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Alors, voyons un peu.
Comptable chez un concessionnaire.
Animatrice d'un village de vacances.
Responsable des ventes
dans un fast-food.
C'est un CV... très varié.
Vous changez souvent de travail.
J'aime les défis.
Vous aimez progresser ou vous savez pas
garder un emploi ?
Je...
Ca va, mademoiselle ?
- Excusez-moi. - Bien sûr.
Mademoiselle, ça va ?
Enrico m'a dit, pour hier.
Quelle commère, celui-là.
Comment tu te sens ?
C'est Agnese qui le demande,
ou la directrice ?
J'ai arrêté les médicaments et les stimulations.
Tu ne veux pas prendre quelques jours
de repos ?
Si je reste seul, je me pose des questions.
Quelles questions ?
Enrico ne t'a pas dit ?
Selon lui,
mon inconscient aurait produit des hallucinations pour me protéger.
Te protéger de quoi ?
Me protéger...
d'un souvenir qui se réveillait. Quelque chose...
de vraiment horrible.
Je vois pas ce qui peut être plus horrible que la mort de Mattia.
En effet.
De toute façon, je ne veux plus le savoir.
Pardon.
T'inquiète, je dois y aller.
Désolé d'avoir créé autant de problèmes
pour rien.
Tu veux quoi ?
Andrea a parlé avec cette femme ?
Ne t'inquiète pas.
Ses souvenirs ne reviendront pas.
- T'es sûre ? - C'était une fausse alerte.
Il a arrêté son traitement.
Tu as l'air déçue.
Au contraire. Je n'aurai plus
à recevoir ces appels.
Et Andrea est libre.
Bonjour.
On a quoi ?
La patiente a été admise pour un prurit diffus.
On l'a calmé avec des antihistaminiques.
Elle a fièvre modérée et conjonctivite.
Vous êtes allergique aux pollens ?
J'ai toujours des démangeaisons, mais jamais comme aujourd'hui.
Vous prenez des médicaments, en ce moment ?
De la paroxétine.
J'ai jamais eu d'effets secondaires.
C'est un psychotrope.
Vous souffrez de dépression ?
J'ai eu quelques épisodes. C'est une vieille histoire.
C'est une grosse réaction allergique.
A plus tard.
L'allergie est une hypothèse,
mais j'écarterais pas un surdosage en paroxétine.
Elle en abuse peut-être.
Dans ce cas, le test toxico nous le dira.
On fait patch test et test toxicologique.
Ou elle abuse d'autre chose,
comme l'alcool. Elle semblait nerveuse.
Oui, elle avait du mal à nous regarder
dans les yeux.
Là, on s'égare.
Patch test et test toxico.
On contrôle urée, chlore,
et phosphore, pour écarter un problème rénal.
Et la créatinine.
J'appellerais aussi son psychiatre.
Pour suspendre son traitement ?
Et pour mieux connaître la patiente.
OK, allez-y.
T'es pressé ?
Je vais rentrer dans un tunnel de réunions dont je ne sortirai
jamais.
Tu restes pas chez toi ?
Pourquoi ?
A cause de mon amie imaginaire ?
Tu vas faire quoi ?
J'arrête tout. Je ne peux pas avoir une autre hallucination.
Tu veux pas savoir ce qui l'a déclenchée ?
Le truc horrible dont parle Enrico ? Non, ça m'intéresse pas.
Désolé de t'avoir donné de faux espoirs.
J'étais sûr de retrouver nos souvenirs.
Comment t'expliquer ?
J'étais comme en transe.
Bien sûr, je comprends.
Et...
nous deux ?
Ca aussi, c'était un faux espoir ?
Avec ce que t'as vécu, je m'inquiète pour moi.
Comment je peux penser...
Ne t'excuse pas.
Je me pose aussi cette question.
Je veux pas te faire souffrir à nouveau.
Je ne veux pas non plus.
On se donne du temps ?
C'est la meilleure chose à faire.
Je vais finir les visites.
Sang et urines ?
T'inquiète pas, je m'occupe des analyses.
Non, je m'en occupe. Tu penses au psychiatre.
Comme ça...
tu pourras échanger avec un professionnel extérieur.
Merci.
T'es allée à la plage, hier ?
J'ai eu un problème.
Désolée. Rien de grave, j'espère.
Laisse tomber.
Et toi ? Qu'est-ce qui s'est passé avec...
Riccardo ?
Non, rien.
Pourquoi ?
Je vous trouve un peu distants.
Jusqu'à l'autre jour, vous aviez l'air assez proches.
Non, c'est notre tuteur.
Ca serait déplacé.
Oui, tout à fait.
Tout à fait.
Je dois aller voir un patient.
Salut.
Salut.
Comment tu vas ?
Très bien, quand t'es pas là.
Lentini ?
On y va, sinon Martina va dire qu'on est des traînards.
Allez, viens.
Ca t'était déjà arrivé ?
Non.
Mais...
si tous les médecins
sont comme toi, je m'évanouis plus souvent.
Arrête, "bambo".
T'as raison.
Mon père a dit de t'inviter à dîner.
Il t'a appelé "bambo",
c'est-à-dire "crétin".
Je viens de Foppolo.
- C'est près de Bergame, ça. - Oui.
C'est un signe, non ?
- Martina, c'est ça ? - Oui.
Stefano.
On est là. Désolés. Qu'est-ce qu'on a ?
Il a perdu connaissance sur le chantier.
J'ai fait une hypoglycémie. J'ai petit-déjeuné à l'aube.
Arrête.
Dis-leur ce que t'as fait, cette nuit.
Vous êtes tenus au secret professionnel ?
Tout ce que tu diras servira à des fins médicales.
Hier,
j'ai fait quelque chose d'un peu...
particulier.
T'as pris des stupéfiants ?
C'est bien pire que ça. J'ai...
dansé toute la nuit.
Il va en boîte 4 fois par semaine.
Bien sûr qu'il s'évanouit.
Je vois, mais fatigue et hypoglycémie
n'expliquent pas fièvre et hyperventilation.
Hémoculture, analyse d'urines et échographie.
Et un scanner ?
S'il s'agit d'un scanner du coeur,
- il ne bat que pour elle. - OK.
C'est un scanner cérébral, pour voir si t'as rien dans la tête.
Merci, Martina.
C'est bien envoyé.
Moi aussi, j'ai quelques doutes.
Bon, on va aller travailler. On vous laisse.
Au revoir.
Après deux entraînements, on m'a sélectionnée.
Le contraire m'aurait étonné.
J'aurais pas réussi, sans toi.
Ca, c'est sans doute vrai.
J'ai juste été là au bon moment.
- Pour toi, c'est normal. - Je dirais pas ça.
L'autre jour, j'ai perdu un patient
- de 30 ans. - Désolée.
Ca aussi, c'est normal, dans un hôpital.
Tu as l'air fatigué.
C'est la base, dans un hôpital.
Passe à la piscine.
Tous les athlètes ont des handicaps.
Il y a une très belle énergie.
A la piscine ?
Bonjour.
On a un problème.
D'accord, j'arrive.
Merci pour l'invitation.
J'essayerai de passer.
J'espère que tu pourras.
- Qu'y a-t-il ? - Elle est jaune.
Pardon.
C'est un ictère.
C'est grave ?
Ca pourrait indiquer un problème hépatique.
Je peux ?
Ici, ça fait mal ?
Je peux entrer ?
Tu fais quoi là ?
Je viens voir mon ex-femme.
J'aurais pas dû ?
C'est inutile.
Demain, je sors.
- Là, ça fait mal. - D'accord.
Tu as eu une sensation de nausée ?
Oui.
C'est sûr, c'est un problème hépatique.
C'est pas une allergie ?
Des problèmes de foie, dans votre famille ?
Je crois que non.
Ce n'est pas suffisant.
Y a-t-il un parent à qui demander,
pour en être sûrs ?
Je n'ai personne.
Il y aurait quelqu'un...
De quoi tu te mêles ?
Je n'ai personne.
A part l'ictère,
que montrent les examens ?
Une allergie modérée aux graminées.
Taux d'urée, chlore et phosphore, normaux.
Augmentation des transaminases, phosphatases et bilirubine.
Son psychiatre ?
On peut suspendre la paroxétine.
Il a rien dit sur la personnalité de la patiente ?
Il ne pouvait pas.
Secret professionnel.
On est d'accord,
mais ça aurait pu nous aider.
Apparemment, non. C'est pas un abus de médicaments.
D'alcool, alors ?
Pour moi, c'est soit lithiase soit hépatite.
Echographie et bilan hépatique, OK ?
- Y a autre chose. - Oui ?
La patiente est très nerveuse. Elle souffre de dépression,
et il y a cette histoire des parents.
Elle affirme ne pas en avoir, son ex-mari dit le contraire.
Tu proposes quoi ?
Qu'on insiste.
Si elle a vraiment des parents, on pourrait avoir des infos.
D'accord, essayez.
Bon courage.
- Andrea ? - Oui.
Tu veux pas parler à la patiente ?
Je ne peux pas, j'ai une réunion.
Envoie-moi les résultats des tests, OK ?
Qu'est-ce qu'il a, aujourd'hui ?
On lui a encore tiré dessus ?
Il est très occupé. Fichons-lui la paix.
Du nouveau ?
Je voudrais te parler.
Je dois m'inquiéter ?
Non, mais sois sincère.
Ton foie a un problème.
Une des causes possibles est l'abus d'alcool.
Tu penses que je suis alcoolique ?
Tu souffres de dépression.
Je sais gérer ça, sans abuser de quoi que ce soit.
Ca serait important de parler à quelqu'un de ta famille.
Qu'est-ce qui est pas clair dans : "Je n'ai personne" ?
Le coeur va bien.
- Tu finis à quelle heure ? - Pourquoi ?
Je vais à une soirée de danse latino, ce soir.
Tu viens avec moi ?
Ecoute, Tony Manero, on se calme.
Pour l'instant, tu restes là.
Je sors et je reviens demain.
Pas question, t'as de la fièvre. Et demain,
on fait d'autres examens. Tu dois rester
encore trois jours.
Trois jours ?
- Oui. - Minimum.
- Vous le direz à mon père. - OK.
Trois jours ?
C'est le temps qu'il faut.
Mais on a un travail à finir. On a déjà perdu une journée.
Votre fils n'est pas en état de travailler.
Vous pensez que c'est grave ?
On doit faire d'autres examens, pour le savoir.
Je te préviens, je vais pas me taper les placos à sa place !
Baisse d'un ton, on est à l'hôpital.
Je veux qu'il m'entende.
Il se fout de nous, pour rester au chaud.
Calme-toi, c'est ton frère.
Mon frère
ne pense qu'aux filles et à danser.
Je ferai pas son boulot à sa place.
Excusez-le.
Ne vous inquiétez pas.
Entre frères, c'est parfois difficile.
Ils sont comme chien et chat.
Ils feraient comment, sans moi ?
Pensons à soigner Stefano.
Allons-y.
Je peux ?
La patiente.
Excuse-moi, je suis débordé.
T'en fais pas, je lui ai parlé.
Elle a des parents ?
Elle dit que non.
C'est peut-être vrai.
Peut-être. Qui sait ?
On t'a pas beaucoup vu.
Tu as raison. Désolé.
J'avais des dossiers en retard à gérer.
Je lirai les comptes rendus.
Les comptes rendus ?
Elle s'appelle comment, la patiente ?
- J'ai oublié. - Non,
t'as pas demandé.
Je comprends la peur
de découvrir ce que cache ton passé,
mais avoir peur de connaître les patients,
ça te rassemble pas.
J'ai oublié de demander son nom. Ce n'est pas si grave.
Maintenant, excuse-moi, j'ai beaucoup à faire.
Ils sont tous suivis par un kiné.
On travaille beaucoup sur la posture.
C'est génial. C'est...
c'est dingue.
- Alors, ça recommence ? - Oui.
Je voudrais éviter le remake des "Dents de la mer" à la piscine.
Il saigne toujours du nez. Il a loupé plusieurs entraînements.
- Toujours la même narine ? - Oui.
Je peux ?
Varice du septum.
On peut la cautériser rapidement.
Vous avez vu ? Il fait ça au pied levé.
Non !
Elle a osé ?
Tu me fais du "body shaming" ?
C'est pas possible.
Bonjour.
C'était pas Milesi de garde, cette nuit ?
On a échangé.
On t'a virée de chez toi ?
Ca te regarde pas.
Tu vas faire quoi ?
T'installer ici, comme si tu étais
une ouvrière d'une usine chinoise ?
Non, je vais demander à papa d'acheter la baraque.
Désolé.
Clichés... un partout.
Lin ? Giulia veut nous voir.
J'arrive.
Pas un mot, ou je poste tes photos compromettantes.
Quelles photos... compromettantes ?
Toi et ta chemise froissée. T'as peur, hein ?
Bonjour.
Comment tu te sens ?
Tu m'entends ?
Oui.
Oui, je vais bien.
Pardon. Regarde-moi.
Elle a les pupilles dilatées.
Donne-moi du papier et un stylo.
Regarde. Tu peux copier ça à l'identique ?
Voilà.
Mais que...
qu'est-ce qui m'arrive ?
Ne t'inquiète pas.
Qui a dit qu'on dormait mal à l'hosto ?
Fièvre ?
38.
Dommage qu'on ait raté la soirée de musique latino.
Tension ?
13/9.
Toi ?
T'as fait quoi ?
J'ai étudié.
T'as commis un crime ?
Non. Pourquoi ?
On dirait une détenue. T'as pas de vie ? Va danser,
- parfois. - J'ai une vie.
J'aime pas danser.
Tout le monde aime danser.
T'as pas trouvé ton partenaire.
C'est scientifique. Je vais te le prouver.
Non, c'est pas la peine.
Courage,
c'est pour la science.
On a du talent.
Dis donc.
Attends.
- Déshabille-toi. - Déjà ?
Je dois vérifier un truc.
C'est quoi ?
Une collagénopathie...
expliquerait le purpura et le reste.
Un SED ?
Il est maçon. Il aurait une hyperlaxité articulaire.
D'autres collagénopathies ?
- Marfan ? - Non.
Il manque des critères somatiques.
Autre chose ?
On doit continuer à chercher.
Faites-lui un scan corps entier.
Vite, son état se dégrade.
Elle a un flapping tremor.
- Comment tu sais ? - J'ai vu les analyses.
Alors...
Les GGT et le taux de bilirubine sont trop élevés.
Phosphatases alcalines : trois fois la normale.
Ces valeurs indiquent une cholestase.
Le flux biliaire serait bloqué par une hépatite ?
Les examens écartent une infection.
Une tumeur ? Des calculs biliaires ?
On les aurait vus à l'écho.
Alors quoi ?
La cause est interne.
C'est-à-dire ?
Son foie se retourne contre lui-même :
cholangite biliaire primitive.
Un syndrome auto-immun explique tout.
L'ictère, le prurit, les taux élevés.
On cherche des anticorps anti-mitochondries
et anti-nucléaires.
En attendant, acide ursodésoxycholique
et supplémentation en vitamines A, D, E, K.
On a peu de temps.
La cholestase a déjà altéré
ses fonctions cognitives.
Tu veux lui parler, lui expliquer la situation ?
Non, il lui faut un nouveau foie.
Inscris-la sur la liste d'attente de greffe.
J'appelle les hôpitaux les plus proches.
Tu comptes passer ?
J'ai une réunion.
Oui, c'est le Dr Fanti.
J'ai un cas de cholangite sévère.
35 ans.
J'ai oublié le nom.
Je fais envoyer sa fiche.
Alors, INR ?
3,5.
Ca t'est déjà arrivé ?
Quoi ?
D'inscrire un patient sur la liste pour une greffe...
si urgente ?
Oui.
Bilirubine sérique ?
Dix.
Ca s'est bien terminé ?
On va trouver.
- On va trouver. - C'est trop tard.
Ne dis pas ça, arrête.
Non.
Phosphatases alcalines ?
570.
Je suis désolée.
Il faut s'y habituer.
- Vous avez fini ? - Oui, c'est prêt.
Je l'envoie.
Elle est où, dans la liste ?
72e.
Elle tiendra pas.
J'appelle son ex-mari.
Je ferais n'importe quoi pour elle.
Je lui donnerais la moitié de mon foie.
On vérifie votre compatibilité ?
C'est inutile, on a des groupes sanguins différents.
Là aussi, on est incompatibles.
Pourquoi ça s'est fini, entre vous ?
En réalité, ça n'a jamais commencé.
Lia est comme ça.
Elle m'a convaincu de l'épouser, et puis
elle m'a quitté tout d'un coup, sans m'expliquer.
Elle quitte un travail après l'autre.
C'est comme si elle fuyait quelque chose.
Apparemment, quelqu'un de sa famille est encore en vie.
Un parent a plus de chances
d'être compatible.
C'est compliqué.
Le risque de mourir simplifie beaucoup de choses.
Lia a un frère.
Je le connais pas. Il n'est pas venu au mariage.
Il s'est passé quelque chose entre eux, mais...
Lia n'a pas voulu me dire quoi.
Excusez-moi.
Il ne sait pas de quoi il parle.
Ton état de santé sera bientôt critique.
Je gagnerai des places dans la liste d'attente.
C'est un pari dangereux.
Le foie compatible pourrait arriver trop tard.
- J'ai pas d'alternative. - Si.
Avec mon frère, c'était compliqué.
Mais j'ai compris que se détester, c'est inutile.
On peut tout arranger.
Non, pas tout.
Comme tu veux.
Ca va ?
T'as l'air fâchée.
- Ca doit être la fatigue. - T'as raison, ça va pas.
Je peux pas tout faire toute seule, j'y arrive pas.
Stefano, ça va ?
J'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais...
je préférerais être sur le chantier.
Stefano, on va commencer.
- Bonjour. - Bonjour.
Alors, que dit le scanner ?
Rien de significatif.
Pourquoi il a ces taches ?
Papa, calme-toi.
On sait toujours pas.
Ecoutez-moi bien.
Si sur un mur que j'ai fait,
on voit des taches,
je dois expliquer au client pourquoi elles sont là.
- Calme-toi. - Tais-toi.
Tais-toi !
Si tu sortais pas la nuit, tu serais pas là.
- Papa... - Laisse-moi parler.
Je ne te vois plus !
Comment ça, tu me vois plus ?
Papa...
Martina !
Martina, on a une urgence !
Qu'est-ce qui se passe ?
En réa, vite.
- La réunion est terminée ? - Oui.
T'as une minute pour moi ?
- Toujours. - C'est ça.
- T'as disparu. - Je jouais pas au golf.
Ca aurait été mieux que d'éviter ton service.
- Je ne l'évite pas. - Vraiment ?
Lia a un frère, mais elle veut pas l'appeler.
Rappelle-moi qui est Lia.
Je pensais que tu étais redevenu le "Prince sans coeur".
J'avais tort.
Tu ne ressembles plus à un médecin.
Une femme est en train de mourir.
Pense à elle, pas à ta jolie cravate.
Andrea a changé.
Dis-moi ce qui s'est passé.
Je peux pas.
C'est mon patient,
je suis tenu au secret professionnel.
Désolé.
Mais il est aussi mon chef, et un ami.
Je veux l'aider.
Ma chérie, tu l'aideras plus en restant...
En restant comment ?
En silence, bien sage, à ma petite place ?
Pas au courant.
En restant pas au courant.
J'aime pas quand tu as des secrets.
J'ai pas des secrets, c'est juste mon travail.
C'est pas juste ton travail, il s'agit d'Andrea.
M. Rota.
Qu'est-il arrivé à mon fils ?
Il a fait une ischémie.
Un court instant, son cerveau n'a pas été
- irrigué. - Il va mourir ?
Si on comprend pas d'où vient le problème,
la prochaine ischémie pourrait lui être...
fatale.
C'est à cause de toutes ces nuits passées dehors.
On est maçons.
On se lève tôt et on se couche tôt. Sinon, on travaille mal.
Ou on tombe malade. Mais lui...
Rien à faire,
il veut pas m'écouter.
Il veut pas m'écouter.
Je peux vérifier quelque chose ?
Regardez.
Des naevus bleus, des taches cutanées.
A quoi ça fait penser ?
Des myxomes.
Le complexe de Carney ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Quel est le rapport avec Stefano ?
C'est héréditaire.
Des myxomes dans le coeur provoquent des ischémies.
Mon fils a des problèmes au coeur ?
On peut le sauver, avec une opération.
Damiano a été génial.
Il a quoi, ce jeune ?
Un myxome au coeur.
On a vérifié ça grâce à une ETO.
Damiano a compris en voyant les naevus du père.
Et maintenant ?
Il va être opéré cette nuit.
Tu commences à aimer ton travail ?
Moi ?
Non, moi.
Disons qu'il y a des jours
qui passent plus vite que d'autres.
C'est tout.
J'y vais.
Il y a une borne libre, en bas de chez moi.
Tant mieux pour toi.
Qu'est-ce que t'as décidé de faire ?
Tu dors là ?
C'est pas l'idéal, mais il y a pire.
Chez moi, il y a de la place.
Je veux dire que j'ai une chambre d'amis,
et elle est grande. T'en dis quoi ?
Tu plaisantes ?
Mes parents me tueront.
D'accord, mais tu vis plus chez eux.
T'as pas à leur demander la permission.
Non ?
On y est.
C'est ici.
Ca te plaît ?
Oui. C'est magnifique.
Le dîner sera là dans quelques minutes.
La salle de bain est là-bas.
Tu vis ici tout seul ?
J'ai grandi ici.
Ensuite, mes parents se sont séparés.
Ma mère est allée vivre en Inde, où elle suit des cours de yoga.
Mon père est à Zurich,
avec sa compagne et leur fille.
Il a une seconde clinique là-bas.
Je sais pas si t'es chanceux ou malchanceux.
C'est pas l'idéal, mais il y a pire.
C'est vrai.
Voilà. Ca doit être le dîner.
Entrez.
Salut, Enrico.
Je tenais à te remercier, pour aujourd'hui.
Me remercier de quoi ?
Pour ce que t'as fait à la cantine.
Le truc avec le yaourt.
J'ai beaucoup apprécié.
Le yaourt ?
Tranquille, je comprends.
Ces petits gestes comptent beaucoup pour moi.
Tu as attrapé le pot
à pleine main, je l'ai vu.
T'as touché le yaourt aux céréales, mon préféré.
Quand tu l'as reposé, pour que je le prenne, ça a été...
comme une caresse.
Y a un malentendu.
T'inquiète pas, je sais que tu peux pas faire plus,
pour l'instant.
Quand j'irai à la cantine,
je saurai que tu as touché tous les yaourts
aux céréales, et je ferai de même.
Bonne soirée, Enrico.
Et à demain.
Elle est où, dans la liste ?
Loin. Très loin.
Tu as trouvé des donateurs ?
C'est absurde.
Espérer que quelqu'un meure, pour sauver notre patiente.
On sait même pas quoi demander à Dieu.
Jolie cravate.
Elle est très...
Bonne nuit, Doc.
Ou qui que tu sois.
T'es qui ?
Un médecin. On s'est vus hier.
Ah, oui.
Le petit rigolo qui disait que c'était une allergie.
Lui-même.
Tu fais une insomnie ?
En quelque sorte.
Pas moi. Laisse-moi dormir.
On dit que tu veux pas demander l'aide de ton frère.
Tu veux me faire changer d'avis ?
Non, pas du tout.
Moi aussi, j'aimerais éviter une personne.
Un parent ?
Oui.
Un médecin.
Il a fait n'importe quoi.
Il maltraitait ses collègues.
Il a foutu en l'air son mariage.
Et il a pas compris que son fils était mourant.
On dit qu'il a même fait pire que ça.
Il y a pire que d'être responsable de la mort de son fils ?
Oui.
Etre responsable de la mort du fils de quelqu'un qu'on aime.
Mon frère et sa femme ont eu du mal à avoir des enfants.
Ils avaient presque renoncé.
Puis, Mirko est né.
Ils étaient si heureux.
Pour leur anniversaire,
je leur ai offert un peu de liberté, en gardant Mirko avec moi.
Chez un ami qui avait une piscine.
Je ne l'ai jamais perdu de vue.
Jamais.
Sauf un instant.
Il a glissé là où il n'avait pas pied.
Il n'avait que 2 ans.
Je suis désolé.
Je pouvais plus regarder mon frère en face et...
il ne m'a jamais cherchée.
S'il était au courant, pour toi, il voudrait peut-être te voir.
Je lui dirais quoi ?
"Salut. Je t'ai enlevé ton fils. Tu m'offres la moitié de ton foie ?"
Au pire, il aura une bonne raison
pour te dire non.
Si tu pouvais sauver la vie de ce médecin...
tu le ferais ?
Il est déjà mort.
Je ne le reverrai plus.
J'ai demandé au service du personnel
le dossier de Barbara. Elle avait pris un congé
suite à un épisode similaire.
Elle était convaincue qu'un patient éprouvait des sentiments pour elle.
Le syndrome de Clérambault.
Elle avait suivi un parcours thérapeutique.
Elle semblait prête pour reprendre sa vie.
Je suis psychiatre,
et j'ai pas reconnu les signes
d'un trouble.
J'étais même fier de lui plaire. Je suis un idiot.
C'est parce que tu es l'objet
de son délire obsessionnel.
Il faut en informer la direction.
Non, attends.
Barbara a essayé
de se soigner. Avec ce nouvel épisode, elle risque
de perdre son travail.
Elle a un trouble délirant.
Qui est centré sur moi.
Je sais comment la gérer.
Je serai son psychiatre.
Je peux l'aider à reprendre sa vie en main.
Tu es l'objet de son trouble, tu ne peux pas l'aider.
Au contraire, c'est la meilleure solution.
Je parlerai avec son psy.
Je peux y arriver.
Fais attention.
Oui, oui.
Fais bien attention.
Oui.
Bonjour.
Tu m'as brisé le coeur.
Tu trouveras d'autres cavalières.
Ecoute,
t'as de la visite.
Ca va aller ?
Qu'est-ce que vous faites là ?
Le chantier ?
Cette fois, ça attendra.
Dès que je sortirai, je ferai les placos.
Je m'en suis déjà occupé.
Feignasse.
- Pour lui, c'est un compliment. - C'est ça.
Moi, je dis ça à ma soeur, pour la faire sortir
du lit.
Bonjour, Doc.
Bonjour.
Comment va Lia ?
Son état s'aggrave. Son foie ne tiendra plus longtemps.
On a signalé l'aggravation de son état,
mais elle est loin sur la liste.
Je vais aller la voir. Tu veux venir ?
Je lui ai parlé. Je crois pas lui être utile.
Excusez-moi, une personne demande à voir le médecin de Lia.
Il dit être son frère.
Bonjour. Dr Fanti.
Enchanté. Guido.
- Michela, ma femme. - Bonjour.
J'ai su que ma soeur a été hospitalisée.
Qui vous en a informé ?
Ma soeur.
Elle m'a envoyé un message.
Son problème au foie est grave ?
Oui.
Sans greffe, elle n'a pas d'espoir.
On peut la voir ?
Bien sûr.
Excuse-moi.
Tu as de la visite.
Salut, Lia.
J'aurais pas dû t'écrire.
Excusez-moi.
Tu voulais faire quoi ? Attendre d'être morte ?
Ca aurait été mieux, non ?
Ecoute...
oui.
On l'a pensé, quand Mirko est mort.
C'était pas juste.
On a même essayé de t'oublier, mais...
ça n'a servi à rien.
On a décidé de tourner la page.
On pensait te dire ça plus tard.
On a commencé
une procédure d'adoption.
C'est pas facile, pour un couple qui a perdu un enfant, mais...
on a été jugés aptes.
Dans un mois, on rencontrera une petite fille
qui a besoin d'une famille.
Selon moi, elle aura besoin d'une tante.
Je sais pas quoi dire.
Dis oui.
Au fait...
Si j'ai bien compris, t'as besoin d'un morceau de foie.
Le don d'un parent garantit une grande espérance de vie.
Tu ferais vraiment ça ?
Toute la bile que je me suis faite pour toi...
ça servira à quelque chose.
C'est ma tournée.
On a un donneur pour la patiente.
Nous aussi, on a un truc à fêter.
Stefano est hors de danger.
Café Milano ?
Comment ?
T'as dit "Café Milano" ? Celui des losers ?
Comment t'appelles des gens qui fêtent une greffe de foie
en abîmant leur foie avec de l'alcool ?
T'as raison.
Va pour le Café Milano.
On se voit à quelle heure ?
Excusez-moi, mais je ne peux pas venir.
Mais tu veux nous y emmener depuis le début.
Oui, je sais, mais...
l'équipe de Laura a une compète.
S'ils gagnent, on ira boire un coup.
Ca sera pour le prochain foie.
Oui ?
- Doc ? - Oui.
Une patiente voudrait te voir.
Ici ?
- Je la vire ? - Non.
Dis-lui d'entrer.
- Lia. - Bonjour.
Bonjour.
Merci.
J'espérais te voir, mais tu n'es pas passé.
Tu as raison. J'ai eu un tas de trucs ennuyeux
à régler.
Giordano m'a expliqué.
C'est elle qui t'envoie ?
Pourquoi elle l'aurait fait ?
Rien, oublie.
Quoi ?
Ca me fait bizarre
d'être en pyjama, en face d'un homme en chemise et cravate.
C'est mieux ?
T'aurais même pu continuer.
Je voulais te remercier.
C'est pas moi qui t'ai convaincue d'appeler ton frère.
Mais tu m'as pas évitée.
Je me suis sentie moins seule, ça m'a suffi.
Dommage que tu puisses pas faire de même.
De quoi tu parles ?
De ton parent qui est mort.
Vous vous sentiriez mieux, si vous vous étiez réconciliés.
Je te laisse à ton taf.
C'est mieux, sans la cravate.
On me l'a déjà dit.
Je te dois des excuses.
J'ai été plutôt absent, ces derniers jours.
Tu as convaincu Lia de faire le bon choix.
Sans toi, je n'aurais même pas essayé.
Je ne veux plus fuir mon passé.
Tu veux m'aider à découvrir ce que j'ai fait de si horrible ?
Oui, d'accord.
Peut-être que ça ne nous plaira pas.
On est médecins, on aime pas toujours ce qu'on découvre.
C'est vrai.
- Une admission ? - Depuis les urgences.
Il est dans sa chambre.
Il a des symptômes étranges...
Tu me diras ça en chemin.
Je veux le voir en personne.
Ca, c'est l'Andrea que je connais.
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