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L'ARMEE ALLEMANDE S'APPROCHE DE LA SEINE.
ROUEN DEVIENT ZONE DE GUERRE.
LA POPULATION FUIT EN PLEINE PANIQUE.
DEUX ANS DE GUERRE!
DEUX ANS DE SOUCIS ET DE MISERE,
DE PEUR ET DE FAIM.
SECOURS AUX ENFANTS
Un peu de calme svp.
Les enfants ont fait un long voyage.
Ils étaient plusieurs centaines à arriver
hierà Genève.
Et là, ils ont traversé la moitié de la Suisse.
Ils sont fatigués: nous voulons
tout réglerau plus vite.
- Tout est prêt? - Oui.
Ma sœur, faites venir les enfants.
Mais ça c'est un peu trop pour l’heure.
Ça c'est Robert.
BonjourMadame.
Mon mari voulait une petite fille.
Peut-être peut-on encore changer.
Non, non, les hommes sont toujours
fiers d‘avoir un petit garçon.
Personne?
On m'a chargé de vous dire que Dorii Gugolz
a la varicelle depuis ce matin.
Merci.
Emmenez-la derrière.
Regardez si on peut
la proposera quelqu'un d’autre.
BonjourMarguerite.
Bonjour, jacques.
Vous avez trouvé quelqu’un?
M. Bänniger, la petite me fait pitié.
Elle est si triste. je voudrais bien
la prendre chez moi.
- Et votre père? - je m'en occupe.
D’accord.
Si ça crée des problèmes chez vous,
on trouvera quelqu'un d'autre. Allez-y.
- Vous n'avez plus besoin de moi? - Non.
Päuli, ma sœur n’est pas là?
Elle est dans la véranda.
- Venez svp. - Oui.
Voici Marie-Louise Fleury de Rouen.
- Elle va chez qui? - Chez nous.
- Mais c’est…? - Une petite Francaise.
Et elle Vient chez nous?
Et on ne le savait même pas.
Tu Viens d'où?
Quel est ton nom? Quel âge as-tu?
Ecoutez, elle a besoin de calme.
Elle a voyagé pendant deuxjours.
Elle est épuisée.
Elle a déjà mangé?
je prépare quelque chose.
Non, ils ont déjà mangé à Zurich.
Un verre de laità la rigueur, mais dilué
pour qu'elle le digére bien.
Viens ma chérie, on va te requinquer.
Crêpe et purée de pommes
et demain un peu de miel.
NOUS en avons encore beaucoup.
Elle ne comprend pas l’allemand.
Si, si, elle me comprend, pas vrai? Viens!
Voilà ta chambre. Tu es étonnée?
Tu n'as sûrement pas cela à la maison.
Demain, on va faire les courses
et dimanche une promenade en forêt.
Et on prendra Barry. Tiens, voici Barry.
Tu vas te plaire chez nous.
Pas mademoiselle, moi Päuli.
Oui, Viens assieds-toi.
je vais t’aider à te changer.
Papa ne m'a rien dit.
Evidemment, il ne le sait pas encore.
Quoi?
Elle n’avait personne,
alors je l'ai emmenée chez nous.
- Papa n’en sait rien? - Pas encore.
Mais Hedi, ça ne se fait pas.
Tu aurais dû lui demander, tu sais comment il est.
Mais je vais lui dire.
je lui dirai lors du repas, aucun problème.
On verra bien.
Ce n'est pas un mal d’aider un peu
ces enfants.
Elle est toute malgre, vous devriez voir ses bras.
- Va-t'en Barry. - Viens, on s'en va.
Vous prierez avec elle.
Oui, oui, je suis aussi catholique.
On ira ensemble à l’église.
On doit se tenir les coudes.
Ces enfants sont vraiment traumatisés.
- A cause des avions. - Oui.
Elle est de Rouen.
- Ilya eu des attaques là-bas? - Sûrement.
Si je pense à ces enfants...
Une si gentille fille. Un ange.
Qu'en pense Monsieur Rüegg?
Il ne le sait pas encore.
M. Rüegg n’en sait rien?
- On doit? - Non, laissez—la.
Elle a le mal du pays.
On reviendra la voir plus tard.
Elle va sûrement se calmer.
Salut.
Mlle Anna, M. Rüegg est là.
Merci. Servez donc la soupe.
- Où allez—vous? - En bas, papa est là.
Remontez, c’est trop tôt.
je n'ai pas pu lui dire.
Il ne le sait pas encore?
On a beaucoup de travail le samedi.
j'ai dû écrire 20 lettres.
On est dans de beaux draps.
je n’y peux rien, il a eu une séance hier,
et il a mangé dehors.
je lui dis maintenant durant le repas.
Dis-ie à Päuli pour qu'elle se taise.
je dois préparer la table.
Oui?
Que fais-tu là?
Que cherches—tu?
Tu es muette?
Quoi?
Allez entre.
- Le repas est prêt! - Oui!
- Bonjour papa. - Bonjour.
- Bonjour papa. - Bonjour.
Oh, ça a l’air bon!
- Tu veux quelque chose? - Non.
- Tu as eu des soucis? - Oui.
- A l'usine? - Oui.
Oh, c’est grave?
Sur un des métiers à tisser, ils ont utilisé
la nouvelle huile qu'on nous a offerte.
Mais on est à court.
Sans m’en informer, derrière mon dos.
C’est cela que je ne supporte pas.
Lorsqu'ily a eu un problème, ils sont venus
me voir en s'excusant.
Mais pour moi c’était trop tard.
- Vous m'avez appelée? - Oui.
Apportez des couverts.
je pense qu'il est temps que l'on invite à table
la petite Française qui est
dans ma maison depuis hier.
Elle attend là.
Là!
Ecoute papa, c’est un malentendu.
C’est vrai, je ne t'ai pas demandé
mais je voulais déjà te le dire hier soir….
Pas besoin d'explications.
Discussion inutile!
Viens, regarde comme c’est rigolo ici.
Tu peux pendre le linge à ces cordes.
Mais évite la cheminée pleine de suie.
Il faut prendre soin de la robe
à cause des tickets de rationnement.
Oui, oui! Reste ici, je vais
chercher le reste.
Mais qu'est-ce qui se passe?
Qu’est-ce qu'ily a
ma chérie?
je ne comprends pas ce que tu dis.
Mais ce sontjuste des avions.
Allons, ma chérie. Viens.
- Bonjour. - C‘est vraiment nécessaire?
Ordre du médecin.
- Bonjour. - Bonjour.
Elle aura une chambre individuelle.
je ne peux pas en décider.
Les enfants de la Croix-Rouge
vont en division commune.
C’est ce que je veux éviter.
je vais appeler le médecin—chef.
Mais qu'est-ce qu’ils te font?
Qu’est-ce que tu nous fais?
Elle ne réagità rien depuis une heure.
Restez ici, ily a foule dehors.
Moi, je les accompagne.
Reviens Vite!
Mlle Rüegg, que se passe-t-il avec la petite?
Elle a eu une grosse frayeur ce matin
à cause des avions. Elle a cru…
qu’on était bombardés?
Un état de choc?
Un état de choc? Un enfant?
juste pour quelques avions?
Un mystère.
Imagine ce qu’ils vivent là-bas,
si une petite doit être hospitalisée
juste à cause de quelques avions.
On fait bien trop peu pour ces enfants.
Ne Viens pas me parler de charité.
On va chercher ces enfants, on les nourrit,
on fait qu’ils se sentent bien.
Et après trois mois, on les renvoie
dans ce maudit enfer.
On ne peut rien y changer.
C’est ce qu’on dit.
- Dans 1000 ans, on le dira encore. - Non.
Mais c’est aussi notre faute,
car on n'a pas pu l‘éviter.
Nous aussi, on doit aider,
pas seulement les riches.
Les travailleurs ont assez fait.
Toi peut—ètre? Ou moi?
je ne peux quand même pas
imposer un enfantà ma logeuse.
Non, il faut qu’on s’y prenne autrement.
On pourrait par exemple….
On ne peut rien faire.
Ça aussi, c’est ce qu’on dit!
Au revoir, Schibli!
Ernst, attends!
Prenez place.
Merci, mais je ne fais pas long.
Alors.
- Elle est pâle. - Ça va s’arranger.
Ce qui est triste, c’est
qu'elle n'arrive pas à rigoler.
Une enfant, imaginez.
Elle a sans doute le mal du pays.
Toute la journée, elle dessine sa maison.
C’est vrai, elle ne rit pas.
Au revoirsœurMartha.
Le projet n'est pas encore parfait
mais l'idée est bonne.
C'estjuste. Mettez-ie au bureau.
Ainsi, on pourrait aussi aider.
je ne voudrais pas te décourager mais
je pense qu’on devrait éradiquer
le malà la racine.
Ça ne sertà rien de toujours
rajouter des pansements.
On doit faire ce qu’on peut.
Ils l‘ont bien cherché!
Il faut que ça empire encore pour
qu‘ils comprennent.
Ils devraient éliminer les responsables
de toute cette cochonnerie.
Rien ne s’y oppose en fait.
Mais 30 min. parjour ça se ressent.
M. Schibli dit qu’on pourrait
les répartir sur2 équipes, 15 minutes.
Ça irait encore.
Deux mois?
Combien d'enfants pourraient alors venir?
Environ 30, il parait.
Seulement? je pensais cent.
Cent! Mais 30 c’est mieux que rien.
Où seront—lis logés?
Dans un chalet.
Et nos enfants?
On travaille dur, on sue pour
leur acheter chaussures et vêtements.
Les petits Français ont faim.
Alors, chaque équipe travaille
15 minutes de plus parjour.
Avec le gain supplémentaire, on pourra
faire venir 30 petits Francais et les
héberger dans une maison de vacances.
Tiens, même Baumann a compris.
Pour moi, ce n'est pas clair:
Le séjour coûte
111 francs partéte et par mois.
Pour 30 enfants et 3 mois, c’est
presque Fr. 10 000.-.
On ne va jamais y arriver.
L'idée est que la société paie la moitié.
Si vous pensez que M. Rüegg va participer,
vous étes na‘ifs.
Vous connaissez mal le chef.
Ça dépend.
C’est exclu, je vous le garantis.
Pour moi, le probléme est ailleurs.
Ensuite, on nous dira: si vous avez pu travailler
15 min. de plus, vous le pouvez encore.
Là, on a aussi notre mot à dire!
- Toi? - Pourquoi pas?
Mais tu étais contre.
Oui, mais les enfants n’y peuvent rien.
Merci.
Dis plutôt merci à lui s'il doit participer.
Vous vous demandez ce qui se passe?
Encore un référendum? Vous venez de
recevoir une prime, ça suffit!
Non, c’est un peu particulier, M. Rüegg.
je peux vite vous expliquer?
On a eu une idée: on a pensé.…
Là, je suis curieux.
Otez-vous cela de la téte.
Mais laissez—moi au moins expliquer.
je suis au courant. Discussion inutile.
je ne peux pas soumettre ça au Conseil.
- Courrier? - Encore une lettre.
C’est une bonne idée
mais elle n'est pas aboutie.
Faites donc une collecte, j'y participerai!
Mais presque tous ont déjà signé.
Eh bien, dites à vos gens...
- Quelqu'un t’attend. - Quoi? Pourquoi?
je veux aussi rentrer moi.
Mais va voirqui c'est.
Mais….
Anna l'a ramenée ily a deux heures.
Elle voulait absolument te voir.
Ah bon? De son propre gré?
Ah, Marie—Louise. Ça c‘est gentil.
Pardon, Mlle Rüegg.
Il n'écoute même pas.
C‘est tout simplement écarté.
Vous pensiez vraiment
que ça fonctionnerait du premier coup?
Moi aussi, je dois ruser.
Comment lui expliquer?
On ne peut rien lui expliquer.
Au mieux, on peut faire qu'il
l'explique lui—même.
Un instant.
On va y aller et je vais vous expliquer
que votre idée n'est pas bonne.
- Et ensuite? - Ensuite, ça ira.
Tu sais ce que ça veut dire?
Froid.
Plus froid.
Froid.
Froid?
Plus chaud.
Tiéde... chaud.
Froid.
Pardon. Hedi, écoute ça.
Elle a rigolé. juste là.
- Tu as vu? - Oui.
- Quoi encore? - M. Schibli n'est pas content.
Tu devrais au moins lui expliquer.
je sais que tout cela est impossible.
Rien n'est impossible.
Mais mauvais et dénué de sens. Et faux.
Et comment organiser tout ça?
Vous y avez réfléchi?
Lui et réfléchir, ça fait deux...
Ilya au moins des lits pour ces enfants?
Du linge? De la vaisselle?
j'ai pensé qu’on pourrait louer.
Bien sûr, ça prendra du temps.
Louer? Encore ça.
Hedi a raison: il faut de l’organisation.
La commune pourrait reprendre le patronage.
Elle peut aussi aider un peu.
Et il faudra quelqu'un qui gère les choses
là-haut, dans le chalet.
M. Bänniger serait d’accord.
Oui, il serait bien. Un professeurà la retraite.
- Il a le temps. - Et moi.
C’est cela. Etje me retrouve sans secrétaire?
Mme Schäfer viendrait volontiers t'aider.
Quand j’étais au service féminin, c’est bien allé.
Mais peut-être que le Conseil ne voudra pas?
je n'ai pas besoin d'eux.
je peux les informer par circulaire.
- Gefällts dir? - Oh, ja, Monsieur.
Alors, vous pensez qu’on pourrait en parler?
Oui, mais pas pour ne rien dire.
Tout d'abord, il faut trouver un nom.
Vous avez raison. Peut-être….
Attendez, j'ai une idée.
Oui, ça c’est bien.
«Action quart d’heure de travail en plus»
- Super! - Alors...
Le CA de Le inenweberei SA a décidé
en concertation avec les travailleurs
et les employés de l’usine.
Deux points.
A partirde lundi
20 juillet, 6 h 45...
Ça doit être là-haut.
Mais on ne voit encore rien.
Non, seulement depuis Vitznau.
- On arrive quand? - Quelle impatience!
Hedi est déjà avec les enfants.
Elle va bien gérer cela.
Merci de m’avoir invité sur le bateau,
même si ça fait un détour.
Il faut qu’on montre la Suisse à cette petite.
Sinon, à la maison, elle va raconter
qu'il n’y a que des usines ici.
La chapelle de Teil.
Mais oui, je sais.
C'étaità la Hohle Gasse.
Ah bon.
Doucement... stop!
Une course d'école!
j'ai fait cette excursion tant de fois
avec mes écoliers.
Vous avez raison. Il faut laisser
les enfants croire à Guillaume Tell.
Même si c’est une légende.
Ne dites pas cela.
D'après les nouvelles recherches,
tout se serait déroulé comme on le raconte.
Vous m’en direz tant.
Vraiment très intéressant.
- Donc, tout seraitvrai? - Oui.
Quelle joie d'entendre ça!
Comme c‘est haut! - Oui, oui.
Elle s'est déjà bien intégrée.
Qu'est-ce que c’est?
Vous avez chaud?
Oui, le soleil tape un peu.
Ça me fait pareil quand
on s'approche du Rütli.
Elle n'a sûrementjamais rien vu de tel.
Regardez, ils vont arriver.
Il sont adorables, ces enfants.
Eh, petit chenapan!
C‘est un vrai petit sauvage.
Ça c’est André.
Oui, on dirait bien.
Non, non, nous on mange en bas à l'hôtel.
Vous partez? Quel dommage.
M. Bänninger?
Ne la gâtez pas trop.
Pensez-y, bientôt elle devra
rentrer en France.
- Et? -je ne veux pas m’en mêler.
Mais plus vous la gâtez,
plus la séparation sera difficile.
On connaît cela.
Tant qu'elle est ici, elle doit être heureuse.
De toute manière, on va prolonger son séjour.
Non Monsieur, n’y pensez pas.
Il n'y a pas d'exception.
On ne doit pas les déshabituer de leurs parents.
Des milliers d'autres veulent venir en Suisse.
On verra bien si on ne
peut pas faire une demande.
- Allez, bon séjour. - Merci.
Au revoir.
M. Bänninger est un peu fâché, n’est-ce pas?
On mangera quand même notre glace.
Ta maman t'a sûrement envoyé un petit cadeau.
Regarde.
C'estjoli surta robe.
C’est magnifique.
C’est pour moi. Venez Päuli.
Tu es un peu déçue, on dirait?
Mais tu sais bien, on ne peut rien
envoyer depuis la zone occupée.
Ta maman pense sûrement à toi, aujourd'hui.
j'ai peint cette broche pourtoi.
On le met sur la chaise du piano.
Sur le bureau.
Non, sur la chaise du piano, j'ai dit!
Comme cela on peut tourner.
- C’est quoi? - Pas touche!
- Le résultat est bon? - Regardez donc.
Non, c'està la petite de le faire.
- Bon, alors... - Non, restez, M. Schibli.
Vous êtes l'auteur de cette œuvre. Ça suffit!
Viens.
Enlève le drap.
- Moi? - Oui, toi.
- Une maison de poupées! - Super, papa!
Tu n'en reviens pas, hein?
De rien, ma chérie.
Ça a été fait avec amour.
Bonjour Mlle Rüegg.
je ne sais pas à qui ça fait le plus plaisir.
A papa ou à la petite.
- C’est sensationnel. - Regarde.
on peut tourner
et là, ça s'ouvre. Tu vois?
Et si tu appuies ici, la lumière s’allume.
j'ai les larmes aux yeux.
Päuli, la cuisine, ici!
je n'ai jamais rien vu de tel.
- Pas même au musée. - Chambre à coucher!
Maman dort là, moi là et Pierre là.
je l'ai fait d'après ses dessins.
M. Rüegg me les a donnés.
Magnifique, M. Schibli. Parfait.
Bien entendu, nous allons
vous payer pour votre travail.
Non, pas question.- Et pourquoi?
C'était un mandat professionnel.
Ça m'a fait plaisir de faire cela pour la petite.
Voyez-ie comme un remerciement
pourvotre participation à notre action.
Parlons-en donc devant un café!
Vous restez manger?
- Bien sûr. - Mais je.…
Discussion inutile!
Päuli, couverts pour M. Schibli.
- On a encore du Vermouth? - Oui.
Oh, mademoiselle Anna, je suis toute excitée.
Dommage qu'elle ne puisse pas l’emporter
en France.
On espère qu'elle reviendra l'an prochain.
L’heure avec l'observatoire de Neuchâtel
Ça me fait plaisir de vous revoir chez nous
à cette occasion.
Avant, vous veniez plus souvent.
- C'était toujours bien. - Oui...
Là, vous êtes comme un étranger.
Avant, je ne travaillais pas encore à l'usine….
mais je ne dois pas vous expliquer.
Bien sûr, je comprends.
Mais je dois dire que récemment.…
...papa est devenu plus sociable, je sais.
C’est grâce à elle.
- Venez prendre l’apéritif! - Oui, papa. Venez.
Viens ma chérie, on va manger.
Päuli, la maison est fantastique.
Oui, Viens te laver les mains.
- On va jouertoute la journée! - Oui.
Les information de l’Agence télégraphique suisse.
Tout d’abord les nouvelles de guerre.
Après les lourdes frappes aériennes d'hier
l'agence Reuters indique que:
des éclaireurs qui sillonnaient la Ville
quelques heures plus tard,
ont constaté que des incendies persistaient.
Toutes les cibles militaires visées
ont été atteintes...
Là c’est tout sec,
on peut l'apporterà Monsieur Rüegg.
Pas aujourd'hui.
Il a de la Visite. Monsieur Schibli est là.
- Il ne faut plus descendre. - Si.
Il est tard. Viens te coucher.
- Ça va lui faire plaisir? - Mais bien sûr.
Tu as fait de jolies fleurs et de jolis dessins.
La belle fleur est de Mademoiselle Anna.
Mais les autres sont de toi.
Viens au lit.
On va la mettre sur son bureau,
ainsi il l'aura dés qu'il se réveille.
- Une surprise. - Allons-y.
Non, il est tard. Viens, on va prier.
Ça va?
Oui. Oui, ma chérie.
Dors bien.
Mlle Anna, la petite est au lit.
Merci, Päuli. je vais monter.
Etonnant que le télégramme soit
arrivé depuis le territoire occupé.
Il est parvenu à la légation suisse.
je me suis renseigné.
C’est atroce.
La petite ne sait encore rien?
je ne sais pas si on doit le lui dire.
On ne peut pas la laisser rentrer
sans le lui avoirdit.
- Quand doit-elie partir? - Dans 2 semaines.
Demandons à M. Bänninger ce qu'il en pense.
je ferais mieux de rentrer.
La comptabilité de l'action peut attendre.
Oui. je n'ai pas non plus la tête à cela.
Hedi ne va pas en revenir.
Nous ne savons pas quoi faire.
Oui.
La maman vit maintenant chez une sœur.
Comment pourrait-on le savoir?
C’est là toute la question.
Devons-nous lui dire ou non? Et quand?
Facile à dire: «avec ménagement».
Ma fille pense la même chose.
je ne sais pas. je doisy réfléchir.
C’est un terrible coup pour la petite.
Mais il faut qu’on le lui dise avant
qu'elle ne rentre en France.
Vous revenez le jour du départ?
Pouvez-vous rentrer un jour plus tôt?
Le télégramme n’indique rien à ce sujet.
Il estjuste écrit que la maison de Rouen
est démolie et que
Pierre, le petit frère, est décédé.
Monsieur Bänninger, je vous rappelle.
Mon Dieu, Marie—Louise.
- La petite est là? - Non, pourquoi?
Elle n'est plus dans sa chambre.
Mon Dieu, a-t-elle entendu quelque chose?
DEPART MARIE-LOUISE
Tu devrais boire ton lait. Qu'en penses—tu?
Ilya la place, Päuli?
Il reste encore quelques petites affaires.
Ne pleurez donc pas.
Regardez la petite comme elle se contrôle.
Elle doit vraiment partir?
je n'en sais pas plus.
M. Bänninger parle avec papa depuis 15 minutes.
La petite était bien avec vous.
Si bien qu'elle aura du mal
à se réhabituer là-bas.
je ne vous fais pas de reproches.
Mais un enfant est comme un animal,
il s‘habitue à la maison
et s‘attache aux gens.
Mais un jour, il doit repartir.
Vous croyez vraiment
que je n’y ai jamais réfléchi?
Si elle devait rentrerà Rouen, dans la zone
de danger, je dirais de la garder ici.
Mais heureusement, sa mère vit
maintenantà la campagne, où la petite
devrait être en sécurité. C’est une chance!
Prenez donc un enfant qui est
réellement en danger.
Pour le renvoyer
dans cet enfer aprés 3 mois?
Comme cette pauvre petite ici?
Et ça c’est «humain»? Secours aux enfants?
Sion ne peut faire les choses qu'à moitié,
mieux vaut laissertomber.
Doucement stp. La petite estjuste là.
En Europe, des centaines de milliers
d'enfants décédent.
Ils meurent de faim et étouffent dans des abris.
Ils sont lacérés par des bombes.
Et nous qui échappons à tout cela,
nous arrivons à peine à en accueillir
quelques milliers, pour3 mois.
Pourquoi pas plus? Pourquoi
pas autant que l'on pourrait en héberger?
Et ils devraient restertant qu'in a la guerre.
je ne sous-estime pas les difficultés.
Mais si quelque chose nous tient à coeur,
il ne faut pas s'arrêter aux difficultés.
La Suisse a accompli des choses
bien plus difficiles.
Bien sûr, ça serait fabuleux. Tout à faitjuste.
On ne devrait pas juste les inviter mais
donner l’asile à ces enfants.
Mais on en est bien loin.
Le cœur humain est lent.
Vous aussi, vous n'avez ouvert
les yeux que depuis peu.
Toutefois, ily a plus de familles inscrites
que l'on ne peut faire venir d'enfants.
On manque de matériel roulant.
Eh oui, les trains sont utilisés autrement.
Transport des troupes, des munitions.
Vous savez comment c’était dur de faire
venir quelques centaines d‘enfants de Serbie?
Des gens peureux ont craint de fâcher
certaines personnes.
Mais ça vient. Ça s'instaure.
A Mürren, un médecin a pris, à lui seul,
16 enfants dans son chalet.
Et vos travailleurs?
Personne ne les a encadrés, et ça a fonctionné.
L'idée fait école.
de grandes sociétés.
Ils veulent essayer autrement,
pas avec le quart d'heure.
Mais papa, qu'est-ce qu’on fait?
On doity aller.
C’est l’heure.
Le comité m'a laissé la décision,
carje connais un peu le cas.
Mais je ne vais rien faire contre M. Rüegg.
- Elle pourrait rester? - Oui.
Mais alors... pourquoi continuer de parier?
M. Bänningerest contre.
Et qu’en penses—tu?
A-t-on des nouvelles de sa mère?
La Croix—Rouge s'est renseignée.
La maman peut prendre la petite.
Elle l’attend.
Mais papa, dans ce cas,
c‘est clair.
Si c’est tellement dur pour nous
de laisser partir la petite,
imagine comment elle doit manquerà sa maman!
Eh bien, Marie—Louise.
Allez, au revoir, petite Marie—Louise.
Prends soin de toi.
Ma sœur, faites-ia entrer.
Viens ma petite.
Tu pourras faire signe de la fenêtre.
- C’est réservé ici. - Ah bon.
Alors je vais plus loin.
Ce sont des petits Français?
- Oui, ils rentrent. - Les pauvres.
Voilà une pomme.
Oui, tu en auras aussi une.
Qu'est-ce qu'il est mignon.
Ils doivent déjà être à Langenthal.
17 h 20 Burgdorf.
17 h 43 Berne.
Et ils arrivent à 20 h 30 à Genève.
- Tu ne vas pas au bureau aujourd'hui? - Non.
Non, ils peuvent s'en sortir sans moi.
N'aurait-on pas dû lui donner plus?
De la nourriture ou autre?
On a donné ce qui était autorisé.
je l'entends encore
courir dans les escaliers et rigoler.
Il faut te ressaisir maintenant.
Facile à dire.
je le sais,
je n'aurais pas dû autant m’engager.
Toi tu l'as compris,
c’est pour cela que tu souffres moins.
Oui papa.
Que fais-tu là?
Eloigne-toi de la voie!
lly a des trains ici!
Que je ne te revoie plus!
Eh, petite!
- M. Rüegg. - Oui.
Oui, M. Bänninger.
j'ai un message pourvous.
Ne prenez pas peur,
mais j'ai reçu un appel
des chemins de fer… et.…
- Votre Marie—Louise. - Quoi?
Tout va bien à présent.
Mais elle a sûrement paniqué et elle est
descendue du train.
- Du train en marche? - Non, à une gare.
Un coup de folie?
Oui, d’une certaine manière,
mais on l'a retrouvée.
je suis venu avant pour.…
- Il l'amène déjà. - Qui?
- Le gendarme. - Oh, mon Dieu!
Voilà M. Rüegg,
votre petite fugitive est de retour.
Une surprise, n’est-ce pas?
Ne pleure plus, tu es à la maison.
je ne le ferai plus.
je ne le ferai plus.
Allez calme—toi maintenant.
Il faut la mettre au lit.
Oui, c’est mieux. Venez Päuli.
Elle a tout simplement suivi les voies.
Oui, pour rentrerà la maison.
je le disais bien : comme les animaux.
Et maintenant?
j'y ai réfléchi.
je ne vois qu’une solution.
Aujourd'hui, elle dort ici
et demain elle Vient au chalet avec moi.
Elle pourra s’y reposer.
Il n’y a rien de tel
que d'être avec d'autres enfants.
je n'aurais pas dû venir.
Si, c’était gentil de votre part.
Ça lui facilite la transition.
Dis—donc, toi, tu ne mange pas ta purée?
Encore André!
Descends de là. C’est dangereux!
Là, ça suffit!
Ah, tu ne veux pas? Ça m'est égal.
Assieds-toi! Et plus un bruit! Compris?
Il nous rend la vie dure!
- Qu'a-t-il fait? - Il lui faudrait une fessée!
Il a voulu prendre l'assiette de Marie—Louise.
Tu t’en sors bien avec lui.
Prends-ie doncà la maison.
- Lui? - Excellente idée.
Vous nous rendriez service.
j’imagine bien.
nous manquons de temps pour lui.
Il lui faudrait un encadrement individuel.
- Vous êtes fous. - Mais papa!
Anna serait contente et
ça animerait la maison.
Exact. Ecoute André.
Arrêtez. Ça ne sertà rien.
Discussion inutile. je dois y aller.
Le train part dans 10 minutes.
- Mon chapeau? - En bas.
Bien, au revoir.
N'y va pas, sinon elle va pleurer.
Oui, c’est peut-être mieux. Au revoir, Hedi.
- Au revoir. Salutations à la maison. - Merci.
Finis ton repas.
Quoi?
Ça c’est gentil. Emmenez-le.
Vous passerez de bons moments.
S'il le faut.
je le prends comme une punition.
Viens!
On a fait cet album ensemble.
Tous les soirs de la semaine dernière.
Avec les enfants.
Ça fera unjoli souvenir.
Pour les enfants aussi.
Ça a bien commencé,
mais il n’y aura pas de suite.
Si déjà plus aucun enfant ne peut venir,
on devrait pouvoir garder ceux qui sont là.
Mais ils ne veulent pas rester.
Regardez.
C’est Marie-Louise qui l'a écrit.
Est-ce que les petits savent
que toute la France est désormais occupée?
Ils savent ce qui les attend:
la misère et la faim.
Mais ils veulent rentrer.
Ils veulent retourner là d'où ils Viennent.
Ce sera très difficile pour eux.
Mais je pense.… ou plutôt: j’espère
que tout ceux qui ont dû subir cela
aideront plus tard à reconstruire le pays.
Et pas seulement les maisons et
les villes mais quelque chose de bien plus grand.
Vous me comprenez, non?
- Vous partez? - Oui.
Nous nous verrons demain à la gare.
- M. Rüegg Vient aussi. - Oui, avec André.
Sacré André.
- A-t-il démoli toute la maison? - Fresque.
Mlle Hedi les accompagne à Genève.
Heureusement, car il serait capable
de tirer le frein d’urgence ou de tout démonter.
- M. Bänninger. - A demain.
- Monsieur Bänninger. - Oui.
Marie—Louise.
Tu ne dors pas?
je pourrai assez dormir demain durant le voyage.
Le voyage n'est pas si dur.
Tu auras de la compagnie.
Demain soirtu seras à Genève
et aprés-demain déjà chez toi.
Si elle te l'a écrit,
tu peuxy compter.
Et cette fois-ci tu te réjouis du voyage?
Maintenant il faut dormir.
Monsieur Bänninger.
- Ils sont tous là? - Oui.
De rien, les enfants. De rien.
On a encore le temps.
Mais j'ai quelque chose à dire.
Que ferez—vous?
- Dommage. - C’est vrai.
Tout s'est bien passé.
Nos employés ont été ravis.
La maison est payée, elle està nous.
Et on n'a plus le droit d’inviter des enfants.
C’est quand même bien, Monsieur.
Un jour, la guerre finira.
Imaginez comme les gens
des villes détruites seront
heureux de nous envoyer leurs enfants.
C’est vrai, vous avez raison.
Au moins, nous serons prêts.
Pour les prochains!
Allons!
- Gardez—les bien jusqu’à Genève. - Oui.
- Bonjour, Hedi. - Bonjour papa.
Salut, Anna. Bonjour, André.
Eh, André! Alors, M. Rüegg?
Vas-y!
Au revoir, Monsieur Schibli.
La valve? Si.
Discussion inutile.
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