All language subtitles for 1958 Les Grandes Familles

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Original subtitles

Voici Noël Schoudler.

Commandeur de la Légion d'honneur.

Président-directeur général des sucreries de Sonchelle.

Président-directeur général des mines de Zoa.

Président-directeur général de la banque Schoudler.

Et de la chaîne de journaux du même nom.

Vice-Président du Fonds monétaire international.

Où il vient de représenter la France !

Accueilli à sa descente d'avion par le secrétaire d'État aux finances.

Venue le saluait au nom du ministre.

Et lui apporter les condoléances du gouvernement.

Voici Adele Schoudler sa femme.

Née Adele de la Monnerie.

On trouve déjà un La Monnerie au côté de st Louis.

À la bataille de la Mansoura.

Depuis, la famille s'est illustrée à toutes les générations.

Adele Schoudler est présidente de la croix rouge française.

Et chevalier de la Légion d'honneur.

Voici François Schoudler leur fils,

Ancien élève de l'École polytechnique.

Chevalier de la Légion d'honneur.

Croix de guerre 39-45

Et sa femme, née Jacqueline Domaignac-Laval.

Et voici Jean Noël Schoudler, le petit-Fils,

Il a tout trouvé dans son berceau y compris la beauté,

Sa nurse est anglaise,

La voiture qui l'accompagne aussi

Voici le doyen de la famille.

L'aine des frères Babel, Gerard.

Marquis de La Monnerie

Ambassadeur de France officier de la Légion d'honneur.

Compagnon of Michel and Georges

Chevalier de l'ordre de Léopold,

Et chevaliers du Saint-Sépulcre.

Et son frère cadet Robert de La Monnerie.

Général de brigade, commandeur de la Légion d'honneur.

Il a fait depuis sa sortie de Saint-Cyr, il y a 40 ans.

Presque toutes les guerres de la France.

On parle malheureusement de le mettre à la retraite.

Cette jeune fille est Isabelle de la Monnerie,

Elle est orpheline, elle vit chez les shoudlers,

C'est la nièce pauvre.

Et maintenant les cousins riches.

Les frères Leroy de la banque Leroy, courtier en valeurs mobilières.

Le professeur Emile Lartois,

Le médecin et l'ami de la famille,

Officier de la Légion d'honneur.

Membre de l’Académie de médecine,

Membre de l’Académie royale de Belgique,

Membre de l’Académie royale de Suède,

Pas encore membre, hélas, de l’Académie française.

Simon Lachaume bras droit de Noël Schoudler.

Agrégé de l’université,

Ancien professeur d'anglais,

Chacun sait que cela mène à tout

Lui aussi,

Le cousin Maublanc Lucien, dit Lulu.

Le fils d'une la Monnerie, et d'un certain monsieur Maublanc.

Qui lui a légué son éducation déplorable,

Et son immense fortune,

C'est la honte de la famille.

Et maintenant voici sa gloire,

Le grand poète catholique, Jean de la Monnerie,

Grand officier de la Légion d'honneur.

Membre de l’Académie française

Pieusement décédé, le 15 mai 1958.

Muni des sacrements de l'Église.

Et de la bénédiction de sa Sainteté le pape pie XII.

C'est lui dont on célèbre ce matin.

En église Saint-Honoré d’Eylau.

Les funérailles officielles.

Fallait-il qu'en ces heures ou le crime et la violence submergent le monde ?

Fallait-il qu'en ces heures où l'agneau doit renaître ?

Fallait-il qu'un poète rendît son âme à Dieu ?

Ah ! Nouvelle funeste.

Au-delà de ses forces aux affligées.

De son pays meurtri.

C'est la chrétienté tout entière qui demeure.

Frappée de douloureuses stupeurs.

Jean de La Monnerie, n'est plus.

Devant l'ampleur de ce deuil,

Devant l’étendue de cette peine.

Comment ne pas évoquer un autre deuil néfaste ?

Une autre peine collective.

Qu'une grande voix proclamât en citant les paroles du prophète,

Le roi pleurera, le prince sera désolé.

Et les mains tomberont au peuple de douleurs et d’étonnement.

Oui, ce deuil est grand,

Oui, ce mort est glorieux.

À t’en jamais vu en effet conduisant l'un des siens, au seuil des ténèbres.

Escorte plus auguste.

Réunion plus illustre.

Assemblée plus puissante.

Puissance accordée par celui qui la détient toute.

À quelques-uns de ceux qu'il juge les plus dignes d'en user.

Terrible puissance de la richesse.

On frémit à l’idée de l'emploi qu'il pourrait en être fait.

Si elle ne reposait en des mains éclairées.

Et les grands de ce monde,

Ne doivent pas oublier l'embarras dans lequel Dieu les places.

Le lieu et la circonstance.

Seraient-ils mal choisis ?

Pour glorifier les prestiges de la fortune.

Je ne le pense pas.

Dieu a visiblement protégé cette grande famille.

C’était peut-être seulement.

Pour qu'en vertu des desseins impénétrables, de sa sainte volonté.

Un prince de l'industrie,

Un roi de la finance,

Veille au destin d'un poète.

Ce destin trois semaines qu'une brusque maladie.

N'oublie pas de demander pardon...

On suffit à autoriser le coup.

Qu'un des plus éminents médecins de ce temps.

éduquer jour et nuit avec conscience,

Un dévouement.

Une affection également admirable.

Rien n'y affecte,

La mort tenait sa proie.

Excusez-moi, j'avais des rendez-vous d'affaires.

Quel ignoble individu.

Laisse tomber, tu sais très bien qu'il n'a jamais su se conduire.

Il aurait pu au moins se mettre derrière.

Tu oublies sans doute que Jean est là.

S'il n'y était pas, je ne vois pas très bien ce qu'on ferait ici.

Jean de la Monnerie est aujourd'hui triomphant.

Et ravit d'un si juste triomphe.

Je citerai en action de grâces, ces beaux vers.

Qu'ils sont a hors des jours exaltants et qui le situent tout entier.

Mon coeur sonne avec vous.

Cloches des cathédrales.

Cloches de Notre-Dame.

De Lourde et de Lisieux.

Cloches de ma patrie.

Terrain de l’espérance.

Cloches de France.

Cloches de Dieu.

C'est ma tournée.

Alors pas trop fatigué.

Oh ! ça va.

Un peu abruti, je ne dors pas en avion, c'est nerveux...

Et toi !

Ce matin, j'ai même pas eu le temps de t'embrasser.

Mais tu as l'air en forme.

Ah, je le suis,

Vous me connaissez,

Plus je travaille, mieux je me porte.

Et pendant vos six semaines à New York, je me suis payé.

Et vous verrez, j'ai fait pas mal de choses.

Pas trop de dégâts, non !

J'ai pas l'impression.

Et parlez-moi de votre voyage !

Of ! Six heures de conférence par jour.

Huit heures de préparation, c'est tout ce qu'on peut en dire.

Jacqueline a parié que vous pousseriez jusqu’à Wall street,

Le goût du pèlerinage.

He ben, elle a perdu !

En matière de finance, je suis croyant, mais pas bigot !

Comment va-t-elle ?

Oh ! épuisée, elle a recommencé le tennis.

Et Jean Noël !

Epuisant, il est en train de tuer sa troisième nurse.

Le jour, il casse tout et la nuit, il tousse.

Il tousse, depuis combien de temps.

Depuis une semaine à peu près.

Et que dit le radiologue.

Voyons papa, on pose pas une radio pour un rhume.

Depuis quand es-tu médecin, toi !

Tu vas me faire le plaisir de le monter à Lartois aujourd'hui même.

Bon. et encore.

Lartois, ce n'est pas tellement sa spécialité.

Non, il faut voir Larmontier.

Mademoiselle.

Mademoiselle, voulez-vous appeler le professeur Larmontier.

Prendre un rendez-vous pour Jean Noël.

Pour demain au plus tard.

Dites-lui bien, qu'il s'agit de mon petit-fils.

Et passez-moi la bourse. Bien monsieur.

Bon moi, je me change et je suis au journal.

Je n'ai pas le temps de déjeuner, il faut que je voie la mise en page.

Si tu crois que Muller t'aura attendu.

Vous savez Muller ne fait plus grand chose dans la maison.

Tiens !

Oui, il est gentil !

Mais ses mises en page datent d'avant-guerre.

Alors, je l'ai mis sur la voie de garage.

Il a d'ailleurs l'air de s'y plaire.

Il est à l'âge où l'en débride.

La bourse monsieur.

Passez-moi Lachaume !

Schoudler.

Bonjour mon petit Simon..

Très bien merci,..

Comment a-t-on ouvert ce matin ?

Les mines...Bien.

Et à part ça, tendance générale.

Vous devriez vous reposer un instant ma mère.

Vous êtes debout depuis sept heures.

Je n'ai surtout pas fermé l'oeil de la nuit.

Je n’aime pas savoir Noël en avion.

C'est stupide, mais je n'ai jamais pu m'habituer.

Oh ! mon père merci.

Merci, ce que vous avez dit en chaire m’a bouleversé.

Vous avez eu à mon égard des mots d'une indulgence.

Des mots qui venaient du coeur mon cher professeur.

Qui venaient donc aisément.

Vous aviez été pour notre illustre malade beaucoup plus qu'un médecin.

Je l'aimais beaucoup et c’était, je crois réciproque.

Ah ! voyez-vous.

Je déplore pour sa mémoire.

Que vous n'ayez pu mentionner sa pensée dernière, son ultime voeu.

Son ultime voeu ! Oui.

Quand il s'est senti mourir, il n'a pas eu un cri, pas une plainte.

Il m'a seulement fait signe d'approcher.

Et il m'a glissé dans son dernier souffle.

Emile !

Je veux que ce soit toi qui me succèdes à l’académie !

Sublime désintéressement, il est là tout entier !

Ah !

Et quelle lucidité en ses derniers instants.

Mon cher professeur désormais.

Vous ne pourrez plus vous dérober, votre devoir est tout tracé.

Le croyez-vous vraiment ?

Voyons mon ami, le vœu d'un mourant.

évidemment.

évidemment, vu sous cet angle.

Ah ! Ma pauvre Adele.

J'ai cru ne pas pouvoir venir jusqu'ici.

La colère m’étouffe.

Qu'est-ce qui se passe ? comment qu'est-ce qui se passe ?

Le scandale, ce matin à l’église, ça ne te suffit pas !

Ah ! l'horrible voyou.

Tu sais bien que Lucien est fou. Pas fou du tout.

Au contraire, au contraire,

La preuve.

Il sait que de par mes hautes fonctions, je suis le plus vulnérable.

Et c'est moi qu'il vise...

Car c'est moi qu'il vise.

Je parle de l'affreux Maublanc,

Jusqu'alors,

Chaque fois qu'il faisait l'acrobate.

On disait c'est le cousin de la Monnerie,

Cela voulait dire le cousin de Jean, bien entendu.

Maintenant, ça va vouloir dire le mien.

Car désormais vous allez voir,

Ce saligot va devenir mon cousin à part entière,

Forcement !

Depuis la mort de Jean,

C'est moi le plus célèbre de la famille.

Moi le plus ancien.

Vous avez l'air bien énervé Robert !

ça vous étonne, il ne sait pas.

Eh bien, apprenez Emile.

Que les golios du ministère ont décidé de me mettre à la retraite.

Oui comme ça.

Sans explication, soi-disant la limite d'âge.

Allons donc.

Comme j'ai l'honneur de vous le dire.

Nous sommes menés par des gamins.

état de service.

équitation, l’expérience.

Tout ça ne compte plus.

C'est l’époque du parachute.

Je vais pourtant pas me jeter de huit cents mètres pour leur faire plaisir.

Ah ! ça je te le défends bien.

Dites-moi, Mademoiselle.

Il y a longtemps que nous paraissons avec ce nouveau bandeau.

Les trois derniers numéros, Monsieur.

Je ne l'ai pas fait suivre puisque vous rentriez.

J'ai pensé que c’était inutile.

Bon merci.

Mademoiselle.

Rappelez la bourse et dites à M. Lachaume.

Que je désire le voir ici avant d'aller au journal.

Bien monsieur.

Tiens ! c'est vrai, tu n’étais pas à l'enterrement, toi.

Qu'est-ce qu'il y a, ça va pas ?

Oncle Noël, ça ne va pas !

Quand le soulèvement éclatait, moi je leur ai dit !

On en tue cent mille au hasard, en 24 heures tout est terminé.

Cent mille, c'est pourtant raisonnable.

Qu'est-ce que tu as fait ? Ce n'est rien madame.

Pense donc ma chère Adele.

Que la semaine dernière encore au ministère, j'ai vue...

Dites-moi, je viens de voir Isabelle.

Elle est souffrante ! Qu'est-ce qu'elle a ?

Rien, rien.

Vous croyez pas qu'il serait bon de la faire examiner, non !

Rassurez-vous c'est fait !

Nous parlions d'Isabelle.

Ah oui, petite déficience d'ordre général.

Rien d'anormal en tout cas rien de grave.

Noël, tu sais ce qu'on fait ! Mise à la retraite mon cher.

Eh ben !

Justement besoin de quelqu'un pour un conseil d'administration délicat.

L’expérience d'un général de division me sera précieuse.

Le divisionnaire penses-tu !

Brigadier oui !

Ces cochons-là me cisaillent ma troisième étoile.

Au fait Emile.

Je n'ai pas eu le temps de te remercier, de tout ce que tu as fait pour Jean.

Je lui devais bien ça, tu sais, quelle amitié, il avait pour moi.

Je répétais tout à l'heure ces dernières paroles au père de Grand-Village.

Figure-toi.

Et tu ne dis rien toi.

C'est tout l'effet que ça te fait.

Tu trouves normal qu'on me congédie comme un domestique.

Mais non, voyons, tu penses bien.

Tu disais donc que Jean.

Oui, ces dernières paroles, tu les ignores probablement.

Il m'a dit et cela dans son dernier souffle.

Ah ! ça tout le monde s'en fout.

Trente ans de compagne.

Le soleil d'Afrique.

Le marais tonkinois, les chutes de cheval.

Du moment qu'on saute pas en parachute, pas d'intérêt.

Seulement permet moi de te dire qu'avec les relations que tu as.

Et avec les impôts que tu payes.

Oh ! Mais, remarque.

Je n'ai besoin de personne.

Je les aurais tous à ma botte, quand je voudrais.

Alors dans son dernier souffle, Jean a dit.

Il m'a dit Emile, je te lègue mon fauteuil.

Lequel ?

à l’académie, voyons !

Tu avais mis combien sur l'affaire !

Noël, tu ne respectes rien !

Si l’amitié, et tu le sais bien !

Madame est servie.

Rien de grave, moi je veux bien.

Lartois est toujours optimiste.

J'ai vu la mine d'Isabelle.

Je vous en prie ... Quoi ?

Mon cher ami, elle est enceinte...

...mon père.

Si monsieur veut bien me suivre.

Content de vous revoir mon petit Lachaume.

Asseyez-vous quelque part !

Moi aussi monsieur très content.

Je suis peut-être un peu en avance.

Non. C'est moi qui suis en retard.

Mon beau-frère était en train de m'expliquer l'Amérique...

Il n'y a jamais été, c'est sa force.

Bon et nous, quoi de neuf ?

..La bourse.

ça va encore baisser d'un point depuis tout à l'heure.

Et les mines en ce moment.

Oh, c'est passager, il faut soutenir, asseyez-vous.

Votre fils lui pense qu'on ferait mieux de s'en débarrasser tout de suite.

Bazarder Zoa, c'est une idée, ça tient.

Il en est, beaucoup comme ça.

Je crois savoir qu'il est également partisan d'une amélioration des locaux de la banque.

Moi je lui ai conseillé d'attendre votre retour pour vous en parler mais.

Je pense qu'il envisage notamment au premier étage.

Des transformations assez révolutionnaires.

Une architecture plus.

Comment a-t-il dit, oui, plus fonctionnelle.

Fonctionnelle. Oui.

D'ailleurs, je ne vous ai pas fait venir pour vous parler de ça, mais du journal.

Qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce que c'est ce nouveau bandeau ?

Qu'est-ce que c'est ce limogeage de Muller ?

C'est, comment dirais-je !

Ce sont les premiers pas vers ce que nous pourrions appeler.

Une évolution par paliers.

Et parce que depuis quelque temps au journal.

Le mot d'ordre est la nouvelle vague.

Ah oui.

Notez bien que ce projet comporte d'excellentes idées.

Ce François est loin d’être sot.

Peut-être un peu trop de vivacité.

Ou pour employer un mot à lui un peu trop de punch.

Qu'est-ce que c'est ce projet ?

Des aménagements détails.

Une mise en page plus aérée.

Une page magazine.

Une extension de la rubrique sportive.

Je ne tenais pas beaucoup à vous montrer ça, mais enfin.

Quelque chose dans le genre-là.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Une simple maquette, mais enfin tout de même, assez poussée, assez précise.

Je vois.

Il y a de bonnes choses de très bonnes choses.

Et au journal beaucoup sont très chauds.

François demandait son avis à chacun.

Pendant qu'il y était, il aurait pu me demander le mien.

Trouvez pas.

Après tout un plan de rajeunissement, je suis le premier intéressé, non.

Pendant qu'il jouait avec mon journal.

Ces messieurs, on peut-être l'intention que je prenne le cerceau.

Bonjour, Monsieur, pas trop fatigué par le voyage.

Non ! ça va et vous !

Content de vous voir mon vieux. oh! moi aussi, Monsieur.

Vous ne trouvez pas ça idiot...

Non.

Il faudra un type qui parle, en tout cas avec le mot poète.

Pourquoi pas le nom, la Monnerie, ça fait plaisir à ta mère, tu permets.

L'article est de vous mademoiselle. oui monsieur.

Bon, alors information capitale, prenez.

Les dernières paroles de Jean de La Monnerie.

Ont été pour le professeur Lartois.

Il lui a dit, je veux.

Que ce soit vous, qui me succédiez à l’académie.

Faites-moi une petite sauce autour de ça.

Dans le genre testament spirituel.

Vous savez que l'article est déjà en forme.

Alors, on fera ça en encadré.

Là, mademoiselle.

En précisant bien les titres du professeur Lartois.

Tenez Muller.

Je m'occupe de ça.

François reste, veux-tu !

Vous voulez me parler du nouveau bandeau.

Alors, qu'est-ce que vous en pensez !

Techniquement je n'ai rien à lui reprocher.

Mais il est toujours dangereux de changer de marque de fabrique.

L'oeil du lecteur s'est habitué.

L'oeil s'habitue à tous.

Il y a vingt ans les dessins de Picasso vous faisaient hurler.

Aujourd'hui on se les arrache.

Oh certainement.

Mais si nous ne vendions pas plus d'exemplaires que Picasso vend de tableaux.

à combien a t-on tiré hier ?

Huit cent mille, monsieur.

Tu saisis la différence.

Je peux vous assurer que ces lecteurs iront en diminuant.

Si nous restons dans notre formule actuelle.

Tout est désuet, périmé.

Et qu'aujourd'hui les gens n'ont plus le temps de lire.

Ce qu'il faut c'est des titres courts, des photos chocs.

Le genre là, par exemple !

M. François, on vous demande à l'imprimerie.

Passez la communication à Muller.

J'aurais préféré vous parler de ce projet le premier.

Mais, puisque c'est déjà fait.

Et naturellement ça vous plaît pas !

Dans l'ensemble non.

Mais certaines idées sont peut-être à garder.

L’éditorial ici par exemple, ce, n'est pas mal.

Mais la page magazine.

Elle est indispensable.

C'est justement le manque de photos qui donne au journal son cote rébarbatif.

Parce que tu le trouves rébarbatif.

Je le trouve emmerdant.

Figurez-vous, je suis pas le seul de cet avis.

Personne ici n'ose vous le dire.

D'ailleurs personne n'ose jamais rien vous dire.

Mais tout le monde pense comme moi, nous avons dix ans de retard.

Je n'avais pas remarqué.

Parce que pour vous le journal fait partie d'une routine.

Vous l'avez créez une fois pour toute, et vous estimez tout va bien comme ça.

Puis-je vous parler franchement.

La question est un peu tardive.

Mais c'est gentil d'y penser.

Vas-y.

Vous vous occupez de trop de choses papa.

La bourse, la banque, les sucreries, le journal.

Vous n'avez plus vingt ans.

Votre vitalité reste extraordinaire.

Mais vous ne pouvais plus avoir l’œil à tout.

Vos activités financières.

Réclament de la concentration, du sang-froid, c'est parfait.

Mais une chaîne de journaux exige d'autres qualités.

De l'audace, de l'allant.

Du punch.

Parfaitement.

Tenez je suis convaincu qu'en adoptant cette formule.

Nous accrochons en un mois cent mille nouveaux lecteurs.

Et nous en perdons par la même occasion deux cent mille anciens.

As-tu pensé à ça !

Demandez aux rédacteurs leur avis.

Je vous dis pas de demander celui de Simon.

Puisque je connais le vôtre.

M. François on vous demande au M A F.

Il y va.

Je jette un coup d’œil sur les morasses et je file.

Réunion au syndicat vous ne venez pas.

Pour que tu dises encore que je m'occupe de tout !

Non tu vois la bourse la banque les sucres et le journal me suffisent.

Je te laisse le syndicat, allez, va !

Dites-moi mon petit Simon.

Avant de partir, je vous avais laissé certaines directives !

Vous ne m'aviez pas laissé la direction, monsieur !

Vous savez très bien que dans mes affaires.

Mon fils n'a aucune prépondérance sur vous.

Si monsieur une seule, il s'appelle Schoudler.

Quand ils sera le patron, il fera ce qu'il voudra pour l'instant, c'est moi.

à partir d'aujourd'hui.

Vous êtes mon fondé de pouvoir, en titre.

Bien monsieur.

Monsieur Maublanc demande si monsieur François peut le recevoir.

Tiens, qu'est-ce qu'il vient faire ici celui-là.

Faites-le monter.

Je vous laisse. vous dînez avec moi.

Ce soir !

Oui, Rousseau tient absolument à avoir mes impressions sur mon voyage à New York.

Alors, venez.

Un dîner avec le ministre des Finances.

ça vous amusera plus que moi.

Certainement, à tout à l'heure monsieur.

à tout à l'heure.

Tiens, c'est toi !

Tu me croyais à la retraite.

Je l’espérais sans y croire.

Excuse-moi, mais depuis que je ne fume plus.

J'ai plus de cigarettes sur moi.

Mon cher cousin.

Je suis positivement enchanté de tomber sur toi !

Ça m'évitera de te faire à domicile ma visite de condoléances...

Crois-tu !

Ce pauvre Jean...

Quelle perte...

Le Général lui-même en était bien frappé...

Je l'avais pas vu dans cet état-là depuis juin quarante...

Quand il avait perdu sa cantine !...

Toi par contre tu as une mine superbe, tu rajeunis.

Merci, François n'est pas là, mais si je peux le remplacer.

Tu peux, tu peux.

Je voulais seulement lui demander un petit service d'ordre journalistique.

Enfin, il vaut mieux s'adresser au bon Dieu.

Si j'ose m'exprimer ainsi.

Le bon dieu t’écoute. Bon.

Alors, je n'irais pas par quatre chemins.

Il s'agit.

De cette jeune personne.

Sylvaine Dual.

Artiste dramatique.

Actuellement, au Palais-Royal.

D'ici un an.

... date française, bien sûr...enfin, si tout va bien.

Bien sûr, je réponds d'elle comme de moi-même.

Intelligente, sensible, excellente éducation.

Et du sens moral.

Je pense bien, elle allait même à l’église.

Tu vois, enfin.

Cette petite serait si contente.

Si la presse parlait un peu d'elle.

Elle a une générale dans trois jours.

Et comme, j'ai eu le malheur de lui dire que nous avions des journaux dans la famille.

Tu sais ce que c'est !

Non !

Oui, bien sûr, bon bref.

Voila ce que j’étais venu demander à François.

Dommage que tu sois tombé sur moi, lui t'aurait sûrement accordé !

Tandis que toi tu vas me le refuser !

Oui.

Je te le refuse pour deux raisons.

D'abord parce que mon journal n'est pas un claque.

Ensuite parce que.

ça me procure l'occasion de te rappeler à certaines convenances.

Merci.

étant donné nos liens de parenté.

Et l'affection que j'ai pour toi.

Voilà bientôt trente ans que je supporte tes excentricités.

Mais celles de ce matin ont passé les bornes.

Mais, qu'est-ce que j'ai fait de mal !

Cette petite avait envie de voir un grand enterrement.

Bien sûr, toi, tu es blasé.

Mais elle.

Elle a encore des plaisirs simples.

On ne peut pas lui refuser ça.

D'autant plus que.

Amener une jolie femme aux funérailles de Jean.

Ce n'est peut-être, après tout qu'un rappel délicat.

Car reconnais que.

Entre ses sons air Sainte-Blandine.

Et ses odes à la France.

Notre admirable poète.

Prenait le temps d’être un polisson.

Comme toi et moi.

Tu es bien aimable, même t'ayant jamais associé à mes affaires.

Je te serai reconnaissant de ne pas m’associer aux tiennes.

Oh ! oh, que tu peux être susceptible...

Alors.

Tu me le rends ce petit service !

Non.

C'est tout de même incroyable.

Girard veut, un poste à Rome, tu le lui fais avoir.

Robert a une sale histoire à Saïgon.

Tu arranges le coup.

Canet digne une charte d'agent de change.

Tu la lui offres, c'est pourtant un étranger Canet.

Tout le monde a droit à la magnificence Shoudler tout le monde sauf moi.

Nous sommes pourtant de la même famille.

Nous ne donnons pas le même sens à ce mot.

Ah ! voilà !

Nous avons de l'argent tous les deux.

Toi tu représentes le patronat, moi le capitalisme.

Nous votons à droite, toi, c'est pour préserver la famille.

Moi, c'est pour écraser l'ouvrier.

Dix couples chez toi, c'est une réception...

Chez moi, c'est une partouze !

Et le lendemain, si nous avons des boutons.

Toi, c'est le homard, moi, c'est la vérole !

Tiens... même la guerre...

Nous ne l'avons faite ni l'un, ni l'autre...

Eh bien !

Toi, tu représentes le Héros de l'intérieur...

Et moi, le planqué !

Non... Avoue que tout ça est bourré d'injustice...

Mon cher Lucien, je suis ravi de t'avoir revu...

Maintenant, si tu veux bien me laisser travailler...

Ah... Travailler... Hum...

Ah, j'attendais ça...

Le maître-mot !...

L'explication de tout...

Voilà quarante ans que tu travailles et que je ne fais rien !

Que tu gagnes de l'argent et que j'en dépense...

Que tu collectionnes les présidences... et moi les aventures...

Vous me haïssez parce que je m'amuse.

Vous me haïssez.

Et moi je vous emmerde.

ça, c'est bien vrai !

Non, mais attend.

Le coût de ce matin à l’église.

N’était qu'un hors d'œuvre.

Je peux faire mieux, beaucoup mieux.

Jusqu’à ce que vous ayez envie de me tuer,

Seulement mon cher cousin, si tu fais ça.

On te mettra en taule, et alors.

Plus de Légion d'honneur, plus de banques, plus de su suc.

Mademoiselle voulez-vous venir avec un bloc.

Monsieur veut nous faire ça à l'intimidation.

Prenez.

Cher monsieur.

Ou plutôt non, simplement, monsieur.

Votre projet d'article.

A été soumis à l'examen.

De notre conseil de rédaction.

Les documents, fournis par vous.

Et que vous trouverez ci-joint.

Ayant été jugés licencieux.

Nous sommes au regret.

De ne pouvoir donner suite à votre requête.

Vous joindrez les pièces.

Et vous adresserez le tout.

à monsieur Lucien Maublanc, avenu du Parc Monceau.

Bien sûr, mon cher président, bien sûr.

Mais quand les industriels vont sur la foi d'un programme.

Investis leurs capitaux dans des sociétés mixtes.

Moi je sais en tant que ministre des Finances.

C'est moi qu'on prend pour responsable.

Mais la G R a aussi son mot à dire.

Je vous en parle en tant qu'ami.

Je sais que vous êtes de nos amis.

De nos amis de toujours.

Mais un ami parfois cruel !

Vous avez à Paris France un caricaturiste qui exagère !

Je sais bien que je ne suis pas très grand.

Mais me représenter sous les traits d'un basset tout de même !

Nous avons reçu des lettres de protestation, d'ailleurs !

Non !

Si, si, si, n'est-ce pas Lachaume.

Oui.

Vous avez l'opinion derrière vous, mon cher.

Même mon beau-frère la Monnerie, le général.

Et Dieu sait qu'en ce moment, il ne porte pas les ministres dans son cœur.

Vous pensez, on le met à la retraite dans sa troisième étoile.

Je trouve ça c'est curieux.

Curieux, scandaleux oui...Cynique.

Le général de la Monnerie a des états de services prestigieux.

Disons honorable.

Enfin.

Si vous avez l'occasion de toucher un mot à Tavernier.

Comptez sur moi.

Doit-on, réveiller monsieur à huit heures.

Mais bien sûr.

Je conteste pas ce qu'il a été, mais je juge ce qu'il est.

Un homme usé, sans passion, sans enthousiasme.

Justement, à cet âge-là on passe la main.

Tiens, cet après-midi, quand il a vu ma maquette.

Crois-tu qu'il a compris, penses-tu !

Ou plutôt, il a fait semblant de ne pas comprendre.

Parce que l’idée n’était pas de lui.

Tout ce qui ne vient pas de lui est sujet à caution.

Moi j'en ai plein le dos.

Et cette fois-ci, je me suis pas gêné.

Je lui ai dit ce que je pensai de ses méthodes.

Je lui ai dit mon opinion sur le journal.

Et par la même occasion je lui ai dit que...

Tu a dit quoi !

Tu lui a dit quoi !

Comme je suppose que vous venez d’écouter.

C'est même la deuxième fois de la journée.

Car cet après-midi aussi je t'ai écouté.

Gentiment, sagement parce que nous n’étions pas seuls.

Ne me dites pas que Lachaume vous gênait !

Il est toujours gênant, devant les étrangers, de traiter son fils de morveux...

Oui, de morveux !...

Je ne vous permets pas !

Tu n'as rien à me permettre !... Ni à mon journal, ni chez moi !

Pour permettre, y faut pouvoir interdire, y faut être le patron !

Et le patron, c'est moi !

N'oublie pas que t'es le fils Schoudler, un point, c'est tout !

Tout ce que tu as, était dans ton berceau.

Et tout ce que tu es, c'est moi qui l'ai payé ! Car j'ai tout payé!

Y compris ta sortie de Polytechnique, ta légion d'Honneur et ta femme !

Mon Père, je vous en prie !

Quoi, mon Père !

Je sais que vous l'aimez et qu'il vous aime.

Mais est-ce que Jacqueline Domaignac-Laval aurait épousé le fils d'un balayeur !

... Hein !... Non ! Alors!

C'est comme ta guerre, je ne dis pas que tu l'aies pas faite...

C'est heureux !

Oui, mais tu l'as faite dans un escadron de fils d'archevêques!

... Avec des bottes payées par Papa !

Ah, non ! Ça suffit !

... Ma blessure aussi, c'est peut-être vous qui l'avez payé !

... Il est vrai que vous auriez sans doute été prêt à le faire

En quarante-quatre, un héros dans la famille, c'était pas du luxe !

Un héros ! Mais il y croit, ma parole ! Mais il y croit!

Dis-toi bien que si j'avais eu besoin d'un héros, comme tu le laisses entendre...

J'en aurais fabriqué un qui soit plus représentatif !...

Un de ceux qui flattent les familles et qui n'emmerdent personne !

... Un faux !

Vous ne trouvez pas que cette forme de cynisme un peu écoeurant !

Quand mon fils, vous, disait tout à l'heure si plaisamment.

Que j’étais un homme use un sénile.

Vous aviez le coeur mieux accroché, hein !

Bonsoir.

J'ai entendu crier, que se passe-t-il ?

Rien.

Tu paraissais en colère.

Au fait, qu'est-ce que c'est, cette histoire d'Isabelle.

Depuis quand est-elle enceinte !

Un peu plus de deux mois. De qui ?

Elle refuse de dire le nom du père.

Un homme marié paraît-il !

Si vous arrivez à en savoir plus.

Oh ! ça ne va pas être long.

Qu'est-ce que c'est ?

Qu'est-ce qu'il y a oncle Noël !

Isabelle ta tante vient de me parler.

Que tu te sois fait faire un enfant, c'est ton affaire.

Que tu veuilles le garder, c'est ton droit, tu es majeure.

Mais pour la forme j'aimerais savoir qui remerciait, figure-toi !

à quoi bon compliquer les choses.

Il n'est pas libre et ne le sera jamais.

Sa femme refusait le divorce.

Isabelle, du moment que je veux savoir son nom, je le saurai.

Il faudra que tu me le dises maintenant ou plus tard.

Alors débarrasses-t-en !

Eh bien, j’écoute !

Je ne crois pas que ce nom vous fasse plaisir !

Ah ! parce que en plus c'est quelqu'un de mon entourage !

C'est pas François au moins !

C'est François !

C'est Simon. Lachaume !

Oui.

Eh ben, celui-là !

Alors, elle vous l'a dit.

Non, elle est têtue comme une mule.

Alors, Aigle noir a dit aux comanches.

Les blancs sont nos amis, et puis il est remonté à cheval.

Comment se fait-il qu'il soit déjà habillé !

Vous l'emmenez chez le radiologue ce matin.

Vous dites !

You taking him to the doctor in this morning.

Je pense qu'on va l'emmener à Chantilly.

Dis, qu'est-ce qu'il a fait l'aigle noir ?

Eh bien, je crois qu'il a été nommé chef des Indiens, quelque chose comme ça.

Hein, voilà pourquoi vous lui interdisez la télévision.

C'est pour pouvoir lui raconter Aigle noir vous-même.

If you ready.

Les enfants sont à Chantilly.

J'y conduis Jean Noël.

J'ignore ce qui s'est passé, mais vous avez sûrement tort tous les deux.

Alors, faites en semblant de vous faire des excuses.

Et n'en parlant plus.

Mais je ne suis pas contre des excuses.

Je suis même prêt à en recevoir.

Bonjour monsieur. bonjour.

Mon cher, Lachaume.

Afin de rappeler à un certain nombre de personnes d'abord.

Je suis revenu.

Ensuite que ce n'est pas moi, que l'on enterre hier.

J'ai été amené à prendre plusieurs décisions.

Asseyez-vous.

Premièrement.

Mon fils m'ayant taxé cette nuit de gâtisme et de sénilité.

Est suspendu jusqu’à nouvel avis de toute activité dans mes affaires.

Deuxièmement.

Monsieur Lucien Maublanc.

Ayant cru bon de venir rallier dans mon propre bureau la puissance Schoudler.

J'ai l'intention de lui en montrer le poids aujourd'hui même.

Monsieur Lucien Maublanc semble tenir beaucoup.

à une jeune personne de théâtre.

Et cette jeune personne, semble elle.

Tenir beaucoup à l'opinion de la presse.

Vous me suivez.

J'aimerais bien que cette question soit réglée, le plus vite possible.

Troisièmement.

Non contente de s’être fait faire un enfant.

Alors qu'elle vit sous mon toit.

Ma nièce Isabelle.

Refuse de dire le nom de l'homme marié à qui nous devons ce cadeau.

Et comme j'ai la ferme intention de casser les reins à ce monsieur.

Je vous charge et je m'en excuse.

De ce petit travail de police.

Bien monsieur !

Voilà mon petit Simon, vous avez du pain sur la planche.

Je vous ai apporté le courrier.

Merci, je vais lire ça.

Monsieur pour...

Pour Isabelle, c'est moi, Monsieur.

Vous revenez de loin Lachaume.

De très loin.

Si, vous aviez passé la porte sans rien dire.

Vous l'auriez passé définitivement.

Et vous ne l'auriez pas volé.

Vous êtes marié à l’église, n'est-ce pas ?

Mais oui, Monsieur.

Dommage !

Je me demande ce qui vient de vous sauver.

Si c'est la franchise ou l'intelligence.

Hum !

Allez !

Simon.

Monsieur.

Tout compte fait.

Sans vouloir vous flatter, je crois que c'est l'intelligence.

C'est monsieur mademoiselle. faites le entré.

Excusez-moi de vous recevoir comme ça.

J'essayai mon costume de la scène d'amour.

Mademoiselle Sylvaine de hall, monsieur Simon Lachaume.

C'est moi mademoiselle qui ait pris la liberté de déranger votre imprésario.

Il fallait que je vous voie très vite.

J'aurai dû être occupé.

Monsieur Lachaume est administrateur de Paris France.

Et d'une chaîne d'hebdomadaires.

Asseyez-vous, je vous en prie, voulez-vous boire quelque chose.

J'aimerais surtout chère Mademoiselle.

Ne pas trop m'attarder ici.

J'ai déjà beaucoup hésité à vous rendre visite chez monsieur Maublanc.

Oh ! Mais chez Lulu, c'est chez moi.

C'est provisoirement très provisoirement.

Il me serait particulièrement désagréable.

Que ce monsieur me trouvât chez lui.

L'ayant mis hier à la porte de mon bureau.

Quoi ? Oui, oui.

Il m'avait apporté ces photographies que je vous restitue.

Vous ne les trouvez pas bonne.

Ravissantes, ravissantes, mais irrecevables.

D'ailleurs pour nous.

Tout ce qui vient de monsieur Maublanc est irrecevable.

Pourtant, Lulu m'avait dit.

Cesse, je t'en prie, de dire Lulu en parlant de ce saligaud !

Quand je pense à ce qu'il a failli nous coûter !

Oh, mon pauvre petit...

Mais en couchant avec ce monsieur.

Sais-tu ce que nous faisions !

Nous nous mettions la presse à dos ! Tout simplement...

Et à deux jours d'une générale!

Et pour les journalistes.

Tu n'étais plus l'admirable actrice que Paris adore...

Elle a un talent fou ! J'en suis sûr.

Mais la maîtresse entretenue d'un maniaque notoire!

Maniaque ?

Il n'a jamais essayé de vous entraîner à des enterrements !

Si, enfin, celui de son cousin, le poète.

Hum-Hum..

Et vous le connaissiez, le poète ?

Non.

Alors ?

Et ce n'était qu'un premier pas !...

Nous aurions fini par ne plus faire l'amour.

Qu'entre Bagneux et le Père-Lachaise !...

En attendant les Catacombes !

Je vous en prie cher monsieur, je vous en prie.

Et croyez-vous que ce soit pour une jeune comédienne.

Une publicité souhaitable.

Mais j'ai rien fait, moi !

Mais bien sûr mon petit rien du tout.

Seulement, vous savez comment sont les gens.

Ils ont vite brodé.

Dis-moi qui tu fréquentes qui se ressemble s'assemble cetera, et cetera.

C'est d'autant plus regrettable que nous envisagions pour vous.

Indépendamment de l'article avec photo dans Paris France.

Un reportage.

Très important dans un de nos hebdomadaires.

Enfin, réfléchissez !

C'est tout réfléchi.

Alors, je prends celle-ci au cas où nous tomberions d'accord.

Mes hommages Mademoiselle. je vous accompagne.

C'est drôle ce que vous m'avez dit.

Il avait pourtant l'air normal Lulu.

Oui, nous avons tous l'air normal.

Enfin, téléphonez-moi au plus vite votre décision.

Hum ! Il a mon numéro et il déjeune chez moi.

Par contre.

Je dîne seul.

Si vous êtes libre.

Nous pourrions... je ne sais pas.

Bavarder un peu de ce reportage, hum !

Après la répétition peut-être, j'aimerais devenir votre ami.

Mais, bien sûr. je vous appellerai promis.

Je me demande ce que je vais faire avec Maublanc.

Je ne le verrai pas avant ce soir, il passe la journée à Chantilly.

à chantilly, ça c'est amusant, tiens.

J'ai beaucoup d'amis là-bas,..Vous savez chez qui !

Chez un de ses neveux, un déjeuner d'affaires.

Hum ! Merci.

à tout à l'heure au téléphone.

Peut-être à ce soir.

à que tu te sois engueulé avec ton père, ça je comprends ça très bien.

Depuis trente ans, je ne fais que ça.

Tu veux fonder ton propre journal, je comprends ça aussi.

Mais une question,

avec quoi ?

Après ce que vous vous êtes dit,

Je pense que le vieux crocodile,

N'est pas prês de te commanditer.

Ah ! mais j'ai pas du tout l'intention de le lui demander.

Ah bon ! Non

Et puis, d'ailleurs un journal.

Coûte moins cher qu'on ne le pense généralement.

Pour le démarrage, combien pensez-vous.

Moi, tu sais les chiffres.

Cinq cents millions.

Mais, Jacqueline est prête à faire le tiers de la somme...

Eh, j'ai un ami.

Euh, le fils des “ Huiles Logo ”,

Qui m'assure également son concours,

Alors, ça nous laisse environ...

Deux cents millions à trouver, quoi. C'est pas le Pérou !

Oh, ben, non...

Puis ça permet de se rappeler qu'on a un petit oncle !

Non, vous entreriez dans la combinaison !

Ah, ça, j'avoue que j'y avais pas pensé,

Mais... c'est une idée ! C'est même une très bonne idée !

Ah, c'est une idée excellente ! D'ailleurs elle est de toi!...

Non, écoute, mon petit François...

Ton père me prend déjà pour un dégénéré,

Ta mère pour un fou...

Tes oncles pour un voyou...

Ne me prends pas, toi, pour un imbécile !

Mais un commanditaire, ça se ménage.

Ceci dit, ton affaire m’intéresse.

J’étais présent avec les mines et les sucres.

J’étais bien obligé de jouer avec ton père.

Maintenant je vais pouvoir jouer contre.

Tu penses si j'accepte avec joie.

Excuses-moi, depuis que je ne fume plus.

Et puis, un journal.

Peut me rendre de menus services.

Mais rassure-toi.

Mes exigences s'arrêteront, à la page spectacle.

Rubrique de la danse.

Non, à mon âge, tu plaisantes.

Oui, j'ai pas encore épuisé, tous les charmes du théâtre.

Le répertoire d'une telle richesse.

Qui c'est que ça,.. C'est ton père, non !

Ah non !

S'il vient reprendre la séance d'hier soir, il tombe mal.

Nous vous attendions pas.

Une surprise.

Vous venez voir François.

Le voilà.

Qu'est-ce que je peux vous offrir à boire, Simon ?

Je vous en prie.

Si tu me demandes pourquoi Lachaume est ici.

Je te répondrai que c'est sur son instigation.

J'y suis moi-même.

Il me gêne pas.

Et si de votre coté, vous me demandez pourquoi l'oncle Lucien est là.

Je peux vous le dire.

Je m'en garderai bien, tu reçois qui tu veux.

Puis c'est ton oncle après tout, c'est normal.

Je te dirais, j'ai d'autres soucis en tête que Maublanc.

Non, vois-tu mon petit.

Il y a du vrai dans ce que tu m'as dit hier.

Je commence à être fatigué.

Allons donc.

Mais si... Mais si.

à tel point que je viens te demander un conseil.

ça te fait rire.

J'ai beau aimer les nouveautés, mettez-vous à ma place.

Eh ben, c'est justement ce que j'allais te proposer.

Au lieu de rester braquer sur nos positions.

Nous allons, si tu le veux bien changer de places.

Tu es mon père.

Je suis ton fils.

Tu es un vieux tyran mais si mais si mais si.

Moi je suis un garçon moderne.

Pour employer l'expression de mon âge.

New look, tu me suis.

Avec une certaine appréhension mais..oui.

Alors, je t’écoute.

Tu sais que je recherche mon indépendance.

C'est le fils qui parle, que me proposes-tu.

La direction du journal.

Tu es un excellent père, mais je suis un bon fils.

Comme je sais que tu tiens à ce journal.

Comme à la prunelle de tes yeux, je refuse, par délicatesse.

Puisque nous en sommes aux délicatesses.

Je ne vous propose pas la banque, sachant que vous vous y ennuieriez.

Merci.

Mais par contre.

Si tu me proposais les sucres.

Je ne dirai peut-être pas non.

Les sucreries de Sonchelle, François.

Tu sais ce que ça représente, c'est là que j'ai démarré.

Tu m'as toujours dit que ça avait besoin d’être modernisée.

Es-tu toujours d'accord.

Non, reprenons nos places, voulez-vous.

Vous m'offrez de faire un stage à Sonchelle.

Non, non, non !

Je t'offre, la présidence de l'affaire, tout le groupe.

Et en quoi consistera cette présidence.

à ratifier vos décisions.

Elle consistera en ce que tu voudras que ça consiste.

Tu auras carte blanche.

à partir d'aujourd'hui si tu acceptes, tu es le patron de Sonchelle.

Toi seul.

Non, c'est pas sérieux.

Une affaire de près de 15 milliards.

Trois cent mille actions cotées en bourse.

Dont 125 mille qui te donnent la majorité.

Et tu appelles ça pas sérieux, toi !

Je m'y attendais si peu.

Et si je vous disais qu'il un quart d'heure à peine

j'envisageais de fonder, un journal avec l'aide de l'oncle Maublanc.

C'est peut-être pas une mauvaise idée mais enfin réfléchis.

Demain, tu me diras oui ou non.

C'est inutile, c'est oui tout de suite, vous pensez bien !

Ah non c’était hier notre première dispute.

Une dispute en trente ans.

ça pouvait pas aller bien loin.

Je vais aller annoncer la nouvelle à Jacqueline.

Et puis tout de même prévenir l'oncle Lucien.

Va.

Alors !

Maintenant, je l'attends le polytechnicien.

Au moment de l'addition.

Quand il faudra venir trouver le vieux.

Monsieur.

Monsieur Lachaume pour mademoiselle Dual.

Elle vous attend... La loge numéro quatre.

Je vais pas la tuer, juste parler.

C'est pas la première fois que je suis plaqué.

Mais d'habitude on me dit pourquoi.

Alors, elle me le dit et je m'en vais.

Impossible monsieur, rigoureusement personne étrangère.

Vous me connaissez.

Depuis six semaines je suis ici tous les soirs.

Pas l'habitude de faire du scandale.

Toujours possible drame jalousie.

Je suis pas jaloux.

Je suis curieux.

Si vous me croyez pas vener avec moi, monsieur.

Répétition, costumes, personne rentrée, rigoureusement.

soit gentil !

Rigoureusement.

vos journaux du soir, monsieur.

Le salaud.

C'est drôle, je voyais pas Sonchelle comme ça.

Ah mais, ça va changer.

ça va changer très vite.

Dans six mois, tu ne reconnaîtras plus rien.

Et je te garantis que ça aura une autre gueule.

Ton père est d'accord pour le changement de gueules.

Ah ! ça, j'ai carte blanche.

Je n'ai, d'ailleurs, accepté qu'à cette condition.

Ca m’étonnerait tout de même, qu'il abandonne complètement Sonchelle.

Alors là, tu connais pas papa.

Il a ses défauts.

Mais avec lui quand c'est oui, c'est oui.

Oui.

Attends-moi.

N'est aucune crainte, je pars.

Monsieur Aubry est maintenant au courant.

Et je suppose que vous avez beaucoup de choses à vous dire.

Je vous laisse.

Nous pouvons bien parler tous les trois.

Non, non, non, je te laisse le soin de parler.

Moi je me réserve celui de bavarder.

De ce côté-là, je te l'accorde, j'ai un sérieux retard.

C'est curieux.

Pour moi Sonchelle c'est un tas d'actions en bourse.

Et puis un nom sur des boîtes de sucre.

Je voyais pas ça plus important.

Oh ! mais ça l'est, ça l'est.

Où j'y ai ajouté la raffinerie.

3500 hectares de terre là au-dessus.

Une ligne de chemin de fer.

Un port pour les péniches, tout ça s'appelle Schoudler.

Sont les Schoudler qui ont fait la prospérité de la région.

C'est le berceau de la famille.

Mon arriére-grand-père était un gros cultivateur dans le pays.

C'est mon grand-père qui a fondé l'usine.

Mon père y a passé toute sa vie.

Il était debout le matin à six heures.

Ma mère aussi d'ailleurs.

Il y avait cinq domestiques à la maison.

Mais c’était elle qui lui faisait son café.

Qui lui nouer, sa cravate.

C’était un couple.

Et le matin à sept heures, il était à la porte de l'usine.

Pour voir si personne n’était en retard.

Ne s'absentait jamais.

Sauf le jeudi et le dimanche, pour venir me chercher au collège.

Après la messe.

Ces jours-là, il ne prenait jamais un repas sans moi.

Et je le vois toujours à table.

Avec sa serviette nouée autour du cou.

Mettant du vin rouge dans son potager.

Il adorait ça le vin rouge dans le potage.

C'est un vin qui venait de la propriété du grand-père Giroux.

Il était imbuvable.

Mais pas question d'en changer.

Je crois qu'il était un peu avare mon père.

François est le premier Schoudler, qui sache dépenser l'argent.

Il la dépense bien d'ailleurs.

Vous aussi.

Oh ! moi, c'est par la force des choses.

Je ne suis pas tellement sûr d'aimer ça.

François a dû hériter cette vertu des La Monnerie.

Pour cela.

Je ne parle pas de votre belle-mère qui est une sainte femme.

Mais les autres.

Non, voyez-vous !

Les La Monnerie, on flatté la vanité que j'avais à un certain âge.

Mais, finalement, je me demande ce qu'ils m'ont apporté.

Et les Domaignac-Laval !

Vous ?

Vous, vous m'avez fait un cadeau inestimable, mon petit-fils.

Je ne vous en ai jamais remercié, d'ailleurs !

Entre nous, je l'ai fait un peu pour moi.

Bon, eh ben, je vous laisse.

Moi, je vais retrouver Jean Noël, allez au revoir.

Il t'a parlé de moi.

De ton grand-père.

C'est curieux !

Lorsqu'il parle de tout ça, il est presque émouvant !

Papa est toujours émouvant lorsqu'il parle de son père.

Toi aussi mon chéri.

Eh bien, maintenant, je vais te laisser, je vais aller m'installer.

T'installer...et moi !

Oh ! Je peux pas d'imposer six mois d'exil dans ce trou.

Tu sais ici le tennis, le bateau, les concours hippiques.

Que tu es bête mon amour.

Je joue au tennis, parce que tu y jouais.

Je fais du bateau, parce que tu en faisais.

T'es bien bâtisseur, j'entre dans le bâtiment.

C'est logique non !

Tu as épousé une femme collante, figures toi !

Si je comprends bien mon cher Noël !

Isabelle attend un enfant.

Et faute de pouvoir lui faire épouser le père.

Vous êtes mis en tête de lui en trouver un suppléant.

C'est bien ça !

Exactement.

Mais comme cette décision engage la famille.

Je n'ai pas voulu la prendre, seul.

Ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable.

Que ce suppléant.

Appartient à notre milieu.

C'est ça, non seulement un crétin, mais un crétin distingué.

Vous ne voyez personne dans votre entourage.

Non.

Je ne vois pas !

Personnellement, je ne cherche pas.

Quand je trouve cette solution déplaisante.

Si vous en avez une meilleure. oui !

Mais vous savez tous parfaitement à quoi je fais allusion.

Ma chère Adele, je m’étonne.

Connaissant vos sentiments religieux.

Ah, non, Raoul...

Pas de leçon de morale chrétienne...

Pas vous...

Essayons plutôt d'être cohérent...

Isabelle s'est unie avec un homme en dehors du mariage...

Premier pêché...

Cet homme étant marié.

Elle participait donc à un adultère...

Deuxième pêché...

Chaque fois qu'elle couchait avec ce monsieur.

était-ce pour avoir un enfant ! Non.

N'est-ce pas ?... Alors ?

Quelle différence entre refuser un enfant au moment où on doit le concevoir...

Et le refuser six semaines plus tard !

Elle commettra un péché de plus !... Voilà tout !

Quand on est dans une série !

Éh ben !

Notez qu'en un sens, c'est assez cohérent...

ça non !

Vous trouvez cohérent de préférer la faiseuse d'anges au notaire de famille...

Vous trouvez cohérent de charger votre nièce d'un crime.

Alors que vous pouvez lui offrir un sacrement...

Je m'étonne!

À ce point de vue, il a raison...

Alors qui ?

Qu'est-ce que vous penseriez de notre vieil ami Olivier ?

Olivier ! Oui.

Il a l'âge de Robert !

Y ne le paraît pas. Ah, ben, merci !

Et vous ne craignez pas néanmoins qu'une telle union fasse...sourire !

Mais pas du tout...

Olivier est, certes, un peu plus âgé qu'Isabelle.

Mais il est beaucoup plus riche... On comprendra ça très bien...

Ce que l'on comprendra moins bien, c'est la mésalliance...

Une La Monnerie, même avec tache, reste une La Monnerie...

Et ça compte...

Dans sept mois, ça comptera même double !

En tout cas, moi, je mets mon veto. Un veto formel...

Pas au nom du prestige, j'en ai fait le plein...

Mais de la morale...

Je me suis laissé dire, en effet.

Que cet Olivier avait eu autrefois des mœurs...

Robert... Hum !

Bon !... Éh ben !

Puisque vous êtes tous d'accord !

Et que personnellement, je n'y vois aucune objection !

Nous accordons à Olivier la main d'Isabelle.

Il faudrait peut-être lui demander si...

C'est fait. Avoir son approbation à elle !

Ce sera fait. En somme, que reste-t-il à faire ?

Le mariage...

La Bénédiction aura lieu dans trois semaines.

En l'Église Saint-Pierre de Zürich...

Pourquoi en Suisse ?

Parce que l'air y est excellent !

Vous n'allez tout de même pas dire le contraire, non!

ça à vrai dire on ne peut pas être plus discret.

Et à la naissance, on sera énigmatique.

Je vous dois combien !

50 litres de super et le lubrifiant, cela fait cinq mille deux cents.

Cet après-midi, Quai de Conti.

élection fauteuil de Jean de La Monnerie.

Le professeur Lartois grand favori.

ça, c'est moins discret.

Enfin, le cher professeur s'est donné assez de mal.

Partant de papa.

J'ai l'impression que nous n’échapperons pas au dîner triomphal.

Ah ! non, ça, pas question !

Pendant quinze jours aucune obligation d'aucune sorte.

Monsieur et madame François Schoudler sont en vacances.

Les vacances qui vont commencer dans le bureau de ton père.

Merci monsieur.

Ah ! non, en tout cas cinq minutes, tout sera réglé.

Les devis sont établis.

Le dossier constitué.

Papa n'a plus qu'a dire, banco.

En ajoutant quelques félicitations, s'il est de bonne humeur.

Une simple visite protocolaire.

Merci, ça va.

Monsieur le professeur ou plutôt mon cher maître.

Je pense que vous venez de vivre des minutes inoubliables.

Votre élection a été triomphale.

Unanimité des voix ou presque.

Oui, presque.

Mais je n'aurai pas l'immodestie de douter.

Que nombre de ses voix.

Ne faisait que rendre à travers moi.

Un émouvant hommage à mon prédécesseur.

Le grand poète.

L'inoubliable ami.

Car vous n'ignorez pas l’amitié qui me liait à Jean de La Monnerie.

Amitiés dont sa famille, continue d'ailleurs à m'honorer.

Une famille, qui ne craignons pas de le rappeler.

Compte depuis des siècles.

Et compte aujourd'hui encore parmi ses membres.

Les plus éminents serviteurs de l’Etat.

Ce qui est agréable avec Emile.

C'est qu'il renvoie toujours l'ascenseur.

Oui.

M. François vient d'arriver, Monsieur.

Qu'il vienne.

Je passe à coté. oui.

Bonjour papa. Bonjour.

Oh ! mais dis donc.

L'air de Sonchelle te réussit, t'as une mine splendide.

Ah ! toujours ma tactique.

Plus je travaille mieux, je me porte.

Et je dois dire que depuis trois mois le traitement était énergique.

Vous avez reçu les rapports. hum !

Vous avez vu les photos des nouveaux bâtiments.

Oui, j'ai vu tout ça.

La verrière est en place.

Le pont roulant a été installé avant-hier.

Et mercredi, j'ai inauguré le nouveau terrain de football.

Gros succès. bravo.

Non, j'ai l'impression que tout le monde m'aime bien, là-bas !

Eh ben ! tant mieux.

Je dois recevoir les centrifugeuses harkar la semaine prochaine.

Ce sont les plus chères.

Mais c'est ce qui se fait de mieux.

Oh ! la technique industrielle moi tu sais, je préfère les chiffres.

à propos sans indiscrétion.

Comment finances-tu, tout ça ?

Augmentation du capital.

Oui, très bien.

Et qui souscrit.

Un groupe que vous connaissez bien.

Eh attention, je suppose que tu ne comptes pas sur moi.

Parce que je te préviens.

Je suis dans l’impossibilité de souscrire, sinon pour une paraffine.

Mais. mais quoi.

Vous parlez pas sérieusement.

Nous n'allons pas perdre le contrôle de Sonchelle.

Quand l'affaire est en plein essor.

Alors ne fais pas d'augmentation.

Comment mais c'est impossible, les travaux sont en cours.

Ah, alors là, mon ami.

Si tu étais imprudent, c'est plus grave.

Les affaires, tu sais, c'est comme le livre de la ménagère.

On ne va pas aux marchés sans sans savoir ou prendre l'argent.

Mais enfin voyant.

J'ai toujours cru que cette augmentation était une chose acquise.

Quoi tu as cru.

Tu apprendras qu'en affaires, il ne faut pas croire jamais.

Il faut être sûr, les traites sur l'horizon ça ne pardonnent pas.

Qui t'a parlé d'augmentation de capital, moi.

Mais vous m'aviez donné carte blanche.

Eh ben, raison de plus pour faire attention.

D'ailleurs, c'est de ma faute !

Je t'ai cru capable de mener seul une grosse boîte.

Et tu t'es conduit comme un gamin.

Le dernier de mes employés de banque.

N'aura pas été jusque-là, parce qu’il n'aurait pas eu ton raisonnement.

Car je le connais moi ton raisonnement.

Papa est derrière, papa arrangera ça, papa fera l'augmentation.

Eh ben ! figure-toi.

Papa n'a pas de milliard qui dorment en prévision de tes coups de génie.

Je vais prévenir Jacqueline que nous restons ici.

Si je peux faire. faire quoi.

Il n'y a qu'une chose à faire, une seule.

Trouver 800 millions et pour trouver 800 millions, il faut vendre.

Eh oui, fait vendre à perte.

Allez, file !

La leçon n'a pas été trop brutale.

Oh ! de toute façon.

Il vaut mieux que ça soit nous qui la lui donnions la leçon.

Avant que l'ami s'en charge.

Entre mon cher Noël entre.

Laisse-moi te contempler le plaisir est si rare.

J’espère que je ne te dérange pas, non.

Toi, jamais !

D'ailleurs, je marquerai cette journée d'une pierre blanche.

Un coup de téléphone et une visite le même jour, tu me gâtes trop.

Allez, ça va, laisse-moi, je te rappellerai.

Ces messieurs n'ont besoin de rien.

Je ne te propose pas à boire, connaissant ta sobriété.

Eh bien, si, figure-toi, tu vas m'offrir un petit scotch.

Alors le scotch doudou, le vieux.

Je garde toujours en réserve quelques bouteilles.

Pour les grandes occasions.

Et c'en est une.

Dis-moi, c'est charmant chez toi.

Je ne te demande pas comment tu te portes.

Tu es superbe.

J'ai su garder mon teint de jeunes filles.

Et c'est le secret de ma réussite.

Ah ! mon bon Lucien, j'envie ton existence, tiens.

Moi je mène une vie de fou.

Nous n'avons même pas le temps de nous voir.

Attends, ça doit faire.

Je ne me souviens même plus du tout.

Moi je me souviens très bien.

C’était chez ton fils.

Il va bien ton fils.

Très bien.

Justement je suis venu pour te parler de lui.

Enfin, plus exactement de Sonchelle.

de Sonchelle. Hum !

Tiens !

C'est toujours François, le président !

Plus que jamais.

Et je dois dire qu'il a même complètement transformé l'affaire.

Il y a de gros travaux en cours.

Il y en a même qui sont terminés.

Tu es sûrement au courant.

Vaguement, oui.

J'ai l'impression que dans les mois qui vont suivre.

Le rendement va doubler.

J'avoue que je n'y croyais guère, mais les chiffres parlent.

Je m'incline.

Tu sais que François est un garçon remarquable.

Et cette nouvelle couche.

Mon cher Lucien n'a pas fini de nous étonner.

Tu as, je crois un assez gros paquet d'actions dans Sonchelle.

Le cousin Leroy aussi.

Assez, oui.

Pourquoi ?

Parce que, j'envisage très prochainement une augmentation du capital.

ça me parait une très bonne idée.

Mais ces décisions-là d'habitude.

Tu les prends sans me consulter.

Qu'est-ce qui t’arrive.

L’opération s'annonce excellente.

Je veux t'en faire profiter, c'est tout.

Nous allons porter le capital nominal de deux milliards et demis à cinq.

Quand, tu n'ignores pas que l'affaire vaut au bas mot.

Quinze milliards.

Tu me suis.

Je te suis très bien.

Tu décides une augmentation.

Et comme tu ne peux pas, ou tu ne veux pas y souscrire.

Tu m'offres tes droits de souscription.

C'est bien ça !

hum !

Mais dis-moi, pourquoi ne les vends-tu pas en bourse ?

Parce que, je veux que Sonchelle reste une affaire de famille.

Quitte à y perdre personnellement un peu d'argent.

à ton profit d'ailleurs.

Et tu m'offrirais quelle quantité.

Eh bien, mettons, cinquante mille actions.

Mais dis donc, mais, avec ce que j'ai déjà.

Tu vas perdre le contrôle dans cette histoire-là !

Je le sais, mais.

Je pense qu'avec toi, ça n'a qu'une importance théorique.

Nous n'allons tout de même pas, nous amuser à jouer les uns contre les autres.

Tu penses !

Eh bien, mais cet investissement me paraît tout à fait excellent.

Malheureusement, mon cher Noël.

Je te le refuse pour deux raisons.

D'abord, parce que je ne suis pas une entreprise philanthropique.

Ensuite, pour te rappeler, à certaines convenances.

Quand on est affligé d'un cousin aussi répugnant que moi.

On s'abstient de lui demander l’aumône.

On s'adresse aux autres.

Aux avouables.

Aux vertueux.

Aux illustres.

Je suis néanmoins ravi de t'avoir revu.

Maintenant, mon cher Noël, si tu veux bien me laisser travailler.

Plus j'étais aimable, plus il se méfiait...

Je lui aurais donné la clef du coffre.

Y se serait imaginé qu'il y avait une bombe dedans!

Décidément, la bêtise est un placement de père de famille !

Inutile d'acheter de l'or quand on a du Maublanc...

Le plus drôle, c'est que.

Vous lui ayez vraiment proposé une affaire magnifique.

Et s'il avait dit oui.

Il pourrait pas dire oui, puisque ça venait de moi.

Je sais que la leçon va être dure pour François.

Mais je vais vous dire exactement ce qui va se passer.

Maublanc va faire croire à Lubric que je suis en difficulté.

Il attend ça depuis vingt ans.

Demain, dès l'ouverture de la bourse.

Il va bazarder, toutes ses Sonchelle et les Leroy vont suivre.

Le cours baissera.

On se battra pour vendre.

Vous Canet, vous laisserez filer.

Je laisserai filer jusqu’où.

à la limite de l'affolement général.

Y compris François, vous m'entendez bien, y compris François.

à, ce moment-là tout le monde croira que nous n'avons plus le sou.

Et nous rachèterons en bloc, les Sonchelles aux deux tiers de leur valeur.

Tout ce petit monde.

Avait besoin qu'on lui rappelle ce que c'est un chef de famille.

Comme ça ce sera chose faite.

Mon bon Lucien, tu as une mine superbe.

Mon cher Lucien, j'envie ton existence.

Tout ça pour en arriver à quoi le salaud.

à me taper huit cents millions,vous entendez bien.

Pour huit cents millions, pas un sou de plus.

Le richissime, le grandissime Schoudler.

M'offrait la majorité à Sonchelle.

Il en est là !

à ce prix, il était sage d'accepter.

Je me fous de leur sucrerie.

D'ailleurs, de toute façon, je les aurai.

Et pour beaucoup moins que ça.

Non seulement les sucreries.

Mais les journaux et le reste.

Car avant tout.

Ce saligaud lâchera tout dans l'échange de son passif.

Quand la débâcle est en marche... allez vite.

Certes, mais rien n'indique qu'elle le soit.

Si c'est une impression.

Et tes impressions mon cher Lucien, permets-nous de s'en méfier.

Il y a sept ans.

Quand tu as eu l'impression que Schoudler était en difficulté sur les potasses.

ça nous a coûtée cher.

Aucun rapport.

Vous ne comprenez donc pas.

Pour qu'il m'ait demandé un service à moi.

Il faut bien qu'il soit dans le 36e dessous.

Mon cher Lucien, tu as pris ces derniers temps, de sévères culottes.

Permets-moi de t'avertir que si jamais.

Tu en prends une sur Sonchelle.

Ruiner Schoudler, je vous le dis.

Les civets raclés, plus rien.

Vous en voulez la preuve.

Dites à messieurs François Schoudler de monter.

Qu'est-ce que ça signifie !

ça signifie que le brillant héritier est suspendu à mes basques.

Depuis plus de deux heures.

Me suppliant de le dépanner.

Bientôt son père aussi me suppliera.

Ils me supplieront tous.

Entre mon petit François !

à la suite de notre conversation.

J'ai fait venir mon agent de change monsieur Voisart.

Afin d'avoir quelques éclaircissements sur mes propres finances.

Monsieur François Schoudler mon neveu.

Il y a bien entendu.

Ce que j'ai refusé à ton père pour des raisons personnelles.

Je n'ai aucune raison de te le refuser à toi.

J'en ai surtout pas le droit.

Sonchelle est une affaire de famille.

Elle doit le rester.

Assieds-toi mon bonhomme.

Et voyons la situation en face.

Elle est sérieuse, sinon grave.

Je t'avoue.

Que je n'ai pas su donner à ces messieurs les précisions essentielles.

Tu me connais, moi les chiffres !

Tu es en découvert de combien.

Ah ! ce n'est pas vraiment du découvert.

Les installations nouvelles, le matériel neuf.

Forme un actif certain.

Avec l'augmentation du capital, tout a été largement couvert.

Augmentation hélas.

à laquelle ton père n'a pas pu faire face.

C'est bien ça, ..

Bon.

Admettons.

Que nous soyons en mesure.

De nous substituer à lui.

De combien s'agit-il.

Pas tout à fait neuf cents millions.

Mais si, vous pouvez couvrir la moitié.

Même le tiers.

J'arriverai peut-être à trouver le reste.

Le tiers, ça fait 300 millions.

La banque schoudler n'a pas pu débloquer ça !

Je ne comprends pas !

Je ne comprends rien !

J’étais convaincu que papa disposait de beaucoup plus.

D'un volant énorme.

Il a parlé de liquider des valeurs.

Il avait les rattes terrées.

Pourtant, Sonchelle est une affaire très saine, vous savez.

Aller, va, c'est à nous d'aviser maintenant.

Tu peux dire que tu as de la chance.

D'avoir un oncle qui t'aime bien, toi.

Alors !

Vous ne doutez plus de mes impressions maintenant.

Vous avez compris.

Monsieur Bertier.

Le relevé de notre position Sonchelle, immédiatement.

Je vous le dis.

Avant un mois.

L’hôtel particulier, les voitures, les meubles.

Tout sera à vendre.

Ce sera la revanche Maublanc, car je rachèterai tout.

Rien que pour avoir le plaisir de casser la rolls.

Et de pisser sur les coussins du salon.

Vingt ans que j'attends ça.

Voir la gueule de Lachaume, c'est un coup monté ! regarde-le !

Passez-moi M. Schoudler chez lui, s'il vous plaît.

La bourse Monsieur. Oui.

Tout va bien monsieur.

Maublanc fait vendre dès l'ouverture.

Et les Leroy sont dans le coup.

En coulisses, on commence à s’inquiéter.

Je retourne au journal.

Et, c'est exactement ce que je craignais.

Non, de Dieu, non de Dieu.

Qu'est-ce qui se passe ?

Il se passe, il se passe.

Que l'on sait dans quel mat tu nous as mis à Sonchelle.

Et que les gens prudents, sont en train de se délester.

à commencer bien sûr par la famille.

Maublanc et les Leroy ont ouvert le feu.

Et ce n'est qu'un début, car tu vas voir, tu vas voir, la suite.

Maublanc joue contre nous.

Ah ! parce que tu croyais qu'il allait nous aider.

Ma parole serais-tu complètement idiot.

François !

Oncle Lucien, qu'est-ce vous faites !

Je brade, je liquide, je solde.

Tu veux acheter, c'est le moment.

J'ai du Sonchelle.

Enfin, c'est pas possible, hier encore.

Vous m'avez promis, vous étiez d'accord.

Imbécile, pauvre imbécile.

Tu sais bien, que je ne serai d'accord avec les Schoudlers.

Que quand je les verrai morts.

Ils le sont bientôt, ils le sont déjà.

Lâchez Sonchelle.

Lâchez vos mines, lâchez tout.

Tout pour sauver la banque et vous ne la sauverez pas.

Ce sont les retraits de dépôt qui vous tueront.

Vous serez forcés de fermer les guichets.

Le crash Schoudlers.

Et vous finirez comme tous les boursiers, ruiner.

Le saut par la fenêtre, ou la balle dans la tête.

Voilà ma réponse, tu peux la porter à ton père.

Eh ben, dis donc, il en fait une tête.

C’était comme ça toute la journée.

Et les autres. ils sont à table.

D’après Emile, ça se cause plus.

Enfin, tout ça, ne les empêchera pas, de bouffer du caviar.

François !

Oh ! François !

François !

Qu'est-ce qu'il y a !

Il faut faire quelque chose !

Il faut appeler Lartois !

Noël !

Allô, Lartois.

Venez tout de suite.

Oui,oui, tout de suite,.. pour François.

Un accident.

Non !

C'est pas un accident !

C'est vous qui l'avez tué.

Vous avez joué avec sa vie, comme vous jouez avec vos titres.

Maintenant, vous voulez jouer avec sa mort.

Il ne faut pas que cela vous dérange.

Vous allez la camoufler, la truquer.

Faut pas que ça vous gêne demain en bourse.

Vous êtes un monstre.

Vous aviez raison papa.

Je ne serai jamais, ce que vous voulez que je sois.

Je ne serai jamais, à la hauteur de ce que vous espériez.

Maintenant, je le sais, je suis un raté.

Je ne peux le supporter ni pour vous, ni pour moi, ni pour Jacqueline.

Vous le lui direz, je n'ai pas eu le courage de le lui dire.

C'est plus difficile que je ne croyais de mourir.

Je vous demande pardon à tous...

François.

Depuis ce matin les agents de change reçoivent des ordres.

Ils vont liquider non seulement les Sonchelles.

Mais les mines de Zoa, toutes les valeurs Schoudlers.

à la banque les retraits ont commencé.

Vous savez monsieur ce que ça signifie.

Personne ne croit à une mort accidentelle de François...

Personne.

Tout n'est peut-être pas encore perdu, mais dans quelques heures.

Tout le sera, si vous n'agissez pas.

Il faut passer à la banque endiguer la panique.

Il faut vous montrer à la Bourse, il faut vous battre.

Se battre pour qui, pourquoi.

Il y a longtemps que je ne me battais plus pour moi, Lachaume.

Il y a longtemps que tout ça ne m’intéresse plus, plus du tout même.

Je me battais pour...

Pour lui, pour eux, pour ce que nous appelions la maison Schoudler.

Maintenant, je ne peux plus rien perdre.

Mais vous n’êtes pas seul monsieur.

Votre maison subsiste, vos affaires continuent.

Vous n'avez pas le droit de renoncer du jour au lendemain.

Vous n'avez pas le droit d'interrompre.

Je n'ai pas interrompu, c'est fini... fini.

Bonjour grand-père.

Bonjour mon bonhomme.

Quelle heure est-il ? Dix heures.

Bon alors, allons-y, moi à la banque, vous au journal.

Vous allez faire tirer immédiatement une édition spéciale.

Avec en première page le constat de Lartois.

Le voici.

Je veux que ça tombe en bourse à midi et demi, en même temps que moi.

Maintenant, tu vas bien déjeuner, mon bonhomme !

Lâchez cet enfant !

Maman !

En tout cas moi, je vends !

Tiens, voilà Schoudler.

Allons-y.

Quoi on ne sait pas ou est monsieur Lachaume.

Il est parti depuis une demi-heure.

Non, ça va.

Qu'est-ce, signifie.

Un bluff de dernière heure, paraît-il, pour sauver les meubles.

En tout ça moi je continue à vendre.

J'ai, j'ai de la Sonchelle.

Hier soir, alors qu'il nettoyait son arme à feu.

Monsieur François Schoudler s'est mortellement blessé au visage.

Le professeur Lartois, de l’Académie française.

Sitôt appelé n'a pu que constater le décès.

Et délivrer le permis d'inhumer.

Je prends la Sonchelle à vingt-trois mille cents.

Tu as vu ça.

Et toi, tu as vu combien, il a raflé depuis dix minutes.

Oui, ça c'est bien joué, c'est de notre génération, chapeau.

Avec vingt trois mille trois cents, je prends... je prends oui.

Avec vingt-trois mille quatre cents, je prends.

Vingt-trois mille neuf cents.

Qu'est-ce qu'on fait.

Qu'est-ce que tu veux faire, il faut racheter.

ça tout Lucien !

Je prends...je prends.

Je prends à vingt-neuf mille trois cents, je prends.

Les Leroy rachètent, ça y est, ils doivent être dans un état.

Nous venons seulement d'apprendre l'affreuse nouvelle.

Nous tenons à t'assurer dans une telle épreuve que nous sommes avec toi.

Ce pauvre François.

Toi Pierre, si tu prononces encore une seule fois.

Le nom de mon fils, tu reçois ma main sur la figure.

Soyons calme.

Mon cher Noël, tu ne peux tout de même pas nous tenir rigueur.

D'avoir exécuté les ordres de notre client.

Ce n'est pas notre faute.

Si Maublanc est fourbe.

Il est fourbe.

On a, d'ailleurs, révisé nos plans, dès que nous avons compris.

Compris que c’était foutu, hein.

Compris que vous n'auriez pas la peau du vieux.

Car c'est ma peau que vous vouliez.

Eh bien, moi maintenant, je veux la vôtre, et je l'aurai.

Et comme je ne travaille plus pour mon compte.

Croyez-moi, je vais frapper fort, très fort.

Plus pour ton compte.

Non, je succède à mon fils.

Je touche les créances et je règle les comptes.

Avant un mois, la banque Leroy entendra parler de moi.

Et pour longtemps.

Je t'assure Noël, que c'est une méprise, une tragique méprise.

Mon frère et moi.

Nous ne sommes absolument pas responsables de la mort de ton fils.

Toi non plus d'ailleurs.

C'est Maublanc et uniquement Maublanc, n'est-ce pas Raoul.

J'ai entendu Lucien dire à ton fils.

Vous finirez comme tous les boursiers ruinés.

Avec une balle dans la tête.

Ah !

Maublanc a dit ça.

Demande à Pierre.

Alors, nous allons peut-être pouvoir, nous arranger.

Mais je vous préviens, ce sera donnant-donnant.

Tu sais très bien que nous te soutenons, que veux-tu de plus.

Je veux Maublanc. mon cher Noël !

Combien ? Comprends pas !

Alors je répète, je veux Maublanc en bloc, combien ?

Mais Noël, voyant le secret professionnel, l’honnêteté.

Quoi ? Veux-tu répéter ce mot-là !

Bon !

Puisque, tu en fais une question de principe, une affaire personnelle !

Mais je te préviens !

Sans peser ce qu'il a pesé.

Lucien pèse encore lourd.

J’achète.

Qu'est-ce qui vous prend, vous êtes en train de me faire sauter.

J'ai reçu des ordres, je les exécute.

Des ordres.

Maublanc.

Et c'est moi qui passe pour un salaud...

Ah, laissez-moi vous regarder!

Vous me faites plaisir, vous me consolez.

Alors, vous bouffez à tous les râteliers...

Ordures ! Fumiers !

Tu ferais bien de mesurer tes paroles, Lucien...

Jusqu'à présent.

Tu pourrais te permettre des écarts de langage, tu étais riche!

Mais maintenant y va falloir apprendre à être poli !

Je me suis laissé dire que tu envisageais de venir pisser sur mes coussins.

Mais je crains qu'il ne te faille y renoncer...

Je regrette d'autant plus.

Que nous aurons l'occasion de te voir à la maison.

Beaucoup plus souvent qu'autrefois...

Quand tu viendras me taper de quelques billets de mille...

Pour ta pitance...

Car fais-moi confiance, je te laisserai de quoi mourir.

Tout juste!

C'est beau, la famille !

Nous revenons de loin.

Oui, assez.

J'avoue qu'à un instant.

J'ai un peu douté de vous, mon petit Simon.

Et beau savoir que la fidélité parfois payante mais enfin.

Quand elle est très payante, ça s'appelle du flair.

Aussi si j'ai bonne mémoire, de l'intelligence.

Merci quand même. je vous devais tout.

C'est bien ce que je craignais.

Terrible puissance de la richesse.

On frémit à l’idée de l'emploi qu'il pourrait en être fait.

Si elle ne reposait en des mains éclairées.

Mais Dieu pourrait-il protéger cette grande famille.

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