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Le soleil !
Réveillez-vous !
Allez, on y va !
Dépêchez-vous !
Par ici !
C'est là !
Allez, les gars !
Sautez ! Grouillez-vous !
Là !
C'est parti.
Encore un peu. Stop !
Très bien. En avant !
Raisins... Framboises...
Noisettes... Pas de noisettes !
Des noisettes !
Voyons voir.
Vite, le soleil pointe.
Du calme, fiston, il attendra.
Alors le calcul du radian et du méridien nous donne le point de force...
ici.
Incroyable !
Aspetta !
C'est quoi, ça ? Je veux des fruits frais.
On ne fait pas de la confiture,
on prépare le banquet royal de la pleine lune.
Je veux le meilleur du meilleur !
Capisce ?
Le meilleur. Désolé, chef.
Donnez ça aux fourmis.
Mettez ces pistils à l'abri des abeilles !
Allez, montez !
À vos postes ! Plus vite que ça !
C'est parti.
Prêts ?
20° à droite.
Feu !
20° à gauche.
On perd trop de temps.
Pas par là...
Paix à ton âme.
Je te tiens, petite peste volante !
On fait moins la maligne maintenant.
Chérie, mon piège à miel a marché. Viens voir.
Où es-tu ? Je ne te vois pas, chéri.
Je suis là, par ici.
Pauvre chien, l'abeille l'a piqué ?
Non, tu lui as marché sur la queue, il n'en mourra pas.
Regarde ces pattes poilues et ces yeux globuleux...
- Tu m'as fait peur. - Moi ?
Et toi, avec ce truc d'extraterrestre ? Enlève ça.
Tu ne crains plus rien. Je maîtrise la situation.
Pauvre bête !
Elle doit étouffer là-dedans.
Je vais abréger ses souffrances. Va chercher la bombe.
La nature te nourrit tous les jours.
Un jour, tu nourriras la nature.
J'ai grandi, mais je reste petit à côté de vous.
Aujourd'hui marque la fin de ton initiation.
D'abord, l'arbre...
Tu as vaincu l'ennui des premières heures.
Tu as su ouvrir chacun de tes sens, un par un,
puis ton cœur,
jusqu'à entendre les battements du cœur de l'arbre.
Tu l'as entendu respirer,
tu l'as entendu rire.
Tu as fait corps avec l'arbre.
Au point de tromper l'oiseau.
La 2e épreuve, plus dure, exigeait
d'être accepté du monde minéral.
Une fois de plus, patience a été synonyme de sagesse.
Tu as su attendre que la pierre révèle l'étendue de sa mémoire,
qui est immense puisqu'elle remonte à la nuit des temps.
Cette pierre a vu la naissance de l'homme.
De l'état de larve, elle l'a vu éclore et ramper.
La 3e et dernière épreuve était capitale.
Il s'agissait de renouer avec le monde animal...
De réapprendre des gestes simples et essentiels.
Des gestes qui unissent ces familles pourtant si différentes
qui partagent la même maison
depuis que le monde est monde.
Tu as réussi les épreuves. Telle la pleine lune,
tu es complet et entier, brillant et intrépide.
Tu es réconcilié avec la nature, protège-la et elle te protégera.
Je le promets.
Il veut te dire quelque chose.
Oui, vous avez raison.
Voilà !
Tu vois ?
On en a une.
Je ne l'avais pas vue.
Chérie,
tu sais que j'adore les animaux, même les insectes.
Je déteste les tuer.
Le docteur l'a dit,
Arthur est allergique. La moindre piqûre serait fatale.
On va prendre le risque qu'il se fasse piquer en jouant ?
Mon bébé ! Je l'aime tellement.
Ça ne m'amuse pas mais c'est la seule solution.
C'est l'abeille ou Arthur !
T'inquiète pas,
je vais te sortir de là.
Je suis vraiment désolé.
Ça ne se reproduira plus.
Vole !
Vite, remue-toi !
Non, après toi.
Vas-y, soulève le verre.
Elle est partie, envolée.
Elle sait voler, mais seul Houdini pourrait sortir de ce verre.
Je t'assure. Viens voir, elle n'est plus là.
C'est pas possible !
Comment ça se fait ?
Le miel est une source d'énergie.
À force d'en manger, aurait-elle soulevé le verre...
Rose ! Même en mangeant une tonne de miel,
j'arriverais à soulever la maison ?
Il doit y avoir une explication.
Un trou dans le verre ?
Ou bien une aide extérieure ?
Des empreintes. Dans le mille !
- Bonjour, mon ange. - Salut, mamie.
Tu aurais besoin d'un bain. Lui aussi, en fait.
Vous sortez d'où ?
J'ai été décoré par les Bogo-Matassalaï.
Je vois ça. Je suis bonne pour une lessive.
- Tu veux bien aider ton grand-père ? - À vos ordres !
Alors ?
Comme je suis fier de toi !
Tu es mon digne héritier.
Unis, cœurs et âmes !
- Toi aussi ? - Il y a longtemps.
J'étais déjà un homme.
Réussir l'initiation si jeune, c'est un exploit.
Merci.
- Tu as enlacé l'arbre ? - Pendant 8 heures.
Un bruant s'est posé sur mon bras. C'était trop cool !
Génial ! Quelle pierre as-tu choisie ?
Le rocher en granit, près de l'étang.
Très bon choix.
Tu as trouvé un castor ?
Non, j'ai pris un ours.
Un ours ?
Tu as dormi avec un ours ?
Ça mérite une vraie récompense.
- Le wagon présidentiel. - Il est magnifique.
Allez, va l'essayer.
Un ours !
- Coucou, chéri. - Salut, maman.
Combien de temps vais-je devoir rester comme ça ?
Encore 5 minutes d'après la notice. Détends-toi.
Me détendre ? Avec des brûlures pareilles ?
Au moins la bombe marche.
Oui, j'irai à la quincaillerie
acheter tout son stock de Super Bombardier.
Dès que je serai sur pied, je m'occuperai
de tout ce qui a des pattes.
Va-t'en.
Tu es en danger ici.
Comment ?
Rien, chéri.
Je pensais à voix haute. Au sujet de l'abeille.
Elle est drôlement futée d'avoir déjoué ton piège.
Futée ? Impossible.
Le cerveau aussi grand qu'une tête d'épingle,
et tu crois que ça réfléchit ?
Un cerveau humain pèse 1 kilo. Tu te rends compte ?
Il faut un sacré cerveau pour inventer...
le téléphone, par exemple, ou la télévision,
même si on n'en a pas.
Et la voiture ? Une araignée aurait inventé la voiture ?
Des abeilles auraient peint la chapelle Sixtine ?
Des moustiques auraient sculpté Le Penseur ? Je pense pas !
La poésie, la musique ! Ça fait de la musique, un scarabée ?
Bien sûr que non.
Sans parler d'architecture. L'Empire State, le Golden Gate...
Des fourmis auraient construit de tels ouvrages ?
Passagers de 1re classe, en voiture !
Voie n° 1,
le train va partir.
Attention au départ !
Salut, maman.
Ça va ?
- Je te le demande. - Ça va bien.
- Je joue. - Ah bon ?
- C'est un cadeau de grand-père. - Fais voir.
- Que fais-tu ? - La police des frontières.
Je n'ai rien à cacher.
Tu as libéré l'abeille. Tu sais bien que tu es allergique.
Oui, je sais.
Si tu étais engluée dans un piège, je te sauverais.
C'est très gentil, mon chéri.
L'abeille a piqué ton père !
Il n'en mourra pas.
Espérons-le.
Allez, à la douche !
Comme un sou neuf !
Ne va pas te rouler dans la boue.
Tu es faite !
Tu aimes la douceur du miel ?
Connais-tu le goût de la vengeance ?
Parfait.
Vous m'avez fait peur.
Écartez-vous, vous êtes dans la ligne de mire.
Cet arbre a plus de 200 ans. Il a vu naître ton grand-père.
S'il abrite une ruche,
il doit avoir une raison.
Désolé, mais aucun arbre au monde ne me dictera sa loi.
Il m'appartient, il est sur mes terres.
Poussez-vous de là.
Ma terre, mon arbre, ma pierre !
Non, celle-là est à moi.
À vous ?
C'est possible.
Ces abeilles me cherchent, ce n'est que partie remise.
Tu as toujours des traces de peinture.
Je ne veux pas que tu joues à la guerre. C'est moche.
Ça n'a rien à voir.
Ce sont les codes éternels de la nature. J'ai été admis.
- Ce soir, il y a une grande fête. - Super.
C'est la 10e lune. Les minimoys m'ont préparé un festin.
Les mini quoi ?
Les minimoys.
Ils seront tous là. Je vais enfin revoir Sélénia.
Ça se passe où, cette fête ?
Dans le jardin.
D'accord, mais ne sors pas du jardin.
Promis.
Passez-moi les pompiers.
Vous m'avez fait peur.
Vous avez vu votre tête ?
Une abeille m'a piqué.
Elle était dopée. On dirait une centaine de piqûres.
Une seule, aux fesses.
Je vous rappelle.
Le visage, c'est votre fille avec la bombe.
- L'abeille est toujours en vie ? - Malheureusement.
Elle m'a échappé,
mais pas pour longtemps. J'ai repéré sa ruche.
Mon cher Armand.
Même si vous êtes ici chez vous,
c'est tout de même chez moi, ce qui englobe
la maison, son magnifique jardin,
ainsi que tous les arbres, plantes,
animaux et insectes qui nous honorent de leur présence,
y compris
les abeilles.
Encore une chose, Arthur.
Qui est cette Sélénia ?
- C'est une princesse. - C'est vrai ?
Comment est-elle ?
Courageuse, intelligente, elle n'a peur de rien,
à part de l'eau.
Mais encore ?
Elle a les yeux noisette, les cheveux roux
comme un coucher de soleil,
et quand elle sourit,
elle ressemble
à un ange.
Tu ne serais pas un peu amoureux, par hasard ?
T'es bête. Elle est trop vieille. Elle a plus de mille ans.
En effet, beaucoup trop vieille pour toi.
Pas de filles de plus de 500 ans, s'il te plaît.
Fais les valises, on s'en va.
Papa ! On devait partir demain.
J'ai changé d'avis. Ce sera mieux ce soir, à la fraîche.
On ne peut pas partir.
- Pourquoi donc ? - Parce que...
C'est la 10e lune.
Et tu te transformes en loup-garou ?
Ne dis pas ça, je suis superstitieuse.
Enfin, Arthur, tu es dans la lune depuis deux mois.
Redescends sur terre.
Moi aussi, je sais compter,
et dans 2 jours, c'est la rentrée !
Je ferai tout ce que tu veux, je serai le meilleur des fils.
J'attends ça depuis des mois, je peux pas partir !
Quelques heures, quelques minutes, mais je dois voir Sélénia.
Chérie !
C'est vrai, pourquoi se précipiter ?
En plus, c'est impoli.
Ma mère a passé la journée aux fourneaux et mon père...
Ne me parle pas de ton père. Pour lui...
son fichu jardin compte plus que la vie de son petit-fils.
Arthur, fais ta valise,
j'attends dans la voiture.
Je suis désolée.
J'ai tout empaqueté, tu n'auras qu'à réchauffer.
Et voilà des œufs frais.
Désolée, maman. Tu connais Armand,
toujours pressé.
Tu as besoin d'autre chose ?
Un mouchoir, peut-être.
Tiens...
Tu vas me manquer aussi, Alfred.
Je reviendrai à Noël.
On jouera aux esquimaux. Toi, tu feras Croc-Blanc.
Alfred, je n'ai pas le temps de jouer.
Tu comprends pas ?
Je dois y aller.
Qu'est-ce que tu as ? Tu as vu quelque chose ?
C'est pour ça que tu aboies ?
Ce n'est qu'une araignée...
qui transporte quelque chose.
Merci.
Un grain de riz...
avec une inscription.
Mon Dieu !
J'ai reçu un message. Les minimoys sont en danger !
Calme-toi. Quel message ?
Ce grain de riz amené par une araignée.
Les minimoys n'écrivent que sur des feuilles d'arbre.
Je sais, mais lis-le. S'il te plaît.
Oui, excuse-moi.
Vite, il est tard et la route est longue.
Je voulais juste dire au revoir.
D'accord.
Le message, c'est...
"Au secours !"
Tu es sûr ?
Absolument.
Je ne peux rien pour eux. Il n'y a plus que toi.
Ça ne sera pas facile, mais j'essaierai.
Assez d'au revoir, tu crois pas ?
On va voir si on fait plus vite qu'à l'aller.
Doucement.
Il va revenir. Il a peur du noir.
Ce n'est pas le chien qui m'inquiète.
Tu vois ?
Arthur avait raison.
Il a une imagination débordante. Il ferait tout pour revoir sa princesse,
même inventer une histoire de message sur un grain de riz.
Tu m'as dit que les minimoys écrivent sur des feuilles d'arbre.
Bien sûr,
mais dans l'urgence le riz est plus facile à transporter.
Vous faites la paire !
Lequel d'entre vous a 12 ans ?
Daisy !
Ce n'est pas une plaisanterie. Les minimoys sont peut-être en danger.
Je dois faire quelque chose pour les aider.
Les minimoys ont tous plus de mille ans,
ils ont survécu à plein de catastrophes.
Je n'aurai jamais mille ans, je ne suis pas éternelle.
Je ne veux plus te perdre.
Tu as entendu ?
Il va tomber des cordes.
Arrête-toi à une station-service.
Non, l'orage nous rattrapera.
Je n'ai plus de sac. Si jamais Arthur a mal au cœur...
D'accord.
Je m'arrête, mais 5 minutes, pas plus.
Autant vérifier le niveau d'huile.
J'ai besoin d'utiliser les toilettes.
C'est bon, on n'a pas besoin d'essence.
Ça fait du bien de maîtriser la situation.
Tu me sauves la vie, je ne l'oublierai jamais.
Tout va bien ?
Parfait.
Je me sens beaucoup mieux.
C'est mignon, il s'est endormi.
Tant mieux, la route lui semblera moins longue.
Arthur avait raison.
Que fais-tu là ? Vous avez eu un accident ?
- Je me suis enfui. - Enfui ?
C'est pas possible. Où sont tes parents ? Ils sont pas là ?
On a pas une minute à perdre. Les Bogos sont prêts.
Il me faut le télescope.
Le télescope ?
Mais bien sûr !
Trois crans sur la gauche pour le corps.
Trois crans sur la droite pour l'esprit.
Et un tour complet pour l'âme.
Pas maintenant, pitié !
J'y crois pas.
Désolé, mais le ciel en a décidé autrement.
Ils devront se débrouiller seuls.
C'est impossible, ils comptent sur nous !
Ils courent un grave danger. Ils ont besoin de nous.
Il n'y a que le rayon pour y aller, pas d'autre moyen ?
En cas d'urgence ?
Les lianes.
Parfait, je suis prêt. Comment on fait ?
Le passage des lianes est terriblement dangereux.
Nos ancêtres l'empruntaient avant le télescope.
Beaucoup y ont perdu la vie.
S'il arrive quelque chose à Sélénia, j'en mourrai.
De chagrin.
Je dois y arriver, je suis leur seul espoir.
Je sais, mais tu es si jeune.
Regarde !
Fais-moi confiance.
Je reviendrai.
Je suis prêt.
Une fois dans les lianes,
tu dois aller au bout quelle que soit la douleur.
T'inquiète pas pour moi.
Veille sur grand-mère.
Bien sûr.
La nature t'appartient, tu appartiens à la nature.
Tirez !
Encore !
Plus fort !
Encore !
Arrêtez !
On ne peut pas.
Arrête-les !
Tirez plus fort !
Encore plus fort !
Ça fait mal !
Il faut vider toute l'eau de son corps.
Tirez encore !
Plus fort !
On y est presque.
Il est passé ?
Je crois. À lui de jouer maintenant.
Et pour revenir ?
Demain le rayon ouvrira le passage.
Il doit pas le rater.
Sinon ?
Il devra attendre 10 lunes.
Rose ! Pourquoi tu cries comme ça ?
Regarde ! Arthur s'est transformé en loup.
Je t'avais dit de ne pas en rire.
C'est Alfred.
Bien sûr.
Excuse-moi.
C'est ma faute. J'aurais pas dû te parler de loup-garou.
Que je suis bête. De penser qu'Arthur pourrait se...
Mon Dieu ! Quelle chute !
Désolé si je vous ai offensées.
Attendez !
Qui voilà ? Le petit prince en vadrouille ?
Si j'avais su, j'aurais prévenu.
Tu serais entré par la porte.
Jack, fais péter. C'est ma tournée.
Salut, Jack.
Santé !
À ton retour fracassant !
Je n'ai pas le temps, là.
J'ai appris que les minimoys sont en danger.
Tu m'étonnes ! C'est dur, la vie,
quand on fait que 2 mm.
Quand on fait 1,50 m aussi.
Buvons au présent ! Qu'il dure des siècles et des siècles.
Il faut que j'aille vite chez les minimoys.
Aide-moi.
Tu peux pas venir dans mon club pour te détendre, boire
et danser, comme tout le monde ?
Max ! Sélénia est en danger. Je t'en supplie.
T'es lourd avec ta princesse !
Allez, suis-moi.
Pas mal de choses ont changé depuis que t'es parti.
On a un nouveau big boss, qui s'appelle Krob.
Il est si cruel qu'il nous fait regretter Maltazard.
Par moment.
Et il menace le village ?
Donc les minimoys m'ont appelé ?
Je crois pas. Krob est un cloporte,
un gros tas qui sort pas de son trou.
C'est son armée d'unicornes qui tient la ville.
C'est-à-dire ?
La septième terre est bouclée, un véritable ghetto.
Il contrôle les entrées et les sorties.
Il faut que tu arrives à me faire passer.
Relax.
On va faire un tour pour choper des infos.
Si les minimoys sont en danger, on le saura.
Et les contrôles ?
Les unicornes nous laissent tranquilles.
- Pourquoi ? - Les Koolomassaï font le spectacle.
Sinon, ça serait mort.
Le vrai business, c'est le show business !
- Ça roule ? - Trop cool.
Ça roule !
J'ai été trop dur.
Pour le protéger.
Ralentis, j'ai mal au cœur.
J'aurais dû être plus compréhensif.
J'ai la nausée. Moins vite !
Oui, faisons vite !
C'est effrayant, la pleine lune.
Mon fils !
Je l'aime plus que tout, tu sais ça ?
Moi aussi, mais ralentis, on va avoir un accident.
Pitié, pas à mon fils !
Je m'en voudrais pour toujours.
Que font-ils là ? Ils devraient dormir.
- Freine. - Quoi ?
Il bouge pas.
Désolé, je roulais trop vite.
C'est ma faute.
Désolé.
Tu vois ? Je te l'avais dit.
Ici, on est chez oim.
T'inquiète, je suis le roi ici.
- Sois relax. - Comment ?
Pour passer inaperçu ici, fais-toi remarquer.
- Drôle d'idée. - Ouais.
On appelle ça le cruising.
On prend son temps, bras dehors,
regard ailleurs, et on rit.
On rit de quoi ?
Il suffit que les autres pensent avoir raté la joke.
- Tu piges ? - Pas vraiment.
Regarde.
- Pourquoi il rit ? - Je sais pas.
Vous comprenez la joke, vous ?
La loose !
À ton tour.
Pourquoi il rit ? J'ai un truc au visage ?
À part la grosse corne en plein milieu du front ?
Idiots !
Ça grouille de vie sous la maison !
Il y a un an, il n'y avait rien,
un trou pour scarabées à la retraite.
Puis, on a eu une méga-récolte
et depuis tout le monde est blindé.
Les Koolomassaï ont ouvert des bars branchouilles,
un gars a trouvé le filon des vers luisants...
En 2 secondes,
c'est devenu une ville lumière qui dort jamais,
où tu peux trouver
tout ce dont tu as besoin.
J'adore cette ville !
On y va !
Je peux vous aider ?
Besoin d'un conseil ?
À vrai dire...
Je peux lire l'avenir dans les lignes de votre main.
- Alors ? - Je sais pas...
Lâchez-le tous !
N'écoute pas cette bande de cafards !
Je suis pas un cafard, mais une mante-thermique
qui prédit la météo au degré près.
Il faut qu'on trouve mon cousin, Replay. Lui, il est fiable.
Replay !
Vous avez perdu votre portefeuille.
Ne me remerciez pas.
Soyez prudent, ça craint.
Salut, cousin !
On abrège, les gars ?
- Paraît qu'on a cassé ton lustre. - Je sais.
- J'ai un ver qui te le répare en 24 h. - Je sais.
Lui, c'est Arthur, roi des premières terres.
Il a été décoré ce matin.
T'as rien que je sais pas ?
Qui, quoi, où, quand, pourquoi ? Je sais tout, tous les potins.
Et les premières terres ?
Ça bouge là-haut ?
Rien à signaler.
Les minimoys m'ont envoyé un appel au secours.
Tu es au courant ?
C'est vrai, ça me dit quelque chose.
Apparemment, une personne proche du palais a des ennuis.
Quel genre d'ennuis ? Au palais ? La princesse ?
Le jeune prince.
- Bétamèche ? - Affirmatif.
Que lui arrive-t-il ?
Je suis à sec, je te le devrai.
Pas de fric, pas d'infos.
Accouche ou je dirai partout que tu portes une perruque.
Je t'en supplie, pas ça.
On va se moquer de moi, j'aurai plus d'infos.
Dis-moi tout ce que tu sais.
Bétamèche s'est fait arrêter par les unicornes.
Visiblement, on l'emmène chez Krob.
Visiblement ?
Escroc ! Tu voulais me la faire à l'envers ?
Je vais m'occuper de lui.
On s'occupe d'abord de Bétamèche.
Fais diversion, je vais le libérer.
Attends !
Faire diversion ?
Qui veut des bracelets ? De jolis bracelets en ver !
- Snow ! - Quoi ?
- Ça roule, mec ? - Salut, Max !
La forme ?
Ça fait longtemps.
Un bail.
Classe !
Merci.
- Vous les prenez ? - Non, merci.
Lunettes !
Achetez mes lunettes !
Et ta sœur, ça va ?
Elle est enceinte jusque-là.
- Encore ? - Oui, c'est son 20e.
Sans blague ?
J'ai jamais vu ta sœur
pas enceinte.
Vous deux, ça suffit ! Vous bloquez la rue !
- Ta maman ? - Tranquille, à la maison.
- Béta ! - Arthur !
Toi, là !
J'ai le rhume des foins.
Vite !
C'est fermé à clef.
Mon couteau.
Fais très attention.
Appuie sur le 2e bouton.
Joli, mais c'est pas le moment.
Pardon.
Parfait, il va couper la liane.
Et toi, comment va ton frère ?
Il va bien, toujours dans la myrtille.
Il se fait un fric dingue,
c'est beau à voir.
Circulez ! Faites vos salamalecs ailleurs.
T'es nouveau, toi ?
Oui, pourquoi ?
Quand on est nouveau quelque part, on s'investit,
on prend son temps, on apprend. Tu piges ?
Les soldats de Krob n'ont rien à apprendre.
Je sais ça.
Mais ici, t'es loin, très loin de ton trou.
C'est chez nous ici.
Si tu tiens à ta corne, calme-toi et reste poli.
Tu me suis, frérot ?
Oui, je crois.
Cool !
Snow va t'apprendre à dire bonjour.
Apparemment, maman ne t'a jamais appris.
D'abord, le poing comme ça, pour montrer
qu'on est de force égale.
Puis, on ouvre pour montrer que la force, on s'en fiche.
T'as rien de plus aiguisé ?
Essaie le bouton en dessous.
Qu'est-ce que tu fais ?
Rien. J'ai trouvé ça par terre.
Donne-le-moi !
Disparais.
Où est passé...
Retrouvez le prisonnier !
Venez là !
En route !
Faisons les touristes.
Tu parles ! Avec ma tête ?
Là !
Par ici.
- Tu sais conduire ça ? - J'ai bien conduit un moustique.
Super !
Essayons dans l'autre sens.
Désolé.
Fonce !
Bonne chance, cousin.
Tu sais où on est ?
C'est le sous-sol de la maison. J'ai vu les plans.
C'est une bonne chose.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Laisse-moi réfléchir.
Ça y est ?
On va les semer l'un après l'autre.
- C'était quoi ? - Un piège à rat.
- C'est quoi, un rat ? - Ça !
Plus vite !
T'es sûr de toi ?
Ferme les yeux.
Un, deux, trois...
Enfin chez soi !
Pas encore.
Une idée pour nous débarrasser de ces parasites ?
Braque !
- C'était quoi ? - Un piège à rat...
Format grenouille !
Tu peux pas aller plus vite ?
Le problème, c'est les lumières.
Les vers luisants guident les unicornes.
Je m'en occupe.
Désolé.
Je regarde pas.
Super.
À toi.
Attention !
Accroche-toi.
Pas moi, je t'en supplie.
Excuse-moi.
On a réussi !
Sauf qu'on ne voit plus rien.
J'ai fait un horrible cauchemar.
J'ai rêvé qu'Arthur était poursuivi par des insectes géants.
Archie ?
C'est toi, chérie ? Tu dors pas ?
Que se passe-t-il ?
Où est Arthur ?
Il est dans le jardin.
Tu lui as permis d'y retourner ?
C'est un vrai cauchemar !
Daisy !
Les minimoys sont vraiment en danger. Il n'y a que lui.
Il a refusé que j'y aille.
Il m'a dit de veiller sur toi.
Ce garçon est un ange.
Et ses parents ? Ils sont où ?
Rose ! Armand ! Que vous est-il arrivé ?
- Armand a pris un raccourci. - On a eu un accident.
- Avec une chèvre. - Un bélier.
Une petite chèvre.
C'était un animal.
Il a été blessé ?
Pas du tout, il a détruit ma voiture !
Ce n'est qu'une voiture. Tant que vous, ça va...
C'est vrai.
Mais quand même...
Quoi ?
Personne ne s'inquiète pour Arthur.
On a cru qu'il s'était transformé en loup-garou,
mais en fait il a disparu.
Je te laisse gérer.
Viens te rafraîchir.
- Tu peux recoudre ça ? - Bien sûr.
Allons discuter.
Pardon.
Je ne sais pas exactement où se trouve Arthur,
mais il connaît chaque recoin, il peut pas se perdre.
Je suis parfois dur...
mais c'est pour le protéger.
Il est mieux armé que les jeunes des villes.
Je sais qu'il est doué...
et je lui fais confiance.
Mais...
Mais ?
Il est encore
tout petit.
Ne vous inquiétez pas.
Demain...
il aura grandi.
Allons chercher votre voiture.
- Béta ? - Quoi ?
Tu sais où on est ?
Dans un cocon.
Comment on fait pour en sortir ?
Aux premiers rayons de soleil, il se réveillera.
- Et après ? - Il s'ouvrira et on va...
tomber !
Je hais les réveils brutaux.
Éjectés dehors sans petit déjeuner !
La maison !
On rentre d'abord chez moi.
C'est merveilleux !
Et absolument impossible à diriger !
Il n'en fait qu'à sa tête. Il n'ira jamais au village.
Comment on descend ?
Deux solutions. La 1 re, on attend qu'il se pose,
et la 2e, on...
saute !
C'est tout gluant.
Doucement. Plus tu bouges, plus ça colle.
Regarde !
T'es sourd ? Ne t'agite pas, j'ai dit.
Calme-toi.
Derrière toi.
Fastoche !
- Incroyable ! - C'est rien.
J'ai travaillé sur un élevage.
Les araignées jouent les méchantes, mais ce sont de vraies mauviettes.
Viens.
Monte.
Me dis pas que t'as peur.
Non, mais j'en ai jamais vu d'aussi grosse.
Pas de panique, c'est ma femme.
Elle voit des araignées partout.
Dans le lit. Énorme, avec plein de poils !
Elle me fixait avec ses gros yeux rouges !
Calme-toi. C'est toi qui as les yeux rouges.
Tu as mal dormi ?
Comment veux-tu que je dorme
quand ça grouille de bestioles ?
- Je vais jeter un coup d'œil. - Attention !
Je voudrais signaler...
Merci d'avoir appelé la police.
Veuillez ne pas quitter.
Je roulais sur mon gamoul quand une patrouille d'unicornes
m'a coupé la route alors que j'avais la priorité.
Et au village, on te croyait disparu
et on m'a appelé au secours ?
Non, j'étais parti le matin.
Personne ne se serait inquiété avant la nuit.
Ils étaient tous accaparés par ton banquet.
On ne m'a même pas vu partir.
Le message, alors ? À part toi, qui pouvait être en danger ?
Aucune idée, mais on va bientôt savoir.
Vous voulez quoi ?
Rentrer. Bétamèche, prince, palais. Ça te dit rien ?
Rentrer ? Je t'ai même pas vu sortir !
Tu vois ? Personne ne fait attention à moi.
Merci de nous avoir raccompagnés. File !
Viens.
Enfin...
chez moi !
Tu as de la chance d'avoir été absent.
- Tu as échappé au drame. - Quel genre de drame ?
Le banquet. Arthur a fait faux bond.
Un dîner de pleine lune !
Ton père était dans un état ! Et Sélénia,
elle croyait tellement en lui.
D'accord, il a changé depuis la dernière fois mais...
- Arthur ! - Lui-même.
Nom d'un bourdon ! Un miracle !
Comment ? Arthur est arrivé ? Bonté divine ! Vite !
Allez, Mogoth, lève-toi !
Debout ! On est partis !
Ma tenue de cérémonie !
Notre invité est là !
En avant !
Il se prend pour qui ? Mon buffet est fichu.
Les fleurs sont fanées, la rosée s'est évaporée.
Prosciutto, arrête de râler.
L'essentiel, c'est qu'il soit là sain et sauf.
Prépare-nous un petit casse-croûte.
Je ne pratique pas le fast-food. Je fais des chefs-d'œuvre culinaires.
Prépare-nous un chef-d'œuvre, alors. Tu as 5 minutes !
Picolo, va voir ce qui nous reste.
- Content de te voir. - Moi aussi.
- On était inquiets. - Excuse-moi.
- On a prié la déesse de la forêt. - Merci.
Ça suffit. On y va !
Mon enfant ! Quelle joie de te revoir !
Te voilà enfin !
- Serrons-nous la main. - Miro ! Laisse-le.
Mon jeune ami, que vous est-il arrivé ?
Hier soir, j'ai reçu un appel au secours sur un grain de riz.
Je vous ai cru en danger.
Un message sur un grain de riz ?
Voilà une drôle d'idée !
Si tu avais lu attentivement le Grand Livre, tu saurais
que nous écrivons sur des feuilles.
Je sais.
Une feuille pour chaque occasion. Chêne pour les lois.
Bouleau, le code du travail.
Chou, les faire-part de naissance.
Et feuille de charme pour les billets doux.
- Papa a toute une... - Tais-toi !
De toute façon, un message de détresse,
on l'aurait gravé sur une épine de pin.
Plus facile à transporter !
Mais continue ton histoire.
Juste avant l'ouverture du télescope, un nuage a masqué la lune.
Je suis donc passé par les lianes.
J'ai atterri chez Max,
puis j'ai vu Béta retenu prisonnier.
Mon fils ? Qu'as-tu encore fait ?
Refus de priorité.
Tu as un bracelet pour distinguer gauche et droite.
Je me rappelle jamais quel poignet...
Ça suffit !
Ensuite ?
On a pris une araignée jusqu'ici.
Tout est bien qui finit bien.
Que la fête commence !
Pression !
Je voudrais te présenter le seul, l'unique, Arthur !
Magnifique !
C'est de l'improvisé. Beau mais avec un goût de m...
rien !
Jeune prince, à toi l'honneur.
Fais-toi plaisir.
C'est très gentil,
mais ce qui me ferait plaisir, sire,
serait de partager ce moment avec la princesse.
Bien sûr ! Où ai-je la tête ?
Ma fille !
Où est-elle ?
Déçue que son prince ne vienne pas, elle s'est enfermée.
Miro, accompagne-le.
Merci, sire.
Sélénia ne vit plus au palais ?
Depuis votre rencontre, elle ne jure que par la liberté.
Mademoiselle tient beaucoup à son indépendance.
Comme toutes les jeunes filles aujourd'hui.
J'ai une surprise pour toi.
Où a-t-elle bien pu passer ?
Si c'était elle, le message ?
Elle est peut-être en danger.
Non, je l'ai vue il y a à peine quelques heures.
Ou peut-être a-t-elle oublié que je venais la voir.
T'oublier ? C'est la meilleure !
Je vais te raconter comment elle s'est préparée
après tant de lunes d'attente.
Hier, le soleil lui avait à peine caressé le visage
qu'elle était déjà debout.
Comme chaque matin, elle a fait sa toilette,
puis avalé en vitesse
sa purée de framboises sur noisettes fraîches.
Ensuite, elle a filé à son cours de chant.
- Elle veut être chanteuse ? - Pas du tout.
Sélénia aime les jolies paroles mais refuse que ses lèvres royales
en perdent le contrôle. À mon avis,
elle veut te faire une déclaration, sans être trahie par sa voix.
Tu m'as terriblement manqué.
Le rossignol est considéré comme notre meilleur prof de chant,
mais il est caractériel. Il a refusé de s'occuper de Sélénia.
Elle a dû lui fournir l'adresse très convoitée
d'un artisan éleveur d'asticots.
Quand elle est rentrée, elle avait tellement mal
que je lui ai fait une infusion pour ses cordes vocales.
La douleur passée, elle a fini par s'assoupir.
- Jusqu'au soir ? - Non, mon garçon, loin de là.
Elle est partie à la gym avec Gambetto, son coach.
Maestro Gambetto
est un scarabterus philanthropis,
cousin éloigné de la mante religieuse, bien qu'il renie
cette mangeuse d'homme.
Sélénia ne s'entraîne que rarement avec lui,
car il est plus souple de corps que d'esprit
et ses exercices sont excessivement difficiles à suivre.
Mais la princesse
s'était résolue à dominer chacun de ses muscles.
Puis elle a dormi ?
Mais à l'heure de t'accueillir à la salle des passages,
crois-moi, elle était prête.
Alors ?
Sublime !
Je sais.
Elle était resplendissante !
Elle avait choisi une très jolie robe
de pétales de roses cueillis par ses soins,
et un délicieux parfum de vanille.
Elle est arrivée à la salle avec une heure d'avance,
ce que le passeur lui a fait vertement remarquer.
Qu'est-ce qui te prend ? C'est trop tôt !
Elle s'est installée confortablement pour attendre son prince charmant.
Quelle heure est-il, mon bon Miro ?
Largement plus de minuit, sire.
De toute évidence, Arthur ne viendra pas cette fois.
Malheureusement, son prince n'est jamais venu.
Sélénia était si triste
que je n'ai trouvé aucun mot pour la consoler.
Elle est restée immobile pendant plusieurs heures.
Puis, elle s'est levée et a quitté le village,
en direction des grandes plaines.
Pour quoi faire ?
Sans doute pour confier son chagrin à la brise
afin qu'elle l'emporte au loin.
Voilà toute l'histoire, ou ce que j'en sais.
Si ce n'est pas Sélénia qui était en danger,
ni Bétamèche, ni le village,
qui a appelé au secours ?
Sélénia t'aidera sûrement à comprendre.
En espérant qu'elle revienne un jour.
Sélénia à la porte centrale !
C'est pas la peine de m'attendre.
Ouvrez la porte !
Maltazard !
Mon Dieu !
Quel plaisir de te revoir.
Plaisir non partagé.
Je sais, mais ne m'en veux pas. Ce collier que tu portes
symbolise notre appartenance au cercle de la nature,
cher cousin.
Entre cousins, entendons-nous donc.
Ma vie...
en échange de la sienne.
Silence !
Désolé. Il y a encore peu de temps,
je me serais laissé tenter, mais je vois plus grand désormais.
J'en ai assez de ce monde étriqué. Je vise plus haut.
Je vois plus large. Je veux être grand !
C'est donc vous, le message.
Vous saviez que je viendrais et que j'ouvrirais le passage,
vous laissant la possibilité
de rentrer à ma place et de redevenir grand.
Comme tu es perspicace !
Si j'avais les mains libres, j'applaudirais.
Je n'ai jamais rien entendu d'aussi diabolique.
Merci, ça n'a pas été facile.
J'ai dû déployer toute mon ingéniosité pour faire aboutir mon plan.
Après la défaite qu'Arthur m'a infligée,
j'ai longtemps erré dans les sous-sols
avec une seule idée en tête,
le retrouver et lui faire payer son insolence.
Le passeur de bulles m'avait indiqué un endroit
d'où je pouvais épier les habitants de la maison.
Le passeur avait raison. Très vite,
j'ai appris à connaître Daisy.
Elle m'a initié aux merveilles de ton monde,
dont la boîte fabuleuse qui fabrique du froid
et celle qui fabrique la chaleur.
Toute cette nourriture qu'elle trouvait je ne sais où !
Mais le plus étonnant, de loin,
c'était sa bonne humeur à toute épreuve.
Tout ce qu'elle fait, elle le fait avec amour,
ce qui m'échappe complètement.
Elle ne se servait de ses instruments de torture
que pour transformer de vulgaires légumes
en de somptueuses œuvres d'art.
C'était fascinant. Je pouvais rester là,
à la regarder pendant des heures.
Puis, j'ai rencontré ta mère.
Je n'avais jamais vu un spécimen
si singulièrement inadapté à son environnement.
Heureusement, ton grand-père,
le brave Archibald,
était là pour faire tourner la maison.
Je l'ai vu réparer la machine qui fait du feu,
celle qui fait du soleil
et celle qui fait de l'eau.
Tout cela a revigoré ma soif de conquête.
Le guerrier que je suis a retrouvé l'appétit.
Plus rien ni personne ne pouvait m'arrêter.
Pas même ton père et ses attaques ridicules.
Je suis à ce point pourri
que sa bombe m'a juste débarrassé de quelques parasites.
Mais il m'a fait prendre conscience
de ma seule faiblesse dans votre monde...
Ma taille !
C'est là que tu interviens. Il m'a suffi
d'attendre ton retour chez les minimoys,
afin d'utiliser le rayon au retour, comme tu l'as dit.
Découvrir la date a été facile. La cuisine est le centre névralgique.
Tout le monde y passe à un moment donné
et c'est l'endroit idéal pour écouter les conversations.
Ce sont les codes éternels de la nature.
J'ai été admis. Ce soir, il y a une grande fête.
- Super. - C'est la 10e lune.
Les minimoys m'ont préparé un festin.
Tout se déroulait parfaitement.
Je devais juste attendre ton départ,
puis, tout à coup, catastrophe !
Fais les valises, on s'en va.
Tout menaçait de s'écrouler.
L'idée de végéter 10 lunes de plus
dans ce placard m'était insupportable.
Il fallait trouver une astuce pour te faire désobéir.
Quoi de mieux que l'amour
pour pousser un garçon à la faute ?
Comment pouvait-il résister à un appel au secours de sa princesse,
en danger mortel ?
Alors, j'ai trouvé de quoi écrire
et j'ai moi-même gravé le message.
C'est absurde.
Nous écrivons uniquement sur des feuilles.
Il aurait fallu utiliser une épine de pin.
Mes excuses, mais il n'y en avait pas dans le placard !
Il suffisait de convaincre un messager
et de lui indiquer ta chambre.
Puis, je suis rentré par des passages secrets
que je suis seul à connaître.
Par bonheur, j'ai croisé
la charmante princesse
qui errait dans les plaines comme une âme en peine.
Voilà ! Vous savez toute l'histoire.
Et maintenant la suite...
Quelle heure est-il ?
Midi moins 5.
L'heure de gagner la salle des passages et de se dire adieu.
Arrêtez !
Quoi encore ?
Je souhaite passer par le télescope.
Encore un ? Qu'est-ce qui vous prend, tous ?
Après moi, tu seras tranquille.
Dis-moi, tu serais pas le petit Maltazard ?
Ça fait des lustres. Tu as drôlement grandi.
Et je n'ai pas fini de grandir.
Grandir, la belle affaire !
Tu ferais mieux de dormir.
Tu t'es vu dans la glace récemment ?
Tais-toi, vieux fou ! Ou ton sommeil sera éternel.
À vos ordres.
Un cran sur la droite pour le corps.
Essaie de le distraire, j'ai une idée.
Trouve-moi un truc à lancer.
Trop petit.
Trop grand.
Trois crans sur la gauche pour l'esprit.
Trop mignon.
- Vite ! - Je cherche.
Excusez-moi,
dans le monde des humains,
Sélénia ne sera qu'un fardeau pour vous.
Je n'ai aucune intention d'y emmener cette petite peste.
Là-haut, je trouverai des gens qui seront ravis de me servir.
Et un tour complet pour l'âme.
Incroyable !
Je n'ai rien touché. C'est votre télescope ?
- Oui. - C'est vrai ?
Vous savez que dedans il y a de petits... avec de grands...
Les minimoys.
Les mini quoi ?
Ce sont nos frères.
Vos frères ? Sans blague ? Votre mère mesurait combien ?
Notre mère est la nature.
Je comprends maintenant pourquoi vous êtes... et ils sont...
Le mécanicien.
Je reviens de suite.
En position !
Si Son Altesse veut bien embarquer.
Avec plaisir.
- Vite ! - J'arrive.
Reste tranquille.
- Tout de suite ! - Tiens !
C'est quoi, ce bruit ?
- C'est la transmission. - Non, dans la forêt.
Il faut compter une semaine.
Mon fils doit reprendre l'école et je dois trouver du travail.
Plus tôt, ce sera plus cher.
Demain. Votre prix sera le mien.
- N'importe quel prix ? - N'importe.
Marché conclu.
Mon prince, tu m'as encore sauvé la vie.
C'est ça, un prince.
- Où est Arthur ? - Je ne sais pas.
Quelque chose est sorti comme un obus,
mais pas Arthur. Ça a atterri dans la forêt.
Si ce n'est pas Arthur, qu'est-ce que c'est ?
M...
M. le maudit.
Un seul rocher, et il est pour moi !
Tu ne vas pas me manger ?
Si !
La première loi de la nature. Manger ou être mangé.
M. le maudit savait
qu'un appel au secours
inciterait Arthur à venir à la rescousse,
et que, le passage ouvert, il pourrait l'emprunter en sens inverse.
Il est parmi nous.
Et Arthur ? Où est-il ?
Il ne devrait pas tarder.
Mon Dieu !
Le passage est détruit.
Des chamallows !
Je sais que tu te caches quelque part.
Sors de là.
Papa commence à s'inquiéter.
Je ne suis pas fâché, je t'assure.
Tu ne seras pas puni.
Enfin !
Si tu sors maintenant, tu auras un paquet de chamallows.
Qu'en dis-tu ?
Un paquet de tendres petits chamallows qui fondent dans la bouche.
Je sais que tu es là. Sors.
C'est pour qui, les chamallows ?
Pour moi !
Je vous ramène un paquet plein.
Adaptation : Simon John
Sous-titrage : L.V.T. - Paris
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