aim�s autant que Maj et Henrik s'aiment.

Mais que sommes-nous devenus ?

Qu'une paire de poup�es russes.

Et �a, je ne l'admets pas.

Ca ne peut pas se passer de cette fa�on-l�.

Entre femmes, on devrait se consoler mutuellement.

Et tu n'es pas aussi isol�e que tu le penses.

La solitude... Nous aussi, on sait ce que c'est.

On ne devrait pas en parler.

Les femmes devraient parler plus franchement entre elles.

On devrait partager nos exp�riences et se consoler.

On ne devrait pas �tre touch�es

par ce ridicule prestige et les airs myst�rieux des hommes.

Je me souviens du jour

o� Eugen et moi, on s'est efforc�s d'analyser notre relation.

C'�tait un affreux m�lange de ridicule et de souffrance.

- Ce n'est pas racontable. - Et pourquoi ?

On pourrait s'apprendre des choses. Ca nous aiderait � cohabiter cet �t�

et aussi par la suite.

Si tu insistes... Ca s'est pass� il y a deux ans,

quand Eugen et moi �tions seuls, ici, un �t�.

Eugen �crivait son trait� sur l'histoire du style

et moi, je m'occupais de la maison et je flemmardais...

Kaj !

Bonjour, Rakel.

- Comment es-tu venu ? - Avec le harenguier.

O� est ta femme ?

Elle n'est pas venue. Elle ne se sent pas bien.

- Tu vas avoir un b�b�, non ? - Et toi ?

- Moi ? - La derni�re fois, tu disais...

- Ca n'a rien donn�. - D�sol�.

- Eugen est parti en ville. - Je l'ai vu.

ll descendait la c�te et agitait son chapeau pour retenir le bateau.

Je me suis dit : "Les pauvres qui courent toujours." ll est occup� ?

Plus ou moins.

ll assiste Fredrik ?

ll travaille � une �tude sur l'histoire du style.

C'est tr�s int�ressant.

Eugen a toujours �t� attir� par les antiquit�s et les vieux meubles.

Tu partages sa passion ?

Comme c'est bien !

- Avec son trait�, il sera dipl�m� ? - ll le publiera.

- Chez quel �diteur ? - Lui-m�me.

- Par son grand fr�re Fredrik ? - Pas du tout.

Pas un seul centime de Fredrik. ll doit se d�brouiller.

D'o� Eugen obtient-il de l'argent � part de la soci�t� ?

Ca ne te regarde pas.

Ta loyaut� envers Eugen t'emp�che de dire que c'est ton argent ?

Ca ne regarde personne et Fredrik a �t� odieux avec Eugen.

Fredrik pense que l'argent doit �tre utilis� � des fins utiles.

Fredrik est quelqu'un de sage.

Tu es stupide.

On dirait que je n'arrive pas � te s�duire.

S�duire ? Toi, me s�duire moi ?

Je voudrais bien voir �a.

Tu n'es pas un peu insolent ?

Comme quand on �tait m�mes.

Aussi douce, aussi soumise,

aussi jolie, aussi enchanteresse

et aussi rougissante et susceptible.

Je ne sais pas quoi dire...

Ne dis rien, tu n'es pas oblig�e.

Merci, Kaj, mais �a suffit.

Tu es s�rement intelligent et gentil, mais j'aime Eugen.

Tu mens, je vois bien que ton nez s'allonge.

Arr�tons de plaisanter, j'aime Eugen.

Je l'aime vraiment.

Tu m'entends ?

Et puis, tu as une femme.

Tu es convuls�e, Rakel.

Convuls�e, moi ?

Oui, dans ta moralit�.

C'est en toi. Mais �a ne s'op�re pas comme l'appendicite.

Tu as dit � ton mari qu'enfants, on �tait amoureux ?

Evidemment.

Qu'a-t-il r�pondu ?

ll a trouv� �a charmant.

C'est de la folie.

C'est de la folie, tu m'entends ?

Tu ne devrais pas...

Rakel doit d�cider toute seule.

Rakel n'est pas s�duite.

Rakel n'a jamais d'excuses.

Pourquoi fallait-il que tu viennes ?

Je ne sais pas. Et en plus, tu m'as invit�.

Je ne veux pas blesser Eugen. Je ne veux pas...

Nous avons �volu� ensemble. Six ans, c'est long.

On d�jeune ensemble ?

Kaj ! On devrait savoir ce qu'on fait.

Soyons responsables. On n'est pas des animaux lubriques.

Maintenant, je suis certain qu'on devrait d�jeuner.

Mais avant, on va nager. D'ailleurs, j'ai mon maillot.

Je suis inqui�te, j'ai mal au ventre.

C'est la morale qui te ronge.

ll n'y a qu'un seul rem�de : r�agir.

Rakel...

Regarde, il y a un truc dr�le.

Je trouve �a horrible de se baigner avec ces gros poissons.

Pourquoi tu ris ?

Pour rien.

A cause de Freud.

Je devrais peut-�tre aller dans l'eau.

Vas-y.

ll y a une fable espagnole sur deux amoureux

qui se languissaient jour et nuit.

Un jour, on arrangea leur rencontre.

Et lorsqu'ils entr�rent dans la chambre et qu'ils se virent,

ils moururent sur-le-champ.

Cette histoire est stupide.

C'est une histoire moraliste.

Puis-je te demander en quoi ?

Elle prouve que se languir est dangereux.

Tu te souviens quand on �tait m�mes ?

Nus, allong�s sur la couchette, on comparait nos anatomies.

On avait ferm� la porte. On avait 8 ans, tu te souviens ?

Mon p�re �tait venu nous dire qu'on ne devait pas rester seuls.

ll avait un grand chapeau et plus tard, il y eut un orage.

Le m�t s'est cass� en deux et a pris feu.

Un insecte m'a piqu�e. Tu vois quelque chose ?

C'est pas pratique pour se gratter, je ne vois rien.

C'est une petite blessure. Ca saigne.

Non. Laisse-moi.

Je n'ai tromp� Eugen qu'une fois et c'�tait une erreur.

Je ne fais que des erreurs.

Rien que des erreurs. Quelque chose doit clocher en moi.

Eugen me gronde, puis il me parle des femmes qui l'ont ravi.

Je n'y comprends rien. Je n'ai m�me pas besoin de m'�chauffer.

Tu ne trouves pas �a bizarre ?

Non, pas particuli�rement.

C'est comme la premi�re fois o� j'ai �t� infid�le.

Je crois que mon cas est d�sesp�r�.

Je fais tout ce que Eugen veut, mais �a ne nous rend pas heureux.

On passe notre temps � se quereller.

Alors maintenant, je fais semblant d'�tre heureuse

et il est heureux lui aussi.

En fin de compte, je trouve tout �a d�go�tant.

Et �a ne devrait pas, n'est-ce pas ?

Non.

Quand tu m'as touch�e, l�-haut...

Quand tu as pos� ta t�te...

contre mon ventre...

c'�tait �trange. ll faut que tu sois gentil avec moi.

Je serai exactement comme tu veux.

Alors, qui a perdu ?

Moi. Je dois reconna�tre que Kaj est un as en armes � feu.

Je crois que le temps s'est arrang�.

ll y avait du vent. O� naviguiez-vous ?

On n'a fait qu'un petit tour.

On est all�s � R�dh�llen pour se rappeler des souvenirs.

Rakel m'a racont�.

On avait 16 ans, n'est-ce pas ?

Eugen nous voyait � peine car il avait deux ans de plus.

Je faisais mon service, cet �t�-l�. C'�tait la m�me ?

Quoi ? R�dh�llen ? Oui. Mais Rakel n'a pas voulu accoster.

Non, le vent aurait pu casser le bateau.

Mais il y a un petit port derri�re qui est g�n�ralement calme.

Je n'y ai jamais pens�.

D'habitude, Rakel n'a peur de rien.

Non, sauf cette fois-ci.

Tu es aussi un bon navigateur.

Non, moins que Rakel.

Je vois, c'est Rakel qui dirige ta barque. Et �a marche bien.

Que se passe-t-il ?

C'est d�go�tant ! D�go�tant !

Comment oses-tu !

Quel genre d'homme es-tu donc ?

Moi ? Un mis�rable comme les autres...

- Quelqu'un d'insignifiant. - Oui, tu n'es qu'un l�che.

Oui, un grand l�che.

Je dirai � Eugen que tu m'as aid�e � le tromper.

Ce n'est pas la peine.

Tu crois que j'aime coucher avec toi ?

Car tu te crois raffin�, gentil et plein de consid�ration. Ecoute...

Tu m'�coeures et tu n'es pas un bon amant. Et tu sais quoi ?

Tu n'aimes que toi. Rien que toi, Kaj.

Personne d'autre au monde � part toi-m�me.

Si je suis d�go�tant, ma ch�re,

sache que toi aussi.

Tu avais besoin de ta petite extase.

Je t'ai donn� ce que Eugen ne t'apportait pas

et l�, tu me m�prises.

Merci bien.

Tu m'as tromp� avec lui ?

Tu as couch� avec lui ?

Oui, Eugen, je t'ai �t� infid�le.

Et je ne te demande pas de me pardonner.

Tu viens de bouleverser ma vie.

Tu es la seule personne en qui j'avais confiance.

Et tu t'es offerte � un autre.

Tu lui as m�me peut-�tre racont� des choses sur nous

pour t'�pargner toi et ta moralit�. Est-ce que, moi, je te reproche...

Ce n'est pas n�cessaire.

Pas n�cessaire ? N'essaie pas de te faufiler.

Sache qu'avant toi, j'ai rencontr� d'autres femmes

qui me trouvaient bon amant.

C'est quand m�me �trange que toi...

Mais qui est coupable ?

Ce que je hais le plus, c'est que tu me livres en p�ture aux autres.

J'en aurais � raconter, mais je suis gentleman.

ll y aurait � dire, mais j'ai essay� d'oublier et de pardonner.

Mais je parlerai � la pauvre femme de Kaj.

C'est inutile qu'elle l'ignore, m�me si �a a �t� mon cas.

Apr�s �a, Toi et Kaj pourrez aller ensemble faire l'amour.

Qu'en dis-tu ?

Tu peux reprendre tes affaires et mes cadeaux, sauf l'�critoire.

Car c'est une pi�ce qui a toujours �t� dans la famille.

Je ne sais que dire.

Comprends qu'on ne peut plus continuer apr�s �a.

Que veux-tu que je te dise, Eugen ?

Je peux te trouver un appartement et te donner une belle somme

pour le meubler � ton go�t. J'en parlerai � Fredrik, demain.

Je ne veux pas d'argent.

Bien s�r, tu pourras prendre tes affaires et ce que je t'ai offert.

Sauf le vieil �critoire qui a toujours �t� dans la famille.

Mais bien s�r, tu auras de l'argent.

Et je te remercie de ton honn�tet�. J'ai toujours appr�ci� la franchise.

Oui, je l'ai toujours appr�ci�e.

Mon notaire s'occupera de tout.

Oui, c'est lui qui r�glera tout �a. ll le r�glera...

Ce sera la meilleure solution.

Je veux un �tat de notre situation. Mieux, un inventaire des meubles.

Mais je crois l'avoir d�j� dit.

Que se passe-t-il, Eugen ? Je peux t'aider ?

Personne ne peut m'aider. Plus personne ne m'aidera.

Tu ne crois pas qu'on pourrait traverser �a ensemble ?

Mais Eugen, apr�s tout, nous devons nous pardonner.

Si nous le voulons, nous le pouvons. Toi et moi.

R�fl�chis bien � ce que tu fais. Ne fais rien que tu regretterais.

Ne fais rien que tu pourrais regretter, Eugen.

Et c'est toi qui me dis �a ? A moi !

Si je voulais, je pourrais te tuer. Ca me soulagerait.

En fait, tu n'es qu'un idiot !

Je me demande ce qui m'a pris... J'ai d� devenir folle.

Pourquoi te proposer de l'aide ?

Je n'en ai rien � faire de toi, de Kaj et des autres !

Je ne suis pas un objet que tu peux traiter � ta guise.

Eugen !

- ll va se tuer. - Tu parles !

- On doit l'en emp�cher. - Laisse-le.

Non, je vais aller le chercher.

- Alors ? - ll est dedans.

J'ai voulu entrer, mais il a menac� de se tuer.

- ll a cogn� dans la porte. - Je dois lui parler.

- Non. - Je le dois.

Je ne te vois pas.

Va-t'en ! Va-t'en !

- Je ne partirai pas. - Fais attention.

Tu n'oseras pas tirer.

Qu'allons-nous faire ? Qu'allons-nous faire ?

Tu vas me laisser seul. Laisse-moi seul.

Et on ne se reverra plus jamais.

Je ne t'emb�terai plus jamais. Compris ?

Je ne serai plus un obstacle pour qui que ce soit.

Je vais chercher Paul. ll pourra peut-�tre le raisonner. Reste ici.

- C'est ridicule. - Reste ici. Ne dis rien.

Paul !

Annette !

Quoi ? Quelqu'un est malade ?

ll faut que tu viennes parler � Eugen.

ll est dans l'abri � bateaux avec une arme et il veut se tuer.

Annette, reste l�. Rakel, viens.

Vas-y, Rakel... Mais sois gentille, tout se passera bien.

Viens, toi, la canaille.

Qu'as-tu racont� au pauvre suicidaire ?

Ce que je lui ai racont� ?

J'ai dit que le pire n'�tait pas d'�tre tromp�, mais d'�tre seul.

Que ce soit vrai ou faux, �a sonne bien.

Vous devez peut-�tre trouver toute cette histoire ridicule

et vous aurez raison.

Mais nous �tions tous tendus et m�lodramatiques, ce soir-l�.

Ta situation s'est-elle am�lior�e ?

Peut-�tre pas pour Eugen. Mais pour moi, oui.

Comment �a ?

J'ai r�alis� que Eugen �tait mon enfant

et qu'il �tait de mon devoir de m'en occuper. ll est � plaindre.

ll souffre beaucoup sous ce qu'il appelle son "inutilit�".

Et maintenant, il repr�sente tout pour moi.

Comme c'est beau !

C'est peut-�tre du sentimentalisme,

mais ce qui compte dans ma vie, c'est Eugen.

ll a dit que j'�tais sa seule raison de vivre.

On se soutient mutuellement. C'est aussi simple que �a.

Peter dit que les anges ont des h�lices.

Allez, les enfants, au lit.

Ake veut faire pipi.

Enfin, tu as r�cup�r� Eugen.

Oui et j'en suis tr�s heureuse.

Mais moi, je n'aurai jamais Martin.

Tu te souviens quand on s'est rencontr�es � Paris, il y a 3 ans ?

Tu �tais d�j� amoureuse de Martin ?

Rakel eu le courage de raconter sa prise de conscience.

Je vais donc essayer de parler de la mienne.

Annette se sentira mieux.

Silence ! On te croyait endormie !

Ca s'est pass� un chaud matin d'�t� et c'�tait un dimanche...

J'�tais chez mes parents.

lls �taient partis une semaine � la campagne

et j'�tais tranquillement rest�e seule.

D'apr�s le diagnostic du m�decin,

j'en �tais � mon 8e mois, mais j'avais d�j� des contractions.

All� ? All�, Marta ?

Pourquoi ne r�ponds-tu pas ? Que se passe-t-il ?

Tu ne peux pas me traiter comme un criminel.

ll faut que je te parle.

Ne m'emb�te plus. Tes regrets ne sont pas sinc�res.

Tu ne peux pas t'emp�cher d'�tre mis�rable.

Je ne t'�pouserai jamais.

Vous pouvez me trouver un taxi ? ll n'y en a pas ici.

Pas un seul dans toute la ville ? Mais il doit bien y en avoir un...

Une entreprise familiale couronn�e de succ�s

f�te son 100e anniversaire et offre m�dailles et cadeaux

J'avais la sensation que la mort

m'attendait devant la porte

pour m'emmener.

Un colporteur, ou un ami de mes parents

qui ne savait pas qu'ils s'�taient absent�s.

Mais il devait y avoir une raison. Paralys�e par la peur de la mort,

ma solitude s'�tait transform�e en solitude morbide.

C'�tait comme dans un r�ve, quand on crie sans �mettre de son.

- Bonjour. Je suis Soeur Rut. - Berg.

Mlle Brogren.

- Adresse ? - Brahegatan 58.

- Num�ro de t�l�phone ? - 67 68 08.

D'autres num�ros � pr�venir ?

Vous ne t�l�phonerez nulle part.

- Pas de proches ? - Non.

- Personne ? - Non, personne.

Vous allez vous d�shabiller. Puis nous ferons un test d'albumine.

- Elles crient toutes ? - Pardon ?

Est-ce qu'elles crient toutes ?

Non, absolument pas.

- C'est insupportable. - Quoi ?

Leurs cris.

Ca en soulage sans doute certaines.

Avez-vous des enfants, soeur Rut ?

Non. Pourquoi cette question ?

Comme �a.

Faites vos eaux l�-dedans, si vous pouvez.

Vous en avez encore peut-�tre pour 6 ou 8 heures.

Si vous souffrez, pressez le bouton. Mais n'en abusez pas.

Fini les contractions,

je suis � moiti� r�veill�e et � moiti� endormie.

Les ombres se transforment en danseuses de french cancan.

C'est dr�le, c'est comme dans un film.

Je me retrouvais � Paris, dans cet horrible cabaret...

Voil� la maison dans laquelle Marta et Bob vivront

quand ils se marieront cet automne

C'est mon voisin du petit h�tel de Saint-Martin.

Le Su�dois qui s'occupe de ses peintures

et de ses conqu�tes amoureuses.

On s'�tait �chang� le bonjour en passant,

mais je dois reconna�tre que sa nonchalance

m'aga�ait un peu.

Mais juste un peu, car il �tait mignon.

N'ouvrez la porte qu'en l'entreb�illant

Marta est un arbre rose

C'est un poisson luisant

Pourquoi tes yeux sont-ils si tristes ?

Ton doux amant est rest� devant la porte

Maintenant, mon amour ne conna�t plus de limites

Mon amour pour toi est �ternel

Actuellement

Laisse-moi rena�tre dans ton ventre

Permets-nous de nous amuser devant les pauvres

Les malades, les m�chants

Permets-nous de nous amuser devant la Mort elle-m�me

Ma soeur, ma fianc�e

Mon arbre rose.

Je suis Fredrik Lobelius, le fr�re de Martin.

Paul Lobelius, le fr�re a�n� de Martin.

Paul, moi et nos �pouses �tions dans le sud de l'Espagne.

Hier, on a appris que notre p�re �tait subitement d�c�d�.

On a d�cid� de rentrer et on est venus chercher Martin.

Ca fait 20 mn qu'on est l� et Martin n'a dit que deux choses :

il n'assistera pas aux fun�railles

et il a l'intention de vous �pouser, Mlle Berg.

A mon tour, j'ai d� expliquer � mon fr�re

qu'il ne pouvait plus compter sur le soutien financier de mon p�re

et que s'il comptait se marier, il devrait travailler

pour subvenir � ses besoins et � ceux de son �pouse

et qu'il n'avait plus rien � faire

dans l'entreprise familiale.

Martin a mal compris et il croit qu'on veut lui nuire.

Rien de grave. Les artistes r�agissent souvent comme �a

et notre fr�re Martin a toujours �t� m�fiant.

Le plus grave, c'est qu'il refuse d'assister aux fun�railles.

Par respect pour notre m�re, il... Je n'en dis pas plus.

Tais-toi !

C'est dr�le de savoir � quel point p�re et m�re t'ont aim�

et de constater ta gratitude � l'�gard de leur tendresse.

J'ai toujours refus� l'amour, les soins, la tendresse,

la bont�, la consid�ration et les sacrifices de p�re.

Je crois que sa mort est un soulagement pour nous tous.

Martin s'est tromp� de m�tier. ll aurait d� �tre dramaturge.

- On est press�s. - Exact.

Notre repr�sentant donnera � Martin 50 000 francs,

� peu pr�s 2 000 couronnes.

C'est la derni�re somme qu'on te verse.

Si tu veux rentrer � la maison, on t'enverra le billet.

Au revoir, Martin.

- Au revoir, Mlle Berg. - Bonne journ�e.

Au revoir, Martin. Sois sage.

Au revoir, Mlle Berg.

Martin...

Tu veux que je te dise quelque chose de dr�le ? Tu veux ?

Quelque chose de dr�le a eu lieu. Je suis all�e... On est...

P�re est mort.

Mais c'est fantastique.

Je n'avais jamais imagin� que p�re pouvait mourir.

Va-t'en ! Je veux �tre un peu seul.

Va-t'en ! Tu n'entends pas ?

Viens, allons arroser la mort du vieux.

J'ai quelque chose d'important � te dire.

- Pas maintenant. - Mais...

Tu viens ou pas ? L'offre ne tiendra pas longtemps.

Tu as l'air malheureuse, Marta. Quelque chose te chiffonne ?

Tu ne redoutes pas l'avenir ?

Pour �tre sinc�re, je m'en moque �perdument.

- Tu sais ce que j'ai pr�vu ? - Non.

J'irai aux fun�railles du vieux pour me refaire une image.

La peinture repr�sente beaucoup pour moi

et je ne veux pas perdre ma pension.

Oui, je comprends.

Je crois que je partirai demain matin.

Bien s�r.

Seras-tu l� � mon retour ?

Non, je ne pense pas.

Que vas-tu faire chez toi ?

J'irai � l'universit�.

Nous nous reverrons peut-�tre.

Mon ange...

Tu es un ange, ce soir, mais tellement s�rieuse.

Notre s�paration t'attriste ?

Un peu. Pas toi ?

Si, bien s�r.

Mais il faut se dire qu'on a pass� du bon temps ensemble.

Je suis d�sesp�r�ment instable. C'est un probl�me pour moi.

Mais toi aussi, tu es un peu frivole. C'est ce qui me console.

On se retrouvera peut-�tre quelque part.

Va savoir.

On s'en va ?

Oui. J'ai pay�.

Marta...

Que voulais-tu me dire de si important ?

Je pars t�t demain, on n'aura plus le temps de parler.

- Rien. - Mais tu avais l'air inqui�te.

C'�tait une plaisanterie.

Taxi !

Contractez-vous et �a ira vite.

Vous pouvez aller chercher l'anesth�siste.

Comment le b�b� va sortir ?

Mon ventre est toujours de la m�me taille.

ll n'arrivera jamais � sortir, il ne sortira jamais.

Respirez profond�ment.

Laissez-la dormir.

Comptez.

C'est une fille ?

Voyez par vous-m�me.

C'est vraiment une histoire magnifique.

Mais pourquoi as-tu �pous� Martin ?

Parce que je l'aime.

Ca aurait �t� grandiose de te battre pour vivre seule avec ton enfant.

Tu as tout mis en l'air avec tes compromis.

La vie n'est pas grandiose.

La vie est telle qu'on la fait.

Exactement, ma petite.

Nos maris semblent �tre en retard. Je r�chauffe le caf� ?

C'est une bonne id�e, mais Karin n'a rien racont�.

Le peu que j'ai � raconter est dr�le.

Mais je vais vous le dire.

Allons toutes dans la cuisine.

Maj !

Henrik !

Tu es d�j� l�...

C'est bien. Tu as r�ussi � �chapper � tes oncles ?

Comment vas-tu ? Tu as l'air triste.

Quelque chose est arriv� ? Tu es triste ?

Je suis vraiment contente de te voir.

Je suis tr�s en col�re. Viens, je vais t'en parler.

Allons sur le ponton, on sera tranquilles.

C'est la catastrophe.

Mon p�re et mes oncles ont d�cr�t� que je travaillerais � la firme.

Quelle b�tise ! lls veulent que je fasse la facult� de commerce.

Je dois commencer en septembre, mais je ne veux pas.

L'oncle Fredrik m'a demand�

si j'avais une meilleure id�e.

Je ne pouvais pas lui dire que je voulais d�couvrir le continent,

alors j'ai dit que je ne savais pas.

"Alors c'est d�cid�" a dit Fredrik

et tout le monde a regard� dans le vide, papa aussi.

C'est typique.

Papa m'a dit : "Ca te plaira, tu verras."

J'ai dit non, mais j'ai senti que j'allais pleurer.

C'est pas de chance.

C'est le moins qu'on puisse dire.

Maintenant, il ne me reste plus qu'une chose � faire.

Soit je me tue soit je m'enfuis.

Si tu meurs, je veux mourir aussi.

Je ne veux pas avoir �a sur la conscience.

ll n'y a qu'une solution.

- On s'enfuit. - On dispara�t comme �a.

J'ai de l'argent � la banque, je peux le retirer.

- Moi aussi. - Tu as un passeport ?

- Tu le sais. - J'avais oubli�.

- On part quand ? - Ce soir, maintenant.

J'ai fait mes bagages, tu n'as qu'� faire les tiens.

Demain, on prendra le train pour Copenhague,

pour Paris et une fois l'argent dilapid�, on ira en ltalie.

J'ai un ami l�-bas, on habitera chez lui.

Ce sera vraiment fantastique.

Je t'aime tellement... On part ce soir.

Va faire tes valises. Moi, je vais �crire une lettre � mes parents.

Allez, vas-y.

Mon histoire n'en est pas vraiment une.

C'est juste un �pisode amusant.

Nous avions f�t� le 100e anniversaire de la firme, les invit�s partaient.

Nous �tions fatigu�s mais heureux.

Mlle Viola, nous partons.

Bonne nuit, maman.

On peut te parler ou tu as trop bu ?

Comment va ta femme ?

Ce n'est pas ma femme.

Annette l'a vue, elle a l'air d'en �tre � son dernier mois.

Et alors ?

Vous vivez ensemble ?

- Non, elle vit chez ses parents. - Tu ne devrais pas...

Elle ne se soucie pas de moi. Elle refuse tout contact avec moi.

Et elle ne m'�coute m�me pas quand je lui t�l�phone.

Je la supplie de m'�pouser, mais elle ne veut pas.

Et tu sais quoi ?

Elle dit que je suis incorrigible.

Sans me donner ma chance.

Karin, viens, on y va.

Oui, j'arrive.

Au revoir.

On vous raccompagne ?

Non, merci. Annette et moi rentrons � pied.

Je peux arriver une heure en retard au bureau ?

ldiot. Tu peux m�me prendre une semaine.

Non, �a va comme �a. Tu prends ton chapeau ?

Prends le volant. Moi, j'ai trop bu.

Dans toutes les familles, il y a statistiquement une brebis galeuse,

un bon � rien, comme Eugen,

un gentil tout plein comme Paul et quelqu'un de comp�tent.

Et ce quelqu'un de comp�tent, c'est toi, bien s�r.

Pourquoi pas ?

J'ai fait de la vieille firme de papa une soci�t� dont on a 79% des parts.

Je suis dans la fleur de l'�ge avec plein d'id�es sur l'avenir,

ce qui est intelligent.

Mes enfants sont dou�s, bien �lev�s et j'ai une ravissante femme.

Je r�volutionne l'export et je n'ai aucun ennemi.

Tu n'as pas d'amis non plus.

Je n'en ai pas besoin. Je me sens bien, je dors bien.

Et je suis champion du club de bowling. Que souhaiter de plus ?

C'est comme si toutes les difficult�s de la vie

faisaient demi-tour en me voyant.

Bien s�r, tu es unique.

Je sens un brin d'ironie, mais je n'en ai cure, Karin.

Aucun homme n'est bien aux yeux de sa femme.

Non. Dieu n'a s�rement pas de femme.

Au fait,

tu aurais pu te couvrir davantage pour cette soir�e.

J'ai eu peur que ton d�collet� ne tombe dans la glace.

Tu es venue � moiti� nue pour m'irriter.

Comment le sais-tu ?

A ton �ge, on doit plus se couvrir.

- Tu es jaloux ? - Juste un peu choqu�.

Sois content que j'aie mis le hol� avec Martin,

sinon, �a aurait fait jaser.

Comment va sa concubine ?

Je l'ai vue hier, on dirait qu'elle va accoucher � tout moment.

Quoi ?

Accoucher.

Tu sais, c'est ce qui arrive aux femmes de temps en temps.

Mince ! Elle qui est si belle !

- Elle a mauvaise r�putation. - Tu sais �a ?

- Les bruits, �a court. - Je la trouvais belle.

A ton �ge, mon cher Fredrik,

on consid�re � tort la jeunesse et la beaut� comme des qualit�s.

C'est un probl�me hormonal.

Merci de me le dire.

Tu as du savon � barbe dans l'oreille.

Quoi ?

Tu as du savon � barbe dans l'oreille.

Tu l'as vu et tu ne m'as rien dit ?

Et j'ai parl� � Son Altesse Royale avec...

Le prince h�ritier �tait fascin� par ton oreille

qui �tait blanche comme neige.

C'est pour �a qu'il avait l'air absent... Mince !

Mais tu �tais tr�s mignon.

- Tu es vraiment... - Fais attention � ta tension.

Bon...

On est arriv�s.

J'ai d�j� dit � lnga de monter le landau.

On ne sait pas qui circule ici toute le journ�e...

Bon, voil�.

Ca a �t� une excellente soir�e.

On a toutes les raisons d'�tre contents. Superbe soir�e !

Je suis fier de toi, Fredrik Lobelius !

Ca alors, c'est bizarre !

- Calme-toi. - Qu'est-ce que j'ai dit ?

Dans une situation pareille, il faut donner l'alerte.

C'est ce bouton rouge. Voil�.

Je n'entends rien du tout.

C'est normal, l'alarme est chez le concierge.

ll va se r�veiller et venir nous aider.

- Tu en es s�r ? - Calme-toi et assieds-toi.

Moi, �a va parfaitement bien. Je te sens juste nerveux.

Moi ? Mais pas du tout !

- Tu vas fumer ? - Ca t'emb�te ?

Un peu. Si on passe la nuit ici, l'air va se rar�fier.

Jamais entendu plus b�te.

Ecoute. Tu entends ?

Non.

J'entends des pas. C'est le concierge, tout va bien.

- Je n'entends pas de pas. - Tais-toi.

Ce sont juste des bruits.

H� ! Ho !

On dirait un vieux coucou.

- Essaie, toi, pour voir. - Non.

On a besoin d'une femme pour r�parer �a.

Regarde !

- Tu t'es fait mal ? - Non.

Mais mon cigare et mes lunettes sont tomb�s.

- Quand une femme s'en m�le... - J'ai construit l'ascenseur ?

La m�re de l'inventeur devait �tre une femme.

Ne nous �nervons pas.

ll n'y a vraiment pas de quoi rire.

Tu as vu ton haut-de-forme ?

C'est dr�le, mais seulement pour toi.

Tu as l'air d'un clown.

Je ne vois qu'une fa�on de s'en sortir et pas tr�s bonne.

Laquelle, mon ch�ri ?

J'ai le sentiment que c'est toi qui as combin� la panne d'ascenseur.

Ca ne te fait pas plaisir de te retrouver seul avec ton aim�e

pour une p�riode presque illimit�e ?

C'est tr�s gentil � toi de dire �a.

Mais la seule fa�on de sortir d'ici, c'est de crier au secours.

Mais on va se rendre ridicules.

Peut-�tre bien. Mais � dire la v�rit�,

c'est la pire des choses, apr�s les rats et les communistes,

d'�tre coinc� dans un endroit exigu sans pouvoir en sortir.

J'ai trouv� la faille chez l'homme. Hip, hip, hip, hourra !

- Je vais enlever mon manteau. - Bien s�r.

Bon, maintenant, crions. On va crier au secours.

Ca donnera une impression d'hyst�rie.

C'est ce que je pense.

Une fois de plus, ton ironie est d�plac�e.

On va crier "Y a quelqu'un ?" tout simplement.

Tous les deux en m�me temps. Allez.

Un, deux, trois... Y a quelqu'un ?

Un, deux, trois...

Pourquoi tu ne cries pas ?

L'ampoule s'est d�viss�e. Quelqu'un pourrait y rem�dier.

Ne t'en fais pas, mon ch�ri.

Mon petit gar�on, ne sois pas si triste.

On viendra nous sauver avant qu'on meure de faim.

- Ch�ri... - Quoi ?

J'ai mal aux genoux.

Je suis d�sol�. Je peux m'asseoir par terre.

Je peux m'asseoir sur tes genoux ?

C'est oblig� ?

ll y a 15 ans, tu aurais �t� ravi de m'avoir sur tes genoux.

Oui, mais il y a 15 ans, tu �tais moins lourde.

Tu n'es pas un Adonis non plus.

Que disent les jeunes filles ?

Les femmes n'ont pas honte, m�me devant leur mari.

Et que disent-ils de toi, ceux qui te tournent autour ?

Tu sais qu'une femme est dans la fleur de l'�ge � 35 ans ?

Je ne veux pas le savoir.

Dommage, on aurait pu s'amuser, tous les deux.

- Quelque chose a craqu�. - C'est toi ?

Tu es trop lourde, je refuse de tomber par terre avec toi.

On s'embrasse sous couvert de l'obscurit� ?

Assieds-toi.

- C'est quoi, ce bruit ? - Je ne sais pas.

Mon pauvre Fredrik, tu as faim.

Ton petit ventre gargouille.

A vrai dire, je prendrais bien des sandwiches et une bi�re.

Un buffet, �a nourrit pas.

Attends, j'ai du chocolat dans mon sac.

- Tu en veux ? - Non, quelle id�e.

- Ca cale. - Non, merci.

Comme tu veux.

Donne. Le chocolat est peut-�tre meilleur que quand j'�tais petit.

Alors ?

Je ne sais pas trop...

- Tu en veux encore ? - Oui.

Quel dommage, il n'y en a plus.

Je vois. Dis, Kajsa...

Kajsa est tout ou�e.

Maintenant que nous sommes livr�s � nous-m�mes,

est-ce qu'on ne pourrait pas �tre sinc�res pour s'amuser

et tout oublier demain matin ?

J'imagine le pire.

Je me suis souvent demand� si tu...

Vas-y.

Tu vas avoir une mauvaise impression.

Ca fait ouverture d'op�ra.

Tu m'as d�j� tromp� ?

Bien s�r.

Tu l'avoues ?

Tu me l'as demand�.

Si j'avais demand� hier...

Je t'aurais r�pondu oui.

Bon, je vois. Eh bien, c'est tr�s int�ressant.

- Tu veux t'asseoir ? - Je suis bien debout.

Comme tu veux.

Ca t'est arriv� avec des hommes diff�rents ?

Bien s�r, qu'est-ce que tu crois ?

Est-ce que tu as un amant en ce moment, par hasard ?

Je suis dans une situation d�licate, en ce moment.

Je dois choisir entre 2 hommes, mais je ne sais pas lequel prendre.

C'est �moustillant, non ?

Terriblement.

Tu pourrais m'aider � choisir.

Moi ? Franchement, je trouve que quelquefois,

tu es bizarre. Je suis ton mari apr�s tout.

- Dans la th�orie. - Pourquoi tu dis �a ?

Combien de fois tu m'as tromp�e ?

Moi ?

Oui, toi, Fredrik Lobelius.

Combien de fois et avec combien de femmes m'as-tu tromp�e ?

Je n'ai pas besoin de r�pondre � cette question stupide et inf�me.

Tr�s bien. Je ne t'ai jamais trahi, c'�tait une plaisanterie.

- C'est �a. - Tu n'as aucune preuve.

- Toi non plus. - Si, justement, j'en ai une.

Je t'ai fait peur ?

Je vois... Je pense que tu es en train de bluffer.

Je ne dirai qu'un nom...

Diana.

ll rougit. ll rougit comme un �colier.

Un petit gar�on qu'on surprend les doigts dans le pot de confiture.

Bon, d'accord, Diana. Mais �a n'a pas dur�.

Elle n'�tait pas folle, mais folle amoureuse.

Cette Am�ricaine de 19 ans a mis 2 d�tectives � tes trousses, tu sais.

- Ca a d� �tre cher. - Arr�te !

Tu vois, les femmes peuvent �tre d�sagr�ables.

Pendant 2 ans, elle t'a suivi � la trace.

Et la semaine derni�re, tu sais qui elle est venue voir ?

- Elle t'a parl� ? - Oui.

Et elle m'a donn� une petite liste

de tes aventures de ces deux derni�res ann�es.

Et tu sais ce qu'elle fait ?

Tu te fiches de moi. ll n'y a rien de vrai.

J'ai la liste dans mon sac. On peut la lire ensemble.

Non, merci.

Je vais mettre mon manteau en boule par terre et m'asseoir dessus.

Cette jeune fille �nergique rend visite � tes autres liaisons

et leur donne la liste. ll y a m�me ta biographie et tout...

Je vois.

Tu n'as pas fr�quent� que du beau monde.

Non.

Nous, les femmes, nous avons toutes le m�me mat�riel,

plus ou moins parfait.

Parce que j'imagine que tu ne les voyais pas pour discuter.

Diana, non. Qui l'aurait crue aussi �nergique ?

Je devrais l'embaucher � la firme.

- Ca t'a plu ? - Tu veux la v�rit� ?

Essaie si c'est possible.

Toutes les liaisons que j'ai eues m'ont plu. Je n'en regrette aucune.

- Comme un bon d�ner. - C'est mieux. J'aime les femmes.

- Et tu les d�testes. - Pas plus que je me d�teste moi.

Tu as d�j� eu des raisons de te plaindre ?

Non.

Mais pourquoi tu ne m'as pas parl� de tes liaisons ?

- On ne parle jamais de �a. - C'est idiot.

C'est plut�t judicieux. Chacun de nous m�ne sa vie.

On �l�ve nos enfants. Sortis de �a, on a notre libert�, c'est tout.

- Que se passe-t-il ? - J'ai la jambe engourdie.

Attends, je vais te masser.

Je t'ai interdit de porter des sous-v�tements courts,

�a donne des rhumatismes.

Ca fait du bien d'�tre mass�.

Tu devrais me remasser le matin, comme tu faisais avant.

Dieu merci. Ca va mieux, maintenant ?

Dis...

Tu es tellement forte. Je t'ai toujours admir�e.

Ne dis pas �a, Fredrik.

Je me suis souvent dit que rien ne nous �tait impossible,

avec notre intelligence et notre force.

ldiot.

L�che-moi les cheveux, �a me fait mal.

On ne devrait jamais demander de pardonner ces choses-l�.

Demain, je demande � ma m�re de s'occuper de la maison

et jeudi, on part en Belgique.

Moi, en Belgique ?

Tu seras ma secr�taire.

- Tu as Mme Aronsson. - Je m'en fiche de Mme Aronsson.

- Tu es s�rieux ? - Absolument.

- On ne devrait rien esp�rer. - Mais Kajsa...

C'est une exp�rience.

Avant de rentrer, peut-�tre qu'on ne s'entendra plus.

Mais si tu veux, on va faire l'exp�rience.

"Mieux vaut �couter un arc que de le plier."

Je crois qu'un po�te a dit �a.

Dis...

- Je dois te dire... - Laisse tomber.

Non, je peux te le dire, maintenant.

Alors vas-y.

A propos de cette liste, ce n'est qu'un mensonge.

Je n'�tais au courant que pour Diana.

Oh, toi...

O� va-t-on chercher tout �a ?

Au sujet de tes amants, �a aussi...

ll y a une part de v�rit�...

Une part...

Tu es jaloux ?

Plut�t, oui.

J'adore �a. Ca me fait tr�s plaisir, mon aim�.

Je suis tellement heureuse, mon Othello.

On aurait d� �tre coinc�s plus souvent

dans un ascenseur, pendant nos 13 ann�es de mariage.

Tu ne crois pas ?

Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu as dit ?

Rien.

Une fois, j'ai dit � un ami :

"Je l'aime d'une passion

"rouge et noire � la fois."

Qui �a ?

Toi.

Toi...

Qu'aimes-tu le moins en moi ?

Ce ton de petit chef que tu as : "Oui, je vois..."

Et toi, qu'aimes-tu le moins en moi ?

Tes taquineries.

Je te taquine, l� ?

Ton d�collet� est tr�s affriolant.

Tu le vois, dans le noir ?

Non.

Je ne le vois pas.

Des amants retrouv�s dans un ascenseur.

On aura quelque chose � raconter � nos petits-enfants.

Tais-toi.

Pourquoi �a ?

Je me suis cogn� la t�te.

- D�sol�. - Je me suis cogn�e.

Mais ma ch�rie, il y a tellement de monde, ici.

- O� est mon manteau ? - Mes chaussures...

Tu �tais assise dessus.

Tiens, les voil�.

ll faut que je mette mon manteau.

- Personne ne peut voir... - Mon chapeau.

Mon Dieu, je les croyais morts.

Bonjour.

- L'alarme n'a pas fonctionn�. - On a vu.

Je suis d�sol�, monsieur.

Mme Lobelius et vous avez d� vous asseoir...

- Evidemment. - On peut sortir ?

Bien s�r. C'est bient�t r�par�. Voil�.

Bonjour.

Aujourd'hui, la firme n'aura pas de timonier.

- Que fait-il ? - ll est � terre.

ll dort dans les bras d'une mauvaise fille.

Et toute la journ�e, il dort avec elle.

Que se passe-t-il ?

C'est notre repr�sentant br�silien.

On est cens�s avoir une conf�rence ce matin � 10h.

Je lui ai dit d'appeler � son arriv�e.

Adieu, beau timonier.

C'est tr�s important.

Quoi ? Non.

Paul, tu es all� le chercher � la gare ?

Je vois. Tu es un exemple pour ton fr�re.

J'�tais dans un ascenseur... Je vais me raser.

Au revoir. Un ascenseur, j'ai dit.

J'�tais dans un ascenseur.

C'�tait une sacr�e nuit.

J'ai eu l'autorisation de l'accompagner certaines fois

et de lui masser sa jambe engourdie.

A quoi tu penses, Marta ?

A rien. A Martin.

Et comment il sera � notre rencontre.

Va-t-il m'enlacer et rire

ou va-t-il �tre sombre au point de me faire pleurer ?

Maintenant, � Annette de raconter.

Je n'ai rien � raconter. Absolument rien.

C'est horrible, mais typique de Paul et de moi.

lls arrivent ! lls arrivent !

Je ne me suis pas chang�e.

Non, je dois me changer.

Que fais-tu ?

Henrik et moi allons nous enfuir.

C'est le pompon !

lnutile d'�tre ironique.

Je suis quelque peu surprise. Apr�s tout, tu es ma petite soeur.

Je vais �crire � papa et maman.

Tu ne devrais pas faire �a.

- Tu vas m'en emp�cher ? - Bien s�r.

- Par la force ? - Si n�cessaire.

Henrik peut aller o� il veut, mais je suis responsable de toi.

Tu parles de responsabilit�s...

Toi qui as �t� si irr�fl�chie et qui as tant fait...

Je t'en prie, ne t'en va pas.

Pourquoi ? Donne-moi une raison.

C'est ridicule.

C'est plus ridicule de laisser Henrik partir seul, car je le perdrai.

Et je l'aime autant que tu aimes ton idiot de Martin.

Parle � maman d'abord. Tu peux au moins faire �a, Maj.

Je n'y pense pas.

Marta, Martin se demande pourquoi tu n'es pas all�e l'accueillir.

Ne vois-tu pas, Marta ?

Ne t'en fais pas pour moi, je partirai sur la pointe des pieds.

- Tu n'es qu'une petite fille. - Non !

Je ne suis pas une petite fille !

Je sais ce que je veux. Je veux prendre soin de moi

aussi bien que vous toutes.

Henrik et moi, nous nous aimons,

sans la moindre concession. On s'aime vraiment.

C'est du solide. Est-ce que tu comprends ?

Promets-moi de toujours m'aimer comme maintenant.

Je le jure.

Jure de ne jamais faire de compromis, d'�tre malhonn�te,

d�go�tant ou infid�le comme tous les autres.

Je le jure.

Sinon, je pr�f�rerais �tre morte.

C'est Henrik et Maj qui n'arrivent pas � d�marrer ?

Je crois.

- Paul, c'est horrible. - Quoi donc ?

- lls fuient � l'�tranger. - Ah bon ?

Que faire ? J'�tais plut�t perplexe.

Eh bien, laisse-les s'enfuir.

- Quoi ? - Laisse-les partir.

lls reviendront un jour ou l'autre.

Tu crois vraiment ?

lls font quelque chose qu'ils croient interdit.

Qu'ils profitent de l'�t�.

Bient�t viendront les blessures, la prudence et tout le reste.

Ca commence � se rafra�chir. Rentrons.

Ne pleure pas, ma ch�re Marta.

Je suis tellement heureuse...

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