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Original subtitles

Alors ?

Recette secrète de ma grand-mère turinoise.

Et comme elle disait :

"Ca prend le temps qu'il faut."

Une potée aurait été plus rapide.

Je te ferai celle de ma mère, t'en fais pas.

J'arrête l'hôpital, je serai plus disponible.

Tu viens déjà chaque soir.

Je serai médecin sportif.

Pas d'heures sup,

quelques déplacements

et j'aurai du temps pour moi.

Tu as vraiment décidé de partir ?

Après tout ce que tu as fait.

Giorgio, je reste médecin.

C'est juste que...

j'aurai pas un mort par jour.

Maintenant que tu t'es plaint, goûte-moi ça.

Tu devrais dire

à ta grand-mère turinoise que nous, à Milan,

on met du sel.

Non, je l'ai fait exprès.

Le sel fait monter la tension.

La tête en arrière.

Allonge-toi. Voilà, doucement.

Tu es brûlant de fièvre.

Non, ça va, c'est rien.

Attends, voilà.

C'est quoi, ça ?

Giorgio, tu t'es fait ça quand ?

Je ne sens pas la douleur.

- C'est ton ancien professeur ? - Oui.

Il est candidat à la région.

Il n'est pas aussi fiable qu'il le prétend.

C'est Carolina. On se voit aux visites ?

Oui, bien sûr.

Salut, ma puce. Tu es sur la route, ça va ?

Non, j'ai pas parlé à ta mère depuis un moment.

Tu divorces ?

Carolina ne devait rien dire aux gens.

Je suis pas les gens.

Et donc ?

C'est difficile. J'ai pas envie d'en parler.

Il s'est passé quelque chose ? Ca se décide ensemble.

- Vous avez adopté. - Et alors ?

En plus, tu m'en veux à mort.

Oui, je t'en veux à mort.

Mais tu es la mère de ma fille. Je peux t'aider.

J'ai besoin de travailler.

J'ai plein de choses en retard.

- Et je dors mal. - Ca ne va pas.

Je divorce, Andrea.

Tu l'as oublié, mais on ne va pas bien.

Ca me regarde. Enfin, Manuel et moi.

Tu veux m'aider ? Va bosser.

Merci.

Je dois réussir à le dire à Pietro.

Je peux le faire, si tu veux.

Je lui avais promis.

Mais je pensais que tu voulais le faire.

Oui.

Je veux lui dire.

Je dois...

trouver comment.

61 ans, diabétique depuis 10 ans,

bonne compliance au traitement.

Fièvre, céphalées légères, myalgies,

surtout dans le dos.

C'est une petite grippe.

- Tu sens ça ? - Giulia...

Ne perdez pas votre temps avec moi.

J'ai un pied diabétique

et une polyneuropathie symétrique distale sensitivomotrice

comme plein de diabétiques.

J'oubliais. Il est médecin.

Je vais bien. Mes nerfs sont abîmés par le déséquilibre glycémique.

Tu le sais comme moi,

la neuropathie n'entraîne pas de fièvre.

La blessure ouverte a pu s'infecter.

Je t'en prie, je me connais.

Je vis avec mon corps depuis 60 ans.

C'est une petite grippe.

Je peux partir ?

On te met sous antipyrétique et antibiotiques

et on te garde.

Si ce soir, ça va, tu partiras.

Pardon, j'ai été retenu.

Tu as commencé les visites ?

J'ai vu le patient d'hier soir.

- Le père d'Alba. - Giorgio ?

- Oui. - Neuropathie diabétique.

Céphalées et fièvre.

C'est sûrement rien.

Il a un pied diabétique et un ulcère.

- La plaie est infectée ? - Pas en surface.

Il sait pas d'où ça vient.

Ca pourrait être

une spondylodiscite, il a mal au dos.

Ses muscles dorsaux sont raides.

Merci.

Martina, tu es avec nous ?

Pardon, j'ai mal dormi.

Pour confirmer l'infection,

je ferais un bilan sanguin avec VS,

une hémoculture, une PCT et une CRP.

Si on trouve quelque chose,

un scanner et une scintigraphie.

Très bien.

Carolina, ça va ?

Oui, oui.

Elle prenait la route.

Tu m'accordes la prochaine visite ?

Et un petit dîner dans un resto sympa ?

Tu as vu Elisabetta ?

Comment va-t-elle ?

C'est la fin.

Elle arrive à rester sereine, mais moi...

j'ai vraiment du mal.

- Salut, mec. - Pietro.

Alessandra.

- Comment va maman ? - Comme hier.

Donc pas bien.

Bon, je vais la voir.

Attends.

Laissons-leur 10 minutes.

Je t'offre un café.

Tu crois qu'elle va lui dire ?

Tu vas emmener Pietro à Londres ?

Toute sa vie est à Milan.

Et puis...

tu vas faire comment, toute seule ?

Moi, ma vie est à Londres.

Pietro va s'adapter.

Je dois m'arranger avec le travail.

Ca va être compliqué.

Quand je pense à son père, quel connard.

Tu le connais ?

Mais il vit à Milan.

Il a une bonne situation.

Sa fiancée est mannequin. Ils n'ont pas d'enfants.

Ces gens n'ont pas de problèmes.

Je ferais n'importe quoi pour ma soeur.

Mais c'est plus compliqué.

Attends, sa fiancée est mannequin ?

Il a même une agence, apparemment.

C'est tout ce que t'as retenu ?

Les hommes, tous les mêmes.

Je garde ça.

Je t'en prie, fais tes devoirs.

Il ferait tout pour y échapper.

- Menteuse. - Toi-même.

File, ta tante t'attend.

Et mon bisou ?

Au revoir, mon ange.

Quoi ?

J'aime pas ce regard.

Le père, c'est mon frère.

C'est pour ça que tu le connais.

Tu m'as menti tout ce temps.

- Il te l'a dit ? - Ta soeur, sans le vouloir.

- Pourquoi me le cacher ? - Pourquoi pas ?

Samuele n'a jamais rien voulu savoir.

C'est pas vraiment son père.

Là, c'est différent. On doit l'appeler.

Tu crois quoi ?

Tu crois que j'ai pas essayé ?

- Tu lui as parlé de Pietro ? - Oui.

Il n'a rien voulu savoir.

C'est mon neveu, Elisabetta.

Pietro est mon neveu.

T'aurais pu me le dire, quand même.

On lui aurait tout dit.

Il peut s'installer chez moi.

Je peux prendre soin de lui à la place de Samuele.

Tu n'es pas officiellement son oncle.

Parce que Samuele

n'a jamais reconnu l'enfant.

Même si vous êtes du même sang, il partira à l'adoption.

Et il trouvera une vraie famille.

Ils te le donneront pas.

Donc, tu vois, te le dire...

n'aurait fait qu'aggraver les choses.

On fait quoi, alors ?

Attendons encore une semaine.

Voyons comment ça évolue.

Barbara est dangereuse pour elle et les autres.

Tu l'as dit toi-même.

La prochaine fois, ce sera pas les pneus.

Enrico, Teresa a raison.

Tu dois la signaler.

Va voir Marabini et explique-lui.

C'est mon pire échec professionnel.

Tu pensais pouvoir la soigner.

Je me suis trompée aussi.

Tu es le centre de son obsession.

Je ne veux pas porter plainte.

Je parlerai à Marabini.

Je voudrais lui dire avant.

Et à lui aussi.

Je dois y aller. Si besoin, je suis là.

Merci.

Elle a fui en te voyant.

Vas-y doucement avec elle. Elle souffre beaucoup.

- Elle divorce. - Ah bon ?

J'aurais pas dû vous le dire.

Attends...

Tu veux la reconquérir et dès que tu te mets avec Giulia,

- elle divorce ? - Ca m'intéresse pas.

Pour moi, Agnese n'existe plus.

Comment tu sais, pour Giulia ?

C'est la famille.

Vous êtes plus des enfants qui font leur coup en cachette.

Vous aussi, au début, vous l'avez caché.

Mais un jour, il faut le dévoiler.

Il l'aime encore ?

Impossible.

Il ne lui pardonne pas.

Tant que Giulia souffre pas...

Ta fièvre est montée.

La CRP oriente sur une infection.

- Je te l'avais dit. - Et donc ?

Vous allez me garder ici ?

En tant que médecin, tu te laisserais sortir ?

Donnez-moi au moins la chambre d'Alba.

Je pourrai rêver d'elle.

Désolé, elle est prise.

J'augmente l'antipyrétique.

Je préviens Teresa qu'on le garde.

Excuse-moi.

Tu peux baisser la lumière ?

- Ca me gêne. - Oui.

Là, c'est mieux ?

Photophobie et léthargie.

L'infection est étendue.

Peut-être une encéphalite ?

Ca pourrait être bactérien. On maintient les antibios.

Demandez un scanner. Avant ce soir.

Et une ponction lombaire.

- Où est Martina ? - Sortie. Je m'en charge.

Giorgio m'a dit qu'il passait le voir chaque soir.

Tu le savais ?

Il est encore workaholic ?

Je lui parlerai.

Ca avance ?

- Oui, bien. - Mal.

On remplit les données de la première semaine.

Ca fait une heure. Quel ennui.

Vous pensez vraiment

que récupérer ces faits personnels sur les patients

aide à poser un diagnostic ?

On n'est pas les seuls. Les investisseurs aussi.

Dorénavant, ce sera systématique.

Et si on remplissait les données

chaque jour, plutôt que chaque semaine ?

- Ce serait plus efficace. - Parfait.

A partir de demain.

C'est votre responsabilité.

Tu te tais jamais ?

- Par chance, je pars bientôt. - On continue.

On en était où ?

Le patient vit seul.

Peu d'interactions sociales.

Souvent, il va chez le médecin

pour qu'on l'écoute.

C'est la joie.

Que fais-tu là ?

Je veux te parler d'Elisabetta et de son fils.

Next,

éteins la musique.

Elle a fini par te le dire.

Et toi ?

T'as caché ça pendant 12 ans.

Ecoute-moi, Damiano.

Si c'est pour une leçon de morale, tu peux partir.

On a été très clairs.

Je voulais pas d'enfant.

Elle, si.

Point barre.

T'as raison.

Je suis pas là pour te juger.

Alors qu'est-ce que tu veux ?

Son état a empiré.

Elle va mourir.

Question de jours.

L'enfant s'appelle Pietro.

Tu ne veux pas le rencontrer ?

Je te demande un truc énorme.

Tu as déjà refusé.

- Je ne veux pas d'enfants. - Réfléchis-y.

Pietro est un petit garçon super.

Et très indépendant pour son âge.

Il aura besoin qu'on s'occupe de lui.

Tu sais ce que c'est, perdre sa mère jeune.

Je suis désolé, Damiano.

Quelqu'un d'autre pourra s'occuper de lui

bien mieux que moi.

- Salut, Damiano. - Salut.

Je vous dérange ?

Que se passe-t-il ?

Non, rien.

Il était dans le coin.

Il a voulu jouer les grands frères.

Il y arrive, peut-être.

Elle ne sait rien ?

Non, et elle ne doit rien savoir.

Dis, elle est partie,

la jeune médecin ? C'est quoi son nom ?

Martina Carelli. Elle est partie pour un séminaire.

- C'est ta copine ? - Non.

Mais elle te plaît.

Tu l'as évitée exprès devant moi, tout à l'heure.

Elle me plaisait, au début.

Un peu.

Mais je n'arrive pas...

à imaginer tromper Alba.

Alba n'est plus là.

Tu me dis ça à moi ?

T'as voulu sa chambre.

C'est pas pareil.

Alba était ma fille.

Ma fille unique.

Et maintenant qu'elle est morte,

ma vie est terminée.

Toi, tu as la vie devant toi.

Pars de cet hôpital,

rencontre une fille, fonde une famille.

Laisse-moi Alba.

Ne perds pas ton temps avec moi.

J'attends seulement la mort.

Et si j'avais un peu plus de courage,

je laisserais pas ça au diabète.

C'est trop lent.

Ne dis pas ça, même pour rire.

Allonge-toi.

Viens.

Doucement.

Quoi, ça te fait mal ?

Raideur dans la nuque.

Penche la tête en avant. Vas-y, penche, Giorgio.

C'est sûrement une méningo-encéphalite.

Tourne-toi, Giorgio.

Voilà, c'est bien. Doucement.

- Tu es avec quel patient ? - Giorgio.

Enfin,

je m'inquiète pour lui.

Moi aussi, on est médecins.

Mais on a aussi une vie.

On sera pas meilleurs médecins en cessant de vivre.

D'ailleurs, je suis là.

Et ça fait...

exactement...

1 heure 21 minutes et 14 secondes.

C'est plutôt moi, le workaholic.

Non, t'es pire.

Toi aussi, tu as passé des nuits à écrire.

Tu as fait un travail excellent, j'ai lu l'article.

Tu seras sûrement publiée. Bravo.

On prend quoi ?

C'est Riccardo.

Giorgio a une méningite.

Il est sédaté et en isolement.

L'hémoculture ?

Déjà partie.

- Le scanner ? - On recommencera demain matin.

La ponction lombaire ?

J'allais la faire.

- Donc, tout est sous contrôle ? - Oui.

J'aurais pas dû t'appeler.

J'ai interrompu quelque chose ?

Non, on dînait,

mais on parlait boulot.

Bon. Va te reposer.

Je fais la ponction lombaire. Tu en as fait assez.

Y a pas que la méningite.

Depuis le covid, Giorgio a changé.

D'abord la solitude,

la mort de Martelli,

ils étaient divorcés, mais encore très liés.

Et il y a eu Alba.

Il s'en est pas remis.

Il baisse les bras.

J'ai été inutile pendant tout ce temps.

Incapacité à se faire entendre.

Peur de mourir.

Solitude.

Anxiété, anxiété,

anxiété, anxiété,

à toutes les sauces, la vache...

On dirait le service de psychologie clinique.

Qui n'est pas anxieux, aujourd'hui ?

L'avenir est tellement incertain.

C'est le présent qui m'angoisse.

J'ai hâte que tout ça se termine.

Le semestre, l'internat...

Qu'il arrive, ce putain d'avenir.

Regarde-le.

J'aurais jamais pensé

qu'il lâcherait la médecine interne.

C'est dingue.

Moi non plus.

Et ce service va bientôt manquer de mecs.

Moins de distractions.

Oui, je sais.

On est une vraie tentation. De chaque instant.

Non, vous ne pouvez pas vous concentrer.

Bière et pizza, chez moi, comme avant ?

Je préfère pas.

Si mon père m'appelle,

je devrai encore lui mentir.

Je comprends pas bien.

Lui mentir sur quoi ?

Après ce qui s'est passé avec ma soeur,

s'il m'imagine avec un Italien, je repars en Chine.

Du coup, si toi,

tu tombes amoureuse,

tu préfères laisser tomber pour ton père ?

Si jamais ça m'arrive, je verrai à ce moment-là.

On peut terminer ça, maintenant ?

Les questionnaires de satisfaction.

Attends, t'avais vu cette notification ?

Sûrement une mise à jour.

N'ouvre pas, on finira jamais.

Un signalement du service informatique.

Il y a eu un accès suspect à la base de données,

il y a quelques semaines.

Regarde.

Merci de l'avoir autorisé à rester.

Je pense pas qu'elle va lui dire.

Elle veut en profiter tant qu'elle peut.

- Salut. - Salut.

Tu m'attendais ?

A défaut de sa mémoire, il a retrouvé autre chose.

On réessaie. Si les patients nous laissent.

D'accord.

Désolée pour Elisabetta.

Et pour son fils. Tu t'es pris d'affection.

Oui, d'affection.

T'as vu, ça rime avec tonton.

En tout cas, merci.

Et bon rencard.

Maman ?

Qu'est-ce que t'as ?

Je me sens un peu bizarre.

Maman ?

Tout va bien.

Je suis juste très fatiguée.

Je me suis assoupie.

Martina, ferme ce livre.

J'ai examen après-demain.

Mange, au moins.

Tu l'as révisé 100 fois.

Et ça n'a pas suffi.

- C'est le psychopathe ? - Oui.

C'est bientôt fini.

Je passe mon diplôme et on part.

Et j'aurai plus à le revoir.

Café double ?

J'ai peu dormi, cette nuit.

Super rencard, alors.

On n'a même pas dîné.

Andrea a eu une urgence.

C'est tout lui, non ?

Il était pas comme ça.

Il l'a toujours été.

- T'étais pas là. - On m'a raconté.

Aucune vie privée, c'est ça ?

Non, enfin...

Si, le travail passait avant tout, mais...

c'était différent. Il ne parlait pas aux patients.

On en parlait ensemble.

Sexy. Excuse-moi.

On avait nos moments à nous.

Et maintenant ?

Ces moments n'existent plus ?

Pourquoi je t'en parle à toi ? Franchement...

C'est toi qui as changé.

Tu as commencé comme son assistante.

Tu as grandi à son image.

Et tu as avancé.

Il y a eu Lorenzo, un enfant,

le covid, moi...

Et tu es à ça de devenir cheffe.

Tu as déjà vécu une vie entière.

- Lui aussi. - Tu crois ?

Il était comment, avant ?

Chef, divorcé, accro au boulot.

Et maintenant ?

Chef, divorcé, accro au boulot.

A plus tard.

Oh là là.

C'est si grave ?

C'est sûrement une méningite.

On n'a pas encore identifié le pathogène.

Je te connais un peu.

Je crois pas que t'aies plus goût à la vie.

On s'est pas vus depuis des années.

Fais pas semblant de t'intéresser à moi.

Tu es mon patient.

J'y peux rien, je suis comme ça.

Enfin...

j'ai changé depuis la dernière fois.

Tu parles...

T'as toujours été comme ça.

En plus désagréable.

Mais tu as toujours pensé à tes patients.

Un peu comme Fabrizia, en fait.

Sur ça, avec ma femme, vous étiez pareils.

Incapables de trouver un équilibre.

Ca a été dur

de renoncer à Fabrizia quand elle a voulu partir

aux USA à tout prix.

Avec Alba, on aurait pu la suivre,

mais elle n'aurait pas changé.

Et on était pas comme elle.

On était différents.

On voulait vivre.

Alors, fais-le.

Pour Alba, pour Riccardo qui, tu le sais,

s'est beaucoup attaché à toi.

Riccardo se sent coupable de la mort de ma fille.

Il pense

qu'il m'est redevable en quelque sorte.

Ce n'est pas le Riccardo que je connais.

Celui que tu connais abandonnerait la médecine

et s'empêcherait de tomber amoureux

à 30 ans ?

Ce serait moi, le problème ?

Réfléchis-y.

Désaturation.

- Canules ? - Et écho thoracique.

Premier !

T'as vu ? Et moi, dernière.

Parce que t'es faible.

Sinon, t'es dans les premières.

- Ca va ? - Moins bien que toi.

- Regarde sa tête. - Non...

je devais aller voir un patient.

J'ai voulu passer.

T'es pas à l'école ?

Ma mère est à l'hôpital, c'est la meilleure excuse.

C'est une exception.

Ca peut arriver, parfois.

En parlant d'exceptions,

tu sais ce qui me ferait vraiment plaisir comme petit-déj ?

Deux brioches à la crème.

Tu vas en chercher ?

- J'y vais. - Merci.

Il sait pas que je vais mourir.

Donc, ne lui dis pas.

Et quand il le saura ?

Quand il le saura,

je serai morte.

Il aura tout le temps pour pleurer.

Et moi,

j'aurai tout le temps pour être morte.

L'écho thoracique n'a rien révélé aux poumons.

Mais il est hypoxique. Il se dégrade malgré les antibios.

Ca ne fait que 24 heures depuis la prise.

- Et le scanner ? - Négatif.

On attend la ponction lombaire.

Attendons et gardons-le sous surveillance.

Tu mets Riccardo au courant ?

Oui, je m'en charge.

On a un dîner à rattraper.

Giulia, je sais que je suis pas facile à vivre.

J'étais comme ça ?

Un peu.

Alors tu es déjà passée par là.

Doc ?

Tu as une minute ? Il se passe un truc.

Oui.

T'étais où ?

Ta secrétaire n'a pas su me dire où tu étais.

J'avais à faire pour Manuel.

Rien de grave ?

Non, ce sont des rappels de vaccin.

Alors, que se passe-t-il ?

Il y a eu un accès suspect

à la base de données de médecine interne.

Quelqu'un d'extérieur à l'hôpital qui avait les codes.

Mais tu le savais déjà.

Comment j'aurais pu le savoir ?

J'ai demandé qu'on change les codes. Tu l'avais déjà fait.

J'ai pensé que tu savais.

Non, je l'ai fait par précaution.

C'est bien de le faire régulièrement.

Les accès n'ont plus eu lieu.

Très bien.

Espérons qu'il n'y ait pas eu une trop grosse fuite.

Ecoute, Agnese.

Tu restes ma directrice.

On doit pouvoir communiquer de façon cordiale.

Et laisser nos problèmes personnels dehors.

Moi le premier.

Bien.

Que fais-tu ici ?

Je voulais te parler.

- Je veux rencontrer Pietro. - Maintenant ?

Je t'ai appelé il y a des jours.

Mais je suis là.

Et je peux mourir à tout moment.

Question de jours.

- Voire d'heures. - D'heures ?

Je le sens.

Donc, c'est un sujet

que tu dois voir avec ma soeur.

Parce que moi,

je n'ai plus le temps.

Pietro, attends !

Rattrape-le.

Rattrape-le !

Que se passe-t-il ?

- Tu m'avais promis ! - Quoi ?

Que si maman mourait, tu me le dirais.

- Qu'y a-t-il ? - J'ai déconné.

Pietro s'est enfui.

Il a découvert la vérité sur sa maman.

Je m'en charge, Doc.

Si tu as une minute,

je dois te parler de quelque chose.

Au sujet de Barbara.

Bien sûr.

Quel idiot, j'ai été présomptueux.

J'y crois pas.

Elle venait te chercher. Teresa avait des doutes.

J'avais tout ça sous le nez.

- J'ai rien vu. - Tu étais occupé.

D'ailleurs,

ça va, avec Agnese ?

Avec Giulia, plutôt ?

Agnese, c'est plus mon problème.

Après toutes ces années, après Giulia,

tu peux pas lui pardonner ?

Excuse-moi.

C'est la sécurité.

Oui. Où ça ?

T'avais dit qu'elle mourrait pas. Je te déteste !

On a fait tout ce qu'on a pu.

Tu t'en fous, toi.

Ce soir, tu vas rentrer tranquille chez toi.

C'est pas comme si c'était ta mère.

Mais je l'aime beaucoup.

Je m'en fous pas.

Ni d'elle ni de toi.

Tu sais pourquoi je suis médecin ?

Parce que ma mère voulait faire médecine.

C'était son rêve.

Mais elle est morte.

J'ai réalisé son rêve.

Et maintenant,

je l'ai auprès de moi chaque jour.

Fais une liste de ce qu'elle aime.

Et quand elle...

elle ne sera plus là,

fais ces choses et tu l'auras auprès de toi.

Elle aime les BD,

la glace,

et elle a toujours voulu être vétérinaire.

Mais faire des études, avec moi, c'était dur.

Et toi,

ça te plairait ?

Oui, vraiment.

Mais quand ta mère est morte,

t'étais seul ?

Non, j'ai eu de la chance.

J'avais mon papa.

Et mon petit frère.

Ca a été dur, pour lui.

On ne l'a pas soutenu comme on aurait dû.

Surtout moi.

Mon papa, je sais pas qui c'est.

Mais tu as ta tante.

Et je suis là.

Moi aussi, je suis là.

T'es qui, toi ?

Je suis...

ton papa.

Tu le connais ?

Oui.

Te voilà. T'étais où ?

On a le résultat de la ponction.

Pas de signe d'infection chez Giorgio.

On attend encore l'hémoculture.

Tu l'as vu ? Ca va avec l'oxygène ?

Je lui ai pas parlé.

Qu'il se laisse mourir, je vais pas le supplier.

On a une mère mourante

pour de vrai.

Elle a un fils sans père.

Et elle fait quoi ?

Elle mange des brioches.

Giorgio pourrait aussi mourir.

Au moins, il sera content.

Ric, tout le monde n'a pas le don d'Elisabetta.

Donc il ne faut pas

le laisser tomber, même s'il le souhaite.

Faut le mettre sous respirateur.

- On l'emmène en réa. - Oui.

Ouvre la porte.

Giulia, juste une seconde.

C'est pas le moment idéal, mais je dois partir

plus tôt.

- Et je suis en congé demain. - Encore ? Ca va ?

Oui, un souci avec ma soeur.

Mais demain, ce sera réglé. Promis.

D'accord.

Je suis publiée.

Ma recherche.

Bravo ! Félicitations.

Tu vas pouvoir postuler à Rome.

Tu ne vas pas renoncer ?

Pour Andrea ?

Pardon.

Enrico et moi, on sait. Il ne te l'a pas dit ?

Il a d'autres choses en tête.

Il est comme ça.

Mais pour nous donner une chance,

je devrais renoncer.

Y aura d'autres postes, peut-être à Milan.

Ou plus près.

Bien sûr, tu peux renoncer.

T'as fait ça toute ta vie, et ça t'allait.

Y a rien de mal à ça.

Si c'est bien ce que tu veux.

Faut être claire avec toi-même.

Ca y est ?

On va arrêter de se cacher ?

Non, je voulais te parler.

J'ai essayé d'être professionnel, de te soigner,

mais ça a été inutile.

L'amour ne se soigne pas.

Ca se vit.

Barbara, tu souffres d'un trouble mental.

Ca t'a obligée à prendre un congé par le passé.

J'ai voulu t'aider sans succès, j'ai aggravé les choses.

Je dois signaler la crevaison des pneus.

Je dirai à Marabini qu'en brisant ce cercle vicieux,

tu t'en sortiras.

J'en suis sûr. Tu dois sortir de cette obsession.

Elle te mutera ailleurs.

Tu devras te soigner.

J'ai un collègue doué.

Je vais te confier à lui.

Je suis navré.

T'es fou ?

Je te cherche partout.

J'ai harcelé ta secrétaire. Que se passe-t-il ?

C'est toi ?

- Tu vas bien ? - Oui. Ca va.

Que fais-tu ici ?

C'est moi qui l'ai fait venir.

Samuele a un fils.

C'est de ça que je voulais parler, hier.

Un fils ?

Avec qui ?

C'était avant toi.

Une histoire...

sans importance.

La mère le lui a caché.

Elle l'a élevé seule.

Que fais-tu ici ?

La mère est en train de mourir.

C'est lui, l'enfant ?

Oui.

Il s'appelle Pietro. On a discuté.

Qu'est-ce que tu veux ?

Que tu le rencontres.

Tu veux pas d'enfants.

Mais j'en ai déjà un.

Il va se retrouver tout seul.

Mais on ne doit rien décider tout de suite.

On peut prendre notre temps, réfléchir.

Je suis désolé, Agnese.

Il est revenu.

Je pensais qu'après toutes ces années...

Cette tumeur met des années à se développer.

Pareil pour la rechute.

Alors, on fait quoi ?

Le traitement a dû progresser.

Tu m'avais donné 6 mois.

- Le traitement aux USA... - Agnese...

Une rechute, c'est différent. Tu le sais.

C'est vraiment très compliqué.

Alors ?

Les céphalosporines n'ont pas marché.

On change d'antibios.

On sera pas efficace si on identifie pas ce qu'il a.

Y a vraiment rien dans le LCR ?

Ils ont rien vu.

Mais c'est pas facile, Riccardo.

Les résultats de l'hémoculture seront là demain.

Demain ?

Demain, il sera peut-être trop tard.

Giorgio pourrait être mort.

Je lui ai même pas parlé.

Je suis un idiot.

Un idiot inutile. Voilà ce que je suis.

Je pars bientôt, c'est bien.

- Alba est pas morte par ta faute. - Mais elle est morte.

Ce qu'il faut faire pour arranger les choses...

Non, non.

Il ne faut pas simplement vivre.

Ca ne suffit pas.

Il faut faire de son mieux.

C'est ce que je fais.

- Je pars. - C'est ça, faire de ton mieux ?

T'es un interniste né.

Doc, c'est inutile !

Tout ! Tout ça, c'est inutile !

Regarde, Elisabetta !

Dis-moi, pourquoi ?

Parce que la connasse finit toujours par gagner.

Et je ne peux plus supporter tout ça.

Je peux plus.

Il n'y a qu'une seule mort...

que tu ne supportes pas.

Une seule.

La connasse gagnera si tu jettes ton don à la poubelle.

Tu as un don. Comme Elisabetta.

Je l'ai perdu.

- Mais non. - Si.

Non, j'y crois pas.

Tu devrais aller à la 11.

Jamais de boissons gazeuses.

Que des jus de fruits.

Sur ça, elle est vraiment casse-pieds.

Mais c'est la meilleure.

Que se passe-t-il ?

On fait la fête ?

Pour une casse-pieds qui s'en va.

Arrête, tu vas me faire mourir de rire.

J'ai toujours aimé les familles nombreuses.

Je m'en fiche, moi.

C'est nul, sans toi.

Ne dis pas ça.

Je serai toujours avec toi.

Partout.

Viens là.

Toi aussi.

Je ne sais pas comment tu fais...

mais tu exauces les voeux.

Tu sais ce que je voudrais ?

Une glace.

Je sais.

On ne peut plus rien pour elle.

Si je trouve le germe pathogène dans le LCR de Giorgio,

pour une fois,

la connasse ne gagnera pas.

Pas aujourd'hui.

- Je dois l'aider ? - Tu en as assez fait.

Et toi et moi, il faut qu'on parle.

Pas pendant un dîner. Ici, tu y arrives mieux.

Je savais que tu serais publiée. Bravo.

Et je vais demander à être cheffe.

Entre nous, ça marche pas.

Oui, je le sais.

J'arrive pas à trouver un équilibre. Pas encore.

Je veux pas que tu le trouves.

Reste qui tu es.

Et surtout qui tu veux être.

C'est moi qui ne veux plus.

Tu as dit que...

nous, c'était important.

Ca l'était. Et ça n'a pas changé.

Mais nous, oui.

Moi, c'est sûr.

Et tu n'es plus celui que tu étais.

Tu t'es amélioré, quelque part.

Avec les patients.

Et débattre est bien plus intéressant

qu'être toujours d'accord avec toi.

On travaille si bien ensemble.

Je l'ai confondu avec ce qu'on avait.

J'adore travailler avec toi.

Et le fait que tu partes...

je l'ai peut-être confondu avec autre chose.

- Je me souviens pas. - Pas grave.

Ce temps est révolu.

Ce qu'on a là est bien plus important.

Je l'emporterai à Rome et partout.

C'est dingue. T'as toujours un temps d'avance.

Pour débattre, tu m'appelles ?

Evidemment.

La suivante...

Carelli.

J'ai cru que vous aviez abandonné.

Alors, mademoiselle Carelli,

en physiopathologie respiratoire...

C'est une bactérie.

Listeria monocytogenes.

Normal que les céphalosporines marchent pas.

T'es sûr ? Les techniciens l'auraient vu.

Tout à fait sûr.

Ca m'a pris des heures.

Il y en a en petites quantités.

Mais il est immunodéprimé.

Il l'a attrapé où ?

Dans la viande crue.

Il aime les tartares.

Il va devoir changer de boucher.

Ampicilline et gentamicine par intraveineuse.

C'est déjà fait.

Ca prendra du temps ?

Ca va marcher.

Tu as été bon.

On fait les visites ?

On fait les visites.

Que se passe-t-il ?

Le pharmacien a fait quelque chose ?

Martina, je t'ai jamais vue réagir comme ça.

Il t'a agressée ?

Quoi que ce soit, je suis là pour t'écouter,

pour parler.

Il va tout dire si je ne le fais pas.

Et je veux pas sortir avec lui.

Il te fait chanter ?

C'est une blague ?

T'as peur qu'il balance quoi ?

J'ai été recalée.

A nouveau.

Impossible d'avoir mon diplôme.

C'est juste un examen.

C'est ton deuxième diplôme, donc...

J'ai pas mon diplôme de médecine !

De médecine ? Attends...

Je comprends pas.

C'est la Pathologie Systémique 3.

J'ai fait une crise d'angoisse. Je l'ai loupé.

Depuis, c'est un enfer.

Je fais crise sur crise et je loupe l'examen.

Tu bosses à l'hôpital !

Par erreur. J'ai été prise pendant le covid.

Ils ont oublié.

Je cherche une solution.

C'est vraiment très grave !

C'est un délit ! Dis-le !

J'y arrive pas !

Ca détruirait tout.

Mes parents se sont endettés...

On s'en fout !

On est médecins.

La vie des patients est entre nos mains.

C'est impardonnable !

Ecoute-moi bien.

Soit tu le dis,

soit je le fais.

Sans te demander de sortir avec moi.

Regarde-moi. Regarde-moi.

Tu ne l'approches plus. C'est clair ?

Refais ça et je te casse la gueule.

Et je suis armé.

Allez, dégage.

Lancelot,

ton patient s'est réveillé.

Bon retour parmi nous.

Que ça te plaise ou non.

Riccardo t'a sauvé la vie.

Méningite à listéria.

Ce que t'as appelé une petite grippe.

Alba...

a eu de la chance de t'avoir.

Et moi aussi.

Mais maintenant, tu vas devoir faire sans nous.

Comment ça ?

Je serai vite guéri.

Après tout,

je ne suis pas si vieux que ça.

Mais un peu trop...

pour être celui que tu fréquentes le plus.

Riccardo,

reprends ta vie en main.

Je suis sûr que...

si Alba était là,

elle dirait la même chose.

Sors avec cette fille.

Quelle fille ?

Merci du conseil, mais non. Pas elle.

Fini, les collègues.

Tu vas partir, de toute façon.

Je ne pars plus.

Je vais finir mes jours ici.

En tant qu'interniste.

On doit faire la fête.

Votre tuteur est revenu.

Il a fait semblant de partir.

Oui, comme toi

qui as fait semblant de te déconnecter.

Non, je fais une étude.

Les élections régionales approchent.

- Les Chinois votent pas ? - Sympa.

Qu'ils ne votent pas Bramante.

- C'est qui ? - Un ancien médecin

qui a axé sa campagne sur la santé.

Il a des super community managers. Il cartonne sur le Net.

Ne le croyez pas, je le connais.

Je crois qu'il nous connaît aussi, Doc.

- C'est-à-dire ? - Si tu l'écoutes parler,

ses phrases, le choix des mots,

on a l'impression qu'il a parlé à nos patients.

L'accès suspect.

C'était lui ?

C'est possible ?

- Parfait. - Bien.

Il changera jamais.

Ravie que tu restes.

Au travail.

Bramante, t'es sérieuse ?

- Pardon ? - T'as couché avec lui,

tu lui as vendu les histoires des patients ?

Tu te rends compte ?

Si ça se sait, le service ferme.

Tout l'hôpital, même.

Pourquoi t'as fait ça ?

Il t'a menacée ?

Tu divorces parce que tu sors avec lui.

J'ai fait ça pour toi.

Qu'est-ce que tu dis ?

Je t'ai pas dit la vérité.

Je voulais te protéger de tes souvenirs,

comme l'a fait ton cerveau. Mais je peux plus.

Ramène-moi à la maison.

Je te dirai tout.

...

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