All language subtitles for Woody Allen - September (1987)

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Je fais tout le temps la m�me erreur.

Mes �l�ves aussi font toujours cette erreur.

Qu'est-ce que �a peut faire?

Si jamais je vais un jour � Paris, j'aurai de toute fa�on tout oubli�.

- Je dois y aller. - Non.

Restez. Il est t�t.

- Qu'allez-vous faire? - Rien de sp�cial.

Vous trouvez encore des choses � faire dans votre jardin?

C'est pas vrai.

Ma m�re est incroyable.

Elle est en train de...

Elle a demand� � Peter s'il voulait �crire sa biographie.

Sa vie stupide. "D'apr�s le r�cit."

Arr�te. Elle part dans quelques jours.

Tu as dit �a la semaine derni�re. En attendant, elle est encore l�.

Regarde. Elle n'arr�te pas de cueillir les fleurs, alors que je lui ai dit d'arr�ter.

Elle ne les met pas dans l'eau et elles se fanent.

Ce n'est pas en t'�nervant que le temps passera plus vite.

Quand je demande � Peter s'il veut se balader, il est toujours occup� � �crire.

Mais il prend tout son temps pour se balader avec elle.

- Elle a plein de choses � raconter. - �a c'est les hommes.

Elle a pas perdu la main.

- Je ne pensais pas �a de Peter. - Lane, c'est ta m�re.

- Vous �tiez avec Errol Flynn? - J'�tais trop vieille pour lui.

Je l'ai rencontr� � l'�ge de 16 ans.

Pour Errol, 15 ans c'�tait vieux.

Lane, j'ai invit� les Richmond � l'ap�ro. On va faire une petite f�te.

Pourquoi? Je devais aller au cin�ma avec Peter voir le dernier Kurosawa.

- D�sol�e. Pourquoi tu n'as rien dit? - Je l'ai dit.

C'est bon. On ira un autre soir.

Oui, mais il ne passe que ce soir.

- Je disais? - Notre rencontre.

Comme dans un mauvais film. On a h�l� le m�me taxi.

- On l'a partag� et on ne s'est plus quitt�. - Je ne connais rien � la physique.

- De quoi avez-vous parl�? - Parler? On �tait � peine mont�,

- que j'avais sa langue dans l'oreille. - Lloyd.

�a tombe tr�s bien. Je passe voir ma fille et elle loge justement un �crivain.

J'essaie d'�crire.

Je suis s�re que ma vie ferait un tabac.

Oui. Je me souviens avoir lu vos exploits dans le journal.

Vous �tes trop jeune, mais tout ce que votre p�re a lu, c'est vrai.

Je me souviens de votre photo dans le New York Journal-American

avec Jeff Chandler, un acteur avec qui vous sortiez.

Quelle m�moire. C'�tait � Palm Beach.

J'adore Palm Beach.

C'est l� o� nous allions quand j'ai d�cid� de m'arr�ter pour rendre visite � Lane.

Je ne l'avais pas vue depuis qu'elle avait pris ces pilules.

C'�tait il y a six ou huit mois.

C'est fou ce qu'on peut faire par amour.

Ou par manque d'amour.

Je comprends, bien s�r. Si vous n'aviez pas v�cu �a,

que �a vous tombe dessus et qu'ensuite on vous laisse tomber...

Pauvre gosse.

Essayez de frapper la balle en rythme. Cela vous aidera.

- Mais �a va trop vite. - Restez dans le rythme, regardez...

Steffie, Mme Mason pense qu'elle a une offre pour la maison.

C'est super. F�licitations.

200 000. C'est pas super, mais quand j'aurai tout rembours�,

je pourrai mettre un acompte pour un appartement � New York.

La mienne vaut 200 000 avec moins de terrain.

Je n'ai pas vraiment le choix.

Au moins, j'ai un acheteur. Je pense. J'esp�re.

Ne faites pas �a. Je peux vous pr�ter l'argent.

Non, Howard. Non. Mais merci.

Non. Vous avez �t� tr�s gentil avec moi pendant tout ce temps,

- mais je dois r�soudre moi-m�me... - Qu'allez-vous faire � New York?

Je ne sais pas.

Reprendre la photo... J'�tais...

Ou me mettre � l'�criture, je ne sais pas.

C'est horrible, non, d'�tre aussi ind�cise � mon �ge?

Je... Je ne sais pas ce que je veux.

Un enfant. J'aimerais avoir un enfant.

Lane, vous avez fini de lire les chapitres que je vous ai donn�s?

- Oui, presque. C'est tr�s beau. - J'y ai r�fl�chi et je suis d�prim�.

- Vous ne devriez pas. Vous �tes jeune. - Je veux tout reprendre � z�ro.

Vous ne pouvez pas toujours tout reprendre � z�ro.

Sinon vous allez devoir reprendre des tranquillisants.

Tout semble vain. Je devrais d�j� avoir fini.

Je dois reprendre le travail mardi prochain.

Si vous n'aviez pas laiss� ma m�re...

Sa vie ferait un livre fascinant.

Pourquoi? Qu'y a-t-il de fascinant dans cette vie frivole?

Avoir quitt� mon p�re, un homme merveilleux,

pour un gangster qui la battait? C'est fascinant?

Et le meurtre? Ce n'�tait pas fascinant. C'�tait un drame.

C'est une survivante, et j'�cris un livre sur la survie.

C'est �a. Elle a continu� sa vie, et elle m'a laiss� tous les cauchemars.

Excusez-moi.

Diane voudrait des gla�ons et il n'y en a plus.

Il y a une machine � gla�ons � l'ext�rieur de la porte de derri�re.

Tu as tort de penser que ta m�re n'a pas souffert de cette histoire.

Oui. La pauvre.

Elle a souffert d'une perte auditive � cause du coup de feu.

Traumatisme sonore.

Ce que je voulais dire - et je ne voulais pas vous blesser -

c'est qu'il y a les survivants et ceux qui ne se remettent pas des trag�dies.

- C'est une des cruaut�s de la vie. - Dans votre livre, c'est touchant.

Mais l'histoire d'une fille de 14 ans qui tue l'amant de sa m�re, c'est scabreux.

Le proc�s �tait scabreux et lui �tait scabreux.

Et ma m�re avait l'air indiff�rente � tout �a.

Je suis d�sol�.

Moi aussi. Je vais chercher vos feuilles.

C'est vraiment bien, malgr� ce que vous dites. Il ne faut pas tout jeter.

- Tr�s bien. Je suis tr�s impressionn�e. - C'�tait bien?

Je ne savais pas que vous aimiez jouer.

Maintenant vous le savez.

Vous avez �cout� le disque que je vous ai donn�?

Oui, je l'ai �cout�.

Je l'�coute tout le temps.

C'est tr�s beau. Je l'ai �cout� hier soir.

Je savais que vous l'aimeriez.

Vous avez dit que votre livre traitait de la survie?

Il ne traite pas exactement de la survie. Il traite de... Il traite de tout.

Ah, bon? Comme l'Encyclopaedia Britannica.

Excusez-moi. Je vais me remettre au travail.

Howard, �a ne vous ressemble pas d'�tre m�chant.

Pas besoin d'un autre livre sur la survie. Il y a le manuel du boy-scout.

Lane dit qu'il a du talent.

S'il est si bon. Pourquoi g�che-t-il sa vie sur Madison Avenue?

Parce que c'est plus � sa port�e d'�crire des pubs pour des d�odorants.

Vous m'�tonnez. Vous �tes la gentillesse m�me,

et vous ne pouvez pas dire un mot gentil sur Peter.

Je ne dis pas qu'il est mauvais.

Mais je ne comprends pas que Lane soit si fascin�e par son discours.

- Elle rougit en sa pr�sence. - Vous �tes jaloux, on dirait.

Qu'est-ce que �a peut faire? Elle va partir.

Je savais que �a vous emb�tait.

Vous auriez d� la voir au d�but de l'ann�e quand elle est arriv�e.

Elle �tait tr�s mal en point. Elle avait besoin qu'on s'occupe d'elle.

Elle est tr�s fragile.

On passait de longs apr�s-midi ensemble,

des soir�es d'hiver � �couter de la musique.

C'�tait un r�el plaisir que de la voir reprendre du poil de la b�te.

Un soir o� je me suis retrouv� seul apr�s �tre all� au cin�ma avec elle,

j'ai remarqu� qu'elle me manquait et que j'avais h�te d'�tre au lendemain.

Je me suis rendu compte que je ne voulais pas qu'elle s'en aille.

- Oh, Howard. - Merci.

Je n'ai jamais rien dit. Je savais qu'elle traversait une p�riode difficile.

Je pensais qu'elle n'�tait pas pr�te � entendre que quelqu'un �tait...

devenu d�pendant d'elle.

Je ne voulais pas...

Je ne voulais pas qu'elle prenne peur ou qu'elle soit paniqu�e.

Je suis bien plus �g� qu'elle apr�s tout.

Finalement, je me suis tu tout en pensant sans cesse � elle

et au moment propice o� je pourrais lui parler.

Et puis elle est tomb�e amoureuse du locataire,

ce jeune homme sensible qui a commenc� � lui prendre tout son temps.

On peut comprendre qu'avec Peter dans les parages,

et apr�s avoir pass� 7 semaines seule avec lui,

elle en soit tomb�e amoureuse.

Je ne pensais jamais ressentir �a apr�s la mort de Karen.

Steffie. C'est ton mari. Il dit que c'est important.

Lane a chang� d'attitude envers moi.

Avant, elle aimait bien mes histoires.

Elle rigolait de mes plaisanteries et me disait que j'�tais jolie.

Elle est devenue aigrie.

Je mets laquelle? Celle-l� ou la rose, avec la veste?

- Celle-l�. - C'est toi le chef.

Viens ici. O� tu vas, hein?

J'ai vraiment eu de la chance de h�ler ce taxi.

Tu es le seul avec qui j'ai eu envie de me remarier.

Les autres ne valaient rien.

Vraiment rien. La preuve, c'est que j'ai refus� leurs propositions de mariage.

- C'est moi le chanceux. - Toi, chanceux?

Tu as h�rit� d'une machine qui va vers son d�clin.

Avec mes ulc�res, ma v�sicule, mes angines...

Le tout est meilleur que la somme des parties. Tu te souviens?

Oui, monsieur le cur�.

- Pardon. - Non, entre.

- Tu voulais cette broche? - Oui.

J'ai d�cid� de mettre autre chose, donc je n'en ai plus besoin.

- C'est joli. D'o� �a vient? - Tu me l'as donn�e.

Moi? Quel g�chis.

- Diane est resplendissante, non? - C'est vrai.

Essaie de t'amuser. Ne t'enfonce pas dans la r�clusion.

Je n'avais pas envie de voir des gens ce soir.

Tu dois apprendre � mettre le pass� derri�re toi.

Ce qui est fait est fait.

C'est facile � dire.

Je sais que tu voulais aller au cin�ma avec Peter.

Il �crit vraiment bien? Il pourrait �crire ma biographie?

- Maman, ne sois pas ridicule. - Ridicule? On m'a propos� de l'argent.

Peter essaie d'�crire un livre s�rieux. Arr�te de l'emb�ter.

Il n'arr�te pas de me poser des questions.

Tes m�moires n'int�resseront personne.

Ah bon? Je n'ai honte de rien.

Ta m�re a re�u une avance.

Elle n'a qu'� trouver quelqu'un d'autre. Et laisse papa et moi en dehors de �a!

C'est impossible. C'est �a qui va int�resser les gens.

Tu exploiterais une histoire horrible.

Tu es devenue tr�s irascible.

Ce n'est pas de ma faute si ta vie n'est pas une r�ussite.

Prends le taureau par les cornes. Remue-toi.

D�sol�e. Tout le monde n'a pas ton punch.

C'est vrai que ta m�re d�borde d'�nergie.

Tu �tais prometteuse, intelligente, tu avais mon physique.

Tu avais un plus beau visage, mais tu �tais plus petite que moi.

Tu �tais intelligente comme ton p�re.

Tu dois faire quelque chose de ta vie. Tu es jeune, tu es jolie.

Tu t'habilles comme une r�fugi�e.

Je ne me trouve pas tr�s jolie en ce moment.

Peter te trouve belle. Et il a raison.

- C'est vrai? - Il ne fait que des compliments.

C'est par politesse.

Tu l'aimes bien, hein?

- Je ne sais pas. - Tu devrais te d�tacher un peu plus.

- Ne montre pas ton d�sespoir. - Je ne le montre pas.

J'avais senti que tu �tais trop soumise dans ta derni�re histoire d'amour.

Ce n'est pas vrai.

Je ne crois pas que Jeff serait retourn� aussi vite vers sa femme

s'il n'avait pas senti une certaine pression.

Je l'ai senti.

Il s'appelait Jack. Et tu n'�tais pas l�, donc tu ne sais pas ce qui est arriv�.

Ma ch�rie, ne sois pas tant sur la d�fensive.

Je fonde mon observation sur la fois o� je vous ai vus.

Je dis la m�me chose que les psychiatres hors de prix que tu as vus.

Quand tu en viens aux hommes, tu es ta propre ennemie.

C'est s�rement vrai.

�a ne va pas. On dirait que je vais � la plage.

Oh, mon Dieu. Regarde-moi.

Je dois refaire tout mon maquillage.

C'est horrible de vieillir.

Surtout quand on a 21 ans dans la t�te.

Les forces qui nous soutiennent pendant toute la vie s'en vont une � une.

Et quand on regarde son visage dans la glace...

On s'aper�oit qu'il manque quelque chose.

Et on d�couvre qu'il s'agit de notre avenir.

Donc c'est...

C'est pour �a que je veux que tu te trouves,

tant que tu peux encore en profiter.

Bonsoir.

- Je suis en avance. - Les invit�s ne sont pas encore l�.

Vous �tes tr�s jolie habill�e comme �a.

Il commence � pleuvoir.

�a va rafra�chir l'atmosph�re.

Esp�rons.

Vous �tes tr�s jolie. Je l'ai d�j� dit.

Merci.

- Vous saviez que... - Steffie.

- Pardon. Vous alliez dire? - Non. Quoi?

- Je pensais que vous... - Non, rien.

Le tonnerre se rapproche.

Oui.

Qui est le professeur d'histoire?

Le professeur d'histoire? Comment le savez-vous? On en a parl�?

Un jour, vous m'avez dit que �a pourrait �tre le titre de votre livre.

Le professeur d'histoire �tait mon p�re.

Il enseignait dans une universit� du Connecticut.

Il a �t� renvoy� lors du maccarthysme.

Il �tait sur la liste noire. Il a d� faire des petits boulots.

Comme quoi?

Pour nous faire vivre, il jouait au poker et aux courses de chevaux.

On dirait qu'il �tait formidable.

Oui, il l'�tait.

Je comprends le th�me du survivant.

Cet �t� est pass� trop vite.

J'esp�rais tant �crire ce livre.

Pour �tre honn�te, je stagne.

C'est la premi�re fois que vous �crivez un livre?

J'ai d�j� publi� quelques nouvelles. Rien de bien.

Je ne m'y suis jamais attel� � plein temps. J'ai toujours eu d'autres obligations.

Mais ce ne sont pas vos affaires.

Lane m'a montr� quelques-unes de vos nouvelles.

Je les trouve tr�s belles.

C'est marrant.

J'ai eu si souvent envie de vous parler,

mais nous ne sommes jamais seuls.

Nous avons �t� seuls. Pendant tout un apr�s-midi.

Une brocante n'est pas ce qu'il y a de plus intime.

Nous nous sommes balad�s. Vous n'avez rien dit.

Non, c'est vrai.

C'�tait assez maladroit.

Mais vous aimez le disque que j'ai trouv� donc je n'ai pas perdu mon temps.

C'est marrant car j'ai �t� amoureuse d'un gar�on qui adorait Art Tatum.

C'�tait il y a tr�s longtemps lors de ma premi�re visite � Paris.

Il �tait �tudiant et jouait du piano dans un club de jazz.

Il ne parlait pas anglais.

On a pass� l'�t� � essayer de communiquer nos sentiments.

Mais �a ne faisait rien qu'on ne connaisse que quelques mots.

C'�tait il y a des ann�es.

Je d�teste le tonnerre. �a me donne envie de me cacher sous le lit.

- Il contient de l'�lectricit�. - Je suis s�rieuse.

O� sont-ils? J'ai entendu des voix.

Vous me trouvez comment? "Vieille et grosse"?

Superbe. Ils arrivent � quelle heure?

Bient�t. Allumons les lumi�res. Lane a pr�par� des amuse-gueule?

Que faisiez-vous avant qu'on arrive?

Pardon? Quoi?

Vous n'�tiez pas dehors, au moins. Le tonnerre approche.

Oh, non.

- Mettons de la musique. - Bon. Qui veut quoi?

- Tu sais ce que je prends. Peter? - Une vodka.

- Stephanie, vous prenez quoi? - Une vodka.

Vous avez repens� � mes m�moires?

Je n'en suis pas digne. Je risquerais de tout g�cher.

C'est de la condescendance.

- Lane dit que �a ne vous int�resse pas. - Je n'ai jamais dit �a.

- Lloyd, viens, danse avec moi. - Oh, ch�rie, je ne sais pas danser.

Si tu comprends l'univers, tu peux arriver � danser �a.

D'accord.

Tu vois? Tu es formidable.

J'essaie.

J'ai encore tant de choses � vous dire.

Il y a des gens qui vont arriver, il y a des gens ici, donc...

- Je ne veux pas vous emb�ter. - Non, �a va.

Si seulement vous aviez �t� l� tout l'�t�.

Je ne pouvais pas. J'ai aussi des obligations.

C'est quoi ce disque? Il est fantastique.

C'est Art Tatum et Ben Webster.

- C'est marrant. - Quoi?

J'ai �t� ridicule quand on s'est rencontr�s.

- Non. Pas du tout. - Je me souviens avoir parl� longuement

de l'�criture, des m�taphores et des choix.

- J'ai tout essay�. - Non. En fait, je...

Je vous ai trouv� tr�s touchant.

Vous m'avez fait penser � Paul, le gar�on que j'ai connu � Paris.

C'est vrai?

- Oui. - Je suis tr�s flatt�.

Lequel est Art Tatum et lequel est Ben Webster?

Art Tatum est au piano.

Je me suis senti ridicule parce que...

- Pourquoi? - ..vous m'avez tout de suite plu.

J'adore la musique de cette �poque. Vous n'avez pas de Benny Goodman?

Pas ici.

Ou "Nighthawks" de Coon-Sanders?

Surtout, n'ayez pas peur de ce que je vais vous dire.

Je vous trouve absolument ravissante.

Peter, non. S'il vous pla�t. Arr�tons avant qu'il ne soit trop tard.

Vous savez que c'est impossible.

Je me sens rougir et j'ai le coeur qui bat tr�s fort.

Voil� les Richmond. Tu y vas Lloyd?

- Howard. - C'est le d�luge dehors.

On attendait les Richmond. Je vais vous servir un verre.

Bonjour, Howard. Les Richmond doivent �tre bloqu�s. Vous �tes tremp�.

Oui, je sais.

Regardez, ma vieille planche oui-ja.

�a prend trop de temps. Il en faudrait une sur ordinateur.

Pour faire la liste des gens � qui tu veux parler.

- Howard, tu as dit un scotch? - Allez danser avec Lane.

- Moi? - Elle sera ravie.

- Elle vous aime beaucoup. - Je ne danse pas.

Tout le monde dit �a. Allez. �a a �t� dur pour elle.

- Lane? - Oui?

Allez. Allez.

Lane, Peter vient de me demander

si je pouvais te demander de danser avec lui.

- Non, merci. - Oui, merci. La musique est fantastique.

J'allais � Harlem pour �couter de la musique comme �a.

Je sortais avec un disc-jockey. Il disait 'faces' pour 'disques'.

J'ai deux pieds gauches.

J'y vais. Profitez-en.

- Elle vous emb�te? - Non, pas du tout.

- J'aime son �nergie. - C'est le disque que tu as achet�?

- Tu aimes le jazz? - Vous aimez Prokofiev.

Oui, mais pas pour danser.

Les Richmond sont inond�s, ils ne viennent pas.

Alors on pourrait aller voir le film.

- Par ce temps? - Oui, pourquoi pas?

On ne va pas se g�cher la soir�e.

Les Richmond ne viennent pas. Tant mieux. Ils sont rasoir.

- Pourquoi les avais-tu invit�s? - Oh, non.

- �a peut durer des heures. - Lloyd.

- Allumons des bougies. - Je vais chercher des allumettes.

J'adore marcher quand il fait tout noir.

J'ai mis ma main dans le guacamole.

Lloyd. Les Richmond sont inond�s, l'�lectricit� est coup�e.

C'est Dieu qui nous met � l'�preuve et je veux �tre pr�te. O� est la vodka?

T.

O.

M.

Je ne connais pas de Tom.

Oh, attends voir.

Tu es le dentiste de Hackensack qui a voulu me violer quand j'avais 15 ans?

Non? OK.

Encore une fois.

N.

I.

C.

Oh, non. Nick.

Attends un peu. Tu es dans cette pi�ce?

Ton fant�me est dans cette pi�ce avec le trou fait par la balle?

Tu �tais vraiment un sale type.

Mais tu �tais vraiment beau.

Tu te coiffes encore comme tu le faisais en Sicile?

On a pass� de bons moments.

C'�tait assez fou.

C'�tait dangereux.

Et puis �a a pris fin.

Je crois que �a s'est �clairci.

Ah oui?

Ne vous en allez pas d'ici.

Il le faut.

Je n'aurais pas d� boire. J'ai la t�te qui tourne.

Comment allez-vous rentrer?

Comme d'habitude:

en pensant � vous.

Je ne vous avais jamais vu boire depuis que je vous connais.

Non.

Pourtant, l'ann�e de la mort de ma femme, je n'ai pas desso�l�.

Mais quand je suis � l'�cole o� je travaille, �a ne se voit pas vraiment.

Vous allez me manquer.

Vous allez aussi me manquer.

Mais on restera en contact.

Vous savez ce que je veux dire.

Howard, je vous en prie.

Je dois...

Quand vous avez eu cette offre d'achat pour la maison,

je me suis rendu compte qu'on ne partagerait plus ces soir�es d'hiver.

Mais vous saviez que j'�tais venue ici pour me r�tablir, pas pour m'installer.

C'est la diff�rence d'�ge qui vous d�range?

Je suis amoureuse de Peter.

C'est vraiment ridicule, non?

Dans la mesure o� je n'ai pas la moindre chance avec lui.

J'y ai cru pendant un moment.

Je me disais que �a pouvait peut-�tre quand m�me marcher.

Pourquoi Peter et pas vous?

Je n'ai pas de raison valable.

Combien de fois j'ai voulu vous toucher.

Non, arr�tez.

J'ai cr�� une situation g�nante...

Je vais vous faire du caf�. Vous allez avoir la gueule de bois demain.

Je ne joue d�j� pas tr�s bien le jour, alors la nuit...

Regardez comme �a s'est �clairci.

On peut voir des millions d'�toiles.

Il va faire beau demain.

Dites-moi,

vous avez vraiment travaill� sur la bombe atomique?

Non.

C'est Diane qui vous a dit �a?

Oui.

Pas du tout.

J'ai travaill� sur un projet sans rapport � Los Alamos il y a tr�s longtemps.

Mais quand elle parle de moi, je suis l'inventeur de la bombe A.

Quel est votre domaine en physique?

C'est plus terrifiant que l'explosion de la plan�te.

Ah bon?

Il y a plus terrifiant que la destruction du monde?

Oui.

Le fait de savoir que �a n'a pas vraiment d'importance.

Que tout est le fruit du hasard.

C'est venu d'on ne sait o� et...

�a finira par dispara�tre � jamais.

Je ne parle pas du monde.

Je parle de l'univers.

L'espace, le temps, tout �a n'est...

qu'une convulsion temporaire.

Et je suis pay� pour le prouver.

Vous pensez vraiment, m�me quand vous voyez un ciel pareil

avec ces millions d'�toiles, que �a n'a pas d'importance?

Je pense comme vous que c'est tr�s beau.

Cela fait penser � une v�rit� profonde qui semble toujours se d�rober.

Mais j'en reviens toujours � une approche professionnelle.

Une approche moins fantasque, plus terre � terre.

Et je vois alors le monde pour ce qu'il est.

Al�atoire,

moralement neutre,

et incroyablement violent.

On ne devrait pas parler de �a.

Je dois dormir seul ce soir.

C'est pour cela que je reste avec Diane et que je me consid�re heureux.

Elle est chaleureuse, pleine de vie et elle me serre dans ses bras la nuit.

Comme �a, je ne r�ve pas de photons et de quarks.

J'ai une question � te poser, Richard.

Ta fille me d�teste.

Notre fille me d�teste, et moi je l'aime.

C'est ma seule et unique fille,

et je veux qu'elle soit heureuse.

Elle ne s'est jamais remise du meurtre.

Tu vois, moi je suis une dure � cuire.

J'arrive � oublier le pass�.

Frappe un coup, si tu m'entends.

Je voudrais qu'elle me pardonne.

Tu vas lui parler. Hein, Richard?

Vous �tiez si proches tous les deux.

Elle t'aimait tant.

Frappe un coup, si tu m'entends.

Frappe, Richard.

Frappe un coup.

Frappe.

J'adore ces vieilles chansons.

Avec la musique, l'�clairage � la bougie et l'alcool,

j'ai l'impression d'�tre dans un lieu exotique.

Je ne devrais pas boire. �a me monte � la t�te.

Que faites-vous?

J'ai envie de toucher votre visage depuis notre premi�re rencontre.

Que faut-il que je vous dise?

Nos chemins vont bient�t se s�parer.

Peter, vous savez que c'est impossible.

Lane est ma meilleure amie. Elle est folle de vous. Je ne peux pas faire �a.

- Elle tient tellement � vous. - Arr�tez.

Je me sens d�j� assez mal de l'avoir induite en erreur.

Je ne l'ai pas fait expr�s. Mais j'ai �t� tr�s �go�ste.

Elle m'a racont� tout ce que vous avez fait ensemble.

Je sais tout de vos promenades, de vos conversations au bord du lac.

Elle m'a tout racont�.

Je me sentais tr�s seul.

J'avais besoin de parler, je venais de divorcer.

J'avais vraiment perdu tout espoir d'�crire ce livre.

J'avais besoin qu'on me tire de cette panique.

Mais vous avez fait l'amour.

J'ai compris trop tard � quel point elle �tait vuln�rable.

Je sais que je suis coupable.

Est-ce que cette histoire aurait dur� si je n'�tais pas arriv�e?

Je ne sais pas. Peut-�tre.

On fait des choses �tranges quand on se sent vid�.

�coutez.

Je suis mari�e.

Mes enfants vont rentrer de colonie dans une semaine. J'ai ma vie.

Je sais.

Mais est-ce la vie que vous voulez?

Alors?

- Vous n'avez cess� de flirter avec moi. - Arr�tez, partez.

Mon mari est un homme formidable.

Il �tait choqu� que je ne veuille pas passer l'�t� avec lui.

Il est radiologue.

Il fait des radios,

mais il n'en a jamais fait de moi, car s'il analysait les radios,

il verrait en moi des choses qu'il ne comprendrait pas et �a le blesserait.

Mais � un moment donn�,

j'ai commenc� � trouver ma vie ennuyeuse.

Steffie.

J'ai eu envie � nouveau de m'entendre dire certaines choses.

J'aurais envie de r�agir, mais tout ce que je sais faire c'est fuir.

- Ne fuyez pas. - Je fuis sans cesse.

C'est tout ce que je sais faire.

Je savais que vous m'aimiez bien.

Je ne pouvais pas vous regarder en face, je me sentais coupable.

J'ai envie de vous embrasser.

Non. C'est impossible car il y a trop de probl�mes.

C'est impossible.

C'est impossible. On va nous voir.

Partez, je vous en prie. C'est impossible.

Il est temps que je rentre.

D�sol� pour le Kurosawa.

J'ai fait du caf� tout � l'heure. Vous voulez que je le r�chauffe?

Non, merci. Je pr�f�re rester so�l.

Finalement, c'est pas une mauvaise id�e. Je dois travailler demain.

Vous �tes vraiment d'une humeur bizarre ce soir.

Vous saviez que l'univers �tait al�atoire, moralement neutre,

et incroyablement violent?

Peter.

Que nous est-il arriv�?

Que voulez-vous dire?

On �tait devenu si proches l'un de l'autre

et on a pass� tant de temps ensemble

et cette nuit pass�e au bord du lac.

Est-ce que j'ai... Je me suis tromp�e?

Oui, peut-�tre.

Je n'ai pas envie de m'engager en ce moment.

J'ai �t� refroidi par mon mariage, et je ne sais pas trop quoi faire de ma vie.

Je peux vous aider?

Ce sont mes affaires. Je ne veux pas vous faire souffrir.

Vous vous en sortez vraiment bien.

Vous devez penser � votre avenir.

Oui, je sais.

Vous avez raison.

C'est idiot, mais je...

Mais j'ai fait ces r�ves, on �tait tous les deux � New York,

et puis on...

Je ne sais pas.

On a tellement souvent la m�me approche des choses,

et c'est tellement rare.

Je suis d�sol�e, je suis fatigu�e. Je ne sais pas ce que je dis.

Le plus dr�le, c'est que je vous appellerai s�rement � 3 h du matin � New York

pour m'emp�cher de tomber au fond du trou.

- Je peux te donner un coup de main? - Non, �a va, merci.

Tu sais, j'ai parl� avec Peter.

Et il ne veut pas s'engager en ce moment.

C'est bon. Je comprends.

Il a beaucoup de probl�mes.

Mais les choses changeront peut-�tre plus tard. Tu vois?

Je suis contente qu'on ait mis les choses au clair.

Tu sais, je me sens mieux.

On va vivre tous les deux � New York.

Qui sait? Tout peut arriver.

Qui cela peut-il �tre?

Oh, Ken. Non, elle est l�. Un instant.

Ken, �coute. Je t'ai dit que le t�l�phone �tait coup�. Je ne pouvais pas appeler.

D'accord. Oui.

Je ne sais pas encore. Je vais peut-�tre aller faire un tour � New York.

Je n'ai pas envie d'en parler. Je suis fatigu�e.

Je t'appelle demain. Bonne nuit.

C'est pas vrai.

J'ignorais que vous �tiez encore l�.

J'ai entendu votre voix.

Peter, nous ne sommes pas seuls.

Steffie, je vous aime.

Depuis notre premi�re rencontre.

On pourrait �tre seuls.

Je ne peux pas venir dormir avec vous.

Peut-�tre pas toute la nuit,

mais nous pourrions en passer une partie ensemble.

Mon Dieu.

Vous en avez envie?

�coutez, si...

Si cela peut vous rassurer,

j'en ai tr�s envie, mais je...

J'adore cette pi�ce. Elle est parfaite.

On pourrait abattre ce mur et faire une grande pi�ce.

Elle est assez grande comme �a. J'aime bien la taille.

Comme tu voudras.

- Et la p�che? - Il y a des perches dans le lac.

Vous pouvez le r�approvisionner.

C'est idiot de mettre du poisson dans un lac pour aller le rep�cher.

- Pas plus que le golf. - Votre femme n'aime pas le golf.

Laisse-moi tranquille.

C'est Diane Frazier. J'�tais amoureux d'elle quand je voyais sa photo.

- Diane Frazier? C'�tait... - Un mannequin frivole.

Elle �tait toujours au El Morocco avec des joueurs de tennis.

- Ces gens m�nent une vie tr�pidante. - N'est-ce pas?

- Ce sera bien de quitter la ville. - J'ai h�te d'acheter un chien.

Notre copropri�t� n'autorise pas les chiens et j'en ai toujours voulu un.

J'aimerais monter pour prendre des mesures.

Lane, nous pouvons monter?

Eh bien, ma m�re est encore en train de dormir.

- Ah bon? - Oui. Elle aime faire la grasse matin�e.

Je ne me suis jamais lev� apr�s midi.

- Elle va se lever. - On va voir la grange?

Vous nous montrez la grange? M. Raines a des questions.

Vous savez o� elle se trouve, non? Suivez le chemin qui part de la maison.

Je vous rejoins dans un instant. Je voudrais finir.

- Ils vont acheter? - On dirait.

C'est fantastique.

Lane, Howard a appel�, le marchand qui vend le ma�s que tu aimes �tait ouvert.

Il va en rapporter.

Que se passe-t-il? Pourquoi es-tu si d�prim�e?

Je n'arr�te pas de penser � Peter.

Lane, il ne faut pas. Arr�te.

Je pense qu'il va �crire ce livre sur ma m�re.

�a alors.

Ils sont cens�s sortir ensemble aujourd'hui. Si elle se l�ve un jour.

Elle est lev�e. Elle a dit qu'elle serait en retard.

- Lane, je peux vous parler? - Oui.

- Ils ont des questions. - J'arrive.

Ils font une offre � 175 000 dollars.

175 000 dollars? Vous aviez dit 200 000.

Ils n'iront pas plus haut. Ce n'est plus ce que c'�tait ici.

Mais j'ai vraiment besoin de cet argent.

- Vous �tes s�re? - Je suis d�sol�e.

Oui?

Bonjour.

Diane a dit qu'ils seraient un peu en retard. Je vais leur dire que vous �tes l�.

Vous essayez de m'�viter.

Vous devriez partir et rentrer � New York.

J'aimerais savoir ce qu'il se passe.

C'est dur pour moi, et pour Lane aussi, bien qu'elle essaie de le cacher.

- Ne dites pas �a. - Elle n'arr�te pas de penser � vous.

- Et vous? - Bien entendu, je pense � vous.

Mais pourtant vous m'�vitez.

- Vous allez �crire la biographie de Diane? - Croyez-le ou pas, mais j'y pense.

Pourquoi? Et le livre sur votre p�re?

Je sais.

Mais �a ne vient pas. Je vous l'ai dit.

Je me suis creus� la cervelle pendant tout l'�t� et je...

Je ne sais pas. Il y a rien qui vient.

Et puis soudain, j'entends toutes ces anecdotes. Vous voyez?

Elle a eu une vie incroyable. Le meurtre pourrait faire l'objet d'un livre.

- Lane ne veut pas qu'on en parle. - Je ne sais pas.

Je pourrais la prot�ger. Quelqu'un doit �crire l'histoire.

Peter, essayez de vous mettre � sa place.

Lane avait 14 ans quand sa m�re a quitt� son p�re, qu'elle adorait,

elle a d� vivre avec ce voyou qui battait Diane, et elle a fini par le tuer.

�a a totalement g�ch� sa vie. Vous ne voudriez pas qu'elle revive �a.

Avec des gens qui la d�visageraient dans la rue.

Je ne sais pas.

Je suis d�sol�e.

Je me sens si coupable.

Je suis tr�s tendue.

Peter, non, ne faites pas �a.

Steffie.

Allons...

Allons ensemble � Paris.

"Allons ensemble � Paris."

Vous �tes bien un �crivain pour dire �a.

C'est pour �a que je dois m'�loigner de vous. Vous me faites tourner la t�te.

Je ne peux pas... Je ne peux pas faire �a.

Oh, mon Dieu.

- Nous aurions d� frapper. - J'ai toujours peur de la rage.

J'ai lu qu'une femme avait �t� mordue par un �cureuil et qu'elle l'avait attrap�e.

Ce genre de chose n'arrive jamais ici.

Les ratons laveurs me d�rangent moins que les moucherons. �a rend fou.

Vous n'avez pas de probl�me avec les insectes ici, Lane?

Lane?

- Vous avez des moustiques? - Bien s�r, avec l'�tang.

Les moustiques sont rares. N'est-ce pas, Lane?

- Lane? - C'est tr�s agr�able.

- Les grenouilles les mangent. - Si les serpents ne les mangent pas.

On peut monter maintenant?

Oui.

Excusez-moi. J'ai mal � la t�te. Je vous rejoins.

Mais vite. M. et Mme Raines ont des questions.

Oui. Qu'en est-il des frelons et des abeilles?

On est � la campagne, Mme Raines, pas � Manhattan.

Je n'arrive pas � croire que �a soit arriv�.

- C'est de ma faute. - Peter, s'il vous pla�t. C'en est trop.

Lane. Lane, je suis d�sol�e.

Lane. Lane, je suis d�sol�e. Pardonne-moi.

- Lane. - �a dure depuis longtemps?

Non. Non. S'il te pla�t.

- Tu l'aimes? - Ce n'est pas ce que tu crois.

- Que veux-tu dire? - Lane, je ne sais pas ce que j'ai fait.

- Je ne sais pas ce que j'ai... - Je comprends � pr�sent.

Il n'y a rien � comprendre. Il n'y a absolument rien � comprendre.

Je vous ai souvent surpris en train de vous regarder.

Non, ne dis pas �a. S'il te pla�t.

C'est de ma faute. Elle n'y est pour rien.

- Laissez-nous. - �a aurait du se passer autrement.

Il ne s'est rien pass�. Vous empirez la situation.

Il n'y a pas rien. Mettons les choses au clair.

Je veux qu'elle vienne avec moi.

Peter, l'�t� est termin�. Je retourne � Philadelphie. Mes enfants me manquent.

Je ne peux pas jouer � �a. Je suis mari�e depuis trop longtemps...

Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas ce que j'ai fait.

Je ne suis pas... qui je pensais �tre.

Je pense qu'il y aura trop de monde � cette brocante.

Tu commences � avoir peur d'aller � East Hope.

Non. Je pense juste que ce n'est pas le bon jour.

On peut repousser. Vous pouvez travailler sur le livre ici.

Je crois qu'on pourrait faire tout un passage sur Las Vegas.

Je connais plein d'histoires de Sammy Davis. C'est le meilleur.

- Tu as parl� � Lane de notre projet? - Ah, oui. �coute, ma ch�rie.

Lloyd et moi avons d�cid� de nous installer ici.

Cette maison est l'id�e qu'on se fait du paradis.

Je l'ai aim�e d�s l'instant o� j'y suis entr�. C'�tait comme rentrer � la maison.

Je sais que tu retournes habiter en ville, mais tu peux y venir quand tu veux.

Le week-end ou pendant l'�t�. Quand tu veux.

Il va te falloir un pull. Je vais aller t'en chercher un.

Je ne comprends pas.

Tu sais ce que je ferai en premier? Je mettrai une piscine.

Je n'ai jamais aim� l'�tang car il y a des b�tes dedans.

Ta m�re nage tr�s bien.

Je l'ai emmen�e nager � Santa Fe. C'�tait la meilleure.

- Ses jambes sont parfaites. - De quoi parlez-vous?

On va s'installer ici.

On en a parl� et on a d�cid� de s'installer ici.

Lloyd aime le Vermont et j'ai toujours aim� cette maison.

- Et si... - Mais c'est impossible.

- Pourquoi? - Parce que je vends cette maison.

- Tu la vends? - Oui, je te l'ai dit.

- Attends un peu. C'est nouveau? - Je te l'ai dit au moins trois fois.

- Ah bon? - �a t'arrive d'�couter ce que je dis?

Ou tu ne te pr�occupes que de ce que tu as � dire?

Pourquoi es-tu si m�chante?

Il y a des gens qui sont l� - des acheteurs. Ils la visitent.

Va les trouver et dis-leur que la maison n'est plus � vendre.

- Comment? - Tu ne peux pas la vendre. On s'y installe.

Tu ne peux pas me dire �a maintenant.

Qu'est-ce que tu racontes? C'est la maison de famille.

De quel droit tu la vends? Elle n'est pas � toi.

- Elle est � qui? - � moi.

Enfin, � nous. � toi et � moi. On l'a achet�e avec ton p�re.

Mais tu me l'avais donn�e. Je t'ai dit que j'allais la vendre et partager l'argent.

- Tu as dit que tu voulais bien. - J'�tais sobre quand je te l'ai donn�e?

- Tu as dit qu'elle �tait � moi. - Pour y vivre, mais pas pour la vendre.

Pour y vivre? �a veut dire quoi? Pour l'entretenir? La r�parer?

Pour �tre la gardienne?

Je dis des choses � la h�te. Pour ce qui est du c�t� pratique, je suis nulle.

Je ne peux pas partir sans vendre la maison.

J'ai trop de dettes. �a revient cher d'�tre malade.

- Personne ne te jette � la rue. - Je comptais sur cet argent.

Je n'ai pas travaill� depuis deux ans. Je n'ai plus d'argent. J'en ai emprunt�.

Ma ch�rie, c'est simple: mes projets ont chang�.

- Quoi? - On veut s'installer ici.

Ton p�re et moi l'avons achet�e. On voulait qu'elle reste dans la famille.

- On peut en reparler? - Tu n'es qu'une hypocrite.

C'est lui qui l'a achet�e, pas toi, et je l'ai entretenue.

- Lane. - Tu n'aurais pas pu rester o� tu �tais?

Lloyd et moi ne sommes plus tout jeunes. On veut se poser.

Qui sait? Peut-�tre que dans un an on voudra repartir.

Tout le monde se fiche de ma vie.

Arr�tez. Diane, Lane a beaucoup souffert.

- Ne t'�nerve pas, ma ch�rie. - Tu entends ce qu'elle me dit?

- Comme si tout �tait de ma faute. - C'est vrai.

- Calme-toi. - Je suis calme, Lloyd. Je suis calme.

On fait tous des erreurs, mais ce qui est fait est fait.

Et si ta vie est un �chec, ce n'est pas de ma faute.

C'est toi qui as tir� sur la g�chette. J'ai dit ce que l'avocat m'a dit de dire.

- C'est ridicule de dire �a. - Non. C'est la v�rit�.

Ce n'est pas l'endroit pour parler de �a.

Je suis une �pave. Et toi, tu vas et viens comme si de rien n'�tait.

J'en ai assez entendu. Arr�tez �a tout de suite.

C'est comme �a qu'elle justifie son m�pris envers moi.

- C'est faux. - C'est vrai. C'est du pur m�pris.

Peut-�tre que ma vie aurait �t� diff�rente si je n'avais pas d� subir tout �a.

- Pouvons-nous aller au grenier? - Allez-vous-en.

- Pardon? - Allez-vous-en. Partez d'ici.

- Diane. Calme-toi. - Fichez le camp d'ici.

- Diane, calme-toi. - Allez, je te la laisse.

- Je ne savais pas que tu y tenais tant. - �a suffit.

J'ai dit que je la lui laissais. On peut partir?

�a suffit.

Il y a des choses que j'aimerais bien refaire si je pouvais, mais je ne peux pas.

J'ai la t�te qui va exploser.

Je suis d�sol�e pour cette sc�ne.

On fait tous des erreurs.

Lane, je peux ravoir mes somnif�res?

- Je ne sais pas o� ils sont. - Ils ne sont pas dans l'armoire.

- Qu'est-ce que �a peut faire? - C'est tr�s b�te de dire �a.

Comment �a "qu'est-ce que �a peut faire"? O� sont-ils?

Je n'ai pas de raison de me lever demain.

Alors il va falloir en trouver une.

Et ton projet d'aller � New York et de recommencer la photo?

Tu es si aigrie.

Je ne vois pas pourquoi j'arriverais � percer maintenant.

Je ne sais pas. Il va falloir que tu t'accroches.

Alors vous �tes amoureux toi et Peter?

On est attir�s l'un vers l'autre. Ce sont des choses qui arrivent.

- Tu savais combien je tenais � lui. - C'est arriv� comme �a. Je n'ai rien fait.

On �tait tous ici, isol�s du monde. Tout peut arriver.

La v�rit� c'est que...

J'ai flirt� avec Peter,

je voulais qu'il ait envie de moi,

mais je ne pensais pas que �a irait tr�s loin.

Je voulais juste savoir si j'�tais encore d�sirable.

Je pensais que ce serait plus dur que �a.

Il est tr�s intelligent et il est tr�s occup� par son roman.

Il est charmant et int�ressant...

Puis j'ai commenc� � voir...

qu'il �tait tr�s vuln�rable et...

qu'il n'avait pas confiance en lui.

Et je suis tomb�e amoureuse de lui.

J'ai commenc� � r�ver de lui.

Que va-t-il se passer? Tu vas partir avec lui?

C'est impossible. Je ne peux pas.

Ce n'est pas facile quand on est mari�e et qu'on a des enfants.

Je ne peux pas le savoir.

Donne-moi ces somnif�res.

Demain viendra et tu trouveras des choses � faire.

Tu vas vendre cette maison. Tu vas retourner en ville.

Tu vas travailler. Tu tomberas amoureuse.

Peut-�tre que �a marchera ou peut-�tre pas.

Mais tu trouveras un tas de choses qui te donneront envie de vivre,

et qui te divertiront pour t'emp�cher de penser �...

La v�rit�.

Je ne sais pas ce qu'est la v�rit� et toi non plus.

Je veux juste avaler tous les cachets.

C'est dur de mourir au Valium. Il en faut au moins un million.

- Je les prendrai. - Arr�te. Arr�te.

Tu te comportes comme une enfant irascible.

Si tu avais vraiment voulu mourir, tu l'aurais fait la fois pass�e.

Je suis si seule.

Bon, arr�te, et donne-moi ces cachets.

Tu veux vraiment mourir?

Non.

C'est mon probl�me. J'ai toujours voulu vivre.

O� est pass� tout le monde?

O� est pass� tout le monde? Les choses se compliquent et il n'y a plus personne.

Lane, on s'en va.

Lane. Je n'aime pas cet ensemble. On dirait que je suis dans le besoin.

Tu es radieuse.

Tu sais, cet endroit va me manquer.

En fait, c'est vraiment joli ici.

Tout y est si tranquille.

Et �a fait tellement longtemps qu'on a cette maison.

C'est un peu comme nos racines.

�a aurait pu �tre agr�able.

C'est l'�ge qui me fait dire �a.

�a ne fait rien.

Ce n'�tait pas �crit.

Ce sera bien � Palm Beach.

Peu importe o� l'on va tant qu'on est ensemble.

Oh, Lloyd.

Lane, on part pour Palm Beach.

Si tu as besoin de moi, on est chez les Chasens.

Ne pensons plus � ce qui s'est pass�. On n'en parle plus.

La vie est trop courte pour ne penser qu'aux trag�dies.

En plus, je suis s�re qu'on a tous dit des choses qu'on regrette.

On a tous nos humeurs.

Si ce n'�tait pas le cas, on serait ennuyeux.

Je suis d�sol�e si je t'ai bless�e.

D'accord? Je n'ai pas r�fl�chi.

C'est termin� maintenant.

Lane, tu l'as toujours aim�e,

je veux que tu la gardes.

Stephanie, �a c'est pour toi.

J'ai vu que vous l'admiriez et j'aimerais vous la donner.

Merci.

Mon Dieu. Regardez ces mains.

Couvertes de taches brunes. Je pourrais les masquer avec mon bronzage.

Qu'en pensez-vous?

- Je peux vous aider? - Oh, mon Dieu. J'avais oubli�.

Howard, juste � temps pour dire au revoir et porter les bagages. J'ouvre.

Lloyd, surtout mets �a au-dessus du reste, sinon �a va �tre froiss�.

Merci, Howard. Parfait. La porte est ouverte.

Lane, laisse-les faire, ma ch�rie. Attends, viens l�.

Non, c'est pas grave. Tu sais o� on est, chez les Chasens.

Si tu as besoin de moi - tes cheveux sont tr�s beaux quand ils sont l�ch�s -

tu m'appelles. Tu as compris?

Et dis � Peter qu'il faut que je repense � mes m�moires.

Si j'ai une nouvelle id�e, je l'appellerai.

Au revoir. Sois sage.

Tu as ma trousse de maquillage? J'ai mon diaphragme dedans.

C'est idiot, non? Je voyage encore avec. Comme un porte-bonheur.

Je pourrais en faire don � la brocante.

Je vous reverrai un jour?

Vous devriez partir.

Je vais rester un peu avec Lane puis je vais rentrer.

C'est dr�le. On rencontre quelqu'un dans des circonstances �tranges.

On tombe amoureux et puis on repart chacun de son c�t�.

Peter, ne compliquez pas les choses.

- Je vous en prie. - Je me sens si vide.

J'ai d�j� le sentiment d'avoir perdu quelque chose � tout jamais.

Je me d��ois beaucoup.

Steffie.

Le temps va passer et vous oublierez cet �t�.

Et vous? Vous allez l'oublier?

Je vais essayer.

Ce ne sera pas facile.

Elle part pour Palm Beach comme s'il ne s'�tait rien pass�.

Je devrais y aller moi aussi.

Mes dettes.

Je dois g�rer la vente.

Tous les d�tails.

Je voudrais pouvoir vous dire de ne pas vous inqui�ter.

Howard.

Que je pourrais m'occuper de vous, que cela me comblerait de joie.

Je me suis tellement habitu� � vous.

- Vous donnez un sens � ma vie. - Howard, non. Je vous en prie.

- Je suis s�r que... - Non.

..une fois que vous serez partie,

je ne vous reverrai jamais.

Mais je suis tomb� amoureux de vous.

Lane.

Je suis venu vous dire au revoir.

Je pense qu'il est pr�f�rable que je reparte ce soir.

Vous n'avez pas fini votre livre.

Il est termin�.

Quel ton triste dans votre voix.

Merci pour le temps qu'on a pass� ensemble.

Et merci d'avoir eu confiance en moi...

et de m'avoir encourag�.

D�sol� de ne pas avoir �t� � la hauteur.

Bon.

Prenez soin d'elle, Howard.

Bonjour.

Tu veux du th�?

Non.

- Il fait frais. - Oui.

Il faisait frais quand je me suis lev�e.

Dans quelques jours, on sera en septembre.

Je sais.

Il y a tant de choses � faire avec la vente de la maison.

�a va t'occuper. C'est bien.

Quand dois-tu rentrer?

Je vais rentrer dans quelques jours.

Je dois acheter des chaussures aux enfants pour la rentr�e.

- Ils sont mignons. - Oui.

Oh, Steffie.

Bient�t tu vas partir d'ici et recommencer � z�ro � New York.

Tu vas avoir un tas de choses � faire.

�a va aller.

Sous-titrage Visiontext: Tatiana Andonovski

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